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03.04.2026 à 13:05

Rima Hassan harcelée

Catherine Tricot

La députée européenne insoumise fait l’objet de poursuites répétées par la police française, au mépris de son immunité parlementaire. Ce harcèlement doit s’arrêter. 
Texte intégral (955 mots)

La députée européenne insoumise fait l’objet de poursuites répétées par la police française, au mépris de son immunité parlementaire. Ce harcèlement doit s’arrêter. 

Rima Hassan, la députée européenne insoumise, est ressortie dans la soirée après une garde à vue. Elle s’est toujours rendue aux convocations de la police qui l’avait déjà entendue en audition libre en avril 2024 et en avril 2025 pour « apologie du terrorisme ». Or, alors même qu’elle est protégée par son immunité de parlementaire européenne, cette convocation était cette fois-ci une garde à vue. Le flagrant délit a été invoqué pour passer outre cette immunité. Le délit : un tweet du 26 mars 2026, depuis effacé.


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Cette affaire pose au moins trois questions.

La première est celle du respect fondamental de la liberté d’expression des parlementaires. L’immunité qui leur est accordée ne les autorise pas à détourner des fonds publics, comme certains procès en cours le rappellent. En revanche, elle protège leur expression politique. Revenir sur ce point est un pas dans une direction délétère pour la démocratie. Se prévaloir du flagrant délit pour un tweet effacé relève d’une torsion des principes. Comment la police française, sous le contrôle du pouvoir français, a-t-elle pu se le permettre ? Que font le Parlement européen et la Commission européenne pour défendre ce droit ? On attend.

La seconde question est celle de la fake news, relayée partout, de présence de drogues dans le sac à main de la députée. Rima Hassan est une militante responsable et il était très surprenant qu’elle ait pu se rendre à une audition de police en ayant sur elle des substances illicites. Le doute était premier. On sait désormais qu’il s’agissait de substances achetées légalement dans un magasin de CBD. Pourtant elle est à nouveau convoquée ce matin par la police. Cela confine à de l’acharnement. On se demandera comment de telles « infos », aussi sensibles, ont pu être divulguées immédiatement aux médias ? Comment se fait-il que, sur les plateaux, personne n’ait émis un doute sérieux1 sur le fait que Rima Hassan se rende à un commissariat avec des drogues interdites ? Qui a interrogé les sources de cette info ? Le fil direct entre police/justice et médias est devenu hautement problématique. Ici, c’est la réputation et la crédibilité politique d’une parlementaire qui est mise à mal. Le ministre doit y mettre bon ordre. À l’entendre ce matin, il semble plutôt vouloir poursuivre.

Enfin, on pourra discuter de l’opportunité d’un tweet valorisant l’action d’un homme ayant massacré 26 personnes à l’aéroport de Tel Aviv il y a 55 ans. Dans son tweet, Rima Hassan ne valorisait pas cette action, mais l’engagement de cet homme en faveur du combat des Palestiniens. Il disait : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ». La députée a supprimé ce tweet, sans bien sûr renier son soutien à la résistance palestinienne, même armée. Elle se réfère au droit de résistance reconnu par l’ONU. Faut-il pour autant valoriser cette action terroriste ? On peut franchement en douter. Tweeter moins souvent et moins vite serait sûrement une bonne idée. S’attacher à faire comprendre l’action criminelle du pouvoir israélien et faire connaître la condition des Palestiniens et les luttes qu’ils mènent, voilà qui serait un moyen plus efficace de réunir largement autour de ce combat. Rima Hassan est une femme courageuse et engagée pour son peuple, mais cette lutte doit faire l’objet d’une réflexion politique collective élargie. 

  1. Contactée ce jeudi vers 17 heures par BFMTV, j’avais donné mon accord pour venir « défendre » Rima Hassan en plateau. Une nouvelle fois – c’est devenu un running gag –, ma venue a été annulée au dernier moment et seul le journaliste de Valeurs actuelles était présent en tant que journaliste politique sur le plateau de Marc Fauvelle. Le présentateur de la tranche a dit à l’antenne que personne n’avait accepté de venir défendre la députée. C’est faux. ↩
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03.04.2026 à 13:03

🔴 MANIF’ DU SAMEDI

Pablo Pillaud-Vivien

Le refus du racisme anti-noir, enfin objet de mobilisation Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, appelle ce samedi 4 avril à un rassemblement contre le racisme devant la mairie de Saint-Denis. Cet appel intervient après les attaques décomplexées contre les maires noirs, notamment sur CNews et BFMTV. Des députés noirs ont également révélé avoir reçu…
Lire + (118 mots)

Le refus du racisme anti-noir, enfin objet de mobilisation

Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, appelle ce samedi 4 avril à un rassemblement contre le racisme devant la mairie de Saint-Denis. Cet appel intervient après les attaques décomplexées contre les maires noirs, notamment sur CNews et BFMTV. Des députés noirs ont également révélé avoir reçu un courrier reprenant les codes de Tintin au Congo. Longtemps occulté, ce racisme anti-noir éclate au grand jour. Décidément, il convient de reprendre, de mettre à jour la pensée et le discours anti-raciste pour prendre la mesure de ses pluralités et de son unité.

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02.04.2026 à 12:17

La lâcheté française face à la folie israélienne

Loïc Le Clerc

Tout en les condamnant, la France ménage les fascistes israéliens. Pourtant, à la fin, c'est Tel Aviv qui lâche Paris.
Texte intégral (727 mots)

Tout en les condamnant, la France ménage les fascistes israéliens. Pourtant, à la fin, c’est Tel Aviv qui lâche Paris.

La France vend-elle des armes à Israël ? Et, par ricochet, participe-t-elle au massacre des Palestiniens, des Libanais, sans compter ces bombardements à tout-va en Iran, en Syrie, au Qatar, au Yémen… Depuis le début, les membres du gouvernement ont répondu fermement que non, « la position de la France est on ne peut plus claire. Il n’y a pas d’armes vendues à Israël », dixit Sébastien Lecornu, alors ministre des armées en juin 2025.


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Sauf que la vérité finit toujours par remonter à la surface. Ce 1er avril (quelle ironie !), une porte-parole du ministère de la défense israélien expliquait à l’AFP que son pays avait décidé de « ramener à zéro les achats de défense effectués en France ». Raison invoquée : Israël préfère s’approvisionner auprès de « pays alliés ».

L’embarras est double. D’un côté, la supercherie de la non-vente d’armes est dévoilée. La France n’a pas cessé ses exportations, contrairement au Canada, à l’Italie ou à l’Espagne. Pourtant, en octobre 2024, Emmanuel Macron déclarait : « Si on appelle à un cessez-le-feu, la cohérence, c’est de ne pas fournir les armes de la guerre ». Tout est dit.

Prise au piège dans sa lâcheté, la France d’Emmanuel Macron s’est perdue dans un « en même temps » mortel. Et, aujourd’hui, elle paye cette lâcheté. Car Israël ne fait pas dans la mesure. C’est tout ou rien. Et avec la France, ce sera donc… rien.

De l’autre, la France se prive d’un partenaire économique – rappelons que le trafic d’armes est une des spécialités françaises et qu’Israël n’est pas un petit consommateur de ces ustensiles de mort – mais aussi se discrédite complètement sur le plan diplomatique. Entre Gaza et le Liban, la France n’aura eu de cesse de jouer les acrobates. Il faut dire que « massacrer des civils, c’est mal » sans non plus aller jusqu’à condamner le bourreau qui s’avère être dans le camp du bien, tout comme « l’allié » américain. Confondre Israël et son gouvernement suprémaciste, voilà la faute originelle.

Prise au piège dans sa lâcheté, la France d’Emmanuel Macron s’est perdue dans un « en même temps » mortel. Elle peut prôner la paix tout en alimentant la guerre. Elle peut reconnaître l’État palestinien tout en trahisant la doctrine gaullienne. Or depuis cette « reconnaissance », plus rien. Pendant que l’Irlande et l’Espagne demandent des sanctions européennes, la France défend la participation d’Israël à l’Eurovision, la France appelle à la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, la France envisage de voter une loi assimilant antisionisme et antisémitisme… Et, aujourd’hui, elle paye cette lâcheté. Car Israël ne fait pas dans la mesure. C’est tout ou rien. Et avec la France, ce sera donc… rien.

La France avait mis en garde Israël qu’elle s’opposerait à toute invasion du Liban. Ces derniers jours, l’armée israélienne a pénétré le territoire libanais. Une fois de plus, la France regarde sans rien faire. À choisir la pleutrerie, on récolte l’humiliation.

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