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21.04.2026 à 11:25

Retailleau président !

Catherine Tricot

Un an après avoir été élu par 70 000 adhérents des LR, Bruno Retailleau trace sa route et est désigné candidat à l’élection présidentielle par 30 000 militants. Dans le maintien de ce noyau de soutiens comme dans son étiolement, ce sont les dilemmes de la droite qui se lisent.
Texte intégral (885 mots)

Un an après avoir été élu par 70 000 adhérents des LR, Bruno Retailleau trace sa route et est désigné candidat à l’élection présidentielle par 30 000 militants. Dans le maintien de ce noyau de soutiens comme dans son étiolement, ce sont les dilemmes de la droite qui se lisent.

Cette consultation interne n’a pas fait grand bruit. Au soir des résultats, aucun triomphe au siège des LR. Avec ce maigre résultat, Bruno Retailleau ne parviendra pas à casser son isolement. Tous les barons du parti peinent à soutenir ce pari d’un candidat LR. De Jean-François Copé à Xavier Bertrand, de Valérie Pécresse à Michel Barnier, tous sont pour trouver un chemin qui conduit à la désignation d’un seul candidat de la droite et du centre (alias les macronistes). Ils disent redouter une élimination de leur camp en 2027, au bénéfice de Jean-Luc Mélenchon. De tout côté, l’insoumis sert d’épouvantail pour forcer les récalcitrants à se ranger.


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Chez LR, seul Laurent Wauquiez se démarque et prône une alliance « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo » (Knafo, le nom « sympa » pour ne pas dire Zemmour). Il a pour lui la cohérence de n’avoir jamais frayé avec les macronistes. Au fond, les deux meilleurs ennemis font le même pari : celui de la rupture avec la Macronie et de la radicalité droitière des propos et des propositions. Ils peuvent arguer des sondages qui disent tous que les Français attendent beaucoup de 2027 et qu’ils veulent des choix clairs après ces quinquennats de rien. Laurent Wauquiez comme Bruno Retailleau sont confortés dans leurs analyses par la progression ininterrompue du vote RN jusque parmi leurs électeurs, leurs élus. Ils peuvent, l’un et l’autre, faire valoir qu’en matière d’ultra-droitisation, ils ont cotisé très tôt, l’un au côté de Philippe de Villiers, l’autre alors ministre sarkozyste, initiant une rupture avec les idéaux républicains en parlant de « cancer de l’assistanat ». Ni égalité, ni fraternité.

Quand on veut de la radicalité à droite, on est déjà servi : ça s’appelle le RN. Sur ce chemin, LR est en voie d’absorption. Éric Ciotti a été mangé ; les militants désertent. La seule ligne qui convient pour LR est de tenir une digue infranchissable. Ils sont peu nombreux à le faire.

Mais ils ont deux cailloux dans leurs chaussures. Le premier est que, même à droite, la demande de protection et de réconciliation n’a pas disparu. Toute la droite n’est pas radicalisée. Et au-delà, dans les enquêtes, une bonne part des Français le disent aussi. Comme un ras-le-bol des clivages et des divisions qui ne font pas sens. Les coups de menton de Bruno Retailleau contre l’Algérie et aujourd’hui contre l’Espagne font souvent pitié. Son dénigrement de l’écologie et des immigrés peut repousser par ses outrances. Sa course de vitesse contre les protections sociales et les droits sociaux lui vaudront de l’hostilité. Bruno Retailleau devrait se souvenir ; il était au première loge pour mesurer l’effet sur son mentor d’alors, François Fillon, quand il proposa de dérembourser les maladies courantes. Bing, décrochage dans les sondages. L’heure n’est vraiment pas au libéralisme débridé.

L’autre caillou, qui est de la taille d’un rocher, est l’installation du RN. Ils ont beau raconter que le RN est socialiste et Marine Le Pen communiste, chacun sait bien que le RN est d’extrême droite. Donc quand on veut de la radicalité à droite, on est déjà servi. Sur ce chemin, LR est en voie d’absorption. Éric Ciotti a été mangé ; les militants désertent. La seule ligne qui convient pour LR est de tenir une digue infranchissable. Ils sont peu nombreux à le faire.

Évidemment, rien n’est figé chez LR, même après ce vote. Chacun sait que nous en sommes encore au tour de chauffe. On ne sait nullement qui sera sur la ligne de départ en janvier ou février 2027, le moment des décisions ultimes. D’ici là, le monde politique s’agite. Mais rares sont ceux qui utilisent ce temps intermédiaire pour déployer une proposition politique. Tout le monde se jauge, s’ausculte. Même le chouchou des sondages du printemps 2026, Édouard Philippe, a décidé de reporter son entrée en campagne et l’exposition de ses grandes lignes politiques.

Après la destruction des partis et des repères politiques, 2027 se prépare dans un capharnaüm sans nom.

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21.04.2026 à 11:23

🔴 TEST DU JOUR

Loïc Le Clerc

Bagayoko fait son entrée dans le monde des sondages Bally Bagayoko est tellement médiatique qu’il vient d’être testé par l’Ifop dans son « tableau de bord des personnalités » pour Paris Match et Sud Radio. Il en ressort plusieurs éléments : le maire de Saint-Denis fait une belle entrée, en 22ème position avec 36% de « bonne opinion »…
Lire + (179 mots)

Bagayoko fait son entrée dans le monde des sondages

Bally Bagayoko est tellement médiatique qu’il vient d’être testé par l’Ifop dans son « tableau de bord des personnalités » pour Paris Match et Sud Radio. Il en ressort plusieurs éléments : le maire de Saint-Denis fait une belle entrée, en 22ème position avec 36% de « bonne opinion » (il est 6ème à gauche derrière Hollande, Ruffin, Royal, Cazeneuve et Roussel). Il surperforme auprès des 18-24 ans (64% de bonne opinion), de l’électorat LFI (68%) et du côté des socialistes (63%). À noter qu’il est loin devant Mélenchon qui domine le champ du « mauvaise opinion » (69% ; seul Macron fait pire). Mais ce qui est le plus remarquable, c’est le taux d’« excellente opinion » : à ce jeu-là, Bally Bagayoko est quatrième du classement avec 10% – seule l’extrême droite est devant lui. Bally président ? Il n’y a plus qu’à en parler à Jean-Luc !

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20.04.2026 à 13:47

Nous, l’impensé de la gauche

Catherine Tricot

La gauche est un écosystème qui dépasse de loin la simple forme du parti. Or, les partis et leurs élus semblent l'avoir oublié. La présidentielle est mal engagée si cela persiste.
Texte intégral (744 mots)

La gauche est un écosystème qui dépasse de loin la simple forme du parti. Or, les partis et leurs élus semblent l’avoir oublié. La présidentielle est mal engagée si cela persiste.

La gauche politique se replie sur ses élus. De part et d’autre, elle tend à rabattre la politique sur les politiques publiques, les lois et leur mise en œuvre. Dans cette conception, c’est donc naturellement à eux, élus, qu’il reviendrait de porter les projets politiques, de les incarner et les défendre. Ce serait aussi à eux, nos élus, de dégager une solution pour 2027. Pardon de douter.


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À LFI, c’est au cercle des « grands élus », députés et maires, que revient la responsabilité – à défaut du suspens – de proposer un nom pour 2027 à la ratification d’au moins 150 000 insoumis. Ce sont ces mêmes députés qui, le plus souvent, ont conduit les batailles municipales et qui sont mis en avant dans les batailles politiques. La centralité du groupe parlementaire dans la vie du mouvement insoumis contredit pourtant l’objectif proclamé d’une république plus démocratique avec une participation élargie du peuple aux affaires du pays.

Sur l’autre bord du spectre de gauche, une cinquantaine d’élus – dont Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Boris Vallaud – déclarent ce week-end que, eux, ils ne renoncent pas. Ils écrivent : « Des pans entiers de nos élites se résignent et se préparent à la bascule annoncée de la France dans le camp trumpiste et poutiniste. Pas nous. » How dare you ? Ne voient-ils pas dans cette prétention à faire partie de la bonne « élite » une des causes du décrochage politique de la gauche ? Ils offrent leur texte à signatures. Elles affluent mais très lentement : à peine plus de 5500, ce lundi. Un résultat qui peut rendre ces initiateurs modestes et inquiets.

La gauche a toujours été faite de militants, d’associations et de syndicats, d’intellectuels, de maisons d’édition et de journaux. Mais ces millions d’engagés sont négligés dans les stratégies politiques. La réduction des cercles dirigeants autour des élus et de leurs assistants est très préoccupante.

Comment en est-on arrivés à un tel dessèchement des partis, un tel repliement ? Pourtant, les uns et les autres connaissent leur histoire de la gauche. Ils savent que la gauche n’a jamais été seulement celle des partis et encore moins celle des seuls élus. La gauche a toujours été faite de militants, d’associations et de syndicats, d’intellectuels, de maisons d’édition et de journaux. Mais ces millions d’engagés sont négligés dans les stratégies politiques. La réduction des cercles dirigeants autour des élus et de leurs assistants est très préoccupante.

Ce diagnostic n’est pas original. Tous savent.

Tous ont vécu le Nouveau Front populaire à l’été 2024, cet élan qui a réussi ce qui paraissait inatteignable. C’est bien toute la gauche qui est parvenue, mobilisée de mille et une manières, à empêcher la prise du pouvoir par l’extrême droite. Mais, une fois le danger écarté, on ne nous a plus rien demandé. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, tous s’en sont retournés s’engueuler avec leurs voisins de banc à l’Assemblée nationale.

Tous savent aussi que ce sont les larges mobilisations contre les pesticides, contre le recul de l’âge de la retraite, contre les attaques au droit ou à l’histoire sociale qui ont tenu en respect le gouvernement. Les victoires ne sont pas totales, pas toujours éclatantes, mais elles sont. Et tous députés qu’ils sont, ils ne l’auraient pas fait sans nous tous.

Nous, cet impensé de la gauche politique.

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