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21.04.2026 à 16:13

L'élève meurtrier de l'enseignante Agnès Lassalle jugé pendant quatre jours à Pau

FRANCE24

Le 22 février 2023, la professeure d'espagnol de 53 ans, qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin, a été tuée d'un coup de couteau à la poitrine porté par l'adolescent. A 09H45 ce jour-là, le garçon, alors âgé de 16 ans, se lève, verrouille la porte de la salle et se retourne avant d'aller frapper Agnès Lassalle au niveau du coeur avec un couteau de cuisine "d'un coup sec", selon les témoins de la scène qui prennent la fuite. Le jeune accusé, grand et corpulent, est entré entièrement vêtu de noir dans le box mardi matin. Dans la salle ont pris place ses parents, mais aussi les proches d'Agnès Lassalle, dont ses soeurs, ses parents et son compagnon, Stéphane Voirin, qui avait ému le pays en dansant, seul, devant son cercueil. Expertises psychiatriques contradictoires Vêtu d'un tee-shirt noir avec une photo du couple en train de danser, il a expliqué n'avoir "aucun désir de vengeance" mais espère que le procès ne se "limitera pas" à une bataille d'experts "parce que le dossier est autrement plus conséquent". Il a changé de haut à la mi-journée, arborant un autre cliché d'Agnès Lassalle. L'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, a notamment expliqué qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal". Les expertises psychiatriques réalisées pour évaluer sa responsabilité pénale s'avèrent contradictoires. L'une écarte tout "trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes", une autre parle d'un discernement "légèrement altéré" quand un dernier rapport remis en novembre 2024 le juge "aboli". "Nous devons tenter de cerner ce qui a pu favoriser le passage à l'acte d'un jeune homme qui, jusque-là, n'avait jamais fait parler de lui (...) non pour pardonner, non pour justifier, mais pour comprendre comment un élève sans histoire a pu devenir un meurtrier", a déclaré son avocat, Me Thierry Sagardoytho, qui n'a pas souhaité faire davantage de commentaires à la mi-journée. La première matinée de ce procès, dont le verdict est attendu vendredi, a été consacrée à la personnalité de l'accusé, "qui n'a pas versé une larme" et a montré "un criant manque d'empathie", selon les avocats de la partie civile. Dépression grave L'accusé est resté "très superficiel" et "ses parents, très émus, étaient en contradiction avec l'attitude qu'a eue l'accusé. On a encore espoir que ça puisse changer", a ajouté Me France Deiss-Rabbé. "Le père était effondré de la douleur que son fils avait pu provoquer et on aurait aimé que l'enfant ait les mêmes mots", a renchéri Me Sébastien Binet. L'adolescent était suivi pour une dépression grave et prenait un traitement, de la Sertraline, déconseillé aux moins de 18 ans mais "l'un des plus prescrits chez les adolescents en France", a relevé un expert pharmacologue mandaté pendant l'instruction. Poursuivi pour assassinat, il avait récupéré le couteau la veille chez son père, l'enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain. Ce drame avait secoué la communauté éducative, un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty. Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son établissement par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste. L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.

21.04.2026 à 15:57

Edition: les auteurs de Grasset Jeunesse se mobilisent après le départ du PDG

FRANCE24

"L'ADN d'une maison d'édition dépend des gens qui y vivent et la font vivre", affirment les 76 auteurs signataires de la tribune envoyée à l'AFP. "Aujourd'hui, nous espérons que cette maison qui nous a accueillis saura nous traiter avec le même respect" que depuis la création de la collection jeunesse, il y a 53 ans, ajoutent-ils. "Et nous souhaitons rappeler que (...) la liberté de création est indispensable aux bons livres". Le département jeunesse de Grasset, qui se présente comme "une petite maison dans la maison", publie une douzaine de livres par an. Les signataires, qui ont le reçu le soutien de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, indiquent aussi "se joindre au débat sur le droit à une clause de conscience qui nous laisserait le choix de rester ou de déménager". Ce débat a été ouvert par plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l'édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, qui réclament la création d'une clause de conscience dans l'édition comme elle existe dans les médias. Par ailleurs, plus de 170 écrivains ont affirmé leur refus de publier de nouveaux livres chez Grasset après le départ d'Olivier Nora, imputé par de nombreux auteurs à Vincent Bolloré, l'homme d'affaires conservateur qui contrôle Hachette, N.1 français du secteur et maison mère de Grasset. Deux parlementaires, la sénatrice socialiste Sylvie Robert et le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, ont indiqué leur intention d'ouvrir le débat au Parlement. Le président Emmanuel Macron a appelé à "réfléchir" à cette proposition, sans toutefois trancher. "L'affaire Grasset devrait être l'occasion d'élargir la question de la clause de conscience à toutes les professions, au-delà des médecins (qui peuvent refuser certains actes) ou des journalistes", écrit le philosophe et romancier Gaspard Koenig mardi dans Les Echos. Elle "devra être limitée dans le temps, conditionnée à un véritable changement de ligne politique et ouvrir des droits suffisants pour permettre à chacun de faire un choix réellement libre".
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