Dans un entretien accordé à The Atlantic et publié le 4 janvier 2026, Donald Trump a annoncé que les États-Unis n’en avaient pas fini avec leurs interventions internationales et que le Venezuela ne serait pas le dernier pays visé 1

  • Le président américain a déclaré : « Nous avons absolument besoin du Groenland aussi », suggérant que ce territoire arctique pourrait figurer parmi les futurs objectifs géopolitiques des États-Unis.
  • Lors d’un entretien avec Fox News, il avait déclaré : « Ce qui s’est passé hier soir est incroyable… Nous devons le refaire [dans d’autres pays]. Nous pouvons le refaire. Personne ne peut nous arrêter. »
  • Depuis la capture de Maduro, plusieurs proches du premier cercle de Donald Trump ont également laissé entendre qu’une opération militaire visant à annexer le plus grand territoire insulaire du monde pourrait avoir lieu prochainement. 
  • Hier soir, Katie Miller, l’épouse de Stephen Miller, l’un des membres les plus influents de la Maison-Blanche, a publié une image du Groenland aux couleurs américaines avec le mot « Soon (bientôt) ».
  • Hier, lors de la conférence de presse historique de Mar-a-Lago, le secrétaire d’État Marco Rubio rappelait que Trump est un « président d’action… Ce n’est pas un président qui se contente de parler, d’envoyer des lettres et de faire des conférences de presse … s’il dit qu’il est sérieux au sujet de quelque chose, il l’est vraiment ». 

Ces menaces, absolument inédites au sein de l’OTAN, s’inscrivent dans une continuité revendiquée depuis la fin de l’année 2024

  • Lors des vœux de Noël de 2024, le président élu avait déjà laissé entendre ses ambitions territoriales, en ciblant le Groenland parmi d’autres zones stratégiques comme le canal de Panama et le Canada, suggérant que les États‑Unis pourraient « prendre le contrôle ».
  • Dans une interview accordée à NBC News en mars, Donald Trump se disait convaincu que les États-Unis obtiendraient le Groenland « à 100 % », sans exclure le recours à la force.
  • Le vice-président américain J.D. Vance s’est rendu au Groenland en mars 2025 pour visiter la base militaire américaine de Pituffik. Lors de cette visite, il a souligné l’importance stratégique du territoire pour la sécurité américaine, provoquant l’inquiétude des autorités danoises et groenlandaises, qui ont rappelé que toute décision concernant le Groenland devait respecter la souveraineté locale et le droit international.
  • Donald Trump a nommé le 21 décembre Jeff Landry, gouverneur de Louisiane, comme envoyé spécial pour le Groenland pour « faire du Groenland une partie des États-Unis ». Dans une conférence tenue le lendemain à Mar-a-Lago il avait relancé sa volonté expansionniste

Les réactions au Groenland et au Danemark ont été relativement fermes.

  • L’ambassadeur danois à Washington a répondu sur X à la provocation de Miller avec un long post pour rappeler aux États-Unis l’étroitesse de la relation d’alliance entre le royaume : « Petit rappel amical concernant les États-Unis et le Royaume du Danemark : nous sommes des alliés proches… et oui, nous attendons le respect total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ».
  • Le nouveau Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a fermement rejeté l’idée que le territoire puisse être cédé aux États-Unis : « President Trump says that the United States will get Greenland. Let me be clear : The United States won’t get that. We do not belong to anyone else. We determine our own future. »
  • La Première ministre danoise a publié un communiqué dans lequel elle affirme :  Il est tout à fait absurde de parler de la nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland. Les États-Unis n’ont aucune base juridique pour annexer l’un des trois pays du Royaume de Danemark. Le Groenland est membre de l’OTAN et bénéficie donc de la garantie de sécurité collective de l’Alliance. Un accord de défense entre le Royaume du Danemark et les États-Unis accorde déjà à ces derniers un accès important au Groenland. En outre, le Royaume a réalisé d’importants investissements dans la sécurité de l’Arctique. J’exhorte donc vivement les États-Unis à cesser leurs menaces à l’encontre d’un allié historique proche ainsi que d’un autre pays et d’un autre peuple qui ont clairement déclaré qu’ils n’étaient pas à vendre. »

Dans son allocution télévisée du Nouvel An, le 2 janvier 2026, la Première ministre danoise Mette Frederiksen avait donné un signal militaire inédit aux États-Unis. 

  • En répondant indirectement aux provocations elle avait mis en avant l’augmentation rapide et sans précédent des capacités militaires du royaume. déclarant : « Jamais auparavant nous n’avons accru notre force militaire de manière aussi significative, aussi rapidement ».
  • Les services de renseignement danois ont récemment qualifié les États-Unis de « risque sécuritaire », marquant une rupture majeure dans les relations transatlantiques.
  • La revendication américaine sur le Groenland illustre une version contemporaine de la doctrine Monroe : bien que le Groenland ne soit pas en Amérique latine, sa position stratégique dans l’Arctique en fait un enjeu de contrôle régional, où les États-Unis prétendent sécuriser leur « sphère d’influence » face à la Russie, la Chine et l’Europe.

La majorité des Groenlandais souhaitent l’indépendance vis-à-vis du Danemark mais rejettent une intégration aux États-Unis.

  • Pourtant, selon une source militaire européenne contactée par la revue, « une intervention militaire américaine au Groenland serait techniquement facile et difficile à contrer, ce qui renforce la crédibilité du scénario d’une accélération ».
Sources
  1. Trump Threatens Venezuela’s New Leader With a Fate Worse Than Maduro’s, The Atlantic, 4 janvier 2025.