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03.02.2026 à 04:33

Après les invectives, le dialogue? Trump reçoit le président colombien

FRANCE24

La rencontre a lieu peu après que le président américain, qui considère ouvertement l'Amérique latine comme sa chasse gardée, a mis de facto sous tutelle le Venezuela, pays voisin de la Colombie. Le président colombien "est très sympa depuis un mois ou deux. Avant, il était critique mais depuis le raid au Venezuela, il est très sympa. Il a beaucoup changé son attitude", a commenté Donald Trump lundi sur un ton teinté d'ironie, pendant un échange avec la presse, en prédisant une "bonne rencontre." La relation entre les deux hommes s'est détendue le 7 janvier, quand ils ont eu leur premier échange téléphonique, peu après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines. Cette opération des Etats-Unis avait d'abord conduit Gustavo Petro, ancien guerillero, à parler de "reprendre les armes" contre Washington, tandis que le président américain lui avait conseillé de "faire gaffe à ses fesses". Migrants et glyphosate Bogota a fait un geste de bonne volonté à l'égard du républicain de 79 ans en annonçant soudainement vendredi la reprise des vols d'expulsion de migrants depuis les États-Unis à bord d'appareils colombiens, après huit mois de suspension. La Colombie a aussi accepté de reprendre les épandages de glyphosate sur les camps de coca, une pratique abandonnée depuis 2015 et critiquée pour ses conséquences sanitaires et environnementales néfastes. Gustavo Petro s'y était fortement opposé en tant que sénateur. Washington comme Bogota envoient donc des signaux d'apaisement, mais l'issue de la réunion de mardi dépendra aussi de l'alchimie entre le dirigeant républicain, notoirement impatient, et son invité, porté sur les longues digressions théoriques. "Les deux sont éruptifs", explique Felipe Botero, politologue à l'Université des Andes, selon qui "la rencontre pourrait facilement dérailler". D'autant que Donald Trump n'a pas hésité depuis son retour au pouvoir à tendre des embuscades publiques à ses invités: le président ukrainien Volodymyr Zelensky et sud-africain Cyril Ramaphosa ont gardé de cuisants souvenirs de leurs passages dans le Bureau ovale. La réunion de mardi sera en grande partie consacrée au trafic de stupéfiants, que Donald Trump s'est promis d'éradiquer, n'hésitant pas pour cela à lancer des frappes contre des embarcations en mer des Caraïbes ou dans le Pacifique. Cocaïne La Colombie est le plus gros producteur de cocaïne au monde, tandis que les Etats-Unis en sont le premier consommateur. Pendant des années, Washington s'est appuyé sur Bogota pour lutter contre le narcotrafic, en finançant les forces de l'ordre et les services colombiens de renseignement à coups de milliards de dollars. Depuis que Gustavo Petro est arrivé au pouvoir, la production et les exportations de cocaïne ont augmenté. Et en 2025, les Etats-Unis ont retiré la Colombie de la liste des pays alliés dans la lutte antidrogue. L'entretien de mardi sera suivi de très près par les candidats à l’élection présidentielle de mai en Colombie. Le candidat de gauche Ivan Cepeda est pour l'heure favori dans les sondages, et il a récemment accusé les Etats-Unis de tenter de peser sur le scrutin. Donald Trump estime avoir un droit de regard sur la vie politique des pays d'Amérique latine et a par exemple pris position publiquement pour ses alliés dans des élections en Argentine et au Honduras, en rupture totale avec tous les usages diplomatiques en vigueur jusqu'ici.

03.02.2026 à 04:31

Norvège: le fils de la princesse Mette-Marit jugé pour viols

FRANCE24

Né d'une relation antérieure au mariage de sa mère avec le prince héritier Haakon, M. Høiby doit faire face à 38 chefs d'accusation, y compris le viol de quatre femmes, des violences physiques et psychologiques, et une infraction à la législation sur les stupéfiants. Le jeune homme de 29 ans a été de nouveau arrêté dimanche soir sur la base de nouveaux soupçons --atteinte à l'intégrité physique, menaces avec un couteau et violation d'une interdiction de contact-- et placé en détention provisoire pour quatre semaines à la demande de la police "en raison du risque de récidive". Il a jusqu'à présent nié les faits les plus graves qui, combinés, sont passibles de 16 ans de prison. Son procès, qui s'annonce hautement médiatisé et doit durer sept semaines, débutera à 09H30 (08H30 GMT) au tribunal d'Oslo. La matinée sera consacrée à la lecture de l'acte d'accusation sur lequel M. Høiby sera prié de s'exprimer, et l'après-midi à la déposition d'une première victime présumée de viol. En amont de la procédure, le procureur Sturla Henriksbø a affirmé à l'AFP que Marius Borg Høiby ne serait traité "ni avec plus d'indulgence ni plus de sévérité" en raison de ses liens avec la famille royale. La défense, elle, n'a pas voulu s'exprimer. Le jeune homme aux allures de "bad boy" avec ses tatouages et ses boucles d'oreille avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d'avoir agressé sa compagne au cours de la nuit précédente. Quelques jours plus tard, il dira avoir agi "sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne après une dispute", et précisera souffrir de "troubles mentaux" et lutter "depuis longtemps contre la dépendance" à la drogue. L'enquête de la police a permis d'exhumer d'autres délits et crimes présumés, dont les viols de quatre femmes alors qu'elles n'étaient pas en état de se défendre, et qu'il a, pour certains, filmés. En janvier, la police a annoncé six nouveaux chefs d'accusation, dont une infraction de la loi sur les stupéfiants: en 2020, Høiby a transporté, apparemment sans contrepartie, 3,5 kg de marijuana, des faits qu'il a reconnus. Coups de poing Au total, sept personnes sont considérées comme des victimes présumées. Leur identité est protégée, à l'exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s'est exprimée publiquement sur des violences qu'elle dit avoir subies. Entre l'été 2022 et l'automne 2023, alors qu'ils entretenaient une relation, Høiby l'a frappée au visage à plusieurs reprises, lui a asséné coups de pied et coups de poing, l'a saisie à la gorge, projetée contre un réfrigérateur et insultée, selon l'acte d'accusation. Pire scandale qu'ait connu la famille royale jusqu'à présent, l'affaire a contribué à écorner l'image de l'institution pourtant populaire grâce aux figures rassembleuses mais vieillissantes du roi Harald et de la reine Sonja, tous deux âgés de 88 ans. Dans les rues d'Oslo, les avis sont partagés. Pour Philip Wilson, vigile et étudiant de 35 ans, le Palais a très mal géré les choses. "Je pense que les équipes de communication du palais ne vont pas chômer dans les jours qui viennent", a-t-il dit à l'AFP. Au contraire, Jostein Grosås, avocat de 66 ans, affirme que cette affaire "n'a pas du tout changé (son) opinion de la famille royale". Le couple princier n'assistera pas au procès. Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, Mette-Marit mène déjà d'autres combats. A 52 ans, elle lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse. Suite à la publication de nouveaux documents aux États-Unis, elle doit aussi depuis ce week-end répondre de ses liens passés --et apparemment étroits-- avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Le verdict à l'encontre de son fils est attendu plusieurs semaines après la fin du procès, prévue le 19 mars.

03.02.2026 à 04:31

Les pouvoirs des policiers municipaux au coeur d'un projet de loi au Sénat

FRANCE24

Ils sont plus de 28.000 en France à sécuriser les écoles, patrouiller dans les rues, lutter contre les nuisances sonores ou réguler la circulation. Placés sous l'autorité des maires dans une logique de proximité, les policiers municipaux vont bientôt voir leurs prérogatives étendues, pour adapter leur statut à un rôle de plus en plus incontournable dans les collectivités locales. Le cadre législatif relatif aux polices municipales remonte en effet à la loi "Chevènement" de 1999, sans réforme d'ampleur depuis. "La France de 2026 dans les territoires n'a plus rien à voir. La situation est plus violente, plus inquiétante et elle expose les policiers municipaux à des méfaits réels, à la délinquance, au narcotrafic", explique la sénatrice Les Républicains Jacqueline Eustache-Brinio, corapporteure sur ce projet de loi qu'elle perçoit comme une "boîte à outils" à disposition des communes. L'exécutif s'est grandement nourri, pour bâtir ce texte, du "Beauvau des polices municipales", lancé en avril 2024 après les émeutes en réaction à la mort d'un adolescent de 17 ans, Nahel Merzouk, tué par un policier en juin 2023 dans les Hauts-de-Seine. Préparé sous la houlette de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur (redevenu sénateur depuis), puis repris en main par l'actuel ministre Laurent Nunez, le projet de loi arrive à point nommé au Parlement, en pleine campagne des élections municipales, marquée par certains thèmes-clé comme la lutte contre le narcotrafic. Vente à la sauvette "Ce projet revêt une importance capitale, car il permettra de renforcer le +continuum+ de sécurité qui existe déjà entre les forces de sécurité intérieure et les policiers municipaux", a insisté M. Nunez en audition au Sénat, prenant l'exemple des Jeux olympiques de Paris 2024, durant lesquels "les polices municipales ont joué un rôle déterminant". La mesure phare du projet de loi est la création d'un dispositif de police municipale à "compétence judiciaire élargie", qui serait facultatif et à la main des communes. Celles qui choisiraient cette option verraient leurs policiers municipaux dotés de pouvoirs étendus, notamment pour établir des "amendes forfaitaires" pour les délits du quotidien comme la vente à la sauvette, l'usage de stupéfiants, l'occupation illicite de halls d'immeuble... Dans l'état actuel du droit, ils n'y sont pas autorisés, ce pouvoir revenant à la police nationale ou à la gendarmerie. Attachés à ce dispositif, les sénateurs en ont renforcé la portée en commission, ajoutant de nouvelles infractions comme la conduite sans permis ou le port ou le transport d'armes blanches. Le texte prévoit aussi d'habiliter ces agents à procéder à des relevés d'identité sous conditions. Le Sénat plaide pour qu'ils en aient la possibilité pour tout crime ou délit "flagrant", là où le gouvernement proposait de cantonner le mécanisme aux seules infractions que les agents de police municipale sont déjà habilités à constater. Gardes champêtres Le Sénat a opté en commission pour permettre aux agents l'inspection visuelle des coffres des véhicules ou encore la fouille de bagage dans les transports. Le projet de loi leur octroie aussi la possibilité d'utiliser des drones, dans des conditions strictes. "Cela peut s'avérer très utile, pour mettre fin à des rodéos urbains par exemple", apprécie la sénatrice MoDem Isabelle Florennes, corapporteure de ce texte. L'ensemble de ce régime concerne aussi les quelque 600 gardes champêtres, qui exercent des fonctions similaires dans les zones les plus rurales du pays. Si les syndicats de police ont regretté un projet de loi sans volet social ni salarial, le texte semble promis à un large soutien au Sénat. "Il est nécessaire de réactualiser le cadre juridique pour prendre acte de l'évolution des missions des policiers municipaux", reconnaît le socialiste Hussein Bourgi. Les écologistes et les communistes ont eux émis plus de réserves sur le texte, craignant des "dérives" dans la judiciarisation du rôle des agents. Un vote solennel est prévu le mardi 10 février au Sénat sur l'ensemble du projet de loi. Il sera ensuite transmis à l'Assemblée nationale.
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