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23.04.2026 à 13:50

Réunis à Chypre, les dirigeants européens valident définitivement le prêt de 90 milliards d'euros à Kiev

Amélie Philotas

"'L'impasse est levée' : le prêt de 90 milliards d’euros à l'Ukraine [a été] définitivement validé par l'UE", titre Le Figaro. Réunis jeudi 23 et vendredi 24 avril à Chypre, les dirigeants européens ont confirmé la position des ambassadeurs, qui avaient déjà donné leur feu vert la veille. "De nouvelles sanctions contre la Russie" ont […]

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Texte intégral (1920 mots)
La question de l'aide à l'Ukraine était déjà au programme du dernier Conseil européen, le 19 mars 2026 - Crédits : Conseil européen
La question de l'aide à l'Ukraine était déjà au programme du dernier Conseil européen, le 19 mars 2026 - Crédits : Conseil européen

"'L'impasse est levée' : le prêt de 90 milliards d’euros à l'Ukraine [a été] définitivement validé par l'UE", titre Le Figaro. Réunis jeudi 23 et vendredi 24 avril à Chypre, les dirigeants européens ont confirmé la position des ambassadeurs, qui avaient déjà donné leur feu vert la veille. "De nouvelles sanctions contre la Russie" ont aussi été actées, "après la levée d'un véto de la Hongrie, a indiqué jeudi la présidence chypriote de l'UE", rapporte le quotidien national.

"Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué dans la foulée la validation définitive par les dirigeants européens de ce prêt. 'Ce paquet renforcera notre armée, rendra l'Ukraine plus résiliente et nous permettra de remplir nos obligations sociales envers les Ukrainiens', a-t-il dit dans un message sur Facebook" [Le Télégramme].

Le sommet qui a débuté aujourd'hui "devait initialement porter [avant tout] sur la guerre au Moyen-Orient et la crise énergétique. Mais le déblocage du prêt destiné à l'Ukraine a remis le soutien de l'Union européenne à Kiev au premier plan des discussions" [Politico]. Au programme également, "les discussions toujours sensibles [autour] du futur budget européen de 2028 à 2034", observe France 24.

Le déblocage du prêt à l'Ukraine définitivement validé

"Les Vingt-Sept, qui ont déjà donné 190 milliards d'euros [à l'Ukraine] en guerre depuis 2022" [Le Monde] ont ainsi tenu la promesse faite à Volodymyr Zelensky, également présent à Chypre. "Après plusieurs mois de blocage, les Hongrois ont [finalement] levé leur veto. C'est la reprise annoncée de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l'Ukraine qui a dénoué la situation", rappelait ce jeudi matin La République des Pyrénées. Le déblocage effectif du prêt devrait quant à lui intervenir durant le deuxième trimestre de 2026, courant juin, a annoncé le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis.

Ce prêt désormais acté, "le président ukrainien compte bien profiter de sa visite pour rappeler ses homologues à leurs autres promesses" [Le Monde]. Outre le 20e paquet de sanctions contre la Russie aussi validé, la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'UE doit aussi être abordée avant la fin de ce sommet. "Nous discuterons avec les dirigeants européens de l'ouverture de clusters (des ensembles de chapitres politiques du processus d'adhésion à l'UE qui sont négociés conjointement, ndlr) pour l'Ukraine – les conditions pour cela ont déjà été remplies" avait écrit Volodymyr Zelensky sur X avant son déplacement à Chypre, précise le journal du soir.

Des moyens pour faire face à la crise énergétique ?

Se réunir à Chypre, pays qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, n'est pas qu'une simple formalité protocolaire. Cette réunion "revêt [également] une dimension symbolique puisque des bases de l'Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit [au Moyen-Orient]", rappelle TV5 Monde.

Les discussions autour du conflit au Moyen-Orient lors de ce sommet, dont l'UE subit les répercussions, sont prévues de longue date. "Avec le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, le conflit a de lourdes conséquences sur l'économie européenne, dont la facture pour s'approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d'euros en sept semaines", pointe la chaîne de télévision francophone. Dans tous les pays d'Europe, "les mesures dispendieuses se multiplient afin de soutenir les secteurs les plus exposés comme l'industrie lourde, l'agriculture et la pêche. Et l'Union européenne surveille comme le lait sur le feu une potentielle pénurie de kérosène", relève La République des Pyrénées.

Hormis les appels à plus de coordination sur les énergies fossiles et à la sobriété énergétique, TV5 Monde rappelle toutefois les "leviers limités" des Européens. "Pour cause, les finances de l'UE comme des États membres - de la France surtout - ne sont pas au mieux" [La République des Pyrénées]. De finances européennes, il sera aussi question au cours de ces deux jours de sommet. Les chefs d'État et de gouvernement doivent "aborder […] les discussions toujours sensibles sur les quelque 2 000 milliards d'euros du futur budget européen de 2028 à 2034. Les négociations s'annoncent comme souvent difficiles entre Paris, partisan de davantage d'investissements européens, et Berlin, prudent budgétairement", conclut France 24.

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22.04.2026 à 12:20

"Un coup dur porté à l'héritage d'Orbán" : la Cour de justice de l'UE liquide la loi anti-LGBTQI+ de la Hongrie

Valentin Ledroit

"Hasard du calendrier : dix jours après la défaite de Viktor Orbán aux législatives hongroises, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) déboulonne l’une des lois les plus controversées de son long règne", note Le Point. Mardi 21 avril, la Cour a estimé qu'une loi promulguée en 2021 par le gouvernement hongrois, "censée 'protéger' […]

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En 2025, le gouvernement hongrois avait amendé sa loi pour interdire la marche des fiertés de Budapest, qui s'était tout de même déroulée
En 2025, le gouvernement hongrois avait amendé sa loi pour interdire la marche des fiertés de Budapest, qui s'était tout de même déroulée - Crédits : The Left / Flickr CC BY-NC-SA 4.0

"Hasard du calendrier : dix jours après la défaite de Viktor Orbán aux législatives hongroises, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) déboulonne l’une des lois les plus controversées de son long règne", note Le Point.

Mardi 21 avril, la Cour a estimé qu'une loi promulguée en 2021 par le gouvernement hongrois, "censée 'protéger' les mineurs, a bien ciblé les minorités sexuelles" [Libération]. L'institution considère que "les réformes d'Orbán enfreignaient les règles de l'UE à plusieurs égards et, surtout, qu'elles violaient les valeurs fondatrices énoncées à l'article 2 du traité sur l'Union européenne – une conclusion sans précédent", souligne la BBC.

"Cette décision est historique à deux égards", renchérit Népszava. "D'une part, elle confirme que la politique du gouvernement Orbán, fondée sur l'exclusion et la stigmatisation, n'a pas sa place au sein de l'UE ; d'autre part, la CJUE a fait un pas important pour devenir non seulement la gardienne de l'union économique, mais aussi celle de nos valeurs fondamentales communes", écrit le quotidien hongrois d'orientation sociale-démocrate.

Une loi "honteuse" dénoncée par l'Union européenne

La loi hongroise de 2021 adoptée par le Fidesz de Viktor Orbán visait "à restreindre ou à interdire la 'promotion' de l'homosexualité et de la transition de genre" auprès des moins de 18 ans, retrace Politico. "[Étaient] donc visés les chaînes de télévision, les livres, les publicités. Comme si l’évocation d’un couple gay dans une série télévisée, comme Friends, relevait de la pornographie", ironise Le Point. L'année dernière, le Parlement hongrois avait "adopté un nouvel amendement autorisant l'interdiction des manifestations publiques impliquant la communauté LGBTQI+, comme la célèbre marche des fiertés de Budapest, qui s'était tout de même déroulée", ajoute la BBC.

Le Point rappelle qu'en adoptant un texte similaire en 2013, la Russie avait déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme quatre ans plus tard et conclut : "Orbán imitait le voisin russe sans trop se cacher".

En 2021, la Commission européenne et sa présidente Ursula von der Leyen avaient immédiatement réagi, qualifiant de "honte" le texte adopté par la Hongrie. "La Commission avait finalement saisi la Cour de justice de l'affaire, avec le soutien de 15 États membres et du Parlement européen", poursuit Politico.

La CJUE a donné raison à l'exécutif européen en déclarant que la législation hongroise "stigmatise et marginalise les personnes non cisgenres [dont le genre déclaré ne correspond par à leur sexe déclaré à la naissance, ndlr], y compris les personnes transgenres", relaie Euronews. La Cour relève également des failles juridiques sur la protection des données. Selon l'institution, Budapest a également "enfreint les règles de confidentialité du RGPD [règlement général sur la protection des données] en modifiant sa loi sur le casier judiciaire afin d’accorder au grand public un large accès aux données personnelles des délinquants sexuels condamnés pour des crimes contre des enfants" [Euractiv].

Un nouveau revers pour Viktor Orbán

"Ce jugement historique porte un coup dur à l'héritage du Premier ministre sortant Viktor Orbán, alors que son rival de longue date, Péter Magyar, s'apprête à prendre ses fonctions le mois prochain", après sa victoire lors des récentes élections législatives [Politico].

Face à ce nouveau revers, les partisans du Premier ministre sortant ont qualifié la décision de la CJUE de "manœuvre politique orchestrée par Bruxelles" ou encore de "preuve supplémentaire que l’UE s’est orientée vers un cadre idéologique woke", rapporte Euractiv.

De son côté, "Péter Magyar n’avait pas fait de la question LGBTQI+ un axe central de sa campagne", rappelle Le Point. "Il avait été vague, prudent, soucieux de ne pas effaroucher un électorat conservateur arraché au Fidesz vote par vote, comté par comté, au cours de son long périple de dix-huit mois à travers 700 communes du pays".

Au soir de sa victoire, l'homme de 45 ans avait évoqué sa volonté de faire de la Hongrie "un pays où personne n’est stigmatisé s’il aime quelqu’un d’autre ou d’une manière différente que la majorité", relève l'hebdomadaire. "Ce soir-là, la promesse était là : l’homophobie à Budapest n’est plus la ligne officielle du gouvernement" [Le Point].

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21.04.2026 à 12:39

Accord UE‑Israël : les Vingt-Sept débattent d'une éventuelle suspension

Manon Mazuir

"Il revient sur la table. L'accord d'association de l'UE avec Israël va être rediscuté ce mardi 21 avril à Luxembourg lors d'un [Conseil des Affaires étrangères], a indiqué la veille la cheffe de la diplomatie de l'UE" [TF1 Info]. "Ce débat est organisé à la demande de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie, qui […]

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L'Ambassadeur Avraham Nir, chef de la mission d'Israël auprès de l'Union européenne, à gauche, donnant ses lettres de créance à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en présence d'António Costa, président du Conseil européen, le 30 septembre 2025. La remise de lettres de créance symbolise le début des relations formelles entre un(e) envoyé(e) diplomatique et les dirigeants du pays ou de l'institution d'accueil - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne
L'ambassadeur Avraham Nir, chef de la mission d'Israël auprès de l'Union européenne, à gauche, donnant ses lettres de créance à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en présence d'António Costa, président du Conseil européen, le 30 septembre 2025 - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

"Il revient sur la table. L'accord d'association de l'UE avec Israël va être rediscuté ce mardi 21 avril à Luxembourg lors d'un [Conseil des Affaires étrangères], a indiqué la veille la cheffe de la diplomatie de l'UE" [TF1 Info].

"Ce débat est organisé à la demande de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie, qui ont cosigné une lettre à la Commission européenne, adressée vendredi, réclamant un 'réexamen' de l'accord entré en vigueur en 2000", contextualise TF1 Info. L'Espagne a même "réclamé, dimanche, la rupture de cet accord d'association", ajoute France info.

En cause : le non-respect par Israël de "'ses obligations en matière de droits de l'homme' en raison des violations continues de l'accord de cessez-le-feu, de l'escalade de la violence en Cisjordanie, des attaques contre la population civile au Liban et de l'approbation de la peine de mort par le Parlement israélien" [Euronews].

L'accord d'association est un "traité signé en 1995 et entré en vigueur en 2000 entre l’Union européenne et Israël. Il établit notamment une zone de libre-échange pour la plupart des biens, notamment industriels et agricoles", explique Le Huffington Post, qui relève que "l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël". Le média précise que "l’article 2 du texte indique explicitement que le partenariat repose sur 'le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques'".

Unanimité requise

La suspension totale de l'accord d'association "requiert l'unanimité des 27 États membres de l'UE", souligne France 24. "Mais l'appel [de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie] est loin d'atteindre la position unifiée nécessaire pour aller de l'avant", constate Euronews, car "pour l'instant, il n'y a pas de large consensus parmi les États membres pour suspendre l'accord", estime un diplomate interviewé par le média européen. "Des pays comme l'Allemagne et l'Italie, qui se sont opposés à l'initiative par le passé, n'ont pas changé de position", note Euronews.

La Commission européenne a pour sa part "proposé une suspension partielle, en mettant entre parenthèses le volet commercial de l'accord, une décision qui peut être prise à la majorité qualifiée des pays de l'UE" [France info]. Mais "cette sanction, déjà évoquée en 2025 au moment de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, n'avait pas abouti en raison des réticences de plusieurs États membres, parmi lesquels l'Allemagne" [TF1 Info].

Quant à la France, elle "fait preuve de prudence, note Politico. "Interrogé à l'Assemblée nationale sur son intention de demander une suspension, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré qu'Israël devait 'modifier sa politique à l'égard de la Palestine' pour éviter cette suspension - sans toutefois aller jusqu'à affirmer que la France exigerait des changements à court terme", analyse le média européen.

Pour sa part, "la cheffe de la diplomatie de l'UE a souligné qu'il fallait d'abord 'évaluer s'il [était] possible d'avancer' sur les mesures commerciales, 'si les États membres souhaitent le faire'" [France 24]. Kaja Kallas reste toutefois "prudente sur l'issue de ces discussions et sur une éventuelle suspension du volet commercial de l'accord".

Sanctions contre les colons de Cisjordanie

Les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept devraient également "rediscuter des sanctions contre des colons extrémistes en Cisjordanie, bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie" [TF1 Info].

"La France et la Suède ont cosigné un document de réflexion […] appelant à l’interdiction des importations en provenance des colonies de Cisjordanie 'au motif que les colonies illégales ne relèvent pas du champ d’application de l’accord d’association'", indique Politico. La lettre "exhorte la Commission à 'examiner d’urgence' la faisabilité de droits de douane sur les produits des colonies et de restrictions à l’importation", précise le média européen. 

"Plusieurs pays de l'Union européenne espèrent un déblocage de la situation après la défaite électorale, le 12 avril, du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán", commente France 24. Ce dernier était "le seul à s'opposer à des mesures plus fermes à l'égard d'Israël. Mais le futur Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a laissé entendre qu'il pourrait lever son veto sur certaines initiatives de sanctions" [Politico]. "Je ne parlerai pas au nom du nouveau gouvernement, mais je pense que nous pouvons examiner toutes ces politiques et voir si elles ont une nouvelle approche", a déclaré lundi à la presse la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, citée par Euronews.

Mais "les représentants d’Orbán étant toujours présents aujourd’hui (à l’exception du ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, selon un responsable de l’UE), il est peu probable que les dossiers clés concernant Israël avancent", nuance Politico. Une fois que Péter Magyar sera au pouvoir, "les sanctions contre les colons de Cisjordanie pourraient progresser, mais la voie à suivre pour suspendre l’accord d’association est moins claire" [Politico].

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