Les étudiants iraniens ont le droit de manifester mais ne doivent pas franchir des « lignes rouges », a mis en garde mardi le gouvernement dans sa première réaction depuis la reprise samedi d'un mouvement de contestation dans certaines universités.
Ils « ont naturellement le droit de manifester », a déclaré la porte-parole Fatemeh Mohajerani. Mais il y a « des lignes rouges à protéger et à ne pas franchir, même au plus fort de la colère », a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse hebdomadaire, citant en exemples « les lieux sacrés et le drapeau » de la République islamique.
L'ex-ministre et ambassadeur britannique Peter Mandelson a été libéré sous caution après avoir été interrogé, a indiqué tôt mardi la police londonienne qui enquête sur des soupçons de transfert d'informations sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, quatre jours après l'interpellation de l'ex-prince Andrew.
Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a été arrêté vers 17H00 GMT lundi, soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques, à la suite d’allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein.
« Un homme de 72 ans, arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l'exercice de ses fonctions publiques, a été remis en liberté sous caution dans l'attente de la poursuite de l'enquête », a indiqué la police dans un communiqué publié mardi au petit matin, l'agence Presse Association précisant qu'il s'agit de Lord Mandelson.
La BBC et Sky News avaient montré dimanche des images de Peter Mandelson quittant son domicile du centre de Londres, accompagné de deux policiers en civil, un homme et une femme, qui l'avaient escorté jusqu'à une voiture banalisée.
L'arrestation de celui qui fut un pilier du parti travailliste et artisan du New Labour avec Tony Blair survient après l'interpellation jeudi de l'ex-prince Andrew, l'autre personnalité britannique mise en cause dans la tentaculaire affaire Epstein.
Le frère cadet du roi Charles III est lui aussi soupçonné d'avoir transmis des informations au pédocriminel américain, lorsqu'il était représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011. Il a été remis en liberté après plus de 10 heures de garde à vue jeudi.
La police londonienne avait indiqué le 3 février avoir ouvert une enquête contre M. Mandelson. Des documents tirés des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice, suggèrent qu'il aurait transmis au financier américain des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.
Le 6 février, la police avait indiqué perquisitionner deux résidences de Mandelson, l'une proche de Regent's Park, à Londres, et dans le Wiltshire (sud-ouest de l'Angleterre). Gordon Brown a aussi indiqué avoir transmis à la police des informations sur ce qu'il a qualifié d' « acte inexcusable et antipatriotique » de la part de Mandelson.
Des documents également issus des dossiers Epstein suggèrent par ailleurs que Peter Mandelson a reçu des versements d'un total de 75.000 dollars (63.200 euros) de la part du financier américain en 2003 et 2004. Versements dont il a indiqué n'avoir « ni trace ni souvenir ».
Toutes ces accusations ont fragilisé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, accusé d'avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington alors même qu'il savait que l'ex-ministre et ex-commissaire européen était resté proche d'Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels. Keir Starmer, qui avait rappelé M. Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 à la suite de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné.
Le gouvernement s'est depuis engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de M. Mandelson. Une première tranche devrait être publiée début mars, a indiqué un membre du gouvernement lundi. Selon la BBC, il s'agit de plus de 100.000 documents, dont les échanges électroniques entre l'ex-ambassadeur et des membres de l'exécutif. Une partie d'entre eux, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale du pays, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire, libre de décider de les rendre publics ou non.
M. Mandelson n'a fait aucune déclaration publique depuis le début de l'enquête. Un porte-parole a indiqué le 8 février qu'il « regrette et regrettera jusqu'à son dernier souffle d'avoir cru aux mensonges d'Epstein concernant ses actes criminels ». « Il n'a découvert la vérité sur Epstein qu'après sa mort en 2019. Il est profondément désolé que des femmes et des filles sans défense et vulnérables n'aient pas bénéficié de la protection qu'elles méritaient », selon ce porte-parole.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsAnnoncés dans la foulée du camouflet infligé vendredi par la Cour suprême, les nouveaux droits de douane mondiaux de 10% voulus par le président américain Donald Trump, qui a menacé de les faire passer à 15%, sont entrés en vigueur mardi.
Cette nouvelle surtaxe, dont le décret avait été signé dès vendredi, vise à remplacer les droits de douane indiscriminés existants jusqu'ici ainsi que ceux prévus par les différents accords commerciaux signés depuis leur entrée en vigueur avec la plupart des gros partenaires du pays.
Elle ne remplace pas, en revanche, les droits de douane dits sectoriels, allant de 10% à 50% sur un certain nombre de secteurs d'activité, tels que le cuivre, l'automobile ou le bois de construction, qui n'étaient pas concernés par la décision vendredi de la haute juridiction d'invalider une bonne partie des surtaxes imposées par le dirigeant républicain depuis son retour au pouvoir. Elle ne s'applique pas non plus aux produits canadiens et mexicains importés aux Etats-Unis dans le cadre du traité nord-américain de libre-échange (ACEUM).
Les services douaniers ont annoncé que la collecte des droits de douane retoqués par la Cour suprême ne sera plus effective à compter de mardi à minuit heure de Washington (05H00 GMT), au moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle surtaxe. Ils ont par ailleurs affirmé qu'ils collecteront les nouveaux droits de douane de 10% dès cet instant.
Pour ce nouveau taux, le président américain a pris pour base légale une loi de 1974 lui permettant de rééquilibrer les échanges entre les Etats-Unis et leurs partenaires économiques dès lors qu'un déséquilibre marqué de la balance des paiements est démontré.
Ces droits de douane devraient porter à 13,7% le taux effectif moyen appliqué aux produits entrants aux Etats-Unis, contre 16% avant la décision de la Cour suprême, selon le Budget Lab de l'Université Yale. Au bout de 150 jours, le gouvernement devra toutefois obtenir un vote du Congrès s'il veut maintenir ces droits de douane sur la durée.
Samedi, Donald Trump avait affirmé qu'il comptait faire passer les droits de douane à 15%, une décision fondée, avait-il alors expliqué, sur « un examen approfondi » de la décision de la juridiction suprême américaine, qu'il a jugé une nouvelle fois « ridicule » et « extraordinairement anti-américaine ». Il n'a toutefois pour l'heure pas pris de décret en ce sens.
Le décret sur les droits de 10% court jusqu'au 24 juillet, soit à peine plus de trois mois avant les élections de mi-mandat de novembre. Celles-ci pourraient voir les démocrates reprendre le contrôle de la Chambre des représentants au Congrès. Ces droits de douane ne sont possibles qu'en cas de grave déséquilibre de la balance des paiements, qui regroupe l'ensemble des mouvements financiers entre deux pays, soit les échanges commerciaux mais aussi les flux financiers ou les investissements croisés, notamment.
Ainsi, si le déficit commercial américain, concernant les biens, avec l'Union européenne s'est élevé à 236 milliards de dollars (200 milliards d'euros) en 2024, selon les données du représentant au Commerce de la Maison Blanche (USTR), le déficit de la balance des paiements n'était que d'environ 70 milliards d'euros (82,5 milliards de dollars), selon la Commission européenne.
Les droits de douane retoqués vendredi par la Cour suprême des Etats-Unis s'appuyaient sur un texte de 1977 (l'IEEPA) autorisant l'exécutif à agir dans le domaine économique sans aval préalable du Congrès en cas d' « urgence économique », laquelle n'a pas été démontrée selon les magistrats. Les droits de douane concernés ont dépassé 130 milliards de dollars en 2025, selon des analystes.
Cette décision ouvre la voie à de possibles remboursements des surtaxes déjà payées par les entreprises. Le groupe de livraison de colis FedEx a porté plainte dès lundi contre le gouvernement. Annoncés en avril, les nouveaux droits de douane visaient les pays avec lesquels les Etats-Unis affichaient un déficit commercial dans les échanges de biens, le président américain les voyant comme un outil pour les rééquilibrer.
L'objectif de Donald Trump était aussi de fournir des ressources supplémentaires à l'Etat fédéral pour compenser des baisses d'impôts. Il était cependant en partie revenu en arrière en ajoutant des exceptions pour un certain nombre de produits, en particulier ceux qui ne peuvent pas être fabriqués ou cultivés aux Etats-Unis. Ces surtaxes avaient également servi de base de négociations pour la signature d'accords commerciaux avec les principaux partenaires de Washington.
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