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22.09.2026 à 14:12

Les manifestants s'unissent contre le sommet sur l'investissement organisé par Carney

Evan Wexler

Un groupe hétéroclite de critiques a fait part d'un large éventail de préoccupations cette semaine, alors que le premier ministre Mark Carney organisait le tout premier sommet sur l'investissement du Canada à l'hôtel Four Seasons, au centre-ville de Toronto.

15 septembre 2026| tiré de Rabble.ca | Photo : Un manifestant brandit une pancarte portant l'inscription « No TRUST - Aucune confiance » lors d'une manifestation contre la conférence de Mark Carney avec des oligarques, où une partie des infrastructures publiques du Canada était mise en vente. de Luisa M. Gonzalez
https://rabble.ca/politics/canadian-politics/the-protesters-uniting-against-carneys-investment-summit/

Ce sommet, auquel ont participé Jon Gray de Blackstone Inc. et Larry Fink de BlackRock Inc., parmi des dizaines d'autres chefs de direction et investisseurs institutionnels, proposait des occasions d'investissement dans 167 projets répartis dans les secteurs de l'énergie, des mines, des infrastructures maritimes, de l'électricité, de la fabrication de technologies numériques et des transports à travers le Canada.

Mardi, M. Carney a annoncé des « méga-déductions pour la productivité » et a indiqué que le gouvernement canadien cherchait à attirer des investissements privés dans les quatre plus grands aéroports du pays – à Toronto, Vancouver, Montréal et Calgary – ainsi que des investissements totalisant 1 billion de dollars dans les pipelines, les ports et les réseaux de transport, les ressources énergétiques, l'intelligence artificielle et les minéraux essentiels au cours des cinq prochaines années.

Unifor et le Congrès du travail du Canada s'opposent tous deux fermement à la privatisation des aéroports, affirmant qu'elle entraînerait une hausse des coûts pour les passagers et passagères, une détérioration des conditions de travail des employé·es aéroportuaires et une baisse des recettes publiques.

Par ailleurs, lundi soir, une manifestation de masse a été organisée lors du souper destiné aux participant·es au sommet à la Galerie d'art de l'Ontario (AGO). Elle a rassemblé plus de 1 000 manifestantant·es. Cette manifestation faisait suite à une table ronde et à un contre-sommet de deux jours organisés par un groupe appelé « The Many vs. The Money ».

La manifestation a été accueillie par des centaines de policiers en tenue antiémeute, qui avaient bouclé l'AGO plusieurs heures avant le début des manifestations et maintenaient la foule à bonne distance du sommet lui-même.

Néanmoins, les détracteurs de la stratégie gouvernementale visant à attirer les investissements des grandes entreprises ont crié dans des mégaphones en direction des forces de l'ordre et ont manifesté leur colère, accusant Carney de réduire les mesures de protection de l'environnement et de restreindre les droits des travailleurs et des travailleuses, tout en privatisant les travaux publics et en réduisant le financement des services publics.

La diversité des messages est aujourd'hui une caractéristique récurrente de toute manifestation publique, et alors que le mégaphone circulait lundi soir, les manifestant·es scandaient des slogans portant sur les droits des travailleurs et travailleuses, la préservation de l'environnement, la solidarité avec les Autochtones, la libération de la Palestine, la défense d'un logement équitable, ainsi qu'un programme globalement anticapitaliste et anti-corporatif.

Parmi les personnes qui ont pris le mégaphone lors de la manifestation devant le bâtiment de l'OCAD à Toronto figurait Miles Magner, membre du Syndicat des employé·es de la fonction publique de l'Ontario.

« Des personnes différentes se retrouvent ici en raison d'un enjeu précis qui les concerne », a déclaré M. Magner, « mais nous constatons qu'un fil conducteur se dessine actuellement dans la politique canadienne et dans l'économie : la solution de Carney consiste, d'une part, à promouvoir politiquement un programme favorable aux grandes entreprises, par le biais de subventions et de réductions d'impôts pour les sociétés. »

Deux autres personnes qui s'étaient rendues à la manifestation étaient Rainbow Child, de la Première Nation de Serpent River, en Ontario, et Kanahus Manuel, de la nation Secwepemc / Ktunaxa.

« Tous ceux qui sont ici se battent pour une cause, et l'ennemi commun en ce moment, ce sont ces 250 PDG milliardaires qui se trouvent à l'intérieur de ce bâtiment. « Alors oui, on a beaucoup en commun », a déclaré Manuel.

« Tout ce qui fait notre identité en tant que peuples autochtones vient de la terre : notre culture, notre langue, notre mode de vie, notre alimentation, tout ce qui nous a fait vivre depuis la nuit des temps. Et aujourd'hui, ces sociétés et ces groupes organisés de milliardaires envahissent nos terres et tentent de nous prendre le peu qui nous reste. On nous confine dans de minuscules réserves autochtones, qui ne représentent que 0,2 % de notre territoire ici, dans ce qu'on appelle le Canada, et notre seule autre option est de riposter. On doit riposter, sinon on n'aura plus rien. »

Rainbow Child a acquiescé, puis a poursuivi : « On est censés être l'un des pays les plus riches de ce foutu monde. Et nous voilà, en train de baigner nos filles et nos bébés avec de la foutu eau en bouteille. J'en ai vraiment assez. J'en ai assez de ces foutus pipelines. »

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22.09.2026 à 14:12

Recommandations au sujet du projet d'oléoduc de la côte Ouest

Gérard Montpetit

Pour contrer les menaces tarifaires du locataire de la Maison-Blanche, le gouvernement Carney, via sa loi C-5, peut désigner certains projets qui seraient « d'intérêt national ».

Nous avons jusqu'au 18 septembre pour donner nos commentaires au sujet du projet d'oléoduc de la côte Ouest, ce qui laisse très, très peu de temps pour souligner les nombreux problèmes que ce projet soulève. Contrairement à un mémoire transmis lors d'une véritable évaluation environnementale, je tenterai de me concentrer sur seulement quelques points et d'être bref !

Pour avoir cette désignation « d'intérêt national » , un projet doit :
a) renforcer l'autonomie, la résilience et la sécurité du Canada ;
b) offrir des avantages économiques ou autres au Canada ;
c) avoir une forte probabilité d'exécution réussie ;
d) promouvoir les intérêts des peuples autochtones ;
e) contribuer à une croissance propre et à l'atteinte des objectifs du Canada en matière de changements
climatiques. [1]

Ce projet est le résultat de l'entente (MOU ou Memorandum of Understanding) entre Mme Smith et M. Carney. Mais qui paiera les quelque 45 milliards de dollars pour construire ce pipeline ??? Les pétrolières se défilent ; tout comme dans le cas de Trans-Mountain, elles veulent obliger les contribuables à « ramasser la facture ».[2] Si les richissimes pétrolières considèrent ce projet trop risqué (à cause du pic pétrolier, de marchés en déclin, de « stranded assets », etc.), ou des difficultés de construction qui pourraient faire exploser les coûts, cela devrait nous mettre la puce à l'oreille au sujet de la solidité financière de ce projet.[3] De plus, les pétrolières se font tirer la patte pour mettre en action leur part de la « bargain », c'est à dire le projet de capture du carbone. Pourtant la capture du carbone est une technologie controversée qui, dans le meilleur scénario, pourrait ralentir l'augmentation des émissions de carbone émis par la production accrue des sables bitumineux.

Voici ma première recommandation. Après que les contribuables se soient « fait avoir » pour payer les 35 milliards de Trans-Mountain (TMX), il ne faut JAMAIS que le gouvernement d'Ottawa refasse pareille erreur. Si ce projet a le feu vert, ce nouveau pipeline ainsi que le projet de capture du carbone doivent être payés à 100% par les compagnies privées sans un sou de subventions, de financement public ou d'allègement fiscal !

Oui, le poids de la menace trumpienne pèse lourd. Mais l'ombre de l'ogre ne peut pas guider à elle seule toutes nos actions sans qu'on tienne compte des changements climatiques. À long terme, les dérèglements climatiques sont bien plus graves que les élucubrations de Trump. Le rapport sorti discrètement cette semaine nous dit que le température moyenne au Canada pourrait augmenter de 5 degrés C.[4] Tout comme cette consultation, il semblerait que le gouvernement ne veut pas que ce rapport fasse partie d'un débat public vigoureux.[5]

Ma deuxième recommandation. Il ne faut pas mettre ce rapport du gouvernement sur les tablettes. Il faut le mettre de l'avant et en faire le coeur de notre action pour faire face à Trump.

Cet été, nous avons goûté à une sauce climatique très épicée ! Feux de forêt, canicules et un El Niño qui n'a pas fini de bousculer les prédictions des météorologues. En ce début de septembre, la ville de Toronto a reçu 100 mm de pluie en quelques heures.[6] Il semblerait que ce genre de « déluge » soit en train de devenir la norme de l'avenir. C'est pourquoi il faut préparer nos infrastructures pour y faire face. Durant la campagne électorale d'avril 2025, cent vingt élus municipaux, (dont le maire de Jaspers, une ville qui a été anéantie par un incendie en 2024) ont adressé une demande pleine de bon sens aux cinq partis politiques en lice. Pour répondre à une menace climatique croissante et à une attaque contre notre souveraineté, ces maires proposent des « projets structurants qui protègent nos territoires, connectent nos communautés et préparent notre avenir ».[7] C'est faire d'une pierre, deux coups ! En renforçant nos infrastructures municipales pour les rendre capables de résister aux excès climatiques, on fait face à la crise climatique, on crée des emplois pour renforcer notre économie et on fait un pied de nez à celui qui veut annexer le 51e état !

Ma troisième recommandation. Que notre réaction à Trump soit axée sur le renforcement de nos infrastructures municipales en les rendant capables de résister aux excès climatiques.

J'ose espérer que ces quelques recommandations seront prises en compte, car elles permettraient d'atteindre le 5e objectif de cette consultation : « contribuer à une croissance propre et à l'atteinte des objectifs du Canada en matière de changements climatiques. »

Merci

signé
Gérard Montpetit
La Présentation, Québec

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1] Les personnes qui souhaitent donner leur point de vue sur des considérations susceptibles d'orienter la décision du gouvernement peuvent le soumettre à WCOPComment-CommentaireOCO@mpo-bgp.gc.ca d'ici le 18 septembre.

2] https://www.nationalobserver.com/2026/09/01/news/alberta-west-coast-pipeline-economics-report?nih=C4lejbllNrwL7qSuUNXf5LYRzcVeJciiRLKpocPwNs8&utm_source=National+Observer&utm_campaign=4d4c985815-

3] https://thetyee.ca/Analysis/2026/08/24/Fraser-Valley-New-Oil-Pipeline-Challenges/?utm_source=edge&utm_medium=email&utm_campaign=280826

4] https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-09-04/climat-canadien/ottawa-publie-en-sourdine-un-rapport-majeur.php

5] https://www.nationalobserver.com/2026/09/04/news/ottawa-burying-climate-report-worsening-impacts?nih=zRovhPP1dTJqp_19EfAxAl2P9vCFy5AG4ALi30f7m_k&utm_source=National+Observer&utm_campaign=0ef8f3f110-

6] https://www.nationalobserver.com/2026/09/03/news/toronto-recovering-100-year-storm

7] https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-04-11/face-a-la-crise-tarifaire-et-climatique/retroussons-nous-les-manches.php

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22.09.2026 à 14:11

Le projet TES en Mauricie : Stop à l'intimidation juridique et au « bullying » contre nos municipalités

Climat Québec, Martine Ouellet

Il est profondément révoltant de voir ce à quoi s'abaisse aujourd'hui la compagnie TES Canada, propriété de France Chrétien Desmarais. Incapable de convaincre la population, l'entreprise a choisi la voie de l'intimidation juridique en déposant, le 17 juillet 2026, un pourvoi en contrôle judiciaire devant la Cour supérieure contre la MRC des Chenaux et cinq municipalités (Saint-Luc-de-Vincennes, Saint-Maurice, Saint-Narcisse, Saint-Prosper-de-Champlain et Saint-Stanislas) — dont l'audition initiale du 25 août a été reportée au 15 septembre et reportée une 2e fois au 6 octobre, le lendement de l'élection tout un hasard —, en plus d'envoyer des mises en demeure menaçantes à Hérouxville et à Sainte-Adelphe.

Ces manœuvres ressemblent à s'y méprendre à des poursuites-bâillons destinées à faire peur. C'est d'autant plus inacceptable que le PDG de TES, Éric Gauthier, avait solennellement promis en assemblée publique qu'il ne poursuivrait pas les municipalités et qu'il respecterait l'acceptabilité sociale. Que vaut la parole des promoteurs privés face à l'appât du gain ? Rien, manifestement.

Utiliser les tribunaux et des armées d'avocats contre de petites municipalités rurales constitue une forme odieuse de harcèlement financier. France Chrétien Desmarais, figure locale issue de l'une des plus grandes fortunes du pays, sait pertinemment que les conseils municipaux craignent de voir des frais juridiques exorbitants se répercuter en hausses de taxes foncières pour leurs citoyens. Il est désolant de constater que Mme Chrétien Desmarais cautionne un tel comportement de voyou corporatif, qui méprise ouvertement la démocratie municipale et le droit des citoyens de décider de leur propre milieu de vie.

Sur le plan juridique, la poursuite de TES repose sur une instrumentalisation grossière de l'OGAT 9 (Orientation gouvernementales en aménagement du territoire), tout en passant sous silence la Loi sur les compétences municipales. Cette loi accorde explicitement aux municipalités à l'article 4 les pouvoirs sur leur territoire en matière de production d'énergie d'environnement et de sécurité. De plus, une loi a préséance sur des orientations gouvernementales. Une municipalité a non seulement le droit, mais le devoir sacré de protéger ses sources d'eau potable, la valeur des résidences, la sécurité des familles, la quiétude face aux nuisances sonores et la beauté exceptionnelle de ses paysages bordant en particulier les rivières Saint-Maurice et Batiscan. Il est parfaitement légitime pour les élus d'imposer des distances séparatrices strictes pour bloquer l'envahissement de méga-éoliennes industrielles.

D'ailleurs, l'argumentaire de TES s'effondre dès que l'on lit attentivement l'OGAT 9 :

Orientation 9

— Favoriser la mise en valeur du potentiel éolien du territoire d'une manière qui respecte les particularités du milieu et qui contribue à l'acceptabilité sociale de cette filière énergétique

• Objectif 9.1

— Assurer la compatibilité du développement éolien avec l'aménagement du territoire et prendre en compte les caractéristiques distinctives du milieu et les préoccupations de la population

• Objectif 9.2

— Favoriser l'établissement de parcs éoliens sur les terres du domaine de l'État

L'OGAT 9 exige expressément le respect des particularités du milieu et la contribution à l'acceptabilité sociale, tout en priorisant les terres publiques de l'État ! Or, les citoyens de Des Chenaux et de Mékinac ont dit NON, et de façon catégorique : les référendums locaux ont révélé une opposition massive allant de 65 % à 90 %. Plusieurs maires et conseillers ont été démocratiquement élus avec le mandat clair de barrer la route à ce projet. De plus, les exigences fondamentales des OGAT 2 (protection pérenne de l'eau et des écosystèmes) et 3 (protection absolue de nos précieuses terres agricoles) sont totalement bafouées par TES. L'Orientation 9 ne peut en aucun cas servir de massue juridique pour imposer de force ce que la population rejette.

Qu'on se le dise clairement : le rôle d'un conseil municipal et d'une MRC est de veiller au bien commun, à la sécurité publique et à la protection du territoire, et non de garantir les marges bénéficiaires d'une entreprise privée. Que des normes municipales rigoureuses réduisent les profits projetés de TES ou rendent son modèle d'affaires non rentable n'est absolument pas du ressort des municipalités. La rentabilité financière d'un promoteur ne constitue en rien un argument juridique pour museler les élus et les empêcher d'exercer leurs compétences. Si, après l'adoption de règlements légitimes protégeant l'eau, les terres agricoles et la qualité de vie, TES juge que son projet n'est plus assez payant, c'est à l'entreprise d'en assumer le risque d'affaires et d'en tirer elle-même les conclusions.

Rappelons enfin l'aberration complète de ce projet. TES ne propose rien de « vert » : son procédé de transformation de l'eau en hydrogène et en gaz synthétique dit de « source renouvelable » représente un gaspillage énergétique colossal de 94 %. Pour faire tourner cette usine énergivore, TES prétend implanter 144 méga-éoliennes, des panneaux solaires et accaparer un bloc de 150 MW d'Hydro-Québec — une électricité propre et précieuse qui devrait plutôt servir à décarboner directement nos usines et nos bâtiments commerciaux.

Pire encore, le projet n'a aucun débouché économique réel : son modèle d'affaires prévoyait qu'Énergir devrait injecter 10 % de gaz de « source renouvelable » hors de prix dans le réseau d'Énergir, ce que le gouvernement a refusé d'entériner suite aux pressions des consommateurs, tandis que le marché du camionnage lourd à hydrogène est qualifié de chimère inexistante par l'ensemble des spécialistes.

Pas de marché, un gaspillage honteux d'électricité, aucune contribution à une transition écologique réelle et un refus citoyen massif : pourquoi France Chrétien Desmarais s'entête-t-elle à vouloir enfoncer son projet dans la gorge des gens de la Mauricie à coups de poursuites et de mises en demeure ?

Les citoyennes, les citoyens et les élus de Des Chenaux et de Mékinac ont fait leur choix. Il est temps que TES range ses menaces judiciaires et respecte la démocratie.

Martine Ouellet, ing., MBA
Candidate dans Champlain

Cheffe de Climat Québec
Ancienne ministre des Ressources naturelles du Québec

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