30.09.2026 à 10:10
La France, comme beaucoup d'autres pays, multiplie les mesures destinées à attirer sur son territoire des centres de données géants, à l'image de ceux prévus par Google près de Châteauroux ou par le fonds émirati MGX à Fouju, en Seine-et-Marne.
Bien que favorisées au nom de la « souveraineté numérique », la réalité est que ces infrastructures sont portées par des firmes étrangères et vont surtout servir, en dernière instance, les intérêts des Big Tech, en poussant les entreprises, les (…)
La France, comme beaucoup d'autres pays, multiplie les mesures destinées à attirer sur son territoire des centres de données géants, à l'image de ceux prévus par Google près de Châteauroux ou par le fonds émirati MGX à Fouju, en Seine-et-Marne.
Bien que favorisées au nom de la « souveraineté numérique », la réalité est que ces infrastructures sont portées par des firmes étrangères et vont surtout servir, en dernière instance, les intérêts des Big Tech, en poussant les entreprises, les services publics et les individus vers le cloud et le tout-numérique.
Pourquoi alors un tel empressement ? Une partie de la réponse tient aux intérêts économiques de nombreuses entreprises tricolores qui voient dans la ruée actuelle vers les datacenters une véritable aubaine : groupes énergétiques, fournisseurs d'équipements électriques, entreprises de BTP... nombreux sont les acteurs français qui comptent bien avoir leur part du gâteau, quitte à accepter leur subordination aux empires économiques des géants de la tech.
Les géants du pétrole et du gaz, comme TotalEnergies, sont aussi en embuscade, trop heureux de trouver des débouchés pour leurs hydrocarbures et des alliés pour remettre en cause les objectifs climatiques et les règles environnementales. En témoigne le récent partenariat entre le géant français et Mistral AI.
Pourtant, le boom des centres de données paraît largement déconnecté des réalités aussi bien écologiques qu'économiques, tiré qu'il est par la spéculation financière et la bulle de l'IA.
Séverin Lahaye s'était penché sur ces différents acteurs dans son enquête : Big Tech, opérateurs, fonds d'investissement, fournisseurs... À qui profite vraiment le boom des datacenters en France ?
29.09.2026 à 11:44
Pour les personnes et communautés affectées par des abus impliquant des multinationales en zones de conflit, accéder à la justice et obtenir réparation reste une mission quasi impossible.
- Multinationales en zones de conflit
Pour les personnes et communautés affectées par des abus impliquant des multinationales en zones de conflit, accéder à la justice et obtenir réparation reste une mission quasi impossible.
29.09.2026 à 11:42
Ce rapport d'expertise « Profit, complicité et impunité : les multinationales en zones de conflit », a été écrit par Soline Lethielleux pour Sciences Po Lille et l'Observatoire des multinationales. L'étude se penche, à partir de plusieurs cas concrets, sur les difficultés pour les personnes et communautés affectées par des abus impliquant des multinationales en zones de conflit à accéder à la justice et à obtenir réparation.
Ce rapport s'inscrit dans un champ de recherche en plein essor, (…)
Ce rapport d'expertise « Profit, complicité et impunité : les multinationales en zones de conflit », a été écrit par Soline Lethielleux pour Sciences Po Lille et l'Observatoire des multinationales. L'étude se penche, à partir de plusieurs cas concrets, sur les difficultés pour les personnes et communautés affectées par des abus impliquant des multinationales en zones de conflit à accéder à la justice et à obtenir réparation.
Ce rapport s'inscrit dans un champ de recherche en plein essor, celui de la responsabilité des entreprises multinationales dans les conflits armés. Prenant appui sur quatre grandes affaires judiciaires (celles de Lafarge en Syrie, de Lundin Petroleum au Soudan du Sud, de BNP Paribas au Soudan et de TotalEnergies au Mozambique), il interroge les conditions dans lesquelles le droit parvient, ou échoue, à se saisir des acteurs économiques impliqués dans des violations graves du droit pénal international.
Le rapport aborde en premier lieu la question de l'architecture normative internationale, en examinant pourquoi les multinationales demeurent structurellement hors de portée du droit international, et comment les juridictions nationales tentent de combler ce vide par le biais de la compétence universelle. Il explore ensuite la sociologie des procédures elles-mêmes : qui porte ces affaires, avec quelles ressources, face à quels obstacles, et comment les entreprises mises en cause organisent leur défense. Le cœur de l'analyse porte enfin sur les effets concrets de ces poursuites, soit leur capacité à dissuader, mais surtout leur incapacité structurelle à réparer, révélant un écart persistant entre reconnaissance symbolique de la responsabilité et justice substantielle pour les victimes. À travers cette triple lecture, ce travail de recherche questionne la place des acteurs économiques dans la gouvernance mondiale des conflits et propose des réformes afin de faire de cette responsabilisation une réalité.
Lire le rapport : Profit, complicité et impunité : les multinationales en zones de conflit (pdf, 117 pages)