L’histoire de l’art aime les génies, célèbre leurs fulgurances, leurs révolutions. Elle s’intéresse plus rarement …
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L’histoire de l’art aime les génies, célèbre leurs fulgurances, leurs révolutions. Elle s’intéresse plus rarement à ceux qui – avant les musées et le marché – ont su voir un chef-d’œuvre dans une peinture décriée. Gustave Fayet (1865–1925) est l’un de ceux-là et, paradoxalement, l’un des moins connus des collectionneurs français, tout simplement parce que sa collection a été dispersée après sa mort.
Alors que Gauguin est à l’époque largement rejeté, Fayet acquiert 200 de ses œuvres ; il est aussi le principal mécène d’Odilon Redon. Une collection de près de 1 000 pièces comprenant également Cezanne, Van Gogh, Degas, Matisse et Picasso. Passé sous les radars, Fayet, qui était aussi artiste, sera célébré cet automne dans une grande exposition à la fondation Louis Vuitton, à Paris, qui réunit pour la première fois nombre de ces chefs-d’œuvre, aujourd’hui propriété de musées du monde entier, ainsi que ses propres créations.
De l’importance des collectionneurs
On oublie souvent combien nos musées ont été et sont toujours nourris par les collectionneurs. Près de 35 % des collections du Louvre proviennent de dons ou de legs ! À titre d’exemple, le baron Edmond de Rothschild a offert 40 000 dessins et le docteur Louis La Caze 583 peintures de Chardin, Fragonard, La Tour… Près de 40 % des collections du musée d’Orsay proviennent de dons de collectionneurs et environ 50 % pour le Centre Pompidou si on inclut les dons d’artistes et les dations. Aux États-Unis, les collectionneurs remplacent quasiment l’État puisque 70 à 90 % des œuvres du Metropolitan Museum, du MoMA ou de l’Art Institute de Chicago proviennent de dons privés.
Outre leurs donations en France, les collectionneurs proposent depuis les années 2000, à travers leurs fondations, des expositions avec des points de vue et des pièces exceptionnelles. Je pense à Antoine de Galbert, qui prête pour des expositions nombre des œuvres de sa collection atypique et en dehors du marché. Et surtout à François Pinault qui, en plus de 40 ans et près de 10 000 œuvres, a constitué l’un des collections privées les plus importantes au monde.
Un mélange inouï de points de vue, de désirs, d’envies et de choix
« Je préfère toujours les œuvres qui dérangent, car ce sont celles qui résistent au temps et c’est là que se trouvent les chefs-d’œuvre. »
François Pinault
Mais ce qui la rend unique, c’est l’œil du milliardaire, qui a repéré très tôt des artistes négligés comme David Hammons. Et surtout son choix de privilégier les pièces les plus radicales : « Je préfère toujours les œuvres qui dérangent, car ce sont celles qui résistent au temps et c’est là que se trouvent les chefs-d’œuvre. » Ses trois lieux (deux à Venise, un à Paris) offrent à voir ses collections à travers des expositions très différentes de celles des institutions. Un regard à part qui nous nourrit autant que l’histoire de l’art ! Et cela fait école : Laurent Dumas, PDG d’Emerige, va ouvrir à l’automne un centre d’art contemporain consacré à la scène française, à partir notamment de sa collection mais pas seulement.
Il ne faut pas oublier les centaines de jeunes collectionneurs, peu fortunés mais qui eux aussi offrent des œuvres aux musées. J’aime les collectionneurs pour leur liberté, l’originalité de leur regard et leur générosité. Ce qui fait la grandeur, le caractère unique de la culture française, c’est ce mélange inouï de points de vue, de désirs, d’envies et de choix, entre nos musées et nos institutions d’une part et, d’autre part, ces collectionneurs extraordinaires et libres.
Un ciel rouge feu, des patineurs sur des lacs gelés en hiver, une volée d’oiseaux …
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Un ciel rouge feu, des patineurs sur des lacs gelés en hiver, une volée d’oiseaux qu’on n’entend guère plus chanter… Après l’été difficile que nous venons de vivre en 2026, et si nous regardions la peinture comme une archive climatique ? En cette rentrée, Beaux Arts Magazine répond à dix questions que vous vous posez sur l’art, sans jamais avoir osé le demander.
Pourquoi les sourires sont-ils si rares dans l’histoire de l’art ? Qu’est-ce-que le nombre d’or ? Le syndrome de Stendhal existe-t-il vraiment ? Les artistes ont-ils un don ? Dans cette série, à retrouver ici en intégralité, notre journaliste Malika Bauwens répond de manière aussi précise que concise à ces questions pas si bêtes que vous vous posez sur l’art.
Commençons par le plus emblématique des exemples avec le fameux Cri d’Edvard Munch. En 1893, le peintre norvégien immortalise une silhouette hurlante sous un ciel embrasé.
Dans son journal, l’artiste raconte avoir ressenti « le grand cri de la nature » face à ce ciel brusquement écarlate. Longtemps, les historiens d’art n’y ont vu qu’une projection psychique, l’expression d’une angoisse typique du symbolisme finissant.
Une catastrophe naturelle dans le ciel de Munch
Mais en 2004, des chercheurs de l’Université du Texas proposent une lecture météorologique. Selon les scientifiques, ce ciel correspondrait aux nuages spectaculaires observés jusqu’en Norvège après l’éruption du Krakatoa, en Indonésie, le 27 août 1883 – l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l’Histoire.
Hypothèse depuis nuancée par la chercheuse norvégienne Helene Muri, qui évoque plutôt des « nuages nacrés », iridescences stratosphériques liées à la destruction de la couche d’ozone. Volcanique ou polaire, le ciel du Cri garde une part de mystère mais nul doute que Munch représentait (en plus de tourments) un phénomène atmosphérique bien réel.
Les frimas du nord
Autre siècle, autre climat. Au XVIIe siècle, les maîtres flamands et hollandais peignent en boucle des scènes frissonnantes. Dès 1565, avec Les Chasseurs dans la neige, Pieter Brueghel l’Ancien invente l’hiver en peinture – un motif jusque-là quasi absent des toiles religieuses ou agricoles. Suivront Hendrick Avercamp, Adam van Breen, Gijsbrecht Leytens et leurs patineurs joyeux sur canaux gelés. Le géographe Alexis Metzger, qui a passé au crible 500 tableaux hollandais du Siècle d’or, y voit la trace du « petit âge glaciaire », période de refroidissement global qui s’étend de 1300 à 1850 environ.
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Pieter Brueghel l’Ancien, Chasseurs dans la neige, 1565
Gare toutefois à l’image d’Épinal car, selon le scientifique, les hivers glacés ne représentaient que 16,8 % des conditions météorologiques observées. Cette avalanche de patineurs tiendrait autant du fantasme identitaire, à savoir celui d’une jeune nation en guerre contre l’Espagne se rêvant unie sous la glace, que d’un relevé météo fidèle.
Toute une faune qui disparaît
Reste une observation des plus vertigineuses que nous enseignent nombre de tableaux et dessins : la biodiversité perdue. En 1611, Jan Brueghel l’Ancien crée L’Air, une allégorie foisonnante conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon réunissant plus de 60 espèces d’oiseaux européens. Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique pluridisciplinaire américaine PNAS y a repéré une scène inédite. Brueghel a peint une chauve-souris noctule capturant un oiseau en vol, un comportement que la science n’a confirmé qu’en 2025, grâce à des balises embarquées.
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Jan Brueghel l’Ancien, Les quatre éléments : allégorie de l’air, 1594
Au-delà de l’anecdote, les chercheurs voient dans cette toile de Brueghel la preuve que les tableaux naturalistes peuvent servir d’archives écologiques. En recensant les espèces représentées à une date donnée, ils permettent de mesurer, des siècles plus tard, l’ampleur du déclin actuel de la biodiversité. Ce même principe est appliqué aux poissons des natures mortes italiennes ou aux bouquets hollandais, révélateurs des routes commerciales – et aujourd’hui des extinctions.
De ses visions d’enfant aux miroirs infinis, l’artiste japonaise Yayoi Kusama n’a cessé d’étendre et …
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De ses visions d’enfant aux miroirs infinis, l’artiste japonaise Yayoi Kusama n’a cessé d’étendre et d’agrandir ses obsessions pour envahir joyeusement l’espace. Pois à foison, fleurs, phallus, citrouilles : de ses performances d’avant-garde à ses spectaculaires installations immersives, en passant par ses dessins plus intimes, voici douze œuvres emblématiques résumant les plus de sept décennies de carrière de cette star planétaire.
On peine à y croire, et pourtant : l’inlassable vertige a atteint son point final. Yayoi Kusama est décédée le 14 août 2026 à l’âge de 97 ans, laissant derrière elle une œuvre immédiatement reconnaissable. Partie de rien dans les rues du New York des années 1960, cette excentrique Japonaise a réussi à conquérir le monde entier, de l’avant-garde américaine aux plus grands musées, et jusqu’aux Instagrammeurs séduits par ses environnements immersifs.
Peintures, sculptures, performances, installations : créatrice infatigable, Yayoi Kusama a fait de la répétition et de l’infini les fils conducteurs d’un univers où l’intime se mêle étrangement au spectaculaire. De ses premiers dessins marqués par le traumatisme de la guerre à ses célèbres Infinity Mirror Rooms, en passant par Phalli’s Field et Pumpkin, retour sur douze œuvres mythiques qui permettent de mesurer en images l’ampleur de son héritage.
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Yayoi Kusama, Atomic Bomb, 1954
Du traumatisme au rêve
Née en 1929 à Matsumoto, Yayoi Kusama a grandi dans un Japon ravagé par la Seconde Guerre mondiale. Ce fabuleux dessin, réalisé à seulement 25 ans, porte la trace de ce traumatisme : sur le papier, la gouache, l’encre et le pastel font surgir une vision sombre et tourmentée de la destruction nucléaire. Bien qu’hantée par la catastrophe, cette œuvre de jeunesse transforme déjà la souffrance en vision onirique. Certains y verront ainsi la page d’un herbier fantasque, une fleur carnivore se dressant dans un nuage mauve !
Banales, les fleurs ? Pas chez Yayoi Kusama ! Ici, 174 gants rembourrés, peints en rouge et cousus sur une structure métallique, composent une étrange masse organique de 2,50 mètres de côté. Sous l’apparence d’un parterre floral se cache l’une de ses premières « Accumulations » : en répétant inlassablement les formes, l’artiste fait basculer le quotidien dans un univers à la fois sensuel, grotesque et hallucinatoire.
Performance et installation • Coll. Centre Pompidou, Mnam, Paris • Courtesy yayoi Kusama
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Yayoi Kusama, “Infinity Mirror Room – Phalli’s Field” (1965) lors de la rétrospective à Gropius Bau Museum, Berlin, 2021
Au cœur du vertige
Première de ses célèbres « Infinity Mirror Rooms », Phalli’s Field enferme en 1965 le visiteur dans une pièce dont les murs sont couverts de miroirs. Au sol : des centaines de formes molles, phalliques, cousues dans du tissu et couvertes de pois rouges. Leur répétition, multipliée par les reflets, semble se prolonger à l’infini. Ces protubérances étranges, pop et presque comiques, comme des champignons hallucinogènes de bande dessinée, deviennent soudain un vertigineux paysage mental.
Yayoi Kusama, Peep Show ou Endless Love Show, 1966
Regard intérieur
Une petite pièce hexagonale, entièrement tapissée de miroirs, où des ampoules colorées clignotent et se démultiplient jusqu’à donner l’illusion d’un espace sans fin. Pour pénétrer dans cet univers psychédélique, le visiteur doit regarder par deux judas : d’où le titre Peep Show, qui fait référence au voyeurisme et à la mise en scène. Kusama transforme ainsi le regard lui-même en une expérience immersive qui donne accès à son univers intérieur.
Perfomance et installation • Courtesy Yayoi Kusama
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Yayoi Kusama, “Horse Play”, Woodstock, 1967
Happening psychédélique
En pleine effervescence de la contre-culture américaine, Kusama descend dans la rue et investit le territoire de la performance. Dans Horse Play, réalisé en 1967 à Woodstock (alors un foyer de rencontre d’artistes, avant d’accueillir le célèbre rassemblement hippie de 1969), elle transpose son obsession des pois dans un happening ludique. Vêtue d’un justaucorps et de collants blancs semés de pois noirs, elle tient en laisse un cheval sombre ponctué de pois blancs. Le corps, la nature et le motif répétitif se mêlent ici dans une joyeuse entreprise de brouillage des frontières entre art et vie, rêve et réalité.
Autour d’une table dressée, six silhouettes féminines semblent participer à un ordinaire repas. Mais chez Kusama, rien n’est banal : mannequins, chaises, table, vaisselle, fleurs et fruits sont recouverts de motifs répétitifs et de couleurs hallucinatoires. Le titre dit tout : l’« auto-oblitération » désigne chez elle la disparition des frontières entre soi et son environnement. Les individus deviennent motifs parmi les motifs, absorbés dans le grand vertige de la répétition.
Yayoi Kusama, “Pumpkin” sur l’île de Naoshima, 1994
Jaune comme une citrouille
Jaune soleil, ronde et opulente comme un personnage de dessin animé, constellée de pois noirs : la citrouille de l’île japonaise de Naoshima (véritable oasis artistique comptant plusieurs musées) est devenue l’emblème de Kusama. Installée en 1994 au bout d’une jetée, face à la mer, elle fut pensée dès l’origine pour dialoguer avec le paysage. L’artiste, qui représentait déjà ce fruit dans les années 1940, en a depuis créé d’innombrables versions monumentales en bronze, céramique, acier, bois, nylon ou fibre de verre – y compris sous forme de lanternes géantes dans une « Infinity Mirror Room ».
Après les pois, les fleurs. Avec Flower Obsession, Kusama transforme un intérieur domestique en une jungle florale : murs, meubles, objets et surfaces disparaissent sous une prolifération de fleurs artificielles. L’œuvre prolonge le principe de Obliteration Room, l’une de ses plus célèbres installations où les visiteurs recouvrent progressivement une pièce immaculée de milliers d’autocollants colorés.
Installation à la NGV Triennial, Melbourne • Photo Eugene Hyland
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Yayoi Kusama, “Infinity Mirrored Room” à la Tate Modern, Londres, 2021
Un espace hors du monde
Entrer dans cet espace magique, c’est quitter le monde terrestre. Dans une pièce tapissée de miroirs, des points lumineux suspendus dans l’obscurité se répètent à perte de vue, comme autant d’étoiles scintillant dans l’obscurité de l’univers. Le sol réfléchissant brouille encore davantage les repères. Comme un point parmi les points, le corps du visiteur se perd dans cette nuée vertigineuse : c’est le principe même de l’« auto-oblitération » cher à Kusama, poussé ici jusqu’à l’expérience cosmique.
La sculpture de Yayoi Kusama exposée au sommet du magasin Louis Vuitton des Champs-Élysées, 16 janvier 2023
À l’assaut du monde
Ici, l’artiste elle-même devient motif. En janvier 2023, une gigantesque Kusama en perruque rouge semble surgir du toit du magasin Louis Vuitton des Champs-Élysées, tandis que la façade se couvre de pois. À Paris comme à Londres, New York ou Tokyo, des robots à son effigie « peignent » les vitrines des boutiques de la marque. Une campagne spectaculaire, devenue virale mais aussi controversée : certains y ont vu l’aboutissement vertigineux de la marchandisation de son image.
À la fin de sa vie, Kusama ne cesse de peindre. Avec ses lignes noires rayonnantes semées de pois sur fond jaune, cette œuvre – l’un de ses ultimes dessins, assorti d’un poème en japonais, réalisé dans sa chambre d’hôpital – évoque à la fois la peinture aborigène et un tunnel vers l’infini. Dans cette série commencée en 2021, les mots, les signes, les rayons et les motifs semblent jaillir de la toile dans une explosion d’énergie. Son titre, Every Day I Pray for Love, sonne comme une épitaphe : surmontant ses démons grâce à l’art, l’artiste en appelle à l’amour, à la vie et à l’infini.
Yayoi Kusama, Infinity Mirrored Room – The Hope of the Polka Dots Buried in Infinity Will Eternally Cover the Universe, vue d’installation dans l’exposition à la fondation Beyeler, Riehen / Bâle., 2025
Vers l’infini
Pour sa grande rétrospective présentée à la fondation Beyeler en 2025, Kusama imagine une nouvelle plongée dans l’infini. Évoquant des tiges géantes ou des tentacules, d’immenses formes organiques jaunes à pois noirs serpentent dans la salle et se reflètent dans les miroirs, transformant l’espace en une forêt artificielle et labyrinthique. Au centre, une autre chambre de miroirs prolonge l’expérience. Une démarche invasive et immersive poussée à son paroxysme, comme si l’artiste se réincarnait dans ce paysage fantasque en perpétuelle expansion.
Envie d’une escapade culturelle à la tombée de la nuit dans les plus beaux musées …
Texte intégral (10810 mots)
Envie d’une escapade culturelle à la tombée de la nuit dans les plus beaux musées de la capitale ? Beaux Arts fait le point sur les nocturnes dans les musées parisiens, pour contempler vos artistes préférés à pas feutrés, seul ou entre amis. Suivez le guide !
Fini le blues de la rentrée ! La saison culturelle qui débute en ce mois de septembre promet d’être grande. Les journées raccourcissent et permettent donc d’en profiter pour faire un tour dans les musées pour découvrir des expositions partout dans la capitale… De nombreux sites parisiens proposent en effet des nocturnes certains jours de la semaine (en particulier le mercredi et le jeudi) : de quoi découvrir les expositions les plus en vogue ou (re)voir les collections de nos musées iconiques !
À chacun son jour ! Scrutez aussi notre petit guide des jours de fermeture hebdomadaire pour ne pas risquer de trouver portes closes. Camille Vivier, Madeleine de Sinéty ou encore Annette Messager… Il y en a bien sûr pour tous les goûts dans les musées parisiens. Petite chose à savoir : il y a souvent moins de monde en soirée !
Les nocturnes du lundi
À l’exception du mardi, le Palais de Tokyo est ouvert tous les jours jusqu’à 22h.
Aux abords du jardin du Luxembourg, le musée fut l’une des premières institutions d’art ancien ouverte au public. Occupant les espaces du palais du Luxembourg où siège aujourd’hui le Sénat, il n’abrite plus de collection permanente mais propose deux expositions par an, mettant à l’honneur de grandes figures de l’art moderne et de la photographie. À partir du 16 septembre, ce sera au tour d’Andy Warhol à travers le prisme de son œuvre dessinée.
Salle Ovale du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF), dont les travaux de restauration se sont achevés en 2022
À Paris, un joyau tout juste restauré
Sorti de son sommeil en 2022 après douze longues années de travaux, le site historique de la Bibliothèque nationale de France accueille les lecteurs comme les simples curieux. Le clou de la visite : l’emblématique salle Ovale, dont la construction fut entreprise en 1897 par Jean-Louis Pascal et achevée en 1932 par Alfred Recoura. Sous l’impressionnante verrière – qui culmine à dix-huit mètres – ont été percés seize œils-de-bœuf, qui sont chacun associés à une ville (Paris, Byzance, Washington, Florence, Athènes…). Ils surplombent de hautes arcades, elles-mêmes soutenues par de majestueuses colonnes. On comprend pourquoi cette salle a souvent été appelée le « paradis ovale » ! I.B.
Photo Takuji Shimmura
Manuscrits rares, estampes, photographies, enluminures… Berceau historique de la Bibliothèque nationale de France, le site Richelieu regorge de trésors ! Réouvert en 2022 suite à une mue spectaculaire, il accueille dans la galerie Mansart deux expositions temporaires par an qui complètent celles du site François-Mitterrand dans le 13e arrondissement, ouvert quant à lui tous les jours, sauf le dimanche, jusqu’à 20h.
Au cœur de Paris, le Jeu de Paume est un véritable lieu d’expérimentation de l’image sous toutes ses formes. De la photographie historique au cinéma expérimental et aux créations numériques contemporaines, il y en a pour tous les goûts ! La collection de photographies de Sir Elton John et de son époux David Furnish est à découvrir jusqu’au 24 septembre dans l’exposition « Fragile Beauté », tout comme l’étonnante rétrospective de Madeleine de Sinéty.
Fragile Beauté. Photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish
Il est le musée le plus grand et le plus visité au monde ! Ancien palais royal datant du Moyen Âge, le Louvre fut transformé au fil du temps jusqu’à devenir un musée ouvert au public en 1793. En 1988, il prend sa forme actuelle avec l’inauguration de son iconique pyramide de verre de l’architecte Ieoh Ming Pei (1917–2019). Le musée du Louvre abrite une foisonnante collection comptant plus de 500 000 œuvres, de l’Antiquité jusqu’à 1848 et de l’Europe occidentale jusqu’à l’Iran, via la Grèce, l’Égypte et le Proche-Orient. Si le musée est sans cesse pris d’assaut, profitez de sa nocturne pour une visite en toute intimité (du moins dans certaines salles). Mais n’oubliez pas de réserver en ligne ! Des mini-visites de 20 minutes, avec des guides-conférenciers, sont organisées lors de ces nocturnes tous les mercredis et vendredis dans le parcours permanent et dans les expositions du moment.
C’est l’une des plus anciennes institutions françaises ! Créée en 864, la Monnaie de Paris a pour mission de fabriquer la monnaie nationale mais fond également bijoux et médailles. Son site parisien de l’hôtel de la Monnaie situé quai de Conti accueille aujourd’hui des expositions, ateliers et événements variés qui en font un espace culturel dynamique.
Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (MAHJ) – Jusqu’à 21h00
L’histoire et les cultures juives sont à l’honneur au mahJ ! Avec sa foisonnante collection d’objets, de manuscrits et d’œuvres d’art, ce musée, niché dans un hôtel particulier du XVIIe siècle, propose des expositions sur l’histoire des communautés juives d’Europe et de la Méditerranée, de l’Antiquité à nos jours.
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme • 71 Rue du Temple • 75003 Paris www.mahj.org
Musée de la Chasse et de la Nature – Jusqu’à 21h30
Inauguré par André Malraux, le musée privé de la Chasse et de la Nature situé dans les hôtels de Guénégaud et de Mongelas dans le Marais explore les rapports entre l’humain et l’animal. Œuvres d’art, animaux naturalisés, mobilier, orfèvrerie, armures… Ses collections éclectiques dialoguent régulièrement avec le travail d’artistes contemporains à l’occasion d’expositions temporaires. Un musée plein de charme à l’atmosphère intimiste qui accueille jusqu’au 20 septembre les créations d’Annette Messager.
Une hirondelle ne fait pas le printemps. Annette Messager
Du 14 avril 2026 au 20 septembre 2026
Musée de la Chasse et de la Nature • 62, rue des Archives • 75003 Paris www.chassenature.org
Les nocturnes du jeudi
Musée d’Art moderne de Paris – Jusqu’à 21h30
Dans le bâtiment en face de celui du palais de Tokyo, le musée d’Art moderne de Paris présente un exceptionnel fonds de plus de 15 000 œuvres allant du XXe siècle à nos jours : Delaunay, Picasso, Braque, Chagall, Parreno, Doig… En complément, l’institution propose plusieurs grandes expositions temporaires dédiées aux figures internationales de l’art moderne et contemporain. À l’instar de l’Américain Kerry James Marshall qui est mis à l’honneur à partir du 18 septembre.
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris www.mam.paris.fr
Palais de Tokyo – Jusqu’à minuit
Installé au cœur du très chic 16e arrondissement de Paris, le Palais de Tokyo est l’un des centres d’art contemporain les plus célèbres au monde et un espace d’exposition unique en son genre. Découvrez en ce moment les diverses expositions de la nouvelle saison.
Sculptures, textiles, objets d’art, instruments de musique… Abritant une collection de plus de 370 000 objets, le musée du quai Branly – Jacques Chirac présente des œuvres des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Inauguré en 2006, ce musée conçu par l’architecte Jean Nouvel et édifié non loin de la tour Eiffel, propose des expositions temporaires et une foule d’événements culturels toute l’année ! Une immersion dans les cultures extra-occidentales.
Plumes du paradis. Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée
Du 12 mai 2026 au 8 novembre 2026
Musée du quai Branly - Jacques Chirac • 37, quai Branly • 75007 Paris www.quaibranly.fr
Maison européenne de la photographie (MEP) – Jusqu’à 22h
Installée dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle en plein cœur du Marais, la Maison européenne de la photographie (MEP) possède une collection de plus de 12 000 œuvres. Une place forte de la photographie à Paris qui propose des expositions temporaires variées, une bibliothèque spécialisée, une librairie et des ateliers toute l’année ! En ce moment, la MEP revisite l’histoire de la photographie avec une exposition en forme d’abécédaire tout en mettant aussi à l’honneur les clichés de Camille Vivier.
La photographie en toutes lettres
Du 10 juin 2026 au 13 septembre 2026
Maison européenne de la photographie - Paris • 5/7 Rue de Fourcy • 75004 Paris www.mep-fr.org
Maison européenne de la photographie - Paris • 5/7 Rue de Fourcy • 75004 Paris www.mep-fr.org
Musée Maillol – Jusqu’à 22h
Dédié à l’œuvre du sculpteur et peintre Aristide Maillol(1861–1944), ce musée sis dans un hôtel particulier de la rue de Grenelle a été inauguré en 1995 par la muse de l’artiste, Dina Vierny. Outre sa belle collection d’art moderne et d’œuvres signées de l’artiste nabi, le musée Maillol organise des expositions temporaires aux thèmes variés, allant de la photographie à l’art contemporain et la bande dessinée. Découvrez actuellement la plus grande rétrospective française consacrée au créateur de mode Gianni Versace !
Cité de l’architecture et du patrimoine – Jusqu’à 21h
Méconnue, la Cité de l’architecture et du patrimoine, située dans la palais de Chaillot, est pourtant l’un des musées les plus étonnants de la capitale ! Notamment, grâce à sa fabuleuse galerie des moulages où se trouve installée une reproduction du monumental portail de l’église-abbatiale de Moissac. Peintures murales grandeur nature, vitraux médiévaux, appartement témoin de Le Corbusier… Le parcours offre une immersion complète dans l’histoire de l’architecture en France.
Mode, design, arts de la table, graphisme, joaillerie… Tous les arts décoratifs sont représentés dans cette institution fondée en 1882 et en partie installée dans les ailes de Rohan et de Marsan du palais du Louvre. Avec des œuvres et objets du Moyen Âge à nos jours, la visite est ponctuée deperiod rooms qui reconstitue des intérieurs emblématiques de l’histoire. La nef centrale du musée accueille des expositions d’envergure.
Une journée au XVIIIe siècle. Chronique d’un hôtel particulier
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris madparis.fr
Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge – Jusqu’à 21h, les 1er et 3e jeudis du mois uniquement
Envie de remonter le temps ? Rendez-vous au musée de Cluny sur le site de l’ancien hôtel des abbés de Cluny et des thermes de Lutèce, en plein cœur du quartier Latin, pour un grand plongeon au Moyen Âge. Sa riche collection de sculptures, pièces d’orfèvrerie, enluminures, peintures et vitraux se déploie au fil d’un parcours dont l’un des temps forte est la présentation, dans une pièce dédiée, des six tapisseries de La Dame à la licorne (XVe-XVIe siècles).
Musée Jean-Jacques Henner – Jusqu’à 21h (2e jeudi du mois)
Niché dans le quartier cossu de la Plaine-Monceau, cet élégant hôtel particulier où résidait autrefois le peintre académique Guillaume Dubufe (1853–1909) affiche un surprenant décor d’inspiration orientale dans une architecture Belle Époque.
Musée national Jean-Jacques Henner
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 11 h à 18 h
Situé dans le cadre bucolique du jardin du Ranelagh dans le 16e arrondissement, le musée Marmottan Monet possède la plus grande collection d’œuvres du maître de l’impressionnisme, dont l’iconique Impression, soleil levant (1872). Berthe Morisot, Auguste Renoir, Edgar Degas ou Camille Corot comptent également parmi les artistes phares présentés dans cette institution née de la collection de Paul Marmottan, enrichie par la suite de nombreux legs et dons.
Installé dans une ancienne gare ferroviaire spécialement construite, dans le 7e arrondissement pour l’Exposition universelle de 1900, le musée d’Orsay héberge les collections nationales d’art allant de 1848 à 1914. On retrouve donc accrochés dans sa majestueuse nef et ses salles attenantes les chefs-d’œuvre de Monet, Van Gogh, Courbet, Degas, Rodin, Bonheur, Manet, Moreau et tant d’autres. Il s’agit du deuxième musée le plus visité de Paris après le Louvre ; attention donc à réserver votre billet à l’avance !
Lieu de mémoire du génocide des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, le Mémorial de la Shoah situé dans le Marais abrite le Mur des noms, qui rend hommage aux 75 568 juifs français et étrangers déportés et, pour la plupart, exterminés par les nazis, un Mur des Justes, une crypte et un Mémorial des enfants. Sa riche collection de documents, photos, et objets retrace l’histoire des Juifs de France pendant la Shoah, complétée par des expositions temporaires, des conférences, des ateliers, des concerts…
Installé dans l’hôtel de Marle en plein cœur du Marais, l’Institut suédois est depuis 1971 le centre culturel de référence pour les échanges entre la Suède et la France. On y découvre des expositions d’art et de design scandinaves, une riche bibliothèque, ainsi qu’un café-restaurant reconnu et un charmant jardin intérieur, dans un hôtel particulier Renaissance.
Depuis sa réouverture, le nouveau Grand Palais fait tourner la tête de ses visiteurs. Et pour cause, le monument renoue avec les espaces qui étaient les siens entre 1900 et les années 1930, retrouvant sa stature et sa beauté. Le musée promet d’accueillir les noctambules jusque tard ! S’il reste seulement quelques jours pour découvrir les installations riches en illusions de Leandro Erlich, une grande exposition dès le 23 septembre promet de faire dialoguer l’œuvre de Cezanne avec l’art contemporain.
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris www.grandpalais.fr
Petit Palais – Jusqu’à 20h
Joyau architectural édifié par Charles Girault entre la Seine et les Champs-Élysées, le Petit Palais abrite des galeries majestueuses peuplées de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, grâce à des donations exceptionnelles. Construit pour l’Exposition universelle de 1900, le bâtiment accueille aujourd’hui des expositions temporaires de grande envergure.
Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris – Jusqu’à 21h
C’est un des fleurons des musées de la Ville de Paris ! Le Palais Galliera, édifice de style néo-renaissance implanté au milieu d’un agréable jardin, offre un véritable panorama de l’histoire de la mode en France depuis le XVIIIe siècle. Sa collection de près de 200 000 pièces est en partie visible au niveau du rez-de-jardin à travers un accrochage renouvelé. Ses autres espaces présentent des expositions sur les plus grands couturiers ou sur des thématiques.
Tisser, broder, sublimer. Les savoir-faire de la mode
Palais Galliera - Musée de la Mode de la Ville de Paris • 10, Avenue Pierre 1er de Serbie • 75016 Paris palaisgalliera.paris.fr
Atelier des Lumières – Jusqu’à 21h
Niché dans l’ancienne fonderie du Chemin-Vert créée en 1835, l’Atelier des Lumières propose depuis 2018 des expositions et expériences immersives grand public autour de l’œuvre de grands artistes ou de thèmes historiques.
De ce joyau solaire jaillissent des rayons de diamants en dégradé. Inspiré du kokochnik, une coiffe traditionnelle russe, ce modèle, dont le premier fut créé par Cartier en 1904 pour le banquier JP Morgan, est phare à la Belle Époque. Daté de 1907, celui-ci a séduit les épouses des industriels américains du Gilded Age, assoiffées de prestige.
Ancien garde-meuble royal trônant place de la Concorde, l’hôtel de la Marine, édifié par l’architecte Ange-Jacques Gabriel au XVIIIe siècle, fut un théâtre privilégié de l’histoire de France. Entièrement restauré, il a ouvert au public en 2021, offrant une visite des luxueux appartements des intendants du Garde-Meuble de la Couronne ainsi que de l’éclectique collection Al Thani qui expose ses pièces allant de l’Antiquité à nos jours, à travers des expositions temporaires.
C’est l’un des plus anciens musées techniques et industriels au monde ! Riche d’une collection de plus de 80 000 objets et 15 000 dessins, le musée des Arts et Métiers permet de découvrir des instruments scientifiques majeurs tels que microscope du duc de Chaulnes ou le laboratoire de Lavoisier, mais aussi les avions de Blériot et de Breguet exposés dans l’ancienne église Saint-Martin-des-Champs ainsi que le célèbre pendule de Foucault.
Il est le musée le plus grand et le plus visité au monde ! Ancien palais royal datant du Moyen Âge, le Louvre fut transformé au fil du temps jusqu’à devenir un musée ouvert au public en 1793. En 1988, il prend sa forme actuelle avec l’inauguration de son iconique pyramide de verre de l’architecte Ieoh Ming Pei (1917–2019). Le musée du Louvre abrite une foisonnante collection comptant plus de 500 000 œuvres, de l’Antiquité jusqu’à 1848 et de l’Europe occidentale jusqu’à l’Iran, via la Grèce, l’Égypte et le Proche-Orient. Si le musée est sans cesse pris d’assaut, profitez de sa nocturne pour une visite en toute intimité (du moins dans certaines salles). Mais n’oubliez pas de réserver en ligne ! Bon à savoir : le musée est gratuit la première nocturne du mois (hors juillet et août). Des mini-visites de 20 minutes, avec des guides-conférenciers, sont organisées lors de ces nocturnes tous les mercredis et vendredis dans le parcours permanent et dans les expositions du moment.
Musée de l’Armée – Tous les 1ers vendredis de chaque mois, jusqu’à 22h
Dans le bâtiment de l’hôtel national des Invalides, le musée de l’Armée abrite non seulement le tombeau de Napoléon Ier depuis 1840 mais aussi une vaste collection d’armes, de tenues, d’insignes, d’œuvres d’art et de documents sur l’histoire militaire de la France, de la fin du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale. Un lieu de mémoire autant que de réflexion.
Installé dans l’ancien hôtel particulier d’Édouard André et Nélie Jacquemart, le musée Jacquemart-André témoigne du goût raffiné de ces deux grands collectionneurs de la fin du XIXe siècle. Ouvert au public en 1913, il réunit une riche sélection de peintures, sculptures et objets d’art, avec notamment des œuvres de la Renaissance italienne ainsi que des artistes flamands et français du XVIIIe siècle. L’institution propose également deux expositions annuelles, consacrées à de grands noms de la peinture. Dès le 11 septembre, Tintoret sera ainsi à l’honneur.
Joyau architectural édifié par Charles Girault entre la Seine et les Champs-Élysées, le Petit Palais abrite des galeries majestueuses peuplées de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, grâce à des donations exceptionnelles. Construit pour l’Exposition universelle de 1900, le bâtiment accueille encore aujourd’hui des expositions temporaires de grande envergure.
Niché dans l’ancienne fonderie du Chemin-Vert créée en 1835, l’Atelier des Lumières propose depuis 2018 des expositions et expériences immersives grand public autour de l’œuvre de grands artistes ou de thèmes historiques.