LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs REVUES Médias
Souscrire à ce flux
Regards a pour objet la diffusion d’informations et d’idées. Il contribue au débat démocratique. Il n’a aucun caractère commercial.

▸ Les 10 dernières parutions

19.05.2026 à 12:50

Villepin a une idée

Catherine Tricot

Comment gouverner quand le paysage politique est si fracturé ? L'ancien premier ministre a une proposition.
Texte intégral (815 mots)

Comment gouverner quand le paysage politique est si fracturé ? L’ancien premier ministre a une proposition.

À moins d’un an de la présidentielle, le nombre de candidats qui entrent en campagne ne fait que croître. La pléthore de candidatures n’est pas un simple effet du jeu des égos. Elle traduit assurément une décomposition de l’espace politique, à commencer par celle des partis supposés lui donner consistance et structure. Pour gouverner, c’est une grosse difficulté, y compris pour la gauche. Comment chaque candidat entend la résoudre ? L’évidence d’une majorité de députés élus dans la foulée d’une victoire à l’élection présidentielle a vécu. Emmanuel Macron en a fait l’amer expérience en 2022. Élu sans convaincre, il perd la majorité à l’Assemblée nationale et ne parvient jamais à reprendre la main et à imposer pleinement sa politique. C’est pour cela que Marine Le Pen affirme vouloir une victoire politique et non une élection par défaut. Nous en parlions dans une précédente newsletter.


TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER

👉 C’EST ICI ET C’EST GRATUIT


La cheffe de l’extrême droite n’est pas la seule à s’exprimer sur ce défi colossal de la majorité introuvable pour gouverner. Invité de « Questions politiques » sur France Inter le 10 mai, Dominique de Villepin avance une autre approche. Il annonce ne pas vouloir dissoudre l’Assemblée nationale et vouloir construire une majorité de projets avec le Parlement, c’est-à-dire avec les députés élus en juin 2024 et les sénateurs (dont la moitié sera renouvelée en septembre). Sans être exhaustif, il cite comme base d’accord possible la question des retraites et celle de la dette publique : même si Villepin voudra des « compromis »,  il y a fort à parier que ni la retraite à 60 ans ni la taxe Zucman ne seront au programme.

Villepin cite comme base d’accord possible la question des retraites et celle de la dette publique : même si Villepin voudra des « compromis »,  il y a fort à parier que ni la retraite à 60 ans ni la taxe Zucman ne seront au programme.

Dominique de Villepin fait valoir son expérience politique. Pas faux : la proposition est habile. Elle comporte des aspects tactiques évidents : les députés macronistes, socialistes, LR ont envie de tout sauf de retourner aux urnes. Mais l’offre n’est pas qu’un « sauf qui peut » pour les élus et les appareils de parti. Villepin propose un pacte. Mieux, il tente de construire les bases d’un accord avant de se déclarer candidat. Il ne leur demande pas de se rallier ; il leur offre une place dans le processus. Les deux thèmes que Villepin choisit de mettre en avant bénéficient d’un certain consensus parmi les forces centrales, sinon dans les réponses du moins dans leur nécessité. Il acte le rapport de force qui est clairement à droite si l’on additionne les élus des deux chambres. Villepin n’hésite pas à pousser toujours plus loin le rôle du Sénat qui devient l’égal de la chambre des députés dans la fabrique de la loi : étrange lecture de la Constitution qui pourtant donne le dernier mot en principe aux députés. On sait à quel point ce principe est ratatiné par l’usage sans limite des commissions mixtes paritaires.

La proposition de l’ancien premier ministre a eu peu d’échos tant elle parait technique. De sa capacité à la porter auprès de qui de droit dépendra la suite. Villepin constate la faiblesse des partis mais n’envisage pas de faire sans eux. Il se veut un recours pour une droite divisée : il les assure de leur laisser le leadership. Il se veut rassurant pour une gauche inquiète : il lui propose un président républicain. La campagne ne fait que commencer et elle devra apporter réponses non seulement aux défis mais aussi au comment gouverner avec une Assemblée éclatée ? Villepin offre une réponse pour la droite acceptable par une partie de la gauche. Une telle proposition est plus difficile à construire à gauche, a fortiori s’il se confirmait qu’elle s’installe dans ses divisions.

PDF

19.05.2026 à 12:48

🔴 BRÈVE DU JOUR

Pablo Pillaud-Vivien

Canal+ et Bolloré : ne pas laisser les cinéastes seuls Après la tribune « Zapper Bolloré », la réponse de Maxime Saada est une dangereuse manipulation qui déplace le sujet : contrairement à son assertion, les plus de 1200 professionnels du cinéma signataires ne disent pas que Canal+ est « cryptofasciste », ils alertent sur la concentration…
Lire + (164 mots)

Canal+ et Bolloré : ne pas laisser les cinéastes seuls

Après la tribune « Zapper Bolloré », la réponse de Maxime Saada est une dangereuse manipulation qui déplace le sujet : contrairement à son assertion, les plus de 1200 professionnels du cinéma signataires ne disent pas que Canal+ est « cryptofasciste », ils alertent sur la concentration verticale accrue, symbolisée par le rachat d’UGC par Vincent Bolloré, figure assumée de l’extrême droite. Dépendants du poids structurant de Canal+ dans le financement du cinéma, ces créateurs n’ont, à ce stade, aucune alternative viable. Et ils ne pourront la bâtir seuls. C’est à la société, et en premier lieu aux politiques, de prendre leurs responsabilités à commencer par empêcher la constitution de toute liste noire. Les producteurs d’imaginaires ne peuvent affronter seuls une telle offensive.

PDF

19.05.2026 à 10:52

TRIBUNE. Vivre libres : un appel à la résistance fraternelle et à l’émancipation démocratique face à l’extrême droite

Christophe Clergeau

L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau appelle à reprendre le flambeau de la liberté, de l’égalité et de la démocratie pour contrer l’ascension du fascisme. Depuis des années, les populistes prospèrent sur la dénonciation du « système » étatique qui priverait les citoyens de leurs droits et libertés, à coup de normes et de prélèvements fiscaux. Mais de quel…
Texte intégral (887 mots)

L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau appelle à reprendre le flambeau de la liberté, de l’égalité et de la démocratie pour contrer l’ascension du fascisme.

Depuis des années, les populistes prospèrent sur la dénonciation du « système » étatique qui priverait les citoyens de leurs droits et libertés, à coup de normes et de prélèvements fiscaux. Mais de quel système parlons-nous ? Le « système » le plus puissant n’est certainement pas celui des bureaucraties des États, mais celui de l’oligarchie, des milliardaires et des multinationales qui captent la richesse, dégradent les conditions de travail, organisent la pression à la baisse sur les salaires, poussent à la déshumanisation des services publics en imposant les outils numériques américains, asservissent les médias et de la culture, privatisent tous les espaces de libre expression, volent nos données pour les exploiter. 

L’extrême droite est aujourd’hui l’agent de ce nouveau système dominé par les ultra-riches. Elle est soumise à la finance internationale et passe ses journées à donner des gages au patronat désormais sans ancrage en Europe et sans considération pour les salariés ou pour l’intérêt général. Au Parlement européen, l’extrême droite défend les intérêts des GAFAM contre ceux des Européens, elle a même proposé de décerner à Elon Musk le prix Sakharov qui récompense les défenseurs de la liberté d’expression. En mettant en avant la liberté, les socialistes en appellent à une révolte émancipatrice pour se débarrasser de ce « système », libérer nos vies de ces chaînes et retrouver le contrôle de nos existences. Démarchandiser et réhumaniser le monde est notre nouvel horizon.

Face à la crise démocratique, l’extrême droite propose aux citoyens d’abandonner leur destin entre les mains d’un pouvoir vertical glissant, étape par étape vers l’illibéralisme autoritaire avec pour cibles les partis, les syndicats, les associations et la justice. Lorsque tous auront été privées de légitimité, l’individu n’aura plus de voix, il sera seul face à l’Etat tout puissant, privé de toute défense, dominé et soumis. 

Emmanuel Macron a ouvert la brèche, Jordan Bardella et Marine le Pen s’y engouffrent. Les Français sont-ils prêts à accepter cette domination ? Nous faisons le pari du contraire. De la résistance gauloise à la Révolution française, c’est bien l’attachement sans faille à la liberté qui est le cœur de notre identité collective. Nous sommes « la France libre ». Nous opposons à la verticalité mortifère promue par l’extrême droite le principe de coopération et appelons à la refondation d’une démocratie où les citoyens sont écoutés et entendus, à la pleine reconnaissance de toutes les voix collectives, à la valorisation de la société civile organisée, à la décentralisation qui permet de rapprocher les décisions des citoyens. Nous en appelons au renouveau des libertés françaises.

L’extrême droite est le parti de la peur, cette peur qui nourrit la méfiance, l’isolement, la solitude ; cette peur qui fait le lit d’une violence qui détruit la société. Dans cette société de la peur, chacun est enfermé, coupé et isolé. L’antidote de la peur est la fraternité, qui marche main dans la main avec la liberté. Dans une France fraternelle, chacun a le droit au respect garanti par la société, chacun doit à l’autre de l’attention et de la solidarité, et chacun est responsable du respect des règles collectives qui font la cohésion de la société. Voilà ce qu’est la fraternité : un humanisme qui combine la liberté individuelle et la responsabilité à l’égard du collectif. La fraternité est le chemin vers la liberté. 

Enfin, l’extrême droite est le parti de l’étranger, Jordan Bardella lui-même est un agent de l’étranger, un membre de la galaxie MAGA, qui ne critique Donald Trump que quand il devient trop impopulaire, un suppôt de Vladimir Poutine qui ne salue la résistance ukrainienne que pour mieux masquer son refus du soutien financier de l’UE à ce pays. En prétendant vouloir rétablir la souveraineté française, il ne fait qu’organiser notre faiblesse et préparer la soumission des pays européens aux empires russes, chinois ou américains. Maître chez soi mais sous le contrôle des puissances étrangères était déjà le choix de Pétain. Nous préférons à la soumission le choix de la révolte contre la perte de nos libertés face aux agressions extérieures. Le repli national sera le tombeau de nos libertés. Nous revendiquons la souveraineté européenne comme le seul chemin de liberté dans le monde d’aujourd’hui. Plus fort ensemble, libre ensemble, voilà le combat des socialistes.

Briser la domination des riches pour retrouver une vie digne, renouer avec la fraternité républicaine et une démocratie citoyenne, affirmer la souveraineté européenne, voici la voie que proposent les socialistes vers la liberté retrouvée.

PDF
3 / 10
  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Gigawatts.fr
Goodtech.info
Quadrature du Net
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌓