Écologie
Adrastia   Bastamag!   Bloom  FNE-RA  Greenpeace France   Institut Momentum  JNE   JIEC  Le Partage  La Pensée Écologique  Mountain Wilderness  Présages  Reporterre  Réseau Action Climat  Terrestres  World Resources Institute  We Demain  Carte des luttes

 

 We Demain
Une revue pour changer d'époque

03.04.2020 à 16:31

Ce petit ver pourrait offrir un second souffle aux malades du Covid-19

Pauline Vallée / Santé

Un petit ver marin, l'arénicole, suscite de grands espoirs : son hémoglobine semble en mesure d'améliorer l'oxygénation du sang et donc la santé des malades de coronavirus en détresse respiratoire. Des tests pourraient commencer dans les jours à venir.

Ce petit ver pourrait offrir un second souffle aux malades du Covid-19

Cet article a été mis à jour le 4 avril 2020. 

Contre le coronavirus, la course aux vaccins et aux traitements a été lancée. En attendant le remède miracle, des entreprises se creusent la tête pour soulager les patients atteints de forme sévère de la maladie et améliorer leurs chances de survie.

La start-up bretonne Hemarina, fondée par l’ancien chercheur du CNRS Franck Zal, en fait partie. L’entreprise implantée à Morlaix a développé Hémo2life, une technologie biomimétique  surprenante elle utilise les propriétés de l’hémoglobine de l’arénicole, un ver marin d’une dizaine de centimètres vivant dans la vase et sur les plages. 

L'hémoglobine est une molécule chargée de transporter l’oxygène dans le sang. Et celle de l'arénicole a une particularité : elle est capable de fixer et donc d’acheminer 40 fois plus de molécules d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Autre atout de l’hémoglobine du petit ver, elle est compatible avec tous les groupes sanguins.

Injectée dans le sang de malades humains atteints du Covid-19, elle pourrait améliorer l’oxygénation de leur organisme.  Une piste intéressante alors que les hôpitaux sont en manque de respirateurs artificiels, et que que certains patients, trop fragiles, ne peuvent être intubés ou supporter un appareillage médical trop lourd.


Bientôt des essais sur des malades du Covid-19 ?

Initialement développé pour améliorer la conservation des greffons, le produit Hémo2life n’est pas commercialisé, mais fait l’objet depuis 2015 d’une étude clinique en transplantation rénale sur 60 patients. Il a notamment déjà été utilisé par le chirurgien Laurent Lantieri lors d’une transplantation, avec des résultats prometteurs: "Les résultats ont été tout à fait spectaculaires. J'ai dit clairement que je ne ferai plus de greffes sans cette molécule”, a-t-il déclaré ce lundi au micro de RTL.

Le protocole d’essai a été validé en fin de semaine dernière par l’Agence nationale de sécurité du médicament, ainsi que dans la nuit de vendredi à samedi par le Comité de protection des personnes. Les premiers essais cliniques pourront donc se réaliser sur 10 patients des hôpitaux parisiens Georges Pompidou et la Pitié-Salpêtrière.

L'entreprise dispose déjà de 5 000 doses et affirme pouvoir en produire 15 000 supplémentaires si les tests s'avéraient concluants.


..................................

02.04.2020 à 15:19

Appels au cessez-le-feu dans les pays en guerre pour lutter contre le coronavirus

Pauline Vallée / Politique

Dans les pays en guerre, des appels à cesser les combats sont lancés afin de se concentrer sur la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Au moins temporairement.

Appels au cessez-le-feu dans les pays en guerre pour lutter contre le coronavirus

Le coronavirus aura-t-il le mérite d'apaiser - au moins un temps - les conflits mondiaux ? Depuis le début de la pandémie, décrété le 11 mars dernier par l'Organisation Mondiale de la Santé, plusieurs pays ont annoncé leur volonté de garantir provisoirement la paix afin de se concentrer sur la crise sanitaire.

Un des exemples les plus éloquents est le Yémen, qui connaît son premier cessez-le-feu national depuis 2016 grâce à l’accord conclu entre le gouvernement et le mouvement rebelle houthi, note le  Financial Times. 

Ce geste d’apaisement fait écho à l’appel d'Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, le 23 mars, en faveur d'un “cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde”. Un projet de résolution remis par la Tunisie au Conseil de sécurité des Nations Unies en début de semaine propose dans la foulée "un cessez-le-feu humanitaire mondial” afin de lutter contre la pandémie, selon l’AFP. Mais le Conseil de sécurité ne s’est pas encore prononcé sur la question, faute d'accord entre ses cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France). 


En attendant, en Colombie, l’armée de libération nationale (ELN) a également annoncé une suspension des combats pour une durée d'un mois, potentiellement prolongeable, rapporte la BBC .

Si l’intention est louable, l'application de ces trêves reste, comme on pouvait s’en douter, aléatoire. Les Forces de défense du Cameroun du Sud ont ainsi annoncé le 25 mars une suspension des combats pendant 14 jours, initiative saluée par l’ONU mais qui n’a malheureusement pas été suivie par les autres groupes séparatistes. La paix est aussi fragile aux Philippines, où le Parti communiste et le gouvernement se sont engagés à cesser les hostilités jusqu’au 15 avril. 

Le cas syrien

Théâtre d’un des conflits les plus meurtriers du XXIe siècle, et voisine de l’Iran, un des pays les plus touchés par l’épidémie, la Syrie concentre les inquiétudes. L’ONU, l’Union Européenne, le président américain Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont appelé ce mercredi à l’instauration d’un cessez-le-feu dans tout le pays afin de lutter contre la propagation du virus.

Une dizaine de cas positifs au Covid-19 ont été officiellement déclarés par le régime syrien, mais ce chiffre pourrait être bien plus important selon des médecins locaux. Une contamination massive serait une catastrophe pour la population syrienne, alors qu’une grande partie des infrastructures médicales ont été détruites et que 8 millions de personnes vivent dans des conditions sanitaires préoccupantes. 

"Cette menace commune ne connaît pas de frontière. Elle ne discrimine pas. Elle ne se préoccupe pas de ce que vous vivez dans des zones contrôlées par le régime syrien ou d'autres régions",  martèle sur Twitter  l'Office des envoyés spéciaux des Nations Unies en Syrie. 

L'appel a-t-il été entendu ? Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont salué la déclaration d’Antonio Guterres le 24 mars et ont confirmé leur volonté de ne pas s'engager dans une action militaire. "Ce ne sera pas facile, et il n'y a aucune garantie", a ajouté Geir O. Pedersen, envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, "mais les Syriens ont désespérement besoin que leur santé soit au coeur des priorités".

..................................

02.04.2020 à 11:55

Coronavirus : 5 façons de se rendre utile pendant le confinement

Sofia Colla / We life

Préparer un repas pour les infirmiers, écrire une lettre à une personne âgée, faire un don à la recherche contre le Covid-19... Voici 5 façons de se rendre utile en cette période de confinement et donner un coup main à ceux qui en ont le plus besoin.

Coronavirus : 5 façons de se rendre utile pendant le confinement
En cette crise sanitaire inédite, certains peuvent avoir envie de donner un coup de main aux plus fragiles, aux secteurs qui manquent de main d'oeuvre ou à ceux qui prennent des risques pour continuer à faire "tourner" la société. Que l'on soit au chômage partiel, que l'on ait du temps devant soi ou pas, il est toujours possible de faire un geste. 
 
Nous évoquions déjà, au début du confinement, l'émergence de premiers réseaux de solidarité.  Et de nombreuses initiatives continuent à voir le jour pour venir en aide aux personnes âgées, au personnel de santé, aux livreurs, aux caissiers, aux policiers... Voici 5 pistes à suivre pour ceux qui souhaitent agir, à différents niveaux, et selon ses moyens.
 

1. FAIRE UN DON, d'argent ou de sang
Les appels aux dons se multiplient : l’Institut Pasteur  a créé une cagnotte pour la recherche contre le coronavius, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a créé un fonds d’urgence, la Fondation de France  appelle à la solidarité pour aider les soignants, les chercheurs et les plus fragiles...
 
Pour s’y retrouver, HelloAsso vient de lancer une plateforme  qui recense les appels aux dons d'associations. Elle réunit déjà 150 collectes solidaires sur tout le territoire et invite les internautes à participer, selon la localisation ou la thématique.
   
L’Établissement Français du sang appelle aussi les Français à continuer à donner leur sang, en assurant que toutes les mesures sont mises en œuvre pour protéger les donneurs et éviter la propagation du virus.

Les dons peuvent aussi prendre d'autres formes : l’influenceuse Lena Situations, qui compte plus d’un million de followers sur Instagram, a ainsi appelé à envoyer des crèmes hydratantes aux soignants, dont les mains sont asséchées par le gel hydroalcoolique. Appel entendu : la marque Nocibé a par exemple offert 25 000 crèmes, Hello Body 800, l’Occitane 25 000 et 70 000 litres de gel hydroalcoolique...


2. FAIRE À MANGER
De nombreux chefs ou restaurateurs désoeuvrés confectionnent des repas pour les personnels soignants. Une manière d’apporter leur soutien et du réconfort à ces salariés en première ligne dans la lutte contre l'épidémie. Mais les particuliers aussi s’organisent.
 
 
 
 
 
 
 

..................................

01.04.2020 à 09:24

Les "Netflix littéraires", ces applis qui signent le grand retour du roman-feuilleton

Pauline Vallée / We life

Les

Cet article a initialement été publié en décembre 2019


Vous voilà bien installé dans le métro, avec dix minutes à tuer avant d’arriver à votre destination. Dix minutes, soit exactement le temps dont vous avez besoin pour reprendre votre série préférée et enfin découvrir ce qui est arrivé au personnage principal. Vous dégainez votre smartphone, lancez votre épisode et commencez enfin… à lire.

Se plonger dans un bouquin, le choix n'est plus si commun. Il faut dire que depuis l’avènement des plateformes VOD, les séries vidéos connaissent un succès grandissant. Mais elles n'ont plus le monopole du suspense et de l’émerveillement.

En proposant de lire en ligne des histoires écrites sous forme de saisons et d’épisodes, des "Netflix littéraires” remettent au goût du jour un genre phare du XIXe siècle : le roman-feuilleton.

Le géant canadien Wattpad, lancé en 2006, rassemble 500 millions d’histoires écrites dans plus de cinquante langues. Tout un chacun peut écrire, lire et partager librement ses séries littéraires sur l’application. Avec une diversité de contenus impressionnante : roman mais aussi poésie, théâtre, fanfiction…


Les
Un système qui commence à arriver en France, grâce au site Pitchseries, lancé en avril 2019, et l’application Rocambole, lauréate 2018 du prix Entreprendre dans la culture, disponible depuis septembre sur Apple Store (bientôt sur Android).

Comme leur grand frère Wattpad, ces plateformes proposent aux internautes de découvrir des histoires sous forme de séries de 10 à 15 épisodes, certaines originales, d’autres adaptées d’oeuvres existantes. L’accessibilité sur smartphone rend la lecture possible quel que soit le lieu ou le moment, pratique pour combler un instant de désoeuvrement, notamment dans les transports. La fondatrice de Rocambole, Camille Pichon, explique d’ailleurs avoir eu l’idée de son application en observant les gens dans le métro. 

Les premiers épisodes, au temps de lecture moyen variant entre 5 et 10 minutes, sont accessibles gratuitement. L’abonnement ou le paiement sont, bien sûr, indispensables pour accéder à la suite des histoires…

Une nouvelle manière de lire

Faut-il se réjouir de l’expansion de ces séries littéraires ? Conçues pour susciter de l’engagement, elles ont l'avantage d'encourager la lecture. Le lecteur peut en outre se faire rapidement une idée du style et de l'intrigue du livre choisi, et en choisir un autre s'il ne lui convient pas.

"Beaucoup de lecteurs lisent sur leur téléphone dans les transports, avant d’aller se coucher, ou entre midi et deux sur l’ordinateur du bureau", confirme Sam Bekare, fondateur de Pitchseries.
 

"Quel format court est plus attirant que la série, qui permet de s’évader quelques minutes dans un autre monde, puis de passer à autre chose et d’y revenir le lendemain ?"


Mais ce type de lecture discontinue favoriserait le zapping, au détriment, pointait l'auteur américain Nicolas Carr en 2011, de notre capacité de concentration et de compréhension de textes complexes. Des critiques déjà adressées au roman-feuilleton du XIXe siècle, considéré comme de la littérature "industrielle".

Dans sa synthèse sur la lecture numérique, Rémi Thibert de l'Institut Français de l'éducation rappelle pourtant que la lecture linéaire, aujourd’hui considérée comme la norme, n’est en réalité apparue qu’au XVIIIe siècle : "Auparavant prédominait la lecture fragmentée, certains auteurs expliquant qu’ils ‘picoraient’ dans les textes qu’ils lisaient."

Et cette pratique n'est pas incompatible avec une lecture plus continue. Sur Pitchseries, les histoires sont d'ailleurs depuis peu disponibles en version intégrale, pour répondre à la demande de lecteurs qui souhaitent… les binge-watcher. “On revient à une culture Netflix où les gens veulent tout lire tout de suite, conclut, non sans amusement, son fondateur. "Aujourd'hui environ 60 % de nos lecteurs lisent un épisode par jour et 40 % dévorent leur histoire en une seule fois.


Un défi à relever pour les écrivains

Outre les lecteurs, les auteurs aussi doivent s’adapter à ce nouveau type d’écriture. "Le rythme d’une série est différent de celui d’un roman", confirme Aude Réco. La trentenaire, déjà auteure de plusieurs romans, a adapté une de ses oeuvres, Les Sempiternels, sous forme de série sur Rocambole. Elle travaille actuellement sur une saison 2 qui sera peut-être diffusée prochainement sur la plateforme.
 

"Un épisode représente à peu près 1500 mots, donc il faut entrer dans le vif du sujet et poser rapidement les personnages principaux", précise l'écrivaine. 


Les séries sont donc conçues, ou réécrites pour celles adaptées d’oeuvres originales, afin de donner envie au lecteur d’acheter l’épisode suivant ou de s’abonner à l’application. "On va par exemple résumer des pages entières de description, synthétiser les dialogues... Il nous est arrivé de rajouter un ou deux personnages", précise Sam Bekare.


Les
Pour autant, Aude ne se sent pas frustrée : "Rien n'empêche de partir sur une saison supplémentaire si l’histoire nous plaît, ce qui est impossible pour une nouvelle de 6 000 mots qui va avoir un début et une fin."

Modèles d’édition hybrides, les plateformes comme Pitchseries ou Rocambole permettent donc aux auteurs de se faire connaître, de vendre et d'élargir leur cercle de lecteurs, sans pour autant sacrifier leurs ambitions littéraires. Dickens, Dumas père, Zola ou Balzac ne furent-ils pas aussi feuilletonistes à leurs heures ?

Un générateur à blockbusters ?

Si le nombre d’abonnés de la toute jeune Pitchseries reste encore modeste (800 abonnés), le format est capable de séduire en masse. Wattpad revendique ainsi une communauté de plus de 80 millions de personnes à travers le monde.

Un succès qui suscite la convoitise de Netflix et Hollywood. La plateforme canadienne aurait d'ailleurs développé un algorithme capable de repérer les histoires les plus vendeuses, à l'image de la fanfiction érotique After imaginée par la jeune Américaine Anna Todd. L’histoire, publiée à raison d’un chapitre par jour, a cumulé plus de 1,5 milliard de lectures et a été adaptée en 2019 sur grand écran, engrangeant plus de 67 millions de dollars de recettes.

Le monde de l'édition aussi s'intéresse au phénomène. Pitchseries, qui va bientôt lancer son appli, est actuellement en discussion avec un éditeur qui pourrait mettre en contact la plateforme avec des auteurs. Wattpad, qui a déjà conclu quelques contrats avec des maisons d'édition, vient pour sa part de créer un filiale pour éditer... sur papier les textes les plus lus et appréciés.

Les romans-feuilletons 2.0 peuvent donc être une première étape vers la création de franchises déclinables sur plusieurs supports. Avec, nouveauté par rapport à leurs ancêtres du XIXe siècle, des interactions directes avec les lecteurs : ces derniers peuvent aujourd'hui voter pour adapter leur histoire favorite en série télévisée ou composer un casting de rêves pour incarner les personnages... "Avec le numérique, on assiste au retour en force du commentaire, qui dépasse le cercle des initiés et des personnes autorisées, souligne Rémi Thibert. "La lecture et l’écriture deviennent encore plus étroitement imbriquées, favorisant [...] une ‘pollinisation culturelle".


..................................

31.03.2020 à 18:28

COVID-19 : les makers à la rescousse pour fabriquer masques, gels et respirateurs

Amaury Lelu / Société-Économie

Les makers de France et du monde entier s'organisent pour pallier le manque de matériel médical en pleine épidémie de coronavirus. A l'aide d'imprimantes 3D, ils fabriquent des gels, respirateurs, masques ou visières de protection.

COVID-19 : les makers à la rescousse pour fabriquer masques, gels et respirateurs
Face à la pénurie de matériel médical, les makers se mobilisent. Ces spécialistes du Do It Yourself dotés d’une imprimante 3D se mettent à fabriquer des masques, des visières de protection ou du gel hydroalcoolique. Partis en ordre dispersés, ils se structurent désormais pour mieux gérer la production. 

Un concours de fabrication de respirateurs médicaux a même été lancé, dans le cadre du CoVent-19 challenge, initié par un hôpital de l’université de Harvard à Boston. Dès ce mercredi 1er avril, les ingénieurs, designers et makers du monde entier pourront proposer des modèles de respirateurs artificiels en ligne. 

En France, les makers et fablabs se réunissent par département dans des groupes Facebook "Makers contre le Covid", repertoriés sur cette carte. Déjà près de 3000 membres sont actifs sur le territoire. Ils y partagent des modèles de matériel open source. 

Le Conseil de l'ordre des dentistes du Centre-Val de Loire a par exemple pris contact avec les makers de la région pour fabriquer 500 visières qui protèges des projections respiratoires.  En région parisienne, un réseau créé à l’initiative de plusieurs makerspace, comme Volumes  ou le Fab City Grand Paris  coordonnent aussi la fabrication de visières en lien avec l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris). Les premières livraisons ont déjà permis d’équiper l’hôpital Pompidou dans le 15e arrondissement.

4500 imprimantes 3D
Mais le mouvement rencontre quelques difficultés. Le risque le plus important est de fabriquer des prototypes défectueux, comme des masques qui ne fonctionnent pas ou des formules de gel hydroalcoolique inefficaces.

Pour éviter cela, des contacts sont noués avec les autorités médicales. Le collectif Club Sandwich Studio, installé à Pantin (93), et qui fabrique un respirateur, le Minimal Universal Respirator (MUR), travaille également en lien avec l'AP-HP.
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

..................................

31.03.2020 à 18:28

La géolocalisation des malades, solution à la pandémie ?

Sofia Colla / Tech-Sciences

Corée du Sud, Pologne, Israël… Plusieurs pays ont adopté la géolocalisation des personnes infectées par le Covid-19, via leur smartphone, pour surveiller leurs déplacements et éviter les contaminations. Une solution qui fait débat en France et pose des questions de protection de la vie privée.

La géolocalisation des malades, solution à la pandémie ?
Utiliser la géolocalisation de nos smartphones pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ? Voilà le projet de certains pays et entrepreneurs. Mais à quel prix ?  
 
La dernière invention en date :  "CoronApp". Cette appli, développée en seulement 72h par l’agence web ITSS, vise à géolocaliser les personnes infectées par le coronavirus, ou suspectées de l’être, de manière à suivre leurs déplacements et à pouvoir les éviter. 
   
"Cette application […] montrera toute son utilité au moment de la sortie du confinement généralisé", plaide Christophe Mollet, fondateur de l’agence, interviewé par l’Obs .

Quid de la vie privée et des données personnelles ?
La géolocalisation des malades, solution à la pandémie ?
Les utilisateurs, volontaires, doivent déclarer leurs symptômes et même télécharger un certificat médical prouvant qu’ils sont malades dans le cas où ils ont été dépistés positifs. Les utilisateurs "sains" reçoivent eux une notification s’ils croisent le chemin d’une personne malade. 
 
Les fondateurs de CoronApp affirment que les données collectées relatives à la localisation sont anonymisées et supprimées après 14 jours. Mais aucune mention ne fait référence aux données de santé dans leurs conditions générales d'utilisation...
 
La version bêta de l’appli, qui n’a pas pas reçu le soutien du gouvernement, est disponible   gratuitement via un navigateur web, mais pas via Apple ou Google qui refusent dorénavant toutes les applications liées au Covid-19 non homologuées par les autorités. 
    
"Accepter d’être géolocalisé est un acte citoyen", va jusqu'à déclarer le fondateur de l’application. Ajoutant : "actuellement, en étant tous confinés, est-on encore libre ? Ne sommes-nous pas déjà tous enfermés chez nous ?" 
   
Une vision qui ne fait pas l'unanimité. Le chercheur français en cybersécurité Baptise Robert, contacté par RTL.fr , déconseille d'y avoir recours. "Les utilisateurs du service prennent le risque de confier à une entreprise privée des données personnelles sensibles, relatives à la localisation et à la santé, alors que rien ne prouve que la finalité et les moyens de leur traitement sont conformes aux obligations en vigueur en France et en Europe", souligne-t-il. 

La géolocalisation déjà utilisée dans d’autres pays
Dans d'autres pays, ce type d’application est déjà utilisé. La Corée du Sud a par exemple mis en place au niveau national le "contact tracing" : un procédé qui permet de retrouver les individus malades et avec qui elles ont été en contact afin de leur imposer une quarantaine ou des mesures d’isolement, toujours par smarphone.
   
En Pologne et à Taïwan, les données des smartphones servent à vérifier que les personnes infectées respectent les règles de confinement. En Chine, au début de la pandémie, les opérateurs téléphoniques ont mis à disposition des autorités les données de localisation de leurs clients passés par Wuhan, épicentre de la pandémie…
 
En France, Orange a fourni à l’État des données de géolocalisation anonymisées, qui ont notamment permis d’estimer que près de 20 % des Parisiens avaient quitté la capitale en vue du confinement. Cette pratique a également été mise en place en Allemagne, en Belgique ou encore en Espagne, avec la collaboration des opérateurs télécoms, afin de modéliser l’épidémie et d’estimer quels seraient les prochains foyers d’infection.

À lire aussi : Singapour ou la lutte "exemplaire" d’une smart city contre le COVID-19

L'Elysée réfléchit au "backtracking"
La France ira-t-elle plus loin dans la surveillance digitale ? Mardi 24 mars, un nouveau comité de chercheurs a été mis en place pour conseiller l'Elysée sur la question du "backtracking", c'est à dire le suivi des personnes contaminées à partir de leurs données de géolocalisation. Mais, le 1er avril, le Premier ministre, Édouard Philippe, lors d'une séance de questions-réponses à l'Assemblée nationale, s'est montré prudent. 
 
"Cela a servi, dans certains pays, à mettre à l’isolement des personnes qui étaient malades ou qui avaient côtoyé quelqu’un qui l’était. En France, ce ne serait pas légalement permis [...] Nous n’avons pas, aujourd’hui, d’instrument qui rendrait légal ce tracking et nous ne travaillons pas sur un tel instrument", a-t-il affirmé.
 
Il a tout de même ajouté que certains outils pourraient être développés pour "mieux tracer la circulation du virus", sur la base du volontariat et dans le respect des recommandations de la CNIL.
 
La CNIL a d'ores et déjà demandé au gouvernement de privilégier le traitement de données anonymisées. De manière plus générale, en Europe, ces données de localisation sont encadrées par le RGPD. En attendant d'en savoir plus, les associations de défense de la vie privée mettent en garde.
 
"Les données de localisation ne peuvent être collectées sans le consentement des personnes que pour lutter contre les infractions (et seulement les crimes les plus graves, d’après les juges de l’UE) et non pour lutter contre la propagation d’un virus", rappelle l’association La Quadrature du Net  sur son site. 
   

..................................