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23.09.2026 à 06:30

Les clefs de la puissance houthiste

Louis Puel

Pourquoi personne n’arrive à vaincre ce mouvement tribal et sa violence théologico-politique

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Texte intégral (6698 mots)

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Par intermittence, et souvent en lien avec leurs victoires sur le terrain militaire, les Houthistes font irruption dans l’espace médiatique européen et américain. 

L’opération éclair menée jusqu’au détroit de Bab el-Mandeb n’est que la dernière d’une série d’actions qui a notamment été marquée en 2014 par leur prise de contrôle de Sanaa, la capitale yéménite, ou encore en 2023 par leurs attaques en mer Rouge, en soutien aux Palestiniens. Pourtant, ce mouvement politico-religieux yéménite semble à chaque fois être (re)découvert. 

1 — Une famille : al-Houthi, père et fils

Le mouvement tire son nom de la famille al-Houthi, originaire des environs de Sa’dah, dans l’extrême nord du Yémen. Le terme houthiste désigne donc d’une manière générique les partisans du leader actuel Abd al-Malik al-Houthi, né en 1979. Celui-ci a pris la succession de son père Badr al-Din (1926-2010) qui avait lui-même assuré un intérim après que son fils Hussein, fondateur du mouvement né en 1960, ait été tué en septembre 2004 par l’armée yéménite 1. Par convention, le vocable Houthi fait donc référence à la famille elle-même, et houthiste au mouvement qui dépasse très largement le cercle familial. 

Les houthistes s’auto-désignent d’abord à travers le terme de Jeunesse croyante (al-Shabab al-mu’min) et, depuis 2011, par celui de Partisans de Dieu (Ansar Allah), nom qui n’est pas sans rappeler celui du Parti de Dieu libanais, le Hezbollah.

Dans l’environnement tribal traditionnel du Yémen, le prestige de la famille al-Houthi tient à son appartenance à la catégorie des descendants du Prophète Mohammed. Ils appartiennent de ce fait à une forme d’aristocratie qui a pu, dans cet environnement septentrional yéménite où les tribus sont majoritaires et portent les armes, s’arroger une forme de monopole sur le savoir religieux. Ces familles dites hachémites ou désignées comme sayyid (pl. sada) ou ahl al-bayt (gens de la maison), ont aussi accaparé le pouvoir politique, jusqu’à la révolution républicaine de 1962 : l’imam, sorte de monarque, était alors sélectionné parmi les membres de ces familles 2

2 — Une identité : le renouveau zaydite

Le mouvement houthiste s’inscrit dans le cadre de l’identité zaydite, une branche singulière du chiisme qui n’est aujourd’hui présente qu’au Yémen et à laquelle environ 40 % de la population totale est originellement rattachée. La révolution de 1962, qui a mis fin au régime de l’imamat, a bouleversé le zaydisme et conduit à sa marginalisation politique et religieuse. La perte de sens de cette identité religieuse a donné lieu à une dynamique de renouveau à partir des années 1980, portée notamment par la Jeunesse croyante et influencée par des clercs tels que Badr al-Din al-Houthi. 

L’organisation de camps d’apprentissage du Coran, les activités éditoriales et les conférences dans les mosquées ont conduit à l’émergence d’une génération de militants désireux de réinventer leur identité zaydite. Localement, autour de Sa’dah, le déploiement en parallèle d’un mouvement salafi ayant des liens avec l’Arabie saoudite 3, et le rayonnement de l’expérience iranienne postrévolutionnaire ont favorisé une recomposition identitaire. 

3 — Un corpus idéologique : Hussein al-Houthi

Au cours des années 1990 et au début des années 2000, la Jeunesse croyante se structure autour des enseignements de Hussein al-Houthi. Ce dernier est élu député entre 1993 et 1997. Il part ensuite poursuivre ses études universitaires à l’université de Khartoum, puis s’engage, à son retour, à travers des prêches et conférences centrées sur l’histoire du zaydisme, la place prépondérante à accorder aux hachémites, descendants du Prophète, ainsi que sur les questions internationales.

Le contexte de la lutte contre Al-Qaïda à partir de septembre 2001 et la guerre en Irak de 2003 favorisent un discours critique du pouvoir yéménite aligné sur les positions des États-Unis chez Hussein al-Houthi. Les interventions du dirigeant de la Jeunesse croyante sont l’occasion pour ses partisans de scander des slogans sans équivoque : « Mort à l’Amérique, mort à Israël, malédiction sur les Juifs, victoire à l’Islam ! » Une visite du président Ali Abdallah Saleh à Sadaa début 2004 au cours de laquelle l’assemblée crie ce slogan justifie la répression étatique. La tentative d’arrestation de Hussein al-Houthi échoue et débouche en juin 2004 sur un conflit armé dont les répercussions se prolongent encore aujourd’hui 4.

Deux mois plus tard, la mort de Hussein al-Houthi alors qu’il était réfugié dans une grotte, fait de lui un martyr, mais ne règle aucunement le conflit avec le pouvoir central. Ses successeurs et soutiens poursuivent le combat et s’appuient sur ses enseignements pour façonner un corpus idéologique qui, ancré dans la tradition zaydite, la réinvente. Les Malazim (notes), tels qu’ils sont nommés, sont rassemblés, largement diffusés et analysés. Ils sont marqués par une rhétorique contestataire et la mise en exergue d’une forme d’infaillibilité de l’interprétation religieuse par les hachémites, participant ainsi à ce qui est décrit comme une « culture coranique » 5. Ce concept est, rétrospectivement, mis au cœur de l’idéologie houthiste et constitue une forme de pendant local à la contribution intellectuelle khomeyniste à la Révolution islamique de 1979, à savoir la doctrine du velayat e-faqih qui offre aux clercs religieux un rôle prépondérant dans la gestion des affaires politiques. 

4 — Un mouvement aguerri par les guerres de Sa’dah

Cette idéologie houthiste, marginale du vivant de Hussein, serait sans doute restée cantonnée aux segments très minoritaires des partisans du renouveau zaydite sans son inscription dans une longue guerre civile. L’opération de police contre Hussein a pris une ampleur inattendue et donné lieu à un conflit armé que l’on désigne sous le nom de « guerres de Sa’dah ». Durant six rounds étalés entre 2004 et 2010, le mouvement houthiste et le pouvoir se sont affrontés militairement dans les hautes terres de Sa’dah puis dans les gouvernorats avoisinants. Après son demi-frère, puis son père, Abd al-Malik al-Houthi prend progressivement la tête du mouvement en 2007. 

La répression indiscriminée occasionnée par cette guerre asymétrique, accompagnée de bombardements aériens, d’une intervention ponctuelle des Saoudiens mais aussi de milices islamistes sunnites a sans nul doute favorisé l’alignement des populations de ces zones sur les houthistes. Les tribus d’origine zaydite ont contribué à l’effort de guerre houthiste, au même titre que le soutien reçu par la République islamique d’Iran. Dès 2004, le pouvoir yéménite accuse celle-ci (ainsi que le Hezbollah libanais) de chercher à l’affaiblir et d’ouvrir un front sur le flanc sud de l’Arabie saoudite afin de favoriser un affrontement entre sunnites et chiites.

Durant ces années, l’expérience guerrière des houthistes et de leurs combattants renforce leur assise populaire et permet à Abd al-Malik al-Houthi de devenir une figure charismatique d’opposition 6. Ses interventions vidéo, qui utilisent un vocabulaire rappelant la communication de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, le positionnent au-dessus du débat politicien. Il parvient habilement à s’ériger en tant que défenseur du petit peuple et de la nation yéménite traditionnelle, contre les ingérences saoudiennes et l’impérialisme américain, mais aussi en défenseur de la cause palestinienne.

5 — Une alliance à revers avec l’ancien président Saleh 

Début 2011, lorsque survient le soulèvement révolutionnaire du « Printemps yéménite », les houthistes se mobilisent sans surprise en faveur de la chute d’Ali Abdallah Saleh. Ils ont recours à la même rhétorique, pacifiste pour l’essentiel, que les autres groupes contestataires, s’installent sur les sites de manifestations et participent aux débats qui tentent d’inventer un nouveau Yémen 7. Toutefois, leur intégration dans l’opposition ne dure que peu de temps.

En effet, la chute de Saleh en 2012 a provoqué un revirement des houthistes. Le processus de transition, selon eux, offre une place prépondérante à leurs adversaires islamistes sunnites, notamment la branche yéménite des Frères musulmans, le parti al-Islah, ancien allié de Saleh dont il souhaite désormais se venger. Pour ce faire, Saleh passe un accord tacite avec les houthistes, leur offrant le reste de ses capacités financières et militaires pour mettre à mal la transition politique. 

Le 21 septembre 2014, les réseaux de l’ancien régime aident les houthistes à mener un coup d’État victorieux, puis à accroître leur territoire, jusqu’à la capture de la ville d’Aden, au sud du pays. Ils prétendent alors vouloir préserver les acquis de la révolution et expriment l’impatience des Yéménites qui souffrent de la crise économique et des promesses non tenues 8

À l’appel du président Hadi, reconnu par la communauté internationale, l’Arabie saoudite lance le 26 mars 2015 une opération militaire de grande envergure, censée provoquer la chute des houthistes. Mais celle-ci n’obtient que peu de succès en dehors de la libération d’Aden, port devenu capitale provisoire. Le nouveau revirement de Saleh qui, fin 2017 accepte la proposition saoudienne de se retourner contre les houthistes n’a pas davantage d’effet : les houthistes finissent par le tuer lors de sa fuite et ils restent seuls au pouvoir dans les territoires qu’ils contrôlent, soit le tiers occidental du pays où vit plus des deux tiers des 35 millions de Yéménites.

6 — Une ambiguïté : restaurer ou non l’imamat

Si les houthistes appuient leur stratégie politique sur un discours aux accents nationalistes et populistes ; contre « l’agression américano-sioniste et saoudienne » et la corruption, l’idéologie qu’ils portent n’est pas sans équivoque. 

Tout d’abord, force est de reconnaître que leur capacité de mobilisation dépasse difficilement les segments d’origine zaydite de la société. L’instrumentalisation de quelques figures salafies ne fait par exemple pas illusion. Ensuite, le cœur de leurs élites appartient directement à la minorité des descendants du Prophète. Enfin, même s’il n’en a pas le titre et que des institutions de façade ont été créées, telles que le Comité révolutionnaire, Abd al-Malik al-Houthi joue de facto le rôle de monarque et d’imam. L’ambiguïté est entretenue et aucun texte publié, pas même les Malazim de Hussein al-Houthi, ne plaide pour la restauration de l’imamat zaydite, disparu en 1962. 

Le manque de clarté quant au projet politique concerne également le territoire revendiqué par les houthistes. Les zones peuplées de zaydites ou l’ensemble du Yémen unifié en 1990 ? Viseraient-ils à terme les territoires conquis en 1934 par l’Arabie saoudite, voire La Mecque et Médine ? 9

7 — Un proto-État féroce

Le flou entourant leurs objectifs n’a pas empêché les houthistes de mettre en place, depuis septembre 2014, un proto-État. Bien que non reconnues par la communauté internationale, les institutions qu’ils contrôlent préservent l’illusion d’une continuité. C’est notamment le cas des médias publics, des universités ou du ministère des Affaires étrangères et bien évidemment de l’armée. 

Cette illusion est mise à mal par les difficultés financières et le non-paiement des salaires des fonctionnaires. Toutefois, force est de reconnaître qu’en matière de services publics, de sécurité et de stabilité de leur monnaie, ils ne font pas moins bien que les régions où le pouvoir reconnu par la communauté internationale, et pourtant appuyé par les monarchies du Golfe, est en place. Pire encore, ils sont parvenus à développer des capacités militaro-industrielles conséquentes.

Ce semblant d’efficacité est obtenu au prix d’un pouvoir autoritaire voire féroce, qui viole les droits humains et s’attaque en particulier aux femmes. Le niveau élevé de corruption qui ponctionne l’aide humanitaire internationale dont dépendent les trois quarts des Yéménites, offre des ressources au pouvoir en place.

8 — Une alliance avec l’Iran

L’appréhension du mouvement houthiste est parfois réduite à son intégration dans la politique régionale iranienne dont il ne serait qu’une marionnette ou, un proxy. Les liens entre le mouvement yéménite et la République islamique ne sont pas un mystère. Ils s’ancrent dans les origines du mouvement houthiste il y a plus de vingt ans. Mais il convient de ne pas les surévaluer. La circulation d’un savoir-faire militaire, le transfert de composants pour fabriquer des drones ou des missiles de longue portée ainsi que des financements probables font des houthistes un relais efficace, mobilisé à moindre coût par les dirigeants iraniens 10

Toutefois, leur grille de lecture régionale et leur stratégie s’inscrivent avant tout dans le contexte historique yéménite. Les dirigeants du mouvement ont toujours veillé à justifier leurs actions en fonction de la situation locale et à modifier le rapport de force avec leurs ennemis directs. C’est ainsi qu’il faut comprendre leur retenue sur le détroit de Bab el-Mandeb pendant les premiers mois de la guerre américano-israélienne déclenchée en février 2026. Ils ne souhaitaient en aucun cas apparaître aux yeux de leurs partisans comme agissant au nom des intérêts de l’Iran.

9 — Un double engagement : Palestine et Arabie saoudite

L’ancrage local et le lien avec la politique régionale iranienne guident un engagement constant contre l’Arabie saoudite et Israël, ou plutôt en soutien aux Palestiniens. L’offensive saoudienne contre les houthistes, qui a débuté en 2015, a progressivement donné lieu à des mesures de rétorsion significatives, à mesure que les capacités de projection militaire de ces derniers se sont accrues. Drones puis missiles de longue portée ont, à compter de 2019, placé des villes et des infrastructures saoudiennes à portée de tir. Cet état de fait a favorisé une stratégie de retrait et de négociation avec les Houthistes chez les dirigeants saoudiens, ce qui a conduit au cessez-le-feu de mars 2022, en vigueur sous une forme ou une autre jusqu’en août 2026. Pendant cette période où le conflit semblait gelé, les houthistes ont constamment fait monter les enchères, formulant notamment des exigences financières que les Saoudiens ne pouvaient pas accepter. Au cours de l’été 2026, après que les Houthistes eurent cherché à mettre les Saoudiens devant le fait accompli en autorisant l’arrivée d’un avion en provenance de Téhéran, les Saoudiens ont de nouveau bombardé l’aéroport de Sanaa. En représailles, les houthistes ont annoncé un blocus des navires à destination de l’Arabie saoudite. Cette décision a alors justifié leur offensive contre le détroit de Bab el-Mandeb, marquant le début d’une nouvelle phase de la guerre, avec des attaques ciblant l’aéroport de Riyad et les pipelines saoudiens. 

L’engagement des houthistes en faveur de la Palestine est ancien et donne lieu à des manifestations massives qui sont bien davantage qu’une instrumentalisation du conflit israélo-arabe, tant elles servent leur popularité. Suite aux attaques du 7 octobre 2023 et aux bombardements israéliens sur Gaza, les houthistes ont investi un terrain militaire qui semblait longtemps hors de portée de ces combattants venus des montagnes : la mer Rouge. Dès novembre 2023, ils ont annoncé cibler les navires commerciaux liés, même indirectement, à Israël. Cette stratégie a désorganisé le commerce maritime mondial, mais a aussi occasionné des bombardements israéliens et américains. En mai 2025, Donald Trump a fini par signer un accord avec les houthistes, tandis que les Israéliens continuaient de mener des raids aériens en réponse aux envois de drones et de missiles sur Israël et aux attaques contre les navires longeant les côtes yéménites. Bien que les bombardements israéliens aient été significatifs, conduisant notamment à l’assassinat de douze ministres du gouvernement houthiste en août 2025, le mouvement yéménite n’a jamais semblé réellement affaibli 11.

10 — Des ennemis fragmentés

La capacité militaire des houthistes et leur assise politique sont inversement proportionnelles à la division de leurs adversaires. Tant au niveau local qu’au niveau régional, le camp anti-houthiste n’a jamais réussi à former un front uni face aux avancées d’Ansar Allah.

Dès les guerres de Sa’dah au milieu des années 2000, l’offensive contre les houthistes avait été instrumentalisée par les successeurs putatifs du président Saleh pour s’affaiblir mutuellement. À partir de 2015, les tensions entre Frères musulmans et partisans de la sécession sudiste, entre Arabie saoudite et Émirats arabes unis, ou entre milices originaires de l’est et du sud ont grandement grevé les capacités militaires du camp hostile aux houthistes. C’est cette fragmentation même, bien davantage que le soutien iranien, qui explique le succès à Bab el-Mandeb en septembre 2026 et leur capacité à tenir, depuis douze ans, les régions qu’ils contrôlent.

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22.09.2026 à 19:38

Au Groenland, la stratégie européenne pour résister à Trump a fini par payer

Louis Puel

L’accord entre les États-Unis et le Danemark pourrait mettre un terme au prétentions territoriales du président américain

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Texte intégral (4863 mots)

Les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont signé aujourd’hui, mardi 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, un accord qui devrait mettre fin à près de deux ans de menaces du président américain concernant le territoire arctique.

Publié sur le site de la Maison-Blanche avec un long intitulé intégralement en majuscules 14, il servira sans doute à la stratégie spectaculaire de Donald Trump, mais marque une victoire substantielle dans le rapport de force engagé par le Danemark et l’Union européenne, avec un soutien important de la France. 

Donald Trump avait déjà annoncé le 18 septembre la conclusion d’un accord. Ce dernier fait suite à plusieurs réunions trilatérales secrètes organisées à Washington depuis janvier, au cours desquelles l’administration républicaine a formulé plusieurs revendications visant à établir sa souveraineté sur l’île.

L’accord signé reconnaît la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark et devrait continuer à s’appliquer même si le Groenland devient indépendant.

Il donne aux États-Unis un accès militaire élargi à l’île, qui était toutefois déjà prévu est possible dans le cadre de l’accord de 1951. Donald Trump a déjà annoncé la construction de deux nouvelles bases. L’accord mentionne également explicitement la construction du « Dôme d’or » (Golden Dome), le projet de bouclier antimissiles américain inspiré du dôme israélien et reconnaît une liberté complète des parties pour toute mesure nécessaire au Groenland pour défendre la zone du Traité de l’Atlantique Nord. L’accord ne peut être modifié que par consentement mutuel des parties.

En cas d’indépendance du Groenland, le gouvernement de l’île et le Danemark doivent garantir que le nouvel État restera dans l’OTAN, y compris en demandant son adhésion. L’accord prévoit d’ailleurs un engagement renforcé de l’Alliance dans la région arctique en matière de planification, de renseignement et d’exercices. 

Le volet économique de l’accord est très limité, alors que la Maison-Blanche poussait depuis janvier pour renforcer sa « coopération » avec le Groenland dans le domaine des ressources naturelles, afin d’exploiter les gisements de pétrole, d’uranium, de terres rares et d’autres minéraux stratégiques de l’île. Le document ne mentionne finalement qu’à une seule reprise « la coopération minière », sans qu’aucune clause contraignante n’y soit attachée.

Le point le plus substantiel de l’accord en matière économique concerne les investissements étrangers. Celui-ci exclut tous les pays qui ne sont membres ni de l’OTAN ni de l’Union européenne d’exercer un contrôle, une influence « significative » ou d’obtenir un accès à des informations non publiques « susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public dans le cadre de secteurs ou d’activités particulièrement sensibles, décrites dans l’accord comme concernant notamment les infrastructures critiques et l’extraction de ressources sur le territoire du Groenland ». Cette clause devrait notamment limiter les investissements chinois et russes sur l’île. 

Plusieurs acteurs de l’entourage proche du président ont déjà évoqué la construction de villes nouvelles au Groenland ou l’installation de data center.

L’accord entrera en vigueur une fois les procédures parlementaires nécessaires finalisées au Danemark et au Groenland. 

Il permet de mettre fin à une source constante de tension au sein de l’OTAN et offre à Trump, alors que la guerre en Iran se prolonge et que la situation autour du détroit d’Ormuz empire, une victoire diplomatique. 

Après avoir revendiqué une souveraineté américaine sur l’île et même menacé d’utiliser la force militaire, le président américain se satisfait d’un accord qui aurait pu être facilement obtenu par des pourparlers diplomatiques. Ce dernier est toutefois conclu dans le cadre d’une alliance atlantique considérablement affaiblie.

ACCORD ENTRE LE GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE ET LE GOUVERNEMENT DU ROYAUME DU DANEMARK, EN COLLABORATION AVEC LE GOUVERNEMENT DU GROENLAND, VISANT À MODIFIER ET À COMPLÉTER L’ACCORD DU 27 AVRIL 1951 CONCLU EN VERTU DU TRAITÉ DE L’ATLANTIQUE NORD ENTRE LE GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE ET LE GOUVERNEMENT DU ROYAUME DU DANEMARK CONCERNANT LA DÉFENSE DU GROENLAND (ACCORD DE DÉFENSE DE 1951), Y COMPRIS TOUS LES ACCORDS ULTÉRIEURS PERTINENTS Y AFFÉRENTS

Préambule

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique (ci-après dénommé « les États-Unis ») et le gouvernement du Royaume du Danemark (ci-après dénommé « le Royaume du Danemark »), ainsi que le gouvernement du Groenland (ci-après dénommé « le Groenland »), ci-après dénommés collectivement « les Parties » et individuellement « une Partie » ;

Conscients des droits et obligations découlant du Traité de l’Atlantique Nord de 1949, et considérant que le Groenland, par l’intermédiaire du Royaume du Danemark, fait partie de l’OTAN depuis lors ;

Rappelant la longue histoire de coopération entre les Parties, fondée sur leur profond respect de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit, ainsi que les plus de quatre-vingts ans de coopération étroite en matière de défense entre elles, qui ont contribué à renforcer la sécurité et la stabilité des États-Unis, du Groenland et du reste de la zone couverte par le Traité de l’Atlantique Nord ;

Réaffirmant la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark, et reconnaissant que le peuple du Groenland constitue un peuple au sens du droit international, doté du droit à l’autodétermination ;

Notant que la procédure d’indépendance du Groenland est définie à l’article 21 de la loi n° 473 du 12 juin 2009 relative à l’autonomie du Groenland ;

Reconnaissant les obligations et engagements respectifs des parties en vertu du droit international ainsi que des cadres juridiques nationaux, y compris tous les accords existants entre les parties ;

Reconnaissant la nécessité de protéger l’environnement vierge du Groenland et réaffirmant l’article VI relatif à la protection de l’environnement du protocole d’accord de 1991, ainsi que la déclaration commune de 2004 ;

Reconnaissant les droits économiques, sociaux et culturels du peuple du Groenland, notamment en ce qui concerne ses terres et son mode de vie, y compris la chasse, la pêche et d’autres activités et développements traditionnels, culturels, historiques et futurs ;

Considérant que les accords de défense ont favorisé la stabilité et le bien-être dans la zone du Traité de l’Atlantique Nord en unissant les efforts des Parties en matière de défense collective et en préservant la paix et la sécurité, tout en renforçant leur capacité collective à résister à une attaque armée ;

Reconnaissant les contributions historiques et actuelles indispensables des États-Unis à la sécurité et à la défense du Groenland et du reste de la zone du Traité de l’Atlantique Nord, y compris les sacrifices considérables et les milliards de dollars dépensés pendant la majeure partie d’un siècle, depuis avant la Seconde Guerre mondiale et la création de l’OTAN, ainsi que le rôle irremplaçable que jouent les forces armées américaines dans la défense du territoire du Groenland, aujourd’hui et à l’avenir ;

Prenant acte de la réouverture du consulat des États-Unis à Nuuk et des contributions des États-Unis à la coopération et aux échanges mutuels dans les domaines scientifique et éducatif, à la coopération minière, à la coopération en matière de développement économique et de promotion des entreprises, ainsi qu’aux partenariats culturels et locaux avec le Groenland ;

Reconnaissant également la contribution du Groenland aux intérêts mutuels des Parties en matière de sécurité et le partage des risques et des responsabilités qui en découle, ainsi que l’engagement des Parties à poursuivre une coopération étroite au sein de l’OTAN pour garantir la sécurité de l’Atlantique Nord, comme le prévoit l’accord d’Igaliku de 2004 ;

Reconnaissant les défis en matière de sécurité dans l’Arctique et le Grand Nord posés par l’intensification des activités militaires des adversaires et leur intérêt stratégique croissant pour la région ;

Reconnaissant l’objectif commun des Parties que sont la paix internationale et la coexistence pacifique, et respectant l’importante contribution du Groenland à cet objectif ;

Réaffirmant l’objectif commun de maximiser les avantages réels, tangibles et substantiels que les zones de défense apportent à la population du Groenland ;

Constatant que la situation sécuritaire dans l’Arctique évolue et que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour y garantir la sécurité à l’avenir ;

Reconnaissant l’intérêt commun des Parties à permettre aux États-Unis d’avoir un accès militaire au territoire du Groenland dans la mesure nécessaire pour défendre la zone du Traité de l’Atlantique Nord, le Groenland et le continent américain, y compris par la mise en place d’un système de défense « Golden Dome » ; et

Souhaitant par conséquent modifier et compléter davantage les accords de défense, afin de les renforcer et de consolider leur caractère permanent,

Conviennent par la présente de ce qui suit :

I.

Objectifs

Le présent accord modifiant et complétant les accords de défense vise à permettre aux Parties de prendre toutes les mesures nécessaires ou appropriées pour s’acquitter rapidement de leurs responsabilités respectives et conjointes au Groenland, y compris pour défendre la zone du Traité de l’Atlantique Nord, le Groenland et le continent américain, tout en respectant les intérêts de la société groenlandaise et en lui apportant des avantages.

II.

Engagement de l’OTAN

Les Parties soutiennent un engagement accru de l’OTAN dans l’Arctique, notamment en matière de planification, de présence, d’exercices et de collecte conjointe de renseignements.

III.

Définitions

Aux fins du présent accord :

« Traité de l’Atlantique Nord de 1949 » désigne le Traité de l’Atlantique Nord signé à Washington le 4 avril 1949.

« Accord de défense de 1951 » désigne l’Accord conclu en vertu du Traité de l’Atlantique Nord entre les États-Unis et le Royaume du Danemark concernant la défense du Groenland, signé à Copenhague le 27 avril 1951.

« Protocole d’accord de 1991 » désigne le protocole d’accord entre les États-Unis et le Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, concernant l’utilisation de la base aérienne de Sondrestrom, de l’aérodrome de Kulusuk et d’autres questions liées aux activités militaires des États-Unis au Groenland, conclu à Copenhague le 13 mars 1991.

« Accord d’Igaliku de 2004 » désigne l’accord entre les États-Unis et le Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, visant à modifier et à compléter l’accord de défense de 1951, ainsi que les accords ultérieurs pertinents s’y rapportant, signé à Igaliku le 6 août 2004.

On entend par « Déclaration commune de 2004 » la Déclaration commune sur la coopération en matière d’environnement au Groenland entre les Parties, publiée le 6 août 2004 à Igaliku.

On entend par « Notes diplomatiques de 2020 » l’échange de notes diplomatiques entre les États-Unis et le Royaume du Danemark concernant la passation de marchés, daté du 27 octobre 2020.

Le terme « zone de défense » désigne une zone du Groenland où les États-Unis établissent et/ou exploitent une base militaire conformément aux accords de défense.

Le terme « accords de défense » désigne l’accord de défense de 1951, ainsi que les accords modificatifs et complémentaires ultérieurs et les arrangements connexes non contraignants entre les Parties, tels qu’énoncés à l’annexe 1.

On entend par « loi sur l’autonomie du Groenland » la loi n° 473 du 12 juin 2009 relative à l’autonomie du Groenland.

On entend par « comité permanent » un comité créé en vertu du protocole d’accord de 1991 afin de faciliter la consultation et l’échange d’informations sur les questions relatives à la présence militaire des États-Unis au Groenland.

On entend par « secteurs ou activités particulièrement sensibles » les secteurs ou activités jugés particulièrement sensibles, y compris, sans s’y limiter, les infrastructures critiques et l’extraction de ressources.

On entend par « eaux territoriales » les eaux territoriales entourant le Groenland, telles que définies par la législation nationale du Royaume du Danemark conformément au droit international de la mer tel qu’il ressort de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

IV.

Zones de défense

Les Parties mettront pleinement à profit les procédures prévues dans les accords de défense, notamment l’Accord de défense de 1951 et l’Accord d’Igaliku de 2004, tels que modifiés et complétés par les présentes, afin de permettre ce qui suit :

i. Les États-Unis seront autorisés à moderniser et à étendre leurs activités à la base spatiale de Pituffik ;

ii. Les États-Unis seront autorisés à établir une zone de défense supplémentaire à Narsarsuaq et à Mestersvig, conformément aux modalités et aux détails techniques à convenir d’un commun accord par les Parties ;

iii. Les États-Unis pourront établir des zones de défense supplémentaires au Groenland et renforcer leurs opérations ou installations militaires. Chacune des parties peut identifier la nécessité d’une nouvelle zone de défense pour la défense de la zone du Traité de l’Atlantique Nord, du Groenland et du continent américain. Cette partie doit présenter une proposition décrivant l’emplacement, la portée, la taille et les types d’activités de la zone de défense proposée, ainsi que d’autres modalités telles que les mesures d’atténuation, y compris celles nécessaires pour tenir compte du protocole d’accord de 1991 et de la déclaration commune de 2004. Les parties se réuniront immédiatement pour engager des consultations au sein du Comité permanent afin de décider des modalités de mise en œuvre d’un commun accord. Si aucun accord n’est conclu dans un délai de 90 jours au sein du Comité permanent, les consultations passeront au niveau des vice-ministres, puis à celui des ministres ;

iv. Les États-Unis attribueront, dans toute la mesure du possible, l’ensemble des marchés passés avec des entreprises commerciales pour des biens et services liés à la création, à l’entretien et à la maintenance — y compris, sans s’y limiter, les projets de construction et de démantèlement — des zones de défense au Groenland à des prestataires groenlandais, en tenant compte des capacités et de la faisabilité de ces derniers à exécuter les contrats. Afin de garantir l’attribution des marchés à des prestataires groenlandais, les Parties conviennent de mettre à jour en conséquence les notes diplomatiques de 2020.

V.

Installations militaires sans personnel

Le Royaume du Danemark, conjointement avec le Groenland, examinera les demandes visant à établir des installations militaires sans personnel au Groenland en dehors des zones de défense, dans le cadre de procédures d’approbation gouvernementales accélérées. La demande doit inclure une proposition décrivant l’emplacement, la portée, la taille et les types d’activités de l’installation militaire sans personnel envisagée, ainsi que d’autres modalités telles que les mesures d’atténuation, y compris celles nécessaires pour tenir compte du protocole d’accord de 1991 et de la déclaration commune de 2004. L’article IV, point iv), du présent accord s’applique à la mise en place, à l’entretien et à la maintenance de ces installations militaires sans personnel.

VI.

Accès, stationnement et survol par les forces armées des États-Unis

En ce qui concerne l’accès des États-Unis au reste du territoire du Groenland (y compris les eaux territoriales), les dispositions suivantes s’appliquent :

  1. Afin d’assurer un fonctionnement sûr et efficace des zones de défense, les États-Unis d’Amérique jouissent, pour leurs navires et aéronefs publics ainsi que pour leurs forces armées et leurs véhicules, du droit de libre accès et de libre circulation entre les zones de défense traversant le Groenland, y compris les eaux territoriales, par voie terrestre, aérienne et maritime. Cela peut également s’appliquer aux installations militaires sans personnel, sous réserve d’un accord entre les Parties sur les modalités au moment de leur mise en place ;
  2. Les aéronefs des États-Unis peuvent survoler et atterrir sur tout territoire du Groenland, y compris dans les eaux territoriales, et les navires publics des États-Unis peuvent accéder aux eaux territoriales par voie sous-marine et s’y déplacer, sans restriction, sauf accord contraire entre les Parties ;
  3. Les navires publics américains se verront accorder un accès supplémentaire aux eaux territoriales et la liberté de circulation à l’intérieur de celles-ci, dans la mesure où les Parties conviendront, à tout moment, que la situation militaire l’exige pour la défense de la zone du Traité de l’Atlantique Nord, du Groenland et du continent américain, ou à d’autres fins convenues par les Parties.

Ces droits doivent être exercés de manière à respecter, dans toute la mesure du possible, la société groenlandaise et le mode de vie groenlandais, y compris la chasse, la pêche et les autres activités traditionnelles, culturelles, historiques et futures.

La mise en œuvre du présent article fera l’objet d’un examen régulier au sein du Comité permanent.

VII.

Sécurité des zones de défense et prévention de l’espionnage

Les Parties conviennent que le territoire situé à proximité d’une zone de défense ne doit pas être utilisé d’une manière qui menace la sécurité de cette zone. Afin de mettre en œuvre cette exigence, les Parties entendent coopérer pour assurer la sécurité des zones de défense. Les États-Unis ont le droit de faire part de leurs préoccupations concernant la construction ou le changement d’affectation, d’une manière qui menace une zone de défense, de tout bâtiment, équipement ou installation situé à proximité de ladite zone. Dès réception d’une telle notification, les Parties détermineront d’un commun accord les mesures qui pourraient s’avérer nécessaires pour faire face à toute menace.

Les Parties collaboreront pour lutter contre l’espionnage au Groenland. Les autorités compétentes du Royaume du Danemark resteront en contact étroit avec les autorités américaines compétentes et d’autres partenaires dans toute la mesure nécessaire à la mise en œuvre du présent article.

VIII.

Posture de défense du Royaume du Danemark

Le Royaume du Danemark a renforcé et continuera de renforcer sa posture de sécurité dans l’Arctique grâce à une approche globale et multidomaine englobant des capacités terrestres, maritimes, aériennes et spatiales. Grâce à une présence renforcée, à une surveillance améliorée et à une coopération et une interopérabilité accrues avec les alliés de l’OTAN, le Royaume du Danemark continuera de faire face aux menaces émergentes et de contribuer à la stabilité et à la sécurité collectives dans la région arctique.

IX.

Mise en place d’installations militaires avec ou sans personnel par des États tiers

Aucun État non membre de l’OTAN n’est autorisé à établir ses propres installations militaires avec ou sans personnel au Groenland, ni à y maintenir une présence militaire permanente, sauf accord contraire des Parties.

X.

Investissements directs étrangers et autres activités

Compte tenu de la menace pour la sécurité nationale et l’ordre public que représentent les efforts accrus déployés par des adversaires pour étendre leur influence et leur contrôle au Groenland, les Parties conviennent que les États ou les investisseurs d’un État qui n’est ni membre de l’OTAN, ni partenaire de l’OTAN, ni État membre de l’UE ne seront pas autorisés à exercer (i) un contrôle, (ii) d’une influence significative, ni (iii) d’un accès à des informations non publiques susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public dans le cadre de secteurs ou d’activités particulièrement sensibles sur le territoire du Groenland (y compris les eaux territoriales), sauf si les Parties conviennent que les activités de ces États ou investisseurs ne constitueraient pas une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public.

Cet objectif sera garanti par le Groenland en étroite coopération avec les autorités du Royaume du Danemark dans le cadre de l’application de toute loi actuelle ou future relative au contrôle des investissements.

Les autorités compétentes du Royaume du Danemark mèneront une consultation étroite avec les autorités compétentes des États-Unis et d’autres partenaires. Les modalités spécifiques de cette consultation étroite seront déterminées par les autorités compétentes.

XI.

Caractère permanent du présent accord

Le présent accord n’a pas de date d’expiration et ne peut être modifié que d’un commun accord, conformément à l’article XIII de l’accord de défense de 1951.

Au cas où le Groenland exercerait son droit à l’autodétermination pour devenir indépendant, le gouvernement du Royaume du Danemark et le gouvernement du Groenland veilleront ensemble à ce que l’État groenlandais indépendant (i) accepte de rester au sein de l’OTAN, y compris en déposant une demande d’adhésion si nécessaire, et (ii) assume expressément, à compter de la date de son indépendance, l’ensemble des droits et obligations du Royaume du Danemark spécifiés dans le présent accord, y compris tout accord ou arrangement de mise en œuvre entre les parties, ainsi que les accords de défense.

XII.

Entrée en vigueur

Le présent accord entrera en vigueur à la date de la note diplomatique informant les États-Unis de l’achèvement des procédures parlementaires nécessaires par le Royaume du Danemark et le Groenland.

Fait à New York, le 22 septembre 2026, en trois exemplaires, en langues anglaise, danoise et groenlandaise. En cas d’ambiguïté ou de conflit entre les versions, la version anglaise prévaudra.

Annexe 1

Les accords clefs des arrangements de défense comprennent, entre autres :

Accord principal :

  • Accord du 27 avril 1951 entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement du Royaume du Danemark, conclu en vertu du Traité de l’Atlantique Nord, concernant la défense du Groenland

Accords supplémentaires et arrangements connexes non contraignants :

  • Échange de notes du 31 mai 1968 entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Royaume du Danemark complétant l’accord du 27 avril 1951.
  • Protocole d’accord du 13 mars 1991 entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement du Royaume du Danemark (y compris le gouvernement autonome du Groenland) concernant l’utilisation de la base aérienne de Sondrestrøm, de l’aérodrome de Kulusuk et d’autres questions liées aux activités militaires des États-Unis au Groenland
  • Protocole d’accord du 20 février 2003 entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement du Royaume du Danemark (y compris le gouvernement autonome du Groenland) concernant la zone de Dundas
  • Accord du 6 août 2004 entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement du Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, visant à modifier et à compléter l’accord du 27 avril 1951, ainsi que les accords ultérieurs pertinents s’y rapportant
  • Déclaration commune du 6 août 2004 du gouvernement des États-Unis d’Amérique et du gouvernement du Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, sur la coopération économique et technique
  • Déclaration commune du 6 août 2004 du gouvernement des États-Unis d’Amérique et du gouvernement du Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, sur la coopération en matière d’environnement au Groenland
  • Déclaration commune du 28 octobre 2020 sur le renforcement de la coopération au Groenland ; échange de notes du 27 octobre 2020 ; et plan commun de coopération entre les États-Unis et le Groenland à l’appui de notre accord concernant Pituffik (base aérienne de Thulé), signé le 28 octobre 2020

Accords pertinents de l’OTAN :

  • Traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949
  • Accord du 19 juin 1951 entre les Parties au Traité de l’Atlantique Nord concernant le statut de leurs forces (« SOFA de l’OTAN »)

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22.09.2026 à 19:14

Les 5 points à retenir du discours néo-conservateur de Trump aux Nations unies

Marin Saillofest

Enlisé en Iran, Trump a défendu et surenchéri son action internationale

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Texte intégral (1116 mots)

1 – Un « deal » avec l’Iran pourrait être annoncé après les midterms

La guerre contre l’Iran a occupé une part importante du discours de Trump. Celui-ci a mentionné le pays à 17 reprises, soit autant de fois que le mot « Américain(s) ».

  • Le président américain a défendu la guerre, affirmant avoir donné au préalable à l’Iran « toutes les chances de parvenir à un accord ». Il a ajouté : « Depuis le premier jour où je suis entré en politique, ma position n’a jamais changé. Je ne laisserai jamais l’Iran se doter de l’arme nucléaire ».
  • Donald Trump a directement lié les attentats du 11 septembre et ceux du 7 octobre 2023 en Israël à son action contre Téhéran en déclarant : « Le Guide suprême de l’Iran a célébré ce massacre et l’a qualifié de service rendu à l’humanité. Le même régime a massacré plus de 72 000 de ses citoyens cette année. Récemment, 10 000 ont été tués pour avoir manifesté. Imaginez un instant qu’un régime aussi ignoble soit un jour en mesure de mener des attaques terroristes à grande échelle à l’abri d’un bouclier nucléaire ».
  • Il a lancé un appel à l’isolement économique de l’Iran : « J’appelle toutes les nations à se joindre à nous pour imposer l’isolement économique total de l’Iran jusqu’à ce que ce pays cesse ses attaques contre la navigation marchande, renonce à ses ambitions nucléaires et mette fin à son soutien au terrorisme ».
  • Mais après avoir menacé « d’anéantir la République islamique, et le faire rapidement, sans jamais lui laisser la possibilité de tuer et de détruire à nouveau […] les précipiter en enfer, sans aucune chance de survie ni aucun espoir d’une grandeur future ou de générations à venir », Trump a déclaré : « Je pense que nous conclurons un accord, juste après les élections de mi-mandat ».

2 – Trump rejette toute coopération internationale pour réguler l’IA

Réagissant aux appels de plusieurs acteurs américains de l’industrie de l’intelligence artificielle à ralentir son développement ou à mettre en place un cadre pour mieux réguler le secteur, Trump a dit « rejeter catégoriquement toute tentative visant à mettre en place un projet mondialiste destiné à contrôler » l’IA.

  • Trump a accusé les ingénieurs à l’origine de ces appels d’être « les mêmes personnes qui affirmaient que nous serions tous morts dans 12 ans à cause du réchauffement climatique ».
  • Il a affirmé : « Peu importe qui l’emporte dans le domaine de l’IA […] c’est ce groupe qui l’emporte. Et nous avons actuellement une longueur d’avance considérable sur la Chine et tous les autres ».
  • Cette déclaration réduit considérablement les attentes en matière d’IA avant son sommet avec Xi Jinping, le 24 septembre. 

3 – Les États-Unis vont établir deux nouvelles bases militaires au Groenland

Trump a confirmé durant son discours des informations données par trois sources proches des négociations entre Washington et Copenhague, selon lesquelles les États-Unis prévoiraient de construire deux nouvelles bases militaires au Groenland.

  • Trump avait annoncé vendredi 18 septembre la conclusion d’un accord avec le Danemark concernant l’île. Celui-ci a été signé aujourd’hui, mardi 22, avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.
  • Au début de l’année, Trump a déclaré que « toute solution autre » que l’annexion du Groenland par les États-Unis serait « inacceptable », ajoutant à plusieurs reprises que la possession du territoire revêtait pour lui une « importance psychologique ».
  • À l’ONU, Trump a affirmé que le renforcement de la présence américaine dans l’Arctique contribuerait à protéger « non seulement les États-Unis, mais aussi l’Europe, et ce de manière considérable ».

Trump a mentionné à seulement trois reprises l’Europe dans son discours, et uniquement pour parler de la sécurité du continent : « Nous aurons la pleine capacité de faire ce qui est nécessaire pour défendre le continent américain, ainsi que l’Europe et d’autres endroits […] Cet accord protège aussi l’Europe en plus de l’Amérique, et les protège grandement […] Ils [l’Iran] ont fabriqué un missile capable d’atteindre l’Europe, et ils en étaient très fiers ».

4 – Trump menace La Havane d’un changement de régime

Sur Cuba, le président américain a affirmé que la Maison-Blanche « cherchait à opérer un changement fondamental de la situation, où le régime communiste subit une pression considérable ».

  • Trump a déclaré que le secrétaire d’État Marco Rubio, dont les parents sont des immigrés cubains, « menait les négociations », et qu’il se trouvait « en discussions avancées » avec le gouvernement.
  • Fin janvier, des sources américaines confiaient que l’administration Trump recherchait activement des membres du gouvernement cubain susceptibles de l’aider à conclure un accord visant à renverser le régime « d’ici la fin de l’année ».
  • Il a ainsi déclaré : « Le communisme n’arrivera jamais en Amérique, mais la liberté viendra à Cuba ».

Depuis plusieurs mois, la Maison-Blanche suit une stratégie consistant à asphyxier économiquement Cuba de manière à provoquer un soulèvement ou à contraindre le régime à accepter des concessions dictées par Washington.

5 – Près de 30 pays ont rejoint le Conseil de la Paix

Trump s’est félicité de la création en janvier de son organisation internationale baptisée le « Conseil de la paix », qui compterait aujourd’hui « près de 30 pays ». 

  • En évoquant le Venezuela, l’Iran et Cuba, Trump a prononcé l’une des phrases de son discours qui risquent de rester le plus longtemps dans la mémoire des chefs d’État présents : « Le butin revient au vainqueur, vous connaissez tous ce dicton ».

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