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Justice et vérité pour El Hacen Diarra

Jan Torras Griso

Jan Torras Griso depuis Paris El Hacen, un Mauritanien de 35 ans vivant dans le XXe arrondissement de Paris depuis 7 ans, est sorti de son foyer pour jeter les poubelles. Il croise des policiers qui le soupçonnent de « rouler un joint de cannabis ». Selon leur témoignage, il aurait refusé les (…)

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07.02.2026 à 23:49

Solidarité internationale : Quand la jeunesse réinvente l'apprentissage par le mouvement

Rédaction-coordination JdA-PA

Biaba Maùwa Mchumbe* C'est ici, à Paris, au cœur de l'hiver, que s'est tenu le Grand Week-end Engagé.e.s et Déterminé.e.s (WEE&D) du 30 au 31 janvier. Si l'événement promettait d'aborder des enjeux importants, comme la solidarité internationale, la méthode, elle, a été une véritable (…)

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07.02.2026 à 19:39

Comment la gauche doit répondre aux menaces de Trump contre le Canada ?

Archives Révolutionnaires

Archives Révolutionnaires a traduit cet article publié par le collectif Tempest. Face à la vague de soutien à l'administration libérale de Mark Carney et son appel à l'unité nationale, le texte met de l'avant un « gros bon sens socialiste » en matière stratégique. Ceci implique de construire une politique de classe autonome et internationale, sans soutien aux États bourgeois et aux patrons.


par David Camfield

La récente menace de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 100 % au Canada si celui-ci concluait un accord avec la Chine a ravivé les inquiétudes, au sein de l'appareil d'État canadien, face aux méthodes de pression de l'administration « America First ». Certains redoutent même qu'il puisse un jour tenter de concrétiser ses anciennes déclarations sur une intégration du Canada aux États-Unis.

Cette crainte peut aisément pousser des gens à soutenir le gouvernement fédéral libéral de Mark Carney qui a promis de « jouer du coude » contre l'administration Trump, malgré son programme d'austérité contre les services publics et les travailleurs qui les assurent, son appui à l'expansion des industries extractives, ses politiques anti-migrants et la hausse massive des dépenses militaires. Pour traverser cette période politique agitée, la gauche a besoin d'une boussole claire.

Même si Trump ne mettra probablement pas sa menace tarifaire à exécution, il faut s'attendre à d'autres tentatives — de sa part ou d'un futur gouvernement MAGA — d'utiliser la pression économique pour imposer ses conditions à Ottawa. Face à cela, comment la gauche doit-elle répondre aux guerres commerciales et aux tensions économiques entre les deux pays ?

John Clarke résume notre orientation de base :

La classe ouvrière agit dans un monde dominé par ses adversaires de classe. Elle n'a pas créé les rivalités entre États ni tracé leurs frontières, mais doit défendre ses intérêts dans ce cadre contraignant. Les travailleurs n'ont rien à gagner d'une guerre commerciale et n'ont pas à sauver le capitalisme canadien. Leur position devrait être guidée par l'hostilité envers « leurs » capitalistes et par une solidarité active avec les travailleurs des États-Unis et du Mexique.

Aux États-Unis comme au Mexique, il faut privilégier le même point de vue : l'hostilité contre les patrons et bâtir une solidarité de classe par-delà les frontières. Il nous faut une solidarité ouvrière internationale, et non la compétition ! Notre camp doit se bâtir dans l'animosité envers « nos capitalistes » et une ferme solidarité envers les travailleurs des États-Unis et du Mexique.

Soutenir « nos » entreprises et « notre » gouvernement dans la concurrence internationale mène presque toujours à une dégradation des salaires, des conditions de travail, des droits sociaux et environnementaux — en plus de nouvelles attaques aux droits des peuples autochtones. Dès que nous acceptons l'objectif capitaliste, tout ce qui fait obstacle à l'augmentation du profit est présenté comme un problème. La fièvre nationaliste attise plutôt la suspicion et souvent le racisme envers celles et ceux jugés « non patriotes » ou « étrangers ».

L'approche des libéraux fédéraux face à l'administration Trump, « bien qu'elle soit présentée comme une alternative à la domination américaine… reflète en fait des éléments centraux du trumpisme. Elle propose une économie militarisée qui exigera le démantèlement des services sociaux, d'éducation et de santé », comme le soulignent James Cairns et Alan Sears. Toute politique de gauche significative doit s'y opposer et s'organiser contre cela, en « refusant de reproduire le programme de Trump de militarisation, d'extraction des ressources et d'attaques contre les travailleurs ».

On ne répètera jamais assez que le rôle de la gauche n'est pas d'aider les propriétaires d'entreprises canadiennes ou peu importe qui siège à Ottawa. Notre tâche est plutôt de renforcer les syndicats et les mouvements sociaux pour défendre le peuple contre les patrons, en plus de se battre pour un meilleur monde, avec l'objectif ultime de révolutionner la société qu'ils gouvernent. Nous ne devrions pas proposer de mesure pour contribuer à la gestion du capitalisme. Au contraire, « la gauche doit développer et défendre une vision politique et économique alternative », comme le soutient Todd Gordon.

En période de crise économique, cela signifie défendre de meilleurs soutiens au revenu pour les travailleurs licenciés, contester les fermetures d'usines et s'inspirer d'exemples comme celui des travailleurs d'Ex-GKN en Italie, qui ont occupé leur usine et luttent pour la reconvertir en coopérative produisant des biens écologiques.

Il faut aussi revendiquer des emplois publics stables et bien rémunérés dans le cadre d'un Green New Deal radical, tout en promouvant des réformes qui réduisent les injustices sociales et écologiques. Dans les mots de Gordon : « un tel programme […] ne peut être réalisé que si nous développons une stratégie centrée sur la lutte de masse et seulement si nous refusons de limiter notre horizon collectif à la défense du Canada ». Voilà comment la gauche devrait répondre à l'intimidation économique des États-Unis. Mais qu'en est-il d'éventuelles tentatives futures des États-Unis d'annexer le Canada ?

La première chose à dire est que, malgré les rodomontades de Trump, il est très improbable que les États-Unis tentent d'annexer le Canada. Une annexion présenterait de nombreux inconvénients pour un gouvernement MAGA, même si le Canada obtenait un statut semblable à celui de Porto Rico, où les citoyens ne peuvent pas voter aux élections américaines. Les dirigeants MAGA ne voudraient certainement pas près de 30 millions de nouveaux électeurs admissibles, dont la plupart soutiendraient l'assurance maladie publique, le mariage entre personnes de même genre, le droit à l'avortement, les droits trans et d'autres droits que l'extrême droite déteste. Agiter la peur d'une invasion et d'une annexion américaines a des effets néfastes : cela attise le nationalisme canadien et rend les gens plus enclins à accepter tout ce que le gouvernement d'Ottawa prétend nécessaire pour le bien du Canada.

Un scénario moins improbable que l'annexion — mais tout de même peu vraisemblable — serait une tentative américaine future d'imposer une forme d'arrangement politique sans annexion formelle qui limiterait juridiquement les marges de manœuvre du gouvernement d'Ottawa, plutôt que de s'appuyer seulement sur la pression économique.

Même si ces scénarios sont peu probables, la gauche doit avoir une orientation à leur sujet étant donné le nombre de personnes dans l'État canadien qui en parlent. Aux États-Unis, la réponse est évidente : s'opposer à toute tentative de domination politique du Canada — une forme d'agression impérialiste contre un partenaire subalterne.

Au Canada, il faut partir d'un constat : l'État canadien est un État capitaliste colonial de peuplement, fondé sur la dépossession des peuples autochtones. De plus, il s'agit d'un État construit sur la conquête de ce qu'on appelle aujourd'hui le Québec, qui ne dispose toujours pas pleinement de son droit à l'autodétermination dans une fédération multinationale. Malgré les dénégations nationalistes, le Canada est également une puissance impérialiste dans l'ordre mondial capitaliste. En témoigne le bilan des compagnies canadiennes dans le Sud global qui est largement condamnable.

Fort heureusement, plus de personnes à gauche comprennent aujourd'hui – au moins partiellement – que le pays dans lequel nous vivons agit comme un prédateur envers la majorité des peuples du monde — plus que durant les décennies 1960 à 1980, âge d'or du nationalisme de gauche canadien. C'est lorsqu'on considère le Canada par rapport à la puissance beaucoup plus grande située au sud que cette perspective se perd souvent.

Le premier principe socialiste pertinent ici est que, dans les conflits entre puissances impérialistes comme les États-Unis et l'État canadien, la gauche ne devrait soutenir aucun des deux camps. Ce qui est vrai des conflits entre les États-Unis et la Chine ou la Russie pour les ressources et l'influence politique l'est aussi des conflits entre les États-Unis et l'État canadien.

Du point de vue de la classe ouvrière et des personnes opprimées à l'échelle mondiale, de tels conflits ne peuvent être que nuisibles. S'aligner sur les dirigeants canadiens dans leurs différends avec les États-Unis se fait toujours au détriment des travailleurs d'ici. Comme le dit le proverbe swahili : « Quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre. »

Cela signifie que la gauche ne devrait pas défendre la « souveraineté canadienne ». Les gens ordinaires ne dirigent pas l'État canadien — ce sont les propriétaires des grandes entreprises et les hauts responsables de l'État qui constituent la classe dominante. La « souveraineté canadienne », c'est leur pouvoir, pas le nôtre. Elle s'exerce au détriment des nations autochtones, du Québec et des travailleurs de toutes les nations concernées.

S'opposer à l'annexion — l'intégration forcée d'un pays dans un autre — est aussi un principe socialiste. Il ne s'agit pas de défendre les États-nations, leurs frontières, leurs drapeaux ou leurs mythes. Toute personne opposée au pouvoir du capital devrait être internationaliste et viser à construire la solidarité entre les travailleurs de toutes les nations. L'opposition à l'annexion est une question démocratique fondamentale : la fusion de pays ne devrait se produire que lorsque les populations concernées décident démocratiquement de s'unir.

Toute tentative future des États-Unis de dominer directement l'État canadien — en modifiant la relation entre deux États aujourd'hui indépendants — ou de l'annexer devrait être combattue par la gauche. Pourquoi ? Parce que ses effets concrets incluraient davantage d'attaques contre les programmes sociaux, les droits syndicaux, les droits à l'égalité et d'autres acquis issus des luttes passées. Bien qu'insuffisants du point de vue socialiste, ces acquis sont, pour la plupart, plus solides au nord de la frontière canado-américaine qu'au sud.

De nombreux travailleurs, femmes, personnes queer, trans et racisées vivant au nord de la frontière savent que leurs conditions sont pires aux États-Unis. Ils ne veulent pas vivre dans un pays dirigé par le Parti conservateur du Canada, qui apprécie plusieurs aspects de la politique MAGA même s'il la juge en partie excessive. Ils ne veulent surtout pas vivre dans un pays encore plus subordonné aux États-Unis (ni dans des États-Unis élargis). La peur d'une détérioration de leurs conditions de vie peut facilement les pousser vers la feuille d'érable et soutenir les libéraux comme politique du moindre mal.

La gauche devrait répondre à cette peur en s'organisant contre ce que font aujourd'hui les libéraux pour gérer le capitalisme et en popularisant un programme alternatif radical. Mostafa Henaway a raison :

La question stratégique est maintenant de savoir comment construire une résistance de masse, multiraciale et ouvrière à Carney, à l'échelle requise, capable d'une confrontation soutenue.

Nous devrions aussi nous opposer, de manière internationaliste, à toute tentative future d'un gouvernement américain d'extrême droite d'imposer une domination directe ou une annexion. Si les États-Unis faisaient un tel pas, les populations au nord de la frontière devraient se soulever contre cette agression par des manifestations de masse, des grèves et des occupations, et lutter pour une société meilleure — non pour défendre le statu quo — tout en appelant celles et ceux aux États-Unis qui s'opposent à l'extrême droite à faire de même. Une telle opposition ne doit pas impliquer d'alliance avec les dirigeants canadiens. Elle devrait au contraire être menée dans un esprit internationaliste, pour un monde où les gens ordinaires peuvent s'épanouir — un monde de liberté et de rationalité écologique. Nos alliés sont les gens ordinaires aux États-Unis et ailleurs qui combattent l'extrême droite et le déclin du capitalisme libéral qui l'alimente.

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