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Mouvement international œuvrant à construire un monde où l’énergie renouvelable soutenue par les populations locales est accessible à tou.te.s.

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07.01.2026 à 15:32

Les gens ordinaires ne peuvent pas continuer à payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables

sorayafettih

Texte intégral (1184 mots)

Léa Renault

Chloé Sublet

Nous sommes nées aux extrémités opposées de la France. L’une a grandi en Provence, dans le sud, l’autre dans les Hauts-de-France, dans le nord. Des régions différentes, des réalités différentes – mais on se posait les mêmes questions sur la justice, la responsabilité des crises et notre avenir. Nos chemins se sont finalement croisés à Paris, où nous sommes devenues amies grâce à notre travail commun dans la communication et à nos valeurs partagées.

Comme beaucoup de personnes de notre génération, nous savions déjà que le changement climatique était sérieux. Mais avec le temps, il est devenu clair que non seulement cette crise était massive, mais aussi profondément injuste : ceux qui contribuent le moins paient le prix le plus élevé, tandis que ceux qui l’alimentent et en profitent le plus restent largement protégés. Comprendre cela a rendu notre engagement dans la campagne Taxons leurs milliards, menée par 350.org, une étape naturelle et nécessaire de notre parcours.

En France, le même schéma se répète, encore et toujours. Les politiques climatiques sont repoussées à plus tard. Les budgets pour l’action environnementale diminuent. Le débat public dérive vers de fausses priorités. Pendant ce temps, les impacts de la crise climatique sont de plus en plus visibles. Les vagues de chaleur commencent plus tôt et durent plus longtemps chaque année, et certaines de nos familles deviennent de plus en plus vulnérables aux températures extrêmes. Beaucoup de personnes peinent à payer leurs factures d’énergie qui explosent pour chauffer leurs logements mal isolés, rendant à la fois la chaleur et le froid difficiles à supporter. Le constat est clair: les inégalités décident qui peut s’adapter ou non.

Pour nous, agir signifiait se montrer présentes. Nous croyons fermement au principe du « penser global, agir local », et c’est ainsi que nous avons trouvé notre place dans le mouvement climat aux côtés de 350.org. Agir ensemble dans la rue a tout changé. Nous avons participé à l’action « Rentrée des classes parlementaire» devant l’Assemblée nationale en septembre 2024, à la puissante action « Taxez-moi. Je suis riche » devant le Sénat en juin 2025, et à la marche parisienne « Climat, Justice, Libertés » en septembre 2025. Ces moments n’étaient pas isolés ; ils faisaient partie d’un élan de plus en plus puissant pour exiger des comptes de la part de celles et ceux qui nous gouvernent.

Chloé et Léa lors de l’action Draw the Line à Paris, septembre 2025

À travers ces mobilisations, une chose est devenue impossible à ignorer : nous ne pouvons pas financer une transition climatique juste en faisant peser le poids sur les gens ordinaires. Les ménages aux revenus moyens et modestes sont déjà à bout de souffle, tandis que les grandes fortunes continuent de croître – tout en détruisant la planète avec leurs émissions de gaz à effet de serre démesurées. Taxons leurs milliards dénonce cette injustice de manière claire et directe. Demander aux milliardaires de payer leur juste part n’est pas radical. C’est du bon sens.

En France, cette idée a longtemps été rejetée, jugée comme irréaliste. Mais la campagne Taxons leurs milliards a contribué à changer l’opinion publique. S’appuyant sur des études solides, des données claires et des actions visibles, la taxation des grandes fortunes est devenue un véritable sujet de débat national. Même lorsque des propositions comme la taxe Zucman ont été bloquées, l’élan n’a pas disparu. La conversation a évolué, et ce changement compte.

Pour nous, Taxons leurs milliards s’inscrit dans la continuité de nos valeurs, de nos actions et de notre conviction que la justice climatique ne sera possible que lorsque les vrais responsables seront nommés et que des comptes leurs seront exigés. Nous savons que ce travail prendra du temps et que le chemin sera semé d’embûches. Mais pas à pas, action après action, nous contribuons à faire bouger les lignes, pour que ce qui avant été considéré comme utopiste rentre dans le champ des possibles.

 

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06.01.2026 à 12:52

Nouvelle année, vieux démons ?

sorayafettih

Texte intégral (1546 mots)

Il y a différentes façons de débuter l’année du mauvais pied, et le gouvernement des États-Unis vient de l’illustrer une fois de plus en prenant de cours le monde entier.

Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre le Venezuela, capturé le président Nicolás Maduro et déclaré qu’ils prendraient le contrôle des vastes réserves pétrolières du pays, ouvrant la voie aux compagnies pétrolières américaines pour qu’elles puissent s’y établir et façonner le secteur. Cette décision intervient alors que le monde est censé effectuer un tournant historique: 2026 est supposée être l’année où le monde tourne la page des énergies fossiles et s’engage dans un avenir énergétique plus sûr et plus stable.

Le Venezuela détient plus de pétrole que tout autre pays au monde. Le moment choisi et l’importance accordée à la prise de contrôle des plus grandes réserves pétrolières connues à l’échelle planétaire ne laissent aucune place au doute: le pétrole est au cœur de ce conflit, et non pas juste une question secondaire. C’est la poursuite de politiques toxiques et brutales d’exploitation des ressources fossiles : depuis des décennies, leur contrôle a empoisonné la politique étrangère, justifié des interventions militaires et des guerres, tout en étant présenté comme une « nécessité » soit d’un point de vue sécuritaire, soit d’un point de vue économique.

Données extraites du World Population Review

Alors que la crise climatique s’aggrave, s’accrocher au pétrole ne fait qu’augmenter les risques de nous condamner à un cercle vicieux de violence, d’instabilité et de chantage autoritaire. Un avenir plus sûr n’est pas une utopie, c’est un choix politique. Chaque investissement dans les énergies propres est un investissement pour la paix, la stabilité et la souveraineté.

À l’aube de cette nouvelle année, la question est claire : allons-nous continuer à reproduire les mêmes schémas mortifères du pouvoir fondé sur le pétrole, ou allons-nous enfin choisir un système énergétique qui n’a plus besoin de la guerre pour se maintenir ?

Il ne s’agit pas seulement du Venezuela, il s’agit de nous tous et toutes

Il ne s’agit pas seulement de protéger le peuple vénézuélien dont la vie, la sécurité et le droit à l’autodétermination sont extrêmement importants. C’est l’équilibre du monde entier qui est en jeu. Il s’agit du type d’avenir énergétique que nous choisissons et de ceux qui paient les pots cassés lorsque les pays puissants refusent de dire adieu aux énergies fossiles, car la crise climatique ne s’arrête pas aux frontières.

Si nous brûlons les quelque 303 milliards de barils de pétrole brut que contiennent les réserves vénézuéliennes, c’est la planète entière qui en paiera le prix, y compris la population américaine dont le gouvernement américain prétend aujourd’hui qu’elle en bénéficiera. Ce jeudi marquera le premier anniversaire des incendies qui ont ravagé Los Angeles, détruisant des quartiers entiers, forçant des familles à fuir et réduisant des communautés entières en cendres. Ces incendies n’étaient pas un accident : chaque nouveau champ pétrolier, chaque décision de forer encore et toujours plus, alimente une crise qui touche déjà des millions de personnes qui n’en ont pas la responsabilité.

En 2025, des incendies massifs ont entraîné le déplacement de 100 000 personnes dans la région de Los Angeles. Crédit photo : David S. Roberts

Les énergies fossiles maintiennent le monde en situation de crise

La décision des États-Unis d’attaquer et de prendre le contrôle du pétrole vénézuélien souligne à quel point nous sommes encore loin de briser les chaînes de notre dépendance au pétrole. Le charbon, le pétrole et le gaz ne se contentent pas de réchauffer la planète. Ils façonnent la politique mondiale de manière dangereuse. Comme les réserves d’énergies fossiles sont concentrées dans quelques régions du monde, elles transforment des pays entiers en points de friction permanents. Le contrôle du pétrole devient synonyme de contrôle du pouvoir, et ce pouvoir est défendu via des menaces, des sanctions et parfois des bombes.

Tant que les énergies fossiles resteront la colonne vertébrale de l’économie mondiale, l’énergie demeurera une source de conflits. L’instabilité n’est pas un accident. Elle fait partie intégrante du système. C’est exactement ce que le mouvement climat dénonce depuis des décennies : les énergies fossiles ne sont pas seulement un problème climatique. Elles menacent la paix, la justice et la démocratie.

Au cours du week-end, des manifestations dénonçant les attaques contre le Venezuela ont eu lieu dans plus de 100 villes aux États-Unis. Crédit photo : PSL

La sortie des énergies fossiles n’est pas facultative, elle est urgente

2026 est censée être l’année où les gouvernements commencent enfin à transformer leur promesse de dire adieu aux énergies fossiles en actions concrètes, et c’est encore possible. Les avertissements de la part des scientifiques, les innombrables vagues de chaleur, inondations, incendies et sécheresses record, pointent tous dans la même direction : il est urgent de sortir définitivement du charbon, du pétrole et du gaz, et de passer rapidement aux énergies renouvelables et propres.

Lors de la dernière conférence des Nations unies sur le climat en novembre 2025, plus de 80 pays ont soutenu une feuille de route pour sortir des énergies fossiles. Cet engagement n’était pas symbolique. Il marquait une prise de conscience que le maintien de notre dépendance au pétrole et au gaz nous condamne à un avenir fait de catastrophes climatiques, de chaos 

Si le texte final de la COP30 est malheureusement dépourvu de référence aux énergies fossiles, les gouvernements colombien et néerlandais ont fait preuve d’un leadership cruellement nécessaire en annonçant la tenue de la première Conférence internationale pour une transition juste hors des énergies fossiles. Cette réunion historique aura lieu les 28 et 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, et constituera une excellente occasion pour les dirigeant·e·s du monde entier de prendre des engagements concrets afin de mettre fin une fois pour toutes à l’ère du pétrole et du chaos climatique, politique et humanitaire qu’il engendre.

Les énergies propres ne sont pas seulement plus propres, elles sont aussi plus sûres. 

Les panneaux solaires ne déclenchent pas de guerres. Les éoliennes ne nécessitent pas de protection militaire. Les projets d’énergies renouvelables pilotés par des communautés ne déstabilisent pas des régions entières. Chaque retard que nous prenons à sortir des énergies fossiles rend des crises comme celle-ci plus probables.

La crise climatique exige que le monde entier opère un tournant loin des énergies fossiles, et que les gouvernements cessent de déclencher de nouveaux conflits pour obtenir du pétrole. 2026 doit être le moment où le monde passe à la vitesse supérieure pour tourner la page des énergies fossiles et investir dans un avenir plus sûr et plus propre. Reprenons le contrôle et faisons de cette vision une réalité.

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17.12.2025 à 12:55

Petit guide de conversation : Taxer les ultra-riches, c’est tendance !

Lisa Rose

Texte intégral (1551 mots)

France DTL

S’ils vous demandent « Pourquoi est-ce nécessaire de taxer les milliardaires ? », vous pouvez répondre :

Au bingo des responsables des inégalités et des crises climatique et démocratique, les ultra-riches cochent BEAUCOUP de cases : 

  • Ils accumulent des fortunes astronomiques tout en investissant dans des industries polluantes et en évitant au maximum de payer des impôts. Pendant ce temps, la majorité d’entre nous est confrontée à la flambée des coûts de l’alimentation et de l’énergie, au délitement des services publics et à des conséquences de plus en plus intenses et fréquentes du changement climatique, telles que les vagues de chaleur et les inondations.
  • Une personne faisant partie des 0,1 % les plus riches émet plus en un JOUR qu’une personne faisant partie des 50 % les plus pauvres en une ANNÉE. (Oxfam)
  • 1,9 million de tonnes: C’est le volume de CO₂ que génère en moyenne un milliardaire par an via ses investissements. Près de 60 % des placements des milliardaires se trouvent dans des secteurs à fort impact climatique, comme le pétrole ou les mines, avec des émissions 2,5 fois supérieures à celles d’un portefeuille moyen. (Oxfam)
  • Les milliardaires comme Vincent Bolloré et Elon Musk nuisent activement à la démocratie en finançant des responsables politiques et médias propageant des idées d’extrême droite, afin de servir leurs intérêts, au détriment de notre avenir et de celui de la planète.
  • Les ultra-riches comme Bernard Arnault, figurant parmi les 10 plus grandes fortunes mondiales, bénéficient de privilèges accordés par les gouvernements successifs. Au lieu de taxer les ultra-riches de manière juste, les gouvernements, y compris en France, laissent les milliardaires agir en toute impunité et continuer de s’enrichir pendant que des coupes drastiques sont effectuées dans les budgets destinés au financement des services publics essentiels comme la santé ou l’éducation, ou à la transition écologique pourtant urgemment nécessaire. En France, les milliardaires paient proportionnellement deux fois moins d’impôts que la moyenne de la population, tous prélèvements confondus. Les impôts payés chaque année par les centi-millionaires et les milliardaires représentent en moyenne 0,3 % de leur fortune totale.

Si l’on vous dit « Taxer les ultra-riches ne rapportera quasiment rien », vous pouvez répondre :

  • Les gouvernements prétendent que les caisses sont vides et que les politiques d’austérité sont la seule option pour notre économie, mais la vérité c’est que s’ils avaient le courage politique d’augmenter les impôts des plus riches, ils pourraient générer des dizaines de milliards d’Euros de recettes fiscales supplémentaires. La taxe proposée par l’économiste Gabriel Zucman, qui prévoit la mise en place d’un impôt plancher de seulement 2 % sur la fortune des personnes détenant au moins 100 millions d’euros permettrait de collecter entre 15 et 25 millions d’euros par an ! Elle ne concernerait que 1800 foyers, c’est-à-dire une infime proportion de la population française. Cet argent pourrait être investi dans la rénovation thermique des logements et des écoles, le développement de moyens de transports moins polluants, le développement de sources d’énergies renouvelables essentielles pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. 
  • La majorité de la population française, peu importe son affiliation partisane, est favorable à l’imposition des grandes fortunes, tout comme les syndicats, les associations et même des chefs d’entreprises !

Si l’on vous demande : « Les riches ne vont-ils pas fuir si on leur demande de payer plus d’ impôts ? », vous pouvez répondre :

C’est l’un des principaux arguments brandis par les opposant·es à la taxation des ultra-riches: ceux-ci partiraient à l’étranger, privant la France de leurs investissements, ce qui augmenterait le chômage et la pauvreté, tout cela sans réduire la dette publique. Pourtant, cela ne se vérifie pas dans la réalité:

  • Les ménages les plus riches s’expatrient relativement peu de France ». Les 10 % les plus riches sont en dessous du taux de départ moyen en France (0,38 %). Entre 2001 et 2006, seulement 0,12 % à 0,14 % des contribuables redevables de l’impôt sur la fortune (ISF) quittaient la France chaque année selon la Direction générale des finances publiques. Par la suite, ces départs n’ont pas dépassé les 0,2 % du nombre de redevables de l’ISF.
  • À cela, s’ajoutaient les « faux départs » à l’étranger : chaque année, l’administration fiscale identifiait jusqu’à 200 faux exilé·es, c’est-à-dire des redevables de l’ISF qui se déclaraient à l’étranger mais qui continuaient en réalité à vivre en France. Ces personnes faisaient alors l’objet d’un redressement fiscal, même si toutes n’ont probablement pas été identifiées.

Tout cela a été confirmé par un récent rapport du Conseil d’Analyse Économique, un organisme de réflexion indépendant chargé de conseiller le gouvernement. Même quand on regarde les très grosses fortunes, très peu de gens décident de partir vivre ailleurs pour des raisons fiscales. Quand le gouvernement a augmenté les impôts sur le revenu en 2012, seulement quelques centaines de ménages ont réellement déménagé. L’impact sur l’économie est minime : ces départs sont tellement rares qu’ils n’ont pratiquement aucune conséquence sur la richesse totale du pays ou sur l’emploi en général.

S’ils vous disent « Tu as raison ! Comment puis-je agir ? », vous pouvez leur proposer de :

  • Signer la pétition demandant au gouvernement français de taxer les ultra-riches pour financer la transition écologique, la santé, l’éducation, l’aide pour les pays les plus affectés par les changements climatiques.
  • Lire le dossier « Taxons leurs milliards » s’ils veulent en savoir plus sur certains de ces ultra-riches et de leurs méfaits !
  • Écouter cette interview éclairante de Gabriel Zucman pour démêler le vrai du faux
  • Rejoindre notre groupe WhatsApp « Taxer les riches: changeons le système » pour recevoir nos actualités de campagne et propositions d’action, pour s’impliquer plus concrètement.

2025 a marqué un tournant en France vers plus de justice fiscale. En 2026, nous continuerons de nous mobiliser du local au national, pour obtenir des victoires concrètes!

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12.12.2025 à 17:12

Notre Énergie News – Qu’est-ce qui a changé cette année aux négociations climat de l’ONU ?

Mallika Singhal

Texte intégral (3390 mots)

Cette newsletter est également disponible en anglais.


Aujourd’hui marque le 10e anniversaire de l’Accord de Paris, lorsque, pour la première fois, les dirigeants mondiaux ont convenu de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C et d’accélérer la transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Alors que nous tournons la page de cette année, on a enfin l’impression que le monde commence à bouger — et une partie de ce mouvement va dans le bon sens. Il y a un mois, les dirigeant·es du monde entier se sont réuni·es à Belém, au Brésil, pour la COP30, le sommet annuel de l’ONU où les gouvernements prennent des décisions cruciales pour l’action climatique.

Les négociations étaient loin d’être parfaites, mais quelque chose d’essentiel s’est produit. Le pouvoir des peuples a brillé : des organisateur·rices de terrain, des peuples autochtones et traditionnels, des jeunes, des travailleur·euses — et cela a permis de véritables avancées historiques :

En Colombie, le gouvernement a déclaré que l’ensemble de l’Amazonie colombienne devient une zone sans combustibles fossiles — une avancée majeure pour les droits autochtones, la protection des forêts et la justice climatique mondiale. Et l’année prochaine, la Colombie accueillera la première Conférence internationale sur la transition juste loin des combustibles fossiles — un espace qui n’existait tout simplement pas avant que les mouvements n’en fassent une exigence.

Le pays hôte, le Brésil, a lui aussi franchi une étape importante : il vient d’annoncer le lancement d’une feuille de route nationale pour la sortie des énergies fossiles, ouvrant enfin la voie à une transition énergétique guidée par les communautés.

Vous trouverez plus loin un aperçu complet de ce que les peuples — et notre mouvement — ont réalisé à l’intérieur et à l’extérieur des négociations de la COP30.

Mais avant cela, je veux vous dire ceci : ce ne sont pas de petites victoires. Ce sont des signes que le monde commence enfin à avancer dans la direction que les communautés réclament depuis des décennies : un avenir où les forêts sont protégées, où les pollueurs rendent des comptes, et où l’accès à une énergie propre devient un droit, pas un privilège.

À la fin de 2025, on ressens quelque chose de rare : de l’élan. Un élan réel, mondial, porté par des personnes ordinaires qui refusent d’abandonner.

Et pour 2026 ? Nous avons du travail ambitieux et enthousiasmant devant nous — et je suis heureuse que vous en fassiez partie.

On vous souhaite du repos, de la chaleur et beaucoup d’espoir en cette période de fêtes.


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Actualités du mouvement Découvrez nos dernières actions en faveur de la justice climatique et énergétique

La force du peuple a fixé le cap de la COP30

À Belém, ce sont les peuples — pas les politicien·nes — qui ont mené l’agenda. Plus de 70 000 personnes ont marché pour la justice climatique, tandis que 200 bateaux ont transformé l’Amazone en un appel puissant à protéger le vivant.

Dans la zone officielle de l’ONU, banderoles et capybaras géants ont rappelé une vérité simple : les communautés veulent des rivières, pas des pipelines, et une transition qui profite aux gens, pas aux pollueurs.

 


Les voix autochtones au cœur du sommet

Avec 3 000 représentant·es, l’une des plus grandes délégations autochtones jamais vues a redonné à la COP un ancrage dans la terre, la culture et l’expérience vécue. Nous avons amplifié ce leadership à travers le rituel Amazon Free of Oil and Gas (l’Amazonie libre de pétrole et de gaz) et la première du film Chèr·es Ancêtres de l’Amazonie, le Pacificique, et le soi-disant Canada. Cette mobilisation a contribué à une avancée historique : la démarcation de dix territoires autochtones en Brésil, essentielle pour protéger les forêts et garantir une participation réelle aux décisions climatiques.

 


Nous avons poussé les gouvernements à agir vraiment

Avec nos partenaires, nous avons recentré les négociations sur la justice : dénoncer les dégâts des fossiles, exiger un financement pour les populations, et bâtir l’élan autour de la feuille de route TAFF — Transition Away From Fossil Fuels (Feuille de Route pour la Sortie des Combustibles Fossiles), une proposition qui trace comment les pays peuvent sortir du charbon, du pétrole et du gaz en accord avec la science climatique. Soutenue par près de 90 pays, elle n’a finalement pas été adoptée dans le texte final, mais son avancée marque un tournant : la sortie des énergies fossiles est désormais au cœur du débat mondial. Mais une victoire majeure a été obtenue : l’inscription officielle du Mécanisme d’Action de Belém (BAM), un nouveau cadre onusien qui place les travailleur·euses, les peuples autochtones et les communautés au cœur d’une transition juste.


Le pouvoir des peuples a aussi pris la scène du G20

Alors que le G20 se tenait pour la première fois en Afrique, nous avons rassemblé travailleur·euses, étudiant·es, artistes et militant·es sous la bannière WeThe 99% pour exiger justice climatique, annulation de la dette et transition rapide vers les renouvelables. Ateliers, assemblées publiques, People’s Summit, festival de mobilisation : la société civile a occupé l’espace. Malgré le nouveau Africa Engagement Framework, les dirigeant·es n’ont pris aucun engagement clair sur la sortie des fossiles ou le financement climat. Nous restons fermes : l’Afrique n’a pas besoin de promesses, elle a besoin de justice et de moyens pour construire un avenir renouvelable.


 

Le jargon du climat Découvrez les termes utilisés par les activistes et les expert·es du climat

BAM ! (Mécanisme d’Action de Belém)

Le BAM est un nouveau cadre adopté à l’ONU pour garantir que la transition loin des énergies fossiles soit juste : il protège les travailleur·euses, les peuples autochtones et les communautés en première ligne.

À la COP30, tout le monde en parlait — badges, banderoles, appels publics. Les mouvements exigeaient un mécanisme qui transforme les promesses en actions concrètes.

L’inclusion du BAM dans le texte final signifie que la transition doit désormais :

  • être suivie et coordonnée mondialement,
    • partager les meilleures pratiques,
    • soutenir les pays les plus vulnérables,
    • et garantir que personne ne soit laissé de côté.

Le BAM transforme la justice en structure, pas seulement en slogan.


 

Focus sur les champion·ne·s à l’échelle locale Vous serez inspiré·e par des histoires et interviews de gens comme vous et moi qui luttent pour une transition énergétique juste

Activist Spotlight: Bianca Barbosa da Silva

Bianca Barbosa est biologiste, militante quilombola et leader communautaire de Mangueiras, sur l’île de Marajó, au cœur de l’Amazonie brésilienne — une région où les coupures d’électricité peuvent durer des jours et où l’insécurité énergétique façonne la vie quotidienne.

En tant que gestionnaire de projet à l’Observatório do Marajó, elle œuvre pour que les communautés aient une vraie voix dans les décisions autour du climat, de l’énergie et du territoire. Son travail au sein de la campagne Energia dos Povos a formé plus de 1 500 personnes dans 71 communautés pour défendre une énergie propre, fiable et portée par les habitant·es. Son plaidoyer a contribué à améliorer les infrastructures locales, à inclure des familles dans les tarifs sociaux d’électricité, et même à installer 10 000 systèmes solaires dans l’Amazonie.

Pour Bianca, la justice énergétique est indissociable de la justice climatique — et son message reste clair : “rien sur nous sans nous.”

 


Le point sur les renouvelables Informez-vous sur les chiffres qui comptent, les faits essentiels et les dernières nouvelles

Aucune croissance des énergies fossiles en 2025

Pour la première fois de l’histoire, le monde pourrait connaître zéro croissance de l’électricité issue des combustibles fossiles cette année — non pas parce que la demande baisse, mais parce que les renouvelables progressent assez vite pour couvrir toute la nouvelle demande.

Le think tank Ember révèle que le solaire a bondi de 31 %, avec l’éolien en forte hausse aussi. En Chine et en Inde, la production fossile a même diminué, remplacée par des records d’énergie propre.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’un des organismes les plus influents au monde, confirme cette tendance : les renouvelables sont désormais l’option la plus compétitive, la plus fiable et la plus rapide à déployer.

Le verdict est clair : l’ère fossile a atteint son pic — l’ère renouvelable accélère.


Votre énergie Aidez-nous à exiger des mesures concrètes pour le climat

Cette année, grâce à vous, nous avons mené des formations, mobilisé des centaines de milliers de personnes et placé le leadership autochtone au cœur de la COP30. Ensemble, nous avons remporté de grandes victoires lors de l’une des années les plus difficiles

 

Mais alors que notre mouvement s’amplifie, les financements institutionnels diminuent et de nombreux gouvernements reculent. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer ce travail essentiel. Nous aiderez-vous à préserver notre avenir ?


Rechargez vos batteries Renforcez vos compétences pour vous attaquer à l’urgence climatique et faire croître notre mouvement

C’est la période des fêtes — des bons repas, de longues discussions… et parfois des conversations délicates. Que ce soit un oncle sceptique, un·e ami·e dépassé·e ou quelqu’un qui veut comprendre, ces moments peuvent devenir des espaces de dialogue plutôt que de confrontation.

Pour vous aider, nous avons créé une courte formation pratique : Avoir des conversations sur le climat. Simple, claire, accessible — parfaite pour transformer une discussion difficile en échange constructif.

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