LUNDI SOIR LUNDI MATIN VIDÉOS AUDIOS
04.03.2025 à 10:00
Plateformes, la colonisation du travail et de la démocratie - Stéphane Lelay
Fabien Lemozy et Stéphane Le Lay, sociologues du travail, ont mené une vaste enquête sur les livreurs à vélo qui pédalent toute la journée dans le cœur des métropoles pour rassasier la petite bourgeoisie pressée. Ils y voient le déploiement d'un nouveau stade du capitalisme, sa plateformisation ; ou comment les plateformes numériques et les nouvelles technologies qui tiennent dans nos poches révolutionnent l'organisation même du travail, c'est-à-dire l'exploitation et la domination des corps.
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26.02.2025 à 18:00
Le droit est-il toujours « bourgeois » ? - Les juristes anarchistes
Peut-on être juristes et anarchistes ou faut-il partir du principe que le droit est toujours « bourgeois » ? Qu’il est quoi qu’il arrive la cristallisation et l’expression des rapports sociaux dominants ? C’est quoi d’ailleurs « le droit » ? Des lois, des normes, des décrets, des titres, des constitutions, des règlements, des contrats... Quand on y pense, c’est un peu tout et n’importe quoi mais c’est ce qui trame plus ou moins visiblement nos existences communes et personnelles, c’est ce qui fait tenir cette fiction bien réelle : « la société ». Les juristes anarchistes que nous recevons cette semaine font le pari de penser le droit par-delà et en-deçà de l’État, pour cela ils ouvrent simultanément deux questions d’apparence paradoxales : comment trouver dans le droit des ressources pour se défendre contre l’ordre des choses ? Comment préfigurer depuis le droit ce que pourrait être une organisation sociale anarchique, consentie, libre ? Leur premier livre qui vient de paraître s’intitule d’ailleurs Vers de nouvelles utopies concrètes.
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10.02.2025 à 20:00
Cuisine et révolutions - un lundisoir autour de Darna, une maison des peuples et de l’exil
On connaît le célèbre adage : « il nous faut des lieux pour habiter le monde », une exigence qui se pose au carré lorsqu’on est exilé. Pour ce lundisoir, nous accueillons trois membres de l’un de ces futurs lieux : Darna, « notre foyer » en arabe. Depuis 5 ans, certains d’entre-eux animaient La Cantine Syrienne de Montreuil, un collectif impulsé par des exilés syriens déterminés à ne pas lâcher l’idée de révolution, ils ont décidé de passer à l’étape supérieur, d’étendre et de pérenniser leurs activités : cuisine et révolutions.
Si nous les avons invités, c’est que le projet est en route, que les travaux ont commencé et qu’ils ont cruellement besoin de financements (voir le lien vers la cagnotte ci-dessous) mais pas que. Leur projet n’est pas seulement sympathique, il vient aussi concentrer et condenser de nombreuses questions et hypothèses qui traversent toutes menées révolutionnaires sérieuses : Comment fonder et déployer des foyers lorsqu’on a été dépouillés de tout rapport au territoire ? Pourquoi l’internationalisme relève-t-il de l’évidence dès que l’on appréhende les soulèvements contre le pouvoir depuis leurs réalités propres et tangibles ? Comment se traduire et se raconter, victoires comme défaites, par-delà les frontières et les circonstances locales ? Comment articuler le temps de la révolte et celui de la construction d’une force ? Comment se retrouver ou s’accueillir quand tout pousse à la dispersion ? Comment se rencontrer et bien manger ?
C’est de cela et de tout le reste dont il fallait parler avec ces camarades syriens, soudanais et même français.
La cagnotte pour les soutenir, est par là.
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03.02.2025 à 20:00
Klepto-communisme et salles obscures - Robert Guédiguian
Depuis plus de 40 ans, Robert Guédiguian et ses personnages traversent le cinéma français. Des films comme autant de fables qui nous racontent l’époque depuis les bords de l’intime et de la méditerranée. À l’occasion de la sortie de son dernier film La pie voleuse, il a accepté de venir discuter avec nous du monde tel qu’il va (mal) et de ce que la vie ordinaire recèle d’irréductible, de beau et de sensiblement communiste. On a donc parlé de Marseille, de philosophie, de son film et de certaines scènes. Attention, ça spoile mais ça déborde.
00:00 Intro01:29 En quoi « La pie voleuse » est une fable politique ?
04:14 Le vol, la nécessité et le petit supplément
07:02 La richesse sous les yeux, la frustration dans les cœurs
09:40 Voler pour vivre et non survivre
12:17 La place du piano dans les films de Robert Guédiguian
16:40 Le vol comme moment communiste ou comme pessimisme révolutionnaire ?
18:39 Par-delà ou en-deçà du vol, la solidarité ou la communauté
21:34 Les plans oreillers
24:53 Tchekhov, Rancière et le communisme de l'infime
27:42 De la lutte des classes au partage du sensible
29:29 Pourquoi la bourgeoise est-elle indécrottablement séparatiste
34:42 Peut-on filmer la réconciliation amoureuse des classes ?
39:16 L’ambiguïté de la scène du baiser
49:10 Enchaîner les images et les souvenirs sans devenir fou
52:02 Les moments communistes
57:10 Que peut le cinéma en 2025 ?
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27.01.2025 à 20:00
Pourquoi ne faut-il plus croire en la constitution ? Lauréline Fontaine
Au sein de la gauche, parlementaire comme extra-parlementaire, nous voyons régulièrement réapparaître des revendications constitutionnelles ; la promesse d’une 6e République, l’organisation d’une assemblée constituante, des petits ateliers pour rédiger notre constitution idéale, etc. Il s’agit à chaque fois de perpétuer cette drôle d’idée : la constitution ce serait un peu de nous, nous serions même un peu constitués et si elle était mieux rédigée nous ne manquerions pas d’être plus libres, plus égaux, plus heureux. C’est cette croyance que Lauréline Fontaine, professeur de droit public et constitutionnel vient dynamiter dans son excellent La constitution au XXIe siècle, histoire d’un fétiche social (éditions Amsterdam). Car lorsque l’on étudie l’histoire des constitutions, en France comme ailleurs, ce sont toutes nos illusions qui s’évaporent. Cette pratique bien particulière qui consiste à « écrire le pouvoir » s’avère systématiquement être un leurre qui vise à nous faire adhérer au pouvoir tout en nous dépossédant de toute prise sur lui. C’est en tous cas l’implacable démonstration faite par Lauréline Fontaine dans cet entretien. Ces illusions perdues, s’ouvrent alors l’une des questions les plus importantes de notre époque : comment sortir du cercle constituant/constitué, soit comment penser une puissance destituante ?
00:00 introduction
00:11 La constitution, un objet mystérieux mais omniprésent qui nous protègerait du despotisme (présentation du livre)
2:23 Quel rapport la constitution entretient-elle avec la société ? Qu'est-ce que le constitutionnalisme ?
05:16 Qu'y a-t-il dans une constitution ?
06:46 Créer l'illusion du peuple constituant qui adhère au pacte social
08:59 Est-ce que ce n'est pas grâce à la constitution que nous gagnions des droits ou abolissons certaines oppressions, par exemple l'esclavage ? (spoiler, non)
16:07 Quel rapport entretiennent les constitutions avec l'ordre économique et libéral ? Ou comment se reconduit la séparation entre politique (organisation formelle du pouvoir) et économie (mise au pas effective des sujets économiques)
23:40 Le constitutionnalisme se diffuse par le biais des grandes puissances économiques
24:50 La propriété privée comme pierre angulaire de toutes les constitutions
30:07 « On finit par donner le nom de démocratie à un régime qui était au départ conçu comme l'opposé de la démocrate »
34:18 Pourquoi la meilleure des démocraties représentatives ne sera jamais démocratique
37:05 Le Droit n'existe que comme outil de domination (même si ponctuellement, on peut bien connaître d'heureuses victoires)
38:00 Les exemples de constitutions vertueuses, leurs réussites et leurs échecs
40:15 Pourquoi le pouvoir a-t-il toujours besoin d'oripeaux, de déguisements, de maquillage ? Et à quoi ça lui sert ?
45:12 Ne plus s'étonner que la constitution soit systématiquement trahie par les pouvoirs institués
47:31 Le droit ne fait-il pas quand même office de contre-pouvoir ?
55:25 #LibérerGino (intermède publicitaire pour un camarade antifasciste incarcéré)
58:32 « Les libertés qui nous sont accordées qu'à la condition qu'elles ne nuisent pas au bon déploiement des rapports économiques à l'origine de toutes les formes de misères sociales »
59:59 Le constitutionnalisme par rapport au droit international. Comment le consitutionnalisme déborde l'État-nation
1:02:52 La néféodalisation des institutions et de l'économie.
1:04:27 La Science Fiction est-elle la trame des constitutions techno-fascistes et algorithmiques à venir ?
1:09:22 Comment le néo-libéralisme mène à
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