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AGONE - L'ECHAPPÉE - LA VOLTE - LIBERTALIA - UTOPIA - ZONES

Les éditions Libertalia - le 25.03.2020 à 10:50

Epub et pdf en accès libre

Des livres pour vous accompagner pendant le confinement.


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Les éditions Libertalia - le 27.03.2020 à 16:30

Epub et pdf en accès libre

Des livres pour vous accompagner pendant le confinement.


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éditions Agone - le 27.03.2020 à 12:00

Relever l’échine et refuser l’autorité arbitraire

Dans Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier, Silvio Marra relate trente ans de luttes aux forges de Clabecq, une usine sidérurgique près de Bruxelles, pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture du site. Ces extraits choisis de son récit (disponible au format numérique) témoignent de son optimisme et de sa conviction que la force des travailleurs, c'est le nombre et l'unité de la classe.

Je suis l’un de ces millions d’immigrés du sud de l’Italie, tout le monde peut l’entendre à mon accent. Je suis né en Calabre en 1946, d’une famille de paysans.

Le sentiment d’injustice s’est développé très tôt chez moi. À la fin de l’été, le propriétaire des terres venait collecter une partie de la récolte. Mes parents, qui vivaient en quasi-autarcie, avaient travaillé très dur et j’étais révolté par ce vol des fruits de leur labeur. D’ailleurs ce jour-là, mon père m’enfermait dans la grange pour éviter les incidents… Il faut dire qu’à six ans, dans un élan de colère, j’avais mordu le notable.

[...]

En 1979, je me suis présenté aux élections et j’ai été élu au comité sécurité et hygiène. Comme je tenais à mener mon travail politique sans m’affaiblir face au patron, j’étais irréprochable dans mon travail, ce qui me permettait aussi d’acquérir le respect et la solidarité des travailleurs.

Un jour, j’ai fait vider tout l’alcool des frigos dans le canal. Les ouvriers ont voulu organiser une grève contre moi ! Ils pouvaient en penser ce qu’ils voulaient… Mais certains éléments m’obligeaient à agir. La consommation d’alcool était acceptée une fois par an, à l’occasion des fêtes. Mais au fil du temps, certains secteurs donnaient lieu à des beuveries. La direction avait été prévenue, mais ne prenait pas ses responsabilités. J’ai emmené plusieurs militants syndicaux, nous avons ouvert les armoires des ouvriers avec des pinces, coupé les cadenas et vidé tout ce qui était alcoolisé. Les travailleurs étaient bien informés de l’interdiction de l’alcool dans l’usine pour prévenir les accidents. Nous organisions des campagnes périodiques pour empêcher l’entrée d’alcool dans l’usine et si un gars arrivait soûl, on l’envoyait dormir à l’infirmerie. Tant qu’il n’y en avait qu’un ou deux, voire trois, ça allait ! Nous essayions de les couvrir. Mais je ne pouvais pas tenir un hôtel de soûlards à Clabecq ! Des petits commerces locaux s’organisaient dans certains secteurs. L’un achetait de la bière, il gagnait 5 francs par bouteille à la revente et grâce à cet argent, tout le secteur faisait un repas commun à la fin de l’année. Certains délégués étaient dans la combine par complaisance. Je ne pouvais pas accepter cela. Après les campagnes de sensibilisation et les assemblées, je vidais l’usine de tout l’alcool.

À l’approche des élections syndicales suivantes, j’ai à nouveau vidé les frigos. Des délégués et certains militants ont commencé à mener une campagne contre moi. « Maintenant on va lui prendre sa place ! Marra s’est noyé dans la bêtise ! C’est la fin électorale de Marra ! » Ils pensaient que j’avais fait la gaffe avant les élections et que j’en serais fortement affaibli. Quel mépris pour les travailleurs ! Aux élections, j’ai doublé mes voix, grâce à mon travail mais aussi par cette prise de responsabilité. Les travailleurs ne sont pas idiots. Ils reconnaissent une action juste, même faite contre leur gré. Ceci était vrai pour l’alcool, et pour tous les autres problèmes de sécurité.

[...]

Nous nous sommes attelés à déconstruire les attitudes de résignation et de peur. Pendant des années, la direction avait choisi les contremaîtres en fonction de leur carrure, pour impressionner les ouvriers. Et si cela ne suffisait pas : un coup de pied au cul ! Les chefs, les ingénieurs dominaient tout le monde et particulièrement les jeunes, qui en avaient vraiment peur. Nous avons fait comprendre qu’on pouvait se défendre et se faire respecter au lieu de subir : « Les coups de pied au cul j’en veux plus, mais par contre, je veux bien en donner ! » Sur le principe qu’un homme en vaut un autre, les travailleurs ont relevé l’échine et refusé l’autorité arbitraire. Des habitudes comme celle de soulever son casque au passage d’un ingénieur pour le saluer ont disparu.

[...]

Quelques gars persistaient dans leur attitude raciste, par défi ou par conviction. Un employé apportait des affiches et des autocollants du Front national. Il les mettait dans son bureau et dans les vestiaires. Les militants syndicaux ont fini par demander au type d’arrêter, car ses opinions allaient à l’encontre des idées de la majorité des travailleurs. Mais il a persévéré.

Un jour, une centaine de travailleurs sont allés dans son bureau et ont tout jeté par la fenêtre : bureaux, tables, armoires, matériel, tout ! L’employé a failli passer par la fenêtre lui aussi ! Le petit noyau sympathisant d’extrême-droite qui résistait n’a plus jamais manifesté son opinion.

Un cadre, grand fanfaron, faisait de la discrimination à l’embauche. Il disait ne pas vouloir embaucher d’ouvrier dont le nom se termine par « a, i ou o ». C’était intolérable. Nous avons averti la direction plusieurs fois, sans effet. Durant une grève, tout le monde avait arrêté le travail, sauf les ouvriers nécessaires au maintien des installations et… ce fameux cadre informaticien. Les ouvriers présents pour la maintenance nous ont prévenus et une quinzaine de militants sont allés le chercher dans son bureau, l’ont totalement déshabillé et l’ont renvoyé chez lui nu comme un ver. C’était l’hiver, il faisait beau mais il y avait encore de la neige dehors. Il est monté dans sa Mercedes et s’est rendu directement à la police déposer plainte. À la fin de la grève, il comptait revenir travailler, mais nous avons exigé qu’il retire d’abord sa plainte. Il a cédé.

[...]

Il était vital d’aller à la rencontre des autres sidérurgistes du pays afin de nous unifier. La centrale syndicale des métallurgistes ne voulait pas mettre d’autocars à notre disposition, estimant que ce n’était pas à « la base » mais aux permanents de l’appareil d’aller dans les autres régions. En réunion, à la question « Où trouver l’argent pour les autocars ? », l’un d’entre nous a évoqué les travailleurs de Lip en France, qui avaient occupé leur usine en 1973. Ils avaient produit des montres en autogestion et les avaient vendues pour alimenter la résistance à la fermeture. Nous ne produisions hélas pas de montres, et vendre des tôles d’acier… Quelqu’un a lancé : « Et si on vendait le vin du patron ? » Les Forges possédaient une société commerciale, Sococlabecq, qui vendait nos tôles partout dans le monde et avait stocké du vin dans l’usine, sans doute destiné à sa clientèle. L’idée a instantanément été adoptée et, lors de sa soumission à l’assemblée du lendemain, votée à la quasi-unanimité.

La cave à vin était protégée par une porte blindée. Pour éviter d’être en infraction, il n’était pas question de la défoncer. Le directeur technique, appelé pour la cause, et après beaucoup, beaucoup d’insistance, a ouvert la cave où se trouvaient 8 000 bouteilles de bon vin, dont 4 000 magnums.

La presse, venue aux nouvelles du conflit, attendait à l’extérieur de l’usine. Nous leur avons annoncé l’action du jour : la vente du vin du patron. Le scoop a fait un énorme tapage. En deux jours, deux fois quatre heures, les 8 000 bouteilles disposées sur des tables dans une cour de l’usine étaient vendues au prix du commerce. Des gens de la région, des familles des travailleurs, des petits commerçants et même quelques policiers prenaient leur voiture et achetaient une, deux, trois caisses. La radio et la télévision l’avaient annoncé, la police n’intervenait pas : ils ne se posaient aucune question, comme si c’était légal. Nous avions donné la consigne aux travailleurs de ne rien consommer dans l’usine. Quelle discipline ! Pas une seule bouteille n’a été ouverte ! La vente a rapporté environ 1 600 000 francs.

[...]

Les militants ont décidé d’utiliser les bulldozers pour bloquer l’autoroute. Chaque corps de métier manifeste avec ses outils de travail, les symboles de sa profession : les pompiers avec leurs camions, nous avec nos engins.

J’ignore ce qui s’est passé exactement à ce moment-là, je crois que la police a été avertie et a communiqué avec les autorités qui ont décidé de nous interdire la montée sur l’autoroute. La police a alors communiqué aux délégués, avant l’arrivée sur la bretelle d’autoroute, que finalement la manifestation n’était plus tolérée. Nous avons rétorqué : « Dites-leur vous-même. Ils sont ici, dites-leur que c’est interdit. Vous croyez vraiment que nous allons leur annoncer nous-mêmes ? »

Nous approchons de l’autoroute quand des gendarmes sortent des bois alentour, quatre à cinq cents jaillissant de toutes parts, en tenue de combat et armés. Ils nous encerclent. Impossible de monter sur l’autoroute, impossible aussi de redescendre sur la route nationale. Ils nous attaquent avec leurs camions et les autopompes.

Une première charge, en criant pour nous effrayer. Mais quelqu’un qui est déjà au maximum de l’adrénaline n’a plus peur, ne va pas s’enfuir à cause du bruit, des cris ou parce qu’on le poursuit. Les gens de Clabecq ont réagi spontanément, c’était l’état d’esprit global à ce moment-là. La confrontation a été immédiate et très forte. Les bulldozers ont retenu les autopompes et les camions de la gendarmerie et ont contre-attaqué. Vingt-quatre véhicules de la gendarmerie ont été détruits, tous mis KO par des bulldozers conduits par des travailleurs en colère.

Silvio Marra

Extraits choisis de Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier (Agone, février 2020), disponible au format numérique.


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éditions Agone - le 25.03.2020 à 17:02

Nos livres numériques : un choix thématique

  

Raison garder avec Jacques Bouveresse

Cette série propose une méticuleuse illustration de l’idée que la raison fournit modestement une base indispensable à la connaissance, c’est-à-dire aussi à tout projet d’émancipation. Comme les autres productions intellectuelles, la philosophie ne vaut pas, comme on dit, « une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

À l’occasion de cette  annonce, les deux premiers Essais de Jacques Bouveresse sont offerts. En signalant aux intéressés que les numéros 48 (2012), 44 (2010) et 23 (2000) de la revue Agone consacrés à ces questions sont disponibles en ligne sur notre site.

Bouveresse, Jacques, Le Mythe moderne du progrès —————— Le Danseur et sa corde... —————— Essais VI. Les Lumières des positivistes —————— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant —————— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? —————— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage —————— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire (offert) —————— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin (offert)

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Clifford, William et James William, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Engel, Pascal, Les Vices du savoir…

Michael, Lynch, Éloge de la raison...

Popkin, Richard, Histoire du scepticisme…

Et bientôt au format ePubBouveresse Jacques, Nietzsche contre Foucault

Dans quelques jours (puis quelques jours plus tard) :

Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (1)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs éliminent au motif de leur absence de neutralité, n’est pas tant fondée sur une critique de l’histoire officielle, qui se veut plus objective, que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses et leurs modèles ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, un ePub offert sur les expériences libertaires aux États-Unis et un autre sur la lutte pour les droits civiques. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site le Hors-série 2015 et les numéros 59 (2016) et 31-32 (2004)

Anweiler, Oskar, Les Soviets en Russie Bookchin, Murray, Changer sa vie sans changer le monde Creagh, Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

Cottias, Myrian, D’une abolition l’autre…

Fast, Howard, Spartacus—————— Mémoires d’un rouge

Haffner, Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

McAdam, Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques (1964)

Taylor, Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter…

Varela, Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Zinn, Howard, Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre—————— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours—————— Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010)

À quoi servent l´école, les médias et les intellectuels

L’idée qu'il n'y aurait pas d'autre alternative ou qu'il y a quelque chose de naturel dans l'ordre social est souvent le résultat du travail des institutions qui œuvrent pour l'idéologie dominante. Ce message n'a rien d'inéluctable. Le travail d'émancipation commence par un travail de dévoilement du rôle des professionnels autorisés à nous informer.

À l’occasion de cette  annonce, sont offerts un ePub de Noam Chomsky et de Paul Willis. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 54 (2014), 41-42 (2009), 37 (2007) et34 (2005).

Accardo, Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

Berthaut, Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »…

Chomsky, Noam, Raison et liberté…

Christofferson, Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Discepolo, Thierry, La Trahison des éditeurs

Hocquenghem, Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

De Cock, Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) —— et Irène Pereira (dir.), Les Pédagogies critiques

De Cock, Laurence et alii, L’Histoire comme émancipation

Marx, Karl et Friedrich Engels, Les Grands Hommes de l’exil

Pinker, Roy, Faire sensation…

Mathias Reymond, « Au nom de la démocratie, votez bien ! »

Vanoosthuyse, Michel, Fascisme et littérature pure…

Willis, Paul, L’École des ouvriers…

Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (2)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs (de tous poils)éliminent au motif de leur absence (postulée) de neutralité, n’est pas tant fondéesur une critique (ni une correction)de l’histoire officielle, qui se veut plus objective (d’être du côté des vainqueurs), que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses (écrasées) et leurs modèles (héroïques) ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, sont offerts un ePub des analyses de Bertrand Russell sur le pacifisme et la révolution, de Victor Serge sur la politique dans l’entre-deux-guerres. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 56 (2015), 53 (2014) et 40 (2008).

Berneri, Camillo, Contre le fascisme

Borchert, Wolfgang, Dehors devant la porte…

Chueca, Miguel (dir.), Déposséder les possédants…

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine…

Noiriel, Gérard, Une histoire populaire de la France ————— Immigrés et prolétaires

Hugrée, Cédric et alii, Les Classes sociales en Europe…

Israel, Jonathan, Une révolution des esprits…

Silvio Marra - Françoise Thirionet, Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier

Massin, Jean, Robespierre

Mercier-Vega, Louis, La Chevauchée anonyme…

Alberto Prunetti, Amianto. Une histoire ouvrière

Russell, Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Rouillan, Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987

Serge, Victor, L’An I de la révolution russe—————— 
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éditions Agone - le 25.03.2020 à 16:01

Tous nos livres numériques classés par nom d'auteur

  

Accardo Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

———— Le Petit-Bourgeois gentilhomme

Anweiler, Oskar, Les Soviets en Russie

Anderson Perry, Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image ———— Le Nouveau Vieux Monde...

Baqué Philippe, Homme augmenté, humanité diminuée...

Barancy Olivier, Misère de l’espace moderne…

Berneri, Camillo, Contre le fascisme Berthaut Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »...

Bizeul Daniel, Martial, la rage de l’humilié

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Bookchin, Murray,Changer sa vie sans changer le monde Borchert Wolfgang, Dehors devant la porte...

Bouveresse Jacques, Le Mythe moderne du progrès ———— Le Danseur et sa corde... ———— Essais VI. Les Lumières des positivistes ———— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant ———— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? ———— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage ———— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire ———— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Chomsky Noam, Raison et liberté...

Chueca Miguel (dir.), Déposséder les possédants...

Clifford William et James Willian, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine...

Cottias Myriam, D’une abolition l’autre...

Coton Cristel, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

Christofferson Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Creagh Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

Doridant, Raphaël & François Graner, L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda

De Cock Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) ———— & Pereira Irène (dir.),Les Pédagogies critiques

———— &  alii, L’Histoire comme émancipation

Discepolo Thierry, La Trahison des éditeurs

Engel, Pascal, Les Vices du savoir. Essai d’éthique intellectuelle

Fast Howard, Spartacus ———— Mémoires d’un rouge

Frank Thomas, Pourquoi les pauvres votent à droite ———— Pourquoi les riches votent à gauche

Fry, Varian, Livrer sur demande...

Granvaud Raphaël et Mauger David, Un pompier pyromane...

Haffner Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

Halimi Serge,Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir…

Hobsbawm Eric, L’Ère des extrêmes

Hocquenghem Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

Hugrée Cédric, Penissat Étienne et Spire Alexis, Les Classes sociales en Europe...

Imache Tassadit, Des cœurs lents

Israel Jonathan, Une révolution des esprits...

Jouanneau Solenne, Les Imams en France. Une autorité religieuse sous contrôle

Keun Irmgard, Quand je serai grande je changerai tout

Luxemburg Rosa, L’Accumulation du capital. Contribution à l’explication économique de l’impérialisme

Lynch Michael, Éloge de la raison...

Marx Karl et Engels Friedrich, Les Grands Hommes de l’exil

Silvio Marra - Françoise Thirionet, Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier

Massin Jean, Robespierre

McAdam Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964

Mercier-Vega Louis, La Chevauchée anonyme. Une attitude internationaliste…

Mischi Julian, Le Communisme désarmé...

Mumford Lewis, La Cité à travers l’histoire

Noiriel Gérard, Une histoire populaire de la France

———— Immigrés et prolétaires. Longwy 1880-1980

Pinker Roy, Faire sensation. De l’enlèvement du bébé Lindbergh…

Richard Popkin, Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l’aube du XIXe siècle

Prunetti Alberto, Amianto. Une histoire ouvrière

Rasera Frédéric, Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel

Reymond Mathias, « Au nom de la démocratie, votez bien ! »

Rouillan Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987 ———— Je regrette

Russell Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Serge Victor, L’An I de la révolution russe ————Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine Boris, Cauchemar en URSS suivi deL’Ouvrier & le paysan soviétiques

Steimann Flavio, Bajass

Taylor Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine

Vanoosthuyse Michel, Fascisme et littérature pure. La fabrique d’Ernst Jünger

Varela Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Verschave François-Xavier, L’Envers de la dette. Criminalité politique et économique…

Willis Paul,L’École des ouvriers

Zinn Howard,Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010) ———— Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre ———— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours


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éditions Agone - le 26.03.2020 à 00:02

Nos livres numériques : un choix thématique

  

   Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (1)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs éliminent au motif de leur absence de neutralité, n’est pas tant fondée sur une critique de l’histoire officielle, qui se veut plus objective, que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses et leurs modèles ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, un ePub offert sur les expériences libertaires aux États-Unis et un autre sur les essais et discours de Howard Zinn. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site le Hors-série 2015 et les numéros 59 (2016) et 31-32 (2004)

Anweiler, Oskar, Les Soviets en Russie Bookchin, Murray, Changer sa vie sans changer le monde Creagh, Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

Cottias, Myrian, D’une abolition l’autre…

Fast, Howard, Spartacus—————— Mémoires d’un rouge

Haffner, Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

Taylor, Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter…

Varela, Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Zinn, Howard, Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre—————— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours—————— Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010)

    À quoi servent l´école, les médias et les intellectuels

L’idée qu'il n'y aurait pas d'autre alternative ou qu'il y a quelque chose de naturel dans l'ordre social est souvent le résultat du travail des institutions qui œuvrent pour l'idéologie dominante. Ce message n'a rien d'inéluctable. Le travail d'émancipation commence par un travail de dévoilement du rôle des professionnels autorisés à nous informer.

À l’occasion de cette  annonce, sont en accès libreun ePub de Noam Chomsky et de Paul Willis. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 54 (2014), 41-42 (2009), 37 (2007) et34 (2005).

Accardo, Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

Berthaut, Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »…

Chomsky, Noam, Raison et liberté…

Christofferson, Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Discepolo, Thierry, La Trahison des éditeurs

Hocquenghem, Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

De Cock, Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) —— et Irène Pereira (dir.), Les Pédagogies critiques

De Cock, Laurence et alii, L’Histoire comme émancipation

Marx, Karl et Friedrich Engels, Les Grands Hommes de l’exil

Pinker, Roy, Faire sensation…

Mathias Reymond, « Au nom de la démocratie, votez bien ! »

Vanoosthuyse, Michel, Fascisme et littérature pure…

Willis, Paul, L’École des ouvriers…

   Raison garder avec Jacques Bouveresse

Cette série propose une méticuleuse illustration de l’idée que la raison fournit modestement une base indispensable à la connaissance, c’est-à-dire aussi à tout projet d’émancipation. Comme les autres productions intellectuelles, la philosophie ne vaut pas, comme on dit, « une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

À l’occasion de cette  annonce, les deux premiers Essais de Jacques Bouveresse sont en accès libre. En signalant aux intéressés que les numéros 48 (2012), 44 (2010) et 23 (2000) de la revue Agone consacrés à ces questions sont disponibles en ligne sur notre site.

Bouveresse, Jacques, Le Mythe moderne du progrès —————— Le Danseur et sa corde... —————— Essais VI. Les Lumières des positivistes —————— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant —————— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? —————— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage —————— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire —————— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Clifford, William et James William, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Engel, Pascal, Les Vices du savoir…

Michael, Lynch, Éloge de la raison...

Popkin, Richard, Histoire du scepticisme…

Et bientôt au format ePubBouveresse Jacques, Nietzsche contre Foucault

Dans quelques jours (puis quelques jours plus tard) :

   Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (2)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs (de tous poils)éliminent au motif de leur absence (postulée) de neutralité, n’est pas tant fondéesur une critique (ni une correction) de l’histoire officielle, qui se veut plus objective (d’être du côté des vainqueurs), que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses (écrasées) et leurs modèles (héroïques) ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, sont en accès libre un ePub des analyses de Bertrand Russell sur le pacifisme et la révolution, et de Victor Serge sur la politique dans l’entre-deux-guerres. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 56 (2015), 53 (2014) et 40 (2008).

Berneri, Camillo, Contre le fascisme

Borchert, Wolfgang, Dehors devant la porte…

Chueca, Miguel (dir.), Déposséder les possédants…

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine…

Noiriel, Gérard, Une histoire populaire de la France ————— Immigrés et prolétaires

Hugrée, Cédric et alii, Les Classes sociales en Europe…

Israel, Jonathan, Une révolution des esprits…

Silvio Marra - Françoise Thirionet, Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier

Massin, Jean, Robespierre

Mercier-Vega, Louis, La Chevauchée anonyme…

Alberto Prunetti, Amianto. Une histoire ouvrière

Russell, Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Rouillan, Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987

Serge, Victor, L’An I de la révolution russe——————  Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine, Boris, Cauchemar en URSS


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Tous nos livres numériques classés par nom d'auteur

  

Accardo Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

———— Le Petit-Bourgeois gentilhomme

Anweiler, Oskar, Les Soviets en Russie

Anderson Perry, Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image ———— Le Nouveau Vieux Monde...

Baqué Philippe, Homme augmenté, humanité diminuée...

Barancy Olivier, Misère de l’espace moderne…

Berneri, Camillo, Contre le fascisme Berthaut Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »...

Bizeul Daniel, Martial, la rage de l’humilié

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Bookchin, Murray,Changer sa vie sans changer le monde Borchert Wolfgang, Dehors devant la porte...

Bouveresse Jacques, Le Mythe moderne du progrès ———— Le Danseur et sa corde... ———— Essais VI. Les Lumières des positivistes ———— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant ———— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? ———— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage ———— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire ———— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Chomsky Noam, Raison et liberté...

Chueca Miguel (dir.), Déposséder les possédants...

Clifford William et James Willian, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine...

Cottias Myriam, D’une abolition l’autre...

Coton Cristel, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

Christofferson Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Creagh Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

Doridant, Raphaël & François Graner, L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda

De Cock Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) ———— & Pereira Irène (dir.),Les Pédagogies critiques

———— &  alii, L’Histoire comme émancipation

Discepolo Thierry, La Trahison des éditeurs

Engel, Pascal, Les Vices du savoir. Essai d’éthique intellectuelle

Fast Howard, Spartacus ———— Mémoires d’un rouge

Frank Thomas, Pourquoi les pauvres votent à droite ———— Pourquoi les riches votent à gauche

Fry, Varian, Livrer sur demande...

Granvaud Raphaël et Mauger David, Un pompier pyromane...

Haffner Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

Halimi Serge,Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir…

Hobsbawm Eric, L’Ère des extrêmes

Hocquenghem Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

Hugrée Cédric, Penissat Étienne et Spire Alexis, Les Classes sociales en Europe...

Imache Tassadit, Des cœurs lents

Israel Jonathan, Une révolution des esprits...

Jouanneau Solenne, Les Imams en France. Une autorité religieuse sous contrôle

Keun Irmgard, Quand je serai grande je changerai tout

Luxemburg Rosa, L’Accumulation du capital. Contribution à l’explication économique de l’impérialisme

Lynch Michael, Éloge de la raison...

Marx Karl et Engels Friedrich, Les Grands Hommes de l’exil

Silvio Marra - Françoise Thirionet, Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier

Massin Jean, Robespierre

McAdam Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964

Mercier-Vega Louis, La Chevauchée anonyme. Une attitude internationaliste…

Mischi Julian, Le Communisme désarmé...

Mumford Lewis, La Cité à travers l’histoire

Noiriel Gérard, Une histoire populaire de la France

———— Immigrés et prolétaires. Longwy 1880-1980

Pinker Roy, Faire sensation. De l’enlèvement du bébé Lindbergh…

Richard Popkin, Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l’aube du XIXe siècle

Prunetti Alberto, Amianto. Une histoire ouvrière

Rasera Frédéric, Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel

Reymond Mathias, « Au nom de la démocratie, votez bien ! »

Rouillan Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987 ———— Je regrette

Russell Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Serge Victor, L’An I de la révolution russe ————Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine Boris, Cauchemar en URSS suivi deL’Ouvrier & le paysan soviétiques

Steimann Flavio, Bajass

Taylor Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine

Vanoosthuyse Michel, Fascisme et littérature pure. La fabrique d’Ernst Jünger

Varela Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Verschave François-Xavier, L’Envers de la dette. Criminalité politique et économique…

Willis Paul,L’École des ouvriers

Zinn Howard,Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010) ———— Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre ———— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours


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Éditions Zones - le 26.03.2020 à 12:23

TV – Square Idée avec Mona Chollet

Rendez-vous le 18 avril pour une émission Square Idée avec Mona Chollet, autrice de Sorcières. La puissance invaincue des femmes.
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Les éditions Libertalia - le 26.03.2020 à 12:38

Le bagne par le Dr Collin sur France Ô

Jeudi 26 mars, 20 h 55. France Ô. Difffusion du documentaire Guyane, du bagne aux étoile de Jil Servant autour des écrits et photographies du Dr Collin. Disponible en replay jusqu'au 2 avril sur le www.france.tv.


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éditions Agone - le 23.03.2020 à 00:01

Nos livres numériques : un choix thématique

  

Raison garder avec Jacques Bouveresse

Cette série propose une méticuleuse illustration de l’idée que la raison fournit modestement une base indispensable à la connaissance, c’est-à-dire aussi à tout projet d’émancipation. Comme les autres productions intellectuelles, la philosophie ne vaut pas, comme on dit, « une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

À l’occasion de cette  annonce, les deux premiers Essais de Jacques Bouveresse sont offerts. En signalant aux intéressés que les numéros 48 (2012), 44 (2010) et 23 (2000) de la revue Agone consacrés à ces questions sont disponibles en ligne sur notre site.

Bouveresse, Jacques, Le Mythe moderne du progrès —————— Le Danseur et sa corde... —————— Essais VI. Les Lumières des positivistes —————— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant —————— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? —————— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage —————— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire —————— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Clifford, William et James William, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Engel, Pascal, Les Vices du savoir…

Michael, Lynch, Éloge de la raison...

Popkin, Richard, Histoire du scepticisme…

Et bientôt au format ePubBouveresse Jacques, Nietzsche contre Foucault

Dans quelques jours (puis quelques jours plus tard) :

Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (1)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs éliminent au motif de leur absence de neutralité, n’est pas tant fondéesur une critique de l’histoire officielle, qui se veut plus objective, que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses et leurs modèles ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, un ePub offert sur les expériences libertaires aux États-Unis et un autres sur la lutte pour les droits civiques. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site le Hors-série 2015 et les numéros 59 (2016) et 31-32 (2004)

Creagh, Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

Cottias, Myrian, D’une abolition l’autre…

Fast, Howard, Spartacus—————— Mémoires d’un rouge

Haffner, Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

McAdam, Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques (1964)

Taylor, Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter…

Varela, Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Zinn, Howard, Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre—————— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours—————— Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010)

Et bientôt au format ePub Oskar Anweiler, Les Soviets en RussieBookchin, Murray, Changer sa vie sans changer le monde

À quoi servent l´école, les médias et les intellectuels

L’idée qu'il n'y aurait pas d'autre alternative ou qu'il y a quelque chose de naturel dans l'ordre social est souvent le résultat du travail des institutions qui œuvrent pour l'idéologie dominante. Ce message n'a rien d'inéluctable. Le travail d'émancipation commence par un travail de dévoilement du rôle des professionnels autorisés à nous informer.

À l’occasion de cette  annonce, sont offerts un ePub de Noam Chomsky et de Paul Willis. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 54 (2014), 41-42 (2009), 37 (2007) et34 (2005).

Accardo, Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

Berthaut, Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »…

Chomsky, Noam, Raison et liberté…

Christofferson, Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Discepolo, Thierry, La Trahison des éditeurs

Hocquenghem, Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

De Cock, Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) —— et Irène Pereira (dir.), Les Pédagogies critiques

Marx, Karl et Friedrich Engels, Les Grands Hommes de l’exil

Pinker, Roy, Faire sensation…

Vanoosthuyse, Michel, Fascisme et littérature pure…

Willis, Paul, L’École des ouvriers…

Et bientôt au format ePub :De Cock, Laurence et alii, L’Histoire comme émancipationMathias Reymond, « Au nom de la démocratie, votez bien ! »

Les mouvements sociaux entre révolution sociale et barbarie (2)

L’histoire des mouvements sociaux et des révolutions, que les conservateurs (de tous poils)éliminent au motif de leur absence (postulée) de neutralité, n’est pas tant fondéesur une critique (ni une correction)de l’histoire officielle, qui se veut plus objective (d’être du côté des vainqueurs), que sur l’idée de « compléter le tableau », où les masses (écrasées) et leurs modèles (héroïques) ne font plus tapisseries mais sont mis au rang des acteurs avec lesquels il faut compter. Voici quelques livres qui complètent le tableau, objectivement mais sans neutralité.

À l’occasion de cette  annonce, sont offerts un ePub des analyses de Bertrand Russell sur le pacifisme et la révolution, de Victor Serge sur la politique dans l’entre-deux-guerres. En signalant aux intéressés qu’entre autres numéros de la revue Agone consacrés à ces thèmes sont disponibles en ligne sur notre site les numéros 56 (2015), 53 (2014) et 40 (2008).

Borchert, Wolfgang, Dehors devant la porte…

Chueca, Miguel (dir.), Déposséder les possédants…

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine…

Noiriel, Gérard, Une histoire populaire de la France ————— Immigrés et prolétaires

Hugrée, Cédric et alii, Les Classes sociales en Europe…

Israel, Jonathan, Une révolution des esprits…

Massin, Jean, Robespierre

Mercier-Vega, Louis, La Chevauchée anonyme…

Alberto Prunetti, Amianto

Russell, Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Rouillan, Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987

Serge, Victor, L’An I de la révolution russe——————  Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine, Boris, Cauchemar en URSS

Bientôt au format ePub : Collet, Victor, Nanterre, du bidonville à la citéBerneri, Camillo, Contre le fascismeSilvio Marra - Françoise Thirionet, Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier

L’ordre (et les désordres) du monde


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éditions Agone - le 23.03.2020 à 00:01

Tous nos livres numériques classés par nom d'auteur

  

Accardo Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

Anderson Perry, Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image ———— Le Nouveau Vieux Monde...

Baqué Philippe, Homme augmenté, humanité diminuée...

Barancy Olivier, Misère de l’espace moderne…

Berthaut Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »...

Bizeul Daniel, Martial, la rage de l’humilié

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Borchert Wolfgang, Dehors devant la porte...

Bouveresse Jacques, Le Mythe moderne du progrès ———— Le Danseur et sa corde... ———— Essais VI. Les Lumières des positivistes ———— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant ———— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? ———— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage ———— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire ———— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Chomsky Noam, Raison et liberté...

Chueca Miguel (dir.), Déposséder les possédants...

Clifford William et James Willian, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine...

Cottias Myriam, D’une abolition l’autre...

Coton Cristel, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

Christofferson Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Creagh Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires…

De Cock Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II) ———— & Pereira Irène (dir.),Les Pédagogies critiques

Discepolo Thierry, La Trahison des éditeurs

Fast Howard, Spartacus ———— Mémoires d’un rouge

Frank Thomas, Pourquoi les pauvres votent à droite ———— Pourquoi les riches votent à gauche

Granvaud Raphaël et Mauger David, Un pompier pyromane...

Haffner Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

Halimi Serge,Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir…

Hobsbawm Eric, L’Ère des extrêmes

Hocquenghem Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

Hugrée Cédric, Penissat Étienne et Spire Alexis, Les Classes sociales en Europe...

Imache Tassadit, Des cœurs lents

Israel Jonathan, Une révolution des esprits...

Jouanneau Solenne, Les Imams en France. Une autorité religieuse sous contrôle

Keun Irmgard, Quand je serai grande je changerai tout

Lynch Michael, Éloge de la raison...

Marx Karl et Engels Friedrich, Les Grands Hommes de l’exil

Massin Jean, Robespierre

McAdam Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964

Mercier-Vega Louis, La Chevauchée anonyme. Une attitude internationaliste…

Mischi Julian, Le Communisme désarmé...

Mumford Lewis, La Cité à travers l’histoire

Noiriel Gérard, Une histoire populaire de la France

Pinker Roy, Faire sensation. De l’enlèvement du bébé Lindbergh…

Rasera Frédéric, Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel

Rouillan Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987 ———— Je regrette

Russell Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Serge Victor, Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine Boris, Cauchemar en URSS suivi deL’Ouvrier & le paysan soviétiques

Steimann Flavio, Bajass

Taylor Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine

Vanoosthuyse Michel, Fascisme et littérature pure. La fabrique d’Ernst Jünger

Varela Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Verschave François-Xavier, L’Envers de la dette. Criminalité politique et économique…

Willis Paul,L’École des ouvriers

Zinn Howard,Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010) ———— Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre ———— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours


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éditions Agone - le 25.03.2020 à 08:00

« La complicité d'un petit groupe de décideurs français nous paraît avérée »

François Graner, auteur avec Raphaël Doridant de L'État français et le génocide des Tutsis au Rwanda, co-éditée par Agone et Survie, revient sur leur ouvrage dans un entretien publié dans Billets d’Afrique. Ils y font une synthèse sur le rôle joué par la France dans le génocide à partir d’une analyse large et approfondie des sources qui ont traité ce sujet depuis un quart de siècle.

Billets d’Afrique : Pourquoi ce livre ?

— François Graner : « Plus jamais ça », tel était le mot d’ordre après le génocide des Juifs d’Europe, auquel le régime de Vichy avait contribué directement. Et voilà que 50 ans plus tard survient le génocide des Tutsis, et qu’à nouveau se pose la question du rôle de l’État français. Depuis près de vingt-six ans, cette implication a suscité des accusations fortes d’un côté, et une défense véhémente de l’autre.

Nous voulions proposer un ouvrage synthétique et pédagogique pour permettre aux citoyens français de comprendre les tenants et les aboutissants de cette complicité, indirecte cette fois, dans un deuxième génocide. Afin que cela ne se reproduise pas. L’autre moteur de notre action est le respect dû aux victimes rwandaises et à leurs familles.

En quoi ce qu’il s'est passé entre la France et le Rwanda est-il emblématique de la Françafrique ?

— La Françafrique est un système de domination de la France dans son « pré carré » africain : la France veut maintenir des pays dans sa zone d'influence. Elle soutient donc des régimes amis, indépendamment de leur caractère démocratique ou non. La politique de l’État français au Rwanda constitue le cas extrême de cette politique-là. Donc comprendre la Françafrique permet mieux de comprendre ce qui s'est passé au Rwanda. Inversement, comprendre ce qui s'est passé au Rwanda met en évidence ce que peut faire la Françafrique, et permet de mieux la combattre.

Car si le soutien au régime rwandais est assez similaire à celui dont ont pu bénéficier celui de Paul Biya au Cameroun ou d’Idriss Deby au Tchad, les conséquences sont encore plus extrêmes. En effet, les autorités françaises ont ici soutenu un régime et une armée qui ont arrimé le Rwanda à la zone d'influence française mais qui ont en même temps préparé et mis en œuvre le génocide des Tutsis. Et ce soutien s’est maintenu même après la fin du génocide.

Pourquoi d'après vous cette question nous concerne tous en tant que Français ?

— D’abord, cette question met en évidence le fonctionnement interne de nos institutions : comment un petit nombre de personnes, malgré toutes les alertes reçues, a pu en pleine connaissance de cause mener une politique condamnable. Cela montre que la France n'a pas de système de régulation efficace, de garde-fou dans le domaine de la politique étrangère et surtout la politique africaine. Un tout petit groupe d'hommes a pu maintenir le cap qu'il s'était fixé, même quand ce cap est devenu intenable. Cela souligne le poids de François Mitterrand et de quelques décideurs militaires qui ont soutenu sa vision. A l'inverse, plusieurs militaires ont pris une position critique, mais ceux-ci n'ont pas eu de poids.

Le second aspect, c’est que nous avons une responsabilité particulière en tant que Français. Les principales institutions françaises sont concernées à un degré ou à un autre par le sujet. Surtout l'armée, mais aussi la justice, les médias ou l'éducation, participent : soit en dévoilant ce qui s'est passé, soit au contraire en semant la confusion, voire en entravant la recherche de la vérité.

Qu’est-ce qui vous a incité à travailler et documenter ce dossier ?

— Raphaël Doridant et moi-même n’avions pas de relations personnelles avec des Rwandais avant le génocide de 1994. Nous avons été extrêmement choqués par ce qui s'est passé, et encore plus choqués par les accusations portées contre la France, d'autant que, par notre éducation, nous étions tous deux des citoyens respectueux de la France et de son histoire. Nous avons cherché à comprendre et vérifier ces accusations, sans parti pris. Notre travail en conforte un certain nombre, mais pas toutes.

C'est pourquoi Raphaël a co-coordonné un livre de Survie pour la quinzième commémoration du génocide1. En ce qui me concerne, j'ai commencé à regarder ce que disaient les sources militaires publiques sur ce sujet, et j'ai écrit un livre pour la vingtième commémoration2. Pendant que je l'écrivais, j'ai rejoint Survie car l’analyse qu’elle produisait rejoignait ce que je trouvais de mon côté. Pour Survie c'est un combat majeur qui concerne au plus haut point la démocratie française et son fonctionnement. Parce qu'il pose la question, toujours brûlante, de qui décide quoi au nom des Français.

Comment avez-vous alimenté votre livre ?

— Depuis les indépendances africaines, la France a mené une soixantaine d'opérations extérieures, c'est-à-dire d'interventions militaires hors de son territoire. Les trois opérations menées au Rwanda - Noroît, Amaryllis et Turquoise - ont soulevé les polémiques les plus importantes et donc de nombreuses enquêtes par la justice, des parlementaires, des journalistes, des chercheurs.

Il y a ainsi une grande quantité de documents et une variété de sources. Et parmi ceux-là une partie a pu être publiée. Certains ont d'abord fuité avant d'être authentifiés, d’autres ont été déclassifiés par des parlementaires ; il y a aussi des audiences de procès, des interviews, des livres écrits par différents acteurs de l'époque, etc…

En 2014 par exemple, Survie avait réalisé un travail basé sur 20 documents parmi les plus emblématiques et sur les questions qu’ils posent3. Ce travail a été complété en 2019 avec 25 documents4 pour la 25ème commémoration du génocide des Tutsis. De mon côté, dans mon ouvrage Le sabre et la machette, j’avais cherché à reprendre toutes les sources militaires disponibles publiquement, les interviews de militaires, les revues militaires et les documents militaires déclassifiés et publiés.

Dans ce nouveau livre, nous avons réalisé un travail plus systématique en nous basant sur la recension d'à peu près toutes les sources que l'on a pu avoir sur le sujet. Ainsi, notre travail d’écriture a duré deux ans mais il se base sur des recherches qui elles-mêmes s'étalent sur un quart de siècle.

On peut citer par exemple le très gros livre de Jacques Morel5, complété par une banque de données où il a mis en ligne près d'une dizaine de milliers de documents, classés par dates et thèmes6. Il y a aussi les ouvrages des nombreuses personnes qui ont travaillé avant nous. On ne peut pas les remercier toutes individuellement ici, mais nous sommes redevables de tout ce travail collectif.

Nous l’avons complété par des entretiens avec des acteurs et témoins de l'époque, en particulier avec des militaires qui sont d'opinions variées et à différents niveaux, depuis les militaires du rang jusqu'aux chefs de l'armée. Nous avons eu aussi accès à un grand nombre de documents. Par exemple, en 2015, le président François Hollande a promis d'ouvrir les archives françaises aux chercheurs. Cette annonce n'a été que partiellement suivie d'effet, mais cela a permis de consulter une série d'archives présidentielles intéressantes.

Votre ouvrage est clair et pédagogique. Quelle est son originalité ?

— Effectivement, nous prenons soin de proposer un ouvrage qui ne demande au lecteur aucune connaissance préalable. Nous cherchons à rester clairs et lisibles du début à la fin. En même temps nous sommes exigeants sur la solidité des arguments apportés, car nous voulons que le lecteur puisse se faire son opinion, grâce aux références.

En choisissant cet angle de travail, nous cherchons plutôt une synthèse qu’une nouveauté à tout prix. Nous sommes globalement compatibles avec ce qu'ont écrit beaucoup de gens avant nous, mais nous les précisons et nous rendons plus solide l'argumentation. Par exemple, François-Xavier Verschave, qui a été président de Survie pendant longtemps, est l'un des auteurs qui dès 1994 ont attiré l'attention sur le rôle de la France7. Globalement on retrouve aujourd’hui toutes ses conclusions, et on s'aperçoit qu'effectivement le puzzle était déjà quand même assez bien assemblé.

Nous cherchons à renforcer la cohérence en inscrivant le livre dans une analyse globale. Nous commençons le livre sur une présentation historique, avant de passer au fonctionnement de la Françafrique, aux actions ou inactions de la justice, et aux mécanismes du négationnisme. Puis nous concluons sur les enseignements à en tirer pour la démocratie française. Ces chapitres reflètent notre point de vue et aussi largement celui de l'association. Ils proposent une analyse qui cherche à être la plus précise possible : quels ont été les mécanismes qui ont été mis à l'œuvre ? Comment pourrait-on éviter qu’une politique pareille ne se reproduise ?

Quels sont les points les plus développés dans le livre, ou même qui sont inédits ?

— Certains points précis sont plus nouveaux ou plus développés peut-être que ce que d'autres ont fait avant nous. Cela concerne par exemple le basculement de la politique française entre le moment où elle était encore à notre avis à peu près défendable jusqu'en février 1993 - un an avant le génocide - et le moment où elle bascule dans un soutien aux extrémistes. Il y a également une discussion très prudente sur les pistes et éventuellement les responsabilités françaises dans l'attentat du 6 avril 1994 qui donne le signal déclencheur au génocide. Nous avons aussi développé la partie sur les motivations et le déclenchement de l'opération Turquoise, en étant particulièrement précis et solides.

Enfin, on développe aussi beaucoup l’affaire de l’abandon des Tutsis de Bisesero : qu'est ce qui s'est passé exactement dans les trois jours où les rescapés survivants de Bisesero ont été laissés massacrés par les tueurs, alors que les militaires français le savaient et n'étaient pas loin ? C’est une question qui est au cœur du travail de Survie. Nous avons en juin dernier consacré à ce sujet tout un colloque qui a permis de mettre à jour beaucoup d'informations que l’on utilise dans notre livre. Nous mettons aussi en avant d’autres sujets, comme la livraison d'armes aux génocidaires avant, pendant et après le génocide. Nous précisons la manière dont ni les radios de la haine, ni les génocidaires eux-mêmes n'ont été inquiétés au moment de la déroute du pouvoir génocidaire. Nous faisons le point également sur les entraves à la justice et à la connaissance de la vérité en France. Voilà pour moi les points forts de notre travail.

On entend souvent parler du secret défense comme obstacle à l’établissement de la vérité. Y avez-vous été confrontés ?

— Même si beaucoup de documents sont déjà déclassifiés ou accessibles, même si Jacques Morel a mis en ligne une dizaine de milliers de documents sur son site et que cela paraît déjà énorme, ce n’est encore qu'une toute petite partie de ce qui existe. Selon diverses estimations il y aurait entre trois cent mille et un million de documents.

En effet, il y a deux verrous en France. D'une part les archives sont peu accessibles, et pour certaines il faut demander des dérogations individuelles pour les consulter. D'autre part, certains documents sont classés secret défense, ce qui fait un second verrou, même si beaucoup de ces documents n’intéressent pas vraiment la défense nationale. Ces deux verrous-là ont été opposés à nos recherches.

Pour le premier verrou, qui nous a été opposé malgré la promesse de François Hollande, j’ai déposé un recours d'abord devant la justice française, en allant jusqu'au Conseil constitutionnel8. J'ai été débouté et j'ai saisi en décembre 2017 la Cour européenne des droits de l'homme ; je suis en attente de sa décision.

Pour le second verrou, le secret défense est un très gros problème qui nous dépasse largement. Nous avons créé un collectif9 avec un certain nombre de victimes ou de familles de victimes, soutenues par des associations, dans d'autres affaires judiciaires sensibles comme l'affaire Ben Barka, l'affaire Curiel, l'affaire Boulin, l'affaire Borrel, l'affaire du chalutier Bugaled Breizh … Des affaires très différentes, peu reliées entre elles mais qui ont surtout en commun qu’elles se sont toutes heurtées au problème du secret défense.

Ce collectif insiste sur le fait que le secret défense pèse très négativement dans la vie politique française. En effet il sert surtout à protéger le secret des gouvernants de la curiosité des gouvernés, et empêche toute régulation démocratique des décisions qui sont prises en notre nom. Le secret défense opposé aux journalistes, aux chercheurs, aux juges pose vraiment un gros problème démocratique dans notre pays.

Que répondez-vous aux accusations d’accointances supposées que vous auriez, ainsi que Survie, avec Paul Kagame, actuel président du Rwanda depuis 1994 ?

— Ces accusations proviennent à l’évidence de personnes qui n'ont pas lu les travaux de Survie.

Pensez-vous qu'il y a eu un avant et un après dans les relations de la France avec les pays du continent africain depuis le génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 ?

J'ai l'impression que le soutien de la France à un régime génocidaire a été un basculement pour de nombreux citoyens de pays africains, et en particulier au Rwanda, qui perçoivent maintenant la France de façon très différente et beaucoup plus critique.

On dirait que les seules leçons que l'armée française a tiré au Rwanda sont des leçons purement militaires, où elle se réjouit de l'action qu'elle a faite là-bas. Ainsi, le chef des armées de l’époque affirme que l'opération Turquoise était une belle intervention...

Beaucoup de militaires en position de responsabilité aujourd’hui, en particulier le chef de l'armée actuel sont des anciens des interventions au Rwanda, ce qui n'incite pas beaucoup à l'optimisme de ce point de vue-là.

Pour terminer cet entretien, pouvez-vous revenir sur le rôle exact joué par la France dans le génocide ?

— Je voudrais réaffirmer que je suis rentré dans ce sujet sans parti pris. J'avais été stimulé par le fait d’avoir vu des points de vue opposés entre des personnes qui disaient que la France n'avait rien fait de grave, et d’autres qui allaient jusqu'à dire que la France avait poussé au génocide.

Aujourd’hui, après plusieurs années d’enquête, je pense très clairement que quelques décideurs français - François Mitterrand et quelques proches, essentiellement des décideurs militaires - ont soutenu des génocidaires en connaissance de cause, en sachant ce qu'ils faisaient, avec des conséquences sur leur maintien au pouvoir, donc sur la réalisation du crime et sur le sentiment d'impunité des criminels. Ainsi sont réunis les trois points qui normalement caractérisent la complicité : un soutien actif, en connaissance de cause, et avec un effet sur le crime commis. L'association Survie s'est constituée partie civile dans les plaintes concernant Bisesero ; nos avocats y demandent que la justice enquête et détermine si les actes des décideurs français peuvent en effet être qualifiés juridiquement de complicité de génocide, et sanctionnés en tant que tels10.

Au sens politique du terme il nous paraît très clair qu’effectivement il y a eu complicité. On peut être complice de génocide sans avoir l'intention génocidaire soi-même. Ainsi Maurice Papon a été condamné pour complicité de génocide, alors que lui-même n'a pas été jugé comme partageant l'idéologie nazie ou ayant l’intention d'exterminer les Juifs.

Dans le cas du Rwanda, nous ne voyons nulle part d'intention d'exterminer les Tutsis chez ces décideurs français, ni au niveau de l’État français et de l'armée en tant qu'institution ; même si l’antitutsisme des génocidaires a partiellement déteint sur quelques officiers.

En revanche, on constate une intention claire de soutenir les extrémistes hutus en sachant précisément ce qu’ils faisaient. L’État français est toujours très bien informé. Il n’y a aucun aveuglement, aucun dysfonctionnement. Les décisions sont prises dans le calme et dans la continuité, les ordres correspondants sont précis et exécutés avec professionnalisme. Donc pour nous, chez ce petit groupe de décideurs français, il n’y a pas d’intention génocidaire ni de commission directe du crime de génocide ; mais par contre leur complicité nous paraît avérée.

François Graner, propos recueillis par Martin David

Entretien publié dans le numéro 294 de Billets d’Afrique (février 2020).

L'État français et le génocide des Tutsis au Rwanda,sorti en librairie en février 2020, est disponible au format ePub sur le site des éditions Agone.

1. La complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, L’Harmattan, 2009. [ndlr]

2. Le Sabre et la Machette. Officiers français et génocide tutsi, Tribord, 2014. [ndlr]

3. « Génocide des Tutsi au Rwanda. 20 documents pour comprendre le rôle de l’Etat français », Survie, avril 2014. [ndlr]

4. « Dénis et non-dits. 25 ans de mensonges et de silences complices sur la France et le génocide des Tutsis du Rwanda », Survie, avril 2019. [ndlr]


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Les éditions Libertalia - le 23.03.2020 à 11:49

Epub et pdf de Mon histoire (Rosa Parks) en accès libre

D'autres titres sont à venir.


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éditions Agone - le 24.03.2020 à 08:00

Humains, mais pas trop

Le refus de la majorité gouvernementale d’augmenter la durée du congé de deuil accordé à un salarié après le décès d’un enfant aurait, si on en croit les médias institutionnels, indigné la plupart des Français. Le clapotis soulevé par la vague d’émotion serait venu battre le pied du trône jupitérien avec tant de force que son occupant, prenant conscience de la faute politique commise par une majorité si aveuglément soumise à sa volonté, s’est cru obligé de tancer ses fidèles en leur rappelant qu’il faut savoir se montrer « humains » quand on gouverne…

Laissant aux commentateurs patentés le soin de gloser d’abondance sur la question de savoir si un tel événement prélude ou non à une désintégration prochaine d’une majorité gouvernementale minée par « ses contradictions, ses incohérences et son amateurisme », je voudrais pour ma part m’inscrire en faux contre l’idée, immédiatement resurgie dans les rangs de l’opposition, que cette énième palinodie du pouvoir serait une nouvelle confirmation du « peu d’ancrage de sa majorité dans la réalité sociale ».

Autrement dit, cette majorité politique, qualifiée en l’occurrence de « hors-sol », ne serait pas à l’image de la majorité du peuple français réel car, comme chacun le sait bien, de par le vaste monde, le peuple français réel serait le peuple vertueux par excellence, dont les ancestrales qualités de cœur et d’esprit seraient immémorialement enracinées dans son terroir et son histoire, d’où elles n’auraient cessé de percoler à travers toute la planète. C’est précisément cette légende nationale-chauvine que je tiens pour mensongère.

Il suffit d’une teinture de connaissance historique pour savoir que les sociétés complexes comme la nôtre sont des sociétés de sociétés qui, en tous temps, ont été agitées de luttes (de classes, entre autres), dressant les gens les uns contre les autres, à l’intérieur comme à l’extérieur, et que ces relations tantôt de coopération, tantôt de conflit, ont engendré dans toutes les composantes des populations, autant de hauts faits admirables et dignes d’être imités que d’abominations dont il n’y a vraiment pas lieu d’être fiers.

On doit à la vérité – vérité qui ne s’appréhende que tendanciellement, sur le grand nombre et sur la longue durée – de constater que les manifestations d’amour du genre humain, de compassion et de solidarité sont plutôt des caractéristiques de gauche pour cette raison déterminante que les forces de gauche sont généralement celles qui, en toutes circonstances, revendiquent pour philosophie explicite les principes et les valeurs d’un humanisme universaliste abstrait, opposé à toutes les formes d’exploitation, de ségrégation et d’exclusion, quitte à bafouer bien trop souvent, dans la pratique, les règles proclamées par la doctrine.

D’où les convergences désormais évidentes entre politiques de gauche et politiques de droite, convergences qui, de gouvernements de droite républicaine en gouvernements de gauche sociale-démocrate, ont finalement abouti à l’effacement, par le gouvernement macronien, toujours au nom du « pragmatisme » (étiquette servant à couvrir tous les renoncements et toutes les fraudes), de la distinction même entre droite et gauche.

La ridicule expression « le-en-même-temps », chère aux journalistes et aux communicants du régime, est justement la traduction en charabia médiatique du fait que, loin de s’être donné une représentation nationale « hors-sol » et déconnectée de la réalité, la société civile française a confié les rênes du pouvoir à la fraction de ses élites dans laquelle elle reconnaît peut-être le mieux les ambitions, les prétentions, les vanités et les illusions façonnées par le moule capitaliste.

C’est en effet la partie la plus représentative sociologiquement et anthropologiquement, c’est-à-dire la fraction de la classe moyenne qui, si elle ne constitue pas à elle seule la population la plus importante en nombre, incarne, du fait de son influence sur l’ensemble des classes dominées – y compris d’une grande partie des classes populaires à la remorque de la classe moyenne – l’idéal de la réussite sociale et de l’accomplissement humain que chacun s’efforce d’atteindre, en personne ou à travers sa progéniture. Cette fraction qui se rêve hégémonique est à la grande bourgeoisie d’aujourd’hui ce que la bourgeoisie enrichie et cultivée du XVIIe siècle était à la noblesse de l’Ancien Régime. C’est pourquoi je propose d’appeler ce type nouveau de petite bourgeoisie de « petit-bourgeois gentilhomme », par analogie avec l’ineffable Monsieur Jourdain.

Il serait difficile de définir plus précisément en quelques lignes les propriétés modales ou, comme disaient naguère certains sociologues, la « personnalité de base » de cette population. Je me bornerai donc à rappeler en peu de mots la propriété peut-être la plus décisive, celle qui sert de fondamentale à toutes les harmoniques caractérisant nos élites modernistes : celles-ci forment invariablement la  fraction la mieux pourvue en capital symbolique, et par cela même la plus aliénée, parce que la plus étroitement, la plus stupidement, la plus servilement calquée sur le modèle américain (au point d’en perdre sa langue maternelle).

L’aristocratie petite-bourgeoise est la quintessence du monde bourgeois mondialisé, c’est-à-dire la composante du genre humain dont la capacité d’entraînement a fini par mener le monde à sa ruine matérielle et spirituelle, à force d’y développer le culte de l’Argent et d’y organiser la dictature du néo-libéralisme.

À cet égard, Macron, son gouvernement et sa majorité, non seulement ne sont pas « déconnectés » de la réalité française, mais ils en sont l’émanation accomplie, un concentré  de sa petite bourgeoisie, au service de la grande, un monde humain certes, mais pas trop… quand même.

Peu de gens, semble-t-il, auront remarqué que le même jour où le chef de l’État administrait à sa majorité son olympienne leçon de mansuétude, l’ONU demandait aux puissances européennes de faire preuve de « plus d’humanité » envers les migrants.

Décidément, y aurait-il quelque chose d’inhumain au royaume du Capital ?

Alain Accardo

Chronique parue dans La Décroissance en mars 2020.

Du même auteur, vient de paraître, Le Petit-Bourgeois gentilhomme, Agone, coll. « Éléments », troisième édition revue et actualisée.


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éditions Agone - le 19.03.2020 à 19:00

Tous nos livres numériques (II) Classés par nom d'auteur

Accardo Alain, Pour une socioanalyse du journalisme

Anderson Perry, Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image ———— Le Nouveau Vieux Monde...

Baqué Philippe, Homme augmenté, humanité diminuée...

Barancy Olivier, Misère de l’espace moderne…

Berthaut Jérôme, La Banlieue du « 20 heures »...

Bizeul Daniel, Martial, la rage de l’humilié

Boghossian Paul, La Peur du savoir...

Borchert Wolfgang, Dehors devant la porte...

Bouveresse Jacques, Le Mythe moderne du progrès ———— Le Danseur et sa corde... ———— Essais VI. Les Lumières des positivistes ———— Essais V. Descartes, Leibniz, Kant ———— Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ? ———— Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage ———— Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire ———— Essais I. Wittgenstein, la modernité, le progrès & le déclin

Chomsky Noam, Raison et liberté...

Chueca Miguel (recueil de textes choisis et présentés par), Déposséder les possédants...

Clifford William et James Willian, L’Immoralité de la croyance religieuse...

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine...

Cottias Myriam, D’une abolition l’autre...

Coton Cristel, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

Christofferson Michael, Les Intellectuels contre la gauche…

Creagh Ronald, Utopies américaines. Expériences libertaires du XIXesiècle à nos jours

De Cock Laurence (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire (II)

De Cock Laurence et Pereira Irène (dir.),Les Pédagogies critiques

Discepolo Thierry, La Trahison des éditeurs

Fast Howard, Spartacus ———— Mémoires d’un rouge

Frank Thomas, Pourquoi les pauvres votent à droite ———— Pourquoi les riches votent à gauche

Granvaud Raphaël et Mauger David, Un pompier pyromane...

Haffner Sebastian, Allemagne, 1918 : une révolution trahie

Halimi Serge,Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir (1924, 1936, 1944, 1981)

Hobsbawm Eric, L’Ère des extrêmes

Hocquenghem Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

Hugrée Cédric, Penissat Étienne et Spire Alexis, Les Classes sociales en Europe...

Imache Tassadit, Des cœurs lents

Israel Jonathan, Une révolution des esprits...

Jouanneau Solenne, Les Imams en France. Une autorité religieuse sous contrôle

Keun Irmgard, Quand je serai grande je changerai tout

Lynch Michael, Éloge de la raison...

Marx Karl et Engels Friedrich, Les Grands Hommes de l’exil

Massin Jean, Robespierre

McAdam Doug, Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964

Mercier-Vega Louis, La Chevauchée anonyme. Une attitude internationaliste devant la guerre (1939-1942)

Mischi Julian, Le Communisme désarmé...

Mumford Lewis, La Cité à travers l’histoire

Noiriel Gérard, Une histoire populaire de la France

Pinker Roy, Faire sensation. De l’enlèvement du bébé Lindbergh au barnum médiatique

Rasera Frédéric, Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel

Rouillan Jann Marc, Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977-1987 ———— Je regrette

Russell Bertrand, Le Pacifisme et la Révolution. Écrits politiques (1914-1918)

Serge Victor, Retour à l’Ouest. Chroniques (juin 1936 - mai 1940)

Souvarine Boris, Cauchemar en URSS suivi deL’Ouvrier & le paysan soviétiques

Steimann Flavio, Bajass

Taylor Keeanga-Yamahtta, Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine

Vanoosthuyse Michel, Fascisme et littérature pure. La fabrique d’Ernst Jünger

Varela Raquel, Un peuple en révolution. Portugal 1974-1975

Verschave François-Xavier, L’Envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo-Brazza et en Angola

Willis Paul,L’École des ouvriers

Zinn Howard,Se révolter si nécessaire. Textes & discours (1962-2010) ———— Désobéissance civile et démocratie. Sur la justice et la guerre ———— Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours


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