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16.04.2026 à 13:16

L’indigne Sarkozy

Catherine Tricot

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy révèle aussi l'indignité de l'homme. Les échos du tribunal font remonter à la surface tant de souvenirs pénibles. On espère tellement tourner la page avec le fric, l’égocentrisme, la vulgarité et le racisme qu’il incarne si bien.
Texte intégral (1090 mots)

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy révèle aussi l’indignité de l’homme. Les échos du tribunal font remonter à la surface tant de souvenirs pénibles. On espère tellement tourner la page avec le fric, l’égocentrisme, la vulgarité et le racisme qu’il incarne si bien.

Depuis le 16 mars, et jusqu’au 3 juin, se déroule le procès en appel de Nicolas Sarkozy, condamné en première instance pour association de malfaiteurs. Dans le fracas des nouvelles, celles qui nous parviennent du palais de justice sont rares. Mediapart suit l’affaire, merci. La semaine dernière, l’ancien président a décidé de charger son ancien directeur de cabinet nommé secrétaire général de l’Élysée. Pour se sauver de l’accusation d’association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy jette sous le bus Claude Guéant, cet homme trop malade pour comparaître et, dans un même élan, il met en cause son ami de toujours Brice Hortefeux. Même sans aucune estime pour ces deux-là, on reste estomaqué par tant d’indignité. On devrait se souvenir que Nicolas Sarkozy est d’une lâcheté infinie. Avant même sa condamnation définitive pour le financement illégal de sa campagne de 2012 dans l’affaire Bygmalion, il a laissé les militants de l’UMP éponger 11 millions et les petites mains du trafic se faire condamner.


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Nicolas Sarkozy risque de nouveau des peines de prison ferme à l’issue de ce procès en appel. Pour y échapper, il veut faire croire que ses amis et ses obligés ont agi seuls, sans l’informer et qu’il n’a pas bénéficié des millions sortis de Libye au moment de sa campagne présidentielle. Le pari est audacieux. En a-t-il d’autre ? Mais Claude Guéant se rebiffe. Il assure dans un courrier remis au tribunal n’avoir que servi la politique du ministre de l’intérieur devenu ensuite président. Bizarrement, on le croit. Et pourtant on sait bien que ces tableaux vendus pour acheter un appartement à Paris apparaissent comme une justification improbable. Peut-être que Claude Guéant s’est enrichi et qu’il n’est plus le « préfet janséniste » des origines dont Nicolas Sarkozy dit se souvenir. Et peut-être que c’est dans cette corruption des valeurs et des mœurs que nous apparaît le lègue de cet horrible quinquennat. 

Qui a oublié sa soirée festive au Fouquet’s pour entamer son mandat ? Qui ne se souvient qu’il partit se reposer sur le yacht de Vincent Bolloré avant de commencer son « job » de président ? Il a voulu réhabiliter la réussite prétendument dénigrée par les Français et l’associer à l’argent, la fortune, les millions. Il a déversé ce poison dans les banlieues et fait appel au Qatar pour l’accompagner. Il faut croire qu’il n’a pas convaincu. Il y a quelques semaines, une de ses plus fidèles alliées, Rachida Dati, s’est fait sèchement battre lors des élections municipales. Malgré les soutiens de puissants parmi les plus puissants, il ne lui fut pas pardonné d’oublier de déclarer des bijoux de quelques centaines de milliers d’euros ; il lui fut surtout reproché de se faire lourdement payer pour influer en sous-main sur les politiques européennes en faveur de grands groupes privés. Cet échec de la maire du 17ème arrondissement sonne comme un début de solde de tout compte avec la culture du fric et du « tout est permis » de l’ère Sarkozy. Son nouveau poulain, Jordan Bardella, qui flirte et s’affiche avec les princesses, va peut-être faire les frais du changement d’époque.

Sarkozy a voulu réhabiliter la réussite prétendument dénigrée par les Français et l’associer à l’argent, la fortune, les millions. Il faut croire qu’il n’a pas convaincu. Il y a quelques semaines, une de ses plus fidèles alliées, Rachida Dati, s’est fait sèchement battre lors des élections municipales. Cet échec sonne comme un début de solde de tout compte avec l’ère Sarkozy. Son nouveau poulain, Jordan Bardella, qui s’affiche avec les princesses, va peut-être faire les frais du changement d’époque.

Le rejet ne s’arrête peut-être pas là. La tolérance à l’égard du laisser-aller d’un président est très érodée. On ne peut repenser sans frémir à ces propos violents et vulgaires : « Vous en avez assez de cette bande de racailles ? On va vous en débarrasser » ; ou encore ce « Casse-toi, pauv’ con ! » lancé à un visiteur anonyme du salon de l’agriculture. Dans le sentiment que la France ne tient plus son rang, il y a la perte de cette tenue qui s’imposait et qui semble effondrée. On ne veut plus savoir si « avec Carla, c’est du sérieux ». Mais on veut tout connaître de la princesse de Clève.

Enfin, il y a une révolte qui vient de loin contre le racisme porté par le discours présidentiel. Nicolas Sarkozy entama son mandat à l’été 2007 par cet infamant discours à Dakar dans lequel – on ose à peine l’écrire – il dit : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Et, à l’été 2010, il prononce à Grenoble un discours sécuritaire et raciste stigmatisant les Rroms, liant explicitement délinquance et immigration. Les fous ne sont plus gardés. Le RN peut s’envoler vers les sommets. 

Du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on a presque tout oublié, sauf ces salissures. Elles ont trop souvent été réveillées par l’actuel président. C’est avec cela aussi que l’on a envie de rompre. Un peu de dignité.

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16.04.2026 à 13:13

🔴 PÉTITION DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

La pétoch’ est enterrée, la loi Yadan le sera aussi La pétition contre la proposition de loi Yadan a rassemblé 700 000 signatures. L’introduction d’une notion d’« implicite » dans le code pénal et la pénalisation aux contours flous de la négation de l’existence d’un État sont au cœur des reproches fait au texte. Malgré le succès de…
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La pétoch’ est enterrée, la loi Yadan le sera aussi

La pétition contre la proposition de loi Yadan a rassemblé 700 000 signatures. L’introduction d’une notion d’« implicite » dans le code pénal et la pénalisation aux contours flous de la négation de l’existence d’un État sont au cœur des reproches fait au texte. Malgré le succès de la pétition, elle vient d’être clôturée par la commission des lois sans débat dédié dans l’hémicycle. L’un des motifs de ce classement sans suite est que le texte sera examiné ce jeudi par les députés. Cette décision interroge sur la place accordée à l’expression citoyenne dans le processus parlementaire. Quoi qu’il en soit, l’ampleur de la mobilisation, portée par de nombreuses associations, des professionnels du droit et des centaines de milliers de citoyens, pèsera sur les débats à venir à l’Assemblée et sur les positions lors du vote final. Autrement dit : ce n’est pas parce que quelques députés ont décidé de jeter à la poubelle cette pétition qu’elle n’aura pas d’effet. 

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15.04.2026 à 12:20

🔴 MAINMISE DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Bolloré verrouille un peu plus la fabrique des imaginaires La mise à l’écart d’Olivier Nora de la direction des Éditions Grasset s’inscrit dans une offensive plus large de Vincent Bolloré pour resserrer son contrôle sur l’ensemble de la chaîne culturelle. Il s’agit d’installer des fidèles, alignés sur une stratégie idéologique et industrielle cohérente. Jusqu’où ira-t-il,…
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Bolloré verrouille un peu plus la fabrique des imaginaires

La mise à l’écart d’Olivier Nora de la direction des Éditions Grasset s’inscrit dans une offensive plus large de Vincent Bolloré pour resserrer son contrôle sur l’ensemble de la chaîne culturelle. Il s’agit d’installer des fidèles, alignés sur une stratégie idéologique et industrielle cohérente. Jusqu’où ira-t-il, et surtout jusqu’où allons-nous collectivement le laisser faire ? Bolloré ne se limite pas à CNews ou au Journal du Dimanche, mais s’étend à l’édition, à la distribution – notamment via Relay – et au cinéma avec Canal+ (producteur) et UGC (salles). Cet empire pose une question démocratique centrale : peut-on laisser un seul magnat concentrer à ce point les outils de fabrication des imaginaires sans repenser d’urgence nos cadres juridiques et notre stratégie de bataille culturelle à la hauteur de cette emprise ?

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