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06.10.2026 à 16:48

La lutte contre les changements climatiques en Algérie

lsamuel

Texte intégral (2296 mots)

Par le choc émotionnel qu’ils ont provoqué dans la population algérienne, les incendies de fin août 2026 rappellent les inondations de Bab El Oued qui ont dévasté ce quartier d’Alger, dans la matinée du 10 novembre 2001. Les deux catastrophes sont imputées aux effets des changement climatiques aggravés par le facteur humain.

par M’hamed Rebah

La nouvelle donne

Un mois après les incendies dans plusieurs wilayas, notamment Jijel, Béjaïa et El Tarf, particulièrement meurtriers dans la wilaya de Jijel, une minute de silence à la mémoire des victimes était encore observée au début d’événements officiels comme ce fut le cas, le lundi 28 septembre 2026, pour la Journée d’étude intitulée Médias et élections locales 2026. C’est dire la profondeur de l’impact de cette catastrophe dont les séquelles ont été, certes, immédiatement traitées par l’intervention des pouvoirs publics sur le terrain (notamment par le versement d’indemnités aux sinistrés), mais qui n’est pas près d’être oubliée par les Algériens. Par le choc émotionnel qu’ils ont provoqué dans la population, les incendies de fin août rappellent les inondations de Bab El Oued qui ont dévasté ce quartier d’Alger, dans la matinée du 10 novembre 2001. Les deux catastrophes sont imputées aux effets des changement climatiques aggravés par le facteur humain.

Il y a 25 ans, Bab El Oued

Vingt-cinq ans sont passés depuis les inondations de Bab El Oued. Les images filmées à l’époque attestent de la violence des eaux boueuses qui avaient tout emporté sur leur passage : véhicules et leurs occupants, piétons, troncs d’arbres, débris de construction, pneus, … Elles avaient submergé et traversé de part en part les rez-de-chaussée des habitations projetant à l’extérieur, par les fenêtres, tout ce qui s’y trouvait : appareils électroménagers, meubles, mais aussi les ménagères qui n’avaient pu s’accrocher nulle part, le tout avait été entraîné en contrebas vers la mer.

Le bulletin météorologique spécial (BMS) qui laissait prévoir le déluge sur Bab El Oued avait été sous-estimé, tout comme l’avaient été les articles de journalistes, et les travaux d’experts et d’universitaires qui avaient alerté, auparavant, sur le risque d’inondations dans ce quartier précisément. Au contraire, l’annonce de « bonnes pluies » avait été accueillie avec soulagement après une longue période de sécheresse qui avait fini par inquiéter et pousser les autorités religieuses à appeler à la prière de l’istisqa (prière de demande de pluie). Cette succession d’événements météorologiques extrêmes – sécheresse, inondations – correspondait parfaitement aux séquences du dérèglement climatique, dont les effets ont été, malheureusement, lourdement aggravés par le facteur humain. Le 10 novembre 2001, à Bab El Oued, la violence des pluies a été combinée aux erreurs d’aménagement et à l’urbanisation anarchique – pas de respect de la réglementation et pas d’infrastructures de protection – pour conduire à la catastrophe avec un lourd bilan en pertes humaines et des dégâts matériels considérables.

Des gestes anodins en apparence, sans intention aucune – poser les débris inertes et encombrants et jeter les ordures ménagères, n’importe où, n’importe comment, et impunément – se sont avérés d’une nuisance meurtrière. Les réseaux d’évacuation des eaux de pluies, hermétiquement bouchés par les déchets, ont entraîné la formation de torrents de boues. Là est la part du facteur humain dans cette catastrophe, mais à aucun moment, la moindre trace d’un acte criminel n’a été évoquée, contrairement aux incendies de forêts de fin août 2026, particulièrement dans la wilaya de Jijel, la plus durement touchée.

Après la catastrophe de Bab el Oued, un système de veille a été installé à Alger avec la participation des services de la météorologie, de la protection civile et de la wilaya pour donner l’alerte sur la base des prévisions météorologiques. Une procédure est prévue pour éviter le pire (interdiction de la circulation, déviations, fermeture des écoles …). Sur le terrain, un réaménagement des lieux a consisté notamment en la réhabilitation du front de mer et la création d’espaces ouverts résilients (promenades piétonnes longeant la mer, aires de jeux pour enfants, terrains de sport, boulodrome) censés protéger le quartier contre la furie des eaux.

Une nouvelle démarche pour les forêts

Une démarche similaire est envisagée pour protéger les populations face au risque d’incendies dans les forêts. Une des décisions prises après les feux de la fin août vise la mise en place d’un nouveau cadre juridique et réglementaire intégré définissant les conditions de construction et d’habitat dans les massifs forestiers et les zones limitrophes, où les constructions illicites sont difficiles à déceler.

Une autre décision, plus spectaculaire, a été imposée par la suspicion d’actes criminels aux départs des feux qui ont provoqué les incendies de la fin août 2026 dans la wilaya de Jijel et entraîné un très lourd bilan. Une nouvelle loi, modifiant et complétant la loi portant Code pénal, instaure « la peine de mort à l’encontre des auteurs de crimes d’incendie volontaire de forêts et de champs, de destruction volontaire de biens publics et privés commis au profit de parties étrangères dans le cadre de la trahison, de l’intelligence ou du crime organisé, ainsi qu’à l’encontre de quiconque tente de porter atteinte à la sécurité, à l’ordre public, à l’unité nationale ou à la stabilité économique et environnementale ».

Un double traitement est donc appliqué aux incendies de forêts qui sont, à la fois, inscrits dans la problématique du réchauffement climatique et considérés comme une affaire de sécurité nationale, ce que n’avait pas prévu le Plan climat national. Dans les incendies qui ont touché la wilaya de Jijel, le facteur météorologique produit par la combinaison de la canicule (plus de 40° C) et du vent (plus de 100 km/h), sur fond de sécheresse, n’aurait donc servi qu’à créer des circonstances favorables à l’acte criminel prémédité et intentionnel.

Les lacunes dans l’anticipation

En août 2021, pour la première fois, des incendies de forêts – dans la wilaya de Tizi Ouzou – ont été traités par les médias algériens comme un acte terroriste, alors qu’auparavant, y compris quand la responsabilité humaine – accidentelle ou volontaire – était prouvée, ils étaient abordés sous l’angle écologique, en tant que phénomène naturel, compliqué par le dérèglement climatique. Deux ans avant, en septembre 2019, le Plan national climat (document d’orientation pour 2020-2030), validé par le conseil de gouvernement, avait décrit le dispositif de lutte contre les incendies de forêts, avec son cadre légal et ses mesures de prévention, mais, sans anticiper sur le risque, perçu maintenant comme avéré, d’actes criminels à caractère terroriste. Le défaut d’anticipation a concerné également les normes de construction en forêt, destinées à protéger les habitants contre les incendies. Ces deux lacunes, constatées après les incendies de fin août 2026, sont actuellement comblées par des textes de lois.

Dans les conditions normales, sans acte criminel, les incendies de forêts ont été généralement traités avec efficacité. Le dispositif de prévention mis en place par la Direction générale des forêts est systématiquement amélioré à partir des leçons tirées de la saison précédente. Entre 2000 et 2020, les chercheurs ont noté une moyenne annuelle des superficies brûlées par les feux de forêts d’environ 35 000 hectares. En été 2021, c’est le choc provoqué par le bilan des pertes humaines et des dégâts matériels dans les incendies de forêts de la wilaya de Tizi Ouzou ; les étés 2022 et 2023 ont connu à peu près la même situation dramatique.

La promulgation de la loi de décembre 2023 criminalisant l’acte de porter atteinte aux richesses forestières a produit son effet en été 2024 : moins de feux de forêts. Les superficies touchées ont été très inférieures à celles de l’année précédente. En 2025, cette tendance se maintient : une nette amélioration et une diminution drastique des feux de forêts par rapport aux années noires précédentes. Pour les responsables de la Protection civile, c’est la preuve de l’efficacité du plan stratégique de prévention et de lutte contre les incendies qu’ils ont mis en place et qui établit la synergie entre alerte précoce et intervention sur le terrain par différents moyens terrestres et aériens. Mais c’est surtout la série d’interdictions à l’intérieur et à proximité des forêts qui a permis d’éviter les risques d’incendie accidentel : pas d’utilisation des appareils de cuisson, des barbecues ou tout autre outil inflammable ; éloignement des véhicules des zones forestières ; pas de camping sauvage. Les contrevenants risquent de lourdes peines prévues par la loi. Un numéro vert aide à dénoncer toute violation de ces mesures. Ce qui, jusque-là, était considéré comme un simple délit, sanctionné par des amendes, relève désormais de l’acte criminel passible de peines allant de 3 ans de prison ferme à la réclusion à perpétuité.

Les forêts dans la stratégie climatique

Le bilan des superficies forestières brûlées doit être rapporté au taux de boisement sur l’ensemble du territoire national : moins de 2 %; les forêts sont plutôt rares. Décrivant la stratégie climatique de l’Algérie, Abderrahmane Boukadoum, ancien cadre supérieur au ministère de l’Environnement, observateur et expert des questions climatiques, cite, dans une intervention sur les réseaux sociaux, les incendies de forêts parmi les principales vulnérabilités du pays face aux changements climatiques. Ces vulnérabilités ont été identifiées par la troisième Communication nationale de l’Algérie à la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), élaborée dans le cadre de la Convention sur les changements climatiques. Dans la même intervention, il évoque le Plan national climat comme cadre national regroupant des actions d’adaptation, d’atténuation et des mesures transversales (76 actions prioritaires d’atténuation, 64 actions d’adaptation et 16 actions transversales), les forêts étant toujours concernées.

Abderrahmane Boukadoum parle également du processus d’élaboration du Plan national d’adaptation qui vise à identifier les besoins d’adaptation à moyen et long terme, à réduire la vulnérabilité du pays et à renforcer sa résilience face aux effets des changements climatiques. Un financement de 3 millions de dollars du Fonds vert pour le climat a été accordé à l’Algérie pour accompagner ce processus. La stratégie de lutte contre les changements climatiques englobe les forêts.
Il note que cette dynamique s’est poursuivie avec le dépôt, le 24 juin 2026, auprès de la CCNUCC, de la CDN 3.0 (Contribution déterminée au niveau national) de l’Algérie qui désigne la troisième version de la stratégie climatique et énergétique nationale actualisée à l’horizon 2035. Elle fixe notamment « un objectif de réduction de 14 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035 sur une base inconditionnelle, pouvant atteindre 31 % sous condition d’un soutien international approprié, avec des besoins de financement estimés à environ 24 milliards de dollars pour la période 2026-2035 ».

La CDN accorde une place importante à l’adaptation et à la résilience, notamment dans le secteur des forêts. Pour quels résultats ? devrait-on s’interroger. « On peut naturellement discuter de l’efficacité de ces politiques, de leur financement, du rythme de leur mise en œuvre et de leurs résultats sur le terrain. C’est un débat légitime et même nécessaire », reconnaît Abderrahmane Boukadoum. Il est plus précis quand il ajoute que le véritable débat doit porter sur « le passage de la planification à la mise en œuvre, sur les moyens mobilisés, sur la coordination intersectorielle et surtout sur les résultats mesurables obtenus sur le terrain ». « C’est sur ces éléments objectifs que doit porter l’évaluation de l’action climatique de l’Algérie », conclut-il.

Cet article est paru dans La Nouvelle République (Alger) du dimanche 4 octobre 2026.

Photo : Aménagement du front de mer après les inondations de Bab El Oued du 10 novembre 2001 © M’hamed Rebah

 

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06.10.2026 à 16:13

Droit à l’info, 48 heures pour contrer la désinfo

lsamuel

Texte intégral (1845 mots)

Une fausse information gagne la partie lorsqu’elle s’installe avant toute réponse. Pour la contrer à temps, QuotaClimat et Les Surligneurs ont lancé Droit à l’info. Le dispositif repère les narratifs trompeurs à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, les fait vérifier, puis alerte journalistes et associations. Gratuit, il est pensé pour la présidentielle 2027. Mode d’emploi.

par Isabelle Vauconsant

Quarante-huit heures pour contrer un narratif trompeur

Le scénario est familier aux journalistes environnement. Une affirmation douteuse est lancée un week-end. Le lendemain, elle tourne en boucle dans les médias de la galaxie Bolloré. Deux jours plus tard, elle peut atteindre l’audiovisuel public. Les chercheurs et les associations réagissent, eux, plusieurs jours après. Trop tard : le cadrage est posé.

Droit à l’info est né de ce décalage. Thibault Quéré, qui coordonne l’initiative, l’a présentée lors d’un webinaire destiné aux organisations partenaires. Son principe tient en un chiffre : 48 heures. Passé ce délai, un récit trompeur risque de devenir le cadre dans lequel tout le monde débat.

L’initiative ne traque pas pour autant chaque fausse information. « Nous, on s’intéresse moins aux cas isolés de désinformation qu’à la question des narratifs », précise Thibault Quéré. Le site du projet en donne une définition simple. Il s’agit d’une même affirmation trompeuse, reprise par différents médias et intervenants, jusqu’à passer pour une évidence.

QuotaClimat et Les Surligneurs aux commandes

Le projet a été créé par l’association QuotaClimat, spécialisée dans le traitement médiatique de l’écologie, et par le média de fact-checking Les Surligneurs. Il est porté avec Data For Good et En Plateau. Le fonds de dotation La Concorde le finance.

Un comité d’experts se réunit chaque mois pour valider la méthode. On y trouve notamment David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS, la sémiologue Nataly Botero et le chercheur en sciences cognitives Grégoire Darcy. Le journaliste Thomas Huchon et la politologue Catherine Wihtol de Wenden en font également partie.

Le climat sert de terrain d’essai. Les migrations suivent, puis la santé environnementale, notamment les pesticides, et enfin le pouvoir d’achat. À partir de janvier 2027, l’équipe prévoit de se consacrer exclusivement aux campagnes d’alerte.

Une détection automatisée, de la télévision aux réseaux sociaux

La première étape est la détection. Selon la page méthode, le dispositif analyse les programmes d’information de dix chaînes de télévision et huit radios, entre 6 heures et 23 heures. Cela représente environ 4 500 heures de contenus par mois. Il examine en outre quelque 2 millions de publications mensuelles sur X, Instagram, Facebook, TikTok, des forums et des agrégateurs comme MSN.

Comment trier une telle masse ? D’abord par des dictionnaires de mots-clés, qui comptent entre 200 et 2 000 termes selon la thématique. Ensuite, un modèle de langage repère les séquences à risque. Des journalistes l’entraînent en qualifiant les cas un à un. Enfin, un outil de regroupement rassemble chaque jour les affirmations proches pour faire émerger les narratifs.

Vérifier les faits, puis évaluer le risque de diffusion

Vient ensuite la vérification. Les fact-checks suivent le standard européen de l’EFCSN. Les affirmations sont classées en trois catégories : fausses, trompeuses ou non fondées.

Or, démentir une rumeur peut aussi lui offrir une tribune. C’est pourquoi chaque narratif passe par une analyse du risque. L’équipe s’appuie sur la Breakout Scale, une grille utilisée notamment par Viginum, le service de l’État chargé des ingérences numériques étrangères. Le récit sort-il de sa bulle d’origine ? Se diffuse-t-il vite ? Est-il en phase montante ? La décision d’alerter est ensuite prise en comité.

Le rythme est serré. Lors de la présentation par Marine Le Pen du plan du Rassemblement national, au salon Vivatech, l’équipe a mis environ 36 heures à produire l’ensemble des éléments de réponse, selon Thibault Quéré. Pour gagner du temps, le projet mise aussi sur l’anticipation. Les grands rendez-vous, comme le Salon de l’Agriculture, charrient en effet des récits prévisibles.

Des alertes diffusées sur WhatsApp

La diffusion passe par WhatsApp. Le choix peut surprendre. L’équipe a pourtant hésité avec Telegram et Signal. « WhatsApp est de fait bien au-dessus » dans les pratiques professionnelles, tranche Thibault Quéré. Les messages y sont en outre davantage ouverts que les mails.

Deux espaces coexistent. La chaîne publique WhatsApp, d’abord, ouverte à tous. On y reçoit les alertes, avec un rappel des faits et le lien vers le fact-check. Les abonnés peuvent réagir par un emoji et partager, mais pas commenter. Leur liste n’est pas visible par les administrateurs, sauf pour les personnes déjà dans leurs contacts.

La communauté privée, en revanche, est réservée aux organisations partenaires. Elle permet d’échanger et de recevoir des kits de communication, des résultats d’enquêtes d’opinion ou des captures vidéo des séquences problématiques.

Un tableau de bord au service des rédactions

Pour un journaliste, l’outil central est le tableau de bord. Il permet de suivre chaque jour les narratifs montants sur une thématique. On y consulte aussi les transcriptions écrites des séquences repérées. Thibault Quéré invite toutefois à la prudence : « Chaque cas qui est remonté dans le tableau de bord ne constitue pas nécessairement en soi de la désinformation. » Il reste donc à vérifier avant toute publication.

Les vidéos, elles, ne sont pas accessibles directement, car leur accès est payant et limité. L’équipe peut néanmoins fournir une capture sur demande. Par ailleurs, les utilisateurs peuvent signaler un récit émergent que le dispositif n’aurait pas encore repéré.

Le centre de ressources est, quant à lui, public. Chaque fiche renvoie au fact-check de référence, souvent publié par Science Feedback. Elle propose également des « éléments de réponse », destinés à nourrir un contre-argumentaire.

Le projet assume de s’adresser aux rédactions. « Beaucoup de journalistes aujourd’hui manquent de moyens, manquent de capacité à se faire entendre au sein des rédactions », observe Thibault Quéré. L’objectif est ainsi de leur fournir de quoi soulever un sujet en conférence de rédaction.

Cette démarche fait écho à la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, co-rédigée par les JNE. Toutes deux partent en effet du même constat : le cadrage d’un sujet compte autant que les faits.

La télévision au cœur de la circulation des récits

Une membre des JNE a posé une question clé lors du webinaire : comment toucher d’autres publics que les lecteurs déjà convaincus ? La réponse de Thibault Quéré déplace le regard. Selon lui, télévision et réseaux sociaux ne forment pas deux mondes séparés. Les comptes des chaînes et leurs figures d’émission pèsent lourd dans la circulation des récits en ligne. « Les médias ne sont pas les victimes d’un système duquel ils seraient totalement exclus, ils en sont très souvent des acteurs très puissants », estime-t-il.

L’enquête d’opinion menée par le projet en juin 2026 auprès de 5 000 personnes va dans ce sens, d’après lui. La télévision et la radio y restent les premières sources d’information citées. D’où la priorité donnée à l’audiovisuel.

Reste une limite, que Droit à l’info reconnaît. Le dispositif ne surveille pas tout l’espace informationnel et ne remonte pas dans le passé. L’achat des données coûte trop cher. Enfin, l’ensemble est gratuit. « On est vraiment sur une logique de produire un bien commun en vue de l’élection présidentielle », résume Thibault Quéré.

Comment s’inscrire et se connecter
Recevoir les alertes (ouvert à tous). Depuis un smartphone, ouvrez le lien de la chaîne Droit à l’info et appuyez sur « S’abonner ». Vous pouvez aussi la chercher dans l’onglet « Actualités » de WhatsApp. Activez ensuite la cloche en haut de la chaîne pour être notifié : l’équipe le recommande.

Consulter les fiches (sans inscription). Le centre de ressources est en accès libre. Il recense les narratifs identifiés, les fact-checks et les éléments de réponse.

Accéder au tableau de bord et à la communauté privée. Ces outils sont réservés aux organisations partenaires. L’organisation remplit le formulaire d’adhésion à l’initiative. Elle y transmet les adresses mail des personnes qui souhaitent accéder au tableau de bord, ainsi que leurs numéros de téléphone si elles ne parviennent pas à rejoindre la communauté WhatsApp. Des webinaires d’intégration expliquent ensuite le fonctionnement du tableau de bord.

Obtenir une capture vidéo. Sur une séquence précise, adressez la demande à l’équipe de Droit à l’info via la communauté partenaires.

Comprendre la méthode. Tout est détaillé sur la page méthode et la page Agir à nos côtés.

Image du haut © Droit à l’info

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05.10.2026 à 16:57

De l’idée à la diffusion, une rencontre privée AJSPI/Pariscience sur les documentaires scientifiques le 23 octobre

lsamuel

(240 mots)

Vous êtes journaliste en presse écrite et vous demandez comment vous pouvez collaborer sur un documentaire scientifique ? Ou vous avez déjà l’habitude de collaborer sur des productions audiovisuelles ? Pour la toute première fois, l’AJSPI (Association des journalistes scientifiques de la presse d’information) et le festival du documentaire scientifique Pariscience s’associent pour une rencontre privée. L’idée ? Faire se rencontrer journalistes et producteurs de films scientifiques afin de tout comprendre sur la construction d’un documentaire : de l’idée à la diffusion.

Une table-ronde est prévue le vendredi 23 octobre à 18 heures à Paris, à l’Institut de physique du Globe de Paris, avec 2 duos :

Elena Sender, réalisatrice, et Sally Blake, productrice chez Capa
Audrey Mikaelian, réalisatrice, et Valérie Guérin, productrice à Gédéon
Elles s’appuieront sur leurs collaborations passées pour nourrir vos projets.

La table-ronde sera suivie d’un échange autour d’un buffet.

La réservation est obligatoire à contact@ajspi.com

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02.10.2026 à 16:53

Quel usage des mots et concepts de l’écologie (1) en 2026 ?

lsamuel

Texte intégral (3716 mots)

Platon aurait dit : « la perversion de la cité commence par la fraude des mots ».  Albert Camus écrivait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur du monde ». Pour la journaliste et diplômée de Lettres classiques Andrea Marcolongo : « Lorsque nous renonçons à un mot, nous offensons notre propre faculté de raisonnement, parce que s’il y a moins de mots, la pensée n’existe plus » (2).

par Pierre Grillet

« Les mots figurent parmi les premières victimes des régimes autoritaires »

La chercheuse Cécile Alduy (3) a vu comment, sous la présidence de Donald Trump, près de 500 mots ont été « bannis par l’administration fédérale », des données scientifiques supprimées, des cours annulés. Sont concerné-es, celles et ceux qui font référence à des politiques de diversité, d’équité, d’inclusion ou de protection de l’environnement. Le journal Reporterre a relevé en 2025 les mots de l’écologie prohibés par le président Trump : « décarbonation, énergie propre, vert, durabilité, transition énergétique, ou encore empreinte carbone », des mots pourtant bien inoffensifs ! Même le mot « climat » est devenu soudainement fortement déconseillé pour les chercheurs, notamment dans leurs demandes de subventions. Pour Cécile Alduy qui explique que les mots figurent parmi « les premières victimes des régimes autoritaires », nous sommes « face à une censure, une euphémisation croissante des mots, un véritable piratage lexical et une resémantisasion » de concepts. Elle ajoute que « l’offensive sur le langage annonce toujours une offensive sur les êtres humains ».

En 1948, George Orwell (1903-1950) écrivit 1984. Le pouvoir totalitaire imaginé par Orwell utilise la langue comme un instrument de domination en imposant la « novlangue ». Celle-ci met en valeur certains mots et en élimine beaucoup d’autres, jugés inutiles, car dangereux, afin de s’assurer du contrôle des masses. Victor Klemperer (4) (1881-1960), analysant la langue du Troisième Reich, écrivait en 1945 : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir ». La politologue Corinne Gobin (5) nous explique comment certains mots et expressions ont changé pour rendre plus acceptable une société pourtant de plus en plus violente socialement et écologiquement. Ainsi, la société civile a remplacé le peuple, le consensus a pris le dessus sur le conflit, les consommateurs ne sont plus des travailleurs, la croissance négative s’est substituée à la récession, les projets occultent la hiérarchie, les équipiers ou collaborateurs ont remplacé les salariés, les plans de sauvegarde de l’emploi ont remplacé les plans de licenciements, les militants sont devenus des activistes quand ils ne sont pas « écoterroristes », les émeutes remplacent les manifestations de colère, les associations sont devenues des organisations non gouvernementales, une opposition politique devient une opposition négative et la liste ne s’arrête pas là.

Le militant de l’éducation populaire, Franck Lepage, analyse dans ses conférences gesticulées, cette manipulation des mots. Jean Jaurès aurait dit en 1900 : « quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots ». Sans doute pourrions-nous le paraphraser ainsi : « quand les hommes ne veulent pas changer les choses, alors, ils changent les mots et/ou suppriment ceux qui dérangent… ». Le philosophe australien Glenn Albrecht (6) estime que les « forces destructrices » se sont emparées des mots et expressions qui peuvent tromper à l’instar de ce fameux « développement durable ». Pour lui, les mots sont « abusés ».

Galvauder les mots et les concepts de l’écologie pour améliorer son image

Pour l’écrivain et philosophe Bernard Charbonneau (7) (1910-1996), « les mots sont des graines, celles d’une plante de vérité nourrissante ou de mensonge empoisonné ». Les mots et concepts utilisés pour évoquer le « vivant », « l’écologie », sont trop souvent récupérés pour mieux « paraître », ils sont alors le plus souvent détournés de leur sens premier, au point de semer une confusion qui nuit à la pensée réelle qu’ils sont censés exprimer. Ils deviennent ainsi des mots « enveloppes » ou encore mots « tiroirs » (ou fourre-tout) bien pratiques pour communiquer positivement en apparence sans agir sur le fond, donc vecteurs de ce « mensonge empoisonné » évoqué par Charbonneau.

La « manipulation » du langage de l’écologie est familière pour les gouvernants, les cabinets de conseils, les multinationales et de nombreux think tanks néolibéraux. Les néologismes triomphent et ouvrent la porte à nombre de mots anciens (ou pas) auxquels on a simplement rajouté ce préfixe magique « éco » pour paraître vertueux. Vinci et Eiffage conçoivent des « écoautoroutes » et même avec une certaine audace, des « autoroutes écocitoyennes » pourvues de leurs aires de repos « écoconçues » (8), avec moult expositions sur la nature où l’on nous ordonne d’avoir le réflexe de « l’écogeste », « laisser propre derrière soi » pour « préserver la planète ». Bouygues vante son « écoquartier » en mer pour milliardaires à Monaco (entre 100 000 et 180 000 euros le m2) (9) et ne cesse de communiquer sur sa « résilience » et son « économie circulaire ». Des campings de plus en plus luxueux vendent du « glamping » bien à l’abri et en « pleine nature », vantant un « écotourisme vertueux » dont on peine à saisir le sens profond.

Depuis 1994, les Jeux olympiques (JO) se seraient transformés en « jeux verts », puis en « jeux écoresponsables ». Presque 30 ans plus tard, en 2022, les JO de Pékin vendus et promus comme les « plus verts et les plus propres jamais réalisés » furent un vrai désastre pour des jeux d’hiver…sans neige. Les éléments de langage retenus pour Paris 2024 prônaient une « excellence environnementale » et une « performance climatique » pour « faire des Jeux un laboratoire d’innovation durable » (10). Force est de constater que nous sommes loin du compte. Que dire des JO de Cortina d’Ampezzo en Italie en 2026, associés à des compagnies pétrolières, aériennes et automobiles ?

Pour montrer que le vivant serait bien pris en compte, l’économie marchande trouve le moyen de trouver les mots pour associer nature et capital. On parle alors de « services écosystémiques », « capital naturel », « actifs naturels », « compensation par l’offre » … Des mots parfois partagés par des écologistes eux-mêmes. On exige que nous soyons « éco-friendly » dans une société qui nous incite, dans le même temps et avec force publicité, à gaspiller. Les oxymores écologiques, comme cette « écologie de production » ou encore la fameuse « mine durable », en passant par les très prometteurs « capitalisme vert », « voiture propre », « changement dans la continuité » et la plus belle trouvaille du XXe siècle, « le développement durable », se sont multipliés eux aussi et il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver.

 François Terrasson © DR

Ces oxymores, dont l’étymologie grecque signifie « folie aiguë », imposent une double contrainte (11) ayant pour effet, selon le chercheur en lexicologie Julien Rault (12), « d’empêcher toute forme de contradiction, d’anesthésier la conscience critique » … Un concept abordé en 1988 par le naturaliste et chercheur François Terrasson (1939-2006), membre des JNE (13), lorsqu’il parlait de nos rapports avec une nature le plus souvent présentée comme sauvage, mais dans les faits, bien aménagée par les gestionnaires pour notre plus grand confort. Certains mots sont tellement utilisés que leur signification réelle est totalement oubliée ou largement déformée. Julien Rault parle alors de ces « mots fatigués ». Lorsque la présidente du département des Deux-Sèvres, totalement réfractaire à l’écologie, prononce (car ce jour-là, entourée de naturalistes, elle s’y sent obligée) une dizaine de fois dans un discours de 20 minutes le mot « biodiversité » sans jamais l’expliquer, que met-elle réellement dessus si personne n’ose la questionner sur ce sujet ? (14) Sait-elle exactement ce qu’il recouvre ? La deuxième édition (2002) du Dictionnaire de l’écologue François Ramade (15), une référence en matière d’écologie, ne consacre pas moins de 7 pages, rien que sur ce mot pourtant apparu récemment (40 années). Biodiversité ne serait-il pas déjà devenu (ou en passe de le devenir) à son tour, un « mot fatigué », tout comme le mot écologie ?

Un exemple de resémantisasion insidieuse d’un concept

C’est la Via Campesina, un syndicat agricole regroupant aujourd’hui 200 millions de petits producteurs dans le monde, qui a inventé dès 1996 le concept agricole, social et écologique de « souveraineté alimentaire » lors de la Déclaration de Rome, et défini comme tel : « La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au cœur des systèmes et politiques alimentaires au lieu et place des exigences des marchés et des transnationales. Elle donne des orientations pour que les systèmes alimentaires, agricoles, halieutiques et d’élevage soient définis par les producteurs locaux », tout en construisant des échanges avec les autres peuples. De son côté, la ministre actuelle de l’Agriculture Annie Genevard récupère la notion de souveraineté alimentaire comme « la capacité de la France à produire suffisamment pour assurer son indépendance tout en maintenant un modèle fort tourné vers la transformation et l’exportation ». Ainsi et en prenant soin de ne jamais l’expliquer clairement auprès de la population, on gomme l’aspect révolutionnaire d’un concept, qui se veut pour Via Campesina « une alternative aux politiques néo-libérales », on l’euphémise à outrance pour mieux servir la politique agricole actuelle du pouvoir et du syndicat cogestionnaire totalement contraire à la signification de départ. Il s’agit bien de l’utilisation abusive d’un concept.

Les mots des « écologistes » sont-ils toujours bien choisis ?

Parler de « décroissance », « post croissance », « sobriété », « limites », « éco-anxiété », « surconsommation », « vivant », « écocitoyenneté », « recyclage », « petits gestes pour la planète », « régénération », « robustesse », « résilience » auprès de catégories sociales qui n’arrivent pas à un minimum de confort matériel est probablement inaudible. Pour le sociologue Jean Baptise Comby (16), évoquant la « condition écologique de la classe populaire », celle-ci « n’est pas indifférente aux dégradations des conditions de vie sur terre » car elle subit « une plus grande exposition aux nuisances environnementales » alors qu’elle n’y a « qu’une très faible contribution ». Pourtant, cette classe populaire éprouve, malgré tout, selon ce sociologue, « une grande distance vis-à-vis des récits écologiques dominants ». De quoi nous faire réfléchir, nous les « écolos » ? (17)

Un nouveau vocabulaire face aux changements environnementaux ?

Le journal Le Monde (18) évoquait le 19 septembre 2026, le manque de mots disponibles pour décrire les phénomènes intenses tels que ceux vécus au cours de l’été 2026 et prolongeait le débat nécessaire pour l’émergence d’un nouveau vocabulaire plus adapté. Ainsi, est-il proposé de parler de « globocide », le mot « écocide » étant jugé insuffisant par certains. Mais ce nouveau mot serait-il vraiment meilleur ? À discuter.

Glenn Albrecht © Antoine Bonfils

Cet article vient en résonance au livre du philosophe de l’environnement Glenn Albrecht, Les émotions de la Terre, publié en français en 2020 et qui, face à une vision du monde en constante évolution en raison de l’ampleur des changements environnementaux, considère que nous manquons d’un vocabulaire adapté pour exprimer clairement nos réactions émotionnelles, d’où le sous-titre de son ouvrage : « des nouveaux mots pour un nouveau monde ». Quels mots utiliser face à la destruction soudaine d’une forêt dans laquelle nous passions nos journées, étant enfant, à y construire des cabanes ? Face à ces arbres que l’on pensait indestructibles et qui se sont retrouvés totalement défoliés par la canicule ? Face à un automne qui a semblé sévir dès le début de l’été ? Face à ces émotions négatives provoquées par la transformation brutale de paysages lors de ces terribles remembrements ou d’aménagements inutiles dans nos campagnes ? Glenn Albrecht nous en propose un, parmi beaucoup d’autres dans son ouvrage : « solastalgie ». Pour cet auteur, « la transformation négative d’un endroit aimé déclenche une émotion négative chez des personnes qui habitent encore là. Leur amour du lieu demeure mais elles aspirent au retour des éléments positifs ayant généré un sens si positif du lieu » pour elles-mêmes. Il définit ainsi la solastalgie : « la douleur ou la détresse causée par une absence continue de consolation et par le sentiment de désolation provoqué par l’état actuel de son environnement proche et de son territoire… il s’agit de l’expérience existentielle et vécue d’un changement environnemental négatif ressenti comme une agression… ».

Mais aussi, quels mots, quels concepts pour exprimer des émotions positives ? Ce philosophe australien invite « tous les humains à créer un avenir où les émotions positives de la Terre l’emporteront sur les émotions négatives ». Il nomme cette démarche « Symbiocène », une ère de l’histoire de la Terre basée sur la symbiose, qui succéderait à l’Anthropocène où l’empreinte des humains sur la Terre devrait être réduite au minimum. « Les émotions positives de la Terre seront omniprésentes, les humains et les autres formes de vie vivant ensemble en tissant des relations d’entraide ».

La nécessité de lutter contre une évolution sémantique orientée par les dominants

Il nous faut réfléchir sur le choix des mots, leur pouvoir, leur utilisation, leur signification réelle et le pourquoi de leur usage. Sans cela, nous sommes condamnés à subir le langage des dominants qui savent parfaitement récupérer ce qui leur permet d’offrir une image positive auprès des citoyens, tout en maintenant un système basé sur la recherche continue du profit capitaliste, la destruction et les inégalités. Dans les cas extrêmes qui pourraient bien arriver en France si le RN prenait le pouvoir, fort de ce que l’on constate déjà aux États-Unis, nous pourrions être confrontés à une censure de mots jugés trop embarrassants. Lorsque les mots et les concepts sont flous, non définis ou mal compris, la réflexion devient confuse, voire impossible, les débats incompréhensibles. Lorsqu’on fait disparaître des mots qui peuvent déranger, on perd notre capacité à nommer les choses, à comprendre et changer le monde. Si le vocabulaire est fait pour évoluer, il faut sans doute l’enrichir plutôt que de l’appauvrir tout en se méfiant des sens donnés par ces évolutions (19). À nous d’être vigilants.

Vifs remerciements pour leurs relectures et conseils à Marie-Do Couturier, Alain Persuy & Didier Montfort

(1) Le mot « écologie » est pris ici dans son sens « politique », c’est-à-dire depuis son apparition dans des élections et la sphère publique au cours des années 70.
(2) Lire Andrea Marcolongo. 2020. Étymologies pour survivre au chaos. Édition française : les Belles Lettres.
(3) Cécile Alduy. 2026. D’abord ils sont venus chercher les mots. Éditions les Arènes. L’autrice est professeure à Stanford et chercheuse en analyse du discours.
(4) Victor Klemperer. 1947. LTI. La langue du IIIe Reich. Carnets d’un philologue. Albin Michel, Agora, Pocket (rééd, 2003). Victor Klemperer était linguiste, journaliste, écrivain…
(5) Lire sur ce sujet : Gouverner par les mots : des stratégies lexicales au service du consensus… contre le social ?, Corinne Gobin. Éducation et sociétés, 2004/1 (n° 13).
(6) Lire : Glenn Albrecht. 2020. Les émotions de la terre. De nouveaux mots pour un nouveau monde. Éditions Les Liens qui Libèrent.
(7 ) Bernard Charbonneau fut un pionnier de l’écologie dès les années 1930. Ecrivain, philosophe, il collabora notamment au journal La Gueule ouverte dans les années 70, puis à Combat Nature. Comme d’autres précurseurs écologistes, il est aujourd’hui malheureusement souvent cité par une frange de l’extrême droite, « la Nouvelle Droite », qui milite pour un « écofascisme » insupportable !
(8) Phrase extraire d’un article paru sur le journal de Vinci : https://www.vinci.com/vinci.nsf/fr/communiques/pages/20090608-1301.htm.
(9) Le prix moyen de l’immobilier en milieu rural en 2026 est de 2 187 € le m2 pour donner un ordre d’idées ! Nous ne vivons pas dans un monde, mais dans des mondes qui se dissocient, se séparent de plus en plus…
(10) Lire l’article très intéressant de Carine Duteil, L’Excellence environnementale comme Héritage : analyse des éléments de langage des JOP de Paris 2024, dans © Revue Marketing Territorial, 12 / été 2024.
(11) Une injonction paradoxale, ou double contrainte, se caractérise par deux messages contradictoires émis sans possibilité pour le destinataire de sortir de la situation. La double contrainte est une manière de communiquer, définie par Gregory Bateson, qui plonge l’interlocuteur dans la perplexité : c’est par exemple un ordre auquel on ne peut ni obéir, ni désobéir.
(12) Julien Rault est Maître de conférences en Langue et Littérature française, il est spécialisé en lexicologie, soit dans l’étude des mots, de leurs sens et de leur utilisation
(13) Lire François Terrasson. 1988. La peur de la nature. Éditions Sang de la Terre.
(14) Il s’agit d’un discours prononcé en octobre 2024 par Madame Coralie Denoues, Présidente du Conseil départemental des Deux-Sèvres lors de la fête des 20 ans de l’IFFCAM (Institut francophone de formation au cinéma animalier).
(15) Voir François Ramade (2002). Dictionnaire encyclopédique de l’écologie et des sciences de l’environnement. Deuxième édition. Éditions Dunod.
(16) Jean Baptiste Comby. 2024. Ecolos, mais pas trop…. Éditions Raisons d’agir.
(17) Lire également : Erwan Ruty. 2024, L’écologie peut-elle être populaire ?. Éditions Le Bord de l’Eau.
(18)  Perrine Mouterde. 2026 (22 septembre), Des mots pour décrire les maux climatiques. Le Monde.
(19) Lire le très bon article consacré au pouvoir des mots dans le développement : Jaime Marques Pereira et Pepita Ould-Ahmed. 2010. Le pouvoir des mots dans le nouveau consensus du développement, Économie et institutions, 14 | 5-14.

 

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