03.04.2025 à 12:19
"La planète entière retenait son souffle. Le trublion à la Maison-Blanche, si fier de sa posture jacksonienne, un savant mélange de populisme et de chauvinisme, allait-il mettre ses menaces à exécution et décréter une guerre commerciale tous azimuts ? Le 'jour de la libération' tant annoncé par Donald Trump est arrivé et il n'a pas déçu […]
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"La planète entière retenait son souffle. Le trublion à la Maison-Blanche, si fier de sa posture jacksonienne, un savant mélange de populisme et de chauvinisme, allait-il mettre ses menaces à exécution et décréter une guerre commerciale tous azimuts ? Le 'jour de la libération' tant annoncé par Donald Trump est arrivé et il n'a pas déçu les plus anxieux", entame Maurin Picard, correspondant du Soir aux Etats-Unis.
"Donald Trump déclare la guerre commerciale au monde", titre purement et simplement RFI. Ce mercredi 2 avril en fin de journée, le président américain a dévoilé les nouveaux droits de douane drastiques imposés à 185 pays et territoires à travers le monde. Une mesure qui risque de bouleverser "des décennies de politique commerciale américaine" et qui menace "de déclencher une guerre commerciale mondiale", alerte The Guardian.
"Il l'annonçait depuis des semaines, il l'a fait" [RFI]. "Dans quelques instants, je signerai un décret historique instituant des droits de douane réciproques sur [les importations] des pays du monde entier", a déclaré Donald Trump hier, en fin d'après-midi, depuis les jardins de la Maison-Blanche. Devant les journalistes, le milliardaire a célébré l'"un des jours les plus importants de l'histoire américaine".
Ce dernier a finalement décidé d'imposer un tarif douanier universel de 10 % sur les importations de 185 pays et territoires des quatre coins de la planète. "Un coup dur porté au libre marché, qui vise notamment à promouvoir la production locale, à forcer les sociétés à rapatrier les usines outre-Atlantique, ainsi qu'à punir les partenaires économiques qui 'maltraitent' Washington, argumente depuis des mois le dirigeant républicain", explique Le Figaro.
Sont concernées les plus grandes puissances mondiales comme les endroits les plus reculés, telles que les îles Heard-et-MacDonald, territoire australien situé dans l'océan Indien, "dépourvu d'êtres humains, mais habité par des colonies de phoques et de pingouins", ironise (à moitié) Euronews.
"Le tarif universel de 10 % entrera en vigueur le 5 avril tandis que les tarifs réciproques débuteront le 9 avril", précise The Guardian.
Donald Trump a donc "également imposé des droits de douane supplémentaires individualisés à une soixantaine de pays, qu'il considère comme les plus grands contrevenants commerciaux", rapporte Politico. Parmi eux, l'Union européenne et ses 27 Etats membres, visés par des droits de douane supplémentaires à hauteur de 20 %.
"Nous allons maintenant faire payer l'Union européenne. Ils sont des commerçants très, très durs. Vous pensez que l'Union européenne est très amicale, mais ils nous arnaquent. C'est tellement triste à voir. C'est pathétique", a déclaré le président américain hier pour justifier cette mesure [Politico].
Dans le reste du monde, les droits de douane supplémentaires sur les importations aux Etats-Unis s'élèvent à 34 % pour la Chine, 24 % pour le Japon, 30 % pour l'Afrique du Sud, 32 % pour la Turquie, 26 % pour l'Inde ou encore 24 % pour l'Australie. Côté européen (hors UE), ils atteignent 10 % pour le Royaume-Uni, l'Ukraine et l'Islande, 31 % pour la Suisse et 15 % pour la Norvège.
A noter que la Russie fait partie des rares pays qui ne figurent pas dans cette longue liste, tout comme la Corée du Nord, la Biélorussie ou encore Cuba. La raison ? Ces Etats sont "déjà confrontés à des tarifs douaniers extrêmement élevés" et concernés par des "sanctions imposées précédemment qui empêchent tout commerce significatif" entre eux et les Etats-Unis, a expliqué un responsable de la Maison-Blanche au New York Times.
"A peine assenés, les droits de douane extrêmement lourds imposés mercredi 2 avril dans le monde entier par le président Donald Trump, que les réactions, outrées, ont commencé à tomber", rapporte Libération. "L'Europe est prête à réagir", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ajoutant : "Nous défendrons toujours nos intérêts et nos valeurs. Nous sommes prêts à passer de la confrontation à la négociation", rapporte Euronews.
"Cela fait des semaines que la Commission européenne, compétente en matière de commerce, prépare sa riposte", indique Le Monde. Le journal du soir explique que les dirigeants européens "misent encore sur un accord avec Washington, qui leur permettrait d'éviter le pire", pensant qu'il existe "un espace pour négocier […] tant le jeu de la Maison-Blanche est dangereux pour la croissance des deux côtés de l'Atlantique".
Pour contrer ces nouveaux droits de douane, l'exécutif européen prépare deux documents, nous apprend le quotidien français. "Le premier est une liste de mesures de rétorsion qui pourraient entrer en vigueur fin avril ou début mai, le second énumère les sujets sur lesquels les Vingt-Sept seraient prêts à négocier avec Washington si les nouveaux droits de douane américains étaient finalement suspendus. Ils seront communiqués aux Etats membres et à la Maison-Blanche à la mi-avril."
Par ailleurs, la Commission devrait, d'ici à une semaine, envoyer aux Vingt-Sept, pour une validation avant la mi-avril, la liste des produits américains qu'elle entend surtaxer en réponse aux droits de douane sur l'acier et l'aluminium imposés depuis le 12 mars par Washington et qui concernent 26 milliards d'euros d'exportations européennes.
Pour rappel, les échanges commerciaux annuels entre les Etats-Unis et l'Union européenne atteignent environ 1 500 milliards d'euros, avec un excédent de 150 milliards d'euros pour ce côté-ci de l'Atlantique. Mais le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a tenu à rappeler que les géants américains du numérique "réalisent 25 % de leurs revenus en Europe, [soit] plusieurs centaines de milliards d'euros chaque année". Une donnée que la Commission a évidemment en tête dans la préparation de sa riposte.
Parmi les nombreuses annonces de Donald Trump, les ultramarins français ont eu la surprise de voir leur territoire figurer dans le tableau récapitulatif des nouvelles surtaxes douanières américaines. Ainsi "les départements et territoires ultramarins français vont être soumis dans les prochains jours à des niveaux de taxation individuels, bien différents des 20 % qui vont s'appliquer à l'UE", annonce La 1ere.
La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte, qui sont "parties intégrantes du territoire douanier de l'UE mais considérées fiscalement comme des territoires tiers […] verront leurs produits imposés à hauteur de 10 % supplémentaires par les autorités américaines", et non 20 % comme pour l'ensemble de l'UE, poursuit le média ultramarin. "En revanche, la Réunion, qui bénéficie pourtant du même statut légal, verra ses produits taxés à hauteur de 37 %".
"Le gouvernement américain prévoit aussi d'imposer des droits de douane de 50 % sur les produits importés depuis l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon mais de 10 % sur ceux arrivant de la Polynésie française, deux territoires qui ne font pas partie de l'Union européenne aux yeux des douanes", abonde La 1ere.
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03.04.2025 à 11:54
C'est ce qui s'appelle frapper fort. Mercredi 2 avril, tard dans la soirée, Donald Trump a mis ses menaces à exécution en annonçant une série de mesures protectionnistes visant les importations en provenance de l’Union européenne et du reste du monde. Depuis les jardins de la Maison-Blanche et devant un parterre de chefs d’entreprise et […]
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C'est ce qui s'appelle frapper fort. Mercredi 2 avril, tard dans la soirée, Donald Trump a mis ses menaces à exécution en annonçant une série de mesures protectionnistes visant les importations en provenance de l’Union européenne et du reste du monde.
Depuis les jardins de la Maison-Blanche et devant un parterre de chefs d’entreprise et de membres de son gouvernement, il a proclamé l’entrée en vigueur imminente de "droits de douane réciproques", avec des taxes spécifiques par pays et par secteur.
Lors d’une allocution soigneusement mise en scène, le président américain a dénoncé les déséquilibres commerciaux qui, selon lui, nuisent aux Etats-Unis depuis des décennies. "Ce qu’ils nous font, nous leur faisons", a-t-il martelé, affirmant que ces mesures marquaient "le jour de la libération" pour l’économie américaine.
L’Union européenne est particulièrement visée. Le milliardaire a ainsi annoncé une taxe de 20 % sur tous les produits européens entrant aux Etats-Unis. "L’Europe nous arnaque, eux, c’est 39 % qu’ils prennent. On va leur en demander à peine la moitié", a-t-il justifié.
En l'état actuel des choses, le taux moyen des droits de douane appliqués par l’UE au pays de l'Oncle Sam avoisine les 4 %, soit un niveau légèrement supérieur à celui pratiqué par les Etats-Unis sur leurs importations (3,5 %). L’administration américaine semble donc avoir obtenu le chiffre de 39 % en y intégrant ses propres estimations des coûts engendrés par la TVA – qui s’élève par exemple à 20 % en France – ainsi que par diverses barrières non tarifaires, telles que les réglementations environnementales et sanitaires.
Les produits chinois, eux, seront frappés d’une taxe encore plus lourde, à hauteur de 34 %, tandis que le Royaume-Uni verra ses exportations soumises à un minimum de 10 %.
Si l’ensemble des produits européens sont touchés par ces nouvelles taxes, certains secteurs seront plus durement impactés. L’industrie automobile en tête : les voitures fabriquées à l’étranger seront désormais taxées à 25 %. Une mesure qui vise directement les constructeurs allemands tels que BMW, Mercedes et Audi, très présents sur le marché américain.
L’aéronautique, les produits pharmaceutiques et les vins et spiritueux français sont également dans le viseur. En 2023, ces secteurs ont exporté respectivement 7,9 milliards, 4,1 milliards et 3,9 milliards d’euros outre-Atlantique. Un marché crucial qui risque d’être lourdement affecté par cette guerre commerciale.
Pour le reste, Donald Trump annonce également que les produits étrangers seront par défaut frappés d'au moins 10 % de droits de douane. En précisant les objectifs : réindustrialiser son pays et y créer des emplois, tout en augmentant les recettes fiscales.
Avec seulement 6,2 % de ses exportations destinées aux Etats-Unis, la France semble moins exposée que d’autres pays européens aux nouvelles taxes américaines, bien que sujette aux 20 % de taxes annoncées. Selon Le Parisien, les secteurs les plus touchés seraient l’aéronautique (7,9 milliards d’euros d’exportations en 2023), l’industrie pharmaceutique (4,1 milliards) et les boissons (3,9 milliards), qui pourraient subir un impact significatif.
L'heure est toutefois à la vigilance. Alors que la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a déjà fait part de son inquiétude, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait réunir à l'Elysée, dès ce jeudi après-midi, "les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis".
Par ailleurs, les nouveaux plans du gouvernement américain prévoient des droits de douane différenciés et plus sévères vis-à-vis des territoires d’Outre-mer par rapport au reste de l’UE. Ainsi, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte seront soumises à une taxe supplémentaire de 10 %, tandis que La Réunion, bien qu’ayant le même statut légal, verra ses exportations taxées à 37 %.
Les Etats-Unis comptent imposer des droits de douane de 50 % sur les produits en provenance de Saint-Pierre-et-Miquelon - taxation la plus élevée à l'échelle du globe avec le Lesotho - contre seulement 10 % pour ceux issus de la Polynésie française, ces deux territoires n’étant pas considérés comme faisant partie de l’Union européenne aux yeux des douanes américaines.
L’Union européenne n’a pas tardé à réagir. Depuis un sommet en Ouzbékistan, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé "un coup dur pour l’économie mondiale", avertissant que ces mesures entraîneraient une montée de l’inflation.
Toutefois, Bruxelles veut encore croire à une issue négociée. "Il n’est pas trop tard pour répondre aux préoccupations par les négociations", poursuivi la cheffe de l'exécutif européen, précisant que des discussions étaient en cours avec les autorités américaines.
En cas d’échec des pourparlers cependant, la riposte sera inévitable. L’UE prévoit déjà d’appliquer, à partir de mi-avril, des droits de douane ciblés sur certains produits américains comme les motos, les bateaux ou encore le bourbon. "Nous nous préparons maintenant à d’autres contre-mesures pour protéger nos intérêts et nos entreprises", a averti l'Allemande.
Cette nouvelle salve de mesures protectionnistes, sans précédent depuis les années 1930, pourrait en tout cas avoir des conséquences majeures sur le commerce international. "Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis", a asséné sans détour Donald Trump. Avec ces annonces, le risque de voir l’inflation grimper et la compétitivité des entreprises américaines s’éroder existe pourtant.
L’entrée en vigueur des taxes américaines est prévue en deux temps : le 5 avril pour les droits de douane minimaux de 10 %, et le 9 avril pour les mesures spécifiques visant l’Europe, la Chine et d’autres partenaires commerciaux.
La guerre commerciale est bel et bien déclarée.
Territoire | Nouveaux droits de douane |
Albanie ![]() | 10 % |
Andorre ![]() | 10 % |
Arménie ![]() | 10 % |
Azerbaïdjan ![]() | 10 % |
Bosnie-Herzégovine ![]() | 35 % |
Géorgie ![]() | 10 % |
Gibraltar ![]() | 10 % |
Groenland ![]() | 0 % |
Guernesey ![]() | 0 % |
Île de Man ![]() | 0 % |
Îles Féroé ![]() | 0 % |
Islande ![]() | 10 % |
Jersey ![]() | 0 % |
Kosovo ![]() | 10 % |
Liechtenstein ![]() | 37 % |
Macédoine du Nord ![]() | 33 % |
Moldavie ![]() | 31 % |
Monaco ![]() | 10 % |
Norvège ![]() | 30 % |
Royaume-Uni ![]() | 10 % |
Russie ![]() | 0 % |
Saint-Marin ![]() | 10 % |
Serbie ![]() | 37 % |
Suisse ![]() | 31% |
Svalbard et Jan Mayen ![]() | 10 % |
Turquie ![]() | 10 % |
Ukraine ![]() | 10 % |
Vatican ![]() | 0 % |
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03.04.2025 à 10:05
D'un côté, le président américain Donald Trump frappe l'Europe de taxes supplémentaires sur ses exportations : 25 % sur l'acier et l'aluminium depuis le mois de mars 2025, 20 % sur la plupart des produits européens à partir du 9 avril… De l'autre, le Premier ministre britannique Keir Starmer appelle à rapprocher les systèmes douaniers […]
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D'un côté, le président américain Donald Trump frappe l'Europe de taxes supplémentaires sur ses exportations : 25 % sur l'acier et l'aluminium depuis le mois de mars 2025, 20 % sur la plupart des produits européens à partir du 9 avril… De l'autre, le Premier ministre britannique Keir Starmer appelle à rapprocher les systèmes douaniers du Royaume-Uni et de l'Union européenne. Outils économiques et potentielles armes politiques, les droits de douane participent à fluidifier ou à réguler les échanges commerciaux.
Ce qui explique aussi leur rôle moteur dans la construction européenne. Dès 1968, une union douanière supprime tous les obstacles tarifaires entre les six pays fondateurs de la Communauté économique européenne. Les droits de douane, ces impôts prélevés sur les produits dès lors qu'ils franchissent une frontière, sont ainsi abolis entre l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. En contrepartie, un tarif douanier commun est mis en place aux frontières extérieures de l'Union, appliqué aux marchandises importées de pays tiers.
L’union douanière européenne inclut aujourd’hui les 27 pays de l’UE ainsi que Monaco. Le Royaume-Uni en est quant à lui sorti le 1er janvier 2021, conséquence du Brexit. L’Union européenne a par ailleurs conclu des unions douanières spécifiques avec la Turquie, Andorre et Saint-Marin.
L'UE n'est pas la seule à avoir créé une union douanière : les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) ont par exemple créé une zone de libre-échange. Pourtant, le système européen reste un cas à part. Il garantit non seulement la libre circulation des biens au sein du marché unique, mais aussi celle des services, des capitaux et des personnes, une dimension absente d’autres unions douanières. Surtout, dans l’Union européenne, la Commission gère la politique commerciale commune pour les Etats membres qui lui ont délégué cette compétence. Contrairement aux pays de l’ASEAN qui possèdent un tarif extérieur commun, mais restent libres de négocier des accords bilatéraux avec des pays tiers.
Ainsi, pour l'Union européenne les droits du tarif douanier commun sont fixés par le Conseil de l'UE, sur proposition de la Commission (article 31 du TFUE).
Avec 450 millions de consommateurs potentiels, le marché européen est attrayant pour les pays exportateurs. D'autant que la libre circulation en vigueur permet aux marchandises transitant via un pays de l'UE de circuler ensuite librement à l'intérieur du marché, sans subir de nouveaux droits de douane. L'Europe garde donc un œil sur les marchandises entrant dans son marché pour protéger les producteurs européens. Les droits de douane sont aussi une importante source de revenus : ils représentent environ 15 % du budget de l'UE, au titre de ses "ressources propres traditionnelles".
Puisque les Vingt-Sept ne paient plus de droits de douane entre eux, un tarif douanier commun ceint les pays membres de l'union douanière européenne. En l’absence de droits de douane entre les membres de l’Union, le tarif extérieur permet d’éviter une concurrence entre les pays.
L’union douanière avec la Turquie
La Turquie a conclu une union douanière avec l'Union européenne en 1995. Celle-ci supprime les droits de douane et instaure la libre circulation des marchandises entre les deux parties, sauf pour les produits agricoles et les produits issus du charbon et de l’acier.
Concrètement, les tarifs sont fixés par le Conseil sur proposition de la Commission européenne, tout en veillant au respect des règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ils sont réajustés chaque année, en fonction des décisions commerciales (accords commerciaux, mesures de défense commerciale…). La dernière révision s'applique officiellement depuis le 1er janvier 2025. Mais face à la forte hausse de droits de douane annoncée par Donald Trump le 2 avril, l'UE devrait prochainement en place ses propres contre-mesures, notamment en relevant ses propres taux vis-à-vis de certains produits américains.
Trois critères entrent en jeu pour déterminer le montant des droits : la classification du produit, son origine (les pays en développement bénéficiant de préférences tarifaires), et la présence d'éventuels accords commerciaux, quotas ou restrictions.
Les droits de douane sont calculés en fonction de la valeur du produit. Autrement dit son coût d’achat, auquel on ajoute l'assurance et le coût du transport. Pour connaître le niveau de taxation en vigueur, les autorités s'appuient sur le Tarif intégré de l'Union européenne (TARIC). Il s'agit d'une base de données spécifique à l'Union européenne bien que fondée sur celle de l'Organisation mondiale des douanes. Cette dernière est notamment utilisée lors des négociations sur les accords commerciaux.
L'UE dispose d'un tarif douanier commun. Pour une même marchandise, quel que soit son pays d'origine, c'est le même taux qui s'applique uniformément à tous les pays importateurs. Ainsi, un long manteau de laine de plus d'1 kg sera taxé à hauteur de 12 % à son entrée dans l'UE, quelle que soit sa provenance.
Certains cas font toutefois exception :
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