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Dans son premier numéro (édition papier) sorti en janvier 1989, Reporterre – partenaire de la rencontre sur la pensée de François Terrasson organisée par les JNE le 8 janvier 2026 – avait publié une interview de ce grand naturaliste. Cliquez ici par la lire en PDF L’article Une interview de François Terrasson dans le N° 1 de « Reporterre » en 1989 est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (112 mots)
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Nous avons appris avec tristesse le décès à 87 ans du grand botaniste Francis Hallé. L’un de nos adhérents, qui a eu la chance de le rencontrer, lui rend hommage. par Fabrice Nicolino Concernant Francis Hallé, deux mots. Je l’ai rencontré à trois reprises, et je ne suis donc pas, et de loin, un intime. Mais la dernière fois que je l’ai vu, il y a peut-être six ans, nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, et nous nous sommes embrassés comme du bon pain. Car outre les rencontres, nous nous sommes parlé quelquefois au téléphone. Et je crois pouvoir dire que nous avions fortement sympathisé. J’ai voulu un temps l’entraîner dans un vaste mouvement sur les droits de l’arbre, ce qu’il ne sentait pas vraiment. Je comprends et je pardonne ! En 2007, je suis allé le voir chez lui, à Montpellier, pour le magazine Terre Sauvage. À l’époque, je menais de longs entretiens avec des personnalités de mon choix. Francis s’imposait, Dieu sait. J’extrais de ce texte les quelques phrases ci-dessous. Francis n’était pas seulement un homme. C’était un arbre. C’était un chêne. C’était un menara (surnom malaisien), le plus grand arbre tropical connu. Je pense à lui. Entretien avec Francis Hallé (2007) Je suis entré à l’université, à la Sorbonne, en biologie. Mais un beau jour, ma vie a basculé. À cause d’un pot de fleur. Je ne sais pas qui l’avait mis sur mon balcon et personne ne s’en occupait. Et j’y ai vu pousser une petite plante, qui a ensuite donné des fleurs, puis des fruits. Elle s’est resemée d’elle-même, et l’année d’après, il y en avait toute une population. Quelle impression ! Je me suis dit : si c’était un animal, je devrais le nourrir, lui donner à boire, ramasser ses excréments, supporter ses cris de douleur…et de joie (rires). Et puis, comme un idiot, je me serais attaché à lui, mais il serait mort, ce qui est notre lot à tous, les animaux. Tandis que là, tout était merveilleux. Ce qui m’a frappé le plus, avec les plantes, c’est leur autonomie totale. De quoi avait donc besoin ma plante du balcon ? De la pluie parisienne, et qu’on la laisse tranquille, c’est tout. Terre Sauvage : Et le nom de cette belle inconnue ? Francis Hallé : Sur le coup, je ne le connaissais pas. Je l’ai appris plus tard. Ma vocation pour les animaux s’est arrêtée là. J’ai compris que les plantes étaient bien plus intéressantes. Et après une année de biologie, je me suis spécialisé en botanique, puis en botanique tropicale. Terre Sauvage : Fort bien, mais vous avez oublié le nom de cette plante en route. Francis Hallé : Ah oui, en effet. Il s’agissait d’une Capselle bourse-à-pasteur, que j’ai identifié en ouvrant un livre, une Flore. C’est la même famille que l’Arabidopsis ou le Chou. Les JNE adressent leurs condoléances à la famille et aux proches de Francis Hallé. Photo : Francis Hallé avec Luc Marescot (à dr.) pour son film Poumon vert et tapis rouge © DR L’article Deux mots sur Francis Hallé est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (630 mots)
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Nous avons appris avec tristesse le décès à 87 ans du grand botaniste Francis Hallé. L’une de nos adhérentes, qui l’a bien connu, lui rend hommage. par Dominique Martin Ferrari Pleurons la disparition d’un grand botaniste car il a fait des émules, mais personne n’a su comme lui parler des arbres de leur autonomie, de nos liens… Nous l’avons écouté en intégrant l’inimaginable. Nous regardons le vivant d’une autre manière, remplis d’interrogation et d’humilité.. Dans les années 80, je créais l’association Solidarité Forêt, rappelant depuis qu’il n’est pas de forêts vierges, mais des écosystèmes complexes dont les hommes ont beaucoup à apprendre certes, mais aussi à désacraliser. Je m’étais pourtant rapproché géographiquement de Francis Hallé, mais il restera celui qui a guidé mes connaissances des forêts tropicales, restera lié à mon amour de la Guyane. Le sauvetage de l’opération Radeau des Cimes guyanaise, préalablement prévue au Brésil, le suivi du tournage « forêts » de Luc Jacquet, la découverte de l’ami Patrick Blanc, Ebersolt et Serge Antoine… Tout un monde que j’ai eu la chance de rencontrer. Nous nous sommes bien connus dans les années 80/90. En 1989, alors que je préparais le Sommet de la terre au cabinet de Brice Lalonde, je suis partie en Guyane, où Francis avait déjà posé son radeau en 1986, pour voir si l’on pouvait récupérer en urgence son matériel confisqué au Brésil par les militaires suite à la réception de Raoni par François Mitterrand. Il nous a fallu rapatrier en urgence le matériel et trouver un site. Seuls les premiers baraquements EDF installés sur le pourtour du très décrié futur barrage de Petit Saut nous ont permis d’accueillir les scientifiques internationaux prêts pour cette mission. En 2016 lors d’Habitat 3, j’organisais à Quito à l’Alliance Française une exposition sur l’habitat durable et tropical en Guyane. Nombre des ses dessins ornaient le parcours. Les JNE adressent leurs condoléances à la famille et aux proches de Francis Hallé. Photo : Francis Hallé © D. Boone L’article A Francis Hallé est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (423 mots)
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Vingt ans après la disparition de François Terrasson, chercheur au Muséum National d’Histoire Naturelle et membre des JNE, notre association organise le 8 janvier 2026 à l’Académie du climat (Paris) une rencontre autour de notre rapport à la nature. Voici trois poèmes berrichons. La chasse au Dahu Depis… quasiment la fin d’la guerre Les Aigriculteurs Ah ! Saprè t’y vieux bon sang d’temps d’la crève L’Désenclavement Y a pas d’âge pour les braves L’article Textes berrichons est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1843 mots)
Ben, du gibier, y’en a pu guère
Y a pu rin !!
Ah ! Y a pu rin !!!
Pas même l’oreille d’un yève
Ou la queue d’un lapin…
J’partons coum’ça tous en bande l’jour d’louvarture
J’traînons sur les chaumes, dans l’maïs ou ben darrié les bouchures
J’avons des cartouches…à fusiller une éléphant
Des t’nues camouflées…tellement…
Qu’des foués… on s’rente dedans
J’tenons nos fusils… coum’au régiment
Drouet su l’voisin, en direction du fond’ment
Ah ! Mais pour rigoler
Dam pour sûr qu’on rigole !
L’année darnière j’avons failli…
Bousiller l’mait d’école
Il l’tait accroupi, coum ça, dans l’boiés
Avec une bande de gamins
Il y disait… « Bougez dont pas
J’men vas vous y faire vouèr c’que c’est qu’un Taupin »
L’Gaston y t’y en a remmanché une secousse
Après il a dit…
« J’on vu bouger, j’on cru qu’c’était un lapin »
Ca fait qu’y en a des ceusses qu’ont dit
« Les chasseurs, y sont ben fins ! »
Et ben ça c’est pas vrai, et on en a fait la démonstrâtion
Y a pu d’gibier, et ben on va faire
Des r’introductions
C’est coum ça qu’not’ président, l’aut’ souèr en douce pasque c’est interdit
Il a fait partir d’ceux espèces d’animiaux à quatte pattes, avec du poil gris
Il nous a dit « Les gars, taisez vous, pasqu’y faudrait pas qu’ça s’susse
Mais j’m’en viens d’vous lâcher toute une bande
De Sylvidahus »
J’avons tiré l’premier dans l’grand châgne du couté du lavouèr
Y a qu’trés blessés, à l’hôpital qu’on va aller vouèr c’souèr
J’avons pas tué la bête mais j’on eu ben d’la satisfaction
L’grand châgne… il est pu en boués
Mais il est en plomb
L’deuxième a été dans la sacristie
Il est rentré par la f’nête, pi dame nous aut’ on l’la suivi
L’curé il a dit « Ici, les animiaux y z’ont l’drouét d’âsile
Et pis baissez don’ vos fusils pasque j’ai l’coeur fragile »
Ca fait qu’on est parti, mais après on s’est quand même ben d’mandé Pourquoué qu’ça sentait tant l’lapin
Cheux lui… à l’heure du déjeuner J’en avons pas tué un seul
De toute la saison
Mais l’année prochaine
J’allons nous ach’ter…un canon
Et pis dame aussi à cause d’la sauvagine
J’allons faire l’acquisition…
Des orgues de Staline
Ca en pétera partout…
A tous les coins du boués
J’allons ben y savouèr
Si j’sons des maladrouéts !
Ma femme a m’m dit
« Françoués, va dont pu à la chasse
Tu ramènes jamais ren
Ren d’aut que d’la crasse ! »
Ceux pauves fumelles
A z’ont vraiment jamais ren pigé
A croyons qu’on va à la chasse…
Pour ramener du gibier !
Comment qu’vous v’lez t’y don’ que l’blé y lève
Avec toute c’t’iau ! Ou ben… tout c’soleil
Et pis, c’te commission a la con…
A… Bruxeille
Les vaches, a z’en profitent pour èt’ malades
Dans l’jardrin y’a même pu un rogaton d’salade
Quand qu’y fait pas chaud… y fait froué !
Ca l’arrive même qu’on l’ait les deux à la foués
Ah ! J’en on t’y don’, pour sûr, du malheur
Nous aut’ Les Aigriculteurs
Moué, ben sûr, j’sus pu malin qu’les aut’es
J’en changé d’métier
Faut dire qu’ça l’a pas été vraiment d’ma faute
J’avions qu’un d’mi hectare, à cultiver
A pér’sent, j’fréquente pu ren qu’des gens d’la ville
Y m’disent « Ah qu’il est t’y don’ biau vout pays
Avec ceux bouais, ceux étangs, ceux terres fertiles
Y a qu’une affaire pt’êt’ben qu’faudrait quand même l’arranger
C’est tous ceux aigriculteurs
Qu’faudrait civiliser
Ah ! Dame, y z’ont foutu l’feu à la Préfecture
Fait un lâché d’sarpents à la Société d’Protection d’la Nature
Foutu trouais ministres à la fosse à purin
Hein ! Ca c’est des gars qu’ont un sapré tour de main !
Faut y croire qui z’ont raison
Ou ben qu’y z’ont tort
En attendant, les seuls qui s’planquent pas c’est les ceusses qui sont morts
Et j’te galope à fond d’train l’cul sul l’tracteur
C’en est y quand même des drôles d’animiaux
Ceux Aigriculteurs
Et j’te coupe, j’te râpe, j’te défriche
J’te tronçonne, j’te taille, j’te rabote
V’la l’Berry qu’est si nu qu’ça en fout les choquottes
Si encore ça l’avait été pour dev’nir pu riches
Faire l’con su des skis, ou ben s’baigner à pouèl
Laisser les bords de l’Arnon pour les côtes des Seychelles
La patronne à Katmandou, pi moué… aux bains d’Thailande
Quand que j’fait l’chèque pour l’crédit j’en ai la main que tremble
J’croué ben que j’va prendre ma r’traite avant l’heure
Me v’la dev’nu aussi une Aigriculteur
Eh oui ! C’est ça qui pensent darrié yeu z’airs bravaches
Un paysan plus un agriculteur, ça fait deux vaches
Que j’entends dire au fin fond des Ministères
Eh oui ! Mais c’est pas coum ça qu’on pourra les faire taire
C’qui leur manque, c’est tout un pays
Qu’s’en va, avec eux, vers les musées d’l’oubli
Y z’en savent ren, ou ben, y z’y crouaient pas
Q’quand l’paysage y crève l’houme il y survit pas
C’est pour ça qui méritent qu’on les pleure
Les Aigriculteurs
Ca fait qu’malgré mes soixante treize ans
J’seu fiancé… avec’la Mélie qu’habite
Au bout d’mon champ
J’vous dit pas l’âge qu’al a
D’ailleurs moué même… ben.. j’y sais pas !
Mais v’la t’y pas qui nous arrive queuq’chause de grave
J’l’avons appris l’aut’jour su la place du village
J’avions une maladie qu’était pas répértoriée
Depis toujours… j’étions des enclavés
« C’est y coum’el SIDA » que j’y ai d’mandé au Maire ?
Y m’a dit « Françouais, tu vas t’y don’ pas t’taire
C’t’affaire là c’est une bénédiction des cieux
Une autoroute à 28 vouais pour qu’c’est qu’on circule mieux »
Mais, qu’j’y dit, « j’ai pas besoin d’circuler
J’ai tout c’que m’faut alentour d’mon potager »
Y m’dit « Tu penses qu’à toué ! T’es ben d’ta génération Assiez te don’ quand même que j’te paye un canon ! »
Après j’ai ben compris pourquoaie qui v’lait tant m’amadouer
C’est qu’l’autoroute a passe… juste ent’er la Mélie et Moué !!
A m’dit « J’veux pas aller habiter cheu toué, vieux trognon »
J’y dit « J’vas quand même pas m’fourrer dans c’que t’sers de maison ! »
V’la coument qu’on sabote les amours du trouésième âge
Ca fait qu’mon vieux, ça m’a pris coume une rage
J’seu allé vouèr l’Ecologiste, qu’la Compagnie a paye grassement
Y paraît qui z’y finançent tout plein d’aménagements
Pour la ponte des g’rnouilles et pis celle des Sauterelles
Des tunnels à Crapiauds, pis pour les Limaces des échelles
Y m’dit « Ben, c’est qu’j’ai ren prévu pour les êtres humains
Y z ‘ont qu’à s’débrouiller tout seuls pisqu’y sont si malins
Ca fait qu’à présent j’prends l’avion à Clermont
L’TGV, la Micheline, l’autobus, pis l’vélo à Gaston
J’afais 800 km pour vouèr ma boune amie
Ca fait qq’ quand q’jarrive… ben… j’seu complètement… acni !
Faudrait que j’men trouve une de mon couté d’la route
Mais mon vieux, j’sais pas ç’qu’eu z’ont toutes,
A me r’gardont coum’si j’étais… un chien c’ervé
J’sus pourtant l’seul à èt’ vraiment
…Désenclavé .
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