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28.04.2026 à 12:51

Pourquoi est-il déconseillé de boire de l’alcool quand on prend des médicaments ?

Mickael Naassila, Professeur de physiologie, Directeur du Groupe de Recherche sur l'Alcool & les Pharmacodépendances GRAP - INSERM UMR 1247, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)
Camille André, Assistante hospitalo-universitaire, CHU de Rennes, Institut de Recherches en Santé-Environnement-Travail - IRSET - UMR Inserm 1085
Naouras Bouajila, Chargée d'études, Société française d'alcoologie et d’addictologie - Doctorante, Groupe de Recherche sur l’Alcool & les Pharmacodépendances, UMR-S INSERM 1247, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)
Lorsqu’il vous remet vos médicaments, votre pharmacien vous parle probablement peu d’alcool… Pourtant, sa consommation peut modifier leurs effets, les rendant moins efficaces ou plus toxiques.
Texte intégral (4015 mots)

Anticoagulants, antihypertenseurs, diurétiques, anxiolytiques, antidépresseurs, antidiabétiques, anticancéreux… tous ces médicaments apparemment sans grand rapport les uns avec les autres ont pourtant un point commun : ils sont sensibles aux interactions avec l’alcool. Consommer une boisson alcoolisée alors que l’on est sous traitement entraîne potentiellement des effets variés, dont certains peuvent être graves.


Vous sortez de la pharmacie avec dans votre sac un traitement contre la douleur, l’anxiété, l’hypertension ou le diabète. Votre pharmacien vous a très certainement expliqué la dose de médicament à prendre, et sur quelle durée. Il s’est peut-être attardé sur les effets secondaires potentiels. Il est possible qu’il vous ait aussi demandé si vous fumiez. Mais souvent, une question reste absente de ce type d’échange : vous arrive-t-il de consommer de l’alcool ?

L’association entre consommation d’alcool et médicaments est pourtant l’une des situations les plus fréquentes du quotidien. Elle concerne des millions de personnes, souvent sans qu’elles en aient conscience. Or, l’alcool peut modifier l’efficacité d’un traitement, en augmenter la toxicité ou amplifier certains effets indésirables, parfois avec des médicaments très courants.

Derrière cette réalité se cachent des mécanismes biologiques complexes, mais dont les conséquences sont très concrètes : chute, malaise, saignement, hypoglycémie, surdosage, inefficacité du traitement, ou aggravation silencieuse d’une maladie chronique.

Et contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas seulement d’un problème lié aux somnifères ou aux « gros buveurs ».

Une problématique fréquente

L’association entre alcool et médicaments potentiellement susceptibles d’interagir avec cette substance est loin d’être marginale. Aux États-Unis, l’analyse de l’enquête nationale NHANES (1999–2010) a estimé que 42,8 % des adultes utilisaient au moins un médicament susceptible d’une telle interaction, une proportion qui dépasse 75 % après 65 ans. En Suisse, environ une personne de 55 ans ou plus sur cinq déclarait consommer souvent ou presque toujours de l’alcool en même temps que ses médicaments.

Chez les sujets les plus âgés qui prennent plusieurs sortes de médicaments, le risque devient encore plus marqué : certaines études rapportent que la grande majorité des patients sont exposés à au moins une interaction potentielle. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une situation rare ou exceptionnelle, mais d’une réalité fréquente du quotidien, particulièrement chez les personnes âgées.

Alcool et médicaments : une relation qui n’est pas neutre

Lorsque l’on prend un médicament, celui-ci ne fait pas qu’« agir » dans notre organisme. Il est absorbé, distribué dans notre corps, transformé par le foie, puis éliminé. Toutes ces étapes constituent la pharmacocinétique du médicament. Et l’alcool peut interférer avec chacune d’elles.

Le foie joue ici un rôle central. En effet, c’est lui qui métabolise non seulement l’alcool, mais aussi une grande partie des médicaments. Or, lorsque deux substances empruntent les mêmes voies biologiques, elles peuvent se gêner mutuellement.

Mécanismes par lesquels l’alcool modifie l’efficacité des médicaments. Naouras Bouajila

Deux situations doivent être distinguées, la consommation ponctuelle et la consommation régulière, car leurs effets sur les traitements ne sont pas les mêmes.

Consommation ponctuelle : quand le médicament s’accumule

Lors d’une prise aiguë d’alcool, un apéritif, un dîner arrosé, une soirée, l’organisme mobilise en priorité ses systèmes de dégradation de l’éthanol, notamment au niveau hépatique. Pour cela, le foie utilise diverses enzymes. Or, certains médicaments sont métabolisés par ces mêmes enzymes. Résultat : ceux-ci sont éliminés plus lentement. Leur concentration dans le sang augmente, ce qui augmente le risque d’effets indésirables ou de toxicité.

Ce phénomène peut être particulièrement problématique avec les médicaments dits « à marge thérapeutique étroite », c’est-à-dire ceux pour lesquels un faible écart de dose ou de concentration peut suffire à provoquer un effet excessif ou dangereux.

Autrement dit, un verre peut parfois faire « trop agir » un médicament.

Consommation régulière : quand le traitement devient moins efficace, ou plus toxique

À l’inverse, une consommation chronique d’alcool modifie durablement le fonctionnement du foie. Celui-ci augmente la production de certaines enzymes de biotransformation (notamment le cytochrome P450 2E1 ou CYP2E1). Ce phénomène est appelé « induction enzymatique ». Conséquence : certains médicaments sont dégradés plus rapidement qu’attendu. Ils restent moins longtemps à des concentrations efficaces, ce qui peut réduire leur effet thérapeutique.

Par ailleurs, cette adaptation a un revers. Elle favorise aussi la formation de métabolites réactifs, parfois toxiques. L’exemple le plus connu est celui du paracétamol. Après avoir été absorbé, une partie de ce médicament est transformée en un composé toxique pour le foie, la N-acétyl-p-benzoquinone imine (NAPQI). Normalement, ce métabolite est neutralisé par un composé appelé glutathion.

Schéma expliquant les raisons de la toxicité accrue du paracétamol en cas de consommation d’alcool
En cas de consommation d’alcool, la toxicité du paracétamol peut être accrue. DR, Fourni par l'auteur

Cependant, chez les consommateurs chroniques d’alcool, la production de NAPQI peut augmenter, car le foie fabrique de plus grandes quantités de l’enzyme CYP2E1, qui transforme le paracétamol en métabolite toxique. Dans le même temps, les réserves de glutathion diminuent : elles sont davantage consommées pour neutraliser ce toxique, et souvent moins bien reconstituées en raison de l’alcool, de la dénutrition ou d’une maladie du foie. Cela majore le risque de lésions hépatiques, parfois même lorsque les médicaments sont pris à des doses usuelles.

Distribution, déshydratation, élimination : des effets moins visibles mais importants

L’alcool ne perturbe pas seulement le métabolisme.

La déshydratation qu’il favorise peut réduire le volume de distribution de certains médicaments hydrosolubles (solubles dans l’eau, ndlr) et augmenter leur concentration dans le plasma sanguin.

Les modifications de la composition corporelle observées chez certains consommateurs chroniques d’alcool, notamment une augmentation relative de la masse grasse, peuvent aussi favoriser l’accumulation de molécules lipophiles (qui présentent une « attirance » pour les tissus gras) et prolonger leur durée d’action.

Enfin, lorsqu’une consommation prolongée a altéré le foie ou les reins, les capacités d’élimination diminuent. Les médicaments s’accumulent alors plus facilement, exposant à un risque accru de surdosage ou d’effets indésirables prolongés.

Souvent invisibles pour le patient, ces mécanismes modifient profondément l’équilibre entre bénéfice et risque du traitement.

Soulignons que, lors du développement d’un médicament, certaines interactions pharmacocinétiques peuvent être étudiées, notamment si un risque est suspecté. Toutefois, les essais cliniques incluent souvent peu de buveurs importants. En outre, ils excluent les patients fragiles et évaluent mal les consommations réelles d’alcool (ponctuelles, chroniques ou variables).

Après la mise sur le marché, la pharmacovigilance peut détecter des signaux d’alerte, mais l’alcool est fréquemment sous-déclaré ou non recherché. Résultat : de nombreuses interactions avec l’alcool restent probablement sous-estimées et passent donc sous les radars.

Quand les effets s’additionnent : les interactions pharmacodynamiques

L’alcool peut aussi interagir directement avec les effets des médicaments sur l’organisme. On parle alors d’« interactions pharmacodynamiques ».

Dans ce cas, l’alcool ne change pas forcément la concentration ou la distribution du médicament, mais la manière dont le corps y répond.

L’alcool agit principalement comme un dépresseur du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Il en renforce le principal système inhibiteur (la transmission GABAergique), tout en freinant le fonctionnement de structures moléculaires impliquées dans l’excitation neuronale (les récepteurs glutamatergiques NMDA).

Ce double effet entraîne sédation, ralentissement psychomoteur, troubles de la vigilance, altération des réflexes et baisse des performances cognitives. En d’autres termes, l’alcool ralentit l’activité générale du cerveau ainsi que le fonctionnement du corps et diminue le niveau d’éveil.

Lorsque des médicaments agissant sur ces mêmes voies sont associés à l’alcool, leurs effets ne s’additionnent pas simplement : ils se potentialisent. C’est le cas notamment :

  • des benzodiazépines (par exemple, l’alprazolam – nom commercial Xanax – ou le bromazépam – nom commercial Lexomil) ;

  • des hypnotiques (par exemple, le zolpidem – nom commercial Stilnox – ou la zopiclone – nom commercial Imovane) ;

  • des opioïdes (par exemple, la morphine, que l’on trouve notamment dans le médicament commercialisé sous le nom de Tramadol) ;

  • de certains antihistaminiques sédatifs (par exemple, l’hydrozine – nom commercial Atarax ou la dexchlophéniramine – nom commercial Polaramine) ;

  • de plusieurs psychotropes (par exemple, Tercian pour la cyamémazine, Largactil pour la chlorpromazine).

Sur le plan clinique, cela peut se traduire par une somnolence majeure, une confusion, des troubles de la coordination, des chutes, des accidents domestiques ou de la route.

Dans les cas les plus graves, en particulier avec les opioïdes ou certains anxiolytiques, la dépression du système nerveux central peut atteindre les centres respiratoires et devenir potentiellement fatale, les patients n’étant plus capables de respirer.

Une réaction parfois brutale : l’effet « antabuse »

Certaines interactions sont plus spectaculaires encore. En temps normal, l’alcool est transformé en acétaldéhyde, puis rapidement converti en acétate grâce à une enzyme appelée aldéhyde déshydrogénase (ALDH).

Mais certains médicaments bloquent cette seconde étape. L’acétaldéhyde s’accumule alors dans l’organisme, provoquant une réaction dite de type « antabuse ».

Les symptômes peuvent apparaître rapidement : rougeur du visage, céphalées, nausées, vomissements, tachycardie, hypotension, malaise intense.

Ce mécanisme est utilisé volontairement avec le disulfirame dans la prise en charge de la dépendance à l’alcool. Le principe n’est pas de « guérir » directement l’addiction, mais de créer une forte dissuasion : si la personne boit, elle risque un malaise rapide et désagréable.

Si le disulfirame est bien un médicament (en médecine, un traitement peut agir soit en corrigeant un mécanisme biologique, soit en modifiant un comportement ou en prévenant une rechute), son utilisation soulève toutefois des questions éthiques : elle n’est acceptable que si le patient est clairement informé, volontaire et accompagné médicalement. Aujourd’hui, il est moins utilisé qu’autrefois, mais peut rester utile dans certaines situations bien encadrées.

Des réactions similaires peuvent aussi survenir avec d’autres médicaments, notamment certains antibiotiques, comme le métronidazole, ou certains antifongiques.

Il faut avoir à l’esprit que, parfois, de faibles quantités d’alcool suffisent, y compris celles contenues dans des sirops, des bains de bouche ou dans certaines préparations alimentaires…

Des interactions fréquentes avec des traitements très courants

Le sujet des interactions avec l’alcool dépasse largement les médicaments « à risque évident ». Certains médicaments utilisés couramment sont aussi concernés par cette problématique.

– Anticoagulants et antithrombotiques : la consommation chronique d’alcool peut augmenter le risque hémorragique. Elle favorise les lésions digestives (gastrites, ulcères, varices œsophagiennes), perturbe l’agrégation plaquettaire et peut altérer la coagulation via l’atteinte hépatique ;

– Antihypertenseurs : une consommation aiguë peut entraîner une vasodilatation (dilatation des vaisseaux sanguins), une chute tensionnelle, des vertiges ou une syncope. À l’inverse, une consommation chronique favorise l’hypertension et peut compliquer le contrôle du traitement ;

– Diurétiques et bêtabloquants : l’association peut majorer l’hypotension. Dans certains cas, l’alcool peut aussi aggraver bradycardie ou malaise ;

– Psychotropes, anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, antipsychotiques : l’alcool augmente souvent la sédation, la confusion, les troubles de la mémoire et le risque de chute ;

– Antidiabétiques : l’alcool inhibe la production de glucose (néoglucogenèse) au niveau du foie, ce qui peut favoriser des hypoglycémies parfois sévères, notamment chez les patients traités par insuline ou certains médicaments hypoglycémiants ;

– Traitements anticancéreux : l’alcool peut majorer la toxicité hépatique, aggraver fatigue, troubles digestifs ou atteintes cutanées et, parfois, interférer avec le métabolisme de certaines molécules.

Illustration des classes de médicaments dont la pharmacodynamique est affectée par l'alcool.
Les classes de médicaments dont la pharmacodynamique est affectée par l'alcool. Naouras Bouajila, Fourni par l'auteur

Un risque qui explose chez les personnes âgées

Les personnes âgées constituent probablement la population la plus exposée aux interactions entre alcool et médicaments.

En effet, avec l’âge, la polymédication devient fréquente. Une part importante des plus de 75 ans prend plusieurs médicaments de façon concomitante, parfois jusqu’à cinq, voire davantage. Or, plus le nombre de traitements augmente, plus le risque d’interactions s’accroît.

S’ajoutent à cette situation des modifications physiologiques en lien avec la vieillesse, telle qu’une diminution de la masse hydrique (la quantité d’eau contenue dans le corps), qui favorise l’augmentation de la concentration sanguine d’alcool. L’augmentation relative de la masse grasse prolonge quant à elle l’action de certains médicaments lipophiles, tandis que la baisse des fonctions rénale et hépatique ralentit l’élimination des médicaments ainsi que, parfois, de leurs métabolites actifs ou toxiques, favorisant leur accumulation et augmentant le risque d’effets indésirables. Enfin, avec l’âge, le cerveau devient plus sensible aux substances sédatives.

Les interactions entre médicaments et alcool se traduisent souvent chez les personnes âgées par des chutes, des fractures, une confusion aiguë, des accidents médicamenteux qui entraînent hospitalisations et perte d’autonomie.

Soulignons que, dans ce contexte, même une consommation d’alcool jugée « modérée » peut produire des effets disproportionnés.

Pourquoi parle-t-on si peu de ce problème ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer le fait que la question des interactions entre médicaments et alcool soit si peu abordée : parce que l’alcool est culturellement banalisé ; parce qu’évoquer sa consommation peut paraître intrusif ; parce que le temps manque souvent au comptoir ou en consultation ; parce que ces interactions semblent moins inquiétantes que celles qui peuvent se produire avec d’autres médicaments, etc.

Mais ignorer la question ne la fait pas disparaître. L’alcool est une substance biologiquement active, capable d’interagir avec de nombreux traitements. À ce titre, il devrait faire partie du dialogue thérapeutique, de la même façon que les allergies, le tabac ou les autres médicaments pris en parallèle en font partie. Aujourd’hui, demander à un patient s’il fume est devenu un réflexe de prévention. Demander s’il boit de l’alcool devrait l’être tout autant.

Alors, la prochaine fois que votre médecin rédigera votre ordonnance, ou que vous irez retirer vos médicaments à la pharmacie, demandez simplement : « Y a-t-il une interaction possible avec la consommation d’alcool, même occasionnelle ? »

Cette question, si elle était plus souvent posée de part et d’autre du comptoir, pourrait éviter bien des accidents silencieux…


Pour aller plus loin

– La Société française d’alcoologie et d’addictologie (SF2A) réalise actuellement un guide à destination des professionnels de santé sur les interactions alcool et médicaments ;

– Sur le site de la SF2A, la page AlcoolConsoScience met à la disposition des professionnels de santé des informations scientifiquement validées sur l’impact de la consommation d’alcool sur la santé.

The Conversation

Mickael Naassila est membre sénior de l'Institut Universitaire de France IUF. Il est Président de la Société Française d'Alcoologie et d'Addictologie (SF2A) et de la Société Européenne de Recherche Biomédicale sur l'Alcoolisme (ESBRA); Vice-président de la Fédération Française d'Addictologie (FFA) et vice-président sénior de la Société Internationale de recherche Biomédicale sur l''Alcool et les Addictions (ISBRA). Il est membre de l'institut de Psychiatrie, co-responsable du GDR de Psychiatrie-Addictions et responsable du Réseau National de Recherche en Alcoologie REUNIRA et du projet AlcoolConsoScience. Il a reçu des financements de l'ANR, de l'IReSP/INCa Fonds de lutte contre les addictions.

Naouras Bouajila a reçu des financements du Fonds de lutte contre les addictions de la Caisse nationale de l’Assurance maladie.

Camille André ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

28.04.2026 à 10:49

Delving into One Health’s vision to better protect people, animals and the planet from future health crises

François Roger, Directeur régional Asie du Sud-Est, vétérinaire et épidémiologiste, Cirad
Marie-Marie Olive, Chercheuse en épidémiologie, Cirad
In the wake of the WHO’s One Health summit, a new atlas explores the interdependency between environmental, health and food security issues, and strategies for supporting sustainability and the welfare of all life forms.
Texte intégral (743 mots)

Climate-sensitive diseases and zoonoses, antimicrobial resistance (AMR), sustainable food systems and exposure to pollution – the main factors fuelling infectious and non-communicable diseases were the focus of this year’s One Health Summit.

These hot topics for the global health community are central to One Health Atlas – a comprehensive, science-led guide to the wealth of initiatives behind the “One Health approach”.

Below are some excerpts from the book, which maps out the interconnections between human, animal, plant and environmental welfare and details One Health’s widely endorsed but “difficult-to-fund approach” :

Interest in One Health has risen among health institutions at local, regional and global levels, particularly since the 2019 SARS-CoV-2 pandemic.

The One Health approach, which acknowledges the interdependence between human, animal and ecosystem health, is now promoted by the Quadripartite Alliance₁.

It has also been mainstreamed by international financial institutions, such as in the World Bank’s One Health Operational Framework and the IDA20 Policy Commitments on One Health. Donors have begun providing funding or financing (…), not only in pandemic prevention, preparedness and response (PPR), but also increasingly in other streams focused on biodiversity, climate change and more.

However, the financing landscape is highly fragmented with many vertical, mostly public health-centric mechanisms.

They often react to health crises, rather than reducing risk at the source or breaking the panic– neglect cycle. The COVID-19 crisis triggered a paradigm shift, and specific (although limited) funding dedicated to One Health is now emerging, with two major initiatives worth noting.

In 2020, the French Development Agency (AFD) launched its NGO Sector Innovation Facility (FISONG OH), an innovative financial mechanism to support One Health. Initially intended for general NGO financing, this fund provided EUR 2.5 million for One Health projects in 2020.

In 2022, the World Bank (in collaboration with WHO) established the Pandemic Fund, a Financial Intermediary Fund designed to provide a dedicated stream of long-term financing to strengthen PPR capabilities in low- and middle-income countries. This fund has generated nearly USD 2 billion and supports One Health initiatives in 80 % of its projects. The Pandemic Fund managed to raise six US dollars for every dollar in grant funds.

Pragmatic approaches for One Health investments have been proposed through frameworks considering risks, co-benefits and stakeholder financial capacity for a fairer distribution of costs and benefits.

The Pandemic Fund’s first call for proposals also showed strong demand from beneficiary countries for strengthening public health systems, while raising questions about their capacity to effectively integrate One Health into their health systems.

These concerns echo the debates over the inclusion of One Health and financing provisions in the 2025 international Pandemic Agreement, which seeks to strengthen global preparedness for future health crises.

₁. The World Health Organization (WHO), the World Organisation for Animal Health (WOAH), the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), and the United Nations Environment Programme (UNEP).


More than 170 online and offline events are being held across France and internationally as part of the ongoing One Health Festival until May 15.

Passages by Camille Caffier, Franck Berthe, Marisa Peyre from The One Health Atlas were featured in this article.

The Conversation

François Roger is affiliated with CIRAD, a member of the PREZODE (Preventing Zoonotic Diseases Emergence) programme.

Marie-Marie Olive is affiliated with CIRAD, a member of the PREZODE (Preventing Zoonotic Diseases Emergence) programme.

28.04.2026 à 09:47

The truth about cats and dogs and the links between pet attachment and mental health

Tiphaine Blanchard, enseignante en gériatrie et nutrition vétérinaire, École Nationale Vétérinaire de Toulouse; Inrae
An original new study on pet ownership assesses how attached people are to their cats and dogs in order to understand the emotional connection and the associated health benefits at all ages.
Texte intégral (1665 mots)

Pets aren’t just mere companions, they play an active role in improving their owners’ wellbeing. But what does this connection tell us about our lifestyles? A recent study by the National Veterinary School of Toulouse has gauged how attached French pet owners are to their cats and dogs.

Animals – our best mental health allies

The benefits of an animal’s presence on human health are common knowledge. Many studies associate them with cardiovascular risk reduction and show how they can help reduce stress, especially among people who have a strong emotional bond with their pet.

Dog owners, for example, walk more, have a more active social life, and are less likely to experience depression. Among the elderly, studies suggest that the presence of an animal helps to preserve cognitive abilities, such as memory, as well as morale, while in children it promotes learning empathy and responsibilities.

This link is not only behavioural: it also affects our emotional needs. In a society marked by loneliness, anxiety and aging of the population, a dog or a cat sometimes becomes a real psychological support, capable of creating a sense of stability and usefulness in everyday life.

However, this relationship, which although beneficial in many cases, can also become a source of emotional distress. Some people develop an anxious attachment to their pet, characterised by excessive worry at the thought of separation or when the animal falls ill.

In elderly people, even without acute attachment anxiety, forced separation from their pet due to a hospital stay or admission to a nursing home often represents real trauma, as the animal is part of their emotional equilibrium and daily life.

The human-animal relationship as a therapeutic tool

The positive effects of the human-animal bond have now been put to good use in several hospitals and medical welfare programs.

The presence of animals in nursing homes can promote exchanges, rekindle memories, and temporarily help to break the feeling of loneliness among residents. Offering animal mediation in psychotherapy sessions for adolescents is also beneficial. Finally, in some paediatric units, particularly in oncology, specially trained animals accompany patients during care to reduce anxiety and improve wellbeing over the duration of the hospital stay.

More recently, several French police stations introduced kittens to appease victims of violence, an approach inspired by measures already implemented in other parts of the world.

For example, in the United States, specially trained dogs are being brought into some police stations and courtrooms to support victims during hearings. To date, there is no scientific data evaluating their impact in this specific context, but the testimonies are positive. Furthermore, benefits have been reported among professionals: a study with Canadian police officers showed that the presence of dogs in their work environment was perceived to reduce stress and improve wellbeing.

This theme deserves to be explored by dedicated research work to study how contact with an animal helps restore a sense of security post-trauma.

These initiatives, which are becoming more and more widespread, are all based on the same idea: to reinforce human health by building on the relationship with animals. Understanding the complex links between wellbeing, dependency and vulnerability requires a reliable survey instrument, which hadn’t been the case in France until recently.

A first step on the ladder to understanding pet attachment

To gain a better understanding of the pet/owner relationship, the Lexington Attachment to Pets Scale (LAPS) makes it possible to quantify emotional attachment between a pet owner and their pet across 23 topics (for example “My pet knows when I am feeling bad”). Until very recently France didn’t have an assessment method for pet attachment.

Nearly 1,900 French dog and cat owners responded to the survey.

How is pet attachment evaluated?

The LAPS scale assigns an attachment score of 0 to 69 (a high score reflects a stronger attachment of an owner to their animal).

In France, dog owners obtained a median score of 58.5 compared to 52 for cats, which is higher than in England, Denmark, or Austria!

Marked differences depending on owners’ profiles

The study highlights several factors influencing the achievement score:

  • Women score higher than men, a result also observed in other countries.

  • People living without children also have a higher score, as their animals can sometimes play the role of substitute family figures.

  • Dog owners have a higher score than cat owners, perhaps due to more active interaction.

  • People with a higher level of education score lower, perhaps because they tend to express their emotional attachment less.

These trends reflect deep social realities. In a society where loneliness is increasing, families are being reconstituted and remote work is becoming more widespread, animals play a role that’s increasingly affective. They soothe, structure daily life and fill a need for connection that human relationships don’t always satisfy.

When our dogs and cats become our attachment figures

In psychology, attachment theory describes our fundamental need for security and reassurance with an “attachment figure”, often a parent, partner, or… an animal.

Dogs, which are more demonstrative, offer emotional interaction similar to children: they solicit, provoke, and express joy. Cats, which are more independent, sometimes require a more “projective” form of attachment, where the owner interprets their signs of affection.

These differences explain why dogs get higher attachment scores: they actively respond to our human need for connection and reciprocity. But among all the owners, attachment remains something that is real.

What about the impact of pets’ health on their owner’s health?

The French version of the LAPS scale is already being used for other research in France.

One of the research projects is focusing on the impact of dog osteoarthritis on the daily life of its owners. When an animal suffers, it is often the whole household that bears the consequences. People in France can participate in this new study by completing an online questionnaire.

The questionnaire is open to all dog owners in France, whether or not they are affected by osteoarthritis, in order to improve understanding of how dogs’ health affects their owners’ health, and to improve care for dogs and their families.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Tiphaine Blanchard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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