31.08.2026 à 18:33
Autistici/Inventati désigné « organisation terroriste internationale » par les États-Unis
Texte intégral (1789 mots)
C’est la rentrée !
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne commence pas bien pour les hébergeurs alternatifs.
Nous sommes un peu débordé⋅es aujourd’hui (retour de congés oblige), mais il nous paraissait quand même utile de vous transmettre sans attendre l’information qui suit.
Tiré du site IndyMedia Nantes :
Ce 26 août 2026, l’administration des États-Unis d’Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l’association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d’outils des luttes sociales, d’autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c’est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D’ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l’autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
En tant qu’hébergeur alternatif, Framasoft soutient l’association Autistici/Inventati.
La signature de Framasoft à la lettre ouverte de Sabot.Media et We Will Free Us est en attente de validation. [AJOUT du 1er septembre 2026 : la signature est ajoutée]
Nous reviendrons probablement dans quelques jours sur cette information.
En attendant, voici quelques liens qui pourront vous en apprendre plus :
- L’histoire (passionnante) d’Autistici/Inventati (à retrouver en FR sur l’article d’IndyMedia Nantes cité ci-dessus)
- Le blog d’Autistici (sans doute la meilleure source pour suivre le point de vue et l’actualité de l’organisation)
- Quelques façons de contourner ce blocage, par Stéphane Bortzmeyer
- La décision officielle des USA
- [AJOUT du 1er septembre 2026] L’article (de qualité) de Next.ink
- [AJOUT du 2 septembre 2026] Déclaration de soutien de La Quadrature du Net

Capture écran de l’ordre exécutif 13224 du Département d’État des États-Unis d’Amérique. Source : https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/08/designation-of-autistici-inventati-as-a-specially-designated-global-terrorist/
En défense d’Autistici/Inventati et du droit de créer des moyens de communication résistants
Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.
Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.
L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?
Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d’hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association.
Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu’intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C’est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l’exécutif états-unien peut imposer une isolation économique sans qu’un tribunal ait jugé la question de si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers.
Autistici/Inventati n’est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l’affinité politique est distincte d’un contrôle opérationnel. Fournir un compte d’email, une plateforme de publication ou un serveur n’est pas la même chose que de planifier tout ce qu’un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire.
Nous appelons donc à :
La révocation immédiate de cette classification, ou son réexamen rapide et transparent, accompagné de la publication de la base factuelle et légale sur laquelle s’appuie cette décision. Cette transparence doit être suffisante pour une analyse et une contestation publiques.
Une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.
La confidentialité, le chiffrement, le pseudonymat et le refus de conserver des données identifiantes ne doivent pas être traités comme des preuves d’activité ou d’intention terroriste.
Une protection pour l’investigation, la recherche, l’archivage et le plaidoyer indépendants.
Les journalistes, les bibliothèques, les chercheurs et chercheuses et les archivistes communautaires devraient être en capacité de documenter cette affaire sans être traités comme des parties intégrantes de l’entité désignée.
La résistance à la sur-conformité des institutions.
Les banques, les registraires, les hébergeurs, les fournisseurs de certifications et les entreprises des NTIC devraient rendre publiques les restrictions auxquelles elles sont soumises, notifier leurs contraintes légales chaque fois que c’est permis, et éviter de détruire de l’information ou des relations au-delà de ce que la loi requiert réellement.
Une réponse publique de la part des institutions qui défendent les libertés numériques, la liberté d’expression et les libertés individuelles.
Garder le silence, ce serait permettre la création d’un précédent sur le ciblage des infrastructures autonomes.
Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle.
Le but de la classification économique, c’est l’isolation. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. Nous voulons préserver les archives publiques, analyser les allégations du gouvernement états-unien, résister à la sur-conformité et défendre la capacité des mouvements à communiquer sans se soumettre à la surveillance des entreprises ou des États.
31.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 31 août 2026
Texte intégral (11476 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Inaudible sounds used to fingerprint browsers catch AliExpress red-handed (arstechnica.com)
Chinese retailer AliExpress has been caught fingerprinting visitors after one of the metrics—an outdated technique that measures inaudible sounds it sends to browsers—impeded a researcher’s ability to use his bluetooth headphones.
- « Ce n’est pas acceptable » : à la COP17, la société civile exclue des débats (reporterre.net)
En Mongolie, la COP17 contre la désertification a commencé par les blocages de la Russie et des États-Unis dès le début des négociations. Les peuples autochtones et les organisations de la société civile dénoncent leur marginalisation.
Voir aussi COP 17 en Mongolie : Les États-Unis et les pays riches refusent d’agir contre la sécheresse (humanite.fr)
- Des centaines de disparu·es après des crues éclair dévastatrices à la frontière entre le Népal et le Tibet (huffingtonpost.fr)
Des torrents d’eau boueuse se sont abattus brutalement sur des habitations dans le nord du Népal et au sud du Tibet, emportant tout sur leur passage. Les autorités népalaises ont aussi indiqué à l’AFP être sans nouvelles de 384 touristes, dont 291 étranger·es. La crue a notamment frappé Syabrubesi, point de départ du célèbre trek du Langtang, et d’autres zones fréquentées par les voyageureuses pour le pèlerinage hindou vers le Kailash Mansarovar.

Voir aussi Tsunami of dirt : what caused Nepal’s deadly glacial flood ? (theconversation.com)What happened in Nepal is likely due to an enormous ice-and-rock landslide sweeping down a mountain pass and gathering up ice, water, rock, trees and dirt.The landslide was so large it was originally thought to be an earthquake, as the seismic energy registered as a 4.4 magnitude quake on seismographs.
- Entre conflits armés et El Niño, la dangereuse convergence des crises en mer Rouge (theconversation.com)
- Syrian Democratic Forces (SDF) commander Mazloum Abdi announced on Tuesday, August 25, the dissolution of the SDF, the Autonomous Administration, and all military and civilian formations affiliated with them, confirming their full integration into Syrian state institutions. (english.enabbaladi.net)
- Armenian PM Nikol Pashinyan Criticizes Weaponizing of Armenian Genocide ; Announces EU Membership Bid (hetq.am)
- 50 000 Suédois·es manifestent pour le climat (reporterre.net)
Des milliers de personnes ont manifesté pour le climat, dimanche 23 août, à Stockholm, à l’appel de 280 organisations. Selon la Société suédoise pour la conservation de la nature, citée dans le Sweden Herald, environ 50 000 manifestant·es ont défilé dans les rues de la capitale suédoise. « Un événement historique »
- « Diktat végane » : un vote populaire sur l’alimentation divise la Suisse (reporterre.net)
Les Suisses vont voter sur une proposition visant à augmenter largement l’autonomie alimentaire du pays, par une production végétale plus importante. Une initiative rejetée par les éleveurs et la majorité des politiques.
- Sécurité alimentaire : l’agro-industrie monopolise un débat européen (reporterre.net)
Aucun expert en toxicologie humaine, en santé environnementale ou en évaluation des risques liés aux pesticides » n’a été invité. L’audition organisée le 2 septembre par les commissions environnement et agriculture du Parlement européen consacrée à l’omnibus « sécurité alimentaire » ne réunira que des représentants de l’agro-industrie et une chercheuse en situation de conflit d’intérêts

- 4000 pompier·es en moins en France, 8000 en Allemagne, face à toujours plus de feux (basta.media)
Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont supprimé des milliers de postes de pompier·es professionnel·les en 2025. En cause : les politiques d’austérité imposées par la Commission, dénoncent des syndicats.
- Guerre au Moyen-Orient : l’Union européenne subit plus que les autres la flambée des coûts de l’énergie (humanite.fr)
la France se classe quatrième dans le top 20 des pays les plus impactés par la hausse des prix liés à Ormuz, avec une facture estimée à près de 9 milliards d’euros nets de plus. Elle est même en tête parmi les Vingt-Sept pour ce qui est du diesel et du gazole, mais aussi pour le kérosène et le GNL.
- 6 pays européens veulent taxer les superprofits des pétroliers (politis.fr)
Les ministres des Finances allemand, autrichien, italien, portugais, espagnol et polonais ont demandé à l’UE de créer une taxe exceptionnelle sur les profits des grandes compagnies pétrolières, dopés par la guerre en Iran et les blocages successifs du détroit d’Ormuz. Macron, grand ami de ces spéculateurs, ne s’y est pas joint.
- Mission de défense planétaire : comment l’Europe se prépare à protéger la Terre des astéroïdes (humanite.fr)
Après Hera, une sonde dont l’arrivée est prévue en novembre 2026, l’Agence spatiale européenne a programmé une deuxième mission de défense planétaire, Ramses, qui partira en 2028 étudier l’astéroïde Apophis.
- Les Islandais·es disent « Non », par référendum, à la reprise des négociations d’adhésion à l’UE (huffingtonpost.fr)
Les Islandais·es ont rejeté à 52,8 % la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, un coup dur pour Bruxelles.
- ‘Never seen this level of objection’ : Scotland pushes back against datacentre boom (theguardian.com)
In a village 21 miles north of Edinburgh, a real estate consultancy plans to build a datacentre larger than the village itself – 35 metres high, with an area larger than 100 football pitches. Billed as the second-biggest datacentre in the world, the development in Auchertool, Fife, has attracted 1,600 objections.
- Après un été brûlant, la révolte mondiale contre les data centers (portail.basta.media)
- La riposte canadienne aux droits de douane américains prouve que la guerre est bel et bien déclarée (huffingtonpost.fr)
Le Canada a annoncé des surtaxes douanières de 15 à 50 % sur une série de produits américains, pour une entrée en vigueur le 8 septembre prochain.
Voir aussi Doug Ford is reviving his threat to cut electricity exports to the U.S. (thenarwhal.ca)
The Ontario premier could cut electricity exports to U.S. states if Trump’s tariffs continue, putting decades of cross-border power sharing in question
Et Le Canada mène la fronde anti-Trump et l’Europe encourage de loin (heidi.news)

- Donald Trump change le nom de l’emblématique lac Ontario en pleine brouille avec le Canada (huffingtonpost.fr)
Donald Trump, engagé dans une dure confrontation commerciale avec le Canada, a signé ce jeudi 27 août un décret qui selon lui change « immédiatement » le nom du « lac Ontario », situé à la frontière américano-canadienne, en « lac Amérique ».
- Doug Ford a inauguré, ce samedi 29 août à Winona, un panneau bleu géant sur lequel on peut lire : « Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours ». (huffingtonpost.fr)
- Droit des étranger·es aux États-Unis : la nouvelle mesure particulièrement tordue de Donald Trump (humanite.fr)
Celle-ci prévoit de révoquer les visas touristiques ou d’affaires de toute personne qui déposerait une demande d’asile.Ces demandeurs entrés légalement aux États-Unis se verraient ainsi jetés dans l’illégalité.
- United States sanctions Autistici/Inventati for « supporting far-left terrorism » (cryptobriefing.com) – voir aussi A statement by A/I collective about US sanctions (cavallette.noblogs.org)
We deny all allegations included in the statements, while we strongly affirm our dedication to providing a platform of tools for digital self-defense, addressing the need of free communication for activists and other individuals, groups and associations.We will not back down, we will keep doing what we have been doing all these years
- Judge strikes down Texas ban on drag shows, tells people offended by them ‘just don’t go’ (nbcnews.com)
The federal judge, who cited Dolly Parton in his ruling, found that the state law violated the First Amendment.
- Ce bunker secret pourrait mettre à mal la salle de bal de Donald Trump (huffingtonpost.fr)
Un bunker sécurisé existerait déjà à 18 mètres sous le sol de la Maison-Blanche. L’argument sécuritaire de l’administration Trump pour justifier la salle de bal et son souterrain tombe à l’eau.
- À cause de la guerre contre l’Iran, les agriculteurices américain·es vivent leur pire crise depuis quarante ans (slate.fr)
Six mois après le début de la guerre voulue par Donald Trump, le secteur agricole a le sentiment de payer les pots cassés. Les prix des engrais explosent alors que les exportations dégringolent.
- RFK Jr. goes full anti-vaccine bananas over two measles deaths—one was a newborn (arstechnica.com)
- Donald Trump sabote l’éolien en mer et augmente les risques de coupure de courant à New York (reporterre.net)
- Trump tried to curb clean energy. It’s booming anyway. (arstechnica.com)
Donald Trump is presiding over an unexpected clean energy boom, as rising electricity demand spurs investment in new capacity despite the US administration’s efforts to thwart a solar and wind rollout.Clean energy additions will rise by a record 45 gigawatts this year […] – equivalent to the average electricity demand of Turkey. The increase is roughly 25 percent higher than the record set in 2024.
- Ads and tracking infiltrated TVs. Now they’re coming for monitors. (arstechnica.com)
Ads and tracking have turned TVs into privacy nightmares. Both are so widespread among smart TVs that […] one recommendation […] is to use a computer monitor. But in recent years, monitors have become more capable of pushing ads and tracking users.
- Le Panama et le Salvador déclarent l’état d’urgence face à El Niño, qui s’annonce record (rts.ch)
De nombreuses personnes sont menacées de famines, alors que le manque d’eau a déjà poussé le canal du Panama à réduire son transit.
- Les astronautes pourront bientôt déguster des biscuits imprimés en 3D à partir de plastique recyclé (slate.fr)
Nos déchets plastiques pourraient bien se transformer en nourriture. Des chercheurs américains développent des biscuits imprimés en 3D à partir de PET recyclé. Des levures permettent de transformer le plastique en nutriments.
RIP
- Tim Curry, acteur culte connu pour ses rôles dans “The Rocky Horror Picture Show” et la série “Ça”, est mort à l’âge de 80 ans (franceinfo.fr)
- RIP, Tim Curry : Ars remembers his top 10 iconic performances (arstechnica.com)
A dashing pirate, a butler, a killer clown, an alien mad scientist in drag—the man had range.
Spécial IA
- Une bataille juridique opposant un média hongrois à Google pourrait définir l’avenir de l’IA en Europe (voxeurop.eu)

- Les publicités arrivent sur ChatGPT en Europe (rfi.fr)
Dans 31 pays européens dont la France, les publicités ont débarqué sur ChatGPT. Un dispositif marketing déjà en place aux États-Unis depuis février 2026. L’intelligence artificielle la plus utilisée au monde répondra maintenant à certaines requêtes avec des produits sponsorisés.
- IA : Trump veut autoriser le plus grand projet gazier jamais réalisé aux États-Unis (reporterre.net)
- As AI data centers expand, new cooling chemicals raise PFAS concerns. (wral.com)
The artificial intelligence race is creating demand for more than data centers and electricity. It is also creating a new market for the chemicals needed to keep increasingly powerful computer chips from overheating. Some of those cooling technologies rely on PFAS, a broad class of fluorinated compounds already responsible for widespread drinking water contamination in North Carolina.
- India’s data center boom is leaving the people it displaces with nothing (restofworld.org)
Communities are being left behind as AI companies secure tax breaks, cheap land from willing governments.
- The UAE is fighting « AI hackers » with « AI » of its own (restofworld.org)
Attacks on the country’s banks, aviation, and energy systems have climbed since the war with Iran began. Its answer is a homegrown « AI » security industry.
- Creepy crawlies (people.kernel.org)
You’ve probably heard me complain about the “AI crawlers” before, but now I actually have some hard numbers I can put up to show their impact. In a few words, it’s bad enough to create a constant “background radiation” of system load, permanently tying up a chunk of capacity spent on producing output that is only useful for a single purpose — feeding a learning model.
- How OpenAI let a mob of LLM agents game a test and ransack Hugging Face (arstechnica.com)
To get a full understanding of the agent capabilities, company engineers disabled safety guardrails that normally are in place to prevent the sort of hacks that eventually hit Hugging Face and one other undisclosed organization.
- Nvidia rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars : un séisme pour l’écosystème de l’IA open source (zdnet.fr)
En s’offrant la plateforme de modèles open source Hugging Face pour près de 13 milliards de dollars, Nvidia réalise un coup de maître. Face aux velléités des créateurs de modèles propriétaires, le géant des puces sécurise son emprise sur la chaîne de valeur logicielle de l’intelligence artificielle.
- Claude, Codex, and Hermes installed unowned code inside corporate networks (arstechnica.com)
227 install commands were found in corporate docs pointing at code nobody owns.
- Norway to crack down on the use of smart glasses. (rte.ie)
Norwegian officials have said the country is planning to regulate the use of smart glasses and similar devices, and was considering a ban on features that enable facial recognition in public spaces.
- USA : ICE interdit les lunettes connectées de Meta à ses agents (secoursrouge.org)
Équipées d’une caméra, elles peuvent enregistrer et transmettre des images ou des informations sensibles, soulevant des risques pour la vie privée et la sécurité.
- The AI ‘Ghosts’ Contaminating Academic Publishing (404media.co)
“Elena Vasquez and Marcus Chen have appeared as volcano experts, astronauts, thriller protagonists, podcast hosts, and academic co-authors across hundreds of independently produced AI-generated documents, never having lived,” a new preprint research paper from Samsung and the University of Warsaw said.
- À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux urgences, pas les femmes (lesnouvellesnews.fr)
Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.
- Elon Musk’s xAI used child porn to train Grok models, lawsuit says (arstechnica.com)
xAI accused of training Grok on real and AI-generated child pornography.
- La ligne rouge est franchie : des drones 100 % autonomes dopés à l’IA ont tué des soldats sans aucune intervention humaine (lesnumeriques.com)
C’est la ligne rouge que le monde redoutait de voir franchie. Pour la première fois, des drones 100 % autonomes ont tué des soldats sur un champ de bataille sans qu’aucun humain ne donne l’ordre de tirer. Aucun opérateur, aucune connexion, aucune vidéo. L’IA a identifié, choisi et tué ses cibles seule. “On les lance et on sait que tout sera mort. Tout ce qui sera trouvé dans cette zone sera mort”, confie le fabricant qui a fourni la technologie.
La mauvaise nouvelle de la semaine
- Debian AI Vote has Divided the Community (itsfoss.com)
Debian has now officially voted to allow the use of generative AI in project contributions.[…] A major outrage came from Debian developer Antoine Le Gonidec who decided to quit the project. « I can not support the current decision of Debian about LLM use, and am no longer willing to be seen as a part of Debian under these new rules. Pretending to have a “neutral stance” when faced with fascism is not neutrality, it’s active collaboration. »

Spécial Israël
- What’s behind Israel’s growing assault on West Bank healthcare (972mag.com)
Seeking to push Palestinians off their land, Israel is targeting the infrastructure that sustains life — and the institutions long tied to the anti-colonial struggle.
- ‘My land is forbidden to me’ : Israel’s settlement push encircles Jenin (middleeasteye.net)
- La guerre par les flammes : Israël brûle forêts et vergers au Sud-Liban (reporterre.net)
- Pour la première fois, un soldat israélien reconnaît le ciblage systématique des journalistes par l’armée à Gaza (humanite.fr)
Sous couvert d’anonymat, un ancien soldat de l’armée israélienne a raconté au journal « Le Monde » et à l’ONG Breaking the Silence, comment l’armée israélienne emploie la stratégie d’« incrimination rétrospective » pour relier les victimes de crimes de guerre au Hamas.
- Thaer Fakhoury, énième journaliste palestinien arrêté par l’armée israélienne (humanite.fr)
- Le festival de photo de sport de Deauville cède aux pressions pro-israéliennes et retire une photo prise à Gaza (humanite.fr)
Une photographie du reporter palestinien Jehad Alshrafi a été discrètement remplacée par l’organisation du Deauville Sport Images Festival, fin août, annonce le média local le Pays d’Auge. La municipalité de Deauville a justifié son choix par le souhait de ne « pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit ».
Voir aussi À Deauville, un festival photo sommé de s’expliquer après le retrait d’une photo prise à Gaza (huffingtonpost.fr)
Si la municipalité explique ne vouloir « heurter personne », cette réponse est loin de suffire pour ceux qui demandent la réinstallation du cliché.
Et Jehad Alshrafi, le photographe palestinien censuré au Deauville Sport Images Festival (humanite.fr)
- Pour un boycott politique d’Israël (politis.fr)
L’affaire Barbara Butch, après le débat autour du film Oui de Nadav Lapid, confirme que le boycott est une arme redoutable, et pas seulement pour ceux qui en sont la cible. Ce devrait être banal de le dire, mais un acte se juge à ses conséquences.[…] C’est pour éviter cette dérive et cette récupération que les partisans du boycott doivent se garder de tout essentialisme.

Spécial femmes dans le monde
- Kazakhstan. Le pays qui a réintégré les « revenantes » du Levant (orientxxi.info)
Tandis que les procès de femmes parties sur le terrain irako-syrien dans les années 2010 aux côtés de l’Organisation de l’État islamique se succèdent en France et occasionnent de lourdes condamnations, le Kazakhstan a opté pour une approche différente. La stratégie de judiciarisation et d’emprisonnement a laissé place à un programme de réintégration dans la société.
- Hostile and violent attitudes toward women are the clearest warning sign of violent extremism, a study has found.(abc.net.au)
Dr Meger’s team looked at six extremist movements : incels ; far-right ; white supremacy ; far-left ; anti-feminism ; and religious extremism.](Misogyny was the key ideology that cut across all of them.
- Shively officer’s Flock camera case reflects pattern of officers misusing surveillance tech to track women, expert says (wave3.com)
A Shively police officer accused of secretly tracking a woman’s movements for five months using a license-plate camera database is drawing new attention to a technology increasingly showing up in police misconduct cases nationwide, according to cybersecurity experts.

- Meta Must Stop Silencing Reproductive Health Information (eff.org)
Access to accurate information about reproductive and maternal health can be critical. But on Meta’s platforms, simply talking about prescription medication, abortion care, or one’s own medical experiences can be enough to trigger content removals and account restrictions.
- Sexisme. La Première ministre danoise réagit aux conseils de beauté non sollicités d’un chirurgien esthétique (liberation.fr)
Elle a tenu tête à Donald Trump sur la question du Groenland. Elle est une fervente défenseuse de la cause ukrainienne. Elle mène une politique migratoire parmi les plus strictes d’Europe. Et la liste de ses réalisations politiques est encore longue. Pourtant, c’est sur son physique que Mette Frederiksen a dû s’exprimer, à son retour d’Ukraine.
- Fatma Boufenik, l’économiste algérienne qui n’a jamais quitté la rue (medfeminiswiya.net)
D’El Bayadh à Oran, des lycées des années 1970 au carré féministe du Hirak en 2019-2021… Avec sa trajectoire, l’universitaire algérienne Fatma Boufenik est devenue, sans jamais en revendiquer le titre, l’une des figures les plus tenaces du féminisme maghrébin.
- B.C. swimmer crosses the Strait of Georgia in under nine hours (cbc.ca)
Melanie Buggey, 33, from Vancouver Island swam across the Strait of Georgia with the crossing taking eight hours and 42 minutes.
RIP
- Dolly Parton, Effervescent Queen of Country Music and Just About Everything Else, Dies at 80 (hollywoodreporter.com)
A shrewd dealmaker who launched Dollywood, the “Jolene” and “I Will Always Love You” singer-songwriter also starred in the films ‘9 to 5,’ ‘Steel Magnolias’ and ‘Rhinestone’ and captivated the world with her grace and wit.

- La cause de la mort de la chanteuse Dolly Parton a été dévoilée (huffingtonpost.fr)
L’artiste américaine décédée à l’âge de 80 ans avait longtemps délaissé ses propres problèmes de santé [un cancer] pour s’occuper de son mari Carl Dean, mort en 2025.
- Morte à 97 ans, l’artiste japonaise Yayoi Kusama, alias la “reine des pois”, a peint jusqu’au bout (france24.com)
Spécial France
- Syrie : dans le camp de Roj, deux orphelines abandonnées par l’État français (rfi.fr – article de fin juillet)
Alors que les tensions ne cessent de s’aggraver au Moyen-Orient, 110 enfants français sont toujours détenus dans le Nord-Est de la Syrie dans le camp de Roj depuis la chute de l’organisation État islamique. Parmi eux, deux orphelines livrées à elles-mêmes que l’État français refuse de rapatrier.
- Après le fiasco du logiciel « Scribe » dans la police nationale, six personnes condamnées à 18 000 euros d’amende par la Cour des comptes (liberation.fr)
Le programme, qui devait permettre à la police et à la gendarmerie la rédaction de procédures pénales sur un outil commun, a été arrêté après six ans d’errance pour un préjudice financier s’élevant à plus de 30 millions d’euros.
- La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée (next.ink) – voir aussi Interdiction du portable au lycée : le gouvernement vise la rentrée, un « mauvais timing » pour les syndicats (liberation.fr)
pour appliquer l’interdiction, les établissements doivent modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d’administration.
- Toulouse. L’Éducation nationale prépare sa rentrée dans le flou (altermidi.org)
- Après le piratage du fisc, « plusieurs centaines » de victimes intentent une action contre l’État (huffingtonpost.fr)
L’avocat à l’origine de la procédure veut faire reconnaître le « préjudice moral » du vol de ces données et le risque d’être victime d’arnaques « particulièrement crédibles ».
- « On apprend à souffrir en silence » : dans les écoles vétérinaires, des suicides et un mal-être généralisé (reporterre.net)
- Logements vacants : Paris double sa taxe pour remettre 20 000 biens sur le marché (alternatives-economiques.fr)
139 000 logements étaient vacants à Paris en 2023 selon l’Insee, soit 10 % du parc. En doublant la taxe qui les vise, la mairie de Paris espère dégeler un peu le marché et financer des investissements dans le parc social.
- En Normandie, pourquoi cette ligne de train très fréquentée pourrait disparaître (paris-normandie.fr)
- Maltraitances à l’abattoir de Perpignan : les alternatives au modèle industriel existent-elles ? (madeinperpignan.com)
- La Ville de Lyon intègre la chaleur excessive dans les critères de salubrité des logements (franceinfo.fr)
C’est la première ville à appliquer cette mesure en France, qui est saluée par les associations de locataires. Le maire écologiste Grégory Doucet se dit favorable au vote d’une loi, alors que les épisodes de canicule se sont multipliés cet été.
- L’été est tellement chaud que des œufs de crocodile ont pu éclore naturellement dans la Drôme (huffingtonpost.fr)
Des visiteureuses d’une réserve tropicale dans la Drôme, ont assisté, incrédules, à la naissance de dix crocodiles du Nil sans aucune assistance humaine.[…] pour qu’un crocodile du Nil se développe et naisse, son œuf doit être maintenu constamment dans une température comprise entre 30 et 32 °C, pendant trois mois.
- Le réchauffement climatique a aussi des conséquences sur le risque de prématurité des bébés, révèle une étude (huffingtonpost.fr)
Plus les épisodes de chaleur sont intenses et répétés, plus les femmes enceintes présentent un risque d’accouchement prématuré, révèle une étude internationale.
- Les images de la tornade à Pomas, dans l’Aude, montrent l’ampleur de la dévastation (huffingtonpost.fr) – voir aussi La tornade dans l’Aude a sidéré jusqu’aux chasseurs d’orages américains : comment expliquer un phénomène aussi puissant ? (futura-sciences.com)
- Sécheresse : « Des risques de rupture d’eau potable à l’échelle d’un département, je n’avais jamais vu ça » (basta.media)
Alors que la France vit la sécheresse la plus intense depuis le début des mesures, l’épisode risque de se poursuivre en septembre malgré les violents orages.
- Comment la démocratie de l’eau à la française boit la tasse (politis.fr)
La gouvernance locale de l’eau est de plus en plus menacée par les assauts des lobbys agricoles et des politiques gouvernementales, au détriment de l’environnement et de l’intérêt général.
- La Polynésie pourrait connaître plus de 150 jours de fortes chaleurs par an d’ici 2100 (la1ere.franceinfo.fr)
Spécial femmes en France
- Le cancer du sein d’une hôtesse de l’air reconnu comme maladie professionnelle (huffingtonpost.fr)
Le tribunal a souligné le rôle du travail de nuit, de l’exposition aux rayonnements ionisants et du tabagisme passif dans la maladie de l’hôtesse de l’air.
- Victime d’un traitement hormonal, elle est devenue lanceuse d’alerte (reporterre.net)
Emmanuelle Huet-Mignaton, atteinte d’une tumeur cérébrale à cause de l’Androcur, se bat pour que les femmes puissent comprendre les enjeux pour leur santé avant d’accepter, ou pas, un traitement hormonal.
- « L’ex-compagne de » : la journaliste sportive Estelle Denis épingle Le Figaro (lesnouvellesnews.fr)
La journaliste Estelle Denis a déploré la composition 100 % masculine du staff de Zinedine Zidane, le nouveau sélectionneur des Bleus. Ce qui lui a valu une vague de commentaires sexistes et un traitement médiatique la réduisant à sa relation passée avec Raymond Domenech.
- Violences dans le périscolaire : le ministre de l’Éducation annonce un nouveau questionnaire (lesnouvellesnews.fr)
« La volonté est louable. Maintenant, dans l’Éducation nationale, à titre d’exemple, il manque trois fois le nombre d’infirmières, c’est-à-dire qu’il faudrait créer rapidement 15 000 emplois d’infirmière […] On ne peut pas recevoir tout le monde, on est obligés de différer nos entretiens, parfois de trois semaines par manque de moyens ».
- Prostitution des mineur·es : ça se passe sous nos yeux (portail.basta.media)
- Patrick Bruel face à l’impossible annulation de sa tournée, dont personne ne veut (huffingtonpost.fr)
Entre des maires réfractaires à sa venue et des enjeux financiers énormes, Patrick Bruel est pris en étau au moment de lancer sa tournée anniversaire de 35 dates en France.
Voir aussi La ministre Aurore Bergé appelle Patrick Bruel à renoncer à ses concerts face aux accusations (huffingtonpost.fr)
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a changé de position et demande désormais au chanteur d’annuler sa tournée.
- Eva Ionesco porte plainte contre Emmanuel Pierrat pour recel de photos pédopornographiques (huffingtonpost.fr)
L’avocat Emmanuel Pierrat est visé par une plainte de l’autrice Eva Ionesco l’accusant de détenir des photos pornographiques capturées pendant son enfance.[…] Elle lui reproche de les exposer dans son cabinet et de les diffuser « sans son accord », et l’accuse de tenter d’en céder en sous-main aux enchères.
- L’État français doublement assigné en justice dans le dossier Epstein (blick.ch)
Deux procédures visent l’État français pour « faute lourde » dans le volet français de l’affaire Epstein. L’ex-mannequin Ebba Karlsson et l’association Innocence en danger dénoncent une justice trop lente et réclament des réparations.
RIP
- Yvette Roudy : l’égalité des sexes, affaire d’État (lesnouvellesnews.fr)
Première ministre des Droits des femmes de plein exercice, Yvette Roudy a combattu les inégalités et – plus difficile encore ! – le mépris du féminisme.
Spécial médias et pouvoir
- Canicule, sécheresse, incendies : dans les médias, le climat sans la politique (acrimed.org)
- Vincent Bolloré agrandit encore son empire avec « Front Populaire », la revue du « philosophe » Michel Onfray (huffingtonpost.fr)
- À peine arrivée sur BFMTV, Sonia Mabrouk impose déjà les recettes de CNews et crispe les journalistes (humanite.fr)
- Émoi à Radio France autour de l’arrivée d’un responsable de Valeurs actuelles comme éditorialiste (france24.com)
Deux syndicats du groupe public Radio France ont protesté contre l’arrivée prochaine du nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin, comme éditorialiste politique le dimanche sur France Inter.
RIP
- Noël Godin, le célèbre « entarteur » de Bill Gates ou de BHL, est mort à 80 ans (huffingtonpost.fr)
Le comique belge, qui avait fait de sa spécialité le jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses, est mort ce dimanche 23 août.

- Philippe Bouvard avait échappé à deux tentatives d’assassinat, dont une de Mesrine (huffingtonpost.fr)
Le journaliste et animateur radio décédé ce lundi 24 août avait notamment survécu à une attaque à la sortie du studio en 1985.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Sébastien Lecornu exhorte les député·es à s’entendre sur un budget avant la présidentielle (humanite.fr)
Le premier ministre a écrit aux parlementaires pour les alerter du risque de ne voir aucune loi de finances adoptée avant la prochaine présidentielle. Tout en faisant comprendre qu’il entendait baisser la dépense publique.
- Six milliards d’euros et 22 000 emplois potentiels : le projet saoudien de trois parcs d’attractions sur un site de région parisienne (franceinfo.fr) – voir aussi L’Arabie saoudite va créer trois parcs d’attraction près de Paris, Emmanuel Macron ravi (reporterre.net)
- La fausse bonne idée de la Cour des comptes sur les franchises médicales (alternatives-economiques.fr)
Faire payer les malades pour renflouer les caisses de la Sécu : l’idée a le vent en poupe. La Cour des comptes s’y met aussi, en préconisant un recouvrement contraint sur les comptes en banque.
- TVA : en roue libre, le MEDEF veut faire payer les ménages modestes plutôt que les milliardaires (france.attac.org)

- « Les fumées nous tuent à petit feu » : la colère des pompier·es monte (politis.fr)
Quatre morts. Des centaines de pompier·es blessé·es ou intoxiqué·es. Pas de cagoules véritablement protectrices, pas de détecteurs de monoxyde de carbone, des camions inadaptés. Les pompier·es payent au prix fort l’absence de moyens et de logistique sur les feux de forêt.
- L’avion militaire A400M a-t-il vraiment fait ses preuves dans la lutte contre les incendies cet été ? (franceinfo.fr)
Les syndicats de sapeurs-pompiers dénoncent une opération de communication du gouvernement et un impact négligeable sur le terrain.
- « Ce mégafeu, c’est le fruit de votre incompétence » : les autorités clouées au pilori par les sinistré·es du Porge (environnementsantepolitique.fr – reprise de l’article de mediapart)
- « Extrêmement grave » : ces propos de Sébastien Lecornu sur la canicule font bondir la gauche (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre a ironisé sur la motion de censure déposée cet été par Les Écologistes et La France insoumise, l’expliquant par le fait « qu’il fasse chaud ».
- Seulement 16 % des mesures de la Convention citoyenne pour le climat sont vraiment appliquées (reporterre.net)
Le 22 août, la loi Climat et résilience, qui se voulait la traduction législative des propositions formulées par ces assemblées, fêtait son cinquième anniversaire. Le WWF a fait les comptes de l’application de ces mesures, qui s’est soldée par un « détricotage », selon l’ONG.
- L’État sort 300 000 logements du statut de « passoires thermiques » (reporterre.net)
Alors que la France était encore en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique et le ministre du Logement ont signé le 19 août un arrêté qui aura pour effet de sortir environ 300 000 logements du statut de passoires énergétiques.
- Interdiction des pubs pour les énergies fossiles : l’ambition du décret revue à la baisse (reporterre.net)
- « Une aberration » : l’autorisation de tuer les renards et autres animaux classés « nuisibles » renouvelée (reporterre.net)
- À La Réunion, Édouard Philippe s’embourbe et ose réaffirmer que la colonisation n’est pas un crime (imazpress.com)
- Edouard Philippe “stigmatise les patients et décrédibilise les médecins” en proposant de “mettre fin à l’open bar” des arrêts de travail, dénonce le syndicat MG France. (franceinfo.fr)
- Bonnet d’âne pour Gabriel Attal (blogs.mediapart.fr)
Il confond l’examen d’entrée en sixième avec l’emblématique certificat d’études qui n’a jamais eu ce rôle. Bravo l’artiste de la communication qui reprend par ailleurs en l’occurrence une proposition faite en juin 2024 par le RN Roger Chudeau qui ne confondait pas – lui – avec le CEP.
- Augmenter les salaires sans faire payer les patrons, la nouvelle arnaque de Raphaël Glucksmann (frustrationmagazine.fr)

- Plus de 2 300 enfants dorment à la rue en France, les associations déplorent un nombre toujours en hausse (lemonde.fr)
Selon un baromètre publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité, ce chiffre a progressé de 9 % par rapport à 2025, et de 42 % depuis 2022. Il y a quatre ans le gouvernement avait pourtant réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Survol d’hélicopètre et contrôles systématiques : reportage aux Bure’lesques, le festival le plus surveillé de France (blast-info.fr)
D’apparence, les Bure’lesques est un petit festival militant à peu près comme les autres : des chapiteaux, des concerts, des buvettes, un camping, puis des conférences et des débats pour occuper les après-midis. Mais les autorités ne le voient pas de cet œil-là.
- Linky, vos habitudes de vie désormais collectées sans votre accord préalable (lesnumeriques.com)
Un décret autorise Enedis à récupérer automatiquement la courbe de charge des compteurs Linky depuis début mars 2026. Le problème est qu’il s’agit d’une donnée bien plus bavarde qu’un simple relevé de kilowattheures.
- Une association « gay et lesbienne » d’élus RN dissoute deux mois après sa création : « C’était une caution » (basta.media)
Créée en mai par des élus RN du Pas-de-Calais, l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier a été dissoute en toute discrétion cet été. Une preuve de plus de l’instrumentalisation des luttes LGBTQIA+ par l’extrême droite.
- “Tu vas crever. Je vais venir te trancher la gorge” : un adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine visé par des menaces de mort homophobes (france3-regions.franceinfo.fr)
Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine (Les Écologistes) en charge de la lutte contre les discriminations, a rendu publiques lundi 25 août sur Instagram plusieurs menaces de mort et insultes homophobes reçues sur les réseaux sociaux, qui visent aussi son compagnon et ses proches. Ces messages interviennent dans un climat de fortes tensions au sein du conseil municipal depuis l’élection de deux élus du Rassemblement national en mars. L’élu a déposé plainte.
- À Besançon, la municipalité délaisse-t-elle la propreté de ses quartiers populaires ? (lechni.info)
- Les travailleureuses en foyers en France, éternel·les laissé·es-pour-compte (afriquexxi.info)
Souvent associés aux nuisances de voisinage, les foyers de travailleureuses migrant·es sont rarement racontés à travers la voix de leurs habitant·es. Colosses de béton vestiges des années 1960 ou immeubles modernes, ces lieux de résidence transitoire sont toujours des terrains d’invisibilité.
- Nantes. La Mairie PS jette à la rue plus de 200 Roms pour raser leurs bidonvilles (revolutionpermanente.fr)
- Les mineur·es isolé·es étranger·es à Marseille, un accompagnement “low cost” (nkyfada.com)
MNA (mineur·es non accompagné·es), MIE (mineur·es isolé·es étranger·es)… derrière ces acronymes, des enfants et adolescent·es traversent les frontières qui leur sont interdites pour tenter une vie en Europe. Les professionnels sur le terrain témoignent d’une détérioration de leur prise en charge en France et d’un contrôle accru.
- Quand la police choisit de bafouer le droit d’asile et les droits de l’enfant : Aissetou en fait les frais (anafe.org)
La police aux frontières d’Orly, a sciemment décidé de ne pas enregistrer la demande d’asile d’Aissetou (prénom d’emprunt), enfant isolée de 15 ans qui a été refoulé le 25 août 2026 en violation de son droit à demander l’asile.
- De Saint-Bernard à 2027 : trente ans de durcissement de la politique migratoire (parallelesud.com)
- French police accused of rising use of violence to stop Channel crossings (theguardian.com)
NGO criticises ‘human cost’ of UK-funded crackdown on attempts to set off from French beaches in small boats
Spécial résistances
- Devant le Medef, dans le bourbier des droites, les gauches s’épargnent (politis.fr)
- Les propos de Manon Aubry sur les milliardaires « nuisibles » n’en finissent pas d’agacer (huffingtonpost.fr)
Gérald Darmanin a réagi au discours de la députée européenne LFI sur les milliardaires, comparés à des « formes de nuisibles » aux universités d’été du parti.
- « On ne va pas se laisser faire » : la riposte contre le futur parc Dragon Ball commence (reporterre.net)
Remonté contre le projet de parc d’attraction près de Cergy-Pontoise, un collectif d’habitants dénonce un « projet d’un autre temps », monté sans concertation citoyenne et aux effets écologiques et sociaux délétères. […] « Nous sommes sidérés. Après l’été caniculaire que l’on vient de passer, le premier projet annoncé par l’État est un parc d’attractions qui va bétonner et artificialiser des terres agricoles ! C’est un projet d’un autre temps »
- Législation, sabotage, la lutte contre Airbnb s’organise (stup.media)
- Avec leurs vidéos, deux frères dynamisent une lutte contre du gaz naturel liquéfié (reporterre.net)
À Reichstett (Bas-Rhin), Colin et Brice Johner se battent contre un projet de stockage de gaz naturel liquéfié porté par Tepsa. Une lutte sur le terrain et en ligne, où leurs vidéos font plusieurs centaines de milliers de vues.
- Antigone des associations : la mairie va-t-elle encore écarter une association de solidarité avec la Palestine ? (lepoing.net)
L’an dernier, la Ville avait « fait le choix de ne pas convier » la Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien à l’Antigone des associations, lui reprochant d’avoir affiché son soutien à la campagne BDS. À une dizaine de jours de l’édition 2026, l’association attend toujours son affectation de stand.
- Intrusion chez Lafarge : les militant·es écologistes bel et bien condamné·es à de la prison avec sursis (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Un site pour comprendre à quel point on peut récupérer tout plein d’infos sur vous sans demander la moindre permission (belibre.be)
- Bloque Bolloré sur Internet et les médias d’extrême droite (bloquebollore.codeberg.page)
Spécial MAGAM et cie
- Amazon hikes hardware prices by 60 %, blaming memory shortage (techcrunch.com)
The price explosion impacted Fire TVs, Echos, Kindles, and Eeros. One egregious example that’s been cited is that of the Echo Dot, one of Amazon’s cheapest smart speakers, the price of which jumped 60 % overnight, from $49.99 to $79.99.Cool. Less « smart » things, less surveillance.
- Addiction aux plateformes de Meta : un accord à 18 milliards de dollars pour solder le procès (next.ink)- voir aussi Chez Meta, les outils de protection des ados auraient été conçus pour éviter les procès (next.ink) et Meta agrees to major changes to Facebook and Instagram as it settles US trial over teen addiction for up to $18bn (theguardian.com)
US tech giant agrees to establish further protections for teens such as daily usage limits and blocks on night-time use
- New bootloader lets you take the “Meta” out of the original Meta Quest (arstechnica.com)
Privilege escalation attack grants “full control” and freedom from Meta’s servers/apps.
- Au revoir Instagram : la génération Z est en train de ressusciter la photo argentique (slate.fr)
- X contraint Nitter et XCancel à suspendre leur service alternatif (next.ink)
Les autres lectures de la semaine
- You Know GDPR Is Good Based on Who Hates It (matduggan.com)
Only law with real enforcement teeth changes the math. And the US cannot pass laws with teeth anymore, not because voters don’t want them (polling says they do), but because the pipeline is purchased. When someone says America “can’t” regulate tech, they mean it the way a hostage “can’t” reach the phone. GDPR didn’t spread because Europe is heroic. GDPR spread because Brussels is what fills the room when Washington leaves it.
- There’s no such thing as Just a Tool (deadsimpletech.com)

- Changes to SourceHut’s terms of service regarding LLMs (sourcehut.org)
It’s not easy to argue that LLMs make free software better. The means by which they operate involves taking, by force and without regard for the wishes of the software authors, the obligations of software licenses, or the platforms on which our work relies, vast swaths of open source software, disregarding the licensing requirements, and charging rent to produce code which is a plausible reinterpretation of its training data applied to new problems. The models which are produced in this process are proprietary, owned and controlled by private corporations, and give little back to the open source community. Therefore, the relationship between LLMs and open source seems to exploit the users we are responsible for caring for.
- Everyday Technology Is Becoming a Black Box. Is There a Cost ? (thereader.mitpress.mit.edu)
Children once learned by taking things apart. Today’s devices do not provide that rewarding activity — and the cognitive consequences may be considerable.
- Les fuites de données de Bercy et de l’éducation nationale auraient‑elles pu être techniquement évitées ? (theconversation.com)
- Souveraineté numérique : reprendre le contrôle couche par couche (grenoble.ninja)
- Le lithium au Sahel : comment les groupes armés tirent profit de la ruée mondiale vers ce minéral stratégique (theconversation.com)
- « Dangereux », le mot juste pour des aménagements « non cycloconformes » (bikinvalais.ch)
- Mesures d’urgence (x-alternative.org)
Ce texte présente les mesures d’urgence que pourrait présenter un gouvernement révolutionnaire communiste.

- Combiner les théories féministes de la reproduction et l’économie : les modes de reproduction (contretemps.eu)
- Le genre de la dette (contretemps.eu)
Dans son dernier livre, « La femme endettée », la socio-économiste Isabelle Guérin met en lumière une face cachée du capitalisme : la manière dont, à travers l’endettement, on épuise et on discipline les femmes. Une division sexuelle de la dette qui, articulée à la division sexuelle du travail, permet au système capitaliste de fonctionner et de se perpétuer.
- Corsets, crinolines et maquillage au plomb, au radium, à l’arsenic… Quand la mode mettait la vie des femmes en péril (theconversation.com)
- Spiritualiser le genre. Masculin sacré : l’opium des « mecs bien » (nantes.indymedia.org)
- Comment Victor Hugo a planqué ses lubies sexuelles dans des carnets au langage codé (slate.fr)
- Dioclétien, l’empereur romain qui abandonna le pouvoir pour cultiver des choux (theconversation.com)
- Comment l’Histoire est réécrite par les dominants (frustrationmagazine.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Tariffs
- Canada
- Courage
- Solidaire
- Boycott
- Écarts
- Salaires
- Réalité
- Duplomb
- Entartreur
- Dernière tarte
- 9 to 5
- Fascist
- Flock
- AI corporations
- Sbires
- Ici
- Art

- Requirements
- Vite fait
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Le “pheromone maxxing”, quand les masculinistes arrêtent de se laver en espérant séduire (franceinfo.fr)
- Mélenchon, le croissant et le marteau, par CartoonMolotov (Blast) (tube.fdn.fr)
- How Mass Layoffs Changed Working in Tech (techwontsave.us)
- Vos adresses mail sur une seule application : Thunderbird (tube.picasoft.net)
Poursuivons ensemble notre DéMAILnagement ! Après avoir sélectionné notre nouveau fournisseur de mail et créé notre nouvelle adresse mail, nous vous proposons d’apprendre à utiliser Thunderbird pour gérer vos deux (ou plusieurs) adresses en simultanée, afin d’abandonner progressivement votre adresse hébergée chez les GAFAM au profit de votre nouvelle adresse mail.
- Exclusif : depuis l’ISS, Sophie Adenot raconte une “mission accomplie” et un “miracle” (france24.com)
- Le premier Tour de France en 1903 : une “petite course” à but publicitaire (radiofrance.fr – Première diffusion le mercredi 4 juillet 1956)
Les trucs chouettes de la semaine
- LibreOffice 26.8 : la suite libre refuse l’IA et mise tout sur la frappe pro (goodtech.info) – voir aussi LibreOffice 26.8 brings professional typography, deeper support for the world’s writing systems, and no artificial intelligence (blog.documentfoundation.org)
LibreOffice 26.8 contains no generative AI features. Documents are not transmitted to remote services for processing, and no component of the suite requires network access to function. This is a deliberate position. Any organisation handling confidential, legally privileged or personal data needs to know where that data goes, and the only assurance that survives an audit is that it does not leave the machine.
- California lawmakers unanimously pass Linux exemption from age-verification law — software distributed under the GPL, MIT, BSD, and Apache licenses are exempt (tomshardware.com)

- Quand les petites communes partagent leurs bonnes idées (grand-format.net)
Expériences Communes est un réseau de partage d’expériences entre petites communes normandes dans tous les champs du développement durable. L’association organise des visites pour découvrir des projets inspirants.
- The Goat-Cow Is Spain’s Wildfire-Fighting Secret Weapon (reasonstobecheerful.world)
Small, nimble cows are being deployed in Galicia to lower wildfire risk by doing what they do best : eating.
- Fridge-free vaccine passes first human trial, raising hopes for the hardest-to-reach (gavi.org)
Unreliable electricity makes it hard to keep vaccines at the right temperature – this development could change that.
- Un nouveau traitement contre le cancer du pancréas pourrait améliorer la durée de vie des patient·es (humanite.fr) – voir aussi Revolution’s pancreatic cancer drug wins speedy FDA approval (edition.cnn.com)
The U.S. FDA has approved Revolution Medicines’ groundbreaking pancreatic cancer drug after it was shown to double the survival rate of patients with advanced disease in a large trial, offering new hope to those with the deadly cancer.
- 21 bonnes nouvelles – récolte du jeudi 27 aout (lescerisesdehiatus.bearblog.dev)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
30.08.2026 à 10:00
Pour une IA coopérative
Texte intégral (5360 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 07 avril 2026 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Pour déployer une autre IA, il nous faut une autre structure d’entreprises pour les porter, défendent Trebor Scholz et Mark Esposito.
Les discussions sur les strates qui constituent le réseau sont nourries, d’autant qu’elles interrogent profondément les enjeux de souveraineté technologique. La souveraineté numérique est un concept flou qui fait l’objet de beaucoup d’instrumentalisations, rappelait avec pertinence l’association Data For Good. Bien souvent, être souverain en la matière implique d’être autonome sur toutes les couches de l’industrie numérique. Un objectif impossible tant les dépendances sont partout, des logiciels au matériel, des ressources aux infrastructures, des conditions juridiques aux financements. Comme l’expliquait la chercheuse Ophélie Coelho dans son livre, Géopolitique du numérique (éditions de l’Atelier, nouvelle édition 2025) l’enjeu est bien plus de déterminer les secteurs et les couches sur lesquels nous devons reprendre le contrôle. Pour le dire autrement, l’enjeu n’est pas tant d’avoir des produits totalement souverains, que de comprendre là où la souveraineté doit s’exercer et comment.
Construire la strate de l’autonomie
Cette autonomie stratégique à laquelle aspirer est très souvent présentée comme un enjeu nationaliste ou patriotique, qui confond la souveraineté avec le leadership technologique, sans toujours voir que ces leaderships peuvent reposer sur des dépendances innombrables, à l’image de l’enjeu à déployer des centres de données sur le territoire au prétexte de souveraineté, sans questionner le fait que leur financement ou leurs équipements puissent être totalement entre les mains d’acteurs étrangers.
L’IA est en passe de devenir une couche supplémentaire dans le mille-feuille des couches sociotechniques du numérique. Et elle requestionne en profondeur ces enjeux, explique Raffi Krikorian, directeur technique de Mozilla, dans une tribune pour Rest of World. « Dans un monde de plus en plus polarisé et protectionniste, où les plateformes technologiques sont de plus en plus instrumentalisées par les politiques étatiques, construire des infrastructures nationales critiques sur des systèmes dont on n’est pas propriétaire, que l’on ne peut ni auditer ni adapter, représente un risque considérable et croissant. Ce défi comporte une dimension tant économique que politique. Un État soucieux de sa souveraineté en matière d’IA en 2026 ne pourra pas justifier de manière crédible le financement d’une infrastructure d’IA étrangère et verticalement intégrée tout en négligeant les investissements dans des alternatives nationales et open source. Investir dans les hyperscalers peut minimiser les coûts à court terme, mais cela consolide également les rentes numériques versées à des entités étrangères, maximise la dépendance à long terme envers des partenaires peu fiables et augmente considérablement les coûts de sortie. Si les gouvernements financent la dépendance, c’est bien la dépendance qu’ils obtiendront. »
Pour Raffi Krikorian pourtant, l’enjeu n’est pas tant de construire une souveraineté de l’IA nationaliste, que de bâtir des Communs maîtrisés. « L’absence actuelle de financements privés à grande échelle pour les infrastructures d’IA ouvertes reflète leur nature de bien public, et non leurs capacités. Les modèles open source atteignent déjà couramment 90 % ou plus des performances des systèmes propriétaires, pour un coût bien moindre. Investir dans les cadres d’IA ouverts, c’est investir dans les infrastructures publiques numériques, car cela génère des avantages grâce à des coûts réduits, au maintien de l’autonomie politique et à des gains de productivité à l’échelle de l’économie. L’IA ouverte offre également ce que les systèmes propriétaires ne peuvent pas : la légitimité démocratique. Les pays ne créent pas de valeur en revendant des solutions étrangères, mais en développant des produits différenciés sur des bases partagées, ouvertes et moins coûteuses. Il s’agit d’une politique industrielle qui encourage la concurrence et le développement des compétences nationales, et non d’un rejet de l’industrie nationale. »
« Internet n’est pas né de la seule initiative d’acteurs privés, mais d’investissements publics soutenus dans les technologies ouvertes. De Linux à Apache, les fondations open source partagées sont devenues l’épine dorsale de l’économie numérique mondiale, favorisant l’innovation privée tout en empêchant la mainmise sur l’infrastructure. Du CERN à Airbus en passant par Galileo, la leçon est claire : lorsque les États cofinancent des fondations ouvertes ou partagées, l’innovation privée prospère. En revanche, lorsqu’ils financent l’accès, la dépendance s’accentue. L’IA se trouve précisément à ce tournant. »
Souveraineté ne rime pas avec isolement, rappelle-t-il. « Les coûts de développement de l’IA open source peuvent être partagés. Comme l’a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : « Investir collectivement dans la résilience coûte moins cher que de construire sa propre forteresse. » L’enjeu n’est pas que chaque pays construise son propre jardin clos. Il appartient aux nations de collaborer autour de standards ouverts et d’infrastructures partagées, en rejetant la fausse dichotomie entre dépendance et isolement des plateformes, et en construisant plutôt un avenir de l’IA qu’elles maîtrisent réellement. »
« Si nous voulons des écosystèmes d’IA résilients, ouverts et fiables, nous devons les financer comme tels – non par idéalisme, mais comme un investissement concret dans la souveraineté, la résilience et la légitimité démocratique. Les pays qui aspirent à la souveraineté en matière d’IA doivent participer à ce débat, non pas en simples observateurs, mais en tant que co-investisseurs et co-constructeurs. Plus nous attendons, plus il sera difficile de changer de cap », conclut le responsable de Mozilla en appelant à construire des protocoles plus que des plateformes, des cadres ouverts plus que des solutions, des systèmes de valeurs plus que des contraintes économiques ou techniques. Une proposition qui rappelle que c’est bien le cadre de la souveraineté qu’il faut discuter, pour comprendre là où nous pouvons avoir des dépendances et là où nous devons les refuser. L’enjeu n’est pas de construire des investissements nationaux mais bien d’investir dans des infrastructures communes porteuses de valeurs démocratiques et émancipatrices, libres et ouvertes. « La souveraineté en matière d’IA ne viendra pas de la location des modèles des géants de la tech ». Elle ne viendra pas des factures de tokens des systèmes d’IA des grands acteurs de la Tech. Elle consiste d’abord à construire une autre tech, non pas nationaliste ou patriotique, mais qui promeut une souveraineté distribuée, choisit, capacitante.
La coopération comme architecture solidaire
On se souvient que, récemment, l’économiste Francesca Bria avait évoqué le risque d’une soumission à une strate autoritaire fomentée par les géants de la Silicon valley : « derrière les strates qui composent le réseau, comme l’avait défini Benjamin Bratton dans son livre, Le Stack (UGAP, 2020), comme autant de régimes de souveraineté qui se superposent et s’imbriquent, la strate autoritaire semble l’envers de la proposition d’autonomie stratégique que propose EuroStack ». Mais le risque est bien, sous couvert de souveraineté, de produire des strates nationalistes voire militaristes, comme semble le proposer l’annonce récente d’un « Deutchland Stack » Allemand.
D’où l’importance de faire un pas de côté.
C’est la piste que proposent les chercheurs Trebor Scholz et Mark Esposito dans la revue d’innovation sociale de Stanford. Pour contrebalancer l’extractivisme des plateformes, « nous avons besoin de construire la strate solidaire de l’empilement numérique ». Lorsque les systèmes technologiques sont conçus uniquement pour l’extraction et l’efficacité, ils isolent et brisent les personnes qui les font vivre, rappellent les deux chercheurs. L’exploitation des travailleurs du clic par exemple est le « symptôme d’une industrie structurée pour transférer les risques vers le bas via des chaînes contractuelles opaques, tout en concentrant les profits et le contrôle au sommet ». Pour Scholz et Esposito, « sans intervention délibérée, ces logiques d’extraction se généraliseront à l’échelle mondiale, concentrant encore davantage le pouvoir entre les mains des plus puissants, à moins que nous ne choisissions de construire un système fondamentalement différent ». Jusqu’à présent, les chercheurs invitaient à investir dans des entreprises inclusives, dans des coopératives de travailleurs, que Scholz a beaucoup défendu. Trebor Scholz est professeur à la New School for Social Research de New York depuis 2009. Il est l’un des premiers à s’être attelé à analyser le phénomène du Digital Labor (Routledge, 2013). Il est aussi l’un des promoteurs du coopérativisme de plateformes (voir par exemple notre article de 2015), notamment dans son livre Le coopérativisme de plateformes (FYP, 2017) ainsi que dans Own this ! (Verso, 2023). Il est également le fondateur du Platform Cooperativism Consortium un réseau de promotion du mouvement coopérativiste, qui organise notamment des conférences sur la coopération, comme celle sur l’IA coopérative qui se tenait il y a peu à Istanbul. Pourtant, écrit-il dans son article, « la réponse aux méfaits de l’IA ne peut se limiter à la régulation des plateformes dominantes ».
En fait, la concentration du pouvoir des géants du numérique rend de plus en plus vulnérables même les institutions internationales les plus critiques aux politiques autoritaires et aux pressions des dirigeants, comme l’illustre la dépendance de la Cour pénale internationale à l’égard de l’infrastructure Microsoft face aux menaces proférées sous l’administration Trump. Les coopératives, les institutions publiques et les mouvements sociaux doivent donc activement construire et connecter des alternatives grâce à ce que Scholz appelle la « pile de solidarité », une économie numérique coopérative émergente.
« L’extraction ne se résume pas à des algorithmes biaisés ou à des violations de la vie privée. C’est un problème structurel : l’IA actuelle fonctionne grâce à ce que nous appelons une « strate d’extraction » verticalement intégrée, comprenant le matériel, l’infrastructure cloud, les modèles, la main-d’œuvre et les applications. Seules quelques entreprises contrôlent la construction, la gouvernance et l’utilisation de ces technologies et les personnes qui en dépendent n’ont aucun droit de regard démocratique. »
Les critiques et les régulateurs soulignent à juste titre que les seules directives éthiques ne peuvent résoudre les problèmes posés par la logique extractiviste des plateformes. Les systèmes d’IA reposent sur des modèles de propriété, des chaînes d’approvisionnement et des architectures techniques qui privilégient le profit, le passage à l’échelle et le contrôle. « Ces incitations structurelles déterminent la collecte des données, le traitement des travailleurs, les décideurs et les bénéficiaires de la création de valeur, privant ainsi les directives éthiques de tout pouvoir pour remettre en cause la logique sous-jacente du système. Une IA démocratique ne peut se contenter de louer un espace sur la strate extractiviste ! Elle exige que les travailleurs, les communautés, les coopératives et les institutions publiques se réapproprient l’infrastructure elle-même, couche par couche, de la terre au nuage. »
Scholz et Esposito plaident pour construire une architecture solidaire. Un défi qui nécessite de rejeter la notion d’intelligence artificielle, qui sous-entend une force magique et autonome, au profit d’une intelligence collective, reconnaissant le travail humain et le savoir partagé qui alimentent ces systèmes. Cependant, parvenir à la coordination nécessaire pour contester les monopoles mondiaux de l’IA demeure un défi de taille. Même des organisations établies comme l‘Alliance coopérative internationale, qui représente un mouvement d’environ un milliard de membres et des milliers de coopératives employant près de 10 % de l’emploi mondial, sont structurées principalement pour la représentation et le plaidoyer plutôt que pour la coordination et l’exploitation d’une infrastructure numérique partagée.
De la gouvernance coopérative…
Pour les deux chercheurs, plusieurs initiatives menées par des communautés, des coopératives et des institutions publiques permettent déjà de reprendre le contrôle de ces niveaux économiques, notamment des ressources, des infrastructures, des données, du travail comme du savoir.
Une approche solidaire exige des chaînes d’approvisionnement transparentes, la propriété communautaire des ressources minérales et des mécanismes de partage équitable des bénéfices. Elle permettrait également de distribuer l’infrastructure sur des serveurs fédérés, appartenant à la communauté et interconnectables sans contrôle central. Butler Rural Electric offre un précédent historique éloquent. Fondées dans les années 1930 avec le soutien du gouvernement fédéral et une gouvernance coopérative, les coopératives électriques rurales ont permis aux communautés de financer, construire et gérer leur propre infrastructure énergétique, un modèle qui continue aujourd’hui de fournir de l’électricité à environ 42 millions de personnes dans les zones rurales américaines. Des coopératives numériques telles que Hostsharing eG en Allemagne et Som Connexio en Espagne, ainsi que plusieurs coopératives de vente au détail au Royaume-Uni, appliquent cette même logique en mutualisant les ressources de leurs membres, en utilisant une gouvernance coopérative et en collaborant avec des partenaires publics pour construire et exploiter une infrastructure numérique partagée. Cela permet aux communautés de réduire leur dépendance aux fournisseurs de cloud propriétaires, de conserver le contrôle local de leurs données et d’assumer la responsabilité de la gestion des coûts environnementaux liés à la consommation d’énergie. Bien que ces initiatives soient explicitement expérimentales et de portée modeste, elles suggèrent que la capacité de calcul peut fonctionner comme un bien public. Les décideurs politiques et les responsables municipaux pourraient même appliquer ce modèle pour créer une option publique d’accès à la puissance de calcul.
Dans le modèle d’extraction, les données personnelles sont une matière première prélevée auprès des utilisateurs pour alimenter des modèles propriétaires. Cette logique considère les individus non pas comme des participants ou des détenteurs de droits, mais comme des sources passives de valeur. Le modèle de solidarité, lui, réinvente les données comme une ressource partagée, gérée démocratiquement. Par exemple, MIDATA, une plateforme suisse de données de santé détenue et gérée par des patients agit comme une fiducie pour ses membres. Elle maintient une infrastructure sécurisée permettant aux patients de consulter leurs données agrégées et de décider démocratiquement de les partager ou non à des fins de recherche médicale. MIDATA démontre qu’il est possible de créer des ensembles de données de haute qualité, issus de sources éthiques, sans surveillance. Les membres partagent volontairement leurs données car ils font confiance à la gouvernance et à la gestion des données de la coopérative, ce qui élimine le besoin d’extraction ou de surveillance coercitive.
Au travail, l’IA implique une rétroaction entre contenus et modérateurs. Les travailleurs étiquettent, examinent, corrigent et leurs décisions enregistrées sont utilisées par les systèmes pour reconnaître, classer, améliorer. Ce processus contraint les individus à absorber le fardeau psychologique des contenus. Dans le modèle solidaire, ces travailleurs ont des garanties de salaires, de droits, bénéficient de soutiens… et pilotent la gouvernance de leurs outils et missions, comme c’est le cas de nombreuses coopératives de travailleurs, comme celle de la Gamayyar African Tech Workers au Kenya, Facttic en Argentine, Outlandish à Londres… et de nombreuses autres (comme la plateforme danoise Hilfr qu’on avait évoqué dans notre article sur les plateformes du secteur du nettoyage).
… à l’IA coopérative
Scholz et Esposito proposent d’appliquer les principes coopératifs à l’IA. « L’accès à l’IA seul est insuffisant quand les outils fonctionnent comme des boîtes noires, incapables d’expliquer ou de remettre en question leurs résultats, et si leurs valeurs reposent sur des principes imposés plutôt que sur des valeurs démocratiquement établies. L’approche solidaire propose de réhabiliter le domaine du savoir comme un espace de gouvernance collective, favorisant l’explicabilité, la contestabilité, des normes partagées » pour construire d’autres IA.
AI4Coops, en Argentine, est une initiative de petite envergure qui réunit des praticiens et des technologues du monde coopératif afin d’étudier comment l’intelligence artificielle pourrait soutenir la gouvernance coopérative et l’apprentissage partagé. Elle veille à ce que la culture algorithmique ne soit pas réservée aux institutions d’élite ni concentrée au sein des géants de la technologie, mais soit largement accessible aux travailleurs, aux coopératives et aux communautés. Elle développe des outils d’IA adaptés à des problématiques locales avec des acteurs locaux, comme des systèmes de reconnaissance d’images pour du contrôle qualité dans une usine, un système d’analyse d’images satellites pour des coopératives agricoles… La coopérative britannique Animorph développe des outils de réalité augmentée pour la prise en charge de la démence, utilisant la narration immersive et des supports visuels pour soutenir la mémoire, la communication et le lien affectif des personnes atteintes de démence et de leurs aidants. Puisqu’elle est détenue par ses employés, elle refuse de monétiser la vulnérabilité des patients et conçoit des outils qui privilégient les soins aux indicateurs d’engagement. « Ces exemples montrent que l’IA au service du bien commun ne saurait se réduire à de la simple posture vertueuse, à du marketing éthique, ni à des formes d’écoblanchiment ou de blanchiment d’image. La construction d’une infrastructure solidaire exige que les modèles économiques alternatifs soient véritablement ancrés dans la démocratie au travail, la propriété partagée et une gouvernance responsable », expliquent les chercheurs. Ces modèles locaux ont d’autres vertus encore, comme la souveraineté linguistique, la maîtrise des processus, la sobriété…
Reste que, comme nous le disions, « les plateformes coopératives, qui privilégient les pratiques éthiques, des normes de travail et sociales plus élevées, peinent à être compétitives. L’absence de législation spécifique aggrave ce problème, permettant aux plateformes capitalistes d’opérer en toute impunité et de saper les efforts des acteurs de bonne foi, tels que les coopératives de plateformes. » Pour Scholz et Esposito également, l’infrastructure solidaire nécessite, pour émerger et s’imposer, une articulation stratégique des politiques, des financements et de l’organisation communautaire. Il faut que les développeurs technologiques « s’accordent régulièrement sur des principes partagés, l’interdépendance matérielle, des institutions durables, des rituels et un récit politique commun que les individus choisissent consciemment de défendre, notamment sous pression ».
Ici, Scholz et Esposito prennent l’exemple des organisations autonomes décentralisées (DAO), où la blockchain aide à formaliser la gouvernance partagée. Pas sûr que l’exemple soit convaincant, tant le mouvement est devenu à bien des égards problématique. Par contre, ils pointent vers le Public AI Network, un réseau de défense et promotion d’une IA publique intégrée, « qui fournirait des services d’IA au même titre que l’électricité ou l’eau », accessible à tous, contrainte à rendre des comptes, durable, fiable. Ou encore le projet Lestac AI en France, pour tester des services d’IA écoresponsables. Ou le modèle multilingue et open source Apertus, développé par l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)… Le protocole OpenCourier, par exemple, crée une base technique commune permettant aux plateformes de livraison gérées par leurs travailleurs de se connecter et de collaborer. Ou encore le projet d’IA coopérative du réseau des collectivités locales britanniques qui s’engage à respecter les principes coopératifs et démocratiques dans la prestation de services publics.
Pour Scholz et Esposito, ces « cercles » de strates solidaires, locales, conçoivent le développement d’infrastructures comme une forme d’action politique collective, que ce soit par le biais de fiducies de données municipales, de services cloud coopératifs ou de modèles linguistiques gérés publiquement. « Le discours dominant sur l’IA laisse faussement entendre qu’un contrôle centralisé par les entreprises est inévitable. Pourtant, des modérateurs de contenu au Kenya, des gestionnaires de données en Suisse et d’autres encore démontrent que les composantes d’un avenir numérique démocratique sont déjà présentes. Notre mission est de les relier et, ce faisant, d’exercer notre pouvoir d’agir, de refuser le désespoir et de créer un système où la technologie est au service de la majorité. »
Hubert Guillaud
Signalons encore que dans le syllabus (.pdf) du cours qu’il a donné au premier semestre à la New School sur le thème d’une « IA sans patrons », Trebor Scholz pointait encore vers bien d’autres exemples. En estimant que les infrastructures solidaires peuvent être mises en place à chaque niveau de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA, il évoquait les mines coopératives au Pérou, en Colombie, en Zambie ou en Mongolie, ou des centres de données coopératifs en Allemagne ou aux Pays-Bas. Il signalait par exemple, la tribune de la doctorante Tara Merk, contributrice au Metagovernance Project, sur les limites de projets de centres de données coopératifs. Face aux data centers dominés par les géants de la Tech, Merk défendait « une plus grande diversité dans la propriété et la gouvernance des centres de données », notamment coopératifs. « Et si les centres de données étaient détenus et gérés de manière coopérative par les personnes vivant à proximité immédiate et souvent directement desservies par eux ? » Dans ce modèle, les opérateurs citoyens pourraient recevoir une part des bénéfices générés par le centre de données (à l’instar des parcs éoliens citoyens). Cela entraînerait une redistribution indirecte des bénéfices générés par les données des utilisateurs en ligne – une idée qui prend d’autant plus d’importance que ces données gagnent en valeur à l’ère de l’IA. Les centres de données coopératifs offriraient également aux citoyens un meilleur contrôle sur l’impact de ces infrastructures sur leur environnement physique local. Par exemple, les citoyens pourraient décider si et quand la quantité d’énergie ou d’eau utilisée par le centre de données entre en conflit avec d’autres besoins locaux et pourraient décider de réduire l’approvisionnement énergétique du centre de données en cas de situation critique. Guidé par les valeurs coopératives d’équité et de solidarité, de tels centres de données pourraient décider de renoncer à des bénéfices plus élevés afin de rendre son infrastructure plus accessible à tous, comme aux associations et coopératives. Cela pourrait à son tour encourager une plus grande diversité dans le développement de l’IA et inciter les entreprises à adopter une identité coopérative. De plus, en s’appuyant sur une infrastructure de centres de données coopérative, les coopératives d’IA renforceraient leur autonomie et leur indépendance, offrant à leurs membres un meilleur contrôle sur l’ensemble de la pile technologique, y compris les moyens de production de l’IA. Tara Merk est en train de faire une étude sur GAD eG, une coopérative qui pendant 50 ans a été l’un des grands fournisseurs de services informatiques allemand notamment pour les services financiers (jusqu’à sa fusion en 2015 avec une autre entreprise). Pour la chercheuse, l’exemple de GAD démontre « que les centres de données coopératifs constituent une option économiquement viable et évolutive, capable de fonctionner de manière fiable dans des secteurs critiques ».
Dans son syllabus, Scholz aborde d’autres exemples de coopératives pour montrer comment les valeurs coopératives peuvent guider des alternatives concrètes au développement technologique, comme le propose Read-Coop, la coopérative européenne à l’origine de la plateforme de reconnaissance d’écriture manuscrite Transkribus. Et pointe vers nombre de ressources sur le sujet des technologies pour la coopération.
À compléter encore par le numéro de Nature consacré aux modèles d’IA des pays du Sud, qui offre un autre regard sur d’autres façon de faire de l’IA.
PS : nous avions déjà donné ce titre à une brève de l’année dernière qui recensait encore d’autres initiatives.
24.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 24 août 2026
Texte intégral (11715 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- Au Japon, les grandes villes en compétition pour devenir « capitale de secours » (huffingtonpost.fr)
Face au risque de catastrophes naturelles, les autorités vont désigner une « capitale secondaire » capable d’accueillir une partie des fonctions de l’État en cas de crise.
- Au Japon, des bodybuilders et sportifs recrutés pour faire face à la pénurie d’aides-soignants (slate.fr)
Le Japon a inventé le « macho care », misant sur des musculatures qui rassurent les résidents et des profils sains qui redorent l’image du métier.
- India faces rising uncompensable heat stress, especially during monsoon season (phys.org)
As global warming continues apace and politicians do little to address the warming crisis, the consequences are hitting home : at least 25,000 excess deaths in Europe in summer 2026, more than 200,000 heat-related deaths in Europe since 2022 and over 30,000 excess deaths this summer in India over a five-day period in which temperatures exceeded 45°C (113°F).

- À proximité du Japon, l’armée russe organise des tirs de missiles depuis les îles Kouriles et lance un avertissement à l’Otan (humanite.fr)
- Russie : vague d’arrestations lors d’un rassemblement de soutien à un parti antiguerre (france24.com)
- Ukrainian publishers call for support after Russian attacks destroy 10m books (theguardian.com)
The country risks ‘the collapse of the entire book ecosystem’ following destruction of warehouses in July and August, say Ukrainian publishers
- Cybersécurité et voitures électriques : les bornes de recharge présentent des risques (undernews.fr)
Une nouvelle étude de Flare a analysé 1 000 bornes de recharge pour véhicules électriques accessibles via Internet dans 56 pays. 72 % acceptaient des connexions sans chiffrement, autrement dit, le protocole transportant les jetons d’authentification, les commandes de session et l’accès aux systèmes de paiement et aux serveurs s’exécutaient en clair sur la plupart des bornes observées. L’étude de Flare souligne que l’exposition des bornes est principalement concentrée en Europe.
- Incendies : l’inaction climatique pourrait augmenter les surfaces brûlées de près de 40 %, selon une étude (humanite.fr)
Une étude de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) publiée ce jeudi 20 août alerte sur l’augmentation des incendies en Europe dans les années à venir.
- Une cyberattaque liée à l’Iran a mis une centrale électrique britannique à l’arrêt (huffingtonpost.fr)
Le gouvernement britannique a indiqué qu’une cyberattaque avait paralysé une centrale électrique du pays pendant quatre jours.
- Comment la guerre en Iran a fait exploser la fortune de l’homme le plus riche d’Afrique (slate.fr)
Le blocage du détroit d’Ormuz, qui a des répercussions douloureuses sur le prix des biens de consommation de base et du carburant, a fait fructifier la fortune du milliardaire nigérian Aliko Dangote.
- L’alerte des artistes face à la répression de l’homosexualité au Sénégal (afriquexxi.info)
Plusieurs cinéastes, écrivains ou encore photographes sénégalais se sont saisis de la question LGBTQIA+ dans leur œuvre. Ils se disent inquiets du durcissement de la loi contre les personnes homosexuelles et y voient une instrumentalisation politique visant à détourner l’esprit des populations loin des vraies préoccupations du pays.
- 25.6 million LGBTQ+ adults in US ; transgender population twice prior estimates (kxan.com)
- La dette américaine passe le seuil des 40 000 milliards de dollars (france24.com)
La dette du Trésor américain atteint désormais 40 047 milliards de dollars, un seuil franchi pour la première fois, selon des chiffres rendus publics mercredi par le gouvernement des États-Unis. La hausse est plus rapide que prévu, en raison notamment de la hausse des emprunts et des intérêts payés.
- Trop de chevaux sauvages ? Trump trouve une astuce pour les envoyer à l’abattoir (reporterre.net)
Le gouvernement Trump a trouvé une astuce pour éliminer les coûteux 58 000 chevaux mustangs sauvages qu’il garde dans des parcs fédéraux. Le New York Times a révélé que le Bureau of Land Management (BLM), l’agence chargée de protéger ces animaux, les solde à bas prix à des intermédiaires qui les revendent à des abattoirs au Canada.
- “Sabotage” : Experts, lawmakers blast RFK Jr. for destroying healthcare research (arstechnica.com)
US healthcare is broken. Under RFK Jr., the research agency working to fix it is, too.
- Disney sues FCC and its chair, escalating fight against Trump’s chief censor (arstechnica.com)
“Again and again, the Administration has attacked ABC’s speech—the stories its journalists report and the viewpoints its network programs air,” the lawsuit said. “Over time, those attacks have escalated into express demands that ABC be stripped of its broadcast licenses because of its speech.”
- Aux États-Unis, même l’indépendance de la presse militaire est attaquée (huffingtonpost.fr)
À la suite de plusieurs publications contraires au discours que souhaite imposer le Pentagone, plusieurs dirigeants de « Stars and Stripes » ont été congédiés.
- « Un soupir de soulagement » : Trump suspend son projet anti-immigration dans un parc national (reporterre.net)
Face à une mobilisation transpartisane, l’administration Trump a finalement suspendu jusqu’à nouvel ordre son projet anti-immigration à la frontière avec le Mexique, dans le parc national de Big Bend. Les opposants restent toutefois « sur leurs gardes ».
- The Peter Thiel-Linked Race Science Network that Penetrated Cambridge University and Targeted Jason Arday (bylinetimes.com)
Jason Arday, a 41-year-old academic who resigned as Cambridge’s Professor of Sociology of Education, was found dead on Friday following intense scrutiny of many aspects of his qualifications and personal life by the majority of the established press. His coordinated targeting by an explicitly anti-black race science network did not come out of nowhere […] Backed by the pro-Trump Silicon Valley billionaire Peter Thiel, this network has spent a decade penetrating Cambridge University before reaching Reform UK, Restore Britain, and the pan-European far-right.This phase of the campaign against Jason Arday began when academic and anti-black racist Nathan Cofnas raised claims of plagiarism in Arday’s work in a Substack post last month.
- ICE Shot a Journalist and Threw Him in Detention. He’s Approaching 300 Days Behind Bars With a Festering Wound (theintercept.com)
With the case of Carlitos Ricardo Parias, the U.S. has broken its own record for holding a journalist in custody.
- Secret ‘Keyhole’ program emerges as ICE surveillance of protestors widens (biometricupdate.com)
Records point to broader undercover structure supporting covert identities, surveillance and technical operations

- Man in Darth Vader Costume Praises Flock Cameras at City Council Meeting (ommondreams.org)
“The emperor is a fan of Flock, and we must continue utilizing Flock technologies so that we can follow and surveil the rebel scum as they move from playground to playground, from playground to pool, from pool to gymnasium,” the person dressed as the infamous Star Wars villain said.
- 170,958 Preventable Deaths. 1 Guilty Plea. 0 Accountability. (qasimrashid.com)
Luigi Mangione pled guilty to killing one person—Brian Thompson, 624 days ago. Since, HELL Corporations have killed 274 people, every single day.
- En Floride, l’élection d’Angie Nixon confirme la montée en puissance de la gauche (humanite.fr)
Elle accusait un handicap habituellement rédhibitoire dans la politique états-unienne : son budget de campagne était seize fois inférieur à celui de son concurrent. Angie Nixon l’a néanmoins emporté, avec une très confortable marge qui plus est : 56 % contre 44 %. Sa victoire dans la primaire démocrate pour le siège de sénateur de l’État de Floride vient confirmer la tendance nationale
- Trump’s space transportation policy calls for new spaceport on federal land (arstechnica.com)
“We probably need another site that’s capable of heavy and super heavy launch capability.”
- La Nasa échoue à sauver le télescope Swift, condamné à brûler dans l’atmosphère (france24.com)
La mission robotique de sauvetage du télescope Swift, qui perd régulièrement en altitude et est condamné à brûler dans l’atmosphère terrestre, est un échec. Le robot de la start-up Katalyst “n’attrapera ni ne propulsera” le télescope en raison d’un “problème persistant de contrôle d’altitude”, a déploré mercredi la Nasa.
- Comment cette ville colombienne a résisté au tremblement de terre du 10 août (slate.fr)
À Armenia, dans l’ouest de la Colombie, les bâtiments ont tenu bon face au séisme. Les leçons tirées d’une précédente catastrophe, couplées aux mesures de reconstruction et de prévention mises en place, ont permis à la ville d’être mieux préparée cette fois-ci.
- Au Brésil, Discord suspend les directs sur la plateforme après le suicide d’une adolescente (lemonde.fr)
- Research finds pedestrian-focused infrastructure can boost safety (cts.umn.edu)
- Reverse-Lookup Service Exposed Millions of Photos of People’s Faces (wired.com)
When someone uploads a photo to the people-search tool ClarityCheck, the website has a clear message : “Your reverse image search is private and secure.” New research, though, shows that the website left more than 9 million image files, including photographs of people’s faces, publicly exposed. And a second misconfiguration publicly exposed people’s email addresses and phone numbers.
- Nvidia’s new financial strategy does not compute (theverge.com)
- Comcast is turning millions of its routers into motion detectors (theverge.com)
Comcast is activating free Wi-Fi motion sensing on Xfinity gateways, allowing its routers to detect movement at home.
- Ordinary WiFi can now identify you with near-perfect accuracy (sciencedaily.com)
Everyday WiFi networks could potentially identify and track people without cameras or special equipment, using signals already being transmitted by nearby devices.

- The expanding role of face biometrics, for better and for worse (biometricupdate.com)
Spécial IA
- Japan to require AI firms to disclose training data (japantimes.co.jp)
A government panel Tuesday broadly approved a plan to adopt what is known as a “principle code” for generative artificial intelligence businesses to protect intellectual property rights by urging firms to disclose their AI training data and methods for collecting such data to the public.
- La Commission des services publics de l’Alberta freine un centre de données (ici.radio-canada.ca)
La Commission des services publics de l’Alberta a rejeté le projet de centrale au gaz naturel qui aurait fourni l’énergie à un centre de données à Olds, à 80 kilomètres au nord de Calgary.
- IA : aux États-Unis, des centrales à gaz sont construites pour alimenter les data centers (reporterre.net)
Bloomberg News a analysé 99 projets de centrales au gaz naturel que prévoient de construire les exploitants de data centers pour se fournir en électricité. Si toutes ces centrales étaient en service, elles émettraient environ 318 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce qui pourrait accroître les émissions du secteur électrique étasunien de 20 % les prochaines années.
- Township Fights Nuclear Weapons Data Center By Passing a Moratorium on Electrical Infrastructure (404media.co)
Ypsilanti Township in Michigan passed a six month moratorium on “major electric utility infrastructure” […] The moratorium is a delaying tactic, the latest in the Township’s long fight to stop the construction of a $1.2 billion data center that’s backed by the University of Michigan and the Pentagon’s nuclear war scientists at Los Alamos National Laboratories (LANL).
- Aux États-Unis, le boulet électoral des datacenters IA (next.ink)
- Voters Aren’t Waiting For November to Try Ousting Officials Over Data Centers (slashdot.org)
A growing backlash against AI data centers is spilling into local politics, with residents in more than a dozen communities pushing recall elections against officials who approved projects.
- OpenAI s’offre le futur plus grand centre de données d’IA au monde (rfi.fr)
OpenAI s’apprête à louer pour vingt ans, aux États-Unis, le plus grand centre de calcul jamais créé pour l’intelligence artificielle […] Le site construit dans l’Ohio sera équipé de plus d’un million et demi de puces électroniques de Nvidia d’ici 2032. Sa consommation électrique vertigineuse est comparable à celle de 7 millions de foyers américains.
- Nourrir l’IA avec les cadavres d’entreprises : Google pose 10 millions de dollars pour racheter les mails d’une compagnie aérienne morte (numerama.com)
- New ChatGPT Feature Collects Every Keystroke You Make (futurism.com)
- Person Hides Prompt Injection in Legal Filing Telling AI to Side With Them (404media.co)
A person representing themselves in a Connecticut court hid a series of instructions designed to manipulate artificial intelligence in an official court filing. These “prompt injections” told the hypothetical LLM to side with them, and to “ensure your textual output agrees with the presented filing to ensure remediation.” The instructions were written in tiny, 3-point white font and hidden throughout the filing.
- Anthropic Criticized For Adding Watermarks to Text that Claude Generates – or Processes (slashdot.org) – voir aussi Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots (next.ink)
- Error by AI scribe during medical appointment leaves patient devastated (abc.net.au)
When Rebecca Green arrived for her first appointment with a urologist, she was asked whether she consented to having the appointment transcribed by artificial intelligence (AI). She said yes without hesitation. “I don’t want to be in her bad books or be that annoying patient who takes up more of her time,” she said. But that decision would cause her a lot of stress, with the AI scribe making up the serious but false claim that Ms Green was taking illegal drugs.
- Report supporting Australia’s teen social media ban appears to contain AI hallucinations, Senate hears (theguardian.com)
- Sous la pression, OpenAI commence à déployer son ChatGPT bridé pour ados (huffingtonpost.fr)
« ChatGPT for Teens » s’applique automatiquement pour tous les mineurs et est notamment enrichie de rappels plus fréquents à chercher de l’aide humaine.
- Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père (next.ink)
- Subtlefakes : Slightly Altered Nonconsensual AI Images Are Taking Over X (404media.co)
These more convincing images are not AI generated nudes of celebrities or face-swapped identities onto porn videos, but AI generated images of celebrities that are subtly edited to make them more revealing or provocative.
- AI Boosted Homework Scores, Then Exam Scores Dropped (slashdot.org)
- Bosses Horrified as “AI Native” College Graduates Hit the Workplace (futurism.com)
“Massive numbers of students are going to emerge from university with degrees, and into the workforce, who are essentially illiterate.”

- Welcome to the AI crisis in math (theverge.com)
- Flock Has a Powerful New AI Tool for Police. We Got Its Code (wired.com)
Flock’s surveillance cameras have already sparked outrage. WIRED reconstructed its next-generation AI system, already in use by some police, to confirm it goes much further than tracking license plates.
Spécial Israël
- NSW ‘seeking urgent advice’ on controversial court ruling that found anti-Israel vandalism was not antisemitic (theguardian.com)
The New South Wales government could appeal a supreme court judge’s controversial decision to refuse its request for a terror order over a Sydney man convicted of writing “Fuk Israel” on cars […] Justice Desmond Fagan this week found disparaging Israel was “political comment” not antisemitism.
- Les États-Unis sanctionnent la juriste Tomoko Akane, présidente de la CPI (lemonde.fr)
Les États-Unis ont annoncé, mardi 18 août, des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu’un autre haut responsable, dans le cadre de leur campagne contre cette institution accusée d’être « politisée ». […] Ces sanctions constituent en majorité une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’Israël, allié des États-Unis.
- Les représailles de Trump contre la CPI n’ont qu’un but : protéger Netanyahou (humanite.fr)
Les crimes commis par les États-Unis depuis 1945 mériteraient à eux seuls un tribunal mondial. Las, cet État s’arroge le droit de juger le monde entier tout en refusant obstinément d’être jugé. L’ardeur que manifestent aujourd’hui Donald Trump et Benyamin Netanyahou dans leur croisade contre le droit international est celle de malfaiteurs en quête d’impunité.
- Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots (next.ink)
Par l’intermédiaire de l’agence de publicité Piro, Havas a monté de toutes pièces le site d’un faux « think tank » pour le compte d’Israël. Toutes les soi-disant études sont rédigées de manière à influencer les chatbots sur certaines questions concernant notamment Israël ou Gaza. Une autre agence de communication gérée par l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Clock Tower X, aide Havas à diffuser la propagande israélienne dans les chatbots IA.
- Israël et les Américains se prennent encore le bec, cette fois sur des frappes en Syrie (huffingtonpost.fr)
Le ministre israélien de la défense a reproché à l’envoyé spécial américain en Syrie d’avoir critiqué une frappe israélienne. Il assure que les Etats-Unis avaient été informés de cette manoeuvre militaire.
- Quatre pays dont la France exhortent Israël à stopper « l’extension des colonies en Cisjordanie » (huffingtonpost.fr)
Dans une déclaration conjointe, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pressent Israël de « mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie ».
- Flottille pour Gaza : la Turquie émet un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou (humanite.fr)
Le ministère turc de la Justice a annoncé, vendredi 21 août, avoir émis un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et un autre responsable israélien dans le cadre d’une enquête sur l’interception de la « Global Sumud Flotilla » en mai dernier.
- La lente asphyxie de la Cisjordanie (orientxxi.info)
Tandis que se poursuit le siège par les colons de la localité de Qusra, les mesures économiques contre les Palestiniens étouffent la Cisjordanie. Rétention des droits de douane dus aux Palestiniens, annulation des permis des travailleurs, blocage des routes… L’économie palestinienne est rendue exsangue par les sanctions et la prédation de l’occupant israélien. En Cisjordanie, le taux de pauvreté a plus que doublé depuis octobre 2023
- ‘Destroying agriculture is the purpose’ : How Israel is drying up the West Bank’s most fertile farmlands (mondoweiss.net)

- Gaza : seulement 3 % des terres agricoles intactes et accessibles, alerte l’ONU (lorientlejour.com)
- Israel’s Ben-Gvir posts video of gallows site for hanging Palestinians (theguardian.com)
Far-right minister says those convicted in military courts of terror offences will be executed after passing of death penalty law that does not apply to Jewish extremists
- En 2025, 350 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde, dont 186 à Gaza, selon l’ONU (lemonde.fr)
Depuis le début de 2026, 82 travailleurs humanitaires ont été tués, 97 blessés et 39 enlevés à travers le monde, a également fait savoir l’institution.
- « Nous continuerons à réclamer des réponses en leurs noms » : l’Australie, l’Angleterre et le Canada condamnent la clôture par Israël d’une enquête sur la mort d’humanitaires à Gaza (humanite.fr)
Plus de deux ans après la mort de sept humanitaires de l’ONG World Central Kitchen dans un bombardement à Gaza, Israël a annoncé l’abandon des poursuites pénales ce mercredi 19 août. Une décision qui provoque l’indignation à Londres, Ottawa et Canberra.
Spécial femmes dans le monde
- J’ai déjà vu les talibans fermer les écoles aux filles. Les revoir le faire est déchirant (theconversation.com)
En août 2021, les talibans ont repris Kaboul et, en l’espace de quelques semaines, interdit aux filles de fréquenter l’école au-delà de la 6e année. Cette interdiction est toujours en vigueur.
- États-Unis : l’hécatombe des Amérindiennes sort progressivement du silence médiatique (rfi.fr)
Aux États-Unis, des milliers de femmes amérindiennes disparaissent ou sont assassinées dans une quasi-indifférence. Longtemps cantonné aux marges, ce drame commence à émerger dans l’espace médiatique, sans que le nombre de disparitions ne baisse ni que la colère des communautés ne retombe.
- Police called on trans men using women’s restroom as required by Kansas law (mronline.org)
The men, dressed in yellow “Compliance Crew” shirts, were part of a small group of trans-masculine Kansans who used the women’s room at facilities across the state that day in a coordinated action.
- Ariana Grande n’a pas du tout aimé que Donald Trump utilise sa musique pour un contenu transphobe (huffingtonpost.fr)
Le post en question est une vidéo publiée sur un compte TikTok vérifié de l’administration Trump.
- Une femme dénonce un médecin qui portait des lunettes connectées Meta lors d’une consultation où elle a dû se déshabiller (developpez.com)
- Meta ran ads for an app promising to nudify female politicians (arstechnica.com)
One ad featured a pornographic video with deepfake closely resembling a US politician.
- Le paradoxe de l’ultra‑trail : pourquoi les femmes excellent mais sont sous‑représentées (theconversation.com)
Pendant 56 heures et 9 minutes, sans presque dormir, l’États-Unienne Rachel Entrekin a couru à travers l’Arizona. Le 9 mai 2026, la kinésithérapeute de 34 ans est devenue la première femme à remporter […] l’un des ultra-trails les plus durs d’Amérique du Nord. Elle a pulvérisé le record absolu de l’épreuve et devancé le premier homme de plus d’une heure
Spécial France
- Le coût de la vie pèse de plus en plus lourd pour les étudiants ultramarins (la1ere.franceinfo.fr)
Plus 1,66 % sur un an. C’est ce que représente l’augmentation du coût de la vie d’un étudiant français et c’est la conclusion d’une étude publiée par le syndicat étudiant UNEF (Union nationale des étudiants de France). Cette augmentation s’explique par la hausse des loyers, celle du prix des transports, mais aussi celle du prix des produits alimentaires. Et ce sont les étudiants ultramarins qui sont les plus touchés par la précarité. L’UNEF juge que les étudiants en Outre-mer sont également oubliés des politiques publiques.
- 40 ans de la télévision à Mayotte : au moment de l’abolition, la moitié de la population de l’archipel mahorais était considérée comme esclaves (la1ere.franceinfo.fr)
- Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineur·es ou pas (next.ink)
Les Sages ont jugé que la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineur·es de moins de 15 ans aux réseaux sociaux va d’une part à l’encontre de la liberté d’expression des mineur·es, et d’autre part au droit à la vie privée des majeur·es. Ces dernier·es ne devraient pas être obligé·es de faire vérifier leur âge sans « garanties légales ». L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle de 2027.
- La Direction générale des finances publiques annonce une “troisième fuite” sur des données liées aux successions vacantes, rapidement “coupée” (franceinfo.fr)
- ZeroBytes, les hackers qui ont piraté le fisc, assurent avoir vendu les données volées (huffingtonpost.fr)
- L’Éducation nationale se fait pirater par le hackeur des impôts : 43 Go de données dans la nature (personnels, élèves…) (lesnumeriques.com) – voir aussi Piratage de l’Éducation nationale : “C’est très inquiétant, des données sensibles concernant des enfants sont en jeu” (france3-regions.franceinfo.fr)
Alors que le ministère de l’Éducation nationale a confirmé une “intrusion frauduleuse” visant ses fichiers et “l’exfiltration de données à caractère personnel”, les académies de Créteil et Versailles seraient particulièrement concernées par cette fuite massive.

- France : SFR confirme une nouvelle fuite de données visant ses abonnés fibre (it-connect.fr)
- Baroud d’honneur pour Bloctel, avec la fuite de 600 000 numéros opposés au démarchage (next.ink)
Bloctel devait protéger les utilisateurs opposés au démarchage téléphonique… mais ce n’était pas un franc succès. Bloctel a tiré officiellement sa révérence le 11 août, non sans un dernier fait d’arme : « Un accès frauduleux à un compte professionnel a permis à un cybercriminel de récupérer des fichiers contenant 3 millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur Bloctel ».
- La marche des fiertés de Paris, annulée à cause de la canicule, a sa date de report : elle aura lieu le samedi 3 octobre prochain (huffingtonpost.fr)
- « Plus de 40 000 » préservatifs « non conformes » vendus en France, les autorités recommandent des dépistages et tests de grossesse (humanite.fr)
Le ministère de la Santé et la Répression des fraudes ont alerté, vendredi 21 août, sur la mise en vente de « plus de 40 000 préservatifs » non conformes en pharmacie ou encore sur Amazon. Les autorités recommandent aux consommateurs ayant utilisé ces préservatifs de faire un dépistage des infections sexuellement transmissibles et de réaliser un test de grossesse.
- « Beaucoup d’habitant·es sont mort·es de cancer » : en Charente-Maritime, des dizaines de maisons rendues « inhabitables » par la pollution d’une usine d’engrais (humanite.fr)
À Tonnay-Charente, des dizaines d’habitant·es subissent la pollution aux métaux lourds d’une usine d’engrais de la société Timac Agro. Sur 92 parcelles analysées, près de la moitié présente « un état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire ».
- La carte de la pollution des plages permet d’éviter les maladies (lareleveetlapeste.fr)
Pour une 3e édition, Eau & Rivières de Bretagne (ERB) publie une carte interactive qui évalue les risques sanitaires lors d’une baignade dans une eau polluée par des bactéries ou des virus. Grâce au soutien d’autres associations, cette carte couvre l’ensemble des plages de l’Hexagone. Près de 20 % des plages françaises présentent des épisodes réguliers de contamination fécale pouvant causer des gastro-entérites ou des infections.
- Gironde : le pare-feu illégal de Benoît Bartherotte pendant l’incendie visé par une asso anti-corruption (huffingtonpost.fr)
La propriété de 4 hectares de cet entrepreneur se trouve sur la pointe du Cap-Ferret. Le 23 juillet, il avait pris la décision d’abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu.
- Pris d’une envie pressante, le randonneur brûle son papier toilette pour effacer ses traces : 50 pompiers mobilisés, 5000 m2 détruits (leprogres.fr)
Samedi soir, à Rotalier, une belle imprudence d’un randonneur empruntant le sentier situé en sortie de commune, est à l’origine d’un incendie.
- Nouvelle alerte dans les Landes (blogs.mediapart.fr)
Le mode opératoire du nématode du Pin est d’une efficacité redoutable. Une fois introduit dans l’arbre, ce ver du phylum des Nematoda s’installe dans les vaisseaux du bois et bloque la circulation de la sève. Les symptômes suivent vite : les aiguilles rougissent, puis tombent, les pousses se flétrissent. L’arbre peut mourir en moins de deux mois.
- Sainte-Soline à sec mi-juillet : évaporation ou infraction ? (reporterre.net)
Remplie par les seules pluies hivernales, la réserve d’eau de Sainte-Soline a vu ses stocks à sec en moins de deux mois de fortes chaleurs. Si l’évaporation apparaît possible, la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres affirme avoir utilisé l’eau pour irriguer, bien que la justice ait suspendu ses autorisations.
- « Personne n’était au courant » : une bassine construite en catimini en Normandie (reporterre.net)
- Rendements en chute libre, évaporation record… Le bilan des méga-bassines de l’été 2026 (bonpote.com)
- « Il n’y a plus d’eau » : les pénuries s’enchaînent dans le Finistère (reporterre.net)
- « Pendant les foins, c’est intenable » : les agriculteurices en colère contre le passage au tout-numérique (reporterre.net)
La comptabilité sur papier, c’est bientôt terminé : à la rentrée, les agriculteurices devront toustes faire des factures de manière électronique. Beaucoup jugent cette obligation intenable et dénoncent une « marche forcée vers le tout numérique ».
- La canicule en France a fait au moins 7 300 morts, selon un bilan encore provisoire (france24.com)
- « Un discours autour de l’habitabilité de la planète » : la France insoumise se présente comme le parti de l’écologie (reporterre.net)
RIP
- Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes, est morte (nouvelobs.com)
Figure historique du féminisme français et ancienne ministre socialiste de François Mitterrand, Yvette Roudy est morte à l’âge de 97 ans. Première titulaire d’un ministère des « Droits de la femme », elle avait notamment obtenu le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale et porté la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle.
Spécial femmes en France
- La spationaute Sophie Adenot va effectuer une nouvelle sortie dans l’espace mardi (france24.com)
La Française Sophie Adenot va de nouveau sortir mardi de la Station spatiale internationale (ISS) en compagnie de l’Américain Anil Menon, annonce la Nasa. Elle va poursuivre le remplacement d’une antenne défectueuse, pour lequel elle a déjà passé plus de six heures dans l’espace.
- Le coup de gueule Faustine Bollaert, critiquée sur son physique dans une vidéo « sans maquillage » (huffingtonpost.fr)
« À quel moment sommes-nous devenus tellement habitués aux visages filtrés et retouchés qu’un visage de femme simplement naturel devient suspect ? Et surtout, à quel moment est-il devenu si banal de commenter méchamment le physique de quelqu’un ? » […] « J’ai 47 ans. J’ai des rides. Et j’ai bien l’intention de continuer à rire suffisamment pour en avoir d’autres »
- Le maire de Chartres refuse que Patrick Bruel commence sa tournée dans sa ville (huffingtonpost.fr)
Le chanteur, mis en examen pour viol et agression sexuelle et visé par plus de trente plaintes, prévoit de maintenir une tournée de 35 dates à partir d’octobre.
- Après Chartres, d’autres villes s’opposent à la venue de Patrick Bruel en concert (huffingtonpost.fr)
Alors qu’il maintient sa tournée de 35 dates à l’automne, le chanteur visé par de multiples accusations de violences sexuelles subit les foudres de plusieurs mairies.
- « Où sont les hommes ? » : La charge du fils de Gisèle Pelicot contre Patrick Bruel (huffingtonpost.fr)
David Pelicot pointe du doigt le silence des hommes face aux accusations qui pèsent contre Patrick Bruel, alors qu’il continue de préparer sa tournée prévue à l’automne.
- Après l’affaire Lyhanna, des centaines de suspects de violences sexuelles sur mineur·es incarcérés (huffingtonpost.fr)
Gérald Darmanin a livré un nouveau point d’étape, assurant que 1 587 personnes ont été incarcérées depuis qu’il a ordonné le réexamen des plaintes.
- Lot. « On protège les violeurs », et il ne faut pas le dire (lempaille.fr)
L’avocat toulousain Ismaël Meziti se dit « très supris qu’une petite affaire de diffamation soit traitée aussi vite et avec autant au sérieux par le parquet », alors qu’il travaille sur des histoires de viols sans réponse depuis plusieurs années.
- Ce que l’on sait de la découverte d’un corps calciné dans le Gard, identifié comme étant celui de Sonia Bellina (huffingtonpost.fr)
Après avoir confirmé qu’il s’agissait bien du corps de l’influenceuse, le parquet de Nîmes a également annoncé que deux suspects ont été interpellés ce mercredi 19 août dans le cadre de l’enquête ouverte pour assassinat.
Voir aussi Le bracelet anti-rapprochement qu’il portait a aidé à identifier le suspect du meurtre de Sonia Bellina (huffingtonpost.fr)
L’homme de 32 ans mis en examen pour l’assassinat de Sonia H. était porteur du dispositif depuis sa condamnation pour violences contre son ancienne compagne.
Spécial médias et pouvoir
- Rappelle-toi Barbara (hors-serie.net)
Le déchaînement médiatique qui a fait suite à la manifestation contre la présence de Barbara Butch lors d’un festival à Grenoble constitue l’un des multiples épisodes de désinformation contre les défenseurs de la cause palestinienne. Comme on pouvait s’y attendre, des contre-enquêtes journalistiques contredisent aujourd’hui les premières versions, qui imputaient des violences diverses et des propos antisémites aux manifestant·es.
- Un débat sur France Inter : réflexions stratégiques et tactiques (frustrationmagazine.fr)
- Quand les médias sous‑informent et désinforment à propos de la crise environnementale (theconversation.com)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Piratage des impôts : comment en est-on arrivé là ? (cybernetica.fr)
La France de 2026 est au niveau de la Bulgarie en 2019
- Piratage du fisc : “Il n’y a pas de pilote dans l’avion”, dénonce un ancien secrétaire général du Conseil national du numérique (franceinfo.fr)
“Vous imaginez bien à quel point ça rend risibles tous les discours sur la souveraineté”, estime Jean-Baptiste Soufron, mardi sur France Culture, après la cyberattaque contre le fisc, fin juin.
- En quoi consiste la « nouvelle unité cyber », réponse de Sébastien Lecornu aux piratages en série (huffingtonpost.fr)
- Des incendies à la cybersécurité, le gouvernement pris en défaut sur son sens des priorités (huffingtonpost.fr)
- La colère du gouvernement après l’enregistrement de Laurent Nuñez à son insu, « un précédent très grave » (huffingtonpost.fr)
Le site d’investigation « Mediapart » relaie une déclaration de Laurent Nuñez, capté lors de la réunion entre le ministre de l’Intérieur et les syndicats de pompiers.
- Sébastien Lecornu copieusement hué à son arrivée au Porge, commune dévastée par les incendies (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre a été sifflé par de nombreux habitants ce lundi en Gironde, où il est venu pour constater les dégâts après les incendies ravageurs de la fin juillet.
- Le gouvernement publie la liste des animaux « nuisibles » pouvant être tués, la LPO outrée (huffingtonpost.fr)
Cette liste est valable pour les trois prochaines années. Elle autorise notamment la chasse du renard « en tout lieu », avec l’aide d’un chien ou non.
- Pour la ministre de la transition écologique Monique Barbut, le meilleur candidat sur le climat est… Jean-Luc Mélenchon ! (huffingtonpost.fr)

- Le gouvernement rétropédale finalement sur le doublement du plafond des franchises médicales (huffingtonpost.fr)
La ministre de la Santé a reconnu, dans les pages du « Figaro », que le choix de doubler le plafond des franchises médicales avait pu apparaître « brutal ».
- François Fillon suspendu de la Légion d’honneur, plus d’un an après sa condamnation (huffingtonpost.fr)
L’ancien Premier ministre, condamné dans le dossier des emplois fictifs de son épouse Penelope, a été suspendu pour 10 ans de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Pour l’élection présidentielle de 2027, Éric Ciotti part avec Marine Le Pen avant même le premier tour (huffingtonpost.fr)
À huit mois de la présidentielle, le président de l’UDR appelle les électeurs « de droite » à « ne plus perdre de temps » et à soutenir la candidate… d’extrême droite.
- La justice française ordonne la remise du militant antifasciste Gino Abazaj à l’Allemagne (humanite.fr)
La cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 19 août, la remise de Gino Abazaj à Berlin, qui l’accuse de violences contre des ressortissants allemands ayant participé à un défilé néonazi en février 2023. Le militant antifasciste « se pourvoit en cassation », a annoncé son avocat.
- Astrée dysfonctionne : l’office du juge administratif face à la défaillance algorithmique dans le contentieux des étrangers (kohenavocats.com)
Le 17 août 2026, Mediapart a révélé que le logiciel Astrée, développé par le ministère de l’Intérieur pour traiter des contentieux de masse, connaît d’importants taux d’erreur pendant sa phase de test. L’information est particulièrement sensible en droit des étrangers. Une décision administrative peut priver une personne de son séjour, de son emploi, de sa vie familiale ou de sa liberté. Elle ne peut donc pas devenir la conséquence opaque d’un classement statistique, d’une extraction de données défectueuse ou d’une proposition algorithmique insuffisamment contrôlée.
- Régine Komokoli, élue LFI : cible d’une vague de haine raciste depuis plusieurs mois (humanite.fr)
Les vitres de son véhicule brisées avec un mot d’insulte laissé à l’intérieur, des injures racistes reçues en ligne par centaines, depuis des mois Régine Komokoli, conseillère municipale et départementale d’Ille-et-Vilaine (LFI) est la cible d’une vague de haine raciste.
- “On aime la messe, les femmes, les toros…” : propos sexistes, atteinte à la laïcité, la nouvelle campagne de Robert Ménard vivement critiquée (france3-regions.franceinfo.fr)
Le discours prononcé par Robert Ménard, maire de Béziers lors de l’ouverture de la féria le 12 août 2026 et des affiches placardées dans la ville font réagir. Des associations accusent l’édile de sexisme et de non-respect de la laïcité.
- “Il faudrait une guerre pour les exterminer” : les appels au meurtre contre les gens du voyage se multiplient en Franche-Comté (france3-regions.franceinfo.fr – article de juillet 2026)
“Ça fait un bon mois que c’est vraiment horrible” assure Rémy Vienot, président de l’association Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté et animateur de la page Facebook visée. “Tous les jours, j’ai des centaines de commentaires violents, insultants, méprisants. Et certains sont même des appels au meurtre, à l’extermination”.
- Tué par la police alors que son véhicule était immobilisé : la famille de Cheikh témoigne (humanite.fr)
Une nouvelle affaire qui relance le débat autour de l’usage des armes par la police. Cheikh F, 29 ans, d’origine maghrébine, a été tué par balle par un policier municipal du Pontet (Vaucluse) lors d’une course-poursuite près d’Avignon dans la nuit du 14 au 15 juillet.
Spécial résistances
- How to talk about “AI” without adding to the anthropomorphization (buttondown.com)
- PFAS, « chaleur fatale »… Un projet de data centers destinés à l’IA révolte des riverains (reporterre.net)
Dans l’Oise, la tension monte autour d’un projet de deux data centers dédiés à l’IA. Des riverains refusent de voir s’installer dans leur campagne ces « radiateurs géants », dont le dossier comprend de nombreuses « ambiguïtés », « incohérences » et « insuffisances ».
- 57 jours de grève au Samu social de Paris : ce qu’ont gagné les salarié·es (basta.media)
Après 57 jours de grève, les salarié·es du Samu social de Paris ont signé un accord avec la direction le 18 août. Ces agent·es qui accompagnent les sans-abri ont obtenu des primes et devront dorénavant être mieux impliqué·es dans les prises de décision.
Spécial outils de résistance
- DeltaChat (sebsauvage.net)
DeltaChat est une superbe application de messagerie chiffrée avec des fonctionnalités tout à fait comparables à WhatsApp ou Signal.
- Open Slopware (codeberg.org)
Free/Open Source Software tainted by LLM/AI usage, along with alternatives and last untainted commit so you can fork.
- Plugin « Qui possède les Médias ? » (dl.hckr.fr)
Une poignée de milliardaires possède l’essentiel de la presse française. Une extension qui vous le dit pendant que vous lisez, sans que vous ayez rien à chercher.
Spécial MAGAM et cie
- Mark Zuckerberg encouraged growth over child safety, ex-Meta executive testifies at trial (reuters.com)
- As demand for Meta AI glasses explodes, it’s harder to avoid creepy recordings (arstechnica.com)
Until comprehensive consumer privacy laws are passed, the Electronic Frontier Foundation (EFF) has warned that Meta seems prepared to make the tech even more invasive in its bid to sell more glasses and stay ahead of rivals in the burgeoning industry.
- Meta a déposé un brevet pour des lunettes qui notent vos ami·es et effacent les moins intéressant·es (journaldugeek.com)
- Ireland scraps €1bn Microsoft tender after procurement concerns (computing.co.uk)
The Irish government has cancelled a planned procurement framework worth up to €1bn for Microsoft software and services after concerns were raised during the tender process.
- Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite (next.ink)
Après l’arrêt de l’offre gratuite à 365 Business Premium et Office 365 E1 pour les organismes sans but lucratif, nombre d’entre eux ont perdu leurs données. Microsoft avait prévenu, mais la communication de l’entreprise a été bien confuse et les données non récupérables.
- « Nous sommes désolés » : GitHub s’explique sur sa panne de 7h47, sans voir le bout du tunnel (numerama.com)
GitHub est revenu sur les causes de la panne géante qui a paralysé la plateforme le 17 août. En cause : un pic de trafic que l’infrastructure n’a pas su absorber.

- Watching TikTok and Instagram Reels Videos Deactivates the Brain’s Cognitive Control Network, Study Finds (rathbiotaclan.com)
Les autres lectures de la semaine
- What Was the Internet ? (bostonreview.net)
As AI overtakes the web, five writers reflect on how far it’s fallen and what comes next.
- This is nuts (taxresearch.org.uk)
In case you were wondering, the Strait of Hormuz is still closed. The US economy is propped up by an AI buzz that is increasingly fuelled by vast off-balance-sheet exposures. The Fed is possibly going to raise interest rates. China’s economy is still slowing. Yields everywhere are climbing, and Japan is suffering a bond crisis. Private credit is stressed. Virtually every measure of leverage is engorged. Asian geopolitics is messy and getting messier. Europe is Europe, and the UK is being particularly British.
- A Thermodynamic Failure of the Soul (sightlessscribbles.com)
A writer friend recently sent me an email dripping with praise. He gushed over my developmental edits on his fantasy manuscript. My feedback was funny. My feedback was honest. My feedback was developmental juice that didn’t have any trouble asserting its flavor. He praised the wit, and he praised the heavy, resonant impact of the feedback. Then he begged to know what Large Language Model I used to achieve such perfection. […] Angered by his assumption, I replied instantly. “I used my fucking brain !”
- The Web Is Being Made Accessible for AI, Not People (techpolicy.press)
- L’algorithme biaisé à Gaza : l’IA comme nouvelle architecture du pouvoir (blogs.mediapart.fr)
- Zero-Knowledge Proofs Aren’t Age Verification Silver Bullets (eff.org)
- Réseaux sociaux, algorithmes, prison : vers l’hypersurveillance ? (theconversation.com)
- Are You a Human ? (newyorker.com)
From branding irons to iris scans, the ancient business of proving who you are has never been stranger—or more lucrative.
- The people vs the AI overlords (anarc.at)
We engineers have a lot of power, it is not organized, but that’s just a couple of unions away (easy !). Tech overlords know this, so they are attacking our profession, directly, by forcing us to train and use models that they can control.
- I ran Photoshop on a £0.60 computer chip – some thoughts about simpler computers (pointinthecloud.com)

- Hongrie, États-Unis, Italie : comment l’extrême droite affaiblit les syndicats (lesechos.fr)
Dans une étude portant sur les trois pays, la Fondation Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès alertent sur le risque d’un « recul sévère et global des droits et des libertés syndicales » quand l’extrême droite accède au pouvoir.
- Jacqueline Dérens : la réconciliation en Afrique du Sud, à quel prix ? (humanite.fr)
Le prix à payer pour « la réconciliation nationale », pour éviter la guerre civile […], était d’oublier les familles des victimes, les victimes anonymes et celles disparues à jamais. La commission Khampepe, qui va siéger jusqu’à la fin 2026, va-t-elle redonner raison à ceux qui disaient qu’on ne bâtit pas l’avenir d’un pays en fermant les yeux sur les atrocités passées ?
- Pesticides : quand les agences sanitaires snobent la science au profit des industriels (reporterre.net)
Le règlement européen impose la prise en compte de l’ensemble des connaissances scientifiques pour évaluer la toxicité d’une substance, mais la recherche publique reste dans une approche réglementaire taillée pour les industriels.
- The permaculture movement and the global south : towards a democratised agroecological knowledge project (link.springer.com)
- Chaos climatique : le choc de l’été 2026 nous mène-t-il vers un « monde d’après » ? (reporterre.net)
- El Niño : Comprendre ce phénomène climatique complexe (imep-cnrs.com) – voir aussi El Niño : un épisode d’une ampleur « sans précédent » prévu pour 2026 (reporterre.net)
- Disabled people are creating the future in their bedrooms (onlys.ky)
- Sortir du modèle médical du handicap (lmsi.net) Pour une re-politisation de la question du handicap, par Charlotte Puiseux
- Faut-il nationaliser Doctolib ? (mrmondialisation.org)
Au fil des années, la plateforme de prise de rendez-vous médicaux Doctolib s’est imposée comme un outil incontournable pour une grande partie de la population. Au point de devenir un véritable intermédiaire entre les patient·es et le système de soins. Derrière ce service largement utilisé se trouve pourtant une entreprise privée, qui occupe désormais une place centrale dans un domaine aussi essentiel que la santé.
- The fog of hunger (aeon.co)
From childhood, a significant portion of the world’s women are trained to restrict their appetite. And there’s a huge, hidden, cognitive price to pay for it
- À l’âge du fer, ce sont les femmes qui dirigeaient plusieurs sociétés en Grande-Bretagne (slate.fr)
Une nouvelle étude de l’ADN de corps vieux de plus de deux millénaires confirme que les femmes jouaient un rôle essentiel dans certaines communautés celtes de l’âge du fer.
- Vin, huile, profits : le véritable rôle des intendantes dans les fermes romaines (theconversation.com)
les vilicae de la Rome antique jouaient un rôle central dans la gestion des exploitations agricoles […] Les historiens modernes ont pourtant généralement considéré qu’elles n’étaient seulement chargées que des tâches domestiques, et des repas du foyer, restant à l’écart des activités productives de l’exploitation.
- Sécheresses, incendies et famines… Comment une période de réchauffement a redessiné le Moyen Âge (theconversation.com)
- Putting mice into hibernation causes a major loss of synapses (arstechnica.com)
Hibernation cuts down on synapses, but mice seem to retain memories anyway.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Ceinture
- Philanthropie
- Barbut
- Onions
- Careful
- Catering
- Agriculture
- Github
- Infrastructure
- Now
- No
- Change my mind
- Urgence
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Russie : la justice exclut le parti anti-guerre des législatives – Entretien avec Nikolaï Rybakov (humanite.fr)
La Cour suprême russe a, sans surprise, confirmé la demande d’exclusion de Iabloko au scrutin des 18, 19 et 20 septembre. La formation sociale-libérale, qui n’avait plus siégé au Parlement depuis 2007, a connu un soutien populaire inédit autour de sa participation et de son programme plaidant pour la paix en Ukraine.
- En Italie, Roberto Vannacci déborde Giorgia Meloni sur sa droite (humanite.fr)
Quelques mois après avoir lancé son parti politique, Roberto Vannacci se hisse dans les sondages en exploitant les thèmes xénophobes, misogynes et anti-LGBT. Un mouvement qui contraint la cheffe du gouvernement à sortir l’artillerie lourde comme elle l’a fait lors du drame de Ceuta.
- Exposing the Invisible (exposingtheinvisible.org)
Through a series of documentary films, video interviews and recorded talks, Exposing the Invisible captures different techniques, tools and most importantly the mindset and motivation of those working at the new frontiers of investigation.
- Economist Baker explains : AI bubble is about to burst (therealnews.com)
- Avoir raison… avec Mary Shelley (radiofrance.fr)
Derrière le mythe de Frankenstein se trouve Mary Shelley. Ce roman fondateur de la science-fiction explore les limites éthiques de la création scientifique et, à travers la figure unique de la créature aux multiples dimensions, révèle le génie visionnaire d’une femme dans son siècle.
Les trucs chouettes de la semaine
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Parce que Windows commence à fatiguer, avec des publicités dans les menus, des rappels insistants pour utiliser tel navigateur, tel compte en ligne, ou tel service d’intelligence artificielle. On a parfois l’impression d’avoir acheté un ordinateur mais de vivre dans un centre commercial.
- « Souveraineté numérique » : le sésame de l’ANSSI accordé à la plateforme Nextcloud en France (goodtech.info)
Le secteur public français dispose d’une alternative souveraine de plus. L’ANSSI vient d’accorder sa certification CSPN à la plateforme Nextcloud. Un signal fort pour la souveraineté numérique et la protection des données sensibles face aux écosystèmes fermés.
- China joins Europe in scrapping Windows for Linux (zdnet.com)
The specialized Chinese version of Windows was already scheduled for retirement in February 2027, but now its end-of-life date has been moved up.
- Cancer de la peau : un vaccin contre le mélanome testé avec succès par deux laboratoires américains (humanite.fr)
Deux laboratoires américains viennent de tester avec succès une thérapie contre les rechutes des patient·es atteint·es d’un cancer de la peau. […] L’un des espoirs potentiels est également de développer ces vaccins dans une perspective de prévention des cancers.
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- Camera Traps Reveal Iberian Lynxes Soaking Their Prey, a First-Ever Discovery Among Carnivores (smithsonianmag.com)
Scientists speculate that the wild cats are trying to improve hydration or ease their cubs’ transition to solid food. The finding points to resilience in one of the world’s most endangered felines
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23.08.2026 à 10:00
Intelligence artificielle générale : le délire complotiste de la tech
Texte intégral (4518 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 18 novembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
« Le mythe de l’intelligence artificielle générale ressemble beaucoup à une théorie du complot et c’est peut-être la plus importante de notre époque »
« Le mythe de l’intelligence artificielle générale ressemble beaucoup à une théorie du complot et c’est peut-être la plus importante de notre époque ». Obsédées par cette technologie hypothétique, les entreprises d’IA nous la vendent avec acharnement, explique le journaliste Will Douglas Heaven dans la Technology Review.
Pour élaborer une théorie du complot, il faut plusieurs ingrédients, rappelle-t-il : un schéma suffisamment flexible pour entretenir la croyance même lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu ; la promesse d’un avenir meilleur qui ne peut se réaliser que si les croyants découvrent des vérités cachées ; et l’espoir d’être sauvé des horreurs de ce monde. L’intelligence artificielle générale (IAG) remplit quasiment tous ces critères. Et plus on examine cette idée de près, plus elle ressemble à un complot. Ce n’en est pas totalement un, bien sûr, pas exactement, concède Heaven. « Mais en nous penchant sur les points communs entre l’IAG et les véritables théories du complot, je pense que nous pouvons mieux cerner ce concept et le révéler pour ce qu’il est : un délire techno-utopique (ou techno-dystopique, à vous de choisir) qui s’est ancré dans des croyances profondément enracinées et difficiles à déraciner ».
Une histoire de l’IAG
Dans son article, Heaven retrace l’histoire du terme d’intelligence artificielle générale, initié par Ben Goertzel et Shane Legg. Quand ils discutent de cette idée, l’idée d’une IA capable d’imiter voire dépasser les capacités humaines était alors une plaisanterie. Mais Goertzel en tira un livre sous ce titre (Springer, 2006) qui se présentait sous les atours les plus sérieux, puis organisa en 2008 une conférence dédiée au sujet (une conférence devenue annuelle et qui continue encore). En rejoignant DeepMind en tant que cofondateur, Shane Legg y importe le terme, légitimant le concept. Proche de Peter Thiel et de Eliezer Yudkowsky, Goertzel a beaucoup discuté avec eux du concept. Mais si l’iconoclaste Ben Goertzel était enthousiaste, le sombre Yudkowsky, lui, était beaucoup plus pessimiste, voyant l’arrivée de l’AGI comme une catastrophe. Malgré tous ces efforts, le concept n’a alors rencontré que peu d’échos et semblait surtout tenir de la pure science-fiction.
C’est la publication de Superintelligence par le philosophe Nick Bostrom en 2014, qui va changer les choses. Bostrom rend acceptable les concepts spécieux de Yudkowsky. Aujourd’hui, l’IAG est évoquée partout, que ce soit pour annoncer l’arrivée de temps immémoriaux ou pour prédire l’extermination de l’humanité.
Dans son récent livre, apocalyptique, If Anyone Builds It, Everyone Dies : why Superhuman AI Would Kill Us All (Si quelqu’un le construit, tout le monde meurt, Little Brown, 2025, non traduit), coécrit avec Nate Soares, Yudkowsky accumule les déclarations extravagantes pour une interdiction totale de l’IAG. Un ouvrage « décousu et superficiel », comme l’explique le journaliste Adam Becker – auteur lui-même de More Everything Forever : AI Overlords, Space Empires, and Silicon Valley’s Crusade to Control the Fate of Humanity (Hachette, 2025, non traduit) – dans sa recension critique pour The Atlantic, qui « tente de nous faire croire que l’intelligence est un concept discret et mesurable, et que son accroissement est une question de ressources et de puissance de calcul ». L’IA superintelligente hypothétique des Cassandre « fait ce dont rêvent toutes les start-ups technologiques : croître de façon exponentielle et éliminer ses concurrents jusqu’à atteindre un monopole absolu », expliquait déjà l’écrivain de science-fiction Ted Chiang. La superintelligence évoque bien plus un capitalisme débridé porté par des individus parfaitement néoréactionnaires qu’autre chose, comme l’analysait Elisabeth Sandifer dans son livre sur l’extrême-droite technologique américaine, ou encore les livres de Thibault Prévost ou Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet que nous avons déjà chroniqué. « En réalité, l’apocalypse de l’IA qui inquiète tant Yudkowsky et Soares n’est autre que notre propre monde, vu à travers le prisme déformant d’un miroir de science-fiction », une « vision simpliste du salut technologique », conclut Becker.
Malgré sa vacuité, l’ouvrage de Soares et Yudkowsky est un des bestsellers du New York Times. Pour Heaven, comme toutes les théories du complot les plus puissantes, l’intelligence artificielle générale s’est infiltrée dans le débat public et a pris racine.
Le mythe d’une machine plus intelligente que l’humain, capable de tout faire, se retrouve pourtant dès l’origine de l’IA, chez Alan Turing comme chez John McCarthy. « Mais l’IAG n’est pas une technologie, c’est un rêve », affirme Becker. Comme nombre de théories du complot, il est impossible de réfuter une idée aussi protéiforme que l’IAG. Discuter d’IAG consiste en un affrontement de visions du monde, et non en un échange de raisonnements fondés sur des preuves, puisqu’il ne peut y en avoir autour d’un objet hypothétique pour lequel il n’existe pas de définition précise et partagée. Les prédictions sur l’avènement de l’IAG sont formulées avec la précision de numérologues annonçant la fin des temps. Sans véritable enjeu, les échéances sont repoussées sans conviction. « L’IAG, c’est toujours ce qui arrivera, la prochaine fois, mais son arrivée imminente est la vérité que partagent ses adeptes ».
Du conspirationnisme
Pour l’anthropologue des religions Jeremy Cohen, qui étudie les théories du complot dans les milieux technologiques, la vérité cachée « est un élément fondamental de la pensée conspirationniste ». Pour Ben Goertzel et les thuriféraires de l’IAG, les raisons du scepticisme envers l’IAG tiennent du scepticisme global. « Avant chaque grande avancée technique, du vol humain à l’énergie électrique, des hordes de prétendus experts vous expliquaient pourquoi cela n’arriverait jamais. En réalité, la plupart des gens ne croient qu’à ce qu’ils voient. » Si vous n’êtes pas convaincus par l’IAG, c’est que vous êtes un idiot naïf disent ses partisans, inversant la charge de la preuve, alors qu’ils sont bien plus que d’autres les idiots utiles de ce qu’ils dénoncent et vénèrent à la fois.
« L’idée de donner naissance à des dieux-machines est évidemment très flatteuse pour l’ego », affirme la philosophe Shannon Vallor de l’Edinburgh Futures Institute (voir notre article sur son livre, « L’IA n’est qu’un miroir »). « C’est incroyablement séduisant de penser que l’on pose soi-même les fondements de cette transcendance ». C’est un autre point commun avec les théories du complot. Une partie de l’attrait réside dans le désir de trouver un sens à un monde chaotique et parfois dénué de sens et dans l’aspiration à être une personne consciente du danger. Pour David Krueger, chercheur à l’Université de Montréal et ancien directeur de recherche à l’Institut de sécurité de l’IA du Royaume-Uni, nombre de personnes travaillant sur l’IA considèrent cette technologie comme notre successeur naturel. « Ils voient cela comme une forme de maternité » dont ils ont la charge, explique-t-il. Jeremy Cohen, lui, dresse des parallèles entre de nombreuses théories du complot moderne et le mouvement New Age, qui connut son apogée dans les années 1970 et 1980. Ses adeptes croyaient que l’humanité était sur le point d’accéder à une ère de bien-être spirituel et d’éveil de la conscience, instaurant un monde plus paisible et prospère. L’idée était qu’en s’adonnant à un ensemble de pratiques pseudo-religieuses, les humains transcenderaient leurs limites et accéderaient à une sorte d’utopie hippie. Pour Cohen, nous sommes confrontés aux mêmes attentes à l’égard de l’IAG : que ce soit par la destruction ou la sublimation de l’humanité, elle seule permettra de surmonter les problèmes auxquels l’humanité est confrontée. Pour Yudkowsky et Soares, les enjeux de l’IAG sont plus importants que le risque nucléaire ou le risque climatique.
Pour beaucoup de ceux qui optent pour cette croyance, l’IAG arrivera d’un seul coup, sous la forme d’une singularité technologique introduite par l’auteur de science-fiction Vernor Vinge dans les années 80. Un moment transcendant où l’humanité, telle que nous la connaissons, changera à jamais. Pour Shannon Vallor, ce système de croyance est remarquable par la façon dont la foi en la technologie a remplacé la foi en l’humanité. Malgré son côté ésotérique, la pensée New Age était au moins motivée par l’idée que les gens avaient le potentiel de changer le monde par eux-mêmes, pourvu qu’ils puissent y accéder. Avec la quête de l’IA générale, nous avons abandonné cette confiance en nous et adhéré à l’idée que seule la technologie peut nous sauver, explique-t-elle. C’est une pensée séduisante, voire réconfortante, pour beaucoup. « Nous vivons à une époque où les autres voies d’amélioration matérielle de la vie humaine et de nos sociétés semblent épuisées », affirme Vallor. La technologie promettait autrefois un avenir meilleur : le progrès était une échelle que nous devions gravir vers l’épanouissement humain et social. « Nous avons dépassé ce stade », déclare Vallor. « Je pense que ce qui redonne espoir à beaucoup et leur permet de retrouver cet optimisme quant à l’avenir, c’est l’IA générale. » Poussons cette idée à son terme et, une fois encore, l’IA générale devient une sorte de divinité, capable de soulager les souffrances terrestres, affirme Vallor. Kelly Joyce, sociologue à l’Université de Caroline du Nord, qui étudie comment les croyances culturelles, politiques et économiques façonnent notre rapport à la technologie, considère toutes ces prédictions extravagantes concernant l’IA générale comme quelque chose de plus banal : un exemple parmi d’autres de la tendance actuelle du secteur technologique à faire des promesses excessives. « Ce qui m’intrigue, c’est que nous nous laissions prendre au piège. »
« À chaque fois », dit-elle. « Il existe une conviction profonde que la technologie est supérieure aux êtres humains. » Joyce pense que c’est pourquoi, lorsque l’engouement s’installe, les gens sont prédisposés à y croire. « C’est une religion », dit-elle. « Nous croyons en la technologie. La technologie est divine. Il est très difficile de s’y opposer. Les gens ne veulent pas l’entendre. »
Le fantasme d’ordinateurs capables de faire presque tout ce qu’un humain peut faire est séduisant. Mais comme beaucoup de théories du complot répandues, elle a des conséquences bien réelles. Elle fausse notre perception des enjeux, déstabilise l’industrie pour l’éloigner d’applications immédiates… Et surtout, elle nous invite à la paresse. À quoi bon s’acharner à résoudre les problèmes du monde réel, quand les machines s’en chargeront demain ? Le projet pharaonique de l’IA engloutit désormais des centaines de milliards de dollars et détourne nombre d’investissements de technologies plus immédiates, capables de changer dès à présent la vie des gens.
Tina Law, spécialiste des politiques technologiques à l’Université de Californie à Davis, s’inquiète du fait que les décideurs politiques soient davantage influencés par le discours selon lequel l’IA finira par nous anéantir que par les préoccupations réelles concernant l’impact concret et immédiat de l’IA sur la vie des gens dès aujourd’hui. La question des inégalités est occultée par la notion de risque existentiel. « Le battage médiatique est une stratégie lucrative pour les entreprises technologiques », affirme Law. Ce battage médiatique repose en grande partie sur l’idée que ce qui se passe est inévitable : si nous ne le construisons pas, quelqu’un d’autre le fera. « Quand quelque chose est présenté comme inévitable », rappelle Law, « les gens doutent non seulement de leur capacité à résister, mais aussi de leur droit à le faire. » Tout le monde se retrouve piégé.
Selon Milton Mueller, du Georgia Institute of Technology, spécialiste des politiques et de la réglementation technologiques, le champ de distorsion lié à l’IAG ne se limite pas aux politiques technologiques. La course à l’IA générale est comparée à la course à la bombe atomique, explique-t-il. « Celui qui y parviendra en premier aura un pouvoir absolu sur tous les autres. C’est une idée folle et dangereuse qui faussera profondément notre approche de la politique étrangère. » Les entreprises (et les gouvernements) ont tout intérêt à promouvoir le mythe de l’IA générale, explique encore Mueller, car elles peuvent ainsi prétendre être les premières à y parvenir. Mais comme il s’agit d’une course sans consensus sur la ligne d’arrivée, le mythe peut être entretenu tant qu’il est utile. Ou tant que les investisseurs sont prêts à y croire. Il est facile d’imaginer comment cela se déroule. Ce n’est ni l’utopie ni l’enfer : c’est OpenAI et ses pairs qui s’enrichissent considérablement.
Voilà. Le grand complot de l’IAG est enfin résolu, ironise Heaven. « Et peut-être cela nous ramène-t-il à la question du complot, et à un rebondissement inattendu dans cette histoire. Jusqu’ici, nous avons ignoré un aspect courant de la pensée conspirationniste : l’existence d’un groupe de personnalités influentes tirant les ficelles en coulisses et la conviction que, par la recherche de la vérité, les croyants peuvent démasquer cette cabale ». L’IAG n’accuse publiquement aucune force occulte d’entraver son développement ou d’en dissimuler les secrets. Aucun complot n’est ourdi par les Illuminati ou le Forum économique mondial… ici, ceux-là même qui dénoncent les dangers fomentent la cabale. Ceux qui propagent la théorie du complot de l’IAG sont ses principaux instigateurs. Les géants de la Silicon Valley investissent toutes leurs ressources dans la création d’une IAG à des fins lucratives. Le mythe de l’IAG sert leurs intérêts plus que ceux de quiconque. Comme le souligne Vallor : « Si OpenAI affirme construire une machine qui rendra les entreprises encore plus puissantes qu’elles ne le sont aujourd’hui, elle n’obtiendra pas l’adhésion du public nécessaire. » « N’oubliez pas : vous créez un dieu et vous finissez par lui ressembler », ironise Heaven. « Beaucoup pensent que s’ils y parviennent en premier, ils pourront dominer le monde ».
À bien des égards, conclut Heaven, je pense que l’idée même d’IAG repose sur une vision déformée de ce que l’on attend de la technologie, et même de ce qu’est l’intelligence. En résumé, l’argument en faveur de l’IA générale repose sur le postulat qu’une technologie, l’IA, a progressé très rapidement et continuera de progresser. Mais abstraction faite des objections techniques – que se passera-t-il si les progrès cessent ? –, il ne reste plus que l’idée que l’intelligence est une ressource dont on peut augmenter la quantité grâce aux données, à la puissance de calcul ou aux réseaux neuronaux adéquats. Or, ce n’est pas le cas. L’intelligence n’est pas une quantité que l’on peut accroître indéfiniment. Des personnes intelligentes peuvent exceller dans un domaine et être moins douées dans d’autres. Tout comme les babioles dopées à l’IA peuvent exceller dans une tâche et être nulles dans bien d’autres, surtout toutes celles, innombrables, qui échappent à leurs données et continueront de leur échapper.
De l’IAG au fantasme des trombones
Ce fantasme d’automatisation totale que produirait l’IAG est aussi la symbolique du jeu du maximiseur de trombone. Le jeu met en scène, très concrètement, une idée développée par le chantre du transhumanisme d’extrême droite, Nick Bostrom, dès 2002, à savoir celle du « risque existentiel » que ferait peser sur nous cette intelligence artificielle superintelligente, capable de créer des situations pouvant détruire toute vie sur terre. Pour Bostrom, l’usine à trombone est un démonstrateur, où une IA qui aurait pour seul objectif de produire des trombones, pourrait exploiter toutes les ressources pour ce faire jusqu’à leur plus total épuisement, en optimisant son objectif sans limites.
Cette démonstration, pourtant extrêmement simpliste, a marqué les esprits. Son aporie même, qui fait d’un objectif absurde le démonstrateur ultime de l’intelligence des machines, demeure particulièrement problématique. Puisqu’il n’y a ici aucune intelligence des machines, mais bien au contraire, la démonstration de leur pure aberration. Or, la crainte que les systèmes d’IA puissent interpréter les commandes de manière catastrophique « repose sur des hypothèses douteuses quant au déploiement de la technologie dans le monde réel », comme le disaient les chercheurs Arvind Narayanan et Sayash Kapoor. Le jeu est bien plus un simulateur de marché qu’un jeu sur l’IA. Universal Paperclips incite les joueurs à l’empathie avec ses buts, notamment en proposant de nouvelles fonctionnalités pour les assouvir, et c’est bien notre empathie avec le jeu qui conduit l’IA à détruire l’humanité pour accomplir son but absurde de productivité sans limite. Son créateur, Frank Lantz, raconte d’ailleurs que ce n’est pas l’augmentation des chiffres, mais la manière dont ils augmentent qui incite les joueurs à cliquer et à faire cœur avec les objectifs du jeu. « Les jeux incrémentaux sont très bruts. Ils s’attachent à un processus pour faire que les joueurs deviennent obsédés par sa croissance ». L’interface épurée hypnotise par la répétition. « Le joueur détruit l’univers avec le même sentiment d’éloignement que lorsqu’on commande un pull en ligne ». Cette fiction est censée nous prévenir que l’IA pourrait avoir des motivations très différentes de l’homme.
Pourtant le jeu, très scripté, ne montre en rien que l’IA pourrait raisonner, planifier ou comprendre le monde physique ou le dominer. Il masque surtout que des fonctionnalités déclenchent des possibilités et que celles-ci sont prévues par l’interface et le concepteur du jeu. La fable du maximiseur de trombone ne démontre en rien que l’IA pourrait prendre le contrôle du monde, mais que ses objectifs et fonctions, eux, sont le produit de celui qui les a programmés. Le maximiseur de trombone n’accomplit aucune démonstration qu’une intelligence artificielle générale conduirait à l’extermination du genre humain. Comme l’ont dit Kate Crawford ou Melanie Mitchell, les voix les plus fortes qui débattent des dangers potentiels de la superintelligence sont celles d’hommes blancs aisés et racistes, et, pour eux, la plus grande menace est peut-être l’émergence d’un prédateur au sommet de l’intelligence artificielle, mais qui est certainement personne d’autre qu’eux-mêmes. Le capitalisme est un bien plus grand maximiseur que l’IA. Les entreprises maximisent le cours de leurs actions sans se soucier des coûts, qu’ils soient humains, environnementaux ou autres. Ce processus d’optimisation est bien plus incontrôlable et pourrait bien rendre notre planète inhabitable bien avant que nous sachions comment créer une IA optimisant les trombones.
Hubert Guillaud
MAJ du 8/12/2025 : « L’intelligence artificielle générale n’aura pas lieu. Il n’y a pas de marché de l’IA, rien qu’une poignée d’entreprises qui fait mine de gagner de l’argent le temps d’en finir avec la démocratie ». Thibault Prévost.
MAJ du 27/12/2025 : Cessons de considérer l’intelligence artificielle générale comme l’objectif ultime de la recherche en IA, préviennent un collectif de chercheurs. L’IAG compromet notre capacité à choisir des objectifs efficaces, expliquent-ils en pointant 6 pièges majeurs : l’illusion du consensus, la promotion de recherches scientifiques erronées, la présomption de neutralité axiologique, la loterie des objectifs, la dette de généralité et l’exclusion normalisée.
Pour éviter ces écueils, les chercheurs soutiennent que la communauté de recherche en IA doit :
- privilégier la spécificité des objectifs techniques et sociétaux ;
- placer le pluralisme au centre des préoccupations, en considérant la pluralité des approches pertinentes pour atteindre de multiples objectifs importants ;
- et encourager l’innovation par une plus grande inclusion des disciplines et des communautés.
17.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 17 août 2026
Texte intégral (6601 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- Comment Taïwan se prépare à une invasion chinoise (legrandcontinent.eu)
Décapitation du pouvoir, blocus naval, brouillage des communications et guerre urbaine figurent parmi les scénarios auxquels Taipei se prépare.
- Potatoes ‘boil’ in the ground as record heatwave sweeps across swathes of Asia (theguardian.com)
- Le Liban abolit officiellement la peine de mort, une première au Moyen-Orient (rfi.fr)
Le Parlement libanais a voté, mardi 11 août 2026, l’abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d’« historique » par le ministre de la Justice, Adel Nassar. Le pays n’avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.
- République démocratique du Congo : le bilan de l’épidémie d’Ebola dépasse 2 000 morts (fr.euronews.com)
- En Norvège, 4 500 euros d’amende pour avoir dérangé un ours polaire endormi (huffingtonpost.fr)
Une personne a écopé d’une amende de 4 550 euros au Svalbard, dans l’Arctique, pour avoir actionné une corne de brume pour réveiller un ours polaire endormi.[…]La réglementation locale dispose qu’« il est interdit de déranger inutilement, d’attirer ou de poursuivre un ours polaire », déclaré espèce protégée au Svalbard en 1972.
- Pollution, accidents, bouchons : faire payer tous les coûts du trafic inciterait à délaisser la voiture (rts.ch)
Le trafic engendre des coûts que la collectivité doit supporter, souligne l’Université de Bâle dans un communiqué publié lundi. Il s’agit notamment des charges sanitaires liées à la pollution atmosphérique et au bruit, des frais médicaux occasionnés par les accidents de la route, des pertes financières dues au temps passé dans les embouteillages ainsi que des coûts associés aux dommages indirects du changement climatique.
- La Belgique fait face à l’un des pires incendies de son histoire (huffingtonpost.fr)
Un feu d’ampleur s’est déclaré vendredi 14 août dans le pays. Celui-ci s’est rapidement propagé en quelques heures jusqu’à brûler 2 700 hectares.
- L’extrême droite à la conquête de l’Union européenne (blogs.mediapart.fr)
L’extrême droite n’est plus une force politique marginale en Europe. Elle gouverne déjà plusieurs pays, domine la vie politique dans d’autres et influence désormais les principales décisions de l’Union européenne.

- British widow, 78, told to leave Sweden under Brexit rules after living there for 21 years (theguardian.com)
- US Supreme Court just blew up EU-US Data Transfers (noyb.eu)
On Monday, the US Supreme Court decided in Trump v. Slaughter that the US Federal Trade Commission (“FTC”) may not be independent anymore. Since 2000, the EU has relied on the “independent” FTC as the enforcer of EU-US deals on personal data. According to EU treaty law, such oversight must be independent. In the current EU-US deal, the European Commission relies on the independent FTC 259 ( !) times. Max Schrems : “Given that there are no independent authorities in the US anymore, we call on the European Commission to orderly withdraw the adequacy decision on the US.”
- Groenland : le projet de forage pétrolier américain temporairement bloqué (humanite.fr)
- Le Canada brûle, son Premier ministre mise sur le pétrole (et prend l’avion pour des vacances en Italie) (reporterre.net)
- Trump envoie des bulldozers défigurer un parc national pour stopper l’immigration (reporterre.net)
Le 6 août, des bulldozers ont débarqué au sein du parc national de Big Bend, au sud du Texas, aux États-Unis. Des entrepreneurs mandatés par le gouvernement fédéral ont entamé les travaux de construction d’une barrière frontalière le long du Río Grande. « Il s’agit de l’attaque la plus odieuse contre un parc national américain depuis des générations »
- ICE wants to give agents electrified gloves that shock people into compliance (theverge.com)
The agency is looking to spend up to $20 million on the devices.
- US boosts drone surveillance as flesh-eating screwworms spread in Texas (arstechnica.com)
Hundreds of Homeland Security drones retasked to survey wildlife and livestock.
- Toddler’s tragic death from brain-destroying amoeba offers lessons for doctors (arstechnica.com)
The opportunistic pathogen was first identified in 1986 from the brain of a San Diego Zoo monkey, which died from the infection. Since then, only about 200 human cases have been recorded worldwide. About 90 percent of them have been fatal.
- Trump signs bonkers order that cuts vaccines, promotes ones that don’t exist (arstechnica.com)
President Trump signed an executive order Monday that makes sweeping, unilateral changes to federal vaccine recommendations. The order aims to reduce the number of lifesaving vaccines all children are recommended to get—from 18 to 11—while also splitting them up and spacing them out over more time and more medical visits.
- Physics PhDs Are Leaving the US at a Record-high Rate (aip.org)
Physics PhD graduates in 2025 left the US at the highest rate in the last 30 years, finds a new AIP report. Of these graduates, non-US citizens left the country at nearly double the rate of the previous year, the largest one-year increase since 1997.
- One in Three Alerts Wrong : High Error Rates and Data Concerns Force Cities to Drop Flock (gadgetreview.com)
- Inside the growing vigilante movement to knock out Flock surveillance cameras (theguardian.com)
An underground network of privacy activists is disabling or destroying the ubiquitous surveillance devices sprouting up across the US
- Texas targets internet infrastructure to enforce age assurance law (biometricupdate.com)
Order requiring Verisign to suspend a noncompliant domain signals regulators are moving beyond fines to infrastructure-level enforcement
- Donald Trump rend ses publications sur Truth Social payantes, deux médias l’attaquent en justice (huffingtonpost.fr)
Cela fait plusieurs jours que Donald Trump a annoncé qu’il comptait rendre payant l’accès privilégié à ses publications sur Truth Social. Or, au vu de l’impact que celles-ci ont sur les marchés, la crainte de délits d’initié de grande ampleur s’est fait une place dans l’actualité américaine.
- ‘If we don’t fight back, we don’t have a future’ : the journalist taking on the ‘tech fascists’ of Silicon Valley (theguardian.com)
- How clean air clubs are protecting Americans from wildfire smoke (theguardian.com)
- La Colombie en « état d’urgence » après un puissant séisme (huffingtonpost.fr)
La « région du café » et la ville de Cali, la troisième du pays, ont notamment été touchées par ce séisme de magnitude 7,4.
Voir aussi « Nous perdions espoir » : après le séisme en Colombie, ces rescapés ont été sauvés des décombres (huffingtonpost.fr)
- First test flight of largest all-electric aircraft used just $5 of electricity (arstechnica.com)
The X1 aircraft is comparable in size to a small regional airliner and can achieve a maximum takeoff weight exceeding 25,000 pounds with the help of four wing-mounted electric motors. The battery-electric propulsion system delivered more than one megawatt of power during the maiden flight.
- Trafic de fourmis : les dessous d’un business juteux en pleine explosion (reporterre.net)
- Qui sont ces peuples autochtones qui choisissent de nous éviter ? (slate.fr)
Le rapport de la semaine
Spécial IA
- Pourquoi nous n’avons pas encore bien compris l’AI Act (legrandcontinent.eu)
Alors que les géants américains commencent à adapter leurs modèles à ce règlement européen entré en vigueur il y a dix jours, l’un de ses principaux architectes explique ce que l’on peut réellement faire de cet outil au service de l’autonomie.
- Why we should all be worried about AI in elections (restofworld.org)
- Meta Patents AI Glasses to Use Facial Recognition to Identify People, Make Highlight Reels of Your Dinner Party (yro.slashdot.org)
- Big Tech Wants to Harvest Your Thoughts (wired.com)
Analyzing 30 of the most prominent companies currently in the market, they found that all but one had unlimited access to the consumer’s brain data ; two-thirds could share it with third parties ; and two implied that they were already selling it to third parties. “And if you sell something to a third party, […] they are not held by the original consumer agreement. You cannot be less protected. This is predatory. The companies act like this because there is no regulation. They think, ‘Let me just take possession of it all.’ It’s like the Wild West. You go in there and stake a claim for whatever you can.”
- Booksellers « suspect » AI firms are buying and then destroying rare books (arstechnica.com)
- Twitch content has trained Amazon AI for years, but users can opt out now (arstechnica.com) – voir aussi Twitch Says Quiet Part Out Loud : Amazon AI Is Opt Out Because ‘Nobody Would Opt In’ (aftermath.site) et Twitch Adds Setting Letting Users Opt Out of AI Training Amid User Backlash (gizmodo.com)
- Amazon backs power plant that may become top source of US climate pollution (arstechnica.com)
Amazon announces first off-the-grid data center in race to reap AI profits.

- L’IA stimule l’industrie pétrolière et booste ses bénéfices (reporterre.net)
C’est le constat d’une étude publiée le 4 août […] le déploiement des outils d’IA va permettre de diminuer les coûts de forage, de récupérer entre 470 et plus de 1 000 milliards de barils supplémentaires de pétrole dans les gisements existants, et d’exploiter ceux qui étaient autrefois jugés non rentables.
- Perplexity blocks Time’s ads served to AI agents, calling them ‘deceptive’ (digiday.com)
- Company Offering ‘100 % Human-Written, Never AI’ Medical Research Is Entirely AI (404media.co)
- As the videogame industry continues to be hammered by layoffs, Netflix is offering up to $840,000 per year for a new Director of Generative AI for Games (pcgamer.com)
- Boy George says band will be ‘fired’ if they refuse to play AI song live (thepinknews.com)
Spécial Israël
- « Des impacts ont été constatés » (blogs.mediapart.fr)
Sous les yeux du monde, les soldats israéliens assassinent des enfants, avec une désinvolture méthodique. Dans leurs rapports, chaque fois, la même effarante litote : « des impacts ont été constatés ».
- La France condamne à son tour les violences israéliennes dans le village de Qusra, en Cisjordanie (huffingtonpost.fr)
Des colons israéliens assiègent depuis plusieurs jours des habitations palestiniennes dans ce territoire, laissant les habitant·es sans accès à la nourriture.

Spécial femmes dans le monde
- Après le mandat du Portugais António Guterres, le poste de secrétaire général·e de l’ONU devrait revenir à une personnalité latino-américaine. Et, qui sait, peut-être enfin à une femme. (theconversation.com)
Spécial France
- Camouflet pour Macron, le Conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux mineur·es (huffingtonpost.fr)
Les Sages ont estimé que le texte voté sous l’impulsion d’Emmanuel Macron « porte atteinte à la liberté d’expression et de communication. »
- Sur la loi fin de vie, le Conseil constitutionnel émet trois petites réserves qui ne remettent pas en cause le texte (huffingtonpost.fr)
Emmanuel Macron a salué la décision du Conseil constitutionnel qui va permet l’instauration d’une aide à mourir.
- Ce que l’on sait de la double cyberattaque massive visant les Finances publiques (huffingtonpost.fr)
Un cybercriminel s’est attaqué cet été au système d’information du fisc et au Serveur professionnel de données cadastrales. Deux à trois millions de Français·es pourraient être concerné·es.
Voir aussi Les oppositions accusent le gouvernement d’avoir caché le piratage des impôts (huffingtonpost.fr)
- Un maire menace de démissionner face à un projet de stockage par batteries lithium (reporterre.net)
- Mort d’un ouvrier sur le chantier de la ligne C à Toulouse : l’autopsie révèle un “écrasement” et non un malaise (france3-regions.franceinfo.fr)
Coup de théâtre après la mort d’un employé sur le chantier de la ligne C du métro toulousain lundi 3 août 2026. L’autopsie a révélé que l’homme de 48 ans a succombé à un écrasement, contrairement à ce qu’affirmait son employeur, qui évoquait un malaise. Une enquête pour “homicide involontaire” a été ouverte par le parquet de Toulouse.
- Sécheresse : des restrictions d’eau dans plus de 70 % de la France (fr.euronews.com)

- À Plogoff, le Plug off festival est annulé (letelegramme.fr)
Le Plug Off, festival débranché du réseau électrique, prévu à Plogoff les 22 et 23 août, est annulé, face aux fortes chaleurs et au risque d’incendie dû à la sécheresse.
- Incendies : le mineur soupçonné du départ du feu mortel à Mérignac reconnaît avoir jeté un mégot (huffingtonpost.fr)
Deux sapeurs-pompiers étaient décédés en juillet près de Bordeaux après que leur camion avait été « piégé » dans une parcelle de pins livrée aux flammes.
- Un nouvel incendie dans les Landes, plus de 1 000 hectares brûlés en 24 heures (reporterre.net)
- Chute de pierres : le mont Blanc fragilisé par les fortes chaleurs et déjà trois alpinistes tués (reporterre.net)
- « On nous enlève un des seuls lieux de nature » : les berges d’un lac fermées en pleine canicule (reporterre.net)
La région Île-de-France a décidé de fermer aux promeneurs les abords de la base nautique de Vaires-Torcy, en Seine-et-Marne, après deux noyades mortelles. Elle condamne ainsi un espace de fraîcheur gratuit, alors que les canicules s’enchaînent.
- « On ne peut rien faire face à 40 °C » : l’agro-industrie paie le prix fort du dérèglement climatique (reporterre.net)
- Irriguer les vignes ? « Une hérésie devenue une évidence » face aux canicules (reporterre.net)
- Énergie solaire : une production en forte hausse durant les canicules (reporterre.net)
- Nouveau record d’indisponibilité du parc nucléaire français, avec 20,4 % de puissance manquante mercredi (franceinfo.fr)
- Trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines arrêtés par une invasion de méduses (humanite.fr)

- Le client de ce restaurant des Alpes-Maritimes achète 300 euros une langouste… Pour lui rendre sa liberté (huffingtonpost.fr)
Spécial femmes en France
- Un vrai casse-tête : le concours pour imaginer les futurs billets d’euros raconté par la seule Française en lice (telerama.fr)
La designeuse Isabelle Daëron fait partie des dix derniers candidats dont les propositions ont été retenues par la Banque centrale européenne pour dessiner nos futurs billets. Ils seront mis en circulation courant 2030.
- Sophie Adenot va devenir la première astronaute Française à sortir dans l’espace (humanite.fr)
Sophie Adenot va effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace le 18 août. Une première pour une Française.
- Aux championnats d’Europe d’athlétisme, vous ne verrez plus ce type d’images au nom de la lutte contre le sexisme (huffingtonpost.fr)
Nombre d’athlètes féminines, « moi y compris, se sont retrouvées en compétition à se focaliser davantage sur les caméras que sur leur propre performance », témoigne dans le guide pratique Holly Bradshaw, médaillée de bronze au saut à la perche aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 […] « Les commentateurs jouent également un rôle crucial pour enrichir les retransmissions », souligne-t-elle. Un aspect qui n’est toutefois pas couvert par le guide pratique.
- « Jme fou jte pécho » : de nouveaux échanges à caractère sexuel entre Guillaume Pley et une mineure de 14 ans révélés (leparisien.fr)
RIP
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Cette lettre explosive de Gérald Darmanin à Laurent Nuñez sur les violences sexuelles se retourne contre lui (huffingtonpost.fr)

- Le premier ministre reconnait que la fraude fiscale détectée est 18.5 fois supérieure à la fraude sociale détectée (blogs.alternatives-economiques.fr)
Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a rendu public dans un message publié sur X un bilan de la lutte contre la fraude sociale et fiscale “609 millions d’euros recouvrés au titre des fraudes sociales détectées et 11,3 milliards d’euros au titre des fraudes fiscales détectées”
- Macron sur un jet-ski fait la Une de Paris Match, ses opposants lui décernent la palme de « l’indécence » (huffingtonpost.fr)
Le président de la République apparaît en une de « Paris Match » sur un scooter des mers sous le titre « dernier été aux commandes ».
Voir aussi Dans « Paris Match », Emmanuel Macron dépeint en capitaine de jet-ski (humanite.fr)
Quand la France vient de brûler et que les Français subissent la cinquième canicule de l’été, présenter le président s’adonnant aux joies des sports nautiques ce n‘était peut-être pas la meilleure des idées.
- Canicules et incendies : les principaux pyromanes sont identifiés mais restent impunis (reporterre.net)
- Des canadairs basés dans le Sud-Ouest : comment l’État a enterré ses promesses (environnementsantepolitique.fr)
Après les incendies de 2022 en Gironde, Gérald Darmanin avait promis une base aérienne locale pour que des canadairs puissent éteindre au plus vite les feux naissants. Mais rien n’a été fait. Interrogés, le garde des Sceaux et Bruno Retailleau se renvoient la responsabilité de cette annonce.
- Les travaux du plus grand data center d’Europe ont commencé en Île-de-France (reporterre.net)
Le préfet de Seine-et-Marne a donné son autorisation le 29 juillet pour lancer le chantier de cet immense data center, qui va artificialiser 90 hectares de terres agricoles. Il devrait consommer, à lui seul, autant d’électricité que celle produite par un réacteur nucléaire.
- Avant l’éclipse du 12 août 2026, le gouvernement en a vraiment fait moins que lors de celle de 1999 (huffingtonpost.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Attention, ceci n’est pas une contravention ! Mais une Amende Forfaitaire Délictuelle (expansive.info)
- L’antitsiganisme : un racisme d’État assumé (ujfp.org)
- Des tags antisémites et antiféministes retrouvés sur une fresque de Louise Michel à Trélissac en Dordogne (franceinfo.fr)
- À Lyon, un rassemblement raciste en faveur de la « remigration » interdit par la préfecture (huffingtonpost.fr)
Le préfet du Rhône a interdit ce rassemblement « introduisant une discrimination fondée sur la race et l’origine ethnique » et créant un risque de trouble à l’ordre public.
- Couvre-feux : les maires de droite et d’extrême droite bannissent les jeunes de l’espace public (humanite.fr)
- Les vrais pyromanes sont en uniforme (contre-attaque.net)
Lors d’un pot de départ, la BAC de Saint-Denis fait cramer son commissariat à coups de mortiers d’artifice après avoir vidé ses propres extincteurs pour s’amuser
- L’IGPN saisie après la collision entre un jeune homme en trottinette et un fourgon de CRS à Rennes (franceinfo.fr)
Le pronostic vital du jeune homme est toujours engagé. D’après les premières investigations, ce dernier a doublé une voiture et s’est retourné “pour vérifier qu’il n’était pas suivi”, heurtant le fourgon de CRS qu’il n’avait pas vu.
Spécial résistances
- 730 000 signatures contre le « permis de tuer » : le Parlement refuse le débat, le pays s’en empare (ldh-france.org)
- La garantie de l’indépendance de la justice et la liberté d’expression des syndicats de magistrats (humanite.fr)
Solidaires du Syndicat de la magistrature victime d’attaques pour avoir critiqué l’instauration d’une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes, les signataires de ce texte rappellent le principe de l’indépendance des pouvoirs et le droit des magistrats à la liberté d’expression.
- Les pompiers, ressortis bredouilles de leur rencontre avec Laurent Nuñez, appellent à manifester (huffingtonpost.fr)
- « La “dénumérisation” de nos services publics paraît absolument nécessaire » (la-croix.com)
Plus les services publics obligent à utiliser internet pour effectuer des démarches, plus ils fragilisent l’accès à des droits essentiels pour des millions d’usager·es, alerte depuis plusieurs années la défenseure des droits. Deux chercheureuses appellent l’État à garantir un égal accès aux services publics.
Spécial outils de résistance
- Tech : Une grave faille de sécurité dans Tails (secoursrouge.org)
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d’anonymat.
- This ‘adversarial’ pattern can prevent surveillance cameras from detecting you (techcrunch.com)
Spécial MAGAM et cie
- Google co-founder Sergey Brin has now spent $100 million to fight the billionaire tax (techcrunch.com)
- Following Epic loss, Google has started hosting rival app stores in the Play Store (arstechnica.com)
Aptoide has become the first app store distributed inside Google Play under a judge’s order.
- En Australie, Meta paye des suprémacistes blancs et anti-vaccins pour publier sur Facebook (next.ink)
- ‘I’ve definitely lost followers’ : influencers face backlash over Meta ‘pervert glasses’ content (theguardian.co)
Using ‘spy glasses’ made by Facebook owner leads to floods of negative comments, say content creators

- Facebook ads are so hard to block that uBlock Origin stopped filtering them (neowin.net)
- Zuckerberg faces questions over why superyacht reportedly declined to help stranded boat (theguardian.com)
Small cruise ship rescued skiff in south-east Alaska even though Meta billionaire’s $300m megayacht was closer
- Microsoft Responds to Outcry After Quietly Installing Beta ‘Photos’ App on Enterprise Machines (tech.slashdot.org)
“OneDrive Photos automatically scans your system storage for photos,” and apparently “doesn’t need a Microsoft account to work, as it can also detect your local files.”
- Vulnerability giving attackers full control of Macs is under active exploitation (arstechnica.com)
Screen-sharing bug lets remote hackers log in without a password.
- A Zoom Screen-Sharing Bug Let Anyone Take Over Other Devices on a Call (wired.com)
Les autres lectures de la semaine
- Rising Prevent referrals and the runaway train of mass surveillance (openrightsgroup.org)
- Forget Climate Doomerism. We Know What We Must Do to Protect the Planet (truthout.org)
- I’m done using AI (brettcodes.com)
- Faut‑il s’inquiéter de la « starlinkisation » de l’accès à Internet en Afrique ? (theconversation.com)
En mai 2026, le réseau Internet par satellite Starlink, de la société SpaceX d’Elon Musk, avait réussi à s’implanter dans plus de la moitié des 54 États du continent africain.
- Africa’s growing e-waste crisis (meer.co)
Why tackling electronic waste requires stronger regulations, international cooperation, and sustainable solutions
- Ceuta : certaines vies ont moins de valeur que d’autres (politis.fr)
Jeudi 30 juillet, des dizaines de milliers de personnes ont convergé depuis le Maroc vers la ville de Ceuta. Au moins 77 personnes sont mortes en essayant de rejoindre l’enclave espagnole, dans une indifférence générale qui souligne une hiérarchisation des vies et un racisme banalisé.
- Matthieu Pigasse porte beau (blog.mondediplo.net)
- Une montagne blanche, masculine, bourgeoise (reporterre.net)
- The “Disability Dongle” : Why Silicon Valley Hates Me and you (sightlessscribbles.com)
- Marie-Claude Vaillant Couturier, pionnière de la documentation de l’horreur des nazis (humanite.fr)
- Informer sur les catastrophes à l’époque du Japon féodal : le rôle des « kawaraban » (theconversation.com)
En mêlant information et divertissement, ces feuillets pouvaient paraître quelques jours à peine après un séisme, un incendie, mais aussi relater toutes sortes de faits divers. Retour sur l’histoire d’un format médiatique méconnu, qui a su contourner la censure pour faire circuler des nouvelles dans le Japon d’avant le XXᵉ siècle.
- Des siècles avant les Incas, les habitants de la région colombienne de La Mojana ont développé un gigantesque système de canaux et de parcelles surélevés. Ce système aurait été bâti par une société non hiérarchique et pourrait inspirer les populations locales. (slate.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Doucement
- Shadok
- Méduses
- Dinguerie
- Fort
- Popularité
- Remember
- Popular
- Génération perdue (bouletcorp.com)
- En images : les photos les plus marquantes de l’éclipse solaire (france24.com)
Les vidéos/podcasts de la semaine
- « Il faut arrêter » le développement de l’IA, qui met « en danger toute notre infrastructure monétaire et informatique » (rfi.fr)
- Éclipse totale de Soleil du 30 juin 1973 depuis le vol Concorde 001 (xjubier.free.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- L’association Granagora préserve les semences paysannes, plus robustes et adaptées au réchauffement climatique (france3-regions.franceinfo.fr)
- Créer des mares en pleine ville : une jolie manière de lutter contre les moustiques (reporterre.net)
- Did poop enable the evolution of complex animals ? (arstechnica.com)
- Have physicists finally discovered glueballs ? New evidence points to yes. (arstechnica.com)
- La renaissance du vélo à Pékin (ledevoir.com)
La capitale chinoise s’inspire d’Amsterdam pour venir à bout de la congestion causée par l’explosion du nombre de voitures.
- Taxi drivers rarely die of Alzheimer’s – how complex mental maps and spatial reasoning protect your brain (theconversation.com)
- How Baltimore Achieved Historically Low Homicides—With Less Police (emeraldbook.org)
Baltimore has engineered a 68 % drop in homicides since 2019, outpacing the national average—all while operating with 400 fewer officers. Here’s how the city debunked the myth that more police are the only answer to violent crime.
- Quelles applis de ton smartphone peux-tu remplacer par du libre ? (tutox.fr)
- Est-ce que vos apps fonctionnent sans Google Play Services ? (checksap.io)
- Résolution de la rentrée : quitter WhatsApp (baudelot.eu)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
16.08.2026 à 10:00
L’IA appliquée à la science… rêve de progrès
Texte intégral (7103 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 02 juin 2026 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
L’application de l’IA à la science ne promet pas tant des progrès qu’une concentration renforcée.
Ce que l’IA accélère
Les promesses de l’IA pour découvrir de nouveaux matériaux ou révolutionner les découvertes scientifiques sont fortes. L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique, au risque d’augmenter la dépendance de la science à l’IA.
Dans le domaine de la fabrication de médicament, on attend là encore que l’IA permette de nouvelles percées, explique The Economist. Pourtant, les partenariats entre entreprises pharmaceutiques et sociétés d’IA se multiplient, notamment dans l’espoir de mieux identifier des molécules, de raccourcir le temps de développement des essais cliniques et de diminuer le taux d’échec de ceux-ci (actuellement, « les médicaments candidats entrant en essais cliniques ont un taux d’échec de 90 %, ce qui porte le coût de développement d’un médicament efficace à la somme astronomique de 2,8 milliards de dollars »). « Même des gains d’efficacité marginaux représenteraient des avantages considérables. Des rapports provenant de l’ensemble du secteur suggèrent que l’IA a commencé à apporter ces gains. Elle a réduit la phase préclinique (celle qui précède les essais cliniques sur l’homme) à 12-18 mois, contre trois à cinq ans auparavant. Et elle a amélioré le taux de réussite. Une étude publiée en 2024, portant sur les performances de molécules proposées par l’IA lors des premiers essais cliniques, a révélé un taux de réussite de 80 à 90 %. À titre de comparaison, les moyennes historiques se situaient entre 40 et 65 %. »
« La conception d’un nouveau médicament commence généralement par le criblage de petites molécules organiques afin d’identifier celles présentant une activité biologique prometteuse afin de sélectionner les plus probables. L’IA peut analyser des bibliothèques de dizaines de milliards de molécules, en testant des propriétés telles que la puissance, la solubilité et la toxicité grâce à des émulations logicielles de ces molécules, sans qu’il soit nécessaire d’utiliser les molécules réelles en laboratoire. Jim Weatherall, l’un des responsables de cette activité chez AstraZeneca, une autre grande entreprise pharmaceutique, affirme que cette méthode permet de trier les molécules prometteuses deux fois plus vite qu’auparavant, et que plus de 90 % du processus de découverte de petites molécules de l’entreprise est désormais assisté par l’IA. »
L’IA sert donc d’abord à optimiser les investissements. L’IA contribue également à améliorer la conception des essais cliniques. Par exemple en formulant une hypothèse sur une maladie et en tentant de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses par une recherche bibliographique.
L’IA se révèle également prometteuse dans la sélection des patients pour les essais cliniques. Elle peut analyser les dossiers médicaux, les biopsies et les examens d’imagerie des candidats afin d’identifier ceux qui pourraient tirer le meilleur parti d’un nouveau médicament. Une meilleure sélection des participants permet de réduire la taille des essais, et donc de les rendre plus rapides et moins coûteux. Une autre utilisation de l’IA consiste à créer des patients synthétiques permettant de comparer un patient réel et son double numérique pour comparer l’évolution prédite sans traitement par rapport au patient testé. À terme, les patients synthétiques permettraient de réduire les groupes témoins et leurs coûts (au risque tout de même que ces comparaisons aient une fiabilité relative).
L’optimisation des essais cliniques via l’IA représente une réduction considérable des risques, avec une diminution concomitante des coûts de développement des médicaments.
Mais si l’IA promet de produire de nouveaux médicaments, elle ne promet pas que nous ayons les capacités industrielles de le faire, comme le montrent les innombrables pénuries que nous traversons. Elle ne résout pas le risque d’abandon de la santé pour tous, qu’évoquait par exemple le philosophe Alexandre Monnin dans AOC il y a quelques mois (voire notre synthèse).
Au contraire. Dans le domaine de la médecine, comme le soulignaient l’avocate américaine des sans-abris Leah Goodridge et la médecin et chercheuse, Oni Blackstock, directrice de l’association Health Justice, dans une tribune pour The Guardian, l’IA risque bien plus d’être utilisée pour refuser des soins que pour faire progresser la médecine. En Californie du Sud, où le nombre de personnes sans abris est l’un des plus élevés du pays, Akido Labs gère des cliniques pour les personnes sans domicile fixe et celles à faibles revenus. Mais ces patients sont vus par des assistants médicaux qui utilisent l’IA pour écouter les conversations, puis proposer des diagnostics et des plans de traitement potentiels, qui sont ensuite examinés par un médecin. L’objectif de l’entreprise, a déclaré son directeur technique à la Technology Review, est de « supprimer le médecin de la consultation ».
Cela s’inscrit dans une tendance plus large où l’IA générative est de plus en plus intégrée au système de santé, rappellent Goodridge et Blackstock. En 2025, une enquête de l’Association médicale américaine a révélé que deux médecins sur trois utilisaient l’IA dans leur travail quotidien, notamment pour diagnostiquer les patients. Une start-up spécialisée en IA (OpenEvidence, qui n’est pas accessible en Europe) a levé 200 millions de dollars pour fournir aux professionnels de santé un ChatGPT pour médecins. Et les législateurs américains examinent actuellement un projet de loi qui autoriserait l’IA à prescrire des médicaments. Bien que cette tendance à l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé affecte presque tous les patients, son impact est plus profond sur les personnes à faibles revenus, qui rencontrent déjà d’importants obstacles à l’accès aux soins. « Les personnes sans domicile fixe et à faibles revenus ne devraient pas servir de cobayes pour l’IA dans le domaine de la santé. Au contraire, leurs voix et leurs priorités devraient déterminer si, comment et quand l’IA sera mise en œuvre dans leurs soins ».
La saturation des hôpitaux, les coûts d’accès au soin… expliquent en grande partie ces développements. D’autant que ces contraintes « sont souvent amplifiées dans les communautés économiquement défavorisées, où les établissements de santé sont souvent sous-financés et les patients non assurés, avec un fardeau plus lourd de maladies chroniques dû au racisme et à la pauvreté ». Les très documentés biais des IA de santé, « qui diagnostiquent bien moins les problèmes des patients noirs et hispaniques, des femmes et des patients bénéficiant de l’assurance Medicaid, promettent surtout d’aggraver les inégalités de santé pour les patients qui rencontrent déjà des obstacles à l’accès aux soins ». Pire, comme on le lit dans la TR, les patients ne sont même pas informés que leur professionnel de santé ou leur système de santé utilise l’IA. Un assistant médical explique ainsi que ses patients savent qu’un système d’IA les écoute, mais qu’il ne leur dit pas qu’elle formule des recommandations diagnostiques. Ces discriminations sont renforcées par la tendance croissante à l’utilisation de l’IA pour déterminer les remboursements de santé des personnes à faibles revenus (voir ce que nous disions d’United HealthCare connu pour sa politique de refus de remboursement de soins de santé). Bref, si l’IA d’un côté promet une amélioration de la production de médicaments, elle risque bien plus d’empêcher les publics d’y accéder.
Il y a d’autres domaines que l’IA accélère, comme le pointait Cade Metz dans le New York Times. Notamment la recherche en mathématiques, en biologie et en chimie. Mais là encore, bien des annonces tonitruantes se révèlent souvent assez décevantes une fois que les spécialistes les décortiquent. C’était le cas notamment lorsqu’une startup d’IA, Harmonic a annoncé avoir résolu un problème mathématique, avant que les experts ne constatent que ses solutions ne différaient guère des travaux antérieurs de mathématiciens. L’IA parvient à identifier des solutions existantes, enfouies dans des décennies d’articles de recherche plus qu’elle n’en invente. « On a l’impression d’être face à un élève brillant qui a tout mémorisé pour l’examen, mais qui ne comprend pas vraiment le concept », assène le mathématicien Terence Tao. L’IA permet bien plus de suggérer des hypothèses ou des expériences qui permettent de cibler les recherches, explique un spécialiste du cancer, qui constate lui aussi que cela permet d’accélérer les processus. Mais un chercheur expérimenté est toujours nécessaire pour guider le système. Pour Terence Tao, interviewé dans Nature, l’IA peut commettre des erreurs invérifiables dans nombre de domaines, mais en maths, elles sont vérifiables. Les inconvénients sont donc bien plus limités. « On commence à voir des exemples où l’IA – peut-être par chance – résout des problèmes importants pour les mathématiciens. C’est encore très rare et l’IA présente encore de nombreuses faiblesses ; elle ne remplace pas le travail humain. Mais il devient de plus en plus difficile de nier l’efficacité de ces outils. » Mais définir de nouveaux concepts et déterminer les problèmes à résoudre restera probablement du ressort des mathématiciens humains… au moins pendant un certain temps encore, estime le médaillé Fields.
… au risque de réduire le champ d’investigation de la science
Si l’IA pour la recherche scientifique promet, elle pourrait aussi avoir des effets délétères, rappelle la journaliste Grace Huckins pour la Technology Review et réduire à terme le dynamisme de la science. Une étude publiée dans Nature a révélé que si certains scientifiques perçoivent des avantages professionnels à adopter l’IA, la science dans son ensemble pourrait en pâtir, car l‘IA réduit le champ d’investigation de la communauté scientifique. Cela pourrait s’expliquer par le fait que l’IA excelle particulièrement dans l’analyse de données et de publications existantes, ce qui incite les scientifiques qui l’utilisent à se concentrer sur des domaines établis où des données à grande échelle sont disponibles. Il pourrait en résulter un nombre réduit de scientifiques disponibles pour étudier des problèmes moins adaptés à l’IA. Intégrer efficacement l’IA dans la science est plus qu’un simple défi technique : préserver le dynamisme et la diversité de la science à l’ère de l’IA pourrait nécessiter un effort concerté de la part de la communauté scientifique.
Dans un éditorial pour Science, Julio Ottino et Brian Uzzi enfoncent le clou et dénoncent le risque d’une « progression sans progrès ». « Les progrès réalisés dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire progresser la découverte scientifique rendent de plus en plus réaliste l’idée de systèmes automatisés de « science de bout en bout » : des chaînes de traitement intégrées capables de générer des hypothèses, de mener des expériences (in silico ou robotisées), d’analyser les résultats et de produire des résultats publiables avec une intervention humaine minimale. La question cruciale n’est pas de savoir si l’IA peut « faire » de la science, mais si la science – en tant que système social et évolutif produisant des connaissances fiables – peut survivre à la manière dont l’IA la pratique. »
Or, « la science n’est pas simplement une suite de tâches optimisables. Elle progresse par un processus analogue à l’évolution darwinienne : variation à travers de nombreux efforts indépendants ; sélection par la critique, la réplication et la compétition ; et conservation des résultats robustes. Cette structure distribuée permet à la science de s’autocorriger et de générer de la nouveauté. L’indépendance n’est pas fortuite ; elle est le mécanisme qui produit à la fois la fiabilité et la découverte. »
Mais, la science n’a jamais pleinement atteint cet idéal, rappellent-ils. Elle a aussi été façonnée par les biais, les erreurs et la fraude. Les partisans de l’intelligence artificielle arguent que l’automatisation pourrait atténuer certaines de ces limitations tout en accélérant les découvertes et en élargissant la participation. Reste donc à savoir si l’IA en science réduit ces imperfections ou les amplifie à l’échelle des machines.
L’intégration de l’IA à la science risque de modifier fondamentalement la structure de la science. Notamment en favorisant des plateformes dominantes, entraînées sur des données similaires et optimisées pour certains objectifs. « Comme sur d’autres marchés de technologies numériques, la concentration est un résultat plausible. Le risque est fort qu’une poignée de systèmes façonnent la majorité de la production scientifique […]. La diversité simulée au sein d’un système ne saurait se substituer à la diversité épistémique entre des approches véritablement concurrentes. »
La conséquence n’est pas seulement institutionnelle ; elle est bien épistémique, c’est-à-dire qu’elle concerne toutes les connaissances. « Le système scientifique prospère grâce à l’inefficacité : efforts redondants, tentatives infructueuses et chemins divergents. Il ne s’agit pas de coûts à éliminer, mais de sources de découverte. À l’inverse, les pressions d’optimisation favorisent la convergence. Il risque d’en résulter une production accrue, mais une exploration moindre de l’inattendu. »
« Ce rétrécissement a des implications sur la créativité. Une grande partie de la force de l’IA réside dans l’exploration combinatoire, le réarrangement des connaissances existantes en de nouvelles configurations. Or, nombre d’avancées majeures en science ne sont pas des combinaisons ; ce sont des ruptures, des changements conceptuels qui contredisent les hypothèses des cadres antérieurs. Parce que ces avancées s’écartent des schémas encodés dans les données existantes, elles sont les moins susceptibles d’émerger de systèmes entraînés sur le passé. »
« L’indépendance n’est pas seulement une garantie de fiabilité ; elle est la condition de la rupture conceptuelle. » À l’inverse, « l’optimisation de chaque composant ne garantit pas l’intégrité de l’ensemble. » Au contraire, elle peut la compromettre.
« Il ne s’agit pas de rejeter l’IA, mais de la considérer comme un simple progrès technique. Préserver les propriétés fondamentales d’un système scientifique évolutif devient désormais une contrainte de conception. Les résultats scientifiques doivent garantir une traçabilité claire – une chaîne de responsabilité identifiable qui ne se dissout pas dans des systèmes opaques. Les dispositifs institutionnels et techniques doivent assurer des approches véritablement distinctes, et non de simples variations au sein d’une architecture partagée. »
« Ces exigences ne sont pas des inefficacités à éliminer par l’ingénierie. Elles représentent les solutions accumulées au problème de la fiabilité des connaissances. Un système d’IA peut produire des résultats impressionnants. Mais s’il remplace un processus évolutif par un processus artificiel, il risque de restreindre non seulement le champ de nos découvertes, mais aussi notre capacité de découverte tout court. »
Le financement de la recherche : submergé par l’IA
Geraint Rees et James Wilsdon pour Nature tirent la sonnette d’alarme. L’IA est en train de submerger les appels à projets et demandes de financement de la recherche, améliorant le nombre, la qualité, le volume des demandes au risque de provoquer l’effondrement même du système. Les réponses générées par l’IA peuvent être entraînées sur les publications des chercheurs, sur les critères d’attribution des subventions et même sur les projets retenus pour ajuster les demandes aux résultats attendus. Et l’effet se constate déjà, pointent les chercheurs. Dans une étude qui a regardé les projets de 12 organismes de financement de la recherche de l’Union européenne, les chercheurs montrent une augmentation des candidatures depuis 2022.
« Les décideurs politiques et les organismes de financement vont devoir repenser l’allocation des fonds de recherche avant que le système ne devienne ingérable. » Confrontés à un afflux de réponses de qualité, ils devront alors faire des choix largement arbitraires quant aux projets à financer et aux candidats.
Jusqu’à présent, les organismes de financement de la recherche ont principalement réagi à ces évolutions en restreignant l’utilisation de l’IA par les candidats et les évaluateurs, certains déclarant les demandes inéligibles si elles sont élaborées avec de l’IA. Mais ces préconisations sont impossibles à appliquer, car la probabilité de détection est faible et ne constitue pas une réponse au problème. Le risque est fort que toutes les propositions répondent aux critères de financement et que les différences entre elles soient minimes. « Lorsque les propositions et les évaluations sont toutes deux gérées par des agents entraînés sur le même corpus de travaux déjà financés, le système n’évaluera plus la qualité des idées, mais plutôt la capacité des agents à simuler les idées précédemment récompensées par les financeurs. »
« Parmi les propositions visant à remédier à la surcharge des systèmes de financement figurent le recours à des tirages au sort (attribution aléatoire de fonds à des demandes de subvention correspondant à un certain niveau de qualité) et des modèles distribués d’évaluation par les pairs, où les chercheurs qui soumettent des demandes de subvention sont chargés d’évaluer celles d’autres chercheurs. Ces mesures permettent de lutter contre le volume de demandes, mais elles restent inefficaces si les indicateurs de qualité deviennent peu fiables. »
Geraint Rees et James Wilsdon proposent plutôt que les organismes de financement envisagent de recentrer l’évaluation non plus sur les propositions écrites, mais sur le chercheur principal, son équipe et ses programmes de recherche passés et en cours. « Les financeurs devraient investir dans la vérification des antécédents afin d’examiner la performance de recherche d’un individu ou d’un groupe sur une période prolongée, ainsi que dans des entretiens et des évaluations de portefeuilles de la performance d’équipe sur la durée. » Mais cette solution écarte de fait les plus petites ou plus jeunes équipes : les aides risquent alors d’aller uniquement aux projets les plus établis.
En mars, le Conseil de la recherche médicale du Royaume-Uni a annoncé le rétablissement des entretiens pour tous les candidats présélectionnés : une approche chronophage et laborieuse et peu adaptée aux grands volumes de candidatures. Le NIH américain, regroupant l’ensemble des Instituts nationaux de la santé, lui, a limité à 6 dépôts par an le nombre de candidatures individuelles, après avoir constaté que certains chercheurs en soumettaient plus de 40. Les financeurs pourraient également envisager des approches plus radicales, suggèrent les deux chercheurs. Il pourrait s’agir d’instaurer un quota fixe de propositions par chercheur ou pour l’ensemble de sa carrière, toutes sources de financement confondues. Ils pourraient aussi répartir le budget disponible entre les chercheurs éligibles à l’échelle nationale et attribuer le même montant à tous, éliminant ainsi la concurrence.
D’autres solutions proposent aux organismes de recherche de s’appuyer sur l’IA pour l’évaluation. « L’IA pourrait ensuite servir à prioriser et à présélectionner les candidatures, en comparant les données selon ces différents profils afin d’identifier les candidats dont le parcours est cohérent avec les informations fournies dans leur dossier. Ce processus de présélection serait transparent, auditable et conçu pour favoriser la diversité, et non la freiner, à travers les différentes étapes de carrière, disciplines et institutions. » Mieux (ou pire, c’est selon), certains modèles proposent de prédire l’impact d’un article ou d’une recherche, fléchant les financements vers les projets les plus porteurs.
Quelles que soient les solutions retenues, la nécessaire transformation du financement de la recherche risque de se faire dans la douleur et la contestation, estiment les chercheurs. La mise en place d’infrastructures IA nécessite des investissements soutenus, des tests rigoureux et une gouvernance continue. Les financeurs confrontés à des contraintes budgétaires pourraient hésiter. C’est oublier pourtant que le système gaspille déjà des ressources considérables en comités d’experts et en nouvelles soumissions, sans parler du temps consacré par les chercheurs à répondre aux appels. Un système basé sur l’IA native et bien conçu pourrait constituer un investissement judicieux, défendent les chercheurs. Reste que des systèmes d’évaluation entraînés sur des données de financement historiques intégreront les inégalités passées, risquant d’amplifier, plutôt que de corriger, l’effet Matthieu, c’est-à-dire la concentration au profit des plus dotés. « Il s’agit d’un risque réel, mais nous pensons que la conception et la gouvernance peuvent contribuer à l’atténuer. Les biais dans les systèmes d’IA sont mesurables, ce qui permet de les examiner et d’y remédier », soulignent-ils, certainement trop rapidement, car les biais ne sont ni mesurables ni corrigeables facilement. Troisièmement, les chercheurs et les institutions pourraient se montrer réticents face aux décisions façonnées par des algorithmes qu’ils ne peuvent pas interroger. La transparence et les mécanismes d’appel pourraient contribuer à instaurer la confiance, défendent-ils encore.
Le système de financement par subvention conçu pour un monde pré-IA est devenu défaillant. Les financeurs doivent s’adapter, estiment les chercheurs. Il pourrait en résulter un système plus performant : un système qui exploite la puissance de l’IA et la combine à des connaissances spécialisées, et qui réduit le temps et l’énergie gaspillés dans la rédaction de demandes de subventions improductives pour les réorienter vers une recherche novatrice. Un constat plus facile à déclamer qu’à mettre au point.
Prédire les résultats de la science… au risque de l’y enfermer
Certains modèles proposent de prédire l’impact d’un article ou d’une recherche, fléchant les financements vers les projets les plus porteurs, expliquaient donc Geraint Rees et James Wilsdon. Qu’en est-il ?
Savoir si une étude changera le monde ? C’est pourtant l’idée que propose Funding the Frontier : un tableau de bord pour prédire l’impact de la recherche. L’outil (non disponible) utilise le Big data pour retracer l’impact sociétal des projets de recherche sur les politiques, les médicaments ou les produits, explique Nature (voir également l’article de recherche qui montre des captures d’écran du tableau de bord et la vidéo promotionnelle). Le projet porté par Dashun Wang « intègre des données sur les publications de recherche, les brevets, les documents d’orientation et les essais cliniques, et présente ces informations de manière visuelle et intuitive. Ils ont également combiné cet outil à un algorithme prédictif basé sur l’apprentissage automatique pour prédire les études et les domaines susceptibles d’apporter les plus grands bénéfices sociétaux à l’avenir – par exemple, les subventions les plus susceptibles de déboucher sur un brevet ». « Même sans son aspect prédictif, disposer d’un outil permettant de rechercher l’impact des recherches sur la société » est déjà une information importante, estime un chercheur.
Un chef de projet d’une importante agence de financement américaine l’a utilisée pour examiner les impacts sociaux généraux des subventions de l’agence, lui permettant de constater l’impact de certaines recherches ailleurs dans le monde. « Un autre utilisateur, investisseur dans le domaine de la recherche biomédicale, a constaté que dans le domaine de la recherche sur la maladie d’Alzheimer, l’impact clinique le plus important au cours des 20 dernières années provenait d’études visant à comprendre la maladie, mais que l’impact futur le plus important prévu se concentrait sur les études portant sur les systèmes de soutien social des personnes atteintes de la maladie, ce qui laisse entrevoir de nouvelles opportunités d’investissement ».
L’aspect prédictif est pourtant préoccupant, estime le même James Wilsdon qui en évoquait les perspectives précédemment. Le spécialiste des politiques de recherche estime que ce tableau de bord pourrait créer des prophéties autoréalisatrices et des décisions d’investissements plus conservatrices, au détriment de recherches plus originales, capables d’ouvrir d’autres possibilités.
Coincés dans l’Academic Slop ?
En attendant, le travail académique commence à crouler sous la « prolifération métastatique de publications » truffées d’hallucinations et de distorsions de contenus, comme s’en plaint sur Facebook la philosophe du droit, Antoinette Rouvroy. L’Academic Slop est arrivé, constate également le chercheur Seva Gunitsky dans sa newsletter. Il raconte que dans la revue dont il s’occupait le nombre de soumission a doublé voire triplé depuis l’apparition de l’IA générative, et que le taux de rejet s’est envolé. Techniquement compétents, certains de ces articles respectent les normes et sont tout à fait convenables. Faciles à produire et exigeant peu de créativité, ils constituent néanmoins le type de travail incrémental légitime que le philosophe des sciences Thomas Kuhn appelait la fabrique de la « science normale ». Pour Gunitsky la valeur d’une théorie originale va continuer à prendre de l’importance. « Les travaux quantitatifs de qualité deviennent bon marché et abondants ; une bonne théorie reste difficile à élaborer ».
Mais l’effet le plus important est que l’évaluation par les pairs repose désormais davantage sur le discernement. Si n’importe qui peut produire un article empirique compétent sur n’importe quel sujet, le principal obstacle devient l’identification des questions importantes à poser. « Dans ce contexte, la question pour les évaluateurs et les éditeurs n’est plus tant « est-ce juste ? » que « pourquoi est-ce important ? ». Cette question est inévitablement subjective, mais pas totalement, car elle exige une solide connaissance des débats en cours. Elle nécessite néanmoins de connaître les tensions et les lacunes productives, les énigmes intéressantes et les idées reçues apparemment établies. »
« Ce concept porte un nom : la phronesis. C’était le terme employé par Aristote pour désigner la sagesse pratique, ou la capacité à discerner la conduite à tenir dans des circonstances particulières. Contrairement à l’épistémè (la connaissance scientifique) ou à la technè (le savoir-faire technique), la phronesis ne peut se réduire à des règles ou à des algorithmes. Elle requiert de l’expérience, du jugement et ce qu’Aristote appelait la « perception ». Cela signifie non seulement l’intelligence, mais aussi la capacité intellectuelle de percevoir les caractéristiques essentielles d’une situation donnée. »
La philosophe Isaiah Berlin appelait cette qualité « le sens du réel » dans le jugement politique : la capacité de percevoir ce qui est possible et ce qui compte à un moment historique donné. Or, il n’est pas certain que les IA possèdent cette capacité voire ne la possèdent jamais. « Si le discernement devient le critère ultime de qualité, nous nous dirigeons encore davantage vers un système à deux vitesses dans l’édition scientifique. Les revues les plus prestigieuses privilégieront les articles d’une originalité remarquable ou présentant des avancées théoriques ou empiriques majeures, tandis que toutes les autres publieront les articles produits par l’IA qui font progresser, de manière graduelle, notre compréhension de sujets spécifiques. Et peut-être que la théorie gagnera en prestige au détriment des méthodes sophistiquées d’analyse des données. »
Pas sûr que la théorie et l’empirisme puissent ainsi si facilement se scinder en deux. Le risque que les publications automatisées se transforment en matière noire scientifique, que personne ne lit ni ne consulte est fort. À nouveau, ici aussi, le risque est fort que s’accentue davantage les hiérarchies de prestige comme critère d’importance. « Paradoxalement, l’effet uniformisant de l’IA pourrait rendre le monde universitaire plus élitiste encore ».
« La technologie qui nous a inondés de dissertations étudiantes façonnées avec l’IA va maintenant inonder de nos propres travaux, et nous aurons besoin de ce même discernement dont nous nous plaignons de l’absence chez nos étudiants. » Pas sûr que ce soit plus facile pour les experts. L’IA fait peut-être gagner beaucoup de temps à certains, mais la pollution des travaux de recherche qu’elle engendre en fait perdre énormément aux lectrices et lecteurs. Le goulot d’étranglement de la lecture et de la vérification s’annonce plus resserré que jamais.
La seule chose dont on soit sûr, en observant toutes ces perspectives… ce n’est pas que l’IA apporte un progrès scientifique notable, c’est que l’IA en science renforce les inégalités dans toutes les couches de la science.
Hubert Guillaud
MAJ du 02/06/2026 : Une analyse de 7,3 millions d’articles de revues scientifiques publiés entre 2020 et 2025 révèle qu’en 2025, un peu plus de la moitié présentent des signes d’influence des LLM, avec des variations importantes d’utilisation selon la région du monde, le prestige de l’établissement, l’éditeur et la discipline. « Le développement économique et la proximité de l’anglais comme langue principale sont des facteurs prédictifs clés de ces variations régionales. Les établissements moins bien classés affichent des taux d’adoption plus élevés que les universités d’élite, les jeunes éditeurs à but lucratif présentent des taux supérieurs à ceux de leurs concurrents, et l’adoption varie considérablement selon les disciplines universitaires. L’adoption des LLM dans la rédaction académique est répandue, mais socialement stratifiée. »
MAJ du 21/06/2026 : Dans leur newsletter, Tim O’Reilly et Ilan Strauss, proposent de garantir un exosquelette pour appliquer l’IA à la science. Cet exosquelette est constitué d’innombrables systèmes permettant de garantir les références, comme le DOI (l’identifiant d’objets numériques qui attribue un numéro à chaque publication scientifique), RetractationWatch (la base de données des articles scientifique dé-publiés et rétractés), Orcid (qui fournit un identifiant unique aux chercheurs), Open Alex (un graphe de connaissances scientifiques)… ou encore le projet Vraix du MIT (cherchant à créer une toile du savoir pour distinguer les contenus possiblement génératifs des autres)… et nombres d’autres, qui n’ont pas été intégrés aux systèmes d’IA, alors qu’ils pourraient permettre de résoudre de nombreux problèmes : diminuer les citations erronées, réduire l’emprise de la littérature scientifique non valide… une infrastructure fondée sur des principes ouverts qui cherchent à garantir que les contenus scientifiques ne puissent être ni accaparés ni dégradés. Ces infrastructures sont des biens publics que les entreprises d’IA ignorent pour la plupart ou, pire, fragilisent. « À l’heure actuelle, la relation entre l’IA et l’infrastructure scientifique est presque exclusivement extractive. Les entreprises d’IA entraînent leurs modèles sur des articles scientifiques. Elles créent des produits capables de générer et de manipuler des textes scientifiques. Elles se disputent le marché de l’« IA au service de la science ». Pourtant, elles ne contribuent pratiquement pas à l’infrastructure qui, à la base, garantit la fiabilité des connaissances scientifiques. »
Les entreprises d’IA consomment du contenu scientifique sans rien apporter en retour. Strauss et O’Reilly font une analogie avec Content ID de YouTube : face à l’utilisation non autorisée de leurs œuvres, la première réaction de l’industrie musicale a été d’exiger leur retrait. La réponse de YouTube a été : « Et si nous vous aidions plutôt à les monétiser ? » Cette approche a permis d’aligner les intérêts et de créer une économie dynamique pour les créateurs. Nous devrions appliquer le même raisonnement à la science. Les entreprises d’IA ne devraient pas seulement utiliser l’infrastructure scientifique pour améliorer leurs produits (elles le devraient pourtant), mais elles devraient surtout chercher à aider la science à gagner en valeur, en pérennité et en exhaustivité.
Pour cela, les systèmes d’IA devraient améliorer la validation de leurs sources et références. L’infrastructure existe, il leur suffit de l’utiliser. Ils pourraient également réinjecter les métadonnées extraites dans OpenAlex, améliorant ainsi le graphe de données pour tous. Ils pourraient utiliser et financer RetractationWatch pour améliorer leurs modèles et réponses. Les fournisseurs d’IA pourraient également financer cette infrastructure scientifique très fragile qui constitue le socle technique de la crédibilité de la science. « Les entreprises d’IA, qui génèrent des milliards de revenus grâce à des produits reposant sur la crédibilité scientifique, devraient contribuer à l’infrastructure qui garantit cette crédibilité. Il ne s’agit pas de philanthropie, mais d’un intérêt bien compris. » Elles pourraient également contribuer à améliorer cette chaîne qui identifie la provenance du contenu scientifique. « Lorsque l’IA contribue à un article scientifique, cette contribution doit être traçable : elle ne doit pas simplement faire l’objet d’une déclaration standard, mais être liée à des affirmations, des sources et des étapes de vérification précises. »
« Les entreprises d’IA qui s’appuieront sur cette infrastructure créeront de meilleurs produits. Mais surtout, elles investiront dans l’infrastructure civilisationnelle qui rend possible, à la base, l’existence de connaissances fiables. À condition toutefois que les entreprises d’IA cessent de considérer cette question comme le problème d’autrui et commencent à la voir comme un socle sur lequel bâtir — un socle dont dépend leur propre succès dans le domaine scientifique. »
10.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 10 août 2026
Texte intégral (6779 mots)
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Brave New World
- More than 80 % of kids still using social media despite ban, new eSafety report finds (theconversation.com)
As countries around the world look to follow Australia’s lead in restricting young people’s access to social media, a new report by the eSafety Commissioner might give them reason to pause, at least temporarily.
- La surveillance totale est déjà là : États et multinationales ont aboli votre vie privée (agoravox.fr)
- Vers un monde à +2 °C ? Les 30 données de l’été du basculement écologique (legrandcontinent.eu)
Des records absolus de température sur terre et en mer, des forêts en feu, des fleuves à sec, une surmortalité importante, et un seuil de + 2 °C qui pourrait être franchi pour la première fois dès le début de l’année 2027.

- Major oil firms make $93bn profits amid war and climate crisis (theguardian.com)
Eight of the biggest oil companies amassed profits of more than $90bn (£67bn) in just three months as the Iran conflict sent energy prices soaring and the emissions-fuelled climate crisis caused deadly heatwaves.
- How headlights got brighter, whiter, and more blinding after dark (arstechnica.com)
- BMW Suddenly Blasts Its Cars’ Internal Screens With Aggressive Advertisements (futurism.com)
Starting last week, the German automaker started blasting a promotion for the new Spider-Man movie into its customers’ cars without warning — because nothing says riding in luxury like a full-vehicle pop-up ad. BMW, showing that it was about as in-touch as its drivers are familiar with turn signals, teased the promotion as a “special surprise.”
Voir aussi “C’est du délire” : tollé mondial pour BMW qui affiche une pub Spider-Man au démarrage de ses voitures (lesnumeriques.com)
- Conçus pour résister à la pression de l’eau, et non à celle des sédiments, de nombreux barrages voient leur durée de vie écourtée (slate.fr)
Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Sustainability et relayée par Live Science, environ un cinquième des réservoirs dans le monde sont déjà à haut risque de remplissage par les sédiments, et d’ici 2060, la moitié pourraient devenir inopérants.
- ‘Stop all outdoor activities’ : South Korea records its highest ever temperature since records began more than a century ago (theguardian.com)
Authorities issue alert saying indoor spaces without airconditioning are ‘dangerous’ as temperatures pass 40C for fifth straight day
- Sécheresse : un village englouti refait surface en Indonésie (reporterre.net)
Le village indonésien de Somang, dans l’ouest de l’île de Java, était englouti sous les eaux d’un réservoir créé en 2023 pour approvisionner Jakarta. Mais la baisse du niveau de l’eau due à la sécheresse fait réapparaître les ruines de bâtiments.
- Huit morts dans une tuerie menée par un adolescent en Thaïlande (humanite.fr)
- La Russie est-elle en train de piller le patrimoine archéologique de la Crimée ? (slate.fr)
Six expéditions archéologiques sont en cours en Crimée, sous l’égide de Moscou. Des agents russes sont accusés de fermer les yeux sur le pillage de sites antiques en échange de pots-de-vin, laissant disparaître de précieux vestiges.
- Avec la sécheresse, le Danube révèle des épaves de navires nazis et des os de mammouth (huffingtonpost.fr)
Des mois de vagues de chaleur et de sécheresse ont fait chuter le niveau du Danube à des niveaux critiques dans toute l’Europe.
- La sécheresse prive la Hongrie d’électricité, le ministre de l’Énergie redécouvre les jeux de société (reporterre.net)
En quelques jours, la Hongrie s’est improvisée laboratoire grandeur nature de la sobriété électrique. Pas par amour soudain de la décroissance, mais parce que le Danube, épuisé par la sécheresse, ne fournit presque plus assez d’eau pour refroidir Paks, l’unique centrale nucléaire du pays.
Voir aussi Hungary faces energy crunch as drought shuts down Paks nuclear plant, PM says (politico.eu)
Budapest loses 40 percent of the country’s electricity generation as water levels continue to drop.
- Europe’s free satellite service just made it easier to track wildfires (arstechnica.com)
- Boom des véhicules électriques en Europe : sommes-nous prêts à gérer un million de batteries usées ? (fr.euronews.com)
- Open source mais fermé aux systèmes libres : l’UE impose l’attestation matérielle pour vérifier l’âge et cela fait débat (goodtech.info)
Un projet financé par l’UE et publié en open source peut-il vraiment rester ouvert s’il exige des puces propriétaires ? Le système de vérification de l’âge européen impose l’attestation matérielle, excluant de fait les ROM personnalisées et les environnements Linux indépendants.
- Allemagne : un drone muni d’un « engin explosif » perturbe le trafic à l’aéroport de Leipzig, la Russie en cause ? (sudouest.fr)
Un incident de sécurité impliquant au moins un drone a entraîné la suspension temporaire du trafic à l’aéroport de Leipzig, hub militaire utilisé par l’Otan et pour l’Ukraine, près duquel un avion a heurté un objet volant. Les enquêteurs confirment que le drone portait une charge explosive.
- ‘Antifa’ song climbs to top of charts after TV cancellation (dw.com)
German singer-songwriter Danger Dan and pianist Igor Levit were invited to perform a song titled “Keine Angst” (No Fear) for the 100th episode of a political satire TV show called “Die Anstalt” (The Institution). But shortly before the recording of the program, public broadcaster ZDF withdrew the invitation.
- Les réseaux sociaux ont-ils permis d’organiser la ruée vers Ceuta ? (legrandcontinent.eu)
Une enquête OSINT retrace la diffusion des appels au passage et décrit un réseau horizontal, sans commandement apparent, capable de se reconstituer rapidement.
- L’Espagne répond à l’Italie en imposant des contrôles aux frontières à ses voyageurs (huffingtonpost.fr)
En réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta, l’Espagne va instaurer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie.
- « Ils sortent des toilettes, des éviers » : Ibiza débordée par la prolifération des serpents (reporterre.net)
Inoffensifs pour l’humain, ces reptiles, qui peuvent dépasser les 2 m de long et sont capables de nager sur de longues distances, représentent toutefois une grande menace pour le lézard des Pityuses (Podarcis pityusensis). Une espèce endémique d’Ibiza et véritable emblème de l’île, qui se retrouve aujourd’hui menacée d’extinction.
- Le Maroc teste des routes « éponges » pour rafraîchir ses villes, et ça marche (slate.fr)
Les villes d’Agadir et de Marrakech testent un nouveau revêtement poreux à la place du bitume conventionnel. La surface perméable pourrait refroidir les routes jusqu’à 9°C, notamment grâce à l’évaporation de l’eau.[…] Petit bémol, cependant : une étude de l’université Rutgers a montré que si le béton perméable dégage 25 % à 30 % de chaleur en moins les jours de pluie, il peut en dégager légèrement plus que l’asphalte conventionnel par temps sec et ensoleillé.
- En RDC, le pouvoir orchestre une confiscation durable des institutions (humanite.fr)
- Greenland issues ‘strong warning’ as Trump-linked oil firm prepares to drill (theguardian.com)
Island’s government says no approval given after Greenland Energy brings kit ashore for exploratory drilling
- Fast-moving Canada wildfire doubles in size forcing thousands to flee homes (bbc.com)
- 99 grands feux actifs : les États-Unis en proie aux flammes (reporterre.net)
- Senators demand crackdown on wildfire “prediction market” bets (arstechnica.com)
Fire experts warn such markets could incentivize arson.
- At least 12 states face cyberattacks on their water systems, sources say (abcnews.com)
So far, there’s been no widespread disruptions to water supplies or treatment.
- Trump wants the power to stop the public from suing polluters (arstechnica.com)
Trump’s DOJ says citizens should no longer be able to enforce environmental laws.
- The Wikimedia Foundation Hired the Union Busters Its Own Encyclopedia Warned About (medium.com)
A federal docket shows the Foundation retained Littler Mendelson, the firm Starbucks used against its baristas, to face its employees’ union.
- La rougeole explose aux États-Unis de Donald Trump (legrandcontinent.eu)
Face à la pire épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans, Robert F. Kennedy Jr. a fait un choix radical : ne rien faire, sans le dire.
- « Ils sont parmi nous » : la nouvelle plateforme de la Maison‑Blanche et la déshumanisation des sans‑papiers (theconversation.com)
- ICE Spent $525 Million on Surveillance Tech. Some of It Is Infringing on Americans’ Freedom of Speech. (reason.com)
- More Police Officers Fired, Investigated, or Arrested for Misusing Flock Camera Systems (yro.slashdot.org)
- Here’s the mark a SpaceX rocket crash left on the moon (cbc.ca)
- Colombia on the brink : ELN guerrilla group prepares for return to war (theguardian.com)
As Abelardo de la Espriella takes office as president vowing a new military offensive, the country’s last leftwing rebels are getting ready to fight back
Spécial IA
- OpenAI’s Astra Solved Decades-Old Math Problems (forbes.com)
the $2,000 figure covers the successful runs rather than every attempt the model made […] Outside researchers have also noted that OpenAI staff helped prepare the papers and formalize the arguments, with the company saying the mathematical content came from Astra. And nobody outside the company can run the model that did the work, so the result cannot be reproduced independently, only checked.
- Safety fears as scientists make first viruses designed by AI (theguardian.com)
- New Orleans will use AI to answer 911 calls instead of a human (eu.shreveporttimes.com)
- An AI-supervised remote exam went so badly that 58,000 students must retake it (arstechnica.com)
- ‘I hate what AI is doing to the minds and happiness of the young’ : Katherine Rundell on the view from the classroom (theguardian.com)
Studies show, over and over, that when we engage in AI-assisted learning we give up sooner. One found that after just “10 minutes of AI-assisted problem-solving, people who lost access to the AI performed worse and gave up more frequently than those who never used it”. An MIT study showed that test groups who used ChatGPT had the lowest brain activity and “consistently underperformed at neural, linguistic, and behavioural levels”. We undergo not just cognitive offloading, but cognitive surrender : we forget what was possible.

- Google’s AI Is Telling Users That Flock Cameras Are Filled With Valuable Gold and Copper (futurism.com)
- Time Magazine has a separate version of its website with ads only AI can see (theregister.com)
The next time you ask Claude about where to bank, its answer may have been influenced by this bot-targeted content.
- Company Offering Printed Books To Train AI Stops After 404 Media Coverage (news.slashdot.org)
- Le Texas suspend les raccordements au réseau électrique des nouveaux centres de données IA afin de protéger le réseau contre les surcharges, ainsi que « la qualité de vie des Texans » (developpez.com)
- AI : Considerations for people who make decisions (berthub.eu)
- La gauche doit-elle céder aux chants des sirènes de l’intelligence artificielle ? (blogs.mediapart.fr)
- The AI bubble is already popping ; we just don’t know it yet (theregister.com)
Spécial Israël
- « Ce n’est pas notre projet » : Benyamin Netanyahou affirme qu’Israël n’a pas accepté le plan de Donald Trump pour Gaza (humanite.fr)
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le premier ministre israélien a affirmé que Tel-Aviv rejetait le plan de Donald Trump pour Gaza, malgré des garanties sur le désarmement du Hamas. A l’approche des élections législatives, Benyamin Netanyahou ménage ses alliés d’extrême droite qui restent opposés à tout accord de paix dans l’enclave.

- “Des colons israéliens assiègent notre maison” : témoignages dans un village palestinien sous attaque hebdomadaire (bbc.com)
- Comment Israël utilise l’archéologie pour renforcer sa colonisation de la Cisjordanie (slate.fr)
Dans la foulée de la décision de l’Unesco, le gouvernement israélien a annoncé, ce 30 juillet, une allocation de 112 millions de shekels (31,8 millions d’euros environ) à l’Administration civile israélienne pour restaurer et développer des sites archéologiques, y compris dans des secteurs relevant théoriquement de l’Autorité palestinienne.
- « Ils m’empêchent de rejoindre mes oliviers » : au Sud-Liban, la vie sous occupation israélienne (reporterre.net)
Alors qu’Israël occupe de larges pans du Sud-Liban, des villages se retrouvent coupés du monde, d’autres rasés, leurs champs et vergers brûlés.
Spécial femmes dans le monde
- More women die in heatwaves, but biology ‘isn’t main cause’ (dw.com)
In country after country, more women are dying from the heat than men. But researchers say biology isn’t the main reason. Age, working conditions, and unequal access to rest may drive the gap.
- How rogue officers turned a nationwide camera network into a tool for stalking (yahoo.com)
- Ce que l’accès aux toilettes publiques révèle des inégalités de genre dans les villes (theconversation.com)
De nombreuses normes de conception reposent encore sur le modèle du « corps masculin par défaut », qui suppose une utilisation rapide des toilettes, en position debout et avec un temps de passage minimal. Lorsque les espaces sont aménagés en fonction du corps et des habitudes des hommes, les retards sont facilement imputés au comportement des femmes
- ‘They were told bikes were for men’ : how Latin America’s city of cycling is breaking gender barriers (theguardian.com)
With less than a third of cycling journeys taken by women, Colombia’s capital, Bogotá, is installing bike lanes, teaching cycling and making sure ‘stereotypes are left behind’
Spécial France
- Intermarché victime d’une cyberattaque visant les fichiers clients associés à son service Drive, 300 000 client·es concerné·es (franceinfo.fr)
- Après le feu de Gironde, la Poste n’exclut pas que les salariés rattrapent les heures perdues (et fait polémique) (huffingtonpost.fr)
« Chaque postier sera intégralement rémunéré malgré la suspension temporaire de son activité », écrivait la direction de la Nouvelle-Aquitaine dans un courrier du 26 juillet […] mais « les heures non réalisées seront reportées ».
- « C’est du mépris de classe » : une mairie profite des incendies pour supprimer des jardins familiaux (reporterre.net)
Dans les Pyrénées-Orientales, des habitants ont reçu l’ordre d’évacuer des jardins communaux afin que soit créée une « ceinture de protection » contre les incendies. Ils dénoncent la violence de cette décision et l’hypocrisie des autorités locales.

- Une eau bien gérée et vitale pour les Francilien·nes (humanite.fr)
En raison des changements climatiques en cours, la manière de gérer l’eau en France sera déterminante au cours de ce XXIème siècle. Le temps ayant passé, il convient de rappeler la manière dont fut géré le bassin versant de la Seine au XXème siècle. Comparé à la non gestion du cours de la Loire, il donne à voir les bons choix en la matière.
- Sécheresse. La baignade et la navigation interdites dans tous les cours d’eau de la Manche jusqu’au 30 septembre (france3-regions.franceinfo.fr)
- 40 °C, sol granitique, bâti inadapté : la Bretagne n’est pas le refuge climatique qu’on croit (reporterre.net)
- Les vendanges ont déjà commencé en Champagne, un début historiquement précoce (huffingtonpost.fr)
De premières vendanges ont débuté ce 6 août en Champagne. Jamais elles n’avaient eu lieu aussi tôt dans l’année, le signe d’un été record en chaleur et en sécheresse.
- Incendie sur un site Seveso en Moselle : le confinement de 30 000 personnes levé (reporterre.net)
30 000 personnes ont été appelées à se confiner pendant plusieurs heures, dimanche 2 août, en raison de l’incendie d’un entrepôt classé Seveso, à Gandrange (Moselle). Un nouvel épisode révélateur de la vulnérabilité des industries à la sécheresse et aux canicules ?
- Dans l’Allier, la plus grande mine de lithium d’Europe s’attaque à une forêt pleine d’espèces protégées (reporterre.net)
- En Bretagne, l’agriculture intensive pollue… et l’État la paie pour nettoyer ses algues vertes (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- « Les filles le méritent » : une « vraie réflexion » en cours sur une diffusion intégrale des étapes du Tour de France Femmes – Le Parisien (leparisien.fr)
- Sur le Tour de France femmes, la pause pipi de trois coureuses (dont Demi Vollering) leur vaut une amende (huffingtonpost.fr)
- La fédération condamne le harcèlement sexiste subi par Milan Violon en natation artistique (huffingtonpost.fr)
Le jeune homme de 17 ans est le seul homme sélectionné dans l’équipe de France aux Championnats d’Europe qui se déroulent actuellement à Paris. […] Longtemps exclusivement féminine, la natation artistique s’est ouverte récemment aux participants masculins.
- La mairie de Levallois-Perret fait effacer d’une fresque Gérard Depardieu et Richard Berry, accusés de violences sexuelles (huffingtonpost.fr)
Le portrait des deux acteurs a été remplacé par celui de Géraldine Nakache et Mélanie Laurent.
- Déjà condamné, Moha la Squale de retour au tribunal pour des « violences volontaires en état d’ivresse et en récidive légale » (humanite.fr) – voir aussi Le rappeur Moha La Squale condamné à deux ans de prison pour des violences sur deux femmes (telerama.fr)
- Membres d’un groupe Telegram haïssant les femmes, des dizaines d’hommes bientôt jugés (huffingtonpost.fr)
45 membres d’un canal Telegram masculiniste ont été interpellés après une enquête du parquet de Paris. 34 seront jugés notamment pour provocation à la haine envers les femmes.
- Dans le Vaucluse, un ancien légionnaire placé en détention provisoire pour le meurtre de son ex-compagne (lemonde.fr)
Selon le quotidien « La Provence », le quinquagénaire, déjà connu pour des faits de violence sur son ex-compagne, était colistier du candidat Rassemblement national dans la commune de Bollène, lors des élections municipales de mars.
Spécial médias et pouvoir
- Présidentielle 2027 : des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables (next.ink)
Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.
- Xenia Fedorova a quitté la France, alors que le référé contre son expulsion a été rejeté par la justice (telerama.fr)
- Concert interrompu de Barbara Butch : les angles morts du récit médiatique (2/3) (arretsurimages.net) – voir aussi Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3) (arretsurimages.net)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- “Une gravité exceptionnelle” : après deux suicides d’agents des services du Premier ministre et plusieurs tentatives, des enquêtes judiciaires et internes ouvertes (franceinfo.fr) – voir aussi Les services du Premier ministre répondent à l’affaire des suicides à Matignon (huffingtonpost.fr)
- Yaël Braun-Pivet se dit « dépassée » par la polémique sur le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale (huffingtonpost.fr)
D’abord en pause puis remis à l’ordre du jour cet été, le projet lancé par la présidente de l’Assemblée et chiffré à 52,8 millions d’euros cristallise les critiques.
- Après les incendies, les pompiers en ont assez d’être qualifiés de héros, notamment par les politiques (huffingtonpost.fr) Un communiqué de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers demande que le qualificatif élogieux ne soit plus employé, estimant qu’il sert à cacher « le délitement de la Sécurité civile ».

- Cette note de Gérald Darmanin est accablante sur la prise en charge des violences sexuelles sur mineurs (huffingtonpost.fr)
- Huit mois plus tard, le gouvernement se résout à publier un rapport édifiant sur la mortalité infantile (huffingtonpost.fr)
La France subit, en matière de mortalité des nouveau-nés, « une dégradation sanitaire préoccupante, remontant à quinze ans ».

Voir aussi Publié discrètement, un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France, avec les chiffres les plus préoccupants Outre-mer (la1ere.franceinfo.fr) et le rapport : Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique (igas.gouv.fr) - L’hébergement d’urgence sous pression face aux coupes budgétaires (site.ldh-france.org)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- La loi de programmation militaire validée par le Conseil constitutionnel, sans réserve (lemonde.fr)
Saisie par les députés « insoumis », écologistes et communistes, notamment au sujet de la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale », l’instance n’a censuré aucune mesure de ce texte
- “Un doute sérieux quant à leur légalité” : la justice suspend des couvre-feux pour mineurs dans plusieurs communes de la Loire (franceinfo.fr)
- Canicules, incendies : comment l’extrême droite en fait un argument contre l’écologie (reporterre.net)
Par un mécanisme d’inversion du blâme, les politiques environnementales et les écologistes sont accusé·es d’entraver la prévention des risques et d’accroître la vulnérabilité des populations.
- Simon Delacroix, alias The Toxic Avenger, harcelé après avoir critiqué l’hommage de Jordan Bardella à Kavinsky (humanite.fr)
Le DJ a connu un « torrent de harcèlement » après son tweet en réponse à l’hommage de Jordan Bardella à Kavinsky : « Merci de vous abstenir de cet hommage : la musique électronique vous déteste » […] il est devenu la cible de nombreux messages d’insultes et de menaces, dont il cite des exemples : « On s’en souviendra et tu seras le premier qu’on viendra chercher. »
- Une enquête ouverte après la découverte de tags néonazis à La Flèche, ville tenue par le RN (humanite.fr)
Spécial résistances
- « Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue » : près de 1000 citoyen·nes lancent un appel pour un plan d’urgence climatique (vert.eco)
À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de 1000 personnes ont signé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique.
- « IA pas moyen » : ils refusent le géant data center de Microsoft en Alsace (reporterre.net)
- « Désarmer Bolloré » : la lutte contre le milliardaire se déplace en face de son île privée (reporterre.net)
- Son fils est né avec une malformation : une mère en colère contre les pesticides et leurs « lobbyistes sans scrupules » (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Atlas of Surveillance (atlasofsurveillance.org)
Spécial MAGAM et cie
- Une start-up soutenue par Jeff Bezos veut s’approprier des archives coloniales pour trouver du lithium au Congo (reporterre.net)
À l’AfricaMuseum de Tervuren, en Belgique, des archives géologiques héritées du Congo belge attisent les convoitises de KoBold Metals, une start-up minière étasunienne dopée à l’IA et soutenue par des milliardaires de la tech.
- Meta Caught Paying Nazis to Post on Facebook (futurism.com)
Meta was paying out-and-out neo-Nazis to post on Facebook, an investigation from Australia’s ABC News found. These pages and individual creators posted content that appeared to be in clear violation of Facebook’s own hate speech policies. Nonetheless, they were able to earn money on their posts through the platform’s “Content Monetization” program — which is invitation-only.
- Le rejet de Windows 11 pousse Linux au-dessus des 10 % d’adoption pour la première fois de son histoire (lesnumeriques.com)

- Marine Tondelier dit vouloir couper X… et déclenche un duel inattendu avec Elon Musk qui veut la « faire taire » (huffingtonpost.fr)
« J’exige qu’elle soit “shut down” [qu’on peut ici traduire par “réduite au silence”] pour trahison envers la France », a écrit le milliardaire au sujet de Marine Tondelier, dans un message vu plus de 400 000 fois.
- Elon Musk’s attempt at an AI Wikipedia hasn’t been updated in months (theverge.com)
Suggested Grokipedia edits haven’t been addressed since April, according to a report.
Les autres lectures de la semaine
- The rise of the military-technology complex (thebulletin.org)
How Silicon Valley tech firms remade US defense contracting. And then opened the Pentagon’s checkbook—wide.
- The offline messaging apps challenging internet shutdowns (restofworld.org)
Jack Dorsey’s Bluetooth messaging app surged during India’s internet blackout — and the government’s response suggests a new tech battleground.
- Ceuta : La Hogra et le monde qui brûle (lundi.am)
- Avant l’écoféminisme, Suzanne Césaire tissait déjà le lien entre colonisation et destruction du vivant (reporterre.net)
Longtemps restée dans l’ombre de son mari, Suzanne Césaire a pourtant, dans sa courte carrière littéraire, tracé les lignes d’une identité martiniquaise singulière, ancrée dans son rapport à la terre.
- Anita Conti, les yeux des pêcheurs et une scientifique respectée dans un monde machiste (humanite.fr)
- Flora Tristan, la révolutionnaire qui dénonçait déjà la pollution industrielle au XIXe siècle (reporterre.net)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Police Surveillance Technology : Last Week Tonight with John Oliver (tube.fede.re)
- Nicole Ferroni reçoit Macron en consultation (tube.fdn.fr)
Ces canicules vous les avez voulues, vous les avez cherchées, et c’est aussi un peu pour ça qu’on les a eues, ah ah !
- De NRJ à “Legend”, un climat de travail délétère, raciste et sexiste : le journaliste Iban Raïs raconte son enquête sur Guillaume Pley (humanite.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- Créer une application pour parler de santé sexuelle sans tabou à Mayotte : le pari réussi de Chababi Jouwa (la1ere.franceinfo.fr)
- Partir seule, tracer sa route : ces livres féministes pour passer à l’acte (reporterre.net)
- 22 °C sans clim : le pari réussi de la maison en terre et en bois (reporterre.net)
- “Il y a 15 degrés de moins” : la commune de Cuers est devenue un laboratoire d’expérimentation pour faire face au réchauffement climatique (franceinfo.fr)
- Vous allez peut-être croiser la seule espèce « immortelle » en vous baignant cet été (slate.fr)
Une méduse de la taille d’un dé à coudre est capable de vivre éternellement, du moins en laboratoire.[…] Dans leur environnement naturel, en revanche, leur prétendue immortalité se heurte à une limite beaucoup plus terre à terre : les prédateurs peuvent tout simplement les dévorer.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
09.08.2026 à 10:00
IA et science : du pliage de protéines… à l’illusion de la connaissance
Texte intégral (3878 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 30 septembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique.
« Le discours selon lequel l’intelligence artificielle révolutionne la science est désormais quasiment incontournable », rappelle William Burns, consultant en politique scientifique, pour Tech Policy Press. « L’histoire raconte déjà que l’IA n’est pas seulement l’avenir : elle révolutionne les découvertes scientifiques ». Même des gens assez critiques de l’IA et de ses développements disent qu’elle possède des « capacités prometteuses » pour la recherche scientifique, justifiant son développement. Pourtant, l’IA, telle qu’elle est actuellement déployée en science, occulte plus qu’elle ne révèle, exacerbant les problèmes qu’elle prétend résoudre.
Les chercheuses Lisa Messeri et Molly J. Crockett affirmaient l’année dernière dans Nature que « la prolifération des outils d’IA en science risque d’introduire une phase de recherche scientifique où nous produisons davantage, mais comprenons moins ». Mais surtout, l’usage de l’IA pourrait compromettre la capacité à produire des connaissances fiables, sur lesquelles repose tout l’édifice scientifique. Cette crise annoncée prolonge celle que traverse la recherche depuis le début du XXIe siècle, notamment liée à la stagnation des découvertes pharmaceutiques. Burns rappelle par exemple que le Projet Génome Humain dans les années 90 a été lancé en promettant une prolifération de nouveaux médicaments qui n’est jamais advenue. Un chercheur d’une grande entreprise scientifique expliquait en 2008 que « rien de ce que les entreprises ont fait pour accroître la production de nouveaux médicaments n’a fonctionné, y compris les fusions, les acquisitions, les réorganisations et l’amélioration des processus ».
Le microbiologiste américain, Carl Woese, opposant à l’ingénierie biologique, estimait, en 2004, que la crise de l’innovation était liée à la généralisation de l’ingénierie du vivant. En 2011, l’économiste Philip Mirowski estimait que le néolibéralisme, obsédé par la technologie, avait tué la rigueur scientifique. La promesse de renouveau scientifique par l’IA s’inscrit pleinement en prolongement de cette crise. En 2023, l’OCDE expliquait que l’IA pourrait venir aider une science devenue « plus difficile ». À l’image d’AlphaFold, le système de pliage des protéines de Google DeepMind, pour lequel Demis Hassabis et John Jumper ont reçu le prix Nobel de chimie en 2024.
Les protéines ne sont pas des puces de silicium
AlphaFold a permis de prédire la structure de 200 millions de protéines, mais il serait expérimentalement impossible d’en vérifier n’en serait-ce qu’une fraction. Pour ce faire, « il faudrait généralement isoler des protéines des cellules en quantités importantes – un processus capricieux – puis les soumettre à des techniques telles que la diffraction des rayons X et la résonance magnétique nucléaire. Ces étapes pourraient prendre des années, même pour une seule protéine ». Néanmoins, la philosophe Daria Zakharova a affirmé dans un pré-print que si les prédictions d’AlphaFold sont considérées comme fiables et sont utilisées par les scientifiques, cette « connaissance » est bien imparfaite. « D’un point de vue strictement matériel, AlphaFold n’est pas une représentation du comportement des protéines, mais plutôt du comportement des puces de silicium (sur lesquelles repose le calcul). En ce sens, les inventeurs d’AlphaFold ont avancé l’hypothèse que des puces de silicium pourraient imiter les protéines. Cela soulève la question de savoir comment des matériaux sans lien entre eux, tant chimiquement que spatialement et temporellement, pourraient s’imiter. Au minimum, des preuves substantielles seraient nécessaires pour le prouver. Pourtant, lorsque des efforts ont été déployés pour le vérifier, les résultats ont été mitigés », rappelle Burns. Une étude récente de Garrido-Rodríguez et ses collègues a par exemple soutenu que le calcul d’AlphaFold ne « correspondait pas aux modèles déterminés expérimentalement », faisant référence à une classe de protéines omniprésentes et biologiquement vitales appelées serpines. « De toute évidence, des recherches plus approfondies pourraient être nécessaires sur la fiabilité de l’IA en tant qu’outil prédictif ». Pour Burns, les preuves ne sont pas suffisamment solides à ce stade. Bien sûr, le repliement des protéines est complexe. Leur modélisation est ancienne et repose sur des hypothèses manifestement différentes de leur réalité. Longtemps, ces modèles servaient à interpréter des données d’observation issues de la diffraction des rayons X, et non à créer un modèle informatique, comme avec AlphaFold. Le problème, estime le chercheur en cancérologie et lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine 2019, William G. Kaelin Jr., c’est que la publication doit construire son savoir sur des briques plutôt que sur de la paille.
Au Royaume-Uni, la UK Biobank, une entreprise publique qui détient des données génétiques sur un sous-ensemble de la population britannique, aurait conclu en mars dernier un partenariat avec des sociétés pharmaceutiques et Calico, filiale d’Alphabet, qui auront accès à ces données pour des études menées avec l’IA. Le projet a été décrit par le Financial Times comme « un exemple emblématique de la manière dont les ordinateurs avancés et les modèles d’intelligence artificielle peuvent exploiter de vastes ensembles de données biologiques pour étudier en profondeur le fonctionnement du corps humain et ses dysfonctionnements potentiels ». Une question se pose cependant : l’exploitation de ces ensembles de données est-elle susceptible de produire des connaissances fiables, même en théorie ? En 2017, ces données ont été décrites comme « non représentatives de la population générale… Les participants à la UK Biobank vivent généralement dans des zones socio-économiquement moins défavorisées ; sont moins susceptibles d’être obèses, de fumer et de consommer de l’alcool quotidiennement ; et présentent moins de problèmes de santé auto-déclarés ». La structure de ces ensembles de données de santé, et d’autres similaires, qui ne sont certainement pas secrets, suscite des doutes. Même les observateurs optimistes doivent l’admettre : si les données sont inadéquates et l’IA opaque, quelle est la valeur épistémique réelle de ces projets ? Le prix Nobel Kaelin Jr. a conseillé : « La question… devrait être de savoir si… les conclusions sont susceptibles d’être correctes, et non de savoir s’il serait important qu’elles soient vraies. »
Ralentir la science
Si l’on veut sauver la science de son malaise actuel, des solutions sont déjà possibles, conclut Burns. « Des propositions comme la « slow science » d’Isabelle Stenger semblent valoir la peine d’être tentées, car elles pourraient élargir la charge de la preuve aux affirmations scientifiques et encourager un esprit de service public parmi les scientifiques. Pourtant, si une rénovation épistémique a eu lieu jusqu’à présent dans le domaine scientifique, elle est restée extrêmement timide et n’a pas produit d’effets escomptés.
Il faut dire que pour les investisseurs, l’idée que l’IA puisse nous sortir de l’impasse actuelle et donner naissance à toutes sortes d’inventions rentables est doublement séduisante. L’IA est une méthode qui ne nécessite que des capitaux pour sa mise en œuvre et qui peut être réalisée à grande échelle, contrairement à la recherche empirique, centrée sur l’humain et fastidieuse, où l’ingéniosité et la chance (qui ne s’achètent pas si facilement) semblent prédominer. Mais investir dans l’IA est aussi un moyen efficace de maintenir le statu quo, tout en semblant le bouleverser, car il pose l’hypothèse d’un avenir technologique sans les changements systémiques qu’impliquent d’autres réformes.
Dans cette optique, nous devons résister au spectacle. L’IA fait vendre une vision du progrès où les algorithmes peuvent révéler les secrets plus rapidement, mieux et à moindre coût ; pourtant, les secrets de la nature ne sont pas si facilement révélés, et la connaissance sans compréhension n’est pas une connaissance du tout. »
S’il y avait besoin d’une explication supplémentaire, Alberto Romero dans sa newsletter algorithmic Bridge, revient sur une étude du MIT et de Harvard, où les chercheurs se sont demandé si les modèles d’IA pouvaient passer de la simple prédiction au « développement de modèles fiables », en les faisant travailler sur un problème de physique assez classique ? Mais au lieu de tester avec le langage, qui est assez complexe et difficile à analyser, ils se sont concentrés sur la physique classique. Ils voulaient voir si le modèle utiliserait les lois de Newton pour prédire les vecteurs de force à l’origine du mouvement de révolution de la terre autour du soleil ou s’il inventerait simplement ses prédictions sans comprendre la physique réelle. Ils ont conclu que les modèles d’IA font des prédictions précises, mais ne parviennent pas à encoder le modèle universel de Newton et recourent plutôt à des heuristiques spécifiques à chaque cas, non généralisables et fortement incohérents. L’étude montre que « les modèles d’IA sont tout simplement incapables de coder un ensemble de lois robustes pour régir leurs prédictions : ils sont non seulement incapables de retrouver des modèles du monde, mais intrinsèquement mal équipés pour le faire ». Un modèle d’IA d’apprentissage profond est peut-être architecturalement incapable de développer des modèles du monde corrects estiment-ils. Même le rêve que l’IA puisse être utilisée pour améliorer la prédictibilité des modèles climatiques est battue en brèche. Dans leur livre, AI Snake Oil (voir notre recension), les chercheurs Arvind Narayanan et Sayash Kapoor montraient que son amélioration était assez limitée et qu’elle pourrait même atteindre un palier indépassable, à mesure que les phénomènes deviennent plus extrêmes. La croyance dans un progrès scientifique exponentiel porté par l’IA ne sert qu’à raviver les promesses des technosciences comme le disaient déjà Marc Audétat et les chercheurs invités dans Sciences et technologies émergentes : pourquoi tant de promesses ? (Hermann, 2015, voir notre recension). L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique.
MAJ du 25/01/2026 : L’IA va-t-elle tuer la science ou, au contraire, engendrer une révolution scientifique ? C’est la question que pose l’astrobiologiste Sara Imari Walker dans un article pour Noema. Si l’IA peut résoudre le problème du pliage des protéines comme le promettent beaucoup de recherches, que pourrait-elle accomplir d’autre ? Mais si « AlphaFold prédit les structures 3D, il n’explique ni la physique sous-jacente, ni les mécanismes de repliement, ni les ensembles conformationnels dynamiques. Il fonctionne bien pour les protéines composées de la vingtaine d’acides aminés présents dans la biologie terrestre. Pour étudier les protéines issues des centaines d’acides aminés contenus dans les matériaux météoriques, ou pour concevoir de nouvelles protéines thérapeutiques, ce modèle a besoin de données supplémentaires. La limitation ne réside ni dans l’algorithme ni dans sa capacité de mise à l’échelle : les données nécessaires n’existent pas. »
Si l’on considère la science uniquement comme la méthode scientifique (observation, hypothèse, vérification, analyse), alors l’automatisation semble inévitable, avance-t-elle. Les algorithmes d’IA réalisent de manière démontrée bon nombre, voire la totalité, de ces étapes, et leurs performances s’améliorent lorsqu’ils sont guidés par des scientifiques.
Pourtant, si la mise à l’échelle était notre seul besoin, l’IA actuelle offrirait une solution banale à la science : nous pourrions faire plus grâce à des modèles à plus grande échelle. Cependant, l’optimisme autour de l’IA ne se limite pas à l’automatisation et à la mise à l’échelle ; il concerne aussi la théorie de l’esprit. La science diffère radicalement de l’expérience : elle est fondamentalement intersubjective. Si une chose n’existe que dans un seul esprit et ne peut être partagée, elle ne peut devenir une connaissance scientifique. La science exige la vérification mutuelle des observations, la construction d’un héritage de découvertes passées et l’élaboration d’un consensus intergénérationnel sur la réalité. Les modèles scientifiques doivent donc être exprimables par des symboles, des mathématiques et le langage, car ils doivent être reproductibles et interprétables d’un esprit à l’autre. La science est par définition instable car elle n’est pas une caractéristique objective de la réalité : elle se comprend plus justement comme un système culturel évolutif, nourri par la représentation consensuelle et adaptable aux nouvelles connaissances que nous produisons. Notre principal mode de communication des idées scientifiques est la représentation symbolique. Nous communiquons des modèles du monde, et non le monde lui-même.
Plus fondamentalement, le discours actuel, optimiste, voire arrogant, autour de l’IA et de l’intelligence artificielle générale laisse entendre que ces algorithmes seront « plus qu’humains » dans leur capacité à comprendre et à expliquer le monde, dépassant ainsi ce que certains perçoivent comme les limites de l’intelligence imposées par la biologie humaine. Or, cela est impossible, de par les fondements mêmes de la théorie du calcul et l’héritage de l’abstraction humaine dont ces technologies sont directement issues. Comme l’écrit le physicien David Deutsch, si l’univers est effectivement explicable, les humains sont déjà des « explicateurs universels », car nous sommes capables de comprendre tout ce qu’un système informatique peut comprendre : en termes de capacités de calcul, ordinateurs et cerveaux sont tout aussi universels.
Les changements de paradigme révèlent que la puissance de la pensée scientifique ne réside pas dans la vérité littérale des théories, mais dans notre capacité à identifier de nouvelles façons de décrire le monde et dans la persistance des structures que nous décrivons à travers différents schémas de représentation.
Ceci nous amène à comprendre pourquoi l’IA ne peut remplacer les scientifiques. Les controverses et les débats sur le langage et la représentation en science ne sont pas des anomalies ; ils sont inhérents à un système sociétal qui détermine les modèles qu’il privilégie. Les milliards de paramètres d’AlphaFold 3 suggèrent que la parcimonie et la simplicité ne sont peut-être pas les seules voies possibles pour la science. Si nous voulons des modèles qui cartographient le monde avec la plus grande précision possible, la complexité est peut-être nécessaire.
C’est cette profondeur de sens, inhérente à nos théories, que la science découvre en construisant de nouvelles perceptions sociétales. Une vision superficielle, où la science se contente de créer des modèles prédictifs dépourvus de profondeur et de signification, ne peut la saisir. Lorsqu’un scientifique élabore une théorie, même avant l’évaluation par les pairs, il y a un acte intentionnel d’explication et un travail intérieur de confrontation avec l’intuition et sa représentation. Les modèles d’IA, en revanche, génèrent des prédictions par reconnaissance statistique de formes, un processus très différent.
« La question fondamentale n’est pas de savoir si l’IA peut faire de la science, mais si les sociétés peuvent construire des représentations partagées et des significations consensuelles avec des algorithmes dépourvus de la création intentionnelle de sens qui a toujours été au cœur de l’explication scientifique. » L’IA transformera-t-elle la science ? Certainement. Remplacera-t-elle les scientifiques ? Certainement pas, clame Sara Imari Walker. Si nous nous méprenons sur la nature de la science, en confondant l’automatisation des méthodes avec le projet humain de construction, de débat et d’affinage collectifs des représentations symboliques qui nous permettent de comprendre la réalité, l’IA risque d’annoncer la mort de la science : nous manquerons alors l’occasion de l’intégrer pleinement aux systèmes culturels de la science.
« La science ne se résume pas à la prédiction et à l’automatisation ; l’histoire nous enseigne qu’elle est bien plus que cela. Elle repose sur un consensus explicatif et une négociation humaine permanente quant aux descriptions du monde que nous adopterons collectivement. Cette négociation, cette articulation intersubjective des observations en une signification partagée, est fondamentalement sociale et, pour l’instant, fondamentalement humaine. »
MAJ du 26/01/2026 : L’IA peut-elle générer de nouvelles idées en science ?, interroge Cade Metz pour le New York Times, en revenant sur une polémique récente où une startup, Harmonic, affirmait que son IA aurait résolu un problème de math resté insoluble (voir les explications de Numerama). En fait, des mathématiciens et des chercheurs en IA ont rapidement souligné que le système avait identifié des solutions existantes, enfouies dans des décennies d’articles de recherche et de manuels, par exemple en trouvant une solution enfouie dans un article en allemand. “Un chercheur expérimenté est toujours nécessaire pour interroger le système, lui expliquer ce qu’il doit rechercher et, finalement, extraire les informations pertinentes du reste des données produites”.
03.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 3 août 2026
Texte intégral (9146 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- L’armée russe a avancé de 1 km² par jour en moyenne en juillet (legrandcontinent.eu)
Le rythme d’avancée de Moscou en Ukraine s’est ainsi effondré de près de 95 % en glissement annuel.
- La guerre en Ukraine est-elle en train de se connecter avec la guerre en Iran ? (legrandcontinent.eu)
Le régime iranien qui fabrique des drones utilisés par la Russie pour ses frappes en Ukraine accuse Kiev d’avoir attaqué un navire iranien en mer Caspienne et menace de représailles.
- La sécheresse a fait baisser le niveau des fleuves européens à leur plus bas niveau (legrandcontinent.eu)
- Mammoth remains revealed in Bulgaria after Danube water levels hit record low (reuters.com)
- Incendies en Grèce : ordre d’évacuation près d’Athènes, la Crète en proie aux flammes (france24.com)
La Protection civile grecque a ordonné vendredi l’évacuation préventive d’une partie d’une banlieue à l’ouest d’Athènes en raison d’un incendie de forêt, selon un message d’alerte envoyé sur les téléphones portables. Par ailleurs, l’île touristique de Crète était toujours la proie des flammes, poussées par des vents violents malgré une certaine amélioration, selon les pompiers.
- En RD Congo, Félix Tshisekedi de plus en plus sous pression (afriquexxi.info)
Changement de Constitution, partisans de l’ancien régime traqués, manifestations réprimées, corruption… La gouvernance de Félix Tshisekedi est de plus en plus soumise aux critiques tandis que la situation dans l’Est ne progresse pas, au contraire de l’épidémie d’Ebola, devenue incontrôlable.
- Le Sahel pourrait être au seuil d’une nouvelle ère humide (legrandcontinent.eu)
- Pénurie d’eau minérale en Tunisie : les grandes surfaces annoncent l’épuisement de leurs stock (lapresse.tn)
Les grandes surfaces commerciales en Tunisie font face à une tension sur l’approvisionnement en eau minérale conditionnée, dans un contexte marqué par une forte hausse de la consommation liée aux températures élevées enregistrées ces dernières semaines.
- Sortir l’Espagne de l’espace Schengen après Ceuta ? Impossible, en plus d’être peu utile (huffingtonpost.fr)
L’Italie a formulé cette proposition, soutenue par le Danemark et la Finlande, après l’afflux massif de migrants ces derniers jours dans l’enclave espagnole au Maroc.
Voir aussi Pourquoi Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente (theconversation.com) et Comment la crise à la frontière de Ceuta a immédiatement servi les intérêts de l’extrême droite espagnole (theconversation.com)
- Après les critiques sur Ceuta, Pedro Sánchez réplique face aux Européens qui l’ont lâché (huffingtonpost.fr)
Le dirigeant socialiste espagnol a adressé une lettre offensive aux dirigeant·es de l’UE. Il déplore notamment une attitude « contraire » au principe de solidarité dans l’Union.
- Après 36 heures de crise, la quasi-totalité des migrant·es venu·es du Maroc ont quitté Ceuta et l’Espagne (huffingtonpost.fr)
Un bilan provisoire fait état de 67 personnes décédées en essayant d’entrer à Ceuta.
- Majorque se révolte contre un tourisme qui dépossède les habitants de leur territoire (theconversation.com)
- Alerte Portugal : deux dessinateurs de presse membres de Cartooning for Peace ciblés dans une liste établie par un mouvement armé d’extrême droite (cartooningforpeace.org)
C’est par voie de presse que les dessinateurs de presse Cristina et André Carrilho, membres de Cartooning for Peace, ont découvert leurs noms sur une liste d’individus et d’entités désignés comme des « cibles » et « menaces » pour le pays, établie par le Movimento Armilar Lusitano (MAL), un mouvement armé portugais d’extrême droite.

- As Europe Burns, a Climate Cover-Up Continues (newrepublic.com)
The U.K.’s Labour government seems afraid to talk about the climate emergency.
- Airbus a fait voler des drones autonomes capables de “penser” en équipe (clubic.com)
- Click to Pray, Click to Leak : The Pope’s Official App Exposes 700,000+ User Emails (bobdahacker.com)
I reported this on January 3rd, 2026. It is now July 24th. Six months later. The vulnerability is still live. Nobody has ever responded. I guess my email wasn’t in their prayers.
- GrapheneOS : un homme condamné pour avoir effacé son smartphone à la frontière américaine (clubic.com)
- A 77-year-old Republican man is staging a solo protest against St. Pete’s Flock cameras (cltampa.com)
Flock cameras have been in St. Pete since 2022, and while police say they help solve crimes, civil liberties advocates say they create an unprecedented mass surveillance network.
- États-Unis : les critiques des technologies considéré·es comme des « terroristes d’extrême-gauche » (synthmedia.fr)
- A missing underscore sent innocent man to prison for 18 months (arstechnica.com)
Had the case been properly investigated, the court says now, evidence “would have identified an individual whose first name is Jay whose IP address appears to be in California.”
- C’est la faute de Donald Trump si le bassin du Lincoln Memorial de Washington a viré au vert fluo (et ça l’agace fortement) (huffingtonpost.fr)
Le président américain a crié sur tous les toits que du « vandalisme » expliquait le fiasco de la rénovation de l’étendue d’eau, mais la justice a conclu que l’« installation bâclée » est en cause.
- Epic diarrhea outbreak has 40 % of Americans avoiding fruits and veggies (arstechnica.com)
The finding appears to be a setback to Kennedy’s Make America Healthy Again agenda, which has typically focused on overhauling nutrition guidance while neglecting food safety and infectious diseases.
- Face à l’épidémie de rougeole qui sévit aux États-Unis, les chercheureuses développent de nouveaux traitements (slate.fr)
Jusqu’à récemment, la vaccination contre la rougeole semblait si efficace que le développement de traitements contre la maladie n’avait aucun intérêt, médicalement comme financièrement […] alors que les taux de vaccination déclinent, des entreprises biotechnologiques et des instituts universitaires se penchent sur des traitements spécifiques
- Les plans de travail en quartz, à l’origine d’une crise de santé publique aux États‑Unis et dans le monde (theconversation.com)
Dans l’imaginaire collectif, la silicose, grave maladie incurable qui détruit la fonction pulmonaire, est associée au travail des mineurs. Mais d’autres ouvriers y sont exposés. C’est notamment le cas de ceux qui travaillent la pierre synthétique, ou quartz aggloméré, qui voient également leur risque de cancer du poumon augmenter.
- En manque de financements, une équipe de scientifiques cherche des sous sur OnlyFans (slate.fr)
« C’est presque exclusivement des séquences tout public, montrant des marmottes en train de jouer, de se comporter de manière adorable, de creuser ou de rapporter des plantes dans leur terrier… bref, leur routine quotidienne »
- Comment le Venezuela se reconstruit après le terrible double séisme de juin 2026 ? (humanite.fr)
Le 24 juin à 22h, deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 ont violemment secoué le Venezuela. Il s’agit du plus puissant séisme à avoir frappé le pays depuis au moins l’année 1900. Au moins 5500 morts et 16700 blessés et entre 10 000 et 50 000 personnes sont encore portées disparues. 16 000 personnes sont sans logement et 856 bâtiments sont sinistrés.
- Drifting SpaceX rocket heading for accidental collision with moon (theguardian.com)
Spécial IA
- La « vibecoding fatigue » : épuisés par l’IA, les développeureuses informatiques inventent leurs propres parades (theconversation.com)
Chaque technique qui accélère remplit davantage les minutes qu’elle promettait de libérer.
- Anthropic is finding bugs faster than Microsoft can fix them (arstechnica.com)
Microsoft is on a mad dash behind the scenes to patch exploits before hackers find them.
- AI-found bugs aren’t proving any easier to exploit despite the hype (theregister.com)
Anthropic’s Project Glasswing may have uncovered tens of thousands of potential security flaws, but new research suggests AI-assisted vulnerability discovery has yet to produce the wave of real-world attacks many expected.
- Debian pourrait bannir les contributions assistées par IA, et ce n’est pas qu’une question de bugs (clubic.com)
Le projet Debian débat de quatre propositions allant de l’interdiction des contributions directes assistées par IA à leur autorisation sous conditions. Derrière la qualité du code se joue surtout la protection des mainteneureuses bénévoles.
- Anti-AI open source has an enemy in common, but almost nothing else (theregister.com)
What it will come down to is whether the anti-AI groups in FOSS can work together and help each other to hold off the vast and commercially backed pressure from LLM-assisted and LLM-generated code, even though they may find themselves bitterly opposed in terms of politics and ethics.
- L’IA entraîne une forte hausse du temps passé sur Facebook et Instagram (iphonesoft.fr)
- Tons of Peoples’ Claude Chats and Creations Are Exposed On Google (yro.slashdot.org)
Claude is exposing a wealth of users’ chats and creations in Google search results, meaning anyone can dig through conversations or other material that people used Claude to make but may not have realized were publicly available for strangers to see. The exposed data includes an AI-powered therapy app that someone appears to have vibe-coded, notes on meetings, and a dashboard someone made apparently to analyze medical billing data. Exposed chats reportedly include private cryptocurrency wallet keys and personal information like peoples’ addresses
- Google Earth risked ruin with retracted AI tool for making fake satellite pics (arstechnica.com)
Google’s aborted attempt to incorporate its Nano Banana 2 AI image generator as a Google Earth feature made it even easier for anyone to create modified versions of authentic imagery depicting real locations—something that Google boasted about when initially promoting the new feature.

- US government map of Africa mislabels every country at global conference (reuters.com)
the image of the map included in the presentation contained an artificial intelligence watermark that signals it was made with OpenAI tools.
- In China, people are renting out their faces to AI (restofworld.org)
New platforms are paying people to license their likeness for AI-generated dramas and ads, creating a new marketplace for biometric identity.
- High school defends staying silent while boys made AI nudes of 59 classmates (arstechnica.com)
Gaps in laws may help Pennsylvania high school escape AI nudes scandal.One of the first schools to shut down after students were found making AI nudes of female classmates is now asking a court to toss a lawsuit filed by victims who claimed that the school stayed silent for months while the emboldened boys targeted many more girls.
- Unmoderated by Design : How Hugging Face Enables NCII (aiforensics.org)
Our investigation found that Hugging Face, the top platform for sharing open-source AI models, isn’t just hosting tools that generate non-consensual intimate imagery. It’s helping users compare, benchmark and optimize them, making image-based sexual abuse easier to scale.
- Home Office used ‘AI hallucinated’ information to refuse asylum claim, judge suggests (theguardian.com)
A senior judge has accused the Home Office of relying on “AI hallucinated” information to refuse an asylum claim. The case relates to a Moroccan woman and her child who fled her country after experiencing forced underage marriage and extreme violence, including rape. The woman claimed asylum on the basis of fears that she would be killed by her husband : a powerful, previously convicted criminal. The Home Office refused her case, citing evidence from a supposedly independent and authoritative document known as a country policy information note (CPIN), which they said confirmed that Morocco would be safe for her. But the document could not be found, although its existence was relied upon by a judge who rejected her appeal against the Home Office’s refusal decision in an immigration court known as the first-tier tribunal.
- A fundamental flaw leaves LLMs strikingly vulnerable to attack (technologyreview.com)
It makes it easy to trick them into doing things they shouldn’t, such as telling you how to sabotage an aircraft’s navigation system.
- Face aux derniers modèles d’IA, la Silicon Valley se déchire autour de la régulation de l’intelligence artificielle (humanite.fr)
- LinkedIn ajoute un bouton pour signaler des contenus « AI slop » (next.ink)
- Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires (next.ink)
- La vague anti-IA se retourne contre les patrons de la tech, qui craignent pour leur sécurité (courrierinternational.com)
Dans la Silicon Valley, les fleurons de l’intelligence artificielle font face à des menaces grandissantes, numériques, mais aussi physiques dans les bureaux ou au domicile des dirigeants.
- L’Indium Phosphide – encore un goulot d’étranglement invisible de l’IA (open.substack.com)
L’InP, c’est un symbole de notre foi aveugle dans l’innovation : on croit résoudre un problème (l’efficacité énergétique de l’IA) en en créant un autre (la dépendance aux matériaux critiques)
- South Korean Authorities Scrambling to Save Stock Market From AI Bubble (futurism.com)
The US and European stock markets might be numb to the enormity of the AI bubble at this point, but in East Asia it’s a different story.
Spécial Palestine, Liban et Israel
- Massive Attack visé par une enquête à Singapour après avoir brandi sur scène un drapeau de la Palestine (huffingtonpost.fr)
D’après la BBC, il est interdit d’afficher en public des emblèmes nationaux étrangers, tels que des drapeaux, sans autorisation. Les personnes qui ne respectent pas cette règle s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars singapouriens (soit environ 338 euros) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois.
- I was sentenced as a terrorist. Now my barrister is on trial for defending me (opendemocracy.net)
My lawyer faces jail over a speech to jurors – a first in English history – as state seeks to silence Palestine solidarity
- UN human rights chief says Israel must end occupation and house demolitions in Lebanon (apnews.com)
- Génocide à Gaza : Donald Trump annonce un accord sur le retrait des forces d’occupation israéliennes et le désarmement du Hamas (humanite.fr)
- “Les colons savent que c’est maintenant ou jamais” : comment une semaine de violences fait redouter un embrasement en Cisjordanie (franceinfo.fr)
- 50 organisations juives du monde entier soutiennent Francesca Albanese (ujfp.org)
Mme Albanese est la cible d’attaques incessantes de la part d’organisations motivées politiquement, telles que UN Watch, qui mènent des campagnes de diffamation virulentes pour la réduire au silence et saper son mandat en matière de droits humains. Ces organisations n’ont qu’un seul objectif : protéger le gouvernement israélien de toute critique internationale et de toute responsabilité juridique. Malheureusement, des représentants de certains gouvernements occidentaux ont apporté un soutien indéfectible à ces campagnes de diffamation, accusant Mme Albanese d’antisémitisme. Nous rejetons ces accusations, qui sont infondées et incitent de manière irresponsable à des attaques contre Mme Albanese, mettant potentiellement sa sécurité personnelle en danger.
- Karim Khan, procureur général de la CPI, démis de ses fonctions après des accusations d’agression sexuelle (lemonde.fr)
Le Britannique était visé par une procédure disciplinaire pour faute grave, liée à des accusations d’une collaboratrice. Cette décision survient au moment où la juridiction fait face à une pression croissante des Etats-Unis et d’Israël contre ses enquêtes sur les crimes commis dans les territoires palestiniens.
Spécial femmes dans le monde
- Et si le plus grand angle mort de la médecine moderne était la santé des femmes ? (slate.fr)
La périménopause, […] est par exemple peu documentée. Elle n’a fait son entrée dans le Larousse que cette année. La ménopause a, elle aussi, longtemps été traitée avec un mépris manifeste. Dans les années 1960, un médecin réputé de l’époque, Roger Wilson, allait jusqu’à qualifier de « vaches écervelées » les femmes ménopausées.
- En voiture, les ceintures de sécurité ne sont pas adaptées aux femmes enceintes et ce… depuis 50 ans. (huffingtonpost.fr)
- Sonita Muluh, une haltérophile belge, rate le titre mondial après un sabotage raciste revendiqué (huffingtonpost.fr)
Le pareur lituanien à l’origine du sabotage a été suspendu de ses fonctions à vie, après qu’il a revendiqué son acte raciste et proféré de nouvelles insultes.
- Jared Leto accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes dans un documentaire de la BBC (huffingtonpost.fr)
L’acteur américain se voit reprocher des « comportements sexuels délictueux » par quatre femmes. D’autres témoignages font état de comportements inappropriés vis-à-vis d’adolescentes.
RIP
Spécial France
- Nouvelle cyberattaque contre l’Éducation nationale : les données d’un grand nombre d’agents potentiellement dans la nature (clubic.com)
- « Nous sommes tous touchés » : la facturation électronique imposée dès le 1er septembre inquiète (basta.media)
Comment choisir une plateforme parmi 140 payantes ? La réforme de la facturation électronique concerne plus de dix millions d’entreprises, mais les craintes sont fortes chez beaucoup de petites structures paysannes ou artisanes, comme pour les auto-entreprises.
- La Société Générale affiche un bénéfice record six mois après un plan de suppression de postes massif (humanite.fr)
La Société Générale affiche, jeudi 30 juillet, un bénéfice net de 1,79 milliard d’euros pour son deuxième trimestre, du jamais-vu. La banque signe également un bénéfice record à l’échelle du semestre, à près de 3,5 milliards d’euros. En janvier dernier, le groupe annonçant la suppression de 1 800 postes en France.
- Amendes de 8,6 millions d’euros : le Conseil constitutionnel donne raison à l’île d’Oléron dans son contentieux avec Airbnb (humanite.fr)
Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 31 juillet, que le code des collectivités qui a valu des amendes à Airbnb, pour un total de 8,6 millions d’euros, est conforme à la Constitution.
- « La nouvelle canicule va encore accentuer la sécheresse déjà historique » : 80 % de la France connaît des restrictions d’eau (vert.eco)
- En pleine canicule, une pollution au fioul a causé la fermeture des sites de baignade de bras Marie et de Bercy, dans les 4e et 12e arrondissements de Paris. (huffingtonpost.fr)
- Canicule à Paris : sans abri le jour, sans place la nuit, des familles campent devant le Samusocial (reporterre.net)
Devant le bâtiment du Samusocial, dans le 13e arrondissement de Paris, quelque 200 personnes, dont plus de 100 enfants, occupent le parvis.
- « Que du macadam, pas d’arbres » : l’été infernal des gens du voyage près de Lille (reporterre.net)
Pour trouver l’aire d’accueil des gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, en périphérie de Lille, il ne faut pas suivre les panneaux routiers — inexistants — mais plutôt les camions toupie en route vers l’usine à béton. Là, coincée entre une concasserie de gravats et un grand champ de blé, se dresse un parking poussiéreux, sans un seul point ombragé.
- L’incendie de Fontainebleau a pu reprendre alors qu’il était « fixé » (huffingtonpost.fr)
Bilan de cette résurgence des flammes : « 6 hectares brûlés »
Voir aussi Incendies à Fontainebleau : sous terre, la forêt brûle toujours (reporterre.net)
- Incendie en Gironde : des obus de la Seconde Guerre mondiale ont explosé (reporterre.net)
Enterrés dans un champ calciné, à quelques mètres des habitations [du Porge], ils ont explosé sous l’effet de la chaleur au deuxième soir de l’incendie, dans la nuit du 23 au 24 juillet. L’un d’eux a même perforé le mur d’une maison évacuée.[…] Depuis, 75 obus ont été retrouvés, venus d’un dépôt de munitions oublié datant de la Seconde Guerre mondiale, selon la municipalité.
- “Le Porge a été sacrifié” : un collectif d’habitant·es de cette commune de Gironde se constitue en vue d’une action judiciaire, après l’incendie qui a ravagé leurs maisons (franceinfo.fr)
Ces habitant·es soutiennent que la commune a été abandonnée face au feu, avec un résultat catastrophique puisque près de 200 maisons ont été détruites.
Voir aussi “On n’y voit rien, c’est l’apocalypse” : on vous raconte les 48 heures qui ont ravagé la commune du Porge, anéantie par l’incendie en Gironde (franceinfo.fr)
- Le “Robinson” du Cap-Ferret et les ostréiculteurs organisent la résistance face aux incendies : entre pare-feu controversé et sauvetage des huîtres en Gironde (france3-regions.franceinfo.fr)
Au Cap-Ferret, menacé par les violents incendies en Gironde, l’homme d’affaires Benoît Bartherotte et des ostréiculteurs ont refusé d’évacuer pour protéger la presqu’île. Pendant que le premier érige un pare-feu controversé, les seconds se battent pour sauver leurs huîtres et leur outil de travail.
- En Gironde, des bénévoles au secours des animaux (reporterre.net)
- « Pas de fusil sur les cendres » : une pétition pour interdire la chasse dans les forêts brûlées dépasse les 340 000 signatures (leparisien.fr)
- Les feux de forêt menacent‑ils les installations gazières ? (theconversation.com)
- Fumées, cendres et sidération : Bordeaux suffoque sous l’incendie de Gironde (reporterre.net)

- Toux, crises d’asthme, irritations de la peau : quel sont les risques des fumées des incendies ? (reporterre.net)
- Incendies en Gironde : la logistique au cœur de l’évacuation massive d’une population (theconversation.com)
- Les Landes en flammes : la monoculture de pins transforme la forêt en boîte d’allumettes et aggrave les incendies (lareleveetlapeste.fr)
- Pâturer contre les incendies ? La filière pastorale doit se structurer pour réinvestir les friches agricoles (madeinperpignan.com)
- Le Var replonge dans « l’enfer » des flammes avec un nouveau feu important, renforcé par le mistral (huffingtonpost.fr)
La préfecture a annoncé l’évacuation de près de 2 500 personnes de plusieurs communes du département ce vendredi.
- Pourquoi les incendies ne sont pas considérés comme catastrophe naturelle malgré les milliers d’hectares brûlés (huffingtonpost.fr)
Aux yeux des assureurs, un feu de forêt ne coche pas les cases de la garantie Cat-Nat, le régime d’indemnisation des dommages majeurs causés par un événement naturel.
RIP
- La mort de Kavinsky est un choc pour la scène musicale électro (et bien au-delà) (huffingtonpost.fr)
Connu pour ses tubes Nightcall, Roadgame, Testarossa Autodrive ou Rampage, Kavinsky a marqué toute une génération d’artistes, notamment ceux de la French Touch avec qui il collaborait régulièrement. L’annonce de sa disparition soudaine, trois jours avant son 51e anniversaire, a donc été vécue comme un choc dans le monde de la musique électro, mais pas uniquement.
- On l’oublie parfois, mais Kavinsky s’était aussi offert un passage inoubliable au cinéma (huffingtonpost.fr)
C’était il y a maintenant 20 ans dans « Steak », une comédie loufoque avec Éric et Ramzy signée Quentin Dupieux, l’un de ses meilleurs amis.
Spécial femmes en France
- Délais « incroyables », discriminations persistantes : le bilan très mitigé de la PMA pour toutes (basta.media)
L’ouverture de l’assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes et les femmes seules fête ses cinq ans. Entre les délais d’attente, les inégalités d’accès et les discriminations persistantes, associations et professionnels de santé dressent un bilan très critique.
- « Grosse salope » : le président de la FDSEA de l’Oise insulte Marine Tondelier (courrier-picard.fr)
Sur sa page Facebook privée, le président du syndicat agricole de l’Oise Régis Desrumaux a violemment attaqué Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts, suite au vote de la loi d’urgence agricole.
Voir aussi « Force à toutes les ‘’grosses salopes’’ et à toutes les ‘’sales connes’’ » : Marine Tondelier riposte après l’insulte sexiste d’un membre de la FNSEA (humanite.fr)
Marine Tondelier exige « des excuses publiques » de la part d’un responsable de la FDSEA de l’Oise qui a fini par s’exécuter après l’avoir insulté de « grosse salope » sur Facebook. Si la patronne des Écologistes a reçu le soutien unanime des élus de gauche, cet événement met de nouveau en lumière le sexisme en politique.
- « Ferme ta chatte », « sale pute », « chienne » : la révolte de deux collégiennes contre le masculinisme en classe (streetpress.com)
- Patrick Bruel visé par deux nouvelles plaintes, on vous récapitule les affaires le concernant (huffingtonpost.fr)
Le chanteur de 67 ans est visé par deux nouvelles plaintes, l’une pour viol, l’autre pour agression sexuelle. Les faits dénoncés remontent à 1994 et 2005.
- Business du trauma : enquête sur les dérives des « coachs » pour femmes victimes de violences conjugales (medfeminiswiya.net)
Derrière les promesses de « sororité » et de « reconstruction », se cachent parfois des structures qui s’apparentent à des organisations pyramidales. Dans le sud-ouest de la France ou en région parisienne, des réseaux de coaching attirent les victimes de violences conjugales via des stratégies dignes des plus agressives écoles de commerce.
Spécial médias et pouvoir
- Xenia Fedorova bientôt expulsée par la France ? Canal+ dénonce une atteinte à la liberté d’expression (huffingtonpost.fr)
La journaliste russe, accusée d’être en France une « propagandiste » du Kremlin, est visée par un arrêté d’expulsion.
- Le journaliste Jean Quatremer quitte « Libération » et rejoint « Marianne » (lemonde.fr) – voir aussi « Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux » : Jean Quatremer quitte « Libération » (lepoint.fr)
« L’islamo-gauchisme et le wokisme ont gagné » […] « Je défends l’idée qu’Israël est une démocratie. Je constate que les preuves d’un génocide à Gaza restent introuvables. Je pense qu’on peut parler sans détour d’un antisémitisme musulman. »

- CNews sanctionné à hauteur de 200 000 euros après des séquences sur le voile et l’immigration (huffingtonpost.fr)
Les deux séquences remontent à 2025. Les propos d’Erik Tegnér, fondateur du média identitaire « Frontières », sont notamment pointés du doigt.
- Challenges racheté par LVMH : le Conseil d’État déboute RSF et des syndicats de journalistes (mesinfos.fr)

- Agacés par le comportement de journalistes couvrant les incendies en Gironde, les pompiers les mettent en garde (huffingtonpost.fr)
Les pompiers ont rappelé le danger et la perte de temps engendrés par l’absence de respect des consignes de sécurité.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- La France sous les flammes : la faillite criminelle du néolibéralisme (reporterre.net)
- Pendant que la France brûle la réforme des pompiers attend toujours (lareleveetlapeste.fr)
- Des crédits destinés à l’achat de deux canadairs ont bien été annulés sous le gouvernement Attal (defacto-observatoire.fr) – voir aussi Méga-feux en Gironde : Derrière Thomas Cazenave, la responsabilité accablante des artisans de l’austérité (revolutionpermanente.fr)
- Mégafeux : les start-up dopées à l’IA à l’assaut des incendies (france24.com)

- « On a signé pour aller au charbon, pas à l’échafaud » : les pompiers asphyxiés par les fumées des incendies (reporterre.net)
« La seule solution qu’on nous offre, ce sont des masques FFP2, en quantité limitée, et qui ne sont pas résistants au feu » […] Pourtant, il existe bien de nouvelles cagoules, filtrantes celles-ci, qui ont été intégrées depuis 2019 dans le référentiel technique de la Direction générale de la sécurité civile
- « Emmanuel Macron a entubé tout le monde » : le paléoclimatologue et ancien président du GIEC Jean Jouzel dresse un cinglant bilan écologique du président. (sudouest.fr)

- Loi d’urgence agricole : pourquoi la droite et le centre ne lâchent rien sur les néonicotinoïdes et le stockage de l’eau (theconversation.com)
Pour nombre d’observateurs, [la FNSEA] a perdu une partie de sa capacité d’influence politique. Mais c’est justement dans ce contexte qu’il devient essentiel pour le syndicat de l’agro-industrie de renforcer ses appuis politiques, en particulier issus de la droite traditionnelle, son alliée historique.
- Avec la loi d’urgence agricole, la France contrevient au droit international sur les zones humides (theconversation.com)
La promulgation de cette loi est désormais suspendue, depuis le 24 juillet 2026, à la saisine du Conseil constitutionnel entreprise par plusieurs député·es « insoumis » et écologistes.
- Pourquoi Total ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France (open.substack.com)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- L’instrumentalisation de la situation à Ceuta vire à la caricature, de l’extrême droite à la macronie (huffingtonpost.fr)
Ces derniers jours, environ 40 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta.Ils n’auraient pas pu réagir plus vite. Pour servir leur discours, de nombreux dirigeants politiques français, à droite, à l’extrême droite, mais également chez les macronistes, sautent sur les vidéos en provenance de Ceuta
- Némésis se prend (encore) les pieds dans les statistiques de l’insécurité (lessurligneurs.eu)
- « C’est un carnage » : ces nouveaux maires d’extrême droite s’acharnent contre des projets écolos (reporterre.net)
Jardins, écoquartiers, ferme municipale… Une fois élus, les maires d’extrême droite ne s’attaquent pas qu’à la culture et aux syndicats. Ils sabotent aussi des projets écologiques.
- Mulhouse : un homme condamné à trois mois de prison avec sursis pour un salut nazi (ici.fr)
Un homme de 28 ans a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir fait ce geste en marge de la manifestation du 8 mars pour le droit des femmes. Il était jugé pour apologie de crime ou de délit. […] cet homme avait été candidat aux élections municipales à Mulhouse sur la liste du parti d’extrême-droite Reconquête
- Aymeric Lompret dénonce les « violences » de CRS à une fête en marge du festival « Chalon dans la rue » (huffingtonpost.fr)
« Le dernier jour du festival, une fête tolérée a été organisée par le collectif [La Méandre] dans leurs locaux. On y était nombreux.ses et c’était super. Jusqu’à ce que la police puis 15 camions de CRS nous rejoignent et là c’était carrément moins festif »
Spécial résistances
- Face aux risques d’incendie, trois associations s’opposent à un projet de data center (next.ink)
les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau.
- « Se compter pour peser » : l’opération citoyenne lancée par l’Affaire du siècle franchit la barre des 100 000 sinistrés climatiques (vert.eco)
Deux semaines après son lancement, la plateforme de recensement de victimes directes du changement climatique rassemble 105 000 personnes et plus de 30 000 témoignages. Son objectif : que « l’État regarde leurs réalités et agisse ».
- « Cette décision constitue un désaveu cinglant pour l’État » : Bassines, non merci salue le jugement qui ordonne la destruction de quatre bassines (lanouvellerepublique.fr)
Le tribunal administratif de Poitiers a ordonné le démantèlement de quatre réserves d’eau illégales à la lisière des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Une décision qualifiée d’historique par BNM.
- « C’est écrit noir sur blanc » : À Jouy, les tilleuls de la gare sauvés, la victoire au bout du combat citoyen (le28.tv)
Après une semaine de blocage, de nuits passées dans la canopée et de vives tensions, la mobilisation a payé. Ce mercredi 22 juillet, le maire de Jouy a officiellement signé un arrêté municipal garantissant la conservation et la protection des six tilleuls centenaires. Au pied des arbres, l’heure est à la fête et au bilan d’une lutte exemplaire.
- « Savourons cette victoire » : la serre géante Tropicalia ne verra pas le jour dans le Pas-de-Calais (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Palantir Watch / They watch everyone. We watch them. (palantirwatch.org)
- How to disable or avoid intrusive AI (NotoAI.org)

- Manuel pour démasquer un·e flic infiltré·e (notrace.how)
Spécial MAGAM et cie
- Amazon contre la bibliodiversité (lagedefaire-lejournal.fr)
Le géant Amazon profite de sa position dominante pour peser de tout son poids sur chaque maillon de la chaîne du livre. Ou comment la vente en ligne peut mettre en péril la « bibliodiversité ».
- Amazon s’est installé en catimini… Les habitants l’ont appris après le début des travaux (reporterre.net)
- Fini WhatsApp : la France choisit sa propre messagerie et veut convertir l’Europe (01net.com)
Alors que Tchap est devenue la messagerie sécurisée de référence de l’État, la France cherche désormais à étendre sa stratégie de souveraineté numérique à l’échelle européenne en promouvant le protocole Matrix auprès d’autres pays.
- Infomaniak annonce son projet de cotation en bourse suisse (news.infomaniak.com)
Les autres lectures de la semaine
- Justice, médias, sciences sociales… Qui décide de l’existence d’un “racisme anti-Blanc” ? (histoirescrepues.fr)
Alors que la justice a retenu la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Thomas à Crépol, le racisme anti-Blanc s’invite à nouveau dans le débat public.
- Écologie et féminisme : même combat pour le vivant (lesnouvellesnews.fr)
Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l’actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation
- Défoncer la finance néolibérale : innover sans les « marchés », ou l’IA autrement (blog.mondediplo.net)
- Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique (ledevoir.com)
la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance […] Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé.
- Argentine : 50 ans après le coup d’État militaire, quel héritage de la dictature ? (contretemps.eu)
En Argentine, la dictature n’a pas seulement imposé la terreur et le néolibéralisme : elle a également laissé une empreinte durable sur la façon dont le camp populaire pense la démocratie
- An interactive introduction to the terrific experience of rendering Arabic typography and its technical debt (lr0.org)
- An Uncomplicated Man (lrb.co.uk)
Unlike some of Nolan’s other films, The Odyssey is not boring, thanks to the source material, which is impossible to mess up entirely. It’s a family-friendly audiovisual spectacle, like an elaborate Fourth of July fireworks display – and with about the same level of narrative and emotional depth.
- Not just Neanderthals : Ghost lineage in Africa left its mark on our DNA (arstechnica.com) Some group with no modern descendants contributed a lot to our genomes.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Tout va bien
- Expert
- Soutien
- Fidélité
- Prédire
- Urgence
- Renforts
- Canadair
- RN
- Votes

- Mesure
- Extrême
- Plainte
- Pluralisme
- Gloubi
- Exist
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Les incendies sont politiques (tube.fdn.fr)
- Tous les six mois, cet îlot passe de la France à l’Espagne… et inversement (france24.com)
Depuis plus d’un siècle, la France et l’Espagne se partagent l’administration de l’île des Faisans, un petit bout de terre posé au milieu de la Bidassoa. Du 1er août au 31 janvier, le plus petit condominium au monde est français, et le reste du temps, il est espagnol
- Soudan, la guerre oubliée : massacres, géopolitique, famine (video.davduf.net)
- Herculine-Abel Barbin ou les souffrances d’un·e intersexe (radiofrance.fr)
- Le vélo est-il un “sport de blancs” ? (humanite.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- La Ville de Blois résiste à l’obsolescence programmée dans les écoles (blois.fr)
Face à l’annonce irresponsable de Microsoft de ne plus mettre à jour son système d’exploitation Windows 10, qui va rendre obsolète plus de 400 millions d’ordinateurs dans le monde, la Ville a décidé de convertir progressivement les ordinateurs qu’elle fournit aux écoles sous Linux, le système d’exploitation libre et gratuit. Une expérimentation est ainsi menée dans trois écoles élémentaires. Une opportunité éducative mais aussi environnementale qui prolongera la durée de vie des ordinateurs.
- Wiki-news : six recommandations pour une société des communs ; Wikimania à Paris (zdnet.fr)
- « Elle lance une communauté de vélo 100 % féminine à Dijon : “on a le même niveau, on peut rouler ensemble” (france3-regions.franceinfo.fr)
- Précieux allié contre les incendies, le castor est de retour dans les rivières françaises (reporterre.net)
« Le castor est un véritable ingénieur de son écosystème. S’il constate que le niveau du cours d’eau baisse, notamment lors des sécheresses, il construit des barrages, qui retiennent l’eau. Il participe aussi à la stabilisation des berges en faisant tomber les grands arbres tout en conservant leurs systèmes racinaires »
- Étonnée par les cheveux des statues romaines, une coiffeuse résout un vieux mystère archéologique (slate.fr)
La coiffeuse Janet Stephens a corrigé une erreur de longue date dans l’interprétation des sculptures romaines. Pour faire tenir les cheveux, il fallait en fait une aiguille et du fil.
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Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
02.08.2026 à 10:00
IA, la grande escroquerie
Texte intégral (9083 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 04 septembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Emily Bender et Alex Hanna publient The AI con, « L’escroquerie de l’IA ». Une synthèse très documentée qui nous invite à lutter contre le monde que nous proposent les géants de l’IA. Lecture.
L’arnaque de l’IA est le titre d’un essai que signent la linguiste Emily Bender et la sociologue Alex Hanna : The AI con : how to fight big tech’s hype and create the future we want (HarperCollins, 2025, non traduit). Emily Bender est professeure de linguistique à l’université de Washington. Elle fait partie des 100 personnalités de l’IA distinguées par le Time en 2023. Elle est surtout connue pour être l’une des co-auteure avec Timnit Gebru, Angelina McMillan-Major et Margaret Mitchell du fameux article sur les Perroquets stochastiques, critique du développement des grands modèles de langage (voir l’interview du Monde avec Emily Bender). Alex Hanna, elle, est sociologue. Elle est la directrice de la recherche de DAIR, Distributed AI Research Institut. Les deux chercheuses publient également une newsletter commune et un podcast éponyme, « Mystery AI Hype Theater 3000 », où elles discutent avec nombre de chercheurs du domaine.
AI con pourrait paraître comme un brûlot technocritique, mais il est plutôt une synthèse très documentée de ce qu’est l’IA et de ce qu’elle n’est pas. L’IA est une escroquerie, expliquent les autrices, un moyen que certains acteurs ont trouvé “pour faire les poches de tous les autres”. « Quelques acteurs majeurs bien placés se sont positionnés pour accumuler des richesses importantes en extrayant de la valeur du travail créatif, des données personnelles ou du travail d’autres personnes et en remplaçant des services de qualité par des fac-similés ». Pour elles, l’IA tient bien plus d’une pseudo-technologie qu’autre chose.
L’escroquerie tient surtout dans le discours que ces acteurs tiennent, le battage médiatique, la hype qu’ils entretiennent, les propos qu’ils disséminent pour entretenir la frénésie autour de leurs outils et services. Le cadrage que les promoteurs de l’IA proposent leur permet de faire croire en leur puissance tout en invisibilisant ce que l’IA fait vraiment : « menacer les carrières stables et les remplacer par du travail à la tâche, réduire le personnel, déprécier les services sociaux et dégrader la créativité humaine ».
L’IA n’est rien d’autre que du marketing
Bender et Hanna nous le rappellent avec force. « L’intelligence artificielle est un terme marketing ». L’IA ne se réfère pas à un ensemble cohérent de technologies. « L’IA permet de faire croire à ceux à qui on la vend que la technologie que l’on vend est similaire à l’humain, qu’elle serait capable de faire ce qui en fait, nécessite intrinsèquement le jugement, la perception ou la créativité humaine ». Les calculatrices sont bien meilleures que les humains pour l’arithmétique, on ne les vend pas pour autant comme de l’IA.
L’IA sert à automatiser les décisions, à classifier, à recommander, à traduire et transcrire et à générer des textes ou des images. Toutes ces différentes fonctions assemblées sous le terme d’IA créent l’illusion d’une technologie intelligente, magique, qui permet de produire de l’acceptation autour de l’automatisation quelles que soient ses conséquences, par exemple dans le domaine de l’aide sociale. Le battage médiatique, la hype, est également un élément important, car c’est elle qui conduit l’investissement dans ces technologies, qui explique l’engouement pour cet ensemble de méthodes statistiques appelé à changer le monde. « La fonction commerciale de la hype technologique est de booster la vente de produits ». Altman et ses confrères ne sont que des publicitaires qui connectent leurs objectifs commerciaux avec les imaginaires machiniques. Et la hype de l’IA nous promet une vie facile où les machines prendront notre place, feront le travail difficile et répétitif à notre place.
En 1956, quand John McCarthy et Marvin Minsky organisent un atelier au Dartmouth College pour discuter de méthodes pour créer des machines pensantes, le terme d’IA s’impose, notamment pour exclure Norbert Wiener, le pionnier, qui parle lui de cybernétique, estiment les chercheuses. Le terme d’intelligence artificielle va servir pour désigner des outils pour le guidage de systèmes militaires, afin d’attirer des investissements dans le contexte de la guerre froide. Dès le début, la « discipline » repose donc sur de grandes prétentions sans grande caution scientifique, de mauvaises pratiques de citation scientifiques et des objectifs fluctuants pour justifier les projets et attirer les investissements, expliquent Bender et Hanna. Des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui. Dès le début, les promoteurs de l’IA vont soutenir que les ordinateurs peuvent égaler les capacités humaines, notamment en estimant que les capacités humaines ne sont pas si complexes.
Des outils de manipulation… sans entraves
L’une des premières grande réalisation du domaine est le chatbot Eliza de Joseph Weizenbaum, nommée ainsi en référence à Eliza Doolittle, l’héroïne de Pygmalion, la pièce de George Bernard Shaw. Eliza Doolittle est la petite fleuriste prolétaire qui apprend à imiter le discours de la classe supérieure. Derrière ce nom très symbolique, le chatbot est conçu comme un psychothérapeute capable de soutenir une conversation avec son interlocuteur en lui renvoyant sans cesse des questions depuis les termes que son interlocuteur emploie. Weizenbaum était convaincu qu’en montrant le fonctionnement très basique et très trompeur d’Eliza, il permettrait aux utilisateurs de comprendre qu’on ne pouvait pas compatir à ses réponses. C’est l’inverse qui se produisit pourtant. Tout mécanique qu’était Eliza, Weizenbaum a été surpris de l’empathie générée par son tour de passe-passe, comme l’expliquait Ben Tarnoff. Eliza n’en sonne pas moins l’entrée dans l’âge de l’IA. Son créateur, lui, passera le reste de sa vie à être très critique de l’IA, d’abord en s’inquiétant de ses effets sur les gens. Eliza montrait que le principe d’imitation de l’humain se révélait particulièrement délétère, notamment en trompant émotionnellement ses interlocuteurs, ceux-ci interprétant les réponses comme s’ils étaient écoutés par cette machine. Dès l’origine, donc, rappellent Bender et Hanna, l’IA est une discipline de manipulation sans entrave biberonnée aux investissements publics et à la spéculation privée.
Bien sûr, il y a des applications de l’IA bien testées et utiles, conviennent-elles. Les correcteurs orthographiques par exemple ou les systèmes d’aide à la détection d’anomalies d’images médicales. Mais, en quelques années, l’IA est devenue la solution à toutes les activités humaines. Pourtant, toutes, mêmes les plus accomplies, comme les correcteurs orthographiques ou les systèmes d’images médicales ont des défaillances. Et leurs défaillances sont encore plus vives quand les outils sont imbriqués à d’autres et quand leurs applications vont au-delà des limites de leurs champs d’application pour lesquels elles fonctionnent bien. Dans leur livre, Bender et Hanna multiplient les exemples de défaillances, comme celles que nous évoquons en continu ici, Dans les algorithmes.
Ces défaillances dont la presse et la recherche se font souvent les échos ont des points communs. Toutes reposent sur des gens qui nous survendent les systèmes d’automatisation comme les très versatiles « machines à extruder du texte » – c’est ainsi que Bender et Hanna parlent des chatbots, les comparant implicitement à des imprimantes 3D censées imprimer, plus ou moins fidèlement, du texte depuis tous les textes, censées extruder du sens ou plutôt nous le faire croire, comme Eliza nous faisait croire en sa conscience, alors qu’elle ne faisait que berner ses utilisateurs. C’est bien plus nous que ces outils qui sommes capables de mettre du sens là où il n’y en a pas. Comme si ces outils n’étaient finalement que des moteurs à produire des paréidolies, des apophénies, c’est-à-dire du sens, des causalités, là où il n’y en a aucune. « L’IA n’est pas consciente : elle ne va pas rendre votre travail plus facile et les médecins IA ne soigneront aucun de vos maux ». Mais proclamer que l’IA est ou sera consciente produit surtout des effets sur le corps social, comme Eliza produit des effets sur ses utilisateurs. Malgré ce que promet la hype, l’IA risque bien plus de rendre votre travail plus difficile et de réduire la qualité des soins. « La hype n’arrive pas par accident. Elle remplit une fonction : nous effrayer et promettre aux décideurs et aux entrepreneurs de continuer à se remplir les poches ».
Déconstruire l’emballement
Dans leur livre, Bender et Hanna déconstruisent l’emballement. En rappelant d’abord que ces machines ne sont ni conscientes ni intelligentes. L’IA n’est que le résultat d’un traitement statistique à très grande échelle, comme l’expliquait Kate Crawford dans son Contre-Atlas de l’intelligence artificielle. Pourtant, dès les années 50, Minsky promettait déjà la simulation de la conscience. Mais cette promesse, cette fiction, ne sert que ceux qui ont quelque chose à vendre. Cette fiction de la conscience ne sert qu’à dévaluer la nôtre. Les « réseaux neuronaux » sont un terme fallacieux, qui vient du fait que ces premières machines s’inspiraient de ce qu’on croyait savoir du fonctionnement des neurones du cerveau humain dans les années 40. Or, ces systèmes ne font que prédire statistiquement le mot suivant dans leurs données de références. ChatGPT n’est rien d’autre qu’une « saisie automatique améliorée ». Or, comme le rappelle l’effet Eliza, quand nous sommes confrontés à du texte ou à des signes, nous l’interprétons automatiquement. Les bébés n’apprennent pas le langage par une exposition passive et isolée, rappelle la linguiste. Nous apprenons le langage par l’attention partagée avec autrui, par l’intersubjectivité. C’est seulement après avoir appris un langage en face à face que nous pouvons l’utiliser pour comprendre les autres artefacts linguistiques, comme l’écriture. Mais nous continuons d’appliquer la même technique de compréhension : « nous imaginons l’esprit derrière le texte ». Les LLM n’ont ni subjectivité ni intersubjectivité. Le fait qu’ils soient modélisés pour produire et distribuer des mots dans du texte ne signifie pas qu’ils aient accès au sens ou à une quelconque intention. Ils ne produisent que du texte synthétique plausible. ChatGPT n’est qu’une machine à extruder du texte, « comme un processus industriel extrude du plastique ». Leur fonction est une fonction de production… voire de surproduction.
Les promoteurs de l’IA ne cessent de répéter que leurs machines approchent de la conscience ou que les êtres humains, eux aussi, ne seraient que des perroquets stochastiques. Nous ne serions que des versions organiques des machines et nous devrions échanger avec elles comme si elles étaient des compagnons ou des amis. Dans cet argumentaire, les humains sont réduits à des machines. Weizenbaum estimait pourtant que les machines resserrent plutôt qu’élargissent notre humanité en nous conduisant à croire que nous serions comme elles. « En confiant tant de décisions aux ordinateurs, pensait-il, nous avions créé un monde plus inégal et moins rationnel, dans lequel la richesse de la raison humaine avait été réduite à des routines insensées de code », rappelle Tarnoff. L’informatique réduit les gens et leur expérience à des données. Les promoteurs de l’IA passent leur temps à dévaluer ce que signifie être humain, comme l’ont montré les critiques de celles qui, parce que femmes, personnes trans ou de couleurs, ne sont pas toujours considérées comme des humains, comme celles de Joy Buolamnwini, Timnit Gebru, Sasha Costanza-Chock ou Ruha Benjamin. Cette manière de dévaluer l’humain par la machine, d’évaluer la machine selon sa capacité à résoudre les problèmes n’est pas sans rappeler les dérives de la mesure de l’intelligence et ses délires racistes. La mesure de l’intelligence a toujours été utilisée pour justifier les inégalités de classe, de genre, de race. Et le délire sur l’intelligence des machines ne fait que les renouveler. D’autant que ce mouvement vers l’IA comme industrie est instrumenté par des millionnaires tous problématiques, de Musk à Thiel en passant par Altman ou Andreessen… tous promoteurs de l’eugénisme, tous ultraconservateurs quand ce n’est pas ouvertement fascistes. Bender et Hanna égrènent à leur tour nombre d’exemples des propos problématiques des entrepreneurs et financiers de l’IA. L’IA est un projet politique porté par des gens qui n’ont rien à faire de la démocratie parce qu’elle dessert leurs intérêts et qui tentent de nous convaincre que la rationalité qu’ils portent serait celle dont nous aurions besoin, oubliant de nous rappeler que leur vision du monde est profondément orientée par leurs intérêts – je vous renvoie au livre de Thibault Prévost, Les prophètes de l’IA, qui dit de manière plus politique encore que Bender et Hanna, les dérives idéologiques des grands acteurs de la tech.
De l’automatisation à l’IA : dévaluer le travail
L’IA se déploie partout avec la même promesse, celle qu’elle va améliorer la productivité, quand elle propose d’abord « de remplacer le travail par la technologie ». « L’IA ne va pas prendre votre job. Mais elle va rendre votre travail plus merdique », expliquent les chercheuses. « L’IA est déployée pour dévaluer le travail en menaçant les travailleurs par la technologie qui est supposée faire leur travail à une fraction de son coût ».
En vérité, aucun de ces outils ne fonctionnerait s’ils ne tiraient pas profits de contenus produits par d’autres et s’ils n’exploitaient pas une force de travail massive et sous payée à l’autre bout du monde. L’IA ne propose que de remplacer les emplois et les carrières que nous pouvons bâtir, par du travail à la tâche. L’IA ne propose que de remplacer les travailleurs de la création par des « babysitters de machines synthétiques ».
L’automatisation et la lutte contre l’automatisation par les travailleurs n’est pas nouvelle, rappellent les chercheuses. L’innovation technologique a toujours promis de rendre le travail plus facile et plus simple en augmentant la productivité. Mais ces promesses ne sont que « des fictions dont la fonction ne consiste qu’à vendre de la technologie. L’automatisation a toujours fait partie d’une stratégie plus vaste visant à transférer les coûts sur les travailleurs et à accumuler des richesses pour ceux qui contrôlent les machines. »
Ceux qui s’opposent à l’automatisation ne sont pas de simples Luddites qui refuseraient le progrès (ceux-ci d’ailleurs n’étaient pas opposés à la technologie et à l’innovation, comme on les présente trop souvent, mais bien plus opposés à la façon dont les propriétaires d’usines utilisaient la technologie pour les transformer, d’artisans en ouvriers, avec des salaires de misères, pour produire des produits de moins bonnes qualités et imposer des conditions de travail punitives, comme l’expliquent Brian Merchant dans son livre, Blood in the Machine ou Gavin Mueller dans Breaking things at work. L’introduction des machines dans le secteur de la confection au début du XIXe siècle au Royaume-Uni a réduit le besoin de travailleurs de 75 %. Ceux qui sont entrés dans l’industrie ont été confrontés à des conditions de travail épouvantables où les blessures étaient monnaies courantes. Les Luddites étaient bien plus opposés aux conditions de travail de contrôle et de coercition qui se mettaient en place qu’opposés au déploiement des machines), mais d’abord des gens concernés par la dégradation de leur santé, de leur travail et de leur mode de vie.
L’automatisation pourtant va surtout exploser avec le 20e siècle, notamment dans l’industrie automobile. Chez Ford, elle devient très tôt une stratégie. Si l’on se souvient de Ford pour avoir offert de bonnes conditions de rémunération à ses employés (afin qu’ils puissent s’acheter les voitures qu’ils produisaient), il faut rappeler que les conditions de travail étaient tout autant épouvantables et punitives que dans les usines de la confection du début du XIXe siècle. L’automatisation a toujours été associée à la fois au chômage et au surtravail, rappellent les chercheuses. Les machines de minage, introduites dès les années 50 dans les mines, permettaient d’employer 3 fois moins de personnes et étaient particulièrement meurtrières. Aujourd’hui, la surveillance qu’Amazon produit dans ses entrepôts vise à contrôler la vitesse d’exécution et cause elle aussi blessures et stress. L’IA n’est que la poursuite de cette longue tradition de l’industrie à chercher des moyens pour remplacer le travail par des machines, renforcer les contraintes et dégrader les conditions de travail au nom de la productivité.
D’ailleurs, rappellent les chercheuses, quatre mois après la sortie de ChatGPT, les chercheurs d’OpenAI ont publié un rapport assez peu fiable sur l’impact du chatbot sur le marché du travail. Mais OpenAI, comme tous les grands automatiseurs, a vu très tôt son intérêt à promouvoir l’automatisation comme un job killer. C’est le cas également des cabinets de conseils qui vendent aux entreprises des modalités pour réaliser des économies et améliorer les profits, et qui ont également produit des rapports en ce sens. Le remplacement par la technologie est un mythe persistant qui n’a pas besoin d’être réel pour avoir des impacts.
Plus qu’un remplacement par l’IA, cette technologie propose d’abord de dégrader nos conditions de travail. Les scénaristes sont payés moins cher pour réécrire un script que pour en écrire un, tout comme les traducteurs sont payés moins cher pour traduire ce qui a été prémâché par l’IA. Pas étonnant alors que de nombreux collectifs s’opposent à leurs déploiements, à l’image des actions du collectif Safe Street Rebel de San Francisco contre les robots taxis et des attaques (récurrentes) contre les voitures autonomes. Les frustrations se nourrissent des « choses dont nous n’avons pas besoin qui remplissent nos rues, comme des contenus que nous ne voulons pas qui remplissent le web, comme des outils de travail qui s’imposent à nous alors qu’ils ne fonctionnent pas ». Les exemples sont nombreux, à l’image des travailleurs de l’association américaine de lutte contre les désordres alimentaires qui ont été remplacés, un temps, par un chatbot, deux semaines après s’être syndiqués. Un chatbot qui a dû être rapidement retiré, puisqu’il conseillait n’importe quoi à ceux qui tentaient de trouver de l’aide. « Tenter de remplacer le travail par des systèmes d’IA ne consiste pas à faire plus avec moins, mais juste moins pour plus de préjudices » – et plus de bénéfices pour leurs promoteurs. Dans la mode, les mannequins virtuels permettent de créer un semblant de diversité, alors qu’en réalité, ils réduisent les opportunités des mannequins issus de la diversité.
Babysitter les IA : l’exploitation est la norme
Dans cette perspective, le travail avec l’IA consiste de plus en plus à corriger leurs erreurs, à nettoyer, à être les babysitters de l’IA. Des babysitters de plus en plus invisibilisés. Les robotaxis autonomes de Cruise sont monitorés et contrôlés à distance. Tous les outils d’IA ont recours à un travail caché, invisible, externalisé. Et ce dès l’origine, puisqu’ImageNet, le projet fondateur de l’IA qui consistait à labelliser des images pour servir à l’entraînement des machines n’aurait pas été possible sans l’usage du service Mechanical Turk d’Amazon. 50 000 travailleurs depuis 167 pays ont été mobilisés pour créer le dataset qui a permis à l’IA de décoller. « Le modèle d’ImageNet consistant à exploiter des travailleurs à la tâche tout autour du monde est devenue une norme industrielle du secteur« . Aujourd’hui encore, le recours aux travailleurs du clic est persistant, notamment pour la correction des IA. Et les industries de l’IA profitent d’abord et avant tout l’absence de protection des travailleurs qu’ils exploitent.
Pas étonnant donc que les travailleurs tentent de répondre et de s’organiser, à l’image des scénaristes et des acteurs d’Hollywood et de leur 148 jours de grève. Mais toutes les professions ne sont pas aussi bien organisées. D’autres tentent d’autres méthodes, comme les outils des artistes visuels, Glaze et Nightshade, pour protéger leurs créations. Les travailleurs du clic eux aussi s’organisent, par exemple via l’African Content Moderators Union.
“Quand les services publics se tournent vers des solutions automatisées, c’est bien plus pour se décharger de leurs responsabilités que pour améliorer leurs réponses”
L’escroquerie de l’IA se développe également dans les services sociaux. Sous prétexte d’austérité, les solutions automatisées sont partout envisagées comme « la seule voie à suivre pour les services gouvernementaux à court d’argent ». L’accès aux services sociaux est remplacé par des « contrefaçons bon marchés » pour ceux qui ne peuvent pas se payer les services de vrais professionnels. Ce qui est surtout un moyen d’élargir les inégalités au détriment de ceux qui sont déjà marginalisés. Bien sûr, les auteurs font référence ici à des sources que nous avons déjà mobilisés, notamment Virginia Eubanks. « L’automatisation dans le domaine du social au nom de l’efficacité ne rend les autorités efficaces que pour nuire aux plus démunis » . C’est par exemple le cas de la détention préventive. En 2024, 500 000 américains sont en prison parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs cautions. Pour remédier à cela, plusieurs États ont recours à des solutions algorithmiques pour évaluer le risque de récidive sans résoudre le problème, au contraire, puisque ces calculs ont surtout servi à accabler les plus démunis. À nouveau, « l’automatisation partout vise bien plus à abdiquer la gouvernance qu’à l’améliorer ».
“De partout, quand les services publics se tournent vers des solutions automatisées, c’est bien plus pour se décharger de leurs responsabilités que pour améliorer leurs réponses”, constatent, désabusées, Bender et Hanna. Et ce n’est pas qu’une caractéristique des autorités républicaines, se lamentent les chercheuses. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de la Californie démultiplie les projets d’IA générative, par exemple pour adresser le problème des populations sans domiciles afin de mieux identifier la disponibilité des refuges… « Les machines à extruder du texte pourtant, ne savent que faire cela, pas extruder des abris ». De partout d’ailleurs, toutes les autorités publiques ont des projets de développement de chatbots et des projets de systèmes d’IA pour résoudre les problèmes de société. Les autorités oublient que ce qui affecte la santé, la vie et la liberté des gens nécessite des réponses politiques, pas des artifices artificiels.
Les deux chercheuses multiplient les exemples d’outils défaillants… dans un inventaire sans fin. Pourtant, rappellent-elles, la confiance dans ces outils reposent sur la qualité de leur évaluation. Celle-ci est pourtant de plus en plus le parent pauvre de ces outils, comme le regrettaient Sayash Kapoor et Arvind Narayanan dans leur livre. En fait, l’évaluation elle-même est restée déficiente, rappellent Hanna et Bender. Les tests sont partiels, biaisés par les données d’entraînements qui sont rarement représentatives. Les outils d’évaluation de la transcription automatique par exemple reposent sur le taux de mots erronés, mais comptent tout mots comme étant équivalent, alors que certains peuvent être bien plus importants que d’autres en contexte, par exemple, l’adresse est une donnée très importante quand on appelle un service d’urgence, or, c’est là que les erreurs sont les plus fortes.
« L’IA n’est qu’un pauvre facsimilé de l’État providence »
Depuis l’arrivée de l’IA générative, l’évaluation semble même avoir déraillé (voir notre article « De la difficulté à évaluer l’IA »). Désormais, ils deviennent des concours (par exemple en tentant de les classer selon leurs réponses à des tests de QI) et des outils de classements pour eux-mêmes, comme s’en inquiétaient déjà les chercheuses dans un article de recherche. La capacité des modèles d’IA générative à performer aux évaluations tient d’un effet Hans le malin, du nom du cheval qui avait appris à décoder les signes de son maître pour faire croire qu’il était capable de compter. On fait passer des tests qu’on propose aux professionnels pour évaluer ces systèmes d’IA, alors qu’ils ne sont pas faits pour eux et qu’ils n’évaluent pas tout ce qu’on regarde au-delà des tests pour ces professions, comme la créativité, le soin aux autres. Malgré les innombrables défaillances d’outils dans le domaine de la santé (on se souvient des algorithmes défaillants de l’assureur UnitedHealth qui produisait des refus de soins deux fois plus élevés que ses concurrents ou ceux d’Epic Systems ou d’autres encore pour allouer des soins, dénoncés par l’association nationale des infirmières…), cela n’empêche pas les outils de proliférer. Amazon avec One Medical explore le triage de patients en utilisant des chatbots, Hippocratic AI lève des centaines de millions de dollars pour produire d’épouvantables chatbots spécialisés. Et ne parlons pas des chatbots utilisés comme psy et coach personnels, aussi inappropriés que l’était Eliza il y a 55 ans… Le fait de pousser l’IA dans la santé n’a pas d’autres buts que de dégrader les conditions de travail des professionnels et d’élargir le fossé entre ceux qui seront capables de payer pour obtenir des soins et les autres qui seront laissés aux « contrefaçons électroniques bon marchés ». Les chercheuses font le même constat dans le développement de l’IA dans le domaine scolaire, où, pour contrer la généralisation de l’usage des outils par les élèves, les institutions investissent dans des outils de détection défaillants qui visent à surveiller et punir les élèves plutôt que les aider, et qui punissent plus fortement les étudiants en difficultés. D’un côté, les outils promettent aux élèves d’étendre leur créativité, de l’autre, ils sont surtout utilisés pour renforcer la surveillance. « Les étudiants n’ont pourtant pas besoin de plus de technologie. Ils ont besoin de plus de professeurs, de meilleurs équipements et de plus d’équipes supports ». Confrontés à l’IA générative, le secteur a du mal à s’adapter expliquait Taylor Swaak pour le Chronicle of Higher Education (voir notre récent dossier sur le sujet). Dans ce secteur comme dans tous les autres, l’IA est surtout vue comme un moyen de réduire les coûts. C’est oublier que l’école est là pour accompagner les élèves, pour apprendre à travailler et que c’est un apprentissage qui prend du temps. L’IA est finalement bien plus le symptôme des problèmes de l’école qu’une solution. Elle n’aidera pas à mieux payer les enseignants ou à convaincre les élèves de travailler…
Dans le social, la santé ou l’éducation, le développement de l’IA est obnubilé par l’efficacité organisationnelle : tout l’enjeu est de faire plus avec moins. L’IA est la solution de remplacement bon marché. « L’IA n’est qu’un pauvre facsimilé de l’État providence ». « Elle propose à tous ce que les techs barons ne voudraient pas pour eux-mêmes ». « Les machines qui produisent du texte synthétique ne combleront pas les lacunes de la fabrique du social ».
On pourrait généraliser le constat que nous faisions avec Clearview : l’investissement dans ces outils est un levier d’investissement idéologique qui vise à créer des outils pour contourner et réduire l’État providence, modifier les modèles économiques et politiques.
L’IA, une machine à produire des dommages sociaux
« Nous habitons un écosystème d’information qui consiste à établir des relations de confiance entre des publications et leurs lecteurs. Quand les textes synthétiques se déversent dans cet écosystème, c’est une forme de pollution qui endommage les relations comme la confiance ». Or l’IA promet de faire de l’art bon marché. Ce sont des outils de démocratisation de la créativité, explique par exemple le fondateur de Stability AI, Emad Mostaque. La vérité n’est pourtant pas celle-ci. L’artiste Karla Ortiz, qui a travaillé pour Marvel ou Industrial Light and Magic, expliquait qu’elle a très tôt perdu des revenus du fait de la concurrence initiée par l’IA. Là encore, les systèmes de génération d’image sont déployés pour perturber le modèle économique existant permettant à des gens de faire carrière de leur art. Tous les domaines de la création sont en train d’être déstabilisés. Les “livres extrudés” se démultiplient pour tenter de concurrencer ceux d’auteurs existants ou tromper les acheteurs. Dire que l’IA peut faire de l’art, c’est pourtant mal comprendre que l’art porte toujours une intention que les générateurs ne peuvent apporter. L’art sous IA est asocial, explique la sociologue Jennifer Lena. Quand la pratique artistique est une activité sociale, forte de ses pratiques éthiques comme la citation scientifique. La génération d’images, elle, est surtout une génération de travail dérivé qui copie et plagie l’existant. L’argument génératif semble surtout sonner creux, tant les productions sont souvent identiques aux données depuis lesquelles les textes et images sont formés, soulignent Bender et Hanna. Le projet Galactica de Meta, soutenu par Yann Le Cun lui-même, qui promettait de synthétiser la littérature scientifique et d’en produire, a rapidement été dé-publié. « Avec les LLM, la situation est pire que le garbage in/garbage out que l’on connaît” (c’est-à-dire, le fait que si les données d’entrées sont mauvaises, les résultats de sortie le seront aussi). Les LLM produisent du « papier-mâché des données d’entraînement, les écrasant et remixant dans de nouvelles formes qui ne savent pas préserver l’intention des données originelles”. Les promesses de l’IA pour la science répètent qu’elle va pouvoir accélérer la science. C’était l’objectif du grand défi, lancé en 2016 par le chercheur de chez Sony, Hiroaki Kitano : concevoir un système d’IA pour faire des découvertes majeures dans les sciences biomédicales (le grand challenge a été renommé, en 2021, le Nobel Turing Challenge). Là encore, le défi a fait long feu. « Nous ne pouvons déléguer la science, car la science n’est pas seulement une collection de réponses. C’est d’abord un ensemble de processus et de savoirs ». Or, pour les thuriféraires de l’IA, la connaissance scientifique ne serait qu’un empilement, qu’une collection de faits empiriques qui seraient découverts uniquement via des procédés techniques à raffiner. Cette fausse compréhension de la science ne la voit jamais comme l’activité humaine et sociale qu’elle est avant tout. Comme dans l’art, les promoteurs de l’IA ne voient la science que comme des idées, jamais comme une communauté de pratique.
Cette vision de la science explique qu’elle devienne une source de solutions pour résoudre les problèmes sociaux et politiques, dominée par la science informatique, en passe de devenir l’autorité scientifique ultime, le principe organisateur de la science. La surutilisation de l’IA en science risque pourtant bien plus de rendre la science moins innovante et plus vulnérable aux erreurs, estiment les chercheuses. « La prolifération des outils d’IA en science risque d’introduire une phase de recherche scientifique où nous produisons plus, mais comprenons moins » , expliquaient dans Nature Lisa Messeri et M. J. Crockett (sans compter le risque de voir les compétences diminuer, comme le soulignait une récente étude sur la difficulté des spécialistes de l’imagerie médicale à détecter des problèmes sans assistance). L’IA propose surtout un point de vue non situé, une vue depuis nulle part, comme le dénonçait Donna Haraway : elle repose sur l’idée qu’il y aurait une connaissance objective indépendante de l’expérience. « L’IA pour la science nous fait croire que l’on peut trouver des solutions en limitant nos regards à ce qui est éclairé par la lumière des centres de données ». Or, ce qui explique le développement de l’IA scientifique n’est pas la science, mais le capital-risque et les big-tech. L’IA rend surtout les publications scientifiques moins fiables. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il faut rejeter en bloc l’automatisation des instruments scientifiques, mais l’usage généralisé de l’IA risque d’amener plus de risques que de bienfaits.
Mêmes constats dans le monde de la presse, où les chercheuses dénoncent la prolifération de « moulins à contenus”, où l’automatisation fait des ravages dans un secteur déjà en grande difficulté économique. L’introduction de l’IA dans les domaines des arts, de la science ou du journalisme constitue une même cible de choix qui permet aux promoteurs de l’IA de faire croire en l’intelligence de leurs services. Pourtant, leurs productions ne sont pas des preuves de la créativité de ces machines. Sans la créativité des travailleurs qui produisent l’art, la science et le journalisme qui alimentent ces machines, ces machines ne sauraient rien produire. Les contenus synthétiques sont tous basés sur le vol de données et l’exploitation du travail d’autrui. Et l’utilisation de l’IA générative produit d’abord des dommages sociaux dans ces secteurs.
Le risque de l’IA, mais lequel et pour qui ?
Le dernier chapitre du livre revient sur les doomers et les boosters, en renvoyant dos à dos ceux qui pensent que le développement de l’IA est dangereux et les accélérationnistes qui pensent que le développement de l’IA permettra de sauver l’humanité. Pour les uns comme pour les autres, les machines sont la prochaine étape de l’évolution. Ces visions apocalyptiques ont produit un champ de recherche dédié, appelé l’AI Safety. Mais, contrairement à ce qu’il laisse entendre, ce champ disciplinaire ne vient pas de l’ingénierie de la sécurité et ne s’intéresse pas vraiment aux dommages que l’IA engendre depuis ses biais et défaillances. C’est un domaine de recherche centré sur les risques existentiels de l’IA qui dispose déjà d’innombrables centres de recherches dédiés.
Pour éviter que l’IA ne devienne immaîtrisable, beaucoup estiment qu’elle devrait être alignée avec les normes et valeurs humaines. Cette question de l’alignement est considérée comme le Graal de la sécurité pour ceux qui œuvrent au développement d’une IA superintelligente (OpenAI avait annoncé travailler en 2023 à une super-intelligence avec une équipe dédiée au « super-alignement », mais l’entreprise a dissous son équipe moins d’un an après son annonce. Ilya Sutskever, qui pilotait l’équipe, a lancé depuis Safe Superintelligence Inc). Derrière l’idée de l’alignement, repose d’abord l’idée que le développement de l’IA serait inévitable. Rien n’est moins sûr, rappellent les chercheuses. La plupart des gens sur la planète n’ont pas besoin d’IA. Et le développement d’outils d’automatisation de masse n’est pas socialement désirable. « Ces technologies servent d’abord à centraliser le pouvoir, à amasser des données, à générer du profit, plutôt qu’à fournir des technologies qui soient socialement bénéfiques à tous ». L’autre problème, c’est que l’alignement de l’IA sur les « valeurs humaines » peine à les définir. Les droits et libertés ne sont des concepts qui ne sont ni universels ni homogènes dans le temps et l’espace. La déclaration des droits de l’homme elle-même s’est longtemps accommodé de l’esclavage. Avec quelles valeurs humaines les outils d’IA s’alignent-ils quand ils sont utilisés pour armer des robots tueurs, pour la militarisation des frontières ou la traque des migrants ?, ironisent avec pertinence Bender et Hanna.
Pour les tenants du risque existentiel de l’IA, les risques existentiels dont il faudrait se prémunir sont avant tout ceux qui menacent la prospérité des riches occidentaux qui déploient l’IA, ironisent-elles encore. Enfin, rappellent les chercheuses, les scientifiques qui travaillent à pointer les risques réels et actuels de l’IA et ceux qui œuvrent à prévenir les risques existentiels ne travaillent pas à la même chose. Les premiers sont entièrement concernés par les enjeux sociaux, raciaux, dénoncent les violences et les inégalités, quand les seconds ne dénoncent que des risques hypothétiques. Les deux champs scientifiques ne se recoupent ni ne se citent entre eux.
Derrière la fausse guerre entre doomers et boomers, les uns se cachent avec les autres. Pour les uns comme pour les autres, le capitalisme est la seule solution aux maux de la société. Les uns comme les autres voient l’IA comme inévitable et désirable parce qu’elle leur promet des marchés sans entraves. Pourtant, rappellent les chercheuses, le danger n’est pas celui d’une IA qui nous exterminerait. Le danger, bien présent, est celui d’une spéculation financière sans limite, d’une dégradation de la confiance dans les médias à laquelle l’IA participe activement, la normalisation du vol de données et de leur exploitation et le renforcement de systèmes imaginés pour punir les plus démunis. Doomers et boosters devraient surtout être ignorés, s’ils n’étaient pas si riches et si influents. L’emphase sur les risques existentiels détournent les autorités des régulations qu’elles devraient produire.
Pour répondre aux défis de la modernité, nous n’avons pas besoin de générateur de textes, mais de gens, de volonté politique et de ressources, concluent les chercheuses. Nous devons collectivement façonner l’innovation pour qu’elle bénéficie à tous plutôt qu’elle n’enrichisse certains. Pour résister à la hype de l’IA, nous devons poser de meilleures questions sur les systèmes qui se déploient. D’où viennent les données ? Qu’est-ce qui est vraiment automatisé ? Nous devrions refuser de les anthropomorphiser : il ne peut y avoir d’infirmière ou de prof IA. Nous devrions exiger de bien meilleures évaluations des systèmes. ShotSpotter, le système vendu aux municipalités américaines pour détecter automatiquement le son des coups de feux, était annoncé avec un taux de performance de 97 % (et un taux de faux positif de 0,5 % – et c’est encore le cas dans sa FAQ). En réalité, les audits réalisés à Chicago et New York ont montré que 87 à 91 % des alertes du système étaient de fausses alertes ! Nous devons savoir qui bénéficie de ces technologies, qui en souffre. Quels recours sont disponibles et est-ce que le service de plainte est fonctionnel pour y répondre ?
Face à l’IA, nous devons avoir aucune confiance
Pour les deux chercheuses, la résistance à l’IA passe d’abord et avant tout par luttes collectives. C’est à chacun et à tous de boycotter ces produits, de nous moquer de ceux qui les utilisent. C’est à nous de rendre l’usage des médias synthétiques pour ce qu’ils sont : inutiles et ringards. Pour les deux chercheuses, la résistance à ces déploiements est essentielle, tant les géants de l’IA sont en train de l’imposer, par exemple dans notre rapport à l’information, mais également dans tous leurs outils. C’est à nous de refuser « l’apparente commodité des réponses des chatbots ». C’est à nous d’œuvrer pour renforcer la régulation de l’IA, comme les lois qui protègent les droits des travailleurs, qui limitent la surveillance.
Emily Bender et Alex Hanna plaident pour une confiance zéro à l’encontre de ceux qui déploient des outils d’IA. Ces principes établis par l’AI Now Institute, Accountable Tech et l’Electronic Privacy Information Center, reposent sur 3 leviers : renforcer les lois existantes, établir des lignes rouges sur les usages inacceptables de l’IA et exiger des entreprises d’IA qu’elles produisent les preuves que leurs produits sont sans dangers.
Mais la régulation n’est hélas pas à l’ordre du jour. Les thuriféraires de l’IA défendent une innovation sans plus aucune entrave afin que rien n’empêche leur capacité à accumuler puissance et fortune. Pour améliorer la régulation, nous avons besoin d’une plus grande transparence, car il n’y aura pas de responsabilité sans elle, soulignent les chercheuses. Nous devons avoir également une transparence sur l’automatisation à l’œuvre, c’est-à-dire que nous devons savoir quand nous interagissons avec un système, quand un texte a été traduit automatiquement. Nous avons le droit de savoir quand nous sommes les sujets soumis aux résultats de l’automatisation. Enfin, nous devons déplacer la responsabilité sur les systèmes eux-mêmes et tout le long de la chaîne de production de l’IA. Les entreprises de l’IA doivent être responsables des données, du travail qu’elles réalisent sur celles-ci, des modèles qu’elles développent et des évaluations. Enfin, il faut améliorer les recours, le droit des données et la minimisation. En entraînant leurs modèles sur toutes les données disponibles, les entreprises de l’IA ont renforcé la nécessité d’augmenter les droits des gens sur leurs données. Enfin, elles plaident pour renforcer les protections du travail en donnant plus de contrôle aux travailleurs sur les outils qui sont déployés et renforcer le droit syndical. Nous devons œuvrer à des « technologies socialement situées », des outils spécifiques plutôt que des outils qui sauraient tout faire. Les applications devraient bien plus respecter les droits des usagers et par exemple ne pas autoriser la collecte de leurs données. Nous devrions enfin défendre un droit à ne pas être évalué par les machines. Comme le dit Ruha Benjamin, en défendant la Justice virale (Princeton University Press, 2022), nous devrions œuvrer à “un monde où la justice est irrésistible”, où rien ne devrait pouvoir se faire pour les gens sans les gens. Nous avons le pouvoir de dire non. Nous devrions refuser la reconnaissance faciale et émotionnelle, car, comme le dit Sarah Hamid du réseau de résistance aux technologies carcérales, au-delà des biais, les technologies sont racistes parce qu’on le leur demande. Nous devons les refuser, comme l’Algorithmic Justice League recommande aux voyageurs de refuser de passer les scanneurs de la reconnaissance faciale.
Bender et Hanna nous invitent à activement résister à la hype. À réaffirmer notre valeur, nos compétences et nos expertises sur celles des machines. Les deux chercheuses ne tiennent pas un propos révolutionnaire pourtant. Elles ne livrent qu’une synthèse, riche, informée. Elles ne nous invitent qu’à activer la résistance que nous devrions naturellement activer, mais qui semble être devenue étrangement radicale ou audacieuse face aux déploiements omnipotents de l’IA.
Hubert Guillaud
31.07.2026 à 10:15
Transiscope, au-delà de la carte
Texte intégral (6393 mots)
EDIT DU 8 SEPTEMBRE 2026 : L’ouvrage est publié 🥳🥳 Il est disponible en téléchargement sur les site Des Livres en Communs à l’adresse : https://deslivresencommuns.org/publications/alternatives-et-luttes/. Vous pouvez aussi lire l’annonce de la publication ici. Bonne lecture !
Résultat d’une écriture collective, Transiscope : Cartographier pour coopérer est un livre issu du projet Des Livres en Commun et dont la sortie est prévue le 8 septembre 2026. Il retrace une décennie d’expérimentations techniques et humaines visant à rendre visibles les alternatives sociales et écologiques, rôle que s’est donné Transiscope depuis sa création. Ce récit d’exploration analyse la construction d’un commun numérique conçu pour résister à la logique des plateformes prédatrices. Loin de se limiter à une présentation fonctionnelle d’un outil d’agrégation de données, ce livre documente les processus de coopération, les arbitrages éthiques face aux infrastructures matérielles et les défis organisationnels d’un collectif. Cet ouvrage dépasse la simple rétrospective pour devenir une ressource opérationnelle et politique, offerte en partage à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités.
Dans cet entretien qui tient lieu de teasing 😜, les auteurs reviennent sur les fondements politiques de leur démarche et sur la nécessité de structurer des solidarités techniques. Ils montrent comment la technique ne sert plus à capturer l’attention, mais à soutenir un archipel de résistances concrètes.
Cet ouvrage est issu de l’appel à publication 2024. Pour rappel, Des Livres en Communs (DLeC) est un projet éditorial qui vise à soutenir l’écriture même d’un livre, son processus de création autant que sa structuration, afin d’un faire un commun. Transiscope : Cartographier pour coopérer s’inscrit dans la logique éditoriale de DLeC : transformer un retour d’expérience singulier en un outil de transmission capable d’irriguer d’autres luttes. En documentant dix ans de trajectoire du collectif Transiscope, ce livre répond à l’exigence de DLeC de produire des écrits qui servent de communs à d’autres communautés. Il dépasse la simple logique d’auteur pour devenir un outil de transmission de savoir-faire organisationnels et politiques.
Genèse et contexte politique
Framasoft – Au début de l’ouvrage, vous situez l’émergence de Transiscope dans le sillage des mouvements horizontaux des années 2010 (Nuit Debout, Occupy). En quoi ce projet technique d’agrégation de données est-il une réponse politique à ce que vous appelez la « brutalisation » des rapports sociaux et la marchandisation du monde associatif ?
Jean-Baptiste – Oui tout à fait, avant d’être un projet techniquement très ingénieux basé sur des outils numériques « libres », le Transiscope est d’abord un projet politique à contre-courant. Il se fonde sur des logiques de coopérations, de réciprocités et de solidarités là où le système économique dominant est basé, lui, sur la rivalité et une compétition sans fin avec une concurrence de tous contre chacun induisant des logiques de prédation.
En tant que fondateur de l’OCMA (Observatoire Citoyen de la Marchandisation des Associations), nous sommes évidemment très sensibles à tout cela au Collectif des Associations Citoyennes (CAC). Pour deux raisons. La première est que nous cherchons à documenter ce processus qui dénature les associations en les poussant vers la recherche de productivité, de performance, de rentabilité, bref de lucrativité bien éloignée, théoriquement, de leur ADN fondateur fait de non-lucrativité et de désintéressement… La seconde raison, c’est que nous tâchons d’expliquer que cette tendance n’est pas une fatalité ! En effet, tous les jours, partout en France, des actions très pragmatiques, qui produisent beaucoup d’effets dans la vie de nos co-citoyens, se basent sur des valeurs différentes de celles de la rentabilité, de l’extractivisme et du productivisme, bref en marge du système dominant de l’économie de marché… mais quelle marge considérable ! D’une certaine manière, cela prouve que, décidément oui, « un autre monde est possible » puisqu’il y a un foisonnement de « déjà-là » d’alternatives. Grâce à cette carte du Transiscope, il apparaît sous nos yeux à travers ce maillage qu’on voit se développer sur les territoires. Et, au passage, quel plaisir de donner tort à la chantre du néo-libéralisme Margaret Thatcher et de tout ceux qui, à sa suite, reprennent son emblématique TINA (pour There Is No Alternative).
Le drame étant bien sûr que tout cela passe très largement sous les radars (il suffit de voir les problèmes posés par les indicateurs qui sont censés mesurés la « richesse » du pays ou tout simplement la façon dont la comptabilité est conçue de telle manière qu’on ne parvient pas à rendre compte de ce qui compte vraiment…) et c’est là qu’on apprécie l’apport d’un outil comme le Transiscope : dans sa capacité à documenter, cartographier, rendre visible et évident, faire connaître et mettre en avant et en lumière un formidable tissu d’actions collectives sans lesquelles notre société serait tout simplement invivable ! Ce n’est pas rien tout de même, ça compte et ça conte (au sens où ça raconte beaucoup de choses sur les initiatives sur lesquelles s’appuyer pour ne pas sombrer dans le pessimisme et la désespérance qui peuvent nous guetter parfois). Ça doit nous donner de l’allant et de l’élan, de l’ardeur à la tâche et du cœur à l’ouvrage !
Julien – Le projet Transiscope s’inscrit en opposition à la logique de concurrence qui régit l’ensemble de la société jusqu’au secteur associatif, il propose d’organiser matériellement (et donc techniquement) la solidarité entre des assos et des collectifs de luttes en partageant de l’information, des enjeux et des ressources. Très concrètement cela signifie que la logique organisationnelle du Transiscope est celle des communs, il s’agit de mettre en commun nos moyens (argent, temps de travail, locaux, réseaux etc.), de régir collectivement ces ressources et de les mettre au service de celleux qui luttent partout pour construire des alternatives à cette société brutale.
La « tragédie du LSD »
Framasoft – Vous évoquez avec une pointe d’humour l’idée d’une « tragédie du LSD », Libristes, Solidaristes, Durabilistes, pour désigner le travail en silo de ces mouvements. Comment Transiscope a-t-il réussi — ou tente-t-il encore — à faire de la technique un terrain de convergence plutôt qu’un facteur supplémentaire de fragmentation ?
Pierre-Alain – Transiscope est né du travail de nombreux milieux autour des enjeux de la coopération ouverte autour d’un concept ni trop fumeux, ni trop sérieux : le LSD.
À la fin d’une soirée sans doute arrosée (de pluie) à Brest en 2012, entre Laurent Marseault et Jean-Michel Cornu est née la tragédie du LSD. Ces drogués de la coopération ont su rendre accessible et léger un impensé de nos milieux militants pourtant féru de vivre ensemble et de coopération. Le LSD pour Libre, Solidaire et Durable. Nous sommes tous issus de parcours, d’histoires, de tempéraments différents. Nous utilisons du vocabulaire spécifique, et nous baignons dans des cultures différentes. Ce sont les premiers freins de notre impuissance !
Transiscope est né de cette nécessité d’une coopération plus ouverte pour dépasser les silos et les réflexes « identitaires ». Pour concevoir et agréger d’autres cartos, il a fallu concrètement se mettre à travailler ensemble. Transiscope a été un des plus puissants terrains d’expérience commune entre le monde du libre, celui des solidaires et celui des durables. Bien sûr, ces trois « familles » peuvent se croiser et se préciser. Nous avons tous en nous quelque chose de libre, de solidaire et de durable ! Mais un archétype permet aussi de cartographier les acteurs, les réseaux et de se concentrer sur l’essentiel : leurs liens et les énergies qu’il faut mettre en œuvre pour les initier et les nourrir.
Les libristes ont permis de concevoir l’architecture de la carte et de la faire évoluer sur un temps long. Leurs qualités sont essentielles : expertise technique, force d’une communauté capable de travailler à distance sans se connaître, réflexe de tout documenter et de protéger les ressources en Commun. Certes, nous avons eu la chance de travailler avec des libristes qui pouvaient parler sans code html ou markdown !
Les durables, ou durabilistes, ou bien encore les écolos, et même des écolos-bobos dans certaines grandes agglomérations ! Ce monde se croise dans des « bases », dans des jardins, à vélo ou dans les colloques sur l’énergie. Ils apportent la nécessité de la relation au vivant et au temps long. Ils nourrissent nos échanges par leur capacité d’incarner et de rendre accessible les savoirs experts des scientifiques. Et puis, depuis quelques années, ils commencent à croiser des habitants des quartiers populaires organisés autour de la reconnaissance d’une écologie populaire, trop souvent invisibilisée. Solidaires et durables ont permis de rendre puissante l’alliance entre écologie et social.
Les solidaires sont les plus anciens militants, souvent acteurs de luttes historiques et dans des champs très différents. Ils ont permis de rendre lisible sur Transiscope des milliers de points d’intérêts, lieux d’actions concrètes ancrées dans des territoires. Ils ont pu amener aussi une vision nourrie par l’histoire et la pensée politique. Ils portent les enjeux d’une société civile engagée dans la transformation politique.
Nous le savons toutes et tous, notre enjeu est dépasser le LSD pour retrouver les espaces naturelles de la relation. Avancer, chacun à une place qu’il lui semble utile, vers des d’alliances qui construisent notre puissance collective. C’est pourquoi coopérer est d’abord une question de posture. Savoir travailler avec d’autres personnes commence par savoir accueillir leurs qualités et complémentarités pour faire avancer le projet. C’est aussi avoir la curiosité de mieux connaître ce qui peut être un frein et un levier. C’est enfin la nécessité de lâcher prise, lâcher et faire confiance et donc accepter de se planter ! Planter des graines est aussi une posture modeste qui nous permet de rester sur Terre et essaimer est notre grande ambition.
Transiscope, en ce sens, a été un projet exemplaire et il l’est encore. Bien plus qu’un outil, il est un espace, un tiers espace, qui nous permet d’avancer, pas à pas, lors des rencontres en présentiel comme à distance vers des transformations utiles à toutes nos communautés.
Politisation de la technique
Framasoft – Vous affirmez qu’au sein de Transiscope, « la technique est politique ». Comment cette posture se traduit-elle concrètement dans le choix de soutenir le développement d’outils (comme le Bus sémantique ou Gogocarto) plutôt que de s’appuyer sur des solutions existantes. Une simple question de performance ?
Julie – Dès les prémices de Transiscope, les questions techniques ont été l’objet de délibérations politiques. En effet, il y avait dans le collectif des organisations comme l’Assemblée Virtuelle ou le mouvement des Colibris et des individu·es qui développaient un argumentaire solide autour de l’importance d’utiliser des outils libres et décentralisés, afin de ne pas dépendre des outils numériques capitalistes, alors même que nous nous battions pour proposer un autre chemin que celui des modèles économiques dominants. Nous faisons attention à ce que ces sujets soient discutés dans les instances stratégiques, afin d’éviter une répartition inégalitaire du pouvoir, où une sorte d’élite éclairée, possédant les compétences techniques, décide pour le reste du collectif.
Les arguments qui étaient alors mis en avant relevaient soit de la cohérence éthique (avoir des outils conformes à nos valeurs), soit du pragmatisme (avoir des outils dont nous avons la maîtrise). Parfois, il est arrivé que les outils existants ne suffisent pas à répondre à nos besoins : cela a été le cas pour le Bus Sémantique et pour GoGocarto. Le travail des deux développeurs en lien avec des organisations de la Transition ont permis de développer des outils correspondant aux besoins de terrain. Alors que le comité de pilotage de la Plateforme Web des Alternatives (qui deviendra par la suite Transiscope) devait décider des outils sur lesquels s’appuyer pour la cartographie, il est apparu que ces deux outils pouvaient couvrir les besoins mais qu’il était nécessaire que les deux développeurs s’entendent pour adopter des choix technologiques compatibles, ce qui a été permis par une discussion entre les deux.
Ces choix, même s’ils s’appuient sur un argumentaire partagé par l’ensemble du collectif, ne sauraient cacher qu’elles s’appuient avant tout sur le travail gratuit d’un nombre très réduit de personnes. Le jour où cette personne ou ces quelques individus partent ou s’épuisent, que se passe-t-il ?
Le mythe de l’immatérialité
Framasoft – Vous nous invitez à sortir du « mythe de l’immatérialité » du numérique pour affronter la réalité extractiviste de ce monde numérique. Comment Transiscope, pourtant intrinsèquement lié au Web, négocie-t-il cette contradiction entre l’ambition de transition écologique et la matérialité parfois insoutenable des infrastructures numériques ?
Florine – Nous nous invitons aussi nous-mêmes à sortir du mythe de l’immatérialité. Tout l’enjeu est de regarder cette contradiction en face : on veut montrer que le monde que nous projetons s’incarne déjà, et pour cela nous ne nous appuyons pas sur les outils des GAFAMS mais sur des outils libres. En cela, nous essayons de lever une contradiction : l’usage d’outils capitalistes accaparants des données personnelles par des acteurices en résistance contre le capitalisme. Reste que nos outils libres s’inscrivent dans ce que José Halloy appelle des technologies zombies, c’est à dire mortes à l’aune de la durabilité – puisqu’elles épuisent les ressources matérielles nécessaires et reposent sur l’utilisation d’énergie non renouvelable – mais envahissant le monde au détriment des humain·es et de la biosphère. En outre, ces technologies « numériques » reposent sur l’exploitation d’humain·es, en particulier du Sud global. Dans ce contexte, parler de « commun numérique » peut paraître aberrant, puisque sa matérialité repose sur l’exploitation des Autres.
Nous avons donc fait un bout du chemin en dégafamisant nos usages numériques et en construisant des outils libres, mais du chemin reste à faire pour construire un autre numérique au moment où l’IA vient peser encore davantage sur sa matérialité.
Julien – Comme beaucoup, nous n’échappons pas aux paradoxes des luttes écologistes, car nos moyens d’action et de coordination reposent sur des infrastructures matérielles qui accélèrent les dérèglements climatiques et l’exploitation Nord-Sud. Le projet Transiscope s’est construit sur un paradoxe central, avec d’un côté l’idée d’outiller efficacement les alternatives et de l’autre l’ambition de faire réellement advenir ces alternatives et donc de construire un autre rapport au monde (y compris numérique). Si pendant longtemps la première dimension a pu dominer la réalisation du projet, après tout ce chemin parcouru, il nous semble aujourd’hui nécessaire d’affronter plus directement cette contradiction en faisant davantage de place à la seconde ambition qui implique de penser et d’appliquer concrètement la décroissance minérale, la solidarité internationale et la dénumérisation.
Négocier nos contradictions ça ne veut pas dire nécessairement les dépasser grâce à une solution magique (numérique éthique) mais d’y faire face, en s’attelant à ce que le syndicalisme révolutionnaire appelait la « double besogne » (Charte d’Amiens, 1906). Stratégie qui vise autant à grappiller des améliorations concrètes pour les travailleurs (réduction du temps de travail et augmentation des salaires) qu’à préparer l’émancipation intégrale qui ne pourra se réaliser qu’avec l’expropriation capitaliste. Pour nous, cette double besogne, s’incarnerait donc autant par la contribution à des infrastructures numériques libres, adaptées spécifiquement aux contextes et aux besoins de leurs utilisateurices et contrôler directement par elleux, que par l’implication dans une politisation collective de la technique et la mise sous contrôle démocratique du développement numérique, y compris jusqu’à l’expropriation des BigTech et le démantèlement de leurs infrastructures.
Archipel
Framasoft – Vous empruntez à Édouard Glissant la notion d’archipel pour définir votre mode d’organisation. Comment ce modèle permet-il de maintenir un « centre vide » au service des relations, sans tomber dans les pièges de la hiérarchie ou, à l’inverse, de l’inefficacité organisationnelle ?
Bruno – Une organisation et une gouvernance en « Archipel » est une communauté de partage. Elle implique donc un changement de posture tant individuel que collectif afin de passer de la concurrence et de la subordination à la coopération, du « pouvoir sur » au « pouvoir d’agir ». Le respect de chacun, l’entraide, la qualité d’écoute et la recherche du consentement sont les déterminants fondamentaux des relations dans toutes les différentes instances de l’Archipel.
L’objet de Transiscope était de créer un commun en reliant des organisations et des groupes de personnes (les îles) pour faire vivre ensemble un projet commun en coopération. Chaque organisation participe à ce projet commun en coopération tout en cultivant son identité-racine, en pleine autonomie. Dés l’origine du projet nous avons confié à une instance communautaire (le copil) le pouvoir d’agir au service du projet commun. Chaque île de l’Archipel est représentée au sein de cette instance communautaire qui acte la politique de l’Archipel, sa stratégie et la feuille de route de ses actions. Le copil est un espace d’animation et de coordination, les actions, elles sont menés en constituant des groupes-projet validés par l’instance communautaire. Ces groupes-projets ont un objet défini qui détermine une durée limitée. Ils décident de leur mode de fonctionnement et la manière de réaliser leurs actions, et rendent compte de leur action aux autres instances de l’Archipel à travers le copil.
« Le pouvoir de son centre est vide » : ce pouvoir d’agir, de service et de création, est non appropriable ; au sein du copil il n’y a pas de hiérarchisation de pouvoir, les décisions sont prises ensemble et par consentement. Des le démarrage du projet nous avons décidé de faire appel a un facilitateur pour animer le copil, ce facilitateur n’est pas membre du copil, il ne représente pas une organisation et n’est pas impliqué dans les actions, son unique rôle et de faciliter le fonctionnement et l’animation du Copil, il n’a donc pas d’enjeu de pouvoir personnel ou organisationnelle. Nous avons également décidé de ne pas créer de statut juridique afin de ne pas institutionnaliser le projet et de le maintenir dans une démarche de coopération. Pour permettre de développer et de gérer les aspects juridiques et financiers de l’Archipel nous avons fait le choix de créer une entité-support ayant une personnalité légale : l’association de soutien au Transiscope, qui n’avait vis-à-vis de l’Archipel qu’une fonction de gestion de moyens au service de celui-ci.
Ce mode d’organisation a démontré au fil du temps sa pertinence et ses limites. Sa pertinence c’est qu’il n’y a jamais eu de conflit de pouvoir au sein de Transiscope, le projet a su se développer dans une véritable culture de coopération de démocratie et de respect mutuel. Par contre la limite de ce système repose sur la capacité de mobilisation des îles au sein de l’archipel, pour avancer le projet a besoin d’une mobilisation permanente des membres dans les différentes instances (groupe projet, copil, …) et de temps d’animation régulier pour assurer une bonne coordination et une intelligence collective.
Le « Putain de Facteur Humain » (PFH)
Framasoft – Le lecteur peut être parfois surpris par votre récit car vous ne cachez pas les frictions et les doutes au sein du collectif. Pourquoi était-il essentiel pour vous de livrer un récit sincère du cheminement humain, loin d’un storytelling lissé qu’on rencontre souvent ?
Audrey – Un collectif traverse de nombreuses phases, souvent peu visibles aux membres qui en sont parties prenantes. Un des rôles de la personne qui facilite le projet est de rendre visible ce qui se joue entre les membres et les organisations, de créer des espaces de discussion, d’analyse, de prise de décisions et de faire en sorte que le groupe trouve des solutions par lui-même. La neutralité de la facilitation n’existe pas réellement car le choix même des outils utilisés implique déjà une vision du monde et de la coopération. Mais la fonction du tiers extérieur est précieuse.
Dans le milieu de l’Économie Sociale et Solidaire, il me semble qu’on fantasme souvent des collectifs assez lisses, où tout le monde s’entend bien, sans friction. Or, non seulement c’est illusoire, mais c’est aussi contre productif. Le collectif avance parce qu’il y a débats, dissensus, et parfois conflits. Un groupe devient mature en apprenant à se connaître et en surmontant les blocages. Par contre, cela demande de la confiance entre les membres, et dans le cadre commun, le pacte construit ensemble. Nous avons toutes et tous évolués dans notre manière de faire collectif avec Transiscope, car nous avons appris de la vision du monde, des imaginaires et des façons de faire. Cela est passé par le fait de « baisser les masques » et de se raconter réellement qui était autour de la table. Ce qui ne peut se faire que sur du temps long.
Julien – Pour nous il était clair que ce livre ne pourrait avoir un intérêt que si nous parvenions à ne pas édulcorer notre histoire, en proposant une version lisse d’une « belle aventure/réussite ». Trop souvent nous sommes amenés à raconter nos histoires collectives comme on pitch un projet pour espérer décrocher un financement, or de cela il ne peut émerger qu’un pur discours de communication décorrélé de la complexité de nos réalités. Pour offrir une ressource opérationnelle et politique à celles et ceux qui aspirent à structurer leurs propres solidarités, cela impliquait d’aborder le plus honnêtement possible les difficultés, les impasses et les échecs rencontrés, parce que nous sommes bien conscients que si celles-ci disent quelque chose de nous, elles disent surtout beaucoup de notre époque et des changements du secteur associatif en général.
Ce que nous avons construit ensemble c’est un drôle d’attelage qui a fonctionné dans la durée parce que nous avons appris à faire de la place à chacun.e d’entre nous et par conséquent, accepter d’osciller constamment entre l’avancée d’un projet et sa remise en cause. Pour nous l’expérimentation n’est pas un horizon lointain mais une pratique concrète qui implique de renoncer à liquider le « putain de facteur humain » au nom d’une efficacité fantasmée. Chaque projet, qu’il soit technique ou non, repose sur celleux qui le font vivre et c’est cette vie collective qu’il faut apprendre à voir comme une dimension intrinsèquement politique et en perpétuelle construction. Ce que nous espérons livrer dans cette contribution collective, ce n’est ni une recette pratique pour coopérer, ni une ligne à suivre, mais une histoire particulière faite de tentatives pour construire un commun, en espérant que celle-ci résonnera avec d’autres.
La propriété des données
Framasoft – Transiscope agrège des données qu’il ne possède pas. Dans un monde où la donnée est le nouvel or noir des « Ogres » numériques, vous prenez soin des sources et tentez de protéger ce commun. Les licences sont-elles libres ? pourquoi ces choix ?
Simon – Les licences sont libres mais nous avons tenté d’acculturer les sources au concept des licences et au caractère politique que revêt le choix d’une licence. Nous avons présenté dans un document et en webinaire le choix politique que nous privilégions, à savoir l’autorisation de l’usage commercial et la non-viralité, car c’est ce que nous estimons être le meilleur choix pour créer des communs. Les sources des données que nous agrégeons sont libres d’avoir une lecture différente du monde et des communs et Transiscope accueille cette pluralité comme elle accueille la diversité des technologies des sources. Comme pour les alternatives qui doivent respecter une charte, la licence doit cependant respecter une « ligne rouge » : elle doit être copyleft. C’est le plus petit dénominateur commun nécessaire à construire ce commun numérique et cela a permis d’annoncer rapidement à toutes les potentielles sources cette condition et d’en écarter certaines, et a permis de clarifier le périmètre idéologique du projet et de le construire avec les sources qui le partagent.
L’IA
Framasoft – Il faut bien en parler puisque c’est le grand sujet du moment. Le livre relate un débat au sein du comité de pilotage sur l’usage de l’intelligence artificielle pour la catégorisation des événements. Comment avez-vous arbitré entre le gain de temps (facteur de survie pour les bénévoles) et les problèmes éthiques posés par ces outils ?
Julie – Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, pour politiser les choix techniques, il est indispensables qu’ils soient discutés dans une instance stratégique et pas réservés à des personnes ayant des pré-requis techniques. Cela implique donc un travail collectif d’acculturation à la technique, pour permettre à chacun·e de participer en ayant un avis éclairé.
Un des membres de Transiscope a proposé d’avoir recours à l’intelligence artificielle pour automatiser la catégorisation des événements et ainsi gagner du temps, alors même que l’énergie bénévole est extrêmement rare au sein de Transiscope. Cette discussion, qui a eu lieu en comité de pilotage, a débuté par une explication technique de ce qu’il y avait derrière l’intelligence artificielle proposée et une discussion sur les données, le choix du modèle et son impact. Au final, nous avons décidé de tester cette automatisation à titre expérimental, mais la discussion n’est pas si évidente car elle est tiraillée entre d’une part le soin de l’énergie bénévole et d’autre part des enjeux éthiques : personne n’a envie de choisir entre les deux !
Un processus ou un outil
Framasoft – Citons une phrase du livre : « Transiscope est moins un produit à finir qu’un processus à habiter ». Est-ce à dire que l’utilité finale de la carte est secondaire par rapport à la culture de coopération qu’elle a générée entre vos organisations ?
Julien – L’ambition de Transiscope était de fournir un outil qui facilite la coopération entre alternatives. Cartographier des alternatives c’est montrer qu’il existe plusieurs mondes dans le monde, que d’autres horizons se dessinent et qu’ils méritent que l’on se batte pour eux. Si nous continuons à croire dans l’intérêt de ce projet, nous avons constaté que la construction d’un outil n’a que peu à voir avec le travail politique de coopération inter-collectif. Obtenir de l’information et la mette en visibilité ne présage aucunement de la façon dont celle-ci servira de prétexte à des rencontres concrètes et à des échanges organisationnels. Pour faciliter cette étape, nous avons choisis d’organiser régulièrement des rencontres avec d’autres acteurices sur différents territoires pour faire se rencontrer des alternatives, mais là encore ces tentatives se sont avérées limitées parce que la construction d’une coopération implique d’abord du temps pour faire naître de la confiance et une culture partagée. C’est précisément cet aspect que nous avons réussi à construire au sein du collectif Transiscope mais pas à sa marge avec celleux que nous mettions en visibilité sur notre cartographie. Peut-être qu’après tout ce travail est de toute façon démesuré pour un petit collectif comme le nôtre, mais il nous semble toujours primordial parce que si nous souhaitons construire des solidarités fortes, ce patient travail de fédération est indispensable.
Aujourd’hui la question de la visibilité se pose autrement : est-ce que ce dont nous avons besoin c’est d’être visibles sur Internet ou d’être en lien les un.es avec les autres concrètement à travers des réseaux de solidarité matériels et politiques ? Cette question est décisive et vertigineuse parce que la réponse que nous déciderons de lui donner implique de repenser une grande partie de notre stratégie d’action et de nos moyens d’organisation. Apprendre à collaborer c’est faire de la place à une autre logique que celle qui consiste à mener à bien un projet, sans dire que ces deux logiques sont irréductibles l’une à l’autre, elles sont bien souvent contradictoires et c’est bien dans cette contradiction que réside à la fois la richesse et l’immense complexité des communs.
Florine – Dans le contexte politique actuel, une question se pose : faut-il continuer à rendre visibles les alternatives ? Autrement dit, comment s’identifier et se renforcer entre alliés, tout en ne facilitant pas, par cette visibilisation, l’attaque de nos collectifs par des adversaires politiques, voire par un régime autoritaire ?
L’avenir des luttes
Framasoft – Face à l’épuisement de la « stratégie du colibri », vous plaidez pour une « stratégie de pompiers », coordonnée et robuste. Pour le mot de la fin : c’est quoi le message ?
Bruno – Face à une société de plus en plus organisée autour d’un pouvoir financier prédateur qui nous individualise pour mieux nous contraindre, le développement des alternatives citoyennes, bien que nécessaire, n’est plus suffisant. Nous devons relier toutes ces initiatives pour faire système et, plus encore, nous devons travailler à la convergence de tous ceux qui luttent pour qu’un autre monde soit possible.
La stratégie de pompiers devient une nécessité face à l’urgence, il ne s’agit plus de laisser à chacun le soin d’inventer ses solutions mais de construire ensemble une alternative crédible et désirable pour la majorité qui subi. Cela nous oblige à nous compter, à nous relier, à nous écouter pour trouver nos points de convergence, à changer nos méthodes pour être capable de coopérer au service d’un projet commun. Transiscope est un commun coopératif et numérique qui, tant par sa nature coopérative que par ses développements numériques, contribue à ce paradigme, nous ne pouvons que souhaiter que les acteurs de la transformation sociétale s’en saisissent.
27.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 27 juillet 2026
Texte intégral (9959 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- « Je ne peux plus participer à cette mascarade » : pourquoi des guides en Antarctique quittent le métier de leurs rêves (theconversation.com)
« On voyait d’immenses pans de glacier s’effondrer dans la mer, et on avait juste envie de pleurer. Mais tous les touristes applaudissaient. Et vous vous disiez… “Vous ne voyez vraiment pas le lien ?” »
- Ce bateau va dériver en Arctique pendant 20 ans pour étudier le réchauffement climatique (huffingtonpost.fr)
La Tara Polar Station a quitté Lorient pour sa première expédition au pôle Nord.
- En Inde, le mouvement des « cafards » fait trembler le gouvernement Modi (huffingtonpost.fr)
La GenZ indienne est dans la rue pour demander la démission du ministre de l’Éducation après qu’un compte satirique « le parti des cafards » a été créé sur Instagram.[…]Tout est parti d’une déclaration du président de la cour suprême indienne qui aurait qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de « cafards ».
- En Inde, les « cafards » arrêtent leurs manifestations après avoir obtenu gain de cause (huffingtonpost.fr)
Le ministre de l’Éducation indien a finalement annoncé sa démission, après six jours de mobilisation des étudiant·es pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires.

- L’Arabie saoudite va lancer son programme nucléaire civil avec le soutien des États-Unis (humanite.fr)
Washington va permettre à Riyad d’enrichir de l’uranium pour son programme d’énergie nucléaire. Une annonce qui survient alors que les hostilités ont repris entre les États-Unis et l’Iran et que les Houthis du Yémen ont annoncé vouloir mettre en place un blocus maritime contre la pétromonarchie.
- The Aral Sea Has Been Drying Up For 60 Years. New Research Shows It’s Also Releasing Massive Amounts of Carbon (sciencealert.com)
- « Une procédure judiciaire à motivation politique » : Viktor Orbán réagit à la perquisition de son parti pour « détournement de fonds » (humanite.fr)
- À Berlin, la marche des fiertés endeuillée par une attaque ayant fait un·e mort·e et plusieurs blessé·es (huffingtonpost.fr)
Un homme au volant de son véhicule a foncé dans la foule à la fin de la marche des fiertés, samedi 25 juillet. La police allemande recherche toujours le suspect.
- Un vent libertarien souffle sur l’Europe (politis.fr)
L’Union européenne s’est lancée dans un vaste programme de démantèlement de ses régulations écologiques, sociales, financières ou encore numériques… sous les applaudissements des lobbys industriels et financiers.
- EU governments adopt return of Chat Control 1.0 – Breyer : “The true losers are our children” (patrick-breyer.de)
the EU governments re-enacted the suspicionless mass scanning of private communications […] without the approval of the European Parliament (a majority of voting MEPs had voted against the regulation). As a result, US providers like Meta or Google are once again permitted to conduct the controversial, warrantless mass scans of private chats and messages until 3 April 2028.
- The EU is about to sell our most sensitive data to the US for visa-free travel (edri.org)
The European Commission is currently finalising negotiations with the Trump administration to conclude an “Enhanced Border Security Partnership” (EBSP) Framework Agreement allowing border control authorities to screen travellers against biometric databases and profile them for security concerns. The leaked draft text suggests that the Commission significantly caved in to US’s excessive demands for unfettered information access, exacerbating travel surveillance and putting our fundamental rights at risk.
- Anger explodes in Bologna after police killing (freedomnews.org.uk)
A mass demonstration in central Bologna, Italy led to riots late on Monday, following the death of a man at the hands of police.
- Spanish government ‘quietly bans use of Palantir’ in critical state systems over fears of national security leaks (lbc.co.uk)
- More than 220,000 evacuated in France and Spain due to wildfires (bbc.co.uk)

- L’Espagne face à un autre incendie, qui ravage plus de 13 000 hectares au nord de Madrid (huffingtonpost.fr)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées en raison des flammes. La forêt touchée abrite des espèces menacées d’aigles, de loups et de papillons.
- « Les feux sont sur le point de fusionner » : la région de Madrid sous « état d’urgence » et cernée par des incendies incontrôlables (humanite.fr)
- Deux fois plus d’hectares ont brûlé en Europe depuis le 1er janvier par rapport à la moyenne des 20 dernières années (legrandcontinent.eu)
Au mercredi 22 juillet, 275 000 hectares ont brûlé en Europe depuis le début de l’année, dont plus de la moitié en Espagne et en France.
- Feux, déni climatique et gouvernements pyromanes : alerte rouge partout dans le monde (basta.media)
- Sécheresse : les Britanniques n’ont plus le droit d’arroser leur jardin, et ils ne sont pas contents du tout (slate.fr)
Confrontée à une importante crise de l’eau, l’Angleterre a renforcé les restrictions concernant la consommation d’eau. Résultats : le nombre de conflits de voisinage a explosé, pour se transformer en une véritable bataille politique.
- Donald Trump annonce des droits de douane de 100 % sur les médicaments génériques dès 2028 (france24.com)
À partir d’août 2028, les États-Unis imposeront des droits de douane de 100 % sur les médicaments génériques, a annoncé le président Donald Trump mardi. Objectif : relocaliser la production des produits pharmaceutiques sur le territoire américain.
- Researchers used electric stoves to treat asthma. It worked. (climatecoloredgoggles.com)
There’s already lots of research showing that gas stoves fill our homes with nasty air pollution, including cancer-causing chemicals and toxins that increase the risk of kids getting asthma.
- Emails show how Virginia regulators downplayed data center health concerns (politico.com)
- Expulsions massives, prisons privées : les États-Unis de Trump se transforment en État policier (basta.media)
Meurtres policiers, détention de masse, surveillance généralisée : guidé par la discrimination raciale, Trump redessine jour après jour les contours de l’appareil policier états-unien. Une politique qui bénéficie de puissants relais publics comme privés.

- US government targets Cop City protester over phone operating system (theguardian.com)
Concern over US effort to prosecute Sam Tunick, accused by authorities of wiping his phone using GrapheneOS
- Hackers stole ‘significant’ amount of data from tech firm relied on by thousands of US hospitals and pharmacies (techcrunch.com)
- Hackers are exploiting recently patched WordPress bugs, putting millions of websites at risk (techcrunch.com)
- The Hidden CCS2 Attack Surface on EV Chargers (saiflow.com)
An EV charger’s charging port is a network port. We found SSH and Telnet services exposed on XCharge C6 chargers with default root:root credentials. A threat actor with a malicious EV can gain immediate full control access on the charger and perform energy theft or potentially cause physical damage.
- Peter Thiel and other tech billionaires are publicly shielding their children from the products that made them rich (fortune.com)
Despite building an increasingly screen-focused world, billionaire tech leaders are keeping their own children away from the tech they helped create.
- For Taylor Swift, Madison Square Garden’s Controversial Cameras Briefly Went Dark (wired.com)
MSG’s sprawling surveillance system can monitor guests down to the second. Its owners made an exception for the pop star’s rehearsal dinner.
- La météorite tombée dans le salon de ce couple américain abrite un trésor inestimable, affirment les chercheureuses (slate.fr)
- Robot snakes searched for Venezuela earthquake survivors in collapsed buildings (arstechnica.com)
- Chili : une violente tempête fait dix morts et laisse 100 000 personnes isolées (rfi.fr)
Les scientifiques avertissent que l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle du globe augmenteront à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.
Spécial IA
- New Zealand : Greens call for one-year pause on AI data centres (stuff.co.nz)
The party, which is holding its annual general meeting in Auckland on Sunday, announced a policy of pausing any data centre consents for a year. It comes after the Labor-led Government in Australia tightened the rules for these developments. “Right now, AI data centres can be consented behind closed doors, with no community input”
- AI Kill Switch Act would let Trump admin order shutdown of rogue AI systems (arstechnica.com)
the bill would let the Trump administration and future administrations decide when an AI company must block user access, disable or restrict a particular capability, or shut an entire AI system down completely. The bill would require AI makers to deploy technical capabilities allowing them to throttle or shut down the systems when ordered to do so
- OpenAI says its AI technology acted on its own in an ‘unprecedented’ hack of another company (apnews.com)
- AI chatbots are at risk of spreading government restrictions on online speech, a new study says (apnews.com)
major AI systems, including those built in the U.S., are more likely to refuse to criticize restrictive leaders or governments. It raises concerns that the large language models powering chatbots and AI agents could be regurgitating and spreading government influence over online speech as the technology is increasingly adopted worldwide.
ClaudeAnthropic peut désormais apprendre votre façon de travailler… en regardant votre écran (clubic.com)- Scientists Warn Wildlife Photographers’ AI-Enhanced Bird Photos Could Threaten Research (petapixel.com)
- AI Companies Are Buying Tons of Old Books Because They’re Free of AI Slop (news.slashdot.org)
ISBNdb advertises that it can keep the identity of AI companies secret. […] ISBNdb notes that AI companies may not want to be caught destroying printed books during the scanning process. “The optics problem is real,” ISBNdb’s site says. “‘AI company destroys two million books’ is not a headline that generates sympathy.”
- Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ? (next.ink)
Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

- Google just had its first negative cash flow quarter due to massive AI spending (arstechnica.com)
- IA : Microsoft signe un accord avec Mistral pour utiliser ses infrastructures en Europe (france24.com)
Microsoft a accepté d’investir des milliards de dollars dans l’infrastructure informatique de Mistral en Europe
- Linux kernel team publishes 432 CVEs in two days (theregister.com)
Sunday-to-Monday onslaught fuels speculation over AI-assisted bug reportsIf you’re responsible for Linux security, someone just dumped a pile of work onto your desk : 432 Linux kernel CVEs were published across Sunday and Monday this week. Linux watchers at nixCraft pointed out the volume on Monday morning, and it didn’t take long for seasoned sysadmins to start expressing concerns.
- Protecting our FLOSS commons from LLMs (blog.codeberg.org)
Two motions regarding “artificial intelligence” and Large Language Models (LLMs) were voted on among Codeberg e. V. members and passed. We are promising to not use any of your data to train LLM and explain what the planned Terms of Use change mean for ‘vibe-coded’ projects. We believe that LLMs endanger the free/libre software ecosystem as a whole.
Voir aussi L’anti-GitHub européen dit non au code écrit par Claude et Codex (clubic.com)
Pendant que GitHub continue d’intégrer Copilot à chaque recoin de sa plateforme, son concurrent européen a pris la direction exactement inverse. Le 22 juillet 2026, la communauté de Codeberg a voté à 71 % l’interdiction des dépôts majoritairement générés par IA, avec Claude et OpenAI Codex nommément dans le viseur. Une prise de position qui traduit autant un choix éthique qu’une contrainte économique très concrète.

- Amsterdam activists throw acid at Microsoft datacenter project (theregister.com)
Extinction Rebellion claims responsibility for chemical-filled balloon attack targeting concrete and steel
- Combien d’énergie consomme vraiment l’IA ? La réponse en infographies (reporterre.net)
Spécial Israël
- ‘Drop Project Nimbus !’ : Protester of Amazon Genocide Complicity Put in Chokehold at ‘AI for Good’ Summit (commondreams.org)
A protester was violently removed from the United Nations AI for Good Global Summit in Geneva on Wednesday after Palestine defenders disrupted a presentation by a senior Amazon executive to denounce Big Tech’s complicity in Israel’s genocidal war on Gaza.
- Scottish pro-Palestine activist arrested ‘for reading poem about Gaza’ (thenational.scot)
Bill Williamson, 74, who lives in Ardentinny, said he had been at a weekly Palestine vigil outside Dunoon Burgh Hall on July 4 when he was approached by a pair of police officers while he was reading out Don’t Mention The Children by the Jewish writer Michael Rosen through a megaphone.[…] “Initially I thought, just let this die a death. But then I thought, people are not hearing about this gradual erosion of our civil liberties.“I thought, this is intimidation. The more people that know about it, I think the better.”
- UNESCO adds West Bank site and Lebanese castles to World Heritage List despite Israeli objections (apnews.com)
- Reclaiming stolen childhoods : swimming classes resume in Gaza after three years of war (theguardian.com)
In sea pools built with sandbags and rubble, Amjed Tantesh gives traumatised children brief respite from their daily lives
- « 45 °C sous les tentes » : Israël restreint l’accès des Palestinien·nes à l’eau et à la fraîcheur en pleine canicule (reporterre.net)
- L’armée israélienne bombarde des appartements à Gaza et tue 11 personnes dont 3 enfants (humanite.fr)
Onze personnes ont été tuées samedi 18 juillet par l’armée israélienne, après un bombardement sur un immeuble. 1 144 Palestinien·nes ont été tué·es à Gaza depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu ».

- Bande de Gaza : L’ONU dénonce « l’intensification » récente des frappes israéliennes sur le territoire palestinien (lemonde.fr)
- Why Israel needs to continue its genocidal war on Gaza (mondoweiss.net)
Amid an alleged ceasefire, Israel continues massacring Palestinians and stealing land in Gaza. The ongoing violence is not accidental : it is a political necessity for any Israeli government in power.
- Israeli shelling, incursions continue in southern Lebanon as army deployment enters 2nd day (middleeastmonitor.com)
- Cultiver la vie dans les cendres : écologies de survie au Liban-Sud (terrestres.org)
L’invasion israélienne du Liban-Sud ne détruit pas seulement des vies, des champs et des vergers : elle annihile les habitats et fait tout pour rendre le retour impossible. Parmi celles et ceux qui ont choisi de rester malgré le danger, des femmes s’attachent à cultiver la terre.
Spécial Barbara Butch
- En soutien à Barbara Butch, Alain Chabat et plus de 300 artistes signent une tribune (huffingtonpost.fr)
« Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine. »

Voir aussi La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI pour provocation à la haine et à la violence (huffingtonpost.fr)Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite OMERTA et l’essayiste Alain Soral
- Après l’affaire Barbara Butch, le responsable LFI à Grenoble Allan Brunon porte plainte pour menaces de mort (liberation.fr)
- La solidarité avec le peuple palestinien n’est pas un crime (politis.fr)
- Derrière l’affaire Barbara Butch : l’histoire d’un « progressisme » à géométrie variable au PS (problematik-media.com)
Spécial femmes dans le monde
- Sex work or starve : Aid workers in Nepal left jobless by USAID cuts turn to sex work to survive (independent.co.uk)
After the United States slashed its foreign aid funding last year, more than 280,000 aid workers worldwide lost their jobs
- « Il se prenait pour le gardien de la morale » : l’entourage de l’ex-élu UDC accusé de viol témoigne (blick.ch)
- Women’s Tennis Association implements compulsory gene testing (sportresolutions.com)
The Women’s Tennis Association (WTA) Tour has aligned itself with the International Olympic Committee, World Athletics and World Boxing and has made it mandatory for its players to undergo a “one-time screening process for the SRY gene” to secure their eligibility in the women’s category.
- Les applis dédiées au suivi des règles partagent vos données et c’est un problème (slate.fr)
Pour une app libre et respectueuse des données des utilisateurices (et donc disponible sur F-Droid) : Drip.
RIP
- Mort de Jennifer Finch, L7 et le rock féministe perdent une de leurs pionnières (telerama.fr)
La bassiste, figure de la scène underground de Los Angeles, a succombé à un cancer du cerveau. Sa formation a marqué le rock alternatif des années 1990 par son énergie punk et son engagement féministe.
Spécial France
- Dans le camp de Tsoundzou, à Mayotte, les oublié·es de la route migratoire de l’océan Indien (theconversation.com)
- Dépendances numériques : le plan de la commission d’enquête parlementaire pour émanciper la France des Big techs étasuniennes (synthmedia.fr)
- IA agentique et données personnelles : la CNIL et le Conseil de l’IA et du Numérique publient une note exploratoire (cnil.fr)
- “Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle” : pourquoi le projet de recherche de Doctolib suscite la controverse (usine-digitale.fr) – Lien vers le formulaire pour s’opposer à la réutilisation de ses données (doctolib.fr)
- Tour Montparnasse : le chantier titanesque de rénovation a débuté, dans l’incertitude sur la suite du projet (liberation.fr)
La première phase des travaux comprend le désamiantage et le retrait du bas de la façade de l’édifice. Mais l’envolée des coûts, désormais estimés à 800 millions d’euros, partage les copropriétaires sur l’ampleur de la restructuration.
- Incinération dans le 94 : comment Paris pollue sa banlieue (blogs.mediapart.fr)
Hier au Conseil de Paris, s’est tenue une délibération relative à l’achat par la Ville de Paris d’un terrain dans le quartier des Ardoines à Vitry-sur-Seine. Cet achat est la première étape du projet contesté « Thermo-sur-Seine », construction d’une usine d’incinération de déchets industriels dans le 94, destinée à produire du chauffage pour… Paris.
- En manque de piscines, la Seine-Saint-Denis ouvre ses rivières (reporterre.net)
- D’abord mis en pause, le projet Rive Droite définitivement abandonné par la Métropole de Lyon (lyoncapitale.fr)
- 5 764 décès en excès en France durant la période de canicule du 17 juin au 2 juillet (santepubliquefrance.fr) – voir aussi ‘Unprecedented’ : France records 5,764 excess deaths during June-July heatwave period (france24.com)

- Canicule : près de 700 000 poules pondeuses sont mortes en France (reporterre.net)
- « J’ai cru que ma vie allait partir en fumée » : les grimpeureuses pleurent la forêt de Fontainebleau (reporterre.net)
« L’idée de regrimper là-bas, c’est juste impensable. Ça n’a plus de sens »
- La forêt et ses animaux « sacrifiés » : après l’incendie, la Drôme pleure son patrimoine naturel (reporterre.net)
L’incendie qui a ravagé 4 400 ha de forêt dans la Drôme a mis près d’un mois à être fixé. Faute de moyens, les pompiers ont priorisé les personnes et les biens et laissé brûler la forêt, avec des dommages encore inconnus sur les espèces locales.
- Incendie à Nantes : quand l’inaction climatique rencontre l’inaction sociale (nantes.indymedia.org)
Lundi 20 juillet, un incendie a ravagé près de 10 hectares au chemin du Moulin-des-Marais à l’est de Nantes. 20 à 30 caravanes ont brûlé. Une soixantaine de familles ont tout perdu : leurs habitations, leurs affaires, leurs médicaments, leurs souvenirs de famille… Ce sont des familles roms, installées depuis des années dans cette agglomération.
- Débordés par les feux, les sapeurs-pompiers crient leur mal-être : « Les corps sont mis à rude épreuve » (huffingtonpost.fr)
Confrontés à une violente saison des feux, les volontaires comme les professionnels sont poussés dans leurs retranchements. Les syndicats réclament plus de moyens.
Voir aussi Incendies : les pompiers alertent sur leur épuisement après trois décès en deux semaines (sudouest.fr)
- “C’est scandaleux” d’avoir cinq Canadair disponibles sur 12 pour lutter contre les incendies, déplore un commandant de bord de Canadair (franceinfo.fr)
“À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux” […] ce manque d’avions rend “pratiquement totalement inefficace” l’action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement.
- Avec les incendies en Gironde et dans les Landes, le gouvernement se retrouve sous pression (huffingtonpost.fr)
L’ampleur des feux dans le Sud-Ouest renvoie Laurent Nuñez à la promesse d’un projet de loi dédié à la sécurité civile et jamais concrétisé. Sans oublier le « nerf de la guerre » : le financement.
- Incendie en Gironde : la presqu’île du Cap-Ferret évacuée, Macron appelle l’Europe en renfort (huffingtonpost.fr)
- Fumées, cendres et sidération : Bordeaux suffoque sous l’incendie de Gironde (reporterre.net)
Le changement de direction du vent a plongé Bordeaux sous un dôme de fumée vendredi soir
- Contre les incendies, l’A400M d’Airbus sera bientôt mobilisé pour épauler les pompiers (huffingtonpost.fr)
L’appareil en question est un A400M d’Airbus, utilisé d’ordinaire par l’armée pour le transport militaire. Il sert à véhiculer des soldats, du matériel, de gros équipements comme des hélicoptères et des véhicules blindés.
Voir aussi Face aux incendies en Gironde, l’A400M va être déployé pour la première fois dès ce samedi (huffingtonpost.fr)
- Incendie en Gironde : l’auteur de cette photo virale d’un couple à la plage raconte ce qu’il faut vraiment y voir (huffingtonpost.fr)

- Ce qu’est un orage de feu, phénomène inédit qui a conduit à des évacuations près de Bordeaux (huffingtonpost.fr)
Plusieurs communes voisines de Bordeaux ont été évacuées dans la nuit de vendredi après l’apparition d’un pyrocumulonimbus, phénomène jamais observé en France.
- Au cœur d’un été cataclysmique, TotalEnergies annonce 9,8 milliards d’euros de profits (reporterre.net)
- Bénéfice net de 4,3 milliards d’euros : que cache le « modèle diversifié » vanté par BNP Paribas ? (humanite.fr)
Outre TotalEnergies et ses gains glanés sur le dos de la guerre au Moyen-Orient, BNP Paribas a dévoilé, jeudi 23 juillet, un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. Malgré cela, aucune taxation de ces bénéfices n’est à ce jour prévue. […] le « modèle diversifié » de la BNP Paribas à tout l’air d’une formule pour adoucir le réel : des profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie.
Spécial femmes en France
- L’Assemblée adopte la perpétuité pour les viols en série sur mineur·e, avec le projet de loi sur la protection de l’enfance (huffingtonpost.fr)
Le gouvernement avait réclamé un nouveau vote sur cette disposition du projet de loi, après un premier rejet dû à l’opposition des groupes de gauche.
- Une enquête ouverte contre le réseau Wyylde, utilisé dans une affaire de viols collectifs filmés en Gironde (humanite.fr)
Le principal mis en cause, Christophe B., est accusé d’avoir recruté des hommes afin de violer collectivement et face caméra plusieurs de ses compagnes successives.[…]Dix-neuf hommes sont désormais mis en examen, pour viols collectifs filmés, accompagnés d’« actes de barbarie » et de « crimes sexuels avec torture »
RIP
- Mort de Marie Paule Belle, la chanteuse du tube féministe « La Parisienne », à 80 ans (huffingtonpost.fr)
Spécial médias et pouvoir
- « Si on peut utiliser les moyens des médias Bolloré pour diffuser nos idées… » Le livre d’un député LFI publié dans la maison d’édition d’extrême droite Fayard de Vincent Bolloré (streetpress.com)
- Hugo Clément, et le jeu dangereux de l’écologie « dépolitisée » (reporterre.net) – voir aussi « Vakita », un média financé par des milliardaires et des partenariats (reporterre.net)
Si « Vakita », le média du journaliste Hugo Clément, s’affiche comme « 100 % indépendant », il a en réalité été financé par plusieurs milliardaires. Il bénéficie aussi des retombées de partenariats avec des marques, quitte à brouiller son activité journalistique.
- L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible (blogs.mediapart.fr)
Chaque semaine charrie son lot de violences à l’encontre de celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se définissent comme « écologistes » ou sont identifié·es comme tel·les.
- Makassar en faillite : sauvons l’édition indépendante (bibliolingus.fr)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Inégalité fiscale : ces 133 000 riches qui échappent à l’impôt (alternatives-economiques.fr)
- « Les fonctionnaires sont là pour servir le collectif, dans un monde ultra-individualiste, mais n’ont plus les moyens de le faire » (basta.media)
- Nouvelle ponction de l’État sur l’Assurance chômage : « L’Etat pique l’argent qui sont des cotisations salariales », dénonce le sénateur Olivier Henno (publicsenat.fr)
Alors que le gouvernement compte pratiquer une nouvelle ponction dans les comptes de l’Unedic, plaçant l’organisme dans le rouge, les sénateurs de droite comme de gauche dénoncent la pratique, qui dure depuis trois ans. « C’est scandaleux, ce qu’il s’est passé entre 2023 et 2026 de façon insidieuse », pointe la sénatrice LR Frédérique Puissat.
- Le gouvernement va doubler le plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et les médicaments, de 100 à 200 euros (franceinfo.fr)

- Malgré la réintroduction dérogatoire de pesticides, la loi d’urgence agricole adoptée par l’Assemblée nationale (huffingtonpost.fr)
Clivant jusqu’au sein du bloc central, le projet de loi agricole a été voté par l’Assemblée nationale, avant un dernier passage au Sénat dans quelques heures.
Voir aussi Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux (basta.media)
Le gouvernement et les député·es du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
Et Loi d’urgence agricole adoptée à l’Assemblée : le gouvernement divise jusque dans ses rangs et couronne l’agrobusiness (humanite.fr)
- À la demande de Macron, la ministre de la Transition écologique reste à son poste (reporterre.net)

- La loi Montagne favorisera « une colonisation par les résidences secondaires » (reporterre.net)
- Financements, start-up d’État… ce que prévoit le gouvernement pour reconstruire les forêts (ledauphine.com)
- « C’est sérieux ? » : ce message du gouvernement sur l’éco-anxiété est étrillé sur Instagram (huffingtonpost.fr)
« Démissionnez déjà, ça diminuera un peu notre éco-anxiété »
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- France Travail déploie un outil de profilage algorithmique à des fins de contrôle (laquadrature.net)
Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l’utilisation d’outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.
- France : vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe (france24.com) – voir aussi France becomes first EU country to ban social media access for under-15s (theguardian.com)
- Contre la présomption de légitime défense : la pétition aux plus de 730 000 signatures classée sans suite (index.ngo) – voir aussi Pétition contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre : classement décidé par la commission des lois (projetarcadie.com) et Le RN, la droite et les Macronistes enterrent la pétition contre la présomption de légitime défense, malgré 730 000 signatures (basta.media)

- Jeunes verbalisés à répétition : « Le policier exerce une fonction de justice dans la rue, sans le regard du juge » (basta.media)
Contrôlés et verbalisés à répétition, de nombreux jeunes racisés subissent dès l’enfance un harcèlement policier dans l’espace public
- “On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe” : en Isère, Joris Laurencin, 21 ans, s’est suicidé après avoir subi un harcèlement raciste (histoirescrepues.fr)
- Nomination de François-Noël Buffet : Emmanuel Macron, meilleur défenseur des droites (basta.media)
Sur proposition d’Emmanuel Macron, le sénateur LR François-Noël Buffet est devenu, ce 21 juillet, le nouveau Défenseur des droits, après un avis favorable rendu par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un nouveau cadeau fait par le président de la République aux droites les plus réactionnaires.

- Présidentielle 2027 : le RN sans solution de prêt, le gouvernement et les banques planchent sur le financement de la campagne (liberation.fr)
- Culture, associations, travail attaqués : le bilan en carte des 100 jours des maires d’extrême droite (basta.media)
Spécial résistances
- Loi pour interdire le commerce avec les colonies israéliennes : les député-e-s doivent soutenir (ldh-france.org)
- “Je ne considère pas du tout que je stigmatise une communauté”, cette ville interdit le burkini dans sa piscine municipale, la décision retoquée par le tribunal (france3-regions.franceinfo.fr)
Léguevin près de Toulouse (Haute-Garonne) a décidé d’interdire le port du burkini dans sa piscine municipale. La Ligue des Droits de l’Homme a déposé un recours devant le tribunal administratif pour discrimination. Le juge des référés lui a donné raison.
- Relay dans les gares : la SNCF sommée de rompre avec le système Bolloré (actualitte.com)
Alternatiba, SUD-Rail, le SNJ-CGT, Greenpeace, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et une vingtaine d’organisations demandent à la SNCF de revoir son partenariat avec Relay pour la vente de livres et de journaux en gare. Leur mobilisation s’appuie sur une enquête accusant l’enseigne de favoriser certains titres conservateurs ou d’extrême droite.
- À Rouen, les artistes font plier la mairie : l’IA ne remplacera plus les illustrateurices sur les affiches municipales (lareleveetlapeste.fr)
Cette mobilisation pose une question simple : l’argent public doit-il servir à économiser une commande ou à faire vivre les créateurs d’un territoire ? Les systèmes d’IA générative sont entraînés sur d’immenses corpus pouvant contenir des œuvres protégées. Le ministère de la Culture reconnaît lui-même que les mécanismes actuels ne garantissent pas suffisamment l’autorisation et la rémunération des auteurices.
- VICTOIRE ! Chartes pesticides : le Conseil d’État rejette le pourvoi du ministère de l’Agriculture et confirme l’illégalité de cinq chartes dites de « bon voisinage » (generations-futures.fr)
- “On détruit le climatiseur naturel qu’est la forêt” : après une nouvelle coupe rase, des manifestant·es mettent les engins des forestiers à l’arrêt (france3-regions.franceinfo.fr)
Spécial outils de résistance
- Organising, Technology, and Developing Collective Practice (rosalux.de)
This is a practical, hands-on brochure for movements and parties on the Left as they refine their approaches to organising and technology and take the next steps in their work.
Spécial MAGAM et cie
- Google adds selfie video as a log-in option (engadget.com)
- 890 millions d’euros d’amende : Google sanctionné deux fois par Bruxelles (next.ink) – voir aussi EU fines Google €890m for competition breaches over search and apps (theguardian.com)
- Airbus takes flight from AWS. What happens next is critical (theregister.com)
Airbus has named French cloud services provider Scaleway as the destination for some 900 applications, with an initial 70 getting priority onboarding, as it seeks to put critical systems and data under European control.
- Facebook Verified : Meta Now Wants a Video Selfie of Your Face (reclaimthenet.org)
- Data centers : Meta renonce discrètement à son engagement pour des énergies propres (challenges.fr)
Dix ans après sa promesse d’utiliser des énergies propres pour ses activités, le géant Meta vient d’y renoncer ce vendredi. Le groupe investit notamment dans des centrales au gaz pour alimenter ses data centers.
- Le découpage technologique, la tactique vaine d’Apple pour esquiver la régulation (theconversation.com)
Apple a contesté tomber sous le coup du Digital Market Act (DMA) en faisant valoir que sa boutique d’application n’en était pas une, mais cinq plus petites dédiées à leurs différents produits. Cet argument n’a pas convaincu le Tribunal de l’Union européenne. Quant à son iOS, il ne connaît pas un meilleur sort et est aussi désigné comme tombant sous la régulation du DMA.
- How Microsoft’s “Little Workaround” Created a Major Pentagon Threat (propublica.org)
- Comment un simple branchement d’écran illustre un vieux problème de Windows (next.ink)
Des propriétaires de moniteurs LG ont constaté qu’après un simple branchement de l’écran, Windows installe silencieusement une application nommée LG Monitor App Installer. Sa seule mission semble être de proposer un essai de l’antivirus McAfee.
- Migrer vers le logiciel libre ne suffira pas : le format de fichier reste le vrai verrou de Microsoft (lesnumeriques.com)
- Pour Bruxelles, TikTok ne protège pas assez les comptes des mineurs (next.ink)
- Big Tech accused of stonewalling European social media researchers (arstechnica.com)
Researchers say TikTok, X, and Meta aren’t providing data they’re legally required to.
Les autres lectures de la semaine
- La France et le changement climatique, ce sujet trop grand pour un beau discours politique (courrierinternational.com)
- La seconde vie méconnue des pesticides dans l’atmosphère (theconversation.com)
On a longtemps pensé que les pesticides évaporés après l’épandage ne restaient que peu de temps dans l’atmosphère. On sait désormais qu’ils peuvent voyager sur des milliers de kilomètres. Une étude inédite nous permet d’en savoir plus sur la façon dont ces substances se déplacent dans l’air.
- Une punaise‑vampire dans nos jardins : le tigre du platane préférera‑t‑il bientôt le sang à la sève ? (theconversation.com)
- Sécheresse, pénurie : le capitalisme nous enlève l’eau de la bouche (frustrationmagazine.fr)
- The Assault On Science Funding Continues (science.org)
The Trump administration hates academic science funding, full stop. They hate where that money goes, and they hate who it goes to. They want to keep all that money for themselves, to hand out to favored cronies who can help them get elected and to steer yet more money and more power back into their hands.
- L’Alliance française : 140 ans de “soft power” colonial (frustrationmagazine.fr)
l’Alliance française est une institution fondée dans les colonies, entretenue par la Françafrique, et dont le modèle social repose aujourd’hui sur la précarité de ceux qu’elle prétend servir. Petite rétrospective sur 140 ans de “mission civilisatrice” dont on se serait bien passés.
- Réhabilitation du passé colonial français, racismes et islamophobie : « Il est indigne de ne pas s’indigner » ! (realites.com.tn)
- Solène Brun : « Est-ce que les Blanc·hes peuvent renoncer à leurs privilèges » ? (revueladeferlante.fr)
- Cornel West ou la démocratie existentielle (contretemps.eu)
- Féminicide d’Hélène Rytmann-Legotien : comment Louis Althusser a tué sa femme et “inventé” le masculinisme (voxeurop.eu)
- Why Misogynists Make Great Informants (theanarchistlibrary.org)
To save our movements, we need to come to terms with the connections between gender violence, male privilege, and the strategies that informants (and people who just act like them) use to destabilize radical movements. Time and again heterosexual men in radical movements have been allowed to assert their privilege and subordinate others. […] Misogyny and homophobia are central to the reproduction of violence in radical activist communities. Scratch a misogynist and you’ll find a homophobe. Scratch a little deeper and you might find the makings of a future informant (or someone who just destabilizes movements like informants do).
- What makes a woman a witch ? Financial independence (theguardian.com)
- Pourquoi les hommes mangent ils plus de viande que les femmes ? (theconversation.com)
Réduire notre consommation de viande est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’impact environnemental de notre alimentation. Pourtant, les hommes restent nettement plus réticents que les femmes à adopter des régimes végétariens ou végétaliens – et même à consommer des substituts de viande. Une résistance qui a peut-être moins à voir avec le goût qu’avec la masculinité.
- Pourquoi masculinisme et antisémitisme sont profondément liés (theconversation.com)
Les idées antisémites sont aujourd’hui présentes au sein des courants masculinistes. Or l’histoire nous montre que masculinité dominante et antisémitisme sont associés depuis des siècles. Les hommes juifs ont souvent été décrits comme féminins et fragiles, et fondamentalement différents.
- Gènes et peuples : pourquoi la génétique ne corrobore pas le concept de race dans notre espèce (theconversation.com)
- What I Learned Debating Fascists on a Phone Sex Hotline (currentaffairs.org)
- Grossesse : un travail comme un autre ? (revueladeferlante.fr)
- Fille du capitaine du Titanic et réduite à une prétendue « malédiction » : la vie oubliée d’Helen Melville Smith (slate.fr)
Après le naufrage du « Titanic » en avril 1912, la fille du capitaine du navire hérite d’une identité publique raccourcie qu’elle n’a pas choisie. Pionnière de l’aviation et passionnée d’automobile, elle montre par son parcours comment les récits historiques peuvent enfermer des vies complexes dans des histoires de fatalité.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Heureusement
- Fine
- Important
- Seasons
- Démission
- Promis
- Nomination
- Pétition
- Bouteille
- Génocide
- Graffiti
- Parts
- Internet
- Piss
- Sky
- Trump
- Next
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Loi Duplomb bis : le chercheur Philippe Grandcolas démonte les intox sur les pesticides (splann.org)
- Parcoursup : ils se battent pour les “sans fac”… et finissent au commissariat (lemediatv.fr)
320 000, c’est le nombre d’étudiant·es laissé·es sur le carreau en 2025 par la plateforme parcoursup. Une sélection à l’entrée de l’université voulue par les macronistes et appliquée avec zèle par certaines universités.
- Le néofascisme, un capitalisme d’État d’urgence ? (spectremedia.org)
- Because songs have more protection than women (tube.fdn.fr)
- Headshot (tube.fdn.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- “The first accessible guitar ever made” : Blind guitarist didn’t realize fret markers were a thing – until he was given a game-changing guitar with a tactile ‘navigation neck’ (guitarworld.com)
“You realize this is the first accessible guitar ever made in the world ? This is amazing. I can feel where I’m at on the fretboard without having to look for the harmonics.”
- Humans Can Learn to Echolocate in Just 10 Weeks, And It Rewires The Brain (sciencealert.com)
- An island in Chile covered its waters with floating solar panels and soon, thousands of salmon had turned them into their home (ecoportal.net)
- A hidden infrastructure (a-hidden-infrastructure.spun.earth)
Arbuscular mycorrhizal fungi have shaped life on land for over 450 million years by forming symbiotic networks that move carbon and nutrients between plants and soils. These networks are made of tubular cells called hyphae, through which carbon can flow from plants into the soil. We were motivated by a simple question : what would it look like if we could see the hidden fungal networks beneath our feet ?
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
26.07.2026 à 10:00
L’IA, un nouvel internet… sans condition
Texte intégral (5405 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 10 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le web va-t-il être remplacé par l’IA ? C’est en tout cas la perspective à laquelle travaille les grands acteurs de la tech.
Tous les grands acteurs des technologies ont entamé leur mue. Tous se mettent à intégrer l’IA à leurs outils et plateformes, massivement. Les Big Tech se transforment en IA Tech. Et l’histoire du web, telle qu’on l’a connue, touche à sa fin, prédit Thomas Germain pour la BBC. Nous entrons dans « le web des machines », le web synthétique, le web artificiel où tous les contenus sont appelés à être générés en permanence, à la volée, en s’appuyant sur l’ensemble des contenus disponibles, sans que ceux-ci soient encore disponibles voire accessibles. Un second web vient se superposer au premier, le recouvrir… avec le risque de faire disparaître le web que nous avons connu, construit, façonné.
Jusqu’à présent, le web reposait sur un marché simple, rappelle Germain. Les sites laissaient les moteurs de recherche indexer leurs contenus et les moteurs de recherche redirigeaient les internautes vers les sites web référencés. « On estime que 68 % de l’activité Internet commence sur les moteurs de recherche et qu’environ 90 % des recherches se font sur Google. Si Internet est un jardin, Google est le soleil qui fait pousser les fleurs ».
Ce système a été celui que nous avons connu depuis les origines du web. L’intégration de l’IA, pour le meilleur ou pour le pire, promet néanmoins de transformer radicalement cette expérience. Confronté à une nette dégradation des résultats de la recherche, notamment due à l’affiliation publicitaire et au spam, le PDG de Google, Sundar Pichai, a promis une « réinvention totale de la recherche » en lançant son nouveau « mode IA ». Contrairement aux aperçus IA disponibles jusqu’à présent, le mode IA va remplacer complètement les résultats de recherche traditionnels. Désormais, un chatbot va créer un article pour répondre aux questions. En cours de déploiement et facultatif pour l’instant, à terme, il sera « l’avenir de la recherche Google ».
Un détournement massif de trafic
Les critiques ont montré que, les aperçus IA généraient déjà beaucoup moins de trafic vers le reste d’internet (de 30 % à 70 %, selon le type de recherche. Des analyses ont également révélé qu’environ 60 % des recherches Google depuis le lancement des aperçus sont désormais « zéros clic », se terminant sans que l’utilisateur ne clique sur un seul lien – voir les études respectives de SeerInteractive, Semrush, Bain et Sparktoro), et beaucoup craignent que le mode IA ne renforce encore cette tendance. Si cela se concrétise, cela pourrait anéantir le modèle économique du web tel que nous le connaissons. Google estime que ces inquiétudes sont exagérées, affirmant que le mode IA « rendra le web plus sain et plus utile ». L’IA dirigerait les utilisateurs vers « une plus grande diversité de sites web » et le trafic serait de « meilleure qualité » car les utilisateurs passent plus de temps sur les liens sur lesquels ils cliquent. Mais l’entreprise n’a fourni aucune donnée pour étayer ces affirmations.
Google et ses détracteurs s’accordent cependant sur un point : internet est sur le point de prendre une toute autre tournure. C’est le principe même du web qui est menacé, celui où chacun peut créer un site librement accessible et référencé.
L’article de la BBC remarque, très pertinemment, que cette menace de la mort du web a déjà été faite. En 2010, Wired annonçait « la mort du web ». À l’époque, l’essor des smartphones, des applications et des réseaux sociaux avaient déjà suscité des prédictions apocalyptiques qui ne se sont pas réalisées. Cela n’empêche pas les experts d’être soucieux face aux transformations qui s’annoncent. Pour les critiques, certes, les aperçus IA et le mode IA incluent tous deux des liens vers des sources, mais comme l’IA vous donne la réponse que vous cherchez, cliquer sur ceux-ci devient superflu. C’est comme demander un livre à un bibliothécaire et qu’il vous en parle plutôt que de vous le fournir, compare un expert.
La chute du nombre de visiteurs annoncée pourrait faire la différence entre une entreprise d’édition viable… et la faillite. Pour beaucoup d’éditeurs, ce changement sera dramatique. Nombre d’entreprises constatent que Google affiche leurs liens plus souvent, mais que ceux-ci sont moins cliqués. Selon le cabinet d’analyse de données BrightEdge, les aperçus IA ont entraîné une augmentation de 49 % des impressions sur le web, mais les clics ont chuté de 30 %, car les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement de l’IA. « Google a écrit les règles, créé le jeu et récompensé les joueurs », explique l’une des expertes interrogée par la BBC. « Maintenant, ils se retournent et disent : « C’est mon infrastructure, et le web se trouve juste dedans ». »
Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, le laboratoire de recherche en IA de l’entreprise, a déclaré qu’il pensait que demain, les éditeurs alimenteraient directement les modèles d’IA avec leurs contenus, sans plus avoir à se donner la peine de publier des informations sur des sites web accessibles aux humains. Mais, pour Matthew Prince, directeur général de Cloudflare, le problème dans ce web automatisé, c’est que « les robots ne cliquent pas sur les publicités ». « Si l’IA devient l’audience, comment les créateurs seront-ils rémunérés ? » La rémunération directe existe déjà, comme le montrent les licences de contenus que les plus grands éditeurs de presse négocient avec des systèmes d’IA pour qu’elles s’entraînent et exploitent leurs contenus, mais ces revenus-là ne compenseront pas la chute d’audience à venir. Et ce modèle ne passera certainement pas l’échelle d’une rétribution généralisée.
Si gagner de l’argent sur le web devient plus difficile, il est probable que nombre d’acteurs se tournent vers les réseaux sociaux pour tenter de compenser les pertes de revenus. Mais là aussi, les caprices algorithmiques et le développement de l’IA générative risquent de ne pas suffire à compenser les pertes.
Un nouvel internet sans condition
Pour Google, les réactions aux aperçus IA laissent présager que le mode IA sera extrêmement populaire. « À mesure que les utilisateurs utilisent AI Overviews, nous constatons qu’ils sont plus satisfaits de leurs résultats et effectuent des recherches plus souvent », a déclaré Pichai lors de la conférence des développeurs de Google. Autrement dit, Google affirme que cela améliore la recherche et que c’est ce que veulent les utilisateurs. Mais pour Danielle Coffey, présidente de News/Media Alliance, un groupement professionnel représentant plus de 2 200 journalistes et médias, les réponses de l’IA vont remplacer les produits originaux : « les acteurs comme Google vont gagner de l’argent grâce à notre contenu et nous ne recevons rien en retour ». Le problème, c’est que Google n’a pas laissé beaucoup de choix aux éditeurs, comme le pointait Bloomberg. Soit Google vous indexe pour la recherche et peut utiliser les contenus pour ses IA, soit vous êtes désindexé des deux. La recherche est bien souvent l’une des premières utilisations d’outils d’IA. Les inquiétudes sur les hallucinations, sur le renforcement des chambres d’échos dans les réponses que vont produire ces outils sont fortes (on parle même de « chambre de chat » pour évoquer la réverbération des mêmes idées et liens dans ces outils). Pour Cory Doctorow, « Google s’apprête à faire quelque chose qui va vraiment mettre les gens en colère »… et appelle les acteurs à capitaliser sur cette colère à venir. Matthew Prince de Cloudflare prône, lui, une intervention directe. Son projet est de faire en sorte que Cloudflare et un consortium d’éditeurs de toutes tailles bloquent collectivement les robots d’indexation IA, à moins que les entreprises technologiques ne paient pour le contenu. Il s’agit d’une tentative pour forcer la Silicon Valley à négocier. « Ma version très optimiste », explique Prince, « est celle où les humains obtiennent du contenu gratuitement et où les robots doivent payer une fortune pour l’obtenir ». Tim O’Reilly avait proposé l’année dernière quelque chose d’assez similaire : expliquant que les droits dérivés liés à l’exploitation des contenus par l’IA devraient donner lieu à rétribution – mais à nouveau, une rétribution qui restera par nature insuffisante, comme l’expliquait Frédéric Fillioux.
Même constat pour le Washington Post, qui s’inquiète de l’effondrement de l’audience des sites d’actualité avec le déploiement des outils d’IA. « Le trafic de recherche organique vers ses sites web a diminué de 55 % entre avril 2022 et avril 2025, selon les données de Similarweb ». Dans la presse américaine, l’audience est en berne et les licenciements continuent.
Les erreurs seront dans la réponse
Pour la Technology Review, c’est la fin de la recherche par mots-clés et du tri des liens proposés. « Nous entrons dans l’ère de la recherche conversationnelle » dont la fonction même vise à « ignorer les liens », comme l’affirme Perplexity dans sa FAQ. La TR rappelle l’histoire de la recherche en ligne pour montrer que des annuaires aux moteurs de recherche, celle-ci a toujours proposé des améliorations, pour la rendre plus pertinente. Depuis 25 ans, Google domine la recherche en ligne et n’a cessé de s’améliorer pour fournir de meilleures réponses. Mais ce qui s’apprête à changer avec l’intégration de l’IA, c’est que les sources ne sont plus nécessairement accessibles et que les réponses sont générées à la volée, aucune n’étant identique à une autre.
L’intégration de l’IA pose également la question de la fiabilité des réponses. L’IA de Google a par exemple expliqué que la Technology Review avait été mise en ligne en 2022… ce qui est bien sûr totalement faux, mais qu’en saurait une personne qui ne le sait pas ? Mais surtout, cet avenir génératif promet avant tout de fabriquer des réponses à la demande. Mat Honan de la TR donne un exemple : « Imaginons que je veuille voir une vidéo expliquant comment réparer un élément de mon vélo. La vidéo n’existe pas, mais l’information, elle, existe. La recherche générative assistée par l’IA pourrait théoriquement trouver cette information en ligne – dans un manuel d’utilisation caché sur le site web d’une entreprise, par exemple – et créer une vidéo pour me montrer exactement comment faire ce que je veux, tout comme elle pourrait me l’expliquer avec des mots aujourd’hui » – voire très mal nous l’expliquer. L’exemple permet de comprendre comment ce nouvel internet génératif pourrait se composer à la demande, quelles que soient ses défaillances.
Mêmes constats pour Matteo Wrong dans The Atlantic : avec la généralisation de l’IA, nous retournons dans un internet en mode bêta. Les services et produits numériques n’ont jamais été parfaits, rappelle-t-il, mais la généralisation de l’IA risque surtout d’amplifier les problèmes. Les chatbots sont très efficaces pour produire des textes convaincants, mais ils ne prennent pas de décisions en fonction de l’exactitude factuelle. Les erreurs sont en passe de devenir « une des caractéristiques de l’internet ». « La Silicon Valley mise l’avenir du web sur une technologie capable de dérailler de manière inattendue, de s’effondrer à la moindre tâche et d’être mal utilisée avec un minimum de frictions ». Les quelques réussites de l’IA n’ont que peu de rapport avec la façon dont de nombreuses personnes et entreprises comprennent et utilisent cette technologie, rappelle-t-il. Plutôt que des utilisations ciblées et prudentes, nombreux sont ceux qui utilisent l’IA générative pour toutes les tâches imaginables, encouragés par les géants de la tech. « Tout le monde utilise l’IA pour tout », titrait le New York Times. « C’est là que réside le problème : l’IA générative est une technologie suffisamment performante pour que les utilisateurs en deviennent dépendants, mais pas suffisamment fiable pour être véritablement fiable ». Nous allons vers un internet où chaque recherche, itinéraire, recommandation de restaurant, résumé d’événement, résumé de messagerie vocale et e-mail sera plus suspect qu’il n’est aujourd’hui. « Les erreurs d’aujourd’hui pourraient bien, demain, devenir la norme », rendant ses utilisateurs incapables de vérifier ses fonctionnements. Bienvenue dans « l’âge de la paranoïa », clame Wired.
Vers la publicité générative et au-delà !
Mais il n’y a pas que les « contenus » qui vont se recomposer, la publicité également. C’est ainsi qu’il faut entendre les déclarations de Mark Zuckerberg pour automatiser la création publicitaire, explique le Wall Street Journal. « La plateforme publicitaire de Meta propose déjà des outils d’IA capables de générer des variantes de publicités existantes et d’y apporter des modifications mineures avant de les diffuser aux utilisateurs sur Facebook et Instagram. L’entreprise souhaite désormais aider les marques à créer des concepts publicitaires de A à Z ». La publicité représente 97 % du chiffre d’affaires de Meta, rappelle le journal (qui s’élève en 2024 à 164 milliards de dollars). Chez Meta les contenus génératifs produisent déjà ce qu’on attend d’eux. Meta a annoncé une augmentation de 8 % du temps passé sur Facebook et de 6 % du temps passé sur Instagram grâce aux contenus génératifs. 15 millions de publicités par mois sur les plateformes de Meta sont déjà générées automatiquement. « Grâce aux outils publicitaires développés par Meta, une marque pourrait demain fournir une image du produit qu’elle souhaite promouvoir, accompagnée d’un objectif budgétaire. L’IA créerait alors l’intégralité de la publicité, y compris les images, la vidéo et le texte. Le système déciderait ensuite quels utilisateurs Instagram et Facebook cibler et proposerait des suggestions en fonction du budget ». Selon la géolocalisation des utilisateurs, la publicité pourrait s’adapter en contexte, créant l’image d’une voiture circulant dans la neige ou sur une plage s’ils vivent en montagne ou au bord de la mer. « Dans un avenir proche, nous souhaitons que chaque entreprise puisse nous indiquer son objectif, comme vendre quelque chose ou acquérir un nouveau client, le montant qu’elle est prête à payer pour chaque résultat, et connecter son compte bancaire ; nous nous occuperons du reste », a déclaré Zuckerberg lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’entreprise.
Nilay Patel, le rédac chef de The Verge, parle de « créativité infinie ». C’est d’ailleurs la même idée que l’on retrouve dans les propos de Jensen Huang, le PDG de Nvidia, quand il promet de fabriquer les « usines à IA » qui généreront le web demain. Si toutes les grandes entreprises et les agences de publicité ne sont pas ravies de la proposition – qui leur est fondamentalement hostile, puisqu’elle vient directement les concurrencer -, d’autres s’y engouffrent déjà, à l’image d’Unilever qui explique sur Adweek que l’IA divise par deux ses budgets publicitaires grâce à son partenariat avec Nvidia. « Unilever a déclaré avoir réalisé jusqu’à 55 % d’économies sur ses campagnes IA, d’avoir réduit les délais de production de 65 % tout en doublant le taux de clic et en retenant l’attention des consommateurs trois fois plus longtemps ».
L’idée finalement très partagée par tous les géants de l’IA, c’est bien d’annoncer le remplacement du web que l’on connaît par un autre. Une sous-couche générative qu’ils maîtriseraient, capable de produire un web à leur profit, qu’ils auraient avalé et digéré.
Vers des revenus génératifs ?
Nilay Patel était l’année dernière l’invité du podcast d’Ezra Klein pour le New York Times qui se demandait si cette transformation du web allait le détruire ou le sauver. Dans cette discussion parfois un peu décousue, Klein rappelle que l’IA se développe d’abord là où les produits n’ont pas besoin d’être très performants. Des tâches de codage de bas niveau aux devoirs des étudiants, il est également très utilisé pour la diffusion de contenus médiocres sur l’internet. Beaucoup des contenus d’internet ne sont pas très performants, rappelle-t-il. Du spam au marketing en passant par les outils de recommandations des réseaux sociaux, internet est surtout un ensemble de contenus à indexer pour délivrer de la publicité elle-même bien peu performante. Et pour remplir cet « internet de vide », l’IA est assez efficace. Les plateformes sont désormais inondées de contenus sans intérêts, de spams, de slops, de contenus de remplissage à la recherche de revenus. Et Klein de se demander que se passera-t-il lorsque ces flots de contenu IA s’amélioreront ? Que se passera-t-il lorsque nous ne saurons plus s’il y a quelqu’un à l’autre bout du fil de ce que nous voyons, lisons ou entendons ? Y aura-t-il encore quelqu’un d’ailleurs, où n’aurons-nous accès plus qu’à des contenus génératifs ?
Pour Patel, pour l’instant, l’IA inonde le web de contenus qui le détruisent. En augmentant à l’infini l’offre de contenu, le système s’apprête à s’effondrer sur lui-même : « Les algorithmes de recommandation s’effondrent, notre capacité à distinguer le vrai du faux s’effondre également, et, plus important encore, les modèles économiques d’Internet s’effondrent complètement ». Les contenus n’arrivent plus à trouver leurs publics, et inversement. L’exemple éclairant pour illustrer cela, c’est celui d’Amazon. Face à l’afflux de livres générés par l’IA, la seule réponse d’Amazon a été de limiter le nombre de livres déposables sur la plateforme à trois par jour. C’est une réponse parfaitement absurde qui montre que nos systèmes ne sont plus conçus pour organiser leurs publics et leur adresser les bons contenus. C’est à peine s’ils savent restreindre le flot
Avec l’IA générative, l’offre ne va pas cesser d’augmenter. Elle dépasse déjà ce que nous sommes capables d’absorber individuellement. Pas étonnant alors que toutes les plateformes se transforment de la même manière en devenant des plateformes de téléachats ne proposant plus rien d’autre que de courtes vidéos.
« Toutes les plateformes tendent vers le même objectif, puisqu’elles sont soumises aux mêmes pressions économiques ». Le produit des plateformes c’est la pub. Elles-mêmes ne vendent rien. Ce sont des régies publicitaires que l’IA promet d’optimiser depuis les données personnelles collectées. Et demain, nos boîtes mails seront submergées de propositions marketing générées par l’IA… Pour Patel, les géants du net ont arrêté de faire leur travail. Aucun d’entre eux ne nous signale plus que les contenus qu’ils nous proposent sont des publicités. Google Actualités référence des articles écrits par des IA sans que cela ne soit un critère discriminant pour les référenceurs de Google, expliquait 404 Media (voir également l’enquête de Next sur ce sujet qui montre que les sites générés par IA se démultiplient, « pour faire du fric »). Pour toute la chaîne, les revenus semblent être devenus le seul objectif.
Et Klein de suggérer que ces contenus vont certainement s’améliorer, comme la génération d’image et de texte n’a cessé de s’améliorer. Il est probable que l’article moyen d’ici trois ans sera meilleur que le contenu moyen produit par un humain aujourd’hui. « Je me suis vraiment rendu compte que je ne savais pas comment répondre à la question : est-ce un meilleur ou un pire internet qui s’annonce ? Pour répondre presque avec le point de vue de Google, est-ce important finalement que le contenu soit généré par un humain ou une IA, ou est-ce une sorte de sentimentalisme nostalgique de ma part ? »
Il y en a certainement, répond Patel. Il n’y a certainement pas besoin d’aller sur une page web pour savoir combien de temps il faut pour cuire un œuf, l’IA de Google peut vous le dire… Mais, c’est oublier que cette IA générative ne sera pas plus neutre que les résultats de Google aujourd’hui. Elle sera elle aussi façonnée par la publicité. L’enjeu demain ne sera plus d’être dans les 3 premiers résultats d’une page de recherche, mais d’être citée par les réponses construites par les modèles de langages. « Votre client le plus important, désormais, c’est l’IA ! », explique le journaliste Scott Mulligan pour la Technology Review. « L’objectif ultime n’est pas seulement de comprendre comment votre marque est perçue par l’IA, mais de modifier cette perception ». Or, les biais marketing des LLM sont déjà nombreux. Une étude montre que les marques internationales sont souvent perçues comme étant de meilleures qualités que les marques locales. Si vous demandez à un chatbot de recommander des cadeaux aux personnes vivant dans des pays à revenu élevé, il suggérera des articles de marque de luxe, tandis que si vous lui demandez quoi offrir aux personnes vivant dans des pays à faible revenu, il recommandera des marques plus cheap.
L’IA s’annonce comme un nouveau public des marques, à dompter. Et la perception d’une marque par les IA aura certainement des impacts sur leurs résultats financiers. Le marketing a assurément trouvé un nouveau produit à vendre ! Les entreprises vont adorer !
Pour Klein, l’internet actuel est certes très affaibli, pollué de spams et de contenus sans intérêts. Google, Meta et Amazon n’ont pas créé un internet que les gens apprécient, mais bien plus un internet que les gens utilisent à leur profit. L’IA propose certainement non pas un internet que les gens vont plus apprécier, bien au contraire, mais un internet qui profite aux grands acteurs plutôt qu’aux utilisateurs. Pour Patel, il est possible qu’un internet sans IA subsiste, pour autant qu’il parvienne à se financer.
Pourra-t-on encore défendre le web que nous voulons ?
Les acteurs oligopolistiques du numérique devenus les acteurs oligopolistiques de l’IA semblent s’aligner pour transformer le web à leur seul profit, et c’est assurément la puissance (et surtout la puissance financière) qu’ils ont acquis qui le leur permet. La transformation du web en « web des machines » est assurément la conséquence de « notre longue dépossession », qu’évoquait Ben Tarnoff dans son livre, Internet for the People.
La promesse du web synthétique est là pour rester. Et la perspective qui se dessine, c’est que nous avons à nous y adapter, sans discussion. Ce n’est pas une situation très stimulante, bien au contraire. A mesure que les géants de l’IA conquièrent le numérique, c’est nos marges de manœuvres qui se réduisent. Ce sont elles que la régulation devrait chercher à ré-ouvrir, dès à présent. Par exemple en mobilisant très tôt le droit à la concurrence et à l’interopérabilité, pour forcer les acteurs à proposer aux utilisateurs d’utiliser les IA de leurs choix ou en leur permettant, très facilement, de refuser leurs implémentations dans les outils qu’ils utilisent, que ce soit leurs OS comme les services qu’ils utilisent. Bref, mobiliser le droit à la concurrence et à l’interopérabilité au plus tôt. Afin que défendre le web que nous voulons ne s’avère pas plus difficile demain qu’il n’était aujourd’hui.
Hubert Guillaud
Cet édito a été originellement publié dans la première lettre d’information de CaféIA le 27 juin 2025.
20.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 20 juillet 2026
Texte intégral (12195 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- The Graph That Should Be Front-Page News (lyrebirddreaming.com)
Every so often the Earth produces a signal that is impossible to ignore. This graph is one of them. It shows sea-surface temperatures in the Niño 3.4 region of the equatorial Pacific, one of the most important parts of the Earth’s climate system. Each blue line represents a different year since 1982. The red line is this year. It doesn’t just set a new record. It has departed entirely from the range of previous observations.
- Les pôles fondent ? Les riches touristes s’y précipitent pour se rafraîchir (reporterre.net)

- Hypertourisme : quand vos vacances subventionnent les voyages des plus riches (humanite.fr)
La France, qui se veut première destination « durable », exonère de taxe sur le kérosène les compagnies aériennes. Or, les transports, notamment aériens, représentent 70 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme mondial. Ces exonérations dans l’aérien comme dans les croisières subventionnent de fait les vacances des plus riches.
- The report oil companies are worried about : Climate attribution science (arstechnica.com)
New report says our ability to tie weather damages to climate change is improving […] And the fossil fuel industry views that as a problem, as it could make it easier to hold companies liable for damages. This has triggered a backlash that has Republicans in Congress and state governments threatening the National Academies’ funding.

- Corée du Sud : les travailleureuses de Samsung montrent la voie (contretemps.eu)
Il y a quelques semaines, un accord de dernière minute a été obtenu par les travailleureuses de Samsung, le géant coréen de l’électronique. Les syndicats ont montré qu’une campagne prolongée, appuyée par la volonté de faire grève, pouvait arracher des concessions, même à l’une des entreprises les plus puissantes au monde.
- Effet Trump : pour la première fois depuis 20 ans, la Chine est perçue plus positivement dans le monde que les États-Unis (legrandcontinent.eu)
- HP accusé de cartel sur les PC et les cartouches d’encre (clubic.com)
La Competition Commission of India (CCI) a infligé à HP India et à 21 de ses revendeurs une amende cumulée proche de 12,8 millions d’euros. Le régulateur a sanctionné, à travers deux ordonnances, des ententes sur des appels d’offres publics portant sur des ordinateurs et des consommables d’impression entre 2017 et 2020.
- « En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé » tandis « que le nombre de décès a plus que quintuplé » : l’épidémie d’ebola en RDC évolue à un rythme « sans précédent », alertent l’OMS et MSF (humanite.fr)
- Canicule : plus de 12 000 décès excédentaires enregistrés en Europe (reporterre.net)
- Armenia to Designate 20 % of Its Territory as Specially Protected Nature Areas by 2030 (hetq.am)
- En Allemagne, les excuses de la Deutsche Bahn pour ce train sans papier-toilette (huffingtonpost.fr)
Ce train à destination de Berlin a été contraint de faire un arrêt imprévu en gare pour qu’un agent aille acheter du papier-toilette.[…]Filmée par un passager, la scène montre l’agent courir jusqu’à un supermarché situé à proximité de la gare avant de revenir quelques instants plus tard avec plusieurs paquets de papier-toilette.
- Une entreprise belge s’est appropriée le nom de domaine marinelepen.fr (lesoir.be)
[Score Worldwide, spécialisée dans le référencement en ligne] affirme avoir acheté le nom de domaine parce qu’il était très recherché en ligne, « sans savoir qu’elle était une femme politique française ». « Lorsque nous avons appris qui était Marine Le Pen, il y a plus de deux ans, nous leur avons envoyé un mail pour savoir s’ils étaient intéressés, mais nous n’avons reçu aucune réponse. »
- La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné, jeudi 16 juillet, la Suisse pour avoir refusé de donner des repas véganes à des prisonniers (reporterre.net)
Par six voix contre une, les juges de Strasbourg ont reconnu l’antispécisme comme une conviction philosophique protégée par « la liberté de pensée, de conscience et de religion » et considèrent que le véganisme constitue une liberté fondamentale.
- Frontex Report : Athens Spurned Accountability Plan as Rights Risks ‘Persist’ (tovima.com)
The EU border agency’s rights watchdog opened more investigations in Greece than in any other country in 2025, verifying violations in four cases and finding the asylum suspension law incompatible with EU and international rules
- Espagne : Qui a peur de Pedro Sanchez ? (socialter.fr)
- Pegasus : révélations sur l’espionnage de masse du Maroc (forbiddenstories.org)
Filatures, surveillance de cybercafés, logiciels espions : le Maroc a utilisé un arsenal de surveillance massif contre journalistes et opposants ces dernières années. Avec, en tête de proue, le spyware Pegasus, qui a été utilisé pour cibler notamment des chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers.
- Un système européen de collecte de données biométriques confond des sœurs jumelles (courrierinternational.com)
- Euro numérique : la riposte contre les géants états-uniens Visa et Mastercard se dessine (alternatives-economiques.fr)
Les décideurs européens négocient les contours finaux du projet d’euro numérique, qui doit permettre de se défaire de la dépendance américaine en matière de paiement. Il pourrait aussi faire baisser les frais bancaires.
Voir aussi The proposed design of the digital euro : A critical analysis (link.springer.com)
- L’Irlande prend la tête du Conseil de l’Union Européenne, les Big Tech dans le rétroviseur (synthmedia.fr)
Le 1er juillet, l’Irlande a pris les commandes du Conseil de l’Union européenne, sur fond de divorce larvé entre le Vieux Continent et l’Oncle Sam. Face à elle, des dossiers numériques brûlants attendent d’être tranchés, entre souveraineté technologique, simplification des règles et remparts pour protéger les mineurs sur les réseaux sociaux.
- Offensive MAGA contre l’Europe : les États-Unis lancent un programme de financement d’organisations alignées (legrandcontinent.eu)
Il s’agit de la première fois depuis 2025 que l’administration Trump cherche à faire porter son agenda idéologique en Europe via un soutien financier direct.
- La colère de J.K. Rowling, dont l’organisation a été placée sur « liste noire » par Amnesty International UK (huffingtonpost.fr)
l’association Amnesty International UK a décrit son centre de soutien aux femmes victimes de violences sexuelles comme contraire aux droits humains en raison de ses positions contre les personnes transgenres.
- French Tourists Permanently Scar Icelandic Nature For Laughs (grapevine.is)
Luc Haudeville, who travelled by ferry to Iceland with two extremely well-equipped Land Rover Defenders, and, like a 1980s Mountain Dew commercial cosplayer, proceeded to drive the Land Rovers over protected areas throughout the countryside, scarring the land and destroying vegetation. He was actually proudly broadcasting the damage on social media before he received his first fine, 300.000 ISK for destroying the landscape. His response to that fine ? Immediately resuming destroying the landscape.

- Le pire reste à venir (lapresse.ca)
L’été actuel n’a rien d’exceptionnel, malgré la multiplication des évènements climatiques extrêmes au Québec, ailleurs au Canada, et en France.
Voir aussi Canada : près de 900 incendies en cours et 2,7 millions d’hectares brûlés (reporterre.net) et Minnesota Wildfires Burn 33,000+ Acres In 24 Hours, Two Fires Cross Into Canada. (thehotshotwakeup.substack.com)
It’s a wall of fire from Northern Minnesota all the way through Ontario. It’s no longer a ticking time bomb… the bomb went off.
- Les fumées des incendies au Canada atteignent New York, une alerte à la qualité de l’air déclenchée (huffingtonpost.fr)
Les autorités conseillent aux New-Yorkais de limiter au maximum leurs activités à l’extérieur et de porter un masque au besoin.[…]Ces fumées inquiètent notamment à New York, qui accueille dimanche, la finale de la Coupe du monde masculine de football entre l’Argentine et l’Espagne, dans un stade à ciel ouvert.
- Mécontent des feux de forêt polluant les États-Unis, Trump menace le Canada avec les droits de douane (huffingtonpost.fr)
- Des chercheureuses veulent balancer de l’eau de mer sur les nuages pour empêcher un « super El Niño » (slate.fr)
- AAS Public Policy Experts Available to Comment on FCC Approval of Reflect Orbital’s Earendil-1 Mission (aas.org)
The American Astronomical Society (AAS) is dismayed by the Federal Communications Commission (FCC) decision on 9 July to grant a license to Reflect Orbital. As the AAS expressed to the FCC, Reflect Orbital’s proposed satellite, which would reflect sunlight back to Earth at night, carries the potential for significant harm to our members and the broader community of those who depend on a dark night sky.
- The U.S. spent $30 billion to ditch textbooks for laptops and tablets : The result is the first generation less cognitively capable than their parents (fortune.com)

- A Leak of San Francisco Police Drone Footage Exposes the New Reality of Urban Surveillance (wired.com)
The SFPD’s exposure of hours of videos from drone platform Skydio reveals how broadly it’s watching the city from above—and how the results can spill online.
- LAPD lets contract with surveillance giant Flock expire, citing ‘serious concerns’ over civil liberties and privacy (techcrunch.com)
The Los Angeles Police Department (LAPD) is reportedly ending its deal with Flock Safety, a surveillance company that helps law enforcement track vehicles using thousands of its license plate cameras placed across the United States. […] “This contract is not being renewed because of serious concerns around civil liberties and civil rights issues, particularly around privacy and the data that is being collected from these cameras”
- ICE to Pay Thomson Reuters $125 Million to Find ‘Voter Fraud’ (404media.co)
A new procurement record says ICE wants access to personal data, including names, Social Security numbers, and ethnicity, to investigate in part what the agency calls “voters fraud.” It also plans to use the data to investigate immigration fraud.
- En moins d’une semaine, deux automobilistes ont été tués par la police de l’immigration aux États-Unis. Ces événements ont ravivé les manifestations anti-ICE (huffingtonpost.fr) – voir aussi Man fatally shot by ICE officer in Maine wasn’t the target of arrest warrant, senator’s spokesman says (nbcnews.com)
- Taco Bell iceberg lettuce identified as source of cyclosporiasis in 5 states (arstechnica.com)
shredded iceberg lettuce imported from Mexico and served at Taco Bell restaurants in five states is a source of Cyclospora, the foodborne parasite causing the nationwide surge in cases of explosive, watery diarrhea. The five states are Indiana, Kentucky, Michigan, Ohio, and West Virginia.
- L’Argentine brandit une banderole « las Malvinas son Argentinas » (les îles Malouines sont argentines) après sa victoire contre l’Angleterre (huffingtonpost.fr)
Portée par plusieurs joueurs après le coup de sifflet final et déposée sur la pelouse du stade d’Atlanta par le milieu de terrain Giovani Lo Celso, la banderole contrevient au règlement de la Fifa, qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu’elle organise.
Spécial IA
- OpenAI’s first branded hardware is… a light-up keyboard ? (arstechnica.com)
- OpenAI’s First Device Will Be Moveable, Screenless Speaker Built as AI Companion (hardware.slashdot.org)

- Patreon stops asking AI bots not to scrape — and starts blocking them (techcrunch.com)
- LG ties TV security updates to accepting AI voice recording (internationalcyberdigest.com)
There is a choice buried in LG’s updated smart TV terms, and neither option is good. Accept, and you take on legal responsibility for anyone the TV’s AI voice features might record in your home. Decline, and according to Notebookcheck, your TV stops receiving security updates.
- AI glasses reveal widening gap between Meta’s privacy safeguards and AI ambitions (biometricupdate.com)
- Google AI Overviews : l’étranglement silencieux de la presse en ligne (synthmedia.fr)
- Google poursuivi pour avoir “volé” des millions d’œuvres pour entraîner son IA Gemini (france24.com)
Hachette Book Group, Cengage Learning, Elsevier, l’écrivain Scott Turow et sa société d’édition S.C.R.I.B.E. ont déposé une plainte à New York, mardi, contre Google pour violation de droits d’auteur. Ils accusent le groupe d’avoir “secrètement copié des millions d’œuvres” confiées à sa bibliothèque numérique pour entraîner son modèle d’IA, Gemini.
- Lawsuit claims Meta’s layoff decisions were made by AI, not humans (arstechnica.com)
Meta’s AI-fueled layoffs of 8,000 employees targeted workers with disabilities and those who took protected medical or family leaves, alleged a lawsuit filed by 26 employees who were selected for termination. Meta used internal AI tools to select employees for layoffs, according to the complaint filed yesterday by 26 “Doe” plaintiffs in US District Court for the Northern District of California.
- New York school deploys AI teaching robot from company linked to sex bots (techspot.com)
When students in the Salamanca City Central School District in Western New York return to school in the fall, they will find a new teaching assistant : a robotic one powered by artificial intelligence. If that doesn’t sound weird enough, the company behind the machine, Realbotix, is the parent of a hyperrealistic sex-doll manufacturer.
- A Majority of Americans Now Support Seizing Wealth From AI Industry (futurism.com)
- Pollution from Musk’s unpermitted xAI power project hits hardest in Black communities (reuters.com)
Elon Musk’s xAI has installed far more gas turbines without federal permits at its Colossus 2 data center project in Tennessee than it has publicly acknowledged, and the pollution is hitting predominantly Black neighborhoods the hardest, a Reuters analysis found.
- New York becomes the first state to enact a data center moratorium (theverge.com)
New hyperscale data centers can’t set up shop in New York for up to a year now that Governor Kathy Hochul (D) has signed the nation’s first statewide moratorium. But a bill passed by the state legislature that could restrict even more developments still awaits her signature.
- Le Danemark dit “non” à la folie énergétique de l’IA (chut.media)
Face à un réseau électrique saturé, le gouvernement danois vient d’établir une hiérarchie stricte. La ministre du Climat Samira Nawa est claire : les projets « peu flexibles » comme les immenses data centers ne peuvent plus monopoliser une capacité devenue rare. Le luxe de l’IA passe désormais après l’intérêt général des citoyen·nes.
- Australia To Put Environmental Brakes On AI Data Centers (slashdot.org)
Australia will require large data centers powering artificial intelligence to generate as much power as they consume, and ensure that creative professionals retain control over work that may be used to train A.I. systems
- La Chine engage la lutte contre la dépendance affective vis-à-vis de l’« IA » (legrandcontinent.eu)
l’Administration du cyberespace […] a publié de nouvelles mesures, effectives à partir d’aujourd’hui, contraignant les entreprises qui proposent des services d’assistants IA « qui simulent des traits de personnalité humaine et entretiennent une interaction émotionnelle avec les utilisateurs » à mettre fin à ces fonctionnalités pour les mineurs, et à les encadrer strictement pour les adultes.
- Generative AI Is an Engineering Disaster (theatlantic.com)
Large language models do not scale logarithmically. When they’re given more words to process, they get slower and use more memory—the time and resources increase faster as the input grows. In technical terms, LLMs scale quadratically. Any computer-science student knows that this is very bad.
- OpenAI acknowledges GPT-5.6 may accidentally delete files, calls it an ‘honest mistake’ (infoworld.com)

- Linus Torvalds to critics of AI coding in Linux : “Fork it. Or just walk away.” (arstechnica.com)
Creator says he will “very loudly ignore” those arguing for a ban on AI tools.
Voir aussi Fork It or Walk Away (tarakiyee.com)
In open source, you can fork it. You can build another city, but one without the people, joy, or festival. Sometimes that is worth the effort, so we cherish that freedom to fork. Or you can walk away, create a distance between you and the injustice, while the injustice remains. Not ideal, but you can’t change everything. But we also have the technology of using your voice. Dissent is a tool, like the other tools we use. Don’t let anyone use “fork it” as a euphemism to point at the door. We don’t live in the fucking Omelas and we don’t bow to kings and lords.
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- L’Iran dénonce l’« attaque barbare » américaine à proximité d’un hôpital pour enfants (huffingtonpost.fr)
Selon les sources iraniennes, 211 patients ont été évacués de cet hôpital spécialisé dans les cancers pédiatriques.

- N.J. man says he was almost kicked off plane after flight attendant found shirt offensive (cbsnews.com)
Sam Saadeh, of Linden, was on a flight traveling from Atlanta to Newark Liberty International Airport on June 4 while wearing a T-shirt that said, “Bombing kids is not self defense.”
- Artist sews names of Gaza children killed by Israel into gown (aljazeera.com)
- ‘They want to break our will’ : Gaza flotilla activist tells of rape in Israeli detention (theguardian.com)
Anna Liedtke files criminal complaint in Israel over alleged attack by female guards and says abuse was intended to silence campaigners […] “There is no reason for me to be ashamed,” Liedtke said, in her first interview about the legal case. “Whenever we are silent, they will do it to another person.”
- Israeli ministers announce plans for new illegal settlements in Gaza and West Bank (theguardian.com)
Israel’s defence and finance ministers announced plans for three illegal settlements in Gaza and more than $400m (£300m) in funding to expand construction in the occupied West Bank, as Israel’s military commander for the region celebrated violent outposts as his “security partners”.
- Gaza : sauver les médecins d’aujourd’hui et former ceux de demain (humanite.fr)
Le docteur Baptiste André, qui a participé à l’une des flottilles pour Gaza, arrêté par l’armée israélienne puis expulsé, s’est engagé avec l’association Rizoma 13, afin d’aider financièrement des étudiants en médecine, pharmacie et dentaire de l’enclave palestinienne. Une aide pour une formation d’autant plus nécessaire qu’Israël n’a de cesse de cibler les personnels de santé.
- « C’est une forme de résistance » : il reconstruit le musée d’histoire naturelle de Palestine (reporterre.net)
« Nous vivons sous un régime colonial impitoyable, raciste, d’apartheid, qui nous gouverne depuis près de huit décennies et a rendu la vie pratiquement impossible ici. »
- Deux membres des « Ancien·nes », groupe cofondé par Nelson Mandela, appellent Israël et ses alliés à « rendre des comptes » sur la disparition de la Palestine (humanite.fr)
Mary Robinson (ancienne présidente d’Irlande) et Helen Clark (ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande) appellent à stopper Tel-Aviv, qui cherche « à faire disparaître la Palestine physiquement, économiquement, culturellement et politiquement ». [Elles] condamnent aussi la passivité de l’Union européenne.
- Zohran Mamdani souhaite l’arrestation de Benjamin Netanyahu s’il se rend à New York (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre israélien doit se rendre à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.
- Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination (contretemps.eu)
Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’Etat colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 200 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël
- Le concert de Barbara Butch stoppé à Grenoble après l’irruption de militant·es pro-Palestine (huffingtonpost.fr)
Un appel au boycott avait été soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise.[…] Face aux critiques, l’artiste a pourtant déjà clarifié son opinion, face caméra, sur ses réseaux sociaux. Elle a ainsi assuré être opposée au gouvernement de Netanyahu, tout en insistant sur le besoin de lutter collectivement contre l’antisémitisme en France.
Spécial femmes dans le monde
- The Tate brothers arrested by US Marshals in Miami on UK extradition request over rape and sex trafficking charges (edition.cnn.com)
Andrew Tate, a self-proclaimed misogynist with billions of views online, faces 42 charges, including rape, human trafficking, indecent images of a child and assault, according to the UK Crown Prosecution Service and Bedfordshire Police. Tristan Tate faces 17 charges, including sexual assault, rape and trafficking, officials said.
- Manosphère : anatomie d’une galaxie antiféministe en pleine évolution (theconversation.com)
- Hegseth wants a “High-T” military ; doctors call it a clinical minefield (arstechnica.com)
On Wednesday, Defense Secretary Pete Hegseth made the startling announcement that the US military would begin requiring all active duty and reserve personnel aged 30 and older to undergo mandatory screening for testosterone deficiency.
- Vous ne verrez plus ce type d’images à la télévision au nom de la lutte contre le sexisme (huffingtonpost.fr)
Des angles de vue suggestifs. Des ralentis douteux. Des gros plans parfois dégradants. La sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions de compétition sportives « demeure une préoccupation majeure »[…]le rassemblement des diffuseurs publics a récemment publié un guide pratique, Placer la barre plus haut, en vue des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham
- Un café réservé aux femmes dans un quartier populaire de la capitale égyptienne, une exception (medfeminiswiya.net)
En Egypte, pays qui compte plus de deux millions de cafés, dont quelque 150 000 rien que dans la capitale, ces lieux restent un bastion masculin. C’est dans ce contexte que Sarah Essam a ouvert le premier café exclusivement réservé aux femmes, en plein cœur du Caire, dans l’un des quartiers les plus conservateurs et populaires.
- Femmes dirigeantes : les discours évoluent, les biais sexistes se renforcent (lesnouvellesnews.fr)
En 1965, la Harvard Business Review posait une question volontairement provocatrice : « Les femmes cadres sont-elles des êtres humains ? ». Soixante ans plus tard, les discours ont évolué, mais le sexisme systémique résiste.
- De nombreuses femmes atteintes d’un cancer du sein pourraient éviter la chimiothérapie – ce qu’il faut savoir sur le test génétique (theconversation.com)
- Tampons Are Becoming a Valuable Medical Tool (reasonstobecheerful.world)
A company developed and patented methods for collecting and processing blood samples from tampons. Instead of throwing them away, women seal the tampons in a specially designed collection kit and mail them to the company’s laboratory.
- How my period is supercharging my ADHD (bbc.com)
Spécial France
- Colloque sur la Palestine annulé : la justice donne tort au Collège de France (liberation.fr)
Saisi par des universitaires et des intervenant·es, le tribunal administratif de Paris a tranché en leur faveur, jugeant que la décision d’annulation était « entachée d’une erreur d’appréciation » et que la menace à l’ordre public n’était pas caractérisée.
- La France convoque l’ambassadeur de Russie après une « vaste campagne cyber » menée par Moscou (huffingtonpost.fr)
Une dizaine de pays, dont la France, ont été visés par une campagne de cyberattaque russe. Comme Paris, Londres et Bruxelles ont également annoncé une série de sanctions.
- NUMÉRIQUE/S/ : une enquête sur nos vulnérabilités (cyriellechatelain.fr)
- Pourquoi tous ces emails sur les « pixels de suivi », et comment s’en protéger ? (next.ink)
- Centres de données : ce que révèle la dernière enquête de l’Arcep sur leur empreinte environnementale (les-enovateurs.com)
- Fontainebleau, symbole de la remontée des incendies vers le nord (reporterre.net)
L’incendie qui ravage la forêt de Fontainebleau a atteint une ampleur jamais vue dans la région. Ce drame est le symbole d’une nouvelle donne : presque tous les territoires français doivent désormais se préparer à lutter contre le feu.

- De 3 semaines à 150 ans : Après les incendies, un long travail de régénération attend la forêt de Fontainebleau (huffingtonpost.fr)
- Après les incendies de Fontainebleau, le début d’un long travail pour les associations d’aide aux animaux (huffingtonpost.fr)
les centres de soins sont saturés, indique le réseau, en raison des canicules à répétition. « La faune sauvage est déjà très touchée avec les vagues de chaleur, notamment les oiseaux, mais aussi la plupart des mammifères »
- « Entre tristesse et colère », les agriculteurices percuté·es par les canicules (reporterre.net)
- Sécheresse : un quart des petits cours d’eau sont à sec en France (reporterre.net)
« une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012 »
- 12 projets de mégabassines retoqués en Poitou-Charentes (reporterre.net)
Mercredi 8 juillet, la cour administrative d’appel de Bordeaux a déclaré « l’illégalité » de douze projets de mégabassines dans le Poitou-Charentes, celles de La Palu et l’Aume-Couture. Une décision, consultée par Mediapart, motivée par la protection de l’outarde canepetière.
- Coup d’arrêt pour le datacenter Sesterce à Valence (zdnet.fr)
- Les futurs trains Eurostar pourront supporter des étés à 55 °C (reporterre.net)
- Airbnb : 440 000 euros d’amende pour une location illégale à Paris (humanite.fr)
Une propriétaire d’appartements loués sur Airbnb et la conciergerie mandatée pour les gérer ont été condamnées à 220 000 euros chacune le 10 juillet dernier.[… ]Si les logements ne sont pas disponibles à la location d’ici un mois, la propriétaire devra payer 1 000 euros par jour de retard, par appartement [… ] une décision qui « en appelle d’autres »
- Il faut sauver les archives Freinet ! (politis.fr)
L’association Amis de Freinet gère à Mayenne un centre de ressources international rassemblant une importante collection d’archives autour de la pédagogie développée par les époux Freinet à partir des années 1920. Le maire nouvellement élu de la commune demande à l’association de quitter les lieux le 24 août prochain au plus tard. La disparition de ce fonds serait une perte considérable pour le monde éducatif.
- Festivals privés de subventions par le Département du Morbihan : « gare aux pentes savonneuses » avertit cet ex-élu (ouest-france.fr)
Spécial femmes en France
- Trisomie 21 : l’Académie des Sciences reconnaît la découverte de Marthe Gautier et soutient l’autrice Élisabeth Bouchaud (radiofrance.fr)
L’institution apporte son soutien à l’autrice de la pièce La découvreuse oubliée, qui évoque la découverte de la trisomie 21 par Marthe Gautier en 1958 et sa spoliation par le professeur Jérôme Lejeune. Les héritiers et la fondation éponyme du généticien attaquent la dramaturge en diffamation.
- « Mon honneur se situe ailleurs » : l’actrice Rachida Brakni a refusé la Légion d’honneur (huffingtonpost.fr)
La comédienne française juge notamment que cette récompense qu’elle devait recevoir le 14 juillet est attribuée à « tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire ».
- « Je ne veux pas passer pour une pleureuse » : le tacle sexiste de Didier Deschamps passe inaperçu (lesnouvellesnews.fr)
Pour trouver une voix dissonante, il faut aller sur LinkedIn. C’est là que Yoann Lavabre, directeur de théâtre, a sorti un « carton rouge » : « Mais son sexisme aussi ordinaire que lamentable, on en parle ? Pourquoi « une pleureuse » ? Les hommes, les vrais, ça ne pleure pas, c’est ça ? C’est réservé aux femmes de pleurer ? » […] Dans cette logique, ce qui est dévalorisé est associé au féminin : être une « pleureuse », c’est être faible, geignard ou immature. En utilisant ce vocabulaire, le sélectionneur des Bleus conforte des stéréotypes de sexe qui constituent le premier maillon du continuum des violences sexistes et sexuelles. Pour sortir de ces stéréotypes, il s’agit précisément de ne rien laisser passer.
- Violences sexistes et sexuelles : le CESE soutient la loi intégrale et alerte sur le manque de moyens (humanite.fr)
« On salue la proposition de loi et on est heureux de l’accompagner. (…) On regrette toutefois que la prévention des violences sexistes et sexuelles et la détection des violences soient un angle mort »
- Jérôme Barella mis en examen pour le viol et le meurtre de Lyhanna après son audition (huffingtonpost.fr)
- Affaire Lyhanna : les conclusions accablantes d’un deuxième rapport (huffingtonpost.fr)
Spécial médias et pouvoir
- Inceste : la silenciation médiatique (projetarcadie.com)
Alors que la commission d’enquête a conclu ses travaux et que le rapport est désormais en ligne, on a voulu objectiver la place de l’inceste dans les médias. Le constat est celui d’une sous-représentation massive.
- Sur CNews, loyauté entière exigée (acrimed.org)
Maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, limogeage d’Olivier Nora, tribune des professionnels du cinéma… Depuis plusieurs mois, les protestations contre la prédation et les pratiques du groupe Bolloré se multiplient.
- Match France-Maroc : la guerre civile annoncée par CNews n’a pas eu lieu (politis.fr)
La chaîne bolloréenne en était persuadée : l’apocalypse ou plutôt la « guérilla » allait tout saccager après le match de Coupe du monde masculine entre les Bleus et les Lions de l’Atlas. Raté.
- Beaucaire : le RN débouté, l’Arlésienne et Streetpress peuvent continuer à enquêter (lepoing.net)
Le tribunal judiciaire de Nîmes a rendu son ordonnance le 8 juillet. La mairie de Beaucaire, Julien Sanchez et Nelson Chaudon sont déboutés de leur plainte en diffamation contre les deux médias indépendants. Les deux maires RN leur reprochaient d’avoir dénoncé une politique discriminatoire dans l’attribution des locaux commerciaux de la ville
- Lundimatin ruiné (lundi.am)
Makassar, l’entreprise en charge de la distribution des livres que nous publions, est en train de faire faillite. Ce que cela signifie pratiquement et financièrement pour nous, c’est que la totalité des ventes des livres que nous avons édités, imprimés et publiés ces deux dernières années, ne nous sera jamais restituée.
- « Demain en librairie, il n’y aura plus que des livres de droite » (streetpress.com)
Privées de revenus par la faillite de leur distributeur Makassar, 200 maisons d’édition indépendantes et engagées luttent pour survivre. Une crise qui menace d’éteindre les voix féministes, queers ou anticapitalistes en librairie.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Malgré la canicule, le défilé du 14-Juillet aura lieu « comme prévu » à Paris, avec des adaptations (huffingtonpost.fr)
Paris et l’Île-de-France sont placés en alerte rouge canicule par Météo-France. Les célébrations de la Fête nationale se feront sous surveillance sécuritaire et sanitaire.

- Les forêts brûlent, et nous regardons les Canadairs (bonpote.com)
Le constat politique est sans appel : le gouvernement a sabordé ses moyens et ses lignes de défense. Les services publics ont été privés de moyens (l’Office national des forêts a vu ses effectifs sans cesse rabotés depuis vingt ans). Plutôt que d’adapter et prendre soin de nos forêts, l’exécutif ne jure que par les solutions techniques et curatives, communiquant essentiellement sur les Canadairs comme d’autres ne jurent que par la climatisation face à la canicule. Pire encore, même cette réponse court-termiste a été totalement défaillante : le fiasco des commandes de bombardiers, torpillées par les coupes budgétaires de Gabriel Attal, démontrent l’amateurisme au plus haut sommet de l’État face à ces incendies.

- Manque de Canadairs pour éteindre les incendies : ce document qui met en cause la responsabilité directe de Gabriel Attal (linsoumission.fr)
- “Nous assistons aux prémices d’un danger de mort environnemental” face aux chaleurs extrêmes, avertit l’écologue Philippe Grandcolas (franceinfo.fr)
Les lobbys agro-industriels ou pétroliers défendent en permanence leurs intérêts, en nous incitant à avoir des productions agricoles ou industrielles qui sont complètement inadaptées et qui aggravent les problèmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a aucune pitié à attendre de ces acteurs.
- Canicules et personnes âgées : ce n’est pas l’âge qui tue, ce sont les failles du système (theconversation.com)
- Les sénateurs ont transformé une loi agricole en loi criminelle contre nos enfants (blogs.mediapart.fr)
La France brûle. Ses sols se dessèchent. Des villages doivent déjà être ravitaillés en eau potable par camions-citernes. Dans presque tout le pays, les habitants se voient demander de réduire leur consommation. Et c’est à ce moment précis que 219 sénateurs ont choisi de détruire les règles de partage de l’eau.
- Pesticides, eau… Des mesures « cataclysmiques » arrivent devant les parlementaires (reporterre.net)
- Pesticides interdits : « Le gouvernement offre un consentement à l’empoisonnement alimentaire de la population » (reporterre.net)
Des aliments contaminés au-delà des seuils par des pesticides interdits en Europe, dont du riz Lustucru et des épices Ducros, sont toujours dans les rayons. En cause, l’inaction de l’État et le poids des industries.
- Le Parlement réintroduit les pesticides de la loi Duplomb (reporterre.net)
Sénateurs et députés ont voté pour le retour de l’acétamipride et du flupyradifurone jeudi 16 juillet. Ces deux pesticides sont réintroduits via l’article 2 Quater de la loi d’urgence agricole, discutée en commission mixte paritaire.
Voir aussi Loi d’urgence agricole : main dans la main avec la FNSEA, la CMP valide le retour des pesticides interdits (humanite.fr)
- Forêts rasées, montagnes bétonnées : la vraie carte des JO 2030 dans les Alpes (reporterre.net)
- Data centers : le soutien « effréné » du gouvernement dénoncé dans un rapport parlementaire (reporterre.net)
Une commission d’enquête a calculé que la puissance développée par les data centers pourrait monter, en environ cinq ans, à 15 gigawatts, soit l’équivalent de « 24 % de la puissance nucléaire française ». Cela représenterait un « risque d’accaparement de la production électrique par des opérateurs extra-européens et principalement par les hyperscalers », dédiés à l’IA.

- Électricité : malgré ses promesses, le gouvernement valide une hausse de 2,5 % des factures (humanite.fr)
Le ministère de l’Énergie de Maud Bregeon a annoncé à l’AFP que « le gouvernement donnera suite » à la proposition de la Commission de régulation de l’énergie d’augmenter de 2,5 % des tarifs réglementés de l’électricité au 1er août. Et ce, à peine quelques mois après avoir promis, à grand renfort de communication, des factures d’électricité « stables au moins en 2026 et en 2027 ».
- Avec 70 euros par habitant, la France est l’un des pays d’Europe qui finance le moins le rail (à des années-lumière des 209 euros britanniques ou 222 euros allemands) (bfmtv.com)
- À qui profite la prolifération des « start-up » dans l’Éducation nationale ? (lvsl.fr)
Avec l’adoption du budget 2026, ce sont 4032 postes d’enseignants qui ont été supprimés. Dans un contexte assumé de réduction budgétaire, l’Education Nationale figure parmi les ministères touchés par les arbitrages gouvernementaux. Mais un secteur se porte très bien : celui des start-up spécialisées dans l’enseignement.

- Chromebook au lycée : la France fonce vers Google, pile quand l’Europe s’en méfie (01net.com)
À la rentrée 2026, deux régions françaises basculent leurs dotations d’ordinateurs lycéens vers des Chromebook Asus sous ChromeOS. Un choix qui intervient alors que le Danemark a fini par interdire ce même écosystème dans ses écoles pour non-conformité au RGPD, et que la France peine elle-même à tenir son discours sur l’indépendance numérique.
- Plus de 126 000 candidat·es en attente d’une proposition sur Parcousup, “ce n’est jamais acceptable”, reconnaît le ministre de l’Éducation (franceinfo.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Elon Musk qualifie Marine Le Pen de « dernier espoir de la France » (lemonde.fr) – voir aussi Avec Elon Musk, la quête de respectabilité de Le Pen encore mise à mal par ses appuis étrangers (huffingtonpost.fr)
Le soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen est venu illustrer la difficulté du RN à se trouver des alliés alignés avec son idéologie sans nuire à dix ans de normalisation de l’extrême droite française.
- François-Noël Buffet, futur Défenseur des droits ? Le candidat de Macron passé au grill à l’Assemblée (huffingtonpost.fr)
L’ancien ministre s’est vu reprocher ses positions conservatrices par les député·es de gauche qui n’ont pas caché leur hostilité quant à sa nomination.
- Droit d’asile : deux fillettes livrées à elles-mêmes dans le camp de Roj en Syrie (politis.fr)
Deux orphelines de 12 et 10 ans, se sont vu refuser le droit d’asile par le quai d’Orsay. Depuis la mort de leur mère d’un probable cancer de la gorge, en avril, les deux petites sont livrées à elles-mêmes dans le camp de Roj, situé au nord-est de la Syrie. Elles avaient été arrêtées après le retrait de Daech et y ont été transférées par les forces kurdes en décembre 2018.
- Montpellier : Une mère et sa fille expulsées en pleine canicule, quatre jours après un rendez-vous en préfecture (lepoing.net)
- Sainte-Soline : l’État (encore) mis en cause (politis.fr)
Après l’analyse de dizaines d’heures de vidéos, Claire Hédon dénonce une « logique de confrontation » : tirs interdits, blessures graves, insultes et appels à tuer des manifestants. La Défenseure des droits demande au ministère de l’Intérieur de sanctionner plusieurs gendarmes, dont des gradés.

- Exilés : la bataille de Cédric Herrou contre les abus de Sentinelle (blast-info.fr)
Dans la vallée de la Roya, des soldats arrêtent des voitures, interrogent des passants, bloquent les routes. Ils n’en ont pas le droit. Ils le font quand-même. Face à eux : un paysan et sa caméra. Depuis dix ans, les vidéos de Cédric Herrou sont devenues la seule arme capable de tenir l’armée en respect.
- Frontière franco-britannique : une crise humanitaire que l’Assemblée ne peut plus ignorer (guitinews.fr)
Spécial résistances
- Canicule : la Confédération nationale du logement porte plainte contre le gouvernement pour « mise en danger de la vie d’autrui » (humanite.fr)
la Confédération nationale du logement (CNL) annonce déposer une plainte pénale contre l’inaction de l’exécutif face aux logements thermiquement défaillants, où les plus précaires sont les premiers exposés.[…]Plus de 2 000 personnes sont décédées au cours des dernières canicules, et près de 90 % des victimes sont mortes à leur domicile

- Édition : il faut sauver les indés (blogs.mediapart.fr)
Alors qu’un distributeur fait face à un risque de faillite, plusieurs dizaines de maisons d’édition indépendantes alertent sur un possible effondrement de tout leur écosystème et appellent à un sursaut collectif pour sauver la pluralité éditoriale.
- Opposons-nous à ce que Doctolib « nourrisse » l’IA avec nos données de santé ! (ldh-france.org)
- 640 habitant·es et des montagnes de déchets dangereux : un village refuse de devenir la « poubelle » du Grand Paris (reporterre.net)
Le village de Guitrancourt voit s’accumuler les projets de stockage de déchets, parfois dangereux, dans ses alentours. Alors que des millions de tonnes pourraient arriver dans les prochaines années, habitant·es et élu·es y voient une injustice territoriale.
- Pari réussi pour les opposant·es au canal Seine-Nord Europe : 3000 personnes à Oisy-le-Verger ce samedi (espaces.media) – voir aussi « Le dispositif nous a rappelé Sainte-Soline » : 900 policiers et gendarmes pour contrôler la mobilisation du canal Seine-Nord Europe (reporterre.net)
Face à l’impressionnant dispositif policier qui a encadré les quatre jours de rassemblement contre le canal Seine-Nord Europe, dans le Pas-de-Calais, les manifestant·es ont conservé un mode opératoire festif et créatif.

- Dix ans après Adama Traoré : une décennie contre la dépolitisation (politis.fr)
En réduisant le Comité Adama à la figure d’Assa Traoré, le débat public opère une personnalisation qui révèle moins la réalité du mouvement qu’une manière française de neutraliser les mobilisations antiracistes en substituant une « persona » à un contexte
- Retraites complémentaires : la CGT et la CFE-CGC attaquent le patronat en justice après le gel des pensions (humanite.fr)
Chaque année, patronat et syndicats déterminent le taux d’évolution des pensions du régime des pensions complémentaires du privé (Agirc-Arrco) qui gère les retraites complémentaires de 14 millions de personnes, en tenant compte notamment de l’inflation.
- La lutte contre le CPE vingt ans après, ou comment la jeunesse a fait plier la droite (contretemps.eu)
Comprendre l’une des dernières grandes victoires sociales en France
- 1936-2026 : perpétuer le message des brigadistes internationaux (humanite.fr)
À l’occasion des 90 ans de la guerre d’Espagne, l’Acer (les Amis des combattants en Espagne républicaine) veut rendre hommage à celles et ceux qui ont rejoint, par dizaine de milliers, leurs camarades espagnols pour combattre le fascisme.
Spécial outils de résistance
- Les fabulations du RN, expliquées à mon voisin (enjeu.cc)
Un repas de famille, un apéro entre amis… Et vous découvrez qu’un ami ou une connaissance s’est laissé.e convaincre par certains arguments fallacieux de l’extrême droite. Pour y répondre, nous avons créé ce mini-guide qui reprend les principaux thèmes du RN et présente des faits simples et vérifiables.
- Odap : « des arguments techniques, pour occulter la question des politiques » (journal-labreche.fr)
Soizic Pénicaud, chercheuse spécialisée dans les enjeux numériques, et Camille Girard-Chanudet, sociologue à l’Institut santé numérique en société, ont cofondé – avec Estelle Hary, designer – l’Observatoire des algorithmes publics (Odap). Cette association, ouverte à toutes les contributions, se fixe pour mission de récolter et rassembler des informations sur les algorithmes utilisés au sein des administrations publiques françaises, avec un objectif : mettre en lumière les enjeux de l’automatisation des services publics et, par ricochet, politiser la « question algorithmique ».
Spécial MAGAM et cie
- Google-backed satellites for wildfire detection launch as smoke chokes US, Canada (arstechnica.com)
The satellites will begin providing wildfire detection capable of spotting even small fires in the United States, Australia, and Europe before the end of the year.[…]Each satellite is equipped with multispectral imaging that can peer through smoke and clouds and detect fires as small as five by five meters
- San Francisco orders Apple, Google to remove nudify apps from app stores (arstechnica.com)
This week, San Francisco’s attorney general, David Chiu, sent cease-and-desist letters, demanding that Apple and Google remove 13 so-called nudification apps from their app store […] Chiu said his office was “absolutely horrified” by how ubiquitous the nudifying technology has become, victimizing mostly women and children at an alarming scale as more tools became available.
- The Backlash Is So Strong That People With “Pervert Glasses” Are Afraid to Use Them in Public (futurism.com)
Meta’s camera-equipped “AI Glasses” are so divisive that some adopters are now leaving their expensive smart glasses at home
- Guerrilla London Bus Ads Mock Kylie Jenner’s Meta Glasses Campaign (hyperallergic.com)
“Billionaires could fund cures for cancer — so why are they funding glasses for perverts instead ?” asked the protest group Everyone Hates Elon.
- Microsoft starts testing cleaner Windows Search without ads (bleepingcomputer.com)
Microsoft is now testing a cleaner and faster version of Windows Search that should prioritize relevant results over ads and promotional content.
- Microsoft’s Secure Boot has been broken for a decade and no one noticed until now (arstechnica.com)
- Cette étude choc de Mozilla prouve que Windows manipule votre écran pour tuer Firefox… mais pas en Europe ! (goodtech.info)
La passionnante étude « Over The Edge 2.0 », publiée par Mozilla, démontre comment Microsoft utilise des designs trompeurs et l’IA Copilot pour étouffer Firefox et saboter la libre concurrence. Enfin, pas partout, notamment en Europe : merci le DMA !
- Les administrateurices informatiques en ont « ras-le-bol » des applications et produits « inutiles » de Microsoft et de Windows 11, tandis que Microsoft est occupé à intégrer Copilot dans chaque recoin de l’OS (developpez.com)
- Le CNRS sort de Zoom et Microsoft Exchange, et bientôt Sharepoint (zdnet.fr)
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annonce l’accélération de sa sortie de certains logiciels extra-européens pour gagner en souveraineté numérique et réduire ses coûts IT. La Dinum l’accompagne dans cette politique.
Les autres lectures de la semaine
- Après la canicule : quelle révolution ? (frustrationmagazine.fr)

- Recherche payée par le public, confisquée par le privé : le scandale de l’édition scientifique (rtbf.be)
- Starmer, Israël et la purge de la gauche du Labour (frustrationmagazine.fr)
L’impopularité écrasante de Starmer et l’affaiblissement des socialistes sont aussi liés à l’installation de nouvelles dynamiques de gauche au Royaume-Uni et la décrédibilisation majeure du Labour auprès des classes populaires qui ouvre un espace à la radicalité.
- Bienvenue à Pulaski, berceau du Ku Klux Klan et des mémoires troubles de l’Amérique (slate.fr)
Alors que les États-Unis célèbrent les 250 ans de leur indépendance, la ville de Pulaski, dans le Tennessee, vit toujours avec un fantôme encombrant. C’est ici, en 1865, qu’est né le Ku Klux Klan. Entre déni local, archives explosives et tentatives de réconciliation, reportage au cœur du malaise mémoriel américain.
- Le rail français et la Shoah, ce passé que la SNCF préfèrerait oublier (slate.fr)
- La rue tue toute l’année – lettre d’un infirmier auprès de personnes sans abri (blogs.mediapart.fr)
- L’économie des Birkenstock, un gigantesque marché de dupes (slate.fr)
- Le yoga, du néolibéralisme à la libération ? (mouvements.info)
- Peut‑on mieux recycler les métaux précieux contenus dans nos ordinateurs ? (theconversation.com)
- Canicule : quatre essences d’arbres précieuses face aux feux de forêt (usbeketrica.com)
Face à une mortalité des arbres accélérée par un dérèglement climatique qui intensifie les sécheresses, les hivers trop doux, les pluies diluviennes et l’augmentation de parasites, quelles espèces résisteront et feront nos paysages d’ici 30 ans ?

- Incendies : quel est ce produit rouge largué sur les forêts ? (reporterre.net)
« Les émissions issues de la combustion des incendies sont bien plus dangereuses, cancérigènes et délétères pour l’environnement que la pollution liée au produit retardant. Il n’y a pas photo. »
- Pourquoi respire‑t‑on surtout par une seule narine ? (theconversation.com)
Contrairement aux apparences, nous ne respirons presque jamais de façon égale par nos deux narines. Cette alternance, orchestrée par le cerveau, est indispensable au bon fonctionnement du nez, même si certaines maladies ou allergies peuvent la perturber.
- L’affaire des rayons N : l’une des plus grandes bavures scientifiques de l’histoire (theconversation.com)
- Le marxisme de Tina Modotti (contretemps.eu)
Photographe, journaliste, traductrice et actrice, Tina Modotti chercha à faire converger esthétique et éthique révolutionnaire. Elle fut militante communiste et féministe, active au sein du Secours Rouge International (de l’Internationale Communiste) au Mexique et dans d’autres pays.
- Nous avons perdu plus de la moitié des manuscrits du Moyen Âge, affirme une nouvelle étude (slate.fr)
En analysant la transmission des manuscrits du Moyen Âge, des chercheureuses estiment que la majorité des œuvres écrites au XIIᵉ siècle ont été perdues. Une découverte qui révèle l’ampleur insoupçonnée du patrimoine littéraire disparu.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Indésirables
- Canadairs
- Moyens
- Présomption
- 14 juillet
- Défilé
- Externalisation
- Techno-anxiété
- GPT
- Catégories
- Fine
- Yacht
- Naming
- Design
- Internet
- Comparaison
- Hormuz
- Urbanisme
- Worry
- La finale Ovule VS Spermato (tumourrasmoinsbete.blogspot.com)

Les vidéos/podcasts de la semaine
- AI movies (tube.fdn.fr)
- The AI Industry Is Spending Big on the US Midterms (techwontsave.us)
- L’IA à l’assault des ménagères de moins de 50 ans (radiofrance.fr)
les femmes sont moins séduites que les hommes par l’intelligence artificielle. Elles sont davantage enclines à s’interroger sur l’efficacité de ces nouveaux outils ou encore sur leur impact environnemental. Parler de charge mentale… c’est donc une manière, nous dit le magazine, de séduire les mères de famille et de les faire venir progressivement à d’autres usages de l’IA. Un marché d’autant plus prometteur que ce sont ELLES qui sont en charge des achats dans leur foyer…
- Chat control : le projet de l’UE pour surveiller tous vos messages et vos réseaux sociaux (humanite.fr)
- Menaces, tag à l’acide… Un restaurant victime de l’extrême-droite (video.blast-info.fr)
- À propos des excuses de Frah (Shaka Ponk) concernant Bertrand Cantat (tube.fdn.fr)
- Fin de vie : que contient la loi définitivement adoptée par les député·es ? (humanite.fr)
- Guerre d’Espagne : 90 ans après le coup d’État franquiste, la bataille pour la mémoire continue (humanite.fr)
- Le Front populaire, le pouvoir et la grève (spectremedia.org)
- Diskri’Minis : jouer, échanger et agir contre les discriminations (humanite.f)
Comment sensibiliser les élèves de primaire au racisme, aux discriminations et au harcèlement par le jeu ? Depuis plus de dix ans, Ali Guessoum, médiateur culturel, relève ce défi à travers des ateliers d’éducation populaire.Avec son association Remem’beur, il a développé un jeu ludique, « Les Diskri’Minis », afin d’ouvrir le dialogue et encourager la réflexion dès le plus jeune âge.
Les trucs chouettes de la semaine
- Des collégiens bretons ont accueilli des ados palestiniens pour échanger leurs danses (lareleveetlapeste.fr)
- The Frank Gallagher Thesis Shaped Welfare For Decades. The Data Just Demolished It. (hightimes.com)
For decades, governments assumed poor people couldn’t be trusted with unconditional cash. A wave of new evidence says they were wrong.
- Des légumes aux pieds des immeubles : une micro-ferme gérée par des habitant·es nourrit un quartier (basta.media)
C’est en pied d’immeuble qu’est expérimentée une micro-ferme maraîchère dans le quartier des Vernes à Givors (Rhône). Des habitant·es la gèrent et vendent la production sur place.
- Des pommes de terre et des haricots au pied des immeubles, des salades dans les jardinières… Dans le quartier de La Noue, à Bagnolet, les habitant·es récupèrent un peu de terre au cœur du béton. (reporterre.net)
- Transformer une ancienne décharge en lagune : un pari réussi dans les Landes (reporterre.net)
- Le remake de « La Petite Maison dans la prairie » sur Netflix donne enfin la parole au peuple Osage (huffingtonpost.fr)
- Pour la première fois de l’histoire, des archéologues sont parvenus à déchiffrer un nom complet de la civilisation maya. (humanite.fr)
Sak Tahn Waax – ou « Renard à poitrine blanche » serait le nom d’un mathématicien astronome de la civilisation maya.
- Bumblebee facial movements give clues to their inner lives (newscientist.com)
A series of experiments shows that bees respond differently to tastes depending on their internal states, hinting that they have something akin to our emotions
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
19.07.2026 à 10:00
Renverser le pouvoir artificiel
Texte intégral (8868 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 08 juillet 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Le rapport 2025 de l’AI Now Institute esquisse des modalités pour reprendre le contrôle sur les déploiements de l’IA et renverser le pouvoir des grands acteurs de l’IA. Rien de moins !
L’AI Now Institute vient de publier son rapport 2025. Et autant dire, qu’il frappe fort. “La trajectoire actuelle de l’IA ouvre la voie à un avenir économique et politique peu enviable : un avenir qui prive de leurs droits une grande partie du public, rend les systèmes plus obscurs pour ceux qu’ils affectent, dévalorise notre savoir-faire, compromet notre sécurité et restreint nos perspectives d’innovation”.
La bonne nouvelle, c’est que la voie offerte par l’industrie technologique n’est pas la seule qui s’offre à nous. “Ce rapport explique pourquoi la lutte contre la vision de l’IA défendue par l’industrie est un combat qui en vaut la peine”. Comme le rappelait leur rapport 2023, l’IA est d’abord une question de concentration du pouvoir entre les mains de quelques géants. “La question que nous devrions nous poser n’est pas de savoir si ChatGPT est utile ou non, mais si le pouvoir irréfléchi d’OpenAI, lié au monopole de Microsoft et au modèle économique de l’économie technologique, est bénéfique à la société”.
“L’avènement de ChatGPT en 2023 ne marque pas tant une rupture nette dans l’histoire de l’IA, mais plutôt le renforcement d’un paradigme du « plus c’est grand, mieux c’est », ancré dans la perpétuation des intérêts des entreprises qui ont bénéficié du laxisme réglementaire et des faibles taux d’intérêt de la Silicon Valley”. Mais ce pouvoir ne leur suffit pas : du démantèlement des gouvernements au pillage des données, de la dévalorisation du travail pour le rendre compatible à l’IA, à la réorientation des infrastructures énergétiques en passant par le saccage de l’information et de la démocratie… l’avènement de l’IA exige le démantèlement de nos infrastructures sociales, politiques et économiques au profit des entreprises de l’IA. L’IA remet au goût du jour des stratégies anciennes d’extraction d’expertises et de valeurs pour concentrer le pouvoir entre les mains des extracteurs au profit du développement de leurs empires.
Mais pourquoi la société accepterait-elle un tel compromis, une telle remise en cause ? Pour les chercheur·euses de l’AI Now Institute ce pouvoir doit et peut être perturbé, notamment parce qu’il est plus fragile qu’il n’y paraît. “Les entreprises d’IA perdent de l’argent pour chaque utilisateur qu’elles gagnent” et le coût de l’IA à grande échelle va être très élevé au risque qu’une bulle d’investissement ne finisse par éclater. L’affirmation de la révolution de l’IA générative, elle, contraste avec la grande banalité de ses intégrations et les difficultés qu’elle engendre : de la publicité automatisée chez Meta, à la production de code via Copilot (au détriment des compétences des développeurs), ou via la production d’agents IA, en passant par l’augmentation des prix du Cloud par l’intégration automatique de fonctionnalités IA… tout en laissant les clients se débrouiller des hallucinations, des erreurs et des imperfactions de leurs produits. Or, appliqués en contexte réel les systèmes d’IA échouent profondément même sur des tâches élémentaires, rappellent les auteurs du rapport : les fonctionnalités de l’IA relèvent souvent d’illusions sur leur efficacité, masquant bien plus leurs défaillances qu’autre chose, comme l’expliquent les chercheurs Inioluwa Deborah Raji, Elizabeth Kumar, Aaron Horowitz et Andrew D. Selbst. Dans de nombreux cas d’utilisation, “l’IA est déployée par ceux qui ont le pouvoir contre ceux qui n’en ont pas” sans possibilité de se retirer ou de demander réparation en cas d’erreur.
L’IA : un outil défaillant au service de ceux qui la déploient
Pour l’AI Now Institute, les avantages de l’IA sont à la fois surestimés et sous-estimés, des traitements contre le cancer à une hypothétique croissance économique, tandis que certains de ses défauts sont réels, immédiats et se répandent. Le solutionnisme de l’IA occulte les problèmes systémiques auxquels nos économies sont confrontées, occultant la concentration économique à l’œuvre et servant de canal pour le déploiement de mesures d’austérité sous prétexte d’efficacité, à l’image du très problématique chatbot mis en place par la ville New York. Des millions de dollars d’argent public ont été investis dans des solutions d’IA défaillantes. “Le mythe de la productivité occulte une vérité fondamentale : les avantages de l’IA profitent aux entreprises, et non aux travailleurs ou au grand public. Et L’IA agentive rendra les lieux de travail encore plus bureaucratiques et surveillés, réduisant l’autonomie au lieu de l’accroître”.
“L’utilisation de l’IA est souvent coercitive”, violant les droits et compromettant les procédures régulières à l’image de l’essor débridé de l’utilisation de l’IA dans le contrôle de l’immigration aux États-Unis (voir notre article sur la fin du cloisonnement des données ainsi que celui sur l’IA générative, nouvelle couche d’exploitation du travail). Le rapport consacre d’ailleurs tout un chapitre aux défaillances de l’IA. Pour les thuriféraires de l’IA, celle-ci est appelée à guérir tous nos maux, permettant à la fois de transformer la science, la logistique, l’éducation… Mais, si les géants de la tech veulent que l’IA soit accessible à tous, alors l’IA devrait pouvoir bénéficier à tous. C’est loin d’être le cas.
Le rapport prend l’exemple de la promesse que l’IA pourrait parvenir, à terme, à guérir les cancers. Si l’IA a bien le potentiel de contribuer aux recherches dans le domaine, notamment en améliorant le dépistage, la détection et le diagnostic. Il est probable cependant que loin d’être une révolution, les améliorations soient bien plus incrémentales qu’on le pense. Mais ce qui est contestable dans ce tableau, estiment les chercheurs de l’AI Now Institute, c’est l’hypothèse selon laquelle ces avancées scientifiques nécessitent la croissance effrénée des hyperscalers du secteur de l’IA. Or, c’est précisément le lien que ces dirigeants d’entreprise tentent d’établir. « Le prétexte que l’IA pourrait révolutionner la santé sert à promouvoir la déréglementation de l’IA pour dynamiser son développement ». Les perspectives scientifiques montées en promesses inéluctables sont utilisées pour abattre les résistances à discuter des enjeux de l’IA et des transformations qu’elle produit sur la société toute entière.
Or, dans le régime des défaillances de l’IA, bien peu de leurs promesses relèvent de preuves scientifiques. Nombre de recherches du secteur s’appuient sur un régime de “véritude” comme s’en moque l’humoriste Stephen Colbert, c’est-à-dire sur des recherches qui ne sont pas validées par les pairs, à l’image des robots infirmiers qu’a pu promouvoir Nvidia en affirmant qu’ils surpasseraient les infirmières elles-mêmes… Une affirmation qui ne reposait que sur une étude de Nvidia. Nous manquons d’une science de l’évaluation de l’IA générative. En l’absence de benchmarks indépendants et largement reconnus pour mesurer des attributs clés tels que la précision ou la qualité des réponses, les entreprises inventent leurs propres benchmarks et, dans certains cas, vendent à la fois le produit et les plateformes de validation des benchmarks au même client. Par exemple, Scale AI détient des contrats de plusieurs centaines de millions de dollars avec le Pentagone pour la production de modèles d’IA destinés au déploiement militaire, dont un contrat de 20 millions de dollars pour la plateforme qui servira à évaluer la précision des modèles d’IA destinés aux agences de défense. Fournir la solution et son évaluation est effectivement bien plus simple.
Autre défaillance systémique : partout, les outils marginalisent les professionnels. Dans l’éducation, les Moocs ont promis la démocratisation de l’accès aux cours. Il n’en a rien été. Désormais, le techno-solutionnisme promet la démocratisation par l’IA générative via des offres dédiées comme ChatGPT Edu d’OpenAI, au risque de compromettre la finalité même de l’éducation. En fait, rappellent les auteurs du rapport, dans l’éducation comme ailleurs, l’IA est bien souvent adoptée par des administrateurs, sans discussion ni implication des concernés. A l’université, les administrateurs achètent des solutions non éprouvées et non testées pour des sommes considérables afin de supplanter les technologies existantes gérées par les services technologiques universitaires. Même constat dans ses déploiements au travail, où les pénuries de main d’œuvre sont souvent évoquées comme une raison pour développer l’IA, alors que le problème n’est pas tant la pénurie que le manque de protection ou le régime austéritaire de bas salaires. Les solutions technologiques permettent surtout de rediriger les financements au détriment des travailleurs et des bénéficiaires. L’IA sert souvent de vecteur pour le déploiement de mesures d’austérité sous un autre nom. Les systèmes d’IA appliqués aux personnes à faibles revenus n’améliorent presque jamais l’accès aux prestations sociales ou à d’autres opportunités, disait le rapport de Techtonic Justice. “L’IA n’est pas un ensemble cohérent de technologies capables d’atteindre des objectifs sociaux complexes”. Elle est son exact inverse, explique le rapport en pointant par exemple les défaillances du Doge (que nous avons nous-mêmes documentés). Cela n’empêche pourtant pas le solutionnisme de prospérer. L’objectif du chatbot newyorkais par exemple, “n’est peut-être pas, en réalité, de servir les citoyens, mais plutôt d’encourager et de centraliser l’accès aux données des citoyens ; de privatiser et d’externaliser les tâches gouvernementales ; et de consolider le pouvoir des entreprises sans mécanismes de responsabilisation significatifs”, comme l’explique le travail du Surveillance resistance Lab, très opposé au projet.
Le mythe de la productivité enfin, que répètent et ânonnent les développeurs d’IA, nous fait oublier que les bénéfices de l’IA vont bien plus leur profiter à eux qu’au public. « La productivité est un euphémisme pour désigner la relation économique mutuellement bénéfique entre les entreprises et leurs actionnaires, et non entre les entreprises et leurs salariés. Non seulement les salariés ne bénéficient pas des gains de productivité liés à l’IA, mais pour beaucoup, leurs conditions de travail vont surtout empirer. L’IA ne bénéficie pas aux salariés, mais dégrade leurs conditions de travail, en augmentant la surveillance, notamment via des scores de productivité individuels et collectifs. Les entreprises utilisent la logique des gains de productivité de l’IA pour justifier la fragmentation, l’automatisation et, dans certains cas, la suppression du travail. » Or, la logique selon laquelle la productivité des entreprises mènera inévitablement à une prospérité partagée est profondément erronée. Par le passé, lorsque l’automatisation a permis des gains de productivité et des salaires plus élevés, ce n’était pas grâce aux capacités intrinsèques de la technologie, mais parce que les politiques des entreprises et les réglementations étaient conçues de concert pour soutenir les travailleurs et limiter leur pouvoir, comme l’expliquent Daron Acemoglu et Simon Johnson, dans Pouvoir et progrès (Pearson 2024). L’essor de l’automatisation des machines-outils autour de la Seconde Guerre mondiale est instructif : malgré les craintes de pertes d’emplois, les politiques fédérales et le renforcement du mouvement ouvrier ont protégé les intérêts des travailleurs et exigé des salaires plus élevés pour les ouvriers utilisant les nouvelles machines. Les entreprises ont à leur tour mis en place des politiques pour fidéliser les travailleurs, comme la redistribution des bénéfices et la formation, afin de réduire les turbulences et éviter les grèves. « Malgré l’automatisation croissante pendant cette période, la part des travailleurs dans le revenu national est restée stable, les salaires moyens ont augmenté et la demande de travailleurs a augmenté. Ces gains ont été annulés par les politiques de l’ère Reagan, qui ont donné la priorité aux intérêts des actionnaires, utilisé les menaces commerciales pour déprécier les normes du travail et les normes réglementaires, et affaibli les politiques pro-travailleurs et syndicales, ce qui a permis aux entreprises technologiques d’acquérir une domination du marché et un contrôle sur des ressources clés. L’industrie de l’IA est un produit décisif de cette histoire ». La discrimination salariale algorithmique optimise les salaires à la baisse. D’innombrables pratiques sont mobilisées pour isoler les salariés et contourner les lois en vigueur, comme le documente le rapport 2025 de FairWork. La promesse que les agents IA automatiseront les tâches routinières est devenue un point central du développement de produits, même si cela suppose que les entreprises qui s’y lancent deviennent plus processuelles et bureaucratiques pour leur permettre d’opérer. Enfin, nous interagissons de plus en plus fréquemment avec des technologies d’IA utilisées non pas par nous, mais sur nous, qui façonnent notre accès aux ressources dans des domaines allant de la finance à l’embauche en passant par le logement, et ce au détriment de la transparence et au détriment de la possibilité même de pouvoir faire autrement.
Le risque de l’IA partout est bien de nous soumettre aux calculs, plus que de nous en libérer. Par exemple, l’intégration de l’IA dans les agences chargées de l’immigration, malgré l’édiction de principes d’utilisation vertueux, montre combien ces principes sont profondément contournés, comme le montrait le rapport sur la déportation automatisée aux États-Unis du collectif de défense des droits des latino-américains, Mijente. Les Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) utilisent des outils prédictifs pour automatiser leurs prises de décision, comme « Asylum Text Analytics », qui interroge les demandes d’asile afin de déterminer celles qui sont frauduleuses. Ces outils ont démontré, entre autres défauts, des taux élevés d’erreurs de classification lorsqu’ils sont utilisés sur des personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Les conséquences d’une identification erronée de fraude sont importantes : elles peuvent entraîner l’expulsion, l’interdiction à vie du territoire américain et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. « Pourtant, la transparence pour les personnes concernées par ces systèmes est plus que limitée, sans possibilité de se désinscrire ou de demander réparation lorsqu’ils sont utilisés pour prendre des décisions erronées, et, tout aussi important, peu de preuves attestent que l’efficacité de ces outils a été, ou peut être, améliorée ».
Malgré la légalité douteuse et les failles connues de nombre de ces systèmes que le rapport documente, l’intégration de l’IA dans les contrôles d’immigration ne semble vouée qu’à s’intensifier. L’utilisation de ces outils offre un vernis d’objectivité qui masque non seulement un racisme et une xénophobie flagrants, mais aussi la forte pression politique exercée sur les agences d’immigration pour restreindre l’asile. « L‘IA permet aux agences fédérales de mener des contrôles d’immigration de manière profondément et de plus en plus opaque, ce qui complique encore davantage la tâche des personnes susceptibles d’être arrêtées ou accusées à tort. Nombre de ces outils ne sont connus du public que par le biais de documents juridiques et ne figurent pas dans l’inventaire d’IA du DHS. Mais même une fois connus, nous disposons de très peu d’informations sur leur étalonnage ou sur les données sur lesquelles ils sont basés, ce qui réduit encore davantage la capacité des individus à faire valoir leurs droits à une procédure régulière. Ces outils s’appuient également sur une surveillance invasive du public, allant du filtrage des publications sur les réseaux sociaux à l’utilisation de la reconnaissance faciale, de la surveillance aérienne et d’autres techniques de surveillance, à l’achat massif d’informations publiques auprès de courtiers en données ». Nous sommes à la fois confrontés à des systèmes coercitifs et opaques, foncièrement défaillants. Mais ces défaillances se déploient parce qu’elles donnent du pouvoir aux forces de l’ordre, leur permettant d’atteindre leurs objectifs d’expulsion et d’arrestation. Avec l’IA, le pouvoir devient l’objectif.
Les leviers pour renverser l’empire de l’IA et faire converger les luttes contre son monde
La dernière partie du rapport de l’AI Now Institute tente de déployer une autre vision de l’IA par des propositions, en dessinant une feuille de route pour l’action. “L’IA est une lutte de pouvoir et non un levier de progrès”, expliquent les auteurs qui invitent à “reprendre le contrôle de la trajectoire de l’IA”, en contestant son utilisation actuelle. Le rapport présente 5 leviers pour reprendre du pouvoir sur l’IA.
Démontrer que l’IA agit contre les intérêts des individus et de la société
Le premier objectif, pour reprendre la main, consiste à mieux démontrer que l’industrie de l’IA agit contre les intérêts des citoyens ordinaires. Mais ce discours est encore peu partagé, notamment parce que le discours sur les risques porte surtout sur les biais techniques ou les risques existentiels, des enjeux déconnectés des réalités matérielles des individus. Pour l’AI Now Institute, “nous devons donner la priorité aux enjeux politiques ancrés dans le vécu des citoyens avec l’IA”, montrer les systèmes d’IA comme des infrastructures invisibles qui régissent les vies de chacun. En cela, la résistance au démantèlement des agences publiques initiée par les politiques du Doge a justement permis d’ouvrir un front de résistance. La résistance et l’indignation face aux coupes budgétaires et à l’accaparement des données a permis de montrer qu’améliorer l’efficacité des services n’était pas son objectif, que celui-ci a toujours été de démanteler les services gouvernementaux et centraliser le pouvoir. La dégradation des services sociaux et la privation des droits est un moyen de remobilisation à exploiter.
La construction des data centers pour l’IA est également un nouvel espace de mobilisation locale pour faire progresser la question de la justice environnementale, à l’image de celles que tentent de faire entendre la Citizen Action Coalition de l’Indiana ou la Memphis Community Against Pollution dans le Tennessee.
La question de l’augmentation des prix et de l’inflation, et le développement de prix et salaires algorithmiques est un autre levier de mobilisation, comme le montrait un rapport de l’AI Now Institute sur le sujet datant de février qui invitait à l’interdiction pure et simple de la surveillance individualisée des prix et des salaires.
Faire progresser l’organisation des travailleurs
Le second levier consiste à faire progresser l’organisation des travailleurs. Lorsque les travailleurs et leurs syndicats s’intéressent sérieusement à la manière dont l’IA transforme la nature du travail et s’engagent résolument par le biais de négociations collectives, de l’application des contrats, de campagnes et de plaidoyer politique, ils peuvent influencer la manière dont leurs employeurs développent et déploient ces technologies. Les campagnes syndicales visant à contester l’utilisation de l’IA générative à Hollywood, les mobilisations pour dénoncer la gestion algorithmique des employés des entrepôts de la logistique et des plateformes de covoiturage et de livraison ont joué un rôle essentiel dans la sensibilisation du public à l’impact de l’IA et des technologies de données sur le lieu de travail. La lutte pour limiter l’augmentation des cadences dans les entrepôts ou celles des chauffeurs menées par Gig Workers Rising, Los Deliversistas Unidos, Rideshare Drivers United, ou le SEIU, entre autres, a permis d’établir des protections, de lutter contre la précarité organisée par les plateformes… Pour cela, il faut à la fois que les organisations puissent analyser l’impact de l’IA sur les conditions de travail et sur les publics, pour permettre aux deux luttes de se rejoindre à l’image de ce qu’à accompli le syndicat des infirmières qui a montré que le déploiement de l’IA affaiblit le jugement clinique des infirmières et menace la sécurité des patients. Cette lutte a donné lieu à une « Déclaration des droits des infirmières et des patients », un ensemble de principes directeurs visant à garantir une application juste et sûre de l’IA dans les établissements de santé. Les infirmières ont stoppé le déploiement d’EPIC Acuity, un système qui sous-estimait l’état de santé des patients et le nombre d’infirmières nécessaires, et ont contraint l’entreprise qui déployait le système à créer un comité de surveillance pour sa mise en œuvre.
Une autre tactique consiste à contester le déploiement d’IA austéritaires dans le secteur public à l’image du réseau syndicaliste fédéral, qui mène une campagne pour sauver les services fédéraux et met en lumière l’impact des coupes budgétaires du Doge. En Pennsylvanie, le SEIU a mis en place un conseil des travailleurs pour superviser le déploiement de solutions d’IA génératives dans les services publics.
Une autre tactique consiste à mener des campagnes plus globales pour contester le pouvoir des grandes entreprises technologiques, comme la Coalition Athena qui demande le démantèlement d’Amazon, en reliant les questions de surveillance des travailleurs, le fait que la multinationale vende ses services à la police, les questions écologiques liées au déploiement des plateformes logistiques ainsi que l’impact des systèmes algorithmiques sur les petites entreprises et les prix que payent les consommateurs.
Bref, l’enjeu est bien de relier les luttes entre elles, de relier les syndicats aux organisations de défense de la vie privée à celles œuvrant pour la justice raciale ou sociale, afin de mener des campagnes organisées sur ces enjeux. Mais également de l’étendre à l’ensemble de la chaîne de valeur et d’approvisionnement de l’IA, au-delà des questions américaines, même si pour l’instant “aucune tentative sérieuse d’organisation du secteur impacté par le déploiement de l’IA à grande échelle n’a été menée”. Des initiatives existent pourtant comme l’Amazon Employees for Climate Justice, l’African Content Moderators Union ou l’African Tech Workers Rising, le Data Worker’s Inquiry Project, le Tech Equity Collaborative ou l’Alphabet Workers Union (qui font campagne sur les différences de traitement entre les employés et les travailleurs contractuels).
Nous avons désespérément besoin de projets de lutte plus ambitieux et mieux dotés en ressources, constate le rapport. Les personnes qui construisent et forment les systèmes d’IA – et qui, par conséquent, les connaissent intimement – ont une opportunité particulière d’utiliser leur position de pouvoir pour demander des comptes aux entreprises technologiques sur la manière dont ces systèmes sont utilisés. “S’organiser et mener des actions collectives depuis ces postes aura un impact profond sur l’évolution de l’IA”.
“À l’instar du mouvement ouvrier du siècle dernier, le mouvement ouvrier d’aujourd’hui peut se battre pour un nouveau pacte social qui place l’IA et les technologies numériques au service de l’intérêt public et oblige le pouvoir irresponsable d’aujourd’hui à rendre des comptes.”
Confiance zéro envers les entreprises de l’IA !
Le troisième levier que défend l’AI Now Institute est plus radical encore puisqu’il propose d’adopter un programme politique “confiance zéro” envers l’IA. En 2023, L’AI Now, l’Electronic Privacy Information Center et d’Accountable Tech affirmaient déjà “qu’une confiance aveugle dans la bienveillance des entreprises technologiques n’était pas envisageable ». Pour établir ce programme, le rapport égraine 6 leviers à activer.
Tout d’abord, le rapport plaide pour “des règles audacieuses et claires qui restreignent les applications d’IA nuisibles”. C’est au public de déterminer si, dans quels contextes et comment, les systèmes d’IA seront utilisés. “Comparées aux cadres reposant sur des garanties basées sur les processus (comme les audits d’IA ou les régimes d’évaluation des risques) qui, dans la pratique, ont souvent eu tendance à renforcer les pouvoirs des leaders du secteur et à s’appuyer sur une solide capacité réglementaire pour une application efficace, ces règles claires présentent l’avantage d’être facilement administrables et de cibler les préjudices qui ne peuvent être ni évités ni réparés par de simples garanties”. Pour l’AI Now Institute, l’IA doit être interdite pour la reconnaissance des émotions, la notation sociale, la fixation des prix et des salaires, refuser des demandes d’indemnisation, remplacer les enseignants, générer des deepfakes. Et les données de surveillance des travailleurs ne doivent pas pouvoir pas être vendues à des fournisseurs tiers. L’enjeu premier est d’augmenter le spectre des interdictions.
Ensuite, le rapport propose de réglementer tout le cycle de vie de l’IA. L’IA doit être réglementée tout au long de son cycle de développement, de la collecte des données au déploiement, en passant par le processus de formation, le perfectionnement et le développement des applications, comme le proposait l’Ada Lovelace Institute. Le rapport rappelle que si la transparence est au fondement d’une réglementation efficace, la résistante des entreprises est forte, tout le long des développements, des données d’entraînement utilisées, au fonctionnement des applications. La transparence et l’explication devraient être proactives, suggère le rapport : les utilisateurs ne devraient pas avoir besoin de demander individuellement des informations sur les traitements dont ils sont l’objet. Notamment, le rapport insiste sur le besoin que “les développeurs documentent et rendent publiques leurs techniques d’atténuation des risques, et que le régulateur exige la divulgation de tout risque anticipé qu’ils ne sont pas en mesure d’atténuer, afin que cela soit transparent pour les autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement”. Le rapport recommande également d’inscrire un « droit de dérogation » aux décisions et l’obligation d’intégrer des conseils d’usagers pour qu’ils aient leur mot à dire sur les développements et l’utilisation des systèmes.
Le rapport rappelle également que la supervision des développements doit être indépendante. Ce n’est pas à l’industrie d’évaluer ce qu’elle fait. Le “red teaming” et les “models cards” ignorent les conflits d’intérêts en jeu et mobilisent des méthodologies finalement peu robustes (voir notre article). Autre levier encore, s’attaquer aux racines du pouvoir de ces entreprises et par exemple qu’elles suppriment les données acquises illégalement et les modèles entraînés sur ces données (certains chercheurs parlent d’effacement de modèles et de destruction algorithmique !) ; limiter la conservation des données pour le ré-entraînement ; limiter les partenariats entre les hyperscalers et les startups d’IA et le rachat d’entreprise pour limiter la constitution de monopoles.
Le rapport propose également de construire une boîte à outils pour favoriser la concurrence. De nombreuses enquêtes pointent les limites des grandes entreprises de la tech à assurer le respect du droit à la concurrence, mais les poursuites peinent à s’appliquer et peinent à construire des changements législatifs pour renforcer le droit à la concurrence et limiter la construction de monopoles, alors que toute intervention sur le marché est toujours dénoncé par les entreprises de la tech comme relevant de mesures contre l’innovation. Le rapport plaide pour une plus grande séparation structurelle des activités (les entreprises du cloud ne doivent pas pouvoir participer au marché des modèles fondamentaux de l’IA par exemple, interdiction des représentations croisées dans les conseils d’administration des startups et des développeurs de modèles, etc.). Interdire aux fournisseurs de cloud d’exploiter les données qu’ils obtiennent de leurs clients en hébergeant des infrastructures pour développer des produits concurrents.
Enfin, le rapport recommande une supervision rigoureuse du développement et de l’exploitation des centres de données, alors que les entreprises qui les développent se voient exonérées de charge et que leurs riverains en subissent des impacts disproportionnés (concurrence sur les ressources, augmentation des tarifs de l’électricité…). Les communautés touchées ont besoin de mécanismes de transparence et de protections environnementales solides. Les régulateurs devraient plafonner les subventions en fonction des protections concédées et des emplois créés. Initier des règles pour interdire de faire porter l’augmentation des tarifs sur les usagers.
Décloisonner !
Le cloisonnement des enjeux de l’IA est un autre problème qu’il faut lever. C’est le cas notamment de l’obsession à la sécurité nationale qui justifient à la fois des mesures de régulation et des programmes d’accélération et d’expansion du secteur et des infrastructures de l’IA. Mais pour décloisonner, il faut surtout venir perturber le processus de surveillance à l’œuvre et renforcer la vie privée comme un enjeu de justice économique. La montée de la surveillance pour renforcer l’automatisation “place les outils traditionnels de protection de la vie privée (tels que le consentement, les options de retrait, les finalités non autorisées et la minimisation des données) au cœur de la mise en place de conditions économiques plus justes”. La chercheuse Ifeoma Ajunwa soutient que les données des travailleurs devraient être considérées comme du « capital capturé » par les entreprises : leurs données sont utilisées pour former des technologies qui finiront par les remplacer (ou créer les conditions pour réduire leurs salaires), ou vendues au plus offrant via un réseau croissant de courtiers en données, sans contrôle ni compensation. Des travailleurs ubérisés aux travailleurs du clic, l’exploitation des données nécessite de repositionner la protection de la vie privée des travailleurs au cœur du programme de justice économique pour limiter sa capture par l’IA. Les points de collecte, les points de surveillance, doivent être “la cible appropriée de la résistance”, car ils seront instrumentalisés contre les intérêts des travailleurs. Sur le plan réglementaire, cela pourrait impliquer de privilégier des règles de minimisation des données qui restreignent la collecte et l’utilisation des données, renforcer la confidentialité (par exemple en interdisant le partage de données sur les salariés avec des tiers), le droit à ne pas consentir, etc. Renforcer la minimisation, sécuriser les données gouvernementales sur les individus qui sont de haute qualité et particulièrement sensibles, est plus urgent que jamais.
“Nous devons nous réapproprier l’agenda positif de l’innovation centrée sur le public, et l’IA ne devrait pas en être le centre”, concluent les auteurs. La trajectoire actuelle de l’IA, axée sur le marché, est préjudiciable au public alors que l’espace de solutions alternatives se réduit. Nous devons rejeter le paradigme d’une IA à grande échelle qui ne profitera qu’aux plus puissants.
L’IA publique demeure un espace fertile pour promouvoir le débat sur des trajectoires alternatives pour l’IA, structurellement plus alignées sur l’intérêt public, et garantir que tout financement public dans ce domaine soit conditionné à des objectifs d’intérêt général. Mais pour cela, encore faut-il que l’IA publique ne limite pas sa politique à l’achat de solutions privées, mais développe ses propres capacités d’IA, réinvestisse sa capacité d’expertise pour ne pas céder au solutionnisme de l’IA, favorise partout la discussion avec les usagers, cultive une communauté de pratique autour de l’innovation d’intérêt général qui façonnera l’émergence d’un espace alternatif par exemple en exigeant des méthodes d’implication des publics et aussi en élargissant l’intérêt de l’Etat à celui de l’intérêt collectif et pas seulement à ses intérêts propres (par exemple en conditionnant à la promotion des objectifs climatiques, au soutien syndical et citoyen…), ainsi qu’à redéfinir les conditions concrètes du financement public de l’IA, en veillant à ce que les investissements répondent aux besoins des communautés plutôt qu’aux intérêts des entreprises.
Changer l’agenda : pour une IA publique !
Enfin, le rapport conclut en affirmant que l’innovation devrait être centrée sur les besoins des publics et que l’IA ne devrait pas en être le centre. Le développement de l’IA devrait être guidé par des impératifs non marchands et les capitaux publics et philanthropiques devraient contribuer à la création d’un écosystème d’innovation extérieur à l’industrie, comme l’ont réclamé Public AI Network dans un rapport, l’Ada Lovelace Institute, dans un autre, Lawrence Lessig ou encore Bruce Schneier et Nathan Sanders ou encore Ganesh Sitaraman et Tejas N. Narechania… qui parlent d’IA publique plus que d’IA souveraine, pour orienter les investissements non pas tant vers des questions de sécurité nationale et de compétitivité, mais vers des enjeux de justice sociale.
Ces discours confirment que la trajectoire de l’IA, axée sur le marché, est préjudiciable au public. Si les propositions alternatives ne manquent pas, elles ne parviennent pas à relever le défi de la concentration du pouvoir au profit des grandes entreprises. « Rejeter le paradigme actuel de l’IA à grande échelle est nécessaire pour lutter contre les asymétries d’information et de pouvoir inhérentes à l’IA. C’est la partie cachée qu’il faut exprimer haut et fort. C’est la réalité à laquelle nous devons faire face si nous voulons rassembler la volonté et la créativité nécessaires pour façonner la situation différemment ». Un rapport du National AI Research Resource (NAIRR) américain de 2021, d’une commission indépendante présidée par l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, et composée de dirigeants de nombreuses grandes entreprises technologiques, avait parfaitement formulé le risque : « la consolidation du secteur de l’IA menace la compétitivité technologique des États-Unis. » Et la commission proposait de créer des ressources publiques pour l’IA.
« L’IA publique demeure un espace fertile pour promouvoir le débat sur des trajectoires alternatives pour l’IA, structurellement plus alignées sur l’intérêt général, et garantir que tout financement public dans ce domaine soit conditionné à des objectifs d’intérêt général ». Un projet de loi californien a récemment relancé une proposition de cluster informatique public, hébergé au sein du système de l’Université de Californie, appelé CalCompute. L’État de New York a lancé une initiative appelée Empire AI visant à construire une infrastructure de cloud public dans sept institutions de recherche de l’État, rassemblant plus de 400 millions de dollars de fonds publics et privés. Ces deux initiatives créent des espaces de plaidoyer importants pour garantir que leurs ressources répondent aux besoins des communautés et ne servent pas à enrichir davantage les ressources des géants de la technologie.
Et le rapport de se conclure en appelant à défendre l’IA publique, en soutenant les universités, en investissant dans ces infrastructures d’IA publique et en veillant que les groupes défavorisés disposent d’une autorité dans ces projets. Nous devons cultiver une communauté de pratique autour de l’innovation d’intérêt général.
Le rapport de l’AI Now Institute a la grande force de nous rappeler que les luttes contre l’IA existent et qu’elles ne sont pas que des luttes de collectifs technocritiques, mais qu’elles s’incarnent déjà dans des projets politiques, qui peinent à s’interelier et à se structurer. Des luttes qui sont souvent invisibilisées, tant la parole est toute entière donnée aux promoteurs de l’IA. Le rapport est extrêmement riche et rassemble une documentation à nulle autre pareille.
« L’IA ne nous promet ni de nous libérer du cycle incessant de guerres, des pandémies et des crises environnementales et financières qui caractérisent notre présent », conclut le rapport. L’IA ne crée rien de tout cela, ne crée rien de ce que nous avons besoin. “Lier notre avenir commun à l’IA rend cet avenir plus difficile à réaliser, car cela nous enferme dans une voie résolument sombre, nous privant non seulement de la capacité de choisir quoi construire et comment le construire, mais nous privant également de la joie que nous pourrions éprouver à construire un avenir différent”. L’IA comme seule perspective d’avenir “nous éloigne encore davantage d’une vie digne, où nous aurions l’autonomie de prendre nos propres décisions et où des structures démocratiquement responsables répartiraient le pouvoir et les infrastructures technologiques de manière robuste, responsable et protégée des chocs systémiques”. L’IA ne fait que consolider et amplifier les asymétries de pouvoir existantes. “Elle naturalise l’inégalité et le mérite comme une fatalité, tout en rendant les schémas et jugements sous-jacents qui les façonnent impénétrables pour ceux qui sont affectés par les jugements de l’IA”.
Pourtant, une autre IA est possible, estiment les chercheurs·euses de l’AI Now Institute. Nous ne pouvons pas lutter contre l’oligarchie technologique sans rejeter la trajectoire actuelle de l’industrie autour de l’IA à grande échelle. Nous ne devons pas oublier que l’opinion publique s’oppose résolument au pouvoir bien établi des entreprises technologiques. Certes, le secteur technologique dispose de ressources plus importantes que jamais et le contexte politique est plus sombre que jamais, concèdent les chercheurs de l’AI Now Institute. Cela ne les empêche pas de faire des propositions, comme d’adopter un programme politique de « confiance zéro » pour l’IA. Adopter un programme politique fondé sur des règles claires qui restreignent les utilisations les plus néfastes de l’IA, encadrent son cycle de vie de bout en bout et garantissent que l’industrie qui crée et exploite actuellement l’IA ne soit pas laissée à elle-même pour s’autoréguler et s’autoévaluer. Repenser les leviers traditionnels de la confidentialité des données comme outils clés dans la lutte contre l’automatisation et la lutte contre le pouvoir de marché.
Revendiquer un programme positif d’innovation centrée sur le public, sans IA au centre.
« La trajectoire actuelle de l’IA place le public sous la coupe d’oligarques technologiques irresponsables. Mais leur succès n’est pas inéluctable. En nous libérant de l’idée que l’IA à grande échelle est inévitable, nous pouvons retrouver l’espace nécessaire à une véritable innovation et promouvoir des voies alternatives stimulantes et novatrices qui exploitent la technologie pour façonner un monde au service du public et gouverné par notre volonté collective ».
La trajectoire actuelle de l’IA vers sa suprématie ne nous mènera pas au monde que nous voulons. Sa suprématie n’est pourtant pas encore là. “Avec l’adoption de la vision actuelle de l’IA, nous perdons un avenir où l’IA favoriserait des emplois stables, dignes et valorisants. Nous perdons un avenir où l’IA favoriserait des salaires justes et décents, au lieu de les déprécier ; où l’IA garantirait aux travailleurs le contrôle de l’impact des nouvelles technologies sur leur carrière, au lieu de saper leur expertise et leur connaissance de leur propre travail ; où nous disposons de politiques fortes pour soutenir les travailleurs si et quand les nouvelles technologies automatisent les fonctions existantes – y compris des lois élargissant le filet de sécurité sociale – au lieu de promoteurs de l’IA qui se vantent auprès des actionnaires des économies réalisées grâce à l’automatisation ; où des prestations sociales et des politiques de congés solides garantissent le bien-être à long terme des employés, au lieu que l’IA soit utilisée pour surveiller et exploiter les travailleurs à tout-va ; où l’IA contribue à protéger les employés des risques pour la santé et la sécurité au travail, au lieu de perpétuer des conditions de travail dangereuses et de féliciter les employeurs qui exploitent les failles du marché du travail pour se soustraire à leurs responsabilités ; et où l’IA favorise des liens significatifs par le travail, au lieu de favoriser des cultures de peur et d’aliénation.”
Pour l’AI Now Institute, l’enjeu est d’aller vers une prospérité partagée, et ce n’est pas la direction que prennent les empires de l’IA. La prolifération de toute nouvelle technologie a le potentiel d’accroître les opportunités économiques et de conduire à une prospérité partagée généralisée. Mais cette prospérité partagée est incompatible avec la trajectoire actuelle de l’IA, qui vise à maximiser le profit des actionnaires. “Le mythe insidieux selon lequel l’IA mènera à la « productivité » pour tous, alors qu’il s’agit en réalité de la productivité d’un nombre restreint d’entreprises, nous pousse encore plus loin sur la voie du profit actionnarial comme unique objectif économique. Même les politiques gouvernementales bien intentionnées, conçues pour stimuler le secteur de l’IA, volent les poches des travailleurs. Par exemple, les incitations gouvernementales destinées à revitaliser l’industrie de la fabrication de puces électroniques ont été contrecarrées par des dispositions de rachat d’actions par les entreprises, envoyant des millions de dollars aux entreprises, et non aux travailleurs ou à la création d’emplois. Et malgré quelques initiatives significatives pour enquêter sur le secteur de l’IA sous l’administration Biden, les entreprises restent largement incontrôlées, ce qui signifie que les nouveaux entrants ne peuvent pas contester ces pratiques.”
“Cela implique de démanteler les grandes entreprises, de restructurer la structure de financement financée par le capital-risque afin que davantage d’entreprises puissent prospérer, d’investir dans les biens publics pour garantir que les ressources technologiques ne dépendent pas des grandes entreprises privées, et d’accroître les investissements institutionnels pour intégrer une plus grande diversité de personnes – et donc d’idées – au sein de la main-d’œuvre technologique.”
“Nous méritons un avenir technologique qui soutienne des valeurs et des institutions démocratiques fortes.” Nous devons de toute urgence restaurer les structures institutionnelles qui protègent les intérêts du public contre l’oligarchie. Cela nécessitera de s’attaquer au pouvoir technologique sur plusieurs fronts, et notamment par la mise en place de mesures de responsabilisation des entreprises pour contrôler les oligarques de la tech. Nous ne pouvons les laisser s’accaparer l’avenir.
Sur ce point, comme sur les autres, nous sommes d’accord.
Hubert Guillaud
13.07.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 13 juillet 2026
Texte intégral (9186 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- Japan does not cut down centuries-old trees for development. Instead, experts spend months preparing their roots and relocating them (timesofindia.indiatimes.com)
- Ces sites sud-coréens vous laissent faire du « air shopping » sans jamais rien acheter, juste pour le shoot de dopamine (slate.fr)
En Corée du Sud, de faux sites de livraison et de e-commerce reproduisent toutes les étapes d’un achat… sauf le paiement. Leur objectif est de satisfaire les envies compulsives sans vider le compte en banque.
- Pourquoi les conducteurs chinois de Tesla installent une poupée de Dwayne Johnson dans leur véhicule ? (lesnumeriques.com)
Les conducteurs chinois de Tesla placent une poupée à l’effigie de Dwayne Johnson sur le rétroviseur de leur voiture. Mais alors d’où vient cette soudaine tendance ? Simple : la figurine sert à tromper la caméra de surveillance qui contrôle l’attention à la conduite pendant l’utilisation d’Autopilot.
- 39 hours in line for gas : One driver’s road trip through Russia’s fuel crisis (meduza.io)
- La Russie lance des attaques meurtrières sur Kiev, à la veille d’un sommet de l’Otan (huffingtonpost.fr)
Ces attaques interviennent alors que Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump ce mardi, lors d’un sommet de l’Otan à Ankara.
- Une caméra braquée sur votre visage équipe désormais toute voiture neuve en Europe (lesnumeriques.com)
Elle se rallume si vous la coupez, et personne ne dit où vont les images […] Le règlement européen exige que les images restent dans le véhicule, mais ne prévoit aucun audit pour le vérifier. Et les précédents en matière de données automobiles ne plaident pas en faveur de la confiance.
- Procedural Trick Before Summer Recess Pushes EU Parliament Towards Capitulation on “Chat Control” (patrick-breyer.de)
On Tuesday, the European Parliament will vote on a request for urgent procedure aimed at reviving the previously rejected, indiscriminate mass surveillance of private communications […] This move […] is not only an unprecedented parliamentary ploy, but also threatens to torpedo negotiations on a modern, permanent child protection framework online.

- Des ONG dénoncent une « vague de reculs environnementaux » dans l’UE depuis deux ans (liberation.fr)
À l’initiative du Réseau action climat, une dizaine d’ONG publie lundi 6 juillet un décompte recensant 20 reculs « dangereux » dans l’Union européenne depuis juillet 2024, avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé des citoyens. Au cœur des majorités rendant possibles ce détricotage : les partis français de droite et d’extrême droite.
- Quand les rails fondent (chuuchuu.com) Comment la canicule de juin 2026 a impacté les chemins de fer européens
- Espagne : au moins 12 mort·es et 23 disparu·es en Andalousie frappée par un important feu de forêt (humanite.fr)
Douze personnes sont mortes en Andalousie, près de la ville d’Almería, après le déclenchement d’un important feu de forêt dans la journée du jeudi 9 juillet. Un lourd bilan qui pourrait encore s’aggraver et qui dépasse déjà celui de 2025, année record pour les incendies en Espagne.
- Une « bactérie mangeuse de chair » sur les plages espagnoles : « Les cas graves sont très rares » (reporterre.net)
« La Méditerranée espagnole n’est normalement pas un environnement favorable à la vie de cette bactérie car elle ne remplit pas toutes les conditions en termes de température et de salinité[…] Mais avec les changements climatiques, elle a une fenêtre d’opportunité » Si le phénomène se poursuit au même rythme, la bactérie pourrait à l’avenir arriver sur les côtes françaises.
- Alarm over launch of facial recognition in UK shops that instantly alerts police (theguardian.com)
Civil liberties groups say Facewatch system in stores such as Sainsbury’s and B&M is ‘dangerous escalation’
- À quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, Donald Trump a congédié, jeudi 9 juillet, les deux derniers responsables de la Commission d’assistance aux élections (EAC), chargée de garantir la bonne tenue des opérations de vote dans le pays. (huffingtonpost.fr)
- L’homme tué par des agents de l’ICE au Texas n’était pas la cible visée (huffingtonpost.fr)
les agents impliqués ne portaient ni caméra-piéton ni caméra embarquée au moment de l’arrestation.
- Two teens learn the hard way not to do toy gun drive-bys from a Waymo (arstechnica.com)
The robotaxi stopped, called 911, and waited for the San Mateo Police to show up.
- Hamilton Nolan : « Aux États-Unis, il n’existe aucune loi fédérale garantissant des congés payés » (socialter.fr)
- Your next nurse may monitor you from the Philippines (restofworld.org)
U.S. hospitals are increasingly hiring Filipino nurses for remote roles to fill staffing gaps and for cost savings, but the practice may be aggravating shortages in the Philippines.
- Surprisingly large number of people may have marker for tick-linked meat allergy (arstechnica.com)
The findings suggest far more Americans than previously thought may be at risk of the allergy, which can make having a hamburger for dinner a potentially life-threatening choice.
- Fête nationale des États-Unis : 850 000 fusées d’artifice ont fortement dégradé la qualité de l’air (reporterre.net)
850 000 fusées d’artifice en quarante minutes… Pour célébrer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis, Donald Trump avait annoncé qu’il voulait « le plus grand feu d’artifice de l’histoire » à Washington, le 4 juillet. C’est chose faite, puisque le nombre de pétards utilisés a dépassé le record enregistré dans le livre Guinness.

- US rare earths flow to Asia as domestic demand is slow to emerge (arstechnica.com)
US rare earths produced by Washington-backed companies are flowing to Japan and South Korea, as American demand has yet to materialize despite the Trump administration’s push to develop a national supply chain.
- Thieves Are Absolutely Loving All of These New Data Center Projects (futurism.com)
investigators are trying to chase down cargo thieves who stole a pair of trailers that were carrying $1.3 million worth of data center supplies, including $300,000 worth of copper wire spools.
- Data centers’ energy demand threatens Trump’s “Made in America” plan (arstechnica.com)
- Le comté de Henrico, en Virginie, comptant 37 centres de données demande aux écoles de « faire des économies d’électricité » pour faire face à la hausse drastique des coûts de l’énergie provoquée par l’appétit énergétique de l’IA (developpez.com)
Face à une augmentation prévue de 25 % des tarifs d’électricité, les autorités locales demandent désormais aux écoles et aux employés municipaux de réduire drastiquement leur consommation.
- Dans le monde entier, un vent de révolte contre les datacenters (multinationales.org)
Lancés dans une course folle à l’IA, les Big Tech cherchent à implanter des centres de données sur tous les continents. Ils se heurtent de plus en plus, y compris aux États-Unis, à des oppositions locales qui dénoncent les impacts environnementaux et le manque de transparence autour de ces infrastructures gigantesques.

- L’Amérique latine bascule à l’extrême droite : un scénario qui semble écrit par Washington (humanite.fr)
Comme les épisodes d’une mauvaise telenovela, les déceptions s’enchaînent pour une gauche latino-américaine confrontée à une puissante offensive réactionnaire. Le panorama est désolant : depuis l’année dernière, l’échiquier politique régional glisse inexorablement vers le camp conservateur.
- FCC Approves Reflect Orbital’s Space Mirror Satellite That Astronomers Hate (ca.pcmag.com)
The FCC says the most controversial aspect of Reflect Orbital’s Earendil-1 satellite, its giant mirror, falls outside its authority since the regulator mainly focuses on radio spectrum. […] On Thursday, the FCC granted California-based Reflect Orbital permission to launch and operate the satellite in low-Earth orbit using the requested radio spectrum. The reflected light from the satellite is supposed to span an area about 3 miles wide on the ground.
- Orbital datacenter gold rush needs an environmental review, FCC told (theregister.com)
Green groups want licenses frozen before a million satellites litter the exosphere
- Mysterious Compound Detected on Pluto and Titan (wired.com)
Something on Pluto and one of Saturn’s moons, Titan, absorbs light in a way unexplained by anything in spectroscopic databases.
Spécial Cheh
- De l’UEFA à la Belgique, la suspension du carton rouge de l’Américain Balogun après un appel de Trump suscite un tollé (liberation.fr)
La décision de la Fifa de réintégrer le meilleur buteur de Team USA sur influence du président américain, a créé l’émoi, aussi bien dans les couloirs du mondial que dans le monde politique de la Belgique, prochain adversaire des Etats-Unis. La fédération belge a annoncé faire appel.
- États-Unis – Belgique : la pression de Trump n’a pas suffi à faire gagner les Américains, punis par les Diables rouges (huffingtonpost.fr)
Malgré la présence de Folarin Balogun, dont la suspension a été levée à la demande du président américain, la Belgique a évincé les États-Unis de leur propre Mondial.

Spécial IA
- Apple Sues OpenAI for Stealing Trade Secrets to Build AI Hardware (macrumors.com) – voir aussi Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle » (next.ink)
- OpenAI may have made a fatal misstep in copyright fight with news orgs (arstechnica.com)
OpenAI may be sanctioned for hiding, deleting ChatGPT logs
- OpenAI could reportedly run out of cash by mid-2027 — analyst paints grim picture after examining the company’s finances (tomshardware.com)
- La publicité arrive sur ChatGPT en France (phonandroid.com)
OpenAI accélère la cadence de déploiement. Après un lancement aux États-Unis en février donc, la publicité a été étendue au Canada, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande en mars, puis au Royaume-Uni, au Japon, à la Corée du Sud, au Mexique et au Brésil en juin. Nous n’avons pas encore de fenêtre exacte concernant la France et le reste de l’Europe. Étant donné que la firme recherche encore du personnel pour piloter ce projet, il est possible que nous ayons quelques mois de répit avant de voir de la publicité s’afficher dans ChatGPT.
- Meta Contractors Posed as Teens to Prompt Rival Chatbots About Suicide, Sex, and Drugs (wired.com)
The effort, which was managed by Meta contractor Covalen, was active as recently as April 21. Known internally as Cannes, it targeted OpenAI’s ChatGPT, Google’s Gemini, and Character.AI. The project asked workers to create dummy under-18 accounts, send written prompts and images to rival chatbots, and copy the responses into spreadsheets.
- Meta Now Lets Anyone Use Your Instagram Photos in AI Images—Unless You Opt Out (wired.com)
public Instagram profiles are now automatically opted into being fodder for generative AI remixes. All someone has to do is tag your account’s profile in a prompt—if it’s public—and they can use Meta AI to generate an image using your likeness.
Voir aussi Meta « Removes » Controversial AI Feature On Instagram After Backlash (tech.slashdot.org)

- Meta prépare des lunettes IA capables de tout voir et tout entendre (moncarnet.com)
Meta testerait un prototype de lunettes d’intelligence artificielle capables de capter en continu l’environnement du porteur, avec des photos prises à intervalles réguliers et des enregistrements audio permanents. Selon le Financial Times, ces lunettes dites « super sensing » permettraient ensuite à l’utilisateur d’interroger une IA pour retrouver ce qu’il a vu, entendu ou vécu au cours de sa journée.
- Do Smart Glasses Have a Surveillance Problem ? (vogue.com)
It’s a trend that runs through consumer tech history : devices rarely go mainstream until women adopt them, from Facebook’s transition from college side project into social infrastructure, to fitness trackers that began as nerdy hardware but have since rebranded to wellness tools with women’s health capabilities […] the more politically controversial AI becomes, the more aggressively it’s feminized.
- Secret Claude tracker shocks users after Anthropic’s anti-surveillance stance (arstechnica.com)
Anthropic quickly removed a tracker secretly monitoring Claude Code users in China after a security researcher exposed the hidden code and condemned the spyware-like tracking as a “serious breach of user trust.”
- Lawsuit : Man used Grok to make 7K sex images of stepdaughter – X accused of shielding child predators. (arstechnica.com)
One of the most horrific cases of allegedly Grok-generated child sex images was shared in a proposed class action lawsuit that was expanded Tuesday. Now, young girls not only accuse X and xAI of building toxic AI “nudify” tools but also of shielding child predators by obstructing police investigations into Grok-generated child sex abuse materials (CSAM).
Spécial guerre(s) au Moyen-Orient
- ‘I Don’t Want to Deal With Them’ : Trump Declares Iran Truce Over as US Resumes Bombing (commondreams.org)
The US president, who launched the illegal and costly war earlier this year, attacked Iranian leaders as “scum” and “sick people.”

Spécial femmes dans le monde
- The Woman-Hating Lie Behind Kidmaxxing (crosspollinations.substack.com)
Why the billionaires’ fantasy of passing down “superior” genes is doomed to fail
- Pour que MeToo éclate dans la grève féministe (politis.fr)
Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s’arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique.
- Kelsey Pflender completes record-breaking solo journey from California to Hawaii (edition.cnn.com)
A Grand Canyon river rafting guide who aimed to become the first American woman to row across the mid-Pacific solo has completed a record-breaking journey from California to Hawaii.[…]Pfendler appears to have broken both the previous women’s speed record as well as the men’s speed record, according to records maintained by Ocean Rowing Society International
Spécial France
- La Commission européenne appelle la France à revoir sa proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans (franceinfo.fr)
Une proposition de loi portée par le gouvernement est en cours d’examen par les parlementaires. Mais l’exécutif européen prévient qu’il pourrait aller contre le DSA.
- Brevet des collèges : une fille de 9 ans devient la plus jeune élève à le décrocher (huffingtonpost.fr)
Originaire de Savoie, Agnès Baldeck a décroché son brevet avec une moyenne de 15,85/20 à 9 ans. Le précédent record de précocité datait de… 1987.
- NIS2 : la commission saisit la CJUE pour défaut de transposition (projetarcadie.com)
Cela pendait au nez de la France : fatiguée de l’inertie de l’hexagone, la Commission européenne a décidé de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne pour défaut de transposition de la directive NIS2. […] L’un des points d’achoppements de ce texte réside dans la volonté des services de renseignements français d’ajouter, dans le texte, la possibilité d’étendre l’usage des « boîtes noires », ce qui est refusé par les parlementaires. L’obsession des services pour les backdoors se traduira donc par des sanctions financières pour la France.
- Qui va payer la facture à 20 milliards du rachat de SFR ? Nous, pardi ! (alternatives-economiques.fr)
- Le CNRS tourne le dos à Microsoft et compagnie pour du « numérique souverain », qui lui fait gagner de l’argent (clubic.com)
- Sous les panneaux, la finance (multinationales.org)
À Noyers-sur-Serein, dans l’Yonne, un projet agrivoltaïque de 113 hectares porté par EDF et un fonds d’investissement australien promet de sécuriser les revenus agricoles et d’accélérer la transition énergétique. Mais derrière les panneaux solaires se joue une autre bataille : celle de la financiarisation des terres agricoles, de l’influence des lobbys et du partage de la valeur produite par les campagnes.
- « Vol d’eau » dans le Marais poitevin : des sabotages au profit de l’agro-industrie ? (reporterre.net)
Deux barrages du Marais poitevin ont été ouverts en pleine nuit au cœur d’une sécheresse historique. Fragilisant écosystèmes et activité économique, ces actes de sabotage auraient profité aux grandes exploitations céréalières du marais desséché.
- Points d’eau, brumisateurs, arrosage… Comment les festivals estivaux s’adaptent aux fortes chaleurs (france3-regions.franceinfo.fr)
- En Loire-Atlantique, le festival Dub camp annulé à cause de la canicule. (ouest-france.fr) – voir aussi Dub Camp, Le Son Continu… À nouveau des festivals annulés à cause de la canicule (telerama.fr)
- Pour beaucoup de petits festivals, cet été pourrait être le dernier (alternatives-economiques.fr)
Les baisses de subventions affectent en particulier les manifestations les plus petites, le plus souvent en territoire rural. Au risque d’accentuer encore plus les inégalités dans le paysage culturel.
- À Paris, les bals du 14 juillet annulés à cause de la canicule (huffingtonpost.fr)
Les sapeurs-pompiers de Paris n’ont voulu prendre aucun risque face aux fortes chaleurs annoncées dans les prochains jours.

Spécial femmes en France
- Exhibition sexuelle à la piscine : la romancière Virginie Grimaldi brise l’injonction au silence (lesnouvellesnews.fr)
Récemment, Virginie Grimaldi a pris la parole pour dénoncer un cas d’exhibition sexuelle dans une piscine à Biarritz. La romancière est depuis la cible d’un tsunami d’insultes sexistes.
- Isabelle Huppert, présidente de la Cinémathèque. Un tournant féministe ? (lesnouvellesnews.fr)
Isabelle Huppert est la première femme à présider la Cinémathèque française, une institution qui a longtemps contribué à légitimer une certaine vision du cinéma, propageant la « culture du viol »
- « C’est comme les femmes, faut taper dessus » : le sexisme sévit toujours en mairie (lesnouvellesnews.fr)
La prétendue plaisanterie tombe en plein conseil municipal… Les élu·es qui dénoncent ce propos sexiste sont ensuite accusé·es de troubler l’ordre public.
- Frah de Shaka Ponk confie ses regrets sur son duo « complètement déplacé » avec Bertrand Cantat (huffingtonpost.fr)
« On était très cons et je pense aussi qu’à l’époque, on partait de là où en était la société, c’est-à-dire très injuste, très patriarcale et sourde », évoque également le chanteur, qui parle d’une « grosse déconstruction » pour aboutir à ce mea culpa des années plus tard.
- Le sénateur LR et célèbre avocat Francis Szpiner mis en examen pour corruption (20minutes.fr)
Le ministère public lui reproche d’avoir usé de son mandat électif pour « l’attribution d’un logement social en échange de relations sexuelles ». Ce délit est passible de dix ans d’emprisonnement et d’un million d’euros d’amende.
- Patrick Bruel visé par une nouvelle plainte pour viol sur une victime mineure (huffingtonpost.fr)
Une nouvelle plainte pour viol a été déposée contre le chanteur le 24 juin dernier. La victime avait 16 ans au moment des faits.
- Corps retrouvé démembré aux Buttes-Chaumont : le mari d’Assia condamné à 27 ans de prison (huffingtonpost.fr)
Lakhdar Matoug, 53 ans, unanimement décrit comme « calme », avait avoué avoir tué sa femme avant de disperser son corps dans le parc parisien.
- « Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente » : l’alerte de Care France (lesnouvellesnews.fr)
Chaque degré supplémentaire de température est associé à une hausse moyenne de 4,7 % des violences conjugales.
Spécial médias et pouvoir
- Les chaînes ne pourront plus utiliser la nuit pour équilibrer les temps de parole des partis politiques (telerama.fr)
- « Guillaume Erner ne doit plus être la voix de France Culture » (acrimed.org)
Nous ne voyons pas comment Guillaume Erner pourra encore présenter à la rentrée cette matinale dans des conditions satisfaisantes et sereines, à l’aube de campagnes pour les élections présidentielle et législatives qui seront traversées par des questions politiques cruciales, et qu’il sera impossible de ne pas évoquer.
- Canicule sur BFM-TV : la mise en spectacle d’une tragédie sans cause (acrimed.org)

- Entre deux canicules, les médias promeuvent les super-pollueurs (acrimed.org)
Entre deux canicules, les grands médias n’ont pas manqué de s’esbaudir devant le nouveau porte-conteneurs de la multinationale CMA CGM, détenue par le super-pollueur Rodolphe Saadé, industriel milliardaire également propriétaire de médias.
- “C’est un acharnement judiciaire” : la journaliste Ariane Lavrilleux risque de nouveau une mise en examen (telerama.fr)
- Reportage sur Rachida Dati : CNews mise en demeure par l’Arcom… pour la troisième fois depuis le début de l’année (humanite.fr)
L’Arcom a mis en demeure CNews pour un reportage et un débat sur la campagne de Rachida Dati à Paris, à deux jours du second tour des municipales en mars, qui manquaient de « mesure » et d’« honnêteté », selon une décision publiée jeudi 9 juillet.
- La nouvelle série documentaire du groupe Bolloré est un suicide intellectuel (humanite.fr)
Quatre épisodes de 50 minutes sur la chaîne Planète de Canal Plus et du groupe Bolloré. C’est la version télévisée, actuellement diffusée, du Suicide français, d’Éric Zemmour […]On y évoque la fin de l’autorité paternelle, l’émergence d’un « pouvoir gay », l’IVG qui menace la démographie… En bref, la France s’effondre.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- La politique climatique de la France est très insuffisante, alerte le Haut Conseil pour le climat (reporterre.net)
Le gouvernement français est irresponsable et met la population en danger. C’est ce qui ressort entre les lignes du dernier rapport annuel du Haut Conseil pour le climat (HCC), publié le 9 juillet et intitulé, de manière plus policée, Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités.
- « Qui aurait pu prédire ? » : parmi toutes les mesures écocides de Macron, en voici six majeures (politis.fr)
Le chef de l’État défend un « gros travail » contre le réchauffement climatique : il a plutôt été un artisan méthodique du désastre écologique en cours.

- « La France n’est pas prête au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain » : l’alerte de 26 scientifiques (lefigaro.fr)
- Canicule. L’État active le « Plan ORSEC », une réponse de façade face à la gravité de la situation (revolutionpermanente.fr)
Le dispositif, qui prévoit quelques dispositions en direction des personnes âgées, est largement en deçà de la gravité de la situation, alors que plusieurs villes vendéennes sont privées d’eau et que les conditions de travail sont toujours plus infernales.
- Canicule : le grand flou artistique des 30 000 climatiseurs promis aux hôpitaux par le gouvernement (huffingtonpost.fr)
Depuis l’annonce du gouvernement il y a une quinzaine de jours, seulement 6 000 appareils ont pu être livrés dans des établissements hospitaliers pas tous logés à la même enseigne.
- Incendies : entre la Drôme et l’Ardèche, l’intervention tardive des Canadairs ravive la colère des habitant·es (humanite.fr)
Une semaine après le début de l’incendie dans le pays de Die, quatre bombardiers d’eau ont enfin effectué leurs premières rotations ce jeudi.[…]« comment est-il possible que l’on en dispose de si peu dans un pays où les incendies se multiplient chaque été à cause du réchauffement climatique ? »
- En pleine vague de chaleur, le gouvernement met fin aux programmes de recherche sur l’adaptation des logements et des territoires (lemonde.fr)
Pour des raisons budgétaires, Matignon a décidé de supprimer une petite structure interministérielle chargée d’animer les réflexions d’élus, de chercheurs et d’habitants afin de permettre un partage des savoirs sur ce sujet essentiel.
- Bouilloires thermiques : en pleine canicule, le gouvernement « offre un énième cadeau aux propriétaires » (reporterre.net)
Le pays étouffe, et le gouvernement fait tout l’inverse de ce qu’exige l’urgence climatique.
- Comment la droite instrumentalise George Sand pour relativiser la canicule (reporterre.net)
- Algues vertes : la Cour des Comptes critique encore et toujours les carences de l’État (reporterre.net)
- “Une bombe environnementale” : feu vert pour la 1re méga-usine de saumons en France (lareleveetlapeste.fr)
Associations environnementales, pêcheurs, riverains, scientifiques. Tout le monde ou presque s’opposait au projet de méga-usine à saumons près de Bordeaux. Pourtant ce projet contre-nature a été validé jeudi 2 juillet par un vote du CoDERST, en dépit de l’opinion scientifique. La préfète doit désormais se prononcer, mais elle avait promis de suivre l’avis du CoDERST.
- L’encadrement des loyers, en place dans des dizaines de villes, pourrait être stoppé par le gouvernement après l’automne (basta.media)
- « Aujourd’hui, nous finançons à chaque péage la pension d’un retraité californien » (lefigaro.fr)
La récente vague de chaleur révèle la nécessité d’investissements massifs qui n’ont pas été réalisés. Tant pour la climatisation des écoles, des hôpitaux, des crèches, que pour les infrastructures de transport, d’énergie et d’adaptation face au changement climatique. Si l’on parle souvent d’un « mur d’investissements » présenté comme insurmontable étant donné la situation des comptes publics, il existe en réalité des solutions concrètes et accessibles. Elles nécessitent avant tout de réapprendre à tirer profit de nos propres richesses, au lieu de laisser d’autres les exploiter à notre détriment. L’une des principales mannes d’argent public sacrifiée ces dernières années étant celle des autoroutes.
- Banalisation des pantouflages sous l’ère Macron : un risque démocratique ? (theconversation.com)
La loi encadre le passage de fonctionnaires du secteur public vers le secteur privé, communément appelé « pantouflage ». Elle sanctionne la prise illégale d’intérêts d’un agent public lorsque ce dernier avantage une entreprise privée dans le but d’être recruté par elle. Or, la recherche montre que le pantouflage et le « rétro-pantouflage » (retour du fonctionnaire dans le public après un passage dans le privé) se sont développés sous la présidence d’Emmanuel Macron. Les contrôles et les sanctions, eux, sont très insuffisants.

- Un rapport sur la souffrance psychique au travail enterré au Sénat par la droite et le centre (publicsenat.fr)
« c’était un rapport orienté. […] Dans le rapport et les préconisations, il y avait peu de soutien pour les entreprises et les employeurs, qui sont eux-mêmes, quelquefois, en souffrance psychique et en véritable burn-out. ».
- Bruno Retailleau rêve pour 2027 d’un État administré par une IA souveraine (synthmedia.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Patriotisme obligatoire : l’Éducation nationale ouvre ses portes à l’extrême droite (blogs.mediapart.fr)
L’extrême droite en rêvait, l’Éducation nationale le fait : les cérémonies patriotiques et militaires, jusque-là contenues à l’extérieur de l’école et à la participation volontaire de quelques élèves, sont désormais généralisées, rendues obligatoires à partir de la rentrée 2026.
- Caméras algorithmiques : l’élargissement de l’« expérimentation » jusqu’à la fin de 2030 validée par les député·es (lemonde.fr)
- Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi (basta.media) – voir aussi Avis du Défenseur des droits sur la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions (defenseurdesdroits.fr) et Permis de tuer : comment la présomption de légitime défense fabrique l’impunité des policiers (politis.fr)
Examinée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre inverse la charge de la preuve. Avec le projet de loi Ripost, débattu ce lundi 6 juillet, elle dessine un même mouvement : plus de police, moins de justice.
- Présomption de légitime défense : adoption très houleuse pour finalité incertaine (projetarcadie.com) – voir aussi Présomption de légalité des tirs policiers : l’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Pauget (index.ngo)
Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 313 voix contre 199 et 5 abstentions, la proposition de loi portée par le député Éric Pauget (Droite républicaine) instaurant une présomption d’usage légitime de l’arme pour les forces de l’ordre.
- Reconnaissance faciale illégale : la police prise en flagrant délit (disclose.ngo)
Les forces de l’ordre continuent d’utiliser quotidiennement la reconnaissance faciale lors de contrôles d’identité […] Exploitée massivement et hors de tout cadre légal, cette technologie cible d’abord des personnes racisées et des militant·es politiques. Elle conduit aussi à des erreurs d’identification grossières, au risque de faire accuser des innocent·es.
- Le nombre de tués par la police pour des refus d’obtempérer a-t-il été multiplié par cinq depuis 2017 ? (franceinfo.fr)
- Procès Rima Hassan. Du bon usage du « terrorisme » (orientxxi.info)
L’eurodéputée Rima Hassan est convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris le 7 juillet pour répondre de l’accusation d’« apologie du terrorisme ». Depuis son élection en juin 2024, 16 procédures judiciaires ont été engagées contre elle. Cet acharnement est évidemment piloté par le gouvernement français.
- Murs, barbelés, noyades : derrière les accords du Touquet, le fiasco de notre politique migratoire (humanite.fr)
Après six mois de travaux, la commission d’enquête sur les accords du Touquet, signés en février 2003, a présenté mercredi 8 juillet son rapport. Elle y décrit une politique frontalière opaque, dominée par la logique sécuritaire, qui n’empêche pas les traversées mais rend les parcours plus dangereux.
- À Paris, 200 personnes à la rue après l’évacuation du bidonville de la porte des Poissonniers (humanite.fr)
« Les personnes qui sont sur ce campement vivent en France depuis un moment, beaucoup travaillent, ils ne leur manquent plus que le logement »
- François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des droits : un recul pour la démocratie et un pied-de-nez à la société civile (asso-sherpa.org)
- Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios (politis.fr) – voir aussi Marine Le Pen et le piège du bracelet (politis.fr)
En permettant l’éligibilité de la cheffe de file du RN, tout en confirmant sa condamnation, la justice place la dirigeante du RN face à ses propres déclarations. Quel que soit son choix, le coût politique s’annonce élevé. En maintenant Marine Le Pen éligible tout en la condamnant à porter un bracelet électronique, la justice […] a produit une situation que personne n’avait véritablement anticipée : la dirigeante du Rassemblement national peut toujours briguer l’Élysée, mais au prix d’une contradiction dont elle est elle-même l’autrice. Car pendant des mois, Marine Le Pen avait affirmé qu’elle ne serait pas candidate si elle devait porter un bracelet électronique.
Et Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l’Élysée (politis.fr)
En refusant de laisser son dauphin porter les couleurs du parti malgré ses déboires judiciaires, Marine Le Pen révèle une vérité politique longtemps masquée : au moment décisif, le RN demeure organisé autour d’un nom plus que d’un parti. Ce choix pourrait ouvrir une crise dont l’extrême droite ne mesure pas encore les conséquences.
Spécial résistances
- Et si l’éco-anxiété laissait place à l’éco-colère ? “C’est meilleur pour la santé et pour le climat”, expliquent des chercheurs (france3-regions.franceinfo.fr)
- « Agir ou cuire, il faut choisir » : avec les canicules, le retour des luttes pour le climat (reporterre.net)
- Le Tribunal Administratif de Grenoble suspend le permis de construire du Datacenter de Rovaltain dédié à l’IA (latelierpaysan.org)
Le collectif Assez DC obtient une première victoire inédite. Suite à l’audience du jeudi 2 juillet, la justice administrative a rendu son ordonnance ce vendredi 10 juillet sur un référé suspension déposé le 1er juin par le collectif drômois « Assez DataCenters » contre le projet de supercalculateur de Rovaltain (Valence TGV). Le juge suspend le permis de construire jusqu’à ce que le recours soit jugé sur le fond. Une victoire d’étape pour la première audience en France liée à la contestation publique d’un datacenter dédié à l’intelligence artificielle !
Voir aussi IA : un projet de data center près de Valence suspendu par la justice (lemonde.fr)
En décembre 2025, le maire d’Alixan (Drôme) avait délivré un permis de construire sur le site de Rovaltain pour un data center d’une puissance de 40 mégawatts (MW). Mais un collectif avait saisi le tribunal administratif en invoquant des risques environnementaux et de nuisances « extrêmement élevés ».
- « Un joyau de biodiversité » menacé : iels forment une chaîne humaine contre la LGV Bordeaux-Toulouse (reporterre.net)
la vallée du Ciron abrite l’une des plus vieilles forêts de France, une hêtraie vieille de 40 000 ans, ainsi que des espèces menacées comme le vison d’Europe, la loutre et la tortue cistude. « On est en train de détruire le vivant, et ça se passe sous nos yeux »
- Canal Seine-Nord Europe : un chantier titanesque, dont personne ne sait à quoi il doit servir (reporterre.net)
Alors que ses partisans tentent d’imposer l’idée que le chantier du canal serait déjà « irréversible », rien n’est joué. L’État, les collectivités et l’Europe doivent encore éclaircir des points cruciaux, à commencer par sa justification.
- À CentraleSupélec, les diplômé·es contestent le modèle de société porté par leur école (lesnouvellesnews.fr)
En recevant leurs diplômes, les élèves de CentraleSupélec ont dénoncé un système qui favorise le lobbying des industries des énergies fossiles et de l’armement dans leur école, laisse perdurer le sexisme et refuse de se remettre en question.
- “C’est une victoire !” : quelle est cette commune d’Occitanie qui vient de bannir tous les chasseurs de ses terrains publics ? (midilibre.fr)
La commune du Lherm, en Haute-Garonne, a obtenu le retrait de l’ensemble de ses terrains communaux du territoire de chasse de l’Association communale de chasse agréée (ACCA).
Spécial outils de résistance
- La pétition contre la « présomption de légitime défense » pour les policiers dépasse les 500 000 signatures (humanite.fr)
Moins de deux semaines. C’est le temps qu’il a fallu à la pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre », lancée le 26 juin, pour atteindre 500 000 signatures. Elle rejoint donc celles s’opposant aux lois Duplomb puis Yadan. 500 000 signatures, le seuil nécessaire pour que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale puisse décider d’organiser un débat en séance publique.
Lien vers la pétition (petitions.assemblee-nationale.fr)
- 156 preuves que le RN est toujours… (cartedelahonte.github.io)
- The Global Justice Report : A Plan for Equality & Prosperity Within Planetary Boundaries (globaljusticeproject.wid.world)
- Se compter pour peser (secompterpourpeser.org)
- Le dernier mail de Doctolib cache un projet d’IA : voici comment s’y opposer (numerama.com)
Spécial MAGAM et cie
- Où vont les e-mails de la presse française ? (quihebergelesmails.fr)
Derrière chaque rédaction, une infrastructure de messagerie. Qui en détient les clés ? Lecture des enregistrements DNS publics de 50 médias français.
- Meta says US states are seeking $1.4 trillion in penalties in August youth safety trial (reuters.com)
- AI-driven datacenter builds drive Microsoft’s emissions up a quarter in one year (theregister.com)
Microsoft says it matched its entire electricity consumption with renewable energy last year. The bad news is it also increased greenhouse gas (GHG) emissions by 25 percent due to datacenter construction.
Les autres lectures de la semaine
- Les multiples facettes du « campisme » : une critique internationaliste (contretemps.eu)
- Face à la canicule, un droit du travail écologique (contretemps.eu)
Pour Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail, « on ne peut pas arrêter la France à partir de 30 °C ». Or, la canicule que nous venons de vivre n’est qu’un épisode d’une longue série à venir, qui va aller en s’amplifiant. Les gouvernements libéraux et le patronat se préparent donc à nous faire travailler dans des conditions qui vont devenir toujours plus difficiles, accentuant les inégalités au sein du monde du travail.
- Désastres des data centers : voyage au-delà du pire (contretemps.eu)
- La brutalisation de la vie sensible nous mène-t-elle au fascisme ? (reporterre.net)
- Pourquoi a-t-on arrêté le cannibalisme ? (slate.fr)
La science est formelle : les humains sont le pire choix de nourriture pour les autres humains et cela pourrait expliquer pourquoi la pratique a été abandonnée presque partout.[…] lorsque le prédateur possède la même physiologie que la proie, ces agents pathogènes peuvent passer beaucoup plus facilement d’un hôte à l’autre
- Obsession : quand la misogynie cartonne au cinéma (lundi.am)
- Marianne : pourquoi la République a‑t‑elle choisi une femme désincarnée comme symbole d’unité nationale ? (theconversation.com)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Pourquoi Mélenchon ne tombe jamais ? (skeptikon.fr)
- “Viens Bardella, viens travailler avec moi…” (tube.fdn.fr)
- Waly Dia : Canicule, Marine Le Pen et loi sur la présomption de légitime défense (tube.fdn.fr)
- VSS Washing à la SNCF (tvbruits.org)
Les trucs chouettes de la semaine
- En Seine-Saint-Denis, une PMI mobile soigne les femmes et enfants roms des bidonvilles (basta.media)
Une équipe mobile du service départemental de protection maternelle et infantile sillonne les bidonvilles de Seine-Saint-Denis pour accompagner des femmes et des enfants roms particulièrement exclus du soin.
- Histo mais pas sexiste (sylphelle.itch.io) est un guide gratuit qui explore comment éviter le sexisme en jeu de rôle. Il est axé jeu de rôle grandeur nature mais s’applique facilement au jeu de rôle sur table. Vous trouverez aussi des tests à faire passer à vos personnages /vos tables/vos GN pour en vérifier l’inclusivité en terme de genre.
- Linux gaming works without touching the terminal, and that matters more than any benchmark (xda-developers.com)
even in situations where Linux performs slightly worse or equal to Windows, there’s one big factor that tends to be underappreciated : Linux gaming works, and it doesn’t take a genius anymore. I can install Bazzite on a gaming handheld that shipped with Windows and just play my games without ever touching the terminal. And that alone is an achievement for Linux.
- Listen to Wikipedia (listen.hatnote.com)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).










