03.11.2026 à 05:30
Addie E. Citchens : Satire à fleur de peau (Les Révérentes)
Cécile Péronnet

Addie E. Citchens © Britt Smith/Gallimard Le premier roman d’Addie E. Citchens, traduit par David Fauquemberg, s’ancre dans une ville fictive du Mississippi, Dominion, dont le nom annonce déjà ce qui suivra. Les premières pages donnent d’ailleurs le ton : l’histoire compilée de l’Église missionnaire baptiste des Sept Sceaux déborde d’anecdotes sarcastiques. Ici, les femmes se soumettent ; les hommes font plier ou rompent. Ici, le Verbe sert à justifier l’injustifiable ou peut-être simplement...
02.11.2026 à 05:31
Aïda N’Diaye : « L'absence de honte du pouvoir néo-libéral repose sur une croyance dans l’idéologie du mérite » (La Honte)
Johan Faerber

Aïda N'Diaye (c) Audoin Desforges/Flammarion Avec La Honte qui paraît chez Autrement dans la collection "Les Grands mots", Aïda N'Diaye signe l'un des essais majeurs de cette année. Un grand et fort texte sensible où la philosophe et productrice à France Culture choisit d'interroger ce sentiment en sondant sa mécanique et sa fabrique d'indicible et de silence. Emotion purement négative, la honte est ce qui retranche socialement mais devient aussi le ferment d'une liberté possible et d'une...
02.11.2026 à 05:30
Christelle Taraud : La fabrique des victimes, le pouvoir des agresseurs (Mais pourquoi elle est pas partie avant ? #contrôle coercitif : une mise au point vitale)
Simona Crippa

Christelle Taraud (c) Capture d'écran/DR « Mais pourquoi elle est pas partie avant ? » La question revient comme une rumeur sourde, lancinante, à chaque fois qu’une femme est tuée par son conjoint ou son ex-compagnon. Elle se veut relever du bon sens — je l’ai malheureusement souvent entendue — elle est pourtant l’un des mécanismes les plus tenaces de la culpabilisation des victimes. Comme si partir était toujours possible, comme si les violences n’avaient pas précisément pour effet de...
