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06.07.2022 à 10:00

Vers une alimentation plus durable : « En valorisant les alternatives, on embarque les citoyens »

Philippe Lesaffre

Trois étudiantes de l'ESCP Business School ont voulu montrer que des alternatives existent en Europe pour assurer une alimentation plus durable. Cela donne le documentaire From Farm to fork

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Texte intégral (1318 mots)

TÉMOIGNAGE – Les jeunes se mobilisent. Trois étudiantes de l’ESCP Business School ont voulu montrer que des alternatives en Europe permettent d’assurer une alimentation plus durable. Cela donne le documentaire From Farm to fork dans lequel on les voit échanger avec de nombreux acteurs en Europe. « Pour donner envie de se mobiliser, on peut mettre en avant ce qui existe », indique Juliette Fournier Le Ray, l’une des réalisatrices, qui revient sur cette expérience enrichissante.


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Elles avaient la possibilité de prendre le large. Pendant sept mois, en 2021, trois étudiantes de l’ESCP Business School ont sillonné les routes européennes dans le but de déchiffrer les enjeux de l’alimentation de demain. En 2050, la planète aura à nourrir près de 10 milliards de personnes selon les projections. Or, l’agriculture fait partie des secteurs dans le monde les plus émetteurs en gaz à effet de serre, notamment en raison de l’élevage de bovins et d’ovins. Conscientes du changement climatique, Julie Deshayes, Juliette Fournier Le Ray et Lucie Renard avaient l’intention, en partant, de mieux comprendre comment notre consommation pouvait s’adapter.

« On entend souvent que le monde va mal, qu’on va droit dans le mur, remarque Juliette, l’une des trois autrices, avec qui Le Zéphyr a échangé. Or, ce discours un brin catastrophiste, estime-t-elle, peut effrayer et ne donne pas envie de s’engager. » Pour autant, il est urgent d’agir à tous les niveaux, comme l’expliquent l’ensemble des scientifiques experts du climat, tels que Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et membre du Giec (ultra-pédagogique sur Twitter), ou d’autres à l’instar de Christophe Cassou (très présent sur Twitter également), récemment à l’origine de l’opération « MandatClimatBiodiversité », une session de formations aux enjeux du changement climatique, à deux pas de l’Assemblée nationale à destination des élus volontaires pendant trois jours, en compagnie d’autres chercheurs.

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Ainsi, pour inspirer, et puis « apporter une touche d’optimisme », comme Juliette le raconte, elles se sont lancées. Munies d’une caméra, elles sont allées frapper à la porte de citoyens et d’acteurs économiques, qui trouvent des solutions sur le sujet (épineux) de l’alimentation. « Pour donner envie de se mobiliser, on peut mettre en avant ce qui existe, valoriser les alternatives durables.  » En clair : montrer que « le changement a déjà lieu » un peu partout au sein de nos contrées européennes. « Pour moi, ça permet de motiver, et on peut ainsi vraiment embarquer les gens », ajoute-t-elle.

Expérience bénévole pour se sentir utiles

But de l’opération : se rendre utiles, et analyser l’ensemble des phases de conception d’un produit alimentaire, de la production à la ferme à la gestion de déchets et du recyclage, en passant par la distribution et la restauration. Les trois réalisatrices ont décidé, en même temps, de s’investir bénévolement auprès de structures engagées, en leur apportant pendant six semaines, leurs connaissances apprises en école de commerce (communication, marketing, finance, comptabilité, conseil en stratégie). D’abord, elles ont proposé leur service à l’association The Real Junk Food Berlin, qui récupère des invendus dans des marchés de gros et des magasins bio pour les valoriser dans l’assiette. On les retrouve ensuite – toujours pendant six semaines – en compagnie d’une start-up danoise commercialisant des escargots en boîte de conserve. Elles ont travaillé à la ferme et ont épaulé l’entreprise sur le lancement d’un nouveau produit.

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Les trois étudiantes ont également accompagné un restaurant végan à Stockholm, Fern & Fica, notamment sur l’aspect marketing et business plan. « Le restaurant voulait ouvrir une nouvelle adresse », précise Juliette, souvent « en cuisine » pendant cette période, elle qui a également suivi, il y a peu, une formation à l’école Ferrandi. Une sacrée aventure, qui les ont aussi emmenée au cœur d’une ferme en Écosse. Qui leur a en tout cas permis de « sortir de (leur) zone de confort », et de rencontrer de nombreux acteurs du changement, comme disent certains.

« Garder l’image globale de la situation »

Après ce voyage, elles se sont rendu compte à quel point il ne fallait pas « rester dogmatique », dit-elle. « Il faut toujours penser à garder l’image globale de la situation, tant l’aspect environnemental que solidaire par exemple. » En particulier, on a besoin d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre, limiter l’empreinte écologique, mais il ne faut pas non plus oublier d’assurer « l’accessibilité des bons produits à tout le monde », y compris aux personnes en situation de précarité, notamment, et de ne laisser personne au bord de la route, en quelques sortes. Ou encore d’assurer une « meilleure rémunération des agriculteurs ». « Rien n’est simple, il faut se questionner, dialoguer avec les spécialistes, prendre du recul, ne jamais arrêter », précise Juliette, qui entamera son stage de fin d’année à la BPI après l’été.


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Les trois réalisatrices, les études désormais derrière elles, ont présenté en juin leur documentaire From Farm to fork (ici pour découvrir le trailer) à l’ESCP Business School, à Paris, ou encore à l’Académie du climat, dans le cadre du festival Mieux manger, de la ville de Paris. Une deuxième projection sera organisée dans leur école à la rentrée, peut-être d’autres suivront plus tard… / Philippe Lesaffre

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24.06.2022 à 17:11

« Des bêtes magnifiques” : des apiculteurs se mobilisent contre la disparition des abeilles

Jérémy Felkowski

Les abeilles disparaissent sans bruit. Une disparition qui, en sous-main, pourrait engendrer des conséquences catastrophiques

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Texte intégral (984 mots)

Si discrètes et pourtant essentielles… Les abeilles disparaissent sans bruit. Une disparition qui, en sous-main, pourrait engendrer des conséquences bien plus réelles que la raréfaction du pot de miel que l’on ouvre au petit-déjeuner. Des professionnels se mobilisent partout en France pour enrayer le phénomène. Nous en avons rencontré quelques-uns. Ils sont en colère.

Cet article est un extrait de l’entretien, publié dans Le Zéphyr n°11 – Sauver les animaux. Découvrez son sommaire, passez commande pour soutenir le média des aventures humaines. Lisez et offrez le magazine !

Si « les abeilles disparaissent de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre…” Si la citation faussement attribuée à Albert Einstein a de quoi faire frémir par son catastrophisme, il n’empêche que le péril encouru par nos amies hyménoptères pourrait nous retomber dessus sans crier gare. Entre 1985 et 2005, plus de 25 % des populations d’abeilles ont purement et simplement disparu des jardins européens. Et, au vu du développement des produits chimiques comme de l’artificialisation des sols, il y a tout lieu de penser que la situation va continuer de se détériorer pendant les prochaines années. Certaines sources évoquent même 30 % de taux de mortalité dans les colonies. 

En cause, l’activité humaine, bien entendu. Mais une activité plurielle. Dans l’agriculture, les exploitants continuent de déverser des hectolitres de pesticides et de fertilisants sur leurs parcelles. Il en résulte un appauvrissement des terres et une intoxication des plantes. Parmi les insectes, c’est l’hécatombe. Ajoutons à cela la raréfaction des zones sauvages et l’urbanisation croissante, et le paysage est complet.

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« Je n’ai pas signé pour ça »

Face à ce que l’on annonce comme inéluctable, des professionnels se mobilisent pour poursuivre leur activité et, surtout, renouer avec une apiculture plus saine et respectueuse de la nature. L’enjeu est double pour eux. Au-delà du maintien d’une profession qui, de facto, est en danger, ils entendent garantir la qualité d’un produit (le miel) directement impacté par les conditions de sa production. 

“Moi, en vrai, j’ai pas signé pour ça.” Benoît a 33 ans. Il vit sur les hauteurs alpines et ce “ça” qu’il dénonce avec véhémence, c’est l’afflux de miels “trafiqués” d’un peu partout. Roumanie, République tchèque, Pologne, Portugal… « Des miels qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et qu’on apporte parce que la production française ne peut plus suivre. Je ne sais pas comment ils fabriquent le leur, dit-il, mais ils ne le font sûrement pas comme moi.” 

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Lancé dans l’apiculture il y a dix ans tout juste, il s’est fixé pour objectif d’avoir une production propre, comme il le dit. Cela implique des méthodes de travail douces, un rythme calqué sur celui de ses précieuses associées, l’abandon pur et simple de tout produit chimique dans la préparation et la conservation des bocaux. “C’est sûr que ce n’est pas aussi facile que de balancer des produits dans tout et n’importe quoi. Mais je peux donner mon miel à mes enfants sans risques.”

“Un massacre organisé, c’est terrible”

La disparition des abeilles, Benoît la voit se produire sous ses yeux. Depuis une décennie, il a perdu des insectes en une quantité innombrable. Entre les maladies venues de l’extérieur, l’influence des polluants et, maintenant, les dangers venus d’espèces invasives, il a perdu près de la moitié de son exploitation. “Sur le chiffre d’affaires, c’est évidemment terrible. 50 % de perte, c’est concret. Ça se chiffre. Ça veut clairement dire quelque chose. Mais, surtout, on parle de bêtes. 50 % de perte, dans mon métier, c’est un massacre organisé. C’est terrible”, glisse-t-il visiblement ému. / Jérémy Felkowski

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22.06.2022 à 11:21

« Nostre Mar » : SOS Racisme organise un festival pour « repenser nos identités plurielles »

Philippe Lesaffre

SOS Racisme organise un festival autour de Perpignan (ville dirigée par le Rassemblement national), Rivesaltes et Argelès afin d' "assumer le combat culturel" et d'apporter un autre éclairage autour de la guerre d'Algérie

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Texte intégral (1248 mots)

SOS Racisme organise du 27 juin au 3 juillet un festival autour de Perpignan (ville dirigée par le Rassemblement national), de Rivesaltes et d’Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Le but du jeu : « assumer à nouveau le combat culturel » et apporter un autre éclairage sur la guerre d’Algérie, comme l’indique le chercheur Nicolas Lebourg, à l’origine de l’événement.


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Il en a eu l’idée durant la dernière campagne présidentielle. L’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, interrogé par Le Zéphyr, nous en dit un peu plus sur son intention. Via le festival Nostre Mar, il vise en particulier à questionner « la relation que nous entretenons avec les autres pays méditerranéens« . Au programme : des conférences, des expositions, et du cinéma, aussi.

« Assumer le combat culturel »

Le Zéphyr : Pour quelles raisons avez-vous créé le festival Nostre Mar ? Et pourquoi maintenant ?

Nicolas Lebourg : L’idée est née le week-end du 19 mars, moment rituel de polémiques autour de l’Algérie française, après des mois de polémiques entretenues par Eric Zemmour sur le thème du « Grand remplacement » ou le rôle positif de Philippe Pétain. À Perpignan, plus grande municipalité lepéniste, venait d’être annoncé des mois de commémorations autour de l’Algérie française, avec un évènement de type festival du 23 au 26 juin. On s’est dit qu’il fallait assumer à nouveau le combat culturel. Ne pas aller protester, mais agir après, en faisant une proposition positive avec le thème de l’unité méditerranéenne, dans un cadre non localiste, mais en montant un festival national de SOS Racisme.

« Les passés, les présents et les futurs du monde méditerranéen »

Quels sont les objectifs de Nostre Mar et quel le programme du festival ?

Le slogan du festival, c’est « liberté, égalité, Méditerranée ». Il était question de créer un festival transmédias (d’où le fait qu’il y ait du cinéma, des expos photos, de dessins, etc.) qui traitent des passés, des présents et des futurs du monde méditerranéen. On commence la semaine avec les mémoires, en montrant qu’elles sont multiples et en évolution (au travers notamment de conférences au Mémorial du camp de Rivesaltes, là où est inaugurée une nouvelle exposition pour l’occasion, mais aussi de journées portes ouvertes, tant à ce mémorial qu’à celui d’Argelès).

On continue la semaine avec le visionnage de films, dont un en avant-première qui sort tout juste du Festival de Cannes (Harka), une conférence du meilleur spécialiste du djihadisme, Xavier Crettiez. En somme, on regarde en face les difficultés des présents. On finit, le 3 juillet, en manifestant pour la marche des fiertés à l’appel de LGBT+66, parce qu’il faut construire le futur. Et puis on fait la fête, avec des soirées de DJ, et on mange. Des restaurants proposeront des cartes spéciales et des vins du coin (plus d’infos sur le programme sont à retrouver sur le site d’information Made in Perpignan). 

« L‘antiracisme n’est pas une lubie politique, mais une norme éthique et juridique »

Lire aussi : Un Afghan à Paris : Izhar nous raconte son exil forcé

La date coïncide avec celle d’un autre événement, un événement organisé par la mairie de Perpignan et l’association du cercle algérianiste. S’agit-il d’y répondre, en quelque sorte ?

On peut dire qu’ils nous ont donné l’élan pour se lancer. Ce territoire est parfait pour rappeler que l’antiracisme n’est pas une lubie politique, mais une norme éthique et juridique. Mais on a absolument voulu éviter de nourrir la machine à affrontements physiques et verbaux en n’étant pas en face, au même moment, en faisant une autre offre culturelle et non pas en allant critiquer la leur.

On veut poser la question de notre relation avec les autres pays méditerranéens, dont on ne nous parle que pour fustiger les migrants syriens, ou pour lustrer des mémoires antagonistes, quant on parle d’une civilisation qui a une telle profondeur. Il faut se repenser dans des identités plurielles : je suis perpignanais, français, européen, méditerranéen, ça me va très bien – et en plus je sais grâce à Jaurès que le patriotisme et l’universalisme fonctionnent encore mieux ensemble. / Propos recueillis par Philippe Lesaffre

Pour en savoir plus : retrouvez la page Facebook du festival Nostre Mar


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