Patrick Le Hyaric
Par Patrick Le Hyaric, 22 juillet 2026. La démocratie, une fois de plus, piétinée. Une fois encore, la démocratie bafouée. Le Parlement ignore superbement les pétitions citoyennes, les alertes des scientifiques et même les recommandations du Conseil constitutionnel. La fameuse loi Duplomb, sortie il y a un an par la porte, est revenue par la fenêtre grande ouverte par les macronistes, les droites et l’extrême droite. Sous couvert d’urgence agricole, ce texte de loi, voté par cette cohorte bariolée, réintroduit une disposition réautorisant deux pesticides néonicotinoïdes jusque-là interdits, parce que dangereux pour la santé : l’acétamipride et le flupyradifurone. Le gouvernement aurait pu supprimer cette dangereuse disposition. Il ne l’a pas fait. Les firmes de l’agrochimie ont veillé au grain. L’ensemble du texte, comprenant cette autorisation, a donc été adopté dans la soirée de lundi 20 juillet par 296 voix contre 224. Mais, cette loi s’inscrit dans un projet plus large et dangereux, marqué par plusieurs reculs environnementaux, notamment sur l’eau. Voici donc qu’en pleine sécheresse, on fait croire aux paysans, et à d’autres sans doute, qu’il suffirait d’ajouter des pesticides et de construire des réserves d’eau pour les plus gros paysans pour résoudre les problèmes. Comme si, face à un déficit global en eau, des mégabassines se rempliraient comme par magie. C’est Ubu roi au ministère. Pire encore, le gouvernement et ses soutiens de droite et d’extrême droite accélèrent l’impréparation de notre pays à la rareté de la ressource en eau. Ils poussent l’ensemble du vivant et les sociétés humaines, la vie, l’habitabilité de la Terre, vers un point de non-retour. Pourtant, le Haut Conseil pour le climat (HCC) avait clairement indiqué que cette loi « réduirait les capacités du secteur agricole à s’inscrire dans une trajectoire d’adaptation efficace, en le verrouillant dans une forte dépendance à l’eau, et l’exposerait à des pénuries d’eau lors de sécheresses pluriannuelles ». Dès le début sous pression des grands fermiers de la FNSEA , le texte du gouvernement prévoyait d’assouplir les règles sur les élevages intensifs, de faciliter le développement des mégabassines ou encore d’affaiblir la protection des zones humides. Et la majorité sénatoriale de droite a poussé plus loin le feu des attaques contre l’environnement, sans sortir les paysans de leur situation d’esclaves des banques et des firmes agrochimiques et agroalimentaires : doublement des capacités de stockage de l’eau, renforcement des acteurs agricoles dans les instances sur la gestion de l’eau, instauration d’un principe de non-régression agricole, redéfinition des zones humides ou encore modification de la tutelle des agences de l’eau et la réintroduction des deux pesticides néonicotinoïdes interdits (l’acétamipride et le flupyradifurone) sans tenir compte des conséquences pour la santé humaine et l’environnement. La vie des paysans ne va pas s’améliorer. Leur santé non plus. Jamais les forces qui ont soutenu cette loi ne se préoccupent du dur labeur paysan et de la rémunération du travail. Sous leur soleil de plomb, leur seule idée est d’accentuer la mise en concurrence des paysans entre eux et la division d’avec le reste du monde du travail. Ainsi vont ces parlementaires et cette ministre avec l’accord de Matignon et de l’Elysée, soutiens non pas des paysans, mais des firmes de l’agro-industrie. Face à de tels enjeux, face à une insertion toujours plus grande de l’agriculture et l’alimentation dans un capitalisme mondialisé déchaîné, lire, faire lire, développer La Terre est plus indispensable que jamais. Avec La Terre, nos lectrices et lecteurs ont accès aux analyses des plus grands spécialiste de la transition environnementale, aux mouvements paysans progressistes, aux syndicats de salariés agricole et à ceux des industrie liées à l’agriculture, aux idées neuves en faveur d’un projet agroécologique, démocratiques et sociales, aux combats pour le droit à l’alimentation, le respect de la biodiversité et la maîtrise par les producteurs de la production. La Terre plus utile que jamais. Lisez là. Faites là lire. Image by goat-privacy from Pixabay. Texte intégral (837 mots)
La Terre
Lors des explications de vote sur les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP) de la loi d’urgence agricole, le député communiste du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolles, a annoncé le vote contre des députés communistes et du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR). Selon lui, le texte ne répond pas aux véritables difficultés du monde agricole et marque un recul sur les plans sanitaire, environnemental et économique. Pour le député, les priorités auraient dû être tout autres. Il estime que l’urgence est de garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs, de les protéger face à la concurrence internationale et à la volatilité des marchés, mais aussi de renforcer les dispositifs publics d’indemnisation face aux aléas climatiques, sanitaires et environnementaux. Julien Brugerolles regrette au contraire que le débat se soit focalisé sur « le petit bout de la lorgnette », en particulier sur les pesticides, la gestion de l’eau et l’évolution du modèle agricole. Il dénonce une « dérive politicienne » et accuse la majorité de droite et d’extrême droite réunie en commission mixte paritaire d’avoir remis en cause les équilibres trouvés lors des débats à l’Assemblée nationale. Le député souligne pourtant que certaines dispositions du projet de loi allaient, selon lui, dans le bon sens, notamment le renforcement des prérogatives des Safer ou encore certaines mesures destinées à mieux garantir l’origine des produits servis dans la restauration collective. Mais ces avancées sont, selon lui, éclipsées par les modifications apportées en CMP. Parmi les principaux points de désaccord figure la réintroduction, sous certaines conditions, de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux substances interdites en France. Julien Brugerolles considère que cette décision constitue un recul majeur au regard des risques sanitaires et environnementaux associés à ces pesticides. Autre sujet de critique : la gestion de l’eau. S’il affirme ne pas être opposé au principe du stockage de l’eau, le député estime que le doublement des capacités de stockage agricole prévu d’ici 2035, avec des dérogations possibles aux règles locales de gestion de la ressource, risque d’accentuer les conflits d’usages dans un contexte de raréfaction de l’eau. Enfin, Julien Brugerolles s’inquiète des conséquences du texte sur le modèle agricole français. Derrière les mesures de simplification, il voit une accélération de l’agrandissement des exploitations et de la concentration agricole, au détriment des exploitations familiales. Selon lui, cette évolution renforcerait la dépendance des fermes aux intrants, à l’endettement et aux marchés internationaux. En conclusion, le député estime que cette loi « ne protège pas les agriculteurs » et qu’elle ne répond pas aux défis économiques, climatiques et environnementaux auxquels le secteur est confronté. Considérant qu’elle risque davantage d’accentuer les divisions que de construire des solutions durables, les députés communistes et le groupe GDR ont voté contre le texte de loi d’urgence agricole concocté par les droites et l’extrême droite en commission mixte paritaire. La Terre, 22 juillet 2026. Voir la déclaration de Julien Brugerolles à la tribune de l’Assemblée nationale Texte intégral (602 mots)
Fabrice Savel
La Terre – mobilisée pour la reconnaissance du droit à l’alimentation et la campagne de pétition européenne animée en France par le Collectif Nourrir – soutient et relaie la pétition « La Loi Duplomb via la Loi d’Urgence Agricole, c’est toujours NON ! » Nous, citoyennes et citoyens, exprimons une fois de plus notre opposition à la réintroduction des néonicotinoïdes et au projet de loi d’urgence agricole. Lors de son passage au Sénat, les membres de la chambre haute ont décidé d’intégrer les dispositions de la loi Duplomb au sein du projet de loi d’urgence agricole. Cela constitue une insulte aux alertes scientifiques et aux millions de citoyens qui se sont mobilisés l’été dernier. Nous le répéterons autant de fois qu’il le faudra : non, c’est non ! Nous refusons un tel empoisonnement de nos sols, de notre eau et de nos corps. Nous refusons l’exposition des agriculteurs, de leurs familles et des riverains de parcelles traitées à l’acétamipride. Les études scientifiques sont suffisamment probantes et nombreuses pour au moins invoquer le principe de précaution: l’acétamipride altère le fonctionnement de cellules neuronales humaines, c’est son mécanisme d’action. Des impacts sur le cerveau en développement ont été observés dans plusieurs études sur des animaux de laboratoire. Chez l’homme, une exposition à l’acétamipride a été associée à différents troubles neurologiques. L’acétamipride et son principal produit de dégradation traversent les barrières placentaires et hémato-encéphaliques. Que faut-il de plus pour que Monsieur Duplomb et Madame Genevard renoncent à ce projet ? Est-il nécessaire d’aller jusqu’à tester l’acétamipride directement sur des femmes enceintes et enfants pour avoir ce fameux lien de “causalité” certain, impossible à atteindre autrement ? Il n’est plus possible de systématiquement se ranger derrière les avis réglementaires, utilisés trop facilement comme argument d’autorité, quand on sait que l’immense majorité des études académiques sont jugées systématiquement “non fiables” ou carrément ignorées par les agences. Nous refusons l’aggravement de l’effondrement de la biodiversité par l’utilisation de pesticides “tueurs d’abeilles” qui affectent l’ensemble des insectes pollinisateurs, organismes non-cibles et leurs chaînes trophiques, en particulier les oiseaux. Soyons clairs : il est montré par un nombre conséquent de travaux que ces effets toxiques surviennent à des doses jugées “sûres” par les agences réglementaires. Là encore, l’argument d’autorité ne tient pas: l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) reconnaît elle-même que sa méthodologie d’évaluation des pollinisateurs est défaillantes et ne permet pas de considérer les effets sublétaux (ne conduisant pas directement à la mort de l’insecte) et ne permet pas de protéger les milliers d’espèces d’abeilles sauvages. Là encore, ce sont des pans entiers de connaissances qui sont ignorés par le processus réglementaire. Pouvons-nous s’il vous plaît avoir un minimum de vision à long terme : que deviendra notre agriculture lorsque la majorité des pollinisateurs aura disparu ? Nous refusons enfin la contamination durable de nos eaux par le flupyradifurone et ses métabolites, tous très persistants dans l’eau. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié en 2015 que tous les usages de cette substance entraînent une contamination “inacceptable” des eaux souterraines, menaçant de surcroît la qualité de l’eau potable. La réintroduction des néonicotinoïdes est le symbole d’un modèle qui cherche à maximiser les profits de quelques agroindustriels au détriment de notre environnement, des paysans qui veulent travailler dans des conditions dignes et des fermes engagées dans des modèles résilients comme l’agriculture bio. La compétitivité sur les marchés internationaux, en concurrence avec des pays moins-disants sur le plan environnemental et social, ne doit plus être la boussole de nos politiques agricoles. C’est tout le projet de loi d’urgence qui doit être rejeté. Nous demandons : Nous avons été plus de 2,1 millions de signataires pour la pétition contre la loi Duplomb. Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, de l’Assemblée nationale et du Sénat, vous porterez la responsabilité politique de cette décision. En 2027 : aucune voix pour les défenseurs des lois Duplomb ! Texte intégral (1032 mots)
PÉTITION
– l’abandon de ce projet de loi délétère pour la santé publique et environnementale ainsi que l’avenir de notre agriculture ;
– la cessation de la dépendance de l’agriculture française aux intrants de synthèse ;
– la prise en compte de la littérature académique la plus récente dans les processus d’autorisation, de renouvellement et d’interdiction de mise sur le marché des pesticides ;
– la transformation profonde des systèmes de production pour une agriculture rémunératrice qui nourrisse la population plus que les marchés mondiaux.
– une action résolue de l’Etat pour aider nos agriculteurs à se tourner vers l’agriculture biologique et soutenir la demande pour ces produits.
Fabrice Savel
Par Patrick Le Hyaric. La canicule menace de revenir, dans le cadre d’une augmentation générale des températures détectée depuis des décennies par les chercheurs et les scientifiques. Aux périodes de canicule succèdent pluies torrentielles, chutes de grêle et inondations. Les cultures n’y résistent pas. Les bouleversements climatiques ne sont donc pas une légende pour la paysannerie qui les subit. Et ces moments de chaleur intense ne seront pas demain l’exception. Nous changeons donc de période pour notre Terre commune. Ce moment devrait être mis à profit pour repenser le développement agricole, reconsidérer le cycle qui s’achève de l’intensification du travail paysan et la concentration agraire sous domination des firmes industrielles et financières en amont et en aval de la production agricole. Au lieu de cela, les forces réactionnaires poussent encore plus fort le char qui mène droit dans le mur. Ainsi, la majorité réactionnaire du Sénat décide d’accentuer les orientations qui poussent vers la catastrophe générale et insécurisent encore plus les paysans-travailleurs. Elle le fait en bafouant les aspirations populaires, en bâillonnant la démocratie. La nouvelle loi dite « d’urgence agricole » ne traite en rien de la vie réelle des paysans, de la rémunération de leur travail. Elle place encore plus les paysans sous la coupe des firmes capitalistes à partir d’apparente techno-solutions. Qu’importe pour ces sénateurs que deux millions de personnes aient signé un texte contre la fameuse loi Duplomb ? Que le Conseil constitutionnel ait considéré qu’elle n’était pas conforme ? Ils ont réintroduit dans leur texte la possibilité d’utiliser l’acétamipride, destructeur de santé humaine et de celle des sols et de l’eau. Ce néonicotinoïde est classé cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé. Qu’à cela ne tienne ! Au lieu de mener la bataille au service de la santé dans toute l’Union européenne en alliance avec les paysans de ces pays, les scientifiques, les médecins, les associations de ces pays, le pouvoir, obéissant aux ordres des firmes de l’agrochimie, préfère expliquer qu’il faut se soumettre à ce qui se fait de plus mauvais ailleurs. Et ces firmes veulent faire disparaître toutes les structures de contrôle et d’évaluation. On apprend ainsi que le groupe de pression nommé « Phyteis », qui rassemble Bayer, BASF, Syngenta, fournit des notes et des amendements clés en main à des sénateurs, dont à l’un des vice-président de la commission des Affaires économiques, allié de M. Duplomb, pour obliger l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (l’Anses) à être plus souple dans ses appréciations sur la nocivité des pesticides et donc sur l’élargissement de leur autorisation. C’est cette même agence publique que M. Wauquiez voulait supprimer il y a quelques mois. C’est ce petit groupe – Phyteis – rassemblant les firmes agrochimiques qui mène le jeu avec la complicité de sénateurs de droite extrémisée et trumpisée qui ont obtenu, pour leurs intérêts de profit, la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone dans la loi contre la biodiversité et la santé. Ces deux pesticides sont destructeurs des insectes utiles à la pollinisation et la production. Le choix de les ré-autoriser est un crime contre la nature et est anti-économique. En effet, plus de 70 % des espèces cultivées pour notre nourriture dépendent pour une grande part des insectes pollinisateurs. Les détruire, c’est détruire l’avenir de la production agricole. Et on estime que la contribution de ces insectes à la production se situe aux alentours de 5 milliards d’euros, soit à peu près 12 % de la valeur de la production végétale destinée à l’alimentation. Cette politique droitière à courte vue va à l’encontre de l’intérêt général humain dans le seul but de permettre à quelques firmes d’engranger toujours plus de profit. Pendant ce temps, le paysan-travailleur trime, subit les effets des bouleversements climatiques, mais il est utilisé au service du responsable qui les provoque. Image by liu xiaozhong from Pixabay. Texte intégral (828 mots)
Fabrice Savel
Par Pierre-Louis Basse, écrivain, journaliste. « Le sport porte en lui le tout de la société ». C’est assez dire que le résistant à toutes les dérives, Edgar Morin, tapait juste. La grande déglingue universelle sera parvenue à défigurer les rêves de notre enfance. Ce football que nous attendions avec fièvre. Ces matches rares et désirables. Et cette réalité, dans la passion, qui ne menaçait pas encore de s’effacer dans un virtuel à la fois grotesque et pathétique. Comme s’il fallait une Coupe du monde pour pointer tous les quatre ans, un gigantisme, une violence, qui n’en finissent plus d’envahir nos vies. Avec ses 9 millions de tonnes de CO₂ produits par ce rendez-vous, c’est un gouffre écologique et durable que le Disney du foot devrait offrir à la planète. Il en faudra en effet des avions pour assumer les milliers de kilomètres séparant Canada, Mexique et États-Unis Mais quand Diego Maradona dénonçait avec courage les comportements mafieux de la FIFA – organisatrice de la Coupe du monde –, c’est désormais un Palace verrouillé de l’intérieur par le servile Gianni Infantino, patron de la FIFA, aux ordres de Trump. Avant même le début du tournoi, l’humanité d’un tel rendez-vous a montré ses premières limites et avec elles, la soumission des médias : Omar Artan, désigné meilleur arbitre africain, devait ainsi représenter fièrement la Somalie, son pays d’origine. C’est oublier que ce pays est « pourri » selon les propres termes utilisés par le nouveau Néron de la politique internationale, Donald Trump. Le passeport diplomatique de ce jeune arbitre venu de Somalie n’a pas suffi : retour immédiat au pays, et adieu la Coupe du monde. La FIFA n’a pas bronché. La liste des infamies jalonnant cette coupe du monde est déjà trop longue pour être fidèlement dressée. Je pense notamment à tous ceux – plusieurs dizaines de milliers -, Mexicains passionnés depuis toujours, et qui ne pourront approcher de leur sport favori, faute de moyens. À Mexico, les enseignants campent dans la rue, sous des tentes, et réclament des salaires décents. Mais la police est sur les dents. Au marché noir, qui fait tourner les têtes, les places se vendent désormais à hauteur de plusieurs milliers de dollars. Enfin, il y a, cette maladie, sourde, menaçante et dont l’ombre portée s’épanouira sans doute au cours de ce Mondial : l’effacement progressif de toute réalité humaine dans ce jeu destiné au plus grand nombre. Eduardo Galeano, immense poète uruguayen, amoureux du football, regrettait dans son magnifique Ombre et Lumière : « Notre football, hélas, appartient à la télévision. » C’est ainsi que plus de cinq milliards de téléspectateurs vont s’habituer progressivement à la victoire de l’image, ses publicités, au détriment du réel. Les pauses hydratantes ont commencé. L’escroquerie du spectacle offrira deux minutes supplémentaires de publicité. Les arbitres n’en finiront plus de mimer le geste du téléviseur afin de trouver une vérité qui n’existe pourtant que dans la vie des hommes. Le joueur remplacé aura l’obligation de courir afin de rejoindre son banc en moins de dix secondes. Les Jeux du cirque ont débuté. Et n’oublions jamais qu’ils sont déjà le laboratoire des Jeux autorisant le dopage. Alors nos rêves s’effaceront. Au grand profit d’une réalité défigurée. Non merci. Retrouvez la chronique de Pierre-Louis Basse dans La Terre Image by Gerd Altmann from Pixabay. Texte intégral (743 mots)
Fabrice Savel
La Confédération paysanne et le Modef appelle à sortir de l’industrialisation de l’agriculture. Dans une lettre ouverte, le Modef interpelle la ministre de l’agriculture sur la sécheresse et la canicule qui menacent une nouvelle fois les exploitations agricoles. Mais alerte le MODEF, l’urgence n’est pas seulement de compenser les conséquences de la crise, mais d’agir sur ses causes. Ainsi, le MODEF dénonce des politiques qui sacrifient progressivement notre capacité de production. Artificialisation des meilleures terres agricoles, multiplication des projets de méthanisation, développement de l’agrivoltaïsme sur des surfaces productives, disparition de terres agricoles au profit d’autres usages : autant de décisions qui réduisent notre potentiel nourricier et fragilisent notre souveraineté alimentaire. Pour la Confédération paysanne, « Cette canicule n’est ni un phénomène isolé ni un événement exceptionnel : elle constitue au contraire les prémices d’années qui seront encore plus chaudes. Il est grand temps de sortir de l’aveuglement volontaire et d’engager des politiques agricoles à la hauteur des enjeux climatiques et adaptées aux réalités de terrain. » Et le syndicat s’insurge après la réunion de 30 minutes accordée par le ministère aux syndicats agricoles pour évoquer les conséquences de la canicule, qui ont « surtout mis en lumière l’irresponsabilité face aux difficultés que rencontrent les paysan·nes confronté·es aux multiples impacts des vagues de chaleur, ainsi que face aux inquiétudes légitimes concernant les années à venir. Le gouvernement, comme les représentants de la FNSEA*, de la Coordination rurale (CR) et de Chambres d’agriculture France, font preuve d’un décalage inquiétant avec la réalité. Aucun des acteurs réunis ne semble prendre la mesure de ce que signifie cet épisode caniculaire. » Pour la Confédération paysanne, « Il est grand temps de sortir de l’aveuglement volontaire et d’engager des politiques agricoles à la hauteur des enjeux climatiques et adaptées aux réalités de terrain. La loi d’urgence portée par le gouvernement, la FNSEA* et la CR, qui a pour seule boussole la compétitivité, illustre l’obsolescence des réponses apportées aux paysan·nes. » Lire la déclaration de la Confédération paysanne « Les conséquences ne sont pas encore pleinement mesurables pour l’activité agricole, souligne la Confédération paysanne » mais les températures exceptionnellement élevées, accompagné·es d’une sécheresse de printemps dans certains territoires, provoquent des manques de fourrage, des prairies et des vignes brûlent, des cultures d’été sont compromises, même celles irriguées. La production laitière diminue drastiquement et dans certains bâtiments d’élevage, les températures peuvent devenir létales pour les animaux. Les risques d’incendies et de mégafeux, comme durant l’été 2025, sont également exacerbés. » « L’année 2026 est une année très difficile pour l’agriculture souligne également le Modef. En février, nous avons connu une période avec beaucoup de pluie, un gros coup de chaud à la fin mai et une canicule depuis sept jours. Les récoltes sont catastrophiques en fourrages et en céréales. Les premiers rendements en blé tendre sont autour de 40 quintaux par hectare contre 74,2 quintaux par hectare en 2025 et 60,9 quintaux par hectare en 2024. Les rendements d’orge d’hiver et de colza sont attendus à la baisse (…). Le déficit pluviométrique annoncé pour les semaines à venir va limiter le potentiel des repousses et les possibilités de fauche de regains. Image by Christelle PRIEUR from Pixabay Texte intégral (730 mots)
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