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24.03.2026 à 13:05

La grisaille politique

Jean-François Delisle

Le gouvernement caquiste vient de présenter son budget. Celui-ci se situe dans la droite ligne des budgets gouvernementaux d'inspiration néoconservatrice (et managériale), en vogue depuis plus de quarante ans, avec diverses variations, mais l'austérité en demeure le point central.

Certes, le cabinet Legault va investir dans la rénovation des hôpitaux (qui en ont bien besoin) et appuyer les centres de dépannage alimentaire, mais il ne s'agit là que de diachylons sur des plaies sociales causées par des politiques restrictives et des années de négligence. On n'observe là aucun changement de cap par rapport aux orientations budgétaires antérieures, qu'elles soient péquistes ou libérales. C'est plutôt la consécration des politiques restrictives en vigueur puisque la multiplication des centres de dépannage alimentaire depuis des années et l'état de délabrement des centres hospitaliers sont le résultat de décennies de négligence et d'économies de bouts de chandelle de la part des gouvernements successifs depuis celui de René Lévesque, seconde et dernière manière (1981-1985). Si le Parti québécois de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) arrive au pouvoir le 5 octobre prochain, comme cela semble probable, rien ne changera sur ce plan, ou du moins, pas grand chose. Ce sera le changement dans la continuité. C'est plutôt la polémique fédéralistes-indépendantistes qui va rebondir.

Pourtant, l'écart croissant entre riches et pauvres (précisément illustré par la multiplication des centres de dépannage alimentaire et les friperies aussi) et le vieillissement de la population n'augurent rien de bon pour la suite des choses. En effet, dans ce dernier cas, plusieurs personnes âgées doivent se contenter de maigres prestations de retraite puisque durant les décennies 80 et 90, elles ont perdu leur emploi dans le cadre des compressions budgétaires inaugurées par le gouvernement Lévesque et plusieurs entreprises. Ce fut l'époque de la grande récession de 1982-1984, laquelle a entraîné un remodelage en profondeur et dans la longue durée du marché de l'emploi. La précarisation de l'emploi en effet a provoqué une baisse du niveau de revenu de bien des gens, qui n'ont jamais réussi à trouver ou à retrouver un emploi permanent ou du moins, de longue durée. La pauvreté de l'époque explique celle de certains retraités. Il faudrait donc que le gouvernement québécois se penche sur la question (ou plutôt le problème) de l'insuffisance des prestations provinciales de vieillesse et en rehausse la prestation de base. Cela n'apparaît même pas dans le budget d'Éric Girard, le ministre des Finances caquiste. Le prochain gouvernement s'en préoccupera-t-il ? C'est peu probable, à moins que des associations de personnes âgées ne fassent les pressions politiques nécessaires.

Le seul parti qui rompt avec les politiques néoconservatrices est bien entendu Québec solidaire, mais il est pris dans divers problèmes, surtout internes, ce qui a entraîné une baisse marquée dans les intentions de vote en sa faveur. Après avoir descendu à 6% d'intentions de vote, le dernier sondage indique qu'il est remonté à 9%. Il lui reste du chemin à parcourir avant d'atteindre les 15% d'octobre 2022. Le chemin est long et la pente assez raide encore.

Mais comme le dit le proverbe : « Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Jean-François Delisle

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24.03.2026 à 13:02

Non à la surveillance de C-22 et au racisme de C-12, oui à la dignité humaine : Un Statut permanent pour toutes et tous ! Ouvrez les frontières !

Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI), Solidarité sans frontière

Montréal, 19 mars 2026 – En réponse à l'adoption par le Sénat du projet de loi C-12 anti-migrant·es et au dépôt devant la Chambre des Communes du projet de loi C-22 qui dotera l'État de nouveaux moyens de traque et de surveillance des personnes sans papiers, Solidarité sans frontières (SSF) et le Centre des travailleuses et travailleurs immigrants (CTTI) appelent les différents paliers du gouvernement à faire le choix d'une politique de régularisation fondée sur la dignité humaine et l'égalité et contre le racisme et l'exploitation.

« Aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes au Canada sont déjà privées de tous leurs droits sociaux, économiques et politiques et le nombre de sans-papiers augmente de plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année. Nous sommes ici pour appeler les gouvernements — fédéral, provincial et municipal — à faire un choix : celui de la justice, celui de l'humanité, celui de la régularisation, » a dit Samira Jasmin de Solidarité sans frontières (Ssf).

« Nous réclamons un statut permanent pour toutes et tous, un programme de régularisation pour les sans papiers comme Marc Miller nous l'a promis, comme l'Espagne est en train d' implémenter, et comme l'ONU a demandé aux États comme le Canada d'introduire. Nous exigeons que le Canada se retire de l'Entente sur les tiers pays sûrs. Nous réclamons une vie digne, sans peur. » a ajouté Redouane, un militant de Ssf qui sera touché par C-12.

« On nous répète que les migrants menacent le français, qu'ils mettent en danger nos valeurs, qu'ils coûtent trop cher, qu'ils sont à la base de l'augmentation des loyers. Pour le gouvernement, tout ce qui est de leur incompétence, c'est la faute aux migrants. Ce discours n'est pas seulement faux : il est dangereux. Il divise, il stigmatise et il affaiblit le Québec. La vérité, c'est que ces femmes et ces hommes soignent nos malades, enseignent à nos enfants, font tourner nos entreprises. Nous dénonçons ces politiques qui ferment des portes, qui dressent des murs, qui transforment l'identité québécoise en arme politique. Parce que l'avenir ne se construit pas en rejetant les autres, mais en les accueillant avec dignité et respect, » a dit Tania Luzolo, une militante de Ssf.

« Nous demandons à la mairesse de Montréal d'agir maintenant pour une vraie ville sanctuaire et pour une solution permanente pour tous les sans papiers et migrants à statut précaire. Nous réclamons une ville qui nous protège et qui nous traite comme des êtres humains égaux, » a dit Amir de Ssf.

« Au lieu d'affronter la crise que vivent les migrants sans papiers et sans statut par un programme de régularisation compréhensif et inclusif pour tous les sans papiers, comme promis par Marc Miller en 2023, le gouvernement fédéral ferme la porte. Il a alimenté la stigmatisation raciste et xénophobe pour justifier de nouvelles restrictions imposées aux étudiants internationaux, aux réfugiés, aux travailleurs étrangers temporaires et aux personnes sans papiers, notamment avec le dépôt du projet de loi C-12. Aujourd'hui plus que jamais, nous devons faire front commun pour exiger l'égalité et la dignité pour tous les migrants. C'est pourquoi on se mobilise ce 21 mars, » a dit Mostafa Henaway, du Centre des travailleurs et travailleuses immigrantes.

Source : Solidarité sans frontières

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24.03.2026 à 13:02

Les plus grandes entreprises canadiennes ont engrangé 677 milliards de dollars l'an dernier. Pourquoi reçoivent-elles encore des subventions ?

Jared A. Walker, Silas Xuereb

Les bénéfices des entreprises ont atteint des sommets historiques en 2025, tandis que la part de ces profits consacrée aux impôts n'a jamais été aussi faible

16 mars 2026 | tiré de Canadian dimension | Photo : « L'argent parle », caricature politique d'Udo Keppler datant de 1906, publiée dans le magazine Puck. Image reproduite avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque du Congrès.
https://canadiandimension.com/articles/view/canadas-biggest-corporations-raked-in-677-billion-last-year-why-are-they-still-getting-handouts

Un sentiment de déjà-vu s'impose. Nous entrons dans une nouvelle année, et une fois encore, les données de Statistique Canada révèlent que les bénéfices des entreprises ont atteint un niveau record de 677 milliards de dollars en 2025. Ce nouveau sommet dépasse même les niveaux enregistrés lors des pratiques effrénées de profitabilité et de fixation abusive des prix observées pendant la pandémie. Une grande partie de cette croissance provient du secteur financier, qui a enregistré pour la première fois des bénéfices annuels dépassant les 200 milliards de dollars.

Bien que les bénéfices augmentent naturellement avec l'inflation, le record de l'an dernier ne s'explique pas par ce seul facteur. En réalité, le taux de profit des entreprises — la part des revenus restant après déduction des coûts d'exploitation — ne cesse de grimper. En 2025, il a atteint 10,7 %, son troisième niveau le plus élevé en trente ans, après 2021 et 2022.

Au cours des deux dernières décennies, ce taux a progressé de façon régulière. Dans les années 2000, il tournait autour de six pour cent, avant de s'établir à environ huit pour cent dans les années 2010. Depuis 2021, cependant, il a franchi la barre des deux chiffres et n'est plus redescendu sous les dix pour cent.

Durant la pandémie et les années qui ont suivi, les grandes entreprises ont exploité leur pouvoir de marché, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et les anticipations inflationnistes du public pour gonfler durablement leurs marges bénéficiaires. Ces bouleversements étant désormais ancrés dans les pratiques, les sociétés les plus importantes et les plus rentables du Canada et du monde entier ont instauré une nouvelle norme : s'accaparer une part toujours plus grande de ce que nous payons pour presque tout.

Si vous avez suivi un cours d'économie de base et vécu coupé du monde ces dernières décennies, vous pourriez ressortir votre vieux manuel et vous demander : « Les entreprises rentables n'utilisent-elles pas leurs bénéfices pour investir dans les collectivités, créer des emplois, soutenir l'État et financer des services publics essentiels ? »

La réponse, malheureusement, est de plus en plus : pas vraiment.

Les entreprises ont engrangé un montant record de 677 milliards de dollars de bénéfices en 2025

Les profits s'envolent, les impôts s'effondrent

La part des bénéfices que les entreprises acquittent en impôts n'a jamais été aussi faible, en raison de décennies de réductions progressives des taux d'imposition des sociétés, tant au fédéral que dans les provinces. Dans les années 1990, le taux d'imposition effectif des entreprises avoisinait les 39 %. Dans les années 2000, il était tombé à environ 29,5 %, avant de reculer encore à 20,6 % dans les années 2010. L'an dernier, le taux effectif moyen n'était plus que de 18,3 %.

À cela s'ajoute le fait que les gouvernements fédéraux successifs ont multiplié les exemptions fiscales pour les entreprises — telles que les déductions pour amortissement accéléré et l'inclusion partielle des gains en capital —, dont le coût est estimé à plus de 22 milliards de dollars pour la seule année 2025.

Combinées, ces réductions et exemptions ont privé le Canada de 1 100 milliards de dollars de recettes fiscales dont il avait pourtant cruellement besoin au cours des vingt dernières années.

La flambée des taux de profit des entreprises ne montre aucun signe de ralentissement
Le taux de profit des entreprises, qui s'établissait en moyenne à 6,2 % dans les années 2000 et à 8,3 % durant les années 2010, dépasse les 10 % chaque année depuis 2021, tandis que les taux d'imposition effectifs des sociétés n'ont jamais été aussi bas.

Malgré des bénéfices records et des taux d'imposition au plancher, les entreprises n'investissent toujours pas au Canada. Le premier ministre Mark Carney a consacré sa première année au pouvoir à promouvoir un accord d'investissement après l'autre, qualifiant son premier budget de « stratégie d'investissement générationnelle ». Ce budget a même introduit une « Super-déduction pour la productivité », présentée comme un ensemble d'« incitatifs fiscaux bonifiés » destinés à « faciliter l'investissement et la croissance des entreprises ».

Si les entreprises trouvent effectivement ces déductions « super », les investissements qu'elles ont générés sont loin de l'être. Après neuf mois sous un gouvernement Carney en 2025, les entreprises non financières ont investi moins qu'en 2024 — 212 milliards de dollars en investissements, contre 473 milliards en bénéfices. C'est moins que ce qu'elles investissaient chaque année entre 2011 et 2014, à une époque où leurs profits étaient inférieurs de moitié aux niveaux de 2025. En clair, les faits sont sans appel : les baisses d'impôt des sociétés et des profits astronomiques ne garantissent nullement un investissement accru.

Les baisses d'impôt de Carney n'ont pas généré de hausse des investissements en 2025

Repenser les règles du jeu

Avec la flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre que mènent les États-Unis et Israël en Iran, les bénéfices des entreprises devraient grimper encore davantage au premier trimestre 2026. La dernière période d'inflation des combustibles fossiles — de 2022 à 2024 —a coûté en moyenne 12 000 dollars par ménage canadien. Mais comme l'a souligné l'économiste Jim Stanford, la hausse des prix à la pompe au Canada résulte d'un choix de politique publique, non d'une fatalité du marché. De même que les entreprises fixent librement leurs tarifs, nous avons le choix des politiques que nous mettons en œuvre.

Une première piste consiste à instaurer une taxe permanente sur les profits excessifs, déclenchable en période de crise — comme la guerre en Iran —, afin d'enrayer le profit llié à une crise. C'est notamment ce que réclame la Fédération du travail de l'Alberta. En s'inspirant de pays comme le Royaume-Uni, qui a mis en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels liés à la pandémie, reconductible jusqu'en 2030, le Canada pourrait percevoir des milliards auprès des compagnies pétrolières et gazières qui pratiquent des prix abusifs, afin d'alléger le fardeau des consommateurs.

Il faudrait également mettre fin aux subventions accordées à l'industrie des combustibles fossiles, qui est très profitable, néfaste pour l'environnement et représente une menace croissante pour la souveraineté canadienne.

Il est également grand temps de se doter d'une véritable politique industrielle. Celle-ci pourrait passer par le recours à des sociétés d'État pour concurrencer les entreprises privées dans les secteurs essentiels, maintenir les marges bénéficiaires sous contrôle et mobiliser stratégiquement les fonds de pension pour investir au Canada — où seulement 13 % des actifs du Régime de pensions du Canada sont actuellement placés à l'échelle nationale.

Le statu quo n'est plus tenable. Depuis des décennies, les gouvernements s'efforcent de stimuler l'investissement des entreprises en abaissant les impôts. Cette approche a échoué à maintes reprises. Les profits et le pouvoir des grandes sociétés atteignent des sommets historiques, tandis que les Canadiens, déjà éprouvés par la crise du coût de la vie, continuent de subir des hausses de prix incessantes.

Pour mettre un frein au pouvoir des entreprises et rendre la vie plus abordable, on ne peut pas continuer à puiser dans la même boîte à outils néolibérale. Les nations fortes et démocratiques se construisent en investissant dans les personnes et les collectivités — non en déversant toujours plus d'argent et de pouvoir dans les mains d'une poignée de sociétés. Il est temps d'adopter une nouvelle approche qui serve réellement l'intérêt de tous.

— -

Jared A. Walker est directeur général de Canadiens pour une fiscalité équitable, un organisme de recherche et de défense des droits à but non lucratif et non partisan qui milite pour une fiscalité juste et progressive.

Silas Xuereb est économiste et analyste des politiques au sein de Canadiens pour une fiscalité équitable, et coauteur de « The new robber barons : A quarter century of wealth concentration in Canada. ».

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