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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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29.09.2026 à 11:18

«On vit un paradoxe terrible» : trahie par le gouvernement, la filière des énergies renouvelables s’enfonce dans la crise

Anne-Claire Poirier

Texte intégral (837 mots)
Paris, le 10 février 2026. Des salarié·es des énergies renouvelables avaient manifesté pour la première fois, en début d’année. © Adnan Farzat/NurPhoto via AFP

La filière des énergies renouvelables se réunit ce mardi à la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris pour son 27ème raout annuel organisé par le syndicat des énergies renouvelables (SER). Fait notable cette année : aucun ministre n’a daigné faire le déplacement. À l’inverse, des salarié·es ont décidé d’organiser une manifestation en marge de l’évènement. Chose rare pour une filière qui n’a manifesté que deux fois dans son histoire : la dernière, c’était au mois de février dernier.

Il faut dire que le secteur paie cher les promesses non tenues par le gouvernement (voir plus bas). D’après le collectif de salarié·es à l’origine des mobilisations «plus de 20 000 emplois dans le solaire et l’éolien ont été supprimés ou menacés au cours des deux dernières années», sachant que ces seules filières représentaient en 2024 près de 70 000 emplois, selon le SER.

«On a aujourd’hui la certitude qu’on va vers quelque chose de très néfaste ces prochains mois ; ça pourrait être une hécatombe», déplore Valentin Pineau, développeur de projets photovoltaïques dans l’une des nombreuses PME du secteur. Selon le réseau d’entreprises France Renouvelables, qui a sondé sa centaine d’adhérent·es en mai, «10 à 15% recrutent, 40% stagnent et le reste décroit».

Promesses et revirements

Comment cette filière, que l’on dit «d’avenir», en est-elle arrivée là ? «En 2022-2023, le gouvernement nous a dit : “Allez-y !” ; tout le monde a beaucoup embauché», explique Camille Girard, directeur de la communication de Valorem, qui développe des projets solaires et éoliens.

À l’époque, la guerre en Ukraine et les problèmes de corrosion nucléaire avaient plongé la France dans une grave crise énergétique. Les énergies renouvelables avaient été appelées à la rescousse, notamment dans le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui planifie le développement des énergies filière par filière à horizon 2030 et 2035.

Trois ans plus tard, et malgré de sévères secousses en provenance d’Iran, le gouvernement a enchaîné les revirements, laissant toute une filière dans l’impasse. Un exemple : dans la version finale de la PPE qu’il a publiée en début d’année – avec trois ans de retard –, les objectifs de développement des renouvelables ont finalement été sabrés de 10 à 20% selon les filières (notre article). Et même eux ne seront pas respectés : en 2026, le gouvernement a ainsi attribué moins de la moitié des 4,6 gigawatts (GW) de projets prévus, selon le SER. Pour 2027, la visibilité est quasi nulle en raison de l’élection présidentielle.

Non content d’oblitérer le développement de futurs projets, le gouvernement vient d’annoncer qu’il envisageait d’auditer environ 8 000 projets photovoltaïques déjà construits pour diminuer leurs subventions de façon rétroactive en cas de «sur-rémunération». Alors que le bénéfice économique n’a pu être chiffré, le message politique est on ne peut plus clair : «C’est de l’acharnement. En fait, on veut éteindre les renouvelables», estime le président du syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen.

«On est en pleine crise énergétique, on devrait pourtant être une évidence», se désole-t-il. «On vit un paradoxe terrible entre la volonté affichée d’accélérer la transition écologique d’un côté et des destructions d’emplois de l’autre», confirme Mattias Vandenbulcke, porte-parole de France Renouvelables. Au début du mois, la Commission de l’énergie a encore confirmé dans un rapport que «le développement des énergies renouvelables transfère globalement du pouvoir d’achat vers les consommateurs», avec des factures moins élevées. Dommage de ne pas s’en saisir, à l’heure où le prix du litre de gasoil frôle les trois euros…

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29.09.2026 à 11:10

La France réautorise le triallate, un pesticide interdit en raison d’un «risque inacceptable» pour l’eau

Esteban Grépinet

Texte intégral (961 mots)
Le 26 mai, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, avait conseillé à l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (APGB) de demander une dérogation de 120 jours pour l’utilisation d’un herbicide à base de triallate. © Quentin de Groeve/Hans Lucas via AFP

Même interdites en raison des risques qu’elles font peser sur la santé ou l’environnement, des substances toxiques peuvent être épandues dans les champs. C’est le cas de l’Avadex Factor, un pesticide interdit en France depuis 2023, qui vient de bénéficier d’une dérogation de 120 jours, signée mardi dernier par les services du ministère de l’agriculture.

Commercialisé par l’entreprise étatsunienne Gowan, cet herbicide pourra être utilisé du 23 septembre 2026 au 21 janvier 2027 dans les champs d’orge, l’une des principales céréales cultivées dans l’Hexagone. Le produit contient principalement du triallate, une substance encore utilisée dans une poignée de pays européens, et dont l’ensemble des usages est interdit en France depuis trois ans.

Garante de la mise sur le marché des produits pesticides, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a identifié en 2023 un «risque inacceptable de contamination des eaux souterraines» lié au comportement du triallate dans l’environnement. L’un des produits issus de la dégradation de cette molécule, le diisopropylamine, pourrait largement dépasser les seuils de qualité de l’eau potable, d’après les estimations des modèles réglementaires.

«Les données disponibles ne permettent ni d’exclure un risque d’effet nocif pour le consommateur, ni d’exclure un risque d’effet inacceptable pour les arthropodes non cibles», soit pour tous les insectes et autres petites bêtes qui ne sont pas visés par ce pesticide, expose encore l’Anses dans sa décision de retrait. Très toxique pour les organismes aquatiques, le triallate inquiète également pour ses effets potentiels sur la santé humaine, notamment sa génotoxicité, c’est-à-dire sa capacité à endommager l’ADN. L’Avadex Factor devra être épandu hors des périmètres de protection des captages d’eau potable et respecter une zone non-traitée de 20 mètres par rapport aux points d’eau, précise la dérogation octroyée par le ministère de l’agriculture.

Annie Genevard a incité les céréaliers à demander une dérogation

À l’origine de cette demande de dérogation, l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a salué vendredi «une avancée concrète face à la progression des résistances et à la réduction continue des solutions disponibles pour maîtriser les graminées adventices», autrement dit les «mauvaises herbes». Rattaché au syndicat agricole majoritaire FNSEA, l’organisme se dit sans solution dans l’attente d’une évaluation par l’Anses d’un nouveau produit à base de triallate.

Plus étonnant : la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, avait elle-même incité les céréaliers français à déposer une demande de dérogation lors d’une allocution au congrès annuel de l’AGPB à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 26 mai dernier. «Je vous confirme qu’en attendant les conclusions de l’Anses sur ces dossiers, des demandes de dérogation de 120 jours peuvent être portées pour examen auprès de la DGAL», la direction générale de l’alimentation, avait-elle annoncé.

Contactés par Vert, le ministère de l’agriculture et l’APGB n’ont pas répondu pour le moment. Ces dérogations de 120 jours sont permises par la réglementation européenne sur les pesticides en cas de «danger qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables». «Il faut quand même démontrer qu’il n’y a pas de “risque inacceptable”, avertit auprès de Vert Pauline Cervan, toxicologue au sein de l’association Générations futures. Avec cette procédure d’urgence, la ministre est en train de détourner les avis de l’Anses, qui a évalué de manière approfondie ces produits et a clairement montré que les risques sont inacceptables.»

Ce mardi, Générations futures annonce saisir la justice via un recours en référé pour faire annuler la dérogation accordée à l’Avadex Factor par le ministère de l’agriculture. L’association a déjà engagé plusieurs recours contre des dérogations de pesticides interdits accordées par la France, à l’image du spirotétramate, un insecticide suspecté d’être toxique pour la reproduction, autorisé ce printemps dans plusieurs cultures, notamment les vergers.

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27.09.2026 à 06:00

Croquettes, pâtées, repas maison ou menus végé : quelle est la nourriture pour chat et chien la plus écologique ?

Raphaëlle Vivent

Texte intégral (1216 mots)
Sur le plan environnemental, les croquettes valent mieux que la pâtée. © Adobe stock

Le lourd bilan carbone de l’industrie de la viande est désormais bien connu, et plus de la moitié des Français·es déclarent avoir réduit leur consommation ces dernières années. Dans le même temps, de plus en plus de personnes s’interrogent sur l’impact environnemental de l’alimentation de leurs compagnons à quatre pattes, qui repose en grande partie sur les protéines animales.

L’alimentation représente 90% de l’empreinte carbone de nos animaux domestiques. Selon l’Ademe, elle s’élève à environ 50 kilos équivalent CO2 (kgCO2e) par an pour un chat. Pour un chien, c’est entre 125 et 595 kgCO2e, selon son poids. On est loin de l’empreinte carbone moyenne de l’alimentation d’un·e Français·e, soit 2,1 tonnes de CO2e par an.

Croquettes, pâtées ou rations ménagères ?

Cuisiner du blanc de poulet ou de l’échine de porc pour son animal peut sembler une bonne idée. C’est pourtant le mode d’alimentation le plus néfaste pour l’environnement. Selon une analyse d’impact publiée en 2023 dans La Dépêche vétérinaire, un repas maison à base de poulet frais émet cinq fois plus de CO2e qu’un bol de croquettes, et jusqu’à vingt fois plus s’il est à base de bœuf. «Le problème de la ration ménagère, c’est qu’on utilise des produits dédiés à l’alimentation humaine, qui ont un impact carbone massif : des animaux sont élevés pour en nourrir d’autres», explique Charlotte Devaux, vétérinaire spécialisée en nutrition animale.

À l’inverse, les croquettes et les pâtées industrielles sont fabriquées à partir de «sous-produits animaux», c’est-à-dire de parties de l’animal que les humain·es ne consomment pas : peau, os, sang, graisse ou encore certains abats. Issus de la filière viande existante, ces morceaux ont donc une empreinte carbone plus faible.

Vaut-il alors mieux se tourner vers la nourriture sèche ou humide ? Entre ces deux options, ce sont bien les croquettes qui l’emportent sur le plan environnemental. Une étude publiée en 2022 dans la revue Scientific Reports indique que la pâtée peut émettre jusqu’à huit fois plus de CO2e que l’alimentation sèche. Principale explication : dans les régimes humides, 90% des calories proviennent d’ingrédients d’origine animale, contre 45% dans les régimes secs. Enfin, mieux vaut privilégier une alimentation à base de petits animaux, notamment de volaille, plutôt que de bœuf, de mouton ou de porc.

Une alimentation végé pour mon animal, c’est possible ?

Pour réduire l’empreinte carbone, faut-il nourrir les animaux de compagnie de façon végétarienne, voire végane ? Techniquement, c’est possible, assure Charlotte Devaux, qui a consacré un article à la question. Les chats et les chiens ont besoin d’acides aminés et d’acides gras essentiels, de vitamines, de minéraux et de fibres. Autant de nutriments que l’on trouve dans des produits d’origine animale ou végétale, ou sous forme synthétique.

Dans les faits, c’est plus compliqué. «Déjà, il faut oublier la ration ménagère végétarienne ou végétalienne. C’est très technique de confectionner de la nourriture pour animaux sans protéines animales. Avec des repas maison, il y a trop de risques de carences», alerte la vétérinaire. Surtout pour le chat, qui est un carnivore strict. Le chien, lui, peut suivre un régime omnivore, mais il a tout de même des besoins spécifiques.

Côté alimentation industrielle, Charlotte Devaux distingue deux catégories : les marques vétérinaires et les marques grand public. Les premières proposent des aliments végétariens de bonne qualité. «Elles ont été développées dans un objectif de santé, pour des animaux qui ne tolèrent pas les protéines animales. Elles sont souvent à base de soja et contiennent les nutriments nécessaires aux chats et aux chiens. En revanche, elles ne sont pas véganes, puisqu’elles contiennent de l’huile de poisson», détaille-t-elle. Plus caloriques que les croquettes classiques, ces aliments ne conviennent toutefois pas à tous les animaux.

En revanche, les gammes végétales des marques grand public ont tendance à être déséquilibrées. Une étude étatsunienne de 2015 a ainsi montré que seules cinq références végétariennes sur 21 couvraient les besoins nutritionnels du chien ou du chat. Pour les croquettes végétaliennes, des études brésilienne, allemande et canadienne n’ont identifié aucun produit présentant les teneurs en nutriments nécessaires, ce qui expose l’animal à des risques de carences.

Et les protéines d’insectes ?

Plusieurs marques de croquettes et de terrines pour animaux produisent à base d’insectes, ces derniers étant très riches en protéines et en nutriments. Cette option n’est pourtant pas si vertueuse pour la planète. D’abord, les élevages d’insectes sont énergivores, car ils doivent être chauffés en continu entre 25°C et 30°C. Ensuite, les insectes n’ont pas le droit d’être nourris avec des déchets : les éleveurs se tournent donc vers des dérivés de céréales, habituellement destinés aux autres types d’élevages.

Comme le résumait une étude publiée en 2021 dans le Journal of insects as food and feed, les protéines d’insectes sont une piste à explorer pour l’alimentation humaine, mais elles présentent peu d’intérêt pour celle de nos animaux domestiques. Pour cause : la viande utilisée dans les croquettes et les pâtées provient déjà de sous-produits animaux. Charlotte Devaux l’affirme : «En termes d’impact environnemental, il vaut mieux des croquettes au poulet que des croquettes aux insectes.»

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26.09.2026 à 18:37

Marche pour le climat : à Fontainebleau comme dans plus de 260 villes, «l’été a provoqué une grosse envie d’agir»

Mathilde Picard

Texte intégral (1899 mots)
Fontainebleau, samedi 26 septembre. Wendel réclame davantage de justice sociale dans les mesures d’adaptation au changement climatique. © Mathilde Picard/Vert

«D’habitude, à Fontainebleau, c’est plutôt les processions catholiques», remarque Véronique, à la tête d’un commerce de prêt-à-porter. Sur le pas de son magasin, elle observe la marche pour le climat, le vivant et la justice sociale progresser vers le centre-ville. «Tout le monde n’est pas allé voir le pape à Paris alors», s’amuse une habitante qui ignorait tout de la manifestation jusqu’à la voir surgir au coin d’une avenue.

Dans la rue piétonne, les militant·es marchent en famille et entre ami·es, pancartes en main : «Pas de nature pas de futur», «Changeons la politique pas le climat» ou encore «Liberté, dignité, habitabilité». Plus de 800 personnes se sont mobilisées à Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Comme dans près de 260 villes en France, les Bellifontain·es ont répondu à l’appel du mouvement citoyen du 26 septembre, publié en exclusivité dans Vert au cœur de l’été caniculaire.

Une première pour nombre d’organisateurs et de participants

«Ces derniers mois, on a vécu un trop-plein d’anxiété, ça a provoqué une grosse envie d’agir», raconte à Vert Ingrid, organisatrice. Comme nombre de ses camarades, c’est la première fois que la cinquantenaire participe à la mise en place d’une manifestation.

Elle explique ce qui l’a poussée à se lancer : «Je suis originaire de Bordeaux et j’habite près de Fontainebleau ; j’ai vécu coup sur coup les incendies de mon lieu de vie et de ma forêt d’enfance, ça a été très dur, c’était dystopique.»

Après l’incendie historique qui a ravagé 10% de la forêt francilienne à la mi-juillet, la protection de ce patrimoine naturel est aujourd’hui sur toutes les lèvres. À quelques kilomètres de la place du marché, d’où s’est élancé le cortège, encore 2 500 hectares en cendres sont fermés au public sur les 22 500 que couvre la végétation.

Les manifestant·es réclament l’interdiction de la chasse dans la forêt de Fontainebleau. © Mathilde Picard/Vert

L’Association pour la préservation de la faune sauvage en forêt de Fontainebleau donne de la voix dans le défilé. «Pour une forêt vivante», clament ses membres, en chœur. Parmi eux, François et Olivier ont été marqués par le brasier. «La faune a énormément souffert à cause de la sécheresse et des incendies, déplore Olivier. C’est lamentable que la chasse soit autorisée dans ces conditions.»

Marcher à proximité de la forêt : «un symbole fort après l’incendie»

François abonde : «Dans les mares de la forêt que je connais bien, il n’y a plus d’eau, donc il n’y a plus de vie.» «Défiler à Fontainebleau est un symbole fort après l’incendie», approuve Priscilla. La jeune femme participe à un rassemblement pour la première fois. Elle est venue avec son amie Léa, qui brandit une pancarte «Le capitalisme ne sauvera pas la planète». «C’est important de parler de la forêt, un des poumons de l’île-de-France, insiste-t-elle. Mais le problème est plus large, on ne peut pas parler d’écologie tout en acceptant de continuer d’extraire du pétrole.»

Priscilla et Léa participent à une manifestation pour la première fois. © Mathilde Picard/Vert

Inquiètes d’une potentielle répression policière, les deux vingtenaires préfèrent marcher ici plutôt qu’à Paris. «On est plus à l’aise à Fontainebleau, c’est plus tranquille», souligne Priscilla. Outre les Bellifontain·es, des habitant·es de tout le département ont afflué.

Justine et Wendel viennent de Savigny-le-Temple. «On habite dans une résidence construite il y a deux ans et il a fait plus de 36 degrés Celsius chez nous cet été, s’indigne Justine. On vient pour se redonner espoir parce que, pour l’instant, toutes les décisions sont prises par les riches, pour les riches, alors qu’on a besoin de justice sociale et de vraies mesures d’adaptation au réchauffement climatique.»

Anne, artiste dans le sud de la Seine-et-Marne, est venue exprès malgré la distance. «Je me suis dit que la place allait être plus remplie, je m’attendais à voir plus de monde», confie-t-elle. «À Fontainebleau, il n’y a pas souvent de manifestations», justifie Ingrid. Alors les organisateur·ices insistent sur le mot d’ordre du mouvement national. «On rappelle qu’on est apartisan», indique-t-elle. Un moyen, selon le collectif, «d’attirer du monde dans une ville pas particulièrement de gauche».

Une stratégie que toutes et tous ne partagent pas au sein du rassemblement. À la vue d’une pancarte pour la défense du climat et de la Palestine arborant un petit logo La France insoumise, certaines voix s’échauffent. Des organisateur·ices demandent le retrait de la pancarte, au risque de «décrédibiliser le mouvement». «On avait prévenu, s’agace Christine, l’une des instigatrices. Les partis politiques peuvent défiler, mais à l’arrière du cortège et sans arborer de signe ni de pancarte.»

La foule s’est rassemblée sur la place du marché. © Mathilde Picard/Vert

Les groupes locaux du mouvement du 26 septembre se sont réunis autour de trois axes énoncés dans la tribune publiée par Vert. Ils réclament des mesures d’adaptation au changement climatique, d’autres d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’un plan d’urgence pour protéger les plus vulnérables. Pour ce faire, le mouvement propose de taxer les superprofits des industries des énergies fossiles et de l’armement, ou encore de mettre en place un impôt climatique sur les grandes fortunes.

Outre les groupes politiques et citoyen·es, les associations participent aussi, à l’image d’Amnesty International, de la Ligue des droits de l’Homme, d’Extinction Rebellion, de Terre de liens, des Amis de la terre, ainsi que des collectifs locaux de cyclistes. Le collectif de lutte contre le projet de data center à Fouju (Seine-et-Marne) est également présent. «Trop de blé pour les centres de données et pas assez de fric pour le service public», scandent ses membres à l’unisson.

Les plus motivé·es ont conclu le rassemblement par une assemblée citoyenne. L’occasion d’organiser la suite et de proposer des actions à l’échelle locale. «C’est un mouvement qui n’est pas destiné à s’arrêter, s’enthousiasme Ingrid. On va poursuivre la démarche jusqu’aux élections, il faut qu’on se fasse entendre le plus longtemps et le plus fort possible.»

Un rassemblement national dans le Tarn est déjà prévu pour coordonner tous les mouvements locaux à travers la France. Les dates du 14 et 15 novembre sont évoquées pour programmer une nouvelle marche.

De Saint-Étienne à Paris, la couverture de survie comme symbole du mouvement

Les 260 manifestations de samedi ont réuni plus de 120 000 personnes, selon les organisateur·ices. La foule était au rendez-vous à Nantes (Loire-Atlantique), où la marche a rassemblé quelques milliers de personnes au Miroir d’eau. À Saint-Étienne (Loire), elles et ils étaient environ 800. À Clermont-Ferrand, où environ mille personnes se sont retrouvées, un automobiliste a forcé le passage et foncé sur la foule, faisant quatre blessé·es.

Des marches se sont tenues dans d’autres villes moins habituées à de tels évènements, comme Pornic (Loire-Atlantique) ou Périgueux (Dordogne). À Paris, la préfecture a transformé la manifestation en rassemblement statique en raison de la venue du pape. En début de soirée, la place de la République s’est remplie de monde dans une ambiance festive. Les manifestant·es ont arboré des couvertures de survie, symbole du mouvement à l’échelle nationale, pour rappeler le manque d’adaptation des logements aux températures extrêmes.

Paris, place de la République, ce samedi. Nombre de manifestant·es ont arboré des couvertures de survie. © Moncef Arbadji/Vert

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