flux Ecologie

L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

▸ les 10 dernières parutions

08.09.2026 à 12:07

Il ne sera plus chassé en France : le lagopède alpin, «perdrix des neiges» en sursis face au réchauffement climatique

Esteban Grépinet

Texte intégral (1628 mots)
Menacé par le changement climatique et le dérangement humain, le lagopède alpin a disparu de 33% des communes des Alpes françaises où il était présent dans les années 1950. © Adrien Cozannet/Flickr

Il peuple les plus hauts sommets, là où la roche épouse la glace. Souvent surnommé la «perdrix des neiges», le lagopède alpin est l’une des rares espèces animales à survivre dans les paysages suspendus de très haute montagne, jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. En déclin dans les Alpes comme dans les Pyrénées, il vient d’obtenir un petit répit : le ministère de la transition écologique l’a classé ce mardi sur la liste des oiseaux protégés en France hexagonale – aux côtés du grand tétras, autre fragile gallinacé de montagne.

«C’est extrêmement rare, la dernière révision de cette liste pour l’Hexagone remonte à 2009», réagit auprès de Vert Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui salue une «avancée historique». Ce reclassement, qui implique aussi la sortie des deux espèces de la liste du gibier chassable en France, est froidement accueilli par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Son président, Willy Schraen, dénonce une décision «hors-sol et hors contexte».

Une relique des temps glaciaires

Annoncée au printemps par la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, la protection de ces deux oiseaux montagnards avait surpris tout le monde. Ce choix fait suite à un rappel à l’ordre du Conseil d’État, qui avait enjoint début mars au gouvernement de suspendre la chasse du lagopède alpin pour cinq ans en raison de son mauvais état de conservation (un moratoire similaire existe déjà pour le grand tétras depuis 2022). «La ministre a décidé d’aller plus loin, jusqu’au statut d’espèces protégées, complète Cédric Marteau. C’est une belle avancée pour la protection de la nature en France.»

Moins connu que le grand tétras – mis à l’écran par le naturaliste Vincent Munier et très médiatisé depuis l’échec de sa «réintroduction» dans les forêts des Vosges –, le lagopède alpin est considéré comme «quasi menacé» d’extinction en France. Lagopus muta est une espèce dite «relique», qui a survécu à la fin du dernier âge glaciaire, il y a un peu plus de 10 000 ans, et s’est réfugiée dans les zones froides du globe. «Une partie des oiseaux est remontée au nord, en Scandinavie, et d’autres en haute altitude, où ils sont maintenant coincés», retrace Charlotte Perrot, spécialiste de la biodiversité de montagne à l’Office français de la biodiversité (OFB).

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres.»

Mais l’oiseau subit de plein fouet le réchauffement des températures lié aux activités humaines. «En été, il fait très chaud en montagne, maintenant ; et c’est difficile pour lui. On le voit au niveau du comportement : il ouvre le bec, cherche des endroits frais…, décrit Charlotte Perrot. Dans nos montagnes, il est coincé : soit il s’adapte, soit il disparaît.» Sur la période 2041-2070, l’aire de distribution du lagopède alpin dans les Alpes françaises devrait encore se contracter de 36%, avec une disparition progressive des Préalpes et des Alpes du Sud, selon les modélisations climatiques du programme interrégional du massif des Alpes «espèces arctico-alpines», piloté par la scientifique.

«C’est un oiseau adapté au grand froid plutôt qu’à la montagne», complète la chercheuse. Intégralement blanc l’hiver, le lagopède mue en brun-gris aux beaux jours pour se camoufler dans les pierriers et pelouses rases d’altitude. Son double plumage lui permet de s’isoler des températures les plus extrêmes, tandis que ses pattes emplumées lui servent de raquettes pour avancer dans la poudreuse.

Avec ses pattes emplumées, le lagopède (dont le nom signifie «patte de lièvre» en grec ancien) est un oiseau adapté au grand froid. © Animalia

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres, témoigne, côté pyrénéen, Thierry de Noblens, du Comité écologique ariégeois. Plus le réchauffement climatique s’intensifie, plus il va monter. Mais, en France, il n’existe pas des centaines de milliers d’hectares au-dessus de 2 000 mètres…»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer !»

À cette menace rampante du changement climatique s’ajoutent les dérangements humains (tourisme, élevage…). Pour Charlotte Perrot, il s’agit de «la plus grosse pression à court terme pour l’espèce» : «Il partage son habitat avec plusieurs activités humaines, les domaines skiables, les routes qui vont de plus en plus haut, le pastoralisme… Il est acculé.» L’espèce a disparu de 33% des communes des Alpes où elle était présente il y a soixante ans, et de 21% pour les Pyrénées, d’après le suivi réalisé par l’observatoire des galliformes de montagne.

Malgré ce déclin conséquent, la chasse au lagopède alpin se pratiquait encore dans quelques départements de montagne (Isère, Savoie, Haute-Savoie…). Depuis les années 2000, plusieurs associations écologistes ont engagé un véritable bras de fer avec les fédérations de chasse pour suspendre les quotas délivrés par les préfet·es à chaque fin d’été. En Ariège, seul département pyrénéen où cette chasse était encore autorisée, le comité écologique ariégeois revendique une vingtaine de victoires au tribunal depuis 2008.

«Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer ! Pour nous c’était indiscutable, mais ça nous aura pris dix-huit ans, regrette Thierry de Noblens, fer de lance de ce combat juridique. L’État a toujours défendu les chasseurs, même si leurs demandes sont absurdes, criminelles ou dans le déni scientifique le plus complet.» «Nous avons gagné l’ensemble des procédures, mais les préfets reprenaient quand même l’arrêt l’année suivante, malgré la décision du tribunal administratif, en changeant juste le chiffre ; c’est aberrant», regrette Cédric Marteau, de la LPO.

Outre l’interdiction définitive de sa chasse, la protection du lagopède alpin va désormais permettre une meilleure prise en compte de l’espèce lors des travaux d’aménagement, ainsi que la mise en place d’un programme d’actions pour tenter de sauver les dernières populations. «Arrêter la chasse, c’est pour nous un premier pas, abonde Thierry de Noblens. Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

Des zones de quiétude sont expérimentées dans les Alpes, dans les massifs du Queyras, des Écrins ou du Mercantour. «Ce sont des dispositifs qui fonctionnent très bien, notamment parce qu’il y a beaucoup de sensibilisation autour, salue Charlotte Perrot. Mais il y a aussi des comportements que l’on peut adopter en montagne, qu’il y ait des restrictions ou pas : sortir le moins possible des sentiers, tenir ses chiens en laisse, ne pas faire trop de bruit…»

PDF
08.09.2026 à 11:54

«Ceux qui nous gouvernent sont allés trop loin» : après l’été infernal, les pompiers entament une grève d’un mois

Mathilde Picard

Texte intégral (1677 mots)
Paris, le 13 août 2026. Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompier·es (à droite), lors de sa rencontre avec le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. © Carine Schmitt/Hans Lucas via AFP

Durant cet été 2026, marqué par des incendies exceptionnels, les pompier·es ont alerté à de multiples reprises sur la difficulté d’exercer leurs missions en toute sécurité. Premier·es exposé·es aux fumées toxiques des incendies, elles et ils demandent un meilleur suivi sanitaire tout au long de leur carrière, ainsi qu’un financement plus pérenne. L’ensemble des syndicats a appelé à la grève à partir de ce mardi 8 septembre et ce jusqu’à la fin du mois.

Quelles sont vos principales revendications après l’été suffocant que nous venons de vivre ?

L’inspection générale de l’administration a constaté que 32 millions d’heures de garde dans les casernes étaient effectuées par des pompiers volontaires. Pour que ce temps de travail soit couvert par des professionnels, il faudrait recruter 21 000 personnes.

Nous réclamons également davantage de matériel, dont des camions-citernes pour les feux de forêts : on en a perdu près d’un millier sur dix ans. La livraison annoncée par Emmanuel Macron à l’issue des incendies de l’été 2022 n’a pas permis de développer le parc, seulement de le renouveler, car les véhicules arrivaient à leur limite d’âge.

«Si le gouvernement souhaite un fonctionnement optimal de la sécurité civile, il doit assumer financièrement.»

On l’a vu en Gironde cet été : des camions destinés aux feux urbains ont été utilisés à la place. Nos dirigeants continuent de nous dire qu’il n’y a pas eu de problèmes de moyens cet été. Ont-ils vu les civils éteindre les incendies ? Je n’avais jamais vu ça en France. Ce sont les agriculteurs qui ont dû venir nous aider avec leurs tracteurs. Les pompiers s’engagent dans la lutte contre les feux de forêts pendant leurs congés. Ça signifie que, si on se blesse ou qu’on se tue sur nos congés, on n’est pas reconnu comme blessé ni mort au travail.

Nous sommes coincés entre les politiques locales qui se plaignent de devoir tout payer pour la sécurité civile, et le gouvernement qui, lui, nous dit qu’il donne les moyens aux collectivités locales mais qu’elles ne gèrent pas correctement leur budget. Finalement, c’est sur nous que ça retombe : nous restons en bout de chaîne, à souffrir de cette situation.

Si le gouvernement souhaite un fonctionnement optimal de la sécurité civile, il doit assumer financièrement. Elle s’est dégradée ces dernières années. Aujourd’hui, avec la fermeture de certaines urgences et le manque de médecins, les pompiers ont davantage de gens à visiter et à emmener à l’hôpital.

Alors que les pompier·es sont exposé·es à des fumées toxiques tout au long de leur carrière, l’intersyndicale dénonce le manque de suivi sanitaire…

Nous sommes exposés à toutes sortes d’éléments toxiques car nous intervenons partout. Particules fines, benzène, amiante… Les gaz de combustion contiennent des millions de substances différentes. Un meuble qui brûle contient des produits retardateurs de flammes, par exemple. Or leur efficacité n’est pas prouvée et ces retardateurs se transforment en des milliers de molécules que l’on retrouve ensuite dans le sang des pompiers, car ils les absorbent par la peau.

«Je connais des jeunes pompiers d’une trentaine d’années qui ont des cancers de la prostate, de la vessie ou encore des testicules.»

Avant, nous avions des visites médicales tous les ans, puis tous les deux ans. Aujourd’hui, elles ont lieu tous les quatre ans. Nous avons une visite intermédiaire avec un infirmier tous les deux ans et devons attendre le double pour voir un médecin. Ça va à l’encontre de tout ce qu’on découvre sur notre santé ces dernières années ! Plus on a chaud, plus le gouvernement met le chauffage.

Je connais des jeunes pompiers d’une trentaine d’années qui ont des cancers de la prostate, de la vessie ou encore des testicules. On appelle ça des «cancers de fumeurs» mais, eux, ils n’ont jamais fumé. On n’est pas chercheurs, mais on se doute bien que ça vient des fumées des feux. Nous ne sommes pas assez soumis à des études, or nos dirigeants s’appuient sur des analyses scientifiques pour financer nos équipements. Nous sommes exposés à des substances cancérogènes sans aucune protection. On pourrait les avoir, mais on ne nous les achète pas. On nous traite comme si nous étions plus forts que les autres et que nous avions de meilleurs poumons.

En plus de l’équipement, il faudrait limiter le temps d’exposition. Si on avait un suivi médical régulier, on pourrait contrôler les doses assimilées. On ferait des analyses régulières et, en cas de trop grande exposition, soit on n’effectuerait plus d’interventions le temps que le corps se régénère, soit, si ce sont des molécules persistantes, on arrêterait tout simplement les expositions aux fumées pour éviter de tomber malade. Pour cela, il faut plus de personnel, c’est comme une course de relais.

Quelle forme prendra la grève ?

Nous assurerons un service normal. Comme en milieu hospitalier, les pompiers sont soumis à un service minimum obligatoire. Nos missions seront réalisées de la même manière qu’en temps normal. La grève consistera à poser des banderoles sur nos casernes et à porter le brassard «En grève».

«Ça fait dix ans que nous alertons sur le niveau de sécurité civile de plus en plus préoccupant et que nous ne sommes pas écoutés.»

Le 29 septembre, un rassemblement est prévu au Champ de Mars, à Paris ; ça devrait être une mobilisation d’ampleur, avec des déplacements de pompiers de tous les départements. Des rassemblements statiques seront aussi organisés sur le même lieu, les 27 et 28 septembre. Un peu partout en France, les pompiers sont à l’initiative de rencontres citoyennes devant les mairies, les préfectures ou sur les places de marché. L’idée est d’expliquer aux gens pourquoi nous sommes en grève. J’en ai fait une à Poitiers [dans la Vienne, NDLR], la semaine dernière ; une autre est prévue le 11 septembre à Orléans [Loiret], par exemple.

Lors de ces actions, nous nous mettons à la disposition du public, des citoyen·es et des parlementaires pour leur expliquer la situation de la sécurité civile aujourd’hui. C’est l’occasion de parler de nos 600 heures travaillées gratuitement par an [par les pompier·es volontaires, NDLR], de notre exposition à des substances cancérogènes sans protection et de nos conditions de travail de manière générale.

Cette mobilisation est inédite. Ceux qui nous gouvernent sont allés trop loin. Ça fait dix ans que nous alertons sur le niveau de sécurité civile de plus en plus préoccupant et que nous ne sommes pas écoutés. Souvent, les syndicalistes sont perçus comme des gens qui ne sont jamais contents. Nous ne demandons même pas un plus gros salaire ou davantage de confort. Nous souhaitons juste que les Français, quand ils ont des problèmes, puissent être pris en charge par les pompiers.

PDF
08.09.2026 à 06:00

Futurs parcs d’attractions XXL près de Paris : pourquoi le projet voulu par Emmanuel Macron rappelle le fiasco d’EuropaCity

Lilou Hiver

Texte intégral (1479 mots)
Paris, le 24 août 2026. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont annoncé la création de trois parcs d’attractions XXL près de Paris. © Henrique Campos/Hans Lucas via AFP

Un complexe de loisirs «hors normes» qui doit «confirmer la place de la France en tant que première destination touristique au monde». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a présenté le projet saoudien de trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), le 24 août, aux côtés du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Le tout pour la bagatelle de six milliards d’euros. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué : tout juste sait-on que l’un des parcs aura pour thème les mangas.

Cette annonce rappelle à Bernard Loup, militant du Collectif pour le Triangle de Gonesse, engagé contre l’urbanisation des terres agricoles, un projet avorté à une vingtaine de kilomètres plus à l’est : EuropaCity.

«Tout le monde semble avoir oublié EuropaCity, mais je ne vois pas très bien en quoi cette nouvelle initiative est différente», souffle le militant octogénaire. En 2011, le groupe Auchan, deuxième distributeur français, annonce la création d’un vaste complexe de loisirs et de commerces de 80 hectares, pour un investissement de trois milliards d’euros. Il s’associe au groupe chinois Wanda, alors premier opérateur de parcs d’attractions en Chine. Un centre aquatique, une piste de ski, plus de 500 boutiques, une salle de concert et un complexe cinéma sont notamment prévus.

«Un projet d’une autre époque»

Le parc doit s’implanter sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), au nord de Paris. «Des terres pourtant réputées comme exceptionnelles et parmi les plus fertiles d’Europe», souligne Stéphane Tonnelat, ethnographe au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et auteur de Sauver les terres agricoles (Seuil, 2026). Elles sont notamment précieuses dans un monde en proie au changement climatique puisqu’elles ne nécessitent pas d’arrosage. Grâce à leur grande profondeur, les sols peuvent stocker l’eau de pluie, qui remonte ensuite par capillarité lorsque les températures augmentent.

De 2016 à 2019, Bernard Loup, président du Collectif du Triangle de Gonesse, s’est mobilisé contre le projet EuropaCity. © Jérôme Fourcade/Hans Lucas via AFP

Pendant presque dix ans, Bernard Loup et son collectif se sont mobilisés pour faire annuler le projet et conserver ces terres agricoles. «On a fait de nombreux recours juridiques, on a occupé une partie du terrain, on a informé la presse et la population, on a même marché de Gonesse à Matignon… et ça a fini par payer», se remémore le militant. En 2018, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annule l’arrêté de création de la zone d’aménagement.

Le gouvernement abandonne définitivement EuropaCity en novembre 2019, lors d’un conseil de défense écologique. Il s’agit d’un «projet d’une autre époque, fondé sur une consommation de masse d’objets et de loisirs. Nous souhaitons éviter autant que possible ce genre d’équipements, qui concentrent l’activité à l’écart des villes, dévitalisent les centres historiques et créent d’importants besoins de transports automobiles», avait déclaré Élisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique.

145 hectares de terres agricoles urbanisées

«En quoi le parc à Cergy répond mieux à la situation actuelle ?», s’exaspère Bernard Loup. Pour Stéphane Tonnelat, ces nouveaux parcs prouvent que l’intérêt du gouvernement pour l’environnement n’existe plus. «On fait face aux mêmes problématiques qu’avec EuropaCity, mais avec un projet dont l’envergure est multipliée par deux», ajoute-t-il, exaspéré. Les parcs de Cergy doivent s’étendre sur 200 hectares, selon l’Élysée, dont 55 seront aménagés sur le site de l’ancien parc d’attractions Mirapolis, qui a fait faillite et est à l’abandon depuis 1991. Les 145 hectares restants doivent, eux, être pris sur des terres agricoles.

Sauf que celles-ci abritent des zones humides, nids de biodiversité. Si le complexe est construit, il se trouvera aussi à la lisière du parc naturel du Vexin, un plateau agricole classé dont les zones naturelles d’intérêt écologique couvrent près de 29% de la surface. «Le bruit et la lumière vont forcément perturber le quotidien de la quinzaine d’espèces protégées présentes», explique Tony Clavaud, cofondateur du collectif Mirapolis aux habitant·es, contre le projet. On y trouve notamment plusieurs chauves-souris et une libellule rare, l’agrion de Mercure.

Autre similitude avec EuropaCity, le gouvernement français collabore avec des investisseurs étrangers. Pour le nouveau parc, le président de la République a confirmé son financement par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund dédiée au divertissement, au sport et à la culture. «Que ce soit la Chine ou l’Arabie saoudite, à chaque fois ce sont des rapprochements avec des gouvernements autoritaires, ce qui est hautement questionnable», pointe l’ethnographe Stéphane Tonnelat.

Les débuts d’une mobilisation

Avec ces nouveaux parcs d’attractions, Emmanuel Macron promet la création de 22 000 emplois directs, «du jamais-vu depuis Disneyland Paris», s’est-il félicité sur X. «C’est un projet qui pourrait vraiment conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France», a renchéri sur TF1 Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. Des arguments qui sonnent comme un disque rayé quand on sait que les perspectives d’attractivité économique et touristique étaient déjà mises en avant pour EuropaCity. «Sauf que, ce qu’ils ne disent pas, c’est que les emplois seront pour la plupart saisonniers, et que les personnes recrutées ne seront pas forcément du coin car, comme à Disneyland, il faut embaucher du personnel qui parle toutes les langues d’Europe», constate Bernard Loup.

Pour s’opposer à ce projet, lancé sans concertation avec les citoyen·nes concerné·es, le collectif Mirapolis aux habitant·es s’est rapidement constitué. Lors de sa première réunion, le 27 août dernier, une soixantaine d’habitant·es inquiet·es avaient fait le déplacement. Une pétition vient également d’être lancée. «Ce qu’on veut, c’est davantage d’informations et que les habitants soient consultés», réclame Tony Clavaud, cofondateur du collectif. «S’ils ont besoin d’aide pour lutter, les membres du Triangle de Gonesse viendront les soutenir. On est aussi passés par là», glisse amicalement Bernard Loup. Il est encore trop tôt pour savoir comment le projet évoluera. S’il suit son cours, un débat public devrait être organisé. Reste à voir si les parcs de Cergy connaîtront le même destin qu’EuropaCity.

PDF
07.09.2026 à 18:09

Concours : vos places pour le So good MAIF Festival à Marseille et Nantes

Vert

(182 mots)

Vert est partenaire du So good MAIF Festival. Pour ses prochaines éditions, le festival posera ses valises à Marseille le 26 septembre et à Nantes le 16 octobre. Au menu : des rencontres, des conférences, des expériences immersives, de l’humour et les concerts de Camélia Jordana et Danyl à Marseille et Miki à Nantes ! Le tout pour célébrer l’engagement sous toutes ses formes. Retrouvez toutes les infos ici.

🎁 Nous avons le plaisir de vous faire gagner deux places pour chaque date. Pour participer, rien de plus simple : assurez-vous d’être disponible à Marseille le 26 septembre ou à Nantes le 16 octobre, et inscrivez-vous au tirage au sort ici jusqu’au dimanche 13 septembre. Nous contacterons par mail les gagnant·es.

PDF
4 / 10

🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds

🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène

🌱 Reporterre
Présages
Reclaim Finance
Réseau Action Climat
Résilience Montagne
SOS Forêt France
Stop Croisières

🌱 Terrestres

🌱 350.org
Vert.eco
Vous n'êtes pas seuls