10.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 10 août 2026
Texte intégral (6777 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- More than 80 % of kids still using social media despite ban, new eSafety report finds (theconversation.com)
As countries around the world look to follow Australia’s lead in restricting young people’s access to social media, a new report by the eSafety Commissioner might give them reason to pause, at least temporarily.
- La surveillance totale est déjà là : États et multinationales ont aboli votre vie privée (agoravox.fr)
- Vers un monde à +2 °C ? Les 30 données de l’été du basculement écologique (legrandcontinent.eu)
Des records absolus de température sur terre et en mer, des forêts en feu, des fleuves à sec, une surmortalité importante, et un seuil de + 2 °C qui pourrait être franchi pour la première fois dès le début de l’année 2027.

- Major oil firms make $93bn profits amid war and climate crisis (theguardian.com)
Eight of the biggest oil companies amassed profits of more than $90bn (£67bn) in just three months as the Iran conflict sent energy prices soaring and the emissions-fuelled climate crisis caused deadly heatwaves.
- How headlights got brighter, whiter, and more blinding after dark (arstechnica.com)
- BMW Suddenly Blasts Its Cars’ Internal Screens With Aggressive Advertisements (futurism.com)
Starting last week, the German automaker started blasting a promotion for the new Spider-Man movie into its customers’ cars without warning — because nothing says riding in luxury like a full-vehicle pop-up ad. BMW, showing that it was about as in-touch as its drivers are familiar with turn signals, teased the promotion as a “special surprise.”
Voir aussi “C’est du délire” : tollé mondial pour BMW qui affiche une pub Spider-Man au démarrage de ses voitures (lesnumeriques.com)
- Conçus pour résister à la pression de l’eau, et non à celle des sédiments, de nombreux barrages voient leur durée de vie écourtée (slate.fr)
Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Sustainability et relayée par Live Science, environ un cinquième des réservoirs dans le monde sont déjà à haut risque de remplissage par les sédiments, et d’ici 2060, la moitié pourraient devenir inopérants.
- ‘Stop all outdoor activities’ : South Korea records its highest ever temperature since records began more than a century ago (theguardian.com)
Authorities issue alert saying indoor spaces without airconditioning are ‘dangerous’ as temperatures pass 40C for fifth straight day
- Sécheresse : un village englouti refait surface en Indonésie (reporterre.net)
Le village indonésien de Somang, dans l’ouest de l’île de Java, était englouti sous les eaux d’un réservoir créé en 2023 pour approvisionner Jakarta. Mais la baisse du niveau de l’eau due à la sécheresse fait réapparaître les ruines de bâtiments.
- Huit morts dans une tuerie menée par un adolescent en Thaïlande (humanite.fr)
- La Russie est-elle en train de piller le patrimoine archéologique de la Crimée ? (slate.fr)
Six expéditions archéologiques sont en cours en Crimée, sous l’égide de Moscou. Des agents russes sont accusés de fermer les yeux sur le pillage de sites antiques en échange de pots-de-vin, laissant disparaître de précieux vestiges.
- Avec la sécheresse, le Danube révèle des épaves de navires nazis et des os de mammouth (huffingtonpost.fr)
Des mois de vagues de chaleur et de sécheresse ont fait chuter le niveau du Danube à des niveaux critiques dans toute l’Europe.
- La sécheresse prive la Hongrie d’électricité, le ministre de l’Énergie redécouvre les jeux de société (reporterre.net)
En quelques jours, la Hongrie s’est improvisée laboratoire grandeur nature de la sobriété électrique. Pas par amour soudain de la décroissance, mais parce que le Danube, épuisé par la sécheresse, ne fournit presque plus assez d’eau pour refroidir Paks, l’unique centrale nucléaire du pays.
Voir aussi Hungary faces energy crunch as drought shuts down Paks nuclear plant, PM says (politico.eu)
Budapest loses 40 percent of the country’s electricity generation as water levels continue to drop.
- Europe’s free satellite service just made it easier to track wildfires (arstechnica.com)
- Boom des véhicules électriques en Europe : sommes-nous prêts à gérer un million de batteries usées ? (fr.euronews.com)
- Open source mais fermé aux systèmes libres : l’UE impose l’attestation matérielle pour vérifier l’âge et cela fait débat (goodtech.info)
Un projet financé par l’UE et publié en open source peut-il vraiment rester ouvert s’il exige des puces propriétaires ? Le système de vérification de l’âge européen impose l’attestation matérielle, excluant de fait les ROM personnalisées et les environnements Linux indépendants.
- Allemagne : un drone muni d’un « engin explosif » perturbe le trafic à l’aéroport de Leipzig, la Russie en cause ? (sudouest.fr)
Un incident de sécurité impliquant au moins un drone a entraîné la suspension temporaire du trafic à l’aéroport de Leipzig, hub militaire utilisé par l’Otan et pour l’Ukraine, près duquel un avion a heurté un objet volant. Les enquêteurs confirment que le drone portait une charge explosive.
- ‘Antifa’ song climbs to top of charts after TV cancellation (dw.com)
German singer-songwriter Danger Dan and pianist Igor Levit were invited to perform a song titled “Keine Angst” (No Fear) for the 100th episode of a political satire TV show called “Die Anstalt” (The Institution). But shortly before the recording of the program, public broadcaster ZDF withdrew the invitation.
- Les réseaux sociaux ont-ils permis d’organiser la ruée vers Ceuta ? (legrandcontinent.eu)
Une enquête OSINT retrace la diffusion des appels au passage et décrit un réseau horizontal, sans commandement apparent, capable de se reconstituer rapidement.
- L’Espagne répond à l’Italie en imposant des contrôles aux frontières à ses voyageurs (huffingtonpost.fr)
En réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta, l’Espagne va instaurer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie.
- « Ils sortent des toilettes, des éviers » : Ibiza débordée par la prolifération des serpents (reporterre.net)
Inoffensifs pour l’humain, ces reptiles, qui peuvent dépasser les 2 m de long et sont capables de nager sur de longues distances, représentent toutefois une grande menace pour le lézard des Pityuses (Podarcis pityusensis). Une espèce endémique d’Ibiza et véritable emblème de l’île, qui se retrouve aujourd’hui menacée d’extinction.
- Le Maroc teste des routes « éponges » pour rafraîchir ses villes, et ça marche (slate.fr)
Les villes d’Agadir et de Marrakech testent un nouveau revêtement poreux à la place du bitume conventionnel. La surface perméable pourrait refroidir les routes jusqu’à 9°C, notamment grâce à l’évaporation de l’eau.[…] Petit bémol, cependant : une étude de l’université Rutgers a montré que si le béton perméable dégage 25 % à 30 % de chaleur en moins les jours de pluie, il peut en dégager légèrement plus que l’asphalte conventionnel par temps sec et ensoleillé.
- En RDC, le pouvoir orchestre une confiscation durable des institutions (humanite.fr)
- Greenland issues ‘strong warning’ as Trump-linked oil firm prepares to drill (theguardian.com)
Island’s government says no approval given after Greenland Energy brings kit ashore for exploratory drilling
- Fast-moving Canada wildfire doubles in size forcing thousands to flee homes (bbc.com)
- 99 grands feux actifs : les États-Unis en proie aux flammes (reporterre.net)
- Senators demand crackdown on wildfire “prediction market” bets (arstechnica.com)
Fire experts warn such markets could incentivize arson.
- At least 12 states face cyberattacks on their water systems, sources say (abcnews.com)
So far, there’s been no widespread disruptions to water supplies or treatment.
- Trump wants the power to stop the public from suing polluters (arstechnica.com)
Trump’s DOJ says citizens should no longer be able to enforce environmental laws.
- The Wikimedia Foundation Hired the Union Busters Its Own Encyclopedia Warned About (medium.com)
A federal docket shows the Foundation retained Littler Mendelson, the firm Starbucks used against its baristas, to face its employees’ union.
- La rougeole explose aux États-Unis de Donald Trump (legrandcontinent.eu)
Face à la pire épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans, Robert F. Kennedy Jr. a fait un choix radical : ne rien faire, sans le dire.
- « Ils sont parmi nous » : la nouvelle plateforme de la Maison‑Blanche et la déshumanisation des sans‑papiers (theconversation.com)
- ICE Spent $525 Million on Surveillance Tech. Some of It Is Infringing on Americans’ Freedom of Speech. (reason.com)
- More Police Officers Fired, Investigated, or Arrested for Misusing Flock Camera Systems (yro.slashdot.org)
- Here’s the mark a SpaceX rocket crash left on the moon (cbc.ca)
- Colombia on the brink : ELN guerrilla group prepares for return to war (theguardian.com)
As Abelardo de la Espriella takes office as president vowing a new military offensive, the country’s last leftwing rebels are getting ready to fight back
Spécial IA
- OpenAI’s Astra Solved Decades-Old Math Problems (forbes.com)
the $2,000 figure covers the successful runs rather than every attempt the model made […] Outside researchers have also noted that OpenAI staff helped prepare the papers and formalize the arguments, with the company saying the mathematical content came from Astra. And nobody outside the company can run the model that did the work, so the result cannot be reproduced independently, only checked.
- Safety fears as scientists make first viruses designed by AI (theguardian.com)
- New Orleans will use AI to answer 911 calls instead of a human (eu.shreveporttimes.com)
- An AI-supervised remote exam went so badly that 58,000 students must retake it (arstechnica.com)
- ‘I hate what AI is doing to the minds and happiness of the young’ : Katherine Rundell on the view from the classroom (theguardian.com)
Studies show, over and over, that when we engage in AI-assisted learning we give up sooner. One found that after just “10 minutes of AI-assisted problem-solving, people who lost access to the AI performed worse and gave up more frequently than those who never used it”. An MIT study showed that test groups who used ChatGPT had the lowest brain activity and “consistently underperformed at neural, linguistic, and behavioural levels”. We undergo not just cognitive offloading, but cognitive surrender : we forget what was possible.

- Google’s AI Is Telling Users That Flock Cameras Are Filled With Valuable Gold and Copper (futurism.com)
- Time Magazine has a separate version of its website with ads only AI can see (theregister.com)
The next time you ask Claude about where to bank, its answer may have been influenced by this bot-targeted content.
- Company Offering Printed Books To Train AI Stops After 404 Media Coverage (news.slashdot.org)
- Le Texas suspend les raccordements au réseau électrique des nouveaux centres de données IA afin de protéger le réseau contre les surcharges, ainsi que « la qualité de vie des Texans » (developpez.com)
- AI : Considerations for people who make decisions (berthub.eu)
- La gauche doit-elle céder aux chants des sirènes de l’intelligence artificielle ? (blogs.mediapart.fr)
- The AI bubble is already popping ; we just don’t know it yet (theregister.com)
Spécial Israël
- « Ce n’est pas notre projet » : Benyamin Netanyahou affirme qu’Israël n’a pas accepté le plan de Donald Trump pour Gaza (humanite.fr)
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le premier ministre israélien a affirmé que Tel-Aviv rejetait le plan de Donald Trump pour Gaza, malgré des garanties sur le désarmement du Hamas. A l’approche des élections législatives, Benyamin Netanyahou ménage ses alliés d’extrême droite qui restent opposés à tout accord de paix dans l’enclave.

- “Des colons israéliens assiègent notre maison” : témoignages dans un village palestinien sous attaque hebdomadaire (bbc.com)
- Comment Israël utilise l’archéologie pour renforcer sa colonisation de la Cisjordanie (slate.fr)
Dans la foulée de la décision de l’Unesco, le gouvernement israélien a annoncé, ce 30 juillet, une allocation de 112 millions de shekels (31,8 millions d’euros environ) à l’Administration civile israélienne pour restaurer et développer des sites archéologiques, y compris dans des secteurs relevant théoriquement de l’Autorité palestinienne.
- « Ils m’empêchent de rejoindre mes oliviers » : au Sud-Liban, la vie sous occupation israélienne (reporterre.net)
Alors qu’Israël occupe de larges pans du Sud-Liban, des villages se retrouvent coupés du monde, d’autres rasés, leurs champs et vergers brûlés.
Spécial femmes dans le monde
- More women die in heatwaves, but biology ‘isn’t main cause’ (dw.com)
In country after country, more women are dying from the heat than men. But researchers say biology isn’t the main reason. Age, working conditions, and unequal access to rest may drive the gap.
- How rogue officers turned a nationwide camera network into a tool for stalking (yahoo.com)
- Ce que l’accès aux toilettes publiques révèle des inégalités de genre dans les villes (theconversation.com)
De nombreuses normes de conception reposent encore sur le modèle du « corps masculin par défaut », qui suppose une utilisation rapide des toilettes, en position debout et avec un temps de passage minimal. Lorsque les espaces sont aménagés en fonction du corps et des habitudes des hommes, les retards sont facilement imputés au comportement des femmes
- ‘They were told bikes were for men’ : how Latin America’s city of cycling is breaking gender barriers (theguardian.com)
With less than a third of cycling journeys taken by women, Colombia’s capital, Bogotá, is installing bike lanes, teaching cycling and making sure ‘stereotypes are left behind’
Spécial France
- Intermarché victime d’une cyberattaque visant les fichiers clients associés à son service Drive, 300 000 client·es concerné·es (franceinfo.fr)
- Après le feu de Gironde, la Poste n’exclut pas que les salariés rattrapent les heures perdues (et fait polémique) (huffingtonpost.fr)
« Chaque postier sera intégralement rémunéré malgré la suspension temporaire de son activité », écrivait la direction de la Nouvelle-Aquitaine dans un courrier du 26 juillet […] mais « les heures non réalisées seront reportées ».
- « C’est du mépris de classe » : une mairie profite des incendies pour supprimer des jardins familiaux (reporterre.net)
Dans les Pyrénées-Orientales, des habitants ont reçu l’ordre d’évacuer des jardins communaux afin que soit créée une « ceinture de protection » contre les incendies. Ils dénoncent la violence de cette décision et l’hypocrisie des autorités locales.

- Une eau bien gérée et vitale pour les Francilien·nes (humanite.fr)
En raison des changements climatiques en cours, la manière de gérer l’eau en France sera déterminante au cours de ce XXIème siècle. Le temps ayant passé, il convient de rappeler la manière dont fut géré le bassin versant de la Seine au XXème siècle. Comparé à la non gestion du cours de la Loire, il donne à voir les bons choix en la matière.
- Sécheresse. La baignade et la navigation interdites dans tous les cours d’eau de la Manche jusqu’au 30 septembre (france3-regions.franceinfo.fr)
- 40 °C, sol granitique, bâti inadapté : la Bretagne n’est pas le refuge climatique qu’on croit (reporterre.net)
- Les vendanges ont déjà commencé en Champagne, un début historiquement précoce (huffingtonpost.fr)
De premières vendanges ont débuté ce 6 août en Champagne. Jamais elles n’avaient eu lieu aussi tôt dans l’année, le signe d’un été record en chaleur et en sécheresse.
- Incendie sur un site Seveso en Moselle : le confinement de 30 000 personnes levé (reporterre.net)
30 000 personnes ont été appelées à se confiner pendant plusieurs heures, dimanche 2 août, en raison de l’incendie d’un entrepôt classé Seveso, à Gandrange (Moselle). Un nouvel épisode révélateur de la vulnérabilité des industries à la sécheresse et aux canicules ?
- Dans l’Allier, la plus grande mine de lithium d’Europe s’attaque à une forêt pleine d’espèces protégées (reporterre.net)
- En Bretagne, l’agriculture intensive pollue… et l’État la paie pour nettoyer ses algues vertes (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- « Les filles le méritent » : une « vraie réflexion » en cours sur une diffusion intégrale des étapes du Tour de France Femmes – Le Parisien (leparisien.fr)
- Sur le Tour de France femmes, la pause pipi de trois coureuses (dont Demi Vollering) leur vaut une amende (huffingtonpost.fr)
- La fédération condamne le harcèlement sexiste subi par Milan Violon en natation artistique (huffingtonpost.fr)
Le jeune homme de 17 ans est le seul homme sélectionné dans l’équipe de France aux Championnats d’Europe qui se déroulent actuellement à Paris. […] Longtemps exclusivement féminine, la natation artistique s’est ouverte récemment aux participants masculins.
- La mairie de Levallois-Perret fait effacer d’une fresque Gérard Depardieu et Richard Berry, accusés de violences sexuelles (huffingtonpost.fr)
Le portrait des deux acteurs a été remplacé par celui de Géraldine Nakache et Mélanie Laurent.
- Déjà condamné, Moha la Squale de retour au tribunal pour des « violences volontaires en état d’ivresse et en récidive légale » (humanite.fr) – voir aussi Le rappeur Moha La Squale condamné à deux ans de prison pour des violences sur deux femmes (telerama.fr)
- Membres d’un groupe Telegram haïssant les femmes, des dizaines d’hommes bientôt jugés (huffingtonpost.fr)
45 membres d’un canal Telegram masculiniste ont été interpellés après une enquête du parquet de Paris. 34 seront jugés notamment pour provocation à la haine envers les femmes.
- Dans le Vaucluse, un ancien légionnaire placé en détention provisoire pour le meurtre de son ex-compagne (lemonde.fr)
Selon le quotidien « La Provence », le quinquagénaire, déjà connu pour des faits de violence sur son ex-compagne, était colistier du candidat Rassemblement national dans la commune de Bollène, lors des élections municipales de mars.
Spécial médias et pouvoir
- Présidentielle 2027 : des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables (next.ink)
Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.
- Xenia Fedorova a quitté la France, alors que le référé contre son expulsion a été rejeté par la justice (telerama.fr)
- Concert interrompu de Barbara Butch : les angles morts du récit médiatique (2/3) (arretsurimages.net) – voir aussi Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3) (arretsurimages.net)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- “Une gravité exceptionnelle” : après deux suicides d’agents des services du Premier ministre et plusieurs tentatives, des enquêtes judiciaires et internes ouvertes (franceinfo.fr) – voir aussi Les services du Premier ministre répondent à l’affaire des suicides à Matignon (huffingtonpost.fr)
- Yaël Braun-Pivet se dit « dépassée » par la polémique sur le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale (huffingtonpost.fr)
D’abord en pause puis remis à l’ordre du jour cet été, le projet lancé par la présidente de l’Assemblée et chiffré à 52,8 millions d’euros cristallise les critiques.
- Après les incendies, les pompiers en ont assez d’être qualifiés de héros, notamment par les politiques (huffingtonpost.fr) Un communiqué de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers demande que le qualificatif élogieux ne soit plus employé, estimant qu’il sert à cacher « le délitement de la Sécurité civile ».

- Cette note de Gérald Darmanin est accablante sur la prise en charge des violences sexuelles sur mineurs (huffingtonpost.fr)
- Huit mois plus tard, le gouvernement se résout à publier un rapport édifiant sur la mortalité infantile (huffingtonpost.fr)
La France subit, en matière de mortalité des nouveau-nés, « une dégradation sanitaire préoccupante, remontant à quinze ans ».

Voir aussi Publié discrètement, un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France, avec les chiffres les plus préoccupants Outre-mer (la1ere.franceinfo.fr) et le rapport : Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique (igas.gouv.fr) - L’hébergement d’urgence sous pression face aux coupes budgétaires (site.ldh-france.org)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- La loi de programmation militaire validée par le Conseil constitutionnel, sans réserve (lemonde.fr)
Saisie par les députés « insoumis », écologistes et communistes, notamment au sujet de la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale », l’instance n’a censuré aucune mesure de ce texte
- “Un doute sérieux quant à leur légalité” : la justice suspend des couvre-feux pour mineurs dans plusieurs communes de la Loire (franceinfo.fr)
- Canicules, incendies : comment l’extrême droite en fait un argument contre l’écologie (reporterre.net)
Par un mécanisme d’inversion du blâme, les politiques environnementales et les écologistes sont accusé·es d’entraver la prévention des risques et d’accroître la vulnérabilité des populations.
- Simon Delacroix, alias The Toxic Avenger, harcelé après avoir critiqué l’hommage de Jordan Bardella à Kavinsky (humanite.fr)
Le DJ a connu un « torrent de harcèlement » après son tweet en réponse à l’hommage de Jordan Bardella à Kavinsky : « Merci de vous abstenir de cet hommage : la musique électronique vous déteste » […] il est devenu la cible de nombreux messages d’insultes et de menaces, dont il cite des exemples : « On s’en souviendra et tu seras le premier qu’on viendra chercher. »
- Une enquête ouverte après la découverte de tags néonazis à La Flèche, ville tenue par le RN (humanite.fr)
Spécial résistances
- « Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue » : près de 1000 citoyen·nes lancent un appel pour un plan d’urgence climatique (vert.eco)
À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de 1000 personnes ont signé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique.
- « IA pas moyen » : ils refusent le géant data center de Microsoft en Alsace (reporterre.net)
- « Désarmer Bolloré » : la lutte contre le milliardaire se déplace en face de son île privée (reporterre.net)
- Son fils est né avec une malformation : une mère en colère contre les pesticides et leurs « lobbyistes sans scrupules » (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Atlas of Surveillance (atlasofsurveillance.org)
Spécial MAGAM et cie
- Une start-up soutenue par Jeff Bezos veut s’approprier des archives coloniales pour trouver du lithium au Congo (reporterre.net)
À l’AfricaMuseum de Tervuren, en Belgique, des archives géologiques héritées du Congo belge attisent les convoitises de KoBold Metals, une start-up minière étasunienne dopée à l’IA et soutenue par des milliardaires de la tech.
- Meta Caught Paying Nazis to Post on Facebook (futurism.com)
Meta was paying out-and-out neo-Nazis to post on Facebook, an investigation from Australia’s ABC News found. These pages and individual creators posted content that appeared to be in clear violation of Facebook’s own hate speech policies. Nonetheless, they were able to earn money on their posts through the platform’s “Content Monetization” program — which is invitation-only.
- Le rejet de Windows 11 pousse Linux au-dessus des 10 % d’adoption pour la première fois de son histoire (lesnumeriques.com)

- Marine Tondelier dit vouloir couper X… et déclenche un duel inattendu avec Elon Musk qui veut la « faire taire » (huffingtonpost.fr)
« J’exige qu’elle soit “shut down” [qu’on peut ici traduire par “réduite au silence”] pour trahison envers la France », a écrit le milliardaire au sujet de Marine Tondelier, dans un message vu plus de 400 000 fois.
- Elon Musk’s attempt at an AI Wikipedia hasn’t been updated in months (theverge.com)
Suggested Grokipedia edits haven’t been addressed since April, according to a report.
Les autres lectures de la semaine
- The rise of the military-technology complex (thebulletin.org)
How Silicon Valley tech firms remade US defense contracting. And then opened the Pentagon’s checkbook—wide.
- The offline messaging apps challenging internet shutdowns (restofworld.org)
Jack Dorsey’s Bluetooth messaging app surged during India’s internet blackout — and the government’s response suggests a new tech battleground.
- Ceuta : La Hogra et le monde qui brûle (lundi.am)
- Avant l’écoféminisme, Suzanne Césaire tissait déjà le lien entre colonisation et destruction du vivant (reporterre.net)
Longtemps restée dans l’ombre de son mari, Suzanne Césaire a pourtant, dans sa courte carrière littéraire, tracé les lignes d’une identité martiniquaise singulière, ancrée dans son rapport à la terre.
- Anita Conti, les yeux des pêcheurs et une scientifique respectée dans un monde machiste (humanite.fr)
- Flora Tristan, la révolutionnaire qui dénonçait déjà la pollution industrielle au XIXe siècle (reporterre.net)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Police Surveillance Technology : Last Week Tonight with John Oliver (tube.fede.re)
- Nicole Ferroni reçoit Macron en consultation (tube.fdn.fr)
Ces canicules vous les avez voulues, vous les avez cherchées, et c’est aussi un peu pour ça qu’on les a eues, ah ah !
- De NRJ à “Legend”, un climat de travail délétère, raciste et sexiste : le journaliste Iban Raïs raconte son enquête sur Guillaume Pley (humanite.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- Créer une application pour parler de santé sexuelle sans tabou à Mayotte : le pari réussi de Chababi Jouwa (la1ere.franceinfo.fr)
- Partir seule, tracer sa route : ces livres féministes pour passer à l’acte (reporterre.net)
- 22 °C sans clim : le pari réussi de la maison en terre et en bois (reporterre.net)
- “Il y a 15 degrés de moins” : la commune de Cuers est devenue un laboratoire d’expérimentation pour faire face au réchauffement climatique (franceinfo.fr)
- Vous allez peut-être croiser la seule espèce « immortelle » en vous baignant cet été (slate.fr)
Une méduse de la taille d’un dé à coudre est capable de vivre éternellement, du moins en laboratoire.[…] Dans leur environnement naturel, en revanche, leur prétendue immortalité se heurte à une limite beaucoup plus terre à terre : les prédateurs peuvent tout simplement les dévorer.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
09.08.2026 à 10:00
IA et science : du pliage de protéines… à l’illusion de la connaissance
Texte intégral (3878 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 30 septembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique.
« Le discours selon lequel l’intelligence artificielle révolutionne la science est désormais quasiment incontournable », rappelle William Burns, consultant en politique scientifique, pour Tech Policy Press. « L’histoire raconte déjà que l’IA n’est pas seulement l’avenir : elle révolutionne les découvertes scientifiques ». Même des gens assez critiques de l’IA et de ses développements disent qu’elle possède des « capacités prometteuses » pour la recherche scientifique, justifiant son développement. Pourtant, l’IA, telle qu’elle est actuellement déployée en science, occulte plus qu’elle ne révèle, exacerbant les problèmes qu’elle prétend résoudre.
Les chercheuses Lisa Messeri et Molly J. Crockett affirmaient l’année dernière dans Nature que « la prolifération des outils d’IA en science risque d’introduire une phase de recherche scientifique où nous produisons davantage, mais comprenons moins ». Mais surtout, l’usage de l’IA pourrait compromettre la capacité à produire des connaissances fiables, sur lesquelles repose tout l’édifice scientifique. Cette crise annoncée prolonge celle que traverse la recherche depuis le début du XXIe siècle, notamment liée à la stagnation des découvertes pharmaceutiques. Burns rappelle par exemple que le Projet Génome Humain dans les années 90 a été lancé en promettant une prolifération de nouveaux médicaments qui n’est jamais advenue. Un chercheur d’une grande entreprise scientifique expliquait en 2008 que « rien de ce que les entreprises ont fait pour accroître la production de nouveaux médicaments n’a fonctionné, y compris les fusions, les acquisitions, les réorganisations et l’amélioration des processus ».
Le microbiologiste américain, Carl Woese, opposant à l’ingénierie biologique, estimait, en 2004, que la crise de l’innovation était liée à la généralisation de l’ingénierie du vivant. En 2011, l’économiste Philip Mirowski estimait que le néolibéralisme, obsédé par la technologie, avait tué la rigueur scientifique. La promesse de renouveau scientifique par l’IA s’inscrit pleinement en prolongement de cette crise. En 2023, l’OCDE expliquait que l’IA pourrait venir aider une science devenue « plus difficile ». À l’image d’AlphaFold, le système de pliage des protéines de Google DeepMind, pour lequel Demis Hassabis et John Jumper ont reçu le prix Nobel de chimie en 2024.
Les protéines ne sont pas des puces de silicium
AlphaFold a permis de prédire la structure de 200 millions de protéines, mais il serait expérimentalement impossible d’en vérifier n’en serait-ce qu’une fraction. Pour ce faire, « il faudrait généralement isoler des protéines des cellules en quantités importantes – un processus capricieux – puis les soumettre à des techniques telles que la diffraction des rayons X et la résonance magnétique nucléaire. Ces étapes pourraient prendre des années, même pour une seule protéine ». Néanmoins, la philosophe Daria Zakharova a affirmé dans un pré-print que si les prédictions d’AlphaFold sont considérées comme fiables et sont utilisées par les scientifiques, cette « connaissance » est bien imparfaite. « D’un point de vue strictement matériel, AlphaFold n’est pas une représentation du comportement des protéines, mais plutôt du comportement des puces de silicium (sur lesquelles repose le calcul). En ce sens, les inventeurs d’AlphaFold ont avancé l’hypothèse que des puces de silicium pourraient imiter les protéines. Cela soulève la question de savoir comment des matériaux sans lien entre eux, tant chimiquement que spatialement et temporellement, pourraient s’imiter. Au minimum, des preuves substantielles seraient nécessaires pour le prouver. Pourtant, lorsque des efforts ont été déployés pour le vérifier, les résultats ont été mitigés », rappelle Burns. Une étude récente de Garrido-Rodríguez et ses collègues a par exemple soutenu que le calcul d’AlphaFold ne « correspondait pas aux modèles déterminés expérimentalement », faisant référence à une classe de protéines omniprésentes et biologiquement vitales appelées serpines. « De toute évidence, des recherches plus approfondies pourraient être nécessaires sur la fiabilité de l’IA en tant qu’outil prédictif ». Pour Burns, les preuves ne sont pas suffisamment solides à ce stade. Bien sûr, le repliement des protéines est complexe. Leur modélisation est ancienne et repose sur des hypothèses manifestement différentes de leur réalité. Longtemps, ces modèles servaient à interpréter des données d’observation issues de la diffraction des rayons X, et non à créer un modèle informatique, comme avec AlphaFold. Le problème, estime le chercheur en cancérologie et lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine 2019, William G. Kaelin Jr., c’est que la publication doit construire son savoir sur des briques plutôt que sur de la paille.
Au Royaume-Uni, la UK Biobank, une entreprise publique qui détient des données génétiques sur un sous-ensemble de la population britannique, aurait conclu en mars dernier un partenariat avec des sociétés pharmaceutiques et Calico, filiale d’Alphabet, qui auront accès à ces données pour des études menées avec l’IA. Le projet a été décrit par le Financial Times comme « un exemple emblématique de la manière dont les ordinateurs avancés et les modèles d’intelligence artificielle peuvent exploiter de vastes ensembles de données biologiques pour étudier en profondeur le fonctionnement du corps humain et ses dysfonctionnements potentiels ». Une question se pose cependant : l’exploitation de ces ensembles de données est-elle susceptible de produire des connaissances fiables, même en théorie ? En 2017, ces données ont été décrites comme « non représentatives de la population générale… Les participants à la UK Biobank vivent généralement dans des zones socio-économiquement moins défavorisées ; sont moins susceptibles d’être obèses, de fumer et de consommer de l’alcool quotidiennement ; et présentent moins de problèmes de santé auto-déclarés ». La structure de ces ensembles de données de santé, et d’autres similaires, qui ne sont certainement pas secrets, suscite des doutes. Même les observateurs optimistes doivent l’admettre : si les données sont inadéquates et l’IA opaque, quelle est la valeur épistémique réelle de ces projets ? Le prix Nobel Kaelin Jr. a conseillé : « La question… devrait être de savoir si… les conclusions sont susceptibles d’être correctes, et non de savoir s’il serait important qu’elles soient vraies. »
Ralentir la science
Si l’on veut sauver la science de son malaise actuel, des solutions sont déjà possibles, conclut Burns. « Des propositions comme la « slow science » d’Isabelle Stenger semblent valoir la peine d’être tentées, car elles pourraient élargir la charge de la preuve aux affirmations scientifiques et encourager un esprit de service public parmi les scientifiques. Pourtant, si une rénovation épistémique a eu lieu jusqu’à présent dans le domaine scientifique, elle est restée extrêmement timide et n’a pas produit d’effets escomptés.
Il faut dire que pour les investisseurs, l’idée que l’IA puisse nous sortir de l’impasse actuelle et donner naissance à toutes sortes d’inventions rentables est doublement séduisante. L’IA est une méthode qui ne nécessite que des capitaux pour sa mise en œuvre et qui peut être réalisée à grande échelle, contrairement à la recherche empirique, centrée sur l’humain et fastidieuse, où l’ingéniosité et la chance (qui ne s’achètent pas si facilement) semblent prédominer. Mais investir dans l’IA est aussi un moyen efficace de maintenir le statu quo, tout en semblant le bouleverser, car il pose l’hypothèse d’un avenir technologique sans les changements systémiques qu’impliquent d’autres réformes.
Dans cette optique, nous devons résister au spectacle. L’IA fait vendre une vision du progrès où les algorithmes peuvent révéler les secrets plus rapidement, mieux et à moindre coût ; pourtant, les secrets de la nature ne sont pas si facilement révélés, et la connaissance sans compréhension n’est pas une connaissance du tout. »
S’il y avait besoin d’une explication supplémentaire, Alberto Romero dans sa newsletter algorithmic Bridge, revient sur une étude du MIT et de Harvard, où les chercheurs se sont demandé si les modèles d’IA pouvaient passer de la simple prédiction au « développement de modèles fiables », en les faisant travailler sur un problème de physique assez classique ? Mais au lieu de tester avec le langage, qui est assez complexe et difficile à analyser, ils se sont concentrés sur la physique classique. Ils voulaient voir si le modèle utiliserait les lois de Newton pour prédire les vecteurs de force à l’origine du mouvement de révolution de la terre autour du soleil ou s’il inventerait simplement ses prédictions sans comprendre la physique réelle. Ils ont conclu que les modèles d’IA font des prédictions précises, mais ne parviennent pas à encoder le modèle universel de Newton et recourent plutôt à des heuristiques spécifiques à chaque cas, non généralisables et fortement incohérents. L’étude montre que « les modèles d’IA sont tout simplement incapables de coder un ensemble de lois robustes pour régir leurs prédictions : ils sont non seulement incapables de retrouver des modèles du monde, mais intrinsèquement mal équipés pour le faire ». Un modèle d’IA d’apprentissage profond est peut-être architecturalement incapable de développer des modèles du monde corrects estiment-ils. Même le rêve que l’IA puisse être utilisée pour améliorer la prédictibilité des modèles climatiques est battue en brèche. Dans leur livre, AI Snake Oil (voir notre recension), les chercheurs Arvind Narayanan et Sayash Kapoor montraient que son amélioration était assez limitée et qu’elle pourrait même atteindre un palier indépassable, à mesure que les phénomènes deviennent plus extrêmes. La croyance dans un progrès scientifique exponentiel porté par l’IA ne sert qu’à raviver les promesses des technosciences comme le disaient déjà Marc Audétat et les chercheurs invités dans Sciences et technologies émergentes : pourquoi tant de promesses ? (Hermann, 2015, voir notre recension). L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique.
MAJ du 25/01/2026 : L’IA va-t-elle tuer la science ou, au contraire, engendrer une révolution scientifique ? C’est la question que pose l’astrobiologiste Sara Imari Walker dans un article pour Noema. Si l’IA peut résoudre le problème du pliage des protéines comme le promettent beaucoup de recherches, que pourrait-elle accomplir d’autre ? Mais si « AlphaFold prédit les structures 3D, il n’explique ni la physique sous-jacente, ni les mécanismes de repliement, ni les ensembles conformationnels dynamiques. Il fonctionne bien pour les protéines composées de la vingtaine d’acides aminés présents dans la biologie terrestre. Pour étudier les protéines issues des centaines d’acides aminés contenus dans les matériaux météoriques, ou pour concevoir de nouvelles protéines thérapeutiques, ce modèle a besoin de données supplémentaires. La limitation ne réside ni dans l’algorithme ni dans sa capacité de mise à l’échelle : les données nécessaires n’existent pas. »
Si l’on considère la science uniquement comme la méthode scientifique (observation, hypothèse, vérification, analyse), alors l’automatisation semble inévitable, avance-t-elle. Les algorithmes d’IA réalisent de manière démontrée bon nombre, voire la totalité, de ces étapes, et leurs performances s’améliorent lorsqu’ils sont guidés par des scientifiques.
Pourtant, si la mise à l’échelle était notre seul besoin, l’IA actuelle offrirait une solution banale à la science : nous pourrions faire plus grâce à des modèles à plus grande échelle. Cependant, l’optimisme autour de l’IA ne se limite pas à l’automatisation et à la mise à l’échelle ; il concerne aussi la théorie de l’esprit. La science diffère radicalement de l’expérience : elle est fondamentalement intersubjective. Si une chose n’existe que dans un seul esprit et ne peut être partagée, elle ne peut devenir une connaissance scientifique. La science exige la vérification mutuelle des observations, la construction d’un héritage de découvertes passées et l’élaboration d’un consensus intergénérationnel sur la réalité. Les modèles scientifiques doivent donc être exprimables par des symboles, des mathématiques et le langage, car ils doivent être reproductibles et interprétables d’un esprit à l’autre. La science est par définition instable car elle n’est pas une caractéristique objective de la réalité : elle se comprend plus justement comme un système culturel évolutif, nourri par la représentation consensuelle et adaptable aux nouvelles connaissances que nous produisons. Notre principal mode de communication des idées scientifiques est la représentation symbolique. Nous communiquons des modèles du monde, et non le monde lui-même.
Plus fondamentalement, le discours actuel, optimiste, voire arrogant, autour de l’IA et de l’intelligence artificielle générale laisse entendre que ces algorithmes seront « plus qu’humains » dans leur capacité à comprendre et à expliquer le monde, dépassant ainsi ce que certains perçoivent comme les limites de l’intelligence imposées par la biologie humaine. Or, cela est impossible, de par les fondements mêmes de la théorie du calcul et l’héritage de l’abstraction humaine dont ces technologies sont directement issues. Comme l’écrit le physicien David Deutsch, si l’univers est effectivement explicable, les humains sont déjà des « explicateurs universels », car nous sommes capables de comprendre tout ce qu’un système informatique peut comprendre : en termes de capacités de calcul, ordinateurs et cerveaux sont tout aussi universels.
Les changements de paradigme révèlent que la puissance de la pensée scientifique ne réside pas dans la vérité littérale des théories, mais dans notre capacité à identifier de nouvelles façons de décrire le monde et dans la persistance des structures que nous décrivons à travers différents schémas de représentation.
Ceci nous amène à comprendre pourquoi l’IA ne peut remplacer les scientifiques. Les controverses et les débats sur le langage et la représentation en science ne sont pas des anomalies ; ils sont inhérents à un système sociétal qui détermine les modèles qu’il privilégie. Les milliards de paramètres d’AlphaFold 3 suggèrent que la parcimonie et la simplicité ne sont peut-être pas les seules voies possibles pour la science. Si nous voulons des modèles qui cartographient le monde avec la plus grande précision possible, la complexité est peut-être nécessaire.
C’est cette profondeur de sens, inhérente à nos théories, que la science découvre en construisant de nouvelles perceptions sociétales. Une vision superficielle, où la science se contente de créer des modèles prédictifs dépourvus de profondeur et de signification, ne peut la saisir. Lorsqu’un scientifique élabore une théorie, même avant l’évaluation par les pairs, il y a un acte intentionnel d’explication et un travail intérieur de confrontation avec l’intuition et sa représentation. Les modèles d’IA, en revanche, génèrent des prédictions par reconnaissance statistique de formes, un processus très différent.
« La question fondamentale n’est pas de savoir si l’IA peut faire de la science, mais si les sociétés peuvent construire des représentations partagées et des significations consensuelles avec des algorithmes dépourvus de la création intentionnelle de sens qui a toujours été au cœur de l’explication scientifique. » L’IA transformera-t-elle la science ? Certainement. Remplacera-t-elle les scientifiques ? Certainement pas, clame Sara Imari Walker. Si nous nous méprenons sur la nature de la science, en confondant l’automatisation des méthodes avec le projet humain de construction, de débat et d’affinage collectifs des représentations symboliques qui nous permettent de comprendre la réalité, l’IA risque d’annoncer la mort de la science : nous manquerons alors l’occasion de l’intégrer pleinement aux systèmes culturels de la science.
« La science ne se résume pas à la prédiction et à l’automatisation ; l’histoire nous enseigne qu’elle est bien plus que cela. Elle repose sur un consensus explicatif et une négociation humaine permanente quant aux descriptions du monde que nous adopterons collectivement. Cette négociation, cette articulation intersubjective des observations en une signification partagée, est fondamentalement sociale et, pour l’instant, fondamentalement humaine. »
MAJ du 26/01/2026 : L’IA peut-elle générer de nouvelles idées en science ?, interroge Cade Metz pour le New York Times, en revenant sur une polémique récente où une startup, Harmonic, affirmait que son IA aurait résolu un problème de math resté insoluble (voir les explications de Numerama). En fait, des mathématiciens et des chercheurs en IA ont rapidement souligné que le système avait identifié des solutions existantes, enfouies dans des décennies d’articles de recherche et de manuels, par exemple en trouvant une solution enfouie dans un article en allemand. “Un chercheur expérimenté est toujours nécessaire pour interroger le système, lui expliquer ce qu’il doit rechercher et, finalement, extraire les informations pertinentes du reste des données produites”.
03.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 3 août 2026
Texte intégral (9146 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- L’armée russe a avancé de 1 km² par jour en moyenne en juillet (legrandcontinent.eu)
Le rythme d’avancée de Moscou en Ukraine s’est ainsi effondré de près de 95 % en glissement annuel.
- La guerre en Ukraine est-elle en train de se connecter avec la guerre en Iran ? (legrandcontinent.eu)
Le régime iranien qui fabrique des drones utilisés par la Russie pour ses frappes en Ukraine accuse Kiev d’avoir attaqué un navire iranien en mer Caspienne et menace de représailles.
- La sécheresse a fait baisser le niveau des fleuves européens à leur plus bas niveau (legrandcontinent.eu)
- Mammoth remains revealed in Bulgaria after Danube water levels hit record low (reuters.com)
- Incendies en Grèce : ordre d’évacuation près d’Athènes, la Crète en proie aux flammes (france24.com)
La Protection civile grecque a ordonné vendredi l’évacuation préventive d’une partie d’une banlieue à l’ouest d’Athènes en raison d’un incendie de forêt, selon un message d’alerte envoyé sur les téléphones portables. Par ailleurs, l’île touristique de Crète était toujours la proie des flammes, poussées par des vents violents malgré une certaine amélioration, selon les pompiers.
- En RD Congo, Félix Tshisekedi de plus en plus sous pression (afriquexxi.info)
Changement de Constitution, partisans de l’ancien régime traqués, manifestations réprimées, corruption… La gouvernance de Félix Tshisekedi est de plus en plus soumise aux critiques tandis que la situation dans l’Est ne progresse pas, au contraire de l’épidémie d’Ebola, devenue incontrôlable.
- Le Sahel pourrait être au seuil d’une nouvelle ère humide (legrandcontinent.eu)
- Pénurie d’eau minérale en Tunisie : les grandes surfaces annoncent l’épuisement de leurs stock (lapresse.tn)
Les grandes surfaces commerciales en Tunisie font face à une tension sur l’approvisionnement en eau minérale conditionnée, dans un contexte marqué par une forte hausse de la consommation liée aux températures élevées enregistrées ces dernières semaines.
- Sortir l’Espagne de l’espace Schengen après Ceuta ? Impossible, en plus d’être peu utile (huffingtonpost.fr)
L’Italie a formulé cette proposition, soutenue par le Danemark et la Finlande, après l’afflux massif de migrants ces derniers jours dans l’enclave espagnole au Maroc.
Voir aussi Pourquoi Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente (theconversation.com) et Comment la crise à la frontière de Ceuta a immédiatement servi les intérêts de l’extrême droite espagnole (theconversation.com)
- Après les critiques sur Ceuta, Pedro Sánchez réplique face aux Européens qui l’ont lâché (huffingtonpost.fr)
Le dirigeant socialiste espagnol a adressé une lettre offensive aux dirigeant·es de l’UE. Il déplore notamment une attitude « contraire » au principe de solidarité dans l’Union.
- Après 36 heures de crise, la quasi-totalité des migrant·es venu·es du Maroc ont quitté Ceuta et l’Espagne (huffingtonpost.fr)
Un bilan provisoire fait état de 67 personnes décédées en essayant d’entrer à Ceuta.
- Majorque se révolte contre un tourisme qui dépossède les habitants de leur territoire (theconversation.com)
- Alerte Portugal : deux dessinateurs de presse membres de Cartooning for Peace ciblés dans une liste établie par un mouvement armé d’extrême droite (cartooningforpeace.org)
C’est par voie de presse que les dessinateurs de presse Cristina et André Carrilho, membres de Cartooning for Peace, ont découvert leurs noms sur une liste d’individus et d’entités désignés comme des « cibles » et « menaces » pour le pays, établie par le Movimento Armilar Lusitano (MAL), un mouvement armé portugais d’extrême droite.

- As Europe Burns, a Climate Cover-Up Continues (newrepublic.com)
The U.K.’s Labour government seems afraid to talk about the climate emergency.
- Airbus a fait voler des drones autonomes capables de “penser” en équipe (clubic.com)
- Click to Pray, Click to Leak : The Pope’s Official App Exposes 700,000+ User Emails (bobdahacker.com)
I reported this on January 3rd, 2026. It is now July 24th. Six months later. The vulnerability is still live. Nobody has ever responded. I guess my email wasn’t in their prayers.
- GrapheneOS : un homme condamné pour avoir effacé son smartphone à la frontière américaine (clubic.com)
- A 77-year-old Republican man is staging a solo protest against St. Pete’s Flock cameras (cltampa.com)
Flock cameras have been in St. Pete since 2022, and while police say they help solve crimes, civil liberties advocates say they create an unprecedented mass surveillance network.
- États-Unis : les critiques des technologies considéré·es comme des « terroristes d’extrême-gauche » (synthmedia.fr)
- A missing underscore sent innocent man to prison for 18 months (arstechnica.com)
Had the case been properly investigated, the court says now, evidence “would have identified an individual whose first name is Jay whose IP address appears to be in California.”
- C’est la faute de Donald Trump si le bassin du Lincoln Memorial de Washington a viré au vert fluo (et ça l’agace fortement) (huffingtonpost.fr)
Le président américain a crié sur tous les toits que du « vandalisme » expliquait le fiasco de la rénovation de l’étendue d’eau, mais la justice a conclu que l’« installation bâclée » est en cause.
- Epic diarrhea outbreak has 40 % of Americans avoiding fruits and veggies (arstechnica.com)
The finding appears to be a setback to Kennedy’s Make America Healthy Again agenda, which has typically focused on overhauling nutrition guidance while neglecting food safety and infectious diseases.
- Face à l’épidémie de rougeole qui sévit aux États-Unis, les chercheureuses développent de nouveaux traitements (slate.fr)
Jusqu’à récemment, la vaccination contre la rougeole semblait si efficace que le développement de traitements contre la maladie n’avait aucun intérêt, médicalement comme financièrement […] alors que les taux de vaccination déclinent, des entreprises biotechnologiques et des instituts universitaires se penchent sur des traitements spécifiques
- Les plans de travail en quartz, à l’origine d’une crise de santé publique aux États‑Unis et dans le monde (theconversation.com)
Dans l’imaginaire collectif, la silicose, grave maladie incurable qui détruit la fonction pulmonaire, est associée au travail des mineurs. Mais d’autres ouvriers y sont exposés. C’est notamment le cas de ceux qui travaillent la pierre synthétique, ou quartz aggloméré, qui voient également leur risque de cancer du poumon augmenter.
- En manque de financements, une équipe de scientifiques cherche des sous sur OnlyFans (slate.fr)
« C’est presque exclusivement des séquences tout public, montrant des marmottes en train de jouer, de se comporter de manière adorable, de creuser ou de rapporter des plantes dans leur terrier… bref, leur routine quotidienne »
- Comment le Venezuela se reconstruit après le terrible double séisme de juin 2026 ? (humanite.fr)
Le 24 juin à 22h, deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 ont violemment secoué le Venezuela. Il s’agit du plus puissant séisme à avoir frappé le pays depuis au moins l’année 1900. Au moins 5500 morts et 16700 blessés et entre 10 000 et 50 000 personnes sont encore portées disparues. 16 000 personnes sont sans logement et 856 bâtiments sont sinistrés.
- Drifting SpaceX rocket heading for accidental collision with moon (theguardian.com)
Spécial IA
- La « vibecoding fatigue » : épuisés par l’IA, les développeureuses informatiques inventent leurs propres parades (theconversation.com)
Chaque technique qui accélère remplit davantage les minutes qu’elle promettait de libérer.
- Anthropic is finding bugs faster than Microsoft can fix them (arstechnica.com)
Microsoft is on a mad dash behind the scenes to patch exploits before hackers find them.
- AI-found bugs aren’t proving any easier to exploit despite the hype (theregister.com)
Anthropic’s Project Glasswing may have uncovered tens of thousands of potential security flaws, but new research suggests AI-assisted vulnerability discovery has yet to produce the wave of real-world attacks many expected.
- Debian pourrait bannir les contributions assistées par IA, et ce n’est pas qu’une question de bugs (clubic.com)
Le projet Debian débat de quatre propositions allant de l’interdiction des contributions directes assistées par IA à leur autorisation sous conditions. Derrière la qualité du code se joue surtout la protection des mainteneureuses bénévoles.
- Anti-AI open source has an enemy in common, but almost nothing else (theregister.com)
What it will come down to is whether the anti-AI groups in FOSS can work together and help each other to hold off the vast and commercially backed pressure from LLM-assisted and LLM-generated code, even though they may find themselves bitterly opposed in terms of politics and ethics.
- L’IA entraîne une forte hausse du temps passé sur Facebook et Instagram (iphonesoft.fr)
- Tons of Peoples’ Claude Chats and Creations Are Exposed On Google (yro.slashdot.org)
Claude is exposing a wealth of users’ chats and creations in Google search results, meaning anyone can dig through conversations or other material that people used Claude to make but may not have realized were publicly available for strangers to see. The exposed data includes an AI-powered therapy app that someone appears to have vibe-coded, notes on meetings, and a dashboard someone made apparently to analyze medical billing data. Exposed chats reportedly include private cryptocurrency wallet keys and personal information like peoples’ addresses
- Google Earth risked ruin with retracted AI tool for making fake satellite pics (arstechnica.com)
Google’s aborted attempt to incorporate its Nano Banana 2 AI image generator as a Google Earth feature made it even easier for anyone to create modified versions of authentic imagery depicting real locations—something that Google boasted about when initially promoting the new feature.

- US government map of Africa mislabels every country at global conference (reuters.com)
the image of the map included in the presentation contained an artificial intelligence watermark that signals it was made with OpenAI tools.
- In China, people are renting out their faces to AI (restofworld.org)
New platforms are paying people to license their likeness for AI-generated dramas and ads, creating a new marketplace for biometric identity.
- High school defends staying silent while boys made AI nudes of 59 classmates (arstechnica.com)
Gaps in laws may help Pennsylvania high school escape AI nudes scandal.One of the first schools to shut down after students were found making AI nudes of female classmates is now asking a court to toss a lawsuit filed by victims who claimed that the school stayed silent for months while the emboldened boys targeted many more girls.
- Unmoderated by Design : How Hugging Face Enables NCII (aiforensics.org)
Our investigation found that Hugging Face, the top platform for sharing open-source AI models, isn’t just hosting tools that generate non-consensual intimate imagery. It’s helping users compare, benchmark and optimize them, making image-based sexual abuse easier to scale.
- Home Office used ‘AI hallucinated’ information to refuse asylum claim, judge suggests (theguardian.com)
A senior judge has accused the Home Office of relying on “AI hallucinated” information to refuse an asylum claim. The case relates to a Moroccan woman and her child who fled her country after experiencing forced underage marriage and extreme violence, including rape. The woman claimed asylum on the basis of fears that she would be killed by her husband : a powerful, previously convicted criminal. The Home Office refused her case, citing evidence from a supposedly independent and authoritative document known as a country policy information note (CPIN), which they said confirmed that Morocco would be safe for her. But the document could not be found, although its existence was relied upon by a judge who rejected her appeal against the Home Office’s refusal decision in an immigration court known as the first-tier tribunal.
- A fundamental flaw leaves LLMs strikingly vulnerable to attack (technologyreview.com)
It makes it easy to trick them into doing things they shouldn’t, such as telling you how to sabotage an aircraft’s navigation system.
- Face aux derniers modèles d’IA, la Silicon Valley se déchire autour de la régulation de l’intelligence artificielle (humanite.fr)
- LinkedIn ajoute un bouton pour signaler des contenus « AI slop » (next.ink)
- Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires (next.ink)
- La vague anti-IA se retourne contre les patrons de la tech, qui craignent pour leur sécurité (courrierinternational.com)
Dans la Silicon Valley, les fleurons de l’intelligence artificielle font face à des menaces grandissantes, numériques, mais aussi physiques dans les bureaux ou au domicile des dirigeants.
- L’Indium Phosphide – encore un goulot d’étranglement invisible de l’IA (open.substack.com)
L’InP, c’est un symbole de notre foi aveugle dans l’innovation : on croit résoudre un problème (l’efficacité énergétique de l’IA) en en créant un autre (la dépendance aux matériaux critiques)
- South Korean Authorities Scrambling to Save Stock Market From AI Bubble (futurism.com)
The US and European stock markets might be numb to the enormity of the AI bubble at this point, but in East Asia it’s a different story.
Spécial Palestine, Liban et Israel
- Massive Attack visé par une enquête à Singapour après avoir brandi sur scène un drapeau de la Palestine (huffingtonpost.fr)
D’après la BBC, il est interdit d’afficher en public des emblèmes nationaux étrangers, tels que des drapeaux, sans autorisation. Les personnes qui ne respectent pas cette règle s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars singapouriens (soit environ 338 euros) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois.
- I was sentenced as a terrorist. Now my barrister is on trial for defending me (opendemocracy.net)
My lawyer faces jail over a speech to jurors – a first in English history – as state seeks to silence Palestine solidarity
- UN human rights chief says Israel must end occupation and house demolitions in Lebanon (apnews.com)
- Génocide à Gaza : Donald Trump annonce un accord sur le retrait des forces d’occupation israéliennes et le désarmement du Hamas (humanite.fr)
- “Les colons savent que c’est maintenant ou jamais” : comment une semaine de violences fait redouter un embrasement en Cisjordanie (franceinfo.fr)
- 50 organisations juives du monde entier soutiennent Francesca Albanese (ujfp.org)
Mme Albanese est la cible d’attaques incessantes de la part d’organisations motivées politiquement, telles que UN Watch, qui mènent des campagnes de diffamation virulentes pour la réduire au silence et saper son mandat en matière de droits humains. Ces organisations n’ont qu’un seul objectif : protéger le gouvernement israélien de toute critique internationale et de toute responsabilité juridique. Malheureusement, des représentants de certains gouvernements occidentaux ont apporté un soutien indéfectible à ces campagnes de diffamation, accusant Mme Albanese d’antisémitisme. Nous rejetons ces accusations, qui sont infondées et incitent de manière irresponsable à des attaques contre Mme Albanese, mettant potentiellement sa sécurité personnelle en danger.
- Karim Khan, procureur général de la CPI, démis de ses fonctions après des accusations d’agression sexuelle (lemonde.fr)
Le Britannique était visé par une procédure disciplinaire pour faute grave, liée à des accusations d’une collaboratrice. Cette décision survient au moment où la juridiction fait face à une pression croissante des Etats-Unis et d’Israël contre ses enquêtes sur les crimes commis dans les territoires palestiniens.
Spécial femmes dans le monde
- Et si le plus grand angle mort de la médecine moderne était la santé des femmes ? (slate.fr)
La périménopause, […] est par exemple peu documentée. Elle n’a fait son entrée dans le Larousse que cette année. La ménopause a, elle aussi, longtemps été traitée avec un mépris manifeste. Dans les années 1960, un médecin réputé de l’époque, Roger Wilson, allait jusqu’à qualifier de « vaches écervelées » les femmes ménopausées.
- En voiture, les ceintures de sécurité ne sont pas adaptées aux femmes enceintes et ce… depuis 50 ans. (huffingtonpost.fr)
- Sonita Muluh, une haltérophile belge, rate le titre mondial après un sabotage raciste revendiqué (huffingtonpost.fr)
Le pareur lituanien à l’origine du sabotage a été suspendu de ses fonctions à vie, après qu’il a revendiqué son acte raciste et proféré de nouvelles insultes.
- Jared Leto accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes dans un documentaire de la BBC (huffingtonpost.fr)
L’acteur américain se voit reprocher des « comportements sexuels délictueux » par quatre femmes. D’autres témoignages font état de comportements inappropriés vis-à-vis d’adolescentes.
RIP
Spécial France
- Nouvelle cyberattaque contre l’Éducation nationale : les données d’un grand nombre d’agents potentiellement dans la nature (clubic.com)
- « Nous sommes tous touchés » : la facturation électronique imposée dès le 1er septembre inquiète (basta.media)
Comment choisir une plateforme parmi 140 payantes ? La réforme de la facturation électronique concerne plus de dix millions d’entreprises, mais les craintes sont fortes chez beaucoup de petites structures paysannes ou artisanes, comme pour les auto-entreprises.
- La Société Générale affiche un bénéfice record six mois après un plan de suppression de postes massif (humanite.fr)
La Société Générale affiche, jeudi 30 juillet, un bénéfice net de 1,79 milliard d’euros pour son deuxième trimestre, du jamais-vu. La banque signe également un bénéfice record à l’échelle du semestre, à près de 3,5 milliards d’euros. En janvier dernier, le groupe annonçant la suppression de 1 800 postes en France.
- Amendes de 8,6 millions d’euros : le Conseil constitutionnel donne raison à l’île d’Oléron dans son contentieux avec Airbnb (humanite.fr)
Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 31 juillet, que le code des collectivités qui a valu des amendes à Airbnb, pour un total de 8,6 millions d’euros, est conforme à la Constitution.
- « La nouvelle canicule va encore accentuer la sécheresse déjà historique » : 80 % de la France connaît des restrictions d’eau (vert.eco)
- En pleine canicule, une pollution au fioul a causé la fermeture des sites de baignade de bras Marie et de Bercy, dans les 4e et 12e arrondissements de Paris. (huffingtonpost.fr)
- Canicule à Paris : sans abri le jour, sans place la nuit, des familles campent devant le Samusocial (reporterre.net)
Devant le bâtiment du Samusocial, dans le 13e arrondissement de Paris, quelque 200 personnes, dont plus de 100 enfants, occupent le parvis.
- « Que du macadam, pas d’arbres » : l’été infernal des gens du voyage près de Lille (reporterre.net)
Pour trouver l’aire d’accueil des gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, en périphérie de Lille, il ne faut pas suivre les panneaux routiers — inexistants — mais plutôt les camions toupie en route vers l’usine à béton. Là, coincée entre une concasserie de gravats et un grand champ de blé, se dresse un parking poussiéreux, sans un seul point ombragé.
- L’incendie de Fontainebleau a pu reprendre alors qu’il était « fixé » (huffingtonpost.fr)
Bilan de cette résurgence des flammes : « 6 hectares brûlés »
Voir aussi Incendies à Fontainebleau : sous terre, la forêt brûle toujours (reporterre.net)
- Incendie en Gironde : des obus de la Seconde Guerre mondiale ont explosé (reporterre.net)
Enterrés dans un champ calciné, à quelques mètres des habitations [du Porge], ils ont explosé sous l’effet de la chaleur au deuxième soir de l’incendie, dans la nuit du 23 au 24 juillet. L’un d’eux a même perforé le mur d’une maison évacuée.[…] Depuis, 75 obus ont été retrouvés, venus d’un dépôt de munitions oublié datant de la Seconde Guerre mondiale, selon la municipalité.
- “Le Porge a été sacrifié” : un collectif d’habitant·es de cette commune de Gironde se constitue en vue d’une action judiciaire, après l’incendie qui a ravagé leurs maisons (franceinfo.fr)
Ces habitant·es soutiennent que la commune a été abandonnée face au feu, avec un résultat catastrophique puisque près de 200 maisons ont été détruites.
Voir aussi “On n’y voit rien, c’est l’apocalypse” : on vous raconte les 48 heures qui ont ravagé la commune du Porge, anéantie par l’incendie en Gironde (franceinfo.fr)
- Le “Robinson” du Cap-Ferret et les ostréiculteurs organisent la résistance face aux incendies : entre pare-feu controversé et sauvetage des huîtres en Gironde (france3-regions.franceinfo.fr)
Au Cap-Ferret, menacé par les violents incendies en Gironde, l’homme d’affaires Benoît Bartherotte et des ostréiculteurs ont refusé d’évacuer pour protéger la presqu’île. Pendant que le premier érige un pare-feu controversé, les seconds se battent pour sauver leurs huîtres et leur outil de travail.
- En Gironde, des bénévoles au secours des animaux (reporterre.net)
- « Pas de fusil sur les cendres » : une pétition pour interdire la chasse dans les forêts brûlées dépasse les 340 000 signatures (leparisien.fr)
- Les feux de forêt menacent‑ils les installations gazières ? (theconversation.com)
- Fumées, cendres et sidération : Bordeaux suffoque sous l’incendie de Gironde (reporterre.net)

- Toux, crises d’asthme, irritations de la peau : quel sont les risques des fumées des incendies ? (reporterre.net)
- Incendies en Gironde : la logistique au cœur de l’évacuation massive d’une population (theconversation.com)
- Les Landes en flammes : la monoculture de pins transforme la forêt en boîte d’allumettes et aggrave les incendies (lareleveetlapeste.fr)
- Pâturer contre les incendies ? La filière pastorale doit se structurer pour réinvestir les friches agricoles (madeinperpignan.com)
- Le Var replonge dans « l’enfer » des flammes avec un nouveau feu important, renforcé par le mistral (huffingtonpost.fr)
La préfecture a annoncé l’évacuation de près de 2 500 personnes de plusieurs communes du département ce vendredi.
- Pourquoi les incendies ne sont pas considérés comme catastrophe naturelle malgré les milliers d’hectares brûlés (huffingtonpost.fr)
Aux yeux des assureurs, un feu de forêt ne coche pas les cases de la garantie Cat-Nat, le régime d’indemnisation des dommages majeurs causés par un événement naturel.
RIP
- La mort de Kavinsky est un choc pour la scène musicale électro (et bien au-delà) (huffingtonpost.fr)
Connu pour ses tubes Nightcall, Roadgame, Testarossa Autodrive ou Rampage, Kavinsky a marqué toute une génération d’artistes, notamment ceux de la French Touch avec qui il collaborait régulièrement. L’annonce de sa disparition soudaine, trois jours avant son 51e anniversaire, a donc été vécue comme un choc dans le monde de la musique électro, mais pas uniquement.
- On l’oublie parfois, mais Kavinsky s’était aussi offert un passage inoubliable au cinéma (huffingtonpost.fr)
C’était il y a maintenant 20 ans dans « Steak », une comédie loufoque avec Éric et Ramzy signée Quentin Dupieux, l’un de ses meilleurs amis.
Spécial femmes en France
- Délais « incroyables », discriminations persistantes : le bilan très mitigé de la PMA pour toutes (basta.media)
L’ouverture de l’assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes et les femmes seules fête ses cinq ans. Entre les délais d’attente, les inégalités d’accès et les discriminations persistantes, associations et professionnels de santé dressent un bilan très critique.
- « Grosse salope » : le président de la FDSEA de l’Oise insulte Marine Tondelier (courrier-picard.fr)
Sur sa page Facebook privée, le président du syndicat agricole de l’Oise Régis Desrumaux a violemment attaqué Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts, suite au vote de la loi d’urgence agricole.
Voir aussi « Force à toutes les ‘’grosses salopes’’ et à toutes les ‘’sales connes’’ » : Marine Tondelier riposte après l’insulte sexiste d’un membre de la FNSEA (humanite.fr)
Marine Tondelier exige « des excuses publiques » de la part d’un responsable de la FDSEA de l’Oise qui a fini par s’exécuter après l’avoir insulté de « grosse salope » sur Facebook. Si la patronne des Écologistes a reçu le soutien unanime des élus de gauche, cet événement met de nouveau en lumière le sexisme en politique.
- « Ferme ta chatte », « sale pute », « chienne » : la révolte de deux collégiennes contre le masculinisme en classe (streetpress.com)
- Patrick Bruel visé par deux nouvelles plaintes, on vous récapitule les affaires le concernant (huffingtonpost.fr)
Le chanteur de 67 ans est visé par deux nouvelles plaintes, l’une pour viol, l’autre pour agression sexuelle. Les faits dénoncés remontent à 1994 et 2005.
- Business du trauma : enquête sur les dérives des « coachs » pour femmes victimes de violences conjugales (medfeminiswiya.net)
Derrière les promesses de « sororité » et de « reconstruction », se cachent parfois des structures qui s’apparentent à des organisations pyramidales. Dans le sud-ouest de la France ou en région parisienne, des réseaux de coaching attirent les victimes de violences conjugales via des stratégies dignes des plus agressives écoles de commerce.
Spécial médias et pouvoir
- Xenia Fedorova bientôt expulsée par la France ? Canal+ dénonce une atteinte à la liberté d’expression (huffingtonpost.fr)
La journaliste russe, accusée d’être en France une « propagandiste » du Kremlin, est visée par un arrêté d’expulsion.
- Le journaliste Jean Quatremer quitte « Libération » et rejoint « Marianne » (lemonde.fr) – voir aussi « Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux » : Jean Quatremer quitte « Libération » (lepoint.fr)
« L’islamo-gauchisme et le wokisme ont gagné » […] « Je défends l’idée qu’Israël est une démocratie. Je constate que les preuves d’un génocide à Gaza restent introuvables. Je pense qu’on peut parler sans détour d’un antisémitisme musulman. »

- CNews sanctionné à hauteur de 200 000 euros après des séquences sur le voile et l’immigration (huffingtonpost.fr)
Les deux séquences remontent à 2025. Les propos d’Erik Tegnér, fondateur du média identitaire « Frontières », sont notamment pointés du doigt.
- Challenges racheté par LVMH : le Conseil d’État déboute RSF et des syndicats de journalistes (mesinfos.fr)

- Agacés par le comportement de journalistes couvrant les incendies en Gironde, les pompiers les mettent en garde (huffingtonpost.fr)
Les pompiers ont rappelé le danger et la perte de temps engendrés par l’absence de respect des consignes de sécurité.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- La France sous les flammes : la faillite criminelle du néolibéralisme (reporterre.net)
- Pendant que la France brûle la réforme des pompiers attend toujours (lareleveetlapeste.fr)
- Des crédits destinés à l’achat de deux canadairs ont bien été annulés sous le gouvernement Attal (defacto-observatoire.fr) – voir aussi Méga-feux en Gironde : Derrière Thomas Cazenave, la responsabilité accablante des artisans de l’austérité (revolutionpermanente.fr)
- Mégafeux : les start-up dopées à l’IA à l’assaut des incendies (france24.com)

- « On a signé pour aller au charbon, pas à l’échafaud » : les pompiers asphyxiés par les fumées des incendies (reporterre.net)
« La seule solution qu’on nous offre, ce sont des masques FFP2, en quantité limitée, et qui ne sont pas résistants au feu » […] Pourtant, il existe bien de nouvelles cagoules, filtrantes celles-ci, qui ont été intégrées depuis 2019 dans le référentiel technique de la Direction générale de la sécurité civile
- « Emmanuel Macron a entubé tout le monde » : le paléoclimatologue et ancien président du GIEC Jean Jouzel dresse un cinglant bilan écologique du président. (sudouest.fr)

- Loi d’urgence agricole : pourquoi la droite et le centre ne lâchent rien sur les néonicotinoïdes et le stockage de l’eau (theconversation.com)
Pour nombre d’observateurs, [la FNSEA] a perdu une partie de sa capacité d’influence politique. Mais c’est justement dans ce contexte qu’il devient essentiel pour le syndicat de l’agro-industrie de renforcer ses appuis politiques, en particulier issus de la droite traditionnelle, son alliée historique.
- Avec la loi d’urgence agricole, la France contrevient au droit international sur les zones humides (theconversation.com)
La promulgation de cette loi est désormais suspendue, depuis le 24 juillet 2026, à la saisine du Conseil constitutionnel entreprise par plusieurs député·es « insoumis » et écologistes.
- Pourquoi Total ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France (open.substack.com)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- L’instrumentalisation de la situation à Ceuta vire à la caricature, de l’extrême droite à la macronie (huffingtonpost.fr)
Ces derniers jours, environ 40 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta.Ils n’auraient pas pu réagir plus vite. Pour servir leur discours, de nombreux dirigeants politiques français, à droite, à l’extrême droite, mais également chez les macronistes, sautent sur les vidéos en provenance de Ceuta
- Némésis se prend (encore) les pieds dans les statistiques de l’insécurité (lessurligneurs.eu)
- « C’est un carnage » : ces nouveaux maires d’extrême droite s’acharnent contre des projets écolos (reporterre.net)
Jardins, écoquartiers, ferme municipale… Une fois élus, les maires d’extrême droite ne s’attaquent pas qu’à la culture et aux syndicats. Ils sabotent aussi des projets écologiques.
- Mulhouse : un homme condamné à trois mois de prison avec sursis pour un salut nazi (ici.fr)
Un homme de 28 ans a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir fait ce geste en marge de la manifestation du 8 mars pour le droit des femmes. Il était jugé pour apologie de crime ou de délit. […] cet homme avait été candidat aux élections municipales à Mulhouse sur la liste du parti d’extrême-droite Reconquête
- Aymeric Lompret dénonce les « violences » de CRS à une fête en marge du festival « Chalon dans la rue » (huffingtonpost.fr)
« Le dernier jour du festival, une fête tolérée a été organisée par le collectif [La Méandre] dans leurs locaux. On y était nombreux.ses et c’était super. Jusqu’à ce que la police puis 15 camions de CRS nous rejoignent et là c’était carrément moins festif »
Spécial résistances
- Face aux risques d’incendie, trois associations s’opposent à un projet de data center (next.ink)
les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau.
- « Se compter pour peser » : l’opération citoyenne lancée par l’Affaire du siècle franchit la barre des 100 000 sinistrés climatiques (vert.eco)
Deux semaines après son lancement, la plateforme de recensement de victimes directes du changement climatique rassemble 105 000 personnes et plus de 30 000 témoignages. Son objectif : que « l’État regarde leurs réalités et agisse ».
- « Cette décision constitue un désaveu cinglant pour l’État » : Bassines, non merci salue le jugement qui ordonne la destruction de quatre bassines (lanouvellerepublique.fr)
Le tribunal administratif de Poitiers a ordonné le démantèlement de quatre réserves d’eau illégales à la lisière des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Une décision qualifiée d’historique par BNM.
- « C’est écrit noir sur blanc » : À Jouy, les tilleuls de la gare sauvés, la victoire au bout du combat citoyen (le28.tv)
Après une semaine de blocage, de nuits passées dans la canopée et de vives tensions, la mobilisation a payé. Ce mercredi 22 juillet, le maire de Jouy a officiellement signé un arrêté municipal garantissant la conservation et la protection des six tilleuls centenaires. Au pied des arbres, l’heure est à la fête et au bilan d’une lutte exemplaire.
- « Savourons cette victoire » : la serre géante Tropicalia ne verra pas le jour dans le Pas-de-Calais (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Palantir Watch / They watch everyone. We watch them. (palantirwatch.org)
- How to disable or avoid intrusive AI (NotoAI.org)

- Manuel pour démasquer un·e flic infiltré·e (notrace.how)
Spécial MAGAM et cie
- Amazon contre la bibliodiversité (lagedefaire-lejournal.fr)
Le géant Amazon profite de sa position dominante pour peser de tout son poids sur chaque maillon de la chaîne du livre. Ou comment la vente en ligne peut mettre en péril la « bibliodiversité ».
- Amazon s’est installé en catimini… Les habitants l’ont appris après le début des travaux (reporterre.net)
- Fini WhatsApp : la France choisit sa propre messagerie et veut convertir l’Europe (01net.com)
Alors que Tchap est devenue la messagerie sécurisée de référence de l’État, la France cherche désormais à étendre sa stratégie de souveraineté numérique à l’échelle européenne en promouvant le protocole Matrix auprès d’autres pays.
- Infomaniak annonce son projet de cotation en bourse suisse (news.infomaniak.com)
Les autres lectures de la semaine
- Justice, médias, sciences sociales… Qui décide de l’existence d’un “racisme anti-Blanc” ? (histoirescrepues.fr)
Alors que la justice a retenu la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Thomas à Crépol, le racisme anti-Blanc s’invite à nouveau dans le débat public.
- Écologie et féminisme : même combat pour le vivant (lesnouvellesnews.fr)
Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l’actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation
- Défoncer la finance néolibérale : innover sans les « marchés », ou l’IA autrement (blog.mondediplo.net)
- Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique (ledevoir.com)
la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance […] Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé.
- Argentine : 50 ans après le coup d’État militaire, quel héritage de la dictature ? (contretemps.eu)
En Argentine, la dictature n’a pas seulement imposé la terreur et le néolibéralisme : elle a également laissé une empreinte durable sur la façon dont le camp populaire pense la démocratie
- An interactive introduction to the terrific experience of rendering Arabic typography and its technical debt (lr0.org)
- An Uncomplicated Man (lrb.co.uk)
Unlike some of Nolan’s other films, The Odyssey is not boring, thanks to the source material, which is impossible to mess up entirely. It’s a family-friendly audiovisual spectacle, like an elaborate Fourth of July fireworks display – and with about the same level of narrative and emotional depth.
- Not just Neanderthals : Ghost lineage in Africa left its mark on our DNA (arstechnica.com) Some group with no modern descendants contributed a lot to our genomes.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Tout va bien
- Expert
- Soutien
- Fidélité
- Prédire
- Urgence
- Renforts
- Canadair
- RN
- Votes

- Mesure
- Extrême
- Plainte
- Pluralisme
- Gloubi
- Exist
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Les incendies sont politiques (tube.fdn.fr)
- Tous les six mois, cet îlot passe de la France à l’Espagne… et inversement (france24.com)
Depuis plus d’un siècle, la France et l’Espagne se partagent l’administration de l’île des Faisans, un petit bout de terre posé au milieu de la Bidassoa. Du 1er août au 31 janvier, le plus petit condominium au monde est français, et le reste du temps, il est espagnol
- Soudan, la guerre oubliée : massacres, géopolitique, famine (video.davduf.net)
- Herculine-Abel Barbin ou les souffrances d’un·e intersexe (radiofrance.fr)
- Le vélo est-il un “sport de blancs” ? (humanite.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- La Ville de Blois résiste à l’obsolescence programmée dans les écoles (blois.fr)
Face à l’annonce irresponsable de Microsoft de ne plus mettre à jour son système d’exploitation Windows 10, qui va rendre obsolète plus de 400 millions d’ordinateurs dans le monde, la Ville a décidé de convertir progressivement les ordinateurs qu’elle fournit aux écoles sous Linux, le système d’exploitation libre et gratuit. Une expérimentation est ainsi menée dans trois écoles élémentaires. Une opportunité éducative mais aussi environnementale qui prolongera la durée de vie des ordinateurs.
- Wiki-news : six recommandations pour une société des communs ; Wikimania à Paris (zdnet.fr)
- « Elle lance une communauté de vélo 100 % féminine à Dijon : “on a le même niveau, on peut rouler ensemble” (france3-regions.franceinfo.fr)
- Précieux allié contre les incendies, le castor est de retour dans les rivières françaises (reporterre.net)
« Le castor est un véritable ingénieur de son écosystème. S’il constate que le niveau du cours d’eau baisse, notamment lors des sécheresses, il construit des barrages, qui retiennent l’eau. Il participe aussi à la stabilisation des berges en faisant tomber les grands arbres tout en conservant leurs systèmes racinaires »
- Étonnée par les cheveux des statues romaines, une coiffeuse résout un vieux mystère archéologique (slate.fr)
La coiffeuse Janet Stephens a corrigé une erreur de longue date dans l’interprétation des sculptures romaines. Pour faire tenir les cheveux, il fallait en fait une aiguille et du fil.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
02.08.2026 à 10:00
IA, la grande escroquerie
Texte intégral (9083 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 04 septembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Emily Bender et Alex Hanna publient The AI con, « L’escroquerie de l’IA ». Une synthèse très documentée qui nous invite à lutter contre le monde que nous proposent les géants de l’IA. Lecture.
L’arnaque de l’IA est le titre d’un essai que signent la linguiste Emily Bender et la sociologue Alex Hanna : The AI con : how to fight big tech’s hype and create the future we want (HarperCollins, 2025, non traduit). Emily Bender est professeure de linguistique à l’université de Washington. Elle fait partie des 100 personnalités de l’IA distinguées par le Time en 2023. Elle est surtout connue pour être l’une des co-auteure avec Timnit Gebru, Angelina McMillan-Major et Margaret Mitchell du fameux article sur les Perroquets stochastiques, critique du développement des grands modèles de langage (voir l’interview du Monde avec Emily Bender). Alex Hanna, elle, est sociologue. Elle est la directrice de la recherche de DAIR, Distributed AI Research Institut. Les deux chercheuses publient également une newsletter commune et un podcast éponyme, « Mystery AI Hype Theater 3000 », où elles discutent avec nombre de chercheurs du domaine.
AI con pourrait paraître comme un brûlot technocritique, mais il est plutôt une synthèse très documentée de ce qu’est l’IA et de ce qu’elle n’est pas. L’IA est une escroquerie, expliquent les autrices, un moyen que certains acteurs ont trouvé “pour faire les poches de tous les autres”. « Quelques acteurs majeurs bien placés se sont positionnés pour accumuler des richesses importantes en extrayant de la valeur du travail créatif, des données personnelles ou du travail d’autres personnes et en remplaçant des services de qualité par des fac-similés ». Pour elles, l’IA tient bien plus d’une pseudo-technologie qu’autre chose.
L’escroquerie tient surtout dans le discours que ces acteurs tiennent, le battage médiatique, la hype qu’ils entretiennent, les propos qu’ils disséminent pour entretenir la frénésie autour de leurs outils et services. Le cadrage que les promoteurs de l’IA proposent leur permet de faire croire en leur puissance tout en invisibilisant ce que l’IA fait vraiment : « menacer les carrières stables et les remplacer par du travail à la tâche, réduire le personnel, déprécier les services sociaux et dégrader la créativité humaine ».
L’IA n’est rien d’autre que du marketing
Bender et Hanna nous le rappellent avec force. « L’intelligence artificielle est un terme marketing ». L’IA ne se réfère pas à un ensemble cohérent de technologies. « L’IA permet de faire croire à ceux à qui on la vend que la technologie que l’on vend est similaire à l’humain, qu’elle serait capable de faire ce qui en fait, nécessite intrinsèquement le jugement, la perception ou la créativité humaine ». Les calculatrices sont bien meilleures que les humains pour l’arithmétique, on ne les vend pas pour autant comme de l’IA.
L’IA sert à automatiser les décisions, à classifier, à recommander, à traduire et transcrire et à générer des textes ou des images. Toutes ces différentes fonctions assemblées sous le terme d’IA créent l’illusion d’une technologie intelligente, magique, qui permet de produire de l’acceptation autour de l’automatisation quelles que soient ses conséquences, par exemple dans le domaine de l’aide sociale. Le battage médiatique, la hype, est également un élément important, car c’est elle qui conduit l’investissement dans ces technologies, qui explique l’engouement pour cet ensemble de méthodes statistiques appelé à changer le monde. « La fonction commerciale de la hype technologique est de booster la vente de produits ». Altman et ses confrères ne sont que des publicitaires qui connectent leurs objectifs commerciaux avec les imaginaires machiniques. Et la hype de l’IA nous promet une vie facile où les machines prendront notre place, feront le travail difficile et répétitif à notre place.
En 1956, quand John McCarthy et Marvin Minsky organisent un atelier au Dartmouth College pour discuter de méthodes pour créer des machines pensantes, le terme d’IA s’impose, notamment pour exclure Norbert Wiener, le pionnier, qui parle lui de cybernétique, estiment les chercheuses. Le terme d’intelligence artificielle va servir pour désigner des outils pour le guidage de systèmes militaires, afin d’attirer des investissements dans le contexte de la guerre froide. Dès le début, la « discipline » repose donc sur de grandes prétentions sans grande caution scientifique, de mauvaises pratiques de citation scientifiques et des objectifs fluctuants pour justifier les projets et attirer les investissements, expliquent Bender et Hanna. Des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui. Dès le début, les promoteurs de l’IA vont soutenir que les ordinateurs peuvent égaler les capacités humaines, notamment en estimant que les capacités humaines ne sont pas si complexes.
Des outils de manipulation… sans entraves
L’une des premières grande réalisation du domaine est le chatbot Eliza de Joseph Weizenbaum, nommée ainsi en référence à Eliza Doolittle, l’héroïne de Pygmalion, la pièce de George Bernard Shaw. Eliza Doolittle est la petite fleuriste prolétaire qui apprend à imiter le discours de la classe supérieure. Derrière ce nom très symbolique, le chatbot est conçu comme un psychothérapeute capable de soutenir une conversation avec son interlocuteur en lui renvoyant sans cesse des questions depuis les termes que son interlocuteur emploie. Weizenbaum était convaincu qu’en montrant le fonctionnement très basique et très trompeur d’Eliza, il permettrait aux utilisateurs de comprendre qu’on ne pouvait pas compatir à ses réponses. C’est l’inverse qui se produisit pourtant. Tout mécanique qu’était Eliza, Weizenbaum a été surpris de l’empathie générée par son tour de passe-passe, comme l’expliquait Ben Tarnoff. Eliza n’en sonne pas moins l’entrée dans l’âge de l’IA. Son créateur, lui, passera le reste de sa vie à être très critique de l’IA, d’abord en s’inquiétant de ses effets sur les gens. Eliza montrait que le principe d’imitation de l’humain se révélait particulièrement délétère, notamment en trompant émotionnellement ses interlocuteurs, ceux-ci interprétant les réponses comme s’ils étaient écoutés par cette machine. Dès l’origine, donc, rappellent Bender et Hanna, l’IA est une discipline de manipulation sans entrave biberonnée aux investissements publics et à la spéculation privée.
Bien sûr, il y a des applications de l’IA bien testées et utiles, conviennent-elles. Les correcteurs orthographiques par exemple ou les systèmes d’aide à la détection d’anomalies d’images médicales. Mais, en quelques années, l’IA est devenue la solution à toutes les activités humaines. Pourtant, toutes, mêmes les plus accomplies, comme les correcteurs orthographiques ou les systèmes d’images médicales ont des défaillances. Et leurs défaillances sont encore plus vives quand les outils sont imbriqués à d’autres et quand leurs applications vont au-delà des limites de leurs champs d’application pour lesquels elles fonctionnent bien. Dans leur livre, Bender et Hanna multiplient les exemples de défaillances, comme celles que nous évoquons en continu ici, Dans les algorithmes.
Ces défaillances dont la presse et la recherche se font souvent les échos ont des points communs. Toutes reposent sur des gens qui nous survendent les systèmes d’automatisation comme les très versatiles « machines à extruder du texte » – c’est ainsi que Bender et Hanna parlent des chatbots, les comparant implicitement à des imprimantes 3D censées imprimer, plus ou moins fidèlement, du texte depuis tous les textes, censées extruder du sens ou plutôt nous le faire croire, comme Eliza nous faisait croire en sa conscience, alors qu’elle ne faisait que berner ses utilisateurs. C’est bien plus nous que ces outils qui sommes capables de mettre du sens là où il n’y en a pas. Comme si ces outils n’étaient finalement que des moteurs à produire des paréidolies, des apophénies, c’est-à-dire du sens, des causalités, là où il n’y en a aucune. « L’IA n’est pas consciente : elle ne va pas rendre votre travail plus facile et les médecins IA ne soigneront aucun de vos maux ». Mais proclamer que l’IA est ou sera consciente produit surtout des effets sur le corps social, comme Eliza produit des effets sur ses utilisateurs. Malgré ce que promet la hype, l’IA risque bien plus de rendre votre travail plus difficile et de réduire la qualité des soins. « La hype n’arrive pas par accident. Elle remplit une fonction : nous effrayer et promettre aux décideurs et aux entrepreneurs de continuer à se remplir les poches ».
Déconstruire l’emballement
Dans leur livre, Bender et Hanna déconstruisent l’emballement. En rappelant d’abord que ces machines ne sont ni conscientes ni intelligentes. L’IA n’est que le résultat d’un traitement statistique à très grande échelle, comme l’expliquait Kate Crawford dans son Contre-Atlas de l’intelligence artificielle. Pourtant, dès les années 50, Minsky promettait déjà la simulation de la conscience. Mais cette promesse, cette fiction, ne sert que ceux qui ont quelque chose à vendre. Cette fiction de la conscience ne sert qu’à dévaluer la nôtre. Les « réseaux neuronaux » sont un terme fallacieux, qui vient du fait que ces premières machines s’inspiraient de ce qu’on croyait savoir du fonctionnement des neurones du cerveau humain dans les années 40. Or, ces systèmes ne font que prédire statistiquement le mot suivant dans leurs données de références. ChatGPT n’est rien d’autre qu’une « saisie automatique améliorée ». Or, comme le rappelle l’effet Eliza, quand nous sommes confrontés à du texte ou à des signes, nous l’interprétons automatiquement. Les bébés n’apprennent pas le langage par une exposition passive et isolée, rappelle la linguiste. Nous apprenons le langage par l’attention partagée avec autrui, par l’intersubjectivité. C’est seulement après avoir appris un langage en face à face que nous pouvons l’utiliser pour comprendre les autres artefacts linguistiques, comme l’écriture. Mais nous continuons d’appliquer la même technique de compréhension : « nous imaginons l’esprit derrière le texte ». Les LLM n’ont ni subjectivité ni intersubjectivité. Le fait qu’ils soient modélisés pour produire et distribuer des mots dans du texte ne signifie pas qu’ils aient accès au sens ou à une quelconque intention. Ils ne produisent que du texte synthétique plausible. ChatGPT n’est qu’une machine à extruder du texte, « comme un processus industriel extrude du plastique ». Leur fonction est une fonction de production… voire de surproduction.
Les promoteurs de l’IA ne cessent de répéter que leurs machines approchent de la conscience ou que les êtres humains, eux aussi, ne seraient que des perroquets stochastiques. Nous ne serions que des versions organiques des machines et nous devrions échanger avec elles comme si elles étaient des compagnons ou des amis. Dans cet argumentaire, les humains sont réduits à des machines. Weizenbaum estimait pourtant que les machines resserrent plutôt qu’élargissent notre humanité en nous conduisant à croire que nous serions comme elles. « En confiant tant de décisions aux ordinateurs, pensait-il, nous avions créé un monde plus inégal et moins rationnel, dans lequel la richesse de la raison humaine avait été réduite à des routines insensées de code », rappelle Tarnoff. L’informatique réduit les gens et leur expérience à des données. Les promoteurs de l’IA passent leur temps à dévaluer ce que signifie être humain, comme l’ont montré les critiques de celles qui, parce que femmes, personnes trans ou de couleurs, ne sont pas toujours considérées comme des humains, comme celles de Joy Buolamnwini, Timnit Gebru, Sasha Costanza-Chock ou Ruha Benjamin. Cette manière de dévaluer l’humain par la machine, d’évaluer la machine selon sa capacité à résoudre les problèmes n’est pas sans rappeler les dérives de la mesure de l’intelligence et ses délires racistes. La mesure de l’intelligence a toujours été utilisée pour justifier les inégalités de classe, de genre, de race. Et le délire sur l’intelligence des machines ne fait que les renouveler. D’autant que ce mouvement vers l’IA comme industrie est instrumenté par des millionnaires tous problématiques, de Musk à Thiel en passant par Altman ou Andreessen… tous promoteurs de l’eugénisme, tous ultraconservateurs quand ce n’est pas ouvertement fascistes. Bender et Hanna égrènent à leur tour nombre d’exemples des propos problématiques des entrepreneurs et financiers de l’IA. L’IA est un projet politique porté par des gens qui n’ont rien à faire de la démocratie parce qu’elle dessert leurs intérêts et qui tentent de nous convaincre que la rationalité qu’ils portent serait celle dont nous aurions besoin, oubliant de nous rappeler que leur vision du monde est profondément orientée par leurs intérêts – je vous renvoie au livre de Thibault Prévost, Les prophètes de l’IA, qui dit de manière plus politique encore que Bender et Hanna, les dérives idéologiques des grands acteurs de la tech.
De l’automatisation à l’IA : dévaluer le travail
L’IA se déploie partout avec la même promesse, celle qu’elle va améliorer la productivité, quand elle propose d’abord « de remplacer le travail par la technologie ». « L’IA ne va pas prendre votre job. Mais elle va rendre votre travail plus merdique », expliquent les chercheuses. « L’IA est déployée pour dévaluer le travail en menaçant les travailleurs par la technologie qui est supposée faire leur travail à une fraction de son coût ».
En vérité, aucun de ces outils ne fonctionnerait s’ils ne tiraient pas profits de contenus produits par d’autres et s’ils n’exploitaient pas une force de travail massive et sous payée à l’autre bout du monde. L’IA ne propose que de remplacer les emplois et les carrières que nous pouvons bâtir, par du travail à la tâche. L’IA ne propose que de remplacer les travailleurs de la création par des « babysitters de machines synthétiques ».
L’automatisation et la lutte contre l’automatisation par les travailleurs n’est pas nouvelle, rappellent les chercheuses. L’innovation technologique a toujours promis de rendre le travail plus facile et plus simple en augmentant la productivité. Mais ces promesses ne sont que « des fictions dont la fonction ne consiste qu’à vendre de la technologie. L’automatisation a toujours fait partie d’une stratégie plus vaste visant à transférer les coûts sur les travailleurs et à accumuler des richesses pour ceux qui contrôlent les machines. »
Ceux qui s’opposent à l’automatisation ne sont pas de simples Luddites qui refuseraient le progrès (ceux-ci d’ailleurs n’étaient pas opposés à la technologie et à l’innovation, comme on les présente trop souvent, mais bien plus opposés à la façon dont les propriétaires d’usines utilisaient la technologie pour les transformer, d’artisans en ouvriers, avec des salaires de misères, pour produire des produits de moins bonnes qualités et imposer des conditions de travail punitives, comme l’expliquent Brian Merchant dans son livre, Blood in the Machine ou Gavin Mueller dans Breaking things at work. L’introduction des machines dans le secteur de la confection au début du XIXe siècle au Royaume-Uni a réduit le besoin de travailleurs de 75 %. Ceux qui sont entrés dans l’industrie ont été confrontés à des conditions de travail épouvantables où les blessures étaient monnaies courantes. Les Luddites étaient bien plus opposés aux conditions de travail de contrôle et de coercition qui se mettaient en place qu’opposés au déploiement des machines), mais d’abord des gens concernés par la dégradation de leur santé, de leur travail et de leur mode de vie.
L’automatisation pourtant va surtout exploser avec le 20e siècle, notamment dans l’industrie automobile. Chez Ford, elle devient très tôt une stratégie. Si l’on se souvient de Ford pour avoir offert de bonnes conditions de rémunération à ses employés (afin qu’ils puissent s’acheter les voitures qu’ils produisaient), il faut rappeler que les conditions de travail étaient tout autant épouvantables et punitives que dans les usines de la confection du début du XIXe siècle. L’automatisation a toujours été associée à la fois au chômage et au surtravail, rappellent les chercheuses. Les machines de minage, introduites dès les années 50 dans les mines, permettaient d’employer 3 fois moins de personnes et étaient particulièrement meurtrières. Aujourd’hui, la surveillance qu’Amazon produit dans ses entrepôts vise à contrôler la vitesse d’exécution et cause elle aussi blessures et stress. L’IA n’est que la poursuite de cette longue tradition de l’industrie à chercher des moyens pour remplacer le travail par des machines, renforcer les contraintes et dégrader les conditions de travail au nom de la productivité.
D’ailleurs, rappellent les chercheuses, quatre mois après la sortie de ChatGPT, les chercheurs d’OpenAI ont publié un rapport assez peu fiable sur l’impact du chatbot sur le marché du travail. Mais OpenAI, comme tous les grands automatiseurs, a vu très tôt son intérêt à promouvoir l’automatisation comme un job killer. C’est le cas également des cabinets de conseils qui vendent aux entreprises des modalités pour réaliser des économies et améliorer les profits, et qui ont également produit des rapports en ce sens. Le remplacement par la technologie est un mythe persistant qui n’a pas besoin d’être réel pour avoir des impacts.
Plus qu’un remplacement par l’IA, cette technologie propose d’abord de dégrader nos conditions de travail. Les scénaristes sont payés moins cher pour réécrire un script que pour en écrire un, tout comme les traducteurs sont payés moins cher pour traduire ce qui a été prémâché par l’IA. Pas étonnant alors que de nombreux collectifs s’opposent à leurs déploiements, à l’image des actions du collectif Safe Street Rebel de San Francisco contre les robots taxis et des attaques (récurrentes) contre les voitures autonomes. Les frustrations se nourrissent des « choses dont nous n’avons pas besoin qui remplissent nos rues, comme des contenus que nous ne voulons pas qui remplissent le web, comme des outils de travail qui s’imposent à nous alors qu’ils ne fonctionnent pas ». Les exemples sont nombreux, à l’image des travailleurs de l’association américaine de lutte contre les désordres alimentaires qui ont été remplacés, un temps, par un chatbot, deux semaines après s’être syndiqués. Un chatbot qui a dû être rapidement retiré, puisqu’il conseillait n’importe quoi à ceux qui tentaient de trouver de l’aide. « Tenter de remplacer le travail par des systèmes d’IA ne consiste pas à faire plus avec moins, mais juste moins pour plus de préjudices » – et plus de bénéfices pour leurs promoteurs. Dans la mode, les mannequins virtuels permettent de créer un semblant de diversité, alors qu’en réalité, ils réduisent les opportunités des mannequins issus de la diversité.
Babysitter les IA : l’exploitation est la norme
Dans cette perspective, le travail avec l’IA consiste de plus en plus à corriger leurs erreurs, à nettoyer, à être les babysitters de l’IA. Des babysitters de plus en plus invisibilisés. Les robotaxis autonomes de Cruise sont monitorés et contrôlés à distance. Tous les outils d’IA ont recours à un travail caché, invisible, externalisé. Et ce dès l’origine, puisqu’ImageNet, le projet fondateur de l’IA qui consistait à labelliser des images pour servir à l’entraînement des machines n’aurait pas été possible sans l’usage du service Mechanical Turk d’Amazon. 50 000 travailleurs depuis 167 pays ont été mobilisés pour créer le dataset qui a permis à l’IA de décoller. « Le modèle d’ImageNet consistant à exploiter des travailleurs à la tâche tout autour du monde est devenue une norme industrielle du secteur« . Aujourd’hui encore, le recours aux travailleurs du clic est persistant, notamment pour la correction des IA. Et les industries de l’IA profitent d’abord et avant tout l’absence de protection des travailleurs qu’ils exploitent.
Pas étonnant donc que les travailleurs tentent de répondre et de s’organiser, à l’image des scénaristes et des acteurs d’Hollywood et de leur 148 jours de grève. Mais toutes les professions ne sont pas aussi bien organisées. D’autres tentent d’autres méthodes, comme les outils des artistes visuels, Glaze et Nightshade, pour protéger leurs créations. Les travailleurs du clic eux aussi s’organisent, par exemple via l’African Content Moderators Union.
“Quand les services publics se tournent vers des solutions automatisées, c’est bien plus pour se décharger de leurs responsabilités que pour améliorer leurs réponses”
L’escroquerie de l’IA se développe également dans les services sociaux. Sous prétexte d’austérité, les solutions automatisées sont partout envisagées comme « la seule voie à suivre pour les services gouvernementaux à court d’argent ». L’accès aux services sociaux est remplacé par des « contrefaçons bon marchés » pour ceux qui ne peuvent pas se payer les services de vrais professionnels. Ce qui est surtout un moyen d’élargir les inégalités au détriment de ceux qui sont déjà marginalisés. Bien sûr, les auteurs font référence ici à des sources que nous avons déjà mobilisés, notamment Virginia Eubanks. « L’automatisation dans le domaine du social au nom de l’efficacité ne rend les autorités efficaces que pour nuire aux plus démunis » . C’est par exemple le cas de la détention préventive. En 2024, 500 000 américains sont en prison parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs cautions. Pour remédier à cela, plusieurs États ont recours à des solutions algorithmiques pour évaluer le risque de récidive sans résoudre le problème, au contraire, puisque ces calculs ont surtout servi à accabler les plus démunis. À nouveau, « l’automatisation partout vise bien plus à abdiquer la gouvernance qu’à l’améliorer ».
“De partout, quand les services publics se tournent vers des solutions automatisées, c’est bien plus pour se décharger de leurs responsabilités que pour améliorer leurs réponses”, constatent, désabusées, Bender et Hanna. Et ce n’est pas qu’une caractéristique des autorités républicaines, se lamentent les chercheuses. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de la Californie démultiplie les projets d’IA générative, par exemple pour adresser le problème des populations sans domiciles afin de mieux identifier la disponibilité des refuges… « Les machines à extruder du texte pourtant, ne savent que faire cela, pas extruder des abris ». De partout d’ailleurs, toutes les autorités publiques ont des projets de développement de chatbots et des projets de systèmes d’IA pour résoudre les problèmes de société. Les autorités oublient que ce qui affecte la santé, la vie et la liberté des gens nécessite des réponses politiques, pas des artifices artificiels.
Les deux chercheuses multiplient les exemples d’outils défaillants… dans un inventaire sans fin. Pourtant, rappellent-elles, la confiance dans ces outils reposent sur la qualité de leur évaluation. Celle-ci est pourtant de plus en plus le parent pauvre de ces outils, comme le regrettaient Sayash Kapoor et Arvind Narayanan dans leur livre. En fait, l’évaluation elle-même est restée déficiente, rappellent Hanna et Bender. Les tests sont partiels, biaisés par les données d’entraînements qui sont rarement représentatives. Les outils d’évaluation de la transcription automatique par exemple reposent sur le taux de mots erronés, mais comptent tout mots comme étant équivalent, alors que certains peuvent être bien plus importants que d’autres en contexte, par exemple, l’adresse est une donnée très importante quand on appelle un service d’urgence, or, c’est là que les erreurs sont les plus fortes.
« L’IA n’est qu’un pauvre facsimilé de l’État providence »
Depuis l’arrivée de l’IA générative, l’évaluation semble même avoir déraillé (voir notre article « De la difficulté à évaluer l’IA »). Désormais, ils deviennent des concours (par exemple en tentant de les classer selon leurs réponses à des tests de QI) et des outils de classements pour eux-mêmes, comme s’en inquiétaient déjà les chercheuses dans un article de recherche. La capacité des modèles d’IA générative à performer aux évaluations tient d’un effet Hans le malin, du nom du cheval qui avait appris à décoder les signes de son maître pour faire croire qu’il était capable de compter. On fait passer des tests qu’on propose aux professionnels pour évaluer ces systèmes d’IA, alors qu’ils ne sont pas faits pour eux et qu’ils n’évaluent pas tout ce qu’on regarde au-delà des tests pour ces professions, comme la créativité, le soin aux autres. Malgré les innombrables défaillances d’outils dans le domaine de la santé (on se souvient des algorithmes défaillants de l’assureur UnitedHealth qui produisait des refus de soins deux fois plus élevés que ses concurrents ou ceux d’Epic Systems ou d’autres encore pour allouer des soins, dénoncés par l’association nationale des infirmières…), cela n’empêche pas les outils de proliférer. Amazon avec One Medical explore le triage de patients en utilisant des chatbots, Hippocratic AI lève des centaines de millions de dollars pour produire d’épouvantables chatbots spécialisés. Et ne parlons pas des chatbots utilisés comme psy et coach personnels, aussi inappropriés que l’était Eliza il y a 55 ans… Le fait de pousser l’IA dans la santé n’a pas d’autres buts que de dégrader les conditions de travail des professionnels et d’élargir le fossé entre ceux qui seront capables de payer pour obtenir des soins et les autres qui seront laissés aux « contrefaçons électroniques bon marchés ». Les chercheuses font le même constat dans le développement de l’IA dans le domaine scolaire, où, pour contrer la généralisation de l’usage des outils par les élèves, les institutions investissent dans des outils de détection défaillants qui visent à surveiller et punir les élèves plutôt que les aider, et qui punissent plus fortement les étudiants en difficultés. D’un côté, les outils promettent aux élèves d’étendre leur créativité, de l’autre, ils sont surtout utilisés pour renforcer la surveillance. « Les étudiants n’ont pourtant pas besoin de plus de technologie. Ils ont besoin de plus de professeurs, de meilleurs équipements et de plus d’équipes supports ». Confrontés à l’IA générative, le secteur a du mal à s’adapter expliquait Taylor Swaak pour le Chronicle of Higher Education (voir notre récent dossier sur le sujet). Dans ce secteur comme dans tous les autres, l’IA est surtout vue comme un moyen de réduire les coûts. C’est oublier que l’école est là pour accompagner les élèves, pour apprendre à travailler et que c’est un apprentissage qui prend du temps. L’IA est finalement bien plus le symptôme des problèmes de l’école qu’une solution. Elle n’aidera pas à mieux payer les enseignants ou à convaincre les élèves de travailler…
Dans le social, la santé ou l’éducation, le développement de l’IA est obnubilé par l’efficacité organisationnelle : tout l’enjeu est de faire plus avec moins. L’IA est la solution de remplacement bon marché. « L’IA n’est qu’un pauvre facsimilé de l’État providence ». « Elle propose à tous ce que les techs barons ne voudraient pas pour eux-mêmes ». « Les machines qui produisent du texte synthétique ne combleront pas les lacunes de la fabrique du social ».
On pourrait généraliser le constat que nous faisions avec Clearview : l’investissement dans ces outils est un levier d’investissement idéologique qui vise à créer des outils pour contourner et réduire l’État providence, modifier les modèles économiques et politiques.
L’IA, une machine à produire des dommages sociaux
« Nous habitons un écosystème d’information qui consiste à établir des relations de confiance entre des publications et leurs lecteurs. Quand les textes synthétiques se déversent dans cet écosystème, c’est une forme de pollution qui endommage les relations comme la confiance ». Or l’IA promet de faire de l’art bon marché. Ce sont des outils de démocratisation de la créativité, explique par exemple le fondateur de Stability AI, Emad Mostaque. La vérité n’est pourtant pas celle-ci. L’artiste Karla Ortiz, qui a travaillé pour Marvel ou Industrial Light and Magic, expliquait qu’elle a très tôt perdu des revenus du fait de la concurrence initiée par l’IA. Là encore, les systèmes de génération d’image sont déployés pour perturber le modèle économique existant permettant à des gens de faire carrière de leur art. Tous les domaines de la création sont en train d’être déstabilisés. Les “livres extrudés” se démultiplient pour tenter de concurrencer ceux d’auteurs existants ou tromper les acheteurs. Dire que l’IA peut faire de l’art, c’est pourtant mal comprendre que l’art porte toujours une intention que les générateurs ne peuvent apporter. L’art sous IA est asocial, explique la sociologue Jennifer Lena. Quand la pratique artistique est une activité sociale, forte de ses pratiques éthiques comme la citation scientifique. La génération d’images, elle, est surtout une génération de travail dérivé qui copie et plagie l’existant. L’argument génératif semble surtout sonner creux, tant les productions sont souvent identiques aux données depuis lesquelles les textes et images sont formés, soulignent Bender et Hanna. Le projet Galactica de Meta, soutenu par Yann Le Cun lui-même, qui promettait de synthétiser la littérature scientifique et d’en produire, a rapidement été dé-publié. « Avec les LLM, la situation est pire que le garbage in/garbage out que l’on connaît” (c’est-à-dire, le fait que si les données d’entrées sont mauvaises, les résultats de sortie le seront aussi). Les LLM produisent du « papier-mâché des données d’entraînement, les écrasant et remixant dans de nouvelles formes qui ne savent pas préserver l’intention des données originelles”. Les promesses de l’IA pour la science répètent qu’elle va pouvoir accélérer la science. C’était l’objectif du grand défi, lancé en 2016 par le chercheur de chez Sony, Hiroaki Kitano : concevoir un système d’IA pour faire des découvertes majeures dans les sciences biomédicales (le grand challenge a été renommé, en 2021, le Nobel Turing Challenge). Là encore, le défi a fait long feu. « Nous ne pouvons déléguer la science, car la science n’est pas seulement une collection de réponses. C’est d’abord un ensemble de processus et de savoirs ». Or, pour les thuriféraires de l’IA, la connaissance scientifique ne serait qu’un empilement, qu’une collection de faits empiriques qui seraient découverts uniquement via des procédés techniques à raffiner. Cette fausse compréhension de la science ne la voit jamais comme l’activité humaine et sociale qu’elle est avant tout. Comme dans l’art, les promoteurs de l’IA ne voient la science que comme des idées, jamais comme une communauté de pratique.
Cette vision de la science explique qu’elle devienne une source de solutions pour résoudre les problèmes sociaux et politiques, dominée par la science informatique, en passe de devenir l’autorité scientifique ultime, le principe organisateur de la science. La surutilisation de l’IA en science risque pourtant bien plus de rendre la science moins innovante et plus vulnérable aux erreurs, estiment les chercheuses. « La prolifération des outils d’IA en science risque d’introduire une phase de recherche scientifique où nous produisons plus, mais comprenons moins » , expliquaient dans Nature Lisa Messeri et M. J. Crockett (sans compter le risque de voir les compétences diminuer, comme le soulignait une récente étude sur la difficulté des spécialistes de l’imagerie médicale à détecter des problèmes sans assistance). L’IA propose surtout un point de vue non situé, une vue depuis nulle part, comme le dénonçait Donna Haraway : elle repose sur l’idée qu’il y aurait une connaissance objective indépendante de l’expérience. « L’IA pour la science nous fait croire que l’on peut trouver des solutions en limitant nos regards à ce qui est éclairé par la lumière des centres de données ». Or, ce qui explique le développement de l’IA scientifique n’est pas la science, mais le capital-risque et les big-tech. L’IA rend surtout les publications scientifiques moins fiables. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il faut rejeter en bloc l’automatisation des instruments scientifiques, mais l’usage généralisé de l’IA risque d’amener plus de risques que de bienfaits.
Mêmes constats dans le monde de la presse, où les chercheuses dénoncent la prolifération de « moulins à contenus”, où l’automatisation fait des ravages dans un secteur déjà en grande difficulté économique. L’introduction de l’IA dans les domaines des arts, de la science ou du journalisme constitue une même cible de choix qui permet aux promoteurs de l’IA de faire croire en l’intelligence de leurs services. Pourtant, leurs productions ne sont pas des preuves de la créativité de ces machines. Sans la créativité des travailleurs qui produisent l’art, la science et le journalisme qui alimentent ces machines, ces machines ne sauraient rien produire. Les contenus synthétiques sont tous basés sur le vol de données et l’exploitation du travail d’autrui. Et l’utilisation de l’IA générative produit d’abord des dommages sociaux dans ces secteurs.
Le risque de l’IA, mais lequel et pour qui ?
Le dernier chapitre du livre revient sur les doomers et les boosters, en renvoyant dos à dos ceux qui pensent que le développement de l’IA est dangereux et les accélérationnistes qui pensent que le développement de l’IA permettra de sauver l’humanité. Pour les uns comme pour les autres, les machines sont la prochaine étape de l’évolution. Ces visions apocalyptiques ont produit un champ de recherche dédié, appelé l’AI Safety. Mais, contrairement à ce qu’il laisse entendre, ce champ disciplinaire ne vient pas de l’ingénierie de la sécurité et ne s’intéresse pas vraiment aux dommages que l’IA engendre depuis ses biais et défaillances. C’est un domaine de recherche centré sur les risques existentiels de l’IA qui dispose déjà d’innombrables centres de recherches dédiés.
Pour éviter que l’IA ne devienne immaîtrisable, beaucoup estiment qu’elle devrait être alignée avec les normes et valeurs humaines. Cette question de l’alignement est considérée comme le Graal de la sécurité pour ceux qui œuvrent au développement d’une IA superintelligente (OpenAI avait annoncé travailler en 2023 à une super-intelligence avec une équipe dédiée au « super-alignement », mais l’entreprise a dissous son équipe moins d’un an après son annonce. Ilya Sutskever, qui pilotait l’équipe, a lancé depuis Safe Superintelligence Inc). Derrière l’idée de l’alignement, repose d’abord l’idée que le développement de l’IA serait inévitable. Rien n’est moins sûr, rappellent les chercheuses. La plupart des gens sur la planète n’ont pas besoin d’IA. Et le développement d’outils d’automatisation de masse n’est pas socialement désirable. « Ces technologies servent d’abord à centraliser le pouvoir, à amasser des données, à générer du profit, plutôt qu’à fournir des technologies qui soient socialement bénéfiques à tous ». L’autre problème, c’est que l’alignement de l’IA sur les « valeurs humaines » peine à les définir. Les droits et libertés ne sont des concepts qui ne sont ni universels ni homogènes dans le temps et l’espace. La déclaration des droits de l’homme elle-même s’est longtemps accommodé de l’esclavage. Avec quelles valeurs humaines les outils d’IA s’alignent-ils quand ils sont utilisés pour armer des robots tueurs, pour la militarisation des frontières ou la traque des migrants ?, ironisent avec pertinence Bender et Hanna.
Pour les tenants du risque existentiel de l’IA, les risques existentiels dont il faudrait se prémunir sont avant tout ceux qui menacent la prospérité des riches occidentaux qui déploient l’IA, ironisent-elles encore. Enfin, rappellent les chercheuses, les scientifiques qui travaillent à pointer les risques réels et actuels de l’IA et ceux qui œuvrent à prévenir les risques existentiels ne travaillent pas à la même chose. Les premiers sont entièrement concernés par les enjeux sociaux, raciaux, dénoncent les violences et les inégalités, quand les seconds ne dénoncent que des risques hypothétiques. Les deux champs scientifiques ne se recoupent ni ne se citent entre eux.
Derrière la fausse guerre entre doomers et boomers, les uns se cachent avec les autres. Pour les uns comme pour les autres, le capitalisme est la seule solution aux maux de la société. Les uns comme les autres voient l’IA comme inévitable et désirable parce qu’elle leur promet des marchés sans entraves. Pourtant, rappellent les chercheuses, le danger n’est pas celui d’une IA qui nous exterminerait. Le danger, bien présent, est celui d’une spéculation financière sans limite, d’une dégradation de la confiance dans les médias à laquelle l’IA participe activement, la normalisation du vol de données et de leur exploitation et le renforcement de systèmes imaginés pour punir les plus démunis. Doomers et boosters devraient surtout être ignorés, s’ils n’étaient pas si riches et si influents. L’emphase sur les risques existentiels détournent les autorités des régulations qu’elles devraient produire.
Pour répondre aux défis de la modernité, nous n’avons pas besoin de générateur de textes, mais de gens, de volonté politique et de ressources, concluent les chercheuses. Nous devons collectivement façonner l’innovation pour qu’elle bénéficie à tous plutôt qu’elle n’enrichisse certains. Pour résister à la hype de l’IA, nous devons poser de meilleures questions sur les systèmes qui se déploient. D’où viennent les données ? Qu’est-ce qui est vraiment automatisé ? Nous devrions refuser de les anthropomorphiser : il ne peut y avoir d’infirmière ou de prof IA. Nous devrions exiger de bien meilleures évaluations des systèmes. ShotSpotter, le système vendu aux municipalités américaines pour détecter automatiquement le son des coups de feux, était annoncé avec un taux de performance de 97 % (et un taux de faux positif de 0,5 % – et c’est encore le cas dans sa FAQ). En réalité, les audits réalisés à Chicago et New York ont montré que 87 à 91 % des alertes du système étaient de fausses alertes ! Nous devons savoir qui bénéficie de ces technologies, qui en souffre. Quels recours sont disponibles et est-ce que le service de plainte est fonctionnel pour y répondre ?
Face à l’IA, nous devons avoir aucune confiance
Pour les deux chercheuses, la résistance à l’IA passe d’abord et avant tout par luttes collectives. C’est à chacun et à tous de boycotter ces produits, de nous moquer de ceux qui les utilisent. C’est à nous de rendre l’usage des médias synthétiques pour ce qu’ils sont : inutiles et ringards. Pour les deux chercheuses, la résistance à ces déploiements est essentielle, tant les géants de l’IA sont en train de l’imposer, par exemple dans notre rapport à l’information, mais également dans tous leurs outils. C’est à nous de refuser « l’apparente commodité des réponses des chatbots ». C’est à nous d’œuvrer pour renforcer la régulation de l’IA, comme les lois qui protègent les droits des travailleurs, qui limitent la surveillance.
Emily Bender et Alex Hanna plaident pour une confiance zéro à l’encontre de ceux qui déploient des outils d’IA. Ces principes établis par l’AI Now Institute, Accountable Tech et l’Electronic Privacy Information Center, reposent sur 3 leviers : renforcer les lois existantes, établir des lignes rouges sur les usages inacceptables de l’IA et exiger des entreprises d’IA qu’elles produisent les preuves que leurs produits sont sans dangers.
Mais la régulation n’est hélas pas à l’ordre du jour. Les thuriféraires de l’IA défendent une innovation sans plus aucune entrave afin que rien n’empêche leur capacité à accumuler puissance et fortune. Pour améliorer la régulation, nous avons besoin d’une plus grande transparence, car il n’y aura pas de responsabilité sans elle, soulignent les chercheuses. Nous devons avoir également une transparence sur l’automatisation à l’œuvre, c’est-à-dire que nous devons savoir quand nous interagissons avec un système, quand un texte a été traduit automatiquement. Nous avons le droit de savoir quand nous sommes les sujets soumis aux résultats de l’automatisation. Enfin, nous devons déplacer la responsabilité sur les systèmes eux-mêmes et tout le long de la chaîne de production de l’IA. Les entreprises de l’IA doivent être responsables des données, du travail qu’elles réalisent sur celles-ci, des modèles qu’elles développent et des évaluations. Enfin, il faut améliorer les recours, le droit des données et la minimisation. En entraînant leurs modèles sur toutes les données disponibles, les entreprises de l’IA ont renforcé la nécessité d’augmenter les droits des gens sur leurs données. Enfin, elles plaident pour renforcer les protections du travail en donnant plus de contrôle aux travailleurs sur les outils qui sont déployés et renforcer le droit syndical. Nous devons œuvrer à des « technologies socialement situées », des outils spécifiques plutôt que des outils qui sauraient tout faire. Les applications devraient bien plus respecter les droits des usagers et par exemple ne pas autoriser la collecte de leurs données. Nous devrions enfin défendre un droit à ne pas être évalué par les machines. Comme le dit Ruha Benjamin, en défendant la Justice virale (Princeton University Press, 2022), nous devrions œuvrer à “un monde où la justice est irrésistible”, où rien ne devrait pouvoir se faire pour les gens sans les gens. Nous avons le pouvoir de dire non. Nous devrions refuser la reconnaissance faciale et émotionnelle, car, comme le dit Sarah Hamid du réseau de résistance aux technologies carcérales, au-delà des biais, les technologies sont racistes parce qu’on le leur demande. Nous devons les refuser, comme l’Algorithmic Justice League recommande aux voyageurs de refuser de passer les scanneurs de la reconnaissance faciale.
Bender et Hanna nous invitent à activement résister à la hype. À réaffirmer notre valeur, nos compétences et nos expertises sur celles des machines. Les deux chercheuses ne tiennent pas un propos révolutionnaire pourtant. Elles ne livrent qu’une synthèse, riche, informée. Elles ne nous invitent qu’à activer la résistance que nous devrions naturellement activer, mais qui semble être devenue étrangement radicale ou audacieuse face aux déploiements omnipotents de l’IA.
Hubert Guillaud
31.07.2026 à 10:15
Transiscope, au-delà de la carte
Texte intégral (6208 mots)
Résultat d’une écriture collective, Transiscope : Cartographier pour coopérer est un livre issu du projet Des Livres en Commun et dont la sortie est prévue le 8 septembre 2026. Il retrace une décennie d’expérimentations techniques et humaines visant à rendre visibles les alternatives sociales et écologiques, rôle que s’est donné Transiscope depuis sa création. Ce récit d’exploration analyse la construction d’un commun numérique conçu pour résister à la logique des plateformes prédatrices. Loin de se limiter à une présentation fonctionnelle d’un outil d’agrégation de données, ce livre documente les processus de coopération, les arbitrages éthiques face aux infrastructures matérielles et les défis organisationnels d’un collectif. Cet ouvrage dépasse la simple rétrospective pour devenir une ressource opérationnelle et politique, offerte en partage à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités.
Dans cet entretien qui tient lieu de teasing 😜, les auteurs reviennent sur les fondements politiques de leur démarche et sur la nécessité de structurer des solidarités techniques. Ils montrent comment la technique ne sert plus à capturer l’attention, mais à soutenir un archipel de résistances concrètes.
Cet ouvrage est issu de l’appel à publication 2024. Pour rappel, Des Livres en Communs (DLeC) est un projet éditorial qui vise à soutenir l’écriture même d’un livre, son processus de création autant que sa structuration, afin d’un faire un commun. Transiscope : Cartographier pour coopérer s’inscrit dans la logique éditoriale de DLeC : transformer un retour d’expérience singulier en un outil de transmission capable d’irriguer d’autres luttes. En documentant dix ans de trajectoire du collectif Transiscope, ce livre répond à l’exigence de DLeC de produire des écrits qui servent de communs à d’autres communautés. Il dépasse la simple logique d’auteur pour devenir un outil de transmission de savoir-faire organisationnels et politiques.
Genèse et contexte politique
Framasoft – Au début de l’ouvrage, vous situez l’émergence de Transiscope dans le sillage des mouvements horizontaux des années 2010 (Nuit Debout, Occupy). En quoi ce projet technique d’agrégation de données est-il une réponse politique à ce que vous appelez la « brutalisation » des rapports sociaux et la marchandisation du monde associatif ?
Jean-Baptiste – Oui tout à fait, avant d’être un projet techniquement très ingénieux basé sur des outils numériques « libres », le Transiscope est d’abord un projet politique à contre-courant. Il se fonde sur des logiques de coopérations, de réciprocités et de solidarités là où le système économique dominant est basé, lui, sur la rivalité et une compétition sans fin avec une concurrence de tous contre chacun induisant des logiques de prédation.
En tant que fondateur de l’OCMA (Observatoire Citoyen de la Marchandisation des Associations), nous sommes évidemment très sensibles à tout cela au Collectif des Associations Citoyennes (CAC). Pour deux raisons. La première est que nous cherchons à documenter ce processus qui dénature les associations en les poussant vers la recherche de productivité, de performance, de rentabilité, bref de lucrativité bien éloignée, théoriquement, de leur ADN fondateur fait de non-lucrativité et de désintéressement… La seconde raison, c’est que nous tâchons d’expliquer que cette tendance n’est pas une fatalité ! En effet, tous les jours, partout en France, des actions très pragmatiques, qui produisent beaucoup d’effets dans la vie de nos co-citoyens, se basent sur des valeurs différentes de celles de la rentabilité, de l’extractivisme et du productivisme, bref en marge du système dominant de l’économie de marché… mais quelle marge considérable ! D’une certaine manière, cela prouve que, décidément oui, « un autre monde est possible » puisqu’il y a un foisonnement de « déjà-là » d’alternatives. Grâce à cette carte du Transiscope, il apparaît sous nos yeux à travers ce maillage qu’on voit se développer sur les territoires. Et, au passage, quel plaisir de donner tort à la chantre du néo-libéralisme Margaret Thatcher et de tout ceux qui, à sa suite, reprennent son emblématique TINA (pour There Is No Alternative).
Le drame étant bien sûr que tout cela passe très largement sous les radars (il suffit de voir les problèmes posés par les indicateurs qui sont censés mesurés la « richesse » du pays ou tout simplement la façon dont la comptabilité est conçue de telle manière qu’on ne parvient pas à rendre compte de ce qui compte vraiment…) et c’est là qu’on apprécie l’apport d’un outil comme le Transiscope : dans sa capacité à documenter, cartographier, rendre visible et évident, faire connaître et mettre en avant et en lumière un formidable tissu d’actions collectives sans lesquelles notre société serait tout simplement invivable ! Ce n’est pas rien tout de même, ça compte et ça conte (au sens où ça raconte beaucoup de choses sur les initiatives sur lesquelles s’appuyer pour ne pas sombrer dans le pessimisme et la désespérance qui peuvent nous guetter parfois). Ça doit nous donner de l’allant et de l’élan, de l’ardeur à la tâche et du cœur à l’ouvrage !
Julien – Le projet Transiscope s’inscrit en opposition à la logique de concurrence qui régit l’ensemble de la société jusqu’au secteur associatif, il propose d’organiser matériellement (et donc techniquement) la solidarité entre des assos et des collectifs de luttes en partageant de l’information, des enjeux et des ressources. Très concrètement cela signifie que la logique organisationnelle du Transiscope est celle des communs, il s’agit de mettre en commun nos moyens (argent, temps de travail, locaux, réseaux etc.), de régir collectivement ces ressources et de les mettre au service de celleux qui luttent partout pour construire des alternatives à cette société brutale.
La « tragédie du LSD »
Framasoft – Vous évoquez avec une pointe d’humour l’idée d’une « tragédie du LSD », Libristes, Solidaristes, Durabilistes, pour désigner le travail en silo de ces mouvements. Comment Transiscope a-t-il réussi — ou tente-t-il encore — à faire de la technique un terrain de convergence plutôt qu’un facteur supplémentaire de fragmentation ?
Pierre-Alain – Transiscope est né du travail de nombreux milieux autour des enjeux de la coopération ouverte autour d’un concept ni trop fumeux, ni trop sérieux : le LSD.
À la fin d’une soirée sans doute arrosée (de pluie) à Brest en 2012, entre Laurent Marseault et Jean-Michel Cornu est née la tragédie du LSD. Ces drogués de la coopération ont su rendre accessible et léger un impensé de nos milieux militants pourtant féru de vivre ensemble et de coopération. Le LSD pour Libre, Solidaire et Durable. Nous sommes tous issus de parcours, d’histoires, de tempéraments différents. Nous utilisons du vocabulaire spécifique, et nous baignons dans des cultures différentes. Ce sont les premiers freins de notre impuissance !
Transiscope est né de cette nécessité d’une coopération plus ouverte pour dépasser les silos et les réflexes « identitaires ». Pour concevoir et agréger d’autres cartos, il a fallu concrètement se mettre à travailler ensemble. Transiscope a été un des plus puissants terrains d’expérience commune entre le monde du libre, celui des solidaires et celui des durables. Bien sûr, ces trois « familles » peuvent se croiser et se préciser. Nous avons tous en nous quelque chose de libre, de solidaire et de durable ! Mais un archétype permet aussi de cartographier les acteurs, les réseaux et de se concentrer sur l’essentiel : leurs liens et les énergies qu’il faut mettre en œuvre pour les initier et les nourrir.
Les libristes ont permis de concevoir l’architecture de la carte et de la faire évoluer sur un temps long. Leurs qualités sont essentielles : expertise technique, force d’une communauté capable de travailler à distance sans se connaître, réflexe de tout documenter et de protéger les ressources en Commun. Certes, nous avons eu la chance de travailler avec des libristes qui pouvaient parler sans code html ou markdown !
Les durables, ou durabilistes, ou bien encore les écolos, et même des écolos-bobos dans certaines grandes agglomérations ! Ce monde se croise dans des « bases », dans des jardins, à vélo ou dans les colloques sur l’énergie. Ils apportent la nécessité de la relation au vivant et au temps long. Ils nourrissent nos échanges par leur capacité d’incarner et de rendre accessible les savoirs experts des scientifiques. Et puis, depuis quelques années, ils commencent à croiser des habitants des quartiers populaires organisés autour de la reconnaissance d’une écologie populaire, trop souvent invisibilisée. Solidaires et durables ont permis de rendre puissante l’alliance entre écologie et social.
Les solidaires sont les plus anciens militants, souvent acteurs de luttes historiques et dans des champs très différents. Ils ont permis de rendre lisible sur Transiscope des milliers de points d’intérêts, lieux d’actions concrètes ancrées dans des territoires. Ils ont pu amener aussi une vision nourrie par l’histoire et la pensée politique. Ils portent les enjeux d’une société civile engagée dans la transformation politique.
Nous le savons toutes et tous, notre enjeu est dépasser le LSD pour retrouver les espaces naturelles de la relation. Avancer, chacun à une place qu’il lui semble utile, vers des d’alliances qui construisent notre puissance collective. C’est pourquoi coopérer est d’abord une question de posture. Savoir travailler avec d’autres personnes commence par savoir accueillir leurs qualités et complémentarités pour faire avancer le projet. C’est aussi avoir la curiosité de mieux connaître ce qui peut être un frein et un levier. C’est enfin la nécessité de lâcher prise, lâcher et faire confiance et donc accepter de se planter ! Planter des graines est aussi une posture modeste qui nous permet de rester sur Terre et essaimer est notre grande ambition.
Transiscope, en ce sens, a été un projet exemplaire et il l’est encore. Bien plus qu’un outil, il est un espace, un tiers espace, qui nous permet d’avancer, pas à pas, lors des rencontres en présentiel comme à distance vers des transformations utiles à toutes nos communautés.
Politisation de la technique
Framasoft – Vous affirmez qu’au sein de Transiscope, « la technique est politique ». Comment cette posture se traduit-elle concrètement dans le choix de soutenir le développement d’outils (comme le Bus sémantique ou Gogocarto) plutôt que de s’appuyer sur des solutions existantes. Une simple question de performance ?
Julie – Dès les prémices de Transiscope, les questions techniques ont été l’objet de délibérations politiques. En effet, il y avait dans le collectif des organisations comme l’Assemblée Virtuelle ou le mouvement des Colibris et des individu·es qui développaient un argumentaire solide autour de l’importance d’utiliser des outils libres et décentralisés, afin de ne pas dépendre des outils numériques capitalistes, alors même que nous nous battions pour proposer un autre chemin que celui des modèles économiques dominants. Nous faisons attention à ce que ces sujets soient discutés dans les instances stratégiques, afin d’éviter une répartition inégalitaire du pouvoir, où une sorte d’élite éclairée, possédant les compétences techniques, décide pour le reste du collectif.
Les arguments qui étaient alors mis en avant relevaient soit de la cohérence éthique (avoir des outils conformes à nos valeurs), soit du pragmatisme (avoir des outils dont nous avons la maîtrise). Parfois, il est arrivé que les outils existants ne suffisent pas à répondre à nos besoins : cela a été le cas pour le Bus Sémantique et pour GoGocarto. Le travail des deux développeurs en lien avec des organisations de la Transition ont permis de développer des outils correspondant aux besoins de terrain. Alors que le comité de pilotage de la Plateforme Web des Alternatives (qui deviendra par la suite Transiscope) devait décider des outils sur lesquels s’appuyer pour la cartographie, il est apparu que ces deux outils pouvaient couvrir les besoins mais qu’il était nécessaire que les deux développeurs s’entendent pour adopter des choix technologiques compatibles, ce qui a été permis par une discussion entre les deux.
Ces choix, même s’ils s’appuient sur un argumentaire partagé par l’ensemble du collectif, ne sauraient cacher qu’elles s’appuient avant tout sur le travail gratuit d’un nombre très réduit de personnes. Le jour où cette personne ou ces quelques individus partent ou s’épuisent, que se passe-t-il ?
Le mythe de l’immatérialité
Framasoft – Vous nous invitez à sortir du « mythe de l’immatérialité » du numérique pour affronter la réalité extractiviste de ce monde numérique. Comment Transiscope, pourtant intrinsèquement lié au Web, négocie-t-il cette contradiction entre l’ambition de transition écologique et la matérialité parfois insoutenable des infrastructures numériques ?
Florine – Nous nous invitons aussi nous-mêmes à sortir du mythe de l’immatérialité. Tout l’enjeu est de regarder cette contradiction en face : on veut montrer que le monde que nous projetons s’incarne déjà, et pour cela nous ne nous appuyons pas sur les outils des GAFAMS mais sur des outils libres. En cela, nous essayons de lever une contradiction : l’usage d’outils capitalistes accaparants des données personnelles par des acteurices en résistance contre le capitalisme. Reste que nos outils libres s’inscrivent dans ce que José Halloy appelle des technologies zombies, c’est à dire mortes à l’aune de la durabilité – puisqu’elles épuisent les ressources matérielles nécessaires et reposent sur l’utilisation d’énergie non renouvelable – mais envahissant le monde au détriment des humain·es et de la biosphère. En outre, ces technologies « numériques » reposent sur l’exploitation d’humain·es, en particulier du Sud global. Dans ce contexte, parler de « commun numérique » peut paraître aberrant, puisque sa matérialité repose sur l’exploitation des Autres.
Nous avons donc fait un bout du chemin en dégafamisant nos usages numériques et en construisant des outils libres, mais du chemin reste à faire pour construire un autre numérique au moment où l’IA vient peser encore davantage sur sa matérialité.
Julien – Comme beaucoup, nous n’échappons pas aux paradoxes des luttes écologistes, car nos moyens d’action et de coordination reposent sur des infrastructures matérielles qui accélèrent les dérèglements climatiques et l’exploitation Nord-Sud. Le projet Transiscope s’est construit sur un paradoxe central, avec d’un côté l’idée d’outiller efficacement les alternatives et de l’autre l’ambition de faire réellement advenir ces alternatives et donc de construire un autre rapport au monde (y compris numérique). Si pendant longtemps la première dimension a pu dominer la réalisation du projet, après tout ce chemin parcouru, il nous semble aujourd’hui nécessaire d’affronter plus directement cette contradiction en faisant davantage de place à la seconde ambition qui implique de penser et d’appliquer concrètement la décroissance minérale, la solidarité internationale et la dénumérisation.
Négocier nos contradictions ça ne veut pas dire nécessairement les dépasser grâce à une solution magique (numérique éthique) mais d’y faire face, en s’attelant à ce que le syndicalisme révolutionnaire appelait la « double besogne » (Charte d’Amiens, 1906). Stratégie qui vise autant à grappiller des améliorations concrètes pour les travailleurs (réduction du temps de travail et augmentation des salaires) qu’à préparer l’émancipation intégrale qui ne pourra se réaliser qu’avec l’expropriation capitaliste. Pour nous, cette double besogne, s’incarnerait donc autant par la contribution à des infrastructures numériques libres, adaptées spécifiquement aux contextes et aux besoins de leurs utilisateurices et contrôler directement par elleux, que par l’implication dans une politisation collective de la technique et la mise sous contrôle démocratique du développement numérique, y compris jusqu’à l’expropriation des BigTech et le démantèlement de leurs infrastructures.
Archipel
Framasoft – Vous empruntez à Édouard Glissant la notion d’archipel pour définir votre mode d’organisation. Comment ce modèle permet-il de maintenir un « centre vide » au service des relations, sans tomber dans les pièges de la hiérarchie ou, à l’inverse, de l’inefficacité organisationnelle ?
Bruno – Une organisation et une gouvernance en « Archipel » est une communauté de partage. Elle implique donc un changement de posture tant individuel que collectif afin de passer de la concurrence et de la subordination à la coopération, du « pouvoir sur » au « pouvoir d’agir ». Le respect de chacun, l’entraide, la qualité d’écoute et la recherche du consentement sont les déterminants fondamentaux des relations dans toutes les différentes instances de l’Archipel.
L’objet de Transiscope était de créer un commun en reliant des organisations et des groupes de personnes (les îles) pour faire vivre ensemble un projet commun en coopération. Chaque organisation participe à ce projet commun en coopération tout en cultivant son identité-racine, en pleine autonomie. Dés l’origine du projet nous avons confié à une instance communautaire (le copil) le pouvoir d’agir au service du projet commun. Chaque île de l’Archipel est représentée au sein de cette instance communautaire qui acte la politique de l’Archipel, sa stratégie et la feuille de route de ses actions. Le copil est un espace d’animation et de coordination, les actions, elles sont menés en constituant des groupes-projet validés par l’instance communautaire. Ces groupes-projets ont un objet défini qui détermine une durée limitée. Ils décident de leur mode de fonctionnement et la manière de réaliser leurs actions, et rendent compte de leur action aux autres instances de l’Archipel à travers le copil.
« Le pouvoir de son centre est vide » : ce pouvoir d’agir, de service et de création, est non appropriable ; au sein du copil il n’y a pas de hiérarchisation de pouvoir, les décisions sont prises ensemble et par consentement. Des le démarrage du projet nous avons décidé de faire appel a un facilitateur pour animer le copil, ce facilitateur n’est pas membre du copil, il ne représente pas une organisation et n’est pas impliqué dans les actions, son unique rôle et de faciliter le fonctionnement et l’animation du Copil, il n’a donc pas d’enjeu de pouvoir personnel ou organisationnelle. Nous avons également décidé de ne pas créer de statut juridique afin de ne pas institutionnaliser le projet et de le maintenir dans une démarche de coopération. Pour permettre de développer et de gérer les aspects juridiques et financiers de l’Archipel nous avons fait le choix de créer une entité-support ayant une personnalité légale : l’association de soutien au Transiscope, qui n’avait vis-à-vis de l’Archipel qu’une fonction de gestion de moyens au service de celui-ci.
Ce mode d’organisation a démontré au fil du temps sa pertinence et ses limites. Sa pertinence c’est qu’il n’y a jamais eu de conflit de pouvoir au sein de Transiscope, le projet a su se développer dans une véritable culture de coopération de démocratie et de respect mutuel. Par contre la limite de ce système repose sur la capacité de mobilisation des îles au sein de l’archipel, pour avancer le projet a besoin d’une mobilisation permanente des membres dans les différentes instances (groupe projet, copil, …) et de temps d’animation régulier pour assurer une bonne coordination et une intelligence collective.
Le « Putain de Facteur Humain » (PFH)
Framasoft – Le lecteur peut être parfois surpris par votre récit car vous ne cachez pas les frictions et les doutes au sein du collectif. Pourquoi était-il essentiel pour vous de livrer un récit sincère du cheminement humain, loin d’un storytelling lissé qu’on rencontre souvent ?
Audrey – Un collectif traverse de nombreuses phases, souvent peu visibles aux membres qui en sont parties prenantes. Un des rôles de la personne qui facilite le projet est de rendre visible ce qui se joue entre les membres et les organisations, de créer des espaces de discussion, d’analyse, de prise de décisions et de faire en sorte que le groupe trouve des solutions par lui-même. La neutralité de la facilitation n’existe pas réellement car le choix même des outils utilisés implique déjà une vision du monde et de la coopération. Mais la fonction du tiers extérieur est précieuse.
Dans le milieu de l’Économie Sociale et Solidaire, il me semble qu’on fantasme souvent des collectifs assez lisses, où tout le monde s’entend bien, sans friction. Or, non seulement c’est illusoire, mais c’est aussi contre productif. Le collectif avance parce qu’il y a débats, dissensus, et parfois conflits. Un groupe devient mature en apprenant à se connaître et en surmontant les blocages. Par contre, cela demande de la confiance entre les membres, et dans le cadre commun, le pacte construit ensemble. Nous avons toutes et tous évolués dans notre manière de faire collectif avec Transiscope, car nous avons appris de la vision du monde, des imaginaires et des façons de faire. Cela est passé par le fait de « baisser les masques » et de se raconter réellement qui était autour de la table. Ce qui ne peut se faire que sur du temps long.
Julien – Pour nous il était clair que ce livre ne pourrait avoir un intérêt que si nous parvenions à ne pas édulcorer notre histoire, en proposant une version lisse d’une « belle aventure/réussite ». Trop souvent nous sommes amenés à raconter nos histoires collectives comme on pitch un projet pour espérer décrocher un financement, or de cela il ne peut émerger qu’un pur discours de communication décorrélé de la complexité de nos réalités. Pour offrir une ressource opérationnelle et politique à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités, cela impliquait d’aborder le plus honnêtement possible les difficultés, les impasses et les échecs rencontrés, parce que nous sommes bien conscients que si celles-ci disent quelque chose de nous, elles disent surtout beaucoup de notre époque et des changements du secteur associatif en général.
Ce que nous avons construit ensemble c’est un drôle d’attelage qui a fonctionné dans la durée parce que nous avons appris à faire de la place à chacun.e d’entre nous et par conséquent, accepter d’osciller constamment entre l’avancée d’un projet et sa remise en cause. Pour nous l’expérimentation n’est pas un horizon lointain mais une pratique concrète qui implique de renoncer à liquider le « putain de facteur humain » au nom d’une efficacité fantasmée. Chaque projet, qu’il soit technique ou non, repose sur celleux qui le font vivre et c’est cette vie collective qu’il faut apprendre à voir comme une dimension intrinsèquement politique et en perpétuelle construction. Ce que nous espérons livrer dans cette contribution collective, ce n’est ni une recette pratique pour coopérer, ni une ligne à suivre, mais une histoire particulière faite de tentatives pour construire un commun, en espérant que celle-ci résonnera avec d’autres.
La propriété des données
Framasoft – Transiscope agrège des données qu’il ne possède pas. Dans un monde où la donnée est le nouvel or noir des « Ogres » numériques, vous prenez soin des sources et tentez de protéger ce commun. Les licences sont-elles libres ? pourquoi ces choix ?
Simon – Les licences sont libres mais nous avons tenté d’acculturer les sources au concept des licences et au caractère politique que revêt le choix d’une licence. Nous avons présenté dans un document et en webinaire le choix politique que nous privilégions, à savoir l’autorisation de l’usage commercial et la non-viralité, car c’est ce que nous estimons être le meilleur choix pour créer des communs. Les sources des données que nous agrégeons sont libres d’avoir une lecture différente du monde et des communs et Transiscope accueille cette pluralité comme elle accueille la diversité des technologies des sources. Comme pour les alternatives qui doivent respecter une charte, la licence doit cependant respecter une « ligne rouge » : elle doit être copyleft. C’est le plus petit dénominateur commun nécessaire à construire ce commun numérique et cela a permis d’annoncer rapidement à toutes les potentielles sources cette condition et d’en écarter certaines, et a permis de clarifier le périmètre idéologique du projet et de le construire avec les sources qui le partagent.
L’IA
Framasoft – Il faut bien en parler puisque c’est le grand sujet du moment. Le livre relate un débat au sein du comité de pilotage sur l’usage de l’intelligence artificielle pour la catégorisation des événements. Comment avez-vous arbitré entre le gain de temps (facteur de survie pour les bénévoles) et les problèmes éthiques posés par ces outils ?
Julie – Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, pour politiser les choix techniques, il est indispensables qu’ils soient discutés dans une instance stratégique et pas réservés à des personnes ayant des pré-requis techniques. Cela implique donc un travail collectif d’acculturation à la technique, pour permettre à chacun·e de participer en ayant un avis éclairé.
Un des membres de Transiscope a proposé d’avoir recours à l’intelligence artificielle pour automatiser la catégorisation des événements et ainsi gagner du temps, alors même que l’énergie bénévole est extrêmement rare au sein de Transiscope. Cette discussion, qui a eu lieu en comité de pilotage, a débuté par une explication technique de ce qu’il y avait derrière l’intelligence artificielle proposée et une discussion sur les données, le choix du modèle et son impact. Au final, nous avons décidé de tester cette automatisation à titre expérimental, mais la discussion n’est pas si évidente car elle est tiraillée entre d’une part le soin de l’énergie bénévole et d’autre part des enjeux éthiques : personne n’a envie de choisir entre les deux !
Un processus ou un outil
Framasoft – Citons une phrase du livre : « Transiscope est moins un produit à finir qu’un processus à habiter ». Est-ce à dire que l’utilité finale de la carte est secondaire par rapport à la culture de coopération qu’elle a générée entre vos organisations ?
Julien – L’ambition de Transiscope était de fournir un outil qui facilite la coopération entre alternatives. Cartographier des alternatives c’est montrer qu’il existe plusieurs mondes dans le monde, que d’autres horizons se dessinent et qu’ils méritent que l’on se batte pour eux. Si nous continuons à croire dans l’intérêt de ce projet, nous avons constaté que la construction d’un outil n’a que peu à voir avec le travail politique de coopération inter-collectif. Obtenir de l’information et la mette en visibilité ne présage aucunement de la façon dont celle-ci servira de prétexte à des rencontres concrètes et à des échanges organisationnels. Pour faciliter cette étape, nous avons choisis d’organiser régulièrement des rencontres avec d’autres acteurices sur différents territoires pour faire se rencontrer des alternatives, mais là encore ces tentatives se sont avérées limitées parce que la construction d’une coopération implique d’abord du temps pour faire naître de la confiance et une culture partagée. C’est précisément cet aspect que nous avons réussi à construire au sein du collectif Transiscope mais pas à sa marge avec celleux que nous mettions en visibilité sur notre cartographie. Peut-être qu’après tout ce travail est de toute façon démesuré pour un petit collectif comme le nôtre, mais il nous semble toujours primordial parce que si nous souhaitons construire des solidarités fortes, ce patient travail de fédération est indispensable.
Aujourd’hui la question de la visibilité se pose autrement : est-ce que ce dont nous avons besoin c’est d’être visibles sur Internet ou d’être en lien les un.es avec les autres concrètement à travers des réseaux de solidarité matériels et politiques ? Cette question est décisive et vertigineuse parce que la réponse que nous déciderons de lui donner implique de repenser une grande partie de notre stratégie d’action et de nos moyens d’organisation. Apprendre à collaborer c’est faire de la place à une autre logique que celle qui consiste à mener à bien un projet, sans dire que ces deux logiques sont irréductibles l’une à l’autre, elles sont bien souvent contradictoires et c’est bien dans cette contradiction que réside à la fois la richesse et l’immense complexité des communs.
Florine – Dans le contexte politique actuel, une question se pose : faut-il continuer à rendre visibles les alternatives ? Autrement dit, comment s’identifier et se renforcer entre alliés, tout en ne facilitant pas, par cette visibilisation, l’attaque de nos collectifs par des adversaires politiques, voire par un régime autoritaire ?
L’avenir des luttes
Framasoft – Face à l’épuisement de la « stratégie du colibri », vous plaidez pour une « stratégie de pompiers », coordonnée et robuste. Pour le mot de la fin : c’est quoi le message ?
Bruno – Face à une société de plus en plus organisée autour d’un pouvoir financier prédateur qui nous individualise pour mieux nous contraindre, le développement des alternatives citoyennes, bien que nécessaire, n’est plus suffisant. Nous devons relier toutes ces initiatives pour faire système et, plus encore, nous devons travailler à la convergence de tous ceux qui luttent pour qu’un autre monde soit possible.
La stratégie de pompiers devient une nécessité face à l’urgence, il ne s’agit plus de laisser à chacun le soin d’inventer ses solutions mais de construire ensemble une alternative crédible et désirable pour la majorité qui subi. Cela nous oblige à nous compter, à nous relier, à nous écouter pour trouver nos points de convergence, à changer nos méthodes pour être capable de coopérer au service d’un projet commun. Transiscope est un commun coopératif et numérique qui, tant par sa nature coopérative que par ses développements numériques, contribue à ce paradigme, nous ne pouvons que souhaiter que les acteurs de la transformation sociétale s’en saisissent.
27.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 27 juillet 2026
Texte intégral (9959 mots)
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Confrontée à une importante crise de l’eau, l’Angleterre a renforcé les restrictions concernant la consommation d’eau. Résultats : le nombre de conflits de voisinage a explosé, pour se transformer en une véritable bataille politique.
- Donald Trump annonce des droits de douane de 100 % sur les médicaments génériques dès 2028 (france24.com)
À partir d’août 2028, les États-Unis imposeront des droits de douane de 100 % sur les médicaments génériques, a annoncé le président Donald Trump mardi. Objectif : relocaliser la production des produits pharmaceutiques sur le territoire américain.
- Researchers used electric stoves to treat asthma. It worked. (climatecoloredgoggles.com)
There’s already lots of research showing that gas stoves fill our homes with nasty air pollution, including cancer-causing chemicals and toxins that increase the risk of kids getting asthma.
- Emails show how Virginia regulators downplayed data center health concerns (politico.com)
- Expulsions massives, prisons privées : les États-Unis de Trump se transforment en État policier (basta.media)
Meurtres policiers, détention de masse, surveillance généralisée : guidé par la discrimination raciale, Trump redessine jour après jour les contours de l’appareil policier états-unien. Une politique qui bénéficie de puissants relais publics comme privés.

- US government targets Cop City protester over phone operating system (theguardian.com)
Concern over US effort to prosecute Sam Tunick, accused by authorities of wiping his phone using GrapheneOS
- Hackers stole ‘significant’ amount of data from tech firm relied on by thousands of US hospitals and pharmacies (techcrunch.com)
- Hackers are exploiting recently patched WordPress bugs, putting millions of websites at risk (techcrunch.com)
- The Hidden CCS2 Attack Surface on EV Chargers (saiflow.com)
An EV charger’s charging port is a network port. We found SSH and Telnet services exposed on XCharge C6 chargers with default root:root credentials. A threat actor with a malicious EV can gain immediate full control access on the charger and perform energy theft or potentially cause physical damage.
- Peter Thiel and other tech billionaires are publicly shielding their children from the products that made them rich (fortune.com)
Despite building an increasingly screen-focused world, billionaire tech leaders are keeping their own children away from the tech they helped create.
- For Taylor Swift, Madison Square Garden’s Controversial Cameras Briefly Went Dark (wired.com)
MSG’s sprawling surveillance system can monitor guests down to the second. Its owners made an exception for the pop star’s rehearsal dinner.
- La météorite tombée dans le salon de ce couple américain abrite un trésor inestimable, affirment les chercheureuses (slate.fr)
- Robot snakes searched for Venezuela earthquake survivors in collapsed buildings (arstechnica.com)
- Chili : une violente tempête fait dix morts et laisse 100 000 personnes isolées (rfi.fr)
Les scientifiques avertissent que l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle du globe augmenteront à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.
Spécial IA
- New Zealand : Greens call for one-year pause on AI data centres (stuff.co.nz)
The party, which is holding its annual general meeting in Auckland on Sunday, announced a policy of pausing any data centre consents for a year. It comes after the Labor-led Government in Australia tightened the rules for these developments. “Right now, AI data centres can be consented behind closed doors, with no community input”
- AI Kill Switch Act would let Trump admin order shutdown of rogue AI systems (arstechnica.com)
the bill would let the Trump administration and future administrations decide when an AI company must block user access, disable or restrict a particular capability, or shut an entire AI system down completely. The bill would require AI makers to deploy technical capabilities allowing them to throttle or shut down the systems when ordered to do so
- OpenAI says its AI technology acted on its own in an ‘unprecedented’ hack of another company (apnews.com)
- AI chatbots are at risk of spreading government restrictions on online speech, a new study says (apnews.com)
major AI systems, including those built in the U.S., are more likely to refuse to criticize restrictive leaders or governments. It raises concerns that the large language models powering chatbots and AI agents could be regurgitating and spreading government influence over online speech as the technology is increasingly adopted worldwide.
ClaudeAnthropic peut désormais apprendre votre façon de travailler… en regardant votre écran (clubic.com)- Scientists Warn Wildlife Photographers’ AI-Enhanced Bird Photos Could Threaten Research (petapixel.com)
- AI Companies Are Buying Tons of Old Books Because They’re Free of AI Slop (news.slashdot.org)
ISBNdb advertises that it can keep the identity of AI companies secret. […] ISBNdb notes that AI companies may not want to be caught destroying printed books during the scanning process. “The optics problem is real,” ISBNdb’s site says. “‘AI company destroys two million books’ is not a headline that generates sympathy.”
- Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ? (next.ink)
Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

- Google just had its first negative cash flow quarter due to massive AI spending (arstechnica.com)
- IA : Microsoft signe un accord avec Mistral pour utiliser ses infrastructures en Europe (france24.com)
Microsoft a accepté d’investir des milliards de dollars dans l’infrastructure informatique de Mistral en Europe
- Linux kernel team publishes 432 CVEs in two days (theregister.com)
Sunday-to-Monday onslaught fuels speculation over AI-assisted bug reportsIf you’re responsible for Linux security, someone just dumped a pile of work onto your desk : 432 Linux kernel CVEs were published across Sunday and Monday this week. Linux watchers at nixCraft pointed out the volume on Monday morning, and it didn’t take long for seasoned sysadmins to start expressing concerns.
- Protecting our FLOSS commons from LLMs (blog.codeberg.org)
Two motions regarding “artificial intelligence” and Large Language Models (LLMs) were voted on among Codeberg e. V. members and passed. We are promising to not use any of your data to train LLM and explain what the planned Terms of Use change mean for ‘vibe-coded’ projects. We believe that LLMs endanger the free/libre software ecosystem as a whole.
Voir aussi L’anti-GitHub européen dit non au code écrit par Claude et Codex (clubic.com)
Pendant que GitHub continue d’intégrer Copilot à chaque recoin de sa plateforme, son concurrent européen a pris la direction exactement inverse. Le 22 juillet 2026, la communauté de Codeberg a voté à 71 % l’interdiction des dépôts majoritairement générés par IA, avec Claude et OpenAI Codex nommément dans le viseur. Une prise de position qui traduit autant un choix éthique qu’une contrainte économique très concrète.

- Amsterdam activists throw acid at Microsoft datacenter project (theregister.com)
Extinction Rebellion claims responsibility for chemical-filled balloon attack targeting concrete and steel
- Combien d’énergie consomme vraiment l’IA ? La réponse en infographies (reporterre.net)
Spécial Israël
- ‘Drop Project Nimbus !’ : Protester of Amazon Genocide Complicity Put in Chokehold at ‘AI for Good’ Summit (commondreams.org)
A protester was violently removed from the United Nations AI for Good Global Summit in Geneva on Wednesday after Palestine defenders disrupted a presentation by a senior Amazon executive to denounce Big Tech’s complicity in Israel’s genocidal war on Gaza.
- Scottish pro-Palestine activist arrested ‘for reading poem about Gaza’ (thenational.scot)
Bill Williamson, 74, who lives in Ardentinny, said he had been at a weekly Palestine vigil outside Dunoon Burgh Hall on July 4 when he was approached by a pair of police officers while he was reading out Don’t Mention The Children by the Jewish writer Michael Rosen through a megaphone.[…] “Initially I thought, just let this die a death. But then I thought, people are not hearing about this gradual erosion of our civil liberties.“I thought, this is intimidation. The more people that know about it, I think the better.”
- UNESCO adds West Bank site and Lebanese castles to World Heritage List despite Israeli objections (apnews.com)
- Reclaiming stolen childhoods : swimming classes resume in Gaza after three years of war (theguardian.com)
In sea pools built with sandbags and rubble, Amjed Tantesh gives traumatised children brief respite from their daily lives
- « 45 °C sous les tentes » : Israël restreint l’accès des Palestinien·nes à l’eau et à la fraîcheur en pleine canicule (reporterre.net)
- L’armée israélienne bombarde des appartements à Gaza et tue 11 personnes dont 3 enfants (humanite.fr)
Onze personnes ont été tuées samedi 18 juillet par l’armée israélienne, après un bombardement sur un immeuble. 1 144 Palestinien·nes ont été tué·es à Gaza depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu ».

- Bande de Gaza : L’ONU dénonce « l’intensification » récente des frappes israéliennes sur le territoire palestinien (lemonde.fr)
- Why Israel needs to continue its genocidal war on Gaza (mondoweiss.net)
Amid an alleged ceasefire, Israel continues massacring Palestinians and stealing land in Gaza. The ongoing violence is not accidental : it is a political necessity for any Israeli government in power.
- Israeli shelling, incursions continue in southern Lebanon as army deployment enters 2nd day (middleeastmonitor.com)
- Cultiver la vie dans les cendres : écologies de survie au Liban-Sud (terrestres.org)
L’invasion israélienne du Liban-Sud ne détruit pas seulement des vies, des champs et des vergers : elle annihile les habitats et fait tout pour rendre le retour impossible. Parmi celles et ceux qui ont choisi de rester malgré le danger, des femmes s’attachent à cultiver la terre.
Spécial Barbara Butch
- En soutien à Barbara Butch, Alain Chabat et plus de 300 artistes signent une tribune (huffingtonpost.fr)
« Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine. »

Voir aussi La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI pour provocation à la haine et à la violence (huffingtonpost.fr)Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite OMERTA et l’essayiste Alain Soral
- Après l’affaire Barbara Butch, le responsable LFI à Grenoble Allan Brunon porte plainte pour menaces de mort (liberation.fr)
- La solidarité avec le peuple palestinien n’est pas un crime (politis.fr)
- Derrière l’affaire Barbara Butch : l’histoire d’un « progressisme » à géométrie variable au PS (problematik-media.com)
Spécial femmes dans le monde
- Sex work or starve : Aid workers in Nepal left jobless by USAID cuts turn to sex work to survive (independent.co.uk)
After the United States slashed its foreign aid funding last year, more than 280,000 aid workers worldwide lost their jobs
- « Il se prenait pour le gardien de la morale » : l’entourage de l’ex-élu UDC accusé de viol témoigne (blick.ch)
- Women’s Tennis Association implements compulsory gene testing (sportresolutions.com)
The Women’s Tennis Association (WTA) Tour has aligned itself with the International Olympic Committee, World Athletics and World Boxing and has made it mandatory for its players to undergo a “one-time screening process for the SRY gene” to secure their eligibility in the women’s category.
- Les applis dédiées au suivi des règles partagent vos données et c’est un problème (slate.fr)
Pour une app libre et respectueuse des données des utilisateurices (et donc disponible sur F-Droid) : Drip.
RIP
- Mort de Jennifer Finch, L7 et le rock féministe perdent une de leurs pionnières (telerama.fr)
La bassiste, figure de la scène underground de Los Angeles, a succombé à un cancer du cerveau. Sa formation a marqué le rock alternatif des années 1990 par son énergie punk et son engagement féministe.
Spécial France
- Dans le camp de Tsoundzou, à Mayotte, les oublié·es de la route migratoire de l’océan Indien (theconversation.com)
- Dépendances numériques : le plan de la commission d’enquête parlementaire pour émanciper la France des Big techs étasuniennes (synthmedia.fr)
- IA agentique et données personnelles : la CNIL et le Conseil de l’IA et du Numérique publient une note exploratoire (cnil.fr)
- “Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle” : pourquoi le projet de recherche de Doctolib suscite la controverse (usine-digitale.fr) – Lien vers le formulaire pour s’opposer à la réutilisation de ses données (doctolib.fr)
- Tour Montparnasse : le chantier titanesque de rénovation a débuté, dans l’incertitude sur la suite du projet (liberation.fr)
La première phase des travaux comprend le désamiantage et le retrait du bas de la façade de l’édifice. Mais l’envolée des coûts, désormais estimés à 800 millions d’euros, partage les copropriétaires sur l’ampleur de la restructuration.
- Incinération dans le 94 : comment Paris pollue sa banlieue (blogs.mediapart.fr)
Hier au Conseil de Paris, s’est tenue une délibération relative à l’achat par la Ville de Paris d’un terrain dans le quartier des Ardoines à Vitry-sur-Seine. Cet achat est la première étape du projet contesté « Thermo-sur-Seine », construction d’une usine d’incinération de déchets industriels dans le 94, destinée à produire du chauffage pour… Paris.
- En manque de piscines, la Seine-Saint-Denis ouvre ses rivières (reporterre.net)
- D’abord mis en pause, le projet Rive Droite définitivement abandonné par la Métropole de Lyon (lyoncapitale.fr)
- 5 764 décès en excès en France durant la période de canicule du 17 juin au 2 juillet (santepubliquefrance.fr) – voir aussi ‘Unprecedented’ : France records 5,764 excess deaths during June-July heatwave period (france24.com)

- Canicule : près de 700 000 poules pondeuses sont mortes en France (reporterre.net)
- « J’ai cru que ma vie allait partir en fumée » : les grimpeureuses pleurent la forêt de Fontainebleau (reporterre.net)
« L’idée de regrimper là-bas, c’est juste impensable. Ça n’a plus de sens »
- La forêt et ses animaux « sacrifiés » : après l’incendie, la Drôme pleure son patrimoine naturel (reporterre.net)
L’incendie qui a ravagé 4 400 ha de forêt dans la Drôme a mis près d’un mois à être fixé. Faute de moyens, les pompiers ont priorisé les personnes et les biens et laissé brûler la forêt, avec des dommages encore inconnus sur les espèces locales.
- Incendie à Nantes : quand l’inaction climatique rencontre l’inaction sociale (nantes.indymedia.org)
Lundi 20 juillet, un incendie a ravagé près de 10 hectares au chemin du Moulin-des-Marais à l’est de Nantes. 20 à 30 caravanes ont brûlé. Une soixantaine de familles ont tout perdu : leurs habitations, leurs affaires, leurs médicaments, leurs souvenirs de famille… Ce sont des familles roms, installées depuis des années dans cette agglomération.
- Débordés par les feux, les sapeurs-pompiers crient leur mal-être : « Les corps sont mis à rude épreuve » (huffingtonpost.fr)
Confrontés à une violente saison des feux, les volontaires comme les professionnels sont poussés dans leurs retranchements. Les syndicats réclament plus de moyens.
Voir aussi Incendies : les pompiers alertent sur leur épuisement après trois décès en deux semaines (sudouest.fr)
- “C’est scandaleux” d’avoir cinq Canadair disponibles sur 12 pour lutter contre les incendies, déplore un commandant de bord de Canadair (franceinfo.fr)
“À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux” […] ce manque d’avions rend “pratiquement totalement inefficace” l’action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement.
- Avec les incendies en Gironde et dans les Landes, le gouvernement se retrouve sous pression (huffingtonpost.fr)
L’ampleur des feux dans le Sud-Ouest renvoie Laurent Nuñez à la promesse d’un projet de loi dédié à la sécurité civile et jamais concrétisé. Sans oublier le « nerf de la guerre » : le financement.
- Incendie en Gironde : la presqu’île du Cap-Ferret évacuée, Macron appelle l’Europe en renfort (huffingtonpost.fr)
- Fumées, cendres et sidération : Bordeaux suffoque sous l’incendie de Gironde (reporterre.net)
Le changement de direction du vent a plongé Bordeaux sous un dôme de fumée vendredi soir
- Contre les incendies, l’A400M d’Airbus sera bientôt mobilisé pour épauler les pompiers (huffingtonpost.fr)
L’appareil en question est un A400M d’Airbus, utilisé d’ordinaire par l’armée pour le transport militaire. Il sert à véhiculer des soldats, du matériel, de gros équipements comme des hélicoptères et des véhicules blindés.
Voir aussi Face aux incendies en Gironde, l’A400M va être déployé pour la première fois dès ce samedi (huffingtonpost.fr)
- Incendie en Gironde : l’auteur de cette photo virale d’un couple à la plage raconte ce qu’il faut vraiment y voir (huffingtonpost.fr)

- Ce qu’est un orage de feu, phénomène inédit qui a conduit à des évacuations près de Bordeaux (huffingtonpost.fr)
Plusieurs communes voisines de Bordeaux ont été évacuées dans la nuit de vendredi après l’apparition d’un pyrocumulonimbus, phénomène jamais observé en France.
- Au cœur d’un été cataclysmique, TotalEnergies annonce 9,8 milliards d’euros de profits (reporterre.net)
- Bénéfice net de 4,3 milliards d’euros : que cache le « modèle diversifié » vanté par BNP Paribas ? (humanite.fr)
Outre TotalEnergies et ses gains glanés sur le dos de la guerre au Moyen-Orient, BNP Paribas a dévoilé, jeudi 23 juillet, un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. Malgré cela, aucune taxation de ces bénéfices n’est à ce jour prévue. […] le « modèle diversifié » de la BNP Paribas à tout l’air d’une formule pour adoucir le réel : des profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie.
Spécial femmes en France
- L’Assemblée adopte la perpétuité pour les viols en série sur mineur·e, avec le projet de loi sur la protection de l’enfance (huffingtonpost.fr)
Le gouvernement avait réclamé un nouveau vote sur cette disposition du projet de loi, après un premier rejet dû à l’opposition des groupes de gauche.
- Une enquête ouverte contre le réseau Wyylde, utilisé dans une affaire de viols collectifs filmés en Gironde (humanite.fr)
Le principal mis en cause, Christophe B., est accusé d’avoir recruté des hommes afin de violer collectivement et face caméra plusieurs de ses compagnes successives.[…]Dix-neuf hommes sont désormais mis en examen, pour viols collectifs filmés, accompagnés d’« actes de barbarie » et de « crimes sexuels avec torture »
RIP
- Mort de Marie Paule Belle, la chanteuse du tube féministe « La Parisienne », à 80 ans (huffingtonpost.fr)
Spécial médias et pouvoir
- « Si on peut utiliser les moyens des médias Bolloré pour diffuser nos idées… » Le livre d’un député LFI publié dans la maison d’édition d’extrême droite Fayard de Vincent Bolloré (streetpress.com)
- Hugo Clément, et le jeu dangereux de l’écologie « dépolitisée » (reporterre.net) – voir aussi « Vakita », un média financé par des milliardaires et des partenariats (reporterre.net)
Si « Vakita », le média du journaliste Hugo Clément, s’affiche comme « 100 % indépendant », il a en réalité été financé par plusieurs milliardaires. Il bénéficie aussi des retombées de partenariats avec des marques, quitte à brouiller son activité journalistique.
- L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible (blogs.mediapart.fr)
Chaque semaine charrie son lot de violences à l’encontre de celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se définissent comme « écologistes » ou sont identifié·es comme tel·les.
- Makassar en faillite : sauvons l’édition indépendante (bibliolingus.fr)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Inégalité fiscale : ces 133 000 riches qui échappent à l’impôt (alternatives-economiques.fr)
- « Les fonctionnaires sont là pour servir le collectif, dans un monde ultra-individualiste, mais n’ont plus les moyens de le faire » (basta.media)
- Nouvelle ponction de l’État sur l’Assurance chômage : « L’Etat pique l’argent qui sont des cotisations salariales », dénonce le sénateur Olivier Henno (publicsenat.fr)
Alors que le gouvernement compte pratiquer une nouvelle ponction dans les comptes de l’Unedic, plaçant l’organisme dans le rouge, les sénateurs de droite comme de gauche dénoncent la pratique, qui dure depuis trois ans. « C’est scandaleux, ce qu’il s’est passé entre 2023 et 2026 de façon insidieuse », pointe la sénatrice LR Frédérique Puissat.
- Le gouvernement va doubler le plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et les médicaments, de 100 à 200 euros (franceinfo.fr)

- Malgré la réintroduction dérogatoire de pesticides, la loi d’urgence agricole adoptée par l’Assemblée nationale (huffingtonpost.fr)
Clivant jusqu’au sein du bloc central, le projet de loi agricole a été voté par l’Assemblée nationale, avant un dernier passage au Sénat dans quelques heures.
Voir aussi Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux (basta.media)
Le gouvernement et les député·es du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
Et Loi d’urgence agricole adoptée à l’Assemblée : le gouvernement divise jusque dans ses rangs et couronne l’agrobusiness (humanite.fr)
- À la demande de Macron, la ministre de la Transition écologique reste à son poste (reporterre.net)

- La loi Montagne favorisera « une colonisation par les résidences secondaires » (reporterre.net)
- Financements, start-up d’État… ce que prévoit le gouvernement pour reconstruire les forêts (ledauphine.com)
- « C’est sérieux ? » : ce message du gouvernement sur l’éco-anxiété est étrillé sur Instagram (huffingtonpost.fr)
« Démissionnez déjà, ça diminuera un peu notre éco-anxiété »
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- France Travail déploie un outil de profilage algorithmique à des fins de contrôle (laquadrature.net)
Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l’utilisation d’outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.
- France : vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe (france24.com) – voir aussi France becomes first EU country to ban social media access for under-15s (theguardian.com)
- Contre la présomption de légitime défense : la pétition aux plus de 730 000 signatures classée sans suite (index.ngo) – voir aussi Pétition contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre : classement décidé par la commission des lois (projetarcadie.com) et Le RN, la droite et les Macronistes enterrent la pétition contre la présomption de légitime défense, malgré 730 000 signatures (basta.media)

- Jeunes verbalisés à répétition : « Le policier exerce une fonction de justice dans la rue, sans le regard du juge » (basta.media)
Contrôlés et verbalisés à répétition, de nombreux jeunes racisés subissent dès l’enfance un harcèlement policier dans l’espace public
- “On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe” : en Isère, Joris Laurencin, 21 ans, s’est suicidé après avoir subi un harcèlement raciste (histoirescrepues.fr)
- Nomination de François-Noël Buffet : Emmanuel Macron, meilleur défenseur des droites (basta.media)
Sur proposition d’Emmanuel Macron, le sénateur LR François-Noël Buffet est devenu, ce 21 juillet, le nouveau Défenseur des droits, après un avis favorable rendu par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un nouveau cadeau fait par le président de la République aux droites les plus réactionnaires.

- Présidentielle 2027 : le RN sans solution de prêt, le gouvernement et les banques planchent sur le financement de la campagne (liberation.fr)
- Culture, associations, travail attaqués : le bilan en carte des 100 jours des maires d’extrême droite (basta.media)
Spécial résistances
- Loi pour interdire le commerce avec les colonies israéliennes : les député-e-s doivent soutenir (ldh-france.org)
- “Je ne considère pas du tout que je stigmatise une communauté”, cette ville interdit le burkini dans sa piscine municipale, la décision retoquée par le tribunal (france3-regions.franceinfo.fr)
Léguevin près de Toulouse (Haute-Garonne) a décidé d’interdire le port du burkini dans sa piscine municipale. La Ligue des Droits de l’Homme a déposé un recours devant le tribunal administratif pour discrimination. Le juge des référés lui a donné raison.
- Relay dans les gares : la SNCF sommée de rompre avec le système Bolloré (actualitte.com)
Alternatiba, SUD-Rail, le SNJ-CGT, Greenpeace, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et une vingtaine d’organisations demandent à la SNCF de revoir son partenariat avec Relay pour la vente de livres et de journaux en gare. Leur mobilisation s’appuie sur une enquête accusant l’enseigne de favoriser certains titres conservateurs ou d’extrême droite.
- À Rouen, les artistes font plier la mairie : l’IA ne remplacera plus les illustrateurices sur les affiches municipales (lareleveetlapeste.fr)
Cette mobilisation pose une question simple : l’argent public doit-il servir à économiser une commande ou à faire vivre les créateurs d’un territoire ? Les systèmes d’IA générative sont entraînés sur d’immenses corpus pouvant contenir des œuvres protégées. Le ministère de la Culture reconnaît lui-même que les mécanismes actuels ne garantissent pas suffisamment l’autorisation et la rémunération des auteurices.
- VICTOIRE ! Chartes pesticides : le Conseil d’État rejette le pourvoi du ministère de l’Agriculture et confirme l’illégalité de cinq chartes dites de « bon voisinage » (generations-futures.fr)
- “On détruit le climatiseur naturel qu’est la forêt” : après une nouvelle coupe rase, des manifestant·es mettent les engins des forestiers à l’arrêt (france3-regions.franceinfo.fr)
Spécial outils de résistance
- Organising, Technology, and Developing Collective Practice (rosalux.de)
This is a practical, hands-on brochure for movements and parties on the Left as they refine their approaches to organising and technology and take the next steps in their work.
Spécial MAGAM et cie
- Google adds selfie video as a log-in option (engadget.com)
- 890 millions d’euros d’amende : Google sanctionné deux fois par Bruxelles (next.ink) – voir aussi EU fines Google €890m for competition breaches over search and apps (theguardian.com)
- Airbus takes flight from AWS. What happens next is critical (theregister.com)
Airbus has named French cloud services provider Scaleway as the destination for some 900 applications, with an initial 70 getting priority onboarding, as it seeks to put critical systems and data under European control.
- Facebook Verified : Meta Now Wants a Video Selfie of Your Face (reclaimthenet.org)
- Data centers : Meta renonce discrètement à son engagement pour des énergies propres (challenges.fr)
Dix ans après sa promesse d’utiliser des énergies propres pour ses activités, le géant Meta vient d’y renoncer ce vendredi. Le groupe investit notamment dans des centrales au gaz pour alimenter ses data centers.
- Le découpage technologique, la tactique vaine d’Apple pour esquiver la régulation (theconversation.com)
Apple a contesté tomber sous le coup du Digital Market Act (DMA) en faisant valoir que sa boutique d’application n’en était pas une, mais cinq plus petites dédiées à leurs différents produits. Cet argument n’a pas convaincu le Tribunal de l’Union européenne. Quant à son iOS, il ne connaît pas un meilleur sort et est aussi désigné comme tombant sous la régulation du DMA.
- How Microsoft’s “Little Workaround” Created a Major Pentagon Threat (propublica.org)
- Comment un simple branchement d’écran illustre un vieux problème de Windows (next.ink)
Des propriétaires de moniteurs LG ont constaté qu’après un simple branchement de l’écran, Windows installe silencieusement une application nommée LG Monitor App Installer. Sa seule mission semble être de proposer un essai de l’antivirus McAfee.
- Migrer vers le logiciel libre ne suffira pas : le format de fichier reste le vrai verrou de Microsoft (lesnumeriques.com)
- Pour Bruxelles, TikTok ne protège pas assez les comptes des mineurs (next.ink)
- Big Tech accused of stonewalling European social media researchers (arstechnica.com)
Researchers say TikTok, X, and Meta aren’t providing data they’re legally required to.
Les autres lectures de la semaine
- La France et le changement climatique, ce sujet trop grand pour un beau discours politique (courrierinternational.com)
- La seconde vie méconnue des pesticides dans l’atmosphère (theconversation.com)
On a longtemps pensé que les pesticides évaporés après l’épandage ne restaient que peu de temps dans l’atmosphère. On sait désormais qu’ils peuvent voyager sur des milliers de kilomètres. Une étude inédite nous permet d’en savoir plus sur la façon dont ces substances se déplacent dans l’air.
- Une punaise‑vampire dans nos jardins : le tigre du platane préférera‑t‑il bientôt le sang à la sève ? (theconversation.com)
- Sécheresse, pénurie : le capitalisme nous enlève l’eau de la bouche (frustrationmagazine.fr)
- The Assault On Science Funding Continues (science.org)
The Trump administration hates academic science funding, full stop. They hate where that money goes, and they hate who it goes to. They want to keep all that money for themselves, to hand out to favored cronies who can help them get elected and to steer yet more money and more power back into their hands.
- L’Alliance française : 140 ans de “soft power” colonial (frustrationmagazine.fr)
l’Alliance française est une institution fondée dans les colonies, entretenue par la Françafrique, et dont le modèle social repose aujourd’hui sur la précarité de ceux qu’elle prétend servir. Petite rétrospective sur 140 ans de “mission civilisatrice” dont on se serait bien passés.
- Réhabilitation du passé colonial français, racismes et islamophobie : « Il est indigne de ne pas s’indigner » ! (realites.com.tn)
- Solène Brun : « Est-ce que les Blanc·hes peuvent renoncer à leurs privilèges » ? (revueladeferlante.fr)
- Cornel West ou la démocratie existentielle (contretemps.eu)
- Féminicide d’Hélène Rytmann-Legotien : comment Louis Althusser a tué sa femme et “inventé” le masculinisme (voxeurop.eu)
- Why Misogynists Make Great Informants (theanarchistlibrary.org)
To save our movements, we need to come to terms with the connections between gender violence, male privilege, and the strategies that informants (and people who just act like them) use to destabilize radical movements. Time and again heterosexual men in radical movements have been allowed to assert their privilege and subordinate others. […] Misogyny and homophobia are central to the reproduction of violence in radical activist communities. Scratch a misogynist and you’ll find a homophobe. Scratch a little deeper and you might find the makings of a future informant (or someone who just destabilizes movements like informants do).
- What makes a woman a witch ? Financial independence (theguardian.com)
- Pourquoi les hommes mangent ils plus de viande que les femmes ? (theconversation.com)
Réduire notre consommation de viande est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’impact environnemental de notre alimentation. Pourtant, les hommes restent nettement plus réticents que les femmes à adopter des régimes végétariens ou végétaliens – et même à consommer des substituts de viande. Une résistance qui a peut-être moins à voir avec le goût qu’avec la masculinité.
- Pourquoi masculinisme et antisémitisme sont profondément liés (theconversation.com)
Les idées antisémites sont aujourd’hui présentes au sein des courants masculinistes. Or l’histoire nous montre que masculinité dominante et antisémitisme sont associés depuis des siècles. Les hommes juifs ont souvent été décrits comme féminins et fragiles, et fondamentalement différents.
- Gènes et peuples : pourquoi la génétique ne corrobore pas le concept de race dans notre espèce (theconversation.com)
- What I Learned Debating Fascists on a Phone Sex Hotline (currentaffairs.org)
- Grossesse : un travail comme un autre ? (revueladeferlante.fr)
- Fille du capitaine du Titanic et réduite à une prétendue « malédiction » : la vie oubliée d’Helen Melville Smith (slate.fr)
Après le naufrage du « Titanic » en avril 1912, la fille du capitaine du navire hérite d’une identité publique raccourcie qu’elle n’a pas choisie. Pionnière de l’aviation et passionnée d’automobile, elle montre par son parcours comment les récits historiques peuvent enfermer des vies complexes dans des histoires de fatalité.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Heureusement
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- Promis
- Nomination
- Pétition
- Bouteille
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- Piss
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- Next
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Loi Duplomb bis : le chercheur Philippe Grandcolas démonte les intox sur les pesticides (splann.org)
- Parcoursup : ils se battent pour les “sans fac”… et finissent au commissariat (lemediatv.fr)
320 000, c’est le nombre d’étudiant·es laissé·es sur le carreau en 2025 par la plateforme parcoursup. Une sélection à l’entrée de l’université voulue par les macronistes et appliquée avec zèle par certaines universités.
- Le néofascisme, un capitalisme d’État d’urgence ? (spectremedia.org)
- Because songs have more protection than women (tube.fdn.fr)
- Headshot (tube.fdn.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- “The first accessible guitar ever made” : Blind guitarist didn’t realize fret markers were a thing – until he was given a game-changing guitar with a tactile ‘navigation neck’ (guitarworld.com)
“You realize this is the first accessible guitar ever made in the world ? This is amazing. I can feel where I’m at on the fretboard without having to look for the harmonics.”
- Humans Can Learn to Echolocate in Just 10 Weeks, And It Rewires The Brain (sciencealert.com)
- An island in Chile covered its waters with floating solar panels and soon, thousands of salmon had turned them into their home (ecoportal.net)
- A hidden infrastructure (a-hidden-infrastructure.spun.earth)
Arbuscular mycorrhizal fungi have shaped life on land for over 450 million years by forming symbiotic networks that move carbon and nutrients between plants and soils. These networks are made of tubular cells called hyphae, through which carbon can flow from plants into the soil. We were motivated by a simple question : what would it look like if we could see the hidden fungal networks beneath our feet ?
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
26.07.2026 à 10:00
L’IA, un nouvel internet… sans condition
Texte intégral (5405 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 10 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le web va-t-il être remplacé par l’IA ? C’est en tout cas la perspective à laquelle travaille les grands acteurs de la tech.
Tous les grands acteurs des technologies ont entamé leur mue. Tous se mettent à intégrer l’IA à leurs outils et plateformes, massivement. Les Big Tech se transforment en IA Tech. Et l’histoire du web, telle qu’on l’a connue, touche à sa fin, prédit Thomas Germain pour la BBC. Nous entrons dans « le web des machines », le web synthétique, le web artificiel où tous les contenus sont appelés à être générés en permanence, à la volée, en s’appuyant sur l’ensemble des contenus disponibles, sans que ceux-ci soient encore disponibles voire accessibles. Un second web vient se superposer au premier, le recouvrir… avec le risque de faire disparaître le web que nous avons connu, construit, façonné.
Jusqu’à présent, le web reposait sur un marché simple, rappelle Germain. Les sites laissaient les moteurs de recherche indexer leurs contenus et les moteurs de recherche redirigeaient les internautes vers les sites web référencés. « On estime que 68 % de l’activité Internet commence sur les moteurs de recherche et qu’environ 90 % des recherches se font sur Google. Si Internet est un jardin, Google est le soleil qui fait pousser les fleurs ».
Ce système a été celui que nous avons connu depuis les origines du web. L’intégration de l’IA, pour le meilleur ou pour le pire, promet néanmoins de transformer radicalement cette expérience. Confronté à une nette dégradation des résultats de la recherche, notamment due à l’affiliation publicitaire et au spam, le PDG de Google, Sundar Pichai, a promis une « réinvention totale de la recherche » en lançant son nouveau « mode IA ». Contrairement aux aperçus IA disponibles jusqu’à présent, le mode IA va remplacer complètement les résultats de recherche traditionnels. Désormais, un chatbot va créer un article pour répondre aux questions. En cours de déploiement et facultatif pour l’instant, à terme, il sera « l’avenir de la recherche Google ».
Un détournement massif de trafic
Les critiques ont montré que, les aperçus IA généraient déjà beaucoup moins de trafic vers le reste d’internet (de 30 % à 70 %, selon le type de recherche. Des analyses ont également révélé qu’environ 60 % des recherches Google depuis le lancement des aperçus sont désormais « zéros clic », se terminant sans que l’utilisateur ne clique sur un seul lien – voir les études respectives de SeerInteractive, Semrush, Bain et Sparktoro), et beaucoup craignent que le mode IA ne renforce encore cette tendance. Si cela se concrétise, cela pourrait anéantir le modèle économique du web tel que nous le connaissons. Google estime que ces inquiétudes sont exagérées, affirmant que le mode IA « rendra le web plus sain et plus utile ». L’IA dirigerait les utilisateurs vers « une plus grande diversité de sites web » et le trafic serait de « meilleure qualité » car les utilisateurs passent plus de temps sur les liens sur lesquels ils cliquent. Mais l’entreprise n’a fourni aucune donnée pour étayer ces affirmations.
Google et ses détracteurs s’accordent cependant sur un point : internet est sur le point de prendre une toute autre tournure. C’est le principe même du web qui est menacé, celui où chacun peut créer un site librement accessible et référencé.
L’article de la BBC remarque, très pertinemment, que cette menace de la mort du web a déjà été faite. En 2010, Wired annonçait « la mort du web ». À l’époque, l’essor des smartphones, des applications et des réseaux sociaux avaient déjà suscité des prédictions apocalyptiques qui ne se sont pas réalisées. Cela n’empêche pas les experts d’être soucieux face aux transformations qui s’annoncent. Pour les critiques, certes, les aperçus IA et le mode IA incluent tous deux des liens vers des sources, mais comme l’IA vous donne la réponse que vous cherchez, cliquer sur ceux-ci devient superflu. C’est comme demander un livre à un bibliothécaire et qu’il vous en parle plutôt que de vous le fournir, compare un expert.
La chute du nombre de visiteurs annoncée pourrait faire la différence entre une entreprise d’édition viable… et la faillite. Pour beaucoup d’éditeurs, ce changement sera dramatique. Nombre d’entreprises constatent que Google affiche leurs liens plus souvent, mais que ceux-ci sont moins cliqués. Selon le cabinet d’analyse de données BrightEdge, les aperçus IA ont entraîné une augmentation de 49 % des impressions sur le web, mais les clics ont chuté de 30 %, car les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement de l’IA. « Google a écrit les règles, créé le jeu et récompensé les joueurs », explique l’une des expertes interrogée par la BBC. « Maintenant, ils se retournent et disent : « C’est mon infrastructure, et le web se trouve juste dedans ». »
Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, le laboratoire de recherche en IA de l’entreprise, a déclaré qu’il pensait que demain, les éditeurs alimenteraient directement les modèles d’IA avec leurs contenus, sans plus avoir à se donner la peine de publier des informations sur des sites web accessibles aux humains. Mais, pour Matthew Prince, directeur général de Cloudflare, le problème dans ce web automatisé, c’est que « les robots ne cliquent pas sur les publicités ». « Si l’IA devient l’audience, comment les créateurs seront-ils rémunérés ? » La rémunération directe existe déjà, comme le montrent les licences de contenus que les plus grands éditeurs de presse négocient avec des systèmes d’IA pour qu’elles s’entraînent et exploitent leurs contenus, mais ces revenus-là ne compenseront pas la chute d’audience à venir. Et ce modèle ne passera certainement pas l’échelle d’une rétribution généralisée.
Si gagner de l’argent sur le web devient plus difficile, il est probable que nombre d’acteurs se tournent vers les réseaux sociaux pour tenter de compenser les pertes de revenus. Mais là aussi, les caprices algorithmiques et le développement de l’IA générative risquent de ne pas suffire à compenser les pertes.
Un nouvel internet sans condition
Pour Google, les réactions aux aperçus IA laissent présager que le mode IA sera extrêmement populaire. « À mesure que les utilisateurs utilisent AI Overviews, nous constatons qu’ils sont plus satisfaits de leurs résultats et effectuent des recherches plus souvent », a déclaré Pichai lors de la conférence des développeurs de Google. Autrement dit, Google affirme que cela améliore la recherche et que c’est ce que veulent les utilisateurs. Mais pour Danielle Coffey, présidente de News/Media Alliance, un groupement professionnel représentant plus de 2 200 journalistes et médias, les réponses de l’IA vont remplacer les produits originaux : « les acteurs comme Google vont gagner de l’argent grâce à notre contenu et nous ne recevons rien en retour ». Le problème, c’est que Google n’a pas laissé beaucoup de choix aux éditeurs, comme le pointait Bloomberg. Soit Google vous indexe pour la recherche et peut utiliser les contenus pour ses IA, soit vous êtes désindexé des deux. La recherche est bien souvent l’une des premières utilisations d’outils d’IA. Les inquiétudes sur les hallucinations, sur le renforcement des chambres d’échos dans les réponses que vont produire ces outils sont fortes (on parle même de « chambre de chat » pour évoquer la réverbération des mêmes idées et liens dans ces outils). Pour Cory Doctorow, « Google s’apprête à faire quelque chose qui va vraiment mettre les gens en colère »… et appelle les acteurs à capitaliser sur cette colère à venir. Matthew Prince de Cloudflare prône, lui, une intervention directe. Son projet est de faire en sorte que Cloudflare et un consortium d’éditeurs de toutes tailles bloquent collectivement les robots d’indexation IA, à moins que les entreprises technologiques ne paient pour le contenu. Il s’agit d’une tentative pour forcer la Silicon Valley à négocier. « Ma version très optimiste », explique Prince, « est celle où les humains obtiennent du contenu gratuitement et où les robots doivent payer une fortune pour l’obtenir ». Tim O’Reilly avait proposé l’année dernière quelque chose d’assez similaire : expliquant que les droits dérivés liés à l’exploitation des contenus par l’IA devraient donner lieu à rétribution – mais à nouveau, une rétribution qui restera par nature insuffisante, comme l’expliquait Frédéric Fillioux.
Même constat pour le Washington Post, qui s’inquiète de l’effondrement de l’audience des sites d’actualité avec le déploiement des outils d’IA. « Le trafic de recherche organique vers ses sites web a diminué de 55 % entre avril 2022 et avril 2025, selon les données de Similarweb ». Dans la presse américaine, l’audience est en berne et les licenciements continuent.
Les erreurs seront dans la réponse
Pour la Technology Review, c’est la fin de la recherche par mots-clés et du tri des liens proposés. « Nous entrons dans l’ère de la recherche conversationnelle » dont la fonction même vise à « ignorer les liens », comme l’affirme Perplexity dans sa FAQ. La TR rappelle l’histoire de la recherche en ligne pour montrer que des annuaires aux moteurs de recherche, celle-ci a toujours proposé des améliorations, pour la rendre plus pertinente. Depuis 25 ans, Google domine la recherche en ligne et n’a cessé de s’améliorer pour fournir de meilleures réponses. Mais ce qui s’apprête à changer avec l’intégration de l’IA, c’est que les sources ne sont plus nécessairement accessibles et que les réponses sont générées à la volée, aucune n’étant identique à une autre.
L’intégration de l’IA pose également la question de la fiabilité des réponses. L’IA de Google a par exemple expliqué que la Technology Review avait été mise en ligne en 2022… ce qui est bien sûr totalement faux, mais qu’en saurait une personne qui ne le sait pas ? Mais surtout, cet avenir génératif promet avant tout de fabriquer des réponses à la demande. Mat Honan de la TR donne un exemple : « Imaginons que je veuille voir une vidéo expliquant comment réparer un élément de mon vélo. La vidéo n’existe pas, mais l’information, elle, existe. La recherche générative assistée par l’IA pourrait théoriquement trouver cette information en ligne – dans un manuel d’utilisation caché sur le site web d’une entreprise, par exemple – et créer une vidéo pour me montrer exactement comment faire ce que je veux, tout comme elle pourrait me l’expliquer avec des mots aujourd’hui » – voire très mal nous l’expliquer. L’exemple permet de comprendre comment ce nouvel internet génératif pourrait se composer à la demande, quelles que soient ses défaillances.
Mêmes constats pour Matteo Wrong dans The Atlantic : avec la généralisation de l’IA, nous retournons dans un internet en mode bêta. Les services et produits numériques n’ont jamais été parfaits, rappelle-t-il, mais la généralisation de l’IA risque surtout d’amplifier les problèmes. Les chatbots sont très efficaces pour produire des textes convaincants, mais ils ne prennent pas de décisions en fonction de l’exactitude factuelle. Les erreurs sont en passe de devenir « une des caractéristiques de l’internet ». « La Silicon Valley mise l’avenir du web sur une technologie capable de dérailler de manière inattendue, de s’effondrer à la moindre tâche et d’être mal utilisée avec un minimum de frictions ». Les quelques réussites de l’IA n’ont que peu de rapport avec la façon dont de nombreuses personnes et entreprises comprennent et utilisent cette technologie, rappelle-t-il. Plutôt que des utilisations ciblées et prudentes, nombreux sont ceux qui utilisent l’IA générative pour toutes les tâches imaginables, encouragés par les géants de la tech. « Tout le monde utilise l’IA pour tout », titrait le New York Times. « C’est là que réside le problème : l’IA générative est une technologie suffisamment performante pour que les utilisateurs en deviennent dépendants, mais pas suffisamment fiable pour être véritablement fiable ». Nous allons vers un internet où chaque recherche, itinéraire, recommandation de restaurant, résumé d’événement, résumé de messagerie vocale et e-mail sera plus suspect qu’il n’est aujourd’hui. « Les erreurs d’aujourd’hui pourraient bien, demain, devenir la norme », rendant ses utilisateurs incapables de vérifier ses fonctionnements. Bienvenue dans « l’âge de la paranoïa », clame Wired.
Vers la publicité générative et au-delà !
Mais il n’y a pas que les « contenus » qui vont se recomposer, la publicité également. C’est ainsi qu’il faut entendre les déclarations de Mark Zuckerberg pour automatiser la création publicitaire, explique le Wall Street Journal. « La plateforme publicitaire de Meta propose déjà des outils d’IA capables de générer des variantes de publicités existantes et d’y apporter des modifications mineures avant de les diffuser aux utilisateurs sur Facebook et Instagram. L’entreprise souhaite désormais aider les marques à créer des concepts publicitaires de A à Z ». La publicité représente 97 % du chiffre d’affaires de Meta, rappelle le journal (qui s’élève en 2024 à 164 milliards de dollars). Chez Meta les contenus génératifs produisent déjà ce qu’on attend d’eux. Meta a annoncé une augmentation de 8 % du temps passé sur Facebook et de 6 % du temps passé sur Instagram grâce aux contenus génératifs. 15 millions de publicités par mois sur les plateformes de Meta sont déjà générées automatiquement. « Grâce aux outils publicitaires développés par Meta, une marque pourrait demain fournir une image du produit qu’elle souhaite promouvoir, accompagnée d’un objectif budgétaire. L’IA créerait alors l’intégralité de la publicité, y compris les images, la vidéo et le texte. Le système déciderait ensuite quels utilisateurs Instagram et Facebook cibler et proposerait des suggestions en fonction du budget ». Selon la géolocalisation des utilisateurs, la publicité pourrait s’adapter en contexte, créant l’image d’une voiture circulant dans la neige ou sur une plage s’ils vivent en montagne ou au bord de la mer. « Dans un avenir proche, nous souhaitons que chaque entreprise puisse nous indiquer son objectif, comme vendre quelque chose ou acquérir un nouveau client, le montant qu’elle est prête à payer pour chaque résultat, et connecter son compte bancaire ; nous nous occuperons du reste », a déclaré Zuckerberg lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’entreprise.
Nilay Patel, le rédac chef de The Verge, parle de « créativité infinie ». C’est d’ailleurs la même idée que l’on retrouve dans les propos de Jensen Huang, le PDG de Nvidia, quand il promet de fabriquer les « usines à IA » qui généreront le web demain. Si toutes les grandes entreprises et les agences de publicité ne sont pas ravies de la proposition – qui leur est fondamentalement hostile, puisqu’elle vient directement les concurrencer -, d’autres s’y engouffrent déjà, à l’image d’Unilever qui explique sur Adweek que l’IA divise par deux ses budgets publicitaires grâce à son partenariat avec Nvidia. « Unilever a déclaré avoir réalisé jusqu’à 55 % d’économies sur ses campagnes IA, d’avoir réduit les délais de production de 65 % tout en doublant le taux de clic et en retenant l’attention des consommateurs trois fois plus longtemps ».
L’idée finalement très partagée par tous les géants de l’IA, c’est bien d’annoncer le remplacement du web que l’on connaît par un autre. Une sous-couche générative qu’ils maîtriseraient, capable de produire un web à leur profit, qu’ils auraient avalé et digéré.
Vers des revenus génératifs ?
Nilay Patel était l’année dernière l’invité du podcast d’Ezra Klein pour le New York Times qui se demandait si cette transformation du web allait le détruire ou le sauver. Dans cette discussion parfois un peu décousue, Klein rappelle que l’IA se développe d’abord là où les produits n’ont pas besoin d’être très performants. Des tâches de codage de bas niveau aux devoirs des étudiants, il est également très utilisé pour la diffusion de contenus médiocres sur l’internet. Beaucoup des contenus d’internet ne sont pas très performants, rappelle-t-il. Du spam au marketing en passant par les outils de recommandations des réseaux sociaux, internet est surtout un ensemble de contenus à indexer pour délivrer de la publicité elle-même bien peu performante. Et pour remplir cet « internet de vide », l’IA est assez efficace. Les plateformes sont désormais inondées de contenus sans intérêts, de spams, de slops, de contenus de remplissage à la recherche de revenus. Et Klein de se demander que se passera-t-il lorsque ces flots de contenu IA s’amélioreront ? Que se passera-t-il lorsque nous ne saurons plus s’il y a quelqu’un à l’autre bout du fil de ce que nous voyons, lisons ou entendons ? Y aura-t-il encore quelqu’un d’ailleurs, où n’aurons-nous accès plus qu’à des contenus génératifs ?
Pour Patel, pour l’instant, l’IA inonde le web de contenus qui le détruisent. En augmentant à l’infini l’offre de contenu, le système s’apprête à s’effondrer sur lui-même : « Les algorithmes de recommandation s’effondrent, notre capacité à distinguer le vrai du faux s’effondre également, et, plus important encore, les modèles économiques d’Internet s’effondrent complètement ». Les contenus n’arrivent plus à trouver leurs publics, et inversement. L’exemple éclairant pour illustrer cela, c’est celui d’Amazon. Face à l’afflux de livres générés par l’IA, la seule réponse d’Amazon a été de limiter le nombre de livres déposables sur la plateforme à trois par jour. C’est une réponse parfaitement absurde qui montre que nos systèmes ne sont plus conçus pour organiser leurs publics et leur adresser les bons contenus. C’est à peine s’ils savent restreindre le flot
Avec l’IA générative, l’offre ne va pas cesser d’augmenter. Elle dépasse déjà ce que nous sommes capables d’absorber individuellement. Pas étonnant alors que toutes les plateformes se transforment de la même manière en devenant des plateformes de téléachats ne proposant plus rien d’autre que de courtes vidéos.
« Toutes les plateformes tendent vers le même objectif, puisqu’elles sont soumises aux mêmes pressions économiques ». Le produit des plateformes c’est la pub. Elles-mêmes ne vendent rien. Ce sont des régies publicitaires que l’IA promet d’optimiser depuis les données personnelles collectées. Et demain, nos boîtes mails seront submergées de propositions marketing générées par l’IA… Pour Patel, les géants du net ont arrêté de faire leur travail. Aucun d’entre eux ne nous signale plus que les contenus qu’ils nous proposent sont des publicités. Google Actualités référence des articles écrits par des IA sans que cela ne soit un critère discriminant pour les référenceurs de Google, expliquait 404 Media (voir également l’enquête de Next sur ce sujet qui montre que les sites générés par IA se démultiplient, « pour faire du fric »). Pour toute la chaîne, les revenus semblent être devenus le seul objectif.
Et Klein de suggérer que ces contenus vont certainement s’améliorer, comme la génération d’image et de texte n’a cessé de s’améliorer. Il est probable que l’article moyen d’ici trois ans sera meilleur que le contenu moyen produit par un humain aujourd’hui. « Je me suis vraiment rendu compte que je ne savais pas comment répondre à la question : est-ce un meilleur ou un pire internet qui s’annonce ? Pour répondre presque avec le point de vue de Google, est-ce important finalement que le contenu soit généré par un humain ou une IA, ou est-ce une sorte de sentimentalisme nostalgique de ma part ? »
Il y en a certainement, répond Patel. Il n’y a certainement pas besoin d’aller sur une page web pour savoir combien de temps il faut pour cuire un œuf, l’IA de Google peut vous le dire… Mais, c’est oublier que cette IA générative ne sera pas plus neutre que les résultats de Google aujourd’hui. Elle sera elle aussi façonnée par la publicité. L’enjeu demain ne sera plus d’être dans les 3 premiers résultats d’une page de recherche, mais d’être citée par les réponses construites par les modèles de langages. « Votre client le plus important, désormais, c’est l’IA ! », explique le journaliste Scott Mulligan pour la Technology Review. « L’objectif ultime n’est pas seulement de comprendre comment votre marque est perçue par l’IA, mais de modifier cette perception ». Or, les biais marketing des LLM sont déjà nombreux. Une étude montre que les marques internationales sont souvent perçues comme étant de meilleures qualités que les marques locales. Si vous demandez à un chatbot de recommander des cadeaux aux personnes vivant dans des pays à revenu élevé, il suggérera des articles de marque de luxe, tandis que si vous lui demandez quoi offrir aux personnes vivant dans des pays à faible revenu, il recommandera des marques plus cheap.
L’IA s’annonce comme un nouveau public des marques, à dompter. Et la perception d’une marque par les IA aura certainement des impacts sur leurs résultats financiers. Le marketing a assurément trouvé un nouveau produit à vendre ! Les entreprises vont adorer !
Pour Klein, l’internet actuel est certes très affaibli, pollué de spams et de contenus sans intérêts. Google, Meta et Amazon n’ont pas créé un internet que les gens apprécient, mais bien plus un internet que les gens utilisent à leur profit. L’IA propose certainement non pas un internet que les gens vont plus apprécier, bien au contraire, mais un internet qui profite aux grands acteurs plutôt qu’aux utilisateurs. Pour Patel, il est possible qu’un internet sans IA subsiste, pour autant qu’il parvienne à se financer.
Pourra-t-on encore défendre le web que nous voulons ?
Les acteurs oligopolistiques du numérique devenus les acteurs oligopolistiques de l’IA semblent s’aligner pour transformer le web à leur seul profit, et c’est assurément la puissance (et surtout la puissance financière) qu’ils ont acquis qui le leur permet. La transformation du web en « web des machines » est assurément la conséquence de « notre longue dépossession », qu’évoquait Ben Tarnoff dans son livre, Internet for the People.
La promesse du web synthétique est là pour rester. Et la perspective qui se dessine, c’est que nous avons à nous y adapter, sans discussion. Ce n’est pas une situation très stimulante, bien au contraire. A mesure que les géants de l’IA conquièrent le numérique, c’est nos marges de manœuvres qui se réduisent. Ce sont elles que la régulation devrait chercher à ré-ouvrir, dès à présent. Par exemple en mobilisant très tôt le droit à la concurrence et à l’interopérabilité, pour forcer les acteurs à proposer aux utilisateurs d’utiliser les IA de leurs choix ou en leur permettant, très facilement, de refuser leurs implémentations dans les outils qu’ils utilisent, que ce soit leurs OS comme les services qu’ils utilisent. Bref, mobiliser le droit à la concurrence et à l’interopérabilité au plus tôt. Afin que défendre le web que nous voulons ne s’avère pas plus difficile demain qu’il n’était aujourd’hui.
Hubert Guillaud
Cet édito a été originellement publié dans la première lettre d’information de CaféIA le 27 juin 2025.
20.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 20 juillet 2026
Texte intégral (12195 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- The Graph That Should Be Front-Page News (lyrebirddreaming.com)
Every so often the Earth produces a signal that is impossible to ignore. This graph is one of them. It shows sea-surface temperatures in the Niño 3.4 region of the equatorial Pacific, one of the most important parts of the Earth’s climate system. Each blue line represents a different year since 1982. The red line is this year. It doesn’t just set a new record. It has departed entirely from the range of previous observations.
- Les pôles fondent ? Les riches touristes s’y précipitent pour se rafraîchir (reporterre.net)

- Hypertourisme : quand vos vacances subventionnent les voyages des plus riches (humanite.fr)
La France, qui se veut première destination « durable », exonère de taxe sur le kérosène les compagnies aériennes. Or, les transports, notamment aériens, représentent 70 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme mondial. Ces exonérations dans l’aérien comme dans les croisières subventionnent de fait les vacances des plus riches.
- The report oil companies are worried about : Climate attribution science (arstechnica.com)
New report says our ability to tie weather damages to climate change is improving […] And the fossil fuel industry views that as a problem, as it could make it easier to hold companies liable for damages. This has triggered a backlash that has Republicans in Congress and state governments threatening the National Academies’ funding.

- Corée du Sud : les travailleureuses de Samsung montrent la voie (contretemps.eu)
Il y a quelques semaines, un accord de dernière minute a été obtenu par les travailleureuses de Samsung, le géant coréen de l’électronique. Les syndicats ont montré qu’une campagne prolongée, appuyée par la volonté de faire grève, pouvait arracher des concessions, même à l’une des entreprises les plus puissantes au monde.
- Effet Trump : pour la première fois depuis 20 ans, la Chine est perçue plus positivement dans le monde que les États-Unis (legrandcontinent.eu)
- HP accusé de cartel sur les PC et les cartouches d’encre (clubic.com)
La Competition Commission of India (CCI) a infligé à HP India et à 21 de ses revendeurs une amende cumulée proche de 12,8 millions d’euros. Le régulateur a sanctionné, à travers deux ordonnances, des ententes sur des appels d’offres publics portant sur des ordinateurs et des consommables d’impression entre 2017 et 2020.
- « En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé » tandis « que le nombre de décès a plus que quintuplé » : l’épidémie d’ebola en RDC évolue à un rythme « sans précédent », alertent l’OMS et MSF (humanite.fr)
- Canicule : plus de 12 000 décès excédentaires enregistrés en Europe (reporterre.net)
- Armenia to Designate 20 % of Its Territory as Specially Protected Nature Areas by 2030 (hetq.am)
- En Allemagne, les excuses de la Deutsche Bahn pour ce train sans papier-toilette (huffingtonpost.fr)
Ce train à destination de Berlin a été contraint de faire un arrêt imprévu en gare pour qu’un agent aille acheter du papier-toilette.[…]Filmée par un passager, la scène montre l’agent courir jusqu’à un supermarché situé à proximité de la gare avant de revenir quelques instants plus tard avec plusieurs paquets de papier-toilette.
- Une entreprise belge s’est appropriée le nom de domaine marinelepen.fr (lesoir.be)
[Score Worldwide, spécialisée dans le référencement en ligne] affirme avoir acheté le nom de domaine parce qu’il était très recherché en ligne, « sans savoir qu’elle était une femme politique française ». « Lorsque nous avons appris qui était Marine Le Pen, il y a plus de deux ans, nous leur avons envoyé un mail pour savoir s’ils étaient intéressés, mais nous n’avons reçu aucune réponse. »
- La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné, jeudi 16 juillet, la Suisse pour avoir refusé de donner des repas véganes à des prisonniers (reporterre.net)
Par six voix contre une, les juges de Strasbourg ont reconnu l’antispécisme comme une conviction philosophique protégée par « la liberté de pensée, de conscience et de religion » et considèrent que le véganisme constitue une liberté fondamentale.
- Frontex Report : Athens Spurned Accountability Plan as Rights Risks ‘Persist’ (tovima.com)
The EU border agency’s rights watchdog opened more investigations in Greece than in any other country in 2025, verifying violations in four cases and finding the asylum suspension law incompatible with EU and international rules
- Espagne : Qui a peur de Pedro Sanchez ? (socialter.fr)
- Pegasus : révélations sur l’espionnage de masse du Maroc (forbiddenstories.org)
Filatures, surveillance de cybercafés, logiciels espions : le Maroc a utilisé un arsenal de surveillance massif contre journalistes et opposants ces dernières années. Avec, en tête de proue, le spyware Pegasus, qui a été utilisé pour cibler notamment des chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers.
- Un système européen de collecte de données biométriques confond des sœurs jumelles (courrierinternational.com)
- Euro numérique : la riposte contre les géants états-uniens Visa et Mastercard se dessine (alternatives-economiques.fr)
Les décideurs européens négocient les contours finaux du projet d’euro numérique, qui doit permettre de se défaire de la dépendance américaine en matière de paiement. Il pourrait aussi faire baisser les frais bancaires.
Voir aussi The proposed design of the digital euro : A critical analysis (link.springer.com)
- L’Irlande prend la tête du Conseil de l’Union Européenne, les Big Tech dans le rétroviseur (synthmedia.fr)
Le 1er juillet, l’Irlande a pris les commandes du Conseil de l’Union européenne, sur fond de divorce larvé entre le Vieux Continent et l’Oncle Sam. Face à elle, des dossiers numériques brûlants attendent d’être tranchés, entre souveraineté technologique, simplification des règles et remparts pour protéger les mineurs sur les réseaux sociaux.
- Offensive MAGA contre l’Europe : les États-Unis lancent un programme de financement d’organisations alignées (legrandcontinent.eu)
Il s’agit de la première fois depuis 2025 que l’administration Trump cherche à faire porter son agenda idéologique en Europe via un soutien financier direct.
- La colère de J.K. Rowling, dont l’organisation a été placée sur « liste noire » par Amnesty International UK (huffingtonpost.fr)
l’association Amnesty International UK a décrit son centre de soutien aux femmes victimes de violences sexuelles comme contraire aux droits humains en raison de ses positions contre les personnes transgenres.
- French Tourists Permanently Scar Icelandic Nature For Laughs (grapevine.is)
Luc Haudeville, who travelled by ferry to Iceland with two extremely well-equipped Land Rover Defenders, and, like a 1980s Mountain Dew commercial cosplayer, proceeded to drive the Land Rovers over protected areas throughout the countryside, scarring the land and destroying vegetation. He was actually proudly broadcasting the damage on social media before he received his first fine, 300.000 ISK for destroying the landscape. His response to that fine ? Immediately resuming destroying the landscape.

- Le pire reste à venir (lapresse.ca)
L’été actuel n’a rien d’exceptionnel, malgré la multiplication des évènements climatiques extrêmes au Québec, ailleurs au Canada, et en France.
Voir aussi Canada : près de 900 incendies en cours et 2,7 millions d’hectares brûlés (reporterre.net) et Minnesota Wildfires Burn 33,000+ Acres In 24 Hours, Two Fires Cross Into Canada. (thehotshotwakeup.substack.com)
It’s a wall of fire from Northern Minnesota all the way through Ontario. It’s no longer a ticking time bomb… the bomb went off.
- Les fumées des incendies au Canada atteignent New York, une alerte à la qualité de l’air déclenchée (huffingtonpost.fr)
Les autorités conseillent aux New-Yorkais de limiter au maximum leurs activités à l’extérieur et de porter un masque au besoin.[…]Ces fumées inquiètent notamment à New York, qui accueille dimanche, la finale de la Coupe du monde masculine de football entre l’Argentine et l’Espagne, dans un stade à ciel ouvert.
- Mécontent des feux de forêt polluant les États-Unis, Trump menace le Canada avec les droits de douane (huffingtonpost.fr)
- Des chercheureuses veulent balancer de l’eau de mer sur les nuages pour empêcher un « super El Niño » (slate.fr)
- AAS Public Policy Experts Available to Comment on FCC Approval of Reflect Orbital’s Earendil-1 Mission (aas.org)
The American Astronomical Society (AAS) is dismayed by the Federal Communications Commission (FCC) decision on 9 July to grant a license to Reflect Orbital. As the AAS expressed to the FCC, Reflect Orbital’s proposed satellite, which would reflect sunlight back to Earth at night, carries the potential for significant harm to our members and the broader community of those who depend on a dark night sky.
- The U.S. spent $30 billion to ditch textbooks for laptops and tablets : The result is the first generation less cognitively capable than their parents (fortune.com)

- A Leak of San Francisco Police Drone Footage Exposes the New Reality of Urban Surveillance (wired.com)
The SFPD’s exposure of hours of videos from drone platform Skydio reveals how broadly it’s watching the city from above—and how the results can spill online.
- LAPD lets contract with surveillance giant Flock expire, citing ‘serious concerns’ over civil liberties and privacy (techcrunch.com)
The Los Angeles Police Department (LAPD) is reportedly ending its deal with Flock Safety, a surveillance company that helps law enforcement track vehicles using thousands of its license plate cameras placed across the United States. […] “This contract is not being renewed because of serious concerns around civil liberties and civil rights issues, particularly around privacy and the data that is being collected from these cameras”
- ICE to Pay Thomson Reuters $125 Million to Find ‘Voter Fraud’ (404media.co)
A new procurement record says ICE wants access to personal data, including names, Social Security numbers, and ethnicity, to investigate in part what the agency calls “voters fraud.” It also plans to use the data to investigate immigration fraud.
- En moins d’une semaine, deux automobilistes ont été tués par la police de l’immigration aux États-Unis. Ces événements ont ravivé les manifestations anti-ICE (huffingtonpost.fr) – voir aussi Man fatally shot by ICE officer in Maine wasn’t the target of arrest warrant, senator’s spokesman says (nbcnews.com)
- Taco Bell iceberg lettuce identified as source of cyclosporiasis in 5 states (arstechnica.com)
shredded iceberg lettuce imported from Mexico and served at Taco Bell restaurants in five states is a source of Cyclospora, the foodborne parasite causing the nationwide surge in cases of explosive, watery diarrhea. The five states are Indiana, Kentucky, Michigan, Ohio, and West Virginia.
- L’Argentine brandit une banderole « las Malvinas son Argentinas » (les îles Malouines sont argentines) après sa victoire contre l’Angleterre (huffingtonpost.fr)
Portée par plusieurs joueurs après le coup de sifflet final et déposée sur la pelouse du stade d’Atlanta par le milieu de terrain Giovani Lo Celso, la banderole contrevient au règlement de la Fifa, qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu’elle organise.
Spécial IA
- OpenAI’s first branded hardware is… a light-up keyboard ? (arstechnica.com)
- OpenAI’s First Device Will Be Moveable, Screenless Speaker Built as AI Companion (hardware.slashdot.org)

- Patreon stops asking AI bots not to scrape — and starts blocking them (techcrunch.com)
- LG ties TV security updates to accepting AI voice recording (internationalcyberdigest.com)
There is a choice buried in LG’s updated smart TV terms, and neither option is good. Accept, and you take on legal responsibility for anyone the TV’s AI voice features might record in your home. Decline, and according to Notebookcheck, your TV stops receiving security updates.
- AI glasses reveal widening gap between Meta’s privacy safeguards and AI ambitions (biometricupdate.com)
- Google AI Overviews : l’étranglement silencieux de la presse en ligne (synthmedia.fr)
- Google poursuivi pour avoir “volé” des millions d’œuvres pour entraîner son IA Gemini (france24.com)
Hachette Book Group, Cengage Learning, Elsevier, l’écrivain Scott Turow et sa société d’édition S.C.R.I.B.E. ont déposé une plainte à New York, mardi, contre Google pour violation de droits d’auteur. Ils accusent le groupe d’avoir “secrètement copié des millions d’œuvres” confiées à sa bibliothèque numérique pour entraîner son modèle d’IA, Gemini.
- Lawsuit claims Meta’s layoff decisions were made by AI, not humans (arstechnica.com)
Meta’s AI-fueled layoffs of 8,000 employees targeted workers with disabilities and those who took protected medical or family leaves, alleged a lawsuit filed by 26 employees who were selected for termination. Meta used internal AI tools to select employees for layoffs, according to the complaint filed yesterday by 26 “Doe” plaintiffs in US District Court for the Northern District of California.
- New York school deploys AI teaching robot from company linked to sex bots (techspot.com)
When students in the Salamanca City Central School District in Western New York return to school in the fall, they will find a new teaching assistant : a robotic one powered by artificial intelligence. If that doesn’t sound weird enough, the company behind the machine, Realbotix, is the parent of a hyperrealistic sex-doll manufacturer.
- A Majority of Americans Now Support Seizing Wealth From AI Industry (futurism.com)
- Pollution from Musk’s unpermitted xAI power project hits hardest in Black communities (reuters.com)
Elon Musk’s xAI has installed far more gas turbines without federal permits at its Colossus 2 data center project in Tennessee than it has publicly acknowledged, and the pollution is hitting predominantly Black neighborhoods the hardest, a Reuters analysis found.
- New York becomes the first state to enact a data center moratorium (theverge.com)
New hyperscale data centers can’t set up shop in New York for up to a year now that Governor Kathy Hochul (D) has signed the nation’s first statewide moratorium. But a bill passed by the state legislature that could restrict even more developments still awaits her signature.
- Le Danemark dit “non” à la folie énergétique de l’IA (chut.media)
Face à un réseau électrique saturé, le gouvernement danois vient d’établir une hiérarchie stricte. La ministre du Climat Samira Nawa est claire : les projets « peu flexibles » comme les immenses data centers ne peuvent plus monopoliser une capacité devenue rare. Le luxe de l’IA passe désormais après l’intérêt général des citoyen·nes.
- Australia To Put Environmental Brakes On AI Data Centers (slashdot.org)
Australia will require large data centers powering artificial intelligence to generate as much power as they consume, and ensure that creative professionals retain control over work that may be used to train A.I. systems
- La Chine engage la lutte contre la dépendance affective vis-à-vis de l’« IA » (legrandcontinent.eu)
l’Administration du cyberespace […] a publié de nouvelles mesures, effectives à partir d’aujourd’hui, contraignant les entreprises qui proposent des services d’assistants IA « qui simulent des traits de personnalité humaine et entretiennent une interaction émotionnelle avec les utilisateurs » à mettre fin à ces fonctionnalités pour les mineurs, et à les encadrer strictement pour les adultes.
- Generative AI Is an Engineering Disaster (theatlantic.com)
Large language models do not scale logarithmically. When they’re given more words to process, they get slower and use more memory—the time and resources increase faster as the input grows. In technical terms, LLMs scale quadratically. Any computer-science student knows that this is very bad.
- OpenAI acknowledges GPT-5.6 may accidentally delete files, calls it an ‘honest mistake’ (infoworld.com)

- Linus Torvalds to critics of AI coding in Linux : “Fork it. Or just walk away.” (arstechnica.com)
Creator says he will “very loudly ignore” those arguing for a ban on AI tools.
Voir aussi Fork It or Walk Away (tarakiyee.com)
In open source, you can fork it. You can build another city, but one without the people, joy, or festival. Sometimes that is worth the effort, so we cherish that freedom to fork. Or you can walk away, create a distance between you and the injustice, while the injustice remains. Not ideal, but you can’t change everything. But we also have the technology of using your voice. Dissent is a tool, like the other tools we use. Don’t let anyone use “fork it” as a euphemism to point at the door. We don’t live in the fucking Omelas and we don’t bow to kings and lords.
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- L’Iran dénonce l’« attaque barbare » américaine à proximité d’un hôpital pour enfants (huffingtonpost.fr)
Selon les sources iraniennes, 211 patients ont été évacués de cet hôpital spécialisé dans les cancers pédiatriques.

- N.J. man says he was almost kicked off plane after flight attendant found shirt offensive (cbsnews.com)
Sam Saadeh, of Linden, was on a flight traveling from Atlanta to Newark Liberty International Airport on June 4 while wearing a T-shirt that said, “Bombing kids is not self defense.”
- Artist sews names of Gaza children killed by Israel into gown (aljazeera.com)
- ‘They want to break our will’ : Gaza flotilla activist tells of rape in Israeli detention (theguardian.com)
Anna Liedtke files criminal complaint in Israel over alleged attack by female guards and says abuse was intended to silence campaigners […] “There is no reason for me to be ashamed,” Liedtke said, in her first interview about the legal case. “Whenever we are silent, they will do it to another person.”
- Israeli ministers announce plans for new illegal settlements in Gaza and West Bank (theguardian.com)
Israel’s defence and finance ministers announced plans for three illegal settlements in Gaza and more than $400m (£300m) in funding to expand construction in the occupied West Bank, as Israel’s military commander for the region celebrated violent outposts as his “security partners”.
- Gaza : sauver les médecins d’aujourd’hui et former ceux de demain (humanite.fr)
Le docteur Baptiste André, qui a participé à l’une des flottilles pour Gaza, arrêté par l’armée israélienne puis expulsé, s’est engagé avec l’association Rizoma 13, afin d’aider financièrement des étudiants en médecine, pharmacie et dentaire de l’enclave palestinienne. Une aide pour une formation d’autant plus nécessaire qu’Israël n’a de cesse de cibler les personnels de santé.
- « C’est une forme de résistance » : il reconstruit le musée d’histoire naturelle de Palestine (reporterre.net)
« Nous vivons sous un régime colonial impitoyable, raciste, d’apartheid, qui nous gouverne depuis près de huit décennies et a rendu la vie pratiquement impossible ici. »
- Deux membres des « Ancien·nes », groupe cofondé par Nelson Mandela, appellent Israël et ses alliés à « rendre des comptes » sur la disparition de la Palestine (humanite.fr)
Mary Robinson (ancienne présidente d’Irlande) et Helen Clark (ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande) appellent à stopper Tel-Aviv, qui cherche « à faire disparaître la Palestine physiquement, économiquement, culturellement et politiquement ». [Elles] condamnent aussi la passivité de l’Union européenne.
- Zohran Mamdani souhaite l’arrestation de Benjamin Netanyahu s’il se rend à New York (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre israélien doit se rendre à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.
- Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination (contretemps.eu)
Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’Etat colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 200 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël
- Le concert de Barbara Butch stoppé à Grenoble après l’irruption de militant·es pro-Palestine (huffingtonpost.fr)
Un appel au boycott avait été soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise.[…] Face aux critiques, l’artiste a pourtant déjà clarifié son opinion, face caméra, sur ses réseaux sociaux. Elle a ainsi assuré être opposée au gouvernement de Netanyahu, tout en insistant sur le besoin de lutter collectivement contre l’antisémitisme en France.
Spécial femmes dans le monde
- The Tate brothers arrested by US Marshals in Miami on UK extradition request over rape and sex trafficking charges (edition.cnn.com)
Andrew Tate, a self-proclaimed misogynist with billions of views online, faces 42 charges, including rape, human trafficking, indecent images of a child and assault, according to the UK Crown Prosecution Service and Bedfordshire Police. Tristan Tate faces 17 charges, including sexual assault, rape and trafficking, officials said.
- Manosphère : anatomie d’une galaxie antiféministe en pleine évolution (theconversation.com)
- Hegseth wants a “High-T” military ; doctors call it a clinical minefield (arstechnica.com)
On Wednesday, Defense Secretary Pete Hegseth made the startling announcement that the US military would begin requiring all active duty and reserve personnel aged 30 and older to undergo mandatory screening for testosterone deficiency.
- Vous ne verrez plus ce type d’images à la télévision au nom de la lutte contre le sexisme (huffingtonpost.fr)
Des angles de vue suggestifs. Des ralentis douteux. Des gros plans parfois dégradants. La sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions de compétition sportives « demeure une préoccupation majeure »[…]le rassemblement des diffuseurs publics a récemment publié un guide pratique, Placer la barre plus haut, en vue des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham
- Un café réservé aux femmes dans un quartier populaire de la capitale égyptienne, une exception (medfeminiswiya.net)
En Egypte, pays qui compte plus de deux millions de cafés, dont quelque 150 000 rien que dans la capitale, ces lieux restent un bastion masculin. C’est dans ce contexte que Sarah Essam a ouvert le premier café exclusivement réservé aux femmes, en plein cœur du Caire, dans l’un des quartiers les plus conservateurs et populaires.
- Femmes dirigeantes : les discours évoluent, les biais sexistes se renforcent (lesnouvellesnews.fr)
En 1965, la Harvard Business Review posait une question volontairement provocatrice : « Les femmes cadres sont-elles des êtres humains ? ». Soixante ans plus tard, les discours ont évolué, mais le sexisme systémique résiste.
- De nombreuses femmes atteintes d’un cancer du sein pourraient éviter la chimiothérapie – ce qu’il faut savoir sur le test génétique (theconversation.com)
- Tampons Are Becoming a Valuable Medical Tool (reasonstobecheerful.world)
A company developed and patented methods for collecting and processing blood samples from tampons. Instead of throwing them away, women seal the tampons in a specially designed collection kit and mail them to the company’s laboratory.
- How my period is supercharging my ADHD (bbc.com)
Spécial France
- Colloque sur la Palestine annulé : la justice donne tort au Collège de France (liberation.fr)
Saisi par des universitaires et des intervenant·es, le tribunal administratif de Paris a tranché en leur faveur, jugeant que la décision d’annulation était « entachée d’une erreur d’appréciation » et que la menace à l’ordre public n’était pas caractérisée.
- La France convoque l’ambassadeur de Russie après une « vaste campagne cyber » menée par Moscou (huffingtonpost.fr)
Une dizaine de pays, dont la France, ont été visés par une campagne de cyberattaque russe. Comme Paris, Londres et Bruxelles ont également annoncé une série de sanctions.
- NUMÉRIQUE/S/ : une enquête sur nos vulnérabilités (cyriellechatelain.fr)
- Pourquoi tous ces emails sur les « pixels de suivi », et comment s’en protéger ? (next.ink)
- Centres de données : ce que révèle la dernière enquête de l’Arcep sur leur empreinte environnementale (les-enovateurs.com)
- Fontainebleau, symbole de la remontée des incendies vers le nord (reporterre.net)
L’incendie qui ravage la forêt de Fontainebleau a atteint une ampleur jamais vue dans la région. Ce drame est le symbole d’une nouvelle donne : presque tous les territoires français doivent désormais se préparer à lutter contre le feu.

- De 3 semaines à 150 ans : Après les incendies, un long travail de régénération attend la forêt de Fontainebleau (huffingtonpost.fr)
- Après les incendies de Fontainebleau, le début d’un long travail pour les associations d’aide aux animaux (huffingtonpost.fr)
les centres de soins sont saturés, indique le réseau, en raison des canicules à répétition. « La faune sauvage est déjà très touchée avec les vagues de chaleur, notamment les oiseaux, mais aussi la plupart des mammifères »
- « Entre tristesse et colère », les agriculteurices percuté·es par les canicules (reporterre.net)
- Sécheresse : un quart des petits cours d’eau sont à sec en France (reporterre.net)
« une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012 »
- 12 projets de mégabassines retoqués en Poitou-Charentes (reporterre.net)
Mercredi 8 juillet, la cour administrative d’appel de Bordeaux a déclaré « l’illégalité » de douze projets de mégabassines dans le Poitou-Charentes, celles de La Palu et l’Aume-Couture. Une décision, consultée par Mediapart, motivée par la protection de l’outarde canepetière.
- Coup d’arrêt pour le datacenter Sesterce à Valence (zdnet.fr)
- Les futurs trains Eurostar pourront supporter des étés à 55 °C (reporterre.net)
- Airbnb : 440 000 euros d’amende pour une location illégale à Paris (humanite.fr)
Une propriétaire d’appartements loués sur Airbnb et la conciergerie mandatée pour les gérer ont été condamnées à 220 000 euros chacune le 10 juillet dernier.[… ]Si les logements ne sont pas disponibles à la location d’ici un mois, la propriétaire devra payer 1 000 euros par jour de retard, par appartement [… ] une décision qui « en appelle d’autres »
- Il faut sauver les archives Freinet ! (politis.fr)
L’association Amis de Freinet gère à Mayenne un centre de ressources international rassemblant une importante collection d’archives autour de la pédagogie développée par les époux Freinet à partir des années 1920. Le maire nouvellement élu de la commune demande à l’association de quitter les lieux le 24 août prochain au plus tard. La disparition de ce fonds serait une perte considérable pour le monde éducatif.
- Festivals privés de subventions par le Département du Morbihan : « gare aux pentes savonneuses » avertit cet ex-élu (ouest-france.fr)
Spécial femmes en France
- Trisomie 21 : l’Académie des Sciences reconnaît la découverte de Marthe Gautier et soutient l’autrice Élisabeth Bouchaud (radiofrance.fr)
L’institution apporte son soutien à l’autrice de la pièce La découvreuse oubliée, qui évoque la découverte de la trisomie 21 par Marthe Gautier en 1958 et sa spoliation par le professeur Jérôme Lejeune. Les héritiers et la fondation éponyme du généticien attaquent la dramaturge en diffamation.
- « Mon honneur se situe ailleurs » : l’actrice Rachida Brakni a refusé la Légion d’honneur (huffingtonpost.fr)
La comédienne française juge notamment que cette récompense qu’elle devait recevoir le 14 juillet est attribuée à « tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire ».
- « Je ne veux pas passer pour une pleureuse » : le tacle sexiste de Didier Deschamps passe inaperçu (lesnouvellesnews.fr)
Pour trouver une voix dissonante, il faut aller sur LinkedIn. C’est là que Yoann Lavabre, directeur de théâtre, a sorti un « carton rouge » : « Mais son sexisme aussi ordinaire que lamentable, on en parle ? Pourquoi « une pleureuse » ? Les hommes, les vrais, ça ne pleure pas, c’est ça ? C’est réservé aux femmes de pleurer ? » […] Dans cette logique, ce qui est dévalorisé est associé au féminin : être une « pleureuse », c’est être faible, geignard ou immature. En utilisant ce vocabulaire, le sélectionneur des Bleus conforte des stéréotypes de sexe qui constituent le premier maillon du continuum des violences sexistes et sexuelles. Pour sortir de ces stéréotypes, il s’agit précisément de ne rien laisser passer.
- Violences sexistes et sexuelles : le CESE soutient la loi intégrale et alerte sur le manque de moyens (humanite.fr)
« On salue la proposition de loi et on est heureux de l’accompagner. (…) On regrette toutefois que la prévention des violences sexistes et sexuelles et la détection des violences soient un angle mort »
- Jérôme Barella mis en examen pour le viol et le meurtre de Lyhanna après son audition (huffingtonpost.fr)
- Affaire Lyhanna : les conclusions accablantes d’un deuxième rapport (huffingtonpost.fr)
Spécial médias et pouvoir
- Inceste : la silenciation médiatique (projetarcadie.com)
Alors que la commission d’enquête a conclu ses travaux et que le rapport est désormais en ligne, on a voulu objectiver la place de l’inceste dans les médias. Le constat est celui d’une sous-représentation massive.
- Sur CNews, loyauté entière exigée (acrimed.org)
Maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, limogeage d’Olivier Nora, tribune des professionnels du cinéma… Depuis plusieurs mois, les protestations contre la prédation et les pratiques du groupe Bolloré se multiplient.
- Match France-Maroc : la guerre civile annoncée par CNews n’a pas eu lieu (politis.fr)
La chaîne bolloréenne en était persuadée : l’apocalypse ou plutôt la « guérilla » allait tout saccager après le match de Coupe du monde masculine entre les Bleus et les Lions de l’Atlas. Raté.
- Beaucaire : le RN débouté, l’Arlésienne et Streetpress peuvent continuer à enquêter (lepoing.net)
Le tribunal judiciaire de Nîmes a rendu son ordonnance le 8 juillet. La mairie de Beaucaire, Julien Sanchez et Nelson Chaudon sont déboutés de leur plainte en diffamation contre les deux médias indépendants. Les deux maires RN leur reprochaient d’avoir dénoncé une politique discriminatoire dans l’attribution des locaux commerciaux de la ville
- Lundimatin ruiné (lundi.am)
Makassar, l’entreprise en charge de la distribution des livres que nous publions, est en train de faire faillite. Ce que cela signifie pratiquement et financièrement pour nous, c’est que la totalité des ventes des livres que nous avons édités, imprimés et publiés ces deux dernières années, ne nous sera jamais restituée.
- « Demain en librairie, il n’y aura plus que des livres de droite » (streetpress.com)
Privées de revenus par la faillite de leur distributeur Makassar, 200 maisons d’édition indépendantes et engagées luttent pour survivre. Une crise qui menace d’éteindre les voix féministes, queers ou anticapitalistes en librairie.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Malgré la canicule, le défilé du 14-Juillet aura lieu « comme prévu » à Paris, avec des adaptations (huffingtonpost.fr)
Paris et l’Île-de-France sont placés en alerte rouge canicule par Météo-France. Les célébrations de la Fête nationale se feront sous surveillance sécuritaire et sanitaire.

- Les forêts brûlent, et nous regardons les Canadairs (bonpote.com)
Le constat politique est sans appel : le gouvernement a sabordé ses moyens et ses lignes de défense. Les services publics ont été privés de moyens (l’Office national des forêts a vu ses effectifs sans cesse rabotés depuis vingt ans). Plutôt que d’adapter et prendre soin de nos forêts, l’exécutif ne jure que par les solutions techniques et curatives, communiquant essentiellement sur les Canadairs comme d’autres ne jurent que par la climatisation face à la canicule. Pire encore, même cette réponse court-termiste a été totalement défaillante : le fiasco des commandes de bombardiers, torpillées par les coupes budgétaires de Gabriel Attal, démontrent l’amateurisme au plus haut sommet de l’État face à ces incendies.

- Manque de Canadairs pour éteindre les incendies : ce document qui met en cause la responsabilité directe de Gabriel Attal (linsoumission.fr)
- “Nous assistons aux prémices d’un danger de mort environnemental” face aux chaleurs extrêmes, avertit l’écologue Philippe Grandcolas (franceinfo.fr)
Les lobbys agro-industriels ou pétroliers défendent en permanence leurs intérêts, en nous incitant à avoir des productions agricoles ou industrielles qui sont complètement inadaptées et qui aggravent les problèmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a aucune pitié à attendre de ces acteurs.
- Canicules et personnes âgées : ce n’est pas l’âge qui tue, ce sont les failles du système (theconversation.com)
- Les sénateurs ont transformé une loi agricole en loi criminelle contre nos enfants (blogs.mediapart.fr)
La France brûle. Ses sols se dessèchent. Des villages doivent déjà être ravitaillés en eau potable par camions-citernes. Dans presque tout le pays, les habitants se voient demander de réduire leur consommation. Et c’est à ce moment précis que 219 sénateurs ont choisi de détruire les règles de partage de l’eau.
- Pesticides, eau… Des mesures « cataclysmiques » arrivent devant les parlementaires (reporterre.net)
- Pesticides interdits : « Le gouvernement offre un consentement à l’empoisonnement alimentaire de la population » (reporterre.net)
Des aliments contaminés au-delà des seuils par des pesticides interdits en Europe, dont du riz Lustucru et des épices Ducros, sont toujours dans les rayons. En cause, l’inaction de l’État et le poids des industries.
- Le Parlement réintroduit les pesticides de la loi Duplomb (reporterre.net)
Sénateurs et députés ont voté pour le retour de l’acétamipride et du flupyradifurone jeudi 16 juillet. Ces deux pesticides sont réintroduits via l’article 2 Quater de la loi d’urgence agricole, discutée en commission mixte paritaire.
Voir aussi Loi d’urgence agricole : main dans la main avec la FNSEA, la CMP valide le retour des pesticides interdits (humanite.fr)
- Forêts rasées, montagnes bétonnées : la vraie carte des JO 2030 dans les Alpes (reporterre.net)
- Data centers : le soutien « effréné » du gouvernement dénoncé dans un rapport parlementaire (reporterre.net)
Une commission d’enquête a calculé que la puissance développée par les data centers pourrait monter, en environ cinq ans, à 15 gigawatts, soit l’équivalent de « 24 % de la puissance nucléaire française ». Cela représenterait un « risque d’accaparement de la production électrique par des opérateurs extra-européens et principalement par les hyperscalers », dédiés à l’IA.

- Électricité : malgré ses promesses, le gouvernement valide une hausse de 2,5 % des factures (humanite.fr)
Le ministère de l’Énergie de Maud Bregeon a annoncé à l’AFP que « le gouvernement donnera suite » à la proposition de la Commission de régulation de l’énergie d’augmenter de 2,5 % des tarifs réglementés de l’électricité au 1er août. Et ce, à peine quelques mois après avoir promis, à grand renfort de communication, des factures d’électricité « stables au moins en 2026 et en 2027 ».
- Avec 70 euros par habitant, la France est l’un des pays d’Europe qui finance le moins le rail (à des années-lumière des 209 euros britanniques ou 222 euros allemands) (bfmtv.com)
- À qui profite la prolifération des « start-up » dans l’Éducation nationale ? (lvsl.fr)
Avec l’adoption du budget 2026, ce sont 4032 postes d’enseignants qui ont été supprimés. Dans un contexte assumé de réduction budgétaire, l’Education Nationale figure parmi les ministères touchés par les arbitrages gouvernementaux. Mais un secteur se porte très bien : celui des start-up spécialisées dans l’enseignement.

- Chromebook au lycée : la France fonce vers Google, pile quand l’Europe s’en méfie (01net.com)
À la rentrée 2026, deux régions françaises basculent leurs dotations d’ordinateurs lycéens vers des Chromebook Asus sous ChromeOS. Un choix qui intervient alors que le Danemark a fini par interdire ce même écosystème dans ses écoles pour non-conformité au RGPD, et que la France peine elle-même à tenir son discours sur l’indépendance numérique.
- Plus de 126 000 candidat·es en attente d’une proposition sur Parcousup, “ce n’est jamais acceptable”, reconnaît le ministre de l’Éducation (franceinfo.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Elon Musk qualifie Marine Le Pen de « dernier espoir de la France » (lemonde.fr) – voir aussi Avec Elon Musk, la quête de respectabilité de Le Pen encore mise à mal par ses appuis étrangers (huffingtonpost.fr)
Le soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen est venu illustrer la difficulté du RN à se trouver des alliés alignés avec son idéologie sans nuire à dix ans de normalisation de l’extrême droite française.
- François-Noël Buffet, futur Défenseur des droits ? Le candidat de Macron passé au grill à l’Assemblée (huffingtonpost.fr)
L’ancien ministre s’est vu reprocher ses positions conservatrices par les député·es de gauche qui n’ont pas caché leur hostilité quant à sa nomination.
- Droit d’asile : deux fillettes livrées à elles-mêmes dans le camp de Roj en Syrie (politis.fr)
Deux orphelines de 12 et 10 ans, se sont vu refuser le droit d’asile par le quai d’Orsay. Depuis la mort de leur mère d’un probable cancer de la gorge, en avril, les deux petites sont livrées à elles-mêmes dans le camp de Roj, situé au nord-est de la Syrie. Elles avaient été arrêtées après le retrait de Daech et y ont été transférées par les forces kurdes en décembre 2018.
- Montpellier : Une mère et sa fille expulsées en pleine canicule, quatre jours après un rendez-vous en préfecture (lepoing.net)
- Sainte-Soline : l’État (encore) mis en cause (politis.fr)
Après l’analyse de dizaines d’heures de vidéos, Claire Hédon dénonce une « logique de confrontation » : tirs interdits, blessures graves, insultes et appels à tuer des manifestants. La Défenseure des droits demande au ministère de l’Intérieur de sanctionner plusieurs gendarmes, dont des gradés.

- Exilés : la bataille de Cédric Herrou contre les abus de Sentinelle (blast-info.fr)
Dans la vallée de la Roya, des soldats arrêtent des voitures, interrogent des passants, bloquent les routes. Ils n’en ont pas le droit. Ils le font quand-même. Face à eux : un paysan et sa caméra. Depuis dix ans, les vidéos de Cédric Herrou sont devenues la seule arme capable de tenir l’armée en respect.
- Frontière franco-britannique : une crise humanitaire que l’Assemblée ne peut plus ignorer (guitinews.fr)
Spécial résistances
- Canicule : la Confédération nationale du logement porte plainte contre le gouvernement pour « mise en danger de la vie d’autrui » (humanite.fr)
la Confédération nationale du logement (CNL) annonce déposer une plainte pénale contre l’inaction de l’exécutif face aux logements thermiquement défaillants, où les plus précaires sont les premiers exposés.[…]Plus de 2 000 personnes sont décédées au cours des dernières canicules, et près de 90 % des victimes sont mortes à leur domicile

- Édition : il faut sauver les indés (blogs.mediapart.fr)
Alors qu’un distributeur fait face à un risque de faillite, plusieurs dizaines de maisons d’édition indépendantes alertent sur un possible effondrement de tout leur écosystème et appellent à un sursaut collectif pour sauver la pluralité éditoriale.
- Opposons-nous à ce que Doctolib « nourrisse » l’IA avec nos données de santé ! (ldh-france.org)
- 640 habitant·es et des montagnes de déchets dangereux : un village refuse de devenir la « poubelle » du Grand Paris (reporterre.net)
Le village de Guitrancourt voit s’accumuler les projets de stockage de déchets, parfois dangereux, dans ses alentours. Alors que des millions de tonnes pourraient arriver dans les prochaines années, habitant·es et élu·es y voient une injustice territoriale.
- Pari réussi pour les opposant·es au canal Seine-Nord Europe : 3000 personnes à Oisy-le-Verger ce samedi (espaces.media) – voir aussi « Le dispositif nous a rappelé Sainte-Soline » : 900 policiers et gendarmes pour contrôler la mobilisation du canal Seine-Nord Europe (reporterre.net)
Face à l’impressionnant dispositif policier qui a encadré les quatre jours de rassemblement contre le canal Seine-Nord Europe, dans le Pas-de-Calais, les manifestant·es ont conservé un mode opératoire festif et créatif.

- Dix ans après Adama Traoré : une décennie contre la dépolitisation (politis.fr)
En réduisant le Comité Adama à la figure d’Assa Traoré, le débat public opère une personnalisation qui révèle moins la réalité du mouvement qu’une manière française de neutraliser les mobilisations antiracistes en substituant une « persona » à un contexte
- Retraites complémentaires : la CGT et la CFE-CGC attaquent le patronat en justice après le gel des pensions (humanite.fr)
Chaque année, patronat et syndicats déterminent le taux d’évolution des pensions du régime des pensions complémentaires du privé (Agirc-Arrco) qui gère les retraites complémentaires de 14 millions de personnes, en tenant compte notamment de l’inflation.
- La lutte contre le CPE vingt ans après, ou comment la jeunesse a fait plier la droite (contretemps.eu)
Comprendre l’une des dernières grandes victoires sociales en France
- 1936-2026 : perpétuer le message des brigadistes internationaux (humanite.fr)
À l’occasion des 90 ans de la guerre d’Espagne, l’Acer (les Amis des combattants en Espagne républicaine) veut rendre hommage à celles et ceux qui ont rejoint, par dizaine de milliers, leurs camarades espagnols pour combattre le fascisme.
Spécial outils de résistance
- Les fabulations du RN, expliquées à mon voisin (enjeu.cc)
Un repas de famille, un apéro entre amis… Et vous découvrez qu’un ami ou une connaissance s’est laissé.e convaincre par certains arguments fallacieux de l’extrême droite. Pour y répondre, nous avons créé ce mini-guide qui reprend les principaux thèmes du RN et présente des faits simples et vérifiables.
- Odap : « des arguments techniques, pour occulter la question des politiques » (journal-labreche.fr)
Soizic Pénicaud, chercheuse spécialisée dans les enjeux numériques, et Camille Girard-Chanudet, sociologue à l’Institut santé numérique en société, ont cofondé – avec Estelle Hary, designer – l’Observatoire des algorithmes publics (Odap). Cette association, ouverte à toutes les contributions, se fixe pour mission de récolter et rassembler des informations sur les algorithmes utilisés au sein des administrations publiques françaises, avec un objectif : mettre en lumière les enjeux de l’automatisation des services publics et, par ricochet, politiser la « question algorithmique ».
Spécial MAGAM et cie
- Google-backed satellites for wildfire detection launch as smoke chokes US, Canada (arstechnica.com)
The satellites will begin providing wildfire detection capable of spotting even small fires in the United States, Australia, and Europe before the end of the year.[…]Each satellite is equipped with multispectral imaging that can peer through smoke and clouds and detect fires as small as five by five meters
- San Francisco orders Apple, Google to remove nudify apps from app stores (arstechnica.com)
This week, San Francisco’s attorney general, David Chiu, sent cease-and-desist letters, demanding that Apple and Google remove 13 so-called nudification apps from their app store […] Chiu said his office was “absolutely horrified” by how ubiquitous the nudifying technology has become, victimizing mostly women and children at an alarming scale as more tools became available.
- The Backlash Is So Strong That People With “Pervert Glasses” Are Afraid to Use Them in Public (futurism.com)
Meta’s camera-equipped “AI Glasses” are so divisive that some adopters are now leaving their expensive smart glasses at home
- Guerrilla London Bus Ads Mock Kylie Jenner’s Meta Glasses Campaign (hyperallergic.com)
“Billionaires could fund cures for cancer — so why are they funding glasses for perverts instead ?” asked the protest group Everyone Hates Elon.
- Microsoft starts testing cleaner Windows Search without ads (bleepingcomputer.com)
Microsoft is now testing a cleaner and faster version of Windows Search that should prioritize relevant results over ads and promotional content.
- Microsoft’s Secure Boot has been broken for a decade and no one noticed until now (arstechnica.com)
- Cette étude choc de Mozilla prouve que Windows manipule votre écran pour tuer Firefox… mais pas en Europe ! (goodtech.info)
La passionnante étude « Over The Edge 2.0 », publiée par Mozilla, démontre comment Microsoft utilise des designs trompeurs et l’IA Copilot pour étouffer Firefox et saboter la libre concurrence. Enfin, pas partout, notamment en Europe : merci le DMA !
- Les administrateurices informatiques en ont « ras-le-bol » des applications et produits « inutiles » de Microsoft et de Windows 11, tandis que Microsoft est occupé à intégrer Copilot dans chaque recoin de l’OS (developpez.com)
- Le CNRS sort de Zoom et Microsoft Exchange, et bientôt Sharepoint (zdnet.fr)
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annonce l’accélération de sa sortie de certains logiciels extra-européens pour gagner en souveraineté numérique et réduire ses coûts IT. La Dinum l’accompagne dans cette politique.
Les autres lectures de la semaine
- Après la canicule : quelle révolution ? (frustrationmagazine.fr)

- Recherche payée par le public, confisquée par le privé : le scandale de l’édition scientifique (rtbf.be)
- Starmer, Israël et la purge de la gauche du Labour (frustrationmagazine.fr)
L’impopularité écrasante de Starmer et l’affaiblissement des socialistes sont aussi liés à l’installation de nouvelles dynamiques de gauche au Royaume-Uni et la décrédibilisation majeure du Labour auprès des classes populaires qui ouvre un espace à la radicalité.
- Bienvenue à Pulaski, berceau du Ku Klux Klan et des mémoires troubles de l’Amérique (slate.fr)
Alors que les États-Unis célèbrent les 250 ans de leur indépendance, la ville de Pulaski, dans le Tennessee, vit toujours avec un fantôme encombrant. C’est ici, en 1865, qu’est né le Ku Klux Klan. Entre déni local, archives explosives et tentatives de réconciliation, reportage au cœur du malaise mémoriel américain.
- Le rail français et la Shoah, ce passé que la SNCF préfèrerait oublier (slate.fr)
- La rue tue toute l’année – lettre d’un infirmier auprès de personnes sans abri (blogs.mediapart.fr)
- L’économie des Birkenstock, un gigantesque marché de dupes (slate.fr)
- Le yoga, du néolibéralisme à la libération ? (mouvements.info)
- Peut‑on mieux recycler les métaux précieux contenus dans nos ordinateurs ? (theconversation.com)
- Canicule : quatre essences d’arbres précieuses face aux feux de forêt (usbeketrica.com)
Face à une mortalité des arbres accélérée par un dérèglement climatique qui intensifie les sécheresses, les hivers trop doux, les pluies diluviennes et l’augmentation de parasites, quelles espèces résisteront et feront nos paysages d’ici 30 ans ?

- Incendies : quel est ce produit rouge largué sur les forêts ? (reporterre.net)
« Les émissions issues de la combustion des incendies sont bien plus dangereuses, cancérigènes et délétères pour l’environnement que la pollution liée au produit retardant. Il n’y a pas photo. »
- Pourquoi respire‑t‑on surtout par une seule narine ? (theconversation.com)
Contrairement aux apparences, nous ne respirons presque jamais de façon égale par nos deux narines. Cette alternance, orchestrée par le cerveau, est indispensable au bon fonctionnement du nez, même si certaines maladies ou allergies peuvent la perturber.
- L’affaire des rayons N : l’une des plus grandes bavures scientifiques de l’histoire (theconversation.com)
- Le marxisme de Tina Modotti (contretemps.eu)
Photographe, journaliste, traductrice et actrice, Tina Modotti chercha à faire converger esthétique et éthique révolutionnaire. Elle fut militante communiste et féministe, active au sein du Secours Rouge International (de l’Internationale Communiste) au Mexique et dans d’autres pays.
- Nous avons perdu plus de la moitié des manuscrits du Moyen Âge, affirme une nouvelle étude (slate.fr)
En analysant la transmission des manuscrits du Moyen Âge, des chercheureuses estiment que la majorité des œuvres écrites au XIIᵉ siècle ont été perdues. Une découverte qui révèle l’ampleur insoupçonnée du patrimoine littéraire disparu.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Indésirables
- Canadairs
- Moyens
- Présomption
- 14 juillet
- Défilé
- Externalisation
- Techno-anxiété
- GPT
- Catégories
- Fine
- Yacht
- Naming
- Design
- Internet
- Comparaison
- Hormuz
- Urbanisme
- Worry
- La finale Ovule VS Spermato (tumourrasmoinsbete.blogspot.com)

Les vidéos/podcasts de la semaine
- AI movies (tube.fdn.fr)
- The AI Industry Is Spending Big on the US Midterms (techwontsave.us)
- L’IA à l’assault des ménagères de moins de 50 ans (radiofrance.fr)
les femmes sont moins séduites que les hommes par l’intelligence artificielle. Elles sont davantage enclines à s’interroger sur l’efficacité de ces nouveaux outils ou encore sur leur impact environnemental. Parler de charge mentale… c’est donc une manière, nous dit le magazine, de séduire les mères de famille et de les faire venir progressivement à d’autres usages de l’IA. Un marché d’autant plus prometteur que ce sont ELLES qui sont en charge des achats dans leur foyer…
- Chat control : le projet de l’UE pour surveiller tous vos messages et vos réseaux sociaux (humanite.fr)
- Menaces, tag à l’acide… Un restaurant victime de l’extrême-droite (video.blast-info.fr)
- À propos des excuses de Frah (Shaka Ponk) concernant Bertrand Cantat (tube.fdn.fr)
- Fin de vie : que contient la loi définitivement adoptée par les député·es ? (humanite.fr)
- Guerre d’Espagne : 90 ans après le coup d’État franquiste, la bataille pour la mémoire continue (humanite.fr)
- Le Front populaire, le pouvoir et la grève (spectremedia.org)
- Diskri’Minis : jouer, échanger et agir contre les discriminations (humanite.f)
Comment sensibiliser les élèves de primaire au racisme, aux discriminations et au harcèlement par le jeu ? Depuis plus de dix ans, Ali Guessoum, médiateur culturel, relève ce défi à travers des ateliers d’éducation populaire.Avec son association Remem’beur, il a développé un jeu ludique, « Les Diskri’Minis », afin d’ouvrir le dialogue et encourager la réflexion dès le plus jeune âge.
Les trucs chouettes de la semaine
- Des collégiens bretons ont accueilli des ados palestiniens pour échanger leurs danses (lareleveetlapeste.fr)
- The Frank Gallagher Thesis Shaped Welfare For Decades. The Data Just Demolished It. (hightimes.com)
For decades, governments assumed poor people couldn’t be trusted with unconditional cash. A wave of new evidence says they were wrong.
- Des légumes aux pieds des immeubles : une micro-ferme gérée par des habitant·es nourrit un quartier (basta.media)
C’est en pied d’immeuble qu’est expérimentée une micro-ferme maraîchère dans le quartier des Vernes à Givors (Rhône). Des habitant·es la gèrent et vendent la production sur place.
- Des pommes de terre et des haricots au pied des immeubles, des salades dans les jardinières… Dans le quartier de La Noue, à Bagnolet, les habitant·es récupèrent un peu de terre au cœur du béton. (reporterre.net)
- Transformer une ancienne décharge en lagune : un pari réussi dans les Landes (reporterre.net)
- Le remake de « La Petite Maison dans la prairie » sur Netflix donne enfin la parole au peuple Osage (huffingtonpost.fr)
- Pour la première fois de l’histoire, des archéologues sont parvenus à déchiffrer un nom complet de la civilisation maya. (humanite.fr)
Sak Tahn Waax – ou « Renard à poitrine blanche » serait le nom d’un mathématicien astronome de la civilisation maya.
- Bumblebee facial movements give clues to their inner lives (newscientist.com)
A series of experiments shows that bees respond differently to tastes depending on their internal states, hinting that they have something akin to our emotions
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
19.07.2026 à 10:00
Renverser le pouvoir artificiel
Texte intégral (8868 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 08 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le rapport 2025 de l’AI Now Institute esquisse des modalités pour reprendre le contrôle sur les déploiements de l’IA et renverser le pouvoir des grands acteurs de l’IA. Rien de moins !
L’AI Now Institute vient de publier son rapport 2025. Et autant dire, qu’il frappe fort. “La trajectoire actuelle de l’IA ouvre la voie à un avenir économique et politique peu enviable : un avenir qui prive de leurs droits une grande partie du public, rend les systèmes plus obscurs pour ceux qu’ils affectent, dévalorise notre savoir-faire, compromet notre sécurité et restreint nos perspectives d’innovation”.
La bonne nouvelle, c’est que la voie offerte par l’industrie technologique n’est pas la seule qui s’offre à nous. “Ce rapport explique pourquoi la lutte contre la vision de l’IA défendue par l’industrie est un combat qui en vaut la peine”. Comme le rappelait leur rapport 2023, l’IA est d’abord une question de concentration du pouvoir entre les mains de quelques géants. “La question que nous devrions nous poser n’est pas de savoir si ChatGPT est utile ou non, mais si le pouvoir irréfléchi d’OpenAI, lié au monopole de Microsoft et au modèle économique de l’économie technologique, est bénéfique à la société”.
“L’avènement de ChatGPT en 2023 ne marque pas tant une rupture nette dans l’histoire de l’IA, mais plutôt le renforcement d’un paradigme du « plus c’est grand, mieux c’est », ancré dans la perpétuation des intérêts des entreprises qui ont bénéficié du laxisme réglementaire et des faibles taux d’intérêt de la Silicon Valley”. Mais ce pouvoir ne leur suffit pas : du démantèlement des gouvernements au pillage des données, de la dévalorisation du travail pour le rendre compatible à l’IA, à la réorientation des infrastructures énergétiques en passant par le saccage de l’information et de la démocratie… l’avènement de l’IA exige le démantèlement de nos infrastructures sociales, politiques et économiques au profit des entreprises de l’IA. L’IA remet au goût du jour des stratégies anciennes d’extraction d’expertises et de valeurs pour concentrer le pouvoir entre les mains des extracteurs au profit du développement de leurs empires.
Mais pourquoi la société accepterait-elle un tel compromis, une telle remise en cause ? Pour les chercheur·euses de l’AI Now Institute ce pouvoir doit et peut être perturbé, notamment parce qu’il est plus fragile qu’il n’y paraît. “Les entreprises d’IA perdent de l’argent pour chaque utilisateur qu’elles gagnent” et le coût de l’IA à grande échelle va être très élevé au risque qu’une bulle d’investissement ne finisse par éclater. L’affirmation de la révolution de l’IA générative, elle, contraste avec la grande banalité de ses intégrations et les difficultés qu’elle engendre : de la publicité automatisée chez Meta, à la production de code via Copilot (au détriment des compétences des développeurs), ou via la production d’agents IA, en passant par l’augmentation des prix du Cloud par l’intégration automatique de fonctionnalités IA… tout en laissant les clients se débrouiller des hallucinations, des erreurs et des imperfactions de leurs produits. Or, appliqués en contexte réel les systèmes d’IA échouent profondément même sur des tâches élémentaires, rappellent les auteurs du rapport : les fonctionnalités de l’IA relèvent souvent d’illusions sur leur efficacité, masquant bien plus leurs défaillances qu’autre chose, comme l’expliquent les chercheurs Inioluwa Deborah Raji, Elizabeth Kumar, Aaron Horowitz et Andrew D. Selbst. Dans de nombreux cas d’utilisation, “l’IA est déployée par ceux qui ont le pouvoir contre ceux qui n’en ont pas” sans possibilité de se retirer ou de demander réparation en cas d’erreur.
L’IA : un outil défaillant au service de ceux qui la déploient
Pour l’AI Now Institute, les avantages de l’IA sont à la fois surestimés et sous-estimés, des traitements contre le cancer à une hypothétique croissance économique, tandis que certains de ses défauts sont réels, immédiats et se répandent. Le solutionnisme de l’IA occulte les problèmes systémiques auxquels nos économies sont confrontées, occultant la concentration économique à l’œuvre et servant de canal pour le déploiement de mesures d’austérité sous prétexte d’efficacité, à l’image du très problématique chatbot mis en place par la ville New York. Des millions de dollars d’argent public ont été investis dans des solutions d’IA défaillantes. “Le mythe de la productivité occulte une vérité fondamentale : les avantages de l’IA profitent aux entreprises, et non aux travailleurs ou au grand public. Et L’IA agentive rendra les lieux de travail encore plus bureaucratiques et surveillés, réduisant l’autonomie au lieu de l’accroître”.
“L’utilisation de l’IA est souvent coercitive”, violant les droits et compromettant les procédures régulières à l’image de l’essor débridé de l’utilisation de l’IA dans le contrôle de l’immigration aux États-Unis (voir notre article sur la fin du cloisonnement des données ainsi que celui sur l’IA générative, nouvelle couche d’exploitation du travail). Le rapport consacre d’ailleurs tout un chapitre aux défaillances de l’IA. Pour les thuriféraires de l’IA, celle-ci est appelée à guérir tous nos maux, permettant à la fois de transformer la science, la logistique, l’éducation… Mais, si les géants de la tech veulent que l’IA soit accessible à tous, alors l’IA devrait pouvoir bénéficier à tous. C’est loin d’être le cas.
Le rapport prend l’exemple de la promesse que l’IA pourrait parvenir, à terme, à guérir les cancers. Si l’IA a bien le potentiel de contribuer aux recherches dans le domaine, notamment en améliorant le dépistage, la détection et le diagnostic. Il est probable cependant que loin d’être une révolution, les améliorations soient bien plus incrémentales qu’on le pense. Mais ce qui est contestable dans ce tableau, estiment les chercheurs de l’AI Now Institute, c’est l’hypothèse selon laquelle ces avancées scientifiques nécessitent la croissance effrénée des hyperscalers du secteur de l’IA. Or, c’est précisément le lien que ces dirigeants d’entreprise tentent d’établir. « Le prétexte que l’IA pourrait révolutionner la santé sert à promouvoir la déréglementation de l’IA pour dynamiser son développement ». Les perspectives scientifiques montées en promesses inéluctables sont utilisées pour abattre les résistances à discuter des enjeux de l’IA et des transformations qu’elle produit sur la société toute entière.
Or, dans le régime des défaillances de l’IA, bien peu de leurs promesses relèvent de preuves scientifiques. Nombre de recherches du secteur s’appuient sur un régime de “véritude” comme s’en moque l’humoriste Stephen Colbert, c’est-à-dire sur des recherches qui ne sont pas validées par les pairs, à l’image des robots infirmiers qu’a pu promouvoir Nvidia en affirmant qu’ils surpasseraient les infirmières elles-mêmes… Une affirmation qui ne reposait que sur une étude de Nvidia. Nous manquons d’une science de l’évaluation de l’IA générative. En l’absence de benchmarks indépendants et largement reconnus pour mesurer des attributs clés tels que la précision ou la qualité des réponses, les entreprises inventent leurs propres benchmarks et, dans certains cas, vendent à la fois le produit et les plateformes de validation des benchmarks au même client. Par exemple, Scale AI détient des contrats de plusieurs centaines de millions de dollars avec le Pentagone pour la production de modèles d’IA destinés au déploiement militaire, dont un contrat de 20 millions de dollars pour la plateforme qui servira à évaluer la précision des modèles d’IA destinés aux agences de défense. Fournir la solution et son évaluation est effectivement bien plus simple.
Autre défaillance systémique : partout, les outils marginalisent les professionnels. Dans l’éducation, les Moocs ont promis la démocratisation de l’accès aux cours. Il n’en a rien été. Désormais, le techno-solutionnisme promet la démocratisation par l’IA générative via des offres dédiées comme ChatGPT Edu d’OpenAI, au risque de compromettre la finalité même de l’éducation. En fait, rappellent les auteurs du rapport, dans l’éducation comme ailleurs, l’IA est bien souvent adoptée par des administrateurs, sans discussion ni implication des concernés. A l’université, les administrateurs achètent des solutions non éprouvées et non testées pour des sommes considérables afin de supplanter les technologies existantes gérées par les services technologiques universitaires. Même constat dans ses déploiements au travail, où les pénuries de main d’œuvre sont souvent évoquées comme une raison pour développer l’IA, alors que le problème n’est pas tant la pénurie que le manque de protection ou le régime austéritaire de bas salaires. Les solutions technologiques permettent surtout de rediriger les financements au détriment des travailleurs et des bénéficiaires. L’IA sert souvent de vecteur pour le déploiement de mesures d’austérité sous un autre nom. Les systèmes d’IA appliqués aux personnes à faibles revenus n’améliorent presque jamais l’accès aux prestations sociales ou à d’autres opportunités, disait le rapport de Techtonic Justice. “L’IA n’est pas un ensemble cohérent de technologies capables d’atteindre des objectifs sociaux complexes”. Elle est son exact inverse, explique le rapport en pointant par exemple les défaillances du Doge (que nous avons nous-mêmes documentés). Cela n’empêche pourtant pas le solutionnisme de prospérer. L’objectif du chatbot newyorkais par exemple, “n’est peut-être pas, en réalité, de servir les citoyens, mais plutôt d’encourager et de centraliser l’accès aux données des citoyens ; de privatiser et d’externaliser les tâches gouvernementales ; et de consolider le pouvoir des entreprises sans mécanismes de responsabilisation significatifs”, comme l’explique le travail du Surveillance resistance Lab, très opposé au projet.
Le mythe de la productivité enfin, que répètent et ânonnent les développeurs d’IA, nous fait oublier que les bénéfices de l’IA vont bien plus leur profiter à eux qu’au public. « La productivité est un euphémisme pour désigner la relation économique mutuellement bénéfique entre les entreprises et leurs actionnaires, et non entre les entreprises et leurs salariés. Non seulement les salariés ne bénéficient pas des gains de productivité liés à l’IA, mais pour beaucoup, leurs conditions de travail vont surtout empirer. L’IA ne bénéficie pas aux salariés, mais dégrade leurs conditions de travail, en augmentant la surveillance, notamment via des scores de productivité individuels et collectifs. Les entreprises utilisent la logique des gains de productivité de l’IA pour justifier la fragmentation, l’automatisation et, dans certains cas, la suppression du travail. » Or, la logique selon laquelle la productivité des entreprises mènera inévitablement à une prospérité partagée est profondément erronée. Par le passé, lorsque l’automatisation a permis des gains de productivité et des salaires plus élevés, ce n’était pas grâce aux capacités intrinsèques de la technologie, mais parce que les politiques des entreprises et les réglementations étaient conçues de concert pour soutenir les travailleurs et limiter leur pouvoir, comme l’expliquent Daron Acemoglu et Simon Johnson, dans Pouvoir et progrès (Pearson 2024). L’essor de l’automatisation des machines-outils autour de la Seconde Guerre mondiale est instructif : malgré les craintes de pertes d’emplois, les politiques fédérales et le renforcement du mouvement ouvrier ont protégé les intérêts des travailleurs et exigé des salaires plus élevés pour les ouvriers utilisant les nouvelles machines. Les entreprises ont à leur tour mis en place des politiques pour fidéliser les travailleurs, comme la redistribution des bénéfices et la formation, afin de réduire les turbulences et éviter les grèves. « Malgré l’automatisation croissante pendant cette période, la part des travailleurs dans le revenu national est restée stable, les salaires moyens ont augmenté et la demande de travailleurs a augmenté. Ces gains ont été annulés par les politiques de l’ère Reagan, qui ont donné la priorité aux intérêts des actionnaires, utilisé les menaces commerciales pour déprécier les normes du travail et les normes réglementaires, et affaibli les politiques pro-travailleurs et syndicales, ce qui a permis aux entreprises technologiques d’acquérir une domination du marché et un contrôle sur des ressources clés. L’industrie de l’IA est un produit décisif de cette histoire ». La discrimination salariale algorithmique optimise les salaires à la baisse. D’innombrables pratiques sont mobilisées pour isoler les salariés et contourner les lois en vigueur, comme le documente le rapport 2025 de FairWork. La promesse que les agents IA automatiseront les tâches routinières est devenue un point central du développement de produits, même si cela suppose que les entreprises qui s’y lancent deviennent plus processuelles et bureaucratiques pour leur permettre d’opérer. Enfin, nous interagissons de plus en plus fréquemment avec des technologies d’IA utilisées non pas par nous, mais sur nous, qui façonnent notre accès aux ressources dans des domaines allant de la finance à l’embauche en passant par le logement, et ce au détriment de la transparence et au détriment de la possibilité même de pouvoir faire autrement.
Le risque de l’IA partout est bien de nous soumettre aux calculs, plus que de nous en libérer. Par exemple, l’intégration de l’IA dans les agences chargées de l’immigration, malgré l’édiction de principes d’utilisation vertueux, montre combien ces principes sont profondément contournés, comme le montrait le rapport sur la déportation automatisée aux États-Unis du collectif de défense des droits des latino-américains, Mijente. Les Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) utilisent des outils prédictifs pour automatiser leurs prises de décision, comme « Asylum Text Analytics », qui interroge les demandes d’asile afin de déterminer celles qui sont frauduleuses. Ces outils ont démontré, entre autres défauts, des taux élevés d’erreurs de classification lorsqu’ils sont utilisés sur des personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Les conséquences d’une identification erronée de fraude sont importantes : elles peuvent entraîner l’expulsion, l’interdiction à vie du territoire américain et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. « Pourtant, la transparence pour les personnes concernées par ces systèmes est plus que limitée, sans possibilité de se désinscrire ou de demander réparation lorsqu’ils sont utilisés pour prendre des décisions erronées, et, tout aussi important, peu de preuves attestent que l’efficacité de ces outils a été, ou peut être, améliorée ».
Malgré la légalité douteuse et les failles connues de nombre de ces systèmes que le rapport documente, l’intégration de l’IA dans les contrôles d’immigration ne semble vouée qu’à s’intensifier. L’utilisation de ces outils offre un vernis d’objectivité qui masque non seulement un racisme et une xénophobie flagrants, mais aussi la forte pression politique exercée sur les agences d’immigration pour restreindre l’asile. « L‘IA permet aux agences fédérales de mener des contrôles d’immigration de manière profondément et de plus en plus opaque, ce qui complique encore davantage la tâche des personnes susceptibles d’être arrêtées ou accusées à tort. Nombre de ces outils ne sont connus du public que par le biais de documents juridiques et ne figurent pas dans l’inventaire d’IA du DHS. Mais même une fois connus, nous disposons de très peu d’informations sur leur étalonnage ou sur les données sur lesquelles ils sont basés, ce qui réduit encore davantage la capacité des individus à faire valoir leurs droits à une procédure régulière. Ces outils s’appuient également sur une surveillance invasive du public, allant du filtrage des publications sur les réseaux sociaux à l’utilisation de la reconnaissance faciale, de la surveillance aérienne et d’autres techniques de surveillance, à l’achat massif d’informations publiques auprès de courtiers en données ». Nous sommes à la fois confrontés à des systèmes coercitifs et opaques, foncièrement défaillants. Mais ces défaillances se déploient parce qu’elles donnent du pouvoir aux forces de l’ordre, leur permettant d’atteindre leurs objectifs d’expulsion et d’arrestation. Avec l’IA, le pouvoir devient l’objectif.
Les leviers pour renverser l’empire de l’IA et faire converger les luttes contre son monde
La dernière partie du rapport de l’AI Now Institute tente de déployer une autre vision de l’IA par des propositions, en dessinant une feuille de route pour l’action. “L’IA est une lutte de pouvoir et non un levier de progrès”, expliquent les auteurs qui invitent à “reprendre le contrôle de la trajectoire de l’IA”, en contestant son utilisation actuelle. Le rapport présente 5 leviers pour reprendre du pouvoir sur l’IA.
Démontrer que l’IA agit contre les intérêts des individus et de la société
Le premier objectif, pour reprendre la main, consiste à mieux démontrer que l’industrie de l’IA agit contre les intérêts des citoyens ordinaires. Mais ce discours est encore peu partagé, notamment parce que le discours sur les risques porte surtout sur les biais techniques ou les risques existentiels, des enjeux déconnectés des réalités matérielles des individus. Pour l’AI Now Institute, “nous devons donner la priorité aux enjeux politiques ancrés dans le vécu des citoyens avec l’IA”, montrer les systèmes d’IA comme des infrastructures invisibles qui régissent les vies de chacun. En cela, la résistance au démantèlement des agences publiques initiée par les politiques du Doge a justement permis d’ouvrir un front de résistance. La résistance et l’indignation face aux coupes budgétaires et à l’accaparement des données a permis de montrer qu’améliorer l’efficacité des services n’était pas son objectif, que celui-ci a toujours été de démanteler les services gouvernementaux et centraliser le pouvoir. La dégradation des services sociaux et la privation des droits est un moyen de remobilisation à exploiter.
La construction des data centers pour l’IA est également un nouvel espace de mobilisation locale pour faire progresser la question de la justice environnementale, à l’image de celles que tentent de faire entendre la Citizen Action Coalition de l’Indiana ou la Memphis Community Against Pollution dans le Tennessee.
La question de l’augmentation des prix et de l’inflation, et le développement de prix et salaires algorithmiques est un autre levier de mobilisation, comme le montrait un rapport de l’AI Now Institute sur le sujet datant de février qui invitait à l’interdiction pure et simple de la surveillance individualisée des prix et des salaires.
Faire progresser l’organisation des travailleurs
Le second levier consiste à faire progresser l’organisation des travailleurs. Lorsque les travailleurs et leurs syndicats s’intéressent sérieusement à la manière dont l’IA transforme la nature du travail et s’engagent résolument par le biais de négociations collectives, de l’application des contrats, de campagnes et de plaidoyer politique, ils peuvent influencer la manière dont leurs employeurs développent et déploient ces technologies. Les campagnes syndicales visant à contester l’utilisation de l’IA générative à Hollywood, les mobilisations pour dénoncer la gestion algorithmique des employés des entrepôts de la logistique et des plateformes de covoiturage et de livraison ont joué un rôle essentiel dans la sensibilisation du public à l’impact de l’IA et des technologies de données sur le lieu de travail. La lutte pour limiter l’augmentation des cadences dans les entrepôts ou celles des chauffeurs menées par Gig Workers Rising, Los Deliversistas Unidos, Rideshare Drivers United, ou le SEIU, entre autres, a permis d’établir des protections, de lutter contre la précarité organisée par les plateformes… Pour cela, il faut à la fois que les organisations puissent analyser l’impact de l’IA sur les conditions de travail et sur les publics, pour permettre aux deux luttes de se rejoindre à l’image de ce qu’à accompli le syndicat des infirmières qui a montré que le déploiement de l’IA affaiblit le jugement clinique des infirmières et menace la sécurité des patients. Cette lutte a donné lieu à une « Déclaration des droits des infirmières et des patients », un ensemble de principes directeurs visant à garantir une application juste et sûre de l’IA dans les établissements de santé. Les infirmières ont stoppé le déploiement d’EPIC Acuity, un système qui sous-estimait l’état de santé des patients et le nombre d’infirmières nécessaires, et ont contraint l’entreprise qui déployait le système à créer un comité de surveillance pour sa mise en œuvre.
Une autre tactique consiste à contester le déploiement d’IA austéritaires dans le secteur public à l’image du réseau syndicaliste fédéral, qui mène une campagne pour sauver les services fédéraux et met en lumière l’impact des coupes budgétaires du Doge. En Pennsylvanie, le SEIU a mis en place un conseil des travailleurs pour superviser le déploiement de solutions d’IA génératives dans les services publics.
Une autre tactique consiste à mener des campagnes plus globales pour contester le pouvoir des grandes entreprises technologiques, comme la Coalition Athena qui demande le démantèlement d’Amazon, en reliant les questions de surveillance des travailleurs, le fait que la multinationale vende ses services à la police, les questions écologiques liées au déploiement des plateformes logistiques ainsi que l’impact des systèmes algorithmiques sur les petites entreprises et les prix que payent les consommateurs.
Bref, l’enjeu est bien de relier les luttes entre elles, de relier les syndicats aux organisations de défense de la vie privée à celles œuvrant pour la justice raciale ou sociale, afin de mener des campagnes organisées sur ces enjeux. Mais également de l’étendre à l’ensemble de la chaîne de valeur et d’approvisionnement de l’IA, au-delà des questions américaines, même si pour l’instant “aucune tentative sérieuse d’organisation du secteur impacté par le déploiement de l’IA à grande échelle n’a été menée”. Des initiatives existent pourtant comme l’Amazon Employees for Climate Justice, l’African Content Moderators Union ou l’African Tech Workers Rising, le Data Worker’s Inquiry Project, le Tech Equity Collaborative ou l’Alphabet Workers Union (qui font campagne sur les différences de traitement entre les employés et les travailleurs contractuels).
Nous avons désespérément besoin de projets de lutte plus ambitieux et mieux dotés en ressources, constate le rapport. Les personnes qui construisent et forment les systèmes d’IA – et qui, par conséquent, les connaissent intimement – ont une opportunité particulière d’utiliser leur position de pouvoir pour demander des comptes aux entreprises technologiques sur la manière dont ces systèmes sont utilisés. “S’organiser et mener des actions collectives depuis ces postes aura un impact profond sur l’évolution de l’IA”.
“À l’instar du mouvement ouvrier du siècle dernier, le mouvement ouvrier d’aujourd’hui peut se battre pour un nouveau pacte social qui place l’IA et les technologies numériques au service de l’intérêt public et oblige le pouvoir irresponsable d’aujourd’hui à rendre des comptes.”
Confiance zéro envers les entreprises de l’IA !
Le troisième levier que défend l’AI Now Institute est plus radical encore puisqu’il propose d’adopter un programme politique “confiance zéro” envers l’IA. En 2023, L’AI Now, l’Electronic Privacy Information Center et d’Accountable Tech affirmaient déjà “qu’une confiance aveugle dans la bienveillance des entreprises technologiques n’était pas envisageable ». Pour établir ce programme, le rapport égraine 6 leviers à activer.
Tout d’abord, le rapport plaide pour “des règles audacieuses et claires qui restreignent les applications d’IA nuisibles”. C’est au public de déterminer si, dans quels contextes et comment, les systèmes d’IA seront utilisés. “Comparées aux cadres reposant sur des garanties basées sur les processus (comme les audits d’IA ou les régimes d’évaluation des risques) qui, dans la pratique, ont souvent eu tendance à renforcer les pouvoirs des leaders du secteur et à s’appuyer sur une solide capacité réglementaire pour une application efficace, ces règles claires présentent l’avantage d’être facilement administrables et de cibler les préjudices qui ne peuvent être ni évités ni réparés par de simples garanties”. Pour l’AI Now Institute, l’IA doit être interdite pour la reconnaissance des émotions, la notation sociale, la fixation des prix et des salaires, refuser des demandes d’indemnisation, remplacer les enseignants, générer des deepfakes. Et les données de surveillance des travailleurs ne doivent pas pouvoir pas être vendues à des fournisseurs tiers. L’enjeu premier est d’augmenter le spectre des interdictions.
Ensuite, le rapport propose de réglementer tout le cycle de vie de l’IA. L’IA doit être réglementée tout au long de son cycle de développement, de la collecte des données au déploiement, en passant par le processus de formation, le perfectionnement et le développement des applications, comme le proposait l’Ada Lovelace Institute. Le rapport rappelle que si la transparence est au fondement d’une réglementation efficace, la résistante des entreprises est forte, tout le long des développements, des données d’entraînement utilisées, au fonctionnement des applications. La transparence et l’explication devraient être proactives, suggère le rapport : les utilisateurs ne devraient pas avoir besoin de demander individuellement des informations sur les traitements dont ils sont l’objet. Notamment, le rapport insiste sur le besoin que “les développeurs documentent et rendent publiques leurs techniques d’atténuation des risques, et que le régulateur exige la divulgation de tout risque anticipé qu’ils ne sont pas en mesure d’atténuer, afin que cela soit transparent pour les autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement”. Le rapport recommande également d’inscrire un « droit de dérogation » aux décisions et l’obligation d’intégrer des conseils d’usagers pour qu’ils aient leur mot à dire sur les développements et l’utilisation des systèmes.
Le rapport rappelle également que la supervision des développements doit être indépendante. Ce n’est pas à l’industrie d’évaluer ce qu’elle fait. Le “red teaming” et les “models cards” ignorent les conflits d’intérêts en jeu et mobilisent des méthodologies finalement peu robustes (voir notre article). Autre levier encore, s’attaquer aux racines du pouvoir de ces entreprises et par exemple qu’elles suppriment les données acquises illégalement et les modèles entraînés sur ces données (certains chercheurs parlent d’effacement de modèles et de destruction algorithmique !) ; limiter la conservation des données pour le ré-entraînement ; limiter les partenariats entre les hyperscalers et les startups d’IA et le rachat d’entreprise pour limiter la constitution de monopoles.
Le rapport propose également de construire une boîte à outils pour favoriser la concurrence. De nombreuses enquêtes pointent les limites des grandes entreprises de la tech à assurer le respect du droit à la concurrence, mais les poursuites peinent à s’appliquer et peinent à construire des changements législatifs pour renforcer le droit à la concurrence et limiter la construction de monopoles, alors que toute intervention sur le marché est toujours dénoncé par les entreprises de la tech comme relevant de mesures contre l’innovation. Le rapport plaide pour une plus grande séparation structurelle des activités (les entreprises du cloud ne doivent pas pouvoir participer au marché des modèles fondamentaux de l’IA par exemple, interdiction des représentations croisées dans les conseils d’administration des startups et des développeurs de modèles, etc.). Interdire aux fournisseurs de cloud d’exploiter les données qu’ils obtiennent de leurs clients en hébergeant des infrastructures pour développer des produits concurrents.
Enfin, le rapport recommande une supervision rigoureuse du développement et de l’exploitation des centres de données, alors que les entreprises qui les développent se voient exonérées de charge et que leurs riverains en subissent des impacts disproportionnés (concurrence sur les ressources, augmentation des tarifs de l’électricité…). Les communautés touchées ont besoin de mécanismes de transparence et de protections environnementales solides. Les régulateurs devraient plafonner les subventions en fonction des protections concédées et des emplois créés. Initier des règles pour interdire de faire porter l’augmentation des tarifs sur les usagers.
Décloisonner !
Le cloisonnement des enjeux de l’IA est un autre problème qu’il faut lever. C’est le cas notamment de l’obsession à la sécurité nationale qui justifient à la fois des mesures de régulation et des programmes d’accélération et d’expansion du secteur et des infrastructures de l’IA. Mais pour décloisonner, il faut surtout venir perturber le processus de surveillance à l’œuvre et renforcer la vie privée comme un enjeu de justice économique. La montée de la surveillance pour renforcer l’automatisation “place les outils traditionnels de protection de la vie privée (tels que le consentement, les options de retrait, les finalités non autorisées et la minimisation des données) au cœur de la mise en place de conditions économiques plus justes”. La chercheuse Ifeoma Ajunwa soutient que les données des travailleurs devraient être considérées comme du « capital capturé » par les entreprises : leurs données sont utilisées pour former des technologies qui finiront par les remplacer (ou créer les conditions pour réduire leurs salaires), ou vendues au plus offrant via un réseau croissant de courtiers en données, sans contrôle ni compensation. Des travailleurs ubérisés aux travailleurs du clic, l’exploitation des données nécessite de repositionner la protection de la vie privée des travailleurs au cœur du programme de justice économique pour limiter sa capture par l’IA. Les points de collecte, les points de surveillance, doivent être “la cible appropriée de la résistance”, car ils seront instrumentalisés contre les intérêts des travailleurs. Sur le plan réglementaire, cela pourrait impliquer de privilégier des règles de minimisation des données qui restreignent la collecte et l’utilisation des données, renforcer la confidentialité (par exemple en interdisant le partage de données sur les salariés avec des tiers), le droit à ne pas consentir, etc. Renforcer la minimisation, sécuriser les données gouvernementales sur les individus qui sont de haute qualité et particulièrement sensibles, est plus urgent que jamais.
“Nous devons nous réapproprier l’agenda positif de l’innovation centrée sur le public, et l’IA ne devrait pas en être le centre”, concluent les auteurs. La trajectoire actuelle de l’IA, axée sur le marché, est préjudiciable au public alors que l’espace de solutions alternatives se réduit. Nous devons rejeter le paradigme d’une IA à grande échelle qui ne profitera qu’aux plus puissants.
L’IA publique demeure un espace fertile pour promouvoir le débat sur des trajectoires alternatives pour l’IA, structurellement plus alignées sur l’intérêt public, et garantir que tout financement public dans ce domaine soit conditionné à des objectifs d’intérêt général. Mais pour cela, encore faut-il que l’IA publique ne limite pas sa politique à l’achat de solutions privées, mais développe ses propres capacités d’IA, réinvestisse sa capacité d’expertise pour ne pas céder au solutionnisme de l’IA, favorise partout la discussion avec les usagers, cultive une communauté de pratique autour de l’innovation d’intérêt général qui façonnera l’émergence d’un espace alternatif par exemple en exigeant des méthodes d’implication des publics et aussi en élargissant l’intérêt de l’Etat à celui de l’intérêt collectif et pas seulement à ses intérêts propres (par exemple en conditionnant à la promotion des objectifs climatiques, au soutien syndical et citoyen…), ainsi qu’à redéfinir les conditions concrètes du financement public de l’IA, en veillant à ce que les investissements répondent aux besoins des communautés plutôt qu’aux intérêts des entreprises.
Changer l’agenda : pour une IA publique !
Enfin, le rapport conclut en affirmant que l’innovation devrait être centrée sur les besoins des publics et que l’IA ne devrait pas en être le centre. Le développement de l’IA devrait être guidé par des impératifs non marchands et les capitaux publics et philanthropiques devraient contribuer à la création d’un écosystème d’innovation extérieur à l’industrie, comme l’ont réclamé Public AI Network dans un rapport, l’Ada Lovelace Institute, dans un autre, Lawrence Lessig ou encore Bruce Schneier et Nathan Sanders ou encore Ganesh Sitaraman et Tejas N. Narechania… qui parlent d’IA publique plus que d’IA souveraine, pour orienter les investissements non pas tant vers des questions de sécurité nationale et de compétitivité, mais vers des enjeux de justice sociale.
Ces discours confirment que la trajectoire de l’IA, axée sur le marché, est préjudiciable au public. Si les propositions alternatives ne manquent pas, elles ne parviennent pas à relever le défi de la concentration du pouvoir au profit des grandes entreprises. « Rejeter le paradigme actuel de l’IA à grande échelle est nécessaire pour lutter contre les asymétries d’information et de pouvoir inhérentes à l’IA. C’est la partie cachée qu’il faut exprimer haut et fort. C’est la réalité à laquelle nous devons faire face si nous voulons rassembler la volonté et la créativité nécessaires pour façonner la situation différemment ». Un rapport du National AI Research Resource (NAIRR) américain de 2021, d’une commission indépendante présidée par l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, et composée de dirigeants de nombreuses grandes entreprises technologiques, avait parfaitement formulé le risque : « la consolidation du secteur de l’IA menace la compétitivité technologique des États-Unis. » Et la commission proposait de créer des ressources publiques pour l’IA.
« L’IA publique demeure un espace fertile pour promouvoir le débat sur des trajectoires alternatives pour l’IA, structurellement plus alignées sur l’intérêt général, et garantir que tout financement public dans ce domaine soit conditionné à des objectifs d’intérêt général ». Un projet de loi californien a récemment relancé une proposition de cluster informatique public, hébergé au sein du système de l’Université de Californie, appelé CalCompute. L’État de New York a lancé une initiative appelée Empire AI visant à construire une infrastructure de cloud public dans sept institutions de recherche de l’État, rassemblant plus de 400 millions de dollars de fonds publics et privés. Ces deux initiatives créent des espaces de plaidoyer importants pour garantir que leurs ressources répondent aux besoins des communautés et ne servent pas à enrichir davantage les ressources des géants de la technologie.
Et le rapport de se conclure en appelant à défendre l’IA publique, en soutenant les universités, en investissant dans ces infrastructures d’IA publique et en veillant que les groupes défavorisés disposent d’une autorité dans ces projets. Nous devons cultiver une communauté de pratique autour de l’innovation d’intérêt général.
Le rapport de l’AI Now Institute a la grande force de nous rappeler que les luttes contre l’IA existent et qu’elles ne sont pas que des luttes de collectifs technocritiques, mais qu’elles s’incarnent déjà dans des projets politiques, qui peinent à s’interelier et à se structurer. Des luttes qui sont souvent invisibilisées, tant la parole est toute entière donnée aux promoteurs de l’IA. Le rapport est extrêmement riche et rassemble une documentation à nulle autre pareille.
« L’IA ne nous promet ni de nous libérer du cycle incessant de guerres, des pandémies et des crises environnementales et financières qui caractérisent notre présent », conclut le rapport. L’IA ne crée rien de tout cela, ne crée rien de ce que nous avons besoin. “Lier notre avenir commun à l’IA rend cet avenir plus difficile à réaliser, car cela nous enferme dans une voie résolument sombre, nous privant non seulement de la capacité de choisir quoi construire et comment le construire, mais nous privant également de la joie que nous pourrions éprouver à construire un avenir différent”. L’IA comme seule perspective d’avenir “nous éloigne encore davantage d’une vie digne, où nous aurions l’autonomie de prendre nos propres décisions et où des structures démocratiquement responsables répartiraient le pouvoir et les infrastructures technologiques de manière robuste, responsable et protégée des chocs systémiques”. L’IA ne fait que consolider et amplifier les asymétries de pouvoir existantes. “Elle naturalise l’inégalité et le mérite comme une fatalité, tout en rendant les schémas et jugements sous-jacents qui les façonnent impénétrables pour ceux qui sont affectés par les jugements de l’IA”.
Pourtant, une autre IA est possible, estiment les chercheurs·euses de l’AI Now Institute. Nous ne pouvons pas lutter contre l’oligarchie technologique sans rejeter la trajectoire actuelle de l’industrie autour de l’IA à grande échelle. Nous ne devons pas oublier que l’opinion publique s’oppose résolument au pouvoir bien établi des entreprises technologiques. Certes, le secteur technologique dispose de ressources plus importantes que jamais et le contexte politique est plus sombre que jamais, concèdent les chercheurs de l’AI Now Institute. Cela ne les empêche pas de faire des propositions, comme d’adopter un programme politique de « confiance zéro » pour l’IA. Adopter un programme politique fondé sur des règles claires qui restreignent les utilisations les plus néfastes de l’IA, encadrent son cycle de vie de bout en bout et garantissent que l’industrie qui crée et exploite actuellement l’IA ne soit pas laissée à elle-même pour s’autoréguler et s’autoévaluer. Repenser les leviers traditionnels de la confidentialité des données comme outils clés dans la lutte contre l’automatisation et la lutte contre le pouvoir de marché.
Revendiquer un programme positif d’innovation centrée sur le public, sans IA au centre.
« La trajectoire actuelle de l’IA place le public sous la coupe d’oligarques technologiques irresponsables. Mais leur succès n’est pas inéluctable. En nous libérant de l’idée que l’IA à grande échelle est inévitable, nous pouvons retrouver l’espace nécessaire à une véritable innovation et promouvoir des voies alternatives stimulantes et novatrices qui exploitent la technologie pour façonner un monde au service du public et gouverné par notre volonté collective ».
La trajectoire actuelle de l’IA vers sa suprématie ne nous mènera pas au monde que nous voulons. Sa suprématie n’est pourtant pas encore là. “Avec l’adoption de la vision actuelle de l’IA, nous perdons un avenir où l’IA favoriserait des emplois stables, dignes et valorisants. Nous perdons un avenir où l’IA favoriserait des salaires justes et décents, au lieu de les déprécier ; où l’IA garantirait aux travailleurs le contrôle de l’impact des nouvelles technologies sur leur carrière, au lieu de saper leur expertise et leur connaissance de leur propre travail ; où nous disposons de politiques fortes pour soutenir les travailleurs si et quand les nouvelles technologies automatisent les fonctions existantes – y compris des lois élargissant le filet de sécurité sociale – au lieu de promoteurs de l’IA qui se vantent auprès des actionnaires des économies réalisées grâce à l’automatisation ; où des prestations sociales et des politiques de congés solides garantissent le bien-être à long terme des employés, au lieu que l’IA soit utilisée pour surveiller et exploiter les travailleurs à tout-va ; où l’IA contribue à protéger les employés des risques pour la santé et la sécurité au travail, au lieu de perpétuer des conditions de travail dangereuses et de féliciter les employeurs qui exploitent les failles du marché du travail pour se soustraire à leurs responsabilités ; et où l’IA favorise des liens significatifs par le travail, au lieu de favoriser des cultures de peur et d’aliénation.”
Pour l’AI Now Institute, l’enjeu est d’aller vers une prospérité partagée, et ce n’est pas la direction que prennent les empires de l’IA. La prolifération de toute nouvelle technologie a le potentiel d’accroître les opportunités économiques et de conduire à une prospérité partagée généralisée. Mais cette prospérité partagée est incompatible avec la trajectoire actuelle de l’IA, qui vise à maximiser le profit des actionnaires. “Le mythe insidieux selon lequel l’IA mènera à la « productivité » pour tous, alors qu’il s’agit en réalité de la productivité d’un nombre restreint d’entreprises, nous pousse encore plus loin sur la voie du profit actionnarial comme unique objectif économique. Même les politiques gouvernementales bien intentionnées, conçues pour stimuler le secteur de l’IA, volent les poches des travailleurs. Par exemple, les incitations gouvernementales destinées à revitaliser l’industrie de la fabrication de puces électroniques ont été contrecarrées par des dispositions de rachat d’actions par les entreprises, envoyant des millions de dollars aux entreprises, et non aux travailleurs ou à la création d’emplois. Et malgré quelques initiatives significatives pour enquêter sur le secteur de l’IA sous l’administration Biden, les entreprises restent largement incontrôlées, ce qui signifie que les nouveaux entrants ne peuvent pas contester ces pratiques.”
“Cela implique de démanteler les grandes entreprises, de restructurer la structure de financement financée par le capital-risque afin que davantage d’entreprises puissent prospérer, d’investir dans les biens publics pour garantir que les ressources technologiques ne dépendent pas des grandes entreprises privées, et d’accroître les investissements institutionnels pour intégrer une plus grande diversité de personnes – et donc d’idées – au sein de la main-d’œuvre technologique.”
“Nous méritons un avenir technologique qui soutienne des valeurs et des institutions démocratiques fortes.” Nous devons de toute urgence restaurer les structures institutionnelles qui protègent les intérêts du public contre l’oligarchie. Cela nécessitera de s’attaquer au pouvoir technologique sur plusieurs fronts, et notamment par la mise en place de mesures de responsabilisation des entreprises pour contrôler les oligarques de la tech. Nous ne pouvons les laisser s’accaparer l’avenir.
Sur ce point, comme sur les autres, nous sommes d’accord.
Hubert Guillaud
13.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 13 juillet 2026
Texte intégral (9186 mots)
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Les conducteurs chinois de Tesla placent une poupée à l’effigie de Dwayne Johnson sur le rétroviseur de leur voiture. Mais alors d’où vient cette soudaine tendance ? Simple : la figurine sert à tromper la caméra de surveillance qui contrôle l’attention à la conduite pendant l’utilisation d’Autopilot.
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Ces attaques interviennent alors que Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump ce mardi, lors d’un sommet de l’Otan à Ankara.
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Elle se rallume si vous la coupez, et personne ne dit où vont les images […] Le règlement européen exige que les images restent dans le véhicule, mais ne prévoit aucun audit pour le vérifier. Et les précédents en matière de données automobiles ne plaident pas en faveur de la confiance.
- Procedural Trick Before Summer Recess Pushes EU Parliament Towards Capitulation on “Chat Control” (patrick-breyer.de)
On Tuesday, the European Parliament will vote on a request for urgent procedure aimed at reviving the previously rejected, indiscriminate mass surveillance of private communications […] This move […] is not only an unprecedented parliamentary ploy, but also threatens to torpedo negotiations on a modern, permanent child protection framework online.

- Des ONG dénoncent une « vague de reculs environnementaux » dans l’UE depuis deux ans (liberation.fr)
À l’initiative du Réseau action climat, une dizaine d’ONG publie lundi 6 juillet un décompte recensant 20 reculs « dangereux » dans l’Union européenne depuis juillet 2024, avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé des citoyens. Au cœur des majorités rendant possibles ce détricotage : les partis français de droite et d’extrême droite.
- Quand les rails fondent (chuuchuu.com) Comment la canicule de juin 2026 a impacté les chemins de fer européens
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Douze personnes sont mortes en Andalousie, près de la ville d’Almería, après le déclenchement d’un important feu de forêt dans la journée du jeudi 9 juillet. Un lourd bilan qui pourrait encore s’aggraver et qui dépasse déjà celui de 2025, année record pour les incendies en Espagne.
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« La Méditerranée espagnole n’est normalement pas un environnement favorable à la vie de cette bactérie car elle ne remplit pas toutes les conditions en termes de température et de salinité[…] Mais avec les changements climatiques, elle a une fenêtre d’opportunité » Si le phénomène se poursuit au même rythme, la bactérie pourrait à l’avenir arriver sur les côtes françaises.
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Civil liberties groups say Facewatch system in stores such as Sainsbury’s and B&M is ‘dangerous escalation’
- À quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, Donald Trump a congédié, jeudi 9 juillet, les deux derniers responsables de la Commission d’assistance aux élections (EAC), chargée de garantir la bonne tenue des opérations de vote dans le pays. (huffingtonpost.fr)
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- Two teens learn the hard way not to do toy gun drive-bys from a Waymo (arstechnica.com)
The robotaxi stopped, called 911, and waited for the San Mateo Police to show up.
- Hamilton Nolan : « Aux États-Unis, il n’existe aucune loi fédérale garantissant des congés payés » (socialter.fr)
- Your next nurse may monitor you from the Philippines (restofworld.org)
U.S. hospitals are increasingly hiring Filipino nurses for remote roles to fill staffing gaps and for cost savings, but the practice may be aggravating shortages in the Philippines.
- Surprisingly large number of people may have marker for tick-linked meat allergy (arstechnica.com)
The findings suggest far more Americans than previously thought may be at risk of the allergy, which can make having a hamburger for dinner a potentially life-threatening choice.
- Fête nationale des États-Unis : 850 000 fusées d’artifice ont fortement dégradé la qualité de l’air (reporterre.net)
850 000 fusées d’artifice en quarante minutes… Pour célébrer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis, Donald Trump avait annoncé qu’il voulait « le plus grand feu d’artifice de l’histoire » à Washington, le 4 juillet. C’est chose faite, puisque le nombre de pétards utilisés a dépassé le record enregistré dans le livre Guinness.

- US rare earths flow to Asia as domestic demand is slow to emerge (arstechnica.com)
US rare earths produced by Washington-backed companies are flowing to Japan and South Korea, as American demand has yet to materialize despite the Trump administration’s push to develop a national supply chain.
- Thieves Are Absolutely Loving All of These New Data Center Projects (futurism.com)
investigators are trying to chase down cargo thieves who stole a pair of trailers that were carrying $1.3 million worth of data center supplies, including $300,000 worth of copper wire spools.
- Data centers’ energy demand threatens Trump’s “Made in America” plan (arstechnica.com)
- Le comté de Henrico, en Virginie, comptant 37 centres de données demande aux écoles de « faire des économies d’électricité » pour faire face à la hausse drastique des coûts de l’énergie provoquée par l’appétit énergétique de l’IA (developpez.com)
Face à une augmentation prévue de 25 % des tarifs d’électricité, les autorités locales demandent désormais aux écoles et aux employés municipaux de réduire drastiquement leur consommation.
- Dans le monde entier, un vent de révolte contre les datacenters (multinationales.org)
Lancés dans une course folle à l’IA, les Big Tech cherchent à implanter des centres de données sur tous les continents. Ils se heurtent de plus en plus, y compris aux États-Unis, à des oppositions locales qui dénoncent les impacts environnementaux et le manque de transparence autour de ces infrastructures gigantesques.

- L’Amérique latine bascule à l’extrême droite : un scénario qui semble écrit par Washington (humanite.fr)
Comme les épisodes d’une mauvaise telenovela, les déceptions s’enchaînent pour une gauche latino-américaine confrontée à une puissante offensive réactionnaire. Le panorama est désolant : depuis l’année dernière, l’échiquier politique régional glisse inexorablement vers le camp conservateur.
- FCC Approves Reflect Orbital’s Space Mirror Satellite That Astronomers Hate (ca.pcmag.com)
The FCC says the most controversial aspect of Reflect Orbital’s Earendil-1 satellite, its giant mirror, falls outside its authority since the regulator mainly focuses on radio spectrum. […] On Thursday, the FCC granted California-based Reflect Orbital permission to launch and operate the satellite in low-Earth orbit using the requested radio spectrum. The reflected light from the satellite is supposed to span an area about 3 miles wide on the ground.
- Orbital datacenter gold rush needs an environmental review, FCC told (theregister.com)
Green groups want licenses frozen before a million satellites litter the exosphere
- Mysterious Compound Detected on Pluto and Titan (wired.com)
Something on Pluto and one of Saturn’s moons, Titan, absorbs light in a way unexplained by anything in spectroscopic databases.
Spécial Cheh
- De l’UEFA à la Belgique, la suspension du carton rouge de l’Américain Balogun après un appel de Trump suscite un tollé (liberation.fr)
La décision de la Fifa de réintégrer le meilleur buteur de Team USA sur influence du président américain, a créé l’émoi, aussi bien dans les couloirs du mondial que dans le monde politique de la Belgique, prochain adversaire des Etats-Unis. La fédération belge a annoncé faire appel.
- États-Unis – Belgique : la pression de Trump n’a pas suffi à faire gagner les Américains, punis par les Diables rouges (huffingtonpost.fr)
Malgré la présence de Folarin Balogun, dont la suspension a été levée à la demande du président américain, la Belgique a évincé les États-Unis de leur propre Mondial.

Spécial IA
- Apple Sues OpenAI for Stealing Trade Secrets to Build AI Hardware (macrumors.com) – voir aussi Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle » (next.ink)
- OpenAI may have made a fatal misstep in copyright fight with news orgs (arstechnica.com)
OpenAI may be sanctioned for hiding, deleting ChatGPT logs
- OpenAI could reportedly run out of cash by mid-2027 — analyst paints grim picture after examining the company’s finances (tomshardware.com)
- La publicité arrive sur ChatGPT en France (phonandroid.com)
OpenAI accélère la cadence de déploiement. Après un lancement aux États-Unis en février donc, la publicité a été étendue au Canada, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande en mars, puis au Royaume-Uni, au Japon, à la Corée du Sud, au Mexique et au Brésil en juin. Nous n’avons pas encore de fenêtre exacte concernant la France et le reste de l’Europe. Étant donné que la firme recherche encore du personnel pour piloter ce projet, il est possible que nous ayons quelques mois de répit avant de voir de la publicité s’afficher dans ChatGPT.
- Meta Contractors Posed as Teens to Prompt Rival Chatbots About Suicide, Sex, and Drugs (wired.com)
The effort, which was managed by Meta contractor Covalen, was active as recently as April 21. Known internally as Cannes, it targeted OpenAI’s ChatGPT, Google’s Gemini, and Character.AI. The project asked workers to create dummy under-18 accounts, send written prompts and images to rival chatbots, and copy the responses into spreadsheets.
- Meta Now Lets Anyone Use Your Instagram Photos in AI Images—Unless You Opt Out (wired.com)
public Instagram profiles are now automatically opted into being fodder for generative AI remixes. All someone has to do is tag your account’s profile in a prompt—if it’s public—and they can use Meta AI to generate an image using your likeness.
Voir aussi Meta « Removes » Controversial AI Feature On Instagram After Backlash (tech.slashdot.org)

- Meta prépare des lunettes IA capables de tout voir et tout entendre (moncarnet.com)
Meta testerait un prototype de lunettes d’intelligence artificielle capables de capter en continu l’environnement du porteur, avec des photos prises à intervalles réguliers et des enregistrements audio permanents. Selon le Financial Times, ces lunettes dites « super sensing » permettraient ensuite à l’utilisateur d’interroger une IA pour retrouver ce qu’il a vu, entendu ou vécu au cours de sa journée.
- Do Smart Glasses Have a Surveillance Problem ? (vogue.com)
It’s a trend that runs through consumer tech history : devices rarely go mainstream until women adopt them, from Facebook’s transition from college side project into social infrastructure, to fitness trackers that began as nerdy hardware but have since rebranded to wellness tools with women’s health capabilities […] the more politically controversial AI becomes, the more aggressively it’s feminized.
- Secret Claude tracker shocks users after Anthropic’s anti-surveillance stance (arstechnica.com)
Anthropic quickly removed a tracker secretly monitoring Claude Code users in China after a security researcher exposed the hidden code and condemned the spyware-like tracking as a “serious breach of user trust.”
- Lawsuit : Man used Grok to make 7K sex images of stepdaughter – X accused of shielding child predators. (arstechnica.com)
One of the most horrific cases of allegedly Grok-generated child sex images was shared in a proposed class action lawsuit that was expanded Tuesday. Now, young girls not only accuse X and xAI of building toxic AI “nudify” tools but also of shielding child predators by obstructing police investigations into Grok-generated child sex abuse materials (CSAM).
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- ‘I Don’t Want to Deal With Them’ : Trump Declares Iran Truce Over as US Resumes Bombing (commondreams.org)
The US president, who launched the illegal and costly war earlier this year, attacked Iranian leaders as “scum” and “sick people.”

Spécial femmes dans le monde
- The Woman-Hating Lie Behind Kidmaxxing (crosspollinations.substack.com)
Why the billionaires’ fantasy of passing down “superior” genes is doomed to fail
- Pour que MeToo éclate dans la grève féministe (politis.fr)
Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s’arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique.
- Kelsey Pflender completes record-breaking solo journey from California to Hawaii (edition.cnn.com)
A Grand Canyon river rafting guide who aimed to become the first American woman to row across the mid-Pacific solo has completed a record-breaking journey from California to Hawaii.[…]Pfendler appears to have broken both the previous women’s speed record as well as the men’s speed record, according to records maintained by Ocean Rowing Society International
Spécial France
- La Commission européenne appelle la France à revoir sa proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans (franceinfo.fr)
Une proposition de loi portée par le gouvernement est en cours d’examen par les parlementaires. Mais l’exécutif européen prévient qu’il pourrait aller contre le DSA.
- Brevet des collèges : une fille de 9 ans devient la plus jeune élève à le décrocher (huffingtonpost.fr)
Originaire de Savoie, Agnès Baldeck a décroché son brevet avec une moyenne de 15,85/20 à 9 ans. Le précédent record de précocité datait de… 1987.
- NIS2 : la commission saisit la CJUE pour défaut de transposition (projetarcadie.com)
Cela pendait au nez de la France : fatiguée de l’inertie de l’hexagone, la Commission européenne a décidé de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne pour défaut de transposition de la directive NIS2. […] L’un des points d’achoppements de ce texte réside dans la volonté des services de renseignements français d’ajouter, dans le texte, la possibilité d’étendre l’usage des « boîtes noires », ce qui est refusé par les parlementaires. L’obsession des services pour les backdoors se traduira donc par des sanctions financières pour la France.
- Qui va payer la facture à 20 milliards du rachat de SFR ? Nous, pardi ! (alternatives-economiques.fr)
- Le CNRS tourne le dos à Microsoft et compagnie pour du « numérique souverain », qui lui fait gagner de l’argent (clubic.com)
- Sous les panneaux, la finance (multinationales.org)
À Noyers-sur-Serein, dans l’Yonne, un projet agrivoltaïque de 113 hectares porté par EDF et un fonds d’investissement australien promet de sécuriser les revenus agricoles et d’accélérer la transition énergétique. Mais derrière les panneaux solaires se joue une autre bataille : celle de la financiarisation des terres agricoles, de l’influence des lobbys et du partage de la valeur produite par les campagnes.
- « Vol d’eau » dans le Marais poitevin : des sabotages au profit de l’agro-industrie ? (reporterre.net)
Deux barrages du Marais poitevin ont été ouverts en pleine nuit au cœur d’une sécheresse historique. Fragilisant écosystèmes et activité économique, ces actes de sabotage auraient profité aux grandes exploitations céréalières du marais desséché.
- Points d’eau, brumisateurs, arrosage… Comment les festivals estivaux s’adaptent aux fortes chaleurs (france3-regions.franceinfo.fr)
- En Loire-Atlantique, le festival Dub camp annulé à cause de la canicule. (ouest-france.fr) – voir aussi Dub Camp, Le Son Continu… À nouveau des festivals annulés à cause de la canicule (telerama.fr)
- Pour beaucoup de petits festivals, cet été pourrait être le dernier (alternatives-economiques.fr)
Les baisses de subventions affectent en particulier les manifestations les plus petites, le plus souvent en territoire rural. Au risque d’accentuer encore plus les inégalités dans le paysage culturel.
- À Paris, les bals du 14 juillet annulés à cause de la canicule (huffingtonpost.fr)
Les sapeurs-pompiers de Paris n’ont voulu prendre aucun risque face aux fortes chaleurs annoncées dans les prochains jours.

Spécial femmes en France
- Exhibition sexuelle à la piscine : la romancière Virginie Grimaldi brise l’injonction au silence (lesnouvellesnews.fr)
Récemment, Virginie Grimaldi a pris la parole pour dénoncer un cas d’exhibition sexuelle dans une piscine à Biarritz. La romancière est depuis la cible d’un tsunami d’insultes sexistes.
- Isabelle Huppert, présidente de la Cinémathèque. Un tournant féministe ? (lesnouvellesnews.fr)
Isabelle Huppert est la première femme à présider la Cinémathèque française, une institution qui a longtemps contribué à légitimer une certaine vision du cinéma, propageant la « culture du viol »
- « C’est comme les femmes, faut taper dessus » : le sexisme sévit toujours en mairie (lesnouvellesnews.fr)
La prétendue plaisanterie tombe en plein conseil municipal… Les élu·es qui dénoncent ce propos sexiste sont ensuite accusé·es de troubler l’ordre public.
- Frah de Shaka Ponk confie ses regrets sur son duo « complètement déplacé » avec Bertrand Cantat (huffingtonpost.fr)
« On était très cons et je pense aussi qu’à l’époque, on partait de là où en était la société, c’est-à-dire très injuste, très patriarcale et sourde », évoque également le chanteur, qui parle d’une « grosse déconstruction » pour aboutir à ce mea culpa des années plus tard.
- Le sénateur LR et célèbre avocat Francis Szpiner mis en examen pour corruption (20minutes.fr)
Le ministère public lui reproche d’avoir usé de son mandat électif pour « l’attribution d’un logement social en échange de relations sexuelles ». Ce délit est passible de dix ans d’emprisonnement et d’un million d’euros d’amende.
- Patrick Bruel visé par une nouvelle plainte pour viol sur une victime mineure (huffingtonpost.fr)
Une nouvelle plainte pour viol a été déposée contre le chanteur le 24 juin dernier. La victime avait 16 ans au moment des faits.
- Corps retrouvé démembré aux Buttes-Chaumont : le mari d’Assia condamné à 27 ans de prison (huffingtonpost.fr)
Lakhdar Matoug, 53 ans, unanimement décrit comme « calme », avait avoué avoir tué sa femme avant de disperser son corps dans le parc parisien.
- « Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente » : l’alerte de Care France (lesnouvellesnews.fr)
Chaque degré supplémentaire de température est associé à une hausse moyenne de 4,7 % des violences conjugales.
Spécial médias et pouvoir
- Les chaînes ne pourront plus utiliser la nuit pour équilibrer les temps de parole des partis politiques (telerama.fr)
- « Guillaume Erner ne doit plus être la voix de France Culture » (acrimed.org)
Nous ne voyons pas comment Guillaume Erner pourra encore présenter à la rentrée cette matinale dans des conditions satisfaisantes et sereines, à l’aube de campagnes pour les élections présidentielle et législatives qui seront traversées par des questions politiques cruciales, et qu’il sera impossible de ne pas évoquer.
- Canicule sur BFM-TV : la mise en spectacle d’une tragédie sans cause (acrimed.org)

- Entre deux canicules, les médias promeuvent les super-pollueurs (acrimed.org)
Entre deux canicules, les grands médias n’ont pas manqué de s’esbaudir devant le nouveau porte-conteneurs de la multinationale CMA CGM, détenue par le super-pollueur Rodolphe Saadé, industriel milliardaire également propriétaire de médias.
- “C’est un acharnement judiciaire” : la journaliste Ariane Lavrilleux risque de nouveau une mise en examen (telerama.fr)
- Reportage sur Rachida Dati : CNews mise en demeure par l’Arcom… pour la troisième fois depuis le début de l’année (humanite.fr)
L’Arcom a mis en demeure CNews pour un reportage et un débat sur la campagne de Rachida Dati à Paris, à deux jours du second tour des municipales en mars, qui manquaient de « mesure » et d’« honnêteté », selon une décision publiée jeudi 9 juillet.
- La nouvelle série documentaire du groupe Bolloré est un suicide intellectuel (humanite.fr)
Quatre épisodes de 50 minutes sur la chaîne Planète de Canal Plus et du groupe Bolloré. C’est la version télévisée, actuellement diffusée, du Suicide français, d’Éric Zemmour […]On y évoque la fin de l’autorité paternelle, l’émergence d’un « pouvoir gay », l’IVG qui menace la démographie… En bref, la France s’effondre.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- La politique climatique de la France est très insuffisante, alerte le Haut Conseil pour le climat (reporterre.net)
Le gouvernement français est irresponsable et met la population en danger. C’est ce qui ressort entre les lignes du dernier rapport annuel du Haut Conseil pour le climat (HCC), publié le 9 juillet et intitulé, de manière plus policée, Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités.
- « Qui aurait pu prédire ? » : parmi toutes les mesures écocides de Macron, en voici six majeures (politis.fr)
Le chef de l’État défend un « gros travail » contre le réchauffement climatique : il a plutôt été un artisan méthodique du désastre écologique en cours.

- « La France n’est pas prête au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain » : l’alerte de 26 scientifiques (lefigaro.fr)
- Canicule. L’État active le « Plan ORSEC », une réponse de façade face à la gravité de la situation (revolutionpermanente.fr)
Le dispositif, qui prévoit quelques dispositions en direction des personnes âgées, est largement en deçà de la gravité de la situation, alors que plusieurs villes vendéennes sont privées d’eau et que les conditions de travail sont toujours plus infernales.
- Canicule : le grand flou artistique des 30 000 climatiseurs promis aux hôpitaux par le gouvernement (huffingtonpost.fr)
Depuis l’annonce du gouvernement il y a une quinzaine de jours, seulement 6 000 appareils ont pu être livrés dans des établissements hospitaliers pas tous logés à la même enseigne.
- Incendies : entre la Drôme et l’Ardèche, l’intervention tardive des Canadairs ravive la colère des habitant·es (humanite.fr)
Une semaine après le début de l’incendie dans le pays de Die, quatre bombardiers d’eau ont enfin effectué leurs premières rotations ce jeudi.[…]« comment est-il possible que l’on en dispose de si peu dans un pays où les incendies se multiplient chaque été à cause du réchauffement climatique ? »
- En pleine vague de chaleur, le gouvernement met fin aux programmes de recherche sur l’adaptation des logements et des territoires (lemonde.fr)
Pour des raisons budgétaires, Matignon a décidé de supprimer une petite structure interministérielle chargée d’animer les réflexions d’élus, de chercheurs et d’habitants afin de permettre un partage des savoirs sur ce sujet essentiel.
- Bouilloires thermiques : en pleine canicule, le gouvernement « offre un énième cadeau aux propriétaires » (reporterre.net)
Le pays étouffe, et le gouvernement fait tout l’inverse de ce qu’exige l’urgence climatique.
- Comment la droite instrumentalise George Sand pour relativiser la canicule (reporterre.net)
- Algues vertes : la Cour des Comptes critique encore et toujours les carences de l’État (reporterre.net)
- “Une bombe environnementale” : feu vert pour la 1re méga-usine de saumons en France (lareleveetlapeste.fr)
Associations environnementales, pêcheurs, riverains, scientifiques. Tout le monde ou presque s’opposait au projet de méga-usine à saumons près de Bordeaux. Pourtant ce projet contre-nature a été validé jeudi 2 juillet par un vote du CoDERST, en dépit de l’opinion scientifique. La préfète doit désormais se prononcer, mais elle avait promis de suivre l’avis du CoDERST.
- L’encadrement des loyers, en place dans des dizaines de villes, pourrait être stoppé par le gouvernement après l’automne (basta.media)
- « Aujourd’hui, nous finançons à chaque péage la pension d’un retraité californien » (lefigaro.fr)
La récente vague de chaleur révèle la nécessité d’investissements massifs qui n’ont pas été réalisés. Tant pour la climatisation des écoles, des hôpitaux, des crèches, que pour les infrastructures de transport, d’énergie et d’adaptation face au changement climatique. Si l’on parle souvent d’un « mur d’investissements » présenté comme insurmontable étant donné la situation des comptes publics, il existe en réalité des solutions concrètes et accessibles. Elles nécessitent avant tout de réapprendre à tirer profit de nos propres richesses, au lieu de laisser d’autres les exploiter à notre détriment. L’une des principales mannes d’argent public sacrifiée ces dernières années étant celle des autoroutes.
- Banalisation des pantouflages sous l’ère Macron : un risque démocratique ? (theconversation.com)
La loi encadre le passage de fonctionnaires du secteur public vers le secteur privé, communément appelé « pantouflage ». Elle sanctionne la prise illégale d’intérêts d’un agent public lorsque ce dernier avantage une entreprise privée dans le but d’être recruté par elle. Or, la recherche montre que le pantouflage et le « rétro-pantouflage » (retour du fonctionnaire dans le public après un passage dans le privé) se sont développés sous la présidence d’Emmanuel Macron. Les contrôles et les sanctions, eux, sont très insuffisants.

- Un rapport sur la souffrance psychique au travail enterré au Sénat par la droite et le centre (publicsenat.fr)
« c’était un rapport orienté. […] Dans le rapport et les préconisations, il y avait peu de soutien pour les entreprises et les employeurs, qui sont eux-mêmes, quelquefois, en souffrance psychique et en véritable burn-out. ».
- Bruno Retailleau rêve pour 2027 d’un État administré par une IA souveraine (synthmedia.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Patriotisme obligatoire : l’Éducation nationale ouvre ses portes à l’extrême droite (blogs.mediapart.fr)
L’extrême droite en rêvait, l’Éducation nationale le fait : les cérémonies patriotiques et militaires, jusque-là contenues à l’extérieur de l’école et à la participation volontaire de quelques élèves, sont désormais généralisées, rendues obligatoires à partir de la rentrée 2026.
- Caméras algorithmiques : l’élargissement de l’« expérimentation » jusqu’à la fin de 2030 validée par les député·es (lemonde.fr)
- Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi (basta.media) – voir aussi Avis du Défenseur des droits sur la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions (defenseurdesdroits.fr) et Permis de tuer : comment la présomption de légitime défense fabrique l’impunité des policiers (politis.fr)
Examinée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre inverse la charge de la preuve. Avec le projet de loi Ripost, débattu ce lundi 6 juillet, elle dessine un même mouvement : plus de police, moins de justice.
- Présomption de légitime défense : adoption très houleuse pour finalité incertaine (projetarcadie.com) – voir aussi Présomption de légalité des tirs policiers : l’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Pauget (index.ngo)
Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 313 voix contre 199 et 5 abstentions, la proposition de loi portée par le député Éric Pauget (Droite républicaine) instaurant une présomption d’usage légitime de l’arme pour les forces de l’ordre.
- Reconnaissance faciale illégale : la police prise en flagrant délit (disclose.ngo)
Les forces de l’ordre continuent d’utiliser quotidiennement la reconnaissance faciale lors de contrôles d’identité […] Exploitée massivement et hors de tout cadre légal, cette technologie cible d’abord des personnes racisées et des militant·es politiques. Elle conduit aussi à des erreurs d’identification grossières, au risque de faire accuser des innocent·es.
- Le nombre de tués par la police pour des refus d’obtempérer a-t-il été multiplié par cinq depuis 2017 ? (franceinfo.fr)
- Procès Rima Hassan. Du bon usage du « terrorisme » (orientxxi.info)
L’eurodéputée Rima Hassan est convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris le 7 juillet pour répondre de l’accusation d’« apologie du terrorisme ». Depuis son élection en juin 2024, 16 procédures judiciaires ont été engagées contre elle. Cet acharnement est évidemment piloté par le gouvernement français.
- Murs, barbelés, noyades : derrière les accords du Touquet, le fiasco de notre politique migratoire (humanite.fr)
Après six mois de travaux, la commission d’enquête sur les accords du Touquet, signés en février 2003, a présenté mercredi 8 juillet son rapport. Elle y décrit une politique frontalière opaque, dominée par la logique sécuritaire, qui n’empêche pas les traversées mais rend les parcours plus dangereux.
- À Paris, 200 personnes à la rue après l’évacuation du bidonville de la porte des Poissonniers (humanite.fr)
« Les personnes qui sont sur ce campement vivent en France depuis un moment, beaucoup travaillent, ils ne leur manquent plus que le logement »
- François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des droits : un recul pour la démocratie et un pied-de-nez à la société civile (asso-sherpa.org)
- Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios (politis.fr) – voir aussi Marine Le Pen et le piège du bracelet (politis.fr)
En permettant l’éligibilité de la cheffe de file du RN, tout en confirmant sa condamnation, la justice place la dirigeante du RN face à ses propres déclarations. Quel que soit son choix, le coût politique s’annonce élevé. En maintenant Marine Le Pen éligible tout en la condamnant à porter un bracelet électronique, la justice […] a produit une situation que personne n’avait véritablement anticipée : la dirigeante du Rassemblement national peut toujours briguer l’Élysée, mais au prix d’une contradiction dont elle est elle-même l’autrice. Car pendant des mois, Marine Le Pen avait affirmé qu’elle ne serait pas candidate si elle devait porter un bracelet électronique.
Et Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l’Élysée (politis.fr)
En refusant de laisser son dauphin porter les couleurs du parti malgré ses déboires judiciaires, Marine Le Pen révèle une vérité politique longtemps masquée : au moment décisif, le RN demeure organisé autour d’un nom plus que d’un parti. Ce choix pourrait ouvrir une crise dont l’extrême droite ne mesure pas encore les conséquences.
Spécial résistances
- Et si l’éco-anxiété laissait place à l’éco-colère ? “C’est meilleur pour la santé et pour le climat”, expliquent des chercheurs (france3-regions.franceinfo.fr)
- « Agir ou cuire, il faut choisir » : avec les canicules, le retour des luttes pour le climat (reporterre.net)
- Le Tribunal Administratif de Grenoble suspend le permis de construire du Datacenter de Rovaltain dédié à l’IA (latelierpaysan.org)
Le collectif Assez DC obtient une première victoire inédite. Suite à l’audience du jeudi 2 juillet, la justice administrative a rendu son ordonnance ce vendredi 10 juillet sur un référé suspension déposé le 1er juin par le collectif drômois « Assez DataCenters » contre le projet de supercalculateur de Rovaltain (Valence TGV). Le juge suspend le permis de construire jusqu’à ce que le recours soit jugé sur le fond. Une victoire d’étape pour la première audience en France liée à la contestation publique d’un datacenter dédié à l’intelligence artificielle !
Voir aussi IA : un projet de data center près de Valence suspendu par la justice (lemonde.fr)
En décembre 2025, le maire d’Alixan (Drôme) avait délivré un permis de construire sur le site de Rovaltain pour un data center d’une puissance de 40 mégawatts (MW). Mais un collectif avait saisi le tribunal administratif en invoquant des risques environnementaux et de nuisances « extrêmement élevés ».
- « Un joyau de biodiversité » menacé : iels forment une chaîne humaine contre la LGV Bordeaux-Toulouse (reporterre.net)
la vallée du Ciron abrite l’une des plus vieilles forêts de France, une hêtraie vieille de 40 000 ans, ainsi que des espèces menacées comme le vison d’Europe, la loutre et la tortue cistude. « On est en train de détruire le vivant, et ça se passe sous nos yeux »
- Canal Seine-Nord Europe : un chantier titanesque, dont personne ne sait à quoi il doit servir (reporterre.net)
Alors que ses partisans tentent d’imposer l’idée que le chantier du canal serait déjà « irréversible », rien n’est joué. L’État, les collectivités et l’Europe doivent encore éclaircir des points cruciaux, à commencer par sa justification.
- À CentraleSupélec, les diplômé·es contestent le modèle de société porté par leur école (lesnouvellesnews.fr)
En recevant leurs diplômes, les élèves de CentraleSupélec ont dénoncé un système qui favorise le lobbying des industries des énergies fossiles et de l’armement dans leur école, laisse perdurer le sexisme et refuse de se remettre en question.
- “C’est une victoire !” : quelle est cette commune d’Occitanie qui vient de bannir tous les chasseurs de ses terrains publics ? (midilibre.fr)
La commune du Lherm, en Haute-Garonne, a obtenu le retrait de l’ensemble de ses terrains communaux du territoire de chasse de l’Association communale de chasse agréée (ACCA).
Spécial outils de résistance
- La pétition contre la « présomption de légitime défense » pour les policiers dépasse les 500 000 signatures (humanite.fr)
Moins de deux semaines. C’est le temps qu’il a fallu à la pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre », lancée le 26 juin, pour atteindre 500 000 signatures. Elle rejoint donc celles s’opposant aux lois Duplomb puis Yadan. 500 000 signatures, le seuil nécessaire pour que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale puisse décider d’organiser un débat en séance publique.
Lien vers la pétition (petitions.assemblee-nationale.fr)
- 156 preuves que le RN est toujours… (cartedelahonte.github.io)
- The Global Justice Report : A Plan for Equality & Prosperity Within Planetary Boundaries (globaljusticeproject.wid.world)
- Se compter pour peser (secompterpourpeser.org)
- Le dernier mail de Doctolib cache un projet d’IA : voici comment s’y opposer (numerama.com)
Spécial MAGAM et cie
- Où vont les e-mails de la presse française ? (quihebergelesmails.fr)
Derrière chaque rédaction, une infrastructure de messagerie. Qui en détient les clés ? Lecture des enregistrements DNS publics de 50 médias français.
- Meta says US states are seeking $1.4 trillion in penalties in August youth safety trial (reuters.com)
- AI-driven datacenter builds drive Microsoft’s emissions up a quarter in one year (theregister.com)
Microsoft says it matched its entire electricity consumption with renewable energy last year. The bad news is it also increased greenhouse gas (GHG) emissions by 25 percent due to datacenter construction.
Les autres lectures de la semaine
- Les multiples facettes du « campisme » : une critique internationaliste (contretemps.eu)
- Face à la canicule, un droit du travail écologique (contretemps.eu)
Pour Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail, « on ne peut pas arrêter la France à partir de 30 °C ». Or, la canicule que nous venons de vivre n’est qu’un épisode d’une longue série à venir, qui va aller en s’amplifiant. Les gouvernements libéraux et le patronat se préparent donc à nous faire travailler dans des conditions qui vont devenir toujours plus difficiles, accentuant les inégalités au sein du monde du travail.
- Désastres des data centers : voyage au-delà du pire (contretemps.eu)
- La brutalisation de la vie sensible nous mène-t-elle au fascisme ? (reporterre.net)
- Pourquoi a-t-on arrêté le cannibalisme ? (slate.fr)
La science est formelle : les humains sont le pire choix de nourriture pour les autres humains et cela pourrait expliquer pourquoi la pratique a été abandonnée presque partout.[…] lorsque le prédateur possède la même physiologie que la proie, ces agents pathogènes peuvent passer beaucoup plus facilement d’un hôte à l’autre
- Obsession : quand la misogynie cartonne au cinéma (lundi.am)
- Marianne : pourquoi la République a‑t‑elle choisi une femme désincarnée comme symbole d’unité nationale ? (theconversation.com)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Pourquoi Mélenchon ne tombe jamais ? (skeptikon.fr)
- “Viens Bardella, viens travailler avec moi…” (tube.fdn.fr)
- Waly Dia : Canicule, Marine Le Pen et loi sur la présomption de légitime défense (tube.fdn.fr)
- VSS Washing à la SNCF (tvbruits.org)
Les trucs chouettes de la semaine
- En Seine-Saint-Denis, une PMI mobile soigne les femmes et enfants roms des bidonvilles (basta.media)
Une équipe mobile du service départemental de protection maternelle et infantile sillonne les bidonvilles de Seine-Saint-Denis pour accompagner des femmes et des enfants roms particulièrement exclus du soin.
- Histo mais pas sexiste (sylphelle.itch.io) est un guide gratuit qui explore comment éviter le sexisme en jeu de rôle. Il est axé jeu de rôle grandeur nature mais s’applique facilement au jeu de rôle sur table. Vous trouverez aussi des tests à faire passer à vos personnages /vos tables/vos GN pour en vérifier l’inclusivité en terme de genre.
- Linux gaming works without touching the terminal, and that matters more than any benchmark (xda-developers.com)
even in situations where Linux performs slightly worse or equal to Windows, there’s one big factor that tends to be underappreciated : Linux gaming works, and it doesn’t take a genius anymore. I can install Bazzite on a gaming handheld that shipped with Windows and just play my games without ever touching the terminal. And that alone is an achievement for Linux.
- Listen to Wikipedia (listen.hatnote.com)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
12.07.2026 à 10:00
IA et éducation (2/2) : du dilemme moral au malaise social
Texte intégral (10024 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 01 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Encourager les élèves à un usage responsable de l’IA semble plus facile à dire qu’à faire. Notamment parce que l’IA place la déqualification au coeur même de l’apprentissage. Derrière la question morale de la triche, il faut surtout observer le malaise social à l’oeuvre. L’IA n’est certainement pas le grand égalisateur qu’on pense.
Suite de notre dossier sur IA et éducation (voir la première partie).
La bataille éducative est-elle perdue ?
Une grande enquête de 404 media montre qu’à l’arrivée de ChatGPT, les écoles publiques américaines étaient totalement démunies face à l’adoption généralisée de ChatGPT par les élèves. Le problème est d’ailleurs loin d’être résolu. Le New York Mag a récemment publié un article qui se désole de la triche généralisée qu’ont introduit les IA génératives à l’école. De partout, les élèves utilisent les chatbots pour prendre des notes pendant les cours, pour concevoir des tests, résumer des livres ou des articles, planifier et rédiger leurs essais, résoudre les exercices qui leur sont demandés. Le plafond de la triche a été pulvérisé, explique un étudiant. “Un nombre considérable d’étudiants sortiront diplômés de l’université et entreront sur le marché du travail en étant essentiellement analphabètes”, se désole un professeur qui constate le court-circuitage du processus même d’apprentissage. La triche semblait pourtant déjà avoir atteint son apogée, avant l’arrivée de ChatGPT, notamment avec les plateformes d’aides au devoir en ligne comme Chegg et Course Hero. “Pour 15,95 $ par mois, Chegg promettait des réponses à toutes les questions de devoirs en seulement 30 minutes, 24h/24 et 7j/7, grâce aux 150 000 experts diplômés de l’enseignement supérieur qu’elle employait, principalement en Inde”.
Chaque école a proposé sa politique face à ces nouveaux outils, certains prônant l’interdiction, d’autres non. Depuis, les politiques se sont plus souvent assouplies, qu’endurcies. Nombre de profs autorisent l’IA, à condition de la citer, ou ne l’autorisent que pour aide conceptuelle et en demandant aux élèves de détailler la manière dont ils l’ont utilisé. Mais cela ne dessine pas nécessairement de limites claires à leurs usages. L’article souligne que si les professeurs se croient doués pour détecter les écrits générés par l’IA, des études ont démontré qu’ils ne le sont pas. L’une d’elles, publiée en juin 2024, utilisait de faux profils d’étudiants pour glisser des travaux entièrement générés par l’IA dans les piles de correction des professeurs d’une université britannique. Les professeurs n’ont pas signalé 97 % des essais génératifs. En fait, souligne l’article, les professeurs ont plutôt abandonné l’idée de pouvoir détecter le fait que les devoirs soient rédigés par des IA. “De nombreux enseignants semblent désormais désespérés”. “Ce n’est pas ce pour quoi nous nous sommes engagés”, explique l’un d’entre eux. La prise de contrôle de l’enseignement par l’IA tient d’une crise existentielle de l’éducation. Désormais, les élèves ne tentent même plus de se battre contre eux-mêmes. Ils se replient sur la facilité. “Toute tentative de responsabilisation reste vaine”, constatent les professeurs.
L’IA a mis à jour les défaillances du système éducatif. Bien sûr, l’idéal de l’université et de l’école comme lieu de développement intellectuel, où les étudiants abordent des idées profondes a disparu depuis longtemps. La perspective que les IA des professeurs évaluent désormais les travaux produits par les IA des élèves, finit de réduire l’absurdité de la situation, en laissant chacun sans plus rien à apprendre. Plusieurs études (comme celle de chercheurs de Microsoft) ont établi un lien entre l’utilisation de l’IA et une détérioration de l’esprit critique. Pour le psychologue, Robert Sternberg, l’IA générative compromet déjà la créativité et l’intelligence. “La bataille est perdue”, se désole un autre professeur.
Reste à savoir si l’usage “raisonnable” de l’IA est possible. Dans une longue enquête pour le New Yorker, le journaliste Hua Hsu constate que tous les étudiants qu’il a interrogés pour comprendre leur usage de l’IA ont commencé par l’utiliser pour se donner des idées, en promettant de veiller à un usage responsable et ont très vite basculé vers des usages peu modérés, au détriment de leur réflexion. L’utilisation judicieuse de l’IA ne tient pas longtemps. Dans un rapport sur l’usage de Claude par des étudiants, Anthropic a montré que la moitié des interactions des étudiants avec son outil serait extractive, c’est-à-dire servent à produire des contenus. 404 media est allé discuter avec les participants de groupes de soutien en ligne de gens qui se déclarent comme “dépendants à l’IA”. Rien n’est plus simple que de devenir accro à un chatbot, confient des utilisateurs de tout âge. OpenAI en est conscient, comme le pointait une étude du MIT sur les utilisateurs les plus assidus, sans proposer pourtant de remèdes.
Comment apprendre aux enfants à faire des choses difficiles ? Le journaliste Clay Shirky, devenu responsable de l’IA en éducation à la New York University, dans le Chronicle of Higher Education, s’interroge : l’IA améliore-t-elle l’éducation ou la remplace-t-elle ? “Chaque année, environ 15 millions d’étudiants de premier cycle aux États-Unis produisent des travaux et des examens de plusieurs milliards de mots. Si le résultat d’un cours est constitué de travaux d’étudiants (travaux, examens, projets de recherche, etc.), le produit de ce cours est l’expérience étudiante”. Un devoir n’a de valeur que « pour stimuler l’effort et la réflexion de l’élève ». “L’utilité des devoirs écrits repose sur deux hypothèses : la première est que pour écrire sur un sujet, l’élève doit comprendre le sujet et organiser ses pensées. La seconde est que noter les écrits d’un élève revient à évaluer l’effort et la réflexion qui y ont été consacrés”. Avec l’IA générative, la logique de cette proposition, qui semblait pourtant à jamais inébranlable, s’est complètement effondrée.
Pour Shirky, il ne fait pas de doute que l’IA générative peut être utile à l’apprentissage. “Ces outils sont efficaces pour expliquer des concepts complexes, proposer des quiz pratiques, des guides d’étude, etc. Les étudiants peuvent rédiger un devoir et demander des commentaires, voir à quoi ressemble une réécriture à différents niveaux de lecture, ou encore demander un résumé pour vérifier la clarté”… “Mais le fait que l’IA puisse aider les étudiants à apprendre ne garantit pas qu’elle le fera”. Pour le grand théoricien de l’éducation, Herbert Simon, “l’enseignant ne peut faire progresser l’apprentissage qu’en incitant l’étudiant à apprendre”. “Face à l’IA générative dans nos salles de classe, la réponse évidente est d’inciter les étudiants à adopter les utilisations utiles de l’IA tout en les persuadant d’éviter les utilisations néfastes. Notre problème est que nous ne savons pas comment y parvenir”, souligne pertinemment Shirky. Pour lui aussi, aujourd’hui, les professeurs sont en passe d’abandonner. Mettre l’accent sur le lien entre effort et apprentissage ne fonctionne pas, se désole-t-il. Les étudiants eux aussi sont déboussolés et finissent par se demander où l’utilisation de l’IA les mène. Shirky fait son mea culpa. L’utilisation engagée de l’IA conduit à son utilisation paresseuse. Nous ne savons pas composer avec les difficultés. Mais c’était déjà le cas avant ChatGPT. Les étudiants déclarent régulièrement apprendre davantage grâce à des cours magistraux bien présentés qu’avec un apprentissage plus actif, alors que de nombreuses études démontrent l’inverse. “Un outil qui améliore le rendement mais dégrade l’expérience est un mauvais compromis”.
C’est le sens même de l’éducation qui est en train d’être perdu. Le New York Times revenait récemment sur le fait que certaines écoles interdisent aux élèves d’utiliser ces outils, alors que les professeurs, eux, les sur-utilisent. Selon une étude auprès de 1800 enseignants de l’enseignement supérieur, 18 % déclaraient utiliser fréquemment ces outils pour faire leur cours, l’année dernière – un chiffre qui aurait doublé depuis. Les étudiants ne lisent plus ce qu’ils écrivent et les professeurs non plus. Si les profs sont prompts à critiquer l’usage de l’IA par leurs élèves, nombre d’entre eux l’apprécient pour eux-mêmes, remarque un autre article du New York Times. A PhotoMath ou Google Lens qui viennent aider les élèves, répondent MagicSchool et Brisk Teaching qui proposent déjà des produits d’IA qui fournissent un retour instantané sur les écrits des élèves. L’État du Texas a signé un contrat de 5 ans avec l’entreprise Cambium Assessment pour fournir aux professeurs un outil de notation automatisée des écrits des élèves.
Pour Jason Koebler de 404 media : “la société dans son ensemble n’a pas très bien résisté à l’IA générative, car les grandes entreprises technologiques s’obstinent à nous l’imposer. Il est donc très difficile pour un système scolaire public sous-financé de contrôler son utilisation”. Pourtant, peu après le lancement public de ChatGPT, certains districts scolaires locaux et d’État ont fait appel à des consultants pro-IA pour produire des formations et des présentations “encourageant largement les enseignants à utiliser l’IA générative en classe”, mais “aucun n’anticipait des situations aussi extrêmes que celles décrites dans l’article du New York Mag, ni aussi problématiques que celles que j’ai entendues de mes amis enseignants, qui affirment que certains élèves désormais sont totalement dépendants de ChatGPT”. Les documents rassemblés par 404media montrent surtout que les services d’éducation américains ont tardé à réagir et à proposer des perspectives aux enseignants sur le terrain.
Dans un autre article de 404 media, Koebler a demandé à des professeurs américains d’expliquer ce que l’IA a changé à leur travail. Les innombrables témoignages recueillis montrent que les professeurs ne sont pas restés les bras ballants, même s’ils se sentent très dépourvus face à l’intrusion d’une technologie qu’ils n’ont pas voulue. Tous expliquent qu’ils passent des heures à corriger des devoirs que les élèves mettent quelques secondes à produire. Tous dressent un constat similaire fait d’incohérences, de confusions, de démoralisations, entre préoccupations et exaspérations. Quelles limites mettre en place ? Comment s’assurer qu’elles soient respectées ? “Je ne veux pas que les étudiants qui n’utilisent pas de LLM soient désavantagés. Et je ne veux pas donner de bonnes notes à des étudiants qui ne font pratiquement rien”, témoigne un prof. Beaucoup ont désormais recours à l’écriture en classe, au papier. Quelques-uns disent qu’ils sont passés de la curiosité au rejet catégorique de ces outils. Beaucoup pointent que leur métier est plus difficile que jamais. “ChatGPT n’est pas un problème isolé. C’est le symptôme d’un paradigme culturel totalitaire où la consommation passive et la régurgitation de contenu deviennent le statu quo.”
L’IA place la déqualification au coeur de l’apprentissage
Nicholas Carr, qui vient de faire paraître Superbloom : How Technologies of Connection Tear Us Apart (Norton, 2025, non traduit) rappelle dans sa newsletter que “la véritable menace que représente l’IA pour l’éducation n’est pas qu’elle encourage la triche, mais qu’elle décourage l’apprentissage”. Pour Carr, lorsque les gens utilisent une machine pour réaliser une tâche, soit leurs compétences augmentent, soit elles s’atrophient, soit elles ne se développent jamais. C’est la piste qu’il avait d’ailleurs explorée dans Remplacer l’humain (L’échappée, 2017, traduction de The Glass Cage) en montrant comment les logiciels transforment concrètement les métiers, des architectes aux pilotes d’avions). “Si un travailleur maîtrise déjà l’activité à automatiser, la machine peut l’aider à développer ses compétences” et relever des défis plus complexes. Dans les mains d’un mathématicien, une calculatrice devient un “amplificateur d’intelligence”. À l’inverse, si le maintien d’une compétence exige une pratique fréquente, combinant dextérité manuelle et mentale, alors l’automatisation peut menacer le talent même de l’expert. C’est le cas des pilotes d’avion confrontés aux systèmes de pilotage automatique qui connaissent un “affaissement des compétences” face aux situations difficiles. Mais l’automatisation est plus pernicieuse encore lorsqu’une machine prend les commandes d’une tâche avant que la personne qui l’utilise n’ait acquis l’expérience de la tâche en question. “C’est l’histoire du phénomène de « déqualification » du début de la révolution industrielle. Les artisans qualifiés ont été remplacés par des opérateurs de machines non qualifiés. Le travail s’est accéléré, mais la seule compétence acquise par ces opérateurs était celle de faire fonctionner la machine, ce qui, dans la plupart des cas, n’était quasiment pas une compétence. Supprimez la machine, et le travail s’arrête”.
Bien évidemment que les élèves qui utilisent des chatbots pour faire leurs devoirs font moins d’effort mental que ceux qui ne les utilisent pas, comme le pointait une très épaisse étude du MIT (synthétisée par Le Grand Continent), tout comme ceux qui utilisent une calculatrice plutôt que le calcul mental vont moins se souvenir des opérations qu’ils ont effectuées. Mais le problème est surtout que ceux qui les utilisent sont moins méfiants de leurs résultats (comme le pointait l’étude des chercheurs de Microsoft), alors que contrairement à ceux d’une calculatrice, ils sont beaucoup moins fiables. Le problème de l’usage des LLM à l’école, c’est à la fois qu’il empêche d’apprendre à faire, mais plus encore que leur usage nécessite des compétences pour les évaluer.
L’IA générative étant une technologie polyvalente permettant d’automatiser toutes sortes de tâches et d’emplois, nous verrons probablement de nombreux exemples de chacun des trois scénarios de compétences dans les années à venir, estime Carr. Mais l’utilisation de l’IA par les lycéens et les étudiants pour réaliser des travaux écrits, pour faciliter ou éviter le travail de lecture et d’écriture, constitue un cas particulier. “Elle place le processus de déqualification au cœur de l’éducation. Automatiser l’apprentissage revient à le subvertir”.
En éducation, plus vous effectuez de recherches, plus vous vous améliorez en recherche, et plus vous rédigez d’articles, plus vous améliorez votre rédaction. “Cependant, la valeur pédagogique d’un devoir d’écriture ne réside pas dans le produit tangible du travail – le devoir rendu à la fin du devoir. Elle réside dans le travail lui-même : la lecture critique des sources, la synthèse des preuves et des idées, la formulation d’une thèse et d’un argument, et l’expression de la pensée dans un texte cohérent. Le devoir est un indicateur que l’enseignant utilise pour évaluer la réussite du travail de l’étudiant – le travail d’apprentissage. Une fois noté et rendu à l’étudiant, le devoir peut être jeté”.
L’IA générative permet aux étudiants de produire le produit sans effectuer le travail. Le travail remis par un étudiant ne témoigne plus du travail d’apprentissage qu’il a nécessité. “Il s’y substitue ». Le travail d’apprentissage est ardu par nature : sans remise en question, l’esprit n’apprend rien. Les étudiants ont toujours cherché des raccourcis bien sûr, mais l’IA générative est différente, pas son ampleur, par sa nature. “Sa rapidité, sa simplicité d’utilisation, sa flexibilité et, surtout, sa large adoption dans la société rendent normal, voire nécessaire, l’automatisation de la lecture et de l’écriture, et l’évitement du travail d’apprentissage”. Grâce à l’IA générative, un élève médiocre peut produire un travail remarquable tout en se retrouvant en situation de faiblesse. Or, pointe très justement Carr, “la conséquence ironique de cette perte d’apprentissage est qu’elle empêche les élèves d’utiliser l’IA avec habileté. Rédiger une bonne consigne, un prompt efficace, nécessite une compréhension du sujet abordé. Le dispensateur doit connaître le contexte de la consigne. Le développement de cette compréhension est précisément ce que la dépendance à l’IA entrave”. “L’effet de déqualification de l’outil s’étend à son utilisation”. Pour Carr, “nous sommes obnubilés par la façon dont les étudiants utilisent l’IA pour tricher. Alors que ce qui devrait nous préoccuper davantage, c’est la façon dont l’IA trompe les étudiants”.
Nous sommes d’accord. Mais cette conclusion n’aide pas pour autant à avancer !
Passer du malaise moral au malaise social !
Utiliser ou non l’IA semble surtout relever d’un malaise moral (qui en rappelle un autre), révélateur, comme le souligne l’obsession sur la « triche » des élèves. Mais plus qu’un dilemme moral, peut-être faut-il inverser notre regard, et le poser autrement : comme un malaise social. C’est la proposition que fait le sociologue Bilel Benbouzid dans un remarquable article pour AOC (première et seconde partie).
Pour Benbouzid, l’IA générative à l’université ébranle les fondements de « l’auctorialité », c’est-à-dire qu’elle modifie la position d’auteur et ses repères normatifs et déontologiques. Dans le monde de l’enseignement supérieur, depuis le lancement de ChatGPT, tout le monde s’interroge pour savoir que faire de ces outils, souvent dans un choix un peu binaire, entre leur autorisation et leur interdiction. Or, pointe justement Benbouzid, l’usage de l’IA a été « perçu » très tôt comme une transgression morale. Très tôt, les utiliser a été associé à de la triche, d’autant qu’on ne peut pas les citer, contrairement à tout autre matériel écrit.
Face à leur statut ambigu, Benbouzid pose une question de fond : quelle est la nature de l’effort intellectuel légitime à fournir pour ses études ? Comment distinguer un usage « passif » de l’IA d’un usage « actif », comme l’évoquait Ethan Mollick dans la première partie de ce dossier ? Comment contrôler et s’assurer d’une utilisation active et éthique et non pas passive et moralement condamnable ?
Pour Benbouzid, il se joue une réflexion éthique sur le rapport à soi qui nécessite d’être authentique. Mais peut-on être authentique lorsqu’on se construit, interroge le sociologue, en évoquant le fait que les étudiants doivent d’abord acquérir des compétences avant de s’individualiser. Or l’outil n’est pas qu’une machine pour résumer ou copier. Pour Benbouzid, comme pour Mollick, bien employée, elle peut-être un vecteur de stimulation intellectuelle, tout en exerçant une influence diffuse mais réelle. « Face aux influences tacites des IAG, il est difficile de discerner les lignes de partage entre l’expression authentique de soi et les effets normatifs induits par la machine. » L’enjeu ici est bien celui de la capacité de persuasion de ces machines sur ceux qui les utilisent.
Pour les professeurs de philosophie et d’éthique Mark Coeckelbergh et David Gunkel, comme ils l’expliquent dans un article (qui a depuis donné lieu à un livre, Communicative AI, Polity, 2025), l’enjeu n’est pourtant plus de savoir qui est l’auteur d’un texte (même si, comme le remarque Antoine Compagnon, sans cette figure, la lecture devient indéchiffrable, puisque nul ne sait plus qui parle, ni depuis quels savoirs), mais bien plus de comprendre les effets que les textes produisent. Pourtant, ce déplacement, s’il est intéressant (et peut-être peu adapté à l’IA générative, tant les textes produits sont rarement pertinents), il ne permet pas de cadrer les usages des IA génératives qui bousculent le cadre ancien de régulation des textes académiques. Reste que l’auteur d’un texte doit toujours en répondre, rappelle Benbouzid, et c’est désormais bien plus le cas des étudiants qui utilisent l’IA que de ceux qui déploient ces systèmes d’IA. L’autonomie qu’on attend d’eux est à la fois un idéal éducatif et une obligation morale envers soi-même, permettant de développer ses propres capacités de réflexion. « L’acte d’écriture n’est pas un simple exercice technique ou une compétence instrumentale. Il devient un acte de formation éthique ». Le problème, estiment les professeurs de philosophie Timothy Aylsworth et Clinton Castro, dans un article qui s’interroge sur l’usage de ChatGPT, c’est que l’autonomie comme finalité morale de l’éducation n’est pas la même que celle qui permet à un étudiant de décider des moyens qu’il souhaite mobiliser pour atteindre son but. Pour Aylsworth et Castro, les étudiants ont donc obligation morale de ne pas utiliser ChatGPT, car écrire soi-même ses textes est essentiel à la construction de son autonomie. Pour eux, l’école doit imposer une morale de la responsabilité envers soi-même où écrire par soi-même n’est pas seulement une tâche scolaire, mais également un moyen d’assurer sa dignité morale. « Écrire, c’est penser. Penser, c’est se construire. Et se construire, c’est honorer l’humanité en soi. »
Pour Benbouzid, les contradictions de ces deux dilemmes résument bien le choix cornélien des étudiants et des enseignants. Elle leur impose une liberté de ne pas utiliser. Mais cette liberté de ne pas utiliser, elle, ne relève-t-elle pas d’abord et avant tout d’un jugement social ?
L’IA générative ne sera pas le grand égalisateur social !
C’est la piste fructueuse qu’explore Bilel Benbouzid dans la seconde partie de son article. En explorant qui à recours à l’IA et pourquoi, le sociologue permet d’entrouvrir une autre réponse que la réponse morale. Ceux qui promeuvent l’usage de l’IA pour les étudiants, comme Ethan Mollick, estiment que l’IA pourrait agir comme une égaliseuse de chances, permettant de réduire les différences cognitives entre les élèves. C’est là une référence aux travaux d’Erik Brynjolfsson, Generative AI at work, qui souligne que l’IA diminue le besoin d’expérience, permet la montée en compétence accélérée des travailleurs et réduit les écarts de compétence des travailleurs (une théorie qui a été en partie critiquée, notamment parce que ces avantages sont compensés par l’uniformisation des pratiques et leur surveillance – voir ce que nous en disions en mobilisant les travaux de David Autor). Mais sommes-nous confrontés à une homogénéisation des performances d’écritures ? N’assiste-t-on pas plutôt à un renforcement des inégalités entre les meilleurs qui sauront mieux que d’autres tirer parti de l’IA générative et les moins pourvus socialement ?
Pour John Danaher, l’IA générative pourrait redéfinir pas moins que l’égalité, puisque les compétences traditionnelles (rédaction, programmation, analyses…) permettraient aux moins dotés d’égaler les meilleurs. Pour Danaher, le risque, c’est que l’égalité soit alors reléguée au second plan : « d’autres valeurs comme l’efficacité économique ou la liberté individuelle prendraient le dessus, entraînant une acceptation accrue des inégalités. L’efficacité économique pourrait être mise en avant si l’IA permet une forte augmentation de la productivité et de la richesse globale, même si cette richesse est inégalement répartie. Dans ce scénario, plutôt que de chercher à garantir une répartition équitable des ressources, la société pourrait accepter des écarts grandissants de richesse et de statut, tant que l’ensemble progresse. Ce serait une forme d’acceptation de l’inégalité sous prétexte que la technologie génère globalement des bénéfices pour tous, même si ces bénéfices ne sont pas partagés de manière égale. De la même manière, la liberté individuelle pourrait être privilégiée si l’IA permet à chacun d’accéder à des outils puissants qui augmentent ses capacités, mais sans garantir que tout le monde en bénéficie de manière équivalente. Certains pourraient considérer qu’il est plus important de laisser les individus utiliser ces technologies comme ils le souhaitent, même si cela crée de nouvelles hiérarchies basées sur l’usage différencié de l’IA ». Pour Danaher comme pour Benbouzid, l’intégration de l’IA dans l’enseignement doit poser la question de ses conséquences sociales !
Les LLM ne produisent pas un langage neutre mais tendent à reproduire les « les normes linguistiques dominantes des groupes sociaux les plus favorisés », rappelle Bilel Benbouzid. Une étude comparant les lettres de motivation d’étudiants avec des textes produits par des IA génératives montre que ces dernières correspondent surtout à des productions de CSP+. Pour Benbouzid, le risque est que la délégation de l’écriture à ces machines renforce les hiérarchies existantes plus qu’elle ne les distribue. D’où l’enjeu d’une enquête en cours pour comprendre l’usage de l’IA générative des étudiants et leur rapport social au langage.
Les premiers résultats de cette enquête montrent par exemple que les étudiants rechignent à copier-coller directement le texte créé par les IA, non seulement par peur de sanctions, mais plus encore parce qu’ils comprennent que le ton et le style ne leur correspondent pas. « Les étudiants comparent souvent ChatGPT à l’aide parentale. On comprend que la légitimité ne réside pas tant dans la nature de l’assistance que dans la relation sociale qui la sous-tend. Une aide humaine, surtout familiale, est investie d’une proximité culturelle qui la rend acceptable, voire valorisante, là où l’assistance algorithmique est perçue comme une rupture avec le niveau académique et leur propre maîtrise de la langue ». Et effectivement, la perception de l’apport des LLM dépend du capital culturel des étudiants. Pour les plus dotés, ChatGPT est un outil utilitaire, limité voire vulgaire, qui standardise le langage. Pour les moins dotés, il leur permet d’accéder à des éléments de langages valorisés et valorisants, tout en l’adaptant pour qu’elle leur corresponde socialement.
Dans ce rapport aux outils de génération, pointe un rapport social à la langue, à l’écriture, à l’éducation. Pour Benbouzid, l’utilisation de l’IA devient alors moins un problème moral qu’un dilemme social. « Ces pratiques, loin d’être homogènes, traduisent une appropriation différenciée de l’outil en fonction des trajectoires sociales et des attentes symboliques qui structurent le rapport social à l’éducation. Ce qui est en jeu, finalement, c’est une remise en question de la manière dont les étudiants se positionnent socialement, lorsqu’ils utilisent les robots conversationnels, dans les hiérarchies culturelles et sociales de l’université. » En fait, les étudiants utilisent les outils non pas pour se dépasser, comme l’estime Mollick, mais pour produire un contenu socialement légitime. « En déléguant systématiquement leurs compétences de lecture, d’analyse et d’écriture à ces modèles, les étudiants peuvent contourner les processus essentiels d’intériorisation et d’adaptation aux normes discursives et épistémologiques propres à chaque domaine. En d’autres termes, l’étudiant pourrait perdre l’occasion de développer authentiquement son propre capital culturel académique, substitué par un habitus dominant produit artificiellement par l’IA. »
L’apparence d’égalité instrumentale que permettent les LLM pourrait donc paradoxalement renforcer une inégalité structurelle accrue. Les outils creusant l’écart entre des étudiants qui ont déjà internalisé les normes dominantes et ceux qui les singent. Le fait que les textes générés manquent d’originalité et de profondeur critique, que les IA produisent des textes superficiels, ne rend pas tous les étudiants égaux face à ces outils. D’un côté, les grandes écoles renforcent les compétences orales et renforcent leurs exigences d’originalité face à ces outils. De l’autre, d’autres devront y avoir recours par nécessité. « Pour les mieux établis, l’IA représentera un outil optionnel d’optimisation ; pour les plus précaires, elle deviendra une condition de survie dans un univers concurrentiel. Par ailleurs, même si l’IA profitera relativement davantage aux moins qualifiés, cette amélioration pourrait simultanément accentuer une forme de dépendance technologique parmi les populations les plus défavorisées, creusant encore le fossé avec les élites, mieux armées pour exercer un discernement critique face aux contenus générés par les machines ».
Bref, loin de l’égalisation culturelle que les outils permettraient, le risque est fort que tous n’en profitent pas d’une manière égale. On le constate très bien ailleurs. Le fait d’être capable de rédiger un courrier administratif est loin d’être partagé. Si ces outils améliorent les courriers des moins dotés socialement, ils ne renversent en rien les différences sociales. C’est le même constat qu’on peut faire entre ceux qui subliment ces outils parce qu’ils les maîtrisent finement, et tous les autres qui ne font que les utiliser, comme l’évoquait Gregory Chatonsky, en distinguant les utilisateurs mémétiques et les utilisateurs productifs. Ces outils, qui se présentent comme des outils qui seraient capables de dépasser les inégalités sociales, risquent avant tout de mieux les amplifier. Plus que de permettre de personnaliser l’apprentissage, pour s’adapter à chacun, il semble que l’IA donne des superpouvoirs d’apprentissage à ceux qui maîtrisent leurs apprentissages, plus qu’aux autres.
L’IApocalypse scolaire, coincée dans le droit
Les questions de l’usage de l’IA à l’école que nous avons tenté de dérouler dans ce dossier montrent l’enjeu à débattre d’une politique publique d’usage de l’IA générative à l’école, du primaire au supérieur. Mais, comme le montre notre enquête, toute la communauté éducative est en attente d’un cadre. En France, on attend les recommandations de la mission confiée à François Taddéi et Sarah Cohen-Boulakia sur les pratiques pédagogiques de l’IA dans l’enseignement supérieur, rapportait le Monde.
Un premier cadre d’usage de l’IA à l’école vient pourtant d’être publié par le ministère de l’Education nationale. Autant dire que ce cadrage processuel n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. Le document consiste surtout en un rappel des règles et, pour l’essentiel, elles expliquent d’abord que l’usage de l’IA générative est contraint si ce n’est impossible, de fait. « Aucun membre du personnel ne doit demander aux élèves d’utiliser des services d’IA grand public impliquant la création d’un compte personnel » rappelle le document. La note recommande également de ne pas utiliser l’IA générative avec les élèves avant la 4e et souligne que « l’utilisation d’une intelligence artificielle générative pour réaliser tout ou partie d’un devoir scolaire, sans autorisation explicite de l’enseignant et sans qu’elle soit suivie d’un travail personnel d’appropriation à partir des contenus produits, constitue une fraude ». Autant dire que ce cadre d’usage ne permet rien, sinon l’interdiction. Loin d’être un cadre de développement ouvert à l’envahissement de l’IA, comme s’en plaint le SNES-FSU, le document semble surtout continuer à produire du déni, tentant de rappeler des règles sur des usages qui les débordent déjà très largement.
Sur Linked-in, Yann Houry, prof dans un Institut privé suisse, était très heureux de partager sa recette pour permettre aux profs de corriger des copies avec une IA en local, rappelant que pour des questions de légalité et de confidentialité, les professeurs ne devraient pas utiliser les services d’IA génératives en ligne pour corriger les copies. Dans les commentaires, nombreux sont pourtant venus lui signaler que cela ne suffit pas, rappelant qu’utiliser l’IA pour corriger les copies, donner des notes et classer les élèves peut être classée comme un usage à haut-risque selon l’IA Act, ou encore qu’un formateur qui utiliserait l’IA en ce sens devrait en informer les apprenants afin qu’ils exercent un droit de recours en cas de désaccord sur une évaluation, sans compter que le professeur doit également être transparent sur ce qu’il utilise pour rester en conformité et l’inscrire au registre des traitements. Bref, d’un côté comme de l’autre, tant du côté des élèves qui sont renvoyés à la fraude quel que soit la façon dont ils l’utilisent, que des professeurs, qui ne doivent l’utiliser qu’en pleine transparence, on se rend vite compte que l’usage de l’IA dans l’éducation reste, formellement, très contraint, pour ne pas dire impossible.
D’autres cadres et rapports ont été publiés. Comme celui de l’inspection générale, du Sénat ou de la Commission européenne et de l’OCDE, mais qui se concentrent surtout sur ce qu’un enseignement à l’IA devrait être, plus que de donner un cadre aux débordements des usages actuels. Bref, pour l’instant, le cadrage de l’IApocalypse scolaire reste à construire, avec les professeurs… et avec les élèves.
Hubert Guillaud
MAJ du 02/09/2025 : Le rapport de François Taddei sur l’IA dans l’Enseignement supérieur a été publié. Et, contrairement à ce qu’on aurait pu en attendre, il ne répond pas à la question des limites de l’usage de l’IA dans l’enseignement supérieur.
Le rapport est pourtant disert. Il recommande de mutualiser les capacités de calculs, les contenus et les bonnes pratiques, notamment via une plateforme de mutualisation. Il recommande de développer la formation des étudiants comme des personnels et bien sûr de repenser les modalités d’évaluation, mais sans proposer de pistes concrètes. « L’IA doit notamment contribuer à rendre les établissements plus inclusifs, renforcer la démocratie universitaire, et développer un nouveau modèle d’enseignement qui redéfinisse le rôle de l’enseignant et des étudiants », rappelle l’auteur d‘Apprendre au XXIe siècle (Calmann-Levy, 2018) qui militait déjà pour transformer l’institution. Il recommande enfin de développer des data centers dédiés, orientés enseignement et des solutions techniques souveraines et invite le ministère de l’enseignement supérieur à se doter d’une politique nationale d’adoption de l’IA autour d’un Institut national IA, éducation et société.
Le rapport embarque une enquête quantitative sur l’usage de l’IA par les étudiants, les professeurs et les personnels administratifs. Si le rapport estime que l’usage de l’IA doit être encouragé, il souligne néanmoins que son développement « doit être accompagné de réflexions collectives sur les usages et ses effets sur l’organisation du travail, les processus et l’évolution des compétences », mais sans vraiment faire de propositions spécifiques autres que citer certaines déjà mises en place nombre de professeurs. Ainsi, sur l’évolution des pratiques, le rapport recense les évolutions, notamment le développement d’examens oraux, mais en pointe les limites en termes de coûts et d’organisation, sans compter, bien sûr, qu’ils ne permettent pas d’évaluer les capacités d’écriture des élèves. « La mission considère que l’IA pourrait donner l’opportunité de redéfinir les modèles d’enseignement, en réinterrogeant le rôle de chacun. Plusieurs pistes sont possibles : associer les étudiants à la définition des objectifs des enseignements, responsabiliser les étudiants sur les apprentissages, mettre en situation professionnelle, développer davantage les modes projet, développer la résolution de problèmes complexes, associer les étudiants à l’organisation d’événements ou de travaux de recherche, etc. Le principal avantage de cette évolution est qu’elle peut permettre de renforcer l’engagement des étudiants dans les apprentissages, car ils sont plus impliqués quand ils peuvent contribuer aux choix des sujets abordés. Ils prendront aussi conscience des enjeux pour leur vie professionnelle des matières enseignées. Une telle évolution pourrait renforcer de ce fait la qualité des apprentissages. Elle permettrait aussi de proposer davantage d’horizontalité dans les échanges, ce qui est attendu par les étudiants et qui reflète aussi davantage le fonctionnement par projet, mode d’organisation auquel ils seront fréquemment confrontés ». Pour répondre au défi de l’IA, la mission Taddeï propose donc de « sortir d’une transmission descendante » au profit d’un apprentissage plus collaboratif, comme François Taddéi l’a toujours proposé, mais sans proposer de norme pour structurer les rapports à l’IA.
Le rapport recommande d’ailleurs de favoriser l’usage de l’IA dans l’administration scolaire et d’utiliser le « broad listening » , l’écoute et la consultation des jeunes pour améliorer la démocratie universitaire… Une proposition qui pourrait être stimulante si nous n’étions pas plutôt confrontés à son exact inverse : le broad listening semble plutôt mobilisé pour réprimer les propos étudiants que le contraire… Enfin, le rapport insiste particulièrement sur l’usage de l’IA pour personnaliser l’orientation et être un tuteur d’études. La dernière partie du rapport constate les besoins de formation et les besoins d’outils mutualisés, libres et ouverts : deux aspects qui nécessiteront des financements et projets adaptés.
Ce rapport très pro-IA ne répond pas vraiment à la difficulté de l’évaluation et de l’enseignement à l’heure où les élèves peuvent utiliser l’IA pour leurs écrits.
Signalons qu’un autre rapport a été publié concomitamment, celui de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGERS) qui insiste également sur le besoin de coordination et de mutualisation.
Pour l’instant, l’une des propositions la plus pratico-pratique que l’on a vu passer sont assurément les résultats de la convention « citoyenne » de Sciences-Po Aix sur l’usage de l’IA générative, formulant 7 propositions. La convention recommande que les étudiants déclarent l’usage de l’IA, pour préciser le niveau d’intervention qui a été fait, le modèle utilisé et les instructions données, sur le modèle de celles utilisées par l’université de Sherbrooke. L’avis recommande aussi la coordination des équipes pédagogiques afin d’harmoniser les pratiques, pour donner un cadre cohérent aux étudiants et bâtir une réflexion collective. La 3e proposition consiste à améliorer l’enquête sur les pratiques via des formulaires réguliers pour mieux saisir les niveaux d’usages des élèves. La 4e proposition propose de ne pas autoriser l’IA générative pour les étudiants en première et seconde année, afin de leur permettre d’acquérir un socle de connaissances. La 5e proposition propose que les enseignants indiquent clairement si l’usage est autorisé ou non et selon quelles modalités, sur le modèle que propose, là encore, l’université de Sherbrooke. La 6e proposition propose d’améliorer la formation aux outils d’IA. La 7e propose d’organiser des ateliers de sensibilisation aux dimensions environnementales et sociales des IA génératives, intégrés à la formation. Comme le montrent nombre de chartes de l’IA dans l’éducation, celle-ci propose surtout un plus fort cadrage des usages que le contraire.
En tout cas, le sujet agite la réflexion. Dans une tribune pour le Monde, le sociologue Manuel Cervera-Marzal estime que plutôt que d’ériger des interdits inapplicables en matière d’intelligence artificielle, les enseignants doivent réinventer les manières d’enseigner et d’évaluer, explique-t-il en explicitant ses propres pratiques. Même constat dans une autre tribune pour le professeur et écrivain Maxime Abolgassemi.
Dans une tribune pour le Club de Mediapart, Céline Cael et Laurent Reynaud, auteurs de Et si on imaginait l’école de demain ? (Retz, 2025) reviennent sur les annonces toutes récentes de la ministre de l’Éducation, Elisabeth Borne, de mettre en place une IA pour les professeurs “pour les accompagner dans leurs métiers et les aider à préparer leurs cours” (un appel d’offres a d’ailleurs été publié en janvier 2025 pour sélectionner un candidat). Des modules de formation seront proposés aux élèves du secondaire et un chatbot sera mis en place pour répondre aux questions administratives et réglementaires des personnels de l’Éducation nationale, a-t-elle également annoncé. Pour les deux enseignants, “l’introduction massive du numérique, et de l’IA par extension, dans le quotidien du métier d’enseignant semble bien plus souvent conduire à un appauvrissement du métier d’enseignant plutôt qu’à son optimisation”. “L’IA ne saurait être la solution miracle à tous les défis de l’éducation”, rappellent-ils. Les urgences ne sont pas là.
Selon le bulletin officiel de l’éducation nationale qui a publié en juillet un cadre pour un usage raisonné du numérique à l’école, la question de l’IA « doit être conduite au sein des instances de démocratie scolaire », afin de nourrir le projet d’établissement. Bref, la question du cadrage des pratiques est pour l’instant renvoyée à un nécessaire débat de société à mener.
MAJ du 01/10/2025 : A la suite d’Anthropic, OpenAI vient de publier une version de son chatbot pour étudiants. Ce “mode étude” consiste à doter ChatGPT “d’un nouveau filtre de conversation qui régule simplement la manière dont il répond aux élèves, encourageant moins de réponses et plus d’explications”. Plutôt que de donner des réponses, le robot tente d’expliquer le sujet et de renvoyer les étudiants à leurs propres efforts. Pourtant, rappelle la Technology Review, cela ne signifie pas que le système ne produise pas d’erreurs, au contraire. Il peut finalement apprendre à aborder des problèmes de manière erronée et produire des explications totalement fausses. Enfin, il n’empêchera pas les étudiants d’exiger du moteur de produire des réponses plutôt que de simplement les accompagner dans leur compréhension. Le mode tutorat lancé par les grandes entreprises de l’IA vise surtout à décrocher des marchés avec le secteur éducatif et fait la promesse que le tutorat personnalisé serait finalement un secteur où l’on pourrait considérablement réduire le coût humain.
MAJ du 13/10/2025 : Lundi matin revient sur l’injonction à déployer l’IA à l’école… et rappelle, fort à propos, les échecs du numérique à l’école. Déjà en 2015, un rapport de l’OCDE concluait à « l’absence d’effets – voir même à des effets négatifs –, des investissements consacrés à l’équipement des établissements scolaires en technologies numériques, sur les résultats aux épreuves PISA », souligne une méta-analyse. Le rapport de synthèse de 2020 du CNESCO parle de « révolution manquée » et reconnaît que « s’il n’y a pas eu de révolution numérique à l’école, c’est parce que les outils numériques n’améliorent pas les apprentissages ».
« Les promesses des prophètes de l’IA ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles des années 2000 et 2010, au prix d’une petite mise à jour, un peu comme les publicités pour les aspirateurs robots ressemblent à s’y méprendre à celles pour les aspirateurs classiques, l’autotune en plus. Votre enfant a du mal à mettre un « s » au pluriel ? Pas de souci ! Il suffit de demander à l’IA de faire une petite chanson, du genre : « t’as pas mis de S… SOS » ! « Le résultat est bluffant ». […] Comme l’écrivait le rapport du Sénat, il importe de « faire la démonstration scientifique de la capacité de l’IA (…) à favoriser la montée en compétence des apprenants et de transformer efficacement les façons d’enseigner ». Même s’il est parfois difficile de distinguer la démonstration scientifique du publireportage. »
MAJ du 24/11/2025 : Sur Gizmodo, AJ Dellinger ironise sur l’annonce par OpenAI du lancement d’un chatGPT pour les profs. « Les enseignants pourront faire noter le travail des chatbots de leurs élèves par leurs propres chatbots ». Le problème de l’abrutissement des jeunes est en passe d’être résolu !, grince-t-il. « Les établissements scolaires sont devenus un champ de bataille pour les entreprises d’IA qui cherchent désespérément à implanter leurs produits dans un maximum d’institutions ». « On ignore pour l’instant si la présence de ces chatbots dans ces espaces profite réellement à qui que ce soit d’autre qu’à l’entreprise qui les conçoit », raille le journaliste. À défaut de s’inquiéter en amont des risques possibles, il est probable que nous puissions bientôt en voir les résultats.
MAJ du 25/11/2025 : Dans une tribune pour le New York Times, le professeur d’anglais, Carlo Rotella, explique comment, confrontée à l’IA, il a humanisé ses cours. “Un cours d’anglais résistant à l’IA repose sur trois piliers : l’évaluation écrite et orale, l’enseignement du processus d’écriture plutôt que la simple attribution de dissertations, et une plus grande importance accordée aux interactions en classe.“ Quizz pointilleux, tests pour observer le processus d’écriture plutôt que le résultat final, des entretiens pour que les étudiants expliquent comment ils ont conçu et rédigé leur travail, rendre les travaux écrits plus personnels (« êtes-vous proustien ? ») plutôt que de demander une dissertation factuelle. ”Je perçois la voix individuelle des étudiants dans leurs travaux, qui se développent de manière crédible à partir d’exercices et de brouillons, la plupart du temps sans dérive robotique”. Et surtout développer des discussions en classe et y participer, en interdisant les ordinateurs pour améliorer les interactions… Autant d’éléments qui demandent de s’extraire soi-même du cours magistral. “Ne perdez pas votre temps à vous entraîner à être remplaçables par une IA. Utilisez vos facultés ou vous les perdrez.” Mais tout cela n’est possible que parce que le professeur a peu d’élèves, concède-t-il. “Je ne peux pas être sûr que ce qui fonctionne aujourd’hui continuera de fonctionner face aux progrès inexorables de l’IA”, prévient-il.
MAJ du 05/01/2026 : Pour le New York Times, la journaliste Natasha Singer fait le point sur le déploiement de l’IA dans les écoles au niveau mondial, via des partenariats entre les grandes entreprises de la tech et le secteur scolaire. Sur les campus, les cours et spécialisations en IA se multiplient, alors que les cours en informatique sont désertés du fait des difficultés d’employabilité.
MAJ du 15/01/2026 : « À ce stade de son développement, les risques liés à l’utilisation de l’IA générative dans l’éducation des enfants l’emportent sur ses avantages », estime un rapport de Brookings. Qui recommande notamment de créer des outils d’IA éducatifs avec les enseignants, les élèves, les parents et la communauté.
06.07.2026 à 09:03
UPLOAD dans un recueil de nouvelles solarpunk
Texte intégral (566 mots)
Cela fait plusieurs années que Framasoft participe à des ateliers d’écriture solarpunk dans le cadre d’une Activité Pédagogique d’Intersemestre à l’Université de Technologie de Compiègne (voir l’annonce originelle publiée en 2024).
À chaque fin de session, les étudiantes et étudiants rendent public leur travail en ligne et en lisent un extrait en direct à la radio (sur Graf’Hit : captures en ligne ). Et comme les textes sont généralement publiés sous licence libre (CC BY-SA le plus souvent), il a été possible de se baser sur certaines propositions pour les unifier en un recueil sous le nom collectif Camilles Picard.
Une nouvelle étape est franchie désormais, car les éditions C&F ont accepté d’en faire un livre papier, disponible en librairie et sur leur site : cfeditions.com/upload/
Vous pourrez y retrouver huit textes conçus à l’origine par un étudiant ou une étudiante, ainsi qu’un complément écrit par Stéphane Crozat, l’enseignant-chercheur initiateur du projet à l’UTC (également auteur de romans et… membre de Framasoft).
Les participants et participantes à la conférence Archipel auront la chance de découvrir l’ouvrage lors de la semaine du colloque.
Souhaitons que diffuser ces textes sous ce nouveau format donnera lieu à d’autres récits solarpunk à l’avenir, bien évidemment sous licence libre…
Le déroulé du cours qui a permis la création de ces textes : librecours.net/courses/api0075/
Crédits de l’image de fond : https://storyseedlibrary.org/art/the-lemonaut/hackerspace/ · A prosthesis maintenance day at the hackerspace, 2024, CC BY SA The Lemonaut
06.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 6 juillet 2026
Texte intégral (10127 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- 21 °C à la surface des océans : un record absolu pour la saison (reporterre.net)
- Les astronomes tirent la sonnette d’alarme : l’humanité risque de perdre le ciel étoilé pour toujours (futura-sciences.com)

- En floutant ses bases militaires sur ses cartes, la Russie a révélé leur position aux forces ukrainiennes (slate.fr)
- A year with zero deaths on its streets : How Helsinki became a world reference for road safety (euronews.com)
- Pax Silica : l’Europe s’aligne-t-elle sur Washington dans la guerre technologique avec Pékin ? (legrandcontinent.eu)
En fin de semaine dernière, l’Union a rejoint aux côtés de 9 pays – dont 3 États membres : l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce – la Pax Silica, une initiative lancée par l’administration Trump en décembre qui vise à renforcer la coopération dans les chaînes d’approvisionnement de l’IA et des technologies de pointe.
- Le Data Privacy Framework remis en question par la fin de l’indépendance de la FTC (next.ink)
La Cour suprême américaine vient de statuer que Donald Trump peut révoquer les dirigeants des agences états-uniennes comme la FTC quand il le veut. L’association noyb et le député Philippe Latombe y voient une incompatibilité avec l’accord Data Privacy Framework qui repose sur l’indépendance de l’agence.
- ChatControl : nouvelle tentative de prolonger la surveillance des messageries (next.ink)
- Politician who investigated spyware abuses had his phone hacked with Pegasus spyware (techcrunch.com)
Security researchers have confirmed that a European politician had his phone hacked with the Pegasus spyware while serving on an investigatory committee probing abuses of the notorious surveillance tool. This has reignited fresh controversy over governments abusing spyware to collect information about their critics.
- Top EU judges financial holdings raise troubling questions (investigate-europe.eu)
More than 40 per cent of jurists at the Court of Justice have declared private financial interests, with some working on cases concerning industries where they hold stakes. A new Investigate Europe investigation reveals the transparency concerns and possible conflict of interest risks at the bloc’s most powerful court.
- Expulsions et enfermement : le durcissement sans précédent de la politique migratoire européenne (inkyfada.com)
Le Parlement européen a adopté un règlement qui réorganise l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Ses promoteurs saluent la fin de l’impuissance européenne face à l’immigration non contrôlée. L’ONU et les associations de défense des droits y voient un “risque élevé de violations des droits humains”.
- Quand l’Andalousie s’enrichit grâce aux immigré·es tout en votant pour un parti xénophobe (basta.media)
En Espagne, les zones de cultures intensives sous serre sont le lieu d’un miracle économique fondé sur le recours massif à la main-d’œuvre immigrée. Ces territoires votent aussi pour Vox, le parti d’extrême droite qui refuse toute régularisation.
- Alerte rouge canicule, 44 °C attendus localement, 1 200 pompiers mobilisés contre les incendies… Le Portugal s’embrase à son tour (humanite.fr)
Le pays est en train d’affronter « une chaleur intense (…) des niveaux d’humidité extrêmement bas et des vents pouvant atteindre 70 kilomètres par heure ou plus »
- “Des pics à 50 degrés à Genève sont tout à fait possibles dans 20 ans” (rts.ch)

- Les manifestations anti-migrant·es en Afrique du Sud pourraient provoquer le pire épisode de violences depuis 2021 (legrandcontinent.eu)
Des manifestants anti-immigration ont fixé un ultimatum : tous les migrants en situation irrégulière doivent quitter le pays d’ici 30 juin.
- « Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive » (politis.fr)
- Palantir : How a US spy-tech firm with links to Israel’s genocide infiltrated the British state (middleeasteye.net)
- Que deviennent les fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique dans les années 1970 et 1980 ? Les débuts de réponse d’une expédition scientifique (theconversation.com)
Entre 1971 et 1982, plus de 200 000 fûts de déchets radioactifs furent immergés par plusieurs pays européens dans l’Atlantique Nord-Est, à des profondeurs atteignant plus de 4 700 mètres.
- L’OMS a une très bonne nouvelle au sujet de la contagion au hantavirus (huffingtonpost.fr)
« Aujourd’hui, la dernière personne ayant été en contact avec une personne exposée à l’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius a terminé sa période de quarantaine, a été testée négative et est rentrée chez elle »
- PlayStation va supprimer chez ses client·es des films qu’iels ont pourtant achetés (next.ink)
PlayStation a prévenu ses client·es que les films et séries TV distribués par Studio Canal ne seront plus visibles à compter du 1er septembre. Pire : les contenus seront tout simplement supprimés des bibliothèques des utilisateurices. Malgré un achat en bonne et due forme…
Voir aussi Sony is deleting over 550 purchased movies from PS5 users’ digital libraries (videogameschronicle.com)
- Imprimantes en panne : le fabricant Epson en procès pour obsolescence programmée (reporterre.net)
Pour la première fois de l’histoire, le fabricant d’imprimantes Epson va être jugé pour délit d’obsolescence programmée et risque 300 000 euros d’amende.
- A New Lawsuit Claims the Memory Crisis Was Manufactured on Purpose (androidheadlines.com)
Samsung, SK Hynix, and Micron have been slapped with a class action lawsuit for price fixing and market manipulation of RAM. This is a big deal because these three companies together manufacture around 89 % of the entire global DRAM market. The suit says that “the DRAM oligopolists have simultaneously cut production, coordinated a pivot to HBM and exit from DDR3 and DDR4, and otherwise decreased and locked up conventional DRAM supply while prices charged up with mind-blowing scale and rapidity. Samsung, SK Hynix, and Micron continue to squeeze conventional DRAM supply, simultaneously and publicly directing their resources towards less profitable-per-die HBDM – or in some cases, simply junking conventional DRAM supply channels together.”
- Les data centers sont devenus la nouvelle mine d’or des cambrioleurs (slate.fr)
La ruée vers l’intelligence artificielle fait exploser la valeur des composants informatiques, au point de transformer les livraisons destinées aux centres de données en cibles privilégiées du crime organisé.
- Jusqu’à 46 °C ressentis : la Coupe du monde en alerte canicule (reporterre.net)
« Une vague de chaleur record et dangereuse va s’étendre cette semaine sur les deux tiers est du pays », ont prévenu les services météorologiques américains […] Au plus fort de l’épisode, la chaleur ressentie pourrait atteindre entre 40 et 46 °C à cause du très fort taux d’humidité.
- Gamblers Are Betting Millions of Dollars on California Wildfires (slate.com)
As prediction markets boom and a new wildfire season begins, fire survivors and ethicists say that the betting encourages and rewards callous thinking—and dangerous behavior, too.
- Les festivités ont à peine commencé pour les 250 ans des États-Unis qu’un morceau de la scène s’effondre (huffingtonpost.fr)
Par chance personne n’a été blessé, mais cet incident vient s’ajouter au flop des festivités organisées dans la capitale. Car à quelques mètres de là, se trouve la grande foire patriotique de Donald Trump. Et comme l’ont relevé plusieurs médias américains, elle n’a pas vraiment trouvé son public.
- Les États-Unis fêtent-ils aujourd’hui leur pire anniversaire ? (legrandcontinent.eu)
Violence politique, polarisation extrême, effondrement de la confiance : pour son 250e anniversaire, la plus ancienne démocratie constitutionnelle du monde se met elle-même en scène et le spectacle est celui d’un pays qui va jusqu’à douter de sa propre continuité.

- 250 ans des États-Unis : Trump impose sa vision, les entreprises françaises suivent (multinationales.org)
Donald Trump tente de s’approprier la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis à travers une organisation à sa botte qui organise des journées de prières et des spectacles de combat. Des travaux d’« embellissement » ont été lancés dans la capitale Washington, comme la construction d’un arc de triomphe et d’une immense salle de bal à la Maison Blanche.
- Lawmakers Must Act Now to Prevent Armed Police Drones (eff.org)
This is not science fiction. It’s not premature. If towns, cities, states, or the federal government want to act to reign in the emergence of armed police drones and robots, we have precious little time.
- ICE Flouting Federal Judge’s Order to Stop Arresting Immigrants at New York Courts (theintercept.com)
“ICE continues to flagrantly violate the law by arresting immigrants who are attending their mandatory court hearings”
- Le Pérou bascule à l’extrême droite avec l’élection de Keiko Fujimori (reporterre.net)
À la suite d’un mois de dépouillement, la fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori, Keiko Fujimori, a été élue présidente du pays. La dirigeante du parti Fuerza Popular (FP, Force populaire), mouvement politique brassant de la droite conservatrice à l’extrême droite autoritaire, devrait prendre ses fonctions le 28 juillet, pour un mandat de cinq ans.
- L’État chilien va condamner quatre jeunes guerriers mapuche à des dizaines d’années de prison (nantes.indymedia.org)
Spécial IA
- IA : les centres de données émettent bien plus de CO2 qu’estimé, selon Allianz Trade (france24.com)

- Women Who Use AI Seen As Incompetent ; Men Who Use AI Seen As Pragmatic (forbes.com)
the AI use penalty may be even larger for older women, women of color, or other women who face intersectional sources of bias.
- Claude : la politique de confidentialité a changé, et utiliser le chatbot “éthique” d’Anthropic n’a plus rien d’anodin (lesnumeriques.com)
Reconnaissance faciale, données partagées avec la police, droit d’opposition réduit : la nouvelle réalité des abonné·es Claude
- How a seemingly harmless image can jailbreak AI (nerds.xyz)
- The Linux Foundation Uses DNS to Give AI Agents a Trusted Identity (linuxinsider.com)
- Open source game engine Godot will no longer accept AI-authored code contributions : ‘We can’t trust heavy users of AI to understand their code enough to fix it’ (pcgamer.com)
- Cheap PCs being priced out of existence as memory cost bites (theregister.com)
AI server gold rush leaves budget laptops starving for chips as sub-$500 machines down nearly a fifth stateside
- Ford rehires human engineers after AI fails to match quality checks (bbc.com)
the firm has rehired more than 300 “veteran” quality inspectors in recent years to make up for the pitfalls of automated systems.

- Bosses Horrified as “AI Native” College Graduates Hit the Workplace (futurism.com)
Massive numbers of students are going to emerge from university with degrees, and into the workforce, who are essentially illiterate.
- The AI Industry Is Losing (wheresyoured.at)
I’m sorry man, you have an addiction, and I worry it’s ruining your life. What is this producing ? What are you actually doing with this time ? Because if you’re allegedly 100 times more productive, wouldn’t that, y’know, produce something fairly incredible ? I have no idea — and don’t want to put this man on blast — how significant his commitments on GitHub may or may not be, but the return on investment of “obsessively checking your laptop at all times in case you might not be productive” should be something on the order of curing a disease.
- The EU spends billions on AI, but can anyone track the money ? (edri.org)
The European Union has pledged billions to establish itself as a global leader in artificial intelligence (AI). However, there is a significant transparency gap between the political announcements and the actual flow of money. ‘From Frameworks to Factories’, a new report by Open Future , maps the EU’s AI investment architecture and asks a simple question : Can the money be followed ?
- IA krach ? (blog.mondediplo.net)
Qu’est-ce qu’une bulle ? C’est une croyance collective. Qu’est-ce qu’un krach ? C’est l’effondrement de la croyance qui fit la bulle. Avec l’Intelligence artificielle (IA), nous sommes servis : nous avons deux bulles pour le prix d’une.

Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- Violences sexuelles sur les Palestinien·nes : une arme de la colonisation israélienne (humanite.fr)
Viols, tortures, humiliations : dans un rapport rendu public ce 1ᵉʳ juillet, deux ONG documentent les violences sexuelles dont sont systématiquement victimes Palestiniens et Palestiniennes, dans la logique coloniale et génocidaire du gouvernement israélien.
- “Si nous refusions de partir, ils allaient nous tuer” : en Cisjordanie, la hausse des attaques par les colons israéliens (radiofrance.fr)
- Israel Installs Cranes Equipped With Unmanned Machine Guns to Kill Gazans (novaramedia.com)
- Gaza : tirez sur les enfants d’abord (la-bas.org)
Ciblage délibéré des enfants par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. C’est la conclusion d’un important rapport d’une commission de l’ONU publié ce 18 juin, repris à travers le monde et qui confirme qu’Israël commet un génocide à Gaza.
Spécial femmes dans le monde
- Trafficked, beaten and raped : raids reveal scale of abuse of women in Asia’s cyberscam centres (theguardian.com)
- Non à la normalisation et à la reconnaissance des talibans ! Oui à a reconnaissance des droits et de la liberté des femmes, des filles et des familles d’Afghanistan ! (humanite.fr)
Présidente de Negar-Soutien aux femmes d’Afghanistan, Shoukria Haidar, interpelle les parlementaires européens et la Commission européenne sur la normalisation des relations avec les talibans.
- Prendre davantage en compte les femmes dans les essais cliniques et le développement des innovations thérapeutiques (theconversation.com)
- « Mère et ministre » : la suédoise Romina Pourmokhtari bouscule l’Union européenne avec son bébé (lesnouvellesnews.fr)
- « Vous êtes plus sensible qu’un clitoris » : une députée recadre un élu d’extrême droite (ledauphine.com)
Interrompue à plusieurs reprises par un élu d’extrême droite lors d’un débat au Bundestag sur les violences faites aux femmes fin mars, la députée allemande Kathi Gebel a rétorqué qu’il était « plus sensible qu’un clitoris ». Trois mois plus tard, la scène fait le tour des réseaux.
- Un réseau international qui rappelle l’affaire Pelicot découvert au Royaume-Uni, huit personnes arrêtées (huffingtonpost.fr)
Un réseau international d’agressions sexuelles facilitées par l’usage de drogues a été découvert au Royaume-Uni. Plus de 270 personnes ont été identifiées.
- Les sportives américaines transgenres bannies de compétitions féminines (france24.com)
La Cour suprême américaine a validé, mardi, les lois de plusieurs États interdisant aux sportives transgenres de participer aux compétitions féminines scolaires et universitaires. Donald Trump a salué une “grande victoire” pour les républicains.
- Maximum Lethality. Women in the Army Are More Likely to Be Killed by Fellow Soldiers Than Enemy Combatants (theintercept.com)
In many cases, women in the Army are killed by current or former romantic partners. Over 70 percent of victims had an intimate relationship with the perpetrator at one point
Spécial France
- La date de l’élection présidentielle 2027 est connue (huffingtonpost.fr)
L’élection présidentielle 2027 aura lieu les dimanches 18 avril et 2 mai, respectivement pour le premier et le second tour.
- Manifestations syndicales ou réserve électorale ? Le casse-tête du 1er-Mai 2027, veille de second tour présidentiel (lcp.fr)
- Philippe Poutou et le NPA renoncent à la présidentielle et se rangent derrière Jean-Luc Mélenchon (huffingtonpost.fr)
- Bernard Arnault soumis à un redressement fiscal de 22,5 millions d’euros (franceinfo.fr)
Le patron de LVMH a déposé un recours devant le Conseil d’État

- Notre-Dame a encore besoin de plus de 100 millions d’euros pour finir sa restauration (huffingtonpost.fr)
Si les dégâts de l’incendie de 2019 ont été entièrement réparés, il reste encore 130 millions d’euros à réunir pour financer des travaux complémentaires programmés jusqu’en 2033.
- Coupe du monde : face à l’omniprésence des paris sportifs, Addictions France alerte (addictions-france.org)
À l’occasion de la Coupe du monde, Addictions France lance une campagne d’interpellation pour dénoncer l’omniprésence du marketing des paris sportifs et ses conséquences néfastes sur la population. Dans un contexte où les incitations à parier sont partout, à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans l’espace public, Addictions France alerte sur l’urgence de protéger les publics.
- Cet été à Paris, vous pourrez vous baigner dans la Seine, au bras Marie, à Grenelle, à Bercy (et toujours) au canal Saint-Martin (huffingtonpost.fr)
- 1 700 rivières contaminées en partie : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France (reporterre.net)
- Jean-Luc Mélenchon propose de refaire la carte des régions (huffingtonpost.fr)
Le candidat de La France insoumise propose de supprimer les régions actuelles pour en créer de nouvelles, imaginées autour des fleuves et des rivières.
- À Wissous, la démocratie confisquée pour un data center dédié à Amazon (fne-idf.fr)
- Canicule : Les Écologistes déposent leur motion de censure contre le gouvernement (reporterre.net)
- Appel aux dons après l’annulation de Solidays : “L’avenir de Solidarité Sida est clairement en suspens” (telerama.fr)
Annulé en raison de la canicule ce week-end, le festival parisien estime ses pertes à 3 millions d’euros. Son directeur appelle à renflouer l’association Solidarité Sida, ainsi privée de 70 % de ses ressources.
- Près de 7 000 départs de feu : la saison des incendies commence violemment en France (reporterre.net)
- « Si on n’a pas de pluie, on va être très, très mal » : une sécheresse intense assèche la France (reporterre.net)
La sécheresse est là et elle est massive. Au 2 juillet, 30 départements français étaient placés en niveau de crise sécheresse. Au total, 96 départements avaient franchi des seuils de vigilance ou d’alerte sécheresse. C’est plus que les 85 départements concernés à la même période en 2022, année d’une sécheresse estivale historique.

- Pourquoi les retards de train se multiplient pendant la canicule ? (reporterre.net)
- Jusqu’à 38°C ce week-end : la vague de chaleur démarre fort (meteo-paris.com)
les scénarios les plus alarmants envisagent une extension de la chaleur vers le nord de la France durant la deuxième semaine de juillet, avec un risque de températures supérieures à 35°C sur de nombreuses régions et, dans les hypothèses les plus extrêmes, des pointes pouvant dépasser 40°C jusque sur certaines régions du nord.
- L’AMOC, courant marin chaud de l’Atlantique, ralentit (et ce n’est pas une bonne nouvelle pour le climat de la France) (20minutes.fr)
Spécial femmes en France
- « Elles bougent » : les rôles modèles changent l’avenir des filles (lesnouvellesnews.fr)
En rencontrant des femmes ingénieures, techniciennes ou expertes du numérique, avec l’association Elles bougent les filles modifient leur regard sur les métiers scientifiques et osent davantage s’y projeter.
- Des budgets d’hommes, « Des hordes de Brad Pitt » : ces députées qui ne laissent rien passer (lesnouvellesnews.fr)
Entre injonctions sexistes au sourire et répartition très genrée du pouvoir à l’Assemblée nationale, les députées Ayda Hadizadeh et Gabrielle Cathala ont dénoncé le patriarcat parlementaire.
- « Qu’est ce qui autorise les hommes ? », par Maïtena Biraben, Laura Smet, Caroline Roux et Gisèle Pélicot (latribune.fr)
- La mère de la petite Rosa a porté plainte contre Gérald Darmanin pour non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui. (huffingtonpost.fr)
Jérôme Barella est le principal suspect dans le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans […] Il n’avait jamais été inquiété jusque-là, alors qu’il était notamment visé par une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant également âgée de 11 ans l’accusant de viols.

- Bruel visé par trois nouvelles plaintes, dont une pour agression sexuelle sur mineure (huffingtonpost.fr)
Spécial médias et pouvoir
- Marc Bloch au Panthéon : l’éditocratie gâche la fête (acrimed.org)
Marc Bloch et son épouse Simonne Vidal sont entrés au Panthéon mardi 23 juin, sous un cortège de commentaires dépolitisants et de falsifications de la mémoire de l’historien résistant.
- Le contrat qui prouve qu’Erik Tegnér agissait comme un agent d’influence du pouvoir hongrois (streetpress.com)
StreetPress a obtenu le contrat d’Erik Tegnér, directeur du média d’extrême droite Frontières, avec le Danube Institute. Pour 4.200 euros par mois, il devait aider à promouvoir les discours d’Orbán en France, en parallèle du lancement de son média.
- Canicule : quand médias et politiques rejouent les pires répliques des films catastrophe (politis.fr)
Politiques, journalistes et chroniqueurs ont excellé dans le pire, du déni au mépris des scientifiques. […] Dans cette catégorie, la palme revient à Luc Ferry […] : « Mon père s‘est évadé quatre fois des camps nazis. Il faisait très chaud aussi, surtout dans le four qu’on avait préparé pour lui. C’est invraisemblable. On est quand même capable de supporter ça ! »
- CNews : QuotaClimat en appelle au Conseil d’État pour faire condamner le climatoscepticisme de la chaîne (reporterre.net)
- Guillaume Erner sanctionné mais maintenu à l’antenne de France Culture après des extraits fallacieux sur Mélenchon (telerama.fr)
L’animateur de la matinale de France Culture a écopé d’une “sanction disciplinaire” qu’il n’a pas contestée “au vu de [ses] responsabilités et de la gravité de [sa] faute”.
- Les magasins Relay, ligne de front dans la croisade politique de Vincent Bolloré (multinationales.org)
Contrôlée par Vincent Bolloré, l’enseigne détient le quasi-monopole de la vente de presse et de livres dans les gares françaises, grâce à un contrat avec la SNCF renouvelé en 2023. La forte visibilité des titres d’extrême droite et le récent refus de distribuer un livre-enquête sur Bernard Arnault nourrissent les soupçons d’instrumentalisation politique.

- Édition : il faut sauver les indés (blogs.mediapart.fr)
L’offensive menée par Vincent Bolloré tend à focaliser l’attention sur sa personne, au risque d’occulter le phénomène qui la rend possible : la concentration progressive et de plus en plus hégémonique du monde de l’édition. Alors qu’un distributeur fait face à un risque de faillite, plusieurs dizaines de maisons d’édition indépendantes alertent sur un possible effondrement de tout leur écosystème et appellent à un sursaut collectif pour sauver la pluralité éditoriale.
Soutenir
- Il reste 20 jours et il manque encore 1000€ de contributions pour que le prochain numéro de Curseurs soit financé ! (fr.ulule.com)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Nouvelle dissolution avant la présidentielle 2027 ? Une « instrumentalisation » de la Constitution que rien n’interdit (publicsenat.fr)
Un scénario peu envisagé jusque-là pourrait bousculer la campagne : la tenue d’élections législatives anticipées suite à une dissolution de l’Assemblée nationale. C’est la folle rumeur qui circule dans le camp d’Emmanuel Macron, relayée par Le Figaro et L’Opinion. Le Président songerait de nouveau à actionner l’arme de la dissolution, comme un ultime coup de poker pour contrecarrer les plans des oppositions, RN et LFI en tête
- Au salon de l’armement Eurosatory, la France cherche son « Palantir européen » (synthmedia.fr)
- Financement des armées : le Parlement adopte définitivement un budget porté à 436 milliards pour la période 2024-2030 (franceinfo.fr)
- [La France compte 35 000 millionnaires de plus en un an, selon le dernier rapport d’UBS (https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/la-france-compte-35-000-millionnaires-de-plus-en-un-an-selon-le-dernier-rapport-d-ubs_8061521.html) (franceinfo.fr)
- Loi d’urgence agricole : le Sénat approuve la réintroduction de deux pesticides interdits (huffingtonpost.fr)
Le Sénat a voté la réintroduction dérogatoire et encadrée de deux insecticides interdits en France.
Voir aussi Loi d’urgence agricole : pesticides, eau, élevages… le Sénat adopte le texte en version Duplomb (humanite.fr)
Une version du projet de loi d’urgence agricole qui pousse encore plus loin la déréglementation environnementale a été adoptée au palais du Luxembourg vendredi 3 juillet dans la nuit. Malgré l’opposition de la gauche, le texte a été voté à 219 voix contre 111.

- Retour en avion, traiteur de luxe… un déplacement de la ministre de la Transition écologique fait polémique (ledauphine.com)
- Attaqué sur la canicule, Lecornu « sort de ses gonds » à l’Assemblée : « c’est scandaleux et indigne ! » (huffingtonpost.fr)
- Crise du logement : il est temps de regarder du bon côté de la chaîne de responsabilité (politis.fr)
Alors que la France traverse un épisode de canicule dramatique, avec des températures records et déjà plusieurs morts au compteur, le gouvernement va étudier en conseil des ministres un projet de loi visant notamment à reculer de 5 ans l’obligation de rénovation des passoires thermiques pour leur mise en location.
- MaPrimeRénov’, la prime qui ne chauffait personne (frustrationmagazine.fr)
MaPrimeRénov’ ressemble à ça : une aide publique qui se revendique ambitieuse, qui occupe le terrain médiatique, qui permet à n’importe quel ministre de sortir un chiffre impressionnant en conférence de presse, et qui, à y regarder de près, a surtout permis à l’État de se féliciter pendant que les logements continuaient de cramer.
- Exclusion des étudiant·es hors Union européenne non boursier·es : le gouvernement passe en force (gisti.org)
Le décret visant à exclure des aides au logement les étudiants hors Union européenne non boursiers a été publié le dimanche 28 juin, malgré l’opposition, fin mai, de l’ensemble des membres du conseil national de l’habitat. Les étudiant·es qui perdront près de 200 € par mois sont, contrairement à ce qu’affirme le Ministre du logement, très largement des étudiant·es pauvres.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Quatre questions sur la nouvelle affaire qui éclabousse le RN au Parlement européen, autour de soupçons de détournement de fonds par un groupe de partis d’extrême droite (franceinfo.fr)
La justice européenne soupçonne l’ex-groupe Identité et démocratie, où siégeait le RN, d’avoir “indûment dépensé” plusieurs millions d’euros entre 2019 et 2024. Une enquête est ouverte depuis l’an dernier, mais des perquisitions ont eu lieu dans des entreprises proches du parti.

- Justice : l’Assemblée nationale approuve la consultation de bases génétiques privées pour résoudre certaines enquêtes criminelles (lemonde.fr)
La gauche s’est vivement opposée à cette mesure. Ces dispositions portent « une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée »
- Le droit d’association : un fondement de notre démocratie aujourd’hui fragilisé (theconversation.com) – voir aussi Associations : l’engagement résiste, les financements s’érodent (theconversation.com)
- Claire Hédon, Défenseure des droits : « On maltraite notre jeunesse » (politis.fr)
À un mois de quitter ses fonctions, […], Claire Hédon dresse un bilan sévère de six années en tant que Défenseure des droits […] elle alerte surtout sur une jeunesse « malmenée » : jeunes des quartiers populaires visés par les contrôles au faciès, multiverbalisations qui peuvent conduire au surendettement, mineurs en attente de scolarisation ou enfants handicapés privés d’un accompagnement adapté.
- « La justice n’existe plus » : le Conseil d’État valide définitivement la poursuite du chantier de l’autoroute A69 (vert.eco)
La plus haute juridiction administrative française a donné son feu vert définitif à ce projet contesté d’autoroute entre Toulouse et Castres, ce lundi. Elle considère qu’il répond bien à une « raison impérative d’intérêt public majeur », condition nécessaire à la destruction d’espèces protégées sur le tracé.
Voir aussi « C’est officiel » : l’autoroute A69 définitivement validée par le Conseil d’État (reporterre.net) et A69 : Un tiers du prix du péage de l’autoroute sera pris en charge par les contribuables (france3-regions.franceinfo.fr)
Spécial résistances
- Militant·es des mouvements sociaux, artistes, citoyen·nes : organisons-nous pour soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon ! (politis.fr)
Des militant·es des mouvements sociaux et citoyens, non-membres de La France insoumise, appellent à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, seule candidature crédible de rupture avec le système, et à s’organiser pour permettre une implication collective, autonome et populaire dans la campagne.
- Numérique : l’ère du soin (lab.noesya.coop)
Nous refusons la colonisation de nos imaginaires par une bande de vieux adolescents mégalomanes. Nous avons vécu d’autres mutations techniques : l’informatique personnelle, la publication assistée par ordinateur (PAO), la photographie numérique, le web, le commerce en ligne… Nous saurons intégrer les larges modèles de langages dans nos diverses pratiques, avec calme et responsabilité, en mesurant à la fois les bénéfices réels (pas le récit publicitaire) et les risques réels (cognitifs, écologiques, sociaux, politiques…). Nous ne sommes pas en retard dans une course absurde vers la destruction du vivant, nous sommes en avance dans une nécessaire et inéluctable désescalade numérique.
- « Pas de volets, pas de loyer ! » : la fronde des locataires face aux canicules mortelles (lareleveetlapeste.fr)
- Victoire dans l’affaire Geneviève Legay : la Cour d’appel de Lyon confirme la sanction contre le commissaire Souchi (france.attac.org)
Ce lundi 29 juin 2026, la Cour d’appel de Lyon a rendu son délibéré dans l’affaire Geneviève Legay : le commissaire Rabah Souchi a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, comme en première instance. Il s’agit d’une condamnation historique. Toutefois, cette peine n’étant pas inscrite à son casier judiciaire, Rabah Souchi pourra continuer d’exercer dans le maintien de l’ordre.
- Entretien avec Assa Traoré : 10 ans de combat pour Adama (histoirescrepues.fr)
- « C’était David contre Goliath » : récit d’une victoire contre un méga entrepôt (reporterre.net)
Grâce à une alliance entre militant·es, associatifs et politiques, des collectifs ont réussi à faire reculer le grand projet d’entrepôts Green Dock qui aurait menacé une réserve en Île-de-France.
- Chlordécone : 500 parties civiles se pourvoient en cassation (reporterre.net)
Énième rebondissement dans l’affaire qui oppose l’État aux victimes de la chlordécone. Plus d’un demi-millier de parties civiles se pourvoient en cassation, a déclaré le 30 juin l’un de leurs avocats, Me Christophe Lèguevaques. Objectif : contester la confirmation du non-lieu dans ce scandale sanitaire secouant la Martinique et la Guadeloupe depuis plus de trois décennies.
- Face à un « système qui les broie », des agriculteurices soutenu·es par des bénévoles (reporterre.net)
En Gironde, une association vient en aide aux agriculteurices en grande difficulté, parfois au bord du suicide. Sa poignée de bénévoles leur offre une aide juridique, administrative, et surtout un soutien psychologique.
Spécial outils de résistance
- Rapport du World Inequality Lab : 50 ans après, le nouveau rapport Meadows ? (bonpote.com)
si l’intégralité des gains de productivité horaire engrangés en Europe depuis les années 1960 avait été convertie en temps libre plutôt qu’en production supplémentaire, nous travaillerions aujourd’hui autour de 450 à 500 heures par an – une dizaine d’heures par semaine. Dans les faits, le temps de travail n’a reculé que d’un quart depuis les années 1960, parce que les trois quarts de ces gains ont servi à produire et à consommer davantage. En ce sens, la semaine de 25 heures du WIL ne fait que rattraper une partie du temps libre que nous aurions pu nous offrir depuis un demi-siècle.
- Plus de 100 000 signatures contre une proposition de loi sur l’usage des armes par les forces de l’ordre (huffingtonpost.fr)
Cette pétition s’oppose à la proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ».
La pétition à signer : Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre (petitions.assemblee-nationale.fr)

Spécial MAGAM et cie
- Google’s New reCAPTCHA Wants Your Camera Access and 21 Points of Your Hand (reclaimthenet.org)
The same company that monetizes everything you do online would like to switch on your camera.
- European digital ID wallets are a gift to Google and Apple (osnews.com)
European governments are rolling out digital identity wallets, which are to be used by citizens to access services, and to verify their age online. As reported by Follow the Money and Android Authority, there is a serious problem with this : these wallets rely on safety services of Google and Apple. These are known as Google Play Integrity API, and Apple’s Managed Device Attestation. Such safety services (known as “remote attestation”) are used to ensure that wallet apps run on hardware that is not tampered with […] by embedding these safety services in public infrastructure, Europe risks making society dependent on private companies while serving their corporate interests.
- Google va lancer ses résumés par IA en France (france24.com)
Faire une recherche sur Google et avoir en réponse un résumé grâce à l’intelligence artificielle : le géant américain s’apprête à lancer en France cette fonctionnalité, qui fait planer sur les médias une lourde menace de baisse de trafic.
- Google perd son recours européen, amende record de plus de 4 milliards d’euros confirmée (france24.com)
La Cour de Justice de l’Union européenne a confirmé, jeudi, l’amende de 4,1 milliards d’euros à l’encontre de Google pour abus de position dominante dans l’écosystème des téléphones mobile. Bruxelles avait infligé cette amende à l’entreprise américaine en 2018, la plus lourde qui ait été imposée par l’UE à ce jour.
- Amazon has enough satellites to launch its Starlink competitor (theverge.com)
Amazon says it now has enough satellites operating in low-Earth orbit to light up its Starlink internet competitor. With last night’s launch, Amazon Leo has 396 satellites deployed, which is “enough to support continuous service across initial latitudes,” according to Chris Weber, VP heading up business and product for Amazon Leo.
- Microsoft worker emails thousands of colleagues about company’s support for genocidal Israel (thecanary.co)
On his final day at the company, a Microsoft worker in Italy has sent out an email to thousands of colleagues informing them of how the corporation operates as the technological backbone of the Gaza holocaust perpetrated by Israel.
Les autres lectures de la semaine
- Palantir et l’illusion de la souveraineté (legrandcontinent.eu)
- Ne leur donnez jamais votre visage (danslesalgorithmes.net)
- What happened to the fight for the internet ? (dustycloud.org)
- Le fantasme de l’efficacité fasciste (legrandcontinent.eu)
De Madrid à Buenos Aires, les droites populistes ressuscitent les mythes des dictatures et imposent un récit où le chaos de la démocratie serait l’obstacle à la prospérité économique.

- « La transition écologique n’a pas lieu car elle est piégée dans la logique du capitalisme » (politis.fr)
Nous sommes collectivement en train de comprendre que le capitalisme ne peut pas fonctionner sans croissance. Une économie capitaliste qui produit et consomme moins entre forcément en crise, avec toutes les conséquences néfastes que l’on connaît. Il va donc falloir imaginer une autre architecture économique qui puisse « prospérer sans croissance »
- « Notre travail gratuit est le secret le mieux gardé de la société de marché » (la-croix.com)
Aidant·es familiales, bénévoles, client·es mis·es à contribution pour installer un appareil, renseigner des données : l’économie moderne se nourrit d’activités contributives non rémunérées qui représenteraient 28 000 € par an et par Français·e selon l’experte Carole Lipsyc. Un angle mort dans la réflexion sur la création de valeur.
- Le 4‑Juillet : une date inventée, un mythe construit, un récit disputé (theconversation.com)
L’indépendance des États-Unis n’a pas été déclarée le 4 juillet 1776. Elle l’a été le 2 juillet. Que s’est-il passé le 4 ? Le Congrès a adopté un texte. Un texte qui allait devenir, en deux siècles et demi, le document le plus sacré d’une nation qui ne se réclame d’aucune religion d’État. Le 4-Juillet est moins une date qu’un récit.
- « Quand les femmes écrivaient l’Histoire » : Cécile Michel rehabilite les femmes libres d’il y a 4000 ans (lesnouvellesnews.fr)
À travers une étude minutieuse d’archives, Cécile Michel corrige une Histoire patriarcale. Dans « Quand les femmes écrivaient l’Histoire », l’historienne dresse 24 portraits de Mésopotamiennes indépendantes afin de rompre avec un récit qui minimise le rôle des femmes.
- Misogynie et botanique : comment le patriarcat s’est infiltré dans nos jardins (reporterre.net)
Des savoirs effacés et des noms de plantes sexistes : une balade organisée par l’association Les Mutines indigènes, dans le Gard, a permis de mesurer les biais qui parcourent encore le monde de la botanique.
- « Petite Casbah », une histoire (post)coloniale entravée (orientxxi.info)
Le projet éditorial Petite Casbah édité par les éditions Bayard Jeunesse, tiré du dessin animé éponyme, a subi de nombreuses interventions en cours d’écriture. La doctorante Laura Orban, un temps coautrice, explique pourquoi elle a décidé de retirer sa signature, et analyse en quoi cette expérience est un révélateur de logiques plus générales à l’œuvre dans l’écriture et dans la transmission de l’histoire coloniale
- Les dettes de la colonisation (cadtm.org) Comment la Banque mondiale a transféré aux États indépendants les dettes des puissances coloniales
- « Juneteenth Independence Day » : le long combat des Afro‑Américain·es pour l’accès à l’éducation après l’abolition de l’esclavage (theconversation.com)
Contraction des mots « June » (juin) et « nineteenth » (dix-neuvième), le Juneteenth, qui marque l’émancipation des esclaves aux États-Unis, est devenu un jour férié en 2021.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Actions
- Mirage
- Enseignements
- Piscine
- Police
- Rappel
- Avant-Après
- Tests
- Bolloré
- Tutrice
- Arnault
- Duplomb
- Why
- King
- Extinction
- Global warming
- Deep down
- Easy
- Meaningless
- Crash
- Reverse
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Honest Government Ad : Palantir (tube.fdn.fr)
- Les médias contre Mélenchon et LFI : 15 ans de diabolisation (acrimed.org)
- Inventer de faux antisémites, légitimer de vrais racistes (video.blast-info.fr)
- Extrême droite et féminisme d’État : aux origines du fémonationalisme (spectremedia.org)
- La France devient-elle plus dangereuse pour les personnes LGBT ? (humanite.fr)
- « La guerre la plus meurtrière après la seconde guerre mondiale est en cours » – et personne n’en parle (reporterre.net)
derrière chaque téléphone, chaque ordinateur, chaque voiture électrique il y a des parcelles de métaux, du cobalt, du coltan du cuivre, et derrière les métaux, il y a du sang, la guerre, les morts, la misère. C’est ce que nous explique David Maenda Kithoko dans cet entretien
Les trucs chouettes de la semaine
- Des chercheureuses ont trouvé comment rajeunir votre cerveau… grâce à une transplantation de selles (slate.fr)
Et si la clé de la jeunesse du cerveau se trouvait dans les intestins ? C’est la piste que suit une nouvelle étude menée par des chercheureuses américain·es et italien·nes […] Transplanter des matières fécales de jeunes souris dans des souris âgées permettrait en effet de restaurer la capacité de leur cerveau à former de nouvelles connexions.
- Santé au travail dans les collectifs horizontaux (santeautravail.enliberte.fr)
Collectifs “à plat”, “horizontaux”, “sans chef·fes”, “sans lien de subordination”… Nombreux sont les exemples de structures qui se réclament de ces modèles, rendant ainsi la fonction employeuse floue et peu assumée. Pour autant, ces associations ou coopératives restent des organisations de travail, qui exposent leurs salarié·es à des risques pour leur santé mentale et physique, qu’on appelle “risques professionnels”. Ce site propose quelques outils qui peuvent être utiles aux travailleur·euses de ces collectifs pour verbaliser les risques auxquels iels sont exposé·es, en discuter collectivement et réfléchir à des mesures de prévention.
- “La mutualisation, ça marche à fond !” L’Adullact, le logiciel libre au service des collectivités (zdnet.fr)
- La mairie de la Croix-en-Touraine a pris une décision rare : abandonner Microsoft pour migrer vers Linux et les logiciels libres (developpez.com)
« Linux est beaucoup moins attaqué que Windows et demande moins de ressources. L’intérêt pour nous était de concilier tout ca pour faire pérenniser nos postes informatiques et qu’on soit mieux protégés sur nos données. C’est donc pour sécuriser les données confidentielles des 2000 habitants du village que ce choix a été fait »
- Logiciels libres, Linux : comment sortir de la dépendance à Google, Microsoft et Apple ? (telescopemag.fr)
Tous les premiers samedis du mois à la Cité des Sciences de Paris, des bénévoles proposent des ateliers pour aider à installer des logiciels libres. Une solution pour s’opposer au monopole des GAFAM dans le numérique, tout en prolongeant la durée de vie des ordinateurs et des smartphones face à l’obsolescence programmée.
- Open-source Krita hits 90 % of Photoshop’s capability as creators abandon Adobe subscriptions (blazetrends.com)
Krita just proved it isn’t just a toy for sketching. The team over at XDA Developers recently put the open-source painting app through a brutal benchmark test against Adobe Photoshop. The result ? Krita is matching about 90 % of Photoshop’s raw power for everyday digital art tasks. It handled heavy photo manipulation, complex layer masks, and detailed edits without breaking a sweat.
- Domaine Public : une histoire belge du Web indépendant (curseurs.be)
Créé au début des années 2000, Domaine Public héberge aujourd’hui plus de 400 collectifs, associations et acteurs du non-marchand en Belgique francophone. Aurélie et Denis nous racontent la genèse de ce projet, au carrefour de luttes bruxelloises et de celles pour le logiciel libre et le web indépendant.
- Les sans pagEs et le Wiktionnaire : féminisme et dictionnaire dans la galaxie Wikimédia (zdnet.fr)
Les sans pagEs, qui œuvrent à diminuer les biais de genre dans Wikipédia et les projets associés, fêtent leurs 10 ans
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
05.07.2026 à 10:00
IA et éducation (1/2) : plongée dans l’IApocalypse éducative
Texte intégral (3986 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 24 juin 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
L’IA générative est en train de transformer en profondeur le monde de l’éducation, où les élèves l’utilisent massivement pour faire leurs devoirs. Entre dénis et illusions, comment s’adapter ? Faut-il s’adapter ?
À l’été 2023, Ethan Mollick, professeur de management à Wharton, codirecteur du Generative AI Labs et auteur de Co-intelligence : vivre et travailler avec l’IA (qui vient de paraître en français chez First), décrivait dans son excellente newsletter, One useful thing, l’apocalypse des devoirs. Cette apocalypse qu’il annonçait était qu’il ne serait plus possible pour les enseignants de donner des devoirs à leurs élèves à cause de l’IA, redoutant une triche généralisée.
Pourtant, rappelait-il, la triche est là depuis longtemps. Une étude longitudinale de 2020 montrait déjà que de moins en moins d’élèves bénéficiaient des devoirs qu’ils avaient à faire. L’étude, menée par le professeur de psychologie cognitive, Arnold Glass du Learning and memory laboratory de Rutgers, montrait que lorsque les élèves faisaient leurs devoirs en 2008, cela améliorait leurs notes aux examens pour 86 % d’entre eux, alors qu’en 2017, les devoirs ne permettaient plus d’améliorer les notes que de 45 % des élèves. Pourquoi ? Parce que plus de la moitié des élèves copiaient-collaient les réponses à leurs devoirs sur internet en 2017, et n’en tiraient donc pas profit. Une autre étude soulignait même que 15 % des élèves avaient payé quelqu’un pour faire leur devoir, généralement via des sites d’aides scolaires en ligne. Si tricher s’annonce plus facile avec l’IA, il faut se rappeler que c’était déjà facile avant sa généralisation.
Les calculatrices n’ont pas tué les mathématiques
Mais la triche n’est pas la seule raison pour laquelle l’IA remet en question la notion même de devoirs. Mollick rappelle que l’introduction de la calculatrice a radicalement transformé l’enseignement des mathématiques. Dans un précédent article, il revenait d’ailleurs sur cette histoire. Lorsque la calculatrice a été introduite dans les écoles, les réactions ont été étonnamment proches des inquiétudes initiales que Mollick entend aujourd’hui concernant l’utilisation de l’IA par les élèves. En s’appuyant sur une thèse signée Sarah Banks, Mollick rappelle que dès les années 70, certains professeurs étaient impatients d’intégrer l’usage des calculatrices dans leurs classes, mais c’était loin d’être le cas de tous. La majorité regardait l’introduction de la calculatrice avec suspicion et les parents partageaient l’inquiétude que leurs enfants n’oublient les bases des maths. Au début des années 80, les craintes des enseignants s’étaient inversées, mais très peu d’écoles fournissaient de calculatrices à leurs élèves. Il faut attendre le milieu des années 1990, pour que les calculatrices intègrent les programmes scolaires. En fait, un consensus pratique sur leur usage a été atteint. Et l’enseignement des mathématiques ne s’est pas effondré (même si les tests Pisa montrent une baisse de performance, notamment dans les pays de l’OCDE, mais pour bien d’autres raisons que la généralisation des calculatrices).
Pour Mollick, l’intégration de l’IA à l’école suivra certainement un chemin similaire. « Certains devoirs nécessiteront l’assistance de l’IA, d’autres l’interdiront. Les devoirs d’écriture en classe sur des ordinateurs sans connexion Internet, combinés à des examens écrits, permettront aux élèves d’acquérir les compétences rédactionnelles de base. Nous trouverons un consensus pratique qui permettra d’intégrer l’IA au processus d’apprentissage sans compromettre le développement des compétences essentielles. Tout comme les calculatrices n’ont pas remplacé l’apprentissage des mathématiques, l’IA ne remplacera pas l’apprentissage de l’écriture et de la pensée critique. Cela prendra peut-être du temps, mais nous y parviendrons », explique Mollick, toujours optimiste.
Pourquoi faire des devoirs quand l’IA les rend obsolètes ?
Mais l’impact de l’IA ne se limite pas à l’écriture, estime Mollick. Elle peut aussi être un vulgarisateur très efficace et ChatGPT peut répondre à bien des questions. L’arrivée de l’IA remet en cause les méthodes d’enseignements traditionnelles que sont les cours magistraux, qui ne sont pas si efficaces et dont les alternatives, pour l’instant, n’ont pas connu le succès escompté. « Les cours magistraux ont tendance à reposer sur un apprentissage passif, où les étudiants se contentent d’écouter et de prendre des notes sans s’engager activement dans la résolution de problèmes ni la pensée critique. Dans ce format, les étudiants peuvent avoir du mal à retenir l’information, car leur attention peut facilement faiblir lors de longues présentations. De plus, l’approche universelle des cours magistraux ne tient pas compte des différences et des capacités individuelles, ce qui conduit certains étudiants à prendre du retard tandis que d’autres se désintéressent, faute de stimulation ». Mollick est plutôt partisan de l’apprentissage actif, qui supprime les cours magistraux et invite les étudiants à participer au processus d’apprentissage par le biais d’activités telles que la résolution de problèmes, le travail de groupe et les exercices pratiques. Dans cette approche, les étudiants collaborent entre eux et avec l’enseignant pour mettre en pratique leurs apprentissages. Une méthode que plusieurs études valorisent comme plus efficaces, même si les étudiants ont aussi besoin d’enseignements initiaux appropriés.
La solution pour intégrer davantage d’apprentissage actif passe par les classes inversées, où les étudiants doivent apprendre de nouveaux concepts à la maison (via des vidéos ou des ressources numériques) pour les appliquer ensuite en classe par le biais d’activités, de discussions ou d’exercices. Afin de maximiser le temps consacré à l’apprentissage actif et à la pensée critique, tout en utilisant l’apprentissage à domicile pour la transmission du contenu.
Pourtant, reconnaît Mollick, l’apprentissage actif peine à s’imposer, notamment parce que les professeurs manquent de ressources de qualité et de matériel pédagogique inversé de qualité. Des lacunes que l’IA pourrait bien combler. Mollick imagine alors une classe où des tuteurs IA personnalisés viendraient accompagner les élèves, adaptant leur enseignement aux besoins des élèves tout en ajustant les contenus en fonction des performances des élèves, à la manière du manuel électronique décrit dans L’âge de diamant de Neal Stephenson, emblème du rêve de l’apprentissage personnalisé. Face aux difficultés, Mollick à tendance à toujours se concentrer « sur une vision positive pour nous aider à traverser les temps incertains à venir ». Pas sûr que cela suffise.
Dans son article d’août 2023, Mollick estime que les élèves vont bien sûr utiliser l’IA pour tricher et vont l’intégrer dans tout ce qu’ils font. Mais surtout, ils vont nous renvoyer une question à laquelle nous allons devoir répondre : ils vont vouloir comprendre pourquoi faire des devoirs quand l’IA les rend obsolètes ?
Perturbation de l’écriture et de la lecture
Mollick rappelle que la dissertation est omniprésente dans l’enseignement. L’écriture remplit de nombreuses fonctions notamment en permettant d’évaluer la capacité à raisonner et à structurer son raisonnement. Le problème, c’est que les dissertations sont très faciles à générer avec l’IA générative. Les détecteurs de leur utilisation fonctionnent très mal et il est de plus en plus facile de les contourner. A moins de faire tout travail scolaire en classe et sans écrans, nous n’avons plus de moyens pour détecter si un travail est réalisé par l’homme ou la machine. Le retour des dissertations sur table se profile, quitte à grignoter beaucoup de temps d’apprentissage.
Mais pour Mollick, les écoles et les enseignants vont devoir réfléchir sérieusement à l’utilisation acceptable de l’IA. Est-ce de la triche de lui demander un plan ? De lui demander de réécrire ses phrases ? De lui demander des références ou des explications ? Qu’est-ce qui peut-être autorisé et comment les utiliser ?
Pour les étudiants du supérieur auxquels il donne cours, Mollick a fait le choix de rendre l’usage de l’IA obligatoire dans ses cours et pour les devoirs, à condition que les modalités d’utilisation et les consignes données soient précisées. Pour lui, cela lui a permis d’exiger des devoirs plus ambitieux, mais a rendu la notation plus complexe.
Mollick rappelle qu’une autre activité éducative primordiale reste la lecture. « Qu’il s’agisse de rédiger des comptes rendus de lecture, de résumer des chapitres ou de réagir à des articles, toutes ces tâches reposent sur l’attente que les élèves assimilent la lecture et engagent un dialogue avec elle ». Or, l’IA est là encore très performante pour lire et résumer. Mollick suggère de l’utiliser comme partenaire de lecture, en favorisant l’interaction avec l’IA, pour approfondir les synthèses… Pas sûr que la perspective apaise la panique morale qui se déverse dans la presse sur le fait que les étudiants ne lisent plus. Du New Yorker (« Les humanités survivront-elles à ChatGPT ? » ou « Est-ce que l’IA encourage vraiment les élèves à tricher ? ») à The Atlantic (« Les étudiants ne lisent plus de livres » ou « La génération Z voit la lecture comme une perte de temps ») en passant par les pages opinions du New York Times (qui explique par exemple que si les étudiants ne lisent plus c’est parce que les compétences ne sont plus valorisées nulles part), la perturbation que produit l’arrivée de ChatGPT dans les études se double d’une profonde chute de la lecture, qui semble être devenue d’autant plus inutile que les machines les rendent disponibles. Mêmes inquiétudes dans la presse de ce côté-ci de l’Atlantique, du Monde à Médiapart en passant par France Info…
Mais l’IA ne menace pas que la lecture ou l’écriture. Elle sait aussi très bien résoudre les problèmes et exercices de math comme de science.
Pour Mollick, comme pour bien des thuriféraires de l’IA, c’est à l’école et à l’enseignement de s’adapter aux perturbations générées par l’IA, qu’importe si la société n’a pas demandé le déploiement de ces outils. D’ailleurs, soulignait-il très récemment, nous sommes déjà dans une éducation post-apocalyptique. Selon une enquête de mai 2024, aux Etats-Unis 82 % des étudiants de premier cycle universitaire et 72 % des élèves de la maternelle à la terminale ont déjà utilisé l’IA. Une adoption extrêmement rapide. Même si les élèves ont beau dos de ne pas considérer son utilisation comme de la triche. Pour Mollick, « la triche se produit parce que le travail scolaire est difficile et comporte des enjeux importants ». L’être humain est doué pour trouver comment se soustraire ce qu’il ne souhaite pas faire et éviter l’effort mental. Et plus les tâches mentales sont difficiles, plus nous avons tendance à les éviter. Le problème, reconnaît Mollick, c’est que dans l’éducation, faire un effort reste primordial.
Dénis et illusions
Pourtant, tout le monde semble être dans le déni et l’illusion. Les enseignants croient pouvoir détecter facilement l’utilisation de l’IA et donc être en mesure de fixer les barrières. Ils se trompent très largement. Une écriture d’IA bien stimulée est même jugée plus humaine que l’écriture humaine par les lecteurs. Pour les professeurs, la seule option consiste à revenir à l’écriture en classe, ce qui nécessite du temps qu’ils n’ont pas nécessairement et de transformer leur façon de faire cours, ce qui n’est pas si simple.
Mais les élèves aussi sont dans l’illusion. « Ils ne réalisent pas réellement que demander de l’aide pour leurs devoirs compromet leur apprentissage ». Après tout, ils reçoivent des conseils et des réponses de l’IA qui les aident à résoudre des problèmes, qui semble rendre l’apprentissage plus fluide. Comme l’écrivent les auteurs de l’étude de Rutgers : « Rien ne permet de croire que les étudiants sont conscients que leur stratégie de devoirs diminue leur note à l’examen… ils en déduisent, de manière logique, que toute stratégie d’étude augmentant leur note à un devoir augmente également leur note à l’examen ». En fait, comme le montre une autre étude, en utilisant ChatGPT, les notes aux devoirs progressent, mais les notes aux examens ont tendance à baisser de 17 % en moyenne quand les élèves sont laissés seuls avec l’outil. Par contre, quand ils sont accompagnés pour comprendre comment l’utiliser comme coach plutôt qu’outil de réponse, alors l’outil les aide à la fois à améliorer leurs notes aux devoirs comme à l’examen. Une autre étude, dans un cours de programmation intensif à Stanford, a montré que l’usage des chatbots améliorait plus que ne diminuaient les notes aux examens.
Une majorité de professeurs estiment que l’usage de ChatGPT est un outil positif pour l’apprentissage. Pour Mollick, l’IA est une aide pour comprendre des sujets complexes, réfléchir à des idées, rafraîchir ses connaissances, obtenir un retour, des conseils… Mais c’est peut-être oublier de sa part, d’où il parle et combien son expertise lui permet d’avoir un usage très évolué de ces outils. Ce qui n’est pas le cas des élèves.
Encourager la réflexion et non la remplacer
Pour que les étudiants utilisent l’IA pour stimuler leur réflexion plutôt que la remplacer, il va falloir les accompagner, estime Mollick. Mais pour cela, peut-être va-t-il falloir nous intéresser aux professeurs, pour l’instant laissés bien dépourvus face à ces nouveaux outils.
Enfin, pas tant que cela. Car eux aussi utilisent l’IA. Selon certains sondages américains, trois quarts des enseignants utiliseraient désormais l’IA dans leur travail, mais nous connaissons encore trop peu les méthodes efficaces qu’ils doivent mobiliser. Une étude qualitative menée auprès d’eux a montré que ceux qui utilisaient l’IA pour aider leurs élèves à réfléchir, pour améliorer les explications obtenaient de meilleurs résultats. Pour Mollick, la force de l’IA est de pouvoir créer des expériences d’apprentissage personnalisées, adaptées aux élèves et largement accessibles, plus que les technologies éducatives précédentes ne l’ont jamais été. Cela n’empêche pas Mollick de conclure par le discours lénifiant habituel : l’éducation quoi qu’il en soit doit s’adapter !
Cela ne veut pas dire que cette adaptation sera très facile ou accessible, pour les professeurs, comme pour les élèves. Dans l’éducation, rappellent les psychologues Andrew Wilson et Sabrina Golonka sur leur blog, « le processus compte bien plus que le résultat ». Or, l’IA fait à tous la promesse inverse. En matière d’éducation, cela risque d’être dramatique, surtout si nous continuons à valoriser le résultat (les notes donc) sur le processus. David Brooks ne nous disait pas autre chose quand il constatait les limites de notre méritocratie actuelle. C’est peut-être par là qu’il faudrait d’ailleurs commencer, pour résoudre l’IApocalypse éducative…
Pour Mollick cette évolution « exige plus qu’une acceptation passive ou une résistance futile ». « Elle exige une refonte fondamentale de notre façon d’enseigner, d’apprendre et d’évaluer les connaissances. À mesure que l’IA devient partie intégrante du paysage éducatif, nos priorités doivent évoluer. L’objectif n’est pas de déjouer l’IA ou de faire comme si elle n’existait pas, mais d’exploiter son potentiel pour améliorer l’éducation tout en atténuant ses inconvénients. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera l’éducation, mais comment nous allons façonner ce changement pour créer un environnement d’apprentissage plus efficace, plus équitable et plus stimulant pour tous ». Plus facile à dire qu’à faire. Expérimenter prend du temps, trouver de bons exercices, changer ses pratiques… pour nombre de professeurs, ce n’est pas si évident, d’autant qu’ils ont peu de temps disponible pour se faire ou se former. La proposition d’Anthropic de produire une IA dédiée à l’accompagnement des élèves (Claude for Education) qui ne cherche pas à fournir des réponses, mais produit des modalités pour accompagner les élèves à saisir les raisonnements qu’ils doivent échafauder, est certes stimulante, mais il n’est pas sûr qu’elle ne soit pas contournable.
Dans les commentaires des billets de Mollick, tout le monde se dispute, entre ceux qui pensent plutôt comme Mollick et qui ont du temps pour s’occuper de leurs élèves, qui vont pouvoir faire des évaluations orales et individuelles, par exemple (ce que l’on constate aussi dans les cursus du supérieur en France, rapportait le Monde). Et les autres, plus circonspects sur les évolutions en cours, où de plus en plus souvent des élèves produisent des contenus avec de l’IA que leurs professeurs font juger par des IA… On voit bien en tout cas, que la question de l’IA générative et ses usages, ne pourra pas longtemps rester une question qu’on laisse dans les seules mains des professeurs et des élèves, à charge à eux de s’en débrouiller.
Hubert Guillaud
29.06.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 29 juin 2026
Texte intégral (12341 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- 85 % des ados australien·nes utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction (next.ink)
- Corée du Nord : Kim Jong-un annonce que des navires militaires sont en train d’être équipés d’armes nucléaires (rfi.fr)
- Forced ‘Repentance’ : How Azerbaijan uses apology videos to control society (meydan.tv)
- Guerre en Ukraine : sans doute la plus vaste attaque ukrainienne depuis 2022, plus de 600 drones frappent la Russie en une nuit, le pont de Crimée de nouveau bloqué (lindependant.fr)
- Des supporters du Panathinaikos soutiennent les grévistes de la faim de Prosfygika (dialectik-football.info)
Depuis 16 ans, environ 400 habitants participent à un projet autogéré et communautaire dans le quartier de Prosfygika, situé entre le commissariat central et le tribunal d’Athènes. Ils y occupent et font vivre huit blocs d’immeubles, comptant 228 appartements, construits dans les années 30. Depuis plusieurs mois maintenant, les autorités régionales de l’Attique cherchent à évacuer le quartier pour remettre la main sur ces immeubles dans le cadre d’un plan de rénovation urbaine. Face à ce qui a tous les traits d’une opération de gentrification, la communauté de Prosfygika ne se laisse pas faire et exige l’annulation de ce projet, lui préférant une rénovation autogérée et le maintien de leur auto-organisation.
- Massacre de Thiaroye : des fouilles pour rétablir la vérité (lisbethmedia.com)
la France continue à maintenir le flou autour de cette tragédie de l’histoire coloniale en restreignant l’accès aux archives censées la documenter. Face à cette obstruction, le Sénégal organise des campagnes de fouilles archéologiques, dont la deuxième a débuté le 15 juin. Le but : “faire parler la vérité du sol.”
- 7 graphiques pour comprendre le basculement démographique de la Tunisie. (inkyfada.com)
En 2014, la Tunisie enregistrait 225 887 naissances. Dix ans plus tard, à peine 126 401, près de moitié moins.
- Coupe du monde : déjà 23 000 km parcourus en jet privé par le président de la Fifa (reporterre.net)
Agir contre le péril climatique ? Très peu pour lui. D’après les informations du Guardian, le président de la Fifa, Gianni Infantino, utiliserait un jet privé fourni par Qatar Airways (sponsor de la Coupe du monde de football) afin d’assister à deux matchs par jour.
- +1,2 cm par an : les SUV grandissent et cannibalisent l’espace public (reporterre.net)
Selon un rapport des ONG Transport&Environment (T&E) et Clean Cities, paru le 24 juin, la taille moyenne des véhicules neufs vendus en Europe gagne 1,2 cm par an depuis l’an 2000.
- Stationnement et sécurité routière : les SUV dans le viseur de Fédération européenne des transports et de l’environnement (franceinfo.fr)
- Aramco, champion du monde des émissions (multinationales.org)
C’est la multinationale la plus émettrice de gaz à effet de serre au niveau mondial, selon les calculs du projet Carbon Majors. Aramco, l’entreprise pétrolière saoudienne, pesait pour 4,3 % des émissions globales en 2024.
- Tycoons Swoop in on the Clean Energy Boom, Raising Prices for Consumers : A story in 6 parts (pcij.org)
- Climat : 50 ans d’alertes des scientifiques et d’immobilisme de nos dirigeants (basta.media)

- En pleine canicule, le quartier européen de Bruxelles ressemble à un four (lopinion.fr)
- Canicule en Europe : les écologistes réclament un sommet européen d’urgence pour relancer le Pacte vert (rtbf.be)
Les Verts européens ont appelé jeudi à la convocation d’un sommet européen afin de renforcer d’urgence les protections climatiques de l’Europe et le Pacte vert, alors qu’une partie du continent suffoque sous une vague de chaleur record.
- « Le climat n’est pas un gros problème » : en pleine canicule, un sommet d’extrême droite loue le pétrole (reporterre.net)
De nombreuses personnalités de l’extrême droite mondiale se sont donné rendez-vous pour un congrès antiwoke à Londres. Un élu de Nice, proche d’Éric Ciotti, a ainsi pu s’informer sur les bienfaits des fossiles et le péril causé par le féminisme.
Voir aussi Climato-sceptiques, réseaux Stérin et MAGA… Bienvenue à l’ARC, « rendez-vous stratégique » pour les réacs français (multinationales.org)
En pleine canicule et alors que le RN semble enfin découvrir les rapports du GIEC, les représentants de l’extrême droite française se retrouvent cette semaine à un sommet international des élites « anti-woke » et « anti-climat » à Londres. Un rendez-vous sponsorisé par de grandes fortunes pétrolières, des industries pharmaceutiques ou un fonds d’investissement basé à Dubaï auquel devrait aussi participer, de manière plus inattendue, l’économiste Philippe Aghion.
- « Refuges climatiques » : l’Espagne est déjà une référence mondiale en matière de lutte contre les chaleurs extrêmes (theconversation.com)
- Panne totale des chemins de fer en Allemagne : le trafic des trains reprend lentement après une défaillance générale de la radiocommunication (france3-regions.franceinfo.fr)
- Un lieu de baignade interdit aux non-germanophones : levée de boucliers en Allemagne (courrierinternational.com)
- ‘Baking Street’ : Activists rename Tube stations in heatwave protest (huckmag.com)
‘Heatwave, sponsored by Shell’ — The protest comes as the UK recorded the hottest day in June ever recorded at 36.7C.

- President vs Parliament : Metsola overrides MEPs in bid to force through child abuse law (politico.eu)
The European Parliament president’s power play is “without precedent,” diplomats wrote in a note seen by POLITICO.
Voir aussi “Double Threat” to Private Communications : Undemocratic Chat Control Backroom Deals and Imminent Concessions Spark Relaunch of fightchatcontrol.eu (patrick-breyer.de)
- « This is a final chance to change » : vers un tournant politique majeur au Royaume‑Uni ? (theconversation.com)
Andy Burnham, maire de l’immense agglomération du Grand Manchester, est désormais le grand favori pour remplacer au poste de premier ministre du Royaume-Uni Keir Starmer, dont on vient d’apprendre la démission.
Voir aussi The rise and fall of Keir Starmer : where did it all go wrong ? (theguardian.com)
a man who won a landslide victory in July 2024 only to be pushed out less than two years later, having started no illegal wars, having triggered no grave economic crises, having been accused of no scandalous act of corruption.
- Wikipedia Cofounder Larry Sanger Banned From Site for ‘Canvassing’ (news.slashdot.org)
Wikipedia cofounder Larry Sanger has been indefinitely banned from editing the site after editors concluded that he violated its canvassing rules, “or in other words, calling on his followers off platform in order to influence Wikipedia’s content”
- Following user outcry, AMD reinstates memory encryption in consumer CPUs (arstechnica.com)
- US’s climate.gov site, taken down by Trump, relaunched by nonprofit (arstechnica.com)
Climate.us has now restored everything taken down by the government.
- Nasa rover detects potential signatures of ancient microbial life on Mars (theguardian.com)
Perseverance identifies organic carbon molecules in rocks on riverbed that carried water billions of years ago
- Donald Trump supprime la vaccination obligatoire dans l’armée… et la rétablit en urgence après une épidémie (slate.fr)
- The Meltdown (theatlantic.com)
One day that captures how Trump has gone from unpredictable to chaotic
- Cops Keep Getting Arrested for Using Flock’s Cameras to Stalk People (yro.slashdot.org)
- A few days after a Tesla plowed through a Texas home and killed a grandmother, the family sued the carmaker, alleging that the Model 3’s automated assist mode was defective. (arstechnica.com)
the family laid out two theories in their lawsuit […]The first focused on a defect known as “Sudden Unintended Acceleration,” or SUA, which the family alleged Tesla knows has caused “numerous fatalities and injuries” but has not fixed. […] The second theory suggests that because Tesla stripped its “vehicles of critical obstacle-detection hardware” during a global chip shortage, Butler’s Model 3 simply didn’t register the home “directly in its path” at the end of the street.
- Prairieland ICE Protesters Sentenced to Decades in Prison (motherjones.com)
Activists who didn’t plan the protest and left when asked still received 50-year terms. […] The defendants, who were protesting the Prairieland immigration detention center in Alvarado, Texas, denied that they were affiliated with antifa, a decentralized term for various left-wing activists and anti-fascist groups, and were demonstrating in support of immigrants being detained at the facility.
- Victory ! 702 has Expired ! (eff.org)
Section 702 of the Foreign Intelligence Surveillance Act lets US intelligence agencies collect communications from foreigners abroad without a warrant, and routinely sweeps in Americans’ emails, messages, and calls in the process.
- Aux États-Unis, les gens de droite meurent plus que ceux de gauche (slate.fr)
Des chercheureuses observent l’apparition d’un écart de mortalité inédit entre Américains conservateurs et libéraux, une différence qui s’est fortement creusée au cours de la dernière décennie.
- Mexico’s Gig Workers Fight Efforts to Hollow Out Their Employee Status Win (labornotes.org)
- Allié de Trump, le nouveau président colombien promet une ruée vers les énergies fossiles (reporterre.net)
Le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté l’élection présidentielle colombienne. Relance des hydrocarbures, démantèlement des acquis environnementaux : une régression significative est redoutée.
- Séismes au Venezuela : 920 morts et 50.000 personnes disparues (humanite.fr)
Deux puissants tremblements de terre, suivi d’une vingtaine de répliques, ont frappé mercredi 24 juin le Venezuela. La catastrophe a fait au moins 920 morts et des milliers blessés, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des dizaines d’immeubles se sont effondrés.
Spécial IA
- Chinese universities are cutting language majors to make way for AI (restofworld.org)
Universities are dropping programs in translation and foreign languages while adding degrees in embodied intelligence, AI, and robotics.
- Les auteurices chinois·es de web fiction se dressent contre le plagiat par IA (actualitte.com)
Plus de 1200 auteurices chinois·es de fiction en ligne ont signé une lettre publique contre le plagiat automatisé et la réécriture par intelligence artificielle. Dans un marché immense, structuré autour des plateformes, l’affaire touche à la protection des œuvres, mais aussi à toute la chaîne d’exploitation des droits.
- La Norvège va interdire les chatbots IA aux écoliers (next.ink)
- L’Union européenne va imposer des « étiquettes » sur les contenus générés par IA (numerama.com)
- Cloud souverain : Bruxelles ouvre la porte au « sovereignty-washing » (synthmedia.fr)
Avec le Cloud and AI Development Act, la Commission européenne mise sur la « souveraineté technologique » et promet de mieux protéger les données critiques du continent, sans pour autant rompre avec les hyperscalers soumis au droit extraterritorial américain. Un cas d’école de « sovereignty-washing ».

- Mythos : les Etats-Unis autorisent Anthropic à réactiver son modèle d’IA pour un cercle restreint d’acteurs américains (lemonde.fr)
- Anthropic says Claude may want to see your ID (techcrunch.com)
Anthropic may ask Claude users to verify their age and identity by uploading their government-issued documents, according to a new version of the company’s privacy policy.
- Anthropic says Alibaba must be punished for largest Claude cloning attack (arstechnica.com)
Alibaba allegedly used 25,000 accounts to mine Claude over 28.8 million exchanges.
- Fuite de données chez Meta : l’entraînement de l’IA interne suspendu après une faille de sécurité majeure (zdnet.fr)
- Le cofondateur de Wikipédia dit ne pas faire « assez » confiance à l’IA… mais n’exclut pas de travailler avec (huffingtonpost.fr)
- Cybersécurité : la Linux Foundation va mettre l’open source en ordre de bataille face à l’IA (clubic.com)
- Tech giant Oracle cuts 21,000 jobs as it embraces AI (bbc.com)
- Harvard Business Review warns AI ‘workslop’ is rotting companies from the inside (thenextweb.com)
Two new HBR articles describe how AI-generated low-quality work is degrading organizational knowledge, eroding trust between colleagues, and costing companies millions in hidden rework
- Des entreprises d’IA rachètent d’anciens livres, les numérisent puis les détruisent (rts.ch)
Des palettes de vieux livres venant de librairies du monde entier sont expédiées vers les Etats-Unis. Des entreprises spécialisées en IA seraient à l’origine de cet accaparement massif de patrimoine. Elles utiliseraient ces livres comme données brutes pour entraîner leurs modèles de langage, puis les jetteraient après leur numérisation.

- The “AI-powered” World Cup runs on thousands of data workers (restofworld.org)
Human annotators in Brazil, Cambodia, and the Philippines are tracking every movement in the football tournament for teams, broadcasters, and the betting industry.
- Big Tech’s $2.7 trillion AI bill comes due : Chart of the Day (finance.yahoo.com)
- OpenAI reporterait son entrée en Bourse à 2027 : le Nasdaq dévisse pour la cinquième séance (france-epargne.fr)
Pour comprendre l’hésitation d’OpenAI, il faut regarder du côté de SpaceX […] la société d’Elon Musk a vu son cours retomber autour de 150 dollars, loin d’un sommet supérieur à 200 dollars atteint quelques jours après ses débuts.
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- ‘End It Now’ : Senate Passes War Powers Resolution Rebuking Trump’s Iran War (commondreams.org)
“The House and the Senate have both stood up,” Democratic Washington Rep. Pramila Jayapal said. “It’s time to stop this deadly and costly conflict.”
- États-Unis-Israël : brouille ou tournant historique ? (politis.fr)
La grosse colère de J.D. Vance contre le gouvernement Netanyahou annonce-t-elle une réorientation stratégique profonde ?[…]« Si j’étais le gouvernement israélien, peut-être que je n’attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète », s’est emporté le vice-président américain, avant de passer aux menaces à peine voilées : « Ces derniers mois, deux tiers des armes défensives utilisées par Israël ont été fabriquées par des mains américaines et payées par le contribuable américain » […] On ne saurait être plus clair. Et plus cynique. Car ce qui met en colère Vance et Trump, ce n’est évidemment pas le massacre de 73 000 Gazaouis, et pas même la promesse du ministre israélien Itamar Ben Gvir de « brûler le Liban », mais le fait que les bombes israéliennes menacent l’accord irano-américain.
- Israeli attack kills famed turtle sanctuary ecologist in Lebanon (theguardian.com)
The Lebanese marine activist Mona Khalil, who became a beloved figure in the country for a decades-long effort to protect a nesting site for turtles near her home, has died from injuries sustained in an Israeli strike.
- Archiving Genocide in Real Time : Who Has the Right to Narrate Death ? (daraj.media)
Amid the systematic and widespread destruction of southern Lebanese villages, extending even to cemeteries, Lebanon is witnessing a genuine and growing concern with preserving what remains of personal and collective archives. Individuals, groups, and institutions are racing to salvage photographs, documents, and memories at risk of being lost forever.
Spécial femmes dans le monde
- L’UE invite les talibans à Bruxelles : la communauté internationale reste passive (lesnouvellesnews.fr)
Les droits des femmes sont réduits au néant en Afghanistan mais les talibans sont invités par la Commission européenne à Bruxelles. Alors que les voix indignées se multiplient, les gouvernements européens restent silencieux.

- Comment les « sorcières » de la résistance ukrainienne mènent une guerre secrète contre les occupants russes (slate.fr)
Dans les territoires occupés, des femmes ukrainiennes jouent un rôle central dans le renseignement et le sabotage. Souvent sous-estimées par les forces russes, elles participent à une résistance clandestine devenue essentielle à l’effort de guerre de Kiev.
- ‘Like Cattle to the Slaughter’ : Your Unofficial Handbook for Giving Birth in Romania (fellowship.balkaninsight.com)
Romanian infants have the lowest odds in the EU of reaching their first birthday, and Romanian women are twice as likely to die from pregnancy-related causes, compared to the European average.
- Marché de la PMA en Espagne : comment les cliniques espagnoles achètent les ovocytes de femmes françaises (madeinperpignan.com)
- Luc Besson accusé de viol : la justice refuse de rouvrir l’enquête, la plaignante va se pourvoir en cassation (huffingtonpost.fr)
Le réalisateur français de 67 ans est accusé de viol par l’actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy, qui espérait faire rouvrir l’enquête après des analyses ADN, présentées comme un « élément nouveau ».
- Accusé de viol, Achraf Hakimi reçoit le soutien de ses coéquipiers marocains (huffingtonpost.fr)
Alors qu’il dispute la Coupe du monde avec le Maroc, Achraf Hakimi, qui sera jugé pour viols en France, est soutenu par ses coéquipiers.
- Coupe du monde 2026 : le format élargi pourrait accentuer les violences domestiques envers les femmes (slate.fr)
Plusieurs études montrent que les grands événements sportifs, spécialement les matchs de football, s’accompagnent souvent d’une hausse des violences faites aux femmes. Le format élargi du Mondial 2026 pourrait accentuer ce phénomène, que des associations et les autorités de plusieurs pays tentent d’endiguer.
- « Heated Rivalry », la romance gay qui réenchante l’imaginaire érotique des femmes hétérosexuelles (theconversation.com)
Spécial France
- TotalEnergies sommé par la justice de prendre en compte ses émissions indirectes (la1ere.franceinfo.fr) – voir aussi Devoir de vigilance : TotalEnergies condamnée à prévenir les risques climatiques liés à l’utilisation de ses carburants (vert.eco)
Dans un jugement qui fera date, la justice a estimé que la multinationale pétrogazière manque à son devoir de vigilance tant qu’elle n’intègre pas mieux les conséquences climatiques de ses activités.
- Chlordécone : 80 % de la population contaminée en Martinique et en Guadeloupe (humanite.fr)
- « C’est purement scandaleux » : la justice refuse de rouvrir l’enquête sur le chlordécone (reporterre.net)
La cour d’appel de Paris a confirmé, le 22 juin, le non-lieu dans le scandale du chlordécone. « C’est purement scandaleux », s’indignent politiques, avocats et militants antillais. Ils s’organisent pour poursuivre la lutte dans les tribunaux et la rue.
- Autonomie de la Corse : pourquoi les outre-mer regardent ce vote de près (parallelesud.com)
Ce mardi, l’Assemblée nationale a adopté à 271 voix pour et 202 contre le projet de loi constitutionnel qui accorde à la Corse un statut d’autonomie « au sein de la République ». Une première étape franchie dans un processus qui reste loin d’être achevé et interroge sur l’avenir des territoires d’Outre-mer.
- Tirage au sort, assemblées citoyennes, remplacement du Sénat : les Français·es veulent de l’innovation démocratique (theconversation.com)
- Avec Cartes.gouv.fr, la France lance son Google Maps souverain (clubic.com)
L’IGN inaugure ce jeudi Cartes.gouv.fr, une plateforme qui espère donner aux Français une alternative à Google Maps. Gratuit, souverain, riche de 1 141 couches de données, l’outil intègre même Panoramax, un équivalent hexagonal de Google Street View.
- L’accessibilité des services publics numériques de l’État pour les personnes en situation de handicap (ccomptes.fr)
- « On est de la chair à canon » : le cri d’alarme de familles d’accueil dans le Nord (streetpress.com)
Dernier maillon d’un système de protection de l’enfance à bout de souffle, les familles d’accueil du Nord dénoncent des conditions de travail délétères et des dysfonctionnements qui les mettent en danger, accélérant la disparition de leur métier.
- La Fédération sportive de la police nationale victime d’une cyberattaque, les données de 224 000 policier·es exposées (leparisien.fr)
- Enlèvements liés aux cryptomonnaies : « Chaque enquêteurice cyber a 300 dossiers en attente de traitement sur son bureau » (slate.fr)
Depuis 2024, les enlèvements et séquestrations de détenteurices de cryptomonnaies ou d’entrepreneureuses de ce secteur se multiplient en France, mettant en lumière un appareil sécuritaire fragmenté, des moyens limités et une réponse judiciaire trop lente.
- Le Bassin parisien situé en zone sismique… au paléolithique ? (humanite.fr)
Une équipe de scientifiques du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), de l’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) et de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) remet en question l’état actuel des connaissances sur le risque sismique dans le nord de l’Île-de-France.
- Les chercheureuses ont divisé par deux leurs vols professionnels sans y être contraint·es (theconversation.com)
- EPR2 : un document révèle les aides publiques monstres et le risque de concurrence déloyale (alternatives-economiques.fr)
La rentabilité de la construction des réacteurs nucléaires EPR2 repose sur des aides d’État massives, qui faussent la concurrence vis-à-vis des renouvelables. La Commission de Bruxelles donnera-t-elle son feu vert à la France ?
- Canicule : Évelyne Dhéliat ressort sa carte de prévisions pour 2050 et fait un constat implacable (huffingtonpost.fr)
Douze ans plus tard, avec deux décennies d’avance, les températures du mois égalisent, voire dépassent parfois largement les projections pour 2050.

- “On est en train de vivre l’été le plus froid du reste de notre vie, si on rate notre décarbonation”, alerte la climatologue Françoise Vimeux (franceinfo.fr)
- Il fait plus chaud aujourd’hui en France que sur 99 % de la planète : la vague de chaleur qui frappe le pays est historique (legrandcontinent.eu)
Plusieurs centaines de records absolus de température ont été battus en Europe ces derniers jours […] La France est l’un des pays les plus touchés […] Mis à part dans le désert du Sahara, au Moyen-Orient, dans quelques régions d’Espagne et en Arizona, il fait ainsi plus chaud en France aujourd’hui que n’importe où dans le monde

- Annulation de Solidays, la déception des festivaliers : “J’ai du mal à comprendre pourquoi ils ont attendu aussi longtemps” (telerama.fr)
La préfecture de police a décidé, ce vendredi matin, l’annulation du festival de Longchamp en raison de la canicule. La Marche des fiertés et le meeting d’athlétisme de Charléty sont également annulés.
- Proposé par les écolos, critiqué par le gouvernement : en quoi consiste le congé climatique ? (huffingtonpost.fr)
Le congé climatique a été mis dans le débat par les Écologistes, inspiré par les mesures prises en Espagne après des inondations meurtrières.
- Le réseau ferroviaire français peut-il survivre à la canicule ? (alternatives-economiques.fr)
Dilatation des rails, climatisation défaillante, annulations préventives de trains… la canicule met en lumière les fragilités du système ferroviaire français, tant sur le plan de l’infrastructure que sur celui du matériel.
- Trois réacteurs nucléaires sont à l’arrêt en France en raison de la canicule (franceinfo.fr)
Après la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), deux autres réacteurs nucléaires ont été arrêtés, au Bugey (Ain) et à Nogent-sur-Seine (Aube)
- « Le débat sur la climatisation est une diversion » (reporterre.net)
- La clim’ de l’Assemblée nationale est tombée en panne et ça s’est vite vu (huffingtonpost.fr)
- Quand les riches parasites s’amusent à gaspiller de l’eau (npa-revolutionnaires.org)
En pleine canicule, le 24 juin, à l’occasion du lancement de la Fashion Week, la marque de luxe Vuitton a organisé un spectacle avec une vague géante dans un décor de plage artificielle. Au cas où cette vague n’aurait pas suffi à les rafraîchir, les invités bénéficiaient d’une climatisation.
- Canicule : dans le Finistère, une journée éprouvante sans électricité (reporterre.net)
Un transformateur du réseau RTE a explosé sous l’effet de la chaleur, privant d’électricité des milliers de foyers du Finistère-Sud pendant plus de 24 h.
- Dans un Ehpad, en sous-effectif et sans climatisation : « Avec la chaleur en plus, on est à bout » (basta.media)
Pas de climatisation, des résidents très âgés dans des chambres à 35 degrés, des semaines de travail de 60 heures… Une aide-soignante d’un Ehpad d’Alsace nous raconte ses conditions de travail, en pleine canicule et en sous-effectif.
- « Notre peur, c’est qu’il y ait des morts » : des saisonnier·es survivent dans des bidonvilles en surchauffe (reporterre.net)
- La canicule tue des centaines de milliers d’animaux d’élevage intensif (lareleveetlapeste.fr)
Avec la canicule, écosystèmes et animaux sont en souffrance, particulièrement dans les élevages intensifs. L’hécatombe est telle que les stations d’équarrissage sont saturées dans l’Ouest de la France. Les éleveureuses sont exceptionnellement autorisés à enterrer les cadavres près des exploitations.

- Chaleur, nature asséchée : le cocktail qui fait exploser le risque incendie en France (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- Simonne Vidal entre aussi au Panthéon aux côtés de son mari Marc Bloch (20minutes.fr)
Moins connue que son époux, Simonne Vidal […] a été infirmière volontaire pendant les deux guerres […] Mère de leurs six enfants, Simonne Vidal a joué un rôle crucial dans l’écriture des travaux de Marc Bloch professeur d’université à Strasbourg entre les deux guerres […] Elle l’a notamment assistée en tant que secrétaire et assistante de recherche.
- Canicule : la charge écologique pèse lourdement sur les femmes (lesnouvellesnews.fr)
Depuis que les températures record rappellent l’urgence climatique, les appels à « faire des efforts » pour la planète se multiplient. Mais derrière ces injonctions, une réalité invisibilisée : ces efforts reposent encore très majoritairement sur les femmes. C’est ce que met en lumière une étude de la Fondation Jean-Jaurès, menée avec L’ObSoCo et Citeo, publiée le 25 juin 2026.
- Une salle Imane Khelif dans un lycée près de Lyon ? La Région refuse le nom de la boxeuse algérienne (actu.fr)
Des élèves voulaient donner le nom de la boxeuse algérienne Imane Khelif, cible d’attaques récurrentes sur sa féminité, à une salle de leur lycée de Meyzieu. La Région a dit non.
- Oeil au Beurre Noire, le duo qui « veut féminiser et radicaliser Twitch » (streetpress.com)
- La Cour de cassation sécurise la période d’essai de la femme enceinte. Une étape contre les « pénalités de maternité » (theconversation.com)
- Quand les réseaux sociaux incitent les jeunes femmes à tourner le dos à la pilule contraceptive (theconversation.com)
- Enquête nationale sur le consentement en gynécologie (stopvog.fr)
StopVOG publie les résultats de la première enquête nationale sur le consentement en gynécologie. Menée auprès de 10 152 répondant·es partout en France, cette enquête documente le respect du consentement, de l’information et des droits des patient·es dans les soins gynécologiques, ainsi que les violences obstétricales et gynécologiques, les discriminations et leurs conséquences sur la santé et le recours aux soins.
Voir aussi Violences obstétricales et gynécologiques : un phénomène massif en France, selon l’association Stop VOG (lemonde.fr)
Plus de quatre femmes interrogées sur dix déclarent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales en consultation, dénonce l’association StopVOG, à partir d’un questionnaire complété par 10 000 personnes.
- Masculinisme : « Le mode de radicalisation est exactement le même que lorsqu’on radicalisait des gens pour les faire partir en Syrie », alerte Dominique Vérien (publicsenat.fr)
Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ».
Voir aussi Contre le masculinisme : une bataille culturelle et politique à engager (lesnouvellesnews.fr)
Face à la montée du masculinisme, un rapport sénatorial choc intitulé « Mascus : nouvelle offensive contre les femmes » sonne l’alarme. Il recommande d’engager de nouvelles politiques et des stratégies médiatiques couvrant le bruit de la haine misogyne.

- Qui est Clavicular, le gourou du looksmaxing qui s’est fait recaler par tout Paris ? (konbini.com)
le streamer américain de 20 ans, figure controversée du looksmaxing et issu de la mouvance « incel », a surtout découvert qu’une mâchoire carrée ne suffit pas toujours à faire fondre les cœurs. Parce que oui, ce grand garçon est un adepte du « bone smashing », qui consiste à se taper le bas du visage avec un marteau pour accentuer ses contours.
- « Elle s’est fait ça toute seule ! » : devant la justice, la petite musique des agresseurs poursuivis pour violences conjugales (politis.fr)
Chaque jour, partout en France dans les tribunaux correctionnels sont jugés des centaines de dossiers de violences conjugales, de harcèlements, de contrôle coercitifs… Mis en cause, en majorité : des hommes de tous âges et de toutes classes sociales. Qui adoptent souvent le même système de défense.
- Affaire Lyhanna : Jérôme Barella est visé par une plainte de sa femme pour viol et violences conjugales (huffingtonpost.fr)
- Rapport sur Lyhanna : deux gendarmes « mutés d’office » et un magistrat du parquet d’Auch épinglé (huffingtonpost.fr)
RIP
- Mort de Guesch Patti, interprète du sulfureux tube “Étienne” (telerama.fr)
En 2001, alors qu’elle était à l’affiche à Paris d’un spectacle de danse contemporaine, sa véritable passion, elle avait confié à l’AFP combien le succès d’Étienne avait phagocyté sa carrière même s’il lui avait permis de décrocher une Victoire de la musique.
Spécial médias et pouvoir
- Yann Barthès, la canicule et Bernard Arnault : une chronique pas drôle sur une inégalité bien réelle (telerama.fr)
Mardi soir, le présentateur de “Quotidien” assurait que nous sommes tous égaux face à la canicule, milliardaires compris.

- Le Pen, LFI et l’antisémitisme : l’intox de Guillaume Erner (acrimed.org)
- Patrick Boucheron attaqué pour avoir refusé d’établir un lien entre l’antisémitisme des années 40 et la lutte pour la Palestine (humanite.fr)
Depuis son passage dans l’émission de Guillaume Erner sur France Culture le 23 juin dernier, l’historien est la cible d’une campagne de dénigrement dans les médias de droite et sur les réseaux sociaux. Sa faute : avoir refusé de faire le lien entre l’antisémitisme de la Seconde Guerre mondiale et la lutte pour la Palestine.
- Erik Tégner de « Frontières », dernier repris de justice de CNews (politis.fr)
Le fondateur du média d’extrême droite et chroniqueur sur CNews a de nouveau été condamné, cette fois pour avoir livré les données personnelles des avocats d’organisations d’aide aux personnes migrantes. Et s’est évidemment précipité de se victimiser.
- Hind Rajab, 5 ans, tuée par l’armée israélienne (épisode 4) : pourquoi les médias français sont passés à côté (blast-info.fr)
- Piratage de deux sites du réseau Mutu (paris-luttes.info)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Canicule : les leçons de 2003 que personne n’a retenu (projetarcadie.com)
- Canicule historique : records battus et impréparation du gouvernement (basta.media)
L’Europe subit une vague de chaleur inédite, et la canicule historique en cours en France depuis le 17 juin force l’État à gérer tant bien que mal cette conséquence d’un réchauffement climatique mal anticipé.
- Non, M. Macron, vous n’avez pas fait de « gros travail » pour le climat (reporterre.net)
Le 25 juin, alors que la température moyenne du pays atteignait un record absolu, Emmanuel Macron a salué le « gros travail » d’adaptation réalisé durant son mandat. Dans cet édito, notre journaliste démonte cet enfumage, preuves à l’appui.

- Fragilisé, le gouvernement renvoie la question de l’adaptation au climat à ses successeurs (huffingtonpost.fr)
Le chef du gouvernement demande à ses ministres de lui soumettre des « propositions » concernant la « manière de vivre dans le pays » en temps de canicule. Mais pour ses successeurs.
- En pleine canicule, le gouvernement veut repousser de 5 ans la rénovation énergétique des logements en location (lareleveetlapeste.fr)
Une proposition délirante, alors que la France est le pays européen le plus touché par le dérèglement climatique. En ville et par ces températures record, ils sont nombreux à avoir dû se réfugier dans leurs caves, pour éviter de suffoquer sous des toits de zinc.
- L’Ademe et l’Office français de la biodiversité (toujours) dans le viseur de Matignon (politico.eu)
Le directeur de cabinet du Premier ministre, Philippe Gustin, aurait demandé la tête des patrons de l’Ademe et de l’OFB, sans obtenir gain de cause
- Avec la canicule, la fermeture des piscines publiques devient plus politique que jamais (huffingtonpost.fr)
- Les noyades sont « un triste fléau » de la canicule, déplore Sébastien Lecornu en évoquant 40 morts (huffingtonpost.fr)
- Canicule : le brevet des collèges maintenu mais avec des “pauses fraîcheur” (humanite.fr)
Contrairement à ce qui s’était produit lors de la canicule de 2019, les écrits du brevet ne seront pas reportés. Ils se dérouleront bien vendredi 26 juin, le matin, mais avec des « pauses fraîcheur » et une limitation du nombre d’élèves par salle.
Voir aussi Brevet des collèges maintenu : colère syndicale unanime (cafepedagogique.net)
les organisations syndicales dénoncent une décision « irresponsable » et expriment une vive colère. Toutes pointent les risques pour les élèves et les personnels, ainsi qu’un manque d’anticipation du ministère.
- Canicule : Des lycées passent leur oral du bac de français dans le parking souterrain de leur établissement (humanite.fr)
La semaine dernière, plus de 130 millions d’euros ont été débloqués pour financer en urgence des systèmes de rafraîchissement et des travaux dans les écoles, particulièrement touchées par la canicule.

- Après la canicule, le premier bilan humain relance les critiques contre le gouvernement (huffingtonpost.fr)
Depuis mercredi, au moins 1 000 décès supplémentaires ont été observés par rapport à la normale, selon Santé Publique France, avec une hausse de 40 % des décès à domicile.
- « Je craque » : le désarroi des soignants face à l’afflux d’animaux sonnés par la chaleur (reporterre.net)
Les fortes chaleurs ont fait exploser l’affluence d’animaux sauvages dans les centres de soins. Ces structures associatives sont en grande souffrance depuis plusieurs années, face à la hausse des besoins et à l’abandon des politiques.
- Budget 2027 : Quand l’austérité aggrave la crise (humanite.fr)
- Au parquet, l’urgence permanente : comment la course au chiffre transforme la justice (theconversation.com)
- Neuf cents euros pour une licence et 1 300 euros pour un master : un rapport préconise de quintupler les frais d’inscription à l’université (lemonde.fr)
- Hausse des salaires : comment la France est devenue une mauvaise élève en Europe (alternatives-economiques.fr)
Les salaires progressent moins vite dans l’Hexagone qu’en Europe depuis le Covid-19. Les entreprises sont bien sûr en partie responsables, mais le gouvernement les a largement encouragées à la modération salariale.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Marc Bloch au Panthéon : les mots forts de sa petite-fille pour expliquer son refus de voir le RN à la cérémonie (huffingtonpost.fr)
La famille de l’historien a demandé que le Rassemblement national soit exclu de la cérémonie, par respect pour l’engagement du résistant français de gauche.
- Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur la progression des mouvements anti-genre en France (publicsenat.fr)
Amnesty International dresse un panorama inédit des mouvements dits « anti-genre », de leurs financements, de leurs réseaux et de leurs stratégies d’influence. L’ONG décrit un mouvement transnational structuré qui cible « les droits des femmes et des personnes LGBTI+ », et dont la France constitue désormais l’un des principaux points d’ancrage en Europe.
- En France, un fichier de police renforce les craintes des personnes trans après des contrôles houleux (streetpress.com)
Depuis deux ans, un fichier de l’État rassemble toutes les personnes trans qui ont changé de prénom à l’état civil. Celui-ci permet aux forces de l’ordre d’accéder à leur ancienne identité, ce qui provoque des contrôles mouvementés et des craintes. […] « En France, l’identité de genre n’est pas considérée comme une donnée sensible »
- Pressions politiques, harcèlement, exclusions : à l’InterLGBT, une année de tourmente (problematik-media.com)
En 2025, l’affiche de la marche des Fiertés parisienne est prise dans un scandale politique d’une rare intensité. Les conséquences se sont fait ressentir toute l’année dans la vie de l’Inter-LGBT, association organisatrice.
- « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir » : une enquête pour incitation à la haine ouverte après la diffusion d’une vidéo tournée dans une discothèque de l’Aveyron (humanite.fr)
- « Un sentiment d’injustice » : indignation à Clermont-Ferrand après le démontage d’une piscine par la police en pleine canicule (leparisien.fr)

- « Cassez-vous les bougnoules » : un policier interpellé après une agression raciste contre une association en maraude à Paris (leparisien.fr)
- Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream (basta.media)
Le gouvernement s’apprête à faire voter une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs et rompt avec le principe d’égalité devant la loi.
- Vos AirPods, votre iPhone et vos appareils Android bientôt trackés par les radars automatiques (01net.com)
La société Leonardo commercialise SignalTrace, une option pour caméras de surveillance capable de scanner les signaux Bluetooth et Wi-Fi des smartphones et écouteurs afin de lier les appareils aux plaques d’immatriculation.
Spécial résistances
- 3 ans après la mort de Nahel : du théâtre aux manifs, ces jeunes de Nanterre toujours debout contre les violences policières (basta.media)
- Au procès d’Anasse Kazib, une première victoire contre les procès-bâillons des soutiens de la Palestine (revolutionpermanente.fr)
Ce jeudi, le procès d’Anasse Kazib et d’un journaliste de Révolution Permanente a conduit à la transmission d’une question de constitutionnalité concernant la participation d’organisations comme la Jeunesse française juive aux procès visant tous les soutiens de la Palestine. Le procès a été renvoyé.
- Menacées, l’Ademe, Santé publique France et d’autres agences publiques appellent à manifester le 23 juin (reporterre.net)
Ne pas laisser l’État démanteler ses agences sans rien faire. Mardi 23 juin, à 13 h 30, un rassemblement du collectif des agences en lutte est prévu près de l’Assemblée nationale, au métro Invalides à Paris.

- Victoire ! Le gouvernement annonce le report du démantèlement de l’ADEME (agirpourlenvironnement.org)
Suite à une forte mobilisation citoyenne, le gouvernement a annoncé le report du projet de loi « État local » à une date indéterminée. Ce projet de loi prévoyait notamment de faire passer l’Agence de la transition écologique (ADEME) sous la tutelle des préfets. Ce démantèlement camouflé en simplification aurait été dramatique, à l’heure où l’ADEME est plus nécessaire que jamais.
- Pesticides : l’État fait fi de sa condamnation, des associations contre-attaquent (reporterre.net)
Pas question de laisser sans effet la première condamnation de l’État français pour préjudice écologique concernant les atteintes à la biodiversité. Le collectif Justice pour le vivant, composé d’avocats, de juristes et de scientifiques, s’apprête à déposer un recours en exécution dans les prochains jours
- « On a les mêmes adversaires, l’industrie des pesticides » : des collectifs s’unissent contre le colonialisme chimique (reporterre.net)
- Lot. Silence, coupe rase (lempaille.fr)
Entre le désarroi des riverain·es, la toute-puissance des machines et la lâcheté administrative, témoignage sur un système qui brade l’avenir, à partir d’une lutte solitaire à Cassagnes.
- Tribune – Paris sportifs : les bookmakers ont déjà gagné la Coupe du monde (antipub.org)
- En Normandie, un collectif lutte pour la visibilité des personnes LGBTQIA+ (reporterre.net)
Depuis deux ans, l’Amicale des paillettes organise la marche des fiertés dans le village côtier de Regnéville-sur-Mer (Manche). De quoi affirmer l’ancrage et le dynamisme d’une communauté LGBTQIA+ en milieu rural.
Spécial outils de résistance
- Fight Chat Control ! (fightchatcontrol.eu)
A shocking backroom deal is underway to revive Chat Control 1.0 this Friday — and on Monday 29 June, the final trilogue for permanent mass scanning takes place. We face a double-attack on private communication. Take two minutes now : e-mail your MEPs and Permanent Representation to stop this !
- Keep Android open ! (keepandroidopen.org)
Votre téléphone est sur le point de ne plus vous appartenir
Spécial MAGAM et cie
- Meta : les données du projet de surveillance des employé·es étaient accessibles en interne (next.ink)
Ce ne sont pas des considérations éthiques sur la récolte et l’utilisation de données sensibles de ses employé·es qui poussent Meta à stopper (au moins temporairement) son projet Model Capability Initiative (MCI), mais plutôt le manque de sécurisation de l’accès à ces données.
- Meta launches cheaper smart glasses without Ray-Ban (theverge.com)
- Meta remplace le dirigeant de WhatsApp pour mieux monétiser ses 3 milliards d’utilisateurices (lemonde.fr)
- Microsoft adds another year to Windows 10 extended update program (arstechnica.com)
Microsoft ended official support for Windows 10 in 2025, but the company may have a harder time than expected putting the operating system out to pasture […] If you are still clinging to Windows 10, you don’t have to do anything but enjoy that extra year.
Voir aussi Le support de Windows 10 recule d’un an, au 12 octobre 2027 (next.ink)
Du côté de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), on applaudit avec mesure : elle « salue la nouvelle, mais reste nuancée face à cette volte-face très tardive ». L’association rappelle qu’en tenant compte de cette année supplémentaire, Windows 10 aura finalement 12 ans de support pour la sécurité. Un score qu’elle juge « insuffisant », car elle réclame 15 ans à partir de la dernière unité vendue
Les autres lectures de la semaine
- Canicule : un nouveau darwinisme social (frustrationmagazine.fr)
Comme prévu, le réchauffement climatique, que l’insouciance bourgeoise imaginait encore cantonné aux petites îles du Pacifique dans les années 2000-2010, mord désormais violemment les pays riches. Pour autant, les élites qui gouvernent et médiatisent continuent de penser, à juste titre d’ailleurs, qu’il s’agit d’un truc de pauvres. Car évidemment, les impacts de la canicule épousent la structure de classe et se distribuent à proportion des vulnérabilités matérielles.
- Il faut politiser les canicules (bonpote.com)
- Canicule : « Il va falloir demander des comptes à nos responsables politiques » (basta.media)
- Ces canicules extrêmes sont un crime politique – Des révoltes d’ampleur s’imposent (ricochets.cc)

- Canicule : la révolution ou la mort (frustrationmagazine.fr)
Ce titre peut paraître outrancier et excessif alors que c’est l’apathie dépolitisante actuelle – celle des journalistes en quête de solution innovante pour isoler ses vitres, celle des politiques qui enchaînent les platitudes infantilisantes et celle des scientifiques qui montrent la catastrophe mais ne nomment jamais les responsables – c’est cette apathie coupable qui est outrancière est excessive.
- Politique de la crise financière, 5 – Défoncer la finance néolibérale : fermer la Bourse (blog.mondediplo.net)

- Hannah Arendt peut-elle nous aider à penser le monde d’aujourd’hui ? Entretien avec Aurore Mréjen (frustrationmagazine.fr)
- Comment Marc Bloch a révolutionné le métier d’historien (theconversation.com)
- J’ai passé deux ans à traquer les copier-coller d’Étienne Klein, docteur ès plagiats (heidi.news)
- Comment le génie littéraire de George Sand a été invisibilisé par les clichés du XIXe siècle (slate.fr)
Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Malgré plus de 90 œuvres, plus de 400 articles et des milliers de lettres, son apport a été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-1980, par le biais des études féministes.
- Violences sexuelles sur mineur·es : deux siècles de bruit médiatique et d’inertie (theconversation.com)
- Soumission chimique, prendre le mal à la racine (axellemag.be)
Appeler le procès de Dominique Pelicot et des plus de 50 violeurs condamnés « l’affaire des viols de Mazan », c’est mettre le focus sur le village et donc encore éviter de parler des agresseurs et des victimes. C’est la même chose quand on met en avant le GHB, « la drogue du violeur », en omettant de parler des autres drogues notamment la plus répandue, l’alcool.
- Racisme vertueux et sexisme prédateur (politis.fr)
Signe d’une fascisante banalisation, les deux systèmes de domination s’entrecroisent tout en prenant le soin de se donner en spectacle.
- Prêt-à-piller : les vêtements volés des pays nord-africains (frustrationmagazine.fr)
- Un portrait de Pocahontas daté de 1616 révèle le regard des colons anglais sur les peuples autochtones américains (theconversation.com)
- Quand les religieuses prêtaient de l’argent : l’influence méconnue des couvents sur l’économie viennoise (theconversation.com)
- Plus vous vieillissez, plus vous devriez fumer de l’herbe (slate.fr)
Alors que le cannabis moderne est bien plus puissant qu’il y a quelques décennies, plusieurs recherches suggèrent que certains de ses composés pourraient protéger les neurones contre des mécanismes impliqués dans la démence.
- Every Homo naledi we know of is female, and the implications are fascinating (arstechnica.com)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Prévisions
- Record
- Sans fin
- Victimes
- Qui aurait pu prédire ?
- Honte
- Londres
- Fuck
- Réagir
- Fourche
- Conseil
- Smash
- Tout contre
- Envie
- Manifeste pour une écologie politique (lundi.am)
- Alive
- Slop
- Perish
- Stop

- Arrested
- Assimilate
- Gender
- War
- Violeur
- Zizi
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Data Center Opposition is Uniting Communities w/ Saul Levin (techwontsave.us)
- Réaction de Gabriel Zucman suite aux propos de Patrick Pouyanné, PDG de Total Énergie devant la commission des finances de l’Assemblée Nationale du 17 juin 2026 (tube.fdn.fr)
- Climatisation : un faux débat ? (radiofrance.fr)
pendant qu’on parle de la clim’, on ne parle pas du reste. On est comme enfermé. Que dire à l’ouvrier, sur son chantier, sous 40 degrés ? À la factrice qui transpire sur son vélo ? À l’éleveuse, dans son étable, avec ses bêtes écrasées par la canicule ? Qu’on va leur mettre la clim’ ?
- “Canicule et climat : l’hypocrisie des décideurs” (radiofrance.fr)
- Bouilloires thermiques : le reportage que Yann Barthès et Quotidien auraient dû voir (lemediatv.fr)
- Coupe du monde 2026 : le « Match du XXIe siècle » ne se déroulera pas au MetLife Stadium de New York (humanite.fr)
En pleine Coupe du monde masculine 2026, l’Humanité prend à contre-pied les gardiens du temple patriarcal en diffusant en exclusivité le Match du XXIe siècle. À travers une rencontre inédite entre joueuses et joueurs professionnels, ce documentaire d’Isabelle Curet interroge la mixité et les inégalités dans le sport.
- Gardiennes (france.tv – disponible jusqu’au 01/03/2027)
C’est une histoire peu connue sur les côtes françaises. On a longtemps ignoré la place tenue par des centaines de femmes restées invisibles. Elles ont été nombreuses à éclairer la mer, en France. Avant que toutes ces gardiennes ne disparaissent, Angèle Meschin et Lou Paulin sont parties sur leur trace.
- Les mouvements anti-genre et ses effets (lapdg.fr)
- « L’inceste n’est jamais de la sexualité : ce sont des hommes qui dominent et détruisent des enfants » (mediapart.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- RN privé de ses financements occulte : l’Iforel, bras financier caché du parti, perd son agrément (politique-france.info)
Le RN privé de sa manne financière cachée : l’Iforel, institut de formation des élus locaux, perd son agrément après un revers juridique. Une décision qui prive le parti d’une source de revenus majeure et révèle les dérives d’un système de financement occulte.
- Banned Book Library (richardosgood.com)
A long while back I had an idea to hack a WiFi smart light bulb to do something more useful to me. Actually, I had a few different ideas of things to do with them. One of these ideas was to modify the device to have an open WiFi access point and a web server hosting banned books.
- FDN souffle son quatrième chiffre pour sa 34ᵉ bougie ! (fdn.fr)
Le cap des 1 000 membres vient d’être franchi chez FDN ! Lorsque l’idée de la Fédération FDN a émergé vers 2009-2010, c’était parce qu’on trouvait à l’époque que 300, c’était déjà trop gros. L’idée en effet n’a jamais été de grossir démesurément mais au contraire de favoriser l’essaimage, la création de tout plein d’autres FAI associatifs partageant nos valeurs, de faire tache d’huile. Depuis, une trentaine de FAI ont vu le jour, certains ont ensuite décidé d’arrêter l’aventure, d’autres ont continué à se développer. C’est ainsi que FDN a fini par dépasser sa 1000ᵉ personne membre, tout en continuant à prioriser l’Internet à échelle humaine et une informatique émancipatrice aux côtés des autres membres de la Fédération.
- Autogestion : un autre travail à l’horizon (mob-media.info)
Des boulangeries aux pompes funèbres, des entreprises font le pari de l’autogestion, partout en France, et redessinent l’organisation du travail au quotidien. L’objectif : fonctionner de manière plus horizontale et plus collective, en misant sur la coopération et la responsabilité partagée.
- La ville de Lille enlève le bitume de ses écoles pour créer des îlots de fraîcheur (lareleveetlapeste.fr)
Lille protège ses écoliers avec trois principes : débitumisation, isolation et végétalisation. Pour un coût annuel qui oscille entre 1 et 1,2 million d’euros, 3 nouvelles cours d’école sont débitumisées chaque année pour supporter les vagues de canicule toujours plus intenses. […] « On a traité en priorité les cours d’école les moins végétalisées, les plus bitumées, celles qui n’avaient pas d’arbres du tout. On a veillé à s’occuper des quartiers où il y a davantage de personnes sous le seuil de pauvreté qui n’ont pas forcément de jardin. »
- “Il fait 24 degrés dans mon école, on est trop bien !” Ce village s’est battu pendant des années pour construire son nouveau groupe scolaire en pierre locale, un pari gagnant contre la chaleur (france3-regions.franceinfo.fr)
- ‘Everything has its own order and purpose’ : The rainforest ‘farms’ defying modern agriculture (bbc.com)
This unique indigenous way to produce food uses no pesticides and returns plots to the rainforest after five years. What can we learn from this 4,500-year-old practice ?
- Les femelles dauphins se transmettent une liste des mâles relous à éviter (slate.fr)
Des chercheureuses ont observé que certaines dauphines réagissent immédiatement aux vocalisations de mâles réputés agressifs. Cette capacité à associer une identité sonore à une réputation comportementale pourrait constituer une stratégie d’évitement.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
22.06.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 22 juin 2026
Texte intégral (8749 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- Les jets privés ont toujours le vent en poupe : flambée du prix du pétrole ou pas, une poignée d’ultra-riches continuent de prendre l’avion sans compter (lindependant.fr)
Les vols en jet ont progressé de 4 % dans le monde, dopés par Cannes, Monaco et les grands événements sportifs, symbole d’une économie toujours plus inégalitaire.
- Un tiers de l’humanité doit s’endetter pour vivre (theconversation.com)
L’endettement des ménages est surtout évoqué à travers le prisme du pouvoir d’achat, du paiement fractionné ou du surendettement, mais il reste rarement analysé comme un phénomène social massif et structurel. Une recherche récente s’efforce de quantifier cette « dette du quotidien » à l’échelle mondiale.

- Not just books – how renting a sewing machine from the library can improve democracy (bbc.com)
Finland’s libraries are increasingly being valued not by how many books they lend, but how they help societies function.
- Autorisation illimitée de pesticides : l’Europe recule pour le moment (basta.media)
Omnibus, c’est le nom d’un projet de règlement poussé par la Commission européenne, qui déroule le tapis rouge aux fabricants de pesticides. Aucun accord n’a finalement été trouvé par les États membres de l’UE. On vous raconte cette bonne nouvelle.
- Le Parlement européen donne son feu vert à une nouvelle génération d’OGM (basta.media)
Des eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême-droite ont voté ce 17 juin en faveur des nouvelles techniques génomiques. Aucun étiquetage n’est prévu sur les aliments. Les mouvements paysans annoncent saisir la Cour de justice européenne.
- EU to soon classify AWS and Azure as gatekeepers under DSA (heise.de)
As gatekeepers, AWS and Azure would be obliged to ensure interoperability and data portability. This would, for example, simplify switching cloud providers and allow customers to link other services with AWS or Azure clouds, instead of being limited to AWS and Azure offerings. Significant fines could also be imposed if the cloud services are found to be in violation of existing regulations.
- L’Europe veut libérer le potentiel des données de santé (theconversation.com)
Avec son Espace européen des données de santé (EEDS), l’Union européenne (UE) est confrontée à un défi de taille : comment exploiter la valeur scientifique et économique des données de santé, tout en garantissant la sécurité de l’infrastructure qui les héberge et son alignement sur les intérêts et les valeurs européennes ?
- Immigration : le Parlement européen adopte le règlement qui autorise les « centres de retour » en dehors de l’Union (publicsenat.fr)
Les eurodéputé·es ont adopté mercredi le règlement controversé qui autorise la rétention de migrant·es expulsé·es, et les débouté·es du droit d’asile dans des centres situés dans des pays hors de l’Union européenne. Ce vote est l’aboutissement d’une alliance inédite à Bruxelles entre la droite et l’extrême droite
- L’Europe dépense des milliards pour renvoyer les migrant·es : pourquoi cette stratégie ne fonctionne pas (theconversation.com)
- Le chêne légendaire de Robin des Bois est mort, victime de la chaleur et du tourisme (reporterre.net)
- Scan your eyeballs, think of the children : how Britain sells surveillance as safety (thenerve.news)
Keir Starmer’s under-16 social media ban can only work if everyone proves who they are. It is the natural conclusion of the Online Safety Act – and of a Brexit that was always about control, says digital rights advocate Heather Burns
- ICE plans to give local police facial recognition app for immigration enforcement (biometricupdate.com)
- Facial Recognition on Public Buses ? Kansas City Says Yes (yro.slashdot.org)
- États-Unis : moins d’un an après son ouverture, le centre de détention pour migrant·es « Alligator Alcatraz » ferme ses portes (rfi.fr)
Inauguré en juillet 2025 à l’initiative du gouverneur républicain Ron DeSantis dans le parc naturel des Everglades, en Floride, le centre […] était devenu l’un des symboles de la politique anti-migrant·es menée aux États-Unis. Jusqu’à 1 400 personnes y ont été retenues dans des conditions de détention particulièrement difficiles.
- Trump a trouvé le coupable du fiasco de la coûteuse rénovation de ce bassin à Washington (huffingtonpost.fr)
Alors que la peinture tout juste appliquée se décolle sur le miroir d’eau, le président des États-Unis pointe du doigt « les extrémistes de gauche ».

- Leak Exposes Members of Peter Thiel’s Secretive ‘Dialog’ Society (wired.com)
A trove of internal records from a secret society for powerful figures in US politics, finance, and tech was left exposed online […] naming participants in its events and revealing sensitive personal details they were assured would stay private.The group, called Dialog, is a private, invitation-only organization cofounded in 2006 by the billionaire tech investor Peter Thiel.
- Océans : Trump renonce à démanteler un système de surveillance crucial pour le climat (reporterre.net)
- Ce satellite va s’écraser sur Terre, la NASA veut envoyer un robot pour le sauver (slate.fr)
L’agence spatiale prépare une opération sans précédent pour tenter de prolonger la vie de l’observatoire spatial Swift, qui subit une dégradation progressive de son altitude qui le rapproche inévitablement d’une rentrée atmosphérique.
- Un séisme catastrophique semble « dangereusement proche » en Californie, alerte une étude (slate.fr)
Les failles géologiques de San Andreas et San Jacinto ont atteint leur niveau de contrainte tectonique le plus élevé depuis 1.000 ans.
- Un cimetière de baleines vieux de 5,3 millions d’années découvert au fond de l’océan Indien (theconversation.com)
Spécial IA
- WA police launch real-time AI camera surveillance “to catch criminals” (nine.com.au)
- Le fonds IA de Bernie Sanders ? Une idée plus courante qu’on le croit (next.ink)
Bernie Sanders propose de créer un fonds souverain qui permettrait à la population des États-Unis de participer aux profits générés par l’intelligence artificielle.
- IA : blocage d’Anthropic aux étrangers, son patron Dario Amodei, “pompier pyromane” pris à son propre jeu (radiofrance.fr)
Donald Trump a forcé Anthropic à bloquer ses meilleurs modèles aux ressortissants étrangers, un acte inédit révélant notre dépendance technologique aux produits américains . Dario Amodei est pris à son propre piège de “pompier pyromane” de l’IA.
- “Mythos” at Home, and It’s Called AISLE (aisle.com)
A startup out of Europe built an AI system that matches Mythos on zero-day discovery, using widely available models, even air-gapped. You’ve probably never heard of it.
- IA et Open Source : la fin du pillage de code grâce au copyleft de Yale ? (goodtech.info)
Vous en avez (vous aussi) assez de voir vos dépôts GitHub pillés par des modèles d’IA fermés ? Des chercheurs de Yale proposent la licence CCAI […] Son but ? Contraindre les développeurs d’IA à rendre publiques l’architecture et les données d’entraînement de leurs modèles dès lors qu’ils se nourrissent de code open source.
- Recommendations When Using LLM-backed Generative AI Systems for FOSS Contributions (sfconservancy.org)
The FOSS community should support, not just tolerate, those who outright reject LLM-gen-AI systems. There are many intersecting ethical and moral issues regarding these systems, many of which are not currently fully understood. Anyone who chooses to avoid them deserves our support and assistance.
- The Community is the Achievement ; the Achievement is the Community (linguacelta.com)
The distributed technology community is an absolute marvel. It knows more than any individual could ever hope to know. It is generous in sharing knowledge. At its best, it is patient and encouraging and collaborative. It wants to invite you in and tell you everything it knows. Your biggest problem may be getting it to stop when your brain is full. […] By asking LLMs to provide (often confidently incorrect) answers to their tech questions, developers are not only destabilizing professional communities of practice, but also neglecting to maintain the rich technological commons which has previously been built up from public discussions of questions and answers.[…] it isn’t possible to separate the professional from the political, or the technological from the ethical. When we try to do that, we end up with tech projects that discriminate against minoritized people, not because their creators particularly intended to discriminate, but because bias is endemic in every culture, and the community had no ethical guardrails requiring creators to check for that bias.
- Le coût caché de l’IA en entreprise : 6,4 heures par semaine à surveiller des robots (cio-online.com)
- Tension de la productivité : le goulot de la diffusion (danslesalgorithmes.net)
- OpenAI just exposed how bad AI still is at real science (nerds.xyz)
Artificial intelligence companies love to talk about how their models are transforming science. Depending on who you ask, AI is either on the verge of curing diseases, discovering new drugs, or completely reinventing research itself. OpenAI’s newly announced LifeSciBench benchmark, however, offers a much more grounded reality check.
- Is AI ruining our skills ? Early results are in — and they’re not good (nature.com)
Reliance on artificial-intelligence tools degrades the abilities of physicians and software engineers, studies show.

- 13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA (next.ink)
- On AI in research and astrophysics (lookingup.francois-rincon.org)
- Europe must choose between AI and climate goals, data center lobby says (politico.eu) Tech sector says only carbon-emitting gas plants are reliable enough today to power the EU’s AI goals.
- Exclusive : Conservatives plan nationwide protest against AI data centers (axios.com)
- Alors, pour vous en dessert, ce sera data centers ou transition énergétique ? (open.substack.com)
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- C’est finalement depuis le palais de Versailles que Trump a signé l’accord avec l’Iran (huffingtonpost.fr)
Attendue vendredi en Suisse, la signature de l’accord entre Washington et Téhéran a finalement eu lieu plus tôt que prévu.
- Iran : une défaite pour Trump, un désastre pour Netanyahou (politis.fr)
L’accord de cessez-le feu avec l’Iran est bien fragile alors que les dirigeants israéliens ne rêvent que de le torpiller.
- Netanyahu Finally Learns the Truth About Trump (theatlantic.com)
An alliance with the president was the Israeli prime minister’s selling point. Now it may be his downfall.
- Le cessez-le-feu entre Hezbollah et Israël déjà violé, l’Iran réplique et ferme le détroit d’Ormuz (huffingtonpost.fr)
Des frappes israéliennes ont fait une quinzaine de morts au lendemain de l’annonce d’une trêve.[…] L’Iran n’a pas tardé à répondre aux frappes en annonçant la fermeture du détroit d’Ormuz
- US-Iran Talks Delayed as ‘Renewed Israeli Aggression’ in Lebanon Kills at Least 18 (commondreams.org)
One Lebanese writer reported that Israeli forces were “committing massacres” in residential areas across southern Lebanon, threatening to derail progress toward a US-Iran peace deal.
- « Ma peau a été complètement brûlée » : au Liban, les ravages du phosphore blanc, largué illégalement par l’armée israélienne (vert.eco)
Depuis le début de la guerre au Liban en 2023, l’armée israélienne a, selon plusieurs cas documentés par les ONG, utilisé du phosphore blanc. Cette arme incendiaire illégale quand elle est employée dans des zones civiles ravage la terre et entraîne de lourdes conséquences sanitaires.
Spécial femmes dans le monde
- Son of Norway’s crown princess convicted of rape and sentenced to four years in prison (theguardian.com)
- Italy PM Meloni ‘stunned’ by Trump’s claims she begged him for a photo (theguardian.com)
Trump said : “She’s probably happy I talked to her. I didn’t have to talk to her. She begged me to take a picture with her. She wanted a picture with me so badly. I wouldn’t have taken it, but I felt sorry for her.” The remarks provoked fury in Italy and words of solidarity for Meloni from across the political spectrum, with Italy’s foreign minister, Antonio Tajani, saying he had cancelled a trip to the US next week.
- Des agents d’OnlyFans menacent des créatrices de contenu et prélèvent jusqu’à 50 % de leurs revenus (slate.fr)
Critiques sur leur apparence, pressions pour produire des contenus plus explicites, menaces : certaines créatrices d’OnlyFans vivent une réalité bien éloignée du fantasme de l’entrepreneuriat numérique.
- Canada makes femicide first-degree murder as all three major Criminal Code reforms become law (canada.ca)
- Young women now have ‘close to zero’ risk of cervical cancer death after HPV jab (bbc.com)
Children vaccinated at age 12–13 against HPV (human papillomavirus) have close to zero risk of dying from cervical cancer before the age of 30, landmark new research reveals.
Spécial France
- Le groupe Bernard Hayot : aux origines coloniales de la vie chère (frustrationmagazine.fr)
Les années 2024-2025 ont marqué un tournant dans la mobilisation des militants caribéens contre la vie chère. Au cours des manifestations, une entreprise martiniquaise familiale a été désignée responsable de la vie chère : le Groupe Bernard Hayot (GBH). Pendant six ans, le groupe a imposé le mystère sur ses chiffres d’affaires et ses bénéfices, ne les révélant qu’au cours de l’année 2025.
- « La France interdit chez elle les pesticides qu’elle vend aux pays du Sud » (reporterre.net)
Les luttes contre le chlordécone et l’agent orange manifesteront ensemble à Paris le 20 juin contre le « colonialisme chimique ». La géographe brésilienne Larissa Mies Bombardi, qui a forgé ce concept, décrypte cette « asymétrie » entre le Nord et le Sud global.
- Cybersécurité : la transposition de NIS2 continue de traîner des pieds (next.ink)
17 octobre 2024 : c’était la date limite pour transposer le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, plus connu sous le nom NIS2.
- Protection des mineur·es en ligne : la CJUE valide l’obligation de vérification de l’âge sur les sites pornographiques (leclubdesjuristes.com)
Après le renvoi préjudiciel du Conseil d’État, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu, mardi 16 juin, un arrêt validant la possibilité pour la France d’imposer aux sites pornographiques la vérification de l’âge de leurs utilisateurs.
- Violences sexuelles sur mineur·es en Martinique : plus de 700 procédures en cours et une “libération de la parole” confirmée par le procureur général (la1ere.franceinfo.fr)
- Le nombre de victimes de violences à Bétharram pourrait être beaucoup plus élevé qu’attendu (huffingtonpost.fr)
Le rapport de la commission d’enquête indépendante sur les violences à Bétharram estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 1 500 victimes de violences sexuelles et physiques.
Voir aussi Affaire Bétharram : entre 700 et 1500 élèves potentiellement victimes, selon les projections d’une ONG (rfi.fr)
« Crimes de masse », « sadisme », « torture »… Entre 700 et 1 500 élèves scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 ont potentiellement été victimes « de violences d’une exceptionnelle gravité » à Notre-Dame-De-Bétharram, près de Lourdes dans le sud-ouest de la France, et dans d’autres établissements de la congrégation religieuse, selon le rapport d’une ONG spécialisée dévoilé samedi 20 juin.
- La Cnaf fait le pari de l’open source pour reprendre la main sur le calcul des allocations (acteurspublics.fr)
- Les renseignements intérieurs français débranchent Palantir (synthmedia.fr)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le divorce entre la DGSI et Palantir, la sulfureuse entreprise de logiciels américaine choyée par Donald Trump. Après dix ans de dépendance technologique, les services secrets français coupent le cordon pour confier leurs données ultra-sensibles au champion tricolore ChapsVision.
Voir aussi Qu’est-ce que ChapsVision, l’entreprise française retenue par Paris pour remplacer Palantir ? (legrandcontinent.eu)
- Chaleur, inondations… Un quart des futurs data centers français vulnérable aux risques climatiques (reporterre.net)
- La SNCF annule 71 trains à cause de la canicule (reporterre.net)
La SNCF a annoncé jeudi 18 juin la suppression de 71 trains censés circuler entre jeudi et lundi, pour « prévenir les pannes potentielles de climatisation liées aux très hautes températures », a indiqué à l’Agence France-Presse l’entreprise ferroviaire.
- Canicule : avec 44 °C ressentis, il fera dimanche plus chaud à Paris qu’à Bangkok et à la Mecque (franceinfo.fr)
La canicule s’installe, avec 60 départements en vigilance orange si bien que la température ressentie, comprenant l’humidité et l’ensoleillement, sera plus élevée dimanche en France que dans plusieurs villes tropicales ou désertiques.

- Quel climat futur dans votre région ? (meteofrance.com)
- “La fête de la musique est la plus grosse soirée de l’année” : stupeur et colère des bars, sidérés par l’interdiction d’alcool en terrasse ce week-end à Strasbourg (france3-regions.franceinfo.fr)
“Nous n’avons eu aucun communiqué de la préfecture ni même de l’UMIH (Union des métiers et des industries hôtelières). Juste un post Facebook sur le compte de la préfecture”.
- Déshydratation, efficacité diminuée, réactions cutanées… Pourquoi médicaments et canicule ne font pas forcément bon ménage (franceinfo.fr)
- Psychiatrie : Benzodiazépines ou l’addiction sur prescription (journal-labreche.fr)
9 millions. C’est le nombre de Français·es traité·es par benzodiazépines au cours de l’année 2024. Ces sédatifs prescrits pour l’anxiété et l’insomnie sont aussi très addictifs, et sont souvent prescrits au-delà des 12 semaines préconisées. De nombreux professionnels dénoncent un problème de santé publique.
Spécial femmes en France
- Ces jeunes pères qui prennent leur congé de paternité pendant la Coupe du monde de Foot (lesnouvellesnews.fr)
Sur l’indispensable compte de « T’as pensé à ?, l’association qui rend visible la charge mentale des femmes », des agentes de la CPAM disent s’attendre à une hausse des demandes de congé paternité pendant la Coupe du monde 2026.
- Thomas Lilti, le réalisateur d’« Hippocrate », épinglé dans une enquête de « Mediapart » (huffingtonpost.fr)
Le médecin et cinéaste est notamment accusé d’avoir pillé le travail de plusieurs femmes scénaristes pour ses films.[…] Dans son enquête, Mediapart révèle également que Thomas Lilti a été radié de l’Ordre des médecins […] Malgré sa radiation en 2012, il aurait « abusé à de multiples reprises de son autorité de médecin sur des femmes placées sous son autorité »
Voir aussi Vols de scénarios et voyeurisme : le réalisateur Thomas Lilti (“Hippocrate”) visé par deux enquêtes (lesinrocks.com)
une proche de Thomas Lilti, qui a résidé chez lui, a découvert des images d’elle nue dans son propre ordinateur. Elle y a trouvé un logiciel de caméra espion dont elle ne savait rien. “On voit le réalisateur face à l’écran, faire des manipulations pour lancer et éteindre les vidéos. Sur l’un, on le voit clairement tester le cadre”
- À Mayotte, le combat des associations contre les violences sexuelles sur mineur·es (histoirescrepues.fr)
Depuis 2018, l’association Haki za Wanatsa (“les droits des enfants” en shimaoré) recueille les témoignages de victimes et mène des actions de terrain, en dépit des tabous culturels et de la faiblesse des services de l’État.
- Un an après #MeTooPolice, où en est-on ? (rembobine.info)
Entre 2012 et 2025, 429 personnes ont été victimes de violences sexuelles commises par 215 policiers et gendarmes – tous grades confondus et dans plus d’une centaine de villes en France. Ces violences, aux modes opératoires multiples, vont du harcèlement sexuel aux agressions sexuelles aux viols. Systémiques, elles n’ont pourtant fait l’objet d’aucune prise en charge sérieuse du ministère de l’Intérieur.
- Lyhanna : pourquoi il faudra rester mobilisé·es longtemps (lesnouvellesnews.fr)
« Tant qu’une loi intégrale et des moyens ne seront pas adoptés » : partout en France, des rassemblements sont appelés chaque lundi. Derrière l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna, la coalition féministe pour une loi-cadre contre les violences sexuelles redoute, une fois encore, l’inaction des pouvoirs publics.
- Affaire Lyhanna : l’autopsie de la collégienne confirme qu’elle a été violée (humanite.fr)
- La Ciivise passe les (in)actions du Gouvernement à la loupe (lesnouvellesnews.fr)
Les appels répétés de la Ciivise à agir contre les violences faites aux enfants n’ont pas été entendus. Dans un rapport publié ce lundi 15 juin, la Commission épluche les actions du Gouvernement et le presse de « passer à la vitesse supérieure », notamment après le meurtre de Lyhanna.
- « Urgence sanitaire » : seize familles portent plainte contre TikTok (lesnouvellesnews.fr)
Anorexie, dépression et idées suicidaires. Après le suicide de cinq adolescentes, le collectif « Algos Victima » porte plainte contre TikTok pour « abus de faiblesse ».
Spécial médias et pouvoir
- Enquêter sur Bernard Arnault, un exercice sous pression (larevuedesmedias.ina.fr)
Ces dernières semaines, plusieurs enquêtes sur Bernard Arnault, dont un livre biographique publié le 10 juin, agitent les services de communication du géant du luxe LVMH. Pour les journalistes qui tentent de percer le mystère de l’homme le plus riche de France, la tâche est souvent périlleuse.
- Qui est vraiment Matthieu Pigasse ? (frustrationmagazine.fr)
- Le 13h d’Inter : anesthésier le réel, mode d’emploi (acrimed.org)
- Liberté de la presse : ce qui est arrivé à un de nos journalistes est extrêmement grave (politis.fr)
Lors de l’audience devant la juge des référés, le représentant du ministère de l’Intérieur a dû préciser les raisons qui l’ont poussé à interdire à notre journaliste Maxime Sirvins d’entrer au salon de l’armement Eurosatory. Des motivations particulièrement inquiétantes qui ont toutes été balayées par le tribunal administratif.
- CNews mise en demeure de respecter le pluralisme des courants de pensée et d’opinion (telerama.fr)
Saisie en janvier par Reporters sans frontières, l’Arcom a épluché les programmes de la chaîne phare de Vincent Bolloré en mars 2025. Et constaté que non, tous les courants de pensée ne sont pas représentés dans les infos et les débats.
- Face à l’extrême droite, défendre la liberté des médias (politis.fr)
La menace contre la liberté de la presse en France n’a plus rien d’hypothétique. Pour Reporters sans frontières, l’absence de réformes ambitieuses favorise la précarisation des métiers, la concentration des médias et les stratégies d’influence politique. Thibaut Bruttin, son directeur général, appelle à la vigilance.
- Ebra et Le Dauphiné Libéré : l’événementiel au détriment de l’information ? (acrimed.org)
Quotidien régional dominant à Grenoble, Le Dauphiné Libéré ne lésine pas sur les moyens pour se mettre au service du secteur de la Tech et de l’IA dans la « Silicon Valley française ».
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- G7 d’Évian : Emmanuel Macron efface le climat de l’agenda pour « ne pas fâcher » Donald Trump (reporterre.net)

- Climat : la France cuit, et le gouvernement se félicite (reporterre.net)
En pleine vague de chaleur, le ministère de la Transition écologique s’est félicité, le 17 juin, de l’avancée de son plan d’adaptation au changement climatique. Une stratégie mal financée et largement insuffisante, rétorquent les associatifs.
- Les vagues de chaleur ont un terrible coût sanitaire, estimé à plus de 5 000 morts par an par Oxfam (huffingtonpost.fr)
- Urgences saturées, manque de soignant·es : la chaleur extrême révèle la déroute du système de santé face au changement climatique (vert.eco)
À l’aube d’une nouvelle vague de chaleur précoce, l’ONG Oxfam documente dans un rapport l’explosion des besoins en soins due au réchauffement climatique, alors que le système de santé français s’enfonce déjà dans la crise.
- Le gouvernement détourne les aides de l’Ademe pour financer l’un des plus gros pollueurs de France (disclose.ngo)
Matignon et Bercy ont truqué deux appels à projets de l’Agence de la transition écologique (Ademe) pour financer le géant de la pétrochimie Ineos, révèle Disclose. La multinationale va toucher plus de 300 millions d’euros d’argent public pour soutenir l’activité d’une usine parmi les plus émettrices de CO2 en France.
- « Silence vaut acceptation » : quand le gouvernement invite les multinationales à lui dicter sa politique (multinationales.org)
derrière tous les discours du pouvoir exécutif sur la « souveraineté numérique », c’est bien l’attractivité vis-à-vis des grands acteurs économiques internationaux qui reste la priorité, au détriment du droit de l’environnement et des citoyen·nes.
- Derrière la loi « simplification », l’offensive des Big Tech et du lobby des datacenters (multinationales.org)
L’article 35 de la loi de simplification […] crée le statut de « projet national d’intérêt majeur » qui vise à faciliter la construction rapide de nouveaux data centers. Des gros acteurs économiques ont pesé de tout leur poids pour faire adopter cette mesure stratégique, à commencer par les Big Tech qui ont démontré une nouvelle fois l’étendue de leurs réseaux d’influence.
- Bercy crée la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique (presse.economie.gouv.fr)
La DIAN sera chargée de définir et mettre en œuvre la stratégie numérique et IA des ministères économiques et financiers.
- Matignon bloque la diffusion d’un rapport sur l’impact de l’IA sur les effectifs de la fonction publique (acteurspublics.fr)
Une mission menée par plusieurs inspections générales a tenté, depuis quelques mois, de quantifier les effets du déploiement de l’IA dans la fonction publique. Son rapport, désormais dans les mains du Premier ministre, Sébastien Lecornu, pourrait toutefois ne jamais être rendu public
- Lecornu donne une date pour introduire les cours d’IA au lycée (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre a annoncé qu’une heure de cours par semaine serait dispensée aux classes de seconde pour apprendre à maîtriser l’intelligence artificielle.
- Pronote, Parcoursup, ENT : pourquoi l’interdiction du smartphone pose problème (lenouveauparadigme.fr)
- Gabriel Attal : « Il faut l’équivalent de la politique agricole commune pour l’IA » (lesechos.fr)
- Mort de Lyhanna : « Plutôt que de punir les magistrat·es, il faut augmenter leur nombre, les encourager, les former » (basta.media)
- L’Unédic appelle l’État à ne plus ponctionner les comptes de l’assurance-chômage pour lui permettre de réduire sa dette (franceinfo.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- La préfecture de police de Paris interdit un grand rassemblement contre les violences du régime iranien (franceinfo.fr)
- Fête de la musique : ni « violences », ni « dégradations », Laurent Nuñez prévient qu’« aucun débordement ne saura être toléré » (leparisien.fr)
Dans une lettre aux préfets, Laurent Nuñez demande de mettre en œuvre un dispositif de sécurité renforcé pour la Fête de la musique 2026, afin de prévenir le terrorisme, les violences urbaines et tout débordement.
- La préfecture de police interdit le concert de LFI prévu pour la Fête de la musique. (huffingtonpost.fr) – voir aussi Concert de LFI à Paris : les insoumis·es déposent un recours en référé après l’interdiction par la préfecture de police (liberation.fr) et Le concert de LFI pour la Fête de la musique finalement autorisé à Paris (huffingtonpost.fr)
La France insoumise, qui a annoncé l’organisation de ce concert dimanche sur la place de la République, a gagné son bras de fer face à la préfecture de police.
- Loi RIPOST, quand Nuñez attaque : les « LAPI » ou la surveillance massive des déplacements (laquadrature.net)
Les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, plus fréquemment dénommés par l’acronyme « LAPI », sont encore peu connus en France. Pourtant, derrière ces quatre lettres se cache un dispositif ancien qui permet d’identifier et de localiser des véhicules en France à grande échelle.
- Sophie Djigo : un jugement qui met toustes les enseignant·es et chercheureuses en danger (politis.fr)
Le jugement rendu dans l’affaire de la professeure de philosophie harcelée par l’extrême droite marque un tournant préoccupant pour la liberté pédagogique et académique.
- « Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT (basta.media)
Annuler des événements LGBT tout en se drapant des couleurs arc-en-ciel : dans les Hauts de France, les mairies RN instrumentalisent le mois des fiertés. Et ce alors qu’au parlement européen, le parti refuse de voter contre les « thérapies de conversion ».
- Erik Tegnér, le directeur du magazine d’extrême droite « Frontières », condamné à six mois de prison avec sursis pour divulgation de données personnelles d’avocat·es (lemonde.fr)
Dans un hors-série publié en 2025, ces avocat·es étaient présenté·es avec leur nom, leur prénom et la ville où ils exercent comme des « militants idéologiques », désignés comme les « coupables » de la crise migratoire.
- Des militant·es « humilié·es et frappé·es » par le GIGN lors d’une action antimilitariste en Haute-Savoie (reporterre.net)
- Jordan, éborgné après la victoire du PSG : la télé aveugle aux violences policières ? (politis.fr)
Le témoignage de l’homme, blessé par un tir de LBD, n’a connu aucun écho médiatique. Un silence aussi peu surprenant que désespérant.
- « Je veux la vérité sur la mort de mon fils » : le combat de la mère d’Adam, tué par un policier (basta.media)
Fatiha est la mère d’Adam, un jeune tué en 2022, à vingt ans, lors d’une intervention policière. Elle tente depuis de lever les zones d’ombre qui entourent le récit des policiers. Quatre ans après les faits, la reconstitution va enfin avoir lieu.
- 49 personnes tuées au cours d’une intervention policière en 2025 (basta.media)
Spécial résistances
- « On a toujours été là » : avec les prides rurales, les fiertés LGBT s’assument à la campagne (basta.media)
- Les quatre activistes antipub relaxé·es : une victoire contre l’État répressif (antipub.org) – voir aussi Victoire : les quatre activistes ayant dénoncé le génocide de Gaza n’iront pas en prison (lareleveetlapeste.fr)
Pour le collectif Résistance à l’Agression Publicitaire, c’est « une victoire contre l’État répressif ». Le Tribunal Correctionnel de Lyon a relaxé les quatre activistes antipub et pour la lutte de libération palestinienne qui avaient participé à un détournement publicitaire en septembre 2025.
- Blinding the Cyclops—Wrecking the Panopticon – Camera Hunting in the Metropolis (crimethinc.com)
“Big Brother is watching you.” Once a threat from a dystopian future, today this is a universal reality that we all participate in with our smartphones and Instagram accounts. Yet for years, a rebel undercurrent has pushed back against surveillance, seizing the prevalence of surveillance cameras as yet another vulnerability in the system of control. In the following narrative, an anonymous researcher wages a personal war against surveillance infrastructure, testing some of the same tactics that social movements have recently employed from Greece and Slovenia to Chile and Hong Kong.

Spécial outils de résistance
- Pétition : Dégageons les capitalistes des médias ! (acrimed.org)
- « Il est temps de choisir son camp » : et si on créait un label « sans-IA générative » ? (reporterre.net)
- Dans votre quartier aussi c’est un four ? Témoignez ! (blogs.mediapart.fr)
Un nouvel épisode caniculaire s’étend à nouveau en France où au moins 53 départements sont en vigilance orange ce 19 juin 2026. Et les températures risquent de continuer à grimper. Pour un article en préparation, nous vous donnons la parole à ce sujet. Racontez-nous votre quotidien.
- Fiche 36 : il fait trop chaud au boulot ! en 8 questions (solidaires.org)
Spécial MAGAM et cie
- Google referme la dernière faille qui permettait aux vrais bloqueurs de pub de survivre sur Chrome (clubic.com)

- À partir du 3 août 2026, Google va utiliser votre adresse IP pour le ciblage publicitaire ! (it-connect.fr)
Exploiter votre adresse IP pour vous proposer des publicités personnalisées, c’est la nouvelle idée de Google. À compter du 3 août 2026, Google va la mettre en place dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni et en Suisse. L’adresse IP, qui est une donnée personnelle au sens du RGPD, va donc être utilisée pour le ciblage publicitaire.
- Dans un discours optimiste, Jeff Bezos expose son plan pour sauver la Terre (huffingtonpost.fr)
Son plan en détail ? Rendre la Terre à son état d’avant l’ère industrielle en envoyant toutes les activités polluantes sur la Lune ou des astéroïdes.
Les autres lectures de la semaine
- From PGP to Mythos : a brief history of export controls that didn’t stop anyone (techcrunch.com)
- Recherche désespérément trous béants : enquête sur les terres excavées du Grand Paris Express (lechiffon.fr)
- “Racisé”, le mot qui dérange la République (komunemedia.substack.com)
Apparu dans les universités en 1972, le terme “racisé” cristallise les tensions françaises entre universalisme républicain et reconnaissance des discriminations raciales.
- L’histoire des femmes américaines qui ont aidé la France et ses orphelins à se relever de la Première Guerre mondiale (slate.fr)
Pendant et après la Grande Guerre, des milliers d’Américaines ont mené des missions humanitaires en France, en participant à la reconstruction du pays et en jouant le rôle de mères auprès des orphelins français. Une facette méconnue de l’histoire transatlantique.
- Comment le génie de George Sand a été minimisé par l’histoire littéraire (theconversation.com)
L’année 2026 marque le cent cinquantième anniversaire de la mort de George Sand. La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue.
- Meet Héloïse, the Medieval Woman Philosopher Who Turned a Doomed Love Affair into a Meditation on Ethics (openculture.com)
- Pourquoi de plus en plus de médecins reconnaissent‑ils la validité des expériences de mort imminente ? (theconversation.com)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- G7
- Pantone
- Remember
- Scandale
- Philo
- Futur
- Mondial
- Sun
- Hot
- Normal
- Numéro
- Elon
- 18 juin
- Quand est-ce qu’on interdit les lunettes connectées ? (framablog.org)
- Réalité
- Medium
- Pride
- Trans
- Petits gestes
- Higher
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Démocratie en danger : journalistes supprimé·es, information menacée (basta.media)
Ce 18 juin, les journalistes étaient en grève à travers la France. Ils et elles dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, la concentration des médias entre les mains des milliardaires et demandent l’encadrement de l’usage de l’intelligence artificielle dans les médias.
- The Map of Physics : Animation Shows How All the Different Fields in Physics Fit Together (openculture.com)
Les trucs chouettes de la semaine
- Marie Muzard, l’ange gardienne des poulpes en Méditerranée (humanite.fr)
À Cannes, elle a créé une association pour attirer l’attention sur la disparition en Méditerranée de ce céphalopode. En cause : le réchauffement de l’eau et… les cartes des restaurants.
- Black Women Farmers Are Reclaiming the Land (reasonstobecheerful.world)
From sharecroppers to herbalists to healers, Black women farmers have been nourishing the world for generations — and continue to today.
- Shaking up the coffee world : Entirely new way of making espresso unveiled (unsw.edu.au)
Researchers at UNSW Sydney have harnessed the power of ultrasonic sound waves to make espresso-strength coffee with room temperature water, cutting energy use by up to 75 %.
- Mastodon looks to newsletters to help revive the open social web (techcrunch.com)
- Pages not found (404s.design)
404 pages worth finding
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
18.06.2026 à 18:20
Table ronde « Logiciels libres », avec Framasoft, à l’Assemblée Nationale
Texte intégral (525 mots)
Depuis février 2026, la commission d’enquête « sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France » est conduite, à l’Assemblée nationale par Cyrielle Chatelain (rapporteure) et Philippe Latombe (président). De nombreuses auditions ont été tenues, le logiciel libre y étant souvent évoqué comme alternative aux situations de dépendance. Framasoft a été auditionnée mercredi 6 mai 2026 dans le cadre d’une table ronde sur le logiciel libre.
Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, est intervenu au côté d’Étienne Gonnu et Loïc Dayot, respectivement chargé de plaidoyer et administrateur de l’association April, de Renaud Chaput, directeur technique de Mastodon, et de Nicolas Vivant, fondateur de France Numérique Libre, directeur de la stratégie et de la culture numériques de la commune d’Échirolles.
- La vidéo est disponible ci-dessus sur PeerTube, ou directement sur le site de l’Assemblée Nationale.
- La transcription de l’audition a été réalisée par le groupe de travail Transcription de l’April (merci à elles et eux !).
- Le compte-rendu officiel est aussi disponible sur le site de l’Assemblée Nationale (ou la copie archivée par nos soins).
Les auditions se sont achevées courant mai et le rapport devrait être publié en juillet 2026.
16.06.2026 à 15:20
LaSuite.coop : interview d’une coopérative qui veut (elle aussi !) dégoogliser internet
Texte intégral (3388 mots)
Ce n’est pas tous les jours qu’on a de belles perspectives à partager. Alors ne boudons pas notre plaisir !
En mars dernier, nous vous partagions un (long) article sur La suite numérique de l’État, les critiques qui en étaient faites, et plus généralement la stratégie « Make or Buy » de l’État.
Nous évoquions alors une interview de l’équipe de LaSuite.coop, une coopérative dont l’objectif est de proposer des outils numériques libres et éthiques (en partie basés sur les outils de LaSuite de l’État).
Nous avons enfin trouvé le temps de les interroger sur leur projet, et ça tombe bien, puisqu’elles et ils ouvrent leur sociétariat à toute personne souhaitant participer à l’aventure.
Hello l’équipe de LaSuite.coop ! On est ravi⋅es de vous accueillir pour cette nouvelle interview sur le Framablog. Commençons par le début : qui êtes-vous ?
Bonjour à toute la communauté Framasoft ! Ici LaSuite.coop, une coopérative née de la rencontre entre plusieurs structures qui avaient chacune la même conviction : les organisations qui défendent des valeurs progressistes méritent des outils numériques qui leur ressemblent.
Derrière le projet, on trouve cinq structures fondatrices : IndieHosters, coopérative qui héberge des services libres depuis plus de dix ans ; Open Source Politics, spécialiste des plateformes de démocratie participative pour les collectivités ; Yaal Coop, coopérative de développement logiciel ; Algoo, éditeur de Galaé, notre solution de messagerie email libre et Le Bureau.coop coopérative qui accompagne dans la gestion de noms de domaine.. Ensemble, nous avons constitué une SCIC, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, pour porter collectivement ce projet.
Ce qui nous rassemble, ce n’est pas simplement le logiciel libre. C’est l’idée que la manière dont on produit et gouverne les outils numériques a des conséquences politiques concrètes. On se doute que vous le savez déjà, mais utiliser Google Workspace ou Microsoft 365, ce n’est pas un choix neutre : c’est confier ses données, ses communications et son autonomie à des entreprises dont le modèle économique repose sur l’extraction et la centralisation. Nous pensons qu’il existe une autre voie, et nous essayons de la rendre accessible.

Alors, dites nous en plus maintenant sur le projet « LaSuite.coop ». Quelle est son histoire ?
L’idée vient d’IndieHosters. Depuis 2015, Timothée, Pierre et leur collectif expérimentent des outils libres avec une conviction simple : il devrait être possible de s’émanciper des GAFAM sans sacrifier le confort ni la fiabilité. En 2020, pendant le confinement, ils lancent Liiibre, une suite collaborative complète, avec un modèle économique basé sur les communs, sans clients ni prestataires, mais avec des contributeurs et contributrices d’une ressource partagée. L’utopie concrète, comme ils disaient.
C’est à cette même période qu’IndieHosters et Open Source Politics commencent à travailler ensemble sur des projets de civic tech comme la mise en place d’outils de documentation pour Numérique En Commun(s) et la migration de la pétition du Sénat sur Decidim. En parallèle, IndieHosters est sollicité pour contribuer à l’infrastructure de La Suite numérique de l’État portée par la DINUM. Deux chemins qui s’alimentent mutuellement : d’un côté des expertises techniques qui se renforcent au contact de déploiements à grande échelle, de l’autre des relations de confiance qui se construisent avec des personnes d’horizons différents venant de l’État, de l’ESS et de la civic tech.
C’est là qu’IndieHosters propose à OSP de commercialiser Liiibre. IndieHosters (« IH ») avait les outils et l’infrastructure, Open Source Politics (« OSP ») avait les clients et les relations commerciales. Une complémentarité évidente. Et du côté d’OSP, le contexte accélère la décision : quand Musk rachète Twitter pour en faire une machine à désinformation, quand Trump récompense les Big Tech qui l’ont soutenu, quand Meta supprime ses équipes de fact-checking, on réalise que proposer seulement des outils de participation citoyenne à nos clients n’est plus suffisant. La souveraineté numérique ne peut pas s’arrêter à la plateforme de consultation. On embrasse donc la vision d’IndieHosters.
C’est de là que naît l’idée de LaSuite.coop. Ensemble, on a regardé de près les outils de La Suite numérique de l’État et ils nous ont grandement séduit. Comme ils étaient réservés aux agents publics nous y avons vu une opportunité d’en faire profiter le plus grand nombre. Mais pour aller plus loin, il fallait s’entourer.
Pour le développement IndieHosters a pensé à Yaal Coop qu’ils connaissent via le réseau Libre Entreprise, un réseau d’entreprise du numérique libre qui applique les valeurs du libre à sa gouvernance (horizontalité, transparence, égalité salariale, …), ainsi que par le collectif CHATONS.
Et suite au rachat de Gandi on a vu émerger deux initiatives qui nous on plu, Galae un service email professionnel commercialisé par Algoo et LeBureau.coop pour les noms de domaines. On leur a alors présenté notre projet et proposé de nous rejoindre.
OK. Alors maintenant, creusons un peu votre offre de services : vous proposez quoi ? Et à qui ?
À qui s’adresse-t-on ? À toute organisation qui cherche une alternative crédible aux suites de Google ou Microsoft : associations, syndicats, coopératives, mutuelles, structures de l’ESS, collectivités, communes de plus de 1 500 habitants, établissements d’enseignement supérieur, médias indépendants, partis politiques… Si vous partagez nos valeurs et avez besoin d’outils fiables sans sacrifier votre indépendance numérique, LaSuite.coop s’adresse à vous.
Un mot sur notre modèle : on parle de cotisation, pas d’abonnement, et ce n’est pas qu’une question de sémantique. En cotisant, une organisation ne paie pas simplement un prestataire pour un service, elle contribue à un commun, elle participe à le faire vivre et à le développer. C’est une relation fondamentalement différente de celle qu’on entretient avec un éditeur SaaS classique. Le montant est calculé en fonction de la taille de l’organisation et des outils déployés il nous paraît logique de ne pas faire payer une petite asso au même tarif qu’une fédération nationale.
Concrètement, on propose aujourd’hui une suite complète accessible via un portail de connexion unique : visio, chat, mail, agenda, prise de notes collaborative, stockage et partage de fichiers (avec la suite Collabora intégrée pour créer vos documents textes, tableurs et présentations), un gestionnaire de mots de passe et Grist, un outil no-code super puissant pour gérer vos données. Notre offre actuelle s’adresse aux organisations d’au moins dix personnes, mais on travaille à ouvrir le service aux particuliers et aux petits collectifs d’ici la fin de l’année. La souveraineté numérique ne devrait pas être réservée aux structures déjà bien installées.
Votre offre propose essentiellement les logiciels portés par La Suite Numérique de l’État, pourquoi ? Quel est votre rapport avec les équipes de la Dinum ?
Notre offre comporte en partie des logiciels portés par la DINUM parce que ce sont de très bons outils, tout simplement. Docs, Fichiers, Grist, Visio, ces logiciels ont été développés (ou amélioré pour le cas de Grist) pour répondre aux exigences d’une administration qui gère des données sensibles et des millions d’utilisatrices et d’utilisateurs. Ils sont robustes, open source, maintenus par des communautés actives. Quand on a regardé ce qui existait pour construire LaSuite.coop, la réponse s’est imposée assez naturellement.
D’autant plus que les membres d’IndieHosters ont contribué en partie à l’infrastructure de La Suite numérique de l’État. Cette relation de travail a créé une vraie proximité. Aujourd’hui on remonte des bugs, on participe aux discussions sur la feuille de route, et on s’implique dans les réflexions pour pérenniser le code de ces outils dans la durée. Il n’y a pas de contrat qui nous lie, juste une communauté qui s’articule dans le même sens. On avance ensemble, chacun de son côté, vers le même horizon.
C’est d’ailleurs ce que Timothée est allé défendre plus tôt cette année au FOSDEM : un modèle public-coopératif pour les communs numériques. L’idée est simple et puissante, la DINUM crée et garantit les communs, LaSuite.coop les maintient, les déploie et les rend accessibles au-delà de l’administration, et la communauté en oriente l’évolution. Chacun son rôle, dans le même sens. Un modèle qui n’a pas besoin de capital-risque ni de logique extractive pour tenir, juste des acteurs alignés sur l’intérêt général.
Avez-vous d’autres envies d’ouverture de services en perspective ?
Oui en effet ! D’abord ouvrir le service aux structures de moins de dix personnes et aux particuliers, ensuite, développer un outil de migration pour faciliter la transition vers LaSuite.coop pour le plus grand nombre. Parce qu’on sait que le frein principal ce n’est pas la volonté, c’est la complexité perçue du passage d’un outil à un autre. Un bon outil de migration, c’est ce qui transforme une bonne intention en vrai changement.
Nous avons également des liens étroits avec d’autres éditeurs d’applications qu’on prévoit de faire rentrer dans la gouvernance et dans l’offre prochainement : Biru (avec l’app Tenzu), tiBillet, kaihuri (pour Mobilizon) et peut être vous Framasoft (pour PeerTube).
Super ! Vous êtes actuellement en période de pré-ouverture de levée de fonds, car vous ouvrez votre sociétariat. Qu’est-ce que cela signifie, concrètement ?
Devenir sociétaire de LaSuite.coop, c’est acquérir au moins une part sociale à 100 euros et avec elle, une voix dans la coopérative. Droit de vote, accès aux assemblées générales, possibilité de peser sur les futurs développements des outils. On ne devient pas client, on devient copropriétaire d’une infrastructure numérique souveraine.
C’est rare, et c’est ce qui nous tient à cœur, que les personnes qui utilisent ces outils puissent aussi décider de leur direction. Une coopérative sans sociétaires, c’est une coquille vide. Avec eux, c’est un projet qui s’ancre dans le temps.
Pour l’instant, vous pouvez manifester votre intérêt sur notre site, la campagne ouvrira très prochainement. Ces pré-inscriptions comptent beaucoup pour nous car c’est une façon concrète de mesurer l’intérêt pour le projet et de nous donner la confiance nécessaire pour avancer sereinement vers nos objectifs. Inscrivez-vous dès maintenant sur https://societariat.lasuite.coop/ pour être averti·e en avant-première.

Capture écran site LaSuite.coop
Vous êtes-vous fixé des objectifs financiers à atteindre ? Lesquels et pourquoi ?
Nous nous sommes fixé un objectif minimum de 200 000 € pour avoir les reins solides et franchir un premier cap : augmenter significativement le nombre d’organisations auxquelles nous proposons nos services, en commençant par les coopératives.
Au-delà, nous espérons rencontrer un écho le plus large possible, pour avoir les moyens d’outiller rapidement les petites entreprises et le grand public.
Enfin, à partir d’un seuil de quelques millions d’euros, nous considérons qu’il sera préférable de créer un fonds de dotation pour accompagner l’essaimage de structures comme la nôtre sur le territoire, plutôt que de devenir une méga-structure. Nous avons à cœur de privilégier la mise en réseau de structures à taille humaine comme le font des coopératives telles que Biocoop ou Enercoop, plutôt que de former un monolithe. Sur ce point aussi, on pense différemment des GAFAM !

Les tarifs de LaSuite.coop (au 11/06/2026)
Allongez-vous sur le divan, fermez les yeux… Pour vous, dans 5 ans, LaSuite.coop, c’est quoi ?
Dans cinq ans, on aimerait avoir prouvé qu’un modèle coopératif peut tenir face aux géants, pas en les imitant, mais en faisant mieux sur ce qui compte vraiment. Des outils aussi fluides que Google Workspace, avec un contact humain en plus et des données qui restent les vôtres.
Concrètement, on veut avoir ouvert le service au grand public, développé un outil de migration en un clic depuis Microsoft et Google et commencé à reverser une part de notre chiffre d’affaires aux communs numériques que nous faisons vivre.
On veut aussi avoir les moyens de financer deux postes qui nous tiennent particulièrement à cœur. Le premier : une personne dédiée à la qualité du code que l’on repartage à la communauté open source avec documentation rigoureuse, code lisible, pour que n’importe qui puisse venir étudier ce qu’on fait et s’en emparer. Le deuxième, une personne à temps complet sur l’animation de l’écosystème des communs numériques, en interne ou via une structure partenaire. Parce qu’un commun sans communauté active, ça ne dure pas.
Il y a aussi l’ambition plus large de contribuer à faire migrer une partie significative de la population française vers des outils libres (on a le droit de rêver) et de porter un plaidoyer au niveau européen pour que ce modèle public-coopératif essaime au-delà de nos frontières. Nous sommes convaincus que la souveraineté numérique ne se construira pas pays par pays, chacun dans son coin. En cinq ans, on veut avoir démontré que l’utopie concrète, ça fonctionne.
On espère aussi que dans 5 ans (et même bien avant) on fasse parti des membres bien identifiés des Licoornes et qu’on participe avec eux à promouvoir le modèle coopératif, comme ils le font avec leur campagne ALT au capitalisme en cours.

Question relativement récurrente dans les interviews du Framablog : y a-t-il une question que vous auriez aimé qu’on vous pose ?
La question qu’on redoute un peu mais qu’il faut poser : « Qu’est-ce qui pourrait faire échouer LaSuite.coop ? »
L’indifférence. Pas l’hostilité, ça, ça mobilise, mais l’indifférence… Le sentiment que le problème n’est pas si urgent, qu’on verra ça plus tard. On peut construire les meilleurs outils du monde, porter le modèle le plus juste qui soit, si personne ne se sent concerné, ça ne suffit pas. C’est pour ça que le sociétariat compte autant pour nous. Chaque personne qui rejoint la coopérative, c’est une personne de plus qui a décidé que plus tard c’est maintenant.












