Écologie
Adrastia   Bastamag!   Bloom  FNE-RA  Greenpeace France   Institut Momentum  JNE   JIEC  Le Partage  La Pensée Écologique  Mountain Wilderness  Présages  Reporterre  Réseau Action Climat  Terrestres  World Resources Institute  We Demain  Carte des luttes

 

 Journalistes et Ecrivains pour la Nature et l'Ecologie
Listing des sites et blogs des journalistes & Ecrivains pour la Nature et l'Écologie

 

01.04.2020 à 18:31

Tout nouveau, tout beau, l’annuaire 2020 des JNE !

 

Il est arrivé dans nos locaux la veille du confinement et nous ne manquerons pas de vous l’envoyer et de vous le présenter dès que nous pourrons de nouveau reprendre le cours de nos activités.

Vous y retrouverez comme chaque année les coordonnées des membres de l’association ainsi que des fiches présentant les entreprises partenaires de l’annuaire.

Vous y découvrirez également la présentation des activités de l’association et des livres écrits en 2019 par les auteurs JNE, ainsi que le témoignage de Nathalie Tordjman, journaliste et auteure (dernier livre paru Zéro déchet comme un lombric et d’Olivier Nouaillas, journaliste à la Vie et auteur (dernier livre paru Une rivière en résistance).

La photo de couverture représentant une loutre de mer, espèce réintroduite dans le Pacifique Nord dont la population est en expansion est signée Isabelle Groc. On peut découvrir à l’intérieur de cet annuaire un aperçu du travail de cette photographe et réalisatrice de documentaires vivant à Vancouver, dont les articles et photos sont publiés dans National Geographic News, BBC Wildlife et Canadian Wildlife.

L’annuaire 2020 des Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Écologie (JNE), c’est :

160 pages indispensables avec les coordonnées personnelles et professionnelles des 193 membres de l’association (journalistes, photographes, écrivains, illustrateurs), leurs spécialités, les médias auxquels ils collaborent ainsi que les coordonnées de nos 10 membres associés et des fiches présentant les entreprises partenaires de l’annuaire avec les coordonnées des personnes chargées des relations avec la presse au sein de chacune d’entre elles.

Pour faciliter sa consultation, vous trouverez :
• Un index par média
• Un index par région
• Nos contacts à l’étranger
• Nos contacts presse dans les entreprises partenaires

L’annuaire est disponible au siège de l’association au tarif de 46 € + 4 € de frais de port.
NB : l’association n’est pas assujettie à la TVA.

JNE (Association des Journalistes-Ecrivains pour la Nature et l’Écologie)
23 rue Henri Barbusse
94 110 Arcueil
Tél.: 07 83 19 08 35
Mail : contact@jne-asso.net


..................................................

31.03.2020 à 19:23

Le jardin du Conservatoire botanique national de Brest : une arche de Noé végétale

À quatre kilomètres du centre-ville, le jardin du Conservatoire botanique national de Brest, lové au cœur d’un vallon de 30 hectares, offre un patchwork de milieux abritant plus de 2 000 espèces de plantes menacées d’extinction en provenance du monde entier. On y découvre des espèces de Bretagne, de Chine, de Nouvelle-Zélande ou des Amériques… À découvrir en toutes saisons, après la fin du confinement bien sûr !

par Myriam Goldminc

L’histoire du jardin du Conservatoire botanique national de Brest commence par la rencontre entre deux projets, celui de la ville qui, dans les années 1970, après s’être reconstruite, souhaitait créer des espaces verts et celui d’une équipe de botanistes animés par la volonté de préserver les plantes en voie de disparition. Le site d’une ancienne carrière est choisi pour la douceur de son climat océanique et la présence de différents milieux. Le jardin va s’implanter le long du vallon de Stang Alar sur deux kilomètres au milieu duquel coule une rivière. Falaises, pelouses, bois et étangs complètent ce décor bucolique et offrent un microclimat favorable pour les plantes des cinq continents.

En 1975, le premier jardin conservatoire botanique national voit le jour et devient le premier établissement au monde consacré au sauvetage des espèces menacées. « C’était complètement nouveau, rapporte Stéphane Buord, directeur scientifique des actions internationales, car s’il existait des réserves pour la faune avec des programmes de réintroduction d’animaux dans leur milieu naturel. Il n’y avait rien pour la flore ! » La mission se poursuit aujourd’hui et le jardin possède une des plus importantes collections d’espèces endémiques menacées. Les îles, en raison de la richesse de leur écosystème, mais aussi de leur fragilité, font l’objet d’une attention particulière : plantes de l’archipel des Mascareignes (Seychelles, Réunion, Maurice, Rodrigues), de Madagascar, des Canaries, des Açores, des Caraïbes, ainsi que de Madère avec les étonnantes hampes bleues de l’Echium pininana et ses trois mètres de hauteur, captent le regard.

Dès l’entrée, on découvre quelques plantes protégées de la région, comme le narcisse des Glénan, le panicaut vivipare, l’asphodèle, ou le chou marin, qui sont menacées notamment par les pratiques agricoles agressives (pesticides, labour profond). Puis, le parcours chemine le long des berges du cours d’eau, au pied des falaises. Agaves et palmiers plantent un premier décor méditerranéen. Au printemps, dans l’espace consacré à l’Asie, s’épanouissent les camellias rustiques au parfum délicat comme le Camellia granthamiana, qui a été découvert en Chine en 1955, aux délicates fleurs blanches, et le Camellia japonica à la tête rouge ébouriffée. Dominant l’espace, se dresse le rare cyprès du Bhoutan ou cyprès du Cachemire, originaire de l’est de l’Himalaya, qui normalement pousse entre 1250 et 2800 mètres. Ce résineux pleureur au feuillage bleu peut atteindre 40 mètres de haut. Au pied de cet arbre, se trouve l’aralie à papier de Chine (lire ci-dessous).

L’exotisme est au rendez-vous

Un peu plus loin, le dépaysement s’accentue avec les silhouettes élégantes de plus de deux mètres de haut d’une trentaine de fougères arborescentes, originaires de Nouvelle-Zélande. Une collection d’eucalyptus venus d’Australie impose leur prestance et embaume l’air ambiant aux beaux jours. Les feuilles géantes des Gunnera du Brésil forment un massif somptueux en bordure des étangs. Le chemin qui le surplombe offre un point de vue sur des variétés de la flore de l’hémisphère sud, comme le cocotier du Chili (Jubaea chilensis) qui côtoie le spectaculaire arbre de feu du Chili (Embothrium coccineum) à la floraison flamboyante et celle jaune d’or du Sophora toromiro de l’archipel Juan Fernández. Le parcours se poursuit vers la cascade entourée de magnolias et de rhododendrons. Au passage, on aura traversé la bambouseraie, et aperçu la rade de Brest à l’horizon.

Le dépaysement se poursuit dans les serres tropicales, qui abritent aussi des plantes menacées de disparition. Quatre milieux exotiques ont été reconstitués : la flore des montagnes tropicales, des îles subtropicales, des forêts sèches de Madagascar et des forêts tropicales humides. Dans la serre des îles subtropicales, l’on découvre de magnifiques hibiscus d’Hawaï et des îles Fidji, ainsi que l’arum titan, originaire de Sumatra (lire ci-dessous).

Les serres mettent l’accent sur la fragilité de ces écosystèmes. On découvre ainsi l’histoire de plantes rescapées. Le Cylindrocline lorencei, originaire de l’île Maurice, a ainsi failli disparaître en 1993. Mais grâce aux graines conservées, il a ainsi été cultivé in vitro et réintroduit depuis deux ans dans son île natale. Un exemple réussi parmi d’autres du rôle du Conservatoire botanique national de Brest pour la conservation de la flore et une invitation à découvrir ces espèces menacées pour mieux les préserver.

Comment y aller
En voiture,
en venant de Rennes suivre la direction du port de Brest, puis la sortie Brest Est et la direction Conservatoire botanique. En partant de Nantes, prendre Brest Centre ; puis la sortie Brest Est.
En train, compter environ 4 h 30 depuis Paris. À la gare, prendre la ligne 3 ou 5, descendre à Liberté, puis prendre la ligne 8 (bus en direction de Plougastel) et descendre à Jardin botanique.
Horaires
Ouvert de 9 heures à 18 heures en hiver, de 9 heures à 19 heures au printemps et à l’automne, jusqu’à 20 heures l’été.
Tarifs
Entrée gratuite pour le conservatoire. Tarif pour les serres : 5,50 € en visite autonome et 6,50 € en visite guidée. Gratuite pour les moins de 10 ans. www.cbnbrest.fr
Hébergement

Chambres d’hôtes chez Armelle et Patrick Le Dall, avec vue sur la mer : 55 € petit déjeuner inclus pour une personne, 70 € pour deux ; patrick.ledall@numericable.fr tél. : 06 32 00 55 98.

L’arum titan : un perfide séducteur
L’arum titan (Amorphophallus titanum), appelé aussi phallus de titan, peut dépasser deux mètres de haut. Originaire de Sumatra, cette plante ne fleurit que tous les cinq à dix ans selon les individus. Cette inflorescence ne va durer que quelques jours, au cours desquels l’arum déploie de nombreux stratagèmes pour assurer son avenir. Elle va accroître sa température pour mieux diffuser à près d’un kilomètre à la ronde une odeur de soufre et attirer ainsi toutes sortes d’insectes. À la recherche d’excréments ou de charognes pour pondre leurs œufs, les mouches coléoptères s’y précipitent et le piège se referme le temps de la pollinisation. Les insectes repartiront ensuite bredouilles. Quant à la plante, elle se couvre quelque temps après de fruits ressemblant à des petites cerises. Celles-ci seront mangées par un oiseau (le calao) qui disséminera les graines dans la forêt. Une feuille unique va ensuite émerger pour permettre au tubercule d’emmagasiner suffisamment d’énergie en vue de la future floraison. Quand l’énergie stockée sera suffisante, la racine entrera en repos végétatif avant de fleurir à nouveau.

La Normania triphylla gagne du terrain dans les forêts de Madère
La Normania triphylla, endémique de Madère, mesure environ un mètre de haut, et possède une jolie fleur de couleur violette. Dans les années 1980, l’espèce semblait complètement éteinte. Or la banque de graines du Conservatoire botanique national de Brest en possédait quelques exemplaires. Après de nombreux essais, les graines ont été multipliées. Et depuis 1998, les plantules obtenues ont permis la réintroduction de l’espèce dans la forêt de lauriers, d’où elle est originaire. Aujourd’hui, on la rencontre même hors des zones où elle avait été introduite !

L’aralie à papier de Chine pour la calligraphie
Le curieux Tetrapanax papyrifer, mi-arbuste, mi-vivace originaire de l’Asie du Sud-Est, fut utilisé pour produire du papier de riz (on l’appelle aussi arbre à papier de riz). Un papier recherché pour la peinture à l’aquarelle ou la calligraphie, notamment en Chine et au Japon. Pour le fabriquer, les branches bouillies sont séparées de leur écorce. Le noyau de la moelle – tissu de la tige des plantes vasculaires – est ensuite roulé sur une surface dure et découpé manuellement en fines feuilles à la couleur et la texture blanc ivoire. En automne, l’arbre donne des petites fleurs blanches réunies en ombrelles très mellifères pour les insectes, puis des petites baies noires appréciées des oiseaux.

Cet article est paru dans le mensuel Plantes & santé n° 210, mars 2020, avec de superbes photos.


..................................................

31.03.2020 à 16:56

Protégé : Le voyage des JNE à Totnes (2014) en vidéo

Cette publication est protégée par un mot de passe. Pour la voir, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


..................................................

30.03.2020 à 17:48

Un regard de Michel Loreau : par delà l’éthique et l’économie, l’homme au coeur de la biodiversité

La Société Française d’Ecologie et d’Evolution (SFE2) vous propose ce regard de Michel Loreau *, Grand Prix 2020 de la SFE2, sur les différentes approches en biologie de la conservation.

photo Anne Teyssèdre

La croissance démographique et économique des sociétés humaines vient se heurter de plus en plus frontalement aux limites écologiques de la planète Terre, engendrant une crise écologique globale. Cette crise se manifeste de multiples façons, notamment par un changement climatique de plus en plus perceptible et une érosion lente mais profonde de la biodiversité. Bien que la conscience de l’ampleur de cette crise ne cesse de croître, l’action collective pour la surmonter fait encore cruellement défaut.

Pour lire la suite de cet article, cliquez ici sur le site de la SFE2.

Cet article est une version légèrement modifiée et adaptée pour cette plateforme SFE2 d’une tribune du même auteur mise en ligne en mars 2015 sur le site d’Humanité et Biodiversité, partenaire de publication et de diffusion de ces ‘regards’. Merci de participer à ces regards et débats sur la biodiversité en postant vos commentaires et questions sur les forums de discussion qui suivent les articles; les auteurs vous répondront.

* Michel Loreau, Grand Prix 2020 de la SFE2. Directeur de Recherche au Centre de Théorie et Modélisation de la Biodiversité, Station d’Ecologie Théorique et Expérimentale, UMR 5321, CNRS & Université Paul Sabatier, 09200 Moulis, France. E-mail : michel.loreau@sete.cnrs.fr

Article édité par Anne Teyssèdre (JNE)

 

 


..................................................

30.03.2020 à 16:51

Visite chez nos lointains cousins en Ouganda

Observer les gorilles de montagne et les chimpanzés dans leur habitat naturel est un rêve de naturaliste. Ce rêve est devenu réalité grâce à African Escapades, qui organise des voyages naturalistes en Afrique de l’est et australe.

par Jean-Claude Génot *

J’avais déjà évoqué cette organisation dans un texte publié sur ce site des JNE le 17 novembre 2015 comme un exemple réussi d’écotourisme artisanal (African Escapades comprend deux à trois guides, dont le fondateur Frédéric March et les deux frères Innocent et Ashley Muganhiri). Pour fêter son 25e anniversaire, African Escapades a proposé à ses fidèles clients et amis un voyage en Ouganda à la découverte de nos lointains cousins, les gorilles de montagne qui se sont séparés de nos ancêtres il y a un peu plus de 6 millions d’années et les chimpanzés qui se sont différenciés entre 6 et 5 millions d’années des Homininés.

Ce qui frappe en arrivant par les airs en Ouganda, c’est l’aspect verdoyant du paysage. Nous sommes sur l’équateur et il pleut suffisamment sur le relief de collines et de montagnes, dont l’altitude moyenne est de 1 100 mètres. Dans ce pays de lacs surnommé la perle de l’Afrique, l’eau est effectivement omniprésente. Le premier d’entre eux, visible en atterrissant à Entebbé, est le lac Victoria, le plus grand lac d’eau douce d’Afrique avec ses 70 000 km2. Normalement, en ce début février, la saison des pluies est terminée, mais il a plu les cinq jours avant notre arrivée car le changement climatique dérègle le régime des pluies.

Pour aller voir nos cousins gorilles et chimpanzés, il faut se diriger vers l’ouest du pays tout en évitant Kampala, la capitale tentaculaire avec ses 4 millions d’habitants et une circulation urbaine chaotique. Pour cela nos guides, Fred et Inno, empruntent des pistes qui traversent une campagne très peuplée car ce pays grand comme le Royaume-Uni possède une densité de population de 164 habitants au km2. L’habitat est très dispersé, maisons aux murs de briques ou parfois en torchis et toit en tôle. Toutes les collines sont cultivées : bananes, maïs, café, manguiers, pâturages, rizières dans les fonds humides à l’exception de certains marécages à papyrus où les gens vont pêcher des poissons chats. La piste rouge est sillonnée de motos taxis, appelées les boda-boda, et parcourue par de nombreux piétons, dont des enfants allant à l’école. En rejoignant la route, les villages sont plus nombreux. Ils débordent d’activité avec des marchés, beaucoup de monde et des déchets plastiques partout. Sur les étalages, on trouve tous les fruits et légumes qui vont nous nourrir pendant cette expédition : avocats, bananes, mangues, tomates, ananas, fruits de l’arbre à pain. Les check-points de la police sont marqués au sol par des barres hérissées de pointes acérées pour dissuader les passages en force, mais les policiers arrêtent peu les véhicules. Quelques panneaux vus au bord de la route nous renseignent sur la situation du pays avec des thèmes comme la corruption, l’électricité pour tous, l’importance de la scolarité ou encore des projets d’aide au développement financés par les Nations Unies ou l’Union Européenne.

Vaches ankole, sur la route du parc national du lac M’Buro, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

En approchant du premier parc national qui se trouve sur notre trajet, l’arrêt pique-nique permet d’observer les vaches aux énormes cornes, nommées ankole, du nom de l’ethnie qui les élèvent et menées par une bande de jeunes bergers, curieux de voir des Européens dans cet endroit perdu. Le pâturage est extensif dans une zone occupée par de très nombreux buissons d’acacias. Les premiers primates observés sont les babouins olive, dont certains mâles ont une taille impressionnante. Deux d’entre eux sont penchés sur le cadavre d’un chevreau.

Nous arrivons bientôt dans le parc national du lac M’Buro, une savane arborée de 370 km2 avec de plus grands arbres que dans les pâturages environnants et une herbe bien grasse. On devine d’ailleurs que des conflits avec la population locale ont existé ou existent encore dans cette ancienne réserve de chasse devenue parc national en 1983 et où les lions ont été exterminés par le braconnage. Les pièges à mouche tsé-tsé installés à l’entrée du parc semblent indiquer que le territoire peut être affecté par la maladie du sommeil. En se rendant au lieu du bivouac, on a pu observer des zèbres de Burchell avec des jeunes, reconnaissables à leurs rayures marron, des topis, antilopes de couleur fauve aux cornes striées, des cobes defassa, antilopes à poils mi long gris-brun foncé, des phacochères et des girafes de Rothschild. Dans une petite mare, un hippopotame en plongée est surveillé par trois tortues depuis la berge.

Le bivouac au bord du lac est un pur bonheur malgré un orage qui résonne au loin et une bande de babouins qui rôde autour du campement. Alors que la nuit est tombée, un animal pousse un grand cri dans l’arbre qui surplombe notre table. A l’aide d’une lampe, nous observons un galago avec une queue touffue. Nous sommes chanceux car ce primate nocturne se montre rarement. Notre nuit sous tente sera rythmée par les bruits des hippopotames. Au lever du jour, nous entendons l’appel rauque d’un léopard, probablement venu chasser les babouins, les cris des grues couronnées et les beuglements des hippopotames qui vivent dans le lac. En quittant le parc, le safari du matin nous permet d’ajouter aux animaux déjà vus la veille des buffles, un groupe d’impalas, des antilopes au pelage fauve munies d’une queue blanche avec une raie noire au milieu, ainsi qu’un groupe de pintades sauvages.

Sortis du parc, nous retrouvons un paysage cultivé pour la production de mangues, de papayes, de fruits de la passion et de bananes plantain. Des plants de café poussent sous les bananiers, bel exemple de culture associée. On voit des plantations d’eucalyptus partout pour le bois de chauffage, le charbon de bois ou la construction. Des gens chargent leur vélo ou leur moto sous quatre à cinq régimes de bananes plantain et tentent de ne pas perdre leur cargaison. Il y a des antennes sur de nombreuses collines car le téléphone portable est répandu dans les campagnes. De temps en temps, des hommes s’affairent autour de fours servant à fabriquer des briques.

Défrichement aux abords du parc national Bwindi, en Ouganda - photo Jean-Claude Génot

Défrichement aux abords du parc national Bwindi, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Il faut maintenant traverser des pistes sinueuses à travers des montagnes pour nous diriger vers les gorilles. Les pentes abruptes de ces montagnes sont également cultivées ou pâturées, il reste peu d’arbres des forêts d’origine qui ont été défrichées. Je n’ai vu des zones en friche que dans une vallée étroite. Sur les pentes ensoleillées en altitude, on commence à voir des plantations de thé. Conduire sur ces pistes étroites, parfois en très mauvais état mais très fréquentées, demande un sang-froid et une certaine expérience, ce que Fred possède. La dernière partie de la piste qui mène au parc national de la forêt impénétrable de Bwindi est creusée de profondes ornières, mais cela n’empêche pas les bus surchargés de les emprunter. Avant l’entrée dans le parc, des boutiques alignées de part et d‘autre de la piste vendent aux touristes de l’artisanat, mais aussi des articles manufacturés et certaines œuvres d’artistes locaux. Cela fait un peu « marchands du temple » avant d’entrer dans le Saint des saints, la forêt des gorilles de montagnes. Pourtant, ce sont deux autres primates que nous observerons après notre installation en visitant les abords de la forêt : le cercopithèque mitis et le cercopithèque de l’Hoest, espèce rare considérée comme vulnérable.

La forêt du Bwindi, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Aller observer les gorilles de montagnes ne doit rien à l’improvisation. Les permis individuels sont à prendre un an avant la visite. L’Ouganda faisait payer ce permis 600 USD par personne en 2019, il est passé à 750 USD (environ 680 euros) cette année. Mais le Rwanda voisin demande 1 500 USD, et il y a de la demande ! Tout est organisé par le parc selon un rituel bien calé : tous les groupes de 8 personnes, il y en a 4 à 5, sont rassemblés de bon matin sur une terrasse couverte dans les locaux du parc pour une démonstration de danse et de chants des femmes de la communauté locale de Buhoma. Cela peut donner le sentiment d’une « attraction à touristes », mais en fait la prestation de ces femmes, pour qui la danse et le chant font partie intégrante de leur culture, est intégrée au programme de conservation des gorilles qui implique des retombées pour la population locale, l’une des plus pauvres du pays.

Ensuite, un responsable du parc vient faire un exposé pour présenter la forêt de Bwindi et donner les consignes à respecter pour aller observer les gorilles, dont l’une est fondamentale : c’est le gorille qui choisit de s’approcher des humains et non l’inverse. Nous sommes tous équipés avec de bonnes chaussures, des guêtres pour éviter les fourmis très « piquantes », des vêtements en cas de pluie et de l’eau car on transpire beaucoup dans cette forêt équatoriale. Chaque groupe est affecté à un guide et à une famille de gorilles à visiter. Celle-ci peut nécessiter entre une et quatre heures de marche, à 1 200 ou à 2 000 m d’altitude selon l’endroit où les primates ont passé la nuit. Chaque groupe de gorilles est suivi par des pisteurs, en contact avec les guides qui savent parfaitement au moment du départ où ils vont aller pour rencontrer les gorilles. Notre guide s’appelle Omax, il travaille pour le parc depuis plus de dix ans et connaît bien son métier. Notre trajet va durer deux heures trente avec un dénivelé d’environ 350 m. La forêt de Bwindi pousse sur des pentes abruptes qui s’échelonnent de 1 200 à 2 600 m d’altitude et 60 % du parc se situe à plus de 2 000 m.

En plus du guide, notre groupe est accompagné d’un porteur pour ceux qui ont du matériel photographique encombrant et de trois gardes armés. Officiellement, les rangers armés du parc sont là en cas de rencontre avec les éléphants de forêt, farouches et parfois agressifs. Mais l’autre raison officieuse est l’insécurité, due à la proximité avec la République Démocratique du Congo (RDC). En effet, le parc national de Bwindi est situé le long de la frontière et jouxte le parc national des Virunga en RDC et particulièrement la région des grands lacs, soumise à des troubles et des groupes armés. En 1999, un groupe de Hutus rwandais, auteurs du génocide, a assassiné des touristes et leur guide à Bwindi pour nuire au gouvernement ougandais car le tourisme rapporte beaucoup d’argent au pays et notamment à l’Autorité ougandaise pour la faune sauvage qui gère les parcs nationaux. L’ascension se fait avec des haltes, mais nos vêtements sont trempés de sueur. Le spectacle offert par cette forêt est si grandiose qu’on en oublie la difficulté du parcours. La forêt est magnifique avec des arbres gigantesques de plus de 40 m de hauteur et d’impressionnants contreforts. C’est un océan de végétation luxuriante, faite de fougères arborescentes, de lianes et d’une grande diversité de plantes.

Un gorille à dos argenté dans le parc national de Bwindi, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Le parc couvre 330 km2 et il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO du fait de sa grande diversité. Située sur la bordure occidentale de la vallée du Rift, cette forêt a été un refuge au temps des glaciations du Pléistocène et, pour cette raison, compte aujourd’hui plus de deux cent espèces d’arbres. Arrivés à un col, les nuages nous entourent, les arbres sont plus dispersés. On aperçoit au loin un nid d’abeilles sauvages suspendu à la branche d’un arbre. Puis, à l’embranchement de plusieurs sentiers, un pisteur nous attend ainsi que deux jeunes scientifiques ougandais qui notent toutes leurs observations : les gorilles ne sont pas loin ! On traverse une partie boisée pour déboucher sur l’autre versant de la montagne dans une clairière occupée par une végétation faite de hautes herbes et de fougères. Le pisteur a déjà ouvert un passage dans la végétation avec sa machette menant là où les gorilles ont passé la nuit. « Le » premier gorille est une femelle couchée sous un buisson qui tient un jeune d’environ un mois sur son ventre. Elle mange consciencieusement des feuilles sans se soucier de nous. Une seconde femelle s’avance en posture d’intimidation vers l’une des nôtres, mais s’arrête à un bon mètre. Puis elle grimpe sur un arbuste couvert de lianes, ce qui permet de voir qu’elle tient un jeune, âgé de 17 mois selon le guide, sur son dos. La famille compte dix individus. Nous suivons le pisteur au plus près et soudain nous nous retrouvons face un gorille mâle à dos noir, peut-être le fils du dos argenté, chef du groupe. Le pisteur continue de progresser vers le bas du versant dans la forêt à la recherche du dos argenté que nous verrons couché dans un épais buisson. Alors que je suis en train d’essayer de prendre le dos argenté en photo, une femelle passe en me frôlant la jambe, mais je reste immobile, trop content de ce presque contact physique. Nous avons passé une bonne heure avec les gorilles, ce qui est la règle et nous n’avons pas vu passer le temps.

Le pisteur ouvre un passage pour nous faire quitter la zone et revenir à travers cette végétation impénétrable vers un sentier qui va nous permettre de redescendre. La descente se fait sous la pluie, mais dans le bonheur d’avoir pu approcher ces animaux fabuleux et d’avoir vécu toutes ses émotions. Au moment où nous quittons la forêt pour retrouver les zones habitées, un orage éclate avec des trombes d’eau, tout le monde se met à l’abri sous l’auvent d’une maison. Omax téléphone au parc pour qu’un véhicule vienne nous chercher car nous sommes à plus d’une heure de marche de notre site de départ et la pluie diluvienne semble durer. C’est en pick-up, debout à l’arrière avec le vent et la pluie en pleine face, que nous rejoignons l’entrée du parc où nous attend la dernière partie du rituel, à savoir la remise d’un certificat du parc attestant que nous avons observé les gorilles de Bwindi. Nous aurons du mal à sécher nos affaires car l’humidité est maximale et le soir il pleut en rejoignant nos tentes. La nuit est peuplée des cris de colobes, des petits primates par rapport aux gorilles, car la forêt est toute proche.

Le lendemain nous repartons avec le même guide voir une autre famille de gorilles de seize individus, nettement plus proche qu’hier. Cette fois, nous n’assistons pas au rituel des danses et du briefing, Omax en profite pour nous dire que 460 gorilles vivent à Bwindi et que la population mondiale est de 1 000 individus vivant uniquement au Rwanda, en RDC et en Ouganda, pays qui possède trois quarts des effectifs. Cette fois pas de montée raide, mais des colonnes de fourmis à éviter et des ponts en bois pas très fiables au-dessus des ruisseaux. Le sol est glissant après l’orage d’hier et l’atmosphère est très humide. Au bout d’une heure seulement, arrivés près de l’endroit où les gorilles ont passé la nuit, nous laissons nos sacs en ne gardant que nos appareils photos. Puis nous découvrons les membres de cette famille, avec d’abord une femelle au sol, puis plus loin le dos argenté, perché sur un figuier. Il en descend tranquillement, reste au pied de l’arbre et semble attendre les autres membres de son groupe qui descendent les uns après les autres et le rejoignent pour s’éloigner en forêt d’une démarche souple et silencieuse. Une femelle est descendue en s’accrochant à une jeune tige souple que l’une d’entre nous a failli prendre sur la tête. Nous passons du temps avec une femelle et son jeune de moins de deux ans et une autre femelle avec un juvénile. La femelle serre son petit contre sa poitrine qui se tortille et remue sans arrêt. Un jeune mâle est couché en train de manger et de se gratter. En fin de matinée, le soleil fait son apparition et des rayons ont pénétré la forêt, éclairant la femelle et son petit. Omax nous rappelle que le temps est écoulé et qu’il faut laisser les gorilles à leur vie paisible. Tout le monde est satisfait de cette seconde rencontre qui a permis de compléter les observations de la veille, notamment avec ce splendide dos argenté. Nous avons droit au second certificat que notre guide nous remet en essayant de deviner nos noms; dehors le soleil aura été de courte durée car les nuages apportent la pluie. Omax insiste pour nous dire que si les touristes ne venaient pas à Bwindi, alors il y aurait moins d’argent pour protéger les gorilles et pour la population locale et le gouvernement ne ferait pas autant d’efforts pour protéger la forêt.

La rivière Ishasha, affluent du Nil Blanc, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Pour passer de la forêt des gorilles à celle des chimpanzés, il nous faut partir vers le nord et passer d’abord par le parc national Queen Elisabeth, créé en 1952. Ce parc de 1 978 km2 est une zone de savane et de bush avec des lacs occupant des anciens cratères volcaniques. Nous avons eu quelques difficultés à rejoindre l’entrée sud du parc, un camion s’étant mis en travers de la piste transformée en fondrière à cause des pluies. Il nous a fallu faire un détour et emprunter une nouvelle route en construction au milieu des engins de terrassement et des travaux dirigés par des Chinois avec des ouvriers ougandais. L’emprise de cette nouvelle route est énorme et des habitations, autrefois situées à quelques mètres de la piste, se retrouvent fragilisées au bord d’un fossé de près de deux mètres surplombant la future route décaissée. Après les obligations administratives d’usage à l’entrée du parc, nous nous dirigeons vers notre campement situé non loin d’une « caserne » où les militaires vivent dans des cases individuelles. Nous avons passé deux nuits dans un lieu sauvage au bord de la rivière Ishasha sous la surveillance de militaires armés car cet affluent du Nil blanc, peuplé d’hippopotames, marque la frontière avec la RDC.

Cobe de l’Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Deux sorties dans les vastes paysages de savane du parc nous ont permis de voir des cobes de l’Ouganda, une espèce endémique, des troupeaux de buffles, de topis et de cobes defassa, des éléphants et de nombreux oiseaux (alouettes, pie grièches, francolins, vautours à dos blanc et palmiste, aigle huppard, jabirus, grues couronnées, guêpiers, traquets, vanneaux, outardes, pintades et coucals à sourcil blanc). Les deux nuits à Ishasha ont été agrémentées par les rires d’une hyène, les rugissements des lions, les grognements des hippopotames et les cris des colobes. Puis cap au nord du parc pour rejoindre le channel Kazinga, un canal naturel de 40 km de long qui s’est formé entre le lac Edouard et le lac George. Il nous a fallu emprunter une piste très endommagée par les pluies à certains endroits. Lors d’une halte, on a pu observer facilement le colobe guéréza, un singe magnifique : noir avec de longs poils blancs sur les côtés, un visage sombre encadré d’un ourlet blanc et une queue noire se terminant par un panache immaculé. Arrivé au lodge situé au bord du channel, une balade en bateau a permis d’observer de nombreux animaux venus profiter de l’eau et des berges très végétalisées (éléphants, cobes defassa, phacochères, buffles), des crocodiles, des hippopotames et de nombreux oiseaux (ombrettes, martins pêcheurs, aigles pêcheurs, crabier chevelu, cormoran africain, jacana, ibis hagedash). Le lendemain, non loin des tentes où nous avions dormi en lisière du bush, nous avons eu la chance d’observer un hylochère, sorte de gros sanglier à poil mi-long, rare et difficile à voir car il vit en forêt dense ou dans le bush. Nous avons ensuite quitté le parc et emprunté une route en mauvais état en longeant la chaîne du Rwenzori, montagne frontalière avec la RDC, culminant à 5 109 m et qui nous a montré ses glaciers sans nuage mais jusqu’à quand ?

Un chimpanzé dans le Parc national de Kibale, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

Notre prochain campement se trouve près du parc national de Kibale, dans un domaine possédant des plantations de thé, un vaste jardin avec des fleurs et des arbres, des lodges et un endroit spacieux pour camper, situé à 1 500 m d’altitude. La visite des chimpanzés est assez différente de celle des gorilles : permis nettement moins cher (150 USD par personne), pas de danse ni de briefing avant d’aller en forêt, moins d’individus par groupe, mais plusieurs groupes peuvent se retrouver face aux mêmes chimpanzés car les guides communiquent entre eux. La route qui mène au parc national de Kibale traverse une partie des 776 km2 de forêt. Elle comporte de très nombreux ralentisseurs pour freiner les véhicules. Ici, pas de gardes armés ni de porteur pour accompagner un groupe, mais notre guide, Edison, porte un fusil. Comme nous sommes loin de la frontière avec la RDC, le fusil ne peut s’expliquer que pour deux raisons : les éléphants de forêt et les braconniers. Il nous guide vers un grand figuier où un autre groupe est déjà présent. On aperçoit de temps en temps un chimpanzé assis dans la canopée qui mange des figues. Des cercopithèques ascagne, reconnaissables à leur queue orangée, s’agitent dans les branches. Ils n’ont rien à craindre des chimpanzés qui sont déjà à table. Un écureuil passe d’un arbre à l’autre avec une grande aisance. J’ai réussi à voir une femelle avec un jeune sous son ventre. Regarder aux jumelles ce qui se passe tout en haut de ces géants est dur pour les cervicales. Heureusement, Edison décide de nous emmener vers un autre lieu en accélérant le pas. On entend au loin les cris des chimpanzés et nous arrivons à un endroit où un individu est en train de marcher. Mais les chimpanzés se déplacent plus vite que les gorilles et il nous faut les suivre pour ne pas les perdre de vue. Plusieurs individus se sont arrêtés et on peut en profiter pour les observer et prendre des photos. Parmi les comportements : des cris, une défécation, un mâle dans une attitude « pensive » et un épouillage entre deux individus. Un mâle a crié très fort et a tambouriné sur le contrefort d’un arbre. Je n’avais d’yeux que pour ces chimpanzés aux attitudes si humaines, cela m’a permis de ne pas trop m’attacher au fait que plusieurs groupes convergeaient vers les chimpanzés que nous étions en train d’observer.

La forêt de Kibalé, en Ouganda – photo Jean-Claude Génot

L’heure a vite passé et il faut revenir au centre où l’on reçoit également un certificat. La forêt de Kibale n’est pas escarpée comme celle de Bwindi, mais nous avons marché assez vite et beaucoup transpiré dans cette atmosphère humide. Le lendemain après-midi, nous effectuons notre seconde sortie, toujours avec Edison pour nous guider alors qu’il a terminé son service. Fred négocie avec la cheffe des gardes que l’on puisse partir plus tôt en forêt et nous voilà en route avec plus d’une heure d’avance sur les autres groupes. Nous marchons en file indienne derrière Edison. A partir du moment où nous entendons les cris des chimpanzés, Edison accélère le pas et soudain il faut suivre le rythme pour ne pas décrocher dans ce sous-bois dense. Après une longue descente, on aperçoit un chimpanzé qui marche devant nous, puis un autre. On suit maintenant un groupe de plusieurs individus ; deux d’entre eux s’adonnent à un rapide coït avant de reprendre leur marche. Puis nous nous retrouvons dans une vallée humide sous un énorme figuier étrangleur. Une dizaine de chimpanzés y grimpe avec une facilité déconcertante. Cette ascension dans les branchages provoque une pluie de feuilles et de quelques fruits. Un mâle s’installe confortablement au premier embranchement du tronc sur une branche légèrement inclinée comme sur un transat, se tenant d’une main à une racine du figuier étrangleur. Il regarde autour de lui, puis vers nous et, dans une position décontractée, laisse voir parfois son sexe. Une femelle descend et se dirige vers une zone dense de bambous qu’elle va consommer en cassant la tige puis, avec ses dents, elle retire les parties les plus dures pour mâcher la partie centrale plus tendre. Nous avons voulu goûter ce bambou qui n’avait aucun goût particulier. D’autres femelles ont rejoint la première à être descendue et se mettent également à manger les bambous. Nous avons apprécié d’être une grande partie du temps seuls, du fait de notre avance et parce que le groupe guidé par une collègue d’Edison n’a pas trouvé rapidement notre emplacement. Malgré la sueur, les pieds dans la boue, des brindilles dans les cheveux et quelques morsures de fourmi, je suis ravi d’avoir passé presqu’une heure et demie avec ces animaux si captivants. Au retour je n’ai pas manqué de remarquer des arbres renversés, des contreforts monumentaux ainsi qu’un arbre mort au sol, entièrement creux. Il y aurait des multitudes de trésors naturels à découvrir dans cette forêt qui abrite près de 230 espèces d’arbres, de nombreux primates, plus de 300 espèces d’oiseaux et un caféier Robusta sauvage, pour lequel un programme de commercialisation a été mis en place il y a une vingtaine d’années, mais il faut la quitter. Nous avons droit à notre second certificat pour les chimpanzés.

Sur la route du retour, nous avons observé des colobes rouges d’Ouganda, des petits singes à face sombre avec le dessus de la tête roux et un pelage beige clair, sur les arbres en lisière de la forêt. Quant aux babouins olive, ils patrouillent en groupe sur la route. Et malheur à ceux qui seraient en panne ou qui s’arrêteraient pour les prendre en photo, vitre baissée, car ils sont capables de repérer un objet sur le tableau de bord, de sauter à l’intérieur du véhicule pour le voler et de s’enfuir avant que vous ne puissiez réagir. Les rencontres avec les chimpanzés de Kibale ont été complétées par deux visites des marais du Bigodi, placés sous la responsabilité de la communauté locale. James, originaire du village voisin, est un guide très compétent qui connaît parfaitement la faune et la flore des marais. Nous avons pu observer le colobe bai et le mangabey à joues blanches, du moins la sous-espèce vivant en Ouganda, ce qui monte à 11 le nombre de nouvelles espèces de primates observées lors de ce voyage. Enfin, James était ravi de nous montrer tout un groupe de touracos géants, qui outre leur taille, forcent l’admiration par leurs couleurs chatoyantes : bleu, vert, rouge et jaune. Bien d’autres oiseaux ont été observés, parmi lesquels un calao à joues grises, deux pigeons verts et enfin le rare martin pêcheur des bois. Pour notre dernière soirée dans notre campement, nous avons eu la chance d’observer des gris du Gabon, encore appelés perroquets jaco, perchés sur un palmier tout près de notre table. De nuit, Inno a repéré une genette réfugiée dans un buisson épais qu’il a été impossible de déterminer.

Nous observons nos derniers primates dans le jardin botanique d’Entebbe avant le départ. Outre sa collection d’arbres magnifiques par leur taille et par leur forme, ce parc créé au XIXe siècle permet d’observer de nombreux oiseaux comme le touraco à queue barrée, le calao à joues grises, l’ouette d’Egypte, des guêpiers, une échasse et un gravelot au bord du lac Victoria qui borde le jardin botanique et le déborde même compte tenu de son niveau d’eau. Un groupe de vervets s’est réfugié dans les arbres après avoir houspillé un chien, qui ne peut rien contre ces singes espiègles. Ce cercopithèque de couleur gris-vert à la face noire est présent dans l’est de l’Afrique et je l’ai déjà observé en Zambie, en Tanzanie, au Malawi et au Zimbabwe.

La perle de l’Afrique a tenu ses promesses en nous révélant ses trésors naturels : forêts équatoriales, montagnes, lacs et évidemment nos cousins les grands singes qui ne peuvent pas laisser indifférent. Pour autant, comme à chaque voyage africain, on est en admiration devant la beauté de la nature, mais on perçoit également sa fragilité. Ainsi le parc national de la forêt impénétrable de Bwindi est composé de deux parties reliées par un corridor menacé par l’avancée de l’agriculture. D’ailleurs, la forêt de Bwindi n’est pas aussi « primaire » que l’on pense car entre les années 1930 et 1990, avant la création du parc national, il y a eu des prélèvements d’arbres importants sur 61 % de la forêt et du défrichement agricole sur 10 km2, des feux et de la chasse. Selon les scientifiques, 10 % seulement de la forêt est intacte. Cela est dû à la forte pression démographique autour du parc avec 300 habitants au km2, parmi les plus pauvres du pays. L’ethnie Batwa, des chasseurs-cueilleurs, était tolérée dans le parc, mais face à la pression des autres ethnies d’agriculteurs, tout le monde s’est vu interdire l’accès à Bwindi. Des projets de conservation ont ensuite vu le jour pour permettre aux gens de prélever sur certaines zones du parc certaines plantes médicinales et d’autres pour la fabrication de paniers ainsi que la pose de ruches pour le miel. Un rapport sur le développement des Ougandais vivant autour de Bwindi conclut que tant que les gens vivront d’une agriculture de subsistance, ils n’augmenteront pas leur niveau de vie et auront toujours besoin de plus de terres au détriment des forêts du parc, vu la poussée démographique. La forêt de Kibale n’a pas la prétention de se présenter comme une forêt primaire car elle fut exploitée avant la création du parc. Aujourd’hui, elle est cernée par l’agriculture car les paysans croient que le sol est meilleur autour de la forêt. La pression de la population se fait sentir notamment pour le bois de chauffage et d’autres utilisations alimentaires, même si les habitants bénéficient des retombées du tourisme par les emplois créés. La vétérinaire Sabrina Krief * étudie les chimpanzés au nord de la forêt de Kibale et observe les effets négatifs d’une route goudronnée qui traverse sa zone d’étude. A cela s’ajoutent les amputations de certains chimpanzés pris dans des pièges pour le braconnage des ongulés sauvages ainsi que les malformations touchant des jeunes suite à la consommation par leur mère de plantes cultivées avec des pesticides.

Si mon ressenti en tant que naturaliste est empreint d’émotions joyeuses au contact des grands singes, nos « frères de la forêt » comme les nomme Sabrina Krief, avec un peu de recul ma réaction d’écologue est plus mitigée. D’abord, les grands singes n’échappent pas à la loi du profit. Ils sont rares donc chers à observer, surtout les gorilles. Mais imagine-t-on des charters et des bus venir à bas prix les photographier ? C’est matériellement impossible pour de nombreuses raisons comme l’état des pistes, notamment à Bwindi, les infrastructures d’accueil insuffisantes et la nécessité de protéger les primates. C’est éthiquement impensable si l’on ne veut pas transformer ces parcs en zoos du troisième type. A raison de 40 personnes par jour et disons 200 jours de visite par an, il faudrait plus d’un siècle pour qu’un million d’humains puisse venir observer les gorilles ! Soyons sérieux, les gorilles et leur forêt constituent un trésor naturel pour l’humanité, mais qui nécessite le moins de perturbations possibles. Actuellement, on peut toujours se rassurer quant aux risques de dérangement des primates, en se disant que seuls certains groupes sont ciblés pour l’écotourisme, mais d’autres familles sont un objet d’étude pour les scientifiques. De plus, leur situation en RDC paraît incertaine. Combien de gorilles échappent encore à l’emprise humaine ? D’ailleurs, le poids écrasant de l’homme face aux gorilles peut se résumer à deux nombres : 1 000 gorilles d’un côté, c’est la population mondiale, et plus de 7 milliards d’hommes de l’autre ! Face à cette réalité mathématique, on ne peut que donner raison à Robert Hainard, artiste et philosophe suisse, qui aimait à dire qu’il n’y a pas pire violence que le nombre. Cette violence est toute aussi évidente localement puisque la densité à Bwindi est de 1,4 gorille par km2 ,contre 300 habitants par km2. Soyons clair, ce ne sont pas les grandes compagnies minières ou forestières qui menacent la forêt des gorilles, même si cela pourrait se produire, mais tout simplement de pauvres paysans qui cherchent leurs moyens de subsistance. Et encore le parc permet à certains d’entre eux de prélever des ressources dans la forêt (plantes, miel) et emploie certains habitants dans son personnel.

Nous ne sommes plus au temps des chasseurs-cueilleurs qui pouvaient vivre en harmonie avec les grands singes en forêt parce que leur densité était probablement équivalente ou inférieure à celle des gorilles. Entre temps, l’agriculteur a remplacé le chasseur-cueilleur, il a besoin de défricher la forêt pour cultiver. D’ailleurs, il y a une exposition sur les gorilles dans les locaux du parc avec une photo très explicite d’une montagne dont la moitié est encore couverte de forêt et l’autre entièrement défrichée. Face à cette pression humaine, on peut imaginer la situation inextricable dans laquelle se trouvent les responsables de la conservation de la nature : soit une agriculture extensive mais qui a besoin de plus de terres et menace les forêts, soit le recours aux intrants chimiques pour augmenter les rendements agricoles mais avec des conséquences néfastes pour les hommes et la nature, comme c’est le cas pour les chimpanzés. Il y a peut-être une troisième voie possible du côté de l’agro-écologie ou de la permaculture comme je l’ai vu pour le mélange des bananiers avec les caféiers. La production sans pesticides de produits locaux à plus haute valeur ajoutée permettrait aux paysans de dégager un revenu pour élever leur niveau de vie, mais pour cela il faudrait qu’ils puissent se rendre facilement dans les marchés d’autres villages, ce qu’ils ont du mal à faire compte tenu de l’état des pistes abimées par les pluies. Il faudrait également la mise en place d’un planning familial car l’Ouganda a un taux de fécondité de six enfants par femme et sa population a été multipliée par 8 entre 1950 et 2015. J’ai rencontré à Bwindi une ONG ougandaise qui recueille des orphelins du sida et des enfants issus de familles très pauvres pour assurer leur éducation. On sait bien que le modèle des aires protégées actuelles a été engendré par le capitalisme, dont le moteur est la croissance économique et démographique. Une civilisation qui se construit en détruisant la nature ne peut pas la protéger efficacement. Dès lors et ce n’était qu’une question de temps, l’expansion humaine rattrape toujours les aires protégées parce que l’homme ne se donne pas de limites et n’a aucune considération pour la nature. Tant que la population mondiale augmente, que la diversité biologique s’effondre et que notre civilisation ne change pas de paradigme concernant sa relation au vivant non humain, il faut tout faire pour sauver certaines espèces dans leur milieu naturel, à l’abri de l’influence humaine autant que faire se peut. Si l’Ouganda laissait ces dernières forêts équatoriales se faire défricher pour nourrir ses habitants, c’est toute l’humanité qui perdrait son âme en sacrifiant les gorilles. Laisserait-on détruire un monument historique pour construire une maison pour des sans-abris ? Notre civilisation devrait avoir honte de nous mettre face à un choix qui risque de se multiplier à l’avenir : espèce animale menacée de disparition versus humains en expansion. Que serait un monde entièrement valorisé, cultivé, domestiqué sans plus aucun élément sauvage ? Henry David Thoreau nous a alertés en affirmant que la sauvegarde du monde résidait dans le sauvage. Le monde sauvage est en quelque sorte notre terreau ontologique et fait partie de notre patrimoine génétique. Outre la perte irrémédiable d’espèces qui, comme nous, ont traversé les âges (certains diront qu’il y a toujours eu des disparitions d’espèces et que la diversité biologique est repartie), c’est le lien évolutionnaire avec ces mêmes espèces qui se brisera à jamais comme le souligne le «  philosophe pisteur » Baptiste Morizot **. Devra-t-on créer une Organisation Mondiale de la Nature intergouvernementale, qui travaillerait à la sauvegarde des espèces et de leurs habitats, en lien étroit avec toutes les autres organisations internationales (ONU, UNESCO, OMS, FMI…) pour garantir la protection des aires protégées en cas de conflits armés ou de menaces par le braconnage, mais aussi pour apporter des moyens d’éducation, de santé et de développement local à la population riveraine ?

* Ecologue

* Chimpanzés, mes frères de la forêt, Sabrina Krief. éd. Actes Sud, 2019, 162 p.

** Manières d’être vivant, Baptiste Morizot, éd. Actes Sud, 2020, 325 p.


..................................................

30.03.2020 à 14:01

Sauver la biodiversité en étant confinés

Préserver la biodiversité, la faune et la flore devient une priorité pour faire face à la pandémie de coronavirus.

par Jean-François Noblet *

L’association le Pic vert a arrêté toutes ses activités, mais elle propose aux personnes confinées de recenser et de neutraliser les pièges involontaires mortels pour la faune qui existent chez vous, dans la maison ou le jardin. C’est le cas des baies vitrées qui assomment des oiseaux, des trous au ras du sol dans lesquels des animaux tombent, des chenaux qui capturent des lézards, etc. Il existe des systèmes très simples et peu coûteux pour neutraliser ces pièges et sauver des milliers d’animaux. Toutes les personnes qui souhaitent en savoir plus peuvent demander une plaquette numérisée gratuite sur le sujet à l’adresse mail suivante : jf@noblet.me

Avec notre association le Pic vert, nous avons aussi lancé un fil de discussion sur notre forum intitulé : Je regarde par la fenêtre. On a demandé à nos adhérents de nous signaler toutes les observations naturalistes qu’ils réalisent, même pour les espèces les plus communes. On détermine les photos d’insectes, on apprend comment distinguer le sexe d’un chardonneret ou d’un Pic épeiche. Cela marche fort et on enregistre toutes les infos sur la base de données naturalistes du Pic vert.

* Coprésident de l’association Pic Vert.

 


..................................................

27.03.2020 à 00:38

4 saisons n° 241 – spécial 40 ans – mars avril 2020

Pour fêter ses 40 ans, la rédaction s’est offert une petite plongée dans les archives afin de retracer l’histoire du magazine. Toujours très attentive à ses lecteurs, elle leur offre une carte blanche de huit pages dans ce numéro anniversaire. Certains sont abonnés depuis le premier numéro et témoignent. Les collaborateurs ont également été invités à s’exprimer librement sur le sujet de leur choix. La parole est donnée également à Claude Aubert, l’un des fondateurs de Terre vivante et des 4 saisons qui vient de publier le pari fou du bio.

Tous les sols sont bons annonce d’emblée le magazine qui leur consacre son dossier. Ce milieu vivant, où racines, champignons et bactéries travaillent pour le jardinier, ne cesse pas de nous surprendre. Notons les interviews de Gérard Ducerf, spécialiste des plantes bio-indicatrices et Marc-André Sélosse, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, spécialiste des symbioses. Au sommaire également : l’asiminier, le houblon, les concombres ainsi qu’un bilan sur le frelon asiatique qui a désormais conquis la totalité de notre territoire. Et côté pratique : les toilettes sèches, la récolte de la sève de boulot et jardinier au collège.

Danièle Boone

Éditions Terre Vivante, 4 saisons, en kiosque, 6,60 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org


..................................................

27.03.2020 à 00:21

Mon cahier cocooning avec les plantes en mode garden thérapie ! par Adeline Gadenne (JNE) et Vanessa Bozec

Les plantes, c’est bien connu, sont bénéfiques pour le moral. En faisant rentrer la nature chez soi, on se crée un espace où on se sent bien, ce qui permet de se recentrer au retour de la jungle urbaine. D’abord, faire le test : quel lien avez-vous avec votre sweet home ? Car selon, vous ne rechercherez pas la même ambiance.

Avec une approche ludique, ce petit livre sous forme de cahier d’écolier est bourré d’astuces, de conseils pour prendre soins de ses protégées mais aussi pour bouturer ses préférées. Les plantes peuvent aussi être utilisées sous leur forme excessivement concentrées d’huiles essentielles. Certaines seront idéales pour la méditation, d’autres pour le bain, d’autres pour purifier l’atmosphère.

Mon chapitre préféré est sans aucun doute «Un mini-potager pour créer l’abondance. » Il y est question de permaculture sur son balcon et de diversités biologiques. Si les aromatiques sont les faciles incontournables, on peut se lancer un défi et expérimenter le maximum de cultures notamment avec les cultures verticales. Je vous l’avais bien dit que ce livre est une profusion d’idées !


Solar éditions, 96 pages, 7,90 €
Contact presse : Anny Poughon. Tél.: 01 44 16 08 53 / 06 25 84 38 66 anny.poughon@edi8.fr
(Danièle Boone)


..................................................

26.03.2020 à 23:10

GARDEN_LAB n° 9 – Être botaniste

Pour qui aime les plantes et les jardins, le neuvième numéro de Garden_Lab, ce magazine au format livre (mook) est un régal. On y rencontre des botanistes célèbres ou amateurs qui nous font part de leurs émerveillements et de leurs questionnements à un moment où il devient crucial de changer notre rapport au vivant et au monde végétal. Dans une conversation qui ne manque pas de sel, Patrick Blanc et Francis Hallé échangent leurs points de vue sur la manière dont se développent les plantes et leurs facultés d’adaptation. Ailleurs, Christophe de Hody nous fait découvrir les trésors des plantes sauvages urbaines, Gilles Deparis, le directeur du jardin botanique de Lyon explique comment il cherche à recréer le lien entre les visiteurs et la nature, Marc Jeanson, en mission au jardin Majorelle de Marrakech, confie sa volonté de mettre en valeur la flore locale.

La revue nous offre également un voyage en Bretagne à la rencontre de quatre femmes enthousiastes qui donnent un second souffle au jardin de Roscoff et nous fait découvrir une palmeraie étonnante sur l’île de Batz ainsi qu’un jardin exotique à Belle-île-en-Mer. Ces pages accordent une large part à l’art. Jean-Baptiste Hugo y présente des œuvres de son père, le peintre Jean Hugo, mises en regard avec les vers de son aïeul, Victor Hugo. On y découvre également le travail dédié au végétal de deux dessinatrices et une céramiste, qui ont appris ainsi à aiguiser leur regard et leur connaissance des plantes. Mention spéciale aux reproductions des œuvres des artistes verriers Leopold et Rudolf Blaschka, dont les sculptures de plantes étonnamment réalistes exposées à l’université de Harvard ponctuent les différentes parties de cette revue. Un grand bravo également aux photographes et à la directrice artistique qui a su élégamment mettre en valeur ce patrimoine végétal et humain, ainsi qu’à notre consœur, Sylvie Ligny (JNE) cofondatrice de la revue. Il n’est pas toujours facile en ces temps de crise sanitaire de se procurer ce numéro en librairie ou en kiosque. Mais vous pouvez toujours le commander sur le site internet de la revue.
Carine Mayo

GARDEN_LAB, 178 pages, 19,90 € – gardenfab.fr/le-mook


..................................................

26.03.2020 à 22:53

Je sauve les oiseaux par Danièle Boone (JNE) – illustrations Melody Denturck

Face à l’effondrement de la biodiversité et aux nouvelles peu réjouissantes qui peuvent angoisser les enfants, Danièle Boone leur propose un remède radical : passer à l’action. Ce petit livre leur propose dix missions à réaliser pour accueillir les oiseaux dans son jardin ou sur son balcon et les préserver des dangers qui les menacent. A la lecture de ce livre, on comprend bien que pour protéger les oiseaux, il ne suffit pas de les nourrir et de leur fabriquer des nichoirs. Il faut aussi – et d’abord – préserver leur milieu : ne pas tondre le gazon à ras, ne pas utiliser de pesticides ,et semer, planter des végétaux qui contribueront à leur offrir gîte et nourriture. Ainsi, à côté d’un plan de nichoir et d’une recette pour fabriquer un pain de graisse, on trouve des conseils pour fabriquer des bombes à graines, planter des arbustes, faire des boutures de lierre… Les gestes écocitoyens ne sont pas oubliés : ramasser les sacs plastiques dans la nature, compter les oiseaux ou se rapprocher d’une association de protection de la nature. Pour faire passer ce message, ce livre est illustré de manière légère et poétique par Melody Denturck. Le tout donne un petit guide très pédagogique à utiliser avec des enfants autour de 6-10 ans.


Rustica éditions, collection Rustikid, 64 pages, 7,95 €, www.rusticaeditions.com
Contact presse : Mathilde Manceau – m.manceau@fleuruseditions.com
(Carine Mayo)


..................................................