LePartisan - 33 vues
MEDIAS REVUES BLOGS
URL du flux RSS

▸ les 5 dernières parutions

21.05.2026 à 14:35

Guerre en Iran : la crise énergétique booste les ventes de voitures électriques

Marin Saillofest

Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l'énergie, c’est dans les pays où l’approvisionnement en pétrole et en gaz provoque le plus d’inquiétudes que les ventes de véhicules électriques connaissent la plus forte croissance.

L’article Guerre en Iran : la crise énergétique booste les ventes de voitures électriques est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (742 mots)

Dans son rapport publié le 20 mai, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que les voitures électriques devraient représenter 28 % des ventes mondiales cette année, contre 25 % l’an dernier 1.

  • Parmi les principaux marchés, c’est en Europe que la croissance devrait être la plus forte : les ventes de véhicules électriques devraient y augmenter de 20 %.
  • En Allemagne, le premier marché européen pour les voitures électriques, les ventes ont augmenté de 50 % en 2025 notamment en raison d’un plus grand choix de modèles abordables.
  • Les ventes ont connu une forte croissance en Italie (+65 %), en Espagne (+80 %) et en Pologne (+125 %) grâce à la réintroduction ou au maintien d’aides à l’achat. 
  • En France, la part des ventes de véhicules électriques est restée stable (environ 25 %).

La crise énergétique provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait accélérer la croissance des ventes de véhicules électriques, notamment dans les pays les plus exposés.

  • Au premier trimestre de l’année, les ventes dans la région Asie-Pacifique (hors Chine) ont augmenté de 80 % par rapport à l’année précédente, et de 75 % en Amérique latine.
  • En mars, une trentaine de pays ont enregistré des ventes mensuelles record, et 60 pays ont connu une croissance des ventes par rapport à la même période en 2025.
  • En Asie du Sud-Est, les ventes de deux et trois-roues électriques ont été multipliées par deux au premier trimestre. Elles ont augmenté de 30 % en Inde.

La hausse des prix du pétrole rend les véhicules électriques encore plus attractifs pour les consommateurs.

  • Dans l’Union, les conducteurs de véhicules électriques devraient ainsi réaliser 35 % d’économies supplémentaires par rapport à 2025, sur la base des prix moyens du pétrole atteints en avril.

Ces économies sont d’autant plus un argument de vente que dans certains pays, la baisse du prix des batteries et la hausse des importations de modèles chinois bon marché ont conduit à une parité entre le prix des voitures électriques et celui des voitures à combustion.

  • C’est notamment le cas de la Thaïlande, où la parité des prix d’achat entre les modèles électriques à batterie et les modèles à moteur à combustion interne a été atteinte dès 2024.
  • En Indonésie, l’un des principaux marchés d’Asie du Sud-Est pour les véhicules électriques, l’écart de prix entre les électriques et les modèles à combustion interne est passé de +55 % en 2024 à +40 % l’an dernier.

Les États-Unis font figure d’exception, avec une stagnation des ventes de véhicules électriques l’an dernier, qui représentent environ 10 % du total.

  • En janvier, BloombergNEF n’anticipait pas de reprise avant 2027 ou 2028, suite à la suppression par l’administration Trump des crédits d’impôts mis en place sous Biden 2.
  • Les ventes devraient reculer de 20 % cette année par rapport à 2025, malgré le fait que le prix du gallon d’essence a augmenté de 53 % depuis le début de la guerre.
Sources
  1. Global EV Outlook 2026. Growing sales amid an energy crisis, Agence internationale de l’énergie, 20 mai 2026.
  2. Electric Vehicles Have a Bumpy Road Ahead in 2026 », Bloomberg, 6 janvier 2026.

21.05.2026 à 13:00

Le Kremlin se prépare à une défaite en Ukraine

Matheo Malik

La fuite d'un document de l'administration présidentielle révèle comment le régime de Poutine pourrait dissimuler son échec stratégique en victoire Potemkine.

L’article Le Kremlin se prépare à une défaite en Ukraine est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (4743 mots)

En Russie, toute déclaration du président, d’un ministre ou d’un député est souvent présentée comme un élément d’une « idéologie » aux contours complexes, insaisissable et profondément mystérieuse, qui exigerait toute la virtuosité interprétative des commentateurs européens pour être déployée dans toute sa clarté.

En réalité, le monde politique russe est terriblement banal. Comme ailleurs, il se compose en grande partie de technocrates et stratèges politiques (polittekhnologi) et de communicants (piarščiki). 

Une nouvelle preuve a été apportée par le média russe Dos’e, qui révèle un plan élaboré en février dernier par les collaborateurs de l’Administration présidentielle, une présentation PowerPoint proposant une série d’arguments destinés à « vendre » à la population russe une image positive de la « victoire » dans l’hypothèse de la conclusion d’un accord de paix avec l’Ukraine 1.

Produit dans l’entourage de Sergueï Kirienko, directeur adjoint de l’Administration présidentielle, ce document offre quatre enseignements. 

Il confirme d’abord que les responsables du Kremlin sont conscients de la position russe actuelle. Les exigences territoriales sont revues à la baisse  : elles ne concernent plus que les régions de Donetsk et Louhansk ainsi que les territoires de Kherson et Zaporijjia jusqu’à la ligne de front  ; les troupes russes se retireraient même des régions de Soumy et de Kharkiv. Les auteurs de cette présentation expliquent qu’« il faut savoir s’arrêter à temps », autrement dit, avant que les fissures qu’ils constatent dans les sphères économique et sociale du pays ne conduisent à son effondrement. La poursuite d’une guerre d’usure coûterait en effet énormément à la Russie pour un gain assez maigre. La présentation évoque même une « victoire à la Pyrrhus » en cas d’entêtement militaire.

Ensuite, la succession des « éléments de langage » que les communicants du Kremlin suggèrent d’adresser aux différentes couches « problématiques » de la population russe (des ultra-patriotes jusqu’au-boutistes aux employés du complexe militaro-industriel, en passant par les vétérans) montre à quel point l’élite politique du pays est prête à toutes les contorsions discursives pour façonner une réalité alternative — voire même plusieurs réalités contradictoires, puisque les auteurs sont capables de soutenir que Vladimir Poutine s’est toujours prononcé pour les solutions « pacifiques » et que la Russie tient la « paix » pour la valeur humaine la plus élevée, tout en reconnaissant que le mot et l’idée de « paix » sont aujourd’hui « criminalisés » en Russie. En lieu et place d’idéologie, on ne rencontre ici qu’une série de formules mobilisatrices, de mots-clefs et de stratégies politiques visant à s’assurer, à terme, que chacun perçoive l’issue de la guerre comme une victoire indéniable, à mettre au crédit de Vladimir Poutine.

Comme ne manque jamais de le faire la propagande russe, ce document égrène par ailleurs une série de contre-vérités. Là où l’argument de la « catastrophe humanitaire » évitée dans le Donbass par l’intervention russe reste classique, on s’étonnera davantage de découvrir que l’armée russe se serait révélée « la plus opérationnelle du monde ». Les communicants du Kremlin sont prêts à affirmer que la prise de Kyïv n’a jamais été un objectif militaire alors que la phrase « prendre Kyïv en trois jours » est devenue depuis février 2022 un mème pour des dizaines de millions de personnes. À l’inverse, si la Russie a toujours présenté la « dénazification » totale de l’Ukraine comme un objectif de guerre, les auteurs de cette présentation sont bien forcés d’envisager une « dénazification limitée », sans doute trop conscients du fait qu’il n’y a rien à dénazifier en Ukraine — ou plutôt, rien de plus qu’ailleurs en Europe, et assurément moins qu’en Russie.

Ce document révèle une peur diffuse et un certain mépris pour la population. Les vétérans et les « patriotes » sur lesquels le pouvoir s’appuie militairement et politiquement ne font ici figure que de masses informes entre les mains expertes des responsables du Kremlin, effrayés par leur potentiel de cristallisation du mécontentement et de mobilisation du reste de la population. Ce mépris et cette peur sont bien compréhensibles de la part d’élites coupées du monde, qui savent pertinemment qu’elles ont lié leur avenir personnel à celui de Vladimir Poutine et qu’elles risqueraient de chuter en cas d’ébranlement du régime.

En tout état de cause, la mise en œuvre de ce plan rencontrerait un obstacle de taille  : Vladimir Poutine lui-même. Tandis que des conseillers de l’Administration présidentielle s’échinent à faire entendre qu’il faut savoir arrêter une guerre au bon moment, le haut commandement militaire russe semble, au contraire, occupé à convaincre le président que les troupes pourront occuper l’intégralité du Donbass d’ici à l’automne 2026.

Au vu du recul territorial de l’armée russe que l’on observe pour la première fois depuis 2023 et des doutes exprimés par un allié aussi précieux que Xi Jinping 2, estimant que Vladimir Poutine pourrait bien « regretter » un jour d’avoir commencé cette guerre, les communicants du Kremlin paraissent paradoxalement, dans un horizon saturé de mensonges, les plus proches de la réalité.

Attentes et réalité 

La VOV [Velikaja otečestvennaja vojna ou Grande Guerre patriotique] reste la seule image de référence de la Victoire dans la conscience collective. 

Mais cette fois-ci, les choses se passeront différemment. 

  • Il n’y aura pas d’« acte de capitulation ». Voilà bien longtemps que les guerres ne se terminent plus ainsi. La Seconde Guerre mondiale elle-même s’est poursuivie après la capitulation de l’Allemagne et le premier acte de capitulation du Japon. 
  • Il n’y aura pas de « prise de Kiev ». Nous ne nous sommes jamais donné cet objectif. 
  • C’est sur le champ de bataille que nous procédons à la « dénazification ».
  • Au moment de la conclusion de l’accord-cadre, il est probable que Zelensky soit toujours au pouvoir. 
  • À l’ère de l’information, la victoire ne peut pas être unilatérale. Les États-Unis, l’Occident et l’Ukraine revendiqueront la leur. On l’a d’ailleurs constaté à l’été 2025 dans le cas du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Les médias occidentaux se tiennent déjà prêts : « La survie de l’Ukraine est en soi une victoire ».
  • Les choses commenceront sans doute par un accord-cadre : c’est ainsi que se concluent le plus souvent les conflits complexes. Toutefois, il prêtera le flanc à la comparaison avec les accords de Khassaviourt ou de Minsk.
  • L’accord aura, jusqu’à un certain point, un caractère de compromis. 

Le scénario le plus probable

  • Format : un accord-cadre de paix. Potentiellement entre les États-Unis et la Russie et entre les États-Unis et l’Ukraine. 
  • Territoires : Transfert à la Russie de tous les territoires de DNR et LNR [Républiques populaires de Donetsk et Lougansk] jusqu’à la ligne de contact dans les oblasts de Kherson et de Zaporijjia. Retrait des troupes russes des oblasts de Soumy et de Kharkov.
  • Démilitarisation : Statut neutre. Zone tampon. 
  • Dénazification : Symbolique, limitée.
  • Sanctions : Levée des sanctions américaines ; maintien des sanctions européennes. 
  • Finances : Une partie des fonds gelés servira à la reconstruction des territoires ukrainiens et russes affectés par la guerre.

Le visage de la victoire  : argumentaire

La paix obtenue par Poutine est une immense victoire

Poutine a fait plier l’Occident. Nous avons fait échouer les plans occidentaux destinés à étendre et prolonger le conflit. 

Une victoire sur qui  ? 

Sur l’impérialisme international et le globalisme. Ce n’est pas le nationalisme ukrainien que nous avons vaincu, mais un adversaire autrement important, rusé et puissant  : le front occidental.

Une victoire pour quoi  ? 

Pour la défense de nos compatriotes  : le peuple russe du Donbass. C’est un résultat remarquable  : la Russie a défendu les Russes  ; elle a démontré qu’elle n’abandonnait pas les siens. Elle a forgé un bouclier pour mettre à l’abri les russophones de toute l’Ukraine. 

La Russie est vainqueure  ; sa victoire lui rapporte

Les gains de la Russie incluent des territoires, des populations et des ressources. La Russie contrôle plus d’un cinquième de l’Ukraine (110 000 kilomètres carrés), soit une superficie équivalente à la Bulgarie, la Grèce ou la Corée du Nord. Il s’agit d’un territoire riche en ressources naturelles  : charbon, terres rares. Ses terres agricoles sont particulièrement fertiles, surtout dans les régions de Kherson et Zaporijjia. Ce territoire offre de surcroît un accès terrestre à la Crimée. La Russie a ainsi conquis le littoral de la mer d’Azov dans sa totalité, ce qui représente de nouvelles stations balnéaires et espaces de loisir pour des millions de Russes. Ce sont, enfin, des millions de nouveaux citoyens — de citoyens russes, qui plus est. 

Les masques sont tombés, tout est rentré dans l’ordre

La planète entière a bien compris qui était dans son droit et qui était dans son tort. Nous avons prouvé que nous étions plus forts, supérieurs, meilleurs, plus humains. Les nazis ukrainiens ont confirmé qu’ils étaient des nazis, des sadiques, des abominations morales  : nous avons assisté au véritable coming out des élites ukrainiennes.

Après la défaite, il n’y aura plus d’Ukraine

L’Ukraine n’a aucune perspective. Les politiciens préfèrent ne pas en parler, mais l’Ukraine est amenée à disparaître d’ici 10 à 15 ans. Elle n’a plus de population, plus de moyens, une dette énorme, les entreprises sont à l’arrêt et ne font aucun profit. Tout est vendu à l’encan, la population est en fuite. 

Pour l’UE, la défaite annonce une stagnation 

L’UE a fait la démonstration de toute son impuissance. Bruxelles a entraîné les États-membres dans un affrontement inutile et désavantageux avec Moscou. Tous les pays de l’UE y ont perdu sur le plan économique. L’UE est divisée. 

Respect au vainqueur

Nous avons bénéficié du soutien de la majeure partie de la planète. Au cours de la SVO [opération militaire spéciale], nos voisins ont fait mine de nous aider, mais ils testaient en même temps notre solidité. Au lendemain de la victoire, tout cela sera oublié. À l’avenir, notre victoire pourra consolider la place de la Russie comme pôle d’attraction. 

Il faut savoir s’arrêter à temps

La guerre à outrance est une défaite assurée. La poursuite de la SVO nous mène à une victoire à la Pyrrhus. 

La force est dans l’unité

Ceux qui ont quitté le pays sont les représentants de la soi-disant « élite ». Ils ont trahi, avant de prendre la fuite. La Russie s’est purifiée et a consolidé son unité  : c’est une nouvelle victoire que nous pouvons revendiquer. 

Les joies de la victoire

Les aéroports rouvriront, les sanctions seront levées, le commerce reprendra de plus belle. Le fait que les armements russes aient démontré leur robustesse à l’épreuve des combats est un excellent signal pour le complexe militaro-industriel. Les commandes d’armements et de produits alimentaires russes devraient connaître un nouveau souffle. 

Les publics problématiques

Les « ultra-patriotes de canapé »

Spécificités  : émotivité extrême  ; non-participation à l’opération militaire spéciale  ; vision en tunnel (une seule et unique image de la victoire comme « prise de Kiev » et « capitulation »)  ; position dominante dans l’espace public. 

Stratégies  : retourner émotionnellement les figures de proue  ; faire comprendre que la « discrédit » est inadmissible  ; rationaliser (pourquoi il s’agit d’une victoire, pourquoi à ce moment précis, pourquoi il serait néfaste de faire durer le conflit)  ; renforcer le poids des modérés dans l’espace médiatique. 

Les vétérans ultra-patriotes

Spécificités  : partagent l’image ultra-patriotique de la victoire, mais sont en droit d’afficher leur insatisfaction  ; ont subi des pertes socio-économiques  ; facilement affectés (triggers personnels)  ; capables de se mobiliser, de fédérer et d’obtenir l’attention des médias. 

Stratégies  : contrôler cet environnement et soutenir les vétérans à travers la Fondation et les autres organisations qui leur sont destinées  ; créer du lien émotionnel (reconnaître les émotions négatives et les déceptions, pleurer les pertes)  ; canaliser cette population vers des activités sociales conventionnelles (actions mémorielles, participation à des débats sur l’avenir, à la restauration des territoires, inclusion dans des partis politiques)  ; nouveau contrat (se réengager dans l’Africa corps pour des missions à l’étranger). 

Population lasse de la guerre, aspirant à une « vie normale »

Spécificités  : Désir d’un retour complet à une « vie normale », forte attente de dégel de la vie sociale et de croissance.

Stratégies  : Annonce de « bonnes nouvelles »  ; retour à la normale (communications, transport aérien)  ; traditionnelle amnistie post-guerre (pour ceux qui ont pris parti pour la paix).

Employés du complexe militaro-industriel et des organisations à but non lucratif

Spécificités  : Peur de perdre leurs revenus et leur emploi  ; réductions possibles d’effectifs  ; déclin de leur activité principale. 

Stratégies  : Contrôle et soutien  ; argument des nouvelles possibilités (reprise des exportations, reconstitution des réserves, reconversion)

Le thème de la fierté  : principaux arguments 

Hourra  ! La Russie a emporté une victoire incontestable

La Russie a défendu son indépendance, son identité unique et son droit à déterminer elle-même son avenir. La victoire confirme la justesse de la voie que nous avons empruntée.

Et le droit de chaque pays à la souveraineté. Nous avons changé le monde. La Russie n’a jamais renoncé à l’idée que, « au sein de la nouvelle organisation du monde, chacun doit être à l’écoute de tout le monde, tenir compte de chaque point de vue, de chaque peuple, de chaque société, de chaque culture, de chaque système de représentations, d’idées et de foi, sans imposer à quiconque sa propre vérité et bâtir la symphonie de la civilisation humaine sur cette unique base  : la conscience de la responsabilité qui est la nôtre à l’égard de l’avenir, celui des peuples comme celui de la planète » (Vladimir Poutine, 2022).

La Russie a œuvré pour la justice. Elle a sauvé les siens. Elle a empêché une véritable catastrophe humanitaire dans le Donbass. 

La force de la Russie est reconnue dans le monde entier. La Russie a tenu tête à 50 pays au cours d’une confrontation globale. Le nazisme et le globalisme se sont inclinés devant notre puissance. 

Nous avons rempli l’objectif maximal sans même recourir à la mobilisation générale ni faire passer l’ensemble de l’économie et de la vie sociale en état de guerre. 

Nous avons réalisé des gains territoriaux et acquis une reconnaissance. 

Celui qui dévalorise la victoire n’est pas un vrai patriote 

Nous croyons en notre président. Une fois encore, il a surpassé tout le monde  ! Poutine sait ce qu’il fait, bien plus que tous les autres. 

Nous sommes fiers des nôtres. Nos guerriers victorieux. Quel immortel exploit  !  

Notre armée s’est révélée la plus opérationnelle du monde en tenant bon face à l’ensemble de la puissance de feu de l’Occident. 

La société russe elle-même s’est consolidée  : c’est là encore une victoire.

Les exploits militaires, professionnels, spirituels du peuple ont accru les capacités de la Russie. Cette épreuve nous a aussi appris que chacun pouvait devenir « un grand homme ». 

Risques liés à la poursuite de la guerre  : principaux arguments

La poursuite de l’effort de guerre qu’exige une poignée d’ultra-patriotes exigerait un changement drastique de logique  : procéder à une mobilisation générale, placer l’ensemble de l’économie et de la vie sociale en état de guerre, perdre un temps précieux. Tout cela a un coût, et un coût d’autant élevé qu’il n’y aurait aucun avantage pour la Russie  : nous n’allons clairement pas nourrir 30 millions d’Ukrainiens. Les risques principaux sont les suivants  : 

Risques économiques

Estimons-nous heureux de ne pas avoir souffert une catastrophe économique. Comme il l’a toujours affirmé, l’objectif de Poutine est le développement pacifique du pays et l’amélioration des conditions de vie de ses habitants. Mais ce développement passe nécessairement au second plan dans le contexte d’une guerre d’usure (en raison de la pression accrue des sanctions qui nous ont fait perdre les marchés européens pendant la SVO, de l’épuisement des ressources, d’une probable hausse des impôts et du coût de la vie, des réductions d’effectifs liées au besoin d’adaptation des entreprises, de l’inflation et de la contraction des dépenses sociales).

Risques en matière de sécurité

Forte probabilité d’une mobilisation (or, nos « patriotes de salon » semblent n’avoir aucune envie de servir dans l’armée)  ; frappes en profondeur sur le territoire russe  ; chutes de drones  ; activation du plan « kovër » [fermeture du ciel et atterrissage immédiat] dans les aéroports  ; menace terroriste accrue de la part du régime ukrainien. 

Risques démographiques

Nous ne pouvons pas nous permettre une nouvelle phase de déficit démographique  ; la Russie a besoin d’un apport de population, il faut travailler pour l’avenir et ceux qui y travaillent ne doivent pas être des migrants. 

Risques géopolitiques

Affaiblissement probable de la situation de la Russie dans le monde  ; les États-Unis pourraient tirer leur épingle du jeu, asseoir leur contrôle sur des zones d’influence et donner une nouvelle architecture à l’ordre mondial  ; perte probable des positions russes dans des espaces prometteurs comme l’Arctique. 

Image du pays et de ses habitants

La Russie n’est tout de même pas un agresseur, nous avons gagné dans la plus grande dignité  ; nous sommes capables d’anéantir l’Ukraine, mais nous ne luttons pas contre le pays et son peuple, nous nous contentons de défendre nos concitoyens. Nous sommes venus apporter la paix, comme l’a toujours fait le soldat russe dans l’histoire.

La stratégie gagnante pour l’avenir  : thèses clefs 

Enfin un retour à la vie normale.

La vie redevient plus sûre et confortable. Les sirènes d’alerte aérienne et les attaques terroristes visant les aéroports et les quartiers résidentiels sont derrière nous. Le réseau mobile retrouve son état normal de fonctionnement. On n’a plus à s’inquiéter pour sa sécurité et celle de ses enfants. 

Nous redirigeons désormais toutes nos ressources et notre attention sur les questions essentielles que rencontre la population dans son quotidien.

Le climat de stabilité se ressent immédiatement. Il n’y aura pas de hausses d’impôts.

Les voyages redeviennent possibles  ; le commerce reprend. 

La Russie y a beaucoup gagné. Elle a obtenu une macro-région dotée d’un potentiel économique colossal. Les coûts de restauration sont sans commune mesure avec les gains.

La mer d’Azov est devenue une mer intérieure russe.

Ces territoires représentaient jusqu’à 30 % du PIB ukrainien. Leur intégration économique à la Russie est en cours.

Nous assurons l’approvisionnement régulier en eau de la Crimée, de Sébastopol et du Donbass.

Dans la DNR, les capacités de production des gisements de charbon sont estimées à environ 10 milliards de tonnes par an.

Les nouveaux territoires sont capables de nous apporter au moins 5 millions de tonnes de céréales par an. 

La centrale nucléaire de Zaporijjia est la plus grande d’Europe, avec une capacité de 6 GW.

Les sanctions ont été coûteuses pour l’Europe.

Le rouble se renforce.

La Russie a su poursuivre son développement social et économique, ouvrir de nouveaux marchés et assurer sa souveraineté technologique. 

Il est temps de penser à l’avenir. Notre pays a un grand avenir.

De nouvelles perspectives s’offrent en termes de marchés et de technologies. 

Les BRICS sont une source d’opportunités, de nouvelles possibilités pour les enfants et les jeunes Russes, notamment dans le domaine éducatif. 

Au bénéfice de la vie  : thèses clefs 

Une mauvaise paix vaut mieux qu’une bonne dispute

La victoire consiste avant tout à mettre un terme aux effusions de sang. 

La paix épargne des vies humaines et permet d’aller vers l’avenir  : c’est déjà une victoire

Tous nos efforts iront à la résolution pacifique des difficultés et à la gestion des nouvelles menaces. L’Ukraine n’est pas la seule d’entre elles  : de nombreux défis se dressent devant nous. Il nous faudra des forces et des ressources pour développer nos territoires immenses dans l’Extrême-Orient, en Sibérie et dans l’Arctique.

Le seul acteur qui ait besoin de poursuivre à tout prix la guerre, c’est l’Europe, résolue à abattre la Russie à l’usure. Des tendances critiques se font déjà ressentir  ; nous devons à tout prix éviter l’effondrement. 

Heureux les artisans de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu

Poutine a émis des propositions de paix à bien des reprises  ; il a mis fin aux opérations militaires dès que cela a été possible.

Poutine et Trump ont fait du bon boulot. Mais Biden a du sang qui lui coule des dents.

Note du traducteur Cette expression obscure cherche probablement à présenter l’ancien président américain comme un personnage sénile.

Les héros de l’opération spéciale sont morts en luttant pour un ciel sans armes au-dessus de nos têtes. 

Par ce retour à la paix, nous nous assurons que leur sacrifice n’ait pas été pour rien. 

Projets 

1 — Sociologie formatrice

2 — Activités en ligne — Victoire et Mémoire des soldats tombés au front

3 — L’avenir doit être partout. Discussions, tables rondes, flux d’information sur la normalisation de la vie, rapports sur la mise en œuvre de projets sociaux et le développement des infrastructures sociales. IT, pharma, industries créatives  : autant de signaux de ce développement.

4 — « Fête avec les larmes aux yeux ». Féliciter les dirigeants, événements festifs, minutes de silence en mémoire des disparus.

5 — Projet intégré « Victoires de la Russie ». Ensemble de formats médiatiques décrivant dans toute leur diversité des sorties de conflit, en soulignant notamment que la capitulation n’est pas une issue nécessaire. Les victoires de la Russie, outre 1812 et 1945  : rappel d’autres dates (notamment en Extrême-Orient, dont le traité d’Aïgoun, etc.). Programme éducatif  : conférences et tables rondes, débats et autres projets sur les différentes sortes de victoires (faire appel à la société Znanie, aux scientifiques, aux blogueurs populaires traitant de sujets historiques)

6 — « La Russie après la victoire ». Mise à l’ordre du jour d’un programme de futurologie consacré au développement de l’après-guerre, avec cycle de tables rondes, discussions dans les médias, articles. Sous différents angles  : « victoire », « gains », « bénéfices ». 

Cycle de conférences, formats médiatiques  : « Nous avons vaincu. L’étape suivante, c’est l’avenir. À quoi va-t-il ressembler  ? »

7 — Mettre les vétérans sur la bonne voie  : publicités sur les réseaux sociaux, blogs, JT, créations artistiques. L’idée  : « Untel est devenu un membre respecté de la communauté / a acheté une voiture russe / a fini sa maison / a créé sa propre entreprise / a ouvert un hôtel / a intégré une université prestigieuse. Pendant ce temps, son compagnon d’armes a sombré dans l’alcool / s’est suicidé / a fini en prison ». Faire la propagande de la norme, et non pas des cas extrêmes. Faire passer au premier plan les nouveaux héros et relais d’opinion. 

8 — Retour à la culture « d’après-guerre » comme projet de fond. Par analogie avec le cinéma et la littérature du « dégel » des années 1960. Accent mis sur les enjeux humains et pacifiques. Esthétique du « retour à la normale ». Un dégel sous contrôle. Retour de l’humour dans la vie politique, réhabilitation du mot « paix », levée des condamnations. 

9 — Tempérer le niveau de radicalisme et de bellicisme. Limiter la présence médiatique des turbo-radicaux aux passions nucléaires. Réorienter ou marginaliser les plus rétifs. 

10 — Formats médiatiques sur les BRICS et l’histoire de nos réussites au sein de la « nouvelle politique internationale ». Nouveaux projets d’investissement, usines, coopération technologique — dans une langue compréhensible par tous. Rupture avec le tropisme occidental dans l’approche de la politique internationale et de la culture (« Que se passe-t-il d’intéressant en Chine, qui sont les artistes préférés au Brésil, quelles sont les dernières inventions en Inde… »)

11 — Amnistie en l’honneur de la victoire. Une tradition et un signal caractéristique. En Russie, on la pratique depuis la fin de la guerre de Crimée. D’abord et avant tout pour ceux qui se sont prononcés pour la paix. Réhabilitation (décriminalisation) du mot « paix » et de l’idée associée. L’amour de la paix fait partie intégrante de notre caractère et de nos traditions, nous avons toujours aspiré et aspirerons toujours à la paix. Mettre l’accent sur les actions de la Russie en faveur de la paix tout au long de son histoire (excursus historiques).

12 — Symboles du sacrifice du peuple russe dans la SVO et la victoire  : édification de monuments, inauguration d’églises, conservation d’archives. 

Sources

21.05.2026 à 06:30

Face à une pression fiscale exacerbée par la guerre en Iran, l’Indonésie s’apprête à renforcer son contrôle sur les exportations

Marin Saillofest

Dans les prochains mois, Jakarta prévoit de placer sous contrôle étatique les exportations de plusieurs matières premières stratégiques.

L’article Face à une pression fiscale exacerbée par la guerre en Iran, l’Indonésie s’apprête à renforcer son contrôle sur les exportations est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Texte intégral (729 mots)

Le président indonésien Prabowo Subianto a dévoilé hier, mercredi 20 mai, un plan visant à centraliser les exportations de matières premières clefs du pays, dont le charbon et l’huile de palme, afin d’augmenter les recettes publiques tout en exerçant un contrôle plus strict sur la vente des produits et leurs tarifs 1.

Cette décision intervient alors que l’Indonésie fait face à une pression fiscale exacerbée par la fermeture du détroit d’Ormuz.

  • Prabowo a cité lors de son discours « l’impact et l’influence considérables » des guerres en Ukraine et en Iran sur les finances du pays 2.
  • L’Indonésie est le premier exportateur au monde de charbon et d’huile de palme, et le premier producteur de nickel, un composant essentiel pour la production de batteries électriques dont le prix a atteint son niveau le plus élevé depuis deux ans.
  • Plus de 50 % des importations de charbon de la Chine, le premier consommateur au monde de l’hydrocarbure, viennent d’Indonésie.

Cette mesure vise, selon Prabowo, à lutter contre des pratiques comme la sous-facturation, qui impactent les recettes fiscales et faussent les données commerciales. Au cours des prochains mois, les ventes des matières premières, dont le charbon et le nickel mais aussi potentiellement la bauxite, le cuivre et l’étain, seront ainsi progressivement placées sous le contrôle d’une entreprise publique, supervisée par le fonds souverain Danantara, qui sera la seule autorisée à les exporter vers l’étranger.

  • Si l’Indonésie est un important exportateur d’hydrocarbures, le pays est un importateur net de pétrole, dont le prix a augmenté de 43 % depuis la fermeture du détroit d’Ormuz.
  • Le déficit budgétaire, légalement plafonné à 3 % du PIB, s’élevait à 2,92 % l’an dernier. Chaque hausse de 1 dollar américain par baril pourrait creuser le déficit de 6 700 milliards de roupies, soit près de 330 millions d’euros 3.

Jakarta a mis en place plusieurs mesures visant à limiter la consommation d’énergie et à protéger les consommateurs face à la hausse des prix depuis le lancement de la guerre contre l’Iran, le 28 février.

  • Le gouvernement tente notamment d’accélérer le passage aux biocarburants, et a mis en place un jour de télétravail obligatoire par semaine pour les fonctionnaires.
  • Prabowo vise à déployer d’ici cet été une nouvelle norme de biocarburant, le B50, un mélange contenant 50 % de biodiesel issu notamment de l’huile de palme, dont le pays dispose d’importantes ressources.
Sources
  1. Indonesia takes control of ‘strategic’ commodity exports with new body », Nikkei Asia, 20 mai 2026.
  2. Indonesia’s Prabowo announces export controls for coal, palm oil », France24, 20 mai 2026.
  3. Energy crisis caused by Iran war reveals a tale of two Indonesias », The Straits Times, 7 avril 2026.
3 / 5

 

  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Gigawatts.fr
Goodtech.info
Quadrature du Net
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌞