Zoé Moreau
Dans la capitale, samedi, la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» n’en sera pas une. «C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous sera finalement statique, la venue du pape ne nous permettant pas d’avoir une autorisation de marche», ont indiqué les relais parisiens du mouvement, mardi. La manifestation initiale, qui devait partir de la place de la Nation à 14 heures, a donc été remplacée par un simple rassemblement place de la République, entre 17 heures et 20 heures. «On a essayé de rassurer la préfecture sur nos capacités d’encadrement, mais ça n’a pas suffi pour les convaincre. Ils pensent que nous serons très nombreux et nous disent qu’ils n’auront pas assez d’unités de maintien de l’ordre ce jour-là», explique à Vert Benjamin Ball, de l’association Bio Consom’acteur, coorganisateur de l’événement. «On est déçus, bien sûr, déplore-t-il. On aurait aimé faire une grande marche à Paris, mais n’oublions pas que ce mouvement s’appuie d’abord sur les capacités locales : à Bordeaux, la mobilisation va être massive ; à Fontainebleau aussi ; ainsi que dans tous les endroits les plus touchés par la sécheresse.» Selon un dernier recensement, 261 mobilisations devraient fleurir samedi, partout en France. Mattia Gonget, étudiante de 20 ans et coautrice d’un récent appel de la jeunesse à manifester samedi, abonde auprès de Vert : «C’est forcément une déception mais, le plus important, c’est que les autres villes de France restent mobilisées.» Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, partage ce sentiment : «Ce qui compte, c’est que cette manifestation nationale, la première depuis cet été, puisse se tenir ; que les parents d’élèves, les locataires, les agriculteurs, les pompiers, puissent se réunir et s’exprimer.» Parmi l’organisation, personne ne semble regretter le choix de la date, jour de la venue du pape : «On devait absolument installer le mouvement en cette rentrée, sans pour autant empiéter sur les autres mobilisations prévues : le 19 septembre, le 3 octobre ou le 10 octobre contre l’Omnibus pesticides ; c’était la bonne date», juge Benjamin Ball. Semaine après semaine, le mouvement grossit. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé, début août, la lettre ouverte au président de la République à l’origine de la mobilisation. Appel à images : Vert a besoin de vous ! Cette missive appelait à se mobiliser le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique, après les catastrophes de l’été. Ces premier·es signataires ont depuis été rejoint·es par 30 000 autres citoyen·nes et plus d’un millier d’organisations, parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat. Toutes ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre avant le 26 septembre. Texte intégral (899 mots)

«À Bordeaux, la mobilisation va être massive»
Plus d’un millier d’organisations ont rejoint le mouvement
Afin de documenter l’ensemble de la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» en France, nous avons besoin de vidéos courtes d’une action près de chez vous. L’ambition de Vert est de réaliser une vidéo à destination des réseaux sociaux qui reflète les plus de 260 actions prévues samedi partout en France. Pour les besoins d’un article, vous pouvez également nous transmettre quelques photos au format paysage.
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Mathilde Picard
Après plusieurs années difficiles, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique a confirmé son rebond au premier semestre. Ces achats en hausse représentent «des signes encourageants» pour la production, selon l’Agence bio, organisme étatique chargé de promouvoir ce mode de production sans engrais ni pesticides de synthèse. Les ventes ont continué de croître les six premiers mois de 2026, de 4,8% en valeur et sur toutes les filières, a indiqué l’Agence ce mercredi. Toutefois, cette bonne nouvelle est encore loin de combler le retard sur les objectifs de production fixés par la loi. L’agriculture biologique représente environ 10% des surfaces agricoles, quand la France cible 21% en 2030. Quant aux produits bio, ils composent toujours moins de 6% de la consommation à domicile, 6% des achats des 85 000 cantines (20% visés en 2030) et 1% des approvisionnements des restaurants. La hausse de la consommation depuis 2025 redonne l’espoir d’améliorer la trajectoire française. «Encore une année comme ça et on aura rattrapé complètement les 15% de baisse qu’on a pu avoir» avec la crise inflationniste de 2022, s’est félicité le président de l’Agence, Bruno Martel. Ce premier semestre, les ventes ont crû de 9,3% en magasins spécialisés et de 2% en grande distribution (où la moitié des achats se font). Depuis un an, les prix des produits conventionnels se sont «beaucoup rapprochés» de ceux du bio, et «les transformateurs et les distributeurs ont remis en évidence les produits bio qu’ils avaient parfois délaissés des rayons», explique le spécialiste. Il voit dans la grande distribution un levier majeur : «Il faut qu’on ait au moins 10% [de l’espace, NDLR] des rayons en magasin pour laisser le choix au consommateur.» Du côté de la production, la «dynamique est positive», ce qui met fin à trois ans de reculs des surfaces (moins 130 000 hectares fin 2025). L’an dernier le nombre de fermes en bio avait reculé pour la première fois. Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, le nombre de nouvelles fermes en production bio a progressé de 14%, tandis que les arrêts d’activité ont reculé de 13%, par rapport à la même période en 2025. Bilan à ce stade : un solde positif de 687 producteur·ices, dans l’élevage de brebis, le maraîchage, la production de fruits… Selon Bruno Martel, «il y a une reprise du nombre de producteurs, c’est significatif, et effectivement il y a une aspiration nouvelle», même si «c’est un balbutiement, pas non plus l’euphorie». Il rapporte que «le retour de la consommation remet du baume au cœur» des agriculteur·ices. Elles et ils peuvent «croire en un modèle qui leur permet de gagner leur vie et qui fait partie des solutions sur pas mal de sujets dans un contexte climatique tendu : la souveraineté alimentaire, le captage du carbone, moins d’énergies fossiles consommées…», liste-t-il. Il est cependant trop tôt pour dire que la production bio augmente de nouveau en France : l’Agence bio attend les chiffres annuels, notamment des surfaces et des cessations, en particulier après cet été catastrophique pour le secteur agricole. Les agriculteur·ices bio aussi ont vu leur activité affectée. La diversité de leurs cultures a pu un peu les protéger, explique le président de l’Agence bio, «mais les maraîchers ont énormément souffert cet été du manque d’offre et de fréquentation des marchés, avec parfois des baisses de 50% du chiffre d’affaires». Texte intégral (761 mots)

9,3% de ventes supplémentaires en magasins bio
Un balbutiement plutôt qu’un nouvel élan
Marion Durand
«Ici, nous mesurons l’air que vous respirez», peut-on lire sur une cabane en bois à l’entrée du parc du Thabor, le plus grand espace vert du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine). L’organisme de surveillance de la qualité de l’air Airbreizh s’y est installé en 2022, sur demande de la métropole, pour analyser l’air respiré par les Rennais·es. Dans ce petit espace de quelques mètres carrés, plusieurs machines captent en continu les particules alentour. Olivier Cesbron, ingénieur d’études en qualité de l’air, traque les métaux lourds, les polluants réglementés (dioxyde d’azote, ozone et particules fines) et émergents. Parmi ces derniers, on retrouve les pesticides. «Ce terme englobe les produits phytosanitaires, les insecticides et les produits antiparasitaires», résume Killian Guillaume, doctorant à l’École des hautes études en santé publique. Le parc du Thabor fait office de petit poumon de la capitale bretonne : c’est ici qu’on se met au vert, qu’on fait quelques foulées le dimanche ou qu’on vient prendre un bol d’air frais. Pourtant, l’air ambiant n’est pas des plus sains. C’est ce que révèlent les derniers chiffres dévoilés par Airbreizh en ce mois de septembre. En 2025, les capteurs ont relevé de nombreux pesticides présents dans l’air. Parmi eux, trois sont préoccupants par leur fréquence ou leur concentration : la pendiméthaline, un herbicide utilisé pour bloquer la germination des mauvaises herbes ; le prosulfocarbe, l’un des herbicides les plus vendus en France pour la culture des céréales, pommes de terre ou oignons ; et le lindane, un insecticide toxique… interdit depuis vingt ans. Si les deux premiers sont autorisés pour l’agriculture, la présence du troisième interroge. «Le lindane est en tête de liste : c’est le pesticide le plus détecté parmi la centaine de substances recherchées, il est présent dans l’intégralité des mesures», indique Olivier Cesbron. Cette substance est un insecticide nocif pour l’environnement et pour les humain·es, classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). «Le lindane est un polluant organique persistant ; il a été interdit pour sa dangerosité et sa persistance. Pourtant, dès qu’on le cherche, on le trouve», lâche Killian Guillaume, dont la thèse s’intéresse aux mécanismes de dispersion des pesticides. Alors pourquoi retrouve-t-on dans l’air breton un produit toxique interdit depuis 1998 pour l’agriculture et depuis 2005 en usage biocide (pour tuer ou repousser les bactéries, insectes ou rongeurs) ? Après trois ans de recherche, le doctorant avance des pistes : «Le lindane pouvait être utilisé en usage préventif sur les massifs fleuris, mais son utilisation restait marginale et s’est arrêtée dès les années 1990.» Il était aussi employé pour l’entretien du bois ancien et des charpentes, et comme antiparasitaire pour traiter les infestations de poux ou de puces. «Et même pour la désinfection des bâtiments d’élevage, poursuit le doctorant. C’était vraiment un insecticide à large spectre. Il y a 50 ans, on ne se posait pas trop la question de la dangerosité.» En clair, le lindane était partout, et c’est encore le cas aujourd’hui : dans l’eau, les sols, l’air et les poussières. On en détecte même dans le lait maternel, le sang et les urines, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Le lindane n’est ni un problème rennais ni une particularité bretonne, ce pesticide est détecté sur tout le territoire. «Aujourd’hui, nous n’avons pas de moyens d’action pour lutter contre cette substance toxique, mais il faut en parler. Les stations comme la nôtre doivent documenter sa présence», estime Olivier Cesbron, qui rappelle que les pesticides dans l’air ne font l’objet d’aucune réglementation. Une surveillance nationale est en place depuis 2018. Dix-sept stations semblables à celle d’Airbreizh, les AASQA (Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air), recherchent les produits phytosanitaires présents dans l’air. La station de la commune de Mordelles, à 20 kilomètres de Rennes, fait partie de ce dispositif national. Située en zone périurbaine et proche des grandes cultures, elle est révélatrice de l’impact des pesticides épandus dans les champs sur la qualité de l’air. Ses résultats sont les mêmes que ceux relevés sur le site du Thabor… pourtant éloigné des exploitations agricoles. «Dans le centre-ville de Rennes, on est autant exposé aux pesticides qu’à côté des parcelles», résume Killian Guillaume. Preuve que les pesticides voyagent, se propagent loin et rapidement. Comment ? Lorsque l’agriculteur·ice pulvérise un produit phytosanitaire, «entre 20 et 90% du pesticide n’atteint pas la cible et se retrouve en suspension dans l’air», décrit le doctorant. On appelle ça la dérive. «Ensuite, même lorsque le produit tombe juste, les gouttelettes peuvent se volatiliser selon les conditions météo, précise-t-il. C’est de nouveau une perte qui varie de quelques pour cent à 50%. Enfin, les pesticides au sol peuvent aussi être remis en suspension au passage d’un animal, d’une personne ou d’une machine.» Le cas du lindane est particulier. Les teneurs détectées au centre-ville de Rennes sont dix fois plus élevées qu’en zone agricole (0,2 nanogramme par mètre cube au Thabor et 0,03 ng/m3 à Mordelles en 2024). «Ça, c’était une surprise», avoue l’expert en qualité de l’air extérieur. Pour comprendre, la métropole a lancé en début d’année une étude spécifique pour vérifier si d’autres quartiers de la ville sont concernés par cette pollution. Six capteurs ont été disséminés dans des parcs et des quartiers résidentiels. Les résultats seront connus début 2027. Quels impacts ces pesticides dans l’air ont-ils sur la santé ? Killian Guillaume grimace : «On ne peut pas dire qu’ils sont problématiques car il n’existe aucune étude sur l’impact des pesticides présents dans l’air sur le corps humain. Mais les usages agricoles et la contamination de l’air par les produits phytosanitaires contribuent à l’exposition de la population aux pesticides.» Si les effets de certains d’entre eux sur la santé sont bien documentés en cas d’ingestion par l’alimentation, les conséquences liées à l’inhalation sont peu connues, confirme la chercheuse de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Laurence Payrastre. «Il pourrait y avoir des effets plus directs car les pesticides inhalés vont directement dans les alvéoles pulmonaires, alors que, pour l’alimentation, une partie des polluants passe par le foie, qui permet de détoxifier», explique-t-elle. La meilleure voie reste celle de la diminution des pesticides dans l’agriculture et dans les produits d’usage quotidien (insecticides, biocides). Olivier Cesbron et Kilian Guillaume plaident aussi pour plus de transparence sur les pesticides épandus dans les champs. Si les exploitant·es sont tenu·es de déclarer les quantités utilisées, ces informations ne sont pas publiques. «Connaître précisément les dosages et les différents produits utilisés dans les parcelles nous permettrait d’analyser plus finement les teneurs dans l’air», justifie Killian Guillaume. Non pas pour pointer du doigt les usages individuels, mais pour faire avancer la recherche. Texte intégral (1575 mots)

Le lindane, une présence qui interroge

Un insecticide dans le lait maternel

Des pesticides qui se propagent loin et rapidement
Des effets sur la santé encore inconnus
Eliza Amouret
En ce samedi ensoleillé de septembre, une quarantaine d’agriculteur·ices venu·es de tout le sud méditerranéen de la France se réunit sur l’exploitation d’Emilie et de Fabien Fiorito, à Ansouis (Vaucluse), pour discuter pistaches. Au programme de la journée : récolte des derniers fruits de la saison et épluchage. «C’est une année charnière, lance Fabien Fiorito à la cantonade. L’année dernière, on avait récolté 600 kilos de pistaches en tout ; cette année, on est à près de 10 tonnes brutes en France.» «L’année prochaine, ce sera 100 tonnes», renchérit Bernard Schmitt, qui a planté 2,5 hectares de pistaches dans son domaine à Pertuis (Vaucluse). Créer une filière française de la pistache, c’est le pari un peu fou lancé par une poignée d’agriculteur·ices de Provence en 2017. Alors que cette culture avait disparu de l’Hexagone au 19ème siècle, elles et ils ont dû repartir de zéro. Cette année, pour la première fois, leur récolte est suffisante pour être vendue. Peu à peu, les producteur·ices de Provence ont été rejoint·es par d’autres personnes de tout l’arc méditerranéen (Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Corse), désireuses d’adapter leurs cultures face au réchauffement climatique : originaire d’Iran, le pistachier nécessite moins d’eau que les arbres fruitiers à noyaux comme les abricotiers. Réuni·es depuis 2021 au sein d’un syndicat, France Pistache, les producteur·ices apprennent à cultiver ensemble le précieux fruit à coque. Carnet de notes en main et questions plein la tête, les agriculteur·ices suivent Fabien Fiorito sur son verger pour assister à la récolte mécanique. Les arbres arborent de beaux fruits protégés par une peau rosée. «C’est réconfortant de voir les rendements qu’on obtient au bout de six ans», s’enthousiasme Jean-Franck Cascio, paysan corse qui a planté ses premiers pistachiers en 2024 et 2025. C’est un investissement sur le long terme : il faut attendre six ans pour que les arbres donnent des fruits en quantité suffisante pour être vendus. Béatrice Sourd observe avec intérêt le bras mécanique qui secoue les arbres pour faire tomber les fruits mûrs. Cette viticultrice du Minervois (Aude) a planté un demi-hectare de pistachiers en plus de ses vignes et songe à en cultiver davantage. «La viticulture, c’est de plus en plus dur, raconte celle qui travaille la vigne depuis quinze ans. Cette année, à la fin des vendanges, les raisins étaient secs.» En plus des problèmes liés à la sécheresse, elle doit faire face à la mutation de la filière vinicole. «Le vin ne se vend pas et les prix chutent», résume-t-elle. Avec la pistache, elle espère diversifier son activité. «Ce qui me plaît, c’est qu’elle est peu gourmande en eau et qu’il y a plein de transformations possibles en pâtisserie, en charcuterie…», énumère-t-elle. Une vision partagée par Jean-Franck Cascio, qui produit des amandes, des noisettes, des fruits et des légumes. «Cette année, avec la chaleur, on a beaucoup souffert ; on est obligés de planter des arbres pour faire de l’ombre à nos légumes», souligne-t-il. Celui qui a repris la ferme de son père se prépare à un futur de plus en plus chaud : «On a choisi la pistache parce qu’on veut des plantations économiquement viables pour les prochaines générations.» Pour choisir ce qu’il peut planter sur ses terres corses, il étudie désormais les cultures siciliennes, espagnoles et tunisiennes. La journée se poursuit avec un atelier d’épluchage : l’une des étapes cruciales. La première peau doit être retirée juste après la récolte ; si ce n’est pas fait dans les 12 à 24 heures, le fruit sec fermente et développe une toxine qui le rend impropre à la consommation. «On les épluche dans cette machine par friction avec de l’eau, explique Fabien Fiorito, désignant une grande boîte métallique verte. Ensuite, elles sont séchées à 42 degrés pendant 24 heures.» Cette unité d’épluchage et de séchage n’est utile que six semaines dans l’année. Ainsi, les producteur·ices viennent chez Fabien et Émilie Fiorito pour éplucher leur propre récolte et mutualiser le coût de l’investissement. Mais, avec des quantités de plus en plus importantes, elle ne suffira plus. Bernard Schmitt n’en perd pas une miette. L’année prochaine, il voudrait ouvrir une unité d’épluchage et de séchage plus grande, sur ses terres, pour permettre aux producteur·ices alentour de venir. «C’est très important de discuter avec les collègues, on observe et on apprend tous ensemble», résume-t-il. «Pour avoir une filière solide, il faut créer des liens entre les agriculteurs», abonde Émilie Fiorito, qui est aussi trésorière de l’association Pistache en Provence et secrétaire de France Pistache. En lien avec les chambres d’agriculture de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’Occitanie et de Corse, le syndicat organise plusieurs ateliers par an pour transmettre les connaissances et partager les retours d’expérience. «En hiver, on organise un atelier taille ; au printemps, on fait un atelier sur l’irrigation ; et, en septembre, c’est la récolte», énumère la productrice. «Au départ, personne ne nous croyait, raconte celle qui a commencé à s’intéresser à la pistache en 2019. Maintenant, avec cette récolte, on nous regarde différemment.» Le syndicat rassemble plus de 150 adhérent·es : pas seulement des producteur·ices, aussi des entreprises de transformation, des confiseur·ses et une entreprise de yaourt qui veut valoriser la pistache française. «Il ne suffit pas de planter des pistachiers : on doit donner une perspective aux agriculteurs», affirme Émilie Fiorito. Le marché est très dynamique : la France importe chaque année environ 15 000 tonnes de pistaches décortiquées. Conscient·es de ne pas pouvoir rivaliser avec les leaders du marché – États-Unis ou Turquie, qui produisent chaque année des centaines de milliers de tonnes –, les producteur·ices tricolores veulent se démarquer par la qualité de leurs fruits. Pour les aider, France Pistache travaille avec l’Institut Agro de Montpellier (Hérault), qui mène une étude sur la traçabilité. La pistachicultrice d’expliquer : «L’idée, c’est qu’à chaque étape, du champ à l’assiette, on ait une traçabilité complète du produit.» Texte intégral (1330 mots)

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