Jerôme Colombain
mis en ligne le 29.08.2026 à 07:00
.Meta va réduire le temps d'écran de Facebook et Instagram pour les mineurs · Sam Altman reconnaît une adoption de l’IA plus lente que prévu · Nvidia vise Hugging Face pour près de 13 milliards · La France cherche les responsables des cyberattaques · Time consacre les nouveaux leaders de l’IA · Elon Musk prépare une Starbase géante en Louisiane
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
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Meta propose de verser 16,8 milliards de dollars, voire davantage avec les dépenses annexes, pour mettre fin au procès américain l’accusant d’avoir favorisé la dépendance des mineurs à Instagram et Facebook. L’accord prévoit notamment des limites d’utilisation et un mode nuit pour les moins de 18 ans, tandis que les mécanismes addictifs resteraient largement inchangés pour les adultes ; son adoption définitive doit encore être validée par la juge. Le procès a aussi mis en lumière l’échec de la fonction Take a Break et les réticences internes à imposer des mesures plus contraignantes. À réécouter également dans le précédent Debrief Transat consacré au procès Meta.
Sam Altman, OpenAI, reconnaît dans une longue interview accordée au podcasteur David Senra que l’adoption de l’intelligence artificielle et la transformation des entreprises avancent moins vite qu’espéré. Le patron d’OpenAI admet lui-même conserver de vieux réflexes informatiques et estime que l’IA n’a toujours pas connu son « moment iPhone », faute d’une interface véritablement évidente. Il défend parallèlement le maintien du contrôle humain et critique, sans le nommer directement, le discours alarmiste porté notamment par Dario Amodei, Anthropic, un débat déjà abordé dans Monde Numérique autour du « marketing de la peur » de l’IA.
PLAUD dévoile Plaud One, des écouteurs accompagnés d’un boîtier connecté en 4G capable de transcrire les conversations et de donner accès à un agent d’intelligence artificielle sans dépendre en permanence d’un smartphone. Ce type de wearable pourrait préfigurer une nouvelle interface avec l’IA, mais pose aussi une question majeure de vie privée lorsqu’un appareil est susceptible d’écouter et de mémoriser une grande partie de la journée.
Le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis menace désormais certains équipements électroniques fabriqués aux États-Unis, avec des droits de douane canadiens de 50 % évoqués à partir du 8 septembre. Smartphones, consoles, composants et même certains câbles pourraient être concernés, faisant craindre une hausse brutale des prix pour les consommateurs si les deux pays ne reprennent pas leurs négociations.
Bill Gates alerte à son tour sur les conséquences économiques et sociales de l’intelligence artificielle et défend l’idée d’une supervision internationale. Il propose notamment de préserver certains métiers exigeant écoute et sensibilité humaines et remet sur la table le principe d’une taxation de l’automatisation, cette fois en envisageant de taxer les tokens consommés par l’IA. Une réflexion sur la taxation des robots et le revenu universel avait déjà été discutée dans un précédent Debrief Transat.
Nvidia envisage dans l’épisode une opération de près de 13 milliards de dollars autour de Hugging Face, la plateforme d’IA open source créée par des Français et devenue une infrastructure centrale pour les développeurs. L’opération consacrerait l’importance stratégique de l’open source pour Nvidia mais pose aussi la question de l’indépendance d’un écosystème ouvert lorsque ses grandes plateformes passent sous le contrôle de géants américains, comme GitHub avec Microsoft. J'avais longuement reçu Clément Delangue, Hugging Face, dans Monde Numérique.
Après le piratage touchant la Direction générale des Finances publiques et environ 700 000 contribuables, des victimes préparent une action collective pour obtenir réparation, notamment après des tentatives d’arnaque et des dépenses engagées pour mieux protéger leurs données. Le gouvernement doit également examiner les responsabilités tandis que l’Éducation nationale a dû interrompre plusieurs outils après une autre attaque, perturbant la préparation de la rentrée. Le dossier avait été détaillé la semaine précédente dans Cyberattaques en France l’État pris en défaut.
Le TIME100 AI 2026 rassemble une nouvelle fois les grandes figures du secteur, de Sam Altman à Elon Musk en passant par les dirigeants d’Anthropic. Bruno Guglielminetti souligne notamment la présence de Joëlle Pineau, désormais à Cohere après son passage chez Meta, ainsi que celle du dirigeant de Mistral AI et de Yann LeCun, engagé dans une approche différente autour de l’IA physique. Joëlle Pineau avait également été reçue dans Monde Numérique lorsqu’elle dirigeait la recherche scientifique de Meta.
SpaceX prépare une nouvelle base spatiale en Louisiane avec un investissement annoncé de 100 milliards de dollars et de premiers lancements envisagés en 2029. Le projet illustre une nouvelle fois la démesure des ambitions d’Elon Musk, tout en faisant ressurgir les interrogations environnementales liées à la multiplication des lancements. L’épisode oppose avec humour ce projet à l’annonce évoquée d’un parc d’attractions Dragon Ball en région parisienne dont les questions de financement et de droits apparaissent encore incertaines.
Bruno teste le nouveau pliable de Google, présenté dans l’émission comme le Pixel 11 Pro Fold, qu’il juge nettement plus léger et agréable que la génération précédente. La discussion compare son grand format au Fold 8 de Samsung et au format plus compact prêté au futur modèle pliable d’Apple, attendu autour de sa keynote de septembre. Le Fold 8 avait déjà fait l’objet d’une prise en main dans un précédent Debrief Transat.
Bruno annonce sur Mon Carnet une interview consacrée au rapport Les risques et enjeux éthiques des véhicules connectés publié par la Commission de l’éthique en science et en technologie du Québec. Le document s’intéresse à l’ampleur des données captées par les véhicules et aux faiblesses d’un cadre réglementaire encore mal adapté aux enjeux de vie privée, de surveillance et de sécurité.
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mis en ligne le 28.08.2026 à 07:00
.La tech américaine redéfinit les règles du jeu militaire en plaçant les données et l’IA au cœur des stratégies de défense. Derrière les discours idéologiques, une bataille industrielle et commerciale majeure se joue entre anciens géants et nouveaux acteurs.
Rediffusion du 6 mai 2026
Punchlines
- La Silicon Valley a toujours été liée à la défense.
- Demain, la guerre sera une guerre de données et de logiciels.
- Les outils d’analyse militaire et les plateformes grand public reposent sur les mêmes technologies.
- Les manifestes idéologiques sont aussi des arguments commerciaux.
- L’IA permet désormais de construire soi-même ses outils d’analyse.
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L'essentiel
- La Silicon Valley travaille avec la défense américaine depuis ses origines.
- Le manifeste de Palantir est aussi un argumentaire commercial.
- La vraie bataille oppose les industriels de l'armement aux acteurs de l'IA et du logiciel.
- Avec l'IA générative, la souveraineté ne concerne plus seulement les données mais aussi les méthodes de travail.
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Il faut d'abord rappeler que les liens entre la Silicon Valley et la défense américaine ne sont pas nouveaux. Depuis les premiers radars de la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux programmes informatiques de la NSA ou de la CIA, les grandes entreprises technologiques ont toujours travaillé avec l'État américain. Palantir s'inscrit dans cette continuité. À mes yeux, le manifeste d'Alex Karp est autant un discours idéologique qu'un argumentaire commercial destiné à convaincre que les technologies de demain sont devenues essentielles à la défense.
Pendant longtemps, Palantir a vendu des outils capables d'analyser d'immenses volumes de données afin d'identifier les informations importantes. Aujourd'hui, l'IA générative transforme profondément ce modèle. Des outils comme Claude peuvent permettre à chacun de construire ses propres systèmes d'analyse. C'est une évolution qui menace directement la position de Palantir, qui cherche désormais à proposer une plateforme complète où l'IA guide les décisions et adapte en permanence les usages pour les clients de la défense.
Je pense qu'il existe une bataille beaucoup plus discrète entre les industriels traditionnels de l'armement et les nouveaux acteurs du logiciel. Les fabricants historiques de missiles, d'avions ou de systèmes militaires voient arriver des entreprises qui affirment que les guerres de demain seront gagnées grâce aux données, aux drones, aux robots et au logiciel. Elles se présentent comme les nouveaux défenseurs des intérêts américains et cherchent à prendre la place des industriels historiques.
Les compétences existent en France et en Europe. Nous disposons d'excellentes briques technologiques et de plusieurs acteurs capables de développer des solutions performantes. En revanche, nous savons moins construire des produits complets, simples à utiliser et immédiatement opérationnels. Avec l'IA, un autre enjeu apparaît : il ne s'agit plus seulement de protéger les données, mais aussi les méthodes de travail et le savoir-faire que les modèles apprennent auprès de leurs utilisateurs.
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mis en ligne le 26.08.2026 à 07:00
.Les mots de passe ne suffisent plus à protéger nos comptes en ligne. Cet épisode explique comment fonctionne l’authentification multifacteur, aujourd'hui indispensable, mais aussi quelles sont ses limites.
* Avec le soutien de Frogans, pionnier de l'informatique spatialisée : https://www.f2r2.fr
Un mot de passe peut être deviné, dérobé lors d’une fuite de données ou récupéré grâce à une attaque de phishing. Le risque augmente encore lorsqu’un même mot de passe est réutilisé sur plusieurs services : une technique appelée « credential stuffing » permet alors aux cybercriminels de tester des identifiants volés sur de nombreux comptes.
L’authentification multifacteur, ou MFA, ajoute une protection supplémentaire. Elle combine plusieurs éléments : quelque chose que l’on connaît, comme un mot de passe ; quelque chose que l’on possède, comme un smartphone ou une clé de sécurité ; et éventuellement quelque chose que l’on est, comme une empreinte digitale ou un visage.
Par SMS - La méthode la plus connue consiste à recevoir un code par SMS après avoir saisi son mot de passe. Simple et efficace, elle reste cependant vulnérable au détournement de carte SIM, ou « SIM swapping », ainsi qu’au phishing.
Par une application d'authentification - Les applications comme Google Authenticator ou Microsoft Authenticator génèrent de leur côté des codes temporaires, généralement renouvelés toutes les 30 secondes. Ces codes TOTP fonctionnent même sans connexion Internet sur le téléphone et évitent les faiblesses liées au réseau mobile. Ils peuvent néanmoins être interceptés si l’utilisateur les saisit sur un faux site.
Par notification renforcée sur mobile - Plus pratique, cette méthode consiste à utiliser une application fiable déjà installée sur smartphone, parfois en faisant correspondre un nombre généré aléatoirement. Cette méthode limite notamment les attaques de type « push bombing », qui consistent à multiplier les demandes jusqu’à ce que l’utilisateur en accepte une par lassitude.
Toutes les méthodes d'authentification ne se valent donc pas. Oubliez le mot de passe seul, qui constitue le niveau de protection le plus faible. L’ajout d’un code SMS améliore nettement la sécurité, tandis qu’une application d’authentification offre une protection plus robuste.
Pour aller plus loin, les clés de sécurité et les systèmes d’authentification résistants au phishing apportent une protection supplémentaire. Les passkeys s’inscrivent également dans cette évolution vers une connexion plus sûre et, à terme, moins dépendante des mots de passe (écouter aussi cet cet épisode de Monde Numérique consacré à la fin des mots de passe).
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mis en ligne le 24.08.2026 à 07:00
.Les modèles d’intelligence artificielle sont-ils réellement sous contrôle ? Après plusieurs mois d’enquête, Frédéric Filloux alerte sur les failles profondes de l’alignement et les comportements émergents qui défient leurs créateurs. Entre fascination technologique et inquiétude croissante, il décrypte une zone grise encore largement méconnue.
Rediffusion du 25 février 2026
L'essentiel
- L’alignement consiste à rendre un modèle d’IA compatible avec des supposées valeurs.
- Un modèle, lorsqu’il sort d’entraînement, est totalement non maîtrisé, dangereux et fantasque.
- On ne sait absolument pas ce qui se passe dans ces modèles.
- La correction de ces modèles se fait un peu au petit bonheur à la chance.
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L’alignement consiste à rendre un modèle d’IA compatible avec des valeurs supposées, comme des principes de décence ou de non-dangerosité. Le problème, c’est que ces valeurs peuvent varier selon les pays ou les acteurs. Un modèle sorti d’entraînement est totalement non maîtrisé : il peut restituer des informations dangereuses ou produire des comportements inattendus. L’objectif de l’alignement est donc de limiter ces dérives, mais c’est un processus extrêmement complexe et coûteux.
Parce qu’aujourd’hui, on ne programme pas directement ces modèles pour leur dire de ne pas faire certaines choses. On les corrige avec des milliers de questions-réponses orientées, qu’on appelle des « golden data ». Les ingénieurs observent les comportements problématiques et essaient de réorienter le modèle. Le problème est qu’on a parfois l’impression de corriger au fur et à mesure, sans vraiment comprendre tout ce qui se passe à l’intérieur.
Ce qui m’inquiète le plus, ce sont leurs capacités de déception et de manipulation. On observe que certains modèles peuvent chercher à donner aux utilisateurs les réponses qu’ils attendent. En parallèle, on comprend de moins en moins leur fonctionnement interne à mesure qu’ils deviennent puissants. C’est pour cela que je pense qu’il faut des garde-fous et que des acteurs non commerciaux, notamment le monde académique, doivent pouvoir examiner ces systèmes.
Je pense qu’il faudrait un cadre mondial comparable, dans l’esprit, à ce qui existe pour l’énergie nucléaire avec une agence internationale. Les modèles d’IA sont développés dans une compétition mondiale très intense et les entreprises ont des incitations fortes à avancer rapidement. Il faut donc des experts indépendants capables d’examiner ces modèles et d’apporter un regard extérieur.
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mis en ligne le 22.08.2026 à 07:00
.Cyberattaques massives contre les services publics français · Meta accusé de rendre les mineurs dépendants · La peur des lunettes connectées · La pub arrive dans ChatGPT · La France recule sur les réseaux sociaux avant 15 ans · L'IA pour préparer ses vacances · Robots humanoïdes en compétition à Pékin.
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
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Coup de gueule à propos des fuites de données qui frappent l’administration française. Environ 700 000 particuliers et professionnels sont concernés par des vols touchant notamment les informations fiscales, cadastrales et les successions, tandis que l’Éducation nationale aurait également été compromise. Le groupe ZeroBytes revendique une partie des attaques et relance le débat sur la faiblesse des systèmes publics, la double authentification, le zero trust et la capacité de l’État à détecter rapidement les extractions massives de données.
Meta affronte en Californie une offensive judiciaire menée par plusieurs États américains, qui l’accusent d’avoir conçu ses plateformes pour maximiser la dépendance des mineurs. Scroll infini, recommandations algorithmiques, notifications et connaissance du comportement adolescent sont au cœur d’un procès susceptible de remettre en cause une partie du fonctionnement même des réseaux sociaux. Monde Numérique avait déjà consacré un décryptage au bras de fer judiciaire entre Meta et les États américains.
De nouveaux brevets de Meta imaginent des lunettes capables de sélectionner les moments importants d’une journée pour en produire un résumé vidéo, voire d’identifier les personnes croisées. Ces concepts restent des brevets et non des produits annoncés, mais ils illustrent la tension croissante entre les promesses des lunettes IA et les inquiétudes liées à la reconnaissance faciale et au respect de la vie privée. Monde Numérique s’est déjà penché sur les enjeux de confidentialité des lunettes intelligentes et sur les brevets de Meta autour de la reconnaissance faciale.
OpenAI renforce l’expérience de ChatGPT destinée aux 13-17 ans avec des garde-fous spécifiques pour l’aide aux devoirs, les conversations sensibles et certaines formes de relations affectives avec l’assistant. Le système doit également mieux détecter l’âge des utilisateurs et les situations à risque, notamment autour de l’automutilation ou du suicide, même si la question du contournement de ces protections reste entière. Monde Numérique avait déjà évoqué les dispositifs de sécurité et de contrôle parental envisagés pour les jeunes utilisateurs de ChatGPT.
La publicité doit faire son apparition dans certaines versions gratuites et Go de ChatGPT en Europe, avec des annonces clairement séparées des réponses de l’assistant et contextualisées selon les requêtes. Le défi pour OpenAI consiste à développer cette nouvelle source de revenus sans donner l’impression que les réponses de l’IA sont dictées par les annonceurs. Le sujet de la publicité dans ChatGPT avait déjà été analysé dans Monde Numérique.
Le Conseil constitutionnel a censuré le cœur du dispositif français destiné à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, notamment en raison des conséquences qu’un contrôle généralisé de l’âge ferait peser sur l’ensemble des utilisateurs. Emmanuel Macron souhaite néanmoins qu’un nouveau texte poursuive le même objectif, alors que les difficultés techniques et juridiques de cette interdiction avaient déjà été détaillées dans Monde Numérique.
Des voyageurs racontent avoir été envoyés vers des sentiers, hôtels ou restaurants inexistants après avoir confié leur séjour à une intelligence artificielle, tandis que Jérôme Colombain rapporte au contraire une expérience très positive de ChatGPT pour les transports, les visites et les bonnes adresses. La leçon est surtout méthodologique : une IA peut être un excellent assistant de voyage, mais les informations importantes comme les visas, les formalités administratives ou les itinéraires sensibles doivent être vérifiées auprès de sources fiables.
Les compétitions de robots humanoïdes organisées à Pékin ne se limitent plus aux démonstrations sportives : entretien de chambres d’hôtel, restauration et tâches industrielles doivent désormais montrer ce que ces machines savent réellement accomplir. Les performances de fabricants comme Unitree Robotics seront particulièrement observées.
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mis en ligne le 21.08.2026 à 07:00
.Pionnier français des casques de réalité mixte, Stan Larroque raconte l'aventure de sa startup Lynx.
Parti de presque rien, quelques millions d’euros et une petite équipe, Stan Larroque s’est attaqué à un secteur dominé par les géants de la tech. Il raconte les coulisses de cette aventure entrepreneuriale, faite de paris technologiques, de levées de fonds difficiles et de batailles industrielles. Il explique aussi pourquoi le métavers tel qu’il a été imaginé par les grandes plateformes n’a sans doute pas d’avenir, tandis que la réalité mixte trouve aujourd’hui son véritable marché dans les entreprises. Il en profite pour partager sa vision de l’innovation, qui consiste selon lui à « déranger » et à bousculer l’ordre établi. Il évoque également les défis de l’entrepreneuriat hardware en France, les décisions stratégiques qui ont façonné Lynx — notamment face à Google — et les montagnes russes émotionnelles que vivent les fondateurs de startups technologiques. Enfin, il confie son admiration pour certaines innovations majeures comme Starlink et explique pourquoi, pour lui, l’innovation reste avant tout une aventure humaine.
Rediffusion du 18 mars 2026 (interview réalisée avant le rachat de Lynx par EssilorLuxotica)
Nous, chez Lynx, on est très concentrés sur un segment précis : le B2B. Il y a des entreprises prêtes à payer pour un casque qui leur apporte une vraie valeur dans leur travail. Ce n’est pas le même marché que le grand public. On ne parle pas de millions d’unités comme les smartphones, mais sur un produit avec de bonnes marges, il y a une vraie économie possible.
Je ne pense pas que la VR n’ait pas d’avenir. En revanche, je pense que la vision du métavers qu’on nous a présentée n’en a pas vraiment. Le grand public a découvert la VR presque uniquement à travers la stratégie de Meta, et ce pari-là est en train de montrer ses limites. En revanche, dans le monde professionnel, la réalité mixte explose. Les entreprises ne sont plus au stade des tests ou des démonstrateurs. Elles déploient vraiment des solutions à grande échelle, parfois des milliers de casques pour la formation ou les opérations.
Pour moi, innover, c’est inventer quelque chose qui trouve un usage. Une innovation, c’est une invention qui fonctionne dans le monde réel. Et surtout, innover, c’est déranger. Quand tu inventes quelque chose de nouveau, tu bouscules forcément l’ordre établi. Tu deviens celui qui agace les acteurs en place. Mais quelque part, c’est plutôt bon signe.
Il faut ne pas avoir peur. C’est vraiment la qualité essentielle. Quand tu montes une startup, tu vis une sorte de sinusoïde permanente : des moments incroyables et d’autres très difficiles. Il faut aussi s’entourer des bonnes personnes. Dans une entreprise technologique, l’actif principal, ce n’est pas la machine ou la propriété intellectuelle : ce sont les gens, leur cerveau, leur capacité à résoudre des problèmes.
L’innovation qui m’a le plus impressionné ces dernières années, c’est clairement Starlink. C’est un système d’une complexité technique incroyable, mais qui est exécuté avec une élégance remarquable. Aujourd’hui, on peut avoir du très haut débit dans des endroits où il n’y avait quasiment pas d’Internet. C’est un exemple spectaculaire de ce que la technologie peut apporter concrètement.
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mis en ligne le 19.08.2026 à 07:00
.Cookies, pixels invisibles, liens personnalisés ou fingerprinting : notre navigation laisse derrière elle une multitude de traces. Cet épisode explique comment fonctionnent ces outils, à quoi ils servent et jusqu’où ils peuvent renseigner les sites, annonceurs et éditeurs sur nos usages.
* Avec le soutien de Frogans, pionnier de l'informatique spatialisée : https://www.f2r2.fr
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Plus discrets encore, les pixels de suivi sont de minuscules images intégrées dans des pages Web ou des courriels. Lorsqu’elles sont chargées, elles peuvent signaler qu’un message a été ouvert et fournir diverses informations sur la consultation.
Cette technique est notamment utilisée dans les newsletters pour mesurer le taux d’ouverture et mieux comprendre le comportement des lecteurs. Mais elle soulève des questions de vie privée, car le destinataire n’a pas toujours conscience d’être suivi.
En 2026, la CNIL a précisé les règles applicables aux pixels de suivi dans les courriers électroniques. Le sujet avait également été évoqué dans le Débrief Transat de Monde Numérique du 17 juillet 2026.
Des services comme Gmail ou Mail d’Apple proposent par ailleurs des mécanismes destinés à limiter certaines formes de suivi liées au chargement des images.
Le pistage ne repose pas uniquement sur les cookies. Les paramètres ajoutés à certaines adresses Web peuvent permettre de savoir d’où vient un clic ou comment un contenu a été partagé.
Autre méthode : le fingerprinting, ou empreinte numérique du navigateur. Taille de l’écran, langue, fuseau horaire, système d’exploitation ou navigateur peuvent être combinés afin de tenter de reconnaître un appareil sans avoir besoin d’y déposer un cookie.
Sur mobile, les systèmes d’exploitation utilisent également des identifiants publicitaires, dont l’accès est désormais soumis à différents réglages et autorisations.
Refuser les cookies non indispensables, bloquer les cookies tiers dans son navigateur, utiliser certaines extensions ou supprimer régulièrement les cookies permet de réduire une partie du pistage.
Tous ces outils ne sont pas nécessairement malveillants : mesurer une audience ou mémoriser les préférences d’un utilisateur peut être utile au fonctionnement d’un service. La véritable question est celle de la transparence : qui collecte quelles informations, pendant combien de temps et dans quel but ?
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mis en ligne le 17.08.2026 à 07:00
.Dans cet épisode rediffusé de la série INNOVATEURS, consacrée à celles et ceux qui font l’innovation, nous vous proposons de réécouter notre rencontre avec Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, l’une des startups françaises les plus avancées dans le domaine de la robotique humanoïde.
Parti d’un projet profondément personnel — aider son fils à remarcher — Jean‑Louis Constanza raconte comment Wandercraft est devenu un acteur majeur des exosquelettes médicaux avant de se lancer dans les robots humanoïdes industriels. Il revient sur la naissance de Calvin, le robot développé avec Renault, capable de porter des charges lourdes dans les usines, et explique pourquoi la robotique représente selon lui un enjeu stratégique majeur pour l’Europe. Il partage également sa vision de l’innovation, son regard sur l’intelligence artificielle, les bouleversements à venir sur l’emploi et les raisons pour lesquelles il estime que les robots humanoïdes vont transformer profondément notre économie et notre société.
Punchlines
- Les robots vont créer et remplacer des emplois.
- La robotique, c’est le dernier train européen à prendre.
- On ne voit pas encore ce que cette révolution va produire.
- L’innovation, ce n’est pas l’invention, c’est la diffusion.
- Ceux qui n’auront pas de robots seront déclassés.
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L’histoire de Wandercraft est directement liée à mon fils Oscar, qui a perdu la marche très jeune à cause d’une maladie génétique. Un jour, il m’a demandé pourquoi, puisque j’étais ingénieur en robotique, je ne fabriquais pas un robot pour l’aider à marcher. À l’époque, la marche robotique était encore un sujet de laboratoire. J’ai alors rencontré Nicolas Simon, un ingénieur visionnaire, et nous avons décidé de créer un exosquelette totalement auto-équilibré. L’idée n’était pas simplement de faire bouger des jambes, mais de créer un véritable robot humanoïde capable de marcher seul. Douze ans plus tard, Wandercraft équipe aujourd’hui plus de 150 hôpitaux dans le monde avec ses exosquelettes médicaux.
Nous avons compris que notre plateforme robotique avait un potentiel bien plus large. Nos exosquelettes étaient déjà capables de porter des charges lourdes avec une stabilité extrême. Quand Renault est venu nous voir, l’idée était claire : utiliser cette technologie pour les tâches pénibles et dangereuses dans les usines. Nous avons alors développé Calvin 40, un robot humanoïde conçu en quarante jours capable de porter quarante kilos. Aujourd’hui, Calvin travaille déjà sur des lignes de production automobile. Il transporte des pneus, des caisses et des charges répétitives que les humains supportent difficilement pendant huit heures d’affilée.
Oui, mais pas immédiatement. On sait déjà comment construire ces robots. Le vrai défi, c’est la sécurité et la fiabilité. Dans une maison, un robot doit pouvoir interagir avec des humains, éviter un enfant, un animal, des objets fragiles et manipuler des charges importantes sans danger. Cela demande un niveau de sécurité extrêmement élevé. Je pense qu’il faudra encore trois à quatre ans avant de voir des tests sérieux dans des environnements domestiques. Mais le véritable enjeu n’est pas de faire un robot qui passe l’aspirateur. Le sujet majeur, ce sont les personnes âgées, les personnes handicapées et la disparition progressive des aidants humains. Sans robots, je ne vois pas comment nos sociétés vont faire face au vieillissement démographique.
L’innovation, c’est apporter quelque chose de profondément utile que les gens n’avaient jamais vu auparavant. Une technologie vraiment innovante ressemble toujours un peu à de la magie. Mais l’innovation ne se limite pas à l’invention. Le plus difficile, c’est de transformer une invention en produit largement diffusé. Et cela demande énormément de résistance. Toute innovation rencontre du scepticisme, du cynisme ou du rejet. On vous explique constamment que ce n’est pas possible, que ce n’est pas utile ou que cela ne marchera jamais. C’est précisément pour cela que l’innovation reste l’une des aventures humaines les plus difficiles.
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mis en ligne le 15.08.2026 à 07:00
.Les contenus générés par l'IA Claude désormais marqués par un filigrane • Spotify écarte les artistes IA virtuels • Suno veut devenir le Spotify la musique générée par IA • Google attaqué par la presse française • Zuckerberg promet la superintelligence pour tous • OpenAI ralentit Astra • La France autorise les robots livreurs • Pixel 11 mise tout sur IA
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
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Anthropic prépare un système de filigrane pour mieux identifier les contenus produits par Claude, dans le contexte des nouvelles obligations de transparence liées à l’IA. Mais il reste de nombreuses zones grises : quid des simples modifications, traductions, corrections, etc. Une nouvelle tendance qui pourrait cependant se généraliser.
Des enseignants utilisent la technique du "prompt injection", en dissimulant des instructions dans leurs sujets, afin de repérer les étudiants qui rendent des devoirs générés par intelligence artificielle.
Spotify veut limiter l'invasion de la musique IA en signalant les contenus avec un badge. Ceux-ci seront exclus des recommandations éditoriales et personnalisées. De son côté, Suno, au contraire ambitionne de devenir une plateforme majeure de création musicale assistée par IA.
L’arrivée en France des résumés générés par IA dans la recherche Google ravive le conflit avec les éditeurs de presse, qui redoutent une chute du trafic vers leurs sites et réclament une meilleure rémunération de leurs contenus.
X durcit à son tour les critères permettant aux comptes d’être rémunérés, avec l’espoir de réduire une partie des contenus racoleurs, copiés ou générés industriellement par IA pour provoquer artificiellement de l’engagement. YouTube relève également certaines barrières d’accès à la monétisation, soulevant la question de l’avenir des petits créateurs face à des plateformes de plus en plus sélectives.
Spotify expérimente des fonctions permettant de passer plus intelligemment certains segments d’un podcast, notamment la publicité, ce qui fait réagir les producteurs indépendants. L’enjeu dépasse le confort d’écoute : si le dispositif s’étend, il pourrait rebattre les cartes de la publicité audio et renforcer la valeur des messages lus directement par les animateurs.
Dans sa lettre intitulée The Future is for Everyone, Mark Zuckerberg (Meta) défend une superintelligence largement accessible plutôt que concentrée entre les mains de quelques institutions. Derrière cette profession de foi se joue aussi une bataille industrielle et politique, alors que progressent les inquiétudes sur l’emploi, l’impact des centres de données et le pouvoir pris par les géants technologiques.
En parallèle, Meta lance Muse Glimmer, un modèle agentique dont les poids peuvent être téléchargés et modifiés et qui peut fonctionner localement sur du matériel grand public. La transcription parle d’open source ; plus précisément, Meta publie ses poids sous licence Apache 2.0, ce qui marque surtout un retour offensif vers les modèles ouverts face aux solutions fermées et à la montée des acteurs chinois.
OpenAI a suspendu certaines activités internes autour de son nouveau modèle Astra tant que des mesures de sécurité renforcées ne sont pas en place. Les premières évaluations en programmation autonome et cybersécurité suggèrent des capacités suffisamment avancées pour justifier des environnements isolés, des accès plus restreints et une surveillance accrue.
Un nouveau cadre règlementaire français ouvre la voie à l’homologation et à la circulation de robots électriques de livraison autonomes. Ceux-ci pourront circuler uniquement sur la chaussée et pas sur les trottoirs.
Google dévoile sa nouvelle famille de smartphones Pixel 11, Pixel 11 Pro, Pixel 11 Pro XL et Pixel 11 Pro Fold, tous équipés du processeur Tensor G6. Après une première prise en main, Bruno Guglielminetti décrit surtout une évolution logicielle : IA plus rapide, consommation mieux maîtrisée et nouvelles fonctions photo, notamment pour la basse lumière.
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mis en ligne le 14.08.2026 à 07:00
.Les robots humanoïdes progressent à une vitesse spectaculaire, mais leur autonomie reste encore un défi majeur. Stéphane Bohbot explique comment l’industrie prépare leur arrivée dans nos vies, entre intelligence artificielle, apprentissage et enjeux géopolitiques.
Rediffusion du 24 février 2026
L'essentiel
- Les robots deviennent plus abordables et donc un robot humanoïde basique est annoncé à moins de 20 000 euros.
- L’enjeu maintenant, c’est que le robot comprenne le monde.
- Le plus gros marché sera un marché de robots à domicile qui nous aideront dans les tâches ménagères demain.
- La Chine est en suprématie sur le hardware, il n’y a pas de débat.
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Ce spectacle a montré un niveau d’excellence impressionnant dans les mouvements, la synchronisation et la dextérité des robots. Il y a encore un an, les robots étaient beaucoup plus rigides, alors qu’aujourd’hui on arrive à des mouvements d’une fluidité incroyable, parfois même supérieure à celle de l’homme. Mais il faut comprendre qu’un robot visible dans une démonstration n’est pas forcément autonome : il a encore besoin d’un opérateur pour être orienté et guidé.
La partie mécanique a énormément progressé. Aujourd’hui, les robots ont une excellente stabilité, une bonne mobilité et un équilibre beaucoup plus fiable qu’il y a quelques années. L’enjeu maintenant est l’apprentissage du monde : reconnaître les objets, comprendre comment les saisir, les manipuler et évoluer dans un environnement avec des humains. Pour cela, on utilise notamment des modèles d’intelligence artificielle, de l’entraînement par vidéo et des simulations numériques.
Le rêve ultime est le robot domestique capable de débarrasser une table, ranger un lave-vaisselle, plier une chemise ou faire du repassage. Mais je pense qu’il faudra encore environ dix ans avant d’avoir ces robots chez nous en toute sécurité. Avant cela, ils vont progressivement arriver dans les entreprises, les magasins ou les hôtels, dans des environnements plus contrôlés.
La Chine bénéficie d’une puissance industrielle exceptionnelle, avec une supply chain très proche, beaucoup d’ingénieurs, des investissements massifs et des liens très forts entre le public et le privé. Leur capacité à créer rapidement des prototypes et des produits est impressionnante. En Europe, notre opportunité est plutôt de nous concentrer sur le logiciel, l’intelligence artificielle, les services et les applications.
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mis en ligne le 12.08.2026 à 07:00
.L’USB est devenu le connecteur universel de nos vies numériques. Ordinateurs, smartphones, consoles, appareils photo, disques externes ou chargeurs : la même prise permet aujourd’hui de transférer des données, recharger des appareils et parfois même transmettre de la vidéo.
* Avec le soutien de Frogans, pionnier de l'informatique spatialisée : https://www.f2r2.fr
Dans les années 1980 et 1990, chaque périphérique informatique possédait pratiquement son propre connecteur. Souris, claviers, imprimantes, modems, scanners ou disques externes utilisaient des ports différents, avec leurs pilotes et leurs réglages spécifiques.
L’USB, pour Universal Serial Bus, apparaît au milieu des années 1990 avec une ambition simple : créer une interface commune capable de connecter facilement les périphériques à l’ordinateur.
Sa grande nouveauté est aussi de faire passer à la fois les données et l’électricité. Plus besoin, dans de nombreux cas, d'une alimentation séparée. Et surtout, l'USB permet de brancher un périphérique sans redémarrer l’ordinateur : le fameux « plug and play ».
Le succès de l’USB va cependant produire un effet paradoxal. Plus la norme évolue, plus ses appellations deviennent difficiles à comprendre.
USB 3.0, USB 3.1, USB 3.2, générations différentes, débits de 5, 10, 20, 40 ou 80 Gbit/s : deux connecteurs peuvent avoir exactement la même apparence tout en offrant des performances très différentes.
Le problème est encore plus visible avec l’USB-C. Le « C » désigne avant tout la forme du connecteur, et non ses performances. Deux câbles USB-C peuvent ainsi avoir des capacités très différentes en matière de transfert de données, de recharge ou de vidéo.
L’USB-IF, l’organisme qui définit et accompagne les standards USB, tente justement de rendre les performances plus lisibles, notamment en mettant davantage en avant les débits plutôt que les noms parfois obscurs des générations.
L’USB-C apporte une amélioration immédiatement visible : il est réversible. Plus besoin de retourner trois fois le connecteur avant de trouver le bon sens.
Mais sa polyvalence va beaucoup plus loin. Selon l’appareil, le câble et les spécifications utilisées, une prise USB-C peut transporter des données, alimenter un appareil, recharger un ordinateur ou transmettre un signal vidéo.
La recharge a notamment pris une nouvelle dimension avec USB Power Delivery. La technologie permet à l’appareil et au chargeur de négocier la puissance adaptée. Avec les spécifications actuelles, l’USB Power Delivery peut atteindre jusqu’à 240 watts avec un câble USB-C compatible.
C’est aussi ce qui explique l’importance prise par l’USB-C dans les smartphones, tablettes et ordinateurs portables.
L’Union européenne a voulu mettre fin à la multiplication des chargeurs et connecteurs propriétaires. Depuis le 28 décembre 2024, plusieurs catégories d’appareils électroniques vendus dans l’UE doivent utiliser l’USB-C pour la recharge. Les ordinateurs portables ont bénéficié d’un délai supplémentaire et sont concernés depuis le 28 avril 2026.
L’objectif est double : simplifier la vie des utilisateurs et réduire la quantité de déchets électroniques générés par les chargeurs et câbles incompatibles.
Cette réglementation a notamment contribué à faire disparaître le connecteur Lightning des nouveaux iPhone européens au profit de l’USB-C.
L’USB simplifie énormément nos usages, mais il peut aussi devenir un vecteur d’attaque. Brancher un appareil ou une clé USB inconnue sur son ordinateur peut exposer celui-ci à des logiciels malveillants.
La prudence vaut également pour les prises USB publiques : une simple recharge peut, selon le matériel utilisé et les circonstances, présenter des risques de sécurité.
Après avoir été conçu pour mettre fin à la jungle des connecteurs, l’USB est donc devenu une véritable infrastructure du numérique. L’USB-C semble aujourd’hui s’imposer comme son visage universel, mais derrière cette prise unique se cache toujours une grande diversité de performances et de fonctionnalités.
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mis en ligne le 10.08.2026 à 07:00
.À l’occasion de cette rediffusion, nous vous proposons de revenir sur notre échange avec Jean-Baptiste Kempf, co-créateur du logiciel VLC, figure incontournable de l’open source, et aujourd’hui à l’origine du projet Kyber.
Rediffusion du 18 février 2026
L'essentiel
- Refuser l’argent sur VLC, c’était la bonne chose à faire.
- L’open source, ça appartient à tout le monde.
- Innover, c’est déplacer l’état de l’art.
- La qualité pour innover, c’est ne pas avoir peur.
- L’IA est un accélérateur, pas un remplaçant.
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C'est une histoire qui fait désormais partie de la saga française des technologies. Au début des années 2000, des étudiants de l'école Centrale Paris créent VLC, un logiciel capable de lire tous les formats vidéo. Cela deviendra le logiciel français le plus téléchargé au monde, utilisé par des centaines de millions de personnes. Jean-Baptiste Kempf, co-créateur de VLC, raconte cette aventure. Il dévoile l’envers du décor, comment une technologie open source a suscité bien des appétits, et il explique pourquoi il a refusé des offres de rachat mirobolantes. Il raconte aussi ce qui se cache derrière VLC : les cyberattaques, les fausses versions et les tentatives de détournement. Il partage aussi son parcours hors VLC, avec Shadow, Vente Privée, Scaleway et aujourd'hui Kyber, une solution de transmission à très faible latence pour contrôler à distance ordinateurs, robots ou drones, en open source avec une licence commerciale. Enfin, il livre sa vision de l'innovation qui, pour lui, consiste à “déplacer l’état de l’art", à condition de "ne faut pas avoir peur". L'occasion d'évoquer la culture du risque et de l’échec en France. Il se confie également sur son usage de l'IA, un “super stagiaire” pour coder plus vite, qui ne remplace pas l'humain, mais qui pose un vrai défi pour la formation des juniors.
VLC n’a pas été conçu comme un produit standard. C’est l'aboutissement de plusieurs projets étudiants à Centrale, liés au réseau du campus. À l’origine, il y avait l’idée de faire transiter un flux vidéo sur le réseau local, et ensuite le projet a été relancé en open source. Il a fallu trois ans pour convaincre l’école de passer en licence GPL, et ça s’est fait le 1er février 2001. Le logiciel “client” s’appelait Vidéolan Client, puis c’est devenu VLC, et la plupart des gens l’utilisent juste comme lecteur vidéo.
Parce que cela n'aurait pas été moral. VLC n’est pas à moi, c’est des milliers de personnes qui ont contribué, des générations d’étudiants. On aurait pu faire énormément d’argent avec notre base installée énorme, surtout via la marque et le site web. Mais détruire la confiance, détruire la communauté en deux ans “par calcul”, je ne pouvais pas. Je n’aurais pas pu dormir la nuit. Donc j’ai refusé des sommes à huit chiffres.
Kyber, c’est hérité de Shadow, où je suis passé également : c'est l’idée de contrôler des machines à distance, avec de très faibles latences. Ça peut être des ordinateurs puissants avec GPU pour l’IA, du rendu 3D ou du gaming, mais aussi des drones, des robots, des véhicules autonomes qui ne sont pas totalement autonomes. On apporte les briques réseau, l’encodage/décodage vidéo à très faible latence, et la synchronisation de tous les flux : audio, vidéo, capteurs, clavier, souris, gamepad. Et il faut aussi s’adapter aux conditions réseau, sans pouvoir “attendre” comme Netflix : quand tu contrôles un robot, c’est la vraie vie.
Pour moi, innover, c’est déplacer l’état de l’art : soit en recherche, soit avec des produits vraiment nouveaux. Le problème, c’est quand tout le monde se dit innovant : à la fin, plus personne ne l’est. Et la qualité indispensable, c’est ne pas avoir peur. En France, on a eu un vrai changement culturel : l’échec fait moins peur, beaucoup plus de diplômés veulent aller en start-up qu’avant. Et il faut éviter la monoculture : c’est la diversité qui fait apprendre.
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