Jerôme Colombain
mis en ligne le 06.05.2026 à 07:00
.La tech américaine redéfinit les règles du jeu militaire en plaçant les données et l’IA au cœur des stratégies de défense. Derrière les discours idéologiques, une bataille industrielle et commerciale majeure se joue entre anciens géants et nouveaux acteurs.
Tariq Krim est le créateur de Netvibes et Jolicloud. Il a longtemps travaillé dans la Silicon Valley. Aujourd'hui, il anime le think tank et la newsletter Cybernetica.
Punchlines
- La Silicon Valley a toujours été liée à la défense.
- Demain, la guerre sera une guerre de données et de logiciels.
- Les outils d’analyse militaire et les plateformes grand public reposent sur les mêmes technologies.
- Les manifestes idéologiques sont aussi des arguments commerciaux.
- L’IA permet désormais de construire soi-même ses outils d’analyse.
La relation entre technologie et défense n’est pas nouvelle. La Silicon Valley s’est construite en grande partie grâce à des projets militaires, dès la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Palantir s’inscrit dans cette continuité : devenir fournisseur de la défense américaine est une stratégie logique pour une entreprise technologique. Ce qui change, c’est l’ampleur et la centralité des données dans ces nouveaux usages.
Avant, on vendait des outils que l’armée utilisait librement. Aujourd’hui, les entreprises adaptent leurs produits en continu aux besoins militaires. Les technologies d’analyse de données, développées notamment après le 11 septembre, sont devenues centrales. Ce sont les mêmes principes qui ont permis l’essor des géants du web : collecter, stocker et analyser des volumes massifs de données pour détecter des signaux faibles.
Il y a une différence entre ce que les acteurs disent et ce qu’ils font réellement. Les discours, parfois très radicaux, servent aussi à se positionner et à se différencier. Ce sont des outils de communication. Derrière, il y a surtout des logiques de marché, de concurrence et de positionnement stratégique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’idéologie, mais le moteur principal reste souvent le business.
C’est une bataille entre l’ancien complexe militaro-industriel et une nouvelle génération d’acteurs technologiques. Les nouveaux entrants affirment que la guerre de demain reposera sur les drones, les logiciels et les données. Ils remettent en cause les équipements traditionnels, coûteux et hérités de la guerre froide. Leur objectif est clair : devenir la nouvelle ligne de front de la défense.
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mis en ligne le 05.05.2026 à 07:00
.L’intelligence artificielle bouleverse déjà la production audiovisuelle en Chine, en réduisant drastiquement les coûts et les temps de création. Entre opportunités industrielles et risques juridiques, Shanhui Zhang décrypte une transformation profonde du cinéma et des séries.
Punchlines
- Un épisode peut être généré en trois heures avec l’IA
- Le coût tombe à 25 à 30 euros
- Les équipes deviennent beaucoup plus petites
- Les bons acteurs deviennent encore plus essentiels
- Le droit doit s’adapter à la technologie
Aujourd’hui, l’IA intervient dans toute la chaîne de production, de l’écriture au montage, en passant par le storyboard, les effets visuels et même la génération de scènes entières. Des plateformes comme iQIYI testent déjà ces outils avec des bibliothèques d’IP et des agents intelligents. On peut produire un petit clip de 2 à 3 minutes en seulement trois heures avec une seule personne.
Avant, un projet complet nécessitait plusieurs métiers et une organisation lourde. Aujourd’hui, le coût peut tomber à environ 25 à 30 euros pour une production courte. Cela permet à de petites équipes, voire à une ou deux personnes, de créer du contenu audiovisuel, ce qui réduit fortement les barrières d’entrée.
Il y a un impact, mais certains éléments restent irremplaçables, comme les idées et les émotions humaines. Les bons acteurs deviennent même plus importants, car les machines ne reproduisent pas encore certaines expressions ou sentiments naturels. L’IA pourrait donc faire émerger des talents plus exigeants.
Il existe des risques liés au droit à l’image, à l’utilisation non autorisée de visages, et surtout aux deepfakes. Une fois un visage intégré dans un modèle, il peut être utilisé à mauvais escient. Cela pose la question d’un cadre juridique encore incomplet face à ces usages.
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mis en ligne le 04.05.2026 à 07:00
.Un agent IA efface tout le système d'une entreprise en 9 secondes • L’Europe impose batteries remplaçables et USB-C • Google Traduction fête ses 20 ans • Microsoft et OpenAI desserrent leurs liens • L’IA redessine le smartphone.
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
Nous revenons sur le cas spectaculaire de PocketOS, une entreprise américaine dont une base de données aurait été effacée en quelques secondes par un agent IA utilisé avec Cursor et le modèle Claude d’Anthropic. L’incident illustre les promesses mais surtout les risques des agents autonomes lorsqu’ils disposent de droits trop larges sur des systèmes critiques.
À partir d’un exemple vu lors d’une conférence cybersécurité à Montréal, nous discutons de la nécessité de tracer, limiter et contrôler les permissions des agents IA. Comme l’antivirus hier, des outils de gouvernance pourraient devenir indispensables pour éviter qu’un agent mal cadré ne provoque des dégâts irréversibles.
Nous décryptons le futur cadre européen sur les batteries remplaçables dans les smartphones, lié au règlement européen sur les batteries. L’objectif est de prolonger la durée de vie des appareils, même si les exceptions liées à l’étanchéité et à la capacité restante pourraient limiter le retour des batteries totalement amovibles.
Depuis le 28 avril 2026, les règles européennes sur le chargeur commun s’étendent aux ordinateurs portables, avec l’obligation de supporter l’USB-C pour les modèles concernés. Nous expliquons pourquoi les machines très puissantes, notamment certains PC de gaming, restent en partie à l’écart de cette harmonisation.
Google Traduction fête ses 20 ans et nous rappelle à quel point la traduction automatique a été l’un des premiers contacts du grand public avec l’intelligence artificielle. Avec l’intégration de Gemini, Google ajoute désormais des fonctions d’entraînement à la prononciation, signe du chemin parcouru depuis les premières traductions approximatives.
Nous analysons la nouvelle étape du partenariat entre Microsoft et OpenAI, désormais moins exclusif, tandis qu’OpenAI peut davantage travailler avec d’autres clouds comme AWS et Google Cloud. Derrière cet accord, nous voyons se dessiner la commoditisation des grands modèles et la montée en puissance des couches applicatives comme Copilot.
Avec l’arrivée des modèles OpenAI dans Amazon Bedrock, AWS renforce son rôle de plateforme rassemblant plusieurs grands fournisseurs d’IA. Nous y voyons un signal fort : les entreprises veulent pouvoir choisir entre Anthropic, OpenAI, Amazon et demain peut-être d’autres modèles, plutôt que dépendre d’un seul acteur.
Nous imaginons l’avenir du smartphone à l’ère de l’IA embarquée, où l’utilisateur demanderait directement une action à son appareil au lieu d’ouvrir une application dédiée. Cette évolution pourrait bouleverser les écosystèmes d’Apple, Google et des éditeurs d’applications, tandis que des outils comme Lovable accélèrent déjà la création de services sur mesure.
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mis en ligne le 02.05.2026 à 07:00
.Elon Musk attaque Sam Altman et OpenAI dans un procès explosif sur la gouvernance de l’IA • OpenAI et Microsoft redéfinissent leur alliance stratégique • Google renoue avec le Pentagone et relance le débat sur la tech militaire • La France débloque 200 millions d’euros contre les fuites massives de données • Une batterie automobile chinoise se recharge en moins de 4 minutes • En Chine, l’IA s’installe au cœur de la production audiovisuelle • Tech et défense : Tariq Krim décrypte le manifeste de Palantir.
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Le procès qui oppose Elon Musk à Sam Altman s’est ouvert en Californie. Le fondateur de OpenAI accuse l’entreprise d’avoir trahi sa mission initiale en devenant lucrative avec le soutien de Microsoft. Au-delà d’un affrontement d’egos, l’affaire pose une question clé : l’IA peut-elle rester d’intérêt général sous la pression des marchés et d’une future introduction en Bourse ?
Les deux partenaires historiques revoient leur accord stratégique. Microsoft perd l’exclusivité commerciale sur les modèles d’OpenAI, qui pourront désormais être distribués via d’autres clouds. Une évolution majeure qui redessine l’équilibre des forces dans l’IA mondiale et marque une nouvelle étape d’émancipation mutuelle.
Selon Reuters et The Information, Google aurait signé un accord classifié avec le Pentagone pour l’usage de ses modèles d’IA à des fins gouvernementales et militaires. Un virage symbolique pour le géant américain, après les controverses du projet Maven en 2018. Le débat sur la collaboration entre la Silicon Valley et la défense américaine revient au premier plan.
Face à la multiplication des cyberattaques, le gouvernement français débloque 200 millions d’euros pour moderniser les systèmes publics et préparer l’adoption de la cryptographie post-quantique. Une réponse à des vols massifs de données, dont celui de l’ANTS, qui ont exposé des millions d’informations personnelles sur le darknet.
Le chinois CATL annonce une batterie capable de passer de 10 à 80 % de charge en 3 minutes 44. Une prouesse technologique rendue possible par la technologie LFP et un système thermique optimisé, mais qui pose la question des infrastructures capables de délivrer une telle puissance.
Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, éditeur du podcast Mon Carnet, retour sur l’incident spectaculaire de l’entreprise américaine Pocket OS, dont la base de données a été effacée par un agent IA mal encadré. Une illustration concrète des risques liés au déploiement d’agents autonomes sans garde-fous de cybersécurité.
Shanhui Zhang, présentatrice à China Global Television Network, explique comment des plateformes comme iQIYI et Tencent Video expérimentent des acteurs virtuels et des productions partiellement générées par IA. Baisse des coûts, nouveaux métiers, transformation des formations : l’IA redessine en profondeur l’économie audiovisuelle chinoise.
L’entrepreneur Tariq Krim, fondateur de Cybernetica, analyse le manifeste publié par le patron de Palantir Technologies. Derrière l’appel à mettre la tech au service de la défense occidentale, il voit avant tout une stratégie industrielle et commerciale, inscrite dans l’histoire longue des relations entre Silicon Valley et armée américaine.
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mis en ligne le 30.04.2026 à 07:00
.La voiture autonome arrive progressivement en Europe, portée par des avancées technologiques majeures et des expérimentations concrètes. Mais derrière cette révolution se cachent des approches très différentes, portées par des géants de la tech aux stratégies opposées.
La course à la voiture autonome s’intensifie avec trois visions distinctes incarnées par Waymo, Tesla et Zoox. Si l’objectif est commun — supprimer le conducteur humain — les moyens pour y parvenir divergent profondément, entre précision extrême, intelligence artificielle et refonte totale du véhicule.
Filiale de Google, Waymo mise sur une combinaison de capteurs sophistiqués, dont le LiDAR, pour modéliser l’environnement en 3D avec une extrême précision. Déjà déployés dans plusieurs villes américaines, ses robotaxis atteignent un niveau 4 d’autonomie.
Ce choix technologique garantit une grande fiabilité, mais au prix d’une infrastructure lourde et coûteuse. Les véhicules doivent être entraînés sur des zones spécifiques, limitant leur flexibilité géographique. En cas de difficulté, une assistance humaine à distance peut intervenir.
À l’opposé, Tesla fait le choix d’un système basé uniquement sur des caméras et de l’intelligence artificielle avec son programme FSD (Full Self Driving). Inspirée du fonctionnement humain, cette approche s’appuie sur les données collectées par des millions de véhicules à travers le monde.
Moins coûteuse et plus facilement déployable, cette solution reste cependant limitée à un niveau 2 d’autonomie, nécessitant une supervision humaine constante. Tesla ambitionne néanmoins d’atteindre une autonomie totale, notamment avec son futur Cybercab.
Soutenue par Amazon, Zoox propose une vision radicalement différente : des véhicules conçus dès l’origine pour être autonomes, sans volant ni pédales. Ces navettes urbaines, où les passagers se font face, visent à transformer l’expérience de mobilité.
Comme Waymo, Zoox utilise une combinaison de capteurs, mais se concentre sur des environnements urbains limités. Déjà testés à Las Vegas et San Francisco, ces véhicules restent coûteux et nécessitent un entraînement préalable sur chaque zone.
Entre la fiabilité de Waymo, la scalabilité de Tesla et l’approche disruptive de Zoox, aucun modèle ne s’impose encore clairement. Les constructeurs européens, comme Mercedes-Benz ou BMW, semblent toutefois s’orienter vers des solutions proches de celle de Tesla. L’avenir de la voiture autonome dépendra autant des choix technologiques que des cadres réglementaires en cours de définition, notamment en Europe.
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mis en ligne le 29.04.2026 à 07:00
.À l’occasion de Cloud Next 2026, Google accélère l’intégration de l’intelligence artificielle dans tous ses services. Anthony Cirot détaille une vision où les machines deviennent proactives, tout en promettant un contrôle renforcé pour les utilisateurs et les entreprises.
Punchlines
- La machine va vous solliciter sans que vous la sollicitiez.
- L’IA devient un assistant personnel transversal.
- Les agents ont des droits et des devoirs.
- Les données des clients restent leurs données.
- L’humain garde la validation finale.
Aujourd’hui, c’est l’utilisateur qui interroge la machine. Demain, la machine va prendre l’initiative. Elle va analyser les emails, l’agenda, les documents, et me suggérer directement les actions à mener. Elle va me dire ce que je dois faire dans la journée. L’idée est d’avoir un assistant personnel qui comprend tout mon environnement de travail et m’apporte de la valeur sans que je le sollicite.
Le choix reste entièrement à l’utilisateur. C’est lui qui décide de donner ou non accès à ses données. Dans un cadre professionnel, les données restent strictement celles du client. Elles ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles. L’environnement est cloisonné et sécurisé, avec un engagement clair sur la confidentialité.
Les agents permettent d’automatiser des tâches, d’optimiser les գործընթաց internes et d’améliorer la productivité. Par exemple, répondre à des appels d’offres prend désormais quelques heures au lieu de plusieurs jours. Mais il ne suffit pas de créer des agents : il faut aussi les gouverner. Ils ont une identité, des droits, des devoirs, et les entreprises doivent garder le contrôle sur leur fonctionnement.
Les agents peuvent proposer et exécuter des actions, mais la validation finale revient toujours à l’humain. C’est une règle importante. Dans des environnements critiques, comme la production industrielle, il est essentiel que l’humain puisse intervenir à tout moment. L’IA assiste, mais ne remplace pas la décision finale.
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mis en ligne le 28.04.2026 à 07:00
.La récente victoire d'un robot au semi-marathon de Pékin montre qu'un nouveau cap spectaculaire est franchi en matière de robotique en Chine, entre prouesse technologique et révolution industrielle.
Punchlines
- Un robot a couru un semi-marathon en 50 minutes.
- Le vrai enjeu, ce sont les technologies derrière la performance.
- Les robots entrent déjà dans le quotidien en Chine.
- Cette révolution interroge sur la place de l’humain.
Ce qui a surpris tout le monde, c’est la vitesse. Les robots ont terminé les 21 kilomètres en un peu plus de 50 minutes, ce qui dépasse déjà le record humain. Sur place, l’ambiance était unique : d’un côté les coureurs humains, de l’autre les robots observés et commentés par la foule. Il y avait une grande diversité de machines, certaines très élégantes, d’autres plus instables. Mais surtout, on a changé d’échelle : on est passé d’une vingtaine d’équipes à plus de 100, avec une dimension internationale.
Ce n’est pas seulement une compétition de vitesse. L’enjeu principal, ce sont les technologies développées derrière. Par exemple, la gestion de la chaleur est cruciale : les robots doivent dissiper l’énergie produite par leurs moteurs. On a vu apparaître des systèmes avancés comme des micro-pompes à lévitation magnétique pour refroidir les composants. Ce type d’événement permet de structurer toute une industrie, avec des acteurs du hardware, du software et même des collaborations internationales, comme entre la Chine et la France.
Oui, clairement. On voit émerger un véritable écosystème avec des fabricants, des fournisseurs de composants, des développeurs logiciels et des chercheurs. Certaines entreprises issues du smartphone, comme Honor, investissent massivement dans les robots humanoïdes. Et surtout, les robots sont déjà présents dans la vie quotidienne : livraisons dans les hôtels, services en restaurant, robots cuisiniers ou compagnons de jeu. La compétition entre entreprises fait baisser les coûts et accélère la commercialisation.
Globalement, les réactions sont positives. Les gens sont impressionnés et voient le côté pratique. Mais il existe aussi une inquiétude : si les robots deviennent trop intelligents, quelle sera la place de l’humain ? En parallèle, de nouveaux métiers émergent, notamment dans l’intelligence artificielle. Et certains pensent que les compétences humaines, comme la sensibilité ou la compréhension des émotions, deviendront encore plus essentielles. Cela pose une vraie réflexion philosophique sur ce qui fait notre valeur en tant qu’humains.
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mis en ligne le 27.04.2026 à 12:00
.Tim Cook passe la main à John Ternus • Anthropic et OpenAI jouent avec la peur autour de l’IA • Google et Microsoft installent des agents dans la bureautique • Mistral cherche sa voie face aux géants • Les robots humanoïdes impressionnent en Chine • Montréal mise sur les startups pour améliorer la mobilité
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
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Nous revenons sur le départ annoncé de Tim Cook et l’arrivée de John Ternus à la tête d’Apple, un passage de relais qui remet le produit au centre du jeu. On analyse l’héritage de Cook, entre l’échec d’Apple Plans en 2012, le succès de l’Apple Watch et le virage stratégique d’Apple Silicon. À lire aussi sur Monde Numérique et sur Mon Carnet.
Nous discutons du retard d’Apple en IA, mais aussi de ses atouts matériels pour faire tourner des modèles localement sur ses appareils. L’arrivée de services liés à Apple Intelligence avec l’appui potentiel de Google pose une question stratégique : partenariat temporaire ou vraie dépendance technologique ?
Nous décryptons le cas Anthropic et son modèle Mythos, présenté comme extrêmement puissant pour détecter des failles dans du code, y compris des vulnérabilités inédites. L’outil peut renforcer la défense informatique, mais il nourrit aussi les inquiétudes s’il tombait entre de mauvaises mains. Nous soulignons surtout la stratégie de communication anxiogène de certains acteurs de l’IA.
Nous évoquons le lancement d’un filtre de confidentialité par OpenAI, destiné à empêcher l’aspiration de données sensibles dans les usages professionnels de l’IA. Ce type d’outil apparaît indispensable dans les organisations, même s’il arrive tardivement au regard de la généralisation des assistants génératifs.
Nous revenons sur les annonces de Google Cloud Next et sur l’offensive parallèle de Microsoft 365 autour de Copilot. Les agents IA s’installent dans les outils de travail pour rédiger, assister, automatiser et même imiter le style de l’utilisateur. Nous restons prudents sur leur usage réel, car ces outils peuvent vite échapper au contrôle si l’on ne les teste pas dans un environnement sécurisé.
Nous commentons les discussions supposées entre Mistral AI, xAI et Cursor, dans un contexte où l’entreprise française est devenue un symbole politique autant qu’un acteur technologique. Nous évoquons aussi l’hypothèse d’un recentrage vers le traitement de données à la manière de Palantir, avec un possible intérêt stratégique pour l’Europe.
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mis en ligne le 26.04.2026 à 08:00
.Tim Cook prépare sa sortie, John Ternus sera-t-il à la hauteur ? • Les lunettes numériques sont-elles l'assistant santé du futur ? • Les Tesla autonomes arrivent en Europe.
Soutenu par FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises.
Avec François Sorel (BFM Business) et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet).
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Sommaire détaillé :
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Nous revenons sur l’annonce majeure du mois : Tim Cook quittera la direction générale d’Apple après quinze ans à la tête du groupe, pour être remplacé par John Ternus, patron de l’ingénierie hardware. Cette transition marque la fin d’un cycle ouvert après Steve Jobs et pose une question centrale : Apple va-t-elle retrouver un souffle produit plus audacieux ?
Nous dressons le bilan d’un dirigeant qui a fait d’Apple une machine financière hors norme, en développant les services, l’écosystème et les puces Apple Silicon. Mais on s’interroge aussi sur ce qu’Apple n’a pas osé lancer sous son mandat : la voiture, la télévision, ou encore une vraie rupture comparable à l’iPhone.
Nous analysons le profil discret de John Ternus, ingénieur maison entré chez Apple au début des années 2000. Son arrivée peut être lue comme un signal fort : Apple choisit un homme du matériel, du design et de la culture interne, plutôt qu’un profil logiciel ou services.
Alors que les annonces en matière de lunettes "intelligentes" se multiplient, nous évoquons les avancées technologiques dans ce domaine. EssilorLuxottica, confirme son partenariat avec Meta sur les Ray-Ban Meta. Google relance aussi le sujet avec Gucci, tandis que Apple et Samsung sont attendus sur ce terrain. Les lunettes pourraient devenir le prochain grand wearable, mais leur poids, leur autonomie, leur style et leur acceptation sociale restent des obstacles.
Nous évoquons les Nuance Audio d’EssilorLuxottica, des lunettes capables d’amplifier les voix pour les personnes ayant une légère perte auditive. On explore aussi les usages possibles des lunettes intelligentes : assistance par IA, prise de vue, aide aux personnes malvoyantes, usages professionnels, mais aussi les limites liées à la caméra et à la vie privée.
Nous nous intéressons au virage santé d’EssilorLuxottica, qui travaille sur des capteurs intégrés aux lunettes et sur l’analyse du regard pour détecter certains signaux physiologiques. Rythme cardiaque, mouvements oculaires, signes de pathologies neurodégénératives ou métaboliques : les yeux pourraient devenir une porte d’entrée vers un check-up beaucoup plus large.
Nous analysons l’autorisation accordée aux Pays-Bas à Tesla pour déployer son système FSD supervisé, une première étape importante pour l’Europe. Le dispositif reste une conduite autonome de niveau 2+, avec obligation pour le conducteur de rester vigilant, mais il pourrait accélérer l’arrivée de ces technologies dans d’autres pays européens. À lire sur Monde Numérique.
Nous comparons l’approche de Tesla, fondée sur les caméras et l’intelligence artificielle, à celle de Waymo ou Zoox, qui s’appuient davantage sur cartographie et capteurs lidar. Le débat porte sur le réalisme du comportement routier, la capacité à généraliser à de nouveaux territoires et les limites en cas de pluie, de brouillard ou de neige.
Nous évoquons les hésitations de BMW, Mercedes-Benz, BYD, XPeng ou Toyota face à la montée de la conduite assistée avancée et des véhicules chinois. Au-delà de la technologie, c’est tout le modèle de mobilité qui pourrait changer, entre robotaxis, voitures partagées, autonomie des personnes âgées ou handicapées, et futurs services comme le Cybercab de Tesla.
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mis en ligne le 25.04.2026 à 07:00
.Tim Cook quitte la direction d’Apple et passe le relais à John Ternus • OpenAI dégaine un nouveau modèle d’images surpuissant • Une boutique 100 % gérée par une IA ouvre à San Francisco • La Chine impressionne avec un semi-marathon de robots humanoïdes • Google injecte de l'IA dans sa suite bureautique.
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Sommaire détaillé :
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C’est une page majeure qui se tourne chez Apple. Après quinze ans à la tête du groupe, Tim Cook quitte son poste de CEO et devient président exécutif, laissant les rênes à John Ternus, actuel responsable produits. Une transition en douceur pour l’entreprise valorisée près de 4 000 milliards de dollars, qui devra désormais relever les défis de l’intelligence artificielle et préparer l’après-iPhone. Au-delà du symbole, l’héritage de Tim Cook est considérable : montée en puissance des services, succès de l’Apple Watch et surtout virage stratégique vers les puces maison Apple Silicon, qui placent aujourd’hui la firme en position favorable dans la course à l’IA. Reste à savoir comment John Ternus imprimera sa marque.
OpenAI frappe fort avec GPT-5.5, nouvelle version de son grand modèle de langage, plus rapide, plus performant mais aussi plus cher, destiné aux abonnés payants et aux entreprises via API. L’objectif est clair : reprendre l’avantage face à Google et Anthropic dans une compétition devenue féroce. En parallèle, le nouveau modèle de génération d’images ChatGPT Image 2.0 impressionne par son réalisme et sa capacité à produire du texte fiable dans de nombreuses langues. Intégré à Codex pour les développeurs, il ouvre des perspectives créatives considérables… tout en soulevant des risques accrus d’usages frauduleux.
La Chine n’est pas en reste avec la sortie de DeepSeek V4, modèle open source décliné en version Pro et Flash, aux capacités agentiques renforcées. Depuis son irruption en 2025, DeepSeek bouscule le marché en affichant des performances comparables aux leaders américains avec des ressources optimisées. Selon le baromètre annuel de l’université Stanford, la Chine talonne désormais les États-Unis tandis que la France ne place qu’un seul modèle dans le haut du classement, signé Mistral AI. Les écarts d’investissement restent abyssaux, illustrant un décrochage européen préoccupant.
À San Francisco, sur Union Street, une petite échoppe baptisée Endowment Market intrigue : concept, bail commercial, commandes fournisseurs, site web… tout a été orchestré par une IA nommée Luna, dotée d’un budget initial de 100 000 dollars. Derrière l’expérience, la start-up Andon Labs teste une idée radicale : une intelligence artificielle peut-elle créer et gérer un commerce rentable dans le monde réel ? Si des humains assurent la vente en magasin, l’initiative pose une question vertigineuse sur l’autonomie économique des machines.
Chez Meta, un programme baptisé “Model Capability Initiative” installe des outils de suivi sur les postes de travail afin de collecter des données comportementales destinées à l’entraînement des modèles d’IA. Officiellement conçue pour améliorer les performances des systèmes, la démarche suscite des inquiétudes en interne, sur fond de licenciements. Jusqu’où peut-on aller dans la captation des données des salariés au nom de l’innovation ?
Nouvelle alerte en France avec le piratage de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Un hacker affirme détenir 19 millions d’enregistrements comprenant des données d’état civil, désormais proposées à la vente sur le darknet. Une enquête est ouverte et la CNIL a été saisie. Dans le même temps, un pirate présumé de 21 ans, connu sous le pseudonyme Hexdec, a été interpellé en Vendée. Soupçonné d’être lié à plusieurs attaques majeures, il avait récemment revendiqué ses actes dans une interview, assumant agir uniquement pour l’argent.
Le Health Data Hub ne sera finalement pas hébergé par Microsoft. Après polémique autour des risques liés au Cloud Act américain, le gouvernement confie l’infrastructure à Scaleway, filiale du groupe Iliad. La migration prévue fin 2026 marque un tournant stratégique vers une souveraineté numérique renforcée pour cette plateforme destinée à soutenir la recherche en santé grâce à l’IA.
À Las Vegas, lors de Cloud Next 2026, Google a présenté sa vision de “l’entreprise agentique”. Objectif : déployer des agents IA capables d’automatiser tâches répétitives, réponses à appels d’offres, analyses de données ou gestion RH. Dans Google Workspace, l’IA Gemini devient transversale et proactive, capable de synthétiser agenda, mails et documents pour assister l’utilisateur. Pour les entreprises, une marketplace d’agents et des outils de gouvernance promettent d’encadrer cette nouvelle génération d’assistants intelligents 👉 Interview Anthony Cirot, Google Cloud, à Las Vegas.
À Pékin, un semi-marathon de robots humanoïdes a marqué les esprits : plus de cent équipes, des machines capables de parcourir 21 kilomètres en un peu plus de 50 minutes et une ambiance de fête technologique. Au-delà de la performance, l’événement illustre la structuration rapide d’un écosystème robotique chinois, mêlant hardware local et collaborations internationales, et interroge déjà sur la place future des humains dans un monde automatisé 👉 Interview Shanhui Zhang, CGTVN, à Pékin.
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mis en ligne le 24.04.2026 à 07:00
.L’intelligence artificielle bouleverse les équilibres de la cybersécurité, entre promesses de protection et nouvelles menaces. Vincent Laurens décrypte les enjeux autour de Mythos, une IA aussi puissante que controversée.
En partenariat avec Capgemini
Punchlines
- Une détection plus puissante implique une protection plus puissante.
- Les attaquants utilisent déjà l’IA pour cibler leurs victimes.
- Mythos est puissant mais ne doit pas provoquer de panique.
- La cybersécurité reste une bataille entre chapeaux blancs et noirs.
- Une bonne hygiène cyber reste la première ligne de défense.
C’est les deux. Aujourd’hui, on peut clairement utiliser l’intelligence artificielle pour se défendre, ce qui n’était pas évident il y a encore quelques années. Mythos permet de détecter des vulnérabilités de manière beaucoup plus rapide et plus profonde, ce qui améliore mécaniquement la protection. Mais en parallèle, cette même puissance peut être exploitée par des attaquants pour identifier des failles inconnues et les utiliser.
Parce qu’elle est extrêmement performante. Elle peut automatiser des tests et analyser des systèmes à une vitesse bien supérieure à celle des humains. Elle détecte notamment des failles inconnues, y compris des vulnérabilités anciennes jamais identifiées. Cela ouvre des opportunités pour les attaquants. Mais il faut rester mesuré : aujourd’hui, il n’y a pas de dégâts avérés et beaucoup d’idées circulent qui relèvent du fantasme.
Oui, clairement. C’est même le cœur de la cybersécurité depuis toujours. Il y a un équilibre entre ceux qui découvrent des vulnérabilités pour les corriger et ceux qui cherchent à les exploiter. Mythos renforce cet aspect vertueux, mais cela nécessite un cadre : mieux organiser la diffusion des vulnérabilités, protéger les chercheurs et structurer les pratiques.
Il y a trois piliers essentiels. D’abord, maintenir une bonne hygiène de cybersécurité en appliquant régulièrement les correctifs. Ensuite, instaurer une culture de sécurité portée par la direction. Enfin, rester en veille permanente pour anticiper les évolutions. L’automatisation, notamment via des agents, peut aussi aider à accélérer la détection et la correction des vulnérabilités.
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mis en ligne le 23.04.2026 à 07:00
.L’intelligence artificielle transforme profondément notre rapport au monde. Dans son nouvel essai, Le temps de l’obsolescence humaine (Grasset), Bruno Patino décrypte une révolution où l’omniprésence des machines redéfinit nos relations, nos responsabilités et notre perception du réel.
Punchlines
- L’économie de la donnée fragmente les individus.
- Nous investissons émotionnellement dans les machines.
- La responsabilité des outils numériques doit être repensée.
- La fragmentation rend le commun plus difficile à reconstruire.
Je ne dis pas que l’humain devient obsolète, mais que la question se pose. Mon objectif est d’ouvrir un débat, pas d’imposer une vision déterministe. Ce qui compte, ce n’est pas une hypothétique omnipotence de l’IA, mais son omniprésence dans nos vies quotidiennes, qui est quasiment certaine. Je m’intéresse avant tout aux effets de la technologie sur nos vies. Et ces effets ne dépendent pas seulement des outils, mais de leur interaction avec les modèles économiques qui les structurent.
Nous entrons dans une nouvelle phase de la révolution numérique marquée par une fragmentation accrue. Le réseau nous reliait, mais l’économie de la donnée fragmente les individus, les communautés et même notre rapport au monde. Avec l’IA, cette fragmentation devient encore plus intime. Nos relations, nos décisions et même nos émotions passent de plus en plus par des machines. Nous savons que nous dialoguons avec elles, mais nous y investissons malgré tout une part intellectuelle et émotionnelle croissante. Cela déplace aussi notre rapport à la réalité. Comme avec les réseaux sociaux, la vérité ne disparaît pas, mais elle n’est plus centrale. Le discernement repose de plus en plus sur l’individu.
Oui, c’est une question centrale. Aujourd’hui, les outils numériques sont souvent considérés comme neutres. Mais ce n’est plus tenable. Lorsqu’un algorithme amplifie un message ou qu’une IA influence une décision, il y a une part de responsabilité qui dépasse l’individu. Nous devons redéfinir cette responsabilité à l’ère numérique. Cela passe par des principes de gouvernance, d’éthique et de paramétrage. Sinon, on risque de reproduire les erreurs des réseaux sociaux, avec un coût d’adaptation potentiellement très élevé.
Elle nous rend clairement plus puissants. La délégation à des agents intelligents augmente nos capacités de manière spectaculaire. Mais cette puissance s’accompagne d’une incertitude. Si nous ne comprenons pas les principes qui régissent ces outils, notamment leur opacité et leur logique économique, alors cette délégation peut limiter notre liberté. La clé, c’est de poser des règles et de mieux comprendre les systèmes auxquels nous confions une partie de nos vies.
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