flux Ecologie

Mouvement international œuvrant à construire un monde où l’énergie renouvelable soutenue par les populations locales est accessible à tou.te.s.

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30.01.2026 à 10:44

Retour vers le passé: le Sénat cède les Outre-mer aux intérêts des géants fossiles

fanny

(441 mots)

Alors que la crise climatique n’a jamais été aussi pressante, le Sénat a adopté hier en séance publique une proposition de loi visant à relancer l’extraction d’hydrocarbures dans les territoires d’Outre-mer. En tentant de ressusciter des projets pétroliers et gaziers, le Sénat opère un recul démocratique et environnemental sans précédent, piétinant l’héritage de la loi Hulot.

Cette décision, prise à rebours de la science et de l’avis de la Cour internationale de justice concernant les obligations des États en matière de changement climatique, constitue une provocation envers les populations ultra-marines. À l’heure où chaque dixième de degré compte, ce texte nuit à la crédibilité de la France en matière de leadership climatique.

Fanny Petitbon, Responsable France de l’ONG 350.org:

« En offrant les Outre-mer sur un plateau aux lobbies pétroliers, le Sénat signe le sabordage des engagements climatiques de la France dont l’accord de Paris. Prétendre que l’extraction de pétrole et de gaz garantit notre souveraineté énergétique est un mensonge cynique et une insulte aux populations qui subissent déjà de plein fouet la montée du niveau des mers et les cyclones dévastateurs dopés par les énergies fossiles. Plutôt que de sacrifier les territoires d’Outre-mer, les responsables politiques feraient mieux de s’attaquer à la rente indécente des entreprises fossiles qui accumulent des bénéfices historiques au prix de notre avenir.

Bien que très tardive, l’opposition du gouvernement à cette proposition de loi est vitale. Si le texte devait arriver jusqu’à l’Assemblée, il appartiendrait alors aux député·es de faire barrage à ce retour en arrière et d’appeler à une révolution des énergies renouvelables. L’urgence est de tourner définitivement la page des énergies fossiles, pas d’en écrire un nouveau chapitre au mépris de la dignité des territoires et des populations ultra-marines. »

 

Contact médias :

Ilang-Ilang Quijano, responsable des campagnes médias chez 350.org, ilang.quijano@350.org, +639175810934



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09.01.2026 à 10:28

Réaction de 350.org au retrait des États-Unis de la CCNUCC et de multiples organisations internationales

fanny

Texte intégral (1041 mots)

Le président américain Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité datant de 1992 qui encadre la coopération internationale en matière de lutte contre le changement climatique, ainsi que de l’autorité scientifique qu’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le président Trump a déclaré que ces organisations faisaient la promotion de « politiques climatiques radicales » et d’une gouvernance mondiale qui « ne servent plus les intérêts américains ».

Alors que le président Trump affirme que les contribuables américains ont dépensé des milliards pour les traités des Nations unies sans « grand retour sur investissement », l’accord de Paris à lui seul a permis d’infléchir la trajectoire de réchauffement prévu d’ici 2100 de 3,6 °C à 2,7 °C grâce à la coopération internationale en matière de climat. Cette semaine marque tristement le premier anniversaire des incendies de Los Angeles, dopés par le changement climatique, qui ont contraint 100 000 Américain·e·s à fuir leur domicile, coûté la vie à plus de 400 d’entre eux, et généré 60 milliards de dollars de dégâts. Cela devrait servir de piqûre de rappel au président américain sur ce que le chaos climatique signifie pour ses propres citoyen·ne·s.

Fanny Petitbon, Responsable France chez 350.org : 

« En tournant le dos à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le président Donald Trump commet une faute historique, tant humaine qu’économique. Alors que Los Angeles porte encore les stigmates des méga-feux dopés par la crise climatique d’il y a un an, cette décision met à mal l’avenir des citoyen·ne·s américain·e·s de plus en plus touché·e·s par des cyclones, incendies et inondations, tout en portant un sérieux coup à la compétitivité américaine face à l’inéluctable révolution verte. La sortie des États-Unis de l’Accord de Paris et de la CCNUCC sont des revers pour la diplomatie climatique mais aucun autre pays ne leur a emboîté le pas. Isolé diplomatiquement, Washington laisse le champ libre à la France, forte de sa présidence du G7, de transformer ce revers en un sursaut mondial pour une sortie juste et définitive des énergies fossiles. 

Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux chez 350.org :

« Les États-Unis se tirent une balle dans le pied en devenant le seul pays au monde à se retirer de la course contre la montre dans laquelle l’humanité est engagée pour sauver la planète et les générations futures. Les énergies renouvelables sont en train de changer rapidement et profondément les ressorts de l’économie mondiale. Quitter la CCNUCC dans une tentative désespérée de s’accrocher à l’ancien monde des énergies fossiles ne leur permettra pas de gagner en force économique, mais au contraire les condamnera à la faiblesse et à l’isolement. Cela ne nous empêchera pas de continuer à exiger des États-Unis, le plus grand émetteur historique de gaz à effet de serre au monde, qu’ils remplissent leur devoir moral de réduire leurs émissions et de soutenir les populations les plus vulnérables au changement climatique. Cela n’arrêtera pas non plus les plus de 80 pays qui ont affirmé lors de la COP30 leur détermination à développer une feuille de route de sortie du pétrole, du gaz et du charbon. Le président Trump ne peut pas bloquer la dynamique mondiale en faveur des énergies propres et de la justice climatique, mais il fait perdre aux États-Unis des milliards d’investissements en faveur de la protection du climat et tirent un trait sur le fait de montrer l’exemple, alors que de plus en plus d’entreprises, de gouvernements et de communautés en première ligne des impacts climatiques, construisent déjà l’économie de demain basée sur les renouvelables. »

Fenton Lutunatabua, Responsable du programme Pacifique et Caraïbes chez 350.org :

« La coopération internationale en matière de climat ne devrait pas être à la merci des décisions du gouvernement américain, et nous continuons à compter sur notre propre peuple pour faire preuve d’un véritable leadership climatique. Malgré le blocage des pays riches, le Pacifique a toujours défendu la fin des énergies fossiles et a permis de décrocher la décision historique de la Cour internationale de justice sur le climat. Ce n’est pas le moment pour d’autres gros émetteurs historiques d’échapper à leurs responsabilités, comme le font les États-Unis. Alors que ceux qui détiennent le pouvoir cherchent à diviser la communauté internationale, il est plus important que jamais de rester uni·e·s dans notre combat pour garantir un avenir sûr et viable à nos enfants. »

 

Contacts médias :

Kim Bryan, responsable de la stratégie et des relations médias chez 350.org, kim.bryan@350.org, +447770881503

Ilang-Ilang Quijano, responsable des campagnes médias chez 350.org, ilang.quijano@350.org, +639175810934



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07.01.2026 à 15:32

Les gens ordinaires ne peuvent pas continuer à payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables

sorayafettih

Texte intégral (1320 mots)

France DTL

Léa Renault

Chloé Sublet

Nous sommes nées aux extrémités opposées de la France. L’une a grandi en Provence, dans le sud, l’autre dans les Hauts-de-France, dans le nord. Des régions différentes, des réalités différentes – mais on se posait les mêmes questions sur la justice, la responsabilité des crises et notre avenir. Nos chemins se sont finalement croisés à Paris, où nous sommes devenues amies grâce à notre travail commun dans la communication et à nos valeurs partagées.

Comme beaucoup de personnes de notre génération, nous savions déjà que le changement climatique était sérieux. Mais avec le temps, il est devenu clair que non seulement cette crise était massive, mais aussi profondément injuste : ceux qui contribuent le moins paient le prix le plus élevé, tandis que ceux qui l’alimentent et en profitent le plus restent largement protégés. Comprendre cela a rendu notre engagement dans la campagne Taxons leurs milliards, menée par 350.org, une étape naturelle et nécessaire de notre parcours.

En France, le même schéma se répète, encore et toujours. Les politiques climatiques sont repoussées à plus tard. Les budgets pour l’action environnementale diminuent. Le débat public dérive vers de fausses priorités. Pendant ce temps, les impacts de la crise climatique sont de plus en plus visibles. Les vagues de chaleur commencent plus tôt et durent plus longtemps chaque année, et certaines de nos familles deviennent de plus en plus vulnérables aux températures extrêmes. Beaucoup de personnes peinent à payer leurs factures d’énergie qui explosent pour chauffer leurs logements mal isolés, rendant à la fois la chaleur et le froid difficiles à supporter. Le constat est clair: les inégalités décident qui peut s’adapter ou non.

Pour nous, agir signifiait se montrer présentes. Nous croyons fermement au principe du « penser global, agir local », et c’est ainsi que nous avons trouvé notre place dans le mouvement climat aux côtés de 350.org. Agir ensemble dans la rue a tout changé. Nous avons participé à l’action « Rentrée des classes parlementaire» devant l’Assemblée nationale en septembre 2024, à la puissante action « Taxez-moi. Je suis riche » devant le Sénat en juin 2025, et à la marche parisienne « Climat, Justice, Libertés » en septembre 2025. Ces moments n’étaient pas isolés ; ils faisaient partie d’un élan de plus en plus puissant pour exiger des comptes de la part de celles et ceux qui nous gouvernent.

Chloé et Léa lors de l’action Draw the Line à Paris, septembre 2025

À travers ces mobilisations, une chose est devenue impossible à ignorer : nous ne pouvons pas financer une transition climatique juste en faisant peser le poids sur les gens ordinaires. Les ménages aux revenus moyens et modestes sont déjà à bout de souffle, tandis que les grandes fortunes continuent de croître – tout en détruisant la planète avec leurs émissions de gaz à effet de serre démesurées. Taxons leurs milliards dénonce cette injustice de manière claire et directe. Demander aux milliardaires de payer leur juste part n’est pas radical. C’est du bon sens.

En France, cette idée a longtemps été rejetée, jugée comme irréaliste. Mais la campagne Taxons leurs milliards a contribué à changer l’opinion publique. S’appuyant sur des études solides, des données claires et des actions visibles, la taxation des grandes fortunes est devenue un véritable sujet de débat national. Même lorsque des propositions comme la taxe Zucman ont été bloquées, l’élan n’a pas disparu. La conversation a évolué, et ce changement compte.

Pour nous, Taxons leurs milliards s’inscrit dans la continuité de nos valeurs, de nos actions et de notre conviction que la justice climatique ne sera possible que lorsque les vrais responsables seront nommés et que des comptes leurs seront exigés. Nous savons que ce travail prendra du temps et que le chemin sera semé d’embûches. Mais pas à pas, action après action, nous contribuons à faire bouger les lignes, pour que ce qui avant été considéré comme utopiste rentre dans le champ des possibles.

 

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06.01.2026 à 12:52

Nouvelle année, vieux démons ?

sorayafettih

Texte intégral (1546 mots)

Il y a différentes façons de débuter l’année du mauvais pied, et le gouvernement des États-Unis vient de l’illustrer une fois de plus en prenant de cours le monde entier.

Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre le Venezuela, capturé le président Nicolás Maduro et déclaré qu’ils prendraient le contrôle des vastes réserves pétrolières du pays, ouvrant la voie aux compagnies pétrolières américaines pour qu’elles puissent s’y établir et façonner le secteur. Cette décision intervient alors que le monde est censé effectuer un tournant historique: 2026 est supposée être l’année où le monde tourne la page des énergies fossiles et s’engage dans un avenir énergétique plus sûr et plus stable.

Le Venezuela détient plus de pétrole que tout autre pays au monde. Le moment choisi et l’importance accordée à la prise de contrôle des plus grandes réserves pétrolières connues à l’échelle planétaire ne laissent aucune place au doute: le pétrole est au cœur de ce conflit, et non pas juste une question secondaire. C’est la poursuite de politiques toxiques et brutales d’exploitation des ressources fossiles : depuis des décennies, leur contrôle a empoisonné la politique étrangère, justifié des interventions militaires et des guerres, tout en étant présenté comme une « nécessité » soit d’un point de vue sécuritaire, soit d’un point de vue économique.

Données extraites du World Population Review

Alors que la crise climatique s’aggrave, s’accrocher au pétrole ne fait qu’augmenter les risques de nous condamner à un cercle vicieux de violence, d’instabilité et de chantage autoritaire. Un avenir plus sûr n’est pas une utopie, c’est un choix politique. Chaque investissement dans les énergies propres est un investissement pour la paix, la stabilité et la souveraineté.

À l’aube de cette nouvelle année, la question est claire : allons-nous continuer à reproduire les mêmes schémas mortifères du pouvoir fondé sur le pétrole, ou allons-nous enfin choisir un système énergétique qui n’a plus besoin de la guerre pour se maintenir ?

Il ne s’agit pas seulement du Venezuela, il s’agit de nous tous et toutes

Il ne s’agit pas seulement de protéger le peuple vénézuélien dont la vie, la sécurité et le droit à l’autodétermination sont extrêmement importants. C’est l’équilibre du monde entier qui est en jeu. Il s’agit du type d’avenir énergétique que nous choisissons et de ceux qui paient les pots cassés lorsque les pays puissants refusent de dire adieu aux énergies fossiles, car la crise climatique ne s’arrête pas aux frontières.

Si nous brûlons les quelque 303 milliards de barils de pétrole brut que contiennent les réserves vénézuéliennes, c’est la planète entière qui en paiera le prix, y compris la population américaine dont le gouvernement américain prétend aujourd’hui qu’elle en bénéficiera. Ce jeudi marquera le premier anniversaire des incendies qui ont ravagé Los Angeles, détruisant des quartiers entiers, forçant des familles à fuir et réduisant des communautés entières en cendres. Ces incendies n’étaient pas un accident : chaque nouveau champ pétrolier, chaque décision de forer encore et toujours plus, alimente une crise qui touche déjà des millions de personnes qui n’en ont pas la responsabilité.

En 2025, des incendies massifs ont entraîné le déplacement de 100 000 personnes dans la région de Los Angeles. Crédit photo : David S. Roberts

Les énergies fossiles maintiennent le monde en situation de crise

La décision des États-Unis d’attaquer et de prendre le contrôle du pétrole vénézuélien souligne à quel point nous sommes encore loin de briser les chaînes de notre dépendance au pétrole. Le charbon, le pétrole et le gaz ne se contentent pas de réchauffer la planète. Ils façonnent la politique mondiale de manière dangereuse. Comme les réserves d’énergies fossiles sont concentrées dans quelques régions du monde, elles transforment des pays entiers en points de friction permanents. Le contrôle du pétrole devient synonyme de contrôle du pouvoir, et ce pouvoir est défendu via des menaces, des sanctions et parfois des bombes.

Tant que les énergies fossiles resteront la colonne vertébrale de l’économie mondiale, l’énergie demeurera une source de conflits. L’instabilité n’est pas un accident. Elle fait partie intégrante du système. C’est exactement ce que le mouvement climat dénonce depuis des décennies : les énergies fossiles ne sont pas seulement un problème climatique. Elles menacent la paix, la justice et la démocratie.

Au cours du week-end, des manifestations dénonçant les attaques contre le Venezuela ont eu lieu dans plus de 100 villes aux États-Unis. Crédit photo : PSL

La sortie des énergies fossiles n’est pas facultative, elle est urgente

2026 est censée être l’année où les gouvernements commencent enfin à transformer leur promesse de dire adieu aux énergies fossiles en actions concrètes, et c’est encore possible. Les avertissements de la part des scientifiques, les innombrables vagues de chaleur, inondations, incendies et sécheresses record, pointent tous dans la même direction : il est urgent de sortir définitivement du charbon, du pétrole et du gaz, et de passer rapidement aux énergies renouvelables et propres.

Lors de la dernière conférence des Nations unies sur le climat en novembre 2025, plus de 80 pays ont soutenu une feuille de route pour sortir des énergies fossiles. Cet engagement n’était pas symbolique. Il marquait une prise de conscience que le maintien de notre dépendance au pétrole et au gaz nous condamne à un avenir fait de catastrophes climatiques, de chaos 

Si le texte final de la COP30 est malheureusement dépourvu de référence aux énergies fossiles, les gouvernements colombien et néerlandais ont fait preuve d’un leadership cruellement nécessaire en annonçant la tenue de la première Conférence internationale pour une transition juste hors des énergies fossiles. Cette réunion historique aura lieu les 28 et 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, et constituera une excellente occasion pour les dirigeant·e·s du monde entier de prendre des engagements concrets afin de mettre fin une fois pour toutes à l’ère du pétrole et du chaos climatique, politique et humanitaire qu’il engendre.

Les énergies propres ne sont pas seulement plus propres, elles sont aussi plus sûres. 

Les panneaux solaires ne déclenchent pas de guerres. Les éoliennes ne nécessitent pas de protection militaire. Les projets d’énergies renouvelables pilotés par des communautés ne déstabilisent pas des régions entières. Chaque retard que nous prenons à sortir des énergies fossiles rend des crises comme celle-ci plus probables.

La crise climatique exige que le monde entier opère un tournant loin des énergies fossiles, et que les gouvernements cessent de déclencher de nouveaux conflits pour obtenir du pétrole. 2026 doit être le moment où le monde passe à la vitesse supérieure pour tourner la page des énergies fossiles et investir dans un avenir plus sûr et plus propre. Reprenons le contrôle et faisons de cette vision une réalité.

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17.12.2025 à 12:55

Petit guide de conversation : Taxer les ultra-riches, c’est tendance !

Lisa Rose

Texte intégral (1551 mots)

France DTL

S’ils vous demandent « Pourquoi est-ce nécessaire de taxer les milliardaires ? », vous pouvez répondre :

Au bingo des responsables des inégalités et des crises climatique et démocratique, les ultra-riches cochent BEAUCOUP de cases : 

  • Ils accumulent des fortunes astronomiques tout en investissant dans des industries polluantes et en évitant au maximum de payer des impôts. Pendant ce temps, la majorité d’entre nous est confrontée à la flambée des coûts de l’alimentation et de l’énergie, au délitement des services publics et à des conséquences de plus en plus intenses et fréquentes du changement climatique, telles que les vagues de chaleur et les inondations.
  • Une personne faisant partie des 0,1 % les plus riches émet plus en un JOUR qu’une personne faisant partie des 50 % les plus pauvres en une ANNÉE. (Oxfam)
  • 1,9 million de tonnes: C’est le volume de CO₂ que génère en moyenne un milliardaire par an via ses investissements. Près de 60 % des placements des milliardaires se trouvent dans des secteurs à fort impact climatique, comme le pétrole ou les mines, avec des émissions 2,5 fois supérieures à celles d’un portefeuille moyen. (Oxfam)
  • Les milliardaires comme Vincent Bolloré et Elon Musk nuisent activement à la démocratie en finançant des responsables politiques et médias propageant des idées d’extrême droite, afin de servir leurs intérêts, au détriment de notre avenir et de celui de la planète.
  • Les ultra-riches comme Bernard Arnault, figurant parmi les 10 plus grandes fortunes mondiales, bénéficient de privilèges accordés par les gouvernements successifs. Au lieu de taxer les ultra-riches de manière juste, les gouvernements, y compris en France, laissent les milliardaires agir en toute impunité et continuer de s’enrichir pendant que des coupes drastiques sont effectuées dans les budgets destinés au financement des services publics essentiels comme la santé ou l’éducation, ou à la transition écologique pourtant urgemment nécessaire. En France, les milliardaires paient proportionnellement deux fois moins d’impôts que la moyenne de la population, tous prélèvements confondus. Les impôts payés chaque année par les centi-millionaires et les milliardaires représentent en moyenne 0,3 % de leur fortune totale.

Si l’on vous dit « Taxer les ultra-riches ne rapportera quasiment rien », vous pouvez répondre :

  • Les gouvernements prétendent que les caisses sont vides et que les politiques d’austérité sont la seule option pour notre économie, mais la vérité c’est que s’ils avaient le courage politique d’augmenter les impôts des plus riches, ils pourraient générer des dizaines de milliards d’Euros de recettes fiscales supplémentaires. La taxe proposée par l’économiste Gabriel Zucman, qui prévoit la mise en place d’un impôt plancher de seulement 2 % sur la fortune des personnes détenant au moins 100 millions d’euros permettrait de collecter entre 15 et 25 millions d’euros par an ! Elle ne concernerait que 1800 foyers, c’est-à-dire une infime proportion de la population française. Cet argent pourrait être investi dans la rénovation thermique des logements et des écoles, le développement de moyens de transports moins polluants, le développement de sources d’énergies renouvelables essentielles pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. 
  • La majorité de la population française, peu importe son affiliation partisane, est favorable à l’imposition des grandes fortunes, tout comme les syndicats, les associations et même des chefs d’entreprises !

Si l’on vous demande : « Les riches ne vont-ils pas fuir si on leur demande de payer plus d’ impôts ? », vous pouvez répondre :

C’est l’un des principaux arguments brandis par les opposant·es à la taxation des ultra-riches: ceux-ci partiraient à l’étranger, privant la France de leurs investissements, ce qui augmenterait le chômage et la pauvreté, tout cela sans réduire la dette publique. Pourtant, cela ne se vérifie pas dans la réalité:

  • Les ménages les plus riches s’expatrient relativement peu de France ». Les 10 % les plus riches sont en dessous du taux de départ moyen en France (0,38 %). Entre 2001 et 2006, seulement 0,12 % à 0,14 % des contribuables redevables de l’impôt sur la fortune (ISF) quittaient la France chaque année selon la Direction générale des finances publiques. Par la suite, ces départs n’ont pas dépassé les 0,2 % du nombre de redevables de l’ISF.
  • À cela, s’ajoutaient les « faux départs » à l’étranger : chaque année, l’administration fiscale identifiait jusqu’à 200 faux exilé·es, c’est-à-dire des redevables de l’ISF qui se déclaraient à l’étranger mais qui continuaient en réalité à vivre en France. Ces personnes faisaient alors l’objet d’un redressement fiscal, même si toutes n’ont probablement pas été identifiées.

Tout cela a été confirmé par un récent rapport du Conseil d’Analyse Économique, un organisme de réflexion indépendant chargé de conseiller le gouvernement. Même quand on regarde les très grosses fortunes, très peu de gens décident de partir vivre ailleurs pour des raisons fiscales. Quand le gouvernement a augmenté les impôts sur le revenu en 2012, seulement quelques centaines de ménages ont réellement déménagé. L’impact sur l’économie est minime : ces départs sont tellement rares qu’ils n’ont pratiquement aucune conséquence sur la richesse totale du pays ou sur l’emploi en général.

S’ils vous disent « Tu as raison ! Comment puis-je agir ? », vous pouvez leur proposer de :

  • Signer la pétition demandant au gouvernement français de taxer les ultra-riches pour financer la transition écologique, la santé, l’éducation, l’aide pour les pays les plus affectés par les changements climatiques.
  • Lire le dossier « Taxons leurs milliards » s’ils veulent en savoir plus sur certains de ces ultra-riches et de leurs méfaits !
  • Écouter cette interview éclairante de Gabriel Zucman pour démêler le vrai du faux
  • Rejoindre notre groupe WhatsApp « Taxer les riches: changeons le système » pour recevoir nos actualités de campagne et propositions d’action, pour s’impliquer plus concrètement.

2025 a marqué un tournant en France vers plus de justice fiscale. En 2026, nous continuerons de nous mobiliser du local au national, pour obtenir des victoires concrètes!

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12.12.2025 à 17:12

Notre Énergie News – Qu’est-ce qui a changé cette année aux négociations climat de l’ONU ?

Mallika Singhal

Texte intégral (3390 mots)

Cette newsletter est également disponible en anglais.


Aujourd’hui marque le 10e anniversaire de l’Accord de Paris, lorsque, pour la première fois, les dirigeants mondiaux ont convenu de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C et d’accélérer la transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Alors que nous tournons la page de cette année, on a enfin l’impression que le monde commence à bouger — et une partie de ce mouvement va dans le bon sens. Il y a un mois, les dirigeant·es du monde entier se sont réuni·es à Belém, au Brésil, pour la COP30, le sommet annuel de l’ONU où les gouvernements prennent des décisions cruciales pour l’action climatique.

Les négociations étaient loin d’être parfaites, mais quelque chose d’essentiel s’est produit. Le pouvoir des peuples a brillé : des organisateur·rices de terrain, des peuples autochtones et traditionnels, des jeunes, des travailleur·euses — et cela a permis de véritables avancées historiques :

En Colombie, le gouvernement a déclaré que l’ensemble de l’Amazonie colombienne devient une zone sans combustibles fossiles — une avancée majeure pour les droits autochtones, la protection des forêts et la justice climatique mondiale. Et l’année prochaine, la Colombie accueillera la première Conférence internationale sur la transition juste loin des combustibles fossiles — un espace qui n’existait tout simplement pas avant que les mouvements n’en fassent une exigence.

Le pays hôte, le Brésil, a lui aussi franchi une étape importante : il vient d’annoncer le lancement d’une feuille de route nationale pour la sortie des énergies fossiles, ouvrant enfin la voie à une transition énergétique guidée par les communautés.

Vous trouverez plus loin un aperçu complet de ce que les peuples — et notre mouvement — ont réalisé à l’intérieur et à l’extérieur des négociations de la COP30.

Mais avant cela, je veux vous dire ceci : ce ne sont pas de petites victoires. Ce sont des signes que le monde commence enfin à avancer dans la direction que les communautés réclament depuis des décennies : un avenir où les forêts sont protégées, où les pollueurs rendent des comptes, et où l’accès à une énergie propre devient un droit, pas un privilège.

À la fin de 2025, on ressens quelque chose de rare : de l’élan. Un élan réel, mondial, porté par des personnes ordinaires qui refusent d’abandonner.

Et pour 2026 ? Nous avons du travail ambitieux et enthousiasmant devant nous — et je suis heureuse que vous en fassiez partie.

On vous souhaite du repos, de la chaleur et beaucoup d’espoir en cette période de fêtes.


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Actualités du mouvement Découvrez nos dernières actions en faveur de la justice climatique et énergétique

La force du peuple a fixé le cap de la COP30

À Belém, ce sont les peuples — pas les politicien·nes — qui ont mené l’agenda. Plus de 70 000 personnes ont marché pour la justice climatique, tandis que 200 bateaux ont transformé l’Amazone en un appel puissant à protéger le vivant.

Dans la zone officielle de l’ONU, banderoles et capybaras géants ont rappelé une vérité simple : les communautés veulent des rivières, pas des pipelines, et une transition qui profite aux gens, pas aux pollueurs.

 


Les voix autochtones au cœur du sommet

Avec 3 000 représentant·es, l’une des plus grandes délégations autochtones jamais vues a redonné à la COP un ancrage dans la terre, la culture et l’expérience vécue. Nous avons amplifié ce leadership à travers le rituel Amazon Free of Oil and Gas (l’Amazonie libre de pétrole et de gaz) et la première du film Chèr·es Ancêtres de l’Amazonie, le Pacificique, et le soi-disant Canada. Cette mobilisation a contribué à une avancée historique : la démarcation de dix territoires autochtones en Brésil, essentielle pour protéger les forêts et garantir une participation réelle aux décisions climatiques.

 


Nous avons poussé les gouvernements à agir vraiment

Avec nos partenaires, nous avons recentré les négociations sur la justice : dénoncer les dégâts des fossiles, exiger un financement pour les populations, et bâtir l’élan autour de la feuille de route TAFF — Transition Away From Fossil Fuels (Feuille de Route pour la Sortie des Combustibles Fossiles), une proposition qui trace comment les pays peuvent sortir du charbon, du pétrole et du gaz en accord avec la science climatique. Soutenue par près de 90 pays, elle n’a finalement pas été adoptée dans le texte final, mais son avancée marque un tournant : la sortie des énergies fossiles est désormais au cœur du débat mondial. Mais une victoire majeure a été obtenue : l’inscription officielle du Mécanisme d’Action de Belém (BAM), un nouveau cadre onusien qui place les travailleur·euses, les peuples autochtones et les communautés au cœur d’une transition juste.


Le pouvoir des peuples a aussi pris la scène du G20

Alors que le G20 se tenait pour la première fois en Afrique, nous avons rassemblé travailleur·euses, étudiant·es, artistes et militant·es sous la bannière WeThe 99% pour exiger justice climatique, annulation de la dette et transition rapide vers les renouvelables. Ateliers, assemblées publiques, People’s Summit, festival de mobilisation : la société civile a occupé l’espace. Malgré le nouveau Africa Engagement Framework, les dirigeant·es n’ont pris aucun engagement clair sur la sortie des fossiles ou le financement climat. Nous restons fermes : l’Afrique n’a pas besoin de promesses, elle a besoin de justice et de moyens pour construire un avenir renouvelable.


 

Le jargon du climat Découvrez les termes utilisés par les activistes et les expert·es du climat

BAM ! (Mécanisme d’Action de Belém)

Le BAM est un nouveau cadre adopté à l’ONU pour garantir que la transition loin des énergies fossiles soit juste : il protège les travailleur·euses, les peuples autochtones et les communautés en première ligne.

À la COP30, tout le monde en parlait — badges, banderoles, appels publics. Les mouvements exigeaient un mécanisme qui transforme les promesses en actions concrètes.

L’inclusion du BAM dans le texte final signifie que la transition doit désormais :

  • être suivie et coordonnée mondialement,
    • partager les meilleures pratiques,
    • soutenir les pays les plus vulnérables,
    • et garantir que personne ne soit laissé de côté.

Le BAM transforme la justice en structure, pas seulement en slogan.


 

Focus sur les champion·ne·s à l’échelle locale Vous serez inspiré·e par des histoires et interviews de gens comme vous et moi qui luttent pour une transition énergétique juste

Activist Spotlight: Bianca Barbosa da Silva

Bianca Barbosa est biologiste, militante quilombola et leader communautaire de Mangueiras, sur l’île de Marajó, au cœur de l’Amazonie brésilienne — une région où les coupures d’électricité peuvent durer des jours et où l’insécurité énergétique façonne la vie quotidienne.

En tant que gestionnaire de projet à l’Observatório do Marajó, elle œuvre pour que les communautés aient une vraie voix dans les décisions autour du climat, de l’énergie et du territoire. Son travail au sein de la campagne Energia dos Povos a formé plus de 1 500 personnes dans 71 communautés pour défendre une énergie propre, fiable et portée par les habitant·es. Son plaidoyer a contribué à améliorer les infrastructures locales, à inclure des familles dans les tarifs sociaux d’électricité, et même à installer 10 000 systèmes solaires dans l’Amazonie.

Pour Bianca, la justice énergétique est indissociable de la justice climatique — et son message reste clair : “rien sur nous sans nous.”

 


Le point sur les renouvelables Informez-vous sur les chiffres qui comptent, les faits essentiels et les dernières nouvelles

Aucune croissance des énergies fossiles en 2025

Pour la première fois de l’histoire, le monde pourrait connaître zéro croissance de l’électricité issue des combustibles fossiles cette année — non pas parce que la demande baisse, mais parce que les renouvelables progressent assez vite pour couvrir toute la nouvelle demande.

Le think tank Ember révèle que le solaire a bondi de 31 %, avec l’éolien en forte hausse aussi. En Chine et en Inde, la production fossile a même diminué, remplacée par des records d’énergie propre.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’un des organismes les plus influents au monde, confirme cette tendance : les renouvelables sont désormais l’option la plus compétitive, la plus fiable et la plus rapide à déployer.

Le verdict est clair : l’ère fossile a atteint son pic — l’ère renouvelable accélère.


Votre énergie Aidez-nous à exiger des mesures concrètes pour le climat

Cette année, grâce à vous, nous avons mené des formations, mobilisé des centaines de milliers de personnes et placé le leadership autochtone au cœur de la COP30. Ensemble, nous avons remporté de grandes victoires lors de l’une des années les plus difficiles

 

Mais alors que notre mouvement s’amplifie, les financements institutionnels diminuent et de nombreux gouvernements reculent. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer ce travail essentiel. Nous aiderez-vous à préserver notre avenir ?


Rechargez vos batteries Renforcez vos compétences pour vous attaquer à l’urgence climatique et faire croître notre mouvement

C’est la période des fêtes — des bons repas, de longues discussions… et parfois des conversations délicates. Que ce soit un oncle sceptique, un·e ami·e dépassé·e ou quelqu’un qui veut comprendre, ces moments peuvent devenir des espaces de dialogue plutôt que de confrontation.

Pour vous aider, nous avons créé une courte formation pratique : Avoir des conversations sur le climat. Simple, claire, accessible — parfaite pour transformer une discussion difficile en échange constructif.

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12.12.2025 à 16:31

L’Accord de Paris a 10 ans : Ce qui a avancé, ce qui doit changer

Mark Raven

Texte intégral (1207 mots)

Par Anne Jellema, directrice exécutive, 350.org

Il y a dix ans, l’Accord de Paris a marqué un tournant dans la lutte de l’humanité pour une planète viable. Pour la première fois, les dirigeant·e·s du monde entier ont convenu de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Ce résultat n’a pas été uniquement le fruit du travail des gouvernements, mais aussi de la mobilisation de millions de personnes : leaders autochtones, communautés en première ligne des impacts climatiques, jeunes, militant·e·s pour la justice climatique, scientifiques, groupes confessionnels et de nombreux autres acteurs et actrices qui ont refusé de se résigner face au changement climatique.

Ce que ces personnes ont accompli va bien au-delà des mots qui ont été couchés sur le papier. Avant Paris, nous étions sur une trajectoire de réchauffement climatique de 3,5 degrés, un niveau qui aurait rendu une grande partie de la Terre littéralement inhabitable. Dix ans plus tard, les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris ont permis de ramener ce chiffre à 2,5 degrés. C’est encore beaucoup trop élevé, mais cela signifie que nous avons une chance de combler l’écart.

En fait, l’aspect le plus important de l’Accord de Paris n’est pas ce que les gouvernements ont promis de faire et n’ont pas réalisé, mais les horizons qu’il a ouvert et ce que le pouvoir citoyen a accompli. Le plus important est le chemin que nous avons parcouru, car cela nous donne le courage et l’espoir de nous battre jusqu’au bout.

À l’échelle planétaire, les gens se détournent des énergies fossiles coûteuses et polluantes. Les énergies solaire et éolienne sont désormais les formes d’énergie les moins chères dans la plupart des pays, et si les gouvernements ne les mettent pas à la disposition de leurs citoyen·ne·s, ces dernier·e·s s’en chargent. En l’espace de seulement deux ans, le nombre d’installations solaires sur les toits a quadruplé au Pakistan et plus que triplé en Afrique du Sud, et des coopératives énergétiques voient le jour partout dans le monde. Des pipelines destructeurs ont été stoppés, des centrales à charbon fermées. L’incroyable mouvement de désinvestissement, lancé par 350.org, a permis de soustraire des milliers de milliards de dollars de l’industrie des énergies fossiles, tandis qu’une nouvelle économie verte, créatrice d’emplois, prend son essor partout où les responsables politiques ont la vision nécessaire pour la soutenir. Au cours de ces dix dernières années, nous avons repensé et proposé une alternative pour un avenir plus propre et plus juste.

La question n’est plus de savoir si nous pouvons changer de cap : depuis l’accord de Paris, cette transformation est déjà en marche. La question est de savoir si nous sommes prêt·e·s à changer de cap suffisamment rapidement pour protéger un avenir digne pour tou·te·s. Cela signifie une sortie rapide et équitable du charbon, du pétrole et du gaz. Cela signifie que les plus gros pollueurs – entreprises comme nations – paient enfin pour les dommages déjà causés par leurs émissions, et que ces fonds parviennent à celles et ceux qui souffrent le plus. Cela signifie reprendre le contrôle de la démocratie prise en otage par les mouvements d’extrême droite qui utilisent la peur et la division pour protéger les pollueurs. Mais surtout, cela signifie que le mouvement climat se concentre sur les besoins, les aspirations et le leadership de celles et ceux qui sont en première ligne des impacts climatiques: les mères, les travailleurs et travailleuses, et les personnes âgées qui subissent inondations et sécheresses, souffrent de la mauvaise qualité de l’air, des vagues de chaleur et de factures d’énergie hors de prix, ainsi que les enfants qui pourraient ne pas avoir d’avenir pour lequel se battre si nous n’agissons pas assez rapidement.

L’accord de Paris a été un exemple de coopération internationale. La décennie qui a suivi nous a montré ce que l’action citoyenne peut accomplir. Nous devons maintenant unir ces forces et faire en sorte que les prochaines années soient marquées par une transformation décisive, collective et rapide de nos systèmes de production, de consommation et de mobilité.

L’année 2026 offre de véritables opportunités politiques pour faire un pas de géant: l’initiative de feuille de route mondiale lancée lors de la COP30 et le regain d’intérêt international pour une sortie des énergies fossiles ouvrent de nouvelles perspectives pour un multilatéralisme efficace et ambitieux, ainsi que des mesures concrètes pour que le monde dise enfin adieu au pétrole, au gaz et au charbon.

La vérité est simple : notre avenir n’est pas encore écrit. Et ensemble, nous avons le pouvoir d’écrire un avenir ancré dans la justice, le courage et l’espoir. Mais nous n’avons pas le luxe d’avoir une autre décennie devant nous. C’est maintenant qu’il faut agir.

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09.12.2025 à 11:04

10 victoires du mouvement climat en 2025

sorayafettih

Texte intégral (3854 mots)

Notre rétrospective de fin d’année de mouvement qui a refusé de rester les bras croisés

Si 2025 a bien prouvé quelque chose, c’est que ce sont les gens comme vous et moi, et non les politiques, qui luttent avec courage et audace contre la crise climatique. Partout dans le monde, les communautés se sont mobilisées alors que leurs gouvernements ne se montraient pas à la hauteur : en bloquant des pipelines destructeurs, en développant des solutions d’énergie renouvelable, en défendant leurs terres et en exigeant la justice.

Chez 350.org, c’est justement cette énergie qui a été la colonne vertébrale de notre travail. Découvrez nos victoires de cette année qui démontrent ce qu’il est possible de réaliser lorsque des gens ordinaires agissent avec un courage extraordinaire :

1. Former les leaders d’aujourd’hui et de demain pour le climat

En avril, nous avons réuni au Brésil plus de 200 militant·es venant de plus de 70 pays lors du rassemblement Notre énergie renouvelée : cinq jours de formation approfondie, de stratégie et de construction de mouvements qui ont donné naissance à de nouvelles campagnes et à des projets énergétiques communautaires à travers le monde. Les participant·es ont également remis une lettre au président de la COP30 à Brasilia, exigeant qu’une transition énergétique juste soit au cœur des négociations climat de l’ONU de cette année. Même la ministre brésilienne de l’Environnement, Marina Silva, s’est jointe à la clôture de cet événement, un signal fort que les citoyen·nes façonnent l’agenda politique en matière de climat.

Plus de 200 militant·es pour le climat venant de plus de 70 pays avec la ministre brésilienne de l’Environnement et du Changement climatique, Marina Silva, lors du rassemblement “Notre énergie renouvelée” au Brésil. Crédit photo : Kathleen Lei Limayo

En réalité, nous avons formé plus de 19 000 personnes tout au long de cette année, dont beaucoup ont déjà lancé de nouvelles campagnes, mis en place des projets d’énergie renouvelable et organisé des actions dans leurs communautés. Ce réseau de leaders qui prend de plus en plus d’ampleur, contribue à asseoir le pouvoir dont nous avons besoin sur le long-terme pour changer nos systèmes énergétiques en profondeur.

2. Une vague mondiale d’actions qu’aucun dirigeant n’a pu ignorer

En septembre, nous avons mobilisé plus de 210 000 personnes à travers plus de 600 actions menées dans plus de 85 pays. Nous nous sommes levés pour dire stop aux inégalités, à la cupidité des énergies fossiles et à l’injustice climatique, créant ainsi une ligne rouge de résistance dépassant les frontières et impliquant des mouvements de tous les continents. Ensemble, nous avons transformé les rues, les plages et les communautés en puissants espaces d’expression, d’art, de musique, de défi tout en veillant à ne laisser personne de côté : des rassemblements en Afrique du Sud aux flottilles de canoës en Amazonie, en passant par les marches des mouvements de jeunesse en Indonésie. Nous avons exigé des dirigeants du monde entier qu’ils fassent de 2025 un tournant pour accélérer l’action climatique, notamment lors de la COP30 à Belém, au Brésil.

Des communautés se sont rassemblées à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour dire stop à la corruption, l’injustice énergétique et la mainmise des entreprises fossiles. Crédit photo : Ihsaan Haffejee

3. Mettre l’humain au coeur des négociations internationales sur le climat

Deux mois plus tard, notre détermination était intacte à l’occasion de la COP30 à Belém pendant laquelle nous avons fait notre possible pour permettre aux peuples autochtones, aux communautés traditionnelles, aux personnes en première ligne des impacts climatiques, aux jeunes, aux activistes et aux citoyen·nes d’influencer les négociations internationales sur le climat. Qu’il s’agisse de mettre à l’agenda une première feuille de route pour la sortie des énergies fossiles (un plan basé sur des données scientifiques et soutenu par près de 90 pays) ou de déployer des banderoles, d’organiser des actions et des rituels traditionnels dans la zone officielle de négociations, nous avons tout fait pour dénoncer le manque d’ambition, de financement et de justice de la part des leaders politiques.

À l’extérieur des salles de négociations, nous avons également fait monter la pression en défilant aux côtés de 70 000 personnes lors de la Marche des peuples, en soutenant nos partenaires autochtones qui ont obtenu du gouvernement brésilien, après des décennies de combat, la délimitation de 10 nouveaux territoires autochtones au Brésil, et en participant à une parade nautique puissante pour réclamer une énergie propre pour tou·tes. Même si le dispositif de sécurité a été renforcé pendant le sommet, nous avons défendu le droit de manifester pacifiquement, un engagement que nous continuerons d’exiger lors de la COP31 en Turquie l’année prochaine. La protection de l’espace civique sera essentielle pour garantir que ce soient bien les communautés, et non les entreprises, qui façonnent la transition à venir.

Marche des peuples à Belém, au Brésil, le 15 novembre 2025, avec une cérémonie d’enterrement des énergies fossiles. Crédit photo : Artyc Studio

Notre plaidoyer a contribué à l’inclusion du mécanisme d’action de Belém (BAM) dans le texte final de la COP30 : un nouveau cadre pour guider la transition énergétique centré sur les besoins des travailleurs et travailleuses, des peuples autochtones et des communautés en première ligne des impacts climatiques. La Colombie a fait preuve de leadership en annonçant qu’elle co-organiserait avec les Pays-Bas la première conférence internationale pour une transition juste hors des énergies fossiles l’année prochaine : un espace avec le potentiel de transformer la dynamique politique observée à Belém en plans concrets bénéficiant d’une véritable coopération internationale.

Au-delà de faire bouger les lignes en matière d’action climatique mondiale, nous avons également obtenu des avancées majeures dans les régions où nous travaillons :

4. Mettre fin aux projets polluants d’énergies fossiles en Afrique de l’Est

Grâce aux efforts de la coalition StopEACOP, dont nous faisons partie, et à des actions à l’échelle du continent africain telles que la semaine d’actions “Kick Total out of Africa”, nous avons convaincu plus de 40 banques et plus de 30 compagnies d’assurance à se retirer du projet d’oléoduc en Afrique de l’Est le plus destructeur de la région (EACOP). Dépourvue de financeurs, TotalEnergies a été contrainte d’autofinancer 90% du projet, ce qui a entraîné d’importants retards et des coûts supplémentaires de plusieurs milliards. Alors que notre combat pour mettre définitivement fin à ce projet se poursuit, les communautés d’Ouganda et de Tanzanie disposent désormais d’une base plus solide pour lutter en faveur d’un avenir juste et renouvelable.

Spectacle de rue condamnant les activités de TotalEnergies en Afrique, organisé par des militant·es au Bénin pendant la semaine d’actions « Kick Total Out Of Africa ». Crédit photo : 350.org

5. Des factures d’énergie réduites aux États-Unis

En collaboration avec 117 groupes locaux, nous avons fait pression sur des entreprises fournissant de l’énergie pour qu’elles cessent de répercuter sur les clients les coûts cachés du lobbying en faveur des énergies fossiles. Dans l’État du Maryland, nous avons contribué à interdire aux entreprises énergétiques de facturer aux ménages les sommes dues par les entreprises fossiles, permettant ainsi aux habitant·es d’économiser au total 3 millions de dollars par an. Pour les familles peinant déjà à honorer des factures en hausse, cette victoire a été un réel soulagement et ouvre la voie à un système énergétique renouvelable et juste.

Des militant·es pour le climat ont mené des actions à travers les États-Unis cette année pour exiger une énergie renouvelable équitable, sûre, propre et abordable pour tou·tes. Crédit photo : Survival Media Agency 350PDX PUSH Buffalo 350 New Hampshire Action

6. Garantir la justice climatique et mettre fin aux projets énergétiques destructeurs en Amérique latine

Nous avons travaillé d’arrache-pied pour organiser et renforcer le pouvoir citoyen afin de transformer en profondeur la politique énergétique à travers toute la région. Au Brésil, nous avons obtenu un tarif social de l’électricité qui réduit voire élimine les factures de millions de familles, notamment parmi les populations autochtones, quilombolas et les ménages à faibles revenus. En Colombie, nous avons contribué à obtenir une décision judiciaire historique exigeant la participation des communautés à la fermeture des mines, ce qui constitue une avancée majeure pour la justice environnementale dans les Andes et en Amazonie. Ces victoires protègent des écosystèmes essentiels, élargissent l’accès à l’énergie pour des millions de personnes et défendent le droit des populations à décider de l’avenir de leurs territoires.

Des leaders autochtones défilent à Belém, au Brésil, pendant la COP30 pour réclamer une réelle justice climatique et énergétique. Crédit photo : Hugo Duchesne

7. Faire entendre la voix des jeunes dans la politique climatique nationale au Bangladesh

Début janvier, nous avons déclaré 2025 « l’Année des CDN populaires » (CDN est l’abréviation de Contribution Déterminée au niveau National qui désigne les plans d’action climatique des pays) et avons lancé une pétition qui a récolté plus de 20 000 signatures. Grâce à l’initiative Youth4NDCs, nous avons mobilisé plus de 10 000 personnes à travers le Bangladesh par le biais de consultations, de dialogues et d’ateliers de renforcement des capacités. Nous avons touché plus d’un million de personnes sur Facebook, faisant ainsi sortir les CDN des réunions à huis clos pour les mettre sous les feux de la rampe.

Pour la première fois, la dernière CDN du Bangladesh inclut deux pages entières sur la participation des jeunes. Cette reconnaissance officielle donne aux jeunes une place réelle à la table des décisions afin d’élaborer la transition vers une économie à faible émission de carbone du pays. Cela marque le début d’une nouvelle phase visant à garantir que ces engagements soient mis en œuvre, financés et suivis de près. Elle crée également un précédent fort pour les pays les plus durement affectés par le changement climatique à travers le monde en reconnaissant les jeunes comme des parties prenantes essentielles pour piloter l’action climatique.

Des jeunes du Bangladesh exhortent leur gouvernement à prendre de toute urgence des mesures pour le climat, et à les inclure dans la prise de décision. Crédit photo : StepUp 4 Tomorrow

8. Obtenir le soutien du grand public pour taxer les riches en France

Nous avons placé la justice économique et climatique au cœur du débat politique français. Alors que les inégalités se creusent, que les services publics sont mis à rude épreuve et que les reculs environnementaux se multiplient, nous avons, à travers notre campagne Taxons leurs milliards, poussé le Sénat à examiner la taxe Zucman : un impôt de 2 % sur les fortunes supérieures à 100 millions d’euros qui pourrait rapporter 15 à 25 milliards d’euros par an, une somme qui pourrait être investie dans l’action climatique et les services publics. Bien que la proposition ait été rejetée à une courte majorité (à seulement 30 voix près !), 65 000 personnes ont agi, de nombreux maires soutiennent désormais publiquement une fiscalité équitable et 86 % de la population française y est favorable. Ce travail crée aujourd’hui une dynamique en faveur de l’inclusion des impôts sur la fortune dans les prochains budgets nationaux, les élections locales et les débats européens plus larges sur la manière dont l’imposition des ultra-riches peut financer les logements sociaux, des moyens de transports propres, des énergies renouvelables et des services publics renforcés. Il n’y a pas de retour en arrière possible : les gouvernements européens ne peuvent plus se contenter de présenter les mesures d’austérité comme la seule voie possible et seront tenus responsables s’ils ne parviennent pas à taxer les super-riches qui détruisent la planète et alimentent les injustices sociales et économiques.

Le 12 juin 2025, nous nous sommes rassemblés à Paris devant le Sénat pour exiger que les milliardaires paient leur juste part d’impôts. Crédit photo : 350.org

9. Renforcer la culture énergétique et la démocratie en Turquie

En Turquie, les coopératives d’énergie renouvelable gérées par les communautés pourraient donner aux citoyen·nes un contrôle réel sur leur énergie, mais la plupart sont contraintes par des règles obsolètes. Pour changer cela, nous avons lancé Unite with the Sun, Empower the Future, une campagne ludique via laquelle les participant·es créent leur propre coopérative virtuelle, apprennent comment fonctionne le système énergétique et font pression sur le gouvernement pour qu’il mette en place des réformes qui permettraient à plus de 45 coopératives réelles de fonctionner. Parallèlement, nous avons publié de nouvelles études sur les avantages sociaux, économiques et environnementaux des coopératives, sur la manière dont le système énergétique turc empêche la propriété communautaire et sur les politiques qui pourraient enfin permettre à tou·tes d’accéder à une énergie propre, abordable et gérée localement. Nous avons également partagé les témoignages de coopératives telles que le modèle réussi de Çorum et la coopérative Kazdağları dirigée par des femmes qui bataille toujours pour démarrer sa production. Notre travail est déjà en train de faire évoluer le débat politique : un député d’Istanbul a utilisé nos conclusions pour demander officiellement la suppression des obstacles réglementaires lors de la session de la commission parlementaire du budget et de la planification. Petit à petit, nous ouvrons la voie à un système énergétique plus équitable et alimenté par les citoyen·nes en Turquie.

Des femmes, des leaders communautaires, des militant·es, des défenseurs et défenseuses de l’environnement et des communautés locales se sont réuni·es à Istanbul, en Turquie, lors de la mobilisation Draw the Line en septembre, pour réclamer la justice énergétique. Crédit photo : Caner Özkan / 350.org

10. Établir la référence mondiale pour un avenir 100 % renouvelable dans le Pacifique

Nous avons également mené cette année la campagne Pawa to the Ballot, afin d’aider les populations insulaires du Pacifique à exiger un climat sûr, l’accès aux énergies renouvelables, la sécurité de l’emploi et un véritable partenariat avec le Pacifique lors des élections fédérales de 2025 en Australie. Nous avons obtenu le soutien de plus de 10 000 personnes et avons fait en sorte que les dirigeant·es politiques de la région ne puissent plus ignorer les voix du Pacifique.

Puis, lors de la COP30, avec les ministres chargés du changement climatique du Vanuatu, de Tuvalu et d’Australie, nous avons lancé cette feuille de route pour faire du Pacifique la première région au monde alimentée à 100 % par des énergies renouvelables. Nous voulons qu’elle devienne une référence pour le monde et pour l’Australie, l’un des principaux exportateurs d’énergie fossile, qui co-pilotera la COP31 l’année prochaine.

Drue Slatter (troisième à partir de la gauche), responsable de la communication chez 350.org et militante pour le climat dans le Pacifique, a lancé le rapport « Powering Up the Blue Pacific » aux côtés du Premier ministre de Tuvalu et des ministres chargés du changement climatique du Vanuatu, de Tuvalu et d’Australie lors de la COP30, à Belém.

Grâce à ces victoires et à d’autres actions menées par des communautés, nous avons posé des bases solides pour que l’action climatique soit au cœur de l’agenda mondial. Et en 2026, nous intensifierons nos combats en Afrique de l’Est, en Afrique du Sud, au Brésil, au Japon, en Indonésie, en France, au Canada, en Turquie, dans le Pacifique et dans les Caraïbes en :

  • Veillant à ce que les fonds publics soient consacrés aux énergies propres, et non au charbon, au pétrole et au gaz
  • Tenant les grands pollueurs responsables des dommages qu’ils causent et en poussant les gouvernements à financer les énergies propres, l’adaptation et toutes les mesures nécessaires et urgentes pour protéger les populations
  • Faisant de l’accès et du contrôle de l’énergie propre et abordable un droit fondamental, partout dans le monde

La tâche qui nous attend est immense, mais le pouvoir que nous avons construit ensemble l’est tout autant. Et en 2026, nous sommes prêt·es à transformer ce pouvoir en victoires encore plus audacieuses.

 

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15.10.2025 à 14:52

Climat, Justice, Libertés : quand la France rejoint la vague mondiale Draw the Line

sorayafettih

Texte intégral (1481 mots)

La mobilisation “Climat, Justice, Libertés”, co-construite par 350.org, Action Justice Climat, les Amis de la Terre France et une large coalition de plus de trois cent vingt-cinq organisations, s‘est déclinée en  près de soixante-dix marches et événements dans tout le pays, réunissant quarante mille personnes, dont vingt-cinq mille à Paris.

Cette journée faisait également écho à plus de six cents actions menées fin septembre dans plus de quatre-vingts pays, du Pacifique à l’Amérique latine, de l’Afrique du Sud au Canada dans le cadre du mouvement Draw the Line. Partout dans le monde, des assemblées populaires, des marches artistiques et des rassemblements communautaires ont affirmé la même exigence : mettre un terme à l’ère des énergies fossiles et construire une transition fondée sur la justice et la paix.

En France, la mobilisation a réuni une coalition inédite composée de plus de trois cent vingt-cinq organisations, allant des syndicats aux associations de quartiers populaires, des mouvements féministes et LGBTIQA+ aux collectifs de justice fiscale, des groupes écologistes aux organisations de solidarité internationale. Cette convergence s’inscrit dans la continuité des mobilisations du 10 et du 18 septembre, dans un contexte de contestation accrue face aux politiques d’austérité, aux inégalités qui explosent et aux impacts de la crise climatique.

Les messages portés lors des prises de parole ont rappelé qu’une transition ne peut être juste que si elle s’accompagne de mesures concrètes : l’adoption d’un calendrier de sortie complète des énergies fossiles lors de la COP30, la mise en place d’une réelle fiscalité sur les très grandes fortunes pour financer les services publics et la transition écologique, l’arrêt des politiques d’empoisonnement environnemental qui touchent encore des territoires comme la Martinique et la Guadeloupe, ainsi que la suspension des exportations d’armes vers les zones de conflit.

La mobilisation a également bénéficié d’une couverture médiatique importante, avec près de cinq cents retombées aux niveaux national et local. Des médias comme Le Monde, France Culture, France Info, France Inter, Mediapart, Reporterre, Vert le média ou encore Carenews ont relayé les messages portés par la coalition.

Une vidéo des temps forts de la journée est disponible ici :

Vous pouvez également jeter un oeil à la version internationale sur Youtube

Cette journée ne marquait pas une fin mais une étape. Le débat sur le budget 2026 s’ouvre dans quelques jours à l’Assemblée nationale et les mobilisations se poursuivront pour rappeler que les choix politiques à venir détermineront la capacité de nos sociétés à affronter durablement la crise climatique. La COP30, prévue en novembre au Brésil, constitue aussi dès à présent un rendez-vous décisif pour imposer un changement de cap. Gardienne de l’accord de Paris, la France devra être au rendez-vous et faire preuve de leadership climatique, au risque de perdre toute crédibilité sur le plan international.

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09.09.2025 à 12:07

Notre Énergie News – Il est temps de se soulever !

Mallika Singhal

Texte intégral (3033 mots)

Cette newsletter est également disponible en anglais.


On vous écris depuis Berlin, où le mois d’août a été étouffant. L’été a été torride cette année dans tout l’hémisphère nord, avec des températures dépassant les 46°C dans certains paysD’intenses vagues de chaleur ont traversé l’Europe, causant des centaines de morts liées à la canicule, alimentant les feux de forêt, et mettant les systèmes énergétiques sous une telle pression qu’ils ont failli lâcher.

En Asie du Sud, août est le mois de la mousson, de la saison des pluies, qui apporte généralement un peu de répit à la chaleur de l’été. Mais la mousson a fait de nombreux dégâts cette année avec chaque jour de nouveaux épisodes d’inondations soudaines et de glissements de terrain mortels.

Nous savons maintenant très bien que la crise climatique en est la cause, mais ce que je voudrais vraiment savoir c’est: que diable font nos gouvernements ? Plus ils tardent à agir, plus des vies sont perdues.

Leur prochaine opportunité d’agir sera lors du sommet pour le climat des Nations Unies qui va avoir lieu au Brésil en novembre. Cette fois-ci, ils feraient bien de prendre de vrais engagements, en particulier sur la fait de sortir définitivement des énergies fossiles. Nous ne pouvons pas nous permettre une issue médiocre comme pour les négociations sur le traité relatif aux plastiques qui ont échoué il y a quelques semaines. Il est plus que temps d’agir.

Les enjeux mondiaux comme la crise climatique exigent vraiment que nous agissions ensemble pour le bien de tou·te·s. Et comme vous le lirez dans cette newsletter, ce sont les gens ordinaires qui montent au créneau et fixent les limites.


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Actualités du mouvement Découvrez nos dernières actions en faveur de la justice climatique et énergétique

Expulsons Total hors d’Afrique

Depuis des décennies, le géant fossile TotalEnergies pille l’Afrique et condamne les populations locales à subir pollution, déplacements forcés et perte de leurs moyens de subsistance. Alors en août, nous avons uni nos forces pour une Semaine d’action à l’échelle du continent afin d’expulser Total hors d’Afrique. Des marches à Johannesburg, à un match de foot-protestation rassemblant 1 000 personnes au Togo, en passant par des vélorutions à Kinshasa, des actions de résistance créative au Zimbabwe et un tribunal populaire en Ouganda, les communautés ont fait un procès au colonialisme fossile. La semaine s’est clôturée à Nairobi par une veillée inter-confessionnelle, autour d’un message clair : Total doit payer pour ses crimes, quitter l’Afrique et laisser place à un avenir juste et renouvelable.


De jeunes leaders du climat rejoignent un groupe de travail des Nations Unies

La Journée internationale de la jeunesse a été marquée cette année par une merveilleuse nouvelle ! L’activiste bangladaise Farzana Faruk Jhumu et la Pacific Climate Warrior Okalani Mariner ont été nommées au Groupe consultatif de la jeunesse sur les changements climatiques du Secrétaire général des Nations Unies, une plateforme où ces jeunes leaders façonnent les futures politiques climatiques. Farzana Faruk Jhumu, cofondatrice de KaathPencil et membre du Conseil du réseau Asie de 350, a mené des campagnes pour une transition énergétique juste au Bangladesh. Okalani Mariner, coordinatrice de 350 Samoa, est une artiste, militante et porte-parole des peuples du Pacifique. Il est temps que les personnes les plus touchées par la crise climatique se fassent entendre au plus haut niveau des prises de décision !

 


Fixons les Limites auprès de la Banque Asiatique de Développement

À la mi-août, nous avons rejoint nos allié·e·s à Manille, aux Philippines, pour une manifestation audacieuse afin de contester la révision précipitée de la politique énergétique de la Banque Asiatique de Développement. Les changements proposés lèveraient l’interdiction de l’énergie nucléaire, augmenteraient les investissements dans les énergies fossiles et favoriseraient de fausses bonnes solutions comme l’incinération des déchets pour produire de l’énergie. Nous fixons une limite : l’Asie mérite un avenir alimenté par le solaire, l’éolien et le peuple, et non des décennies supplémentaires de dette et de pollution.

 


Pour un avenir sans charbon en Colombie 

À Valledupar, au cœur de la région charbonnière de Colombie, nous nous sommes rassemblé·e·s avec nos partenaires et plus de 120 responsables communautaires de Cesar, La Guajira, et Magdalena pour un festival coloré de deux jours en faveur d’une transition juste et populaire. Entre les divers ateliers, tables rondes, et moments consacrés à la danse et à la musique, nous avons développé un plan d’action pour un avenir sans charbon, centré sur la souveraineté énergétique, la diversification économique, l’agroécologie et l’égalité des genres. Plus de 20 projets locaux ont été exposés, montrant que la transition énergétique colombienne est déjà bien lancée, et portée par les citoyen·ne·s!

 


Le jargon du climat Découvrez les termes utilisés par les activistes et les expert·es du climat

 Matériaux de la transition énergétique (MTE)

Des métaux comme le lithium, le nickel, le cobalt, le cuivre et les terres rares rendent possible l’énergie renouvelable : ils alimentent les batteries des voitures électriques, font tourner les éoliennes et circulent dans nos fils électriques.

Pourquoi c’est important : Alors que le monde sort progressivement du charbon, du pétrole et du gaz, tous les regards se tournent vers les matériaux de la transition énergétique (MTE), dont la demande devrait être multipliée par six d’ici 2040. Chaque nouveau panneau solaire, chaque bus électrique et chaque éolienne en dépend.

Le problème, c’est que l’extraction de ces minerais peut avoir de réels impacts négatifs. Elle détruit des forêts, pollue des rivières, gaspille d’énormes quantités d’eau et met en danger les communautés locales. Dans certains endroits, ce sont même des enfants et des travailleurs exposés à des conditions dangereuses qui les extraient. Sans règles d’encadrement solides, la ruée vers les MTE risque de reproduire les mêmes ravages que les énergies fossiles.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions : extraire de manière responsable en protégeant les personnes et la nature ; optimiser la durée de vie des technologies grâce à la réparation et au recyclage des pièces ; et partager les bénéfices avec les communautés qui vivent là où sont extraits ces minerais.

En savoir plus sur les MTE ici, et découvrez plus bas comment ce sujet est aujourd’hui abordé dans l’espace public.


Focus sur les champion·ne·s à l’échelle locale Vous serez inspiré·e par des histoires et interviews de gens comme vous et moi qui luttent pour une transition énergétique juste

La première coopérative solaire dans une favela du Brésil

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Cette fois-ci nous n’avons pas une seule histoire, mais toutes nos histoires sont rassemblées en une seule.Nous devons tou·te·s fixer des limites quelque part. Quand les géants pétroliers font des forages sur notre littoral. Quand les énergies renouvelables sont mises de côté au profit des énergies fossiles. Quand l’argent prime sur la vie. Quand la planète est en surchauffe. Contre la violence et le génocide. Pour la dignité et les droits humains. Pour les générations futures. Pour toute vie sur terre.


Le point sur les renouvelables Informez-vous sur les chiffres qui comptent, les faits essentiels et les dernières nouvelles

Quatre récits

Ce qui se dit sur les matériaux de la transition énergétique et surtout ce qu’on ne dit pas !

 

Les matériaux de la transition énergétique (MTE) sont au cœur de débats cruciaux pour notre avenir. Ces débats décideront de qui en profite, qui en paie le prix, et si la transition sera juste — ou si elle répète les logiques terribles de l’exploitation des fossiles.

Harmony Labs, avec le soutien de la Climate and Land Use Alliance, a étudié pendant deux ans comment on parle des MTE dans 9 pays, du Canada à la RDC. Voici ce qui ressort :

  • La géopolitique avant tout : les récits dominants décrivent une course mondiale aux ressources, avec la Chine jouant soit le rôle de « méchant » ou  de « sauveur », tandis que les préoccupations des communautés et la protection de l’environnement sont ignorées.

  • Le climat comme excuse : l’urgence climatique est invoquée pour justifier toujours plus d’extraction, toujours plus vite.

  • Des peuples autochtones invisibilisés : bien que plus de la moitié des mines contenant des MTE se situent sur leurs terres, leurs voix n’apparaissent que dans 2 % des récits analysés.

  • L’eau, urgence vitale : souvent cité quel que soit le pays étudié, l’enjeu des impacts massifs de l’extraction sur l’accès à l’eau des communautés n’est pas encore suffisamment compris.

Découvrez l’étude complète et un webinaire exclusif (mot de passe : *ej0CHo=) pour comprendre comment ces récits influencent déjà les choix climatiques.


Votre énergie Aidez-nous à exiger des mesures concrètes pour le climat

Nous sommes à moins d’un mois de l’action « Draw The line » (qui se traduira en France par « Climat Justice libertés- Marches des résistances »), le moment où nous allons tou·te·s nous mobiliser contre tout ce qui va mal dans le monde aujourd’hui: cupidité, violence, destruction, etc.

Et au cœur de tous ces maux, la crise climatique, qu’on ne peut plus ignorer. Mais il en est de même de notre pouvoir quand nous sommes solidaires.

Que ce soit votre première action ou la cinquantième, vous serez aux côtés de personnes qui ont les mêmes préoccupations que vous. Le monde a besoin de votre voix, et chaque personne qui se mobilise renforce notre mouvement.

Trouvez l’action « Draw the Line » la plus proche de chez vous et rejoignez-nous dans notre appel pour la justice climatique et sociale.


Rechargez vos batteries Renforcez vos compétences pour vous attaquer à l’urgence climatique et faire croître notre mouvement

Alors, prêt·e à passer à l’étape suivante ?

Notre page Ressources regorge de conseils pratiques et de guides pour t’aider à organiser une action, faire passer le message et embarquer plus de monde avec toi. Des médias au storytelling, de l’art au recrutement, ces outils sont là pour renforcer ton pouvoir d’action et rendre notre mouvement impossible à ignorer !

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