Dans le premier entretien international après son Nobel, María Corina Machado nous avait dit être confiante : « Le Venezuela sera libre ».
Candidate désignée de l’opposition pour l’élection présidentielle du 28 juillet 2024, Machado envisageaient de se présenter face aux vénézuéliens avec un programme de rupture : une transformation profonde de l’État, pensée pour refonder une démocratie sur les décombres du régime de Nicolás Maduro.
Sa candidature, qui risquait de susciter une grande adhésion populaire, avait toutefois été bloquée par le régime. Le Tribunal suprême de justice l’avait déclarée inéligible.
Après la capture de Maduro, son nom a de nouveau été écarté — cette fois par le président américain.
Lors de la conférence de presse historique prononcée hier soir à Mar-a-Lago, Donald Trump a déclaré : « Je pense que ce serait très difficile pour elle d’être la dirigeante. Elle n’a pas le soutien ni le respect à l’intérieur du pays. C’est une femme très gentille, mais elle n’a pas le respect. »
À la place, le président américain — qui n’a pas prononcé une seule fois le mot « démocratie » — a annoncé vouloir exercer un contrôle direct sur le Venezuela afin d’en exploiter les ressources fossiles, dans une logique de prédation assumée aux accents colonialistes.
Selon une source proche du dossier citée par le Washington Post, l’acceptation du Prix Nobel par Machado aurait été son « péché ultime », ajoutant : « Si elle l’avait refusé en disant ‘je ne peux l’accepter car il revient à Donald Trump’, elle serait présidente du Venezuela aujourd’hui. » 1
Pour comprendre pourquoi María Corina Machado représente, aux yeux de ses soutiens comme de ses adversaires, une alternative si puissante, il faut lire son programme — que nous traduisons ici pour la première fois en français.
Préambule
Avec ce programme, nous proposons une voie ambitieuse et réaliste pour parvenir à la liberté, à la démocratie et à la prospérité du Venezuela après plus de deux décennies de destruction économique, sociale et institutionnelle dévastatrice.
Nous proposons un nouvel accord national pour construire dès maintenant et pour l’avenir une manière différente de vivre ensemble et de nous gouverner entre Vénézuéliens. Un accord qui nous permettra de sortir des ruines dans lesquelles se trouve le pays et de panser les blessures, qui permettra d’aboutir à une vision commune de l’avenir, avec l’optimisme, l’espoir et la confiance qui nous permettront de tisser les fondements d’une société de personnes libres.
Cet accord permettra aux Vénézuéliens de forger leur propre destin grâce au travail honnête de chacun, au respect mutuel, à l’ordre et aux lois, où les familles ne vivront pas dans la crainte que leurs enfants doivent partir à l’étranger pour avoir une vie meilleure.
L’un des objectifs centraux de cet accord consiste à redéfinir la relation entre l’État et la société. Nous proposons un État au service des citoyens, un État plus petit et plus robuste, qui respecte et préserve les principes démocratiques et dans lequel les Vénézuéliens sont les propriétaires légitimes de la nation. Un accord, enfin, qui libère les forces de l’économie de marché, qui libère l’énorme potentiel du Venezuela et dans lequel les Vénézuéliens ont des chances égales de prospérer grâce à leurs propres efforts, sans avoir à se soumettre à l’indignité des dons publics. L’accord national que nous présentons est le résultat d’une profonde réflexion collective, d’un apprentissage et d’une croissance que nous avons connus au cours des années difficiles que nous avons traversées en tant que société. Nous nous engageons à surmonter et à laisser derrière nous les mythes et les idées qui nous ont amenés là où nous en sommes aujourd’hui, afin d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire du Venezuela, où la collaboration, le respect et la construction commune seront les piliers fondamentaux de cette nation.
Notre vision est celle d’un pays démocratique où la liberté et la vie sont respectées, un pays prospère intégré dans les réseaux mondiaux de création de valeur de l’économie et du savoir. Un pays où la richesse est produite, où la pauvreté est systématiquement réduite, où les citoyens sont rendus indépendants et où la mobilité sociale est favorisée, ce qui entraîne une expansion massive de la classe moyenne.
Le Venezuela sera une république fédérale, libérale, démocratique, moderne et prospère, qui sera à l’avant-garde de la défense de la liberté dans la région et servira de modèle en matière de promotion de l’innovation, de participation citoyenne et d’égalité des chances pour tous les habitants de cette Terre de Grâce.
La transition vers ce Venezuela implique de reconnaître les grandes difficultés et les obstacles de la situation actuelle, mais aussi de réaffirmer la décision d’opérer un changement de cap radical.
Ce changement doit être guidé par une stratégie permettant de réparer les grands déséquilibres économiques et sociaux actuels. Pour cela, des mesures en matière de politique économique, d’inclusion sociale et de changement institutionnel seront mises en œuvre dans le but de positionner le Venezuela parmi les nations les plus prospères du monde.
D’où l’on vient
Le Venezuela est connu internationalement comme un exemple d’échec économique, de niveaux de pauvreté inimaginables, d’émigration désespérée de près de 25 % de sa population, et pour le caractère corrompu, dictatorial et antidémocratique du régime qui a pris le pays en otage pendant plus de deux décennies.
Telle est la réalité actuelle que nous devons changer.
En 25 ans, le Venezuela est passé du statut de pays le plus riche d’Amérique latine à celui de l’un des plus pauvres du monde.
L’économie vénézuélienne s’est contractée de 75 %, mesurée en termes de PIB en dollars américains entre 2012 et 2022. Rien qu’en 2019, avant l’impact mondial de la pandémie, l’économie a reculé de 35 %. L’inflation cumulée entre 2015 et 2022 a atteint le chiffre absurde de 8,5 millions de millions de pour cent, avec un pic de 65 447 % en 2018.
La valeur du bolivar s’est dépréciée de 223,2 milliards de pour cent par rapport au dollar. L’inflation et la dépréciation de la monnaie nationale ont atteint des records historiques mondiaux.
Mais l’exemple le plus parlant de l’inflation et de la dévaluation de la monnaie est peut-être le prix d’un kilo de farine de maïs, avec laquelle est fabriqué le produit alimentaire le plus basique du Venezuela, l’arepa. En 2015, il valait 19 bolivars, alors qu’à la fin de 2022, son prix était de 1,9 million de millions de bolivars de 2015 (1 900 000 000 000 bolivars !).
En 2000, 70 % des Vénézuéliens appartenaient à la classe moyenne et moins de 25 % étaient pauvres. En 2022, en raison de la débâcle économique, 82 % de la population vivait dans la pauvreté (mesurée en termes de revenus), dont 53,3 % dans l’extrême pauvreté.
Le Venezuela se distingue par la grave crise humanitaire qui a contraint plus de 7 millions de personnes à émigrer jusqu’en 2023, dans la plupart des cas dans des conditions d’extrême précarité et de danger. Cela représente près de 25 % de la population qui vivait au Venezuela en 2015, et la moitié du total des migrants de toute l’Amérique latine. Un autre record historique.
Le système de santé vénézuélien s’est effondré.
Les infrastructures sont à l’abandon, 60 % des hôpitaux ne disposent pas d’eau potable et seuls 31 % sont ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Les médicaments et les fournitures du secteur de la santé, y compris les services d’urgence et de chirurgie, sont peu disponibles, et dans la plupart des cas, les patients doivent les acheter, lorsqu’ils les trouvent, pour les fournir au centre de santé.
Le système éducatif est une autre victime des deux dernières décennies et demie. Les enseignants ont des salaires misérables, de 20 dollars par mois en moyenne, comparés aux salaires en Amérique latine, qui se situent entre 800 et 2 000 dollars. Les supports pédagogiques ont été déformés, faussant l’histoire du pays. Les examens qui évaluaient les acquis des élèves ont été supprimés il y a deux décennies — ce qui rend impossible de connaître au niveau national les progrès scolaires des enfants.
En 2021, une étude de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a révélé que 68 % des élèves présentaient un retard important en lecture et en écriture. Plus de 40 % d’entre eux étaient capables de lire seulement 64 mots par minute, alors qu’ils devraient en lire 85 à 90, et leur compréhension des textes était déficiente.
Certaines données montrent le niveau de détérioration de l’enseignement supérieur. Selon des documents officiels, les inscriptions en 2018 étaient inférieures de 25 % à celles de 2008. Un autre rapport indépendant estime que 40 % des enseignants ont émigré ou ont été employés dans des universités privées. Parallèlement, le salaire moyen d’un professeur d’université est de 15 dollars par mois.
Enfin, une donnée clef révèle le niveau de destruction de la sécurité sociale dans le pays : les retraites au Venezuela ont atteint des niveaux de misère, équivalant à 4 dollars par mois en 2023. Le système de retraite a été détruit et les fonds ont été expropriés par le régime.
La situation du Venezuela, telle qu’elle ressort de ces chiffres, est le résultat de politiques économiques et sociales absurdes qui ont détruit le pays jusqu’à en faire l’un des plus pauvres d’Amérique latine.
Le régime qui contrôle le pouvoir au Venezuela depuis 25 ans a exproprié, étouffé et détruit une grande partie des entreprises efficaces et productives, anéantissant les emplois formels bien rémunérés dans le secteur privé et gonflant l’emploi public improductif ; il a détruit la confiance nécessaire pour investir dans le pays ; il a détruit la compagnie pétrolière nationale PDVSA, vitale pour le Venezuela ; il a augmenté les dépenses publiques de manière exponentielle, compromettant la stabilité économique et générant une dette que les générations futures devront supporter ; il a maintenu des politiques monétaires inflationnistes et ruineuses pour la nation ; et a gaspillé et volé les immenses revenus pétroliers qui ont atteint plus d’un billion de dollars entre 1999 et 2019 (1 000 000 000 000 dollars).
La situation de la dette publique est particulièrement préoccupante par rapport à la taille de l’économie.
Il y a 25 ans, le produit intérieur brut du Venezuela atteignait plus de 100 milliards de dollars. Si le pays avait suivi le rythme de croissance de cette époque, l’économie vénézuélienne pourrait aujourd’hui dépasser les 600 milliards.
Cependant, la réalité est que la taille de l’économie vénézuélienne est aujourd’hui inférieure à 70 milliards de dollars. Par ailleurs, la dette extérieure de la République a atteint 158 milliards de dollars en avril 2023, selon les estimations du Fonds monétaire international, ce qui représente 220 % de la taille actuelle de l’économie.
Outre le désastre économique et social, le régime actuel a détruit les institutions démocratiques et violé systématiquement les droits humains fondamentaux. Il a empêché le libre débat d’idées et refusé de manière frauduleuse le changement politique nécessaire pour surmonter la débâcle humaine, économique et institutionnelle que connaît le pays. Il s’est emparé de toutes les institutions de l’État et a mis fin à la séparation des pouvoirs publics.
Il a affaibli la décentralisation et la structure fédérale de l’État en s’appropriant des compétences et des ressources qui sont mieux gérées par les autorités municipales et régionales. Ses alliances avec les guérillas colombiennes et les mafias internationales du trafic de drogue ont fait du Venezuela l’un des pays les plus dangereux et les plus instables au monde et ont conduit à la fragmentation du territoire national en zones où les guérillas et les groupes illégaux ont remplacé l’État dans ses fonctions.
L’exploitation minière illégale et aveugle encouragée par le régime, et dont il tire profit, détruit de vastes zones de l’Orinoquia et de l’Amazonie et menace les sources et les bassins des grands fleuves vénézuéliens.
Les dirigeants du régime ont détérioré les relations internationales avec la plupart des pays démocratiques et nombre d’entre eux sont recherchés par les tribunaux internationaux et Interpol pour des crimes graves.
La possibilité qui s’ouvre dans un avenir immédiat, outre celle de mettre fin au désordre, au pillage économique et à la destruction sociale et institutionnelle dont le pays a souffert, est également celle de dépasser la vision d’un État omnipotent qui a largement caractérisé le Venezuela depuis le boom pétrolier du milieu du XXe siècle.
Le pays peut s’engager sur une voie qui lui permettra de devenir un producteur de richesse grâce à l’effort honnête du capital et du travail — et non de recréer un État interventionniste dans tous les aspects de la vie des Vénézuéliens.
Le Venezuela possible
Malgré la débâcle sociale et économique du Venezuela, il existe encore un espoir pour un avenir prospère pour tous les Vénézuéliens.
Le pays peut rectifier le cap avec les politiques adéquates.
Il faut commencer par stabiliser la situation de chaos économique et social, tout en stimulant la croissance économique à des taux élevés. Nous appelons cette politique « stabilisation expansionniste ».
Pour y parvenir, outre la nécessaire stabilisation fiscale et monétaire, il faut mettre en œuvre un programme soutenu d’investissements publics et privés massifs dans les infrastructures, les biens publics, la santé et l’éducation, entre autres. L’effet que cela aura sur la stimulation de l’activité économique à court terme et l’augmentation de la productivité à moyen et long terme sera le principal moteur de la croissance durable du pays.
Parallèlement, il faut entreprendre un vaste programme de privatisation des entreprises publiques — y compris dans le secteur pétrolier, afin de décharger l’État des fonctions entrepreneuriales qui ne lui incombent pas et d’attirer les investissements nationaux et internationaux qui revitaliseront l’économie.
À mesure que la croissance s’accélérera, la pauvreté diminuera massivement et une classe moyenne large et prospère verra le jour.
La croissance économique, fondée sur le travail honnête de ceux qui habitent cette Terre de Grâce et des Vénézuéliens dans le monde, créera un cercle vertueux de bien-être social croissant et ouvrira les portes d’un Venezuela productif et offrant des opportunités pour tous.
Cette vision nécessitera le rétablissement des garanties juridiques, économiques et sociales nécessaires pour donner confiance aux investisseurs privés nationaux et internationaux, dans un environnement de libre marché.
Il faudra également rétablir le crédit de la République et obtenir un financement abondant des organismes internationaux, auxquels le Venezuela devra se réinsérer. La voie pour retrouver la prospérité du Venezuela, créer de la richesse, réduire considérablement la pauvreté et développer massivement la classe moyenne passe par le rétablissement de la démocratie.
L’immense majorité du peuple vénézuélien rejette le régime dictatorial.
Le grand mouvement social qui se crée en faveur du changement conduira à des processus électoraux qui ouvriront la voie au changement et à la guérison du Venezuela. Ces élections doivent être véritablement libres, vérifiables et garanties par une surveillance internationale efficace, afin que la majorité écrasante des Vénézuéliens se prononce en faveur d’un changement radical de cap éthique, politique, économique et social du pays.
Le gouvernement présidé par María Corina Machado s’appuiera sur trois principes fondamentaux :
Libre développement de l’individu
Nous reconnaissons la dignité humaine intrinsèque et le potentiel créateur des personnes libres, que nous considérons comme le moteur du développement du pays. Ce principe implique d’encourager l’innovation et le savoir, de promouvoir la solidarité et de respecter la liberté d’association des citoyens, comme fondements d’une société civile forte.
Un État au service des citoyens
L’État doit protéger la vie, la liberté et la propriété de chaque citoyen et, pour cela, il doit lui garantir l’accès à la justice, à la sécurité et aux biens publics. Dans un Venezuela Terre de Grâce, les pouvoirs publics agiront de manière indépendante et l’État consolidera définitivement une structure fédérale. En outre, l’administration publique sera régie par les principes d’efficacité, de méritocratie et de transparence.
Économie de libre marché
Une économie où la concurrence est respectée et encouragée, dans l’intérêt d’une croissance constante des niveaux de productivité, d’efficacité et de qualité des biens et services échangés. Ce modèle suppose le respect sans restriction de la propriété privée afin d’encourager toutes sortes d’initiatives entrepreneuriales, ainsi que l’ouverture du Venezuela aux marchés mondiaux.
Dans le cadre de ces trois principes, nous présentons ci-dessous un ensemble de politiques prioritaires pour la reprise du Venezuela et sa projection vers un avenir de liberté, de démocratie et de bien-être social inclusif. Chaque secteur politique définit les actions à court, moyen et long terme qui sont nécessaires.
Six axes politiques pour parvenir à la liberté, à la démocratie et à la prospérité au Venezuela
1. BASES POLITIQUES POUR LA COHABITATION : RÉTABLISSEMENT DE LA LIBERTÉ, DE LA DÉMOCRATIE ET DU FONCTIONNEMENT EFFICACE DE L’ÉTAT
Notre proposition conçoit l’État comme une structure au service du citoyen.
Il s’agira d’un État subsidiaire, qui se consacrera à garantir l’accès aux biens et services publics et interviendra dans les domaines que le marché et la société ne peuvent pas prendre en charge. En ce sens, l’État tendra à être plus petit mais plus efficace, garantissant la rigueur et la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et améliorant la qualité des services qu’il doit fournir pour le développement du pays.
Ainsi, (i) la structure de l’État sera modifiée afin de garantir l’indépendance des pouvoirs publics et une structure fédérale de gouvernement, expression également du principe de subsidiarité depuis les gouvernements locaux jusqu’aux gouvernements des États, et de ceux-ci jusqu’au gouvernement national ; (ii) les structures bureaucratiques seront simplifiées et les technologies de l’information et de la communication pertinentes seront intégrées dans leurs opérations ; (iii) un programme de professionnalisation des fonctionnaires sera mis en œuvre, axé sur les notions de gouvernement ouvert, de méritocratie et de gestion publique moderne et intelligente.
Les priorités pour rétablir le respect des libertés publiques, des droits démocratiques et l’efficacité de l’État sont les suivantes :
COURT TERME
- Rétablissement des principes républicains d’indépendance et d’équilibre des pouvoirs publics, de sorte que les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire coopèrent pour reconstruire le pays, et garantie de l’indépendance de chacun afin d’assurer le fonctionnement transparent des institutions et l’équilibre nécessaire pour éviter les abus de pouvoir. Les institutions démocratiques seront renforcées afin de garantir des élections libres, fiables et transparentes, permettant l’alternance et assurant le respect des droits politiques des citoyens.
- Réorganisation du gouvernement national afin de le rendre plus robuste, de le concentrer sur les fonctions fondamentales de l’exécutif, en supprimant les ministères et autres organismes inutiles qui créent de la bureaucratie et en le rendant plus efficace au service des citoyens.
- Légitimation du pouvoir législatif par voie électorale afin d’établir une Assemblée nationale représentative de la volonté populaire. Le pouvoir législatif légitimé procédera au renouvellement des autorités des différents organismes qu’il lui appartient constitutionnellement d’élire.
- Légitimation et indépendance du pouvoir judiciaire et rétablissement des garanties juridiques sans ingérence du gouvernement en place et des partis politiques grâce à l’institutionnalisation du système d’administration de la justice. La justice sera rendue selon le principe que la liberté individuelle est un principe universel, qui doit être assumé de manière responsable, limité uniquement par le droit légitime des autres personnes à ne pas subir de préjudice. Tous les citoyens seront égaux devant la loi. La justice interviendra principalement pour réparer les dommages causés par l’abus objectif de la liberté individuelle. Pour mettre en place le système judiciaire, il convient de : (i) créer une carrière judiciaire qui valorise le juge et l’opérateur de justice, fondée sur les mérites professionnels, moraux et civiques, et accessible par concours public ; (ii) garantir l’indépendance des juges ; et (iii) doter le pouvoir judiciaire des ressources nécessaires pour remplir ses fonctions et accélérer les procédures judiciaires. De même, la réintégration dans le système interaméricain de justice sera demandée, en reconnaissant la force contraignante que revêtent pour l’État vénézuélien, pour des raisons constitutionnelles, les recommandations, instructions et décisions rendues tant par la Commission interaméricaine des droits de l’homme que par la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Toutes les décisions rendues par ce système qui sont en suspens à ce jour seront immédiatement exécutées. La compétence de la Cour pénale internationale sera pleinement reconnue, ainsi que celle des autres organes qui composent le système de justice internationale reconnu par les pactes, accords et conventions valablement signés par la République.
- Respect de la liberté d’expression et de l’indépendance des médias. Les entreprises illégalement expropriées et les licences d’exploitation seront restituées.
COURT ET MOYEN TERME
- Restructuration de l’État afin de garantir les droits de l’homme, la justice, les libertés politiques, la transparence du gouvernement dans l’utilisation des ressources publiques, et d’améliorer la qualité et l’efficacité des services aux citoyens. Réorganisation et renforcement du système fédéral de gouvernement afin de garantir la coopération et le respect mutuel entre le gouvernement national, les États et les municipalités, ainsi que l’efficacité des différents gouvernements territoriaux. Renforcement des mécanismes institutionnels qui soutiennent le principe de subsidiarité en tant que mécanisme de relation primordiale entre les différents niveaux de gouvernement et avec les citoyens. Adaptation des compétences administratives et des responsabilités fiscales des différents niveaux de gouvernement afin de garantir le bon fonctionnement de l’administration de l’État.
- Numérisation des processus administratifs de l’État et des services aux citoyens (E-Gov) afin de faciliter un accès rapide et sécurisé à ceux-ci. Parallèlement à la numérisation, il est nécessaire de revoir l’ensemble des formalités requises et les recettes associées, et d’évaluer la suppression de celles qui constituent des contrôles inutiles qui entravent l’activité productive et restreignent les libertés publiques.
- Une carrière dans la fonction publique méritocratique basée sur les résultats sera mise en place afin de rendre l’administration de l’État attrayante pour les personnes compétentes et ayant la vocation de servir les citoyens.
- Les fonctionnaires qui en ont besoin seront recyclés, professionnalisés et réaffectés à des fonctions publiques légitimes et nécessaires, ou auront la possibilité d’être employés par le secteur privé qui se développera grâce au programme de privatisations et à la croissance même de l’économie. Les employés qui choisissent de passer au secteur privé bénéficieront d’incitations et du soutien de l’État dans le processus de transition professionnelle.
- Les réformes juridiques nécessaires seront encouragées afin de garantir les droits civils et politiques des Vénézuéliens à l’étranger — y compris le droit de participer aux processus électoraux et la mise en place d’une représentation parlementaire.
2. STABILISATION EXPANSIVE : UNE ÉCONOMIE AU SERVICE DE LA PROSPÉRITÉ, DE L’ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ ET DE LA CROISSANCE DE LA CLASSE MOYENNE
Afin de bâtir une nation prospère, un programme de stabilisation expansionniste sera mis en œuvre. Nous nous efforcerons : (i) d’instaurer un cadre de stabilité économique et financière, tout en (ii) prenant des mesures visant à stimuler une croissance forte et la création d’emplois formels bien rémunérés, ce qui favorisera la mobilité sociale, le progrès et le bien-être des citoyens, ainsi que la sécurité énergétique et alimentaire.
Notre proposition met l’accent sur le rôle central de l’initiative privée. Il sera donc nécessaire, entre autres, de mettre en œuvre un programme de privatisations massif et transparent et de favoriser la création d’entreprises. La croissance économique est la clé pour créer des emplois bien rémunérés, réduire considérablement la pauvreté et élargir massivement la classe moyenne. Pour faire du Venezuela Tierra de Gracia un projet d’investissement attractif, il faut en faire un pays politiquement stable, économiquement stable et rentable, et géopolitiquement actif.
Les politiques prioritaires pour construire une économie prospère comprennent :
COURT TERME
- Rétablissement des garanties économiques et respect de la propriété privée, grâce à des réformes juridiques et politiques visant à empêcher les expropriations et la perturbation arbitraire de l’activité économique. Le gouvernement garantira le droit de tous les citoyens à exercer des activités économiques privées dans une économie de marché, avec les réglementations nécessaires pour assurer le fonctionnement efficace des marchés, la santé publique, la préservation de l’environnement et les droits du travail.
- Stabilisation de la situation macroéconomique, en mettant particulièrement l’accent sur la réduction du déficit budgétaire et de son financement monétaire, afin de réduire l’inflation et d’assurer la stabilité des taux de change avec libre convertibilité. Réintégration dans les flux mondiaux d’investissement et de commerce. Dialogue avec les organismes multilatéraux pour la mise en œuvre de réformes structurelles à court et moyen terme afin de consolider la stabilité macroéconomique et de favoriser une croissance durable ; restructuration de la dette extérieure ; et réintégration du Venezuela sur les marchés financiers internationaux. Un soutien à l’aide humanitaire d’urgence sera convenu, notamment dans les domaines de l’alimentation, de la santé et de l’éducation, avec une attention particulière pour les groupes vulnérables.
COURT ET MOYEN TERME : LE PLAN DE STABILISATION
- Dans le domaine fiscal, la transparence et la réorganisation du budget seront assurées afin de répondre à l’urgence sociale et humanitaire, de sauver les infrastructures publiques dans les domaines de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement, des transports, de la santé et de l’éducation, dans le but d’améliorer la qualité de vie de la population et de relancer l’activité économique sur des bases durables et la création d’emplois bien rémunérés. La taille de l’État sera optimisée afin de réduire le déficit budgétaire et d’éviter les pressions inflationnistes. Une fois la dette extérieure restructurée, une règle budgétaire sera adoptée afin d’assurer la viabilité des finances publiques à long terme. Le système fiscal sera simplifié, ce qui le rendra plus efficace et plus transparent. De même, les procédures et formalités bureaucratiques qui empêchent la formalisation des activités productives de tous les types d’entreprises du secteur privé seront réduites.
- Dans le domaine monétaire et des changes, l’indépendance institutionnelle et la capacité technique de la Banque centrale seront rétablies afin de mettre en œuvre un programme monétaire conduisant à une réduction drastique de la progression des prix, grâce à des objectifs d’inflation spécifiques dans des fourchettes limitées. Cette politique s’accompagnera d’une augmentation soutenue des réserves internationales résultant de la réintégration du Venezuela dans le système financier international, afin de parvenir à la stabilité financière et monétaire. La monétisation du déficit budgétaire sera supprimée, en tant que mesure anti-inflationniste fondamentale. Le libre échange et la libre circulation des devises internationales seront autorisés. À mesure que l’inflation diminuera, les taux d’intérêt seront progressivement ajustés jusqu’à atteindre des niveaux réels positifs.
- La crise de la dette publique sera affrontée en convenant avec les organismes multilatéraux et les créanciers de la nation des conditions de paiement compatibles avec les exigences de stabilisation de l’économie et de mise en place des bases d’une croissance soutenue à moyen et long terme. Un processus de négociation sera engagé pour la restructuration de la dette avec un éventail d’options pour l’échange d’obligations. Une fois la restructuration convenue, l’option d’échange de dette contre des actifs sera ouverte, ce qui pourrait favoriser une réduction supplémentaire de la dette publique afin d’accélérer le processus de privatisation, de redimensionner la taille de l’État et d’augmenter l’investissement privé. Les actifs internationaux de la République seront protégés.
COURT ET MOYEN TERME : LE PLAN D’EXPANSION ÉCONOMIQUE
- Mise en place d’un programme de financement international avec le Fonds monétaire international, les banques multilatérales de développement et les agences bilatérales, afin de répondre aux besoins immédiats liés à l’urgence humanitaire et d’investir dans les services publics essentiels et les infrastructures. De même, les canaux de commercialisation avec le reste du monde seront ouverts, grâce à la simplification de la production nationale et au renforcement des alliances et des relations avec les entreprises internationales et des échanges commerciaux. Les réformes fiscales et commerciales viseront à réduire les dépenses fiscales et les avantages tarifaires afin de promouvoir l’équité horizontale et de diminuer les coûts de transaction dans tous les secteurs de l’activité économique.
- Programme massif d’investissements publics et privés dans les infrastructures et les biens publics de soutien à la production afin de stimuler la création d’emplois, la productivité et la croissance économique. Les investissements dans les infrastructures comprendront la reconstruction des services d’éducation et de santé, d’énergie et d’eau, ainsi que le soutien à la production et à la productivité de l’économie grâce à la construction et à la réparation de routes, de ports, d’aéroports, de services publics, de bâtiments hospitaliers et éducatifs, de logements, d’équipements urbains, au développement des télécommunications et des infrastructures numériques. La croissance économique est la clé pour créer des emplois, réduire considérablement la pauvreté et faire croître rapidement la classe moyenne. L’effort d’investissement massif nécessaire pour accélérer la croissance économique nécessite un investissement public intense, accompagné d’une forte participation de l’investissement privé national et international, soutenu chaque année. L’objectif est de parvenir à un niveau d’investissement dans les infrastructures et les services publics deux fois supérieur à la moyenne des investissements publics en Amérique latine. Cet objectif d’investissement sera atteint progressivement et maintenu sur une longue période. Grâce à cet investissement massif, associé aux ressources destinées à faire face à l’urgence humanitaire, l’économie sera relancée à court terme, ce qui créera une demande globale et augmentera la productivité du secteur privé à moyen et long terme. La cohérence entre la stimulation de la demande globale et les objectifs de réduction de l’inflation et de stabilité budgétaire et financière sera assurée. La combinaison de la stimulation à court terme et des gains de productivité à moyen et long terme aidera le pays à s’engager sur une voie de développement et de prospérité sans précédent dans notre histoire.
- Privatisation et relance de la production pétrolière et gazière en attirant des entreprises internationales et nationales spécialisées. Le Venezuela est l’un des pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz naturel au monde. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et l’Agence internationale de l’énergie reconnaissent des réserves de plus de 300 milliards de barils de pétrole et 200 billions de pieds cubes de gaz naturel. L’objectif est d’augmenter de manière soutenue la production pétrolière et gazière afin de tirer parti de la fenêtre d’opportunité qui existe en matière de demande mondiale d’hydrocarbures. Pour atteindre cet objectif, des investissements importants seront nécessaires, que l’État vénézuélien n’est pas en mesure de réaliser. La solution consiste à attirer des capitaux privés, et la stratégie pour y parvenir est la privatisation. Toutes les activités productives de l’industrie qui sont jugées souhaitables pour attirer des investissements privés massifs et augmenter durablement la production seront privatisées, dans des conditions garantissant la sécurité juridique et un environnement attractif pour les investisseurs. L’État continuera à percevoir des recettes fiscales sous forme de redevances et d’impôts, et garantira les conditions permettant aux entreprises privées d’augmenter leur production dans les plus brefs délais. Une agence vénézuélienne de l’énergie et du pétrole sera créée et assumera la fonction de régulation de l’industrie. La privatisation du secteur pétrolier permettra au Venezuela de retrouver son statut de fournisseur sûr et fiable pour ses clients et offrira des opportunités d’investissement inégalées dans l’industrie.
- Vaste programme de privatisation des entreprises et des actifs publics afin de soulager l’État de centaines d’activités commerciales inefficaces qui surchargent la structure du secteur public et coûtent à la nation d’énormes ressources sous forme de subventions. L’urgence et la nécessité de ce programme sont motivées par le nombre élevé d’entités publiques à caractère entrepreneurial actuellement détenues par l’État vénézuélien, résultat des nombreuses nationalisations intervenues principalement à partir de 2007 et de la création désordonnée de nouvelles entités publiques. Pratiquement toutes ces entités, aujourd’hui sous contrôle de l’État, se trouvent dans une situation financière extrêmement précaire, avec des déficiences techniques et opérationnelles notables. Les ressources obtenues grâce au programme de privatisation seront utilisées dans le cadre d’un programme d’investissement massif visant à relancer la croissance économique, à améliorer le bien-être de la population et à accroître la capacité de production de l’économie. Un processus efficace et transparent de privatisation des entreprises mal gérées, conforme aux meilleures pratiques internationales, permettra un changement substantiel dans la composition des dépenses publiques, la relance de la production et la génération de recettes fiscales plus importantes. Le programme vise à atteindre quatre objectifs fondamentaux : premièrement, optimiser l’utilisation des entreprises et des actifs détenus par l’État afin d’améliorer tant la quantité que la qualité des biens et services qu’ils offrent, en les transférant au secteur privé, qui apportera des capitaux, des compétences en matière de gestion et des technologies à ces entités. Deuxièmement, améliorer la gestion du bilan financier de la République. Le pays a une dette extérieure importante, pour laquelle il paie des intérêts considérables, alors qu’il existe des entreprises et des actifs de grande valeur qui ne sont pas exploités comme il se doit. Un programme de privatisation tel que celui proposé peut contribuer de manière substantielle à un bilan financier plus solide. Troisièmement, contribuer à l’équilibre des comptes budgétaires et, par conséquent, à la stabilité macroéconomique et à la croissance économique. Les entreprises publiques représentent une importante fuite de fonds publics qui sont rares et nécessaires pour répondre à de multiples demandes urgentes. Quatrièmement, permettre la concentration de la gestion et de l’administration publiques sur des questions qui sont intransférables ou indélégables pour l’État. Des options de gestion privée des services publics seront également envisagées dans les cas qui le justifient.
- Instauration d’un dialogue avec les secteurs productifs afin de stimuler l’investissement et de faciliter la croissance de l’économie. L’ouverture de canaux de financement multilatéraux et privés internationaux et nationaux, l’intensification des relations commerciales avec le monde, le plan d’investissement et le processus de privatisation stimuleront immédiatement l’économie nationale, qui continuera à croître au cours des prochaines années. Afin de faciliter la croissance économique, le gouvernement mettra en place un système de consultation et de dialogue avec les différents secteurs industriels, commerciaux, agricoles et de services afin de convenir des besoins de ces secteurs et de pouvoir ainsi concentrer le soutien de l’État sur les aspects qui le concernent et qui sont les plus utiles au développement des entreprises et à la création d’emplois. Les différents secteurs de l’économie nationale seront pris en compte, avec un accent particulier sur la production industrielle, la production agroalimentaire, l’industrie de transformation alimentaire, l’industrie de la pêche, le tourisme, les transports, la construction, les télécommunications, le développement des industries numériques, les entreprises et la technologie. L’objectif sera d’éliminer les obstacles réglementaires, les dysfonctionnements douaniers, la bureaucratie, les difficultés liées à la création d’entreprises, d’augmenter considérablement la production d’énergie, de développer les infrastructures numériques, d’améliorer la logistique des transports et des télécommunications, la disponibilité de l’eau potable, d’augmenter significativement la sécurité, et d’autres actions qui contribuent à accroître la propension à investir et la productivité de ces investissements.
MOYEN ET LONG TERME
- Le Venezuela deviendra le centre énergétique des Amériques, avec un impact mondial, grâce à une combinaison d’énergies provenant de ses abondantes ressources en hydrocarbures et de ses importantes ressources énergétiques renouvelables. Le pays redeviendra un acteur de premier plan dans la production et le raffinage des hydrocarbures, grâce à la privatisation de l’industrie pétrolière et gazière. En outre, les immenses ressources en énergies renouvelables hydroélectriques, solaires et éoliennes, ainsi que les applications énergétiques de l’hydrogène, seront récupérées et développées afin de positionner le pays, conjointement avec la production pétrolière et gazière, comme le grand centre énergétique continental et mondial. En ce qui concerne plus particulièrement les sources d’énergie renouvelables, le potentiel de production hydroélectrique du pays sera exploité en priorité afin d’accroître la contribution de cette énergie propre et durable à la consommation électrique nationale et à l’exportation. Le système hydroélectrique du bas Caroní (Guri, Macagua, Caruachi) a une capacité installée totale d’environ 15 000 MW, et avec le reste des centrales hydroélectriques, il totalise 17 000 MW. De plus, la centrale de Tocoma n’a pas été achevée après de nombreuses années de construction. L’achèvement de cette centrale, qui pourrait fournir plus de 2 000 MW supplémentaires d’énergie propre, sera évalué. La demande maximale du pays, atteinte en 2013, pourrait être presque entièrement satisfaite par la production hydroélectrique actuellement installée. Cependant, le système produit environ la moitié de sa capacité, en raison d’un manque d’investissement, d’entretien et de gestion. La sauvegarde du système hydroélectrique du Venezuela sera une priorité de l’État afin de garantir une matrice énergétique propre à l’échelle nationale. Le Venezuela dispose de grandes opportunités pour exploiter l’énergie solaire et éolienne dans de vastes régions du pays. Les investissements privés dans ces énergies seront encouragés afin d’augmenter leur contribution à la matrice énergétique nationale. De même, la recherche et l’investissement dans la production d’hydrogène à des fins énergétiques seront encouragés. Grâce à un effort d’investissement massif dans l’énergie de la part du secteur privé et de l’État, le Venezuela pourrait dépasser les 75 000 MW rien qu’avec l’hydroélectricité et l’énergie éolienne (comme détaillé plus loin dans ce programme), un chiffre plusieurs fois supérieur à la consommation nationale. En plus de sa capacité de production d’énergie propre, le Venezuela dispose d’un potentiel de près de 20 000 MW de production thermique, qui à lui seul pourrait également alimenter largement le pays, même si actuellement seulement 10 % de cette capacité est opérationnelle et disponible. L’ensemble des sources de production d’électricité permettrait de faire du Venezuela un centre d’exportation d’énergie renouvelable vers les pays de la région. À titre de comparaison, la demande énergétique du pays est passée d’un pic de 18 600 MW en 2013 à environ 12 400 MW actuellement en raison de la crise économique. La croissance de l’économie, résultant du plan d’expansion proposé dans ce programme, entraînera une augmentation de la demande énergétique. Cependant, le potentiel total de production d’énergie du pays permettra de répondre à toute la demande et laissera un excédent massif qui pourra être exporté. Le rétablissement et le développement des différentes sources d’énergie feront du Venezuela un acteur international de premier plan et un fournisseur sûr pour les pays qui peuvent bénéficier du potentiel énergétique du pays.
- Un programme de gazoducs domestiques sera progressivement mis en œuvre dans les villes du pays, tirant parti de l’exploitation croissante de l’immense potentiel gazier du Venezuela, grâce à une combinaison privilégiant les investissements privés et la mise en œuvre du programme d’investissements publics dans les infrastructures dans les cas où cela n’est pas rentable sur le plan commercial.
3. UNE SOCIÉTÉ D’OPPORTUNITÉS, D’INCLUSION ET DE MOBILITÉ SOCIALE
Pour sortir de l’impasse économique et sociale, rouvrir les portes du développement et réduire les inégalités au Venezuela, il est nécessaire de créer une société offrant des opportunités à tous, où les efforts de chaque Vénézuélien soient récompensés de manière équitable. La croissance des opportunités est stimulée par l’augmentation des investissements publics et privés et par le processus de privatisation, qui se traduisent par une économie plus importante, une amélioration des services publics de base et un plus grand nombre d’emplois formels avec des salaires décents. Cet objectif nécessite l’inclusion de tous les habitants du pays, sans exclure personne.
Parallèlement aux politiques de stabilisation et d’expansion économique, des changements radicaux sont nécessaires pour élargir la portée, la couverture et la qualité des services de santé et d’éducation. De même, il est indispensable de réaffirmer la valeur du travail et de créer un système de sécurité sociale efficace et durable. La santé, l’éducation et la sécurité sociale sont les bases essentielles pour égaliser les chances de tous les citoyens de progresser et de participer à l’immense effort national nécessaire pour relever le Venezuela et en faire une Terre de Grâce.
Une santé intégrale de qualité pour tous
Le système de santé aura deux grands objectifs : (i) une couverture santé universelle pour tous les Vénézuéliens sans discrimination ; (ii) imprégner tous les services de santé d’une orientation visant à offrir de la valeur aux patients. La valeur sera comprise comme la mesure de la qualité des résultats cliniques, avec des coûts adéquats, qui rendent le système de santé durable dans le temps. La combinaison de l’universalité et de la valeur favorisera une population en bonne santé et stimulera l’amélioration de la qualité des services de santé pour les patients.
Pour atteindre ces objectifs, un système de santé intégral sera créé par le biais d’une assurance privée et publique. Toutes les personnes bénéficieront d’une assurance qui sera payée par le biais des salaires en fonction des niveaux de revenus, et qui sera complétée par des ressources publiques pour les personnes ayant une capacité économique moindre.
Un fonds général de santé sera créé, dans lequel seront accumulés les revenus provenant des cotisations de tous les travailleurs et de l’État. Parallèlement, une législation sera adoptée pour permettre la création d’administrateurs d’assurance maladie privés auxquels chaque citoyen pourra s’affilier librement, avec la possibilité de changer d’affiliation selon son convenance. Le Fonds général de santé paiera les administrateurs d’assurance maladie en fonction du nombre d’affiliés, corrigé en fonction du risque sanitaire de ces derniers. Enfin, les assureurs paieront les prestataires de services de santé (hôpitaux, cliniques, ambulatoires, etc.) pour leurs services en fonction de la valeur fournie aux patients, c’est-à-dire en fonction des résultats obtenus, corrigés en fonction des ressources financières utilisées. Les assurances privées continueront d’exister pour ceux qui le souhaitent et qui peuvent se le permettre.
En complément de la création de ce système, deux institutions seront créées par voie législative. La première sera la Superintendance de la santé, qui sera chargée de la réglementation et de la supervision du système. La seconde sera l’Institut technique de la santé, qui sera chargé d’établir des normes techniques et de surveiller le fonctionnement du système en analysant les informations pertinentes, en générant des indicateurs opérationnels détaillés au niveau national et en les mettant à la disposition de l’ensemble de la population. Cet institut utilisera les techniques d’information les plus avancées en matière d’analyse de données massives (big data) et d’intelligence artificielle.
L’ensemble de ce système stimulera simultanément l’amélioration de la qualité des services médicaux, mesurée à l’aide d’un système d’information national unique accessible à tous les citoyens, et augmentera l’utilisation efficace des ressources financières consacrées aux soins de santé. La disponibilité d’informations transparentes et publiques permettra aux prestataires de services de santé d’apprendre les uns des autres dans la fourniture de valeur ajoutée aux patients. Elle permettra également de réaliser des analyses épidémiologiques et des analyses des conditions de santé et de leurs traitements, qui se traduiront par une meilleure qualité des connaissances médicales et des soins de santé.
À cet égard, (i) la participation d’opérateurs privés compétents sera encouragée ; (ii) un environnement de travail compétitif, attrayant et stimulant sera créé pour les professionnels de la santé, tant vénézuéliens qu’étrangers ; (iii) le dossier médical électronique interopérable sera mis en place, avec les normes les plus élevées en matière de sécurité et de traitement des données personnelles, afin de permettre aux citoyens d’accéder à leur dossier médical quand ils le souhaitent et où qu’ils se trouvent sur le territoire national.
Le nouveau système de santé sera mis en place par étapes afin de permettre la continuité des soins aux patients. Par ailleurs, la situation d’urgence dans laquelle se trouve le système de santé au Venezuela nécessite une action énergique de la part de l’ensemble de la communauté médicale, avec le soutien des secteurs public et privé. Parmi les mesures qui seront nécessaires pour progresser dans la mise en œuvre progressive du nouveau système de santé et faire face à l’urgence sanitaire, on peut citer :
À COURT TERME
Mesures visant à faire face à l’urgence sanitaire : afin de résoudre les problèmes cliniques accumulés et non résolus, un programme de deux ans sera mis en place, avec un financement spécifique non récurrent. Ce programme comprendra :
- La mise en place immédiate d’un système de surveillance épidémiologique et le début de la collecte des données nécessaires à la prise de décisions fondées sur des preuves.
- Des programmes spécifiques de santé publique, notamment : plan national de vaccination, plan de santé maternelle et infantile, paludisme, tuberculose, VIH.
- Plan chirurgical national : les infrastructures publiques opérationnelles et les infrastructures privées, qui sont actuellement très peu utilisées, seront utilisées pour stimuler la relance du secteur.
- Le ministère de la Santé conviendra d’un barème tarifaire avec les représentants des cliniques et hôpitaux privés qui inclura tout ce qui est nécessaire, y compris les honoraires médicaux. Ce barème tarifaire sera conçu pour un programme prévisible, massif et électif, avec une forte rotation des salles d’opération, de manière à générer les économies d’échelle nécessaires pour obtenir les prix les plus bas possibles et des honoraires médicaux adaptés à une situation exceptionnelle.
- Les médecins vénézuéliens à l’étranger qui souhaitent contribuer au plan chirurgical national seront convoqués et se verront attribuer des créneaux chirurgicaux appropriés afin de maximiser leur productivité pendant leur séjour dans le pays.
- Amélioration des conditions salariales du personnel de santé en fonction des conditions initiales.
MOYEN TERME
- Infrastructures et équipements. Réhabiliter les infrastructures publiques existantes avec la participation du secteur privé. Créer des incitations pour attirer des investissements privés importants, tant nationaux qu’internationaux.
- Ressources humaines. Un marché du travail pertinent sera créé pour les membres du personnel de santé, où les secteurs public et privé devront se disputer les meilleurs talents. Des incitations seront mises en place pour accélérer l’augmentation du nombre de personnel infirmier disponible.
- Restructuration et modernisation du ministère de la Santé. La structure organisationnelle, les processus et les stratégies du ministère seront adaptés afin d’en faire une organisation capable de mettre en œuvre les plans élaborés et de s’adapter à l’avenir.
L’éducation pour l’égalité des chances
L’objectif de l’éducation au Venezuela est de garantir à tous les citoyens l’égalité des chances pour acquérir les compétences nécessaires et ainsi exploiter pleinement leur potentiel dans un monde de plus en plus compétitif et en constante évolution. L’éducation visera à former des citoyens capables d’exercer leur liberté, leur autonomie et leur capacité à décider par eux-mêmes comment atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés dans la vie. L’objectif est de donner aux citoyens les moyens d’agir grâce à des compétences allant de l’alphabétisation de base en lecture et en mathématiques à la pensée critique, la communication efficace, la collaboration et la confiance en soi. Nous envisageons un Venezuela trilingue où tous maîtrisent l’espagnol, l’anglais et le langage numérique.
Pour concrétiser cette vision, une transformation fondamentale du système d’enseignement primaire et secondaire sera mise en œuvre, encourageant la participation privée, l’innovation et diverses approches de l’enseignement et de l’apprentissage. Le gouvernement s’engage à veiller à ce que personne ne soit exclu des possibilités d’éducation. Cette approche transformera l’enseignement primaire et secondaire, en permettant aux familles d’inscrire leurs enfants dans les écoles de leur choix grâce à un système de financement centré sur l’élève utilisant des bons d’études. Les écoles publiques et privées recevront un financement de l’État, via des vouchers, pour chaque élève inscrit.
Parallèlement, un système national d’examens évaluera les résultats, permettant aux familles de connaître la qualité de l’enseignement dispensé dans chaque école. Ce mécanisme incitera les établissements d’enseignement à viser l’excellence, en se faisant concurrence pour obtenir des financements. Le système de bons sera dépendant du revenu, offrant un soutien accru aux familles les plus démunies.
Les universités vénézuéliennes ont payé un lourd tribut au cours des deux dernières décennies pour avoir défendu l’autonomie institutionnelle, la liberté académique et la démocratie, ce qui a miné leur capacité à contribuer à la formation avancée du capital humain, ainsi qu’à la recherche et au développement technologique.
Il faudra tout d’abord garantir que les universités soient les grandes alliées dans la construction d’un enseignement supérieur de qualité. Elles deviendront les piliers fondamentaux qui accompagneront la création du Venezuela libre, démocratique et moderne dont nous avons besoin. Pour cela, les établissements d’enseignement supérieur devront recevoir le soutien indispensable pour devenir un instrument essentiel permettant au pays de relever les énormes défis de l’avenir.
De même, la reconstruction du Venezuela nécessite une ouverture aux possibilités offertes par la technologie et l’innovation. Le Venezuela fera son retour sur la scène internationale dans un contexte où les changements technologiques ont entraîné des transformations fondamentales dans l’économie et la vie quotidienne, transformations qui continuent de s’accélérer chaque jour.
La priorité absolue sera accordée à la mise en place des piliers de l’innovation et à l’adoption accélérée des technologies de pointe dans tous les secteurs. Les politiques et les actions visant à revitaliser le système éducatif, les universités et le développement technologique comprendront :
COURT TERME
Éducation préscolaire, primaire et secondaire
- Lancement du programme de bons scolaires, qui sera progressivement étendu à toutes les écoles.
- Mise en œuvre de l’initiative « Tous les enfants à l’école » : une opération de rattrapage visant à garantir qu’aucun enfant en âge scolaire ne soit laissé pour compte à la rentrée prochaine, avec la collaboration des enseignants, des entreprises, des écoles publiques et privées.
- Mise en place d’un programme d’urgence pour rattraper le retard dans l’apprentissage des compétences fondamentales (lecture, écriture et mathématiques) dans l’enseignement primaire.
- Régularisation du programme d’alimentation scolaire, qui ne touche aujourd’hui qu’un tiers des écoles du pays, afin qu’il profite à tous les enfants qui en ont besoin.
- Mise en œuvre des bases de la libéralisation du système éducatif en établissant un cadre réglementaire complet, sûr et clair pour la participation du secteur privé à l’éducation.
- Mettre immédiatement fin à l’endoctrinement idéologique et à la politisation de l’éducation. • Entamer une récupération progressive des revenus des enseignants et des éducateurs.
- Mise en œuvre à grande échelle du programme « Apprendre le langage numérique » destiné aux jeunes qui ne sont ni étudiants ni actifs, dans le but de leur offrir des opportunités professionnelles de qualité.
- Un programme d’urgence sera lancé pour réhabiliter les établissements scolaires qui ne remplissent pas les conditions minimales nécessaires au bien-être et à l’apprentissage des enfants.
Universités et formation technologique
- Les tentatives visant à interférer et à mettre les établissements d’enseignement supérieur au service du pouvoir politique ou d’idéologies particulières cesseront immédiatement.
- Un programme visant à tirer parti de la diaspora universitaire, scientifique, technologique et entrepreneuriale vénézuélienne sera mis en place afin de l’associer au processus de relance de l’enseignement supérieur et d’expansion économique du pays.
- La relance du financement de l’enseignement supérieur sera engagée, en particulier en ce qui concerne les salaires des enseignants.
MOYEN TERME
Enseignement primaire et secondaire
- La transition vers un programme généralisé de subventions par élève sous forme de bons d’études sera achevée, avec des subventions plus importantes pour ceux qui accueillent des élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés.
- Promotion de divers modèles éducatifs financés par le programme de subventions par élève (écoles privées subventionnées, écoles sous concession, écoles publiques, micro-écoles communautaires, entre autres).
- Mise en œuvre d’évaluations de l’apprentissage des élèves et de mécanismes de certification indépendants alignés sur les objectifs d’apprentissage.
- Création d’un programme d’information et de sensibilisation sur l’apprentissage des élèves afin de promouvoir des décisions optimales et libres de la part des familles dans la recherche d’écoles.
- Conception d’un nouveau cadre curriculaire national qui définit les compétences essentielles que tout citoyen doit acquérir pour atteindre son plein potentiel et contribuer pleinement au pays. Des guides pédagogiques et du matériel accompagneront ces compétences afin de faciliter l’enseignement et l’apprentissage dans les établissements scolaires.
- Nouvelle carrière pour les professionnels de l’éducation, garantissant des opportunités de développement professionnel à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de classe et des conditions de travail décentes.
Universités et formation technologique
- Des politiques seront adoptées afin d’élargir l’offre d’enseignement supérieur de qualité pour les jeunes Vénézuéliens, tant dans le secteur public que privé, incluant non seulement les cursus universitaires traditionnels, mais aussi l’enseignement en ligne, les instituts techniques professionnels proposant des formations courtes et d’autres modes d’enseignement innovants dont le Venezuela est resté à l’écart.
- L’enseignement des compétences numériques et de l’entrepreneuriat sera encouragé dans tous les établissements afin de libérer l’initiative des nouvelles générations et de stimuler le bond technologique dont le pays a besoin.
- Des cadres politiques seront adoptés afin d’encourager les normes académiques les plus élevées dans la gestion des établissements d’enseignement supérieur.
- Un programme d’investissements sera mis en place pour la restauration des infrastructures d’enseignement, de recherche et des services des universités.
- La LOCTI (loi organique sur la science, la technologie et l’innovation) sera reformulée afin d’obtenir des effets bénéfiques qui créent des incitations saines dans les relations entre les entreprises et les universités.
- Des moyens stables et compétitifs seront mis en place pour soutenir financièrement la recherche scientifique et le développement technologique liés aux universités et aux centres de recherche, en accordant la priorité aux domaines et aux technologies les plus importants pour le Venezuela.
- Des institutions seront mises en place pour mettre en œuvre des politiques de développement scientifique et technologique en phase avec les priorités du développement économique du pays. Un aspect particulièrement important sera le développement de la diplomatie scientifique comme moyen d’attirer la coopération scientifique avec les pays leaders dans le monde.
- Le développement des start-ups technologiques dans le pays sera directement soutenu. À cette fin, des programmes de financement et de formation seront conçus pour les start-ups et les entrepreneurs qui développent des solutions innovantes. Cela pourrait inclure des subventions, des incitations à la maturation rapide d’un marché financier à risque et des espaces d’incubation.
- Des instruments de soutien seront créés pour accélérer la modernisation technologique du parc industriel et des services, en s’attaquant aux défaillances du marché qui tendent à empêcher ou à retarder les investissements dans l’innovation.
- La protection de la propriété intellectuelle sera assurée par des lois et des réglementations solides afin d’encourager la création et le développement de nouvelles technologies, ainsi que les investissements étrangers directs.
Revendication de la valeur du travail et création d’un système de protection sociale efficace
Le travail honnête sera le levier de la prospérité économique et de l’épanouissement des citoyens. L’État favorisera les opportunités de création de richesse grâce à une économie qui stimule l’initiative privée, promeut la création d’emplois formels de qualité, génère des opportunités commerciales et encourage la prolifération des entrepreneurs, dans un environnement national caractérisé par la sécurité juridique, la libre concurrence, la libre entreprise, la durabilité, l’éthique et l’innovation.
Dans cet environnement propice à la création d’opportunités, un système de retraite financièrement viable sera mis en place afin de permettre aux travailleurs d’atteindre l’âge de la retraite avec une épargne suffisante pour mener une vie digne après leur carrière professionnelle. Pour les familles dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, un réseau d’inclusion sociale sera créé afin de leur offrir un soutien pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, leur permettant ainsi de renforcer leur indépendance et leur accès au marché du travail formel ou, également, de développer des initiatives visant à améliorer leur qualité de vie. Dans le cadre de ce programme, une attention particulière sera accordée aux personnes âgées et aux enfants vénézuéliens.
Des retraites pour une vie digne pour les personnes âgées
Une nation solidaire est une nation qui se soucie des plus vulnérables, en particulier des personnes âgées. À la fin d’une vie de travail, les personnes doivent avoir l’espoir et la certitude de disposer d’une pension leur permettant de maintenir un niveau de vie raisonnable. À cet égard, les systèmes de retraite par capitalisation individuelle présentent des avantages par rapport aux anciens systèmes de répartition de la sécurité sociale, qui dépendaient des cotisations des travailleurs aux retraités. Ces anciens systèmes sont en outre vulnérables à l’appropriation par l’État des fonds accumulés grâce aux cotisations des travailleurs et à leur mauvaise gestion, laissant les retraités actuels et futurs sans protection. Cela s’est produit au Venezuela et dans d’autres pays de la région. La mainmise de l’État sur ces ressources a laissé les retraités avec une pension misérable, provenant du budget national. En outre, les anciens systèmes de sécurité sociale reposaient sur l’idée que la population continuerait à croître et que les jeunes seraient donc toujours plus nombreux que les personnes âgées. La réalité montre que la pyramide des âges moderne compte moins de jeunes que prévu et que les personnes âgées vivent plus longtemps qu’auparavant. Au Venezuela, cette situation est encore plus grave en raison de la migration massive de personnes en âge de travailler, ce qui rend l’ancien système de sécurité sociale encore moins viable.
Le pays a une dette envers les travailleurs qui ont été expropriés de leur pension et qui reçoivent actuellement des ressources bien inférieures au niveau de subsistance. D’autre part, les travailleurs actifs actuels et les jeunes qui entreront sur le marché du travail dans les prochaines années ont un avenir similaire, car ils ne disposent pas d’épargne à taux d’intérêt réels positifs et se trouvent dans la situation incertaine de dépendre du budget national à l’avenir. À la fin de leur vie active, ils pourraient se retrouver dans une situation similaire à celle des retraités d’aujourd’hui. Afin de résoudre ces problèmes et de mettre en place un système de retraite réaliste, crédible et viable, un système de retraite à trois piliers sera créé : (i) un pilier solidaire non contributif ; (ii) un pilier de transition et (iii) un pilier de capitalisation individuelle.
Un système de sécurité sociale sera créé avec des comptes individuels pour chaque Vénézuélien afin d’empêcher l’expropriation des économies par le gouvernement en place. Un premier pilier solidaire non contributif sera mis en place pour les retraités qui ont déjà perdu leurs économies et qui ne sont plus en âge de travailler. Un revenu solidaire leur sera attribué afin de leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie.
Le deuxième pilier de transition s’adresse à ceux qui travaillent et cotisent à l’IVSS, mais qui, en raison de leur âge, n’ont pas la possibilité d’épargner suffisamment pour bénéficier d’une pension adéquate. Ce groupe de travailleurs aura la possibilité d’adhérer à un système d’épargne individuelle qui alimentera un fonds commun avec des comptes individualisés où leurs cotisations et celles de leurs employeurs seront capitalisées et produiront des rendements réels positifs. Leurs pensions seront une combinaison de cotisations patronales à taux fixes, d’épargne individuelle et de contributions budgétaires dans des proportions variables qui dépendront du volume d’épargne qu’ils auront pu réaliser à la fin de leur vie active. Les travailleurs les plus jeunes seront transférés vers un troisième pilier de capitalisation individuelle géré par des sociétés de gestion de fonds de pension privés. Ils bénéficieront d’un système d’épargne privé avec des cotisations de l’employé et de l’employeur. Les professionnels et les travailleurs indépendants participeront également à ce système de retraite. Chaque participant disposera d’un compte individuel lui permettant d’accumuler un capital suffisant pour financer sa pension au moment de la retraite. Les participants au deuxième pilier de transition se verront offrir la possibilité de passer au pilier de capitalisation individuelle.
Le gouvernement encouragera l’adoption d’une législation visant à renforcer la notion de responsabilité individuelle, en limitant le contrôle exercé par les institutions gouvernementales sur l’épargne des particuliers, au profit de la transparence, de la viabilité financière et de la solidarité du système. Compte tenu de la crise du système de retraite actuel, des options seront envisagées pour que l’État apporte des capitaux à un fonds de pension qui pourra financer le premier pilier et apporter la part correspondant à l’État au deuxième pilier. Ces contributions pourraient provenir en partie de la privatisation d’entreprises publiques ou d’une partie des recettes pétrolières une fois celles-ci arrivées à un niveau prédéfini. Ce fonds de solidarité pourrait être géré par le secteur privé sous contrôle public, afin de garantir son investissement dans des instruments financiers offrant un rendement réel positif, tout en le protégeant de la spéculation financière, des conflits d’intérêts et de l’ingérence politique.
Réseau d’inclusion sociale
Le réseau d’inclusion familiale renforcera l’indépendance de l’individu vis-à-vis de l’État, tout en garantissant que sa vie productive bénéficie d’une protection minimale contre les risques sociaux (pauvreté, décès, invalidité, etc.). Ce nouveau réseau de protection des familles doit offrir des aides qui remplissent trois conditions : (i) être suffisamment importantes pour permettre aux familles de faire face aux chocs négatifs qui les font basculer sous le seuil de pauvreté ; (ii) être suffisamment modestes pour ne pas décourager la participation au travail productif ; (iii) dans certains cas, être temporaires et assorties de stratégies de sortie claires. Les programmes qui soutiennent ce réseau d’inclusion familiale seront : (i) le programme de soutien maternel et infantile, et (ii) le programme d’urgence familiale.
L’un des objectifs permanents du réseau d’inclusion familiale sera de lutter contre la transmission de la pauvreté, c’est-à-dire d’offrir des aides conditionnées à la formation et à l’accumulation de capital humain des enfants, afin de briser le cycle de la pauvreté entre parents et enfants. Un programme de soutien maternel et infantile sera mis en œuvre qui, dans son ensemble, contribuera au développement sain des enfants, de la grossesse à la fin de l’enfance. Le fait de nourrir les enfants mentalement et physiquement jusqu’à l’âge de 5 ans constitue une base qui a des répercussions significatives sur les capacités des individus pour le reste de leur vie. Dans ce contexte, s’inscrivent également les programmes « Tous les enfants à l’école » et « Alimentation scolaire », qui sont annoncés dans le programme d’éducation.
Enfin, compte tenu de la grave crise humanitaire que traverse le Venezuela, un programme d’urgence familiale sera mis en place. Ce programme sera temporaire, jusqu’à ce que la situation d’urgence soit maîtrisée et que l’économie redémarre. Il consistera en une aide financière aux familles afin de faciliter la consommation alimentaire et la satisfaction des besoins fondamentaux, jusqu’à ce que l’expansion de l’activité économique permette la création d’emplois et rende ce type d’aide exceptionnelle inutile.
Marché du travail
La rigidité du marché du travail, caractérisée par des charges parafiscales élevées sur les salaires et des protections juridiques qui ne protègent pas les travailleurs et limitent la création d’emplois formels, sera rationalisée et le pouvoir du marché sera libéré afin de créer des emplois de qualité dans un environnement plus flexible. Les rigidités actuelles de la législation du travail et les impôts élevés sur les salaires condamnent les travailleurs à de faibles salaires et entravent la création et l’obtention d’emplois formels bien rémunérés. En outre, cela maintient de nombreuses entreprises dans l’informalité afin d’éviter toutes les charges sociales que doivent supporter les entreprises formelles. Les économies les plus compétitives et les plus développées permettent une plus grande flexibilité en matière d’embauche, avec des charges sociales moins élevées et moins d’obstacles à la rotation du personnel. Grâce à ces réformes, les salaires augmenteront, les emplois formels se multiplieront et les entreprises informelles seront incitées à se formaliser et à faire bénéficier leurs employés des avantages liés à la retraite. Afin d’aider les travailleurs dans leur transition entre deux emplois, une assurance chômage sera créée, à laquelle les travailleurs formels pourront également avoir accès.
Pour atteindre ces objectifs, les politiques suivantes seront mises en œuvre :
COURT TERME
Pensions
• Afin de constituer le premier pilier du système de retraite, un fonds spécial de pensions solidaires non contributives sera créé au sein du Trésor public pour les personnes qui, en raison de leur âge, sont déjà à la retraite ou proches de la retraite, dont le revenu familial est inférieur au seuil de pauvreté et qui ne peuvent pas épargner dans le nouveau système de sécurité sociale.
• Afin de constituer le deuxième pilier transitoire, les cotisations de la population active à l’IVSS continueront d’être versées au Trésor public, mais elles commenceront à être comptabilisées dans des comptes formels de capitalisation individuelle qui rapportent des taux d’intérêt réels positifs et compétitifs.
• La gestion du fonds de pension des piliers 1 et 2 sera confiée à une société privée de gestion de fonds de pension afin d’optimiser les investissements et le rendement de ces ressources, sous la supervision de l’État, afin d’éviter la spéculation financière et les conflits d’intérêts.
Inclusion sociale
• Un fonds temporaire d’aide humanitaire d’urgence sera créé afin de mettre en œuvre le Programme d’urgence familiale, qui octroie des subventions directes non conditionnelles aux familles dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté, grâce à un mécanisme de virement bancaire et à l’expiration de la subvention dès la fin de la crise.
• Amplification de l’impact des envois de fonds internationaux pour soutenir les revenus des familles en cherchant à réduire les coûts de transaction au minimum et en encourageant les alternatives d’investissement. • Début de la mise en place d’une nouvelle institution, l’Agence pour l’inclusion familiale, chargée de gérer le réseau d’inclusion proposé.
• Début de la mise en place du système d’identification des bénéficiaires, basé sur les bases de données existantes et leur affinement afin d’aboutir à un système unique de bénéficiaires.
COURT ET MOYEN TERME
Retraites
• Un système de retraite basé sur la capitalisation individuelle sera mis en place, garantissant la portabilité de l’épargne retraite de chaque salarié et travailleur indépendant, afin de renforcer l’autonomie des travailleurs, sans générer de nouvelles pressions sur les employeurs. L’épargne retraite sera la somme des cotisations des salariés, des employeurs et des travailleurs indépendants, et des comptes individuels appartenant à chaque travailleur seront créés. En fonction de la capacité d’épargne des travailleurs, l’État pourra fournir des mécanismes temporaires de soutien afin de compléter l’épargne retraite à un niveau minimum déterminé et de protéger l’épargne retraite contre les chocs économiques ou financiers majeurs. Dans le cadre de ce système, un marché d’entreprises de gestion de fonds de pension privés sera ouvert afin de faciliter la gestion des économies de retraite des travailleurs, l’investissement de leurs ressources et la portabilité de celles-ci. Les travailleurs pourront transférer leurs comptes entre les différentes entreprises privées de gestion de fonds de pension et les banques qui offrent ce service, en recherchant la meilleure rentabilité possible. Afin de superviser le système de capitalisation individuelle, un organisme de réglementation sera créé, l’Agence de supervision des fonds de pension, qui veillera au respect des paramètres de capitalisation prudentielle par les fonds de pension privés et assurera une supervision technique de la santé financière de ces fonds.
Inclusion sociale
• Lancement de programmes conditionnels, y compris la couverture des risques sociaux avec la famille comme unité de base. L’accent sera mis sur le soutien à la création de capital humain pour les enfants à travers le programme de soutien maternel et infantile.
• Système unique d’information sur les bénéficiaires achevé : mécanismes d’information efficaces affinés pour cibler les ménages prioritaires.
Marché du travail
• Les lois pertinentes seront assouplies afin de fluidifier le marché du travail. La loi organique sur le travail sera modifiée afin de supprimer les contraintes et les charges pesant sur le marché du travail, et ainsi faciliter l’émergence de nouvelles sources d’emploi et une plus grande capacité d’adaptation des entreprises aux circonstances du marché.
• Une assurance chômage sera créée, avec des cotisations de l’État, des employeurs et des employés, afin de soutenir les travailleurs en transition entre deux emplois. L’assurance chômage diminuera au fur et à mesure que le temps s’écoulera depuis le dernier emploi afin d’encourager la recherche et l’obtention d’un nouvel emploi.
• Un programme de formation professionnelle sera mis en place, en partenariat avec le secteur privé et les systèmes éducatifs publics et privés, afin de garantir un capital humain compétitif à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, parmi les différentes modalités possibles, le système de bons à impact social, déjà testé dans plusieurs pays, sera mis en place à titre complémentaire pour la formation professionnelle, avec un taux de réussite élevé dans l’insertion des diplômés sur le marché du travail. Dans le cadre de cette modalité, la formation est dispensée par le secteur éducatif privé, financé en partie par des investisseurs privés. L’État prend en charge les coûts de formation en fonction des résultats en matière d’emploi des diplômés dans des délais prédéfinis dans les contrats de bon, généralement entre 1 et 6 mois. Les investisseurs reçoivent le retour sur leur capital dans la mesure où les diplômés trouvent un emploi. Les formateurs reçoivent la totalité du coût de la formation de la même manière, dans la mesure où les diplômés sont employés. De cette manière, les incitations du système éducatif, des investisseurs et de l’État sont alignées afin d’offrir une formation utile permettant aux diplômés d’entrer sur le marché du travail. Le système est basé sur des paiements en fonction des résultats en matière d’employabilité, plutôt que sur des paiements par habitant.
4. DÉVELOPPEMENT D’UNE ÉCONOMIE VERTE RÉSILIENTE, PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT ET TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
Le Venezuela doit profiter de la fenêtre d’opportunité qui lui reste pour exploiter ses ressources énergétiques non renouvelables afin de stimuler les transformations dont le pays a besoin. En outre, il doit préparer la transition vers la future étape de changement de modèle énergétique, développer des économies résilientes et s’efforcer de faire du pays un modèle de protection environnementale.
Au Venezuela Tierra de Gracia, le gouvernement encouragera les activités entrepreneuriales consacrées à des secteurs qui, en plus de générer des profits, contribuent à la préservation de l’environnement et au bien-être humain, avec des normes garantissant la santé publique et le développement économique durable. Ces activités répondront à des indicateurs relatifs à l’utilisation des technologies, des sols, la consommation des ressources, les émissions polluantes et la participation citoyenne. En outre, l’innovation dans les technologies propres sera encouragée afin de faire de l’action climatique une opportunité économique attrayante.
À cet égard, (i) un programme de collecte de données sur la situation de chaque région touchée par le démembrement du territoire sera lancé afin de mettre en place un système d’atténuation des effets sur les environnements sensibles ; (ii) une politique visant à accroître la production et l’utilisation d’énergies propres sera élaborée ; (iii) l’émergence de modèles commerciaux compatibles avec la préservation de l’environnement et des espèces en situation critique sera encouragée ; et (iv) une politique fiscale sera mise en place pour encourager les investissements dans la recherche, le développement et la mise en œuvre de technologies vertes, ainsi que la production de biens dont la consommation contribue à réduire les émissions polluantes. Pour atteindre ces objectifs, les mesures suivantes seront prioritaires :
COURT ET MOYEN TERME
• La préservation de l’Orinoquia et de l’Amazonie vénézuéliennes ainsi que de la diversité du pays sera une priorité. La protection de l’Orinoquia, dont le bassin couvre plus de 80 % du pays, sera considérée comme un axe fondamental des politiques de protection environnementale du territoire national, consolidant ce principe comme partie intégrante de notre image de marque nationale et renforçant la sensibilité internationale à cet égard. Une position de leader sera assumée dans l’accord international sur l’Amazonie qui a vu le jour dans le Pacte de Leticia. Le Venezuela compte de vastes zones à haute sensibilité environnementale qui doivent être préservées et gérées selon des critères scientifiques. La recherche sera encouragée afin de développer des plans de conservation de l’environnement et d’utilisation rationnelle des ressources naturelles.
• Les parcs nationaux et les zones à haut intérêt environnemental du pays seront activement protégés. La surveillance de ces vastes zones du Venezuela sera assurée afin d’éradiquer les activités illégales. Les parcs et réserves nationaux constituent un patrimoine de grande valeur environnementale et humaine qui doit être ouvert à la jouissance rationnelle de tous.
• L’exploitation minière sera réglementée, rationalisée et formalisée. L’industrie minière sera mise sous contrôle et l’exploitation illégale qui détruit l’environnement et encourage la délinquance sera éradiquée. Un accent particulier sera mis sur la préservation des cours d’eau constamment menacés par l’exploitation minière illégale.
• L’adoption de technologies d’injection de CO2 pour l’extraction du pétrole (enhanced oil recovery) sera encouragée afin d’éliminer les gaz à effet de serre de l’atmosphère en les capturant et en les stockant dans les gisements. On estime le potentiel de stockage de carbone à environ 200 millions de tonnes par an.
• L’utilisation de technologies propres et de réduction des émissions dans les industries, les exploitations agricoles et l’activité économique en général sera encouragée. • Les politiques internationales qui permettent la réduction des émissions ou l’absorption des gaz à effet de serre, telles que les crédits carbone, seront mises à profit.
MOYEN ET LONG TERME
• L’avenir de la planète sera orienté vers des économies basées sur les énergies renouvelables et le Venezuela sera à la pointe du développement de ce type d’énergies, avec des émissions nettes de gaz à effet de serre faibles ou nulles. Ce développement se concentrera sur l’hydroélectricité, l’énergie éolienne, l’énergie solaire, l’hydrogène vert et bleu. Le pays s’orientera vers une transition d’une économie essentiellement basée sur le pétrole vers une économie basée sur la production de biens et de services à valeur ajoutée croissante, avec une forte composante numérique et la production d’énergies propres. Le potentiel de production d’énergie hydroélectrique installé ou en construction est d’environ 20 000 MW, soit environ 1 400 MW de plus que le pic de consommation atteint en 2013. En incluant le potentiel inexploité, la production hydroélectrique pourrait atteindre 60 000 MW. Par ailleurs, on estime que le potentiel de production d’électricité éolienne pourrait dépasser 15 000 MW. Le Venezuela est également l’un des pays ayant le plus grand potentiel de production d’énergie solaire, avec plus de 5,1 kilowatts par mètre carré par jour. Le tableau est complété par le potentiel de production d’hydrogène à partir de diverses sources d’énergie : l’hydrogène vert si l’on utilise des énergies renouvelables, et l’hydrogène bleu si l’on utilise du gaz naturel. Le Venezuela dispose en abondance des ressources nécessaires pour produire ces deux types d’énergie. La production d’hydrogène, l’un des grands espoirs d’un avenir avec une réduction massive des émissions de CO2, peut être un ajout important au mix énergétique du pays. En résumé, le potentiel énergétique propre et renouvelable du Venezuela dépasse plusieurs fois la consommation potentielle, même en tenant compte de l’augmentation de la demande qui se produira avec l’expansion de l’économie, comme on peut s’y attendre avec la mise en œuvre des mesures économiques proposées par ce programme. • Les hydrocarbures vénézuéliens figureront parmi ceux qui ont la plus faible empreinte carbone au monde, grâce au mix énergétique propre que le Venezuela peut développer et qui sera utilisé dans la production de pétrole et de gaz naturel, tant que ce type d’énergie sera demandé à l’échelle mondiale.
• L’injection et le stockage de CO2 dans les anciens gisements pétroliers du pays seront encouragés afin de réduire les volumes de gaz à effet de serre, en complément de la production d’hydrocarbures. On estime que plus de 200 millions de tonnes métriques de CO2 peuvent être stockées chaque année, contre une production estimée du pays de 192 tonnes métriques de CO2 en 2013 et 104 millions de tonnes métriques en 2021. Compte tenu de ces chiffres, la politique de stockage du CO2 pourrait, à l’extrême, mettre le Venezuela sur la voie ambitieuse de l’objectif de zéro émission nette et, dans tous les cas, même avec des volumes de stockage moindres, elle soutiendra de manière significative l’objectif de réduction des émissions.
• L’empreinte carbone des industries lourdes sera considérablement réduite grâce à l’utilisation d’électricité provenant du réseau d’énergie propre que le Venezuela peut récupérer et développer. En particulier, l’industrie sidérurgique, avec la production d’acier, et l’industrie de l’aluminium, toutes deux grandes consommatrices d’énergie, seront alimentées par des sources hydroélectriques. Cela permettra un double effet de réduction des émissions : sources d’énergie propres et réduction des émissions dans le processus de production industrielle.
• Encourager les économies circulaires, hautement résilientes et à faible niveau de déchets, comme objectif à moyen et long terme pour la reprise environnementale durable du Venezuela. Les économies circulaires sont définies comme le système de production et de circulation de biens et de services avec un niveau élevé de réutilisation des matériaux ou des produits, en particulier pour rendre la dynamique économique plus durable sur le plan environnemental, avec une réduction significative des déchets et une maximisation de la conservation et de l’efficacité énergétique. Le gouvernement encouragera les campagnes de sensibilisation des citoyens afin de progresser vers le concept d’économie circulaire. Il soutiendra et encouragera également les investissements privés dans les entreprises qui contribuent à réduire les déchets, à recycler les matériaux et à établir des réseaux de coopération entre les entreprises qui, ensemble, optimisent l’utilisation des ressources et la réduction de la pollution. En coopération avec les municipalités, un soutien particulier sera accordé aux entreprises qui adoptent les technologies les plus efficaces en matière d’élimination des déchets et des ordures, et qui contribuent au recyclage.
• Les accords pétroliers avec les pays de la région seront redéfinis afin de les transformer en mécanismes de coopération pour le développement des énergies renouvelables. Dans la mesure où le Venezuela rétablit sa capacité de production hydroélectrique et développe des sources d’énergie renouvelables, une politique de soutien aux pays voisins vulnérables sera mise en œuvre.
• Le Venezuela consacrera des efforts importants aux pays des Caraïbes, ainsi qu’à d’autres pays de la région les plus vulnérables au changement climatique, afin de les aider à s’adapter et à prévenir les effets à court, moyen et long terme, ainsi qu’à opérer la transition énergétique. Des accords seront conclus pour parrainer des études et des travaux d’adaptation visant à prévenir l’érosion côtière et à protéger l’industrie touristique, à garantir la disponibilité de l’eau potable et des systèmes d’assainissement, à développer des économies circulaires pour une utilisation efficace des matériaux et des produits, et à assurer le recyclage et la gestion efficace des déchets.
5. RÉTABLISSEMENT DE LA PLACE DU VENEZUELA DANS LE MONDE ET ATTENTION AUX VÉNÉZUÉLIENS À L’ÉTRANGER
L’objectif de la politique étrangère de la République est de rétablir la souveraineté nationale afin de réinsérer le Venezuela dans le contexte démocratique international, de surmonter l’isolement et de développer le leadership stratégique du pays dans tous les domaines qui répondent à l’intérêt national. Cela nécessitera de rétablir et de reconstruire le service extérieur vénézuélien, grâce à une diplomatie professionnelle et en phase avec son temps, attachée à l’intérêt national et dotée d’une vision d’État. Le pays deviendra une référence internationale en matière de liberté, de démocratie et d’État de droit. Tout cela en tenant compte de l’émigration massive des Vénézuéliens, dont la réalité doit être intégrée dans les lignes d’action de la politique étrangère.
À cet égard, (i) une politique étrangère dont les buts, les objectifs et les instruments sont alignés sur l’intérêt national de la République sera mise en œuvre de manière pragmatique dans les relations bilatérales et multilatérales ; (ii) les relations avec les nations et les organisations internationales qui partagent les valeurs de la démocratie seront particulièrement encouragées ; (iii) le service extérieur vénézuélien sera professionnalisé, grâce à un ministère des Affaires étrangères moderne et efficace, orienté vers la restauration de l’identité démocratique du Venezuela et son positionnement en tant que nation stable, dotée d’une bonne gouvernance et ayant une influence sur les décisions de la communauté internationale ; (iv) la politique étrangère soutiendra l’internationalisation de l’économie vénézuélienne en promouvant l’image du pays en coopération avec les autorités économiques ; et (v) une politique nationale axée sur le soutien aux Vénézuéliens qui ont émigré sera mise en œuvre, centrée sur trois axes : la réunification au Venezuela, la protection à l’étranger et le levier économique pour le développement national. Afin de mettre en œuvre ce programme de renouvellement de la politique étrangère du Venezuela et de protection des Vénézuéliens dans le monde, les politiques suivantes seront mises en œuvre :
COURT TERME
• Rétablissement de la souveraineté nationale face aux autres États, aux entités non étatiques et aux groupes illégaux qui ont infiltré l’État vénézuélien et établi des activités sur le territoire national. Cela implique également la révision de l’état des revendications territoriales en cours et leur traitement professionnel, afin de garantir l’intégrité territoriale de la République.
• Respect de la souveraineté des autres États, de leur intégrité territoriale et non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays. Il sera prioritaire de travailler activement au développement d’un environnement de sécurité internationale démocratique. • Soutien aux principes démocratiques et recours au dialogue, à la diplomatie et au droit international comme moyen politique de résolution des conflits internationaux.
• Relations de premier ordre avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Amérique du Nord, de l’Union européenne, ainsi qu’avec les autres États démocratiques du reste du monde, l’Organisation des États américains (OEA) et le système interaméricain, ainsi qu’avec les organisations multilatérales.
• Maintien de relations avec tous les États à l’échelle mondiale, en promouvant les intérêts nationaux du Venezuela de manière pragmatique et en développant des voies de coopération sur des questions prioritaires pour la République.
COURT ET MOYEN TERME
• Renforcement des frontières, établissement d’une coopération avec les pays limitrophes afin de promouvoir la sécurité nécessaire au commerce et à la circulation des personnes, et lutte contre les activités illégales. Une attention particulière sera accordée aux relations avec les pays voisins avec lesquels nous entretenons des relations économiques, sociales, culturelles et environnementales, notamment dans les régions de l’Orinoquia, de l’Amazonie et de la frontière maritime des Caraïbes.
• Professionnalisation du service extérieur vénézuélien grâce à des programmes de formation et des structures de promotion méritocratiques. Le ministère des Affaires étrangères sera restructuré afin de le transformer en un instrument d’excellence et de capacité opérationnelle, doté d’un personnel hautement qualifié dans la gestion des relations internationales dans un monde de plus en plus complexe, en s’inspirant des meilleures pratiques diplomatiques du XXIe siècle.
• Initiative visant à adhérer à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en présentant la candidature du Venezuela auprès de cette institution internationale qui aide ses pays membres à définir des politiques de croissance et de développement, dans le cadre de la projection démocratique et de la réintégration du pays dans le groupe des pays prospères du monde.
• En coordination avec les autorités économiques, la politique étrangère promouvra les avantages du pays pour les investissements étrangers, ainsi que l’image d’un Venezuela moderne et dynamique à l’étranger afin de faciliter les relations commerciales et l’internationalisation des entreprises vénézuéliennes.
• Soutien actif aux émigrants et réfugiés vénézuéliens dans le monde et politique d’incitation au retour dans le pays ou à la promotion des liens avec le Venezuela depuis les pays où ils se trouvent. Cette politique sera élevée au rang de priorité absolue du gouvernement, qui nommera un Haut-Commissaire présidentiel chargé exclusivement de sa mise en œuvre.
Le Haut-Commissaire rendra compte directement à la présidence de la République et sera chargé de coordonner l’action des différents ministères et organismes publics qui participent à la prise en charge des Vénézuéliens qui ont émigré dans divers pays du monde. Trois axes d’action seront mis en œuvre pour atteindre ces objectifs :
- Lancement d’un programme national de réunification familiale au Venezuela, qui visera à faciliter et à promouvoir le retour permanent des Vénézuéliens à l’étranger. Les démarches administratives essentielles seront simplifiées, des informations sur les services et les opportunités au Venezuela seront fournies et des incitations au retour seront mises en place. Le retour pendulaire de ceux qui continueront à résider partiellement dans les pays qui les ont accueillis ces dernières années sera également facilité et encouragé. La collaboration entre leurs entreprises, universités et autres organisations dont ils font partie à l’étranger et leurs homologues au Venezuela sera facilitée.
- Mise en place d’une politique de protection des Vénézuéliens à l’étranger, axée sur deux dimensions : garantir les droits et les services des Vénézuéliens à l’étranger et promouvoir diplomatiquement les droits et l’intégration dans les pays où résident aujourd’hui les Vénézuéliens. Au niveau du gouvernement national, les services consulaires seront renforcés, notamment en ce qui concerne l’obtention de documents d’identité vénézuéliens à l’étranger, ainsi que les systèmes d’information, de soutien et de protection de la communauté émigrée. Un effort particulier sera fait pour numériser les procédures afin de faciliter l’accès aux services et aux avantages auxquels les Vénézuéliens ont droit, quel que soit leur lieu de résidence. Au niveau diplomatique, nous travaillerons avec les gouvernements des pays où se trouvent des Vénézuéliens afin de promouvoir les efforts de régularisation de leur situation migratoire et de favoriser leur intégration socio-économique en matière de travail, de santé, d’éducation et de protection sociale.
- Programme visant à tirer parti du potentiel économique de l’émigration pour le développement du Venezuela. Conscient du potentiel des migrants pour contribuer au développement de leur pays d’origine, le gouvernement encouragera leur contribution au Venezuela en matière de commerce et d’investissement étranger, d’envoi de fonds et de tourisme. Le réseau de 74 ambassades et consulats sera utilisé pour fournir des informations ciblées aux Vénézuéliens à l’étranger sur les possibilités d’investissement au Venezuela et d’achat de produits vénézuéliens. En outre, des efforts seront déployés pour adapter les réglementations et les institutions financières afin de faciliter l’envoi de fonds vers le Venezuela, et des informations sur la disponibilité de ces services seront fournies. Enfin, un programme de tourisme culturel, de retrouvailles et d’affaires sera lancé, axé sur les Vénézuéliens résidant à l’étranger, avec un accent particulier sur la conception et la promotion d’une nouvelle image de marque pour le Venezuela.
• Représentation politique des intérêts des Vénézuéliens dans le monde. Étant donné que l’émigration des Vénézuéliens a désormais atteint près d’un quart de la population du pays, le gouvernement promouvra les réformes juridiques nécessaires pour intégrer leur représentation parlementaire à l’Assemblée nationale du Venezuela. En outre, il garantira à cette partie importante de la population la participation aux processus électoraux nationaux, régionaux et municipaux.
6. SÉCURITÉ CITOYENNE POUR LA RÉGÉNÉRATION DÉMOCRATIQUE AU VENEZUELA ET DÉFENSE DE LA SOUVERAINETÉ
La sécurité des citoyens et la défense du territoire sont des fonctions essentielles de l’État. En remplissant pleinement ce rôle, il garantit la tranquillité des citoyens et leur offre une certitude quant à l’avenir. Cela permet aux personnes de mener à bien leurs projets de vie, aux familles de ne pas se sentir sans défense face à la criminalité, à l’économie de fonctionner et de créer des emplois avec plus de certitude — et à la nation d’assurer sa souveraineté.
Sécurité citoyenne pour la régénération démocratique
Afin de rétablir la tranquillité et l’ordre auxquels aspirent tous les citoyens du pays, les objectifs de la politique de sécurité citoyenne seront les suivants : (i) restaurer le respect de la vie et de la culture de la vie ; (ii) éliminer l’impunité ; (iii) démanteler les organisations criminelles ; (iv) récupérer et contrôler le territoire ; (v) réinstitutionaliser et rétablir la méritocratie dans les forces de police ; (vi) équiper les forces de l’ordre ; (vii) récupérer les espaces urbains pour les citoyens ; et (viii) soutenir le développement économique et social en mettant l’accent sur la sécurité.
La poursuite de ces objectifs permettra de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions et entre les personnes.
Cette fonction de l’État sera restaurée en démantelant deux piliers autour desquels s’est construite la politique de sécurité du régime au cours des 25 dernières années. Il s’agit de la thèse de la défense de la souveraineté fondée sur la création d’un ennemi intérieur et la mise en place d’un modèle de pax criminelle orchestrée à partir de la territorialisation du crime par des acteurs armés non étatiques, mais soutenus et coordonnés par le régime.
L’ennemi intérieur : il s’agit d’une doctrine politique de défense qui transforme la souveraineté de l’État en un modèle de protection du pouvoir, ce qui se traduit par le renforcement des organes de renseignement au détriment des unités militaires et policières conventionnelles chargées de la protection du territoire, ainsi que par la création d’un état général de suspicion à l’égard de la population et des pouvoirs de l’État. Cette doctrine détruit l’État de droit et le transforme en un instrument de contrôle et de persécution politique, réorientant les fonctions de sécurité et de protection vers une structure d’État policier.
La pax criminelle : il s’agit d’un phénomène social qui résulte de l’absence de l’État sur le territoire, dans lequel des organisations armées de criminalité organisée ou à des fins subversives prennent le contrôle des espaces pour exercer de facto des fonctions de sécurité et de protection, et deviennent les régulateurs de la vie et des relations entre les citoyens. Dans le cas du Venezuela, ce processus est le résultat d’une action délibérée du régime au pouvoir, qui l’a encouragé afin de l’utiliser comme un instrument de répression et de contrôle propre à la doctrine de l’ennemi intérieur.
Le démantèlement et la suppression de ces deux piliers nécessitent une action nationale et internationale coordonnée, la participation de forces de sécurité institutionnalisées et fidèles à la démocratie, ainsi que l’action politique du gouvernement national. Des efforts seront déployés pour créer des environnements sûrs, propices à la régénération du tissu social et démocratique de la nation, où les citoyens peuvent vivre en paix, en sécurité et en tranquillité, à l’abri de toute menace pour leur vie, leur liberté et leurs biens.
Défense de la souveraineté
Le Venezuela a besoin d’une armée qui incarne à la fois l’esprit des valeurs fondatrices de la nation et la réponse aux menaces qui pèsent sur l’État.
Pendant des décennies, le modèle de l’ennemi intérieur a dominé la doctrine militaire du pays, ce qui a détourné notre propre puissance militaire contre la population et ses institutions et nous a fait abandonner notre responsabilité inéluctable qui est de protéger la souveraineté.
Les menaces qui pèsent sur l’État vénézuélien sont la présence de groupes armés irréguliers qui utilisent illégalement notre territoire pour le trafic de drogue et l’exploitation illégale et indiscriminée de nos ressources naturelles, causant de graves préjudices à la population et à l’environnement.
Afin de se réaligner sur leur mission fondamentale, les forces armées nationales ont pour mandat directeur l’article 328 de la Constitution nationale : « Les Forces armées nationales constituent une institution essentiellement professionnelle, sans affiliation politique, organisée par l’État pour garantir l’indépendance et la souveraineté de la Nation et assurer l’intégrité du territoire géographique, par la défense militaire, la coopération au maintien de l’ordre interne et la participation active au développement national, conformément à la présente Constitution et à la loi. »
De même, les forces armées doivent revenir aux principes qui régissent la géopolitique de l’hémisphère, en alignant leurs intérêts sur ceux de la région et en chassant les éléments transcontinentaux qui ont été autorisés à opérer sur le territoire dans le but de menacer nos alliés historiques. C’est pourquoi nos forces armées doivent reprendre le contrôle et l’indépendance des espaces et les remettre au service du développement de la nation.
À cet égard, il est indispensable de démanteler la milice et de revenir, selon un principe méritocratique, aux commandements naturels des quatre composantes, ce qui implique un schéma stratégique davantage axé sur la lutte contre les menaces et le démantèlement du modèle administratif inopérant qui régit aujourd’hui les régions, les zones et les secteurs de défense.
Ce changement de modèle offre une occasion unique de professionnaliser et de spécialiser technologiquement nos forces militaires, grâce à la création d’unités qui rompent avec les paradigmes des conflits conventionnels et se mettent au service de la cyberdéfense de nos infrastructures critiques, opèrent avec des modèles avancés d’analyse des risques et augmentent leurs capacités tactiques sur le territoire grâce à l’utilisation intensive de nouvelles plateformes technologiques de défense. De même, il est urgent de revoir et d’actualiser les programmes d’études à tous les niveaux de formation des officiers et sous-officiers des différentes composantes, ainsi que de rétablir un système de sécurité sociale pour les militaires et leurs familles.
Un aspect complémentaire, mais essentiel, d’un nouveau modèle de forces armées réside dans l’intégration du militaire et du civil. Il serait très utile que les établissements d’enseignement supérieur facilitent l’échange d’idées entre les deux parties de la nation, afin de construire une vision commune du développement.
Pour progresser vers ces objectifs, les politiques suivantes seront mises en œuvre :
COURT TERME
Sécurité
- La politique de sécurité citoyenne s’articulera autour de trois axes : (i) garantir la stabilité et la sécurité citoyenne ; (ii) rétablir la confiance dans les institutions chargées de la sécurité ; et (iii) assurer la souveraineté nationale dans le respect de l’État de droit.
- Axe Stabilité : les capacités des forces de sécurité à réagir rapidement et efficacement aux menaces pesant sur le nouveau gouvernement et les citoyens seront renforcées. Des politiques de prévention de la criminalité seront mises en œuvre, encourageant la participation citoyenne et le travail en collaboration avec les communautés locales. Un système de renseignement et d’analyse criminelle sera créé afin d’anticiper les crimes et de démanteler les groupes criminels.
- Axe institutionnel : la transparence et la responsabilité seront assurées dans toutes les institutions chargées de la sécurité citoyenne. Les processus policiers seront modernisés et numérisés, optimisant ainsi la gestion de l’information et la coordination entre les entités. Les agents de sécurité seront formés et professionnalisés, améliorant ainsi leurs compétences opérationnelles. Il sera garanti qu’ils disposent des ressources nécessaires pour accomplir leur travail de manière éthique et efficace. Un système de méritocratie et des conditions socio-économiques seront mis en place afin de revaloriser les agents de sécurité et de leur offrir une assurance et une protection sociale pour eux-mêmes et leur famille.
- Axe Souveraineté : La surveillance et le contrôle de nos frontières seront renforcés. Le territoire occupé par la criminalité et les groupes irréguliers sera récupéré. La présence active de l’État sera établie dans les zones rurales et urbaines.
- Création de deux structures pour la coordination et le contrôle de la gestion de la sécurité citoyenne : le Bureau national de sécurité pour la coordination et le contrôle de la gestion policière ; et le Centre de renseignement pour l’identification, la stratégie et la lutte contre les menaces à la démocratie. Le caractère policier du système de renseignement sera supprimé et celui-ci sera soumis au contrôle politique du Parlement.
- Mise en place d’un registre national de police et de protection civile, chargé de gérer les réseaux d’information inhérents à la fonction policière et à la gestion des catastrophes.
COURT ET MOYEN TERME
Sécurité
- Mise en place d’alliances internationales qui renforcent les valeurs démocratiques face aux menaces mondiales qui continuent de peser sur la région — en particulier celles liées au terrorisme et au trafic de drogue.
- Réforme du système pénal (ministère public, tribunaux, prisons) afin de rendre plus agiles et efficaces les institutions chargées de la justice pénale. Un système permettant d’accélérer les procédures judiciaires sera mis en place grâce à l’intégration de procureurs et de juges spéciaux, dans le but de garantir le respect des droits humains des personnes privées de liberté, de désengorger les centres de détention et de construire de nouvelles prisons.
- Des efforts seront déployés dans les domaines suivants : participation citoyenne, éducation à la prévention, espaces publics, afin de sensibiliser les citoyens à la détection précoce des vulnérabilités et à la prise de conscience des risques. Un changement culturel sera encouragé afin de former des personnes impliquées dans la sécurité et la création d’espaces sûrs, en coopération entre la police et les communautés au niveau local. La reconstruction, la réparation et l’entretien continu des espaces verts, des parcs, des rues et des avenues, des écoles, des installations sportives et des centres culturels seront encouragés auprès des gouvernements des États et des municipalités, afin que les citoyens, en particulier les jeunes et les adolescents, puissent en profiter, dans le but de créer de véritables alternatives de loisirs et d’activités saines pour la population.
Défense
- Remplacement de la doctrine de l’ennemi intérieur par la doctrine de défense de la souveraineté, à travers des décisions relatives à la mission, à la stratégie et à la formation des forces armées.
- Concentration du commandement militaire exclusivement sur les quatre composantes des forces armées et dissolution de la milice.
- Mise en place de procédures méritocratiques pour les promotions militaires, afin de professionnaliser les forces armées et de développer leurs capacités en tant qu’institution fondamentale de la nation.
- Rééquipement progressif et modernisation des systèmes de défense des forces armées, avec les systèmes et les armements les plus avancés permettant d’assurer la défense de la nation.
- Professionnalisation et spécialisation dans les nouvelles plateformes technologiques de défense, la cybersécurité des infrastructures critiques, les modèles avancés d’analyse des risques et l’amélioration des capacités tactiques.
- Modernisation et mise à jour des programmes d’études, en adoptant les cadres de formation militaire les plus modernes.
- Restructuration du système de protection sociale et des retraites afin de garantir le bien-être des membres des forces armées et de leurs familles, en tirant parti du régime de sécurité sociale basé sur la capitalisation — avec le soutien subsidiaire de l’État.
Sources
- The Washington Post, 4 janvier 2026.