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 Adrastia
Adrastia a pour objectif d’anticiper et préparer le déclin de la civilisation thermo-industrielle de façon honnête, responsable et digne.

Publié le 30.03.2020 à 18:47

Plan de transition pour la résilience de Chassieu

Dominique Py

Ces diapositives sont le complément de l’article Démarche citoyenne de transition et résilience pour une commune de l’est lyonnais.

L’article Plan de transition pour la résilience de Chassieu est apparu en premier sur Adrastia.

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Publié le 29.03.2020 à 11:12

Démarche citoyenne de transition et résilience pour une commune de l’est lyonnais.

Dominique Py

Jean-Pascal Bois, membre d’Adrastia depuis mai 2019, responsable du groupe local Adrastia Lyon, est ingénieur et habite Chassieu (Rhône). Il témoigne ici de la démarche qu’il a entreprise afin de solliciter les candidats aux municipales et de vérifier l’adhésion de la population à ce qu’il perçoit comme une situation d’urgence.

J’ai toujours ressenti un malaise lié à la situation écologique de la planète, mais ma prise de conscience de l’urgence, début 2019, a suscité une irrépressible envie d’agir et de partager la situation autour de moi.

Premières démarches locales

Après une phase de six mois passée à étudier les rapports du GIEC, les travaux du site SOS Maires, du réseau des Villes en Transition, et beaucoup d’autres, le sentiment d’isolement que j’ai ressenti m’a amené à rechercher un groupe de soutien, de réflexion, et d’échange. Les vidéos de Vincent Mignerot trouvées sur le net m’ont fait découvrir Adrastia. Séduit et rassuré de trouver un groupe sérieux, ayant une vision de l’avenir proche de la mienne, j’ai rapidement adhéré à l’association. Je me suis ensuite proposé comme responsable du groupe lyonnais, afin de pouvoir organiser des rencontres pour se soutenir, réfléchir, et fédérer nos idées d’action.

Pour ce qui concerne l’action, j’ai choisi le niveau local : j’ai réuni en septembre 2019 un groupe d’amis de ma commune, pour leur parler de la situation climatique, du risque de déclin de la société, et leur demander leur aide pour agir. Je souhaitais mettre en œuvre la démarche de « SOS maires », en visant la résilience de ma commune et, par extension, celle de la métropole lyonnaise.

L’idée que je leur ai présentée était de rencontrer les quatre listes de la commune aux élections municipales, pour les solliciter sur le projet de résilience que j’avais préparé. Mes amis m’ont permis d’affûter mon argumentaire (lettre aux candidats, diapositives résumant le projet) et de tester l’approche fondée sur mes recherches. Je les en remercie, même s’ils n’ont pas pu s’impliquer davantage, par manque de temps.

Les rencontres avec les quatre têtes de liste, durant l’automne 2019, ont été intéressantes. Elles ont permis de me faire connaître et de poser la thématique de la résilience avec des gens parfois déstabilisés par la notion d’effondrement. Je leur ai aussi proposé mes connaissances pour travailler ensemble à leurs programmes.

J’ai en parallèle déposé le courrier que j’ai adressé aux élus, sur le site de pétition change.org afin de mesurer l’adhésion de la population locale. Le compteur de signatures progresse, doucement.

Un projet qui prend forme et suscite l’intérêt

Mon projet se résume en trois axes majeurs (voir les planches ici) :

  • Ville nourricière : viser l’autonomie alimentaire au travers de la permaculture
  • Ville sobre et autonome en énergie : neutralité carbone, auto consommation, centrale villageoise, recyclerie, low tech…
  • Ville égalitaire et de soutien : réseau d’entraide, de cohésion et de justice sociale

Quelques temps après, la liste proche des Verts m’a contacté pour des réunions de travail et pour intégrer leur liste (même si cela m’a tenté un moment, j’ai décliné cette dernière offre, ma démarche se voulant citoyenne, et apolitique). Ils ont aussi organisé la projection publique du film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, et m’ont demandé d’y assister pour répondre aux questions, ce qui m’a permis de communiquer sur le projet et de rencontrer des gens désireux d’en savoir plus.

D’autres listes ont, semble-t-il, repris quelques-unes des idées que je leur avais soumises, je l’ai constaté en recevant leurs tracts électoraux.

Ces premiers résultats m’ont rassuré sur la crédibilité de ma démarche.

Le réseau s’étoffe et s’étend via Adrastia

Fin 2019, le conseil d’administration d’Adrastia m’a nommé responsable du groupe local lyonnais : j’ai donc initié des réunions mensuelles à partir de novembre 2019. Je les ai voulues comme des moments de détente (à l’heure de l’apéro !), de partage, de soutien, et de mise en action au niveau local. La présence régulière des membres et le côté sympathique de ces réunions m’ont aussi permis de me sentir soutenu et cela a renforcé ma motivation à agir.

Durant ces réunions, certains membres ont émis le souhait de porter le message de la résilience dans leur commune. D’autres m’ont mis en contact avec des candidats aux élections en région lyonnaise, que j’ai rencontrés pour partager ma démarche. Le soutien des membres est bien sûr précieux pour rendre toute la métropole plus résiliente.

Grâce au réseau national d’adhérents Adrastia, j’ai également accédé à d’autres porteurs de projets pour renforcer ma démarche (projet opérationnel d’éco-hameau, living lab, initiatives comme la Fresque du Climat…), et être encore plus crédible vis-à-vis de mes interlocuteurs.

Mon réseau a donc rapidement grandi.

Un plan d’action et des projets en vue

Je me suis aussi fait connaître sur le site du Pacte pour la Transition. Cela m’a permis de rencontrer un autre citoyen de Chassieu, aussi motivé que moi pour agir dans la commune. Nous travaillons ensemble depuis janvier 2020, ce qui fait beaucoup de bien. Nous avons réussi à revoir quelques-unes des listes et à obtenir leur signature du Pacte pour la Transition. Motivés par ce succès, nous avons pour projet de nous monter en association et de rallier d’autres habitants à notre cause.

Pour donner plus de poids et faire savoir ce que nous faisons, j’ai aussi contacté un journaliste du Progrès (le journal local), qui a adhéré à la démarche et devrait publier un article sur nos actions. Il souhaite aussi me mettre en contact avec des activistes de sa propre commune, car il est également très sensible à la démarche.

Notre plan d’action pour l’après élections municipales est le suivant :

  1. Faire connaître notre action auprès des citoyens et renforcer le groupe
  • Organisation d’un cycle de conférence dans la commune. La première est prévue avec Vincent Mignerot. L’idée est de présenter la situation climatique et les perspectives pour les villes lyonnaises afin de faire savoir aux gens ce qu’il se passe.
  • Par la suite, une deuxième conférence serait organisée pour présenter les actions liées au projet de résilience communale, et mettre élus, entreprises et habitants en mouvement.
  • Nous prévoyons aussi une Fresque du Climat.

2. Obtenir que la mairie se déclare Ville en Transition et valide les trois axes du projet

  • Se rencontrer pour une revue des engagements pris via la signature du Pacte pour la Transition
  • Proposer de rejoindre le réseau des Villes en Transition, et de créer un Conseil Écologique de la Transition, conseil citoyen visant à valider ou refuser les projets selon des critères écologiques.
  • Proposer de monter une équipe de pilotage (élus et citoyens) pour lancer chacun des trois axes du projet.
  • Rencontrer et susciter des initiatives similaires dans les communes voisines, la métropole, en utilisant entre autres le réseau du groupe local Adrastia.

Nous visons, par ces actions, à approcher l’autonomie et la résilience de la commune (voire au-delà) à la fin de la mandature (2026). Cet objectif est ambitieux et il reste encore un long chemin à parcourir.

Une expérience à poursuivre et à partager

Mais, même si des difficultés se présentent, notre motivation reste grande, car notre moteur interne repose sur la volonté de proposer un monde vivable à nos enfants.

De plus, la mobilisation progressive et les retours favorables des personnes rencontrées sont très motivants. C’est même le premier enseignement que je retire de cette expérience : se mettre en mouvement permet de faire avancer la cause, certes, mais aussi de se sentir soutenu et de se maintenir en situation de résilience intérieure, ce qui est essentiel !

Si vous souhaitez soutenir la démarche, voici le lien vers la pétition que j’ai lancée : http://chng.it/LDsNrJ9b

Et pour ceux qui veulent s’en inspirer, je serai bien sûr enchanté d’en discuter, pourquoi pas au travers de nos rencontres mensuelles Adrastia. Alors à bientôt !

Jean-Pascal Bois
Mars 2020

Voir les diapositives de présentation du projet

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Publié le 10.02.2020 à 12:21

Atelier théâtre action: comment parler de l’effondrement à venir?

Dominique Py

« La planète, je la détruis pas, je l’utilise ! » Voici un échantillon des répliques hilarantes dont nous a gratifié Séléna, la comédienne qui a donné la réplique aux participants de l’atelier théâtre action, organisé fin janvier 2020 par le groupe local Adrastia Grenoble. Le thème de la soirée : comment parler de l’effondrement à venir ? En parler, oui. Mais sans braquer. Sans se braquer. Sans passer pour le sinistre de service…

Séléna commence par nous présenter les trois personnages qu’elle va incarner : Céline l’aquoiboniste (« pourquoi se bouger si les autres ne font rien »), Elisa, la techno-optimiste (« au pire, on ira sur mars ») et Edith, la bobo satisfaite (« moi, je fais ma part »). Elles seront au volant pour un covoiturage animé avec un-e volontaire de l’assistance.

Au cours de la soirée, six volontaires vont successivement monter en voiture se frotter à l’un de ces personnages, à la fois réalistes et drolatiques grâce à la verve de la comédienne. Après chaque passage, la salle livre ses impressions et ses suggestions.

Pour finir, la salle se lance dans un travail de synthèse collectif, qui fait ressortir ce qui a été appris de l’expérience.

Ce qui peut marcher : raconter son expérience personnelle, parler du sens qu’on souhaite donner à sa vie, de ce que les changements qu’on a opérés nous ont apporté. Écouter, faire parler, créer une relation de confiance, chercher des points d’accroche et rebondir. Poser des questions comme : « qu’est-ce que ça te fait de voir que… ? ». Chercher juste à susciter de l’intérêt, à planter des graines.

Ce qui ne marche pas : chercher à convaincre, à transformer son interlocuteur. Provoquer, juger, faire la morale, culpabiliser. Chercher la confrontation, assommer à coups de chiffres…

Les participant-e-s ont souligné l’intérêt et l’originalité de ce type d’intervention. A refaire, donc ! Pour aller plus loin, ce blog: dix conseils pour être l’inspirateur et non l’emmerdeur de Noël.

Adrastia Grenoble
Le 10 février 2020

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Publié le 24.12.2019 à 10:01

Les vœux du président d’Adrastia pour 2020

Dominique Py

Chères et chers adhérents à Adrastia,

Le 30 novembre, lors de notre Assemblée Générale, un nouveau Conseil d’Administration a été élu et dans la foulée, il m’a fait l’honneur de m’élire comme Président. Le 15 décembre, une première réunion du CA m’a confirmé que nous avions le potentiel de former une véritable équipe portée par une ambition commune : faire de notre association un véritable projet d’utilité individuelle et sociale, je dirai même citoyenne, face à un avenir que chacun d’entre nous, et même beaucoup d’autres au-delà de notre petit cercle, envisage comme redoutable.

Lorsque Vincent Mignerot a fondé Adrastia en 2014, l’objectif était de porter haut un fanal dans la nuit du déni généralisé afin d’accueillir et de rassembler ceux qui réalisaient que, dans un avenir relativement proche, bien des choses allaient changer et pas forcément pour le mieux. Nous nous sentions alors en dissonance avec l’époque car la COP 21 allait tout sauver, l’avenir était à une « croissance verte » basée sur un « développement durable » et les grincheux étaient donc priés de se faire oublier. Vincent posa les principes de base qui fondent encore notre engagement. Nous voulions regarder les faits avec réalisme, sans catastrophisme ou sentimentalisme, et nous voulions aussi protéger la seule chose qui, en dernier recours, dépendra toujours de notre seule décision : la dignité humaine.

Lors de la canicule de 2018, les médias de masse ont porté à l’attention du grand public la notion de « collapsologie » issue en 2015 des travaux de Pablo Servigne et Raphaël Stevens et le mot « effondrement » devint quasi-instantanément un « buzzword », contaminant la pensée en France et provoquant une cascade de réactions diverses et contrastées. Tout à coup, croire à la rupture des fondamentaux de notre civilisation ne tenait plus du cas psychiatrique mais redevenait l’objection politique des années 70. Signe des temps, le nombre de nos adhérents a alors crû exponentiellement bousculant l’organisation et le fonctionnement de notre association.

Aujourd’hui, à l’aube de l’année 2020, la perception de la situation a grandement évolué : les COP n’ont pas (encore ?) sauvé le climat, la science a confirmé l’effondrement massif de la biodiversité, la transition énergétique n’est toujours pas apparue et nombre de mouvements objecteurs de croissance manifestent et appellent à la désobéissance civile alors que, d’une façon générale, le climat social semble se dégrader un peu partout dans le monde, comme si chaque nation était plongée dans l’ombre grandissante d’une menace à venir. Pour un peu, on se croirait presque dans les courbes du scénario « Business as Usual » du rapport du Club de Rome en 1972…

« S’adapter ou disparaître » disait Charles Darwin. C’est encore plus vrai dans les périodes de bouleversement. En 2014, nous écrivions qu’Adrastia s’auto-dissoudrait s’il était démontré que nos intuitions étaient erronées, hélas Il semble bien aujourd’hui que notre raison d’être soit plus impérative que jamais. Il nous faut donc en tant qu’association, mais surtout en tant qu’individus et même société, tous évoluer et nous adapter.

C’est pourquoi je souhaite faire du mandat qui m’a été confié, un travail de transformation et rajouter un troisième fondement à Adrastia. Appelons-le « encapacitation » (empowerment en anglais, nouvelle époque, nouveau vocabulaire). Ceci afin de sortir de la stupéfaction et reprendre la main sur le peu qui soit sous notre contrôle, au minimum notre attitude face à l’incontrôlable. Adrastia n’a pas vocation à dicter à chacun ce qu’il doit faire, mais Adrastia peut aider chacun à être en état de pouvoir choisir ce qu’il veut, peut et doit faire.

Meilleure information, meilleure décentralisation de l’action vers les groupes locaux, meilleurs outils pour travailler sur soi… voilà autant de débuts de piste qui s’ouvrent à nous. Cela commencera par une meilleure communication entre nous car même si nous sommes tous des bénévoles accaparés par des vies de plus en plus dévorantes, c’est bien le lien aux autres qui fait notre force. N’est-ce pas, au fond, le sens même d’une association ?

Enfin et pour conclure, je dirais que le bonheur n’est pas la destination d’un long voyage mais plutôt l’état d’esprit du voyageur, c’est pourquoi, malgré les auspices sous lesquels se place mon message, j’aimerais au nom de tous les membres du Conseil d’Administration vous souhaiter à tous nos meilleurs vœux de bonheur pour cette année 2020 (et même ensuite car certains choix durent parfois longtemps). Merci pour votre adhésion renouvelée en 2020, pour votre participation et soutien, merci d’être avec nous.

Laurent Aillet

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Publié le 11.11.2019 à 17:46

Soutenez la résolution sur la résilience alimentaire des territoires

Dominique Py

Une proposition de résolution sur la résilience alimentaire et la sécurité nationale sera débattue au Sénat le 12 décembre prochain. Cette proposition vise à alerter le gouvernement sur le risque majeur que constitue la dissociation entre les territoires où sont produits les aliments et les territoires où ils sont consommés. Elle l’appelle à prendre en compte ce risque dans la loi et dans les plans de gestion des risques. Elle s’appuie sur le rapport de Stéphane Linou, « Résilience alimentaire et sécurité nationale », qui met en perspective l’approvisionnement alimentaire actuel et les divers risques d’effondrements.

Adrastia vous invite à soutenir cette proposition de résolution en écrivant à votre sénateur ou sénatrice avant le 10 décembre 2019. Nous vous proposons ci-dessous un modèle de lettre, que vous pouvez adapter à votre convenance, et nous vous suggérons de la personnaliser en ajoutant des éléments concrets sur votre département ou région.

Vous pouvez trouver le nom et l’adresse de votre sénatrice ou sénateur sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/senateurs/sencir.html

Il est préférable de faire un courrier postal (en indiquant le nom du sénateur, suivi de l’adresse « Casier de la Poste, 15 rue de Vaugirard, 75291 Paris Cedex 06 ») car il aura plus de chances d’être lu, mais à défaut vous pouvez envoyer un courrier électronique.

Modèle de lettre

Nom et adresse de l’expéditeur, date d’envoi

Madame la sénatrice/Monsieur le sénateur,

Aujourd’hui, la production alimentaire et la consommation sont largement dissociées : la majorité des aliments consommés a parcouru des dizaines ou des centaines de kilomètres depuis le lieu de production. Nos territoires, même ruraux, sont sous la perfusion des camions et de la grande distribution pour leur alimentation.

Il s’agit là d’une importante vulnérabilité de notre nation, créant un risque systémique majeur s’il survenait des événements graves entraînant la rupture des chaînes d’approvisionnement. Or, les plans de gestion des risques de type ORSEC ne sont pas du tout adaptés à ce type de risque, qu’ils ne prennent pas en compte. De nombreux rapports d’information sénatoriaux s’accordent à dire qu’il y a urgence à adapter notre système de production et de consommation aux chocs à venir, notamment ceux liés au changement climatique.

La proposition de résolution Résilience alimentaire des territoires et sécurité nationale (no 588), déposée par madame la sénatrice Françoise Laborde et vingt-deux autres sénateurs, vise à alerter l’exécutif sur l’importance de la territorialisation de la production, de la transformation et de la distribution alimentaire, ainsi que sur la préparation des populations. Elle souligne l’urgence de rénover les dispositifs de sécurité civile pour y intégrer la résilience alimentaire des territoires et appelle le gouvernement à considérer l’alimentation, et notamment le foncier agricole nourricier, comme un secteur d’activité d’importance vitale. Garantir les conditions d’un niveau minimum de sécurité et d’approvisionnement alimentaire est un devoir pour les autorités publiques qui doivent être en mesure d’assurer une chaîne résiliente, allant du foncier agricole nourricier au consommateur.

En tant que citoyen(ne) du département de ………, je partage entièrement ces préoccupations et j’estime nécessaire de mettre l’accent sur la territorialisation de la production alimentaire et de renforcer les capacités d’anticipation et de prévention des pénuries et de troubles à l’ordre public. Aussi, je vous demande de bien vouloir soutenir cette proposition de résolution lorsqu’elle sera présentée en séance, le 12 décembre après-midi.

Veuillez agréer, Madame/Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Signature

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Publié le 26.10.2019 à 15:45

Interview de “Nos pieds sur terre”

Dominique Py

Bénédicte et Rémi Richard vivent avec leurs enfants dans une fermette du Cantal où ils pratiquent au quotidien l’autonomie, la permaculture et les low-tech. Ils ont fondé “Nos pieds sur terre” qui propose des ateliers et des stages accueillant des familles pour les aider à cultiver leur résilience.

Adrastia les a rencontrés en août 2019, à l’occasion du festival “Sans Transition?”, où ils sont venus présenter leurs activités.

Adrastia: Pouvez-vous nous présenter votre famille et nous dire un mot de votre parcours ?

Nous sommes une famille de cinq avec trois garçons âgés de douze, dix et quatre ans, avec qui nous pratiquons l’instruction en famille en même temps que nous auto-éco-rénovons une fermette.

Rémi : Informaticien dans une banque et conscient de l’effet dévastateur de ce genre de profession, j’ai profité de la prise de poste de Bénédicte pour arrêter de travailler et la suivre. Ce nouveau temps où mon cerveau est redevenu disponible m’a permis d’ouvrir les yeux, de prendre conscience de la finitude de notre système et de l’étudier. Conscient de l’urgence de l’action, je me suis formé aux énergies renouvelables et après avoir été installateur, j’accompagne aujourd’hui les particuliers à devenir autonomes et résilients.

Bénédicte : Passionnée d’éducation et de pédagogies alternatives, j’ai enseigné en tant que professeur des écoles dans des classes difficiles. J’ai démissionné lorsque j’ai pris conscience que les limites que l’on m’imposait ne me permettaient plus d’accompagner le rythme naturel des enfants. De nouveau disponible, je me suis formée à la médecine traditionnelle chinoise afin d’accompagner le plus naturellement possible nos enfants dans les soins du quotidien. Aujourd’hui thérapeute, j’allie cette médecine multimillénaire à des techniques de libération émotionnelles afin d’accompagner mes patients à construire une vision plus globale de leur santé.

Qu’est-ce qui vous a fait prendre conscience de l’effondrement, comment êtes-vous arrivés à la résilience et l’autonomie?

Un message sur le forum oleocene.org en 2005 racontait la dépendance de notre société au pétrole et les conséquences qui en découlaient. Ce fut un électrochoc. S’en sont alors suivies trois années de lecture intense avec tous les grands classiques, en commençant par « Pétro-apocalypse », « Effondrement » , « Comment les riches détruisent la planète », ainsi que la participation à des forums sur le sujet. Les vidéoconférences actuelles n’existaient pas.

Nous avons par conséquent réorienté plus radicalement notre projet de vie vers l’autonomie. En même temps, nous avons essayé de sensibiliser nos proches de façon directe et frontale, car pour nous l’urgence d’agir était là. Ce fut bien maladroit, avec un résultat catastrophique… Par la suite, nous avons préféré ne parler que d’écologie pour justifier nos choix.

Nos enfants ont fait leurs premiers pas et leurs premières chutes dans le chantier de notre fermette en auto-éco-rénovation. L’objectif des travaux de ces années-là était, bien évidemment, l’autonomie. De plus, nos rencontres, échanges, discussions et l’évolution des choix des politiques nous ont permis de préciser notre vision de l’effondrement pour désormais rechercher, en plus, la résilience.

Pour vous, que signifie la résilience et comment essayez-vous de la vivre au quotidien?

Notre résilience est notre capacité à continuer notre projet de vie après l’effondrement et ainsi être prêts pour la reconstruction. Notre quotidien allie à la fois recherche, réflexion et expérimentation car nous essayons d’adopter le réflexe de calculer notre dépendance dans chacun de nos actes. C’est épuisant mais c’est passionnant!

L’accueil des stages

Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets d’outils low-tech que vous avez mis au point ou expérimenté ?

Nous utilisons des outils low-tech que nous avons réalisés depuis plusieurs années. Le premier fut un four solaire. Après de menues améliorations il nous permet de faire cuire des pommes de terre, œufs durs, tartes, clafoutis pendant toute la période estivale. Atteignant une température maximale de 150°C (encore améliorable) il offre une cuisson le plus souvent basse température. Avec cet outil, nous sommes obligés de ralentir notre rythme de vie, d’anticiper et de nous adapter à la météo, ce qui est très souvent le cas des objets low-tech. Par exemple, la cuisson demande une demi-journée et décider du menu trente minutes avant le repas n’est plus possible. Ce four permet une économie d’environ 4 kwh d’électricité, ce qui n’est pas négligeable en matière d’impact écologique. En revanche, au niveau économique, c’est plus discutable : au prix de l’énergie actuelle, on économiserait moins d’un euro par cuisson (mais ça, ça va augmenter…).

Le four solaire

L’utilisation d’outils à pédales reste pour l’instant dans le domaine expérimental. Ayant suffisamment de panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, nous n’avons pas besoin d’énergie extérieure pour la machine à laver, l’électricité de la maison, le lave-vaisselle et la douche. Nous les présentons pour sensibiliser le public à l’importance de l’énergie dans notre vie moderne et à l’effort musculaire nécessaire pour la produire. Nous proposons également un cuiseur solaire à lentille de Fresnel, qui est pour l’instant expérimental.

Le cuiseur solaire

Pour nous, l’important est d’insister sur l’aspect écologique, durable, décroissant, débrouillard et humain des objets « basse technologie ». Le low-tech fait partie des activités qui nous demandent beaucoup de tests et d’expérimentations, avec des résultats variés. Nous utilisons certains outils au quotidien, comme le four solaire et le moulin à farine avec un moteur de machine à laver. Pour d’autres, comme la machine à laver à pédales, nous les utiliserons lorsque nous n’aurons plus le choix car ils sont chronophages. Enfin, pour les derniers, comme le cuiseur solaire, nous constatons qu’il sera difficile de les utiliser dans notre quotidien, à moins d’améliorer encore le prototype que nous avons élaboré.

Le low-tech demande beaucoup de tests et d’expérimentations

Quelles sont les principaux avantages que vous avez trouvés à votre nouveau mode de vie? Quelles difficultés avez-vous rencontrées?

Notre mode de vie actuel nous permet à la fois de vivre en accord avec nos valeurs et d’avoir une grande indépendance vis-à-vis du système consumériste. Nous pouvons également accompagner nos enfants en respectant leur rythme et diminuer l’impact de notre passage sur cette planète. L’avantage le plus enrichissant reste la multiplicité des rencontres que nous pouvons faire au travers de nos différentes activités, nous permettant d’avancer en permanence dans notre réflexion. Néanmoins, ce mode de vie nous a amenés à multiplier le nombre de nos activités, rendant notre quotidien plus que chargé… Nous réfléchissons à une prochaine thématique de nos formations qui pourrait être : « Prévenir le surmenage des collapsos… » !

Est-ce que ce type d’autonomie est accessible à tout le monde (moyens financiers, compétences…) ?

Nous avons tendance à dire qu’à partir du moment où l’on a l’envie, le reste suivra aussi. En revanche, en fonction des compétences de départ de chacun, la route de la résilience et de l’autonomie sera plus ou moins longue. Quant aux moyens financiers, n’imaginez pas que nous avons mis tous nos œufs dans le crowdfunding panier… Les projets de résilience peuvent tout à fait s’adapter au budget de chacun, notamment par rapport à l’habitat où l’on peut choisir dans un large panel allant de l’habitat léger à la rénovation d’un bâti ancien.

Construire une cabane en osier

Vous animez des ateliers et des stages, quels types d’activités y proposez-vous?

Nous organisons ensemble des stages d’immersion en famille où, durant une semaine, nous proposons des ateliers aussi variés que l’autonomie alimentaire, la permaculture, l’autonomie énergétique, l’autonomie dans la santé, l’instruction en famille, la communication bienveillante… Nous proposons des visites de lieux autonomes et éco-construits et nous prenons un temps d’accompagnement et d’étude des projets de résilience de chacun. C’est l’occasion de vivre à un autre rythme et d’expérimenter les toilettes sèches, la douche solaire extérieure, la machine à laver à pédales… L’objectif de nos stages est de permettre à chacun d’avancer et de repartir avec des outils, des compétences et des pistes de réflexion adaptables dans son projet et dans son quotidien.

Quels conseils donneriez-vous pour débuter à quelqu’un qui veut devenir un peu plus autonome et qui ne sait pas par où commencer?

Pour nous, ce sont les conférences et les lectures qui précisent et affinent le projet. Néanmoins ce sont les stages et les rencontres qui permettent d’acquérir de réelles compétences et savoirs-faire pour devenir résilient et rentrer dans l’action. Ainsi, pour débuter, il est important de mettre en exergue les besoins inhérents à votre cellule familiale propre (célibataire, couple, famille…) tout en gardant à l’esprit l’éventualité d’une évolution. Ensuite, il est intéressant de réfléchir aux zones géographiques d’implantation possible : proximité familiale, proximité d’une zone collapso-dynamique… Puis, identifiez vos réelles compétences et vos points faibles et choisissez les formations pouvant vous permettre de combler ces lacunes. Optez pour une période d’immersion et vous serez prêt à vous lancer!

Propos recueillis par Dominique Py

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