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14.04.2024 à 18:00

La société ukrainienne et la mobilisation

Marin Saillofest

Confronté à un manque d’hommes, le gouvernement ukrainien a récemment fait passer deux lois visant à abaisser l’âge de la mobilisation et à mieux l’encadrer. Aucune disposition relative à la démobilisation n’a néanmoins été conservée, laissant sur le front des soldats épuisés par deux ans de guerre sans perspective de retour à la vie civile.

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Texte intégral (1084 mots)

Tout comme la Russie, l’Ukraine est elle aussi en manque d’hommes à déployer sur le front de 1 000 kilomètres de long où s’affrontent les deux armées depuis plus de deux ans. La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a finalement signé une loi abaissant l’âge de la mobilisation de 27 à 25 ans. Malgré cette mesure, les ressources mobilisables sont rares : le nombre d’hommes de moins de 30 ans et en bonne santé fait partie des plus faibles dans l’histoire du pays.

Jeudi 11 avril, la Verkhovna Rada a adopté un nouveau texte encadrant davantage la mobilisation et offrant plus de marge de manœuvre au gouvernement pour la mener à bien1. Parmi les principales disposition du projet de loi figurent :

  • L’obligation pour les hommes âgés de 18 à 60 ans de porter en permanence sur eux un document d’enregistrement militaire et de le présenter à la demande d’un représentant du commissariat militaire ;
  • l’obligation pour les personnes astreintes au service militaire de mettre à jour leurs adresses et coordonnées dans un délai de 60 jours ;
  • l’obligation pour les hommes de 25 à 55 ans ayant été déclarés invalides après le 24 février 2022 (sauf pour les militaires) de passer un nouvel examen médical et social afin de « confirmer les conclusions » ;
  • la mise en place à partir du 1er septembre 2025 d’une formation militaire générale dans les établissements d’enseignement professionnel pré-universitaire et supérieur, les universités militaires et les unités d’enseignement militaire des universités2.

Si ces nouvelles dispositions amélioreront la mise en œuvre et le suivi de la mobilisation en Ukraine, une mesure cruciale pour les combattants et leurs familles a été omise : la démobilisation. L’amendement apporté au texte prévoyant le retour des soldats à la vie civile après une période de 36 mois a été supprimé par la commission sur la sécurité nationale, la défense et le renseignement, à la demande du ministère de la Défense3.

  • Malgré l’impact sur le moral d’un déploiement prolongé — qui, pour certains, dure depuis plus de deux ans et ce avec peu de permissions —, le gouvernement ukrainien considère que l’inclusion d’une disposition sur la démobilisation nuirait davantage à la situation sur le front, déjà jugée critique4.
  • Le porte-parole du ministère de la Défense, Dmytro Lazutkin, a déclaré mercredi 10 avril être favorable à un examen des normes relatives à la démobilisation dans le cadre d’un projet de loi distinct — un processus qui pourrait prendre plusieurs mois5.

Selon un sondage réalisé au début du mois d’avril, 50 % des Ukrainiens ne sont pas satisfaits du déroulement de la mobilisation. Yuriy Gudymenko, un ancien homme politique actuellement dans l’armée, considère que la version actuelle de la loi ne changera pas grand-chose car elle ne contient « ni sanctions sérieuses pour les fraudeurs (le « bâton »), ni d’avantages sérieux pour les personnes nouvellement mobilisées (la « carotte ») »6.

Face à la perspective d’un recul des forces ukrainiennes faute d’hommes et de munitions, des voix se lèvent pour appeler à une diminution supplémentaire de l’âge minimum de mobilisation. Dans un entretien donné à Ukrainska Pravda, le directeur de l’organisation Come Back Alive (qui finance l’achat de matériel à destination de l’armée), Taras Chmut, plaidait en faveur d’une mobilisation à partir de 20 ans, arguant que l’Ukraine aurait déjà « perdu trop de temps »7 — une thèse qui a davantage contribué à jeter de l’huile sur le feu.

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14.04.2024 à 13:52

Attaque de l’Iran sur Israël : le point du jour d’après

Ramona Bloj

Avec l’attaque iranien d’Israël un seuil a été franchi – mais nous ne sommes pas encore dans une guerre totale. De Téhéran à Washington, en passant par Tel Aviv et la Jordanie, nous faisons un point de situation avec tout ce qu’il faut retenir de cette séquence particulièrement chaude.

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Texte intégral (1312 mots)

Le jour d’après, nous commençons à disposer d’un cadre clair sur les effets de l’attaque.

  • Selon le porte-parole de l’armée israélienne, « Plus de 300 projectils — drones, missiles de croisière et missiles balistiques — auraient été tirés depuis l’Iran ».
  • L’opération a été un échec tactique. La plupart des munitions (« 99 % ») ont été interceptées en dehors de l’espace aérien israélien. Un très petit nombre a touché le territoire, causant des dommages mineurs. Une petite fille a été blessée et une base militaire israélienne a été légèrement endommagée1.
  • Comment expliquer cet échec ? Comme l’a noté Bruno Tertrais « l’attaque iranienne était prévue, annoncée, visible : Israël et ses alliés ont pu se préparer à la parer et les Iraniens le savaient sans doute ». Les drones se déplacent lentement et en ligne droite, au-dessus d’un espace désertique où personne ne sera blessé s’ils sont interceptés à temps.
  • Les États-Unis ont aidé Israël à abattre la plupart des drones et des missiles. Un point notable : selon des sources consultées par Reuters, l’aviation jordanienne aurait abattu des dizaines de drones iraniens qui traversaient le nord et le centre de la Jordanie en direction d’Israël.
  • Bien que les effets réels aient été peu probants, il s’agit bien de la première attaque lancée par l’Iran depuis son sol contre Israël. « Un seuil a été franchi. Celui d’une attaque israélienne massive sur le territoire iranien. ». 

Si techniquement, l’Iran est à l’origine d’une escalade, à Téhéran, les autorités se félicitent du succès de l’opération, en appelant à la retenue. 

  • Le chef d’état-major des Forces armées iraniennes, Mohammed Hossein Baqeri, a pris la parole aujourd’hui pour indiquer que le pays n’avait pas « l’intention de poursuivre l’opération contre Israël » et que les autorités consideraient que « cette opération est parvenue à ses objectifs et qu’elle est désormais terminée. ». 
  • Le régime de Téhéran, à travers le chef des Gardiens de la Révolution iranienne, Ali Jafari, parle désormais d’une doctrine de la « nouvelle équation » : « si le régime sioniste attaque, il fera l’objet d’une contre-attaque depuis l’Iran. »2.
  • Le Président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, s’est également félicité d’une attaque « précise » qui avait « donné une leçon » au « régime sioniste »3.

    Revenons en Israël. Gérard Araud pose la question clef : « La doctrine stratégique israélienne veut que l’ennemi n’ait jamais ‘le dernier mot’. L’Iran a tiré certes sans succès. Maintenant, quoi que disent les Américains, que va décider Israël ? ». 

    • Le cabinet de guerre à Tel-Aviv se réunira aujourd’hui pour décider comment réagir. Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait également se réunir à la demande d’Israël.
    • Le soutien interne à Netanyahu reste fort. « 88 % des Israéliens juifs interrogés en janvier estiment que le nombre de morts palestiniens reste justifié. Une grande majorité pense également que les forces de défense israéliennes utilisent une force adéquate, voire insuffisante, à Gaza ».
    • Il est difficile aujourd’hui de voir ce qui pourrait inciter Netanyahou à faire autre chose qu’une nouvelle escalade — même si l’effet de la riposte de l’Iran s’avère symbolique. La frappe du 1er avril en Syrie a donné lieu à des promesses de soutien de la part des alliés américains et européens et a détourné l’attention de la question épineuse de la survie du Hamas et des mouvements de contestation internes.

    L’Iran vient de détourner l’attention du conflit à Gaza — s’agit-il d’un piège stratégique israëlien ? Selon le spécialiste Ali Vaez il ne faut pas sous-estimer le gain de soft power dans le monde musulman de cette attaque.

    Les images des drones passant sur la Mosquée al-Aqsa sont actuellement en train de faire le tour du monde.

    Le soutien à Israël de certains pays, comme la Jordanie, produit d’ailleurs une clarification sur son positionnement par rapport à la crise de Gaza, en le forçant à prendre parti.

    À Washington, le président des États-Unis Biden a convoqué son Conseil de sécurité nationale dans la soirée d’hier.

    • S’il a publiquement réaffirmé « un soutien inébranlable à la sécurité d’Israël face aux menaces de l’Iran et de ses proxies », selon des informations obtenues par Axios, dans une conversation téléphonique d’environ 25 minutes le président américain aurait dit à Netanyahu que les États-Unis ne seraient pas prêt à soutenir aucune contre-attaque visant l’Iran et son territoire.
    • Biden a également déclaré : « J’ai dit au Premier ministre Netanyahu qu’Israël avait fait preuve d’une capacité remarquable à se défendre contre des attaques sans précédent et à les vaincre, envoyant ainsi un message clair à ses ennemis : ils ne peuvent pas menacer efficacement la sécurité d’Israël ».
    • Sur initiative du président des États-Unis, les dirigeants du G7 se réuniront aujourd’hui pour coordonner une position commune.

    Il faut noter une tendance contre-intuitive : 

    • Comme le remarque Jean-Marie Guéhenno : « Les attaques relativement modérées du Hezbollah et maintenant de l’Iran contre Israël suggèrent que le concept israélien de dissuasion (utilisation d’une force massive comme au Liban en 2006) peut fonctionner : une conclusion dangereuse qui confortera ceux qui veulent continuer à utiliser une force écrasante à Gaza ». 

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    14.04.2024 à 13:35

    Pourquoi l’Iran a attaqué Israël ? Comprendre la doctrine de « la nouvelle équation »

    Gilles Gressani

    Pour la première fois dans l’histoire, la République islamique a attaqué Israël depuis son territoire. « Une nouvelle équation a été établie avec cette opération : si le régime sioniste attaque, il sera contre-attaqué depuis l'Iran. » La guerre de l’ombre est-elle en train de changer de nature ? Nous traduisons pour la première fois en français la position du militaire du plus haut rang de l’armée iranienne, Mohammed Hossein Baqeri.

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    Texte intégral (2219 mots)

    La décision de la République islamique d’Iran de lancer une attaque contre Israël depuis son propre territoire est inédite. Avec la frappe de Tel-Aviv au complexe diplomatique iranien de Damas le 1er avril et la riposte de Téhéran hier dans la nuit, la confrontation entre dans une nouvelle phase. 

    Engagés depuis longtemps dans une « guerre de l’ombre » qui avait vu les deux pays s’affronter d’une manière non-linéaire avec la mise en place de proxies plus ou moins directement manipulés par Téhéran, désormais les deux appareils politiques et militaires sont directement impliqués dans une dynamique escalatoire. Apparaît un risque de plus en plus concret : l’extension du conflit en une guerre totale. 

    C’est pour cette raison que la position officielle de l’armée iranienne doit être analysée avec attention. Nous avons décidé de rendre accessible en français et de commenter ligne à ligne la prise de parole du chef d’état-major des Forces armées iraniennes, Mohammed Hossein Baqeri qui s’est exprimé ce matin à la télévision iranienne. 

    Mohammed Hossein Baqeri est le plus haut gradé de l’armée iranienne. Issu des rangs des Gardiens de la Révolution, il est, comme la plupart des cadres militaires actuels du système iranien, un vétéran de la guerre Iran-Irak. Chef d’État major des Forces armées depuis 2016, regroupant à la fois le Corps des Gardiens de la Révolution islamique et l’Armée nationale, il fait partie du Conseil suprême de sécurité nationale, qui définit les orientations stratégiques majeures du pays. 

    Son positionnement est donc particulièrement représentatif de la vision du régime. Dans son discours, il se positionne d’une manière apparemment paradoxale. Il prétend défendre le succès tactique de l’opération, tout en demandant à Israël de ne pas riposter : « Nous considérons cette opération comme aboutie et terminée. Nous n’avons pas l’intention de la poursuivre, mais si le régime sioniste entreprend une quelconque action contre la République islamique, que ce soit à l’intérieur du territoire du pays ou à l’encontre de centres appartenant à l’Iran, en Syrie ou ailleurs, la prochaine riposte sera beaucoup plus importante ». Ainsi s’exprime en réalité une nouvelle doctrine que nous proposons d’appeler de « la nouvelle équation ». Un seuil est définitivement franchi pour Téhéran : « Une nouvelle équation a été établie avec cette opération : si le régime sioniste attaque, il sera contre-attaqué depuis l’Iran. »

    La cause de cette opération est que le régime sioniste a dépassé une ligne rouge inacceptable pour nous. Que le régime sioniste s’en prenne à la section consulaire de notre ambassade à Damas et à nos conseillers juridiques présents dans ce pays à l’invitation du gouvernement syrien, constitue une escalade que tous les pays, à l’exception de deux ou trois soutiens du régime sioniste, ont condamné. 

    Si la dynamique escalatoire de l’attaque du 1er avril paraît avérée, contrairement à ce qu’affirme Mohammad Baqeri, la destruction du consulat iranien à Damas le 1er avril, qui a tué onze ressortissants iraniens dont sept membres des Gardiens de la Révolution et notamment le général Mohammad Reza Zahedi, n’a pas fait l’objet de condamnations universelles. Les seuls États à avoir condamné l’attaque sont l’Irak, la Jordanie, Oman, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ainsi, bien entendu que le Hezbollah libanais et le Hamas. La Russie pour sa part a qualifié l’attaque « d’inacceptable » et la Syrie a déclaré « Nous condamnons fermement cette attaque terroriste odieuse ».  

    Il fallait répondre à cette action. Le Guide suprême a également dit qu’une punition devait être appliquée. Dieu merci, cette opération a été menée à bien grâce aux efforts des Gardiens de la révolution et à l’aide d’autres forces armées.

    Le propos de Mohammed Baqeri est relativement vague. D’une part, il semble faire référence à la cohérence des forces armées iraniennes dans leur ensemble, Gardiens de la révolution et Armée nationale confondus. Cela est lié à son rôle et sa fonction, et vise à transmettre l’idée d’une unité nationale des forces armées, qui occulte la domination qu’exercent les Gardiens de la Révolution sur l’ensemble du processus décisionnel stratégique en Iran. D’autre part, il fait peut-être référence à l’aide que des proxies ont apportée durant l’attaque contre Israël, milices en Irak, Houthis et Hezbollah, même si leur rôle semble avoir été limité. 

    Nous n’avons pas l’intention de poursuivre l’opération contre Israël. Le Dôme de fer n’a pas pu contrer notre opération de manière significative. Nous considérons que cette opération est parvenue à ses objectifs et qu’elle est désormais terminée.

    Si le régime sioniste mène une nouvelle opération, notre réponse sera bien plus importante. Nous avons essayé de rendre l’opération punitive de façon proportionnelle : les centres de population n’ont pas été ciblés. 

    Contrairement à ce qu’affirme Mohammed Baqeri, l’opération a été un échec tactique. La plupart des drones et missiles ont été interceptés en dehors de l’espace aérien israélien. Un très petit nombre de missiles a touché le territoire israélien, causant des dommages mineurs à une base militaire dans le sud du pays. Le Dôme de fer a par ailleurs réussi à intercepter la quasi totalité des frappes. Dans ce contexte, le régime iranien essaye de mettre en place une logique non-escalatoire en déclarant ne pas vouloir continuer l’opération, et en rejetant la responsabilité de la poursuite de l’escalade sur Israël. La rhétorique très menaçante qui a précédé l’attaque est suivie par une rhétorique de désescalade, mettant en avant le fait que l’action iranienne était limitée et proportionnelle. L’effet d’annonce spectaculaire ne doit pas occulter la réalité de la guerre de l’ombre que l’Iran mène à l’encontre d’Israël par l’intermédiaire de ses proxies, et réciproquement, comme on a pu le voir depuis l’attaque du 7 octobre. Selon les données du Washington Institute for Near East policy, l’évolution mensuelle du nombre d’attaques réussies par l’un des proxis du régime iranien — la Résistance islamique en Irak — contre des cibles israéliennes a significativement augmenté depuis le 7 octobre : 0 en octobre, 3 en novembre, 4 en décembre, 11 en janvier, 4 en février et 16 en mars. Si chacune de ces frappes diffèrent par sa portée et son impact, leur multiplication aurait pu conduire Israël à la frappe du lundi 1er avril.

    Nous sommes définitivement prêts à défendre notre terre. Nos forces armées sont entièrement prêtes et nous espérons que cette opération sera le précurseur de la victoire de la nation palestinienne opprimée.

    Nous avons transmis un message par l’intermédiaire de l’ambassade de Suisse disant que si l’Amérique coopère avec le régime sioniste par l’intermédiaire de ses bases militaires, les bases militaires américaines ne seront pas en sécurité dans la région.

    L’un des principaux objectifs de l’opération iranienne semble avoir été de ne pas susciter de réaction américaine. De ce point de vue-là, on peut considérer qu’il s’agit d’une réussite relative, car, en dépit du soutien apporté par les États-Unis à Israël – la marine et les avions de combats américains ont abattu plusieurs missiles balistiques, ainsi que d’autres engins iraniens —, le communiqué de la Maison Blanche propose une « diplomatic response » – excluant le soutien à une opération militaire à l’encontre de l’Iran.

    L’opération a été planifiée de manière à viser à la fois le grand centre de renseignement qui fournissait les informations nécessaires aux Sionistes et la base aérienne de Nevatim, où l’avion F-35 a été utilisé pour viser notre consulat à Damas. Ces deux centres ont été détruits dans une large mesure et sont désormais inactifs. Dans cette opération, un nombre important de drones, de missiles de croisière et de missiles balistiques ont été utilisés. Des tactiques profondement réfléchie ont été employées, de sorte que ni le Dôme de fer ni le bouclier de défense du régime sioniste n’ont pu contrer de manière significative l’opération.

    Contrairement à ce qu’affirme Mohammed Baqeri, la base aérienne de Nevatim semble fonctionner normalement en ce matin du 14 avril, comme le montrent des vidéos diffusées par l’armée israélienne. Cette annonce, de même que la mention très floue d’un « grand centre de renseignement », vise avant tout à convaincre en interne les soutiens du régime et la population qu’une réaction d’ampleur suffisante a été menée en réponse à la destruction du complexe diplomatique iranien à Damas. 

    L’Amérique a déclaré qu’elle n’était pas au courant de l’opération à Damas, mais en fait, cette opération a été menée avec son feu vert. L’Amérique a annoncé qu’elle ne cherchait pas à augmenter les tensions dans la région, mais nos informations indiquent qu’elle a agi de toutes ses forces pour défendre le régime sioniste et neutraliser notre opération. Toutefois, elle n’a rien pu faire et notre opération a atteint son but.

    Mohammad Baqeri fait également référence aux déclarations du porte-parole du Département de la Défense des États-Unis, John Kirby, à la suite de la frappe du 1er avril : : « Soyons clairs. Nous n’avons rien à voir avec la frappe à Damas. Nous n’avons pas été impliqués, d’aucune manière que ce soit ».

    Nous considérons cette opération comme aboutie et terminée. Nous n’avons pas l’intention de la poursuivre, mais si le régime sioniste entreprend une quelconque action contre la République islamique, que ce soit à l’intérieur du territoire du pays ou à l’encontre de centres appartenant à l’Iran, en Syrie ou ailleurs, la prochaine riposte sera beaucoup plus importante que celle-ci.

    Nos capacités en termes de missiles et de drones étaient dix fois plus importantes que ce que nous avons déployé lors de cette opération contre le régime sioniste, mais nous avons essayé de mener cette opération punitive de façon proportionnelle : la population et les centres économiques n’ont pas été ciblés. 

    Cette menace pourrait faire également référence aux autres leviers que l’Iran aurait pu et pourrait actionner à l’encontre d’Israël, notamment les roquettes du Hezbollah libanais, qui auraient pu toucher le sol israélien de façon plus efficace que des drones lancés depuis le sol iranien. 

    Cette opération a été menée par le Corps des gardiens de la révolution islamique, mais le Corps des gardiens de la révolution islamique et l’armée nationale sont conjointement responsables de la défense du pays. Les forces armées sont entièrement prêtes et interviendront à nouveau si nécessaire. Si le régime sioniste attaque, il fera l’objet à nouveau d’une contre-attaque depuis l’Iran.

    Une nouvelle équation a été établie avec cette opération.

    Il s’agit d’une doctrine formulée en tant que telle, circulant au sein de l’élite de la République islamique. L’idée d’une « nouvelle équation » est également défendue par le chef des Gardiens de la Révolution, Ali Jafari.

    Cette nouvelle équation est qu’à partir de maintenant, quand le régime sioniste attaquera nos intérêts, nos propriétés, nos citoyens, la République islamique contre-attaquera immédiatement. 

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    14.04.2024 à 00:02

    L’Iran riposte : un navire saisi, des drones et des missiles attaquent Israël

    Ramona Bloj

    C’est la première fois dans l’histoire de la République islamique que l'Iran lance une attaque contre Israël à partir de son propre territoire. La riposte de Téhéran à la mort de Mohammad Reza Zahedi va-t-elle provoquer une escalade régionale ? En cherchant à prendre du recul dans un contexte particulièrement chaud, nous faisons le point.

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    Texte intégral (1234 mots)

    Depuis la frappe du 1er avril contre le complexe de l’ambassade iranienne à Damas qui avait provoqué la mort de l’un des principaux commandants de la Force Al-Qods, l’Iran avait annoncé vouloir riposter. 

    Plusieurs actions sont actuellement menées par le régime de Téhéran :

    • Depuis environ 18h (Paris), un porte-conteneurs géré par une société liée à un homme d’affaires israélien a été saisi près du détroit d’Ormuz. Il transportait au moins 25 membres d’équipage.
    • La télévision d’État iranienne a confirmé samedi soir, 13 avril, que le Corps des gardiens de la révolution islamique avait lancé « une vaste attaque de drones contre Israël ». Tel-Aviv estime à plus de 100 le nombre de drones lancés. En annonçant l’attaque, le porte-parole des forces de défense israéliennes Daniel Hagari a également ajouté : « Nous suivons la menace dans l’espace aérien. C’est une menace qui mettra plusieurs heures à arriver en Israël ».
    • Selon des médias israéliens, des missiles à longue portée font également partie de l’attaque. Adrienne Watson, porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis a déclaré que « l’attaque devrait se dérouler sur plusieurs heures ». En effet, les drones beaucoup plus lents qu’un missile, pourraient être utilisés pour distraire la défense israélienne. 
    • La télévision du régime iranien a transmis ce message : « en réponse au crime du régime sioniste qui a attaqué la section consulaire de l’ambassade iranienne à Damas, l’armée de l’air a frappé certaines cibles dans les territoires du régime sioniste avec des dizaines de drones et de missiles ». 

    Le risque d’escalade est-il réel ?  

    • Les autorités américaines craignent qu’une riposte israélienne contre l’Iran n’entraîne une nouvelle escalade régionale.
    • C’est la première fois dans l’histoire de la République islamique que l’Iran lance une attaque contre Israël à partir de son propre territoire. 
    • Comme l’explique Olivier Schmitt dans nos pages : « On distingue généralement entre escalade verticale et escalade horizontale. L’escalade verticale renvoie à l’augmentation de l’intensité des hostilités dans le cadre d’un conflit dont le périmètre reste identique. L’escalade horizontale élargit le périmètre du conflit, soit par l’ouverture de nouveaux théâtres, soit par l’inclusion de nouveaux domaines. ». 
    • Plusieurs pays de la région ont fermé leur espace aérien, dont la Jordanie, la Libye, Israël et l’Irak. Selon Reuters, la défense aérienne jordanienne a affirmé être prête à abattre tout appareil iranien qui violerait son espace aérien. 
    • Le Hezbollah a annoncé avoir tiré des dizaines de missiles sur une base israélienne dans le Plateau du Golan. Les Houthis revendiquent également l’envoi de plusieurs drones contre Israël.

    Toutefois l’attaque est loin d’être une surprise.

    • En analysant les différents scénarios, il y a dix jours nous écrivions dans nos pages : « Dans le cas où l’Iran interprète l’action d’Israël comme une escalade, Téhéran pourrait privilégier une frappe de drones ou de missiles sur Eilat ou sur un consulat dans un pays de la région ». Les cibles de l’attaque restent pour le moment inconnues. 
    • Washington avait déclaré plus tôt dans la journée de samedi que les États-Unis « tenteront d’intercepter toute attaque lancée contre Israël si cela est possible ». Actuellement, le pays dispose dans la région d’un porte-avions – Dwight D. Eisenhower – qui dispose à son tour du croiseur de missiles guidé USS Philippine Sea et des destroyers de la classe Arleigh Burke, en mesure d’intercepter des missiles. Des systèmes de défense aérienne sont également présents en Irak, en Syrie et en Jordanie.
    • Comme le remarque l’ancien ambassadeur français en Israël : « Si l’attaque iranienne se limite à des drones, ils seront interceptés et les Américains pourraient éviter ou au moins encadrer une riposte des Israéliens sur le territoire iranien. Si des missiles suivent les drones, l’embrasement est quasi inévitable ». 
    • Selon l’agence de presse Mehr, l’Iran a déclaré qu’il ciblera tout pays qui ouvrira son espace aérien en vue d’une riposte israélienne.
    • La mission permanente de l’Iran aux Nations unies vient de déclarer à minuit (heure de Paris) : « Menée sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif à la légitime défense, l’action militaire de l’Iran était une réponse à l’agression du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas. L’affaire peut être considérée comme close. Cependant, si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère. Il s’agit d’un conflit entre l’Iran et le régime voyou israélien, dont les États-Unis DOIVENT RESTER À L’ÉCART ! »

    Cette attaque doit être comprise dans un contexte d’intensification de la confrontation.

    • Selon les données du Washington Institute for Near East policy, l’évolution mensuelle du nombre d’attaques réussies par l’un des proxys du régime iranien (la Résistance islamique en Irak) contre des cibles israéliennes a significativement augmenté depuis le 7 octobre : 0 en octobre, 3 en novembre, 4 en décembre, 11 en janvier, 4 en février et 16 en mars.
    • Si chacune de ces frappes diffèrent par sa portée et son impact, leur multiplication aurait pu conduire Israël à la frappe du lundi 1er avril.

    Entretemps en Cisjordanie la guerre s’étend. Plusieurs centaines de colons israéliens ont recours à la violence collective dans plusieurs villages palestinien, après qu’un Israélien de 14 ans a été retrouvé mort le 12 avril. 

    • Au moins un Palestinien a été tué par des tirs de colons israéliens dans le village d’Al-Mughayyir, à l’est de Ramallah. Il y aurait plusieurs dizaines de blessés, des villages et plusieurs maisons en feu.
    • Le Haut-Représentant Borrell a condamné fermement le meurtre en évoquant explicitement une « escalade de la violence en cours ».
    • Selon plusieurs sources : « Nous sommes à la limite de l’ébullition ».

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    13.04.2024 à 08:00

    L’impact du boom de l’IA sur le marché des semi-conducteurs

    Marin Saillofest

    Au premier trimestre 2024, Samsung a vu ses bénéfices augmenter de 931 % par rapport à l’an dernier. Le PDG de Nvidia Jensen Huang a été propulsé dans le top 20 des personnes les plus riches au monde. Le développement de l’IA et de ses applications a entraîné une hausse de la demande de puces qui semble pour le moment insatiable.

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    Texte intégral (835 mots)

    Pendant la pandémie de Covid-19, la demande d’appareils électroniques contenant entre autres des puces mémoires (smartphones, tablettes…) a explosé, conduisant à une augmentation de la demande et de la production. Depuis 2020-2021, la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt a conduit à une baisse de la consommation. Les industriels qui achetaient auparavant de grandes quantités de ces puces se sont retrouvés avec d’importantes réserves, mais peu de clients1.

    Cette baisse de la demande a fait chuter les prix des puces mémoires, impactant directement les revenus de Samsung Electronics, principal fabricant au monde.

    • Ce cycle semble révolu. Vendredi dernier, l’entreprise coréenne annonçait que ses bénéfices d’exploitation avaient atteint 6 600 milliards de wons (4,48 milliards d’euros) au premier trimestre 2024, soit une augmentation de 931 % par rapport à l’année précédente2.
    • Cette augmentation vertigineuse est principalement due à la hausse des prix des semi-conducteurs (dont font partie les puces mémoire), tirée vers le haut par le développement de l’intelligence artificielle3.

    Le lancement par OpenAI de Chat GPT en octobre 2022 a amorcé une vague d’investissements record dont l’ampleur est semblable aux précédentes révolutions numériques : le développement des ordinateurs dans les années 1980-1990 avec Microsoft, Internet à la fin de la décennie puis la commercialisation du premier iPhone en 2007 et le début de l’ère des smartphones4.

    • La valeur de l’action de TSMC, qui produit 90 % des puces de processeurs les plus avancées au monde, a plus que doublé entre octobre 2022 et avril 2024.
    • Celle du fabricant de semi-conducteurs américain AMD (Advanced Micro Devices, Inc.) a plus que triplé, tandis que l’action d’ASML — société néerlandaise qui exerce un monopole sur la fabrication et la commercialisation de machines de lithographie en ultraviolets extrêmes (EUV), nécessaires à la gravure de puces de dernière génération — a elle aussi été multipliée par deux.
    • La valorisation du fabricant américain de processeurs Nvidia a quant à elle doublé depuis le début de l’année, passant de 1 189 milliards de dollars à 2 237 milliards le 11 avril (soit plus que Google ou Saudi Aramco).
    • Son PDG, Jensen Huang, a été propulsé dans le top 20 des personnalités les plus riches au monde, avec des actifs évalués à 77 milliards de dollars — contre 21 milliards en 2023.

    Qu’est-ce que ces entreprises ont en commun ? Elles se situent sur un segment spécifique de la chaîne de valeur des semi-conducteurs, que ce soit de la fabrication des machines de photolithographie par ASML jusqu’aux processeurs vendus par Nvidia pour entraîner et faire tourner les modèles d’intelligence artificielle. La hausse de la demande de semi-conducteurs requis pour répondre à la demande générée par le développement de l’intelligence artificielle semble pour le moment insatiable.

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    12.04.2024 à 13:43

    Aux États-Unis, l’aide à l’Ukraine ne se discute plus à Washington — mais à Mar-a-Lago

    Marin Saillofest

    Bien que dépourvu de charge élective et visé par cinq procès, Donald Trump a la main sur l’avenir de l’aide militaire américaine à l’Ukraine. Aujourd’hui, le speaker républicain de la Chambre, qui a signalé ces dernières semaines son intention d’organiser un vote sur l’aide à Kiev, se rend à Mar-a-Lago pour s’entretenir avec l’ex-président.

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    Texte intégral (1223 mots)

    Mike Johnson n’était pas le premier choix de Donald Trump pour succéder à Kevin McCarthy à la présidence de la Chambre des représentants suite à son éviction par une partie de son propre camp en octobre. Après avoir échoué à trois reprises à rassembler 218 votes pour être désigné speaker, le candidat plébiscité par Trump, Jim Jordan, a dû se retirer de la course, laissant un élu de Louisiane relativement inconnu devenir le Républicain le plus puissant à Washington.

    Si Mike Johnson n’est pas le speaker voulu par Trump, il n’en était pas moins l’un de ses soutiens les plus loyaux.

    • Johnson fait partie de la liste restreinte des 139 représentants élus à la Chambre ayant voté pour contester la certification des résultats du collège électoral suite à l’élection de Joe Biden en 2020.
    • D’ordinaire une simple formalité, ce vote s’est transformé en une profession de foi pour les élus républicains : 147 élus du Congrès souhaitaient le maintien au pouvoir de Trump contre l’avis des électeurs.
    • L’estime et la reconnaissance de Trump pour Mike Johnson a par la suite continué à croître à mesure que ce dernier multipliait les marques d’allégeance : vote contre la destitution et la condamnation de l’ex-président, contre la création d’une commission d’enquête sur le 6 janvier, interventions dans les médias pour défendre Trump contre les accusations le visant1

    En propulsant Johnson à la tête de la seule branche contrôlée par le Parti républicain à Washington, Donald Trump s’est assuré de disposer d’un allié sur lequel il jouissait d’une influence totale. Celle-ci est visible sur des législations touchant à la politique intérieure, mais également sur l’aide à l’Ukraine.

    • Suite à l’adoption d’une résolution par le Sénat le 13 février dernier contenant une enveloppe supplémentaire de 60 milliards de dollars pour l’Ukraine (entre autres), Mike Johnson a refusé d’organiser un vote à la Chambre qui aurait permis de débloquer ces financements2.
    • Les initiatives parlementaires (discharge petitions3) visant à contourner l’opposition de Johnson n’ont quant à elles pas recueilli suffisamment de signatures pour forcer un vote à la Chambre.
    • Malgré l’apparente volonté du speaker lui-même de tenir un vote sur l’enveloppe d’aide à l’Ukraine — en espérant obtenir au passage des victoires politiques, transformer l’aide directe en prêt, financer une partie en saisissant les actifs russes gelés… —, des Démocrates, des alliés des États-Unis, de célébrités issues de la société civile4 et de plusieurs élus républicains, Donald Trump s’y oppose.
    • Aujourd’hui, Mike Johnson se rend à la résidence de l’ex-président de Mar-a-Lago, en Floride, officiellement pour discuter de l’introduction d’un projet de loi visant à rendre illégal le vote des non-citoyens américains aux élections fédérales — ce qui est déjà le cas depuis 19965.

    En réalité, l’un des principaux sujets de discussion sera l’aide à l’Ukraine à laquelle Trump réitérera son opposition, étant lui-même convaincu qu’il serait en mesure de mettre fin au conflit « en 24 heures » s’il était élu, et ce avant même son investiture6. Faute d’une réelle marge de manœuvre, l’administration démocrate s’est vue dessaisir du dossier de l’aide à l’Ukraine au profit de la résidence personnelle de Trump. Après la venue du Premier ministre hongrois en mars, c’est le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, David Cameron, qui s’est rendu en Floride pour s’entretenir avec l’ex-président cette semaine — avant même d’aller à Washington7.

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