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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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25.09.2026 à 06:00

De Tours à La Rochelle, Léa Navarro vogue pour la science et contre les déchets plastiques : «On a besoin de rêver pour pouvoir lutter»

Clément Gousseau

Texte intégral (1445 mots)
Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre 2026. La militante écologiste Léa Navarro s’est lancée dans une odyssée du plastique : un voyage, le long de la Loire et de l’océan Atlantique, sur la trace de nos déchets. © Clément Gousseau/Vert

Des clameurs s’élèvent d’un ponton du bord de la Loire, à Saumur (Maine-et-Loire), ce mercredi 2 septembre. Une dizaine d’enfants agitent frénétiquement les mains, les yeux rivés sur l’eau.

Voguant dans leur direction, Léa Navarro salue la foule, escortée par une flotille. Voilà trois jours que cette salariée de Wings of the Ocean, une association qui agit pour la protection des littoraux, a quitté Tours (Indre-et-Loire), sa ville d’origine. Elle a entrepris une odyssée de plus d’un mois qui doit la mener jusqu’à La Rochelle (Charente-Maritime), où elle vit, le 3 octobre.

Ce périple, à bord d’un canoë jusqu’à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), puis à vélo le long du littoral, vise à pister nos déchets plastiques jusqu’à l’océan. «Ce n’est pas tous les jours qu’on accueille une personne engagée dans cette démarche», se réjouit Delphine Aslan, adjointe en charge de la démocratie participative (Les Écologistes) à la mairie de Saumur.

Au-delà du simple «défi sportif, pour mes 30 ans», et du «plaisir de dormir dehors en mangeant des soupes lyophilisées», Léa Navarro compte prendre sa part de la lutte contre cette pollution. «Ça fait six ans que je suis engagée sur ces sujets», rappelle-t-elle. Au fil de son voyage, elle fait de la sensibilisation auprès des enfants et recense les détritus repêchés.

«À 19 ans, je suis tombée amoureuse de l’océan en allant surfer avec des copines à Biarritz [dans les Pyrénées-Atlantiques, NDLR]. Quand on aime cet univers, on est vite confronté à la problématique des déchets», rembobine-t-elle. Chaque année, en France, près de huit milliards de bouteilles en plastique et de canettes sont incinérées, enfouies ou abandonnées dans la nature, selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Beaucoup finissent par souiller les mers et les océans, où elles se fragmentent en microplastiques, de petites particules souvent invisibles à l’œil nu.

Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre 2026. Léa Navarro, salariée de Wings of the Ocean, veut interpeller les maires sur leur pouvoir d’action pour lutter contre les déchets plastiques. © Clément Gousseau/Vert

«Avant de me mettre au surf, je n’étais pas plus engagée que cela sur l’écologie, en dehors de ma participation aux marches pour le climat», reconnaît Léa Navarro. Mais la militante, «féministe», découvre vite que «les oppressions et les systèmes de domination» auxquels elle s’oppose sont liés les uns aux autres. «On ne peut pas faire avancer les choses uniquement en achetant en vrac et en ayant une gourde», ironise-t-elle.

Une bouteille de la mer aux maires

Son périple donnera lieu à une restitution, avec des données sur les déchets trouvés mises à disposition sur le site internet de Wings of the Ocean. Mais cette adepte de «la science participative» veut aller plus loin : «Je rencontre les maires le long de mon parcours, comme ici, à Saumur. Pas pour être dans une posture de dénonciation, mais pour leur montrer qu’ils peuvent faire bouger les choses.»

Avec une idée en tête : promouvoir le retour de la consigne. Elle travaille avec Reloop, une organisation internationale qui œuvre en faveur de l’économie circulaire et qui s’est associée à son projet. «Cela réduirait les dépôts sauvages», espère-t-elle. Et de citer les réussites en la matière aux Pays-Bas et en Slovaquie, pays qui ont réintroduit la consigne ces dernières années.

Une dizaine d’élu·es l’ont déjà reçue, comme à Ancenis et Pornic (Loire-Atlantique). Elle raconte : «Ils se disent prêts à envisager des choses dans leur commune s’ils sont accompagnés ; il faut maintenant laisser la graine germer.»

Léa Navarro, lors de son arrivée à Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre. © Clément Gousseau/Vert

Début septembre, le gouvernement a renoncé à mettre en place un dispositif de consigne obligatoire pour les bouteilles en plastique. «Cette idée n’est pas la solution miracle, mais cela permettrait déjà d’avancer et d’avoir des impacts», souffle Léa Navarro. Notamment au niveau local : «Je crois beaucoup en l’humain, au fait de se parler ; ce sont les gens ancrés dans leur territoire qui ont le pouvoir de passer à l’action.»

Rien d’un hasard, pour une «enfant issue d’une famille très politisée, notamment sur la lutte des classes», où l’on «m’emmenait en manif gamine».

Pour les maires qui ont refusé sa main tendue, l’activiste a imaginé un moyen de sensibilisation original : «Une bouteille de la mer aux maires.» L’idée ? «Déposer dans ces mairies une lettre dans une bouteille ramassée le long de mon parcours», expose-t-elle. Les édiles qui le souhaitent peuvent ensuite être accompagné·es par Reloop afin d’imaginer des actions locales.

Une manière de «prendre le pari de l’humour et de la bonne humeur», souligne Léa Navarro. Celui de l’engagement, aussi : «On a toutes les raisons d’être pessimistes pour l’avenir, mais on doit se mettre en mouvement.»

«Toute ma vie, je sais que je serai engagée sur ces sujets-là»

D’ailleurs, son odyssée du plastique est «loin d’être solitaire. J’ai tout le temps des amis qui m’accompagnent ; ma grand-mère est même montée sur mon canoë lors du départ», s’amuse-t-elle. Et ce n’est qu’une première pierre : «Toute ma vie, je sais que je serai engagée sur ces sujets-là.»

Des actions de sensibilisation à la pollution plastique sont prévues lors de l’odyssée de Léa Navarro. © Clément Gousseau/Vert

Elle espère politiser cette question, la prochaine élection présidentielle en ligne de mire. «Ce serait irresponsable de ma part de ne pas vouloir m’engager», tranche la Rochelaise d’adoption.

Il s’agit aussi de proposer un autre récit. «On n’a pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour vivre de belles aventures : je croise tous les jours des gens qui sont ultra-attachés à la Loire, décrit-elle. Cela peut faire “boomeuse” de dire ça, mais je pense qu’on a aussi besoin de sortir de nos écrans et de se rendre compte des choses.» Avant de rejoindre un groupe d’enfants armé·es de seaux pour ramasser des déchets, elle lance une dernière bouteille à la mer : «On a besoin de rêver pour pouvoir lutter.»

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24.09.2026 à 10:59

«On ne sera jamais 100% indépendants» : pourquoi la «souveraineté numérique» promise grâce aux data centers est un mirage

Lilou Hiver

Texte intégral (1690 mots)
Paris, le 25 novembre 2025. Emmanuel Macron lors d’un sommet international sur l’IA. © Julien De Rosa/AFP

Partout en France, les centres de données poussent comme des champignons. Pour justifier cette prolifération, le gouvernement et les acteurs du numérique brandissent toujours le même argument, celui de la souveraineté. Un discours omniprésent depuis le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA), organisé à Paris en février 2025. Dernier exemple en date : le 24 août, avec le projet d’un data center Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin). Celui-ci a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur, qui considère qu’il «répond à un objectif de souveraineté numérique nationale».

Mais peut-on parler de souveraineté alors que le projet est lancé par une entreprise étasunienne ? Non, selon Alexandra Lutz, de l’association technocritique Data for Good. «Quand on parle de souveraineté numérique, on entend la capacité des États à contrôler les infrastructures, les données et les ressources, et à limiter leur dépendance vis-à-vis d’autres nations», explique-t-elle.

Le Paris Digital Park de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) est le plus grand data center de France. © Anne-Claire Poirier/Vert

Les sociétés étasuniennes sont pourtant derrière l’écrasante majorité des centres de données en Europe. Sur les 15 gigawatts (GW) d’électricité réservés à ces infrastructures, seulement 1,4 GW est utilisé par des entreprises européennes. Les nouveaux projets ne font pas exception. Google prévoit de s’implanter près de Châteauroux (Indre), tandis qu’Amazon Web Services (AWS) construit un centre à Wissous (Essonne). Selon la Commission européenne, d’ici 2028, AWS, Microsoft et Google devraient exploiter 65% des data centers en Europe. À cela s’ajoutent les nombreux projets d’opérateurs étatsuniens comme Digital Realty ou Equinix. Ces sociétés développent en France des centres de données qui sont par la suite loués à d’autres.

Des données pas si bien protégées

L’hébergement des données sur le territoire français, même si le data center est étranger, est présenté comme un moyen de renforcer leur protection face aux ingérences de pays tiers. En théorie, par sa localisation, le site est soumis au cadre juridique européen.

Sauf qu’en novembre 2025, la Commission européenne a présenté un paquet législatif «omnibus» afin de simplifier des lois européennes sur la régulation numérique et de faciliter l’utilisation des données personnelles par les entreprises. Cet omnibus doit encore être négocié et approuvé par le Parlement européen et les États membres. «Si on annonce relocaliser les structures pour avoir un plus grand contrôle dessus, pourquoi supprime-t-on les règlementations qui nous protègent ?», fait mine d’interroger Alexandra Lutz.

Aux États-Unis, l’extraterritorialité du droit est particulièrement forte. Grâce au Cloud Act de 2018, «les autorités américaines peuvent exiger l’accès à des données contrôlées par une entreprise américaine, même lorsque celles-ci sont stockées dans un data center situé en France», détaille la membre de Data for Good.

«On ne peut pas produire du numérique local»

L’un des projets phares de la «souveraineté numérique» française est le Campus IA de Fouju (Seine-et-Marne). L’entreprise tricolore Mistral AI et la Banque publique d’investissement (BPI) le financent. Mais, comme l’a révélé l’Observatoire des multinationales, 70% du capital du futur plus grand data center d’Europe sera détenu par le fonds émirati MGX et l’éditeur de logiciels étasunien Nvidia.

«Le numérique ne peut pas exister en dehors d’un système mondialisé», estime Tom (il a souhaité rester anonyme), du collectif StopMicro, qui lutte contre l’accaparement des ressources et les nuisances causées par l’industrie des puces électroniques.

Image de synthèse du «Campus IA», à Fouju (Seine-et-Marne), présenté comme le futur plus grand data center d’Europe. © DR

«Pour financer un data center de cette envergure, il faut attirer des capitaux étrangers. C’est une illusion de croire qu’on pourrait produire du numérique à l’échelle locale», ajoute-t-il. Même le champion français de l’IA ne peut pas se passer de deniers étrangers. Mistral AI compte parmi ses actionnaires le géant sud-coréen Samsung, ainsi que plusieurs groupes et fonds étasuniens.

Sans compter que, pour faire tourner un centre de données, il faut utiliser des semi-conducteurs – des puces électroniques qui conduisent le flux de courant – qui reposent eux aussi sur une chaîne de production mondialisée. Les matières premières comme le cuivre, le cobalt, le tantale ou encore le silicium proviennent d’Asie, d’Afrique et des Amériques.

En outre, la fabrication des puces les plus avancées se concentre à Taïwan et en Corée du Sud, avec des étapes de conception, de production et d’assemblage réparties entre l’Europe, les États-Unis et l’Asie. «À l’heure actuelle, on estime que lors de sa fabrication, une puce électronique fait deux fois et demie le tour du monde et franchit 80 frontières, note Tom, qui s’appuie sur une étude de l’Association européenne des semi-conducteurs (Esia). Aucun pays ne peut maîtriser à lui seul l’ensemble de la chaîne.»

Des pistes pour plus de souveraineté

Dans la course mondiale à l’IA, la France veut sa part du gâteau. Parmi les leaders européens, elle entend devenir un adversaire de taille face aux États-Unis et à la Chine. C’est pour cette raison qu’elle veut accueillir des centres de données sur son territoire. «Le seul moyen de faire accepter ces projets, c’est d’utiliser la carte de la souveraineté numérique, mais on assiste à du “souveraineté-washing” : il s’agit d’un mensonge», déplore Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale et rapporteure d’une commission parlementaire sur les dépendances dans le secteur du numérique.

Des data centers qui permettent d’atteindre la «souveraineté numérique» sont-ils possibles ? Les conclusions du rapport rendues le 15 juillet énoncent plusieurs pistes. «On ne sera jamais 100% indépendants, mais si on s’éloigne du modèle américain et qu’on relocalise nos données dans des centres européens, bien plus petits et moins énergivores, ce serait déjà un premier pas», estime la députée écologiste. Certaines entreprises françaises, comme OVHcloud ou Scaleway, défendent une approche qui va dans ce sens.

Les auteur·ices du rapport proposent de mettre en pause l’installation de centres de données détenus par des entreprises extra-européennes. Elles et ils veulent aussi que les sociétés qui manipulent des données de santé soient immunisées face aux lois extraterritoriales étasuniennes. Doctolib ne pourrait ainsi plus continuer d’être hébergé par Amazon, par exemple. Cyrielle Châtelain de soulever : «Évidemment, pour que tout cela fonctionne, il faut revoir nos usages numériques et ne plus mettre de l’IA partout.»

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24.09.2026 à 06:00

Eau souillée, poissons intoxiqués… En Haute-Corse, cette mine d’arsenic a fermé il y a 85 ans, mais la pollution demeure

Paul-Mathieu Santucci

Texte intégral (1433 mots)
Michel Palmeri, le maire de Matra, près de l’ancienne mine d’arsenic. © Paul-Mathieu Santucci/Vert

Deux grandes cuves rouillées tiennent encore debout entre les murs de pierre. Devant elles, des poutres grises se croisent au-dessus de bassins de maçonnerie ouverts au ciel. Une roue à rayons, des engrenages, un long tuyau incliné : les machines sont toujours là, prises dans un enchevêtrement de bois effondré et de métal corrodé. À Matra, en Haute-Corse, l’ancienne mine d’arsenic ressemble à une usine que l’on aurait laissée se défaire sur place. L’exploitation s’est arrêtée au milieu des années 1940 ; la pollution, elle, n’a pas disparu avec les ouvrier·es.

«Je vais vous montrer sur place», nous propose le maire, Michel Palmieri. Il évoque les anciennes galeries, les captages du village et les réunions en sous-préfecture. Selon l’édile, les analyses de l’eau distribuée dans le village font apparaître une concentration moyenne d’arsenic autour de 20 microgrammes par litre (µg/l) – deux fois le seuil réglementaire.

En réaction, la municipalité prévoit l’abandon d’un captage situé sous les anciennes entrées de la mine. Seul un second captage sera conservé, dont la concentration en arsenic est de 8 µg/l, selon le maire. La collectivité envisage aussi la réfection d’un réseau d’eau vieux d’environ 70 ans, du réservoir et des canalisations, ainsi que la pose de compteurs électroniques afin de limiter les fuites. L’opération est estimée à 3,3 millions d’euros hors taxes. Pour l’instant, aucun calendrier n’est fixé.

Le sujet revient dans l’actualité avec la publication en avril 2026 d’une étude scientifique consacrée à la circulation de l’arsenic entre les eaux de surface et les nappes souterraines autour de l’ancienne mine de Matra. 

Un héritage encombrant

Pour comprendre cet héritage toxique, Antoine Orsini, hydrogéologue à l’université de Corse, remonte à ce qui a fait la richesse du site. Le scientifique retrace l’histoire d’une industrie dont les débouchés allaient du traitement des cultures à la fabrication d’armes chimiques. Une autre histoire de la Corse, faite de minerais, de galeries et de travail industriel.

Il montre le réalgar et l’orpiment, deux minéraux contenant de l’arsenic. Rouge orangé pour l’un, jaune pour l’autre. «Ce qui pose aujourd’hui un problème de contamination était alors une ressource recherchée, extraite puis expédiée», rappelle-t-il.

Sur l’ancien site minier, il ne reste plus que les vestiges des machines rouillées. © Paul-Mathieu Santucci/Vert

Les documents rassemblés par Antoine Orsini restituent l’ampleur des installations : des galeries creusées dans la montagne, des équipements de traitement et un transport par câbles aériens sur près de 7,5 kilomètres. En 1912, les effectifs comptaient 51 personnes, selon l’hydrogéologue. Cette activité appartient désormais à l’histoire ; mais les mesures présentées par le scientifique montrent que son empreinte reste inscrite dans les rivières.

Dans l’eau, des concentrations qui changent d’échelle

Le chercheur détaille les résultats de plusieurs stations de prélèvement d’eau. À proximité de la mine, les concentrations changent brutalement. Deux stations y dépassent 2 000 µg/l. Plus de deux cents fois le seuil réglementaire pour l’eau potable.

Toutefois, il s’agit de mesures dans le milieu naturel, pas de résultats au robinet. Son graphique montre aussi que les concentrations diminuent en aval. Mais la baisse ne signifie pas la disparition de la contamination : celle-ci reste visible dans les résultats présentés plus loin dans le réseau hydrographique.

Antoine Orsini suit aussi la contamination du vivant. Sa présentation décrit la «bioaccumulation de l’arsenic», c’est-à-dire son accumulation dans les organismes. Mousses aquatiques, invertébrés, poissons : les résultats concernent plusieurs formes de vie de la rivière. L’arsenic se retrouve dans plusieurs maillons de cet écosystème.

Pour les truites, il détaille les résultats organe par organe : «Dans une station de référence, le muscle contient en moyenne 0,01 microgramme d’arsenic par gramme. En aval de la mine, cette moyenne atteint 1,45 microgramme par gramme. Les teneurs sont également plus élevées dans le foie, les branchies et le squelette. Ces mesures documentent une accumulation dans les tissus.»

Au robinet, un autre dossier

À Matra, Michel Palmieri revient à la préoccupation immédiate du village : les 20 microgrammes d’arsenic par litre dans l’eau distribuée.

L’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’exposition prolongée à l’arsenic inorganique, par l’eau de boisson et les aliments notamment, peut provoquer des cancers et des lésions cutanées.

Là où se trouvaient les anciens bassins de décantation, la végétation n’arrive plus à pousser. © PMS

La solution défendue par la commune consiste à revoir son alimentation en eau, en écartant le captage situé sous les anciennes entrées de mine. Le remplacement des canalisations, quant à lui, répond à un problème de vétusté et de fuites.

L’amiante fait grimper la facture

Mais ouvrir les routes et les sols pour remplacer les canalisations réserve une autre difficulté. Selon Michel Palmieri, de l’amiante est présente dans les matériaux concernés par les travaux. Leur prise en charge, leur transport et leur traitement entraîneraient un surcoût d’environ un million d’euros.

Le maire présente la solution proposée par la commune : déposer des matériaux sur le site minier déjà pollué, dans le cadre d’un aménagement visant aussi à limiter les écoulements. Il raconte les premières discussions favorables, puis les objections réglementaires, les analyses et un refus juridique.

«On amène une solution», insiste-t-il, en évoquant trois années de travail. Il ne comprend pas que la recherche d’une issue débouche sur une telle dépense supplémentaire. «On ne va quand même pas oublier que la mine, elle est sous la responsabilité de l’État», tranche-t-il. Derrière les choix techniques, le désaccord porte aussi sur celui qui doit payer les conséquences de l’après-mine.

L’enveloppe globale annoncée atteint 3,3 millions d’euros hors taxes, soit près de quatre millions toutes taxes comprises, encore à ajuster aux résultats des appels d’offres. «Il y a 70 compteurs», rappelle le maire pour faire comprendre la disproportion entre le chantier et la taille du service d’eau. Un premier marché concerne le réservoir et les réseaux. Selon lui, une réponse a été reçue le 28 juillet ; elle était encore à l’étude au moment de notre visite. La commune doit désormais obtenir l’appui de ses financeurs.

Même réalisés, ces travaux ne régleraient pas à eux seuls la contamination des cours d’eau alentour. Ils sécuriseraient d’abord l’approvisionnement du village. À Matra, il faut ainsi réparer le réseau, trouver une ressource moins contaminée et financer le chantier, tandis que subsiste la pollution du site minier. PLus de quatre-vingts ans après l’arrêt de l’exploitation, le village en paie encore les conséquences.

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23.09.2026 à 15:52

À cause de la venue du pape, la marche climat du 26 septembre remplacée par un rassemblement statique à Paris

Zoé Moreau

Texte intégral (899 mots)
Lors d’un rassemblement pour le climat à Paris, le 8 septembre 2018. © Raphaël Bodin/Survival Media Agency

Dans la capitale, samedi, la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» n’en sera pas une. «C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous sera finalement statique, la venue du pape ne nous permettant pas d’avoir une autorisation de marche», ont indiqué les relais parisiens du mouvement, mardi.

La manifestation initiale, qui devait partir de la place de la Nation à 14 heures, a donc été remplacée par un simple rassemblement place de la République, entre 17 heures et 20 heures. «On a essayé de rassurer la préfecture sur nos capacités d’encadrement, mais ça n’a pas suffi pour les convaincre. Ils pensent que nous serons très nombreux et nous disent qu’ils n’auront pas assez d’unités de maintien de l’ordre ce jour-là», explique à Vert Benjamin Ball, de l’association Bio Consom’acteur, coorganisateur de l’événement.

«À Bordeaux, la mobilisation va être massive»

«On est déçus, bien sûr, déplore-t-il. On aurait aimé faire une grande marche à Paris, mais n’oublions pas que ce mouvement s’appuie d’abord sur les capacités locales : à Bordeaux, la mobilisation va être massive ; à Fontainebleau aussi ; ainsi que dans tous les endroits les plus touchés par la sécheresse.» Selon un dernier recensement, 261 mobilisations devraient fleurir samedi, partout en France.

Mattia Gonget, étudiante de 20 ans et coautrice d’un récent appel de la jeunesse à manifester samedi, abonde auprès de Vert : «C’est forcément une déception mais, le plus important, c’est que les autres villes de France restent mobilisées.» Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, partage ce sentiment : «Ce qui compte, c’est que cette manifestation nationale, la première depuis cet été, puisse se tenir ; que les parents d’élèves, les locataires, les agriculteurs, les pompiers, puissent se réunir et s’exprimer.»

Parmi l’organisation, personne ne semble regretter le choix de la date, jour de la venue du pape : «On devait absolument installer le mouvement en cette rentrée, sans pour autant empiéter sur les autres mobilisations prévues : le 19 septembre, le 3 octobre ou le 10 octobre contre l’Omnibus pesticides ; c’était la bonne date», juge Benjamin Ball.

Plus d’un millier d’organisations ont rejoint le mouvement

Semaine après semaine, le mouvement grossit. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé, début août, la lettre ouverte au président de la République à l’origine de la mobilisation.

Appel à images : Vert a besoin de vous !
Afin de documenter l’ensemble de la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» en France, nous avons besoin de vidéos courtes d’une action près de chez vous. L’ambition de Vert est de réaliser une vidéo à destination des réseaux sociaux qui reflète les plus de 260 actions prévues samedi partout en France. Pour les besoins d’un article, vous pouvez également nous transmettre quelques photos au format paysage.

👉 Cliquez ici pour nous aider.

Cette missive appelait à se mobiliser le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique, après les catastrophes de l’été. Ces premier·es signataires ont depuis été rejoint·es par 30 000 autres citoyen·nes et plus d’un millier d’organisations, parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat.

Toutes ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre avant le 26 septembre.

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