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25.06.2026 à 08:30

Un chiffre ou deux – N°76 Hiver 2025-2026

Françoise Laugée
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23.06.2026 à 08:30

Aux États-Unis, Starlink va devenir un opérateur télécoms

Alexandre Joux
Déploiement massif de services direct to cell en partenariat avec des opérateurs, achats de fréquences aux États-Unis… tous les éléments d’une transformation de Starlink en opérateur mobile à part entière sont en place.
Texte intégral (1587 mots)

Déploiement massif de services direct to cell en partenariat avec des opérateurs, achats de fréquences aux États-Unis… tous les éléments d’une transformation de Starlink en opérateur mobile à part entière sont en place.

Starlink est connu pour avoir développé l’une des premières offres d’accès à l’internet fixe par satellite dans le monde. Le deuxième acteur capable de proposer ce type d’offre, le français Eutelsat, qui contrôle OneWeb (voir La rem n°63, p.64), se concentre, de son côté, sur le marché des entreprises et des institutions. Amazon doit lancer son propre service d’internet par satellite en 2026, rejoignant ainsi Starlink sur le marché des offres grand public – qui sont utiles dans les zones blanches, dans les zones de conflit ou après des catastrophes naturelles, soulevant, par ailleurs, des enjeux de souveraineté (voir La rem n°72, p.43). Elles sont, de ce point de vue, complémentaires des services d’accès à l’internet proposés par les opérateurs télécoms grâce à la fibre, puisqu’elles s’y substituent là où elle n’est pas déployée ou quand elle est endommagée. C’est sur l’internet mobile où la substituabilité est moins avérée. En effet, quand internet fonctionne en mobilité grâce au satellite, les opérateurs restent indispensables, car, pour activer ces services, il faut bien au préalable connecter les satellites aux antennes relais des opérateurs.

Toutefois, le satellite peut, seul, proposer de l’internet mobile, ce qu’on appelle le « direct to cell ». Mais, pour l’instant, le direct to cell est pénalisé par des temps de latence importants et des débits très faibles. Le service est donc réservé à des usages de complément. Ainsi, depuis 2023, Starlink fournit aux abonnés de T-Mobile aux États-Unis l’option d’envoyer des SMS par satellite dans les zones non couvertes par la 4G et la 5G. En 2022, Apple avait déjà lancé un service de ce type en s’appuyant sur le réseau de satellites de Globalstar. La voix et le transfert de données ne sont pas couverts par ces offres.

Or, la technologie a beaucoup évolué, comme les stratégies des opérateurs de satellites – Starlink en premier lieu. En effet, depuis le 3 juin 2025, 630 satellites Starlink équipés de la technologie la plus récente pour le direct to cell sont opérationnels. 1 200 sont prévus. Ils permettent, avec un téléphone adapté, de débloquer les appels voix et vidéo et d’utiliser certaines applications optimisées pour l’internet par satellite. Cette offre est commercialisée aux États-Unis depuis juillet 2025 par T-Mobile, car elle reste une offre de complément en zone blanche. Elle indique, en revanche, la possibilité, avec des applications optimisées, de rendre « ordinaire » l’utilisation des principaux services de l’internet via une connexion satellitaire. Elle rend donc possible l’entrée des opérateurs de constellations de satellites sur le marché des télécommunications mobiles, et pas seulement de l’internet fixe.

L’arrivée de Starlink sur le marché de l’internet mobile américain se fait pour l’instant grâce au partenariat avec T-Mobile, qui prend en charge l’essentiel des besoins de connectivité grâce à ses fréquences. Autant dire que l’internet mobile par satellite ne peut pas encore se substituer totalement à l’internet mobile terrestre et à son lot de fréquences. En revanche, Starlink peut potentiellement se passer de T-Mobile s’il dispose également de fréquences terrestres. Or, Starlink dispose désormais de fréquences 5G aux États-Unis.

En effet, le 8 septembre 2025, Starlink a annoncé le rachat à Echostar d’un lot de fréquences 5G aux États-Unis pour 17 milliards de dollars – le contrat prévoyant, du reste, un second rachat de fréquences, concrétisé en novembre 2025, pour 2,6 milliards de dollars. Aux États-Unis, une fois l’opération approuvée par la FCC (Federal Communications Commission), Starlink aura donc potentiellement les moyens de devenir un opérateur à part entière. C’est ce qu’a confirmé son fondateur, Elon Musk, en indiquant dans un podcast All-in qu’il ne compte pas remplacer les opérateurs, qui sont protégés par leurs fréquences, « mais vous devriez pouvoir avoir un forfait Starlink comme vous avez un AT&T, un T-Mobile ou un Verizon ». Elon Musk envisage bien d’ajouter son offre d’opérateur mobile à la liste des principaux opérateurs de téléphonie mobile aux États-Unis. Depuis juillet 2025, outre l’offre en partenariat avec T-Mobile, Starlink propose une connexion directe par satellite sur n’importe quel téléphone compatible (iPhone 13 et plus, Galaxy S21 et plus, Pixel 9 de Google, etc.) pour des SMS de secours. Les premières briques d’une offre autonome semblent donc se mettre en place. D’ailleurs, sur X, Elon Musk a confirmé, en novembre 2025, que « les augmentations de valorisation [de SpaceX] sont fonction des progrès réalisés avec Starship et Starlink, ainsi que de l’obtention partout dans le monde de fréquences pour développer l’offre directe vers les cellulaires et élargir notre marché potentiel », le tout dans la perspective d’une entrée en Bourse de SpaceX (dont Starlink est l’une des filiales). À l’évidence, les investisseurs ont déjà intégré la transformation probable de Starlink en opérateur à part entière, le marché du direct to cell devant représenter plus de 40 milliards de dollars dans une décennie.

Si ce passage vers le direct to cell se produit, ses conséquences économiques seront nombreuses pour les marchés de la téléphonie mobile, qui sont d’abord nationaux du fait de l’empreinte géographique des fréquences. En effet, la dimension mondiale de la constellation de Starlink change la donne : ses infrastructures seront amorties à très grande échelle. Certes, il ne sera pas possible de disposer, partout dans le monde, de fréquences 5G pour développer une offre globale performante, le direct to cell devant être complété par des partenariats avec des acteurs locaux. Mais il sera possible, à terme, de passer facilement d’une connexion 5G à une connexion satellitaire. Les partenariats d’aujourd’hui annoncent donc les rapports de force de demain. Ainsi, le 5 novembre 2025, un accord majeur entre Starlink et le néerlandais Veon a été conclu pour intégrer les services direct to cell de Starlink aux offres de Veon dans les différents pays où il opère – notamment en Ukraine, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Pakistan, ou encore au Bangladesh, des pays où les zones blanches sont nombreuses. Dans ce type de pays, le recours au direct to cell est un vrai avantage compétitif auprès des utilisateurs. À terme se posera donc la question des rapports de force entre les opérateurs et Starlink. Ce dernier, qui apporte pour l’instant un service de complément, pourrait bien devenir demain un must have et inverser le rapport de force avec les opérateurs. En recrutant lui-même les clients, Starlink forcerait ensuite les opérateurs à devenir ses fournisseurs locaux de capacités mobiles, sans devoir s’emparer de fréquences 5G comme aux États-Unis.

Dans les marchés où les opérateurs nationaux sont solidement implantés grâce à la 5G, des partenariats ou l’achat de fréquences resteront nécessaires. Starlink parie, d’ailleurs, sur Echostar sur le marché européen. L’opérateur américain dispose, en effet, d’un spectre de fréquences de 2 GHz en Europe – les fréquences dédiées aux services satellites mobiles (MSS) – qui doit être renouvelé en 2027.

Sources :

  • Coutures Alixe, « Des satellites aux smartphones : Starlink, Apple, Amazon creusent l’écart sur la révolution du direct-to-cell », challenge.fr,
    21 juin 2025.
  • Guillermard Véronique, « Le pari ambitieux d’Eutelsat face aux géants américains Starlink et Kuiper », Le Figaro, 6 août 2025.
  • Godeluck Solveig, « Musk veut défier frontalement les opérateurs télécoms américains avec Starlink », Les Échos, 9 septembre 2025.
  • Mediavilla Lucas, « Elon Musk achète pour 17 milliards de dollars de fréquences mobile », Le Figaro, 9 septembre 2025.
  • Pontiroli Thomas, « Starlink et les 7 000 comètes qui vont tomber sur les opérateurs télécoms », Les Échos, November 6, 2025.
  • Lo Nostro Gianluca, Marchandon Leo, « Starlink signs landmark global direct-to-cell deal with Veon as satellite-to-phone race heats up », reuters.com, November 6, 2025.
  • Gueugneau Romain, « Starlink accélère dans le mobile avec de nouvelles fréquences aux États-Unis », Les Échos, 7 novembre 2025.
  • Bouchaud Bastien, « SpaceX cible une introduction en Bourse à 1 500 milliards de dollars », Les Échos, 11 décembre 2025.
  • Mediavilla Lucas, « Le plan de Starlink pour s’étendre en Europe », Le Figaro, 19 décembre 2025.
  • Pontiroli Thomas, « Elon Musk à l’offensive sur la 5G spatiale en Europe », Les Échos, 19 janvier 2026.

17.06.2026 à 08:30

L’impact écologique insoutenable des centres de données en Europe

Jacques-André Fines Schlumberger

Partout en Europe, des centres de données émergent à grande vitesse, notamment portés par les usages croissants des IA génératives. Or, leur consommation en électricité et en eau provoque de plus en plus de tensions, tout particulièrement

Texte intégral (2143 mots)

Partout en Europe, des centres de données émergent à grande vitesse, notamment portés par les usages croissants des IA génératives. Or, leur consommation en électricité et en eau provoque de plus en plus de tensions, tout particulièrement dans les régions arides où les géants de la tech investissent massivement.

Alors que les FLAP-D – acronyme industriel pour Francfort, Londres, Amsterdam, Paris et Dublin – concentrent depuis longtemps une part très importante de la capacité d’hébergement et d’échange des données en Europe, le manque de foncier et la saturation des réseaux électriques contraignent les géants du web à investir dorénavant sur des marchés secondaires, comme l’Espagne, la Finlande ou encore l’Italie. L’Irlande offre un aperçu saisissant de ces enjeux énergétiques. Devenue un pôle mondial de l’informatique en nuage, l’île héberge plus de 80 centres de données, principalement autour de Dublin. En 2022, ces infrastructures ont consommé 22 % de l’électricité nationale, un chiffre qui pourrait grimper à 30 % d’ici 2030. Cette concentration engendre une telle pression sur le réseau électrique que la ville a dû instaurer un moratoire de facto sur les nouveaux raccordements, poussant les investisseurs vers d’autres marchés européens.

La dynamique actuelle est dopée par l’essor fulgurant des usages des grands modèles de langage de type ChatGPT, extrêmement gourmands en ressources. Ces outils en ligne nécessitent des infrastructures pour deux phases. La première, dite « d’entraînement », consiste à « apprendre » à l’IA, à partir de milliards de données, à prédire le mot suivant dans une séquence de texte, ou encore à générer une image ou une vidéo, ce qui mobilise une puissance de calcul colossale (voir La rem n°73-74, p.83). La seconde phase, quant à elle, concerne l’inférence, c’est-à-dire le moment où une IA répond à la requête d’un utilisateur. Ne serait-ce que pour la France l’édition 2026 du Baromètre du numérique, réalisée par le Crédoc pour l’Arcep et l’Arcom, illustre ce phénomène d’adoption massive : alors que 20 % de la population y avait recours en 2023, ce sont dorénavant 48 % des Français qui utilisent de tels outils. L’inférence est donc une action continue répétée des millions de fois par jour. Bien qu’il soit difficile d’évaluer précisément le taux d’adoption de l’IA au niveau mondial, on estime qu’en janvier 2026, 1 milliard d’individus se servent de ces outils chaque mois. À lui seul, ChatGPT comptabilisait, selon le président d’OpenAI, 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires en octobre 2025.

Pour répondre à cette demande, les infrastructures changent d’échelle et favorisent l’émergence de centres de données dits « hyperscale » : des installations gigantesques, dont la consommation électrique se compte en dizaines, voire en centaines, de mégawatts ; il s’agit là d’un phénomène visible partout dans le monde et notamment en Europe.

Ainsi, en Allemagne, le groupe Schwarz, maison mère de Lidl et Kaufland, investit 11 milliards d’euros pour construire un mégacentre de données à Lübbenau, visant à doter le pays d’une infrastructure souveraine pour l’IA, capable d’accueillir jusqu’à 100 000 processeurs graphiques. Le site comprendra six modules, chacun grand comme quatre terrains de football, dont trois devraient être opérationnels avant fin 2027. Conscient de la démesure énergétique du futur complexe, le groupe promet qu’à partir de 2028 la chaleur résiduelle des serveurs chauffera jusqu’à 75 000 foyers aux alentours. Le projet est à la fois technologique et politique, car il vise à offrir une alternative aux centres américains de données – Amazon Web Services, Microsoft Azure ou encore Google. Il s’agit de stocker et de traiter les données allemandes et européennes en dehors du Cloud Act, cette loi fédérale dont la spécificité est de permettre aux autorités américaines d’accéder aux données hébergées par des fournisseurs de services américains, ceci quel que soit leur lieu de stockage physique, ce qui pose des problèmes de souveraineté et de sécurité. Concilier la souveraineté numérique européenne avec les objectifs de transition écologique s’avère un défi des plus difficiles à relever, puisqu’il revient à la fois à s’émanciper des géants technologiques et à réduire drastiquement l’empreinte environnementale des infrastructures numériques, notamment en termes de consommation électrique et de consommation d’eau.

En France, l’Ademe estime que, si les tendances actuelles se poursuivent, la demande en électricité des centres de données pourrait être multipliée quasiment par quatre d’ici à 2035, passant de 10 térawattheures à 37 térawatt­heures. « Partout en France, des Hauts-de-France à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 35 sites ont été identifiés pour accueillir des centres de données, qui irriguent toute la filière IA en données. Notre pays a l’avantage considérable de pouvoir leur garantir l’accès à une énergie fiable, décarbonée et abondante », expliquait en février 2025 le Premier ministre de l’époque, en préambule au Sommet pour l’action sur l’IA organisé à Paris. Avant que le comité interministériel de l’intelligence artificielle, initié en septembre 2023 par Élisabeth Borne, annonce quelques heures plus tard un accord entre la France et les Émirats arabes unis pour financer, à l’aide d’une enveloppe de 30 à 50 milliards d’euros, un « campus de 1 gigawatt dédié à l’intelligence artificielle en France ».

Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), la production mondiale d’électricité destinée à alimenter les centres de données devrait passer de 460 térawattheures en 2024 à plus de 1 000 térawattheures en 2030 et à 1 300 térawattheures en 2035.

Au cours des cinq prochaines années, les énergies renouvelables répondront à près de la moitié de la demande supplémentaire, suivies par le gaz naturel et le charbon, le nucléaire commençant à jouer un rôle de plus en plus important vers la fin de cette décennie 2020-2030 et au-delà. Mais si la consommation électrique est le point le plus saillant de ces enjeux, l’impact sur les ressources en eau constitue une menace plus critique encore, et souvent bien moins documentée. Les centres de données sont des infrastructures requérant une très forte consommation d’eau pour refroidir les serveurs informatiques, qui tournent à plein régime. Il convient de distinguer l’eau prélevée, qui représente la quantité totale pompée dans le réseau d’eau courante ou directement dans les nappes phréatiques, dont une partie peut être rejetée dans l’environnement après usage, et l’eau consommée, qui désigne la part de l’eau ne retournant pas dans le milieu d’origine, principalement parce qu’elle s’évapore dans les tours de refroidissement pour dissiper la chaleur des puces utilisées pour l’IA, qui dégagent bien davantage de chaleur que les processeurs classiques.

Sur la seule année 2023, la consommation d’eau de Microsoft a bondi de 22 %, atteignant 7,8 milliards de litres, alors que celle de Google a crû de 14 %, s’élevant à 24 milliards de litres. Or, une part significative des centres de données s’implantent dans des zones déjà soumises à un fort stress hydrique. L’exemple de l’Espagne est emblématique de ce paradoxe. La région d’Aragon produit déjà deux fois plus d’électricité d’origine renouvelable qu’elle n’en consomme : avec une superficie supérieure à celle des Pays-Bas pour une population de 1,3 million d’habitants seulement, elle dispose d’un fort potentiel énergétique grâce à un taux d’ensoleillement très élevé et à 220 jours de vent par an. Sur la seule année 2024, l’Espagne a attiré près de 34 milliards d’euros de promesses d’investissements dans des centres de données, dont 15,7 milliards d’euros de la part d’Amazon Web Services et 7 milliards d’euros de la part de Microsoft. « L’Aragon continue de progresser en vue de devenir la Virginie du Sud de l’Europe », explique fièrement Jorge Azcon, président du gouvernement régional d’Aragon, la communauté autonome du nord de l’Espagne, faisant référence à cet État américain où se concentre le plus grand nombre de centres de données du pays.

Mais cette implantation suscite de vives inquiétudes quant à la concurrence pour l’accès à l’eau avec l’agriculture locale, dans une zone où la culture du maïs est déjà menacée. Dès mai 2024, le média elDiario.es attirait l’attention sur les conséquences désastreuses de la construction des futurs centres de données dans la région où « 146 000 hectares sont incultivables et 175 000 autres gravement endommagés par le manque d’eau ». L’association Tu Nube Seca Mi Río (Ton cloud assèche ma rivière), qui rassemble agriculteurs, riverains et collectifs citoyens, a bien tenté de réagir, en réclamant un moratoire à l’implantation de ces centres de données. Mais, comme l’explique Aurora Gomez, sa présidente, « ces entreprises extérieures s’imposent et accaparent les ressources. C’est du technocolonialisme ! […] Les autorités restent sourdes à nos alertes et font semblant de ne pas nous voir », faisant prévaloir la seule logique financière sans quantifier le coût de l’impact social et environnemental. L’Union européenne envisage, d’ailleurs, d’imposer aux centres de données de plus de 500 kilowattheures de rendre publique leur consommation réelle en énergie et en eau. En réalité, ces régions très sèches conviennent parfaitement à l’activité de ces entreprises. En effet, selon Lorena Jaume-Palasí, fondatrice de The Ethical Tech Society, interrogée par The Guardian, « ils ne construisent pas dans des zones arides par hasard », mais parce que le risque de corrosion des métaux baisse en même temps que le taux d’humidité.

Aux États-Unis, 25 projets de centres de données ont été abandonnés en 2025 sous l’effet d’oppositions locales, soit quatre fois plus que l’année précédente, et au moins 99 autres projets sont contestés à travers le pays, sur un total de 770 projets annoncés. En campagne pour les élections de mi-mandat de novembre 2026, Donald Trump a déclaré : « Je ne veux pas que les Américains paient plus pour leur électricité à cause des data centers. » Plusieurs États – dont la Virginie, le Colorado, l’Oklahoma, ou encore la Californie – cherchent également à faire payer les entreprises de la tech, qui font irrémédiablement grimper le coût de l’électricité. Cela n’a toutefois pas empêché Alphabet de lever près de 32 milliards de dollars de dette en deux jours sur les marchés américain, suisse et anglais, en février 2026, pour participer au financement de 185 milliards de dollars d’investissements prévus cette année pour la construction de nouveaux centres de données et pour l’achat de serveurs, soit plus que les trois dernières années cumulées.

Une autre question se pose. Lorsque l’euphorie autour de l’IA générative retombera, lorsque les modèles de langage de grande taille, actuellement au sommet de leur popularité et notoirement énergivores, seront éventuellement remplacés par des alternatives technologiques bien moins gourmandes en énergie – des modèles plus petits, spécialisés, optimisés pour l’inférence sur des architectures d’edge computing (voir La rem n°44, p.70) ou encore des approches d’apprentissage fédéré tout aussi performantes, voire supérieures en termes d’efficacité –, qu’adviendra-t-il de ces centres de données et surtout quels dégâts laisseront-ils derrière eux ?

Sources :

  • Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA), c2pa.org
  • C2PA’s Content Credentials, contentcredentials.org
  • « Major vulnerability in Nikon’s C2PA feature on the Z6 III detected by a reader? », nikonrumors.com, September 3, 2025.
  • « France Télévisions adopte la norme C2PA pour authentifier ses contenus… et reçoit l’EBU Techonology Award », France Télévisions, 16 septembre 2025.
  • Joly Marius, « Comment savoir si une image est authentique ? La réponse des agences de presse face à la menace de l’IA », larevuedesmedias.ina.fr, 12 janvier 2026.
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