19.02.2026 à 13:17
Lou Caubet

À Delhi, "la France, comme l'Inde, ont répété vouloir ouvrir une 'troisième voie' libérée de la domination américaine et chinoise dans l'IA", annoncent Les Échos. Ouvert depuis lundi, le sommet pour l'impact de l'IA rassemble de nombreux chefs d'État dans la capitale indienne. Parmi ses objectifs : "délimiter ce que pourraient être les contours d'un […]
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À Delhi, "la France, comme l'Inde, ont répété vouloir ouvrir une 'troisième voie' libérée de la domination américaine et chinoise dans l'IA", annoncent Les Échos. Ouvert depuis lundi, le sommet pour l'impact de l'IA rassemble de nombreux chefs d'État dans la capitale indienne. Parmi ses objectifs : "délimiter ce que pourraient être les contours d'un cadre législatif sur les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle", le tout sans renoncer à l'innovation, rapporte Libération. Le Premier ministre indien Narendra Modi et le secrétaire général de l'ONU António Guterres y ont notamment appelé "à garantir un accès universel à l'intelligence artificielle et à la mise en place de mesures pour encadrer son usage" [Le Parisien].
En déplacement en Inde pendant trois jours, le président français a quant à lui souligné jeudi, lors d'une déclaration conjointe avec son homologue indien, que les deux pays partagent "la nécessité de mieux réguler" la transparence des algorithmes et la protection des enfants [Libération]. France 24 rappelle que "protéger les enfants des 'abus numériques et de l'IA' [sera] une priorité de la présidence française du G7 cette année". En outre, "la France est elle-même en train de prendre des mesures pour interdire l'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux".
Ciblant "Donald Trump sans le citer" [Le Figaro], Emmanuel Macron a également vanté la voie choisie par l'Union européenne. Il a assuré "que l'Europe était un 'espace sûr', non 'centré' aveuglément sur la régulation [et] déterminé à participer à la définition des 'règles du jeu' dans l'intelligence artificielle", rapportent Les Échos. Une régulation que "l'administration américaine, invoquant la liberté d'expression, dénonce régulièrement", rappelle La Croix.
Le président français a notamment vanté les qualités du géant d'Asie du Sud en matière numérique, affirmant que "l'Inde a construit quelque chose d'unique au monde : une identité numérique pour 1,4 milliard de personnes, un système de paiement qui traite désormais 20 milliards de transactions par mois et une infrastructure de santé qui a délivré 500 millions de cartes d'identité numériques" [Les Échos]. "Une entente au beau fixe qui conduit Paris à reléguer au second plan la situation préoccupante des droits humains en Inde", ne manque pas de souligner La Croix. Tandis que la "dérive autocratique dénoncée par l'opposition et les médias indépendants […] ne devrait pas être abordée pendant ce sommet", poursuit Libération.
Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité pour les deux partenaires de "prendre ensemble le chemin de l'innovation, de l'indépendance et de l'autonomie stratégique" en la matière, cite Le Dauphiné Libéré. "L'intelligence artificielle va aider l'humanité à investir plus vite […] dans la santé, l'énergie, la mobilité, l'agriculture, les services publics et le bien commun de tous", a-t-il poursuivi [France 24]. Pour Le Parisien cependant, "la révolution en cours nourrit toutes les inquiétudes quant à son impact sur l'environnement, l'emploi, la création artistique, l'éducation ou l'information". "L'une des principales craintes porte sur les conséquences de l'IA sur le marché de l'emploi", précise La Voix du Nord. En Inde notamment, "des millions de personnes travaillent dans les centres d'appels et les services de support technique" et pourraient être remplacées par l'IA.
Enfin, La Croix note que le rapprochement de Paris et New Delhi dépasse les questions numériques : "la puissance émergente devient un partenaire privilégié de la France, notamment en matière de vente d'armes". "New Delhi a annoncé se procurer 114 Rafale supplémentaires, pour un contrat estimé à 33 milliards d'euros" la semaine passée, rappelle le quotidien. Et dans le même temps, "l'Union européenne a conclu, le mois dernier, un accord de libre-échange historique avec New Delhi".
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18.02.2026 à 13:13
Agathe Grinon

"L'UE participera à la réunion du 'Conseil de la paix' de Trump, sans en devenir membre", titre La Libre. Plusieurs pays membres de l'Union européenne et "la Commission européenne ont décidé de faire le déplacement en tant qu''observateurs'". Les délégations des pays "ont rendez-vous jeudi 19 février à Washington", résume France 24. La chaîne d'information internationale […]
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"L'UE participera à la réunion du 'Conseil de la paix' de Trump, sans en devenir membre", titre La Libre. Plusieurs pays membres de l'Union européenne et "la Commission européenne ont décidé de faire le déplacement en tant qu''observateurs'".
Les délégations des pays "ont rendez-vous jeudi 19 février à Washington", résume France 24. La chaîne d'information internationale souligne que le lieu de rencontre semble avoir une portée symbolique car il s'agit "des locaux de l'Institut des États-Unis pour la paix, récemment rebaptisé par le département d'État 'Institut Donald J. Trump pour la paix'".
"Depuis l'adhésion d'Israël le 11 février, l'organisateur revendique 27 États qualifiés de 'membres fondateurs'" du Conseil de la paix [France 24].
Les aspirations de ce Conseil et de son créateur restent encore floues car s'il a d'abord été conçu "pour discuter du sort de la bande de Gaza, [il] se veut désormais une instance ayant vocation à contourner l'ONU", commente Le Monde.
Pour l'heure, la situation au Proche-Orient semble toujours au cœur des discussions car le versement de plus "de 5 milliards de dollars pour la reconstruction et l'aide humanitaire à Gaza" sera demandé aux membres du Conseil de la paix, précisent Les Echos.
Les récentes déclarations de Donald Trump sur son média Truth Social reflètent cependant une autre ambition pour cette instance : "le Conseil de paix s'imposera comme l'organisme international le plus influent de l'histoire, et c'est un honneur pour moi d'en être le président". Cette déclaration alimente les réserves d'alliés occidentaux, "d'autant que l'adhésion comme membre permanent s'accompagne d'un ticket d'entrée à un milliard de dollars" [France 24].
Ce système de paiement à l'entrée suscite des critiques selon lesquelles le Conseil de la paix pourrait "devenir une version 'payante' du Conseil de sécurité de l'ONU", rapporte France info.
Malgré un coût d'entrée important, certains pays européens ont accepté l'invitation du président américain. "Derrière le refus de participer d’abord exprimé par Londres, Paris, Madrid ou Berlin, au moins deux capitales européennes ont ouvertement décidé d’adhérer à cette initiative", rapporte Le Monde. C'est le cas de Budapest, capitale de la Hongrie de Viktor Orbán, proche de Donald Trump et soutien au projet. "Il avait déjà annoncé en janvier, à Davos (Suisse), vouloir rejoindre cette instance, 'car la Hongrie a besoin de la paix pour continuer à croître et à se développer'", rappelle le journal.
Le média français considère l'adhésion de la Bulgarie à ce Conseil "plus surprenant[e]", et la corrèle avec une place de choix réservée au Bulgare "Nickolay Mladenov, choisi par l’administration américaine comme haut représentant pour Gaza" au sein de l'organe.
Le Kosovo et l'Albanie, deux pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne, "ont aussi annoncé leur choix de rejoindre le Conseil de la paix, arguant de leur alignement inconditionnel sur les États-Unis" [Le Monde].
La plupart des partenaires européens ont refusé l'invitation de Donald Trump mais, malgré ces réticences, l'Union européenne "a décidé de s'assurer d'une présence à la réunion inaugurale", notent Les Echos.
Ainsi, l'UE "enverra jeudi la commissaire [européenne] à la Méditerranée", Dubravka Šuica, participer à la première réunion du Conseil de la paix de Donald Trump, mais sans y adhérer [Euronews].
"L'Europe se rapproche en douce du Conseil de la paix de Trump", titre le journal belge L'Echo. Cette participation de la Commission à la séance inaugurale "alimente les polémiques" à Bruxelles, cette initiative n'ayant pas "fait l’objet de concertations avec les États membres", souligne Le Monde. Selon le journal du soir, ce déplacement à Washington traduirait surtout un souci européen "de ne pas froisser l’administration américaine".
L'exécutif européen souligne d'ailleurs "avoir toujours 'un certain nombre de questions' vis-à-vis de cet organe", notamment concernant sa compatibilité avec la charte des Nations unies [France info].
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17.02.2026 à 12:22
Valentin Ledroit

"Lorsque le département d’État a annoncé que Marco Rubio se rendrait à Munich samedi, puis en Slovaquie et en Hongrie dimanche et lundi, quelques naïfs ont voulu y voir un signal positif pour l’Europe", entame L'Opinion. "En réalité, Marco Rubio est venu en Europe avec le même message que celui du vice-président l’année dernière : l’Europe […]
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"Lorsque le département d’État a annoncé que Marco Rubio se rendrait à Munich samedi, puis en Slovaquie et en Hongrie dimanche et lundi, quelques naïfs ont voulu y voir un signal positif pour l’Europe", entame L'Opinion. "En réalité, Marco Rubio est venu en Europe avec le même message que celui du vice-président l’année dernière : l’Europe va mal et elle doit changer. Et au cas où certains en douteraient encore, son passage en Hongrie suffit à le prouver".
Après son discours lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d'État américain a donc conclu son tour d'Europe à Budapest lundi 16 février, "où il a assuré Viktor Orbán du soutien de l'administration Trump", relève Le Grand Continent. "Votre réussite est la nôtre", a adressé le chef de la diplomatie américaine au dirigeant hongrois.
En réponse, le Premier ministre magyar n'a pas caché sa satisfaction. "Un âge d’or s’est ouvert dans les relations entre les États-Unis et la Hongrie. Avec un niveau de confiance que nous n’avions pas connu depuis la visite du président Bush à la veille du changement de régime" en 1989, a salué le dirigeant nationaliste [Le Figaro].
Ces échanges d'amabilité ne sont pas surprenants. "La Hongrie de Viktor Orbán – anti-immigration, anti-woke, anti-UE et pro-Trump – est exactement l’exemple que le reste du continent doit suivre, selon [l'administration américaine], pour fonder cette alliance 'civilisationnelle' défendue à deux reprises à Munich", estime L'Opinion.
D'autant qu'"entre Washington et Budapest, les sujets de convergence ne manquent pas : arrêt aussi tôt que possible de la guerre russo-ukrainienne, quelle qu’en soit l’issue, soutien indéfectible à Israël dirigé par [Benyamin] Netanyahou, Conseil de la paix sous l’égide de Donald Trump inauguré jeudi en présence du dirigeant hongrois…", énumère Le Figaro. "La droite hongroise applaudit à toutes ces initiatives américaines et à la fin annoncée du multilatéralisme et de l’ordre international post-Seconde Guerre mondiale", souligne le quotidien français.
La presse hongroise réputée proche du pouvoir confirme cette attitude. "La visite de [Marco] Rubio s'inscrit parfaitement dans le tournant qui caractérise les relations américano-hongroises depuis […] Donald Trump. La détérioration des relations sous le gouvernement Biden a été remplacée par une coopération fondée sur des valeurs communes", écrit par exemple le Magyar Nemzet. En outre, "la proximité idéologique et les efforts diplomatiques déployés depuis une décennie par Budapest pour se rapprocher du mouvement Maga ont permis au gouvernement Orbán d’obtenir la tolérance de l’Amérique pour ses liens commerciaux avec la Russie et avec la Chine" [Le Figaro].
"Officiellement, les rencontres entre [Marco] Rubio et les dirigeants des gouvernements […] slovaque et hongrois [visaient] à discuter d'énergie, d'engagements militaires de l'Otan et d''intérêts bilatéraux et régionaux communs'. Mais ce n'est pas un hasard si le secrétaire américain a choisi de se rendre dans les deux capitales les plus proches de la vision de la Maison-Blanche", pointe Le Grand Continent.
"Les États-Unis entrent en campagne pour Orbán en Hongrie", résume Courrier international. Le chef de la diplomatie américaine a cherché "à lancer une bouée de sauvetage politique à Viktor Orbán, alors que le Premier ministre hongrois est en retard dans la plupart des sondages à l'approche des élections de ce printemps, qui pourraient voir le [chef de gouvernement] le plus pro-russe et le plus ancien d'Europe être évincé du pouvoir", note The Washington Post. En poste depuis 2010 après un premier mandat de 1998 à 2002, Viktor Orbán apparaît devancé "par la formation d’opposition TISZA [emmenée par l'eurodéputé Péter Magyar], également conservatrice", précise Courrier international.
Dans ce contexte, l'exécutif américain multiplie ses prises de position en faveur du chef de file de la droite nationaliste européenne. "Dans un message publié la semaine dernière sur Truth Social, Trump a apporté son soutien à Orbán pour les élections d'avril, le qualifiant de 'leader véritablement fort et puissant' et de 'véritable ami, combattant et VAINQUEUR'" [The Washington Post].
Le quotidien américain relève que "le soutien apporté par Rubio à Orbán est le dernier exemple en date des efforts déployés par l'administration Trump pour maintenir au pouvoir des dirigeants populistes de droite qui ont fait l'éloge du président Donald Trump et sont considérés comme partageant la même idéologie. Cet été, Karol Nawrocki, novice en politique, a remporté de justesse le second tour de l'élection présidentielle en Pologne". Grand admirateur de l'actuel président américain, le candidat avait été reçu à la Maison-Blanche peu de temps avant le premier tour du scrutin. Une attitude qui avait soulevé en Pologne des accusations d’ingérence américaine.
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