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02.05.2026 à 00:30

Yadan l'air comme un relent de racisme

L'équipe de CQFD

Youpi ! Deuxième taquet printanier pour Lecornu. Après avoir été contraint d'ajourner la proposition de loi de son propre groupe (Ensemble pour la République) qui visait à faire bosser les salarié·es de certains commerces le 1er mai, le voilà obligé de retirer l'abjecte loi Yadan. « Obstruction parlementaire » de la France insoumise, dispersion des soutiens de la macronie… Et rapport de force politique imposé par en bas, dont une pétition avec pas moins de 700 000 signatures. La (…)

- CQFD n°252 (mai 2026) /
Texte intégral (548 mots)

Youpi ! Deuxième taquet printanier pour Lecornu. Après avoir été contraint d'ajourner la proposition de loi de son propre groupe (Ensemble pour la République) qui visait à faire bosser les salarié·es de certains commerces le 1er mai, le voilà obligé de retirer l'abjecte loi Yadan. « Obstruction parlementaire » de la France insoumise, dispersion des soutiens de la macronie… Et rapport de force politique imposé par en bas, dont une pétition avec pas moins de 700 000 signatures.

La proposition de loi Yadan « [vise] à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Mais quelles sont-elles ? La minute de silence au Parlement pour Quentin Deranque, un antisémite notoire ? Le groupe Whatsapp de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS 4) servant de « déversoir à la haine raciste et antisémite » des policier·es et de leur commandant1 ? Le rachat du réseau social X par le néonazi Elon Musk et le risque de mise en avant accrue de contenus racistes via la refonte de son algorithme ? Pensez-vous ! Pour Caroline Yadan, ses soutiens macronistes, mais aussi socialistes (François Hollande et Jérôme Guedj), le « nouvel antisémitisme », c'est : critiquer l'État d'Israël. Et hop ! En un tournemain, les soutiens de la Palestine ne seraient plus antisionistes, mais antisémites ! Vous aussi vous avez mal au cerveau ?

La théorie du « nouvel antisémitisme » nous vient des années 1970. Des officiels israéliens l'avaient opposée à la résolution 3379 de l'ONU qui affirmait que « le sionisme est une forme de racisme ». Une instrumentalisation de l'antisémitisme qui permet de légitimer le soutien de la France à la politique coloniale d'Israël. Mais aussi d'y associer tous les Juif·ves. Beaucoup pourtant, dont les collectifs Tsedek ! et l'Union juive française pour la paix, la dénoncent. Ils rappellent que l'antisémitisme ne peut pas être conçu « hors-sol » : il est d'abord inscrit historiquement dans des politiques étatiques structurellement racistes. Hier l'antisémitisme, aujourd'hui l'islamophobie, la négrophobie... À essentialiser les Juif·ves, l'État poursuit sa logique de racialisation des communautés religieuses, pour mieux hiérarchiser ses populations, et les faire jouer les unes contre les autres.

Si le nouveau joujou répressif de Yadan est pour l'heure mis au placard, Lecornu promet de le ressortir dans un projet de loi en juin prochain, alors qu'auront lieu, dans le même temps, les procès de Anasse Kazib et de Rima Hassan pour apologie du terrorisme. À gauche, il est temps de se secouer les puces et de ne plus considérer l'antisémitisme comme une lutte séparée de celle des autres formes de racisme et du continuum colonial. Restons soudé·es et rappelons que notre ennemi commun reste la bourgeoisie qui, elle, s'est salement radicalisée.


1 Le Canard enchaîné (25/06/2024).

02.05.2026 à 00:30

Au sommaire du n°252 (en kiosque)

En cette ère de hausse des prix de l'énergie, où résonnent divers appels à l'électrification, au nucléaire, CQFD s'est pris la tête sur les meilleures et pires façons de faire tourner la machine. Jean-Baptiste Fressoz nous rappelle que le renouvelable n'enterre pas le fossile, Sébastien Navarro nous parle des déchets nucléaire à Malvési. Hors numéro, répression administrative : en Europe, où fleurissent les hubs de re-migration ; et plus spécifiquement au pays de l'amour, pour les (…)

- CQFD n°252 (mai 2026) / ,
Texte intégral (1703 mots)

En cette ère de hausse des prix de l'énergie, où résonnent divers appels à l'électrification, au nucléaire, CQFD s'est pris la tête sur les meilleures et pires façons de faire tourner la machine. Jean-Baptiste Fressoz nous rappelle que le renouvelable n'enterre pas le fossile, Sébastien Navarro nous parle des déchets nucléaire à Malvési. Hors numéro, répression administrative : en Europe, où fleurissent les hubs de re-migration ; et plus spécifiquement au pays de l'amour, pour les internationaux qui souhaitent officialiser leur union. On parle aussi du projet de méga-canal dans les Hauts de France, et du décolonialisme difficile en Haïti.

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

En couverture : « Mais où trouvent-ils toute celle énergie ? » par Mathilde Paix

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Mais où trouvent-ils toute cette énergie ?

« Une énergie n'en remplace jamais une autre, elles croissent en symbiose » - Dans le livre Sans transition : une nouvelle histoire de l'énergie (Seuil, 2024), Jean-Baptiste Fressoz, historien des techniques, s'attaque au mythe de la transition énergétique, dénué de fondement historique. Entretien.

Actualités d'une lutte passée en cours contre un futur sans avenir - Le 23 mars, la justice autorisait l'emploi de la force pour expulser « La Gare », près de Bure, lieu historique de la lutte antinucléaire, dans le cadre de l'avancée du projet d'enfouissement des déchets radioactifs, dit « Cigéo ». Sur place, les militant·es s'organisent pour résister. Tribune.

Énergie verte et Montagne noire - Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc est l'un des plus gros fournisseurs d'énergies renouvelables d'Occitanie. Et à l'heure de la réévaluation de sa charte, l'État pousse pour poursuivre son industrialisation. Transition énergétique oblige.

Malvési, monstre toxique - Malvési est un site de traitement de l'uranium qui sévit depuis sept décennies, à deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste Sébastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacré un ouvrage tout juste publié, Malvési. Entretien.

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Actualités d'ici & d'ailleurs

Return hubs : sous-traiter l'expulsion - Après l'odieux Pacte européen sur la migration et l'asile, Bruxelles entend franchir un nouveau cap dans le harcèlement des personnes en migration. Son prochain outil : le « règlement retour ». Un texte qui propose de renvoyer des gens vers des pays dont ils n'ont pas la nationalité, dans lesquels ils ne sont probablement jamais allés et sans leur consentement.

Mégacanal Seine-Nord Europe : 107 kilomètres d' aberrations - De Compiègne à Aubencheul-au-Bac, un mégacanal de 107 kilomètres veut faire se rejoindre la Seine et l'Escaut. Derrière des promesses d'écologie et de dynamisation du territoire, une démesure financière et environnementale qui inquiète associations environnementales, syndicats et habitant·es.

« On a besoin d'un football autonome »

- Pour les unions dont l'une des deux personnes vient de l'extérieur de l'Europe, dur de vivre son idylle au pays du romantisme. Rencontre à Marseille avec l'un de ces couples.

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Côté chroniques

Lu dans... | D'anciens détenus de l'ICE trouvent réconfort au sein d'un groupe d'entraide - Face aux traumatismes laissés par la détention au sein des centres de la police de l'immigration, plusieurs anciens captifs new-yorkais s'entraident grâce à l'aide de l'Envision Freedom Fund. Le média indépendant Documented raconte leurs parcours. Extraits.

Sur la Sellette : Douze mois de prison et un conseil - En comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.

Échec scolaire : Les petits mouchards - Loïc est prof d'histoire et de français, contractuel, dans un lycée pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute pétée. Entre sa classe et la salle des profs, face à sa hiérarchie ou devant ses élèves, il se demande : où est-ce qu'on s'est planté ?

Peine perdue : Friture avec les huiles - Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci : enfumage en règle.

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Côté culture

Demain c'est pas si loin... - Les Soulèvements de Mars, déclinaison locale des Soulèvements de la Terre, publient un nouvel ouvrage collectif qui analyse les mécanismes moroses de la forêt de ciment dans laquelle on vit : Bave, crache, chie du béton.

Rendre à la poussière des années d'existence - À Toulouse comme ailleurs, des quartiers populaires sont détruits, remodelés, aseptisés, et leurs résident·es poussé·es dehors. Dans « Personne ne se souviendra de nous », documentaire sonore réalisé par Ludo Mepa et Américo Mariani, trois habitantes racontent la violence de leurs expériences et l'évolution de leur rapport au monde.

Jusqu'au boss final - Dans son livre Tout reste à jouer, Marijam Did participe à enfoncer cette porte immense qui s'entrouvre depuis quelques années : celle qui consiste à démontrer la puissance politique des jeux vidéo.

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Et aussi...

- L'édito – Yadan l'air comme un relent de racisme

Ça brûle ! – Recherches dans l'au-delà

L'animal du mois – Le phoque épicurien

Abonnement - (par ici)

02.05.2026 à 00:30

Malvési, monstre toxique

Émilien Bernard

Malvési est un site de traitement de l'uranium qui sévit depuis sept décennies, à deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste Sébastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacré un ouvrage tout juste publié, Malvési. Entretien. 26 février 1960 : de Gaulle pavoise à Narbonne. Il est là pour vanter sa politique énergétique en matière nucléaire, notamment dans le Languedoc. Au cœur de son discours, le tout frais site de Malvési, à trois kilomètres de la (…)

- CQFD n°252 (mai 2026) / ,
Texte intégral (1804 mots)

Malvési est un site de traitement de l'uranium qui sévit depuis sept décennies, à deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste Sébastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacré un ouvrage tout juste publié, Malvési. Entretien.

26 février 1960 : de Gaulle pavoise à Narbonne. Il est là pour vanter sa politique énergétique en matière nucléaire, notamment dans le Languedoc. Au cœur de son discours, le tout frais site de Malvési, à trois kilomètres de la sous-préfecture de l'Aude, site dont l'activité n'a depuis jamais cessé. Des myriades de bassins y traitent à grands coups de substances chimiques des quantités invraisemblables d'uranium. C'est à ce monstre toxique « aux sept décennies de rejets dégueulasses » que s'attaque Malvési (Éditions du bout de la ville, 2025), de Sébastien Navarro. Il y donne notamment la parole à des militants engagés dans une lutte isolée contre les nuisances de ce complexe par où transite « un quart de la production mondiale d'uranium », tout en interrogeant la déliquescence des luttes antinucléaires. Un sujet complexe qu'il aborde d'une plume trempée dans l'acide, enrobant son enquête d'une atmosphère de polar écologique. Dissection d'une course vers le vide.

Pourquoi l'histoire de Malvési est-elle si méconnue alors que le site tourne depuis 1959 et brasse des quantités d'uranium impressionnantes ?

« Quand l'usine s'installe dans le coin à la fin des années 1950, Narbonne est un bled côtier de 30 000 âmes dont le dynamisme économique est porté par la viticulture.

« Depuis des décennies, Malvési purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe »

Le tourisme de masse n'existe pas encore. L'implantation de l'usine est soutenue par Georges Guille (1909-1985), conseiller général SFIO et éphémère secrétaire d'État chargé de l'énergie atomique. L'usine est construite sur le site d'une ancienne mine de soufre, comme si une industrie en remplaçait une autre. Tout se passe dans une certaine discrétion. Surtout, l'énergie nucléaire est vendue comme vectrice de progrès et créatrice d'emplois. On connaît la rengaine qui perdure aujourd'hui. C'est ainsi que pendant des décennies, Malvési purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe. La population locale sait vaguement ce qui s'y passe mais tant qu'il n'y a pas de pépin sérieux, le business uranifère ronronne. »

Que s'est-il passé le 20 mars 2004 ?

« Précisons d'abord que le processus de purification de l'uranium, un truc bien dégueulasse consommant des quantités phénoménales d'acides nitrique et fluorhydrique, génère des déchets qui, à l'instar de toute la filière du nucléaire, sont impossibles à traiter. Depuis 1959, tout est donc conservé sur place dans d'immenses bassins : 350 000 mètres cubes d'effluents liquides radioactifs. Inutile de préciser qu'au départ, les déchets étaient stockés sans aucune sécurité ni aucuns travaux d'étanchéité, sachant que le coin est farci de canaux qui traversent ensuite Narbonne et que sous l'usine se trouve une nappe phréatique.

En 2004, suite à de fortes pluies, la digue d'un bassin de rétention cède et libère dans la nature de fortes quantités de boue. Des riverains ont l'idée d'en prélever un échantillon et de les faire analyser par la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Stupeur, on y découvre des trucs bien craignos du type américium et plutonium, qui n'auraient jamais dû se trouver là, puisque l'usine était censée traiter uniquement de l'uranium naturel. De fait, Areva admet avoir traité en douce, pendant une vingtaine d'années, 17 500 tonnes d'uranium appauvri issu de combustibles retraités. Un genre d'activité secondaire totalement opaque et autrement plus dangereuse. On touche là un des cœurs de l'empire nucléaire : sa capacité industrielle à produire du mensonge.

Avec l'accident de 2004, l'usine apparaît pour la première fois aux yeux du public. Quelques médias nationaux s'emparent du sujet. La revue XXI publie une longue enquête critique sous la plume de la journaliste Viviane Thivent. Mais tout cela finit par retomber et l'usine retrouve son rythme de croisière. Il faut attendre 2017 et le projet Traitement des nitrates, sorte de mégafour censé traiter les déchets accumulés, pour que le peuple narbonnais descende et gueule dans la rue. Il faut dire que ce projet prévoit la construction d'une énorme cheminée et l'envol des fumées de calcination directement sur Narbonne. D'où l'émoi bien compréhensible de la population. »

L'un de tes personnages décrit les Narbonnais comme des « cobayes » de l'industrie nucléaire. Tu partages cette vision des choses ?

« C'est marrant que tu cites ce qualificatif de “ cobayes ” car je l'ai utilisé en mars 2018 pour un article de CQFD sur les mobilisations contre le projet TDN1 ! Dans le bouquin, je rencontre entre autres Michel Leclerc, ancien sous-traitant de l'usine, récompensé de son dur labeur par une leucémie. Michel est une force de la nature et il a bataillé pendant des années contre Areva, pour que lui soient alloués des dédommagements honorables. Sachant que rien ne peut réparer une vie bousillée. Les victimes de l'usine, s'il y a quelques situations documentées, sont un vrai angle mort. Aucune enquête sanitaire sérieuse n'a été diligentée alors que Narbonne enregistre une incidence des cancers du poumon supérieure à toutes les villes d'Occitanie. »

Tu as visité les installations de Malvési. Qu'en as-tu retiré ? La propagande est efficace ?

« Oui elle l'est. Aujourd'hui et plus que jamais, l'industrie nucléaire joue la carte de sa normalisation et de son importance stratégique dans le fameux mix énergétique. Certains “ écolos ” voient même l'atome comme une solution d'avenir pour décarboner l'économie. Un type comme Jean-Marc Jancovici participe à cette sombre banalisation.

La visite de Malvési n'était pas prévue au programme, l'idée étant plutôt que je tourne autour en la maudissant. Puis l'occas' s'est présentée et je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler cet épisode croustillant si ce n'est qu'Orano2, l'industriel qui exploite le site, sait la jouer fine : il se présente avant tout comme complexe chimique traitant de l'uranium naturel. Une vaste blague car des panneaux indiquant “ site nucléaire ” étaient toujours présents au moment de mon enquête en 2022. Et les volumes d'uranium traités sont tels que, naturel ou non, n'importe quel compteur Geiger3 flambe quand on passe le long du site. »

Pourquoi si peu de mobilisations contre les retombées toxiques d'une usine située à trois bornes de Narbonne ? Est-ce lié à l'efficacité de la communication d'Orano ? À une sorte de zone grise où l'on ne sait plus ce qui est chimique ou nucléaire ?

« C'est un peu tout ça. Plus le fait qu'à Narbonne comme ailleurs, la pieuvre atomique sait être généreuse avec les collectivités territoriales abritant ses infrastructures. Sans oublier la sacro-sainte question des emplois. Dans une région économiquement tendue comme l'Aude, on fait d'autant plus gaffe à l'outil industriel qu'il est fort rare. Autre élément à prendre en compte : l'acculturation au risque industriel. Les citoyens ont peur ? Pas de souci, on va leur apprendre à cohabiter avec cette industrie de la mort et à adopter les bons gestes. Comme reconnaître les sirènes d'alerte. »

La lutte antinucléaire a longtemps été l'une des composantes majeures des mobilisations écologiques. Elle semble devenue de plus en plus marginale, surtout chez les jeunes générations…

« Effectivement, après les temps forts des années 1970 et 1980, la lutte antinucléaire est totalement passée de mode. Les centrales sont là, les gens vivent avec et, aucune n'ayant pété depuis le lancement du plan Messmer en 1974, l'idée s'est répandue que nous avions là une énergie pas pire que les autres. Tchernobyl et Fukushima ont eu beau provoquer de douloureux rappels à l'ordre, ça n'a pas suffi à réveiller et armer les esprits. À cette tragique indifférence se rajoute le besoin d'électricité pour nourrir la fringale des centres de données et des bagnoles électriques. Pour sortir de cette nasse intellectuelle, il n'y a pas 36 chemins : il faut un décrochage radical avec le dogme énergivore de la société industrielle. Sinon, si ce n'est pas une centrale qui nous pétera à la gueule, ce sera le mur écologique. Et là, aucune sirène d'alerte ne nous sauvera. »

Émilien Bernard

1 « Déchets nucléaires près de Narbonne : les cobayes de Malvési », CQFD n° 163 (mars 2018).

2 Entreprise détenue par l'État et chargée de la gestion de Malvési, qui a remplacé Areva en 2018.

3 Appareil qui sert à mesurer la radioactivité.

7 / 10

 

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