Dans cette note, Nicolas Dufrêne revient sur la proposition d’annuler tout ou partie des dettes publiques détenues par l’Eurosystème, formulée dès 2020 avec Alain Grandjean et soutenue en 2021 par plus de 150 économistes européens. Six ans après les premières controverses, l’auteur réexamine à la lumière des faits les principales objections économiques, comptables et juridiques qui lui avaient été opposées : pertes des banques centrales, disparition des dividendes, nécessité d’une recapitalisation, inflation ou encore compatibilité avec les traités européens. Il souligne que plusieurs situations alors présentées comme rédhibitoires se sont depuis produites sans empêcher les banques centrales de remplir leurs missions, et défend la possibilité technique et comptable d’une annulation, tout en rappelant que la question juridique demeure discutée. Alors que les titres détenus par l’Eurosystème arrivent progressivement à échéance, la note invite ainsi à rouvrir le débat sur l’usage du pouvoir monétaire et sur les marges de manœuvre qu’une telle opération pourrait dégager, notamment pour financer la transition écologique.