
16.05.2026 à 10:34
REV
Le parti Révolution Écologique pour le Vivant (REV) dont fait partie le député Aymeric Caron défend, dans une tribune, son choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027, validé par ses militants.
Il y a une semaine, la France Insoumise a annoncé son choix pour l’élection présidentielle de 2027 : Jean-Luc Mélenchon sera son candidat. La Révolution Écologique pour le Vivant (REV) a dès lors organisé une consultation interne auprès de l’ensemble de ses militants en France afin de connaître leur choix : soutenir cette candidature ou envisager une autre option ? Les retours ont été nombreux et les débats argumentés. À une très large majorité, nos militants ont choisi de soutenir à nouveau Jean-Luc Mélenchon, comme en 2022, avec l’assurance donnée par la France Insoumise qu’un accord pour les législatives entre la REV et la FI qui suivront sera discuté, ce qui n’est que la poursuite logique de l’accord signé entre nos partis en 2022.
En janvier 2022, la REV, premier parti d’écologie radicale en France, a été la toute première formation politique à rejoindre l’Union Populaire en soutien à Mélenchon, bien avant la création de la NUPES puis, deux ans plus tard, du NFP. Notre tout jeune parti d’écologie anticapitaliste, décoloniale et antispéciste avait alors fait le choix de soutenir un programme qui présente nombre de similitudes avec le nôtre, porté par un candidat expérimenté, à la hauteur des exigences de la charge présidentielle.
La REV n’est pas par principe opposée au processus de la primaire qui aurait pu désigner une candidate ou un candidat unique parmi les partis de la gauche et de l’écologie. Mais elle constate que les circonstances ne sont pas réunies aujourd’hui pour en faire un outil efficace au service de la victoire de nos idées.
L’écologie, la vraie, celle qui se préoccupe avec sincérité des droits du vivant, de la paix, de la réduction drastique du temps de travail, celle qui s’interroge sur les conséquences de l’intelligence artificielle sur notre espèce, se doit en effet d’acter que le capitalisme dans ses formes récentes est un ennemi qui prône l’exploitation généralisée de toute entité : humains, animaux, arbres, eau. Sans dénonciation du productivisme, sans meilleure répartition des richesses, sans défense acharnée des valeurs humanistes, sans dénonciation des piliers économiques sur lesquels s’organise aujourd’hui notre société, l’écologie restera accompagnement et variable d’ajustement. Malgré nos analyses parfois divergentes sur certains sujets, la REV et la FI partagent, à gauche, la radicalité et la volonté de rupture.
Ces dernières années, la FI et Jean-Luc Mélenchon ont été victimes de campagnes de diffamation politiques et médiatiques massives. Nous avons évidemment toujours refusé d’y adhérer ou d’y contribuer de quelque manière que ce soit. Cela n’a pas empêché des désaccords ponctuels et locaux entre la FI et la REV qui sont deux formations distinctes, aux programmes distincts, aux directions distinctes, aux stratégies distinctes : les désaccords font partie de la vie politique. Avec la présidentielle et les législatives à suivre, une nouvelle page s’ouvre, qui nécessite de mettre les différends de côté pour se concentrer sur ce qui nous rassemble, et qui est infiniment plus précieux.
L’extrême-droite, qui a déjà infusé les espaces médiatique et politique, est aux portes du pouvoir. La démocratie est bafouée comme jamais elle ne l’a été depuis le début du siècle. Les atteintes au vivant ne cessent de s’accroître. La souffrance animale n’a pas diminué. Et la guerre menace, au moment où le droit international a été enterré, par l’Occident, au milieu des ruines de Gaza. Après les Palestiniens, ce sont aujourd’hui les Libanais et les Iraniens qui subissent mort et destructions, en raison de l’impéralisme israélo-américain. La REV a dès octobre 2023 dénoncé les crimes puis le génocide commis contre les innocents à Gaza. Depuis deux ans et demi, notre diplomatie n’a cessé de s’enfoncer dans l’indignité en soutenant les criminels. La France doit être gouvernée par une voix forte qui sache s’opposer aux gouvernements fascistes, en les sanctionnant. Comme il l’a largement prouvé, Jean-Luc Mélenchon saura être cette voix.
Pour ce qui est de la défense du vivant et en particulier la lutte pour les droits des animaux, l’élection d’un député antispéciste de notre mouvement a été un pas important. Mais le fonctionnement de l’Assemblée, dans le contexte d’une macronie minoritaire mais autoritaire, a empêché le vote de tout texte ambitieux en faveur des animaux. Il reste un an pour tenter d’obtenir une victoire. La meilleure assurance, pour les droits du vivant, est l’élection à l’Elysée d’un candidat qui défend un programme ambitieux sur ce thème. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon. C’est la raison pour laquelle nous appelons les autres formations écologistes à le soutenir pour 2027, comme nous, pour faire gagner nos idées.
15.05.2026 à 12:13
Pablo Pillaud-Vivien
Gestes mémoriels, discours de rupture et offensive commerciale : la tournée africaine d’Emmanuel Macron illustre les contradictions d’une politique française prise entre héritage colonial et recomposition géopolitique. Une ambiguïté qui peine à convaincre des sociétés africaines en quête d’autonomie.
Les tournées internationales d’Emmanuel Macron sont toujours d’une mise en scène soigneusement huilée. Cette fois encore, entre un jogging avec une star du marathon, quelques passes de football et un passage à la cantine, le président français a voulu incarner une France « partenaire », moderne, débarrassée des vieux réflexes.
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Certes, entre le moment où il est monté sur scène pour faire le professeur d’école en demandant à la salle de se taire ou cette phrase extraite d’un entretien à Jeune Afrique – « Je pense qu’aujourd’hui les dirigeants africains ont le devoir d’améliorer la gouvernance dans leur pays et de structurer des stratégies » –, il y a encore beaucoup de travail. Mais on avance tout de même sur certains points : enfin, la France semble considérer le continent africain dans sa totalité et pas uniquement ses anciennes colonies. La preuve : le sommet s’est déroulé au Kenya, un pays non-francophone – une première ! Mais au-delà de ça, c’est surtout une réalité plus prosaïque qui s’est imposée : ce voyage est d’abord, comme souvent, une tournée commerciale.
Car que voit-on ? Des annonces d’investissements, des délégations d’entreprises, des contrats en discussion. Les noms sont connus : les entreprises du CAC 40 français appelées à consolider leur présence sur des marchés jugés prometteurs. Le président fait, en somme, le service avant-vente du capitalisme français. Mais une question politique affleure : est-ce vraiment cela, la France ? Peut-elle être identifiée aux intérêts de ses grandes entreprises ? Le président de la République peut-il être son premier VRP ?
Emmanuel Macron prétend réinventer la relation entre le continent africain et l’hexagone mais la France apparaît comme un partenaire ni incontournable, ni particulièrement désiré.
Pourtant, ce tropisme économique marque une rupture avec l’histoire coloniale et néocoloniale française faite d’ingérence politique directe, de formation des polices, d’installation de bases militaires. Elle entérine une transformation profonde du continent africain – et du regard qu’il porte sur la France. Dans de nombreux pays, notamment en Afrique francophone, la France est désormais contestée voire rejetée. Faute d’avoir rompu clairement avec l’ingérence et un certain esprit néo-colonial, elle n’a pas su construire des relations nouvelles, favorables aux différents pays. D’autres puissances investissent et négocient : la France devient un partenaire parmi d’autres. La Chine bien sûr, mais aussi la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Inde, aujourd’hui solidement présents.
Emmanuel Macron prétend réinventer la relation entre le continent africain et l’hexagone mais la France apparaît comme un partenaire ni incontournable, ni particulièrement désiré. On peut multiplier les gestes symboliques, changer les noms des sommets, parler d’avenir plutôt que de passé, cela ne suffit pas à reconstruire une confiance abîmée. La politique française envoie des signaux contradictoires : comment parler de partenariat équilibré quand l’aide publique au développement a subi une coupe de 38% entre 2023 et 2025 ? La solidarité recule, les aides deviennent des prêts avec retour sur investissement.
Reste un domaine où des avancées peuvent être saluées : celui de la mémoire. Les restitutions d’œuvres d’art pillées pendant la colonisation progressent enfin. Ce mouvement traduit une prise de conscience tardive mais réelle. Même si restituer sans réparer, reconnaître sans s’excuser, c’est avancer à moitié. Au fond, cette tournée africaine dit tout de la politique d’Emmanuel Macron.
15.05.2026 à 12:05
Loïc Le Clerc
Triste record : l’année dernière, les autorités françaises ont identifié 451 faits de corruption, un chiffre en hausse de 35 points par rapport à 2024. Et si l’on compare avec 2016, c’est +268% ! C’est l’enseignement des dernières statistiques des services de police et de gendarmerie, détaillées par Mediapart. Notre confrère Fabrice Arfi a coutume de dire que la France est un pays en « faillite culturelle » au sujet de la corruption. Il suffit de constater les réactions des mondes politique, médiatique et financier lorsque Nicolas Sarkozy est condamné : ils minimisent, quand ils ne font pas bloc. On a du mal à imaginer l’actuel ministre de la justice prendre à bras le corps ce défi majeur : Gérald Darmanin, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, était des premiers à lui apporter son soutien un fois la sentence prononcée.