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07.01.2026 à 16:53

Une interview de Francis Hallé par Catherine Perrin dans « Terre Sauvage »

lsamuel

(106 mots)

En février 2011, notre consoeur JNE Catherine Perrin avait interviewé Francis Hallé, décédé le 31 décembre dernier pour le magazine Terre Sauvage.

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Interview Francis Hallé – TS268 (février 2011)

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07.01.2026 à 16:23

L’alimentation de qualité, un droit à partager ?

lsamuel

Texte intégral (1727 mots)

Pendant que les labels privés prolifèrent et que l’aide alimentaire explose, la Sécurité sociale de l’alimentation propose une alternative. Universelle, démocratique. Les journalistes-écrivains pour la Nature et l’Écologie y consacrent un colloque les 30 et 31 janvier 2026 à la Bourse du Travail à Paris. Inscrivez-vous !

par Isabelle Vauconsant

Manger n’est pas un privilège

150 euros par mois. Pour chacun. Sans contrôle, sans stigmate. Un droit universel, financé par cotisations sociales. La Sécurité sociale de l’alimentation explore une voie nouvelle. Elle interroge les limites de notre modèle alimentaire.

Les chiffres interpellent. 9,2 % de la population mondiale souffre de faim chronique. En France, l’aide alimentaire progresse fortement. Les banques alimentaires saturent. Pendant ce temps, les labels privés se multiplient. Planet-Score facture ses notes. Nutri-Score reste facultatif. Le consommateur navigue en aveugle.

Le système actuel montre ses limites. Il fragmente. Il privatise. Il conditionne l’accès à une alimentation décente aux ressources financières. Des voix s’élèvent pour repenser ce modèle.

Quand le privé comble un vide

Planet-Score illustre cette évolution. Créé en 2021, cet affichage environnemental ressemble au Nutri-Score. Mais la ressemblance s’arrête là. Les marques paient entre 300 et 5 000 euros annuels pour leur note. Elles décident ensuite de l’afficher. Ou pas.

Bilan contrasté : 330 entreprises clientes selon Sabine Bonnot, la fondatrice. Mais seulement 130 affichent réellement le label. Les mauvaises notes restent confidentielles. Les bonnes s’étalent sur les emballages. Certaines marques, comme Bjorg, ont remplacé leur Nutri-Score défavorable par un Planet-Score plus favorable.

François Martin, cofondateur de Yuka, interroge ce modèle : « Planet-Score n’est pas indépendant puisqu’il est financé par les marques. » L’algorithme n’est pas reproductible. Les scores restent invérifiables. Le conseil scientifique ne s’est jamais réuni.

Greenpeace a quitté le conseil d’administration en février 2023. L’ONG évoquait « les risques majeurs de conflit d’intérêts ». France Nature Environnement, affichée comme soutien, a découvert que les marques paient pour leurs notes. Anna Cohen Boulakia Nabeiro, de FNE, exprime ses réserves : « Cela me choque. Le manque de transparence dessert un dispositif intéressant. »

Cette situation soulève des questions sur les limites des initiatives privées dans un domaine relevant de la santé publique.

Le vide juridique français

La France ignore le droit à l’alimentation dans sa Constitution. Une centaine de pays l’ont inscrit. La Bolivie, le Brésil, l’Équateur. Le Kenya, l’Afrique du Sud. Même le canton de Genève depuis 2023. Même l’État du Maine depuis 2021.

Une proposition de loi sénatoriale, déposée en mai 2024, propose de combler cette lacune. Le texte énonce : « Le droit à l’alimentation est garanti. Toute personne a droit à une alimentation adéquate. »

Adéquation. Le terme est précis. Il ne s’agit pas seulement de calories. L’alimentation doit être culturellement acceptable. Nutritionnellement saine. Socialement digne. Économiquement accessible. Elle ne doit pas rogner sur d’autres besoins vitaux. Une personne ne devrait pas avoir à choisir entre manger et se soigner.

Constitutionnaliser ce droit créerait un cadre juridique contraignant. Les politiques publiques devraient s’y conformer. Les lois contradictoires pourraient être contestées. L’État aurait une obligation de résultat.

Nicolas Pauthe, docteur en droit public, l’explique dans The Conversation : constitutionnaliser ce droit permettrait de  « guider l’ensemble des dispositions d’une future loi cadre ». Cela créerait « une base sur laquelle fonder une stratégie nationale ».

Ecobalyse : l’outil public fantôme

Le ministère de la Transition écologique et l’Ademe développent un affichage environnemental public depuis 2021, Ecobalyse. Quatre ans plus tard, l’outil est toujours « en cours de développement ». Il est critiqué pour privilégier l’impact carbone au détriment des modes de production.

Cette lenteur administrative laisse de l’espace aux initiatives privées. Planet-Score se développe dans ce contexte. Comme Yuka, qui se finance par abonnement premium pour maintenir son indépendance vis-à-vis de l’agro-industrie.

Ces solutions partielles ne répondent pas à l’ensemble des enjeux. Elles créent « une jungle de labels et d’étiquetages », selon Carole Ly, directrice de l’Inao. Les initiatives privées disposent de « moyens de communication bien supérieurs » aux labels publics. L’orientation du consommateur devient complexe.

Le problème dépasse l’affichage. C’est l’ensemble du système alimentaire qui fait débat.

La Sécurité sociale de l’alimentation : une proposition alternative

Le collectif pour une SSA, créé en 2019, avance une proposition structurée. Trois piliers organisent le projet.

Premier pilier : l’universalité. Chaque personne cotise selon ses revenus. Elle dispose d’un budget alimentaire mensuel de 150 euros. Pas de contrôle des achats. Pas de stigmatisation. Un droit inconditionnel, comme pour la santé.

Deuxième pilier : la démocratie alimentaire. Des caisses locales gèrent les fonds. Citoyens, producteurs, associations décident ensemble. Quels produits conventionner ? Quels critères privilégier ? Bio, local, équitable ? Les choix se font au niveau territorial.

Troisième pilier : la sécurisation des producteurs. Le système garantit des débouchés stables. Les agriculteurs conventionnés reçoivent un prix juste. Ils peuvent planifier. Investir. Se convertir au bio sans pression financière immédiate.

Des expérimentations émergent. À Montpellier, Toulouse, Lyon. Dans le Couserans en Ariège. Des caisses locales testent le modèle. Trente personnes cotisent dans le Royans depuis fin 2024. Elles disposent de 100 euros mensuels. Les premiers retours sont positifs.

Un changement d’approche

La SSA propose une autre logique. L’alimentation cesse d’être uniquement une marchandise soumise aux lois du marché. Elle devient un bien commun. Géré démocratiquement. Financé collectivement.

Le modèle s’inspire du régime général de Sécurité sociale né en 1945. À l’époque, l’idée paraissait audacieuse. Socialiser la santé ? Beaucoup doutaient. Le système a pourtant tenu. Il a traversé les décennies. Il reste un pilier du modèle social français.

L’alimentation pourrait suivre une voie comparable. Les enjeux sanitaires sont importants. Obésité, diabète, maladies cardiovasculaires progressent. Les aliments ultra-transformés se multiplient. Les pesticides contaminent les sols. Le climat se dérègle. L’agriculture industrielle émet 25 % des gaz à effet de serre mondiaux.

Face à ces défis, les solutions individuelles montrent leurs limites. Améliorer l’étiquetage ? Utile mais insuffisant. Éduquer les consommateurs ? Nécessaire mais partiel. Tant que l’accès à une alimentation de qualité dépend du pouvoir d’achat, les changements structurels restent limités.

Les questions en suspens

Le projet soulève plusieurs interrogations. Le coût d’abord. Une SSA généralisée représenterait 80 à 100 milliards d’euros annuels. Un montant conséquent. À comparer toutefois aux 140 milliards du budget santé. Et au coût de l’inaction : maladies chroniques, désertification rurale, dépendance aux importations.

La gouvernance ensuite. Comment assurer le fonctionnement démocratique des caisses locales ? Éviter leur capture par des groupes d’intérêts ? Le collectif propose une charte des initiatives locales. Des auditions publiques. Des mécanismes de transparence.

La transition enfin. Passer du système actuel à une SSA demande du temps. Former les producteurs. Adapter les circuits de distribution. Réorganiser une partie de la grande distribution. Convaincre les agriculteurs conventionnels de l’évolution possible.

L’Europe en renfort
Une Initiative citoyenne européenne, Good Food 4 All, vient d’être lancée. Elle vise à faire reconnaître le droit à l’alimentation au niveau européen. Un million de signatures permettrait de forcer la Commission à légiférer.

L’enjeu dépasse les frontières nationales. Le commerce international influence les agricultures locales. L’OMC encourage la libéralisation. Les traités de libre-échange peuvent affecter les normes sanitaires. Constitutionnaliser le droit à l’alimentation en France pourrait modifier ces équilibres.

Le temps de la réflexion

Les initiatives privées continuent de se développer. Planet-Score étend son périmètre. Depuis mi-2024, Sabine Bonnot s’exprime davantage sur la nutrition. Elle a lancé Ewö, un indicateur d’ultra-transformation. Elle critique le Nutri-Score. Son objectif affiché : « devenir l’unique affichage environnemental et nutritionnel ».

Cette dynamique interroge. Quand l’État avance lentement, les acteurs privés occupent l’espace. Les intérêts commerciaux peuvent primer. La santé publique devient une variable parmi d’autres.

La Sécurité sociale de l’alimentation propose une approche différente. Reprendre collectivement en main les questions alimentaires. Sortir d’une logique purement marchande. Garantir à chacun un accès à une nourriture de qualité. Redonner du pouvoir de décision aux citoyens et aux producteurs.

Le débat est ouvert. Laisser les acteurs privés gérer l’alimentation comme un bien de consommation ordinaire soulève des interrogations. Sanitaires, sociales, écologiques, démocratiques.

L’alimentation reste un besoin fondamental. Elle pourrait devenir un droit garanti. Au-delà des logos sur les emballages. Au-delà de l’aide ponctuelle. Un droit effectif, inscrit dans le marbre constitutionnel.

Inscrivez-vous vite au colloque en cliquant ici.

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06.01.2026 à 23:13

Facto, nouveau média en ligne

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Texte intégral (1074 mots)

Facto est un nouveau média en ligne dans le Limousin créé par Nicolas Lavallée et Jérôme Davoine. Depuis l’automne 2025, les deux journalistes animent ce média indépendant et tentent de compléter une offre locale qu’ils estimaient pauvre en enquêtes.

par Jocelyn Peyret

Anciens journalistes de la presse quotidienne régionale au sein de laquelle ils avouent avoir manqué de temps pour approfondir certains sujets, ils revendiquent aujourd’hui « faire un pas de côté et ne pas suivre l’actualité mais identifier des sujets et rencontrer les gens, multiplier les témoignages, étudier des données chiffrées qui parfois sont présentes sur le net mais noyées dans la masse. »

Le pure player leur permet d’avoir un modèle qui soit en libre accès. Ils sont financés par du don participatif et tiennent à mettre à disposition l’information pour le plus grand nombre, ne pas faire d’exclusives ni travailler sur un modèle d’abonnement. Il n’y a pas de publicité, les statuts de l’association l’interdisant, « au moins c’est clair » nous avouent-ils. « Ce qu’on veut c’est augmenter l’impact de nos enquêtes et arriver à créer éventuellement une sorte d’écosystème de médias indépendants (avec les médias locaux comme IPNS, La Trousse Corrézienne et Méfia Te, ndrl). Nous n’envisageons pas les relations avec d’autres titres locaux comme des relations de concurrence mais bien comme des relations complémentaires, ne serait-ce déjà qu’entre le format pure player et le format papier. Les deux semblent très intéressants pour des médias de proximité histoire d’essayer de toucher le plus grand nombre. »

La première enquête publiée par Facto aborde la pomme AOP du Limousin. Un sujet emblématique qui concerne aussi le nord de la Dordogne. « Nous avons pris le sujet dans toute son ampleur, des petits producteurs jusqu’aux grandes coopératives. On a étudié les conditions de culture et notamment on a pu identifier un certain nombre de produits qui étaient utilisés pour obtenir un fruit de cette qualité. Aujourd’hui, 101 communes sont concernées par la zone de production AOP. Il y a 150 producteurs qui doivent fournir un fruit qui corresponde au cahier des charges avec un bon calibre, avec une jutosité, une acidité particulière, etc. Il y a des exigences très précises et les producteurs sont quasiment obligés d’utiliser des produits phytosanitaires pour parvenir à des fruits qui correspondent au cahier des charges. On a récupéré un cahier de culture dans lequel sont listés un certain nombre de produits autorisés dans la culture de la pomme AOP et par exemple sur les 14 fongicides qui sont listés neuf sont potentiellement cancérigènes, ce qui nous semblait relativement important. Pour les 14 600 traitements, certains admis en agriculture biologique, en faisant le ratio pour 150 exploitations on arrive à une centaine de traitements par exploitation ce qui n’est pas négligeable. Parallèlement nous avons voulu aussi montrer les alternatives qui existaient, que ça soit la culture biologique mais aussi ces producteurs qui cherchent à préserver ou à réintroduire des variétés anciennes de pommes. On n’est pas dans les mêmes volumes de production mais ce n’est pas leur ambition. »

La seconde enquête concernant l’accueil des mineurs étrangers a commencée par un sujet sur « une unité d’enseignement qui concerne des élèves non francophones. Cette unité est menacée de restructuration, de démantèlement. A partir de là on a tiré le fil parce qu’il y a des gens qui nous ont signalé certains faits, certains problèmes qu’ils pouvaient rencontrer dans le cadre de l’aide qu’ils accordaient à des immigrés, qu’ils soient mineurs ou non d’ailleurs. Puis nous avons choisi de nous intéresser aux mineurs étrangers non accompagnés, ce qui n’était pas prévu, mais en tout cas ces sujets sont liés, donc il nous a semblé évident de les lier aussi sur notre site. Ce qui nous a alerté à la base c’est que pour ce travail bénévole d’application de la loi, totalement désintéressé et très humaniste, des personnes étaient mises en cause, signalées à la police et convoquées au commissariat. »

Facto c’est également des articles plus en lien avec l’actualité comme celui concernant l’élargissement de la RN147 qui connaît une « opposition qui monte d’autant plus que c’est la route la plus chère de France, au bas mot 132 millions pour 6,5 km, ça fait à peu près un million du kilomètre. C’est un sujet qui commence à faire un peu les gorges chauds ici. »

Hors enquête dont le rythme serait d’en publier quatre par an, Facto publie chaque semaine des articles en lien avec l’actualité, sachant que, selon le témoignage des deux compères, « s’il y a quelque chose qui nous chiffonne, si on estime que l’article n’est pas prêt, on n’a pas la pression du quotidien à sortir quand même l’article pour le lendemain. On prend le temps de vérifier les informations, de les recouper, parce que Facto c’est délivrer une information qui est basée sur des faits. Alors oui, on essaye de publier régulièrement, mais encore une fois, on ne s’interdit pas de publier moins régulièrement pour être vraiment sûr de ce qu’on publie. Notre truc entre guillemets c’est tous les sujets qui concernent la vie quotidienne et qui sont d’intérêt général. »

Pour aller plus loin :
https://www.facto-media.fr/
www.lesautresvoixdelapresse.fr

 

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06.01.2026 à 17:45

Jean-Claude Génot : Francis Hallé, l’ambassadeur du monde végétal

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Texte intégral (980 mots)

L’un de nos adhérents, écologue de profession et membre du conseil scientifique de l’association Francis Hallé pour la forêt primaire, rend hommage à ce grand botaniste, décédé le 31 décembre 2025.

par Jean-Claude Génot *

Pendant ma vie professionnelle d’écologue, je ne savais sur Francis Hallé que des généralités, à savoir qu’il était un brillant botaniste, un spécialiste des forêts tropicales et l’homme du Radeau des cimes. J’avais même raté une de ses conférences lors de son passage non loin de chez moi. Toutefois, j’avais lu un de ses ouvrages, en l’occurrence Eloge de la plante. Pour une nouvelle biologie, dans lequel le biologiste, spécialiste de l’architecture des arbres, déployait non seulement une leçon de choses très pédagogique sur les plantes, mais également un plaidoyer pour sortir de notre vision « zoocentrique » et cesser de considérer le monde végétal comme un décor inerte qui ne sert qu’à mettre en valeur le monde animal. Ce n’était pas seulement un excellent livre de vulgarisation sur les plantes, mais un encouragement à se recentrer sur le monde végétal « à qui nous devons notre existence » selon les propos de l’auteur. Le livre était entièrement illustré par Francis Hallé, excellent dessinateur des innombrables formes des végétaux et notamment des arbres.

J’aurais pu cesser là ma connaissance de ce scientifique hors norme, complétée par certains reportages sur le Radeau des cimes et me dire que j’avais au moins un point commun avec lui : une passion pour la forêt, tropicale pour lui et tempérée en ce qui me concerne. Et puis fin 2018, Eric Fabre – qui allait devenir le secrétaire général de l’association Francis Hallé pour la forêt primaire (AFHFP) – est venu me voir dans mon bureau au Parc naturel régional des Vosges du Nord pour me parler du projet de laisser se reconstituer une forêt primaire en Europe de l’Ouest, faisant le tour des personnes qui défendent les forêts naturelles. Cette idée de laisser se reconstituer une forêt primaire fut évoquée par Francis Hallé lors d’un débat avec un forestier en 2018, auquel Eric Fabre assistait. Le jour même, ce dernier rencontre notre botaniste lors d’une séance de dédicaces et l’entend dire à la fois son désespoir de la disparition des grandes forêts primaires et son souhait que quelque chose soit fait en Europe, tout cela accompagné d’un : « il faudrait que des citoyens comme vous s’en occupent, monsieur ! ».

Peu de temps après notre entrevue, l’association Francis Hallé pour la forêt primaire voyait le jour en février 2019. Ce scientifique reconnu aurait pu continuer à couler des jours tranquilles parmi les siens, mais il n’a pas hésité à s’engager pour une idée un peu folle par son ampleur mais qui, de fait, est à la vraie hauteur des deux défis du XXIe siècle, à savoir le changement climatique et la sixième extinction des espèces. J’ai adhéré à l’AFHFP et suis entré au conseil scientifique. En automne 2021, j’ai participé au voyage d’étude de l’association dans les Vosges du Nord et le Palatinat, ce qui m’a permis de rencontrer enfin Francis Hallé. Il m’a paru d’un abord facile, humble et à l’écoute de ce que pouvaient dire les divers acteurs rencontrés (ONF, Pro Silva, Parc naturel régional). Puis en mars 2022, j’ai également participé au voyage d’étude dans les Ardennes françaises et belges avec Francis Hallé, dont j’ai pu mesurer l’énergie et le dynamisme alors qu’il enchaînait les déplacements pour des tables rondes, des colloques, des expositions et des interviews depuis le lancement du projet. Un exemple pour les plus jeunes ! Je l’ai enfin écouté lors d’une conférence sur les arbres lors d’un festival nature (Festiwild) dans la Drôme en septembre 2022, où j’ai apprécié son érudition et son aisance pour expliquer la complexité du monde des plantes. En janvier 2024, j’ai accompagné Eric Fabre et Francis Hallé à Paris à l’Assemblée nationale pour y présenter le projet de forêt primaire à un groupe de travail sur la forêt, un bon accueil dû sans doute à sa notoriété, à l’exception d’un député des Ardennes très opposé à ce que cette région soit ciblée par l’association. En novembre 2021, Francis Hallé m’a fait l’honneur de publier un texte illustré de photos et de ses dessins sur une forêt des îles Salomon dans la lettre Naturalité de l’association Forêts Sauvages, dont je suis le rédacteur en chef. Ce texte est un récit de voyage, plaisant, instructif et même poétique (« il nous semble percevoir la paix complète et l’éternelle sagesse de cette forêt insulaire »), loin de l’aridité des comptes rendus scientifiques qui manquent d’émotion. Mais ce n’est pas étonnant de la part de cet ambassadeur du monde végétal qui savait apprécier la beauté des forêts.

* Ecologue

Photo : Francis Hallé à la rencontre d’un très gros tilleul dans les Vosges du Nord © JC Génot

 

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