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24.04.2026 à 12:02

40 ans après Tchernobyl

Catherine Tricot

La catastrophe soviétique a toujours des leçons à nous apprendre. Pas sûr que le macronisme et les écoles d'ingénieurs aient été très attentifs…
Texte intégral (792 mots)

La catastrophe soviétique a toujours des leçons à nous apprendre. Pas sûr que le macronisme et les écoles d’ingénieurs aient été très attentifs…

Ce samedi, une fois encore, une foule se rassemblera autour du squelette de la centrale nucléaire de Tchernobyl, qui explosa il y a quarante ans. Se réuniront les familles, les proches et les rescapés de la plus grande catastrophe nucléaire civile. Un périmètre grand comme la région parisienne est toujours contaminé. La vie humaine y est durablement impossible. Les traces du nuage continuent de se mesurer jusqu’en France.


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Cette catastrophe nucléaire, puis celle de Fukushima, ont relancé de vifs débats sur l’énergie nucléaire civile. L’Allemagne est sortie du nucléaire ; la France s’est engagée sur un nouveau mix énergétique remontant la part du renouvelable. Bien que les politiques énergétiques se pilotent à long terme, le débat n’est pas clos. Quel que soit les choix en faveur ou non du nucléaire, la question de la sûreté reste la première des questions.

La catastrophe de Tchernobyl a été racontée, étudiée dans le détail. La prix Nobel de littérature ukrainienne, Svetlana Alexievitch, a consigné les témoignages des survivants dans La Supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse (1998). Une formidable série télévisée restitue l’enchaînement des faits ; elle est visible – avec courage – sur de nombreuses plateformes de téléchargement. De ces œuvres et de ces travaux d’expertise internationale, il ressort que les causes premières du cataclysme furent des défaillances humaines et de graves lacunes organisationnelles : mauvaises décisions prises sous la pression d’objectifs à tenir, enjeux personnels et chefferie rendue irresponsable. Les mécanismes de déréalisation du système soviétique sont-ils si éloignés de l’abstraction du marché et de la rentabilité ?

Le maintien des organismes de contrôle indépendants sont à l’évidence des conditions de sûreté. Ils étaient inexistants ou à peu près en URSS en 1986. Ils sont affaiblis et parfois attaqués en France.

La transparence sur les décisions en amont, la participation élargie au suivi des procédures, la formation de tous les intervenants et leur stabilité dans les postes, le maintien des organismes de contrôle indépendants sont à l’évidence des conditions de sûreté. Ils étaient inexistants ou à peu près en URSS en 1986. Ils sont affaiblis et parfois attaqués en France. Depuis le 1er janvier 2025, par la volonté macroniste, contre l’avis de nombreux agents d’EDF, d’ONG et de députés de gauche, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ont fusionné pour former l’ASNR. On pense aussi à la suppression de ce qui constituait le socle du collectif de travail chez EDF, des comités mixtes à la production. Dans ces lieux d’échanges entre les électriciens d’EDF, très décentralisés et qui remontaient à la création d’EDF (il y a tout juste 80 ans), les techniciens, les agents, les ingénieurs échangeaient sur le contenu du travail, son organisation, les choix techniques et donc aussi sur les conditions de sûreté. Ces comités ont été supprimés lors de la privatisation d’EDF en 2004.

Ce rétrécissement de la place des travailleurs, la disparition des collectifs de travail s’est aussi accompagnée d’une évolution du management chez EDF, comme dans de très nombreux autres groupes. Même dans les grandes écoles d’ingénieurs, la formation est désormais davantage centrée sur la finance, le management que sur la technique et la technologie. Ce qui unissait les salariés d’EDF, c’était la physique de l’atome. Est-ce encore toujours le cas ?

La culture de la sûreté ne va pas sans participation, démocratie, savoirs partagés. Cette exigence vaut pour le nucléaire, mais pas seulement. C’est aussi une leçon de Tchernobyl.

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24.04.2026 à 11:56

🔴 MEETING DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Ruffin part au contact Samedi après-midi à Lyon, François Ruffin tiendra un grand meeting sur une place, dans un format qu’il a déjà expérimenté cette semaine à Poitiers et qui pourrait bien devenir la signature de sa campagne. Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour ce rendez-vous pensé comme une démonstration de force populaire autant…
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Ruffin part au contact

Samedi après-midi à Lyon, François Ruffin tiendra un grand meeting sur une place, dans un format qu’il a déjà expérimenté cette semaine à Poitiers et qui pourrait bien devenir la signature de sa campagne. Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour ce rendez-vous pensé comme une démonstration de force populaire autant qu’un signal politique : le candidat à l’élection présidentielle veut montrer qu’il peut rassembler au-delà des appareils et installer sa candidature dans le paysage. À ciel ouvert, le « député-reporter » met en scène une campagne loin des salles closes et des investitures d’appareil. Un style populiste cohérent avec le discours de celui qui se veut le candidat des ATSEM et des caristes.

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24.04.2026 à 11:14

« C’est quand la dernière fois que les Écologistes ont fauché des OGM ? »

Loïc Le Clerc

Création des « Verts populaires », fuite des cerveaux des Écologistes (vers La France insoumise ?), revival de l'écologie radicale... On a pris un café avec Jérôme Gleizes.
Texte intégral (1054 mots)

Création des « Verts populaires », fuite des cerveaux des Écologistes (vers La France insoumise ?), revival de l’écologie radicale… On a pris un café avec Jérôme Gleizes.

Adhérent aux Verts depuis 97, Jérôme Gleizes est ancien conseiller de Paris. Il fut longtemps membre du conseil national du parti, en charge des négociations programmatiques. Lors des dernières municipales, il s’oppose aux accords entre les Écologistes et le PS et finit par rallier la candidature de Sophia Chikirou. En janvier, il est signataire d’une tribune dénonçant la social-démocratisation des Écologistes. Il sera alors exclu du parti et sera à l’initiative de la création des « Verts populaires ».

Regards. C’est quoi ce nouveau truc, les « Verts populaires » ?

Jérôme Gleizes. À la suite des municipales, l’incohérence et les contradictions des Écologistes ne nous étaient plus supportables. La direction a décidé d’une alliance avec le PS alors qu’au niveau local nous avions d’autres proximités : à Toulouse, à Montpellier ou à Perpignan… Même à Paris, David Belliard avait la place pour discuter avec Sophia Chikirou et gagner. Le parti nous a accusé de rejoindre La France insoumise alors que nous, nous prônons simplement ce que faisait Marine Tondelier au moment de la Nupes : être le trait d’union entre les insoumis et la gauche du PS. Voilà pourquoi certains d’entre nous ont été exclus – c’est mon cas – et d’autres suspendus – comme la sénatrice Raymonde Poncet-Monge – le temps des municipales. C’est la première fois qu’on voyait ça, un délit d’opinion chez les écologistes.

Mais combien êtes-vous, qui êtes-vous et êtes-vous tous hors du parti de Marine Tondelier ?

Ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors. Pour l’heure, les « Verts populaires » sont totalement informels. Nous n’avons fait qu’une tribune signée par 900 personnes et une conférence de presse. Mais cette démarche a attiré plusieurs centaines d’anciens écologistes qui avaient déjà quitté les Verts, certains avaient rejoint les insoumis. Puis nous avons eu une dizaine d’élus aux municipales.

« Est-ce que Mélenchon sera candidat ? Il a tout à fait conscience qu’il n’a pas forcément les capacités de rassembler et que le risque d’une victoire du RN est là. Je pense que ce n’est pas impossible que les insoumis présentent quelqu’un d’autre. »

Vous êtes un sas de décompression avant l’intégration à La France insoumise ?

Nous n’avons pas vocation à nous fondre dans les insoumis – et ils ne nous le demandent pas –, mais on n’est pas non plus pour exclure tout ce qui est à la gauche des insoumis. Penser qu’on peut faire sans LFI, c’est suicidaire. Notre base, c’est la Nupes et son programme. Qu’on soit bien clair, ce programme est tout autant révolutionnaire que celui de 1981, mais c’est le cadre minimal qui a permis d’unir la gauche en 2024. Notre ambition, c’est de garder cette cohésion et de peser sur la gauche en faveur d’une écologie radicale. Les Écologistes ne mènent plus de campagnes, ils se sont social-démocratisés. C’est quand, la dernière fois qu’ils ont bloqué une centrale nucléaire ou fauché des OGM ? Il y a un vide et nous voulons le remplir. Le problème aux Écologistes, c’est que Marine Tondelier est enfermée dans sa propre stratégie personnelle qui, de fait, est incompatible avec l’union : elle pense qu’en 2027 elle va être présidente de la France.

Une candidature de Marine Tondelier n’est pas simplement un moyen d’assurer la pérennité de son parti, d’éviter la fuite des cerveaux vers LFI ?

Non, ce n’est pas une bonne raison, parce que le parti n’a jamais fait de bons scores aux présidentielles. Le problème de Marine Tondelier, c’est qu’elle a raté deux coches : les élections européennes et municipales. Elle a refusé les mains tendues des insoumis pour « faire mieux » et ça a raté. C’est faux de dire que LFI ne voulait pas d’accords ou que leurs demandes étaient excessives. Absolument faux. Marine Tondelier a tout gâché par erreur d’analyse.

Vous avez quand même une proximité évidente avec les insoumis… Vous vous préparez à faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

On est plutôt dans la logique de faire un peu comme le POI, c’est-à-dire être dedans et dehors en même temps. On a des éléments stratégiques convergents mais on garde quand même une autonomie, une indépendance vis-à-vis d’eux. On est assez raccord avec les critiques émises par le député LFI Loïc Prud’homme. Mais il faut aussi savoir admettre la force des insoumis, leur capacité d’invention (la Nouvelle France) et d’analyse de leur propre positionnement. Ils ont bien compris qu’ils n’y arriveront pas seuls, en étant trop identitaires. Donc ils sont dans une stratégie d’ouverture : on l’a vu à l’Institut La Boétie avec Stéphane Peu et Cyrielle Chatelain. Les municipales ont été minutieusement scrutées : entre Paris, Marseille et Saint-Denis, les insoumis ont bien vu qu’une stratégie d’élargissement de la base dès le premier tour était gagnante. Sur quoi est-ce que ça va déboucher ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sera candidat ? Il a tout à fait conscience qu’il n’a pas forcément les capacités de rassembler et que le risque d’une victoire du RN est là. Alors il pourrait faire ce qu’il a fait au moment où la Nupes se cherchait un premier ministre. Je pense que ce n’est pas impossible que les insoumis présentent quelqu’un d’autre.

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