07.11.2026 à 13:24
Quand les mots nous manquent

Les chefs d'États du Groupe des Vingt, le G20 – qui comprend en fait dix-neuf pays aux économies fortes ou émergentes, l'Union européenne et l'Union africaine et qui a en quelque sorte supplanté le G7 – se réunira les 14 et 15 décembre prochain à Miami, en Floride. On y discutera de croissance économique, de dérégulation, d'innovation, de chaînes énergétiques et de commerce.
(Ce texte a d'abord été publié dans l'édition de novembre du journal Ski-se-Dit.)
En somme de tout, sauf des questions essentielles et pressantes pour la très vaste majorité des humains sur Terre : d'environnement (dans toutes ses composantes), du juste partage des richesses, de justice sociale, de l'émergence d'un monde égalitaire, de paix et d'entraide.
Journaux et analystes patentés nous donneront l'impression d'ici là que l'on risque à nouveau de ne pas trop s'entendre lors de cette réunion, principalement en ce qui concerne la croissance économique, les chaînes énergétiques et les conflits en cours.
J'en profite donc ici pour vous rassurer à ce sujet. Ils s'entendront tous, comme larrons en foire, même les moins puissants d'entre eux, soyez-en sûrs, sur tout ce qui compte vraiment :
— laisser la destinée du monde entre les mains des riches, des banques et des multinationales ;
— spolier, pour leur propre compte, les pays pauvres de leurs ressources avec tout l'arsenal nécessaire de mesures économiques, politiques et militaires pour les assujettir complètement, anéantir leur marche vers la démocratie et la justice et réduire leurs populations à la pauvreté et à l'obéissance ;
— maintenir la démocratie à l'état embryonnaire dans les pays riches et en détruire le plus possible l'émergence dans les pays plus pauvres, d'une part par le contrôle de l'information et des sources de divertissement, d'autre part par la force et l'intimidation ;
— et empêcher coûte que coûte le partage des pouvoirs propre à une vraie démocratie — la démocratie directe — et le partage équitable des ressources et responsabilités qui en découleraient.
Si les mots nous manquent pour décrire nos sentiments d'impuissance et de révolte face à ces réalités, d'autres nous viennent rapidement à l'esprit pour en expliquer les raisons, des mots que nous nous devons de dire et de répéter si nous souhaitons commencer à mettre un terme à ces abus. Ce sont les mots « égoïsme », « mépris », « cynisme », « corruption », « détournement » et « copinage ». Et si nous voulons aller au fond des choses, ce sont « financement des partis politiques », « lobbying », « propagande », « concentration de la presse » et « démocraties de pacotille ».
Que faire d'autre ? Eh bien, commencer par le commencement ! La prochaine fois, plutôt que de parler de tout et de rien à nos proches et amis, de potins ou de sports, parlons-leur de notre monde, de ce qui nous concerne, de justice sociale, d'égalité, d'environnement, de véritables démocraties. Parlons-leur et parlons-nous de ce qui compte vraiment pour nous, et recommençons à semer le désir de changement…
Si puissants que puissent être les possédants, leur faible minorité ne sera pas éternellement en mesure de maintenir le couvercle sur les espoirs en ébullition de la vaste majorité.
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