21.09.2026 à 12:03
Manon Mazuir

"Il y a beaucoup de choses difficiles à prévoir en Russie. Le résultat de cette élection n'en faisait pas partie", entame la BBC. Le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, a "sans surprise remporté les élections législatives russes, dimanche 20 septembre" [France info]. "Ces législatives, les premières depuis le début de l'offensive à grande échelle […]
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"Il y a beaucoup de choses difficiles à prévoir en Russie. Le résultat de cette élection n'en faisait pas partie", entame la BBC. Le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, a "sans surprise remporté les élections législatives russes, dimanche 20 septembre" [France info].
"Ces législatives, les premières depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022, [visaient] à renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe", contextualise BFM TV, qui précise qu'"elles se sont aussi déroulées dans les territoires d'Ukraine occupés et annexés par la Russie".
"Selon les derniers résultats provisoires de la Commission électorale centrale russe, portant sur 83,52 % des procès-verbaux, Russie unie recueille 57,82 % des voix sur les listes nationales. Le Parti communiste arrive loin derrière avec 13,84 %, suivi du Parti libéral-démocrate (LDPR) avec 8,77 % et enfin du parti Nouvelles Personnes avec 7,07 %", égrène Euronews. "Les résultats définitifs [seront] annoncés au plus tôt le 25 septembre", précise the Kyiv Post.
"La formation au pouvoir semble en passe de nettement améliorer son score de 2021 (49,8 %) et elle est, selon les projections de l'agence Tass [agence de presse nationale de Russie], d'ores et déjà assurée de conserver sa majorité des deux tiers des députés siégeant à la Douma, permettant de modifier la constitution" [Courrier international].
Côté participation, selon Euronews, celle-ci "s'établit ce lundi à près de 57 %, un niveau supérieur à celui de 2021, lorsque 51,72 % des électeurs avaient voté". "Les territoires annexés de l’est de l’Ukraine, qui participaient pour la première fois aux législatives, ont connu une forte participation et massivement voté pour le parti de Vladimir Poutine", rapporte Le Figaro.
"Grâce à un appareil d’État fondé sur la répression électorale et la répression de la liberté d’expression, 'Russie unie' était en position de l’emporter" [The Kyiv Independent]. Face au parti du Kremlin, "seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine ont été autorisées à concourir. Le seul parti frontalement opposé à la guerre, Iabloko, avait été écarté", fait valoir Courrier international.
"[Laissée hors du scrutin], l'opposition en exil avait appelé tous les 'Russes opposés à la guerre' à voter contre le parti de Vladimir Poutine le même jour à la même heure, dimanche à midi, pour montrer leur nombre", relate France info. "Des électeurs anti-Kremlin ont répondu à l’appel" [Le Monde] "pour créer des files d'attente devant les bureaux de vote […] le plus tard possible. Leur logique [était] la suivante : [avec un vote plus] tardif, et avec un véritable bulletin papier plutôt qu'électronique, [il devait être plus] difficile de le falsifier dans la dernière ligne droite" [France info].
"D’autres avaient prévu de se rendre aux urnes avec une pomme à la main. Rien n’interdit de venir avec un fruit. Mais la pomme est le symbole de… Iabloko. Sur les réseaux sociaux a circulé l’avertissement affiché à l’entrée d’un bureau de vote : pas de pomme", raconte Le Monde. De son côté, l'Union européenne a dénoncé des élections se déroulant dans un climat de "répression systématique et institutionnalisée" [France info].
Comme le rappelle le média ukrainien The Kyiv Independent, "selon l’organisation de défense des droits de l’homme OVD-Info, plus de 2 000 Russes sont actuellement emprisonnés pour des raisons politiques". "Grâce à un soutien artificiellement créé parmi les citoyens russes, ces élections législatives donnent à Poutine et à son régime davantage de marge de manœuvre pour poursuivre leur guerre contre l’Ukraine".
"Le dernier jour des élections a été précédé au petit matin d’attaques massives de drones ukrainiens, les autorités russes [ayant] affirmé en avoir abattu plus de 1 600 dans le pays dont 450 visaient Moscou" [Le Figaro]. Ces attaques ont "tué deux personnes dans la périphérie de la capitale, d'après les autorités russes" et "une importante raffinerie a été endommagée" à Moscou également, observe Courrier international. "Un drone ukrainien a également frappé un bus dans la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine contrôlé par la Russie, tuant deux personnes dont une employée de la Commission électorale", poursuit l'hebdomadaire français.
Parallèlement, "la Commission électorale a annoncé avoir observé 'plus d’un millier' de vagues d’attaques destinées à saturer de requêtes le système de vote électronique, ainsi que des attaques contre 'l’infrastructure de télécommunications de la Russie dans son ensemble'" [20 Minutes]. "Moscou a accusé Kiev d'avoir voulu perturber les élections. Le ministère russe de la Défense a promis d''intensifier' ses frappes contre des cibles militaires à Kiev en représailles" [Euronews].
Le chef d'État ukrainien "s'est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a sommé Kiev ces derniers jours de cesser ses frappes contre les raffineries russes. Il a indiqué avoir convenu d'une rencontre à New York dans les prochains jours avec le président américain, avec qui il a évoqué 'des idées pour des mesures de désescalade'" [Courrier international].
Mais pour la BBC, le Kremlin devrait se servir du résultat des élections pour justifier "les décisions […] concernant le déroulement de la guerre". Et "quelles seront ces décisions ?", s'interroge la radio anglaise. "Le président Poutine a récemment exclu une nouvelle vague de mobilisation". Mais "malgré les démentis officiels, la société russe reste profondément inquiète quant à la possibilité d’une nouvelle vague de mobilisation", conclut le média d'outre-Manche.
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18.09.2026 à 12:05
Manon Mazuir

"Un scrutin dont l'issue semble évidente", entame France info. De vendredi 18 à dimanche 20 septembre, "la Russie organise ses premières élections depuis qu'elle a attaqué l'Ukraine en février 2022. Le pays va renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement pour les cinq ans à venir" [Les Échos]. "Il y a 450 sièges de députés […]
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"Un scrutin dont l'issue semble évidente", entame France info. De vendredi 18 à dimanche 20 septembre, "la Russie organise ses premières élections depuis qu'elle a attaqué l'Ukraine en février 2022. Le pays va renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement pour les cinq ans à venir" [Les Échos]. "Il y a 450 sièges de députés à renouveler, dont la moitié au travers d'un vote national et l'autre moitié grâce à un vote régional", précise le quotidien français.
La formation de Vladimir Poutine, Russie Unie, "détient actuellement 310 sièges à la Douma et doit en remporter au moins 300 pour conserver sa supermajorité et sa capacité à faire adopter des réformes constitutionnelles sans le soutien d'autres partis", explique BFM TV.
"L'élection se déroule également en Crimée, annexée par la Russie à l'Ukraine en 2014, et dans les parties envahies et contrôlées par la Russie des régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson", précise la chaîne de télévision.
Les résultats "sont courus d’avance", prévient le New York Times. Pour le quotidien américain, "les Russes n’ont peut-être guère de raisons de s’intéresser à ces élections législatives mises en scène". Et le site russe en exil Meduza confirme que "de nombreux électeurs potentiels sont de plus en plus sceptiques quant à l’idée même de se rendre dans un bureau de vote ou d’utiliser le système de vote électronique à distance, puisque les résultats seront de toute façon ‘truqués’".
"À ce stade, le seul enjeu porte sur le taux de participation et sur l'obtention d'un score supérieur à celui des législatives de 2021, pour témoigner du soutien du peuple à la guerre", notent Les Échos. "Mais le score sera à prendre avec précaution, le bourrage d'urnes étant fréquent en Russie", rappelle BFM TV.
"Les observateurs indépendants de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] n’ont pas été autorisés à surveiller le scrutin", prévient Le Monde. Et le "seul organisme indépendant de surveillance électorale à l'échelle nationale, Golos, qui a vivement critiqué la conduite des élections passées, a fermé ses portes en 2025 après des années de pression des autorités", souligne l'agence de presse Reuters.
"Sans surprise, Russie unie arrive en tête des sondages", relèvent Les Échos. "Seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine - les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes - ont été autorisées à concourir" [Le Parisien].
"Iabloko, le seul parti frontalement opposé à la guerre en Ukraine, a d’abord été autorisé à participer au scrutin avant d’en être privé par la justice au mois d’août, dans un contexte de répression de toute forme d’opposition", détaille le quotidien français. "Son vice-président, Lev Chlosberg, a été condamné à onze ans et un mois de prison, […] ayant été reconnu coupable 'd'actions publiques visant à discréditer le recours aux forces armées' russes" [France info].
Mais "le Kremlin ne se limite pas à la sphère politique pour étouffer les contestations. La répression au sein de la société russe, déjà répandue et documentée, 'ne cesse d'augmenter'", alerte Tanya Lokshina, directrice adjointe de la division Europe et Asie centrale de l'ONG Human Rights Watch, citée par France info. "Les opposants sont accusés d’être des 'agents de l'étranger'. Ils sont poursuivis, arrêtés, enfermés. Ou alors, contraints à l’exil…", alerte la télévision belge RTBF.
Si les résultats des législatives font peu de doute, "elles remplissent néanmoins une fonction importante" : "vérifier si la population reste fidèle", décrypte la Deutsche Welle. Car le média allemand décrit un climat d'"anxiété" et de "fatigue" en Russie, face à la guerre en Ukraine, alimenté par "les pénuries de carburant, les frappes de drones et les rumeurs de mobilisation" militaire.
Depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la mobilisation "serait annoncée 'à l'automne' après les législatives, le chef de l'État russe et son entourage ont réfuté à de multiples reprises ce 'scénario', très impopulaire jusque dans les cercles dirigeants à Moscou" [France 24].
En outre, "l’économie est mise à rude épreuve par des dépenses de guerre galopantes", affirme le New York Times. Ces législatives interviennent "alors que la cote de popularité de Vladimir Poutine s’effondre, que le nombre de victimes sur le front ne cesse d’augmenter et que les gains territoriaux restent minimes dans ce conflit qui s’éternise", confirme le média britannique The Independant.
Raisons pour lesquelles Vladimir Poutine "a exhorté les Russes à voter, affirmant que la participation démontrerait que des millions de personnes soutiennent les troupes russes et s'opposent aux efforts visant à affaiblir le pays" [The Kyiv Post].
"En Russie, une maxime attribuée à Joseph Staline semble en tout cas toujours d’actualité : 'Ce qui compte ce n’est pas le vote, mais qui et comment on compte les votes'", conclut la RTBF.
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17.09.2026 à 12:04
Valentin Ledroit

"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain […]
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"En cette rentrée 2026, les défis auxquels Ursula von der Leyen doit faire face n’ont fait que s’intensifier", entame Libération. Sur la scène internationale, "les agressions russes se multiplient, […] les États-Unis se muent en adversaires et […] la Chine fait peser une pression croissante sur l'économie européenne", pendant que "l’extrême droite grappille du terrain un peu partout sur le continent", liste le quotidien français.
Pour répondre à ces incertitudes, la présidente de la Commission européenne était à Strasbourg, mercredi 16 septembre, pour prononcer son discours sur l'état de l'Union. Dans une allocation "plus longue que d'habitude, [elle] a plaidé avec force en faveur de la résilience et de l'indépendance de l'Europe", écrit la télévision irlandaise RTÉ.
Le Tagesschau énumère certaines des nombreuses annonces formulées mercredi par la cheffe de l'exécutif européen : "un plan européen contre les vagues de chaleur, un paquet bancaire, une société européenne pour les matières premières critiques, un nouveau Conseil européen de sécurité, un dialogue avec les grandes entreprises du secteur de l'IA sur les opportunités et les risques. Et ce n'est là qu'un petit aperçu". Le média allemand souligne enfin que "les annonces peuvent être une chose utile", mais que leur réalisation concrète reste à observer.
L'annonce la plus commentée du discours concerne le Canada. Pour Il Foglio, il s'agit même de "la seule initiative, pour ainsi dire, 'expansionniste' d’un discours qui, pour le reste, a semblé parler davantage d’une Europe à défendre que d’une Europe à faire grandir". Devant le Premier ministre canadien Mark Carney, Ursula von der Leyen a proposé d'ouvrir la voie à un statut inédit de "membre associé" de l'Union européenne pour Ottawa.
Outre-Atlantique, Le Devoir s'interroge sur les conséquences d'un tel statut qui "n’existe pas dans les traités de l’UE". "Jusqu’où pourrait aller ce rapprochement ? Cela reste encore à définir". Certains secteurs pourraient être ainsi concernés par des collaborations renforcées : "l’énergie, les minéraux critiques, les batteries, l’intelligence artificielle et la cybersécurité", souligne le quotidien québécois, qui rappelle que les deux blocs se sont récemment rapprochés. Par exemple, le Canada bénéficie déjà d'un accès privilégié "à certains programmes européens, notamment Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation de l’UE, depuis 2024".
L'Opinion relève que cette annonce "a dérouté plus d’un diplomate européen". Certains responsables interrogés par le journal évoquent "trop de complications juridiques, trop de questions potentiellement explosives si les deux parties décidaient d’harmoniser un minimum leurs législations".
Au-delà de ce nouveau statut pour le Canada, la presse européenne s'interroge également sur la traduction concrète d'autres annonces formulées par Ursula von der Leyen. "La présidente de la Commission assure vouloir trouver des remèdes. Des remèdes qui, avant tout, passent par l’Europe elle-même. Des remèdes, aussi, aux contours encore très flous", juge Libération.
El País revient notamment sur la question migratoire, mise en lumière par la récente crise à Ceuta, ainsi que sur la proposition d'un "'protocole de sécurité', qui serait déclenché lorsqu'un État se sentirait menacé dans sa sécurité, par exemple en cas d'incursions de drones, de cyberattaques ou d'actes de sabotage".
Pour le journal espagnol, l'annonce "d'un nouveau règlement qui permettrait aux États membres de suspendre - ou, comme elle l’a dit, d’'assouplir' - les règles en matière d’immigration en cas de crise" témoigne d’un "nouveau durcissement de la position de l’UE en matière d’asile, une Union qui se retranche derrière ses frontières et cherche désormais à mettre en place des centres de rétention en dehors de son territoire".
Après les épisodes extrêmes de l'été (canicule, incendies et sécheresse), la réaction d'Ursula von der Leyen sur la question climatique était également très attendue. "Cet été a été [celui] de la vérité. Presque aucune région de notre continent n’a été épargnée", a-t-elle déclaré, citée par Politico. "Mais bien qu’elle ait mis l’accent sur les problèmes et leur caractère urgent, Mme von der Leyen a évité de proposer des solutions aux causes sous-jacentes".
Le média relève certaines annonces faites sur le sujet comme la mise en place d'un "plan sur la résilience de l'UE face au changement climatique" ou la création d'une "Alliance pour l'assurance climatique", mais estime que "les mesures réglementaires visant à minimiser les risques de catastrophe […] n'ont pas été évoquées".
L'Opinion souligne enfin la difficulté pour Ursula von der Leyen de transformer toutes ces annonces en véritables décisions européennes. "Au fond, c’est ce même dilemme auquel la présidente de la Commission est éternellement confrontée : tenter l’audace mais au risque de heurter les gouvernements nationaux ou bien jouer la prudence, quitte à voir fleurir les procès en immobilisme".
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