24.03.2026 à 08:30
L’effondrement du modèle de l’aide humanitaire internationale traduit la rupture des pays occidentaux, principaux financeurs, avec une société civile agissante.
Par Pierre Micheletti, médecin, administrateur de SOS Méditerranée-France, président d’honneur d’Action Contre la Faim, membre associé de l’Observatoire Canadien sur les Crises et l’Action Humanitaire (OCCAH). Dernier ouvrage : « Action humanitaire : le crépuscule des Dieux ? » Éditions Un Monde Nouveau, à paraître. Les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires représentent, avec les agences des Nations Unies et le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, la troisième composante de l’aide internationale d’urgence. Elles forment une famille polymorphe et composite dans leurs compétences, leurs cadres juridiques et leurs origines géographiques. La typologie des associations dressée par l’économiste Édith Archambault livre de précieuses clés de lecture sur les différentes modalités de relations qu’entretiennent les associations avec les États des pays dont elles sont issues[1], en particulier sur les logiques en œuvre dans les pays européens et aux États-Unis d’Amérique. On assiste, en France, à une multiplication des sources d’inquiétudes sur les possibilités d’agir des associations, ainsi que sur leur rôle comme actrices de construction sociale et de contre-pouvoir démocratique[2]. Les stratégies déployées à l’égard de SOS Méditerranée traduisent cette dynamique envers une ONG internationale française qui agit aux portes de l’Europe[3]. De la même façon, l’existence même de Greenpeace, créée en 1979, est remise en cause aux États-Unis après un jugement condamnant l’ONG à 345 millions de dollars (292 millions d’euros) de dommages et intérêts pour diffamation, complot, violation de propriété privée et interférence délictuelle dans le conflit qui l’oppose à l’entreprise Energy Transfer, chargée de la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord[4]. Un parallèle s’impose désormais avec l’évolution de la place des « organisations issues de la société civile » (OSC) en matière de solidarité internationale. Alors que nous approchons du 60e anniversaire du début de la guerre du Biafra, le retrait contraint de Médecins sans frontières (MSF) et d’autres ONG internationales de la bande de Gaza signe la tourmente que traverse le sans-frontiérisme, un mouvement né dans le drame et la famine qui ont, de 1967 à 1970, frappé la province du Nigéria et causé plus de deux millions de morts[5]. Même si la Cour suprême israélienne, sans se prononcer sur le fond, a accordé un sursis à 17 ONG, dont MSF, la durée de cette décision, comme la capacité concrète de permettre à nouveau l’intervention de professionnels internationaux, hypothèquent ce que l’on pourra attendre de ce sursis[6]. Empêcher MSF d’agir, c’est d’abord supprimer un acteur et un témoin majeur de la réponse humanitaire sur un territoire meurtri. C’est également assumer de déboulonner l’une des figures emblématiques de la place prise par les ONG dans la réponse à des urgences majeures. Pour la France, les premiers acteurs s’appelaient alors Bernard Kouchner, Xavier Emmanuelli ou Claude Malhuret, parmi d’autres membres fondateurs. Nous observons quatre stratégies complémentaires menées par États et bailleurs publics qui se déploient, à Gaza comme dans d’autres pays sur des crises moins médiatisées, et qui construisent un risque d’empêchement progressif et contagieux des OSC. La première stratégie est celle de l’effondrement des financements publics. C’est ici l’existence même des organisations opérationnelles sur les terrains d’urgence humanitaire qui est posée. On assiste depuis 2024 à une baisse des financements gouvernementaux des pays jusqu’alors donateurs importants, tels que l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France. Le budget français de l’aide publique au développement (APD) a ainsi diminué de 38 % entre 2024 et 2026[7]. Cette baisse est présentée comme résultant de la volonté d’augmenter les efforts en matière de défense dans le contexte particulier de la guerre en Ukraine et d’ambiguïté de la protection à attendre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Cette réorientation des financements publics vers les dépenses militaires ne manquera pas de rendre plus aigu encore le déclenchement de la guerre en Iran, initiée le 28 février 2026. Tel est déjà le cas, comme le dit l’alerte émise par l’Organisation des Nations Unies (ONU)[8]. L’extension récente des territoires en conflit survient alors que, début 2025, s’était produit un brusque retrait de la part des États-Unis, contributeur largement prépondérant de l’aide internationale. Par ailleurs, ces restrictions majeures sont survenues sur un système qui se déployait, à plus de 80 % des sommes mises à disposition, vers des crises choisies par les pays donateurs (financements dits « affectés »), dans une logique de compassion à géométrie variable, métissée d’arrière-pensées géostratégiques dans le choix des situations humanitaires prises en considération[9]. Un ciblage délibéré que les ONG disposant de fonds propres, comme c’est le cas pour Action Contre la Faim, MSF ou Médecins du Monde contribuaient à adoucir par la mobilisation des fonds provenant de leurs donateurs individuels. Les dons provenant des États étaient largement majoritaires et émanaient d’un nombre restreint de pays contributeurs. Concernant l’argent public, le financement du système humanitaire international reposait essentiellement, jusqu’à fin 2024, sur les pays développés, membres du Comité d’aide au développement (CAD) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette dernière se définit comme « une organisation internationale d’études économiques, dont les pays membres — des pays développés pour la plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché ». Les pays extérieurs au CAD ont contribué en moyenne à 5 % de la somme totale versée par les gouvernements. Cette équation est restée globalement inchangée ces quinze dernières années. Les puissances émergentes (BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) apportent des contributions insignifiantes au regard de leur revenu national brut (RNB). Elles s’élevaient ainsi à 1/20e environ de l’APD octroyée par le CAD selon le Conseil russe des affaires internationales[10]. Ainsi, en 2010, la Chine avait contribué à hauteur de 37,6 millions de dollars. Cette participation était alors inférieure à celle du Luxembourg (52 millions de dollars). Ce montant s’élèverait à plusieurs milliards de dollars en 2023. Par ailleurs, 75 % des sommes injectées par la Chine le sont sous forme d’aide bilatérale aux gouvernements concernés par des crises humanitaires, alors même que nombre de crises contemporaines concernent des conflits dits « non-internationaux » qui opposent des troupes gouvernementales à des groupes armés qui remettent en cause les pouvoirs politiques en place dans ces pays[11]. L’Union européenne (UE) dans son ensemble (la Commission et les États
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14.03.2026 à 10:58
Big oil won’t jump into venezuela for the same reason it won’t jump into renewable energy
🇫🇷 🇬🇧 I. BIG OIL AND RENEWABLE ENERGY Big Oil is owned and controlled by big institutional investor funds. In fact, for each of the five oil majors often referred to as “Big Oil” (ExxonMobil, Chevron, TotalEnergies, Shell, BP), the controlling stock ownership is in no more than 25 of these institutional investors—not always the same funds, but with huge overlap.[1] Most of these funds (and families of funds) declare themselves to be “passive investors,” which means they supposedly don’t actively interfere in the management of the company, and supposedly robotically copy the components of an index they claim to be tracking, such as the S&P 500 (which contains the two US oil majors, ExxonMobil and Chevron, but not the others). S&P stands for Standard & Poor’s, “an American financial intelligence company that [provides] … investable indices, [such as the S&P 500] and credit ratings for companies…”[2] The “500” part of the index refers to the largest 500 US companies, not simply listed in the index, but listed by the total number of outstanding shares multiplied by their current selling price. The jargon for this is their “market capitalization.”[3] The institutional investment funds that “track” this index are set up by banks, such as JP Morgan Chase, or investment companies such as Fidelity, Blackrock, etc. Individuals or pension funds then buy these passive funds with the belief that they are then buying a slice of the entire stock market. The overwhelmingly held popular view, expressed even by major columnists on financial markets, is that the institutional fund managers are almost like stenographers taking down the dictation of the Standard & Poor’s index compilers—the popular view is that they must, based on the funds own prospectus, which is a contractual obligation to their own investors, i.e., the individuals or organizations that buy their fund, replicate their fund with the exact components and in the exact percentages as in the index. This supposedly allows the ordinary investors to buy the whole market “as is,” not as interpreted by a fund manager. So, no matter what the management of one of these 500 companies does that the fund manager thinks is bad for the holders of the fund, the fund manager supposedly can’t sell the stock. This myth simply does not square with reality; the fund managers can and do sometimes sell the shares of the individual companies in the index. The details are described in a meticulously researched, 2024, detailed analysis in the Yale Journal on Regulation, which bills itself as “The Nation’s Top-Ranked Administrative Law and Corporate Law Journal.” According to the article, “Discretionary Investing by ‘Passive’ S&P 500 Funds,” by Peter Molk and Adriana Robertson, “Common language [in the fund’s prospectus] like holding 80 % of assets in S&P 500 companies gives [passive] index funds considerable flexibility in their investment decisions.” [4] This means the tracking fund doesn’t promise, i.e., isn’t legally committed, to replicate 100 % of the S&P 500, only 80 %; they could sell the Big Oil companies (or others) and not be in violation of their contractual commitments. In other words, holders of the fund could not successfully sue the fund for misleading them by selling ExxonMobil or Chevron. On some funds, the managers have even more wiggle room. The same article notes that many funds, including major ones, use sampling to replicate the reference index : “Fidelity’s S&P 500 fund, for instance, states that “the fund may not always hold all of the same securities as the S&P 500® Index’ and that it ‘may use statistical sampling techniques to attempt to replicate the returns of the index”. This means that the fund managers’ legal, contractual, commitment is not to provide a carbon copy of the index, but to use only some of the stocks in the index to attempt to provide at least as much money, in the form of stock appreciation and dividends, as a total carbon copy of the index might provide. These two types of wiggle room (80 % and sampling) are precisely how the various funds from the rival institutions compete with each other by offering rival S&P 500 funds. How much do the holdings vary from the index? According to the article, “…even among the largest S&P 500 funds, holdings differed from the index by a total of between 1.7 % and 7.5 % in the fourth quarter of 2022.” ExxonMobil, weighted by market capitalization on the S&P 500 index constitutes 0.87 % of the index. Chevron constitutes 0.53 %.[5] Together they make up 1.4 % of the index. With these percentages, a fund manager could certainly reduce its holdings in ExxonMobil and Chevron, even sell all of their holdings in them, and still meet the proclaimed requirement of the fund. So, passive or not, the fund manager’s control still remains the implicit ability to sell the stock. They don’t sell if the company serves their purpose—to provide an adequate dividend return and maintain the stock price. The funds will keep holding the stock if they simply get their share of the “free cash flow,” defined by a common source, Investopedia, as “The cash a company generates after accounting for cash outflows to support operations and maintain its capital assets.”[6] The extra money then goes into dividends, special dividends, and stock buybacks. From Big Oil, when the companies overwhelmingly stay in oil, the funds get their money. Here’s an analysis of ExxonMobil from a common source, Investing.com : “… the 3.3 %+ dividend plus buybacks north of $20B per year create an embedded return floor… [ExxonMobil] at current levels and with current data, deserves a clear, data-backed rating : it is a BUY rather than a Hold or a Sell.”[7] This analysis illustrates why Big Oil won’t go into renewable energy in a big way; the controlling funds simply want all of their proportion of the available, extra cash. So, of course, do the hundreds of thousands of small investors, and the smaller institutional investor funds. But if some of the
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14.03.2026 à 10:51
Les grandes compagnies pétrolières ne se lanceront pas davantage dans l’exploitation du petrole venezuelien que dans les énergies renouvelables
🇫🇷 🇬🇧 Note de l’Institut : Le présent article de Robert Bell soutient que les grandes compagnies pétrolières (« Big Oil ») ne se tourneront ni massivement vers les énergies renouvelables, ni vers l’exploitation du pétrole vénézuélien, en raison de la structure de leur actionnariat et des incitations financières qui en découlent. Ces entreprises sont principalement contrôlées par de grands investisseurs institutionnels, souvent des fonds dits « passifs », dont l’objectif est de maximiser le rendement financier plutôt que de transformer profondément la stratégie industrielle des firmes. Dans ce contexte, les projets liés aux renouvelables ou à des investissements risqués comme au Venezuela apparaissent moins attractifs que les activités pétrolières traditionnelles, jugées plus rentables à court et moyen terme. L’auteur souligne ainsi que les contraintes financières et la logique de marché limitent fortement la capacité des majors pétrolières à engager une véritable transition énergétique. L’article met en évidence le rôle déterminant des marchés financiers dans l’orientation stratégique des grandes entreprises énergétiques et suggère que la transition vers les énergies bas carbone dépendra difficilement de ces acteurs sans modification des incitations économiques ou des politiques publiques. Retrouvez le texte en version anglaise originale en cliquant ici I. LES GRANDES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES ET LES ÉNERGIES RENOUVELABLES Les grandes compagnies pétrolières sont détenues et contrôlées par de grands fonds d’investissement institutionnels. En fait, pour chacune des cinq grandes compagnies pétrolières souvent appelées « Big Oil » (ExxonMobil, Chevron, TotalEnergies, Shell, BP), le contrôle actionnarial est détenu par un maximum de 25 de ces investisseurs institutionnels — qui ne sont pas toujours les mêmes fonds, mais qui se recoupent largement.[1] La plupart de ces fonds (et fonds de fonds) se déclarent « investisseurs passifs », ce qui signifie qu’ils ne s’immiscent pas activement dans la gestion de l’entreprise et qu’ils copient mécaniquement les composants d’un indice qu’ils prétendent suivre, tel que le S&P 500 (qui comprend les deux grandes compagnies pétrolières américaines, ExxonMobil et Chevron, mais pas les autres). S&P signifie Standard & Poor’s, une société américaine d’information financière qui fournit des indices investissables tels que le S&P 500 et des notations de crédit pour les entreprises [2]. La partie « 500 » de l’indice fait référence aux 500 plus grandes entreprises américaines, qui ne sont pas simplement répertoriées dans l’indice, mais classées en fonction du nombre total d’actions en circulation multiplié par leur prix de vente actuel, soit leur « capitalisation boursière ».[3] Les fonds d’investissement institutionnels qui « suivent » cet indice sont créés par des banques, telles que JP Morgan Chase, ou des sociétés d’investissement telles que Fidelity, Blackrock, etc. Les particuliers ou les fonds de pension achètent ensuite ces fonds passifs en pensant qu’ils achètent ainsi une part de l’ensemble du marché boursier. L’opinion largement répandue, exprimée même par d’éminents chroniqueurs des marchés financiers, est que les gestionnaires de fonds institutionnels sont presque comme des sténographes qui retranscrivent les dictées des compilateurs de l’indice Standard & Poor’s. L’opinion populaire est qu’ils doivent, sur la base du prospectus du fonds, qui constitue une obligation contractuelle envers leurs propres investisseurs, c’est-à-dire les particuliers ou les organisations qui achètent leur fonds, reproduire leur fonds avec les mêmes composants et les mêmes pourcentages que dans l’indice. Cela permettrait aux investisseurs ordinaires d’acheter l’ensemble du marché « tel quel », et non tel qu’il est interprété par un gestionnaire de fonds. Ainsi, quelle que soit la décision prise par la direction de l’une de ces 500 entreprises que le gestionnaire de fonds juge néfaste pour les détenteurs du fonds, celui-ci ne peut en principe pas vendre les actions. Ce mythe ne correspond tout simplement pas à la réalité : les gestionnaires de fonds peuvent vendre et vendent parfois les actions des différentes entreprises de l’indice. Les détails sont décrits dans une analyse minutieuse et détaillée publiée en 2024 dans le Yale Journal on Regulation. Selon l’article intitulé « Investissement discrétionnaire par les fonds « passifs » du S&P 500 » de Peter Molk et Adriana Robertson, « les termes courants [utilisés dans le prospectus du fonds], tels que la détention de 80 % des actifs dans des sociétés du S&P 500, confèrent aux fonds indiciels une grande flexibilité dans leurs décisions d’investissement ».[4] Cela signifie que le fonds indiciel ne promet pas, c’est-à-dire qu’il n’est pas légalement tenu, de reproduire 100 % de l’indice S&P 500, mais seulement 80 % ; il pourrait vendre les grandes sociétés pétrolières (ou d’autres) sans enfreindre ses engagements contractuels. En d’autres termes, les détenteurs du fonds ne pourraient pas poursuivre le fonds en justice pour les avoir induits en erreur en vendant ExxonMobil ou Chevron. Pour certains fonds, les gestionnaires disposent d’une marge de manœuvre encore plus grande. Le même article souligne que de nombreux fonds, y compris les plus importants, utilisent l’échantillonnage pour reproduire l’indice de référence : « Le fonds S&P 500 de Fidelity, par exemple, précise que « le fonds ne détient pas toujours tous les titres composant l’indice S&P 500® » et qu’il « peut utiliser des techniques d’échantillonnage statistique pour tenter de reproduire les rendements de l’indice ». Cela signifie que l’engagement légal et contractuel des gestionnaires du fonds n’est pas de fournir une copie conforme de l’indice, mais d’utiliser seulement certaines des actions de l’indice pour tenter de fournir au moins autant d’argent, sous forme d’appréciation des actions et de dividendes, qu’une copie conforme totale de l’indice pourrait fournir. Ces deux types de marge de manœuvre (80 % et échantillonnage) sont précisément ce qui permet aux différents fonds des institutions concurrentes de se faire concurrence en proposant des fonds S&P 500 rivaux. Dans quelle mesure les participations diffèrent-elles de l’indice ? Selon l’article, « … même parmi les plus grands fonds S&P 500, les participations différaient de l’indice d’un total compris entre 1,7 % et 7,5 % au quatrième trimestre 2022 ». ExxonMobil, pondérée par la capitalisation boursière sur l’indice S&P 500, représente 0,87 % de l’indice. Chevron représente 0,53 %.[5] Ensemble, elles représentent 1,4 % de l’indice. Avec ces pourcentages, un gestionnaire de fonds
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