Devant un magasin Lidl du XIXe arrondissement de Paris, rue de Crimée, une file d'attente s'étirait sur le trottoir dès 07H00 du matin, 2 heures avant l'ouverture, grossissant jusqu'à atteindre environ 200 personnes, sous l'oeil de policiers arrivés sur place, a constaté un journaliste de l'AFP.
La foule était globalement de bonne humeur, mais des altercations ont éclaté avec certains clients qui tentaient de doubler.
"Je n’ouvrirai pas le magasin tant que vous ne serez pas partis !", a crié une responsable, tandis que les clients l'interpellaient. Un autre employé a déclaré à l’AFP que seulement deux climatiseurs avaient été livrés.
Lassana, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, fait partie des deux heureux élus, après plus de sept heures d'attente: il était arrivé devant le magasin à 04H00, a-t-il assuré à l'AFP.
Fatou, 69 ans, a eu moins de chance: "Je suis arrivée ici à 06H30. Ils ont dit qu'il y a que deux clims. Moi j'étais troisième". Entre ses mains, seulement un petit ventilateur.
"Et ça je me suis battue (pour l'acheter, NDLR) parce que la police avait fermé" le magasin. "C'était mensonger", s'emporte-t-elle, contre la communication du distributeur discount.
D'autres personnes dans l'attroupement sont aussi remontées contre Lidl, s'estimant "traités comme des bêtes".
"C'est la folie !"
A Sevran, en banlieue parisienne, une longue queue de véhicules s'était également formée devant le Lidl, entravant la circulation.
"C’est la folie ! (...) Tout est bloqué, tout le centre-ville pour ça", a témoigné auprès de l'AFP Laurence Duchateau, 59 ans, enseignante habitant à Sevran.
Longues files d'attente, ruées dans les magasins, bousculades : plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux montrent aussi des foules tentant de se procurer ventilateurs et climatiseurs à prix cassés dans d'autres magasins Lidl.
La canicule historique qui a frappé la France fin juin a provoqué des conditions difficilement supportables dans de nombreux logements. Des températures élevées sont à nouveau annoncées pour le week-end.
"Lidl France déplore les incidents intervenus dans ses magasins", a réagi l'enseigne auprès de l'AFP, soulignant que ses salariés "ont eu à gérer des tensions, dans un climat parfois difficile" et expliquant le manque de stocks par "le cycle de vente de (ses) produits": "Produits commandés un an à l’avance et arrivage le jeudi dans nos supermarchés, à un prix toujours fixe".
D'autres enseignes sont touchées par les mêmes tensions.
"Les gens attendaient devant les magasins dès 04H00 du matin", pendant la canicule, "certains en sont venus aux mains", a déclaré sur BFM Business le PDG de FnacDarty, Enrique Martinez.
"Les équipes se sont démenées pour servir tout le monde et faire venir un maximum de matériel" dans les entrepôts, a-t-il assuré
Dans les magasins Leclerc, "on a vendu 700.000 ventilateurs et rafraîchisseurs en trois semaines", soit "une progression de presque 200%", a déclaré jeudi Michel-Edouard Leclerc sur TF1. "On a vendu près de 60.000 climatiseurs, c'est aussi plus 35%."
"Il nous en reste encore. Maintenant, c'est des problèmes de répartition" pour tenir compte des déplacements de population avec les "départs en vacances", a-t-il souligné.