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JOURNALISTES D' INVESTIGATION POUR L'ÉCOLOGIE ET LE CLIMAT

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17.10.2026 à 23:52

Rodenticide dans les forêts du nord-ouest de la Californie : 35,7 % des hiboux barrés avaient des anticoagulants dans le foie, et chez les jeunes, le taux est passé de 50 % à 20 %

Julie

Texte intégral (1818 mots)

Entre 2019 et 2025, des équipes qui prélevaient des hiboux barrés dans les forêts du nord-ouest de la Californie ont prélevé des échantillons de foie sur 1003 oiseaux. Dans l’ensemble régional, constitué de 837 hiboux capturés entre 2022 et 2025, 35,7 % présentaient au moins un anticoagulant rodenticide, le poison destiné aux rats qui provoque des hémorragies internes, bien que les oiseaux vivaient dans des forêts majoritairement éloignées des villes et des exploitations agricoles.

Pour atteindre ce point, le poison doit passer d’un animal à un autre. Les rongeurs consomment l’appât et les prédateurs qui les chassent accumulent les composés dans le foie, ce que les scientifiques appellent exposition secondaire.

Cette étude a été dirigée par Vitek Jirinec, chercheur au Integral Ecology Research Center (IERC), une organisation à but non lucratif. Selon le communiqué de presse de l’IERC, il s’agit du plus grand ensemble de données de biomonitorage des rodenticides jamais réuni pour une seule espèce de faune sauvage en Amérique du Nord. Le biomonitorage consiste à suivre un contaminant à travers les tissus d’animaux vivants ou morts.

HIBOUX SAINS PLUTÔT QUE DES CADAVRES

Le hibou barré (Strix varia) est originaire de l’est de l’Amérique du Nord et a envahi l’ouest, où il entre en compétition avec le hibou moucheté de l’Ouest (Strix occidentalis caurina), une sous-espèce menacée. Pour vérifier si son retrait aide à stabiliser le hibou moucheté, dans la région des prélèvements expérimentaux de hiboux barrés, et c’est à partir de là que proviennent les oiseaux de l’étude.

Cela modifie le type d’échantillon. « Presque toutes les études sur les rodenticides se fondent sur des animaux qui apparaissent malades ou morts, ils ont donc tendance à recueillir les pires cas », a expliqué Jirinec dans le communiqué de l’IERC. « Nos hiboux semblaient être des oiseaux en bonne santé qui menaient leur vie. Cela nous donne une image beaucoup plus fidèle de ce qui circule dans la population et une plus grande confiance dans le fait que les tendances que nous observons sont réelles. »

La zone d’échantillonnage couvre 3 990 kilomètres carrés dans les comtés d’Humboldt, Del Norte, Siskiyou et Trinity, s’étendant de la côte jusqu’à environ 100 kilomètres à l’intérieur des terres et de la frontière de l’Oregon jusqu’à environ 230 kilomètres au sud. Elle englobe des terrains fédéraux, étatiques, tribaux et privés entre les montagnes Klamath et la Chaîne côtière.

Plus d’un tiers portait des anticoagulants

Les chercheurs ont cherché 14 composés anticoagulants dans chaque foie. L’exposition quasi exclusive aux anticoagulants correspondait à ceux de seconde génération, présents chez 35,2 % des hiboux, tandis que ceux de première génération n’apparaissaient que chez 1,2 %.

Les anticoagulants de seconde génération sont plus puissants et ont été développés parce que les rongeurs ont développé une résistance aux premiers, un problème qui inquiète également en Europe, où les rats espagnols ont acquis une résistance aux poisons les plus toxiques. L’étude rappelle que la demi-vie du brodifacoum dans le foie des rats de laboratoire peut atteindre 113 jours.

Ce composé a été le plus répandu, présent chez 30,6 % des hiboux, suivi de la bromadiolone, à 14,2 %. Parmi les hiboux exposés à des anticoagulants, la concentration moyenne de ces composés s’élevait à 14,7 parties par milliard.

« Les rodenticides sont répandus dans les réseaux trophiques forestiers de l’Ouest de l’Amérique du Nord, même dans des paysages éloignés des centres urbains et agricoles », écrivent les auteurs. En Espagne, on avait déjà décrit une forte prévalence des rodenticides anticoagulants chez des sangliers urbains et périurbains, bien que dans ce cas près des villes.

Les femelles et les adultes accumulent plus de poison

Le taux d’exposition, la concentration et le nombre de composés distincts étaient plus élevés chez les femelles que chez les mâles et augmentaient avec l’âge. Les auteurs considèrent cela comme cohérent avec la bioaccumulation, c’est-à-dire que l’animal intègre le toxique plus rapidement qu’il ne l’élimine.

Les hiboux barrés vivent 15 ans ou plus, donc les adultes accumulent ce qu’ils mangent sur leur territoire. Selon l’IERC, les femelles en âge de se reproduire et les adultes avec leur territoire constituent exactement les individus sur lesquels une population dépend pour se maintenir.

La chute coïncide avec les lois californiennes

La Californie mène depuis plus d’une décennie une restriction de l’accès à ces produits. En 2014, son Département de régulation des pesticides a retiré du commerce au public le brodifacoum, la bromadiolone, le difénacoum et le diéthialone, et en 2020 la loi AB 1788 a interdit leur utilisation à l’échelle de l’État, avec des exceptions telles que l’agriculture ou les urgences de santé publique. La loi AB 2552, de 2024, a étendu l’interdiction à la chlorophacinone et à la warfarine à partir de 2025.

Les hiboux jeunes peuvent refléter des expositions plus récentes, ainsi l’équipe les a utilisées pour mesurer la tendance: 292 subadultes de Hoopa Valley prélevés entre 2019 et 2024. Dans ce sous-échantillon, le modèle calcule que l’exposition aux anticoagulants est passée de près de 50 % en 2019 à près de 20 % en 2024.

Pour Greta M. Wengert, cofondatrice et co-directrice de l’IERC et chercheuse principale de l’étude, le résultat montre quelque chose d’inhabituel en conservation: une loi qui se traduit par un effet mesurable sur la faune. « Nous constatons depuis plus d’une décennie comment l’usage illégal et des produits sans régulation alimentent l’exposition aux rodenticides dans ces forêts », a-t-elle déclaré. « Voir que l’exposition aux anticoagulants diminue véritablement quelques années après l’entrée en vigueur des normes californiennes démontre que les politiques, lorsqu’elles reposent sur de bons données issues d’une biomonitorisation efficace, peuvent améliorer la situation de la faune. »

Les auteurs résument ainsi dans l’article: « Que les restrictions sur les anticoagulants les plus persistants produisent un signal mesurable en quelques années démontre que les politiques peuvent se traduire par un bénéfice mesurable pour la faune ».

Un poison substitut apparaît dans les analyses

L’étude a également recherché le cholécalciférol, la vitamine D3, vendue comme rodenticide et qui agit en perturbant le calcium de l’organisme jusqu’à minéraliser les tissus mous. Aucun travail précédent sur des hiboux du genre Strix ne l’avait analysé.

Il est apparu chez 18,5 % des hiboux, et 9,9 % le portaient sans aucun anticoagulant. Ses détections ont augmenté pendant que celles des anticoagulants diminuaient, ce qui, selon les auteurs, pointe vers une possible substitution de produits qu’il convient de suivre. En comptant tous les rodenticides, jusqu’à 46 % des oiseaux portaient au moins l’un d’entre eux, selon l’IERC.

L’autre substitut habituel, la bromomalutine (bromentalina), n’a pas été détectée, bien que les auteurs avertissent que le foie n’est pas le meilleur tissu pour repérer cette neurotoxine.

Le hibou moucheté consomme dans le même maillon

En 2012, l’IERC avait déjà lié les anticoagulants retrouvés chez les martas pêcheuses à des cultures illégales de cannabis sur des terrains publics, illustrant la manière dont la marijuana des trafiquants met en péril les forêts californiennes. En 2018, une autre étude menée dans les comtés d’Humboldt, Mendocino et Del Norte a trouvé du poison chez sept hiboux mouchetés sur dix et chez 40 % des hiboux barrés.

« Les hiboux mouchetés ont tendance à se nourrir en bordure de forêt. Comme les cultures fragmentent ces paysages forestiers, elles constituent probablement des points d’origine de l’exposition », avait alors déclaré Mourad Gabriel, qui dirigeait ce travail et signe également le nouvel article, dans une note de la California Academy of Sciences.

Le hibou moucheté comprend davantage de rongeurs dans son régime que le hibou barré, ce qui pourrait indiquer un risque supplémentaire pour sa récupération, selon l’IERC.

Ce que l’étude ne peut pas démontrer

Les auteurs reconnaissent que l’origine de l’exposition actuelle n’est pas résolue. Les registres étatiques des pesticides ne recensent que les applicateurs commerciaux agréés, de sorte que les achats domestiques et l’usage illégal échappent à ces suivis, et d’anciens sites cultivés illégalement peuvent continuer à libérer des contaminants des années après leur abandon.

La chute de 50 % à 20 % provient d’un sous-échantillon de subadultes d’un seul site, Hoopa Valley, et coïncide avec l’entrée en vigueur des lois, ce que l’étude peut démontrer. De plus, détecter un composé dans le foie ne signifie pas nécessairement une intoxication; pour le cholécalciférol, le diagnostic exige des lésions compatibles, car la vitamine D3 est également présente naturellement dans l’organisme.

L’étude complète a été publiée dans Environmental Pollution.

Le travail a été financé par le programme de subventions pour la restauration des zones touchées par le cannabis du Department of Fish and Wildlife de Californie.

Photo : Daniel Hofstadter / IERC

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17.10.2026 à 19:52

Premières grues à Gallocanta : les itinéraires gratuits rouvrent le 24 octobre

Julie

Texte intégral (870 mots)

Pour le moment, l’arrivée des grues à Gallocanta reste ponctuelle, mais la zone humide aragonaise organise des visites avec un éducateur environnemental tous les week-ends et jours fériés, à 10h30 et 15h30, avec réservation préalable obligatoire sur le site web dédié à l’inscription.

Zone humide de Gallocanta

Les premières grues font déjà halte lors de leur voyage vers les zones où elles passeront l’hiver. Les visites guidées et gratuites pour observer les grues à Gallocanta commenceront le samedi 24 octobre et nécessitent une réservation préalable.

À ce jour, l’arrivée des oiseaux est progressive et leur présence reste ponctuelle. La zone humide de Gallocanta offre refuge, repos et le nécessaire ravitaillement pendant la migration des grues depuis le nord et l’est de l’Europe.

Le programme « Sur la route des grues », promu par le Gouvernement d’Aragon, permettra de connaître leurs habitudes et leurs stratégies migratoires aux côtés d’un éducateur environnemental.

Les sorties auront lieu chaque week-end et jours fériés jusqu’au début décembre, avec deux sessions à 10h30 et 15h30. Les réservations doivent être faites sur le site web du Réseau Naturel d’Aragon: www.rednaturaldearagon.com.

19 000 grues recensées à Gallocanta

Le chiffre de plus de 19 000 grues recensées en une seule journée de novembre de l’année dernière, communiqué par le Gouvernement d’Aragon, aide à mesurer l’ampleur de cet arrêt migratoire. Cependant, ce comptage correspond à une journée précise et ne décrit pas la présence actuelle des oiseaux ni ne garantit une concentration similaire lors des visites. Pour ceux qui préparent une sortie, cette distinction est pertinente: les itinéraires commencent alors que l’arrivée reste progressive et combinent observation et explications sur l’espèce et la zone humide.

Migración de grullas

Les premières grues ont commencé à arriver progressivement à la Réserve naturelle dirigée de la Lagune de Gallocanta dans leur migration vers des zones plus chaudes où passeront l’hiver, tandis que le centre d’interprétation prépare une nouvelle édition des visites guidées gratuites “Sur la route des grues”, qui débuteront le prochain 24 octobre.

La présence de ces oiseaux est encore ponctuelle, une situation habituelle pendant les premières semaines du passage migratoire postnuptial, lorsque des milliers d’individus entreprennent un voyage de milliers de kilomètres depuis le nord et l’est de l’Europe vers leurs zones d’hivernage.

La lagune de Gallocanta constitue “une halte essentielle” sur cette route, car elle offre refuge, repos et nourriture aux grues. Selon les données officielles du Gouvernement d’Aragon, en novembre de l’année dernière on a recensé plus de 19 000 exemplaires dans le bassin de Gallocanta.

La migration de cette espèce est l’un des spectacles naturels les plus remarquables d’Aragon et attire chaque année des photographes et des passionnés de nature désireux d’observer leur passage et leurs concentrations dans la zone humide.

Pour rapprocher ce phénomène des visiteurs, le Centre d’Interprétation de la Réserve naturelle dirigée de la Lagune de Gallocanta, situé sur la route entre Bello et Tornos, organisera à nouveau les visites “Sur la route des grues”, promues par le Département de l’Environnement et du Tourisme du Gouvernement d’Aragon.

L’activité consiste en un parcours autour des abords de la lagune, avec des arrêts explicatifs et d’observation, accompagné d’un éducateur environnemental.

De plus, lors de la visite, les participants pourront connaître les caractéristiques de l’espèce, ses habitudes, sa morphologie et ses stratégies migratoires, ainsi que observer les oiseaux dans leur habitat naturel.

Les sorties commenceront le samedi 24 octobre et se prolongeront jusqu’au début décembre. Elles auront lieu les week-ends et les jours fériés, avec deux sessions quotidiennes, à 10h30 et 15h30.

La participation est gratuite, bien qu’elle nécessite une réservation préalable via le site web www.rednaturaldearagon.com.

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17.10.2026 à 15:53

Californie : panneaux solaires de balcon légalisés, jusqu’à 1200 W sans autorisation du fournisseur d’électricité à partir de 2027

Julie

Texte intégral (1412 mots)

À partir du 1er janvier, un locataire de San Diego pourra accrocher une paire de panneaux certifiés sur la rambarde de son balcon, les brancher au mur et réduire sa facture sans demander l’autorisation à la compagnie d’électricité, dès l’arrivée en magasins des premiers modèles conformes à la loi. Les panneaux solaires de balcon deviennent légaux en Californie grâce à une loi signée par le gouverneur Gavin Newsom le 30 septembre 2026.

La norme est le Senate Bill 868, connue sous le nom de Plug and Play Solar Act (loi solaire « brancher et jouer »). Elle a été présentée par le sénateur démocrate Scott Wiener, de San Francisco, et soutenue par l’organisation écologiste Environmental Working Group (EWG) et Abundance Network.

Avec elle, la Californie devient le dixième État des États‑Unis à légaliser ces équipements, selon l’EWG. L’Utah fut le premier, en 2025. Newsom, qui avait déjà critiqué le discours de Donald Trump contre les énergies renouvelables, ajoute ainsi l’État le plus peuplé du pays à la liste.

Ce que permet la nouvelle loi

Le texte définit un « dispositif portable de génération solaire » comme un équipement photovoltaïque, ou un ensemble de ceux-ci, ayant une puissance de sortie en courant alternatif ne dépassant pas 1200 watts par logement. Il doit se connecter et se déconnecter de l’installation du bâtiment par une prise et doit servir à compenser la consommation du foyer lui‑même.

Selon l’EWG, cette limite suffit pour alimenter des appareils d’usage courant tels que les réfrigérateurs, les lumières, les routeurs wifi et les équipements de climatisation.

Si l’appareil remplit les conditions, il est exempté de « toutes les exigences d’interconnexion » que prévoient la loi d’État, la Commission des services publics de Californie et les compagnies électriques elles‑mêmes. L’interconnexion est le dossier technique et administratif qui, jusqu’à présent, était exigé pour raccorder au réseau toute installation solaire, quelle que soit sa taille.

Les compagnies d’électricité ne pourront pas obliger le client à demander leur approbation avant d’installer ou d’utiliser les panneaux, à payer des frais liés à ceux-ci ou à l’électricité qu’ils injectent dans l’installation de la maison, ni à ajouter des contrôles ou du matériel supplémentaire.

La seule chose qu’elles pourront demander est un avis. La loi leur permet d’exiger que l’utilisateur remplisse « un formulaire d’enregistrement en ligne simple » indiquant l’adresse, la marque, le modèle et la taille de l’équipement, et précise que cette notification ne peut pas devenir une autorisation.

Les exigences de sécurité

En échange, la loi prévoit des conditions techniques. L’équipement doit respecter la version la plus récente du Code électrique national et du Code électrique de Californie, et être certifié comme système photovoltaïque plug‑in par Underwriters Laboratories (UL) ou par un autre laboratoire d’essais équivalent reconnu à l’échelle nationale.

Il doit aussi comporter un mécanisme certifié qui l’isole de l’installation du bâtiment lors d’une coupure d’électricité, afin que les panneaux ne renvoient pas d’électricité au réseau pendant que les techniciens travaillent dessus. Selon le communiqué de l’EWG, les systèmes doivent s’éteindre d’eux-mêmes en quelques secondes si le réseau tombe.

Un trámite qui coûtait des centaines de dollars

Certaines personnes en Californie avaient déjà des panneaux plug‑in, mais les compagnies d’électricité leur demandaient de signer un accord d’interconnexion. Selon l’EWG, le coût et le temps exigés par cette procédure freinaient l’arrivée de ces équipements.

« Cette nouvelle loi apportera une énergie plus propre, une plus grande indépendance énergétique et de réelles économies pour les consommateurs », a déclaré Bernadette Del Chiaro, vice‑présidente principale de l’EWG pour la Californie.

« Ces petits panneaux solaires faciles à utiliser offriront à tout le monde, y compris aux locataires, le soulagement dont ils ont désespérément besoin face à nos factures d’électricité scandaleuses », a déclaré Wiener après la signature. « Les coûts de l’électricité ont atteint des niveaux ridicules ici en Californie », a-t-il ajouté.

Les tarifs d’électricité en Californie ont presque doublé au cours de la dernière décennie et figurent parmi les plus élevés du pays, selon l’EWG.

En Europe, le conflit est aussi allé devant les tribunaux par une autre voie, celle des voisins, comme dans le cas d’un juge polonais qui a ordonné de retirer les panneaux solaires d’un balcon à Gdańsk bien que leur propriétaire avait récolté les signatures de la majorité de la copropriété.

Combien on peut économiser avec les panneaux

Selon l’EWG, aujourd’hui ces équipements coûtent à partir d’environ 500 dollars, et l’organisation espère que le prix baissera à mesure qu’ils se diffuseront.

Un seul équipement de 400 watts peut couvrir environ 14 % de la consommation électrique d’un appartement moyen, avec une économie d’environ 250 dollars par an, selon l’EWG.

Le modèle qu’avaient en tête les instigateurs de la loi est l’Allemagne, où il y a déjà plus de 4 millions de ces systèmes installés, selon l’EWG.

La loi pense à ceux qui restaient exclus du solaire sur le toit, comme les locataires ou les familles sans argent pour une installation pouvant coûter des dizaines de milliers de dollars. C’est un problème qui est aussi observable dans les villes espagnoles, où la propriété des toits conditionne l’accès à l’autoconsommation, et qui a déjà conduit à tester des solutions comme les balcons avec vitrage photovoltaïque à Cadix.

Une loi avec une date d’expiration en 2030

L’exemption d’interconnexion et les prohibitions envers les compagnies d’électricité ne seront en vigueur que jusqu’au 1er janvier 2030, sauf prorogation par le Parlement. L’Assemblée a ajouté cette clause avec une rédaction demandée par les propres compagnies, selon l’EWG.

À partir de cette date, de plus, il ne sera plus possible de vendre en Californie des équipements plug-in qui ne respectent pas les codes électriques ou qui ne disposent pas de la certification et du système qui les isole du réseau.

Ce que la loi ne résout pas encore

La loi à elle seule n’installe pas de panneaux sur aucun balcon. Les équipements doivent répondre aux nouvelles exigences de certification avant d’arriver en magasins, et l’exemption ne s’applique qu’à partir du 1er janvier 2027.

Il n’existe pas non plus de données réelles sur l’économie en Californie. Les chiffres de 14 % et les 250 dollars annuels sont des estimations de l’EWG, l’organisation qui a soutenu la loi, et le résultat dépendra du soleil que reçoit chaque balcon et du coût de l’électricité dans chaque zone.

Le texte complet de la loi, approuvée par le gouverneur le 30 septembre 2026, a été publié sur le portail législatif de la Californie comme chapitre 985 de 2026.

Photo: Rudy23 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

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17.10.2026 à 11:52

Angleterre : forêt plantée sur un ancien champ cultivé — 25 ans après, sols, plantes et champignons différents de la forêt voisine

Julie

Texte intégral (1857 mots)

En 1999, près de 12 hectares de chênes, de frênes, de charmes et de tilleuls ont été plantés sur une ancienne parcelle de lin à Hucking Estate, dans le comté de Kent, au sud‑est de l’Angleterre. Juste à côté, existait une forêt ancienne qui abrite des arbres sur une perte végétale continue depuis au moins l’année 1600.

Un quart de siècle plus tard, une équipe de l’Université de Reading, l’organisation de conservation Woodland Trust et Forest Research, l’organisme britannique de recherche forestière, ont confirmé que le sol, les plantes du sous-bois et les champignons de la plantation restaient nettement différents de ceux de la forêt voisine en 2024.

La première autrice du travail est Julija Fediajevaite, doctorante en écologie à l’Université de Reading, et les signent comme auteurs principaux Brian J. Pickles, de la même université, et Nadia Barsoum, écologue forestier senior de Forest Research.

Une expérience qui a commencé sur un champ de lin

La parcelle avait été cultivée sans interruption depuis au moins 1786 et avait été blanchie à la chaux et fertilisée pendant des années, de sorte qu’au sol ne subsistait plus aucune banque de semences d’espèces forestières. La forêt ancienne voisine figure en revanche dans l’inventaire officiel des forêts anciennes d’Angleterre.

Pour la plantation, on a choisi les mêmes genres qui dominent cette forêt voisine : chêne commun (45 %), frêne (30 %), charme (10 %), tilleul à petites feuilles (10 %) et 5 % d’aulnes et d’épines albares, les arbres étant espacés de 2,1 mètres les uns des autres.

Les chercheurs ont installé 47 parcelles fixes de 8 par 12,5 mètres dans la zone plantée et 22 autres dans la forêt ancienne. Les botanistes ont inventorié la végétation à différentes années entre 2001 et 2024, et le sol a été analysé en 2002, 2012 et 2024.

« Il s’agit d’une étude d’observation répétée à long terme, précieuse et peu courante, sur la reforestation de terres cultivées, qui prend en compte les réponses combinées des plantes, des champignons et des propriétés du sol », a expliqué Barsoum dans le communiqué de presse de Forest Research de mai 2026.

Le sol porte encore la chaux et l’engrais

La première différence se situe au niveau du sol. Le pH mesure l’acidité d’un sol et, plus le chiffre est bas, plus le sol est acide. Dans la plantation, il est passé d’une moyenne de 7,4 en 2002 à 6,39 en 2024, tandis que dans la forêt ancienne la moyenne de 2024 était de 4,57.

Les auteurs pensent que la chaux ajoutée durant l’étape agricole a pu influencer ce pH plus élevé. La terre anciennement cultivée présentait aussi davantage de phosphore et de potassium disponibles, bien que l’écart avec la forêt ancienne se soit réduit au fil des années, et selon l’étude l’excès de phosphore proviendrait probablement de l’épandage d’engrais du passé.

En carbone et azote totaux, la situation était inversée, avec des valeurs plus élevées dans la forêt ancienne. Le rapport carbone/azote était la variable du sol qui s’associait le plus fortement aux changements de diversité des plantes.

Les plantes spécialistes de la forêt ancienne n’apparaissaient pas

Au cours des premières années, les plantes non forestières dominaient la plantation. Leur nombre a diminué avec le temps et, dans l’inventaire de 2024, aucune n’a été répertoriée, de sorte que le sous-bois était occupé par des espèces généralistes, capables de vivre dans de nombreux habitats.

Les spécialistes forestiers constituent une autre histoire. « Les plantes spécialistes de la forêt ne sont pas apparues dans les parcelles du terrain ancien pendant les 25 années », écrivent les auteurs. Dans la forêt ancienne, l’analyse a mis en évidence des espèces indicatrices comme la jacinthe des bois, l’anémone sylvie et l’ortie morte jaune.

La présence de plantes spécialistes de la forêt ancienne s’est associée à plus de lumière et à la proximité de son bord. Les communautés de la forêt ancienne se sont également associées à des graines plus lourdes, et l’équipe rappelle que les spécialistes forestiers ont tendance à se disperser seulement sur de courtes distances.

La diversité totale des plantes était plus élevée dans la plantation tout au long du suivi, même si l’écart se réduisait. On a également identifié trois plantes exotiques invasives, la buddleia, le laurier-cerise et un cotoneaster, qui n’apparaissaient pas dans la forêt ancienne.

Sous terre vivent d’autres champignons

En 2024, l’équipe a aussi prélevé des échantillons de sol afin d’identifier les champignons par ADN. Elle s’est surtout intéressée aux champignons ectomycorhizaux, qui forment une association avec les racines de nombreux arbres et les aident à obtenir des nutriments.

Les parcelles plantées comptaient en moyenne 7,63 espèces de ces champignons de plus que celles de la forêt ancienne, mais les communautés étaient différentes. Dans la plantation apparaissaient des genres que d’autres études considèrent comme des colonisateurs précoces, tels que Hebeloma, Laccaria ou Paxillus, tandis que dans la forêt ancienne dominaient Russula et Lactarius, souvent classés comme propres à des étapes plus tardives.

Parmi les facteurs environnementaux étudiés, seul le pH a influé sur le nombre d’espèces de ces champignons, et la variété des arbres a eu un effet positif faible. Forest Research étudie cette relation entre champignons et restauration dans son projet Fungi4Restor.

« Cette étude repose sur une conception expérimentale exceptionnelle mise en place par Woodland Trust, et nous avons été très heureux de faire partie de cette recherche observationnelle singulière à long terme », a déclaré Fediajevaite. « Ce que nous avons appris peut aider à améliorer les prévisions du développement des forêts, notamment lorsque l’objectif de la gestion est d’accélérer la transition vers les conditions d’une forêt ancienne. »

Planter des forêts nouvelles prend plus que quelques décennies

Le Royaume-Uni s’est engagé à créer près de 200 000 hectares de forêt sur des terres agricoles de faible qualité d’ici 2050, dans le cadre de sa stratégie zéro émission nette, et en Angleterre, des plans visent à planter jusqu’à 500 000 arbres afin de lutter contre la chaleur et les inondations.

« Avec la plantation d’arbres à grande échelle qui est en cours dans toute la Grande-Bretagne, nous avons encore beaucoup à comprendre sur les conditions nécessaires pour que les communautés forestières s’établissent », avertit Barsoum.

Les auteurs examinent aussi les compensations environnementales de l’Angleterre, qui accordent généralement aux promoteurs environ 30 ans pour qu’un habitat créé atteigne un certain état. À leur avis, la flore caractéristique des forêts et les plantes indicatrices de forêt ancienne « mettent bien plus de quelques décennies à s’établir dans les forêts de nouvelle création ».

« Nous savons que les forêts anciennes sont des habitats irremplaçables, qui mettent des siècles pour développer leur complexité écologique », a déclaré John Crawford, responsable sénior des preuves en conservation du Woodland Trust. « Mais il est aussi essentiel de comprendre la trajectoire écologique des forêts de nouvelle création, surtout sur d’anciennes terres de culture, où les arbres ont manqué pendant des décennies ou des siècles. »

D’autres projets de restauration se mesurent également en années de travail, partant de la famille brésilienne qui a rendu le Bosque Atlântico à ses prairies et vu le retour des tapirs, jusqu’à la ferme du Queensland où plus de 119 000 arbres plantés forment désormais une forêt tropicale. Planter ne résout pas tout, comme on l’a vu avec les eucalyptus plantés dans une ferme salée d’Australie.

Un seul bois et plusieurs questions ouvertes

L’équipe elle-même reconnaît qu’elle n’a étudié qu’une seule forêt, de sorte que ses conclusions servent surtout à orienter la création de forêts dans le sud‑est de l’Angleterre, même si les processus écologiques de fond peuvent se produire dans d’autres régions.

Les champignons n’ont été échantillonnés qu’une seule fois, en 2024, il n’y a donc pas de données sur leur évolution au fil du temps. De plus, le carbone et l’azote du sol ont également augmenté dans la forêt ancienne, ce que les auteurs n’attendaient pas et qu’ils ne savent pas expliquer entièrement, bien que le laboratoire et la méthode aient été constants.

Les résultats ne décrivent pas un échec, car le pH, le phosphore, le potassium et la diversité des plantes se rapprochent peu à peu de ceux de la forêt ancienne. Ce que l’étude ne permet pas, c’est de fixer une date à cette convergence, et d’autres travaux cités par les auteurs estiment que l’arrivée des plantes spécialistes de la forêt peut prendre des siècles.

« Comprendre mieux ces processus peut nous aider à mieux gérer et concevoir les projets de création de forêts, afin que la nature prospère à chaque étape de l’installation d’un bois », ajouta Crawford.

L’étude complète a été publiée dans Forest Ecology and Management.

La recherche a été financée par le Nature for Climate Fund du gouvernement britannique, en collaboration avec Forest Research et Woodland Trust.

Photo : Forest Research

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