27.03.2025 à 21:11
Cinq ans après la crise du Covid, la fracture médiatique est plus profonde que jamais. Le débat est désormais enfermé dans une opposition binaire, et surtout stérile, entre les médias mainstream, qui imposent une pensée dominante sans place pour la contradiction, et les médias alternatifs, qui se contentent parfois de prendre le contre-pied, voire sont ouvertement complotistes. La crise sanitaire a également amplifié l’obscurantisme au pouvoir, écartant toute forme de contradiction. Les biais financiers influençant la recherche, et la censure des hypothèses sur l’origine du virus, d’un côté, la manipulation des faits, de l’autre, soulèvent une question essentielle : est-il encore possible de chercher la vérité au-delà de ces deux camps radicalisés ?
Pour en discuter, Haussman Vwanderday a reçu ce jeudi 27 mars sur QG Brice Perrier, journaliste indépendant, auteur de « L’Obscurantisme au pouvoir: Quand la pensée dominante entrave la connaissance » aux éditions Max Milo
24.03.2025 à 23:04
Alors les gouvernants européens, parmi lesquels Emmanuel Macron, semblent plus que jamais belliqueux et décidés à en découdre au moins verbalement avec la Russie de Vladimir Poutine, il reste encore des voix pour la paix dans notre pays, et une diplomatie qui assure la sécurité des peuples. Deux des plus prestigieuses d’entre elles, et qui ont vu juste dès le printemps 2022, étaient sur l’antenne de QG autour d’Aude Lancelin ce lundi soir. Ne manquez pas cette rencontre très attendue entre Emmanuel Todd, historien, auteur de « La Défaite de l’Occident » (Gallimard), best-seller désormais mondial, et Pierre Lellouche, ex-ministre, auteur de « Engrenages. La guerre d’Ukraine et le basculement du monde » (Odile Jacob). Notre média indépendant a reçu ces deux figures intellectuelles et politiques, engagées depuis 2022 pour une paix juste en Ukraine.
18.03.2025 à 21:15
Les marchés financiers agitent le spectre d’une faillite de l’État français, tout en dénonçant la dette, pour justifier l’austérité. Un cap suivi avec ferveur par les gouvernements Barnier et Bayrou dont les choix budgétaires ont ciblé des secteurs clés pour l’avenir du pays comme la recherche et développement, la culture ou encore la transition écologique, tandis que les réductions d’impôts pour les grandes entreprises et les plus riches n’ont, sans surprise, nullement produit l’investissement promis.
Notre animateur Haussman Vwanderday a reçu le mardi 18 mars sur QG Henri Sterdyniak, économiste, cofondateur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et des Économistes Atterrés, pour déconstruire les grands discours économiques qui façonnent les politiques publiques françaises et évoquer les pistes d’une fiscalité plus juste: taxation des grandes fortunes, limitation des dividendes, augmentation des impôts sur les tranches des plus aisés.
13.03.2025 à 23:34
Alors que la France et l’Union européenne se voient exclues des négociations sur l’Ukraine, que Washington et le Kremlin semblent avancer vers une résolution du conflit, les médias mainstream s’enfoncent dans une propagande hyperactive, qui va de l’encouragement à la poursuite de la guerre jusqu’à la construction d’une véritable réalité alternative. Jamais, à l’époque contemporaine, la machine médiatique ne s’était à ce point emballée. De BHL à Kouchner, de Macron à Malhuret, les fous de guerre, pareils à des chiens de garde ayant perdu leur maître, écument les plateaux TV, ne prenant même plus soin d’enrober leurs discours, et nous expliquent, sans être contredits par les journalistes, que les chars russes sont à l’entrée des capitales européennes.
Pour en parler, Didier Maïsto et Harold Bernat ont reçu Frédéric Aigouy, journaliste indépendant, ancien de RT France, blacklisté par l’Elysée, dans un nouvel épisode en direct de Quartier Populaire le jeudi 13 mars sur QG
11.03.2025 à 23:44
[ACCÈS LIBRE] Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en Ukraine dès son arrivée au pouvoir. Les États-Unis ayant désormais retiré leur soutien militaire à Kiev, l’UE hausse le ton. La France, en première ligne, se distingue par le discours martial d’Emmanuel Macron, qui a étonné le 5 mars dernier. Alors que le conflit semblait s’apaiser, un risque d’escalade inquiète.
Pour éclairer la situation sur QG ce mardi 11 mars en direct à Paris, Aude Lancelin a reçu un des meilleurs connaisseurs du conflit russo-ukrainien. Jacques Baud, ancien membre du renseignement stratégique suisse et ex-chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU. Auteur de nombreux best-sellers aux éditions Max Milo, parmi lesquels « Gouverner par les fake news » et « Opération Z », il est l’un des seuls observateurs à avoir vu juste depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Son expertise est particulièrement bienvenue, alors que les opinions publiques s’affolent et que la propagande fait rage
10.03.2025 à 17:27
Le reflux du soutien militaire, financier et politique des États-Unis à l’Ukraine a sauté aux yeux du monde entier depuis la rencontre entre Donald Trump, son vice-président J.D. Vance, et Volodymyr Zelensky, le 18 février dernier, qui a tourné au pugilat. Peut-on pour autant parler d’un pas franchi dans l’alliance objective entre Trump et Vladimir Poutine, son homologue russe? Pas vraiment, estime David Teurtrie, chercheur associé à l’INALCO. Déjà intervenu sur QG début 2024, le politologue, spécialiste de la Russie, souligne que Washington entend dicter son tempo et compte même accroître les sanctions si Moscou temporise dans les négociations. De même, selon Teurtrie, les annonces de renforcement militaire des pays européens illustrent en réalité une dépendance extrême à l’égard des États-Unis car l’industrie de l’armement européenne n’est pas en mesure d’y répondre, à court terme. Interview par Jonathan Baudoin
Comment analysez-vous la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump le 28 février dernier à Washington et quels effets estimez-vous que cela peut amener sur la guerre russo-ukrainienne?
C’est une rencontre qui a été beaucoup commentée à chaud mais dont il faudrait rappeler le contexte. Il était question d’un accord portant sur la captation d’une partie des ressources ukrainiennes, notamment des métaux rares, par les États-Unis. C’était présenté par Donald Trump comme une forme de remboursement de l’aide américaine aux Ukrainiens. Le prétexte de la venue de Zelensky à Washington était la signature de cet accord.
Cependant, la partie américaine aurait souhaité que l’accord soit signé à Kiev, sans passer par une rencontre au sommet entre les deux présidents. Selon la presse anglo-saxonne, ce serait Emmanuel Macron qui aurait insisté auprès de Donald Trump en relayant une demande de la partie ukrainienne. Donald Trump n’était donc pas à l’initiative de cette rencontre et ne la souhaitait pas forcément.
Le résultat est évidemment catastrophique pour la partie ukrainienne. Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu une intention initiale du président américain et de son vice-président de tendre un piège à Zelensky. Si on regarde l’ensemble de l’échange, cela n’en donne pas l’impression. Par contre, il est évident qu’il y a un changement radical d’approche de l’administration américaine sur le dossier ukrainien et que Zelensky n’était pas prêt à l’accepter.
On a vu que Washington a décidé de suspendre une grande partie de l’aide militaire et financière à l’Ukraine. Plus les jours passent, plus l’ampleur du désengagement américain apparaît importante. Il s’agit non seulement d’une pause dans les fournitures en armement, mais aussi de restrictions en termes de partage du renseignement et des moyens satellitaires.
Reste à savoir s’il s’agit d’un abandon, qualifié de trahison en Europe, ou bien d’une pause dans l’optique de faire pression sur Zelensky pour atteindre deux objectifs : la signature de l’accord économique par la partie ukrainienne et l’alignement de Kiev sur Washington dans l’optique de négociations avec la Russie.
Dans la majeure partie des médias occidentaux, Trump est présenté comme l’allié de Vladimir Poutine. Considérez-vous que c’est objectivement le cas, ou est-ce à nuancer?
Les médias européens et français sont dans une lecture court-termiste et manichéenne, ce qui n’aide pas à la compréhension des évolutions lourdes et de la complexité de la situation que ce soit dans ce conflit ou à l’égard d’autres évolutions dans les relations internationales. D’un côté, il est vrai que l’ampleur et la rapidité des changements opérés par la nouvelle administration donnent l’impression d’un retournement d’alliance. On se rappelle la rencontre russo-américaine en Arabie Saoudite, qui a été présentée sous un jour très positif par l’administration américaine. Quand on compare avec la rencontre entre Trump et Zelensky, qui a été catastrophique, et qu’on y ajoute toutes les déclarations et les mesures prises ces dernières semaines, cela peut effectivement donner l’impression d’un rapprochement extrêmement important entre Washington et Moscou.
Pourtant, je pense qu’il faut nuancer, pour plusieurs raisons. La première, c’est que l’objectif de Trump est d’obtenir un cessez-le-feu rapidement. Or, le Kremlin, dont les troupes avancent en Ukraine depuis un an, pense que le temps joue en sa faveur et conserve l’espoir d’un effondrement des positions ukrainiennes. Le fait que Trump veuille accélérer les choses n’est pas forcément bien vu au Kremlin.
Deuxièmement, la politique de Trump donne l’impression de s’opposer totalement à celle de Biden. Mais ne serait-ce pas plutôt une opposition de style ? En effet, si on prend un peu de hauteur, il faut se rappeler que lors des derniers sommets de l’OTAN, il y avait certains pays européens qui voulaient qu’on s’engage définitivement sur l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. Or, Washington s’y était opposé ce qui veut dire que l’administration Biden laissait la porte ouverte de la négociation avec la Russie sur cette question de l’appartenance, ou non, de l’Ukraine à l’OTAN. Ainsi, avant même l’arrivée de Trump, il était évident que ce point serait une concession à faire à une Russie en position de force sur le terrain. Même chose pour les territoires : de nombreuses voix en Occident admettaient qu’il serait impossible de les reprendre dans le contexte actuel. Ainsi, ce que propose Trump n’est pas aussi « révolutionnaire » qu’il n’y paraît au premier abord. Seulement Trump est pressé de se débarrasser de ce dossier assez rapidement parce qu’il a d’autres priorités. D’ailleurs, Trump vient de déclarer que si la Russie traîne dans les négociations, il est prêt à accentuer les sanctions contre Moscou. En effet, le risque pour Trump, qui a déjà fait beaucoup de concessions à la Russie, est que le Kremlin veuille jouer la montre.
Quel regard portez-vous sur l’allocution d’Emmanuel Macron, mercredi 5 mars, présentant la Russie comme une « menace » pour la France, justifiant ainsi son annonce de renforcement du budget de la Défense?
Il y a plusieurs éléments qui concourent à cette rhétorique martiale d’Emmanuel Macron. Le premier, que bien des commentateurs ont oublié, c’est qu’avant et durant les premiers mois de la guerre, Emmanuel Macron a été accusé d’avoir une certaine complaisance à l’égard de la Russie. Il est vrai, par exemple, qu’Emmanuel Macron avait œuvré pour que la Russie soit réintégrée dans le Conseil de l’Europe. On se rappelle aussi qu’il avait affirmé « qu’il ne faut pas humilier la Russie » au début du conflit. Depuis, il a changé d’attitude à 180 degrés : il tente désormais de se présenter comme le dirigeant occidental le plus ferme vis-à-vis de Moscou. Mais en réalité, si on regarde les dépenses réelles de la France en faveur de l’Ukraine, elles sont proportionnellement nettement plus faibles que chez beaucoup de nos voisins européens. Il y a une rhétorique qui semble vouloir nous faire oublier, en partie, un positionnement plus ambigu avant et durant une partie du conflit.
Le deuxième facteur majeur relève de la politique intérieure. Beaucoup de commentateurs, en plus des oppositions politiques, font remarquer que le président français est extrêmement affaibli sur la scène intérieure, à l’issue de sa dissolution ratée. En agitant la « menace russe », Emmanuel Macron tente de faire oublier son bilan. L’activisme sur la scène internationale permet, en général, au président en français de tenter de reprendre la main et de faire oublier les problèmes en interne.
Troisième élément, et en l’espèce, Emmanuel Macron est cohérent depuis son arrivée au pouvoir, c’est sa volonté d’un réengagement de la France en Europe et une politique ambitieuse de la France dans une optique européenne. Il semble vouloir surfer sur un début de consensus européen renvoyant aux positions françaises d’autonomie stratégique. Accentuer l’idée d’une menace russe permet de placer la France comme un acteur majeur de la sécurité européenne. Ce qui n’est pas sans arrière-pensée en matière de vente d’armes. Cependant, les implications stratégiques liées à la rhétorique du déploiement d’armes nucléaires françaises en Europe, sont énormes. Le président français semble vouloir avancer sur ce dossier avec beaucoup de légèreté. L’arme nucléaire sert en principe uniquement à la protection du territoire français dans une perspective de dissuasion. Or, nous n’avons pas de conflits directs à nos frontières ce qui éloigne fortement tout risque d’escalade pour la France. Mais si demain les armes nucléaires françaises sont déployées en Pologne et qu’un conflit surgit entre cette dernière et la Russie, la France et les Français pourraient être entraînés dans un conflit nucléaire à leur corps défendant et pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. C’est extrêmement grave.
Au-delà de cette allocution, l’idée d’un renforcement militaire des pays de l’Union européenne est-elle crédible pour pousser à la négociation entre Russes et Ukrainiens?
Cette idée n’est pas crédible pour plusieurs raisons. La première, c’est que cela fait trois ans qu’on explique qu’il faut renforcer les positions ukrainiennes pour amener les Russes à la table des négociations. Cela n’a pas fonctionné. Sauf à imaginer un improbable effondrement russe, continuer dans la même logique va donner les mêmes résultats. Au mieux, cela permet de freiner l’avancée russe mais ne met pas fin au conflit.
Par ailleurs, renforcer les capacités de défense européennes est une nécessité. Mais c’est un objectif à moyen-long terme. Ce n’est pas dans les semaines, les mois qui viennent, qu’on va renforcer ces capacités pour la bonne raison que les armées des pays européens ainsi que l’industrie militaire européenne ne sont pas prêtes à une telle accélération.
Qu’est-ce qu’une hausse rapide des dépenses militaires européennes risque de générer ? Dans la mesure où les industriels européens ne sont pas prêts à absorber cette demande potentielle, ces dépenses iront aux deux-tiers vers les États-Unis. Quand les Européens prétendent s’opposer à Trump en voulant accélérer leurs dépenses militaires, en réalité, ils jouent son jeu. Ils vont augmenter leurs commandes auprès du complexe militaro-industriel américain. Concrètement, les livraisons qui étaient faites directement par les États-Unis vers l’Ukraine, financées par les États-Unis, vont être maintenant financées par les Européens, et vont profiter, en grande partie, au complexe militaro-industriel américain. On est dans un vrai jeu de dupes.
Les pays européens ne paient-ils pas leur dépendance extrême à l’égard des États-Unis et quid de la survie de l’OTAN?
C’est l’un des seuls éléments qui semble faire désormais consensus. C’est nouveau car pendant longtemps, c’était la France qui prêchait dans un désert européen et personne ne voulait l’écouter. Maintenant, que faire face à cette situation ? Les choses deviennent plus complexes. Pour réorganiser la défense européenne, ce sont des programmes à moyen-long terme, sauf à effectuer un effort extrêmement important à court terme, au prix d’un coût social élevé, pour des objectifs qui ne sont pas très clairs. Il faudrait donc d’abord avoir des objectifs stratégiques clairs en analysant l’ensemble des menaces pour les pays européens avant d’engager une politique ambitieuse.
L’Europe est l’un des grands perdants de ce conflit russo-ukrainien. Au niveau économique, c’est catastrophique, toute l’Europe est impactée par la rupture avec la Russie, l’impact des sanctions, le coût de cette guerre. L’Europe et – jusqu’à récemment – les États-Unis, portent à bout de bras l’Ukraine. Tout cela coûte très cher et les pays européens devraient logiquement pousser à une sortie du conflit. Or, on a donc une situation paradoxale dans laquelle on a d’un côté les États-Unis, qui ont souvent été présentés comme les grands gagnants de ce conflit, souhaitent désormais s’en retirer au plus vite ; et de l’autre des élites européennes qui s’accrochent à une position qui ne laisse pas entrevoir de solution diplomatique. Très concrètement, je n’ai pas vu de proposition structurée de solution diplomatique portée par les Européens.
Dans cette perspective, toute cette rhétorique sur le réarmement de l’Europe contribue plutôt à son isolement. On oublie assez souvent que ce conflit est regardé de très près par la planète entière. Les BRICS et les émergents ont une lecture très différente du conflit de celle des occidentaux. Et le risque pour l’Europe, c’est de donner l’impression que les élites européennes s’enferment dans une position belliciste. De plus, si les Européens donnent l’impression de prendre le contre-pied systématique de l’administration Trump, ils risquent d’accélérer ce qu’ils redoutent le plus : le désengagement américain de l’OTAN.
Propos recueillis par Jonathan Baudoin
David Teurtrie est maître de conférences à l’Institut catholique d’Etudes supérieures (ICES), membre de l’Institut des études slaves et chercheur associé à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Il est l’auteur de Russie : le retour de la puissance (Dunod, 2021), essau qui a été récompensé par le prix Albert Thibaudet de l’Académie des sciences morales et politiques
06.03.2025 à 21:20
Tentatives d’invalidation de son élection, accusations infondées, injures, contrôles au faciès: élu en juillet 2024, le député LFI Aly Diouara a été confronté au mépris de classe et au racisme, comme d’autres élus issus des quartiers populaires, avant et après son arrivée à l’Assemblée nationale.
Invité exceptionnel d’Aude Lancelin sur QG le jeudi 6 mars, il est revenu sur son entrée au Palais Bourbon, la cohabitation parfois compliquée avec les élus du RN, ses désaccords avec François Ruffin et sa vision de Jean-Luc Mélenchon, qu’il considère comme le seul candidat de la gauche de rupture qui soit à la hauteur des enjeux, accusant le PS d’avoir tout trahi, notamment sous François Hollande, et plus récemment en ne votant pas la censure.