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L’alerte lancée par les scientifiques en début d’année s’est confirmée: un super El Niño, phénomène de réchauffement limité dans le temps, a débuté en juin et pourrait égaler voire dépasser les pires épisodes jamais enregistrés. Certains parlent déjà d’un « Super El Niño » ou « El Niño Godzilla». Mais qu’est-ce qu’El Niño exactement, et comment est-il lié aux énergies fossiles à l’origine de la crise climatique ? Voici tout ce qu’il faut savoir. Tous les deux à sept ans, les eaux de surface de l’océan Pacifique central et oriental voient leur température augmenter bien au-dessus de la normale. Et lorsque cela se produit, cela dérègle le climat à l’échelle de toute la planète. Ce phénomène s’appelle El Niño. Normalement, les alizés du Pacifique agissent comme un immense ventilateur soufflant sur les tropiques, poussant les eaux chaudes de surface vers l’ouest, en direction de l’Australie et de l’Indonésie, apportant de la pluie et des moussons bénéfiques et permettant aux océans de rester en bonne santé. Pendant ce temps, à l’est, des eaux froides et riches en nutriments remontent à la surface, contribuant à maintenir un bon niveau d’activité pour les pêcheries et aidant à stabiliser le climat le long des côtes du Pérou et de l’Équateur, en Amérique du Sud. Mais de temps à autre, ces alizés faiblissent, l’eau chaude cesse d’être poussée vers l’ouest, et la partie orientale de l’océan Pacifique se réchauffe. Quand cela arrive, cet équilibre s’effondre : l’Australie et l’Indonésie font face à la sécheresse, l’Amérique du Sud à des inondations, et les systèmes météorologiques dont dépendent des milliards de personnes sont plongés dans le chaos à travers le monde. El Niño se développe par le réchauffement des eaux de surface du Pacifique. (Getty Images) Le nom El Niño, qui signifie « le garçon » en espagnol, fait référence à l’enfant Jésus. Il a été inventé à l’origine par des pêcheurs sud-américains qui, dès les années 1600, avaient remarqué un courant océanique chaud au large des côtes de l’Équateur et du Pérou vers la période de Noël. El Niño est l’une des phases d’un cycle climatique naturel plus vaste appelé ENSO (El Niño–Oscillation australe). Son pendant, La Niña (qui signifie « la fille »), en est l’opposé : un refroidissement de ces mêmes eaux du Pacifique, accompagné d’alizés renforcés. Ensemble, El Niño et La Niña font osciller les régimes météorologiques mondiaux comme un pendule. El Niño apporte la sécheresse en Asie du Sud et du Sud-Est, en Australie et en Afrique australe, tout en apportant des pluies plus abondantes à certaines régions d’Amérique du Sud. La Niña, elle, génère plutôt l’inverse. Aucun de ces deux événements n’est, en soi, une catastrophe : ils font partie du rythme climatique naturel de la Terre depuis des millénaires. Là où ça se corse c’est quand ils deviennent extrêmes, en particulier lorsqu’ils surviennent dans un monde déjà sous tension. Cette année, quelque chose de différent se produit. Alors que le Pacifique vient de sortir d’une phase de refroidissement La Niña, El Niño se développe à une vitesse inhabituelle et s’annonce plus sérieux que ses prédécesseurs. La vraie question est de savoir quelle ampleur il va prendre. Un « Super El Niño » correspond à une hausse des températures de 2 °C ou plus au-dessus de la normale. Ce seuil n’a été franchi qu’à quelques reprises dans l’histoire enregistrée : en 1982, 1997 et 2015. Chaque fois, il a déclenché sécheresses, inondations et températures record sur plusieurs continents. Mais l’El Niño de 1876-1878 est considéré comme l’un des plus forts jamais enregistrés, et a conduit à une famine mondiale qui a tué environ 50 millions de personnes en Inde, en Chine, au Brésil et en Afrique australe. Cela représentait environ 1 personne sur 28 alors vivante. Il reste la référence absolue pour les pires scénarios d’El Niño de l’histoire humaine. Les prévisions alertent sur le fait que cet El Niño pourrait faire grimper les températures océaniques de 2°C, voire 3°C au-dessus de la normale d’ici la fin 2026. Les principales agences mondiales de prévision météorologique projettent que le El Niño de 2026 égalera probablement, voire dépassera, celui de 1878 en matière de température océanique. Et contrairement à 1877, celui-ci survient dans un monde déjà plus chaud, avec davantage de personnes à nourrir et moins de marge d’erreur. De nombreux scientifiques prédisent déjà que 2027 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les enjeux humains sont considérables, et ils diffèrent selon les régions du monde. L’Afrique est l’une des plus exposées : la sécheresse au Sahel et en Afrique australe menace des cultures vivrières comme le maïs, tandis que l’Afrique de l’Est risque de faire face à d’importantes inondations. Le dernier épisode majeur d’El Niño avait laissé plus de 30 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire rien qu’en Afrique australe. Une mousson réduite met en péril les récoltes de riz, de blé et de coton en Inde, tandis que des conditions de sécheresse menacent les cultures en Asie du Sud-Est et en Australie. Alors que l’Amérique centrale devrait subir une sécheresse prolongée entraînant une véritable insécurité alimentaire, le Pérou, l’Équateur et le sud du Brésil eux connaîtraient l’inverse : des pluies intenses et des inondations. Les cultures dont dépendent de très nombreuses populations (maïs, riz et blé) ont tendance à chuter globalement pendant les années où le phénomène El Niño prononcé. Dans les pays riches, cela se traduit par une hausse des prix alimentaires. Ailleurs, cela signifie que la faim augmente. Et tout cela frappe un monde déjà sous tension : les pénuries d’engrais, les flambées des prix de l’énergie et les coupes massives dans l’aide publique au développement ont supprimé les filets de sécurité qui aidaient autrefois les communautés vulnérables à absorber ces chocs. Voici le point le plus important, qui souvent se perd dans les gros titres : El Niño lui-même n’est pas causé par le changement climatique. Mais la crise climatique, provoquée par la combustion des énergies fossiles, rend ses effets bien plus graves. Voyez les choses ainsi. El Niño relâche temporairement dans l’atmosphère d’immenses quantités de chaleur stockées dans l’océan. Cela a toujours causé des perturbations. Mais aujourd’hui, cette chaleur est relâchée dans un monde déjà plus chaud qu’à aucun autre moment de l’histoire humaine. Ainsi, lorsque El Niño vient jeter de l’huile sur le feu, les conséquences sont plus sévères que lors de n’importe quel événement comparable des dernières décennies. Comme le résume le climatologue Daniel Swain, “le réchauffement climatique fournit une énergie supplémentaire à l’ensemble du système, énergie qui se libère lors de ces épisodes d’El Niño. Autrement dit, le réchauffement climatique agit comme un carburant qui amplifie la force naturelle d’El Niño, et cette énergie supplémentaire a des conséquences bien réelles : des pluies plus intenses et des tempêtes plus destructrices, des incendies de forêt se propageant plus vite à mesure que la chaleur assèche la végétation, des sécheresses plus sévères dans des régions déjà vulnérable, et des températures record. Certaines recherches suggèrent également que le réchauffement des océans pourrait renforcer l’intensité même de certains des épisodes d’El Niño, bien que les scientifiques travaillent encore à bien comprendre ce lien. Ce qui est clair, c’est que la situation de base sur laquelle repose désormais le monde a déjà bien changé. Il y a cinquante ans, un El Niño puissant causait de sérieux dégâts. Aujourd’hui, ce même événement serait bien plus destructeur, car la crise climatique a fait monter la pression d’un cran. Les chercheurs mettent aussi en garde contre un cercle vicieux : les forts épisodes d’El Niño frappent par la sécheresse les régions dépendantes de l’hydroélectricité, les forçant à brûler davantage de charbon et de gaz pour produire de l’électricité, ce qui, à son tour, rejette plus de carbone dans l’atmosphère et alimente un réchauffement supplémentaire. El Niño et les énergies fossiles finissent ainsi par se renforcer mutuellement dans leurs pires effets. Un super El Niño n’est pas une raison de paniquer, mais plutôt une raison d’agir. Ces événements vont et viennent. Ce qui ne disparaît pas, c’est le réchauffement climatique provoqué par les énergies fossiles. Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire provoquée par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz rend le prochain El Niño plus destructeur. Certains modèles climatiques montrent désormais une probabilité non négligeable que 2026 ou 2027 voient, pour la première fois de l’histoire enregistrée, des températures mensuelles mondiales dépasser brièvement 2°C au-dessus des niveaux préindustriels. Ce sont les températures auxquelles les systèmes météorologiques s’effondrent, les récoltes ne sont plus possibles, et la précarité accumulée par des décennies d’inaction climatique devient catastrophique. Nous savons exactement quoi faire. La technologie existe. Le savoir existe. La voie à suivre est une sortie rapide et juste des énergies fossiles, et une transition vers les énergies renouvelables, main dans la main avec les communautés vulnérables. El Niño prendra fin. Mais pas la crise climatique, à moins que nous ne mettions fin à l’ère des énergies fossiles. Rejoignez la campagne Nos factures, Leurs profits de 350 pour sortir des énergies fossiles, accélérer la révolution des renouvelables et tenir les gros pollueurs responsables. The post El Niño en 2026 : à quoi s’attendre ? appeared first on 350 Français. Texte intégral (2411 mots)

C’est quoi El Niño ?
Ce que dit la science sur le phénomène El Niño
Un déséquilibre entre El Niño et La Niña
Que se passe-t-il en ce moment ?
Quels sont les impacts ?
Pourquoi les énergies fossiles aggravent tant les effets d’El Niño ?
Ce que le phénomène El Niño signifie pour la lutte climatique
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Les feux de forêt rythment désormais les étés européens, de l’Andalousie aux collines du Pays de Galles en passant par la Drôme et même Fontainebleau. Et chaque fois qu’ils font la une, c’est la même petite musique qui revient : les incendies n’auraient pas grand-chose à voir avec le climat, puisque la plupart se déclenchent à la suite d’une intervention humaine. Le plus souvent, il s’agit d’une cigarette jetée par terre, d’un barbecue laissé sans surveillance, d’une étincelle provenant d’une machine agricole, d’un morceau de verre brisé reflétant le soleil sous un angle particulier. Parfois, il s’agit aussi d’un geste malveillant. C’est vrai : neuf feux de forêt sur dix en France sont dus, d’une manière ou d’une autre, à l’activité humaine, qu’elle soit accidentelle ou délibérée. Mais se servir de ce fait pour balayer d’un revers de main le lien avec le climat, c’est passer complètement à côté de l’essentiel. Pour se déclarer, un feu a besoin de trois éléments, c’est ce qu’on appelle le triangle du feu : un combustible (végétaux, arbres, broussailles), de l’oxygène, et une source de chaleur (cigarette, barbecue, feu de camp, machine mal entretenue). Ces sources de chaleur, nous autres humains, avons tendance à les fournir assez facilement, et ça ne risque pas de changer de sitôt. Ce qui change, en revanche, c’est le premier élément : le combustible. Plus le temps est chaud et sec, plus les broussailles, l’herbe et les zones boisées s’assèchent. Une végétation sèche ne se consume pas seulement plus facilement : elle brûle plus vite, aide le feu à se propager plus loin et devient bien plus difficile à maîtriser une fois l’incendie déclaré. Une étincelle qui se serait autrefois éteinte sur un sol humide peut désormais, dans des conditions de sécheresse extrême, se transformer en un incendie qui ravage des dizaines, voire des centaines d’hectares avant que les pompiers ne parviennent à le maîtriser. Ces incendies ne tombent donc pas du ciel : ils sont dopés par le changement climatique, lui-même alimenté par la combustion continue des énergies fossiles — pétrole, gaz, charbon. Chaque dixième de degré supplémentaire augmente la fréquence et l’intensité de ces événements. Ce n’est pas une fatalité, c’est la conséquence de choix politiques, et donc un sujet qui appelle des décisions au plus haut niveau de l’État, pas seulement une gestion d’urgence au moment où les flammes apparaissent. Traiter la cause, c’est aussi s’attaquer à cette source : notre dépendance toxique aux énergies fossiles. Début juillet 2026, les feux de forêt avaient déjà ravagé environ 170 000 hectares à travers l’Europe, un chiffre bien supérieur à la moyenne, après le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale. La France, qui a connu sa journée la plus chaude depuis le début des relevés nationaux en 1947, a déjà vu 32 000 hectares partir en fumée depuis le début de l’année, davantage que sur toute la saison 2025. Dans le sud de l’Espagne, les températures ont atteint 45 °C. Les scientifiques ont établi un lien direct entre l’intensité de cette chaleur et le changement climatique d’origine humaine. Concrètement, la crise climatique se traduit par plusieurs évolutions bien documentées en France : Et cette tendance va se confirmer dans les années à venir si nous ne luttons pas efficacement contre le dérèglement climatique. Dans une France à +4 °C d’ici 2100, la saison des feux pourrait durer un à deux mois de plus dans certaines régions. Selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), le nombre de grands feux, ceux qui dépassent 100 hectares, pourrait passer d’une moyenne de 7 à 10 par an aujourd’hui à jusqu’à 20 par an en 2090, si les émissions continuent d’augmenter. En Andalousie, un incendie près d’Almería et de Bédar est devenu le plus meurtrier qu’ait connu l’Espagne depuis environ deux décennies, faisant au moins une douzaine de victimes, dont beaucoup ont été prises au piège en tentant de fuir. Sur l’ensemble du continent européen, les feux de forêt ont fait des dizaines de victimes cette année, tandis que la canicule elle-même, indépendamment des flammes, a entraîné 10 000 décès supplémentaires en Europe en une seule semaine de juin. Le Portugal, la Grèce et la Turquie ont eux aussi été frappés par des incendies majeurs, et l’Europe a déployé son plus important dispositif de lutte contre les incendies à ce jour. Le constat est sans appel : nous ne sommes pas préparés à l’aggravation du risque d’incendies. Faute d’investissements suffisants, la population reste mal protégée face aux flammes, alors même que la surface calcinée augmente d’année en année. Renforcer le nombre d’avions et les capacités des forces de lutte reste nécessaire. Mais dans d’autres pays européens confrontés au même risque comme l’Espagne, le Portugal et la Grèce, le débat a évolué : les discours y sont moins centrés sur les seuls moyens techniques, car ceux-ci ne suffiront pas à faire face aux crises à venir. Nous sommes désormais confrontés à des événements que l’on ne pourra plus totalement contrôler, quel que soit le nombre de pompiers ou de Canadair mobilisés. Il s’agit donc de mettre en place un ensemble de mesures permettant à la fois d’éviter les incendies et d’en limiter les conséquences économiques, humaines et écologiques. Cela suppose de réfléchir en amont à une organisation territoriale et paysagère qui rende les territoires plus résilients : Ainsi, la question n’est pas vraiment de savoir qui a allumé l’allumette, mais pourquoi le sol autour d’elle est si prêt à brûler. Et à cette question, il existe une réponse claire : un climat plus chaud et plus sec, alimenté par la combustion continue du pétrole, du gaz et du charbon, transforme une étincelle en feu de forêt destructeur, que ce soit dans les Pyrénées-Orientales, à Fontainebleau ou en Andalousie. Si nous voulons réduire le nombre d’incendies, limiter leur étendue et leur pouvoir de destruction, s’attaquer à ce qui provoque l’étincelle ne permettra de faire que la moitié du travail. Le reste consiste à s’attaquer à la raison pour laquelle nos paysages s’assèchent en premier lieu, et à tenir l’industrie fossile responsable des dégâts causés par ces chaleurs extrêmes. Retrouvez l’intervention de Fanny Petitbon, Responsable France de 350.org dans l’émission “Parlons-en” intitulée “Méga-feux: la nouvelle norme?” sur France 24 (15 juillet) The post Au-delà de l’étincelle: pourquoi les feux de forêt ravagent de plus en plus l’Europe appeared first on 350 Français. Texte intégral (1895 mots)

Le triangle du feu, et ce qui a vraiment changé
Des incendies dopés par le changement climatique
Une saison qui s’allonge, un risque qui se déplace
Quelles évolutions de la crise climatique en France ?
Un lourd bilan humain dû aux incendies
Au-delà de la gestion d’urgence des feux, il faut repenser les territoires
Nous avons besoin de mesures basées sur le bon sens
Incendies : Une question mal posée
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Le dérèglement climatique s’aggrave et ses conséquences font de plus en plus la une des médias. Saviez-vous que l’industrie fossile est responsable de ce phénomène ? Zoom sur les canicules de plus en plus intenses et meurtrières. Il fait chaud. Très chaud. Plus chaud que ça ne devrait. Cela peut durer quelques jours voire plusieurs semaines. Tout le monde le ressent, et tout le monde en parle. On ne lui donne pas de nom sophistiqué mais on en entend parler aux informations chaque année désormais… Ou pas ! L’été 2026 bat tous les records, l’Europe vient de traverser l’une des vagues de chaleur les plus violentes jamais enregistrées, avec des températures historiques atteintes en France, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique, en Autriche et ailleurs… sans compter les feux de forêt. En France, le nombre de décès a bondi de 30% d’une semaine à l’autre, soit 2025 décès supplémentaires. Pendant ce temps, l’Inde a passé une grande partie de sa saison pré-mousson sous une chaleur extrême, avec des villes comme Delhi, Nagpur et Akola dépassant les 45°C, voire les 46°C. Les températures nocturnes ont augmenté plus rapidement que les températures diurnes dans presque tous les États indiens. Voilà à quoi ressemble la crise climatique en temps réel, ce n’est pas de la science-fiction. Les hausses de température n’ont pas les mêmes conséquences partout, ce n’est pas la même chose d’enregistrer 30°C en été ou en hiver. Ce n’est pas non plus la même chose d’enregistrer 30°C au Groenland qu’en Égypte. Chaque endroit a sa température moyenne pour chaque période de l’année. On parle de vague de chaleur lorsqu’une région donnée dépasse largement cette moyenne pendant plusieurs jours. On parle de canicule quand une région subit des températures très élevées, de jour comme de nuit, sur au moins 3 jours, qui sont susceptibles de constituer un risque sanitaire, notamment pour les personnes fragiles ou surexposées. L’ampleur de ce dépassement et sa durée changent d’une région à l’autre. Dans certaines parties du monde, les canicules sont déjà plus nombreuses et plus intenses, et ce n’est pas près de s’inverser. Contrairement à des phénomènes climatiques plus spectaculaires tels que les cyclones tropicaux, les inondations ou les feux de forêt, les vagues de chaleur s’installent sans bruit, de manière insidieuse. Pour la plupart des gens, les journées de canicule sont étouffantes mais les médias les présentent parfois même comme quelque chose d’agréable ou bien mettent en cause les scientifiques. En réalité, les vagues de chaleur comptent parmi les phénomènes climatiques les plus dangereux qui soient. Selon une étude universitaire (article en anglais), les vagues de chaleur ont tué au moins 157 000 personnes entre 2000 et 2020 – seules les tempêtes font plus de victimes, avec environ 200 000 morts. Les auteur·ices du rapport soulignent que ce chiffre est très probablement sous-estimé : de nombreux pays n’observent pas étroitement les effets des vagues de chaleur. Seules 6,5% de ces victimes ont été recensées en Asie, en Afrique, dans les Caraïbes ainsi qu’en Amérique du Sud et en Amérique centrale, alors que ces régions concentrent 85% de la population mondiale. Le bilan continue pourtant à s’alourdir. L’Organisation mondiale de la santé a qualifié l’urgence actuelle liée à la chaleur en Europe de crise de santé publique, estimant que la chaleur a contribué à environ 200 000 décès sur l’ensemble du continent au cours des quatre dernières années seulement. La chaleur peut être à l’origine de nombreux problèmes de santé. Le plus préoccupant est le coup de chaleur, qui survient lorsque le corps est en surchauffe et perd sa capacité à se refroidir. Les enfants, les personnes âgées et les personnes à faibles revenus sont plus vulnérables au coup de chaleur, tout comme les personnes atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes et les personnes travaillant en extérieur comme les ouvrier·es du BTP. Plus une communauté est pauvre, moins elle a accès à des moyens de rafraîchissement, ce qui creuse davantage les inégalités et les injustices. Ainsi, Oxfam France a récemment démontré que la chaleur a été 31 % plus meurtrière dans les 10 départements les plus pauvres de l’Hexagone et de Corse en 2025 que dans les 10 départements les plus riches. Le risque de surexposition aux fortes chaleurs est dix fois moins important pour les habitant·es des 20 % des quartiers urbains les plus favorisés. En Inde, cette inégalité est flagrante : environ les trois quarts de la population active du pays, soit environ 380 millions de personnes, travaillent dans des secteurs exposés à la chaleur comme l’agriculture et le bâtiment, souvent dans le secteur informel dénué de toute protection. L’augmentation de l’humidité amplifie le danger, les climats humides empêchent le corps de se refroidir par la transpiration et transforment les canicules en menaces mortelles. Les dangers de la canicule vont au-delà du simple coup de chaleur. Quand les températures montent, la qualité de l’air baisse, résultat : une aggravation des maladies respiratoires telles que l’asthme, des maladies cardiovasculaires ou rénales. Les températures extrêmes touchent aussi l’agriculture et l’élevage, les plantes meurent ou poussent moins vite, les animaux d’élevage souffrent de la chaleur. Les communautés qui dépendent de l’agriculture pour leur survie sont touchées à leur tour, deviennent plus vulnérables et se retrouvent en grande difficulté économique alors qu’elles ne sont pas les premières responsables de la crise, c’est ce qu’on appelle l’injustice climatique. Les aéroports, les chemins de fer, les routes et les ponts ainsi que toutes les activités économiques nécessitant un travail en extérieur, sont elles aussi affectées par la canicule. Oui, les vagues de chaleur ont toujours existé. Mais quand on mesure leur fréquence (combien de vagues de chaleur par rapport à il y a dix, vingt ou cinquante ans ?), leur intensité (combien de temps durent les canicules ? Est-ce qu’elles sont aggravées par la pollution de l’air ? L’humidité ?) et leur précocité (quand commencent-elles?), on constate que le phénomène s’aggrave à vue d’œil. En d’autres termes : oui, il fait plus chaud que jamais, plus souvent, et oui, il fera encore plus chaud. Les scientifiques ont conclu qu’il est pratiquement certain que le réchauffement climatique est à l’origine de cette augmentation de la durée et de l’intensité des vagues de chaleur à l’échelle mondiale. Cela signifie, en termes de science du climat, une certitude supérieure à 99 %. Les vagues de chaleur se produisent lorsqu’une masse d’air sous haute pression reste immobile suffisamment longtemps pour être réchauffée par le soleil. Les gaz à effet de serre tels que le CO₂ ont la capacité d’absorber la chaleur. Ainsi, une masse d’air qui ne bouge pas se réchauffera davantage dans un même laps de temps si elle contient une concentration plus élevée de ces gaz. Ces phénomènes sont géographiquement inégaux et leur probabilité d’occurrence à un endroit précis dépend de nombreux facteurs, tels que le couvert forestier, la pollution par les aérosols, l’humidité du sol ou la distance par rapport à la mer. L’un des exemples les plus évidents de ce mécanisme à l’œuvre est le « dôme de chaleur ». Un dôme de chaleur se forme lorsqu’une vaste zone stationnaire de haute pression emprisonne de l’air chaud au-dessus d’une région pendant des jours, voire des semaines, agissant presque comme un couvercle de cocotte-minute: l’air s’enfonce à l’intérieur, ce qui maintient une pression élevée en surface et empêche la formation de nuages, de sorte que le soleil cuit le sol sans relâche, sans aucun répit. Parfois, ce système de haute pression se retrouve coincé entre deux autres systèmes météorologiques et se retrouve « bloqué », bougeant à peine, un phénomène connu sous le nom de blocage oméga en raison de la forme qu’il dessine sur les cartes météorologiques. C’est exactement ce qui a été à l’origine des vagues de chaleur de 2026 en Europe : un bloc Oméga tenace stationné au-dessus du continent, aspirant de l’air chaud et sec en provenance du Sahara et refusant de bouger, avant de se déplacer lentement de l’Europe occidentale vers l’Allemagne, la Pologne et les Balkans. Et les dômes de chaleur eux-mêmes deviennent plus fréquents et plus intenses à mesure que la planète se réchauffe, car des températures de base plus élevées font que ce même schéma météorologique stagnant produit désormais des pics bien plus extrêmes qu’auparavant. Découvrez comment la vague de chaleur de 2021 au Canada a bouleversé la vie des gens. Selon le GIEC, la température moyenne des journées de chaleur extrême augmentera de 3°C si nous limitons le réchauffement climatique à moins de 1,5°C, et de 4°C si nous restons en dessous de 2°C de réchauffement. Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une moyenne ! Certaines régions deviennent déjà inhabitables lors des vagues de chaleur au cours de ce siècle. Les vagues de chaleur comptent parmi les manifestations les plus meurtrières de la crise climatique. Nous constatons qu’elles gagnent en fréquence, en intensité et en précocité à mesure que la concentration en gaz à effet de serre augmente. Et c’est la cupidité de l’industrie fossile et de ses alliés qui est à l’origine de cette augmentation. Revenons sur leur parcours. Le réchauffement climatique est causé par une augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, principalement (mais pas uniquement) le CO₂ et le CH₄. Ces gaz sont présents naturellement dans l’atmosphère, mais depuis que nous avons commencé à brûler massivement plus d’énergies fossiles, leur concentration augmente de manière exponentielle. L’augmentation de la concentration de CO₂ est liée au pétrole, au gaz et au charbon. Il n’existe aucune autre source possible (ni les volcans, ni les nuages, ni les cycles solaires, rien). Le CH₄ est lui aussi étroitement lié aux énergies fossiles et au changement d’affectation des sols. Des études et des données l’ont largement prouvé : le débat est clos. Les géants fossiles ont tout fait pour nous enfermer dans une relation de dépendance toxique et en tirer massivement profit. Des rapports ont prouvé qu’elles connaissaient les dégâts qu’elles causaient depuis au moins les années 1970, et qu’au lieu d’abandonner leur modèle économique, elles ont activement œuvré à désinformer le public. Elles continuent de le faire. Nous continuons à brûler des combustibles fossiles parce qu’elles ont utilisé leur pouvoir et leur influence à cette fin, et continuent de le faire en toute impunité. Nous ne pouvons pas complètement stopper les vagues de chaleur, mais nous pouvons contribuer à tourner la page des énergies fossiles. Partout dans le monde, des personnes se battent pour que le charbon, le pétrole et le gaz restent dans le sol, pour couper les flux financiers – publics et privés – qui permettent à cette industrie de perdurer et pour œuvrer en faveur d’un avenir plus juste, plus digne et plus propre. Si ce n’est pas encore le cas, rejoignez-nous ! The post Les canicules s’enchaînent et on connait le coupable: les entreprises fossiles appeared first on 350 Français. Texte intégral (2758 mots)

C’est quoi une canicule exactement ?
Mêmes températures, différents contextes, différentes interprétations
La canicule tue en silence
Quand les coups de chaleur mortels révèlent les inégalités
La canicule a un effet, bien au-delà de la chaleur
Il y a toujours eu des vagues de chaleur, en quoi c’est différent aujourd’hui ?
L’empreinte climatique de la canicule
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Du 23 au 30 mai, plus de 60 actions se sont tenues dans 19 pays à travers le monde avec un message clair: STOP à l’impunité des géants fossiles qui s’enrichissent en détruisant la planète et en condamnant notre avenir. Manifestations, grèves, assemblées citoyennes, actions visuelles et artistiques, et interpellations en ligne. Sous la bannière “Kick Polluters Out”, nous avons appelé de Johannesbourg à Paris, en passant par New York et Kampala, à mettre fin à la mainmise des multinationales pétro-gazières sur des territoires dans lesquels elles veulent imposer leurs projets extractivistes et mortifères. Nous vivons dans un contexte mondial de crise énergétique, de crise climatique et de crise du pouvoir d’achat mais aussi de montée des extrêmes droites, d’essor du carbo-fascisme [1], de multiplication des guerres et génocides et de remise en cause des politiques environnementales [2]. Faire collectivement front devient nécessaire, et c’est ce que nous avons fait durant cette semaine internationale de mobilisation contre les compagnies fossiles et leur vision du monde. À travers trois continents, nous avons appelé des banques, des investisseurs, des compagnies d’assurances mais aussi des gouvernements, à cesser d’être les complices de ces multinationales sans scrupule en arrêtant de financer leurs activités et de protéger voire de promouvoir leurs intérêts. Depuis la France, nous avons braqué les projecteurs sur TotalEnergies le jour de son Assemblée générale le 29 mai à la Défense. Septième entreprise la plus polluante au monde historiquement, la multinationale française est championne du monde des bombes carbone (30 en tout) et deuxième sur le podium des entreprises ayant lancé le plus grand nombre de projets d’extraction fossiles depuis 2021 (106) [3], à l’encontre de toutes les préconisations scientifiques. Alors que nous connaissons une hausse importante des prix à la pompe et de nos factures d’énergie, TotalEnergie a annoncé des profits records au premier trimestre 2026 – 5,8 milliards de dollars – notamment après avoir spéculé sur la guerre en Asie du Sud-Ouest. Paris 29 mai 2026. (Kamil Zihnioglu/AP Content Services for Avaaz) Aux côtés d’Action Justice Climat Paris, Attac et Avaaz, et avec l’aide d’une trentaine d’activistes déterminé·es, nous avons mené une action percutante à quelques pas de la Tour de TotalEnergies où se déroulait son Assemblée Générale. Il s’agissait pour nous de dénoncer le soutien financier et politique que l’État français continue de fournir à la multinationale , avec l’argent des contribuables [4], en dépit de sa politique extractiviste agressive en totale contradiction avec les engagements climatique de la France, et des impacts humains, climatiques et environnementaux absolument désastreux de ses projets, particulièrement en Afrique. TotalEnergies ne recule devant rien pour satisfaire sa soif de profits: piller des territoires, forcer des populations à fuir leurs terres ancestrales, détruire des vies. L’un des exemples emblématiques de cette ruée vers les fossiles c’est le méga-projet de pipeline EACOP (East African Crude Oil Pipeline). Crédits Photo : © Greenbeforedisaster Imaginez un pipeline qui partirait de Paris, traverserait plusieurs pays et se finirait à Belgrade, en Serbie. Les mobilisations locales et internationales contre ce projet ont déjà porté leurs fruits en contribuant au retrait de 70 banques et compagnies d’assurance. Le projet a donc pris beaucoup de retard mais il est en route. Il est donc crucial de maintenir la pression sur TotalEnergies et ses investisseurs pour empêcher que le pipeline ne détruise plus de vies. La résistance et la solidarité doivent continuer au-delà de la semaine d’action. Votre soutien peut faire toute la différence. Sources: [1] Greenpeace France, Le carbofascisme : pourquoi doit-on le craindre ? [2] Observatoire des inégalités, Remise en cause des politiques environnementales : le peuple, un mauvais alibi [3] France Info, « Bombes carbone » : visualisez les plus gros sites d’extraction d’énergies fossiles dans le monde [4] Reporterre, L’État français est l’un des principaux actionnaires de TotalEnergies grâce à l’argent des contribuables [5] Libération, Mégaprojet pétrolier de TotalEnergies : «plus de 2 000 sépultures» affectées en Ouganda et en Tanzanie [6] Human Rights Watch, Ouganda : Répression de voix critiquant le projet d’oléoduc [7] Earth Insight, Menaces sur les sources d’eau : comment les dernières étapes de l’EACOP mettent en péril [8] Agence Ecofin, Ouganda : les surcoûts du projet EACOP pèsent sur les projections de recettes pétrolières The post Kick Polluters Out : Résistance internationale contre les géants des fossiles et leurs alliés appeared first on 350 Français. Texte intégral (1573 mots)



Zoom sur le projet EACOP
Interpellez le gouvernement français
Débora Gastal
TotalEnergies vient d’annoncer 5,4 milliards de dollars de bénéfices pour le seul premier trimestre 2026, en hausse de 50% par rapport à la même période l’an dernier. BP a de son côté empoché 3,2 milliards de dollars entre janvier et mars 2026, en très forte progression comparé au premier trimestre de 2025. Pendant ce temps, notre analyse révèle que la flambée des prix du pétrole et du gaz pourrait coûter aux ménages et aux entreprises jusqu’à 1 000 milliards de dollars d’ici fin 2026, si la guerre en Asie du Sud-Ouest (Moyen-Orient) se poursuit. Ces entreprises n’ont pas mérité cet argent. Elles ont tiré profit de la guerre, d’un système à bout de souffle…et tout ça à nos dépens. Pendant que de trop nombreux civils sont tués en Iran, au Liban, en Palestine et au-delà, et que des familles aux quatre coins de la planète sont obligées de choisir entre se chauffer et se nourrir, les PDG des majors pétrolières, eux, ne se sont jamais aussi bien porté. Ce n’est pas un accident. C’est exactement comme cela qu’un système accro aux énergies fossiles est censé fonctionner. Ces industries dépensent des milliards pour influencer des élu·es et financer la désinformation climatique avec un seul but en tête: maintenir nos sociétés dépendantes aux énergies fossiles. Et ça marche à merveille… pour eux. À chaque guerre, chaque rupture d’approvisionnement, chaque coup de spéculation, les prix du pétrole, du gaz et du charbon s’emballent. Et à chaque hausse, c’est nous qui payons la facture. L’effet domino se ressent partout dans notre quotidien : alimentation, transport, logement. Et quand la crise climatique frappe, alimentée par ces mêmes combustibles, ce sont les communautés et les gouvernements qui absorbent le choc : aide d’urgence, logements à reconstruire, hôpitaux sous tension. Aucun de ces coûts ne figure dans le bilan financier des multinationales fossiles. Partout dans le monde, des millions de personnes reçoivent des factures d’énergie ahurissantes et subissent en même temps une succession de catastrophes climatiques — inondations, sécheresses, incendies, canicules. Ce ne sont pas des crises séparées. Elles ont une seule et même cause : notre dépendance aux énergies fossiles. Mais une porte de sortie existe ! « Le constat est limpide : moins nous dépendons des fossiles, plus nous sommes protégé·es face à la volatilité des prix. Les renouvelables s’imposent désormais comme les sources d’énergie les moins chères tandis que les fossiles sont devenus synonymes d’instabilité chronique. Il est temps de faire payer les géants du pétrole et du gaz, et de rendre le pouvoir aux citoyen·nes. » — Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux, 350.org Le soleil et le vent sont gratuits. Une fois les installations construites, ils produisent de l’énergie sans nécessiter de carburant, sans susciter d’explosion des prix. Rien qu’en 2024, les renouvelables ont permis d’économiser 467 milliards de dollars de coûts liés aux énergies fossiles à travers le monde. La technologie existe. Ce qui manque, c’est la volonté politique de faire passer les intérêts des citoyen·nes avant ceux des gros pollueurs. Le 30 avril, nous avons lancé une grande campagne internationale pour en finir avec la dépendance aux fossiles et garantir l’accès à une énergie propre et abordable pour toutes et tous. Nos revendications adressées aux gouvernements sont claires : qu’ils cessent de verser de l’argent public dans les poches des entreprises de l’industrie fossile et l’investisse massivement dans les renouvelables, que les compagnies pétrolières paient enfin leur juste part via une taxe permanente sur les superprofits et profits; et que les systèmes énergétiques soient conçus pour servir les gens, pas les actionnaires. Aucune famille ne doit être laissée dans l’obscurité. Aucune communauté ne doit être exclue de la transition. Une énergie propre et abordable n’est pas un privilège. C’est un droit. Nous avons suffisamment attendu. De Tokyo à Brasília, de Paris à Nairobi, nous sommes déjà dans les rues. Action devant une station TotalEnergies à Paris le 29 avril 2026 (Crédit photo: Rémy El Sibaïe/ 350.org) Action menée par l’équipe de 350.org Japon devant le bâtiment de la Diète nationale à Tokyo (Crédit photo: 350.org Japon) Action menée devant le terminal pétrolier de Lombok en Indonésie (Crédit photo: Climate Rangers Nusa Tenggara Barat) Des militant·es brandissent une énorme facture d’électricité pour des énergies « chères et polluantes » devant le bâtiment du Congrès national au Brésil, exigeant des candidat·es aux élections des engagements à améliorer l’accès à une énergie propre et abordable (Crédit photo : Jhaimes Sousa) Action organisée devant le siège de la BHP & Mitsubishi Alliance à Melbourne (Crédit photo : Jacynta Fa’amau / 350.org) À Antalya, des activistes de 350.org ont appelé le gouvernement turc, hôte de la COP31, à faire preuve de leadership en matière d’action climatique. (Crédit photo : 350.org Türkiye) À Ottawa, remise des 34 000 signatures obtenues par la pétition de 350.org Canada et ses partenaires, appelant au déblocage de fonds publics pour financer un réseau électrique allant d’Est en Ouest Ottawa (Crédit photo : Kashmiri Kage) L’équipe Afrique de l’Est de 350.org et ses partenaires à l’issue de la conférence de press organisée à Nairobi, au Kenya. C’est le moment de prendre le pouvoir des mains des multinationales fossiles pour le redonner aux citoyen·nes. C’est le moment de passer de la flambée des prix à une énergie propre, stable et abordable. C’est le moment de dire adieu à un système pensé et construit pour une poignée d’individus et de bâtir un système au service de toutes et tous. La technologie existe. Les arguments économiques sont limpides. Les enjeux de justice sont évidents. Il ne manque plus qu’une chose : la volonté politique, et suffisamment de voix qui l’exigent assez fort pour que les gouvernements ne puissent plus détourner le regard. Signez la pétition. Rejoignez le mouvement. The post Reprenons l’énergie en main et le pouvoir sur notre avenir ! appeared first on 350 Français. Texte intégral (2605 mots)

Nous payons. Ils encaissent. Ça suffit.
C’est précisément ce que « Nos factures, leurs profits- Reprenons l’énergie en main » veut changer.
À travers le monde, on se soulève — voici nos premières actions :
France — Des militant·es ont investi les abords d’une station-service TotalEnergies à Paris, avec de fausses pompes à essence déversant de l’argent directement dans les poches des actionnaires. Le lancement de Nos factures, leurs profits a eu lieu le jour de la publication des résultats financiers de TotalEnergies pour le premier trimestre trimestre 2026, avec une exigence claire : une taxe permanente sur les superprofits et profits des géants fossiles, dès maintenant.
Japon — Des militant·es se sont rassemblé·es devant le bâtiment de la Diète nationale pour exiger du gouvernement qu’il mette fin aux subventions publiques aux énergies fossiles et au nucléaire, et investisse dans les renouvelables et l’efficacité énergétique. Le Japon a droit à un avenir énergétique propre, sans attendre.
Indonésie — Une conférence de presse conjointe et des actions ont été organisées dans trois villes sous le cri de ralliement Yang merusak, yang bayar — faisons payer ceux qui détruisent. Il est temps de révéler le coût caché des énergies fossiles, de taxer les superprofits des géants du pétrole et du gaz et de rendre l’argent aux citoyen·nes.
Brésil — Une facture d’électricité géante a été déployée devant le Congrès national avec un message on ne peut plus clair : c’est ici que votre facture d’électricité chère et polluante prend source. La campagne Isso é da Sua Conta exige une énergie plus propre et moins chère de la part de chaque candidat·e en cette année électorale au Brésil.
Afrique du Sud — Nous avons lancé la campagne Free Basic Electricity Now, à travers un webinaire mobilisant les communautés à l’approche des élections locales. Notre revendication est claire : la mise en place d’un niveau plancher d’électricité garanti dans chaque foyer. Personne ne devrait vivre dans l’obscurité simplement parce qu’il ne peut pas payer. L’électricité est un droit, pas un luxe.
Pacifique & les Caraïbes — Des représentant·es de communautés se sont rassemblé·es devant les sièges de compagnies pétrolières australiennes avec des banderoles They Profit = We Pay, exigeant que le gouvernement australien cesse d’extraire de nouvelles ressources fossiles dans le sol et commence à payer sa juste part pour que le Pacifique puisse bâtir un avenir alimenté à 100% par les énergies renouvelables.
Turquie — À Antalya, future ville hôte de la COP31 en novembre 2026, des militant·es ont mis en lumière le fait que la flambée des prix du pétrole et du gaz durant les 60 premiers jours de la guerre contre l’Iran a déjà coûté aux ménages et aux entreprises du pays 3 milliards de dollars supplémentaires. La campagne Geleceğe Güç Kat vise à construire un mouvement autour de l’énergie citoyenne parce qu’un système énergétique juste et abordable est possible.
Canada — À travers une action d’interpellation en ligne et un webinaire, nous avons réuni militant·es et intervenant·es de premier plan afin de promouvoir des actions concrètes pour obtenir la taxation des superprofits des entreprises fossiles et leur redistribution aux familles et communautés canadiennes. Mi-avril, nous avons remis aux parlementaires canadien·nes une pétition appelant à la création d’un réseau électrique Est-Ouest pour faciliter l’accès à l’énergie propre.
Afrique de l’Est — Nous avons organisé une conférence de presse pour exiger que les gouvernements locaux flèchent des budgets vers la production d’une énergie propre, décentralisée et abordable. Parce que Mustakabali wetu, mikononi mwetu : notre avenir est entre nos mains.
2026 doit être l’année où on redonne le pouvoir aux citoyen·nes
sorayafettih
Parler climat sans parler budget, c’est rester au niveau des intentions. Nous voulons parler moyens, choix politiques et justice fiscale. Depuis fin janvier, avec nos allié·es du Bruit Qui Court, nous avons lancé la mobilisation dans plusieurs territoires. Les actions “Découpe ta baguette” rendent les budgets municipaux concrets et accessibles pendant que les gazettes “Miche-matin” circulent et nous permettent d’informer et sensibiliser simplement les gens. Notre pétition se signe, et nous interpellons directement mais tranquillement les candidat·es et les maires. L’objectif est clair : transformer les futur·es élu·es en influenceur·ses de la taxation des ultra-riches pour peser sur les décisions prises à Paris. C’est essentiel pour débloquer des financements afin d’agir au local pour maintenir les services publics, accélérer la transition et mieux se préparer et répondre aux impacts climatiques. La bonne nouvelle c’est que la dynamique est enclenchée, et la pression citoyenne commence à produire des résultats. La preuve, nous avons déjà récolté plusieurs engagements de candidat·es aux municipales ! En parallèle du lancement de notre mobilisation sur le terrain, le 11 février, à Marseille, nous avons co-organisé avec plusieurs collectifs marseillais un débat municipal non partisan. Pendant deux heures, les candidat·es ont dû répondre de manière précise et chronométrée à des questions sur le financement des transports, l’adaptation climatique, la justice fiscale et les leviers concrets de la transition. Poste Instagram qui reprend les éléments principaux partagés par les candidat·es de gauche à la Mairie de Marseille Il ne s’agissait pas d’un débat d’opinion, mais d’un espace d’exigence démocratique : sortir des déclarations vagues et clarifier les engagements. Aucune consigne de vote, mais une volonté ferme de rendre les positions comparables et de permettre un suivi dans le temps. Des actions sont en cours ou prévues à Marseille, Nice, Toulouse, Agen, Paris, Bordeaux et en Corrèze. Des milliers de sachets de de baguettes circulent, des bénévoles rejoignent la campagne, et les interpellations d’élu·es se multiplient. On est inarrêtables ! Et vous pouvez encore la rejoindre, en quelques clics et actions simples : Consulter le kit de mobilisation Ville après ville, nous construisons un rapport de force local qui remet la justice budgétaire au centre des priorités municipales. Ce travail patient d’implantation et d’enracinement dans les problématiques locales est essentiel : c’est à l’échelle communale que se décident des politiques qui transforment concrètement la vie quotidienne des millions de français·es. Des militant·es et membres du Bruit Qui Court en pleine action “Baguette” à Châtelet, Paris. Les maires, en plus de décider localement de projets essentiels à notre bien-être, ont également un fort pouvoir d’influence politique. Un de ces pouvoirs est celui de nommer les sénateurs et sénatrices. Et cela tombe parfaitement, puisqu’en septembre 2026, ils et elles renouvelleront la moitié des membres du Sénat. Un·e maire en faveur de la justice fiscale et sociale = un·e sénateur·ice en faveur de ces mêmes demandes au Sénat. Pour rappel, à l’été 2025, il ne nous a manqué que 30 voix pour enfin obtenir l’adoption de la proposition de loi Taxe Zucman. 30 voix ! Les élections municipales déterminent des choix très concrets : transports publics, logement, urbanisme, qualité de l’air, alimentation locale, services publics de proximité. Derrière chacune de ces politiques se trouvent des décisions budgétaires nationales et locales. Si nous voulons des villes plus justes et plus résilientes face à la crise climatique, nous devons parler d’argent et de redistribution. Mettre la question fiscale et budgétaire au cœur de la campagne, c’est refuser que nos communes se contentent de miettes, c’est refuser que la transition soit réduite à un discours sans moyens . La situation climatique est plus urgente que jamais, mais cette séquence montre que lorsque nous nous organisons collectivement, nous pouvons faire bouger les lignes du débat public. Cette campagne ne fait que commencer. Plus nous serons nombreuses et nombreux à interpeller nos maires et les candidat·es dans nos villes et nos villages, à organiser des actions locales et à exiger des engagements clairs, plus nous pèserons dans les choix à venir. La bataille des municipales est aussi une bataille pour savoir à quoi servent nos budgets communaux. Alors rejoignez notre mouvement de personnes engagées, fun et motivées en faisant la première étape : signer notre pétition ! Ensemble, faisons-en un levier puissant pour le climat et la justice sociale. The post Lancer la bataille des municipales sur le terrain du budget 💰 appeared first on 350 Français. Texte intégral (1627 mots)

Une mobilisation qui prend racine
À Marseille, mettre les financements au centre du débat

Une dynamique qui s’étend

Pourquoi le budget de l’État est un enjeu climatique
La suite nous appartient : nous rejoindrez-vous ?
fanny
Alors que la crise climatique n’a jamais été aussi pressante, le Sénat a adopté hier en séance publique une proposition de loi visant à relancer l’extraction d’hydrocarbures dans les territoires d’Outre-mer. En tentant de ressusciter des projets pétroliers et gaziers, le Sénat opère un recul démocratique et environnemental sans précédent, piétinant l’héritage de la loi Hulot. Cette décision, prise à rebours de la science et de l’avis de la Cour internationale de justice concernant les obligations des États en matière de changement climatique, constitue une provocation envers les populations ultra-marines. À l’heure où chaque dixième de degré compte, ce texte nuit à la crédibilité de la France en matière de leadership climatique. « En offrant les Outre-mer sur un plateau aux lobbies pétroliers, le Sénat signe le sabordage des engagements climatiques de la France dont l’accord de Paris. Prétendre que l’extraction de pétrole et de gaz garantit notre souveraineté énergétique est un mensonge cynique et une insulte aux populations qui subissent déjà de plein fouet la montée du niveau des mers et les cyclones dévastateurs dopés par les énergies fossiles. Plutôt que de sacrifier les territoires d’Outre-mer, les responsables politiques feraient mieux de s’attaquer à la rente indécente des entreprises fossiles qui accumulent des bénéfices historiques au prix de notre avenir. Bien que très tardive, l’opposition du gouvernement à cette proposition de loi est vitale. Si le texte devait arriver jusqu’à l’Assemblée, il appartiendrait alors aux député·es de faire barrage à ce retour en arrière et d’appeler à une révolution des énergies renouvelables. L’urgence est de tourner définitivement la page des énergies fossiles, pas d’en écrire un nouveau chapitre au mépris de la dignité des territoires et des populations ultra-marines. » Ilang-Ilang Quijano, responsable des campagnes médias chez 350.org, ilang.quijano@350.org, +639175810934 The post Retour vers le passé: le Sénat cède les Outre-mer aux intérêts des géants fossiles appeared first on 350 Français. (441 mots)
Fanny Petitbon, Responsable France de l’ONG 350.org:
Contact médias :
fanny
Le président américain Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité datant de 1992 qui encadre la coopération internationale en matière de lutte contre le changement climatique, ainsi que de l’autorité scientifique qu’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le président Trump a déclaré que ces organisations faisaient la promotion de « politiques climatiques radicales » et d’une gouvernance mondiale qui « ne servent plus les intérêts américains ». Alors que le président Trump affirme que les contribuables américains ont dépensé des milliards pour les traités des Nations unies sans « grand retour sur investissement », l’accord de Paris à lui seul a permis d’infléchir la trajectoire de réchauffement prévu d’ici 2100 de 3,6 °C à 2,7 °C grâce à la coopération internationale en matière de climat. Cette semaine marque tristement le premier anniversaire des incendies de Los Angeles, dopés par le changement climatique, qui ont contraint 100 000 Américain·e·s à fuir leur domicile, coûté la vie à plus de 400 d’entre eux, et généré 60 milliards de dollars de dégâts. Cela devrait servir de piqûre de rappel au président américain sur ce que le chaos climatique signifie pour ses propres citoyen·ne·s. « En tournant le dos à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le président Donald Trump commet une faute historique, tant humaine qu’économique. Alors que Los Angeles porte encore les stigmates des méga-feux dopés par la crise climatique d’il y a un an, cette décision met à mal l’avenir des citoyen·ne·s américain·e·s de plus en plus touché·e·s par des cyclones, incendies et inondations, tout en portant un sérieux coup à la compétitivité américaine face à l’inéluctable révolution verte. La sortie des États-Unis de l’Accord de Paris et de la CCNUCC sont des revers pour la diplomatie climatique mais aucun autre pays ne leur a emboîté le pas. Isolé diplomatiquement, Washington laisse le champ libre à la France, forte de sa présidence du G7, de transformer ce revers en un sursaut mondial pour une sortie juste et définitive des énergies fossiles. « Les États-Unis se tirent une balle dans le pied en devenant le seul pays au monde à se retirer de la course contre la montre dans laquelle l’humanité est engagée pour sauver la planète et les générations futures. Les énergies renouvelables sont en train de changer rapidement et profondément les ressorts de l’économie mondiale. Quitter la CCNUCC dans une tentative désespérée de s’accrocher à l’ancien monde des énergies fossiles ne leur permettra pas de gagner en force économique, mais au contraire les condamnera à la faiblesse et à l’isolement. Cela ne nous empêchera pas de continuer à exiger des États-Unis, le plus grand émetteur historique de gaz à effet de serre au monde, qu’ils remplissent leur devoir moral de réduire leurs émissions et de soutenir les populations les plus vulnérables au changement climatique. Cela n’arrêtera pas non plus les plus de 80 pays qui ont affirmé lors de la COP30 leur détermination à développer une feuille de route de sortie du pétrole, du gaz et du charbon. Le président Trump ne peut pas bloquer la dynamique mondiale en faveur des énergies propres et de la justice climatique, mais il fait perdre aux États-Unis des milliards d’investissements en faveur de la protection du climat et tirent un trait sur le fait de montrer l’exemple, alors que de plus en plus d’entreprises, de gouvernements et de communautés en première ligne des impacts climatiques, construisent déjà l’économie de demain basée sur les renouvelables. » « La coopération internationale en matière de climat ne devrait pas être à la merci des décisions du gouvernement américain, et nous continuons à compter sur notre propre peuple pour faire preuve d’un véritable leadership climatique. Malgré le blocage des pays riches, le Pacifique a toujours défendu la fin des énergies fossiles et a permis de décrocher la décision historique de la Cour internationale de justice sur le climat. Ce n’est pas le moment pour d’autres gros émetteurs historiques d’échapper à leurs responsabilités, comme le font les États-Unis. Alors que ceux qui détiennent le pouvoir cherchent à diviser la communauté internationale, il est plus important que jamais de rester uni·e·s dans notre combat pour garantir un avenir sûr et viable à nos enfants. » Kim Bryan, responsable de la stratégie et des relations médias chez 350.org, kim.bryan@350.org, +447770881503 Ilang-Ilang Quijano, responsable des campagnes médias chez 350.org, ilang.quijano@350.org, +639175810934 The post Réaction de 350.org au retrait des États-Unis de la CCNUCC et de multiples organisations internationales appeared first on 350 Français. Texte intégral (1041 mots)
Fanny Petitbon, Responsable France chez 350.org :
Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux chez 350.org :
Fenton Lutunatabua, Responsable du programme Pacifique et Caraïbes chez 350.org :
Contacts médias :
sorayafettih
Léa Renault Chloé Sublet Nous sommes nées aux extrémités opposées de la France. L’une a grandi en Provence, dans le sud, l’autre dans les Hauts-de-France, dans le nord. Des régions différentes, des réalités différentes – mais on se posait les mêmes questions sur la justice, la responsabilité des crises et notre avenir. Nos chemins se sont finalement croisés à Paris, où nous sommes devenues amies grâce à notre travail commun dans la communication et à nos valeurs partagées. Comme beaucoup de personnes de notre génération, nous savions déjà que le changement climatique était sérieux. Mais avec le temps, il est devenu clair que non seulement cette crise était massive, mais aussi profondément injuste : ceux qui contribuent le moins paient le prix le plus élevé, tandis que ceux qui l’alimentent et en profitent le plus restent largement protégés. Comprendre cela a rendu notre engagement dans la campagne Taxons leurs milliards, menée par 350.org, une étape naturelle et nécessaire de notre parcours. En France, le même schéma se répète, encore et toujours. Les politiques climatiques sont repoussées à plus tard. Les budgets pour l’action environnementale diminuent. Le débat public dérive vers de fausses priorités. Pendant ce temps, les impacts de la crise climatique sont de plus en plus visibles. Les vagues de chaleur commencent plus tôt et durent plus longtemps chaque année, et certaines de nos familles deviennent de plus en plus vulnérables aux températures extrêmes. Beaucoup de personnes peinent à payer leurs factures d’énergie qui explosent pour chauffer leurs logements mal isolés, rendant à la fois la chaleur et le froid difficiles à supporter. Le constat est clair: les inégalités décident qui peut s’adapter ou non. Pour nous, agir signifiait se montrer présentes. Nous croyons fermement au principe du « penser global, agir local », et c’est ainsi que nous avons trouvé notre place dans le mouvement climat aux côtés de 350.org. Agir ensemble dans la rue a tout changé. Nous avons participé à l’action « Rentrée des classes parlementaire» devant l’Assemblée nationale en septembre 2024, à la puissante action « Taxez-moi. Je suis riche » devant le Sénat en juin 2025, et à la marche parisienne « Climat, Justice, Libertés » en septembre 2025. Ces moments n’étaient pas isolés ; ils faisaient partie d’un élan de plus en plus puissant pour exiger des comptes de la part de celles et ceux qui nous gouvernent. Chloé et Léa lors de l’action Draw the Line à Paris, septembre 2025 À travers ces mobilisations, une chose est devenue impossible à ignorer : nous ne pouvons pas financer une transition climatique juste en faisant peser le poids sur les gens ordinaires. Les ménages aux revenus moyens et modestes sont déjà à bout de souffle, tandis que les grandes fortunes continuent de croître – tout en détruisant la planète avec leurs émissions de gaz à effet de serre démesurées. Taxons leurs milliards dénonce cette injustice de manière claire et directe. Demander aux milliardaires de payer leur juste part n’est pas radical. C’est du bon sens. En France, cette idée a longtemps été rejetée, jugée comme irréaliste. Mais la campagne Taxons leurs milliards a contribué à changer l’opinion publique. S’appuyant sur des études solides, des données claires et des actions visibles, la taxation des grandes fortunes est devenue un véritable sujet de débat national. Même lorsque des propositions comme la taxe Zucman ont été bloquées, l’élan n’a pas disparu. La conversation a évolué, et ce changement compte. Pour nous, Taxons leurs milliards s’inscrit dans la continuité de nos valeurs, de nos actions et de notre conviction que la justice climatique ne sera possible que lorsque les vrais responsables seront nommés et que des comptes leurs seront exigés. Nous savons que ce travail prendra du temps et que le chemin sera semé d’embûches. Mais pas à pas, action après action, nous contribuons à faire bouger les lignes, pour que ce qui avant été considéré comme utopiste rentre dans le champ des possibles. The post Les gens ordinaires ne peuvent pas continuer à payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables appeared first on 350 Français. Texte intégral (1184 mots)



sorayafettih
Il y a différentes façons de débuter l’année du mauvais pied, et le gouvernement des États-Unis vient de l’illustrer une fois de plus en prenant de cours le monde entier. Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre le Venezuela, capturé le président Nicolás Maduro et déclaré qu’ils prendraient le contrôle des vastes réserves pétrolières du pays, ouvrant la voie aux compagnies pétrolières américaines pour qu’elles puissent s’y établir et façonner le secteur. Cette décision intervient alors que le monde est censé effectuer un tournant historique: 2026 est supposée être l’année où le monde tourne la page des énergies fossiles et s’engage dans un avenir énergétique plus sûr et plus stable. Le Venezuela détient plus de pétrole que tout autre pays au monde. Le moment choisi et l’importance accordée à la prise de contrôle des plus grandes réserves pétrolières connues à l’échelle planétaire ne laissent aucune place au doute: le pétrole est au cœur de ce conflit, et non pas juste une question secondaire. C’est la poursuite de politiques toxiques et brutales d’exploitation des ressources fossiles : depuis des décennies, leur contrôle a empoisonné la politique étrangère, justifié des interventions militaires et des guerres, tout en étant présenté comme une « nécessité » soit d’un point de vue sécuritaire, soit d’un point de vue économique. Données extraites du World Population Review Alors que la crise climatique s’aggrave, s’accrocher au pétrole ne fait qu’augmenter les risques de nous condamner à un cercle vicieux de violence, d’instabilité et de chantage autoritaire. Un avenir plus sûr n’est pas une utopie, c’est un choix politique. Chaque investissement dans les énergies propres est un investissement pour la paix, la stabilité et la souveraineté. À l’aube de cette nouvelle année, la question est claire : allons-nous continuer à reproduire les mêmes schémas mortifères du pouvoir fondé sur le pétrole, ou allons-nous enfin choisir un système énergétique qui n’a plus besoin de la guerre pour se maintenir ? Il ne s’agit pas seulement de protéger le peuple vénézuélien dont la vie, la sécurité et le droit à l’autodétermination sont extrêmement importants. C’est l’équilibre du monde entier qui est en jeu. Il s’agit du type d’avenir énergétique que nous choisissons et de ceux qui paient les pots cassés lorsque les pays puissants refusent de dire adieu aux énergies fossiles, car la crise climatique ne s’arrête pas aux frontières. Si nous brûlons les quelque 303 milliards de barils de pétrole brut que contiennent les réserves vénézuéliennes, c’est la planète entière qui en paiera le prix, y compris la population américaine dont le gouvernement américain prétend aujourd’hui qu’elle en bénéficiera. Ce jeudi marquera le premier anniversaire des incendies qui ont ravagé Los Angeles, détruisant des quartiers entiers, forçant des familles à fuir et réduisant des communautés entières en cendres. Ces incendies n’étaient pas un accident : chaque nouveau champ pétrolier, chaque décision de forer encore et toujours plus, alimente une crise qui touche déjà des millions de personnes qui n’en ont pas la responsabilité. En 2025, des incendies massifs ont entraîné le déplacement de 100 000 personnes dans la région de Los Angeles. Crédit photo : David S. Roberts La décision des États-Unis d’attaquer et de prendre le contrôle du pétrole vénézuélien souligne à quel point nous sommes encore loin de briser les chaînes de notre dépendance au pétrole. Le charbon, le pétrole et le gaz ne se contentent pas de réchauffer la planète. Ils façonnent la politique mondiale de manière dangereuse. Comme les réserves d’énergies fossiles sont concentrées dans quelques régions du monde, elles transforment des pays entiers en points de friction permanents. Le contrôle du pétrole devient synonyme de contrôle du pouvoir, et ce pouvoir est défendu via des menaces, des sanctions et parfois des bombes. Tant que les énergies fossiles resteront la colonne vertébrale de l’économie mondiale, l’énergie demeurera une source de conflits. L’instabilité n’est pas un accident. Elle fait partie intégrante du système. C’est exactement ce que le mouvement climat dénonce depuis des décennies : les énergies fossiles ne sont pas seulement un problème climatique. Elles menacent la paix, la justice et la démocratie. Au cours du week-end, des manifestations dénonçant les attaques contre le Venezuela ont eu lieu dans plus de 100 villes aux États-Unis. Crédit photo : PSL 2026 est censée être l’année où les gouvernements commencent enfin à transformer leur promesse de dire adieu aux énergies fossiles en actions concrètes, et c’est encore possible. Les avertissements de la part des scientifiques, les innombrables vagues de chaleur, inondations, incendies et sécheresses record, pointent tous dans la même direction : il est urgent de sortir définitivement du charbon, du pétrole et du gaz, et de passer rapidement aux énergies renouvelables et propres. Lors de la dernière conférence des Nations unies sur le climat en novembre 2025, plus de 80 pays ont soutenu une feuille de route pour sortir des énergies fossiles. Cet engagement n’était pas symbolique. Il marquait une prise de conscience que le maintien de notre dépendance au pétrole et au gaz nous condamne à un avenir fait de catastrophes climatiques, de chaos Si le texte final de la COP30 est malheureusement dépourvu de référence aux énergies fossiles, les gouvernements colombien et néerlandais ont fait preuve d’un leadership cruellement nécessaire en annonçant la tenue de la première Conférence internationale pour une transition juste hors des énergies fossiles. Cette réunion historique aura lieu les 28 et 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, et constituera une excellente occasion pour les dirigeant·e·s du monde entier de prendre des engagements concrets afin de mettre fin une fois pour toutes à l’ère du pétrole et du chaos climatique, politique et humanitaire qu’il engendre. Les énergies propres ne sont pas seulement plus propres, elles sont aussi plus sûres. Les panneaux solaires ne déclenchent pas de guerres. Les éoliennes ne nécessitent pas de protection militaire. Les projets d’énergies renouvelables pilotés par des communautés ne déstabilisent pas des régions entières. Chaque retard que nous prenons à sortir des énergies fossiles rend des crises comme celle-ci plus probables. La crise climatique exige que le monde entier opère un tournant loin des énergies fossiles, et que les gouvernements cessent de déclencher de nouveaux conflits pour obtenir du pétrole. 2026 doit être le moment où le monde passe à la vitesse supérieure pour tourner la page des énergies fossiles et investir dans un avenir plus sûr et plus propre. Reprenons le contrôle et faisons de cette vision une réalité. The post Nouvelle année, vieux démons ? appeared first on 350 Français. Texte intégral (1546 mots)
Il ne s’agit pas seulement du Venezuela, il s’agit de nous tous et toutes

Les énergies fossiles maintiennent le monde en situation de crise
La sortie des énergies fossiles n’est pas facultative, elle est urgente
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