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02.04.2026 à 12:17

La lâcheté française face à la folie israélienne

Loïc Le Clerc

Tout en les condamnant, la France ménage les fascistes israéliens. Pourtant, à la fin, c'est Tel Aviv qui lâche Paris.
Texte intégral (727 mots)

Tout en les condamnant, la France ménage les fascistes israéliens. Pourtant, à la fin, c’est Tel Aviv qui lâche Paris.

La France vend-elle des armes à Israël ? Et, par ricochet, participe-t-elle au massacre des Palestiniens, des Libanais, sans compter ces bombardements à tout-va en Iran, en Syrie, au Qatar, au Yémen… Depuis le début, les membres du gouvernement ont répondu fermement que non, « la position de la France est on ne peut plus claire. Il n’y a pas d’armes vendues à Israël », dixit Sébastien Lecornu, alors ministre des armées en juin 2025.


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Sauf que la vérité finit toujours par remonter à la surface. Ce 1er avril (quelle ironie !), une porte-parole du ministère de la défense israélien expliquait à l’AFP que son pays avait décidé de « ramener à zéro les achats de défense effectués en France ». Raison invoquée : Israël préfère s’approvisionner auprès de « pays alliés ».

L’embarras est double. D’un côté, la supercherie de la non-vente d’armes est dévoilée. La France n’a pas cessé ses exportations, contrairement au Canada, à l’Italie ou à l’Espagne. Pourtant, en octobre 2024, Emmanuel Macron déclarait : « Si on appelle à un cessez-le-feu, la cohérence, c’est de ne pas fournir les armes de la guerre ». Tout est dit.

Prise au piège dans sa lâcheté, la France d’Emmanuel Macron s’est perdue dans un « en même temps » mortel. Et, aujourd’hui, elle paye cette lâcheté. Car Israël ne fait pas dans la mesure. C’est tout ou rien. Et avec la France, ce sera donc… rien.

De l’autre, la France se prive d’un partenaire économique – rappelons que le trafic d’armes est une des spécialités françaises et qu’Israël n’est pas un petit consommateur de ces ustensiles de mort – mais aussi se discrédite complètement sur le plan diplomatique. Entre Gaza et le Liban, la France n’aura eu de cesse de jouer les acrobates. Il faut dire que « massacrer des civils, c’est mal » sans non plus aller jusqu’à condamner le bourreau qui s’avère être dans le camp du bien, tout comme « l’allié » américain. Confondre Israël et son gouvernement suprémaciste, voilà la faute originelle.

Prise au piège dans sa lâcheté, la France d’Emmanuel Macron s’est perdue dans un « en même temps » mortel. Elle peut prôner la paix tout en alimentant la guerre. Elle peut reconnaître l’État palestinien tout en trahisant la doctrine gaullienne. Or depuis cette « reconnaissance », plus rien. Pendant que l’Irlande et l’Espagne demandent des sanctions européennes, la France défend la participation d’Israël à l’Eurovision, la France appelle à la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, la France envisage de voter une loi assimilant antisionisme et antisémitisme… Et, aujourd’hui, elle paye cette lâcheté. Car Israël ne fait pas dans la mesure. C’est tout ou rien. Et avec la France, ce sera donc… rien.

La France avait mis en garde Israël qu’elle s’opposerait à toute invasion du Liban. Ces derniers jours, l’armée israélienne a pénétré le territoire libanais. Une fois de plus, la France regarde sans rien faire. À choisir la pleutrerie, on récolte l’humiliation.

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02.04.2026 à 12:16

🔴 RETOUR DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Raphaël Arnault : le silence était sage, le débat est nécessaire Le silence de Raphaël Arnault après la mort de Quentin Deranque aura donc été, de son propre aveu, un choix politique : ne pas jeter d’huile sur un feu dont il redoutait l’embrasement. Son retour dans le débat public s’est fait dans un entretien…
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Raphaël Arnault : le silence était sage, le débat est nécessaire

Le silence de Raphaël Arnault après la mort de Quentin Deranque aura donc été, de son propre aveu, un choix politique : ne pas jeter d’huile sur un feu dont il redoutait l’embrasement. Son retour dans le débat public s’est fait dans un entretien à Blast : il affirme ne pas être impliqué dans les événements et ne saurait donc en porter la responsabilité. Sur ce point, il a raison – mais c’est moins sa responsabilité juridique que sa responsabilité politique qui sera interrogée. Reste enfin sa définition de l’antifascisme. Derrière les soutiens affichés affleure une question : l’antifascisme est-il l’affaire de quelques centaines de militants organisés ou celle d’une majorité sociale ? Doit-il se penser comme une pratique militante, parfois violente, ou comme une stratégie qui irrigue la société ? Et quel est son bilan réel à l’heure où l’extrême droite continue de gagner du terrain ? C’est là que devrait s’ouvrir le débat.

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01.04.2026 à 18:34

Nouvelle France : un concept qui fait débat

Roger Martelli

Les succès de La France insoumise dans les quartiers et les villes populaires ont projeté dans le débat public la proposition de « Nouvelle France ». Parfois, elle clive outrageusement à droite et fait débat à gauche.
Texte intégral (884 mots)

Les succès de La France insoumise dans les quartiers et les villes populaires ont projeté dans le débat public la proposition de « Nouvelle France ». Parfois, elle clive outrageusement à droite et fait débat à gauche.

Dans l’esprit de Jean-Luc Mélenchon et des insoumis, la « Nouvelle France » est le socle de leur stratégie politique. Ils l’ont mise au cœur de leur campagne municipale. Les succès enregistrés en banlieue ont alors enflammé le débat, notamment depuis la droite et l’extrême droite : les anathèmes fusent, accompagnés d’un florilège raciste décomplexé.

Apparue après la présidentielle de 2017, la « Nouvelle France » voulait s’opposer à la vision excluante et passéiste de l’extrême droite. Elle identifiait le peuple moderne, urbain, jeune, racisé, féminisé, en attente de justice, de reconnaissance et de dignité. Il s’agissait de se tourner vers ce peuple que la gauche a vu s’éloigner.

Mais des mobilisations contre le génocide gazaoui aux combats nécessaires contre l’islamophobie et contre les violences policières au faciès, la formule générale de la « Nouvelle France » s’est polarisée peu à peu sur les populations racisées des couronnes périurbaines. Le 31 janvier 2025, Jean-Luc Mélenchon lance la formule qui fâche : « Nous sommes voués à être une nation créole et tant mieux ! Que la jeune génération fasse le grand remplacement de l’ancienne génération. » La reprise provocatrice du terme de « grand remplacement » a ancré la « Nouvelle France » dans un débat public dominé par la question de l’immigration. Le ciblage municipal de LFI sur les banlieues matérialise ce déplacement.

Il est vrai qu’un tiers des résidents en France ont une ascendance immigrée sur trois générations et ne disposent pas d’une représentation à leur image. La gauche en a-t-elle vraiment pris la mesure ? Non, pas même dans ses banlieues de prédilection. LFI s’est attachée à le faire : qui peut le lui reprocher ? Bally Bagayoko, le nouveau maire insoumis de Saint-Denis-Pierrefitte, a raison de rappeler que la gauche et le parti communiste avaient trop tardé à en prendre la mesure.

Pourtant, si les banlieues mal représentées font partie de la France, elles ne sont pas la France entière. La question du racisme et des discriminations concerne certes la France entière et ronge la République. Elles doivent donc faire partie d’une proposition de gauche. Mais en durcissant le clivage de l’ancien et du nouveau, des racisés et de ceux qui ne le sont pas, LFI ne voit pas une contradiction : l’insertion de populations nouvelles accroît l’opportunité du mélange… et en même temps, les inégalités et les discriminations construisent des clivages à l’intérieur du peuple. Une action politique ne peut l’ignorer.

En se polarisant sur l’immigration, la proposition de « Nouvelle France » peut alors exacerber la concurrence de deux souffrances : celle de l’héritier du fait colonial soumis au déni de reconnaissance et à la discrimination, et celle du dominé non immigré, sur qui pèse le poids de la relégation et l’angoisse du déclassement.

Pourquoi cette rétraction de la formule de départ ? Parce qu’elle paraît cohérente avec ce qui est aujourd’hui la stratégie insoumise. Dans le discours des Insoumis, la profondeur de la crise sociale, politique et morale revalorise la vieille confrontation du « eux » et « nous » : le peuple ou l’élite, le Rassemblement national ou La France insoumise. Face au grand remplacement rétrograde, un grand remplacement propulsif… Le scénario d’un second tour présidentiel serait d’ores et déjà écrit.

Or, la société ne peut être la simple juxtaposition de groupes, de cultures, de sociabilités ou de communautés qui se côtoient et qui parfois s’affrontent. Elle suppose de dégager du commun. Un projet politique peut s’appuyer prioritairement sur un segment du tout social ; il ne peut être le projet d’une seule France.

Face à une société qui doute et qui s’inquiète, il est dangereux de se réclamer d’une France contre une autre, qu’elle soit celle de l’ancien ou du nouveau, du mouvement ou de l’immobilité, des « métropoles » ou des « périphéries », des minorités racisées ou des majorités présumées monocolores. Le seul horizon soutenable et désirable est celui d’une France qui ne blâme que l’exclusion, qui n’écarte que ce qui sépare.

Jean-Luc Mélenchon a eu la bonne idée de proposer un cadre large de réflexion prospective. Il a le tort de le rabougrir en l’enfermant dans une stratégie qui divise le peuple au lieu de le réunir, qui sépare les gauches au lieu de les rassembler. La démocratie se nourrit du heurt des idées, pas de cette guerre des haines que nous annonce l’extrême droite.

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