Les Bourses européennes ont terminé la séance en petite forme, au premier jour d'une semaine marquée par des tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz, et la prise de fonction du nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, en plus de la réunion jeudi de la BCE.
Dans ce contexte, Paris (+0,02%) et Francfort (+0,06%) ont terminé en quasi-équilibre, tout comme Milan (-0,04%).
"C'est un début de semaine dans l'expectative pour les marchés européens" dans l'attente "de la posture de politique monétaire que va prendre la Banque centrale européenne", selon l'analyste Romain Aumond de Natixis, joint par l'AFP.
A New York vers 16H00 GMT, le Nasdaq (+0,86%) était tiré par un rebond des fabricants de puces/semi-conducteurs comme Nvidia (+1,12%) ou Broadcom (+2,79%). Le S&P 500 progressait également (+0,47%) à l'inverse du Dow Jones (-0,17%).
L'investissement dans l'intelligence artificielle, moteur des marchés, est-il rentable? C'est la question qui agite les analystes et les investisseurs.
"Après une première vague largement portée par les géants technologiques, les investisseurs se montrent plus sélectifs et accordent une importance croissante aux fondamentaux des entreprises", observent les analystes de Varenne Capital Partners. "Dans ce contexte, Nvidia et ASML restent deux valeurs à suivre de près".
Vendredi, le lancement d'un modèle d'IA de la société chinoise Moonshot AI a accentué les doutes, car il constituerait une alternative moins coûteuse que les modèles américains.
Pétrole stable
Vecteur d'inflation, les prix du pétrole se stabilisaient lundi, après avoir bondi dans la nuit à des plus hauts depuis juin.
Vers 16H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le marché mondial, revenait à 88,11 dollars (+0,01%).
Son équivalent américain, le WTI, était en baisse (-0,32%), à 82,23 dollars, après avoir lui connu un sommet depuis le 12 juin, à 85,39 dollars.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que l'Iran subissait une guerre "totale" des Etats-Unis.
Dans le même temps, le ministre iranien de l'Intérieur Eskandar Momeni doit se rendre lundi au Pakistan, pays médiateur dans la guerre au Moyen-Orient, selon une source au ministère pakistanais de l'Intérieur.
"Les informations faisant état d'une volonté accrue de négocier de la part de l'Iran, après les attaques intensives des États-Unis, redonnent un peu de confiance aux investisseurs", observe à Francfort Andreas Lipkow de CMC Markets. "Mais la situation reste encore opaque pour la Bourse et difficile à évaluer".
Tensions sur les taux
A l'approche de la réunion de la BCE, les taux d'intérêt des dettes des États européens repartaient à la hausse.
Le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, atteignait quasiment 3,15%, contre 3,12% lors de la précédente séance.
Son équivalent français terminait à 3,94%, contre moins de 3,93% auparavant.
"Nous prévoyons que la BCE laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion cette semaine, maintenant le taux de la facilité de dépôt à 2,25%", selon Josefina Rodriguez, économiste et stratégiste chez Vanguard.
"Cette pause interviendrait après la hausse de 25 points de base" (0,25 point de pourcentage) "de juin", rappelle Romain Aumond, stratégiste chez Natixis.
Burnham au Royaume-Uni: les marchés pouce baissé
Au Royaume-Uni, la Bourse de Londres a reculé (-0,71%) et le rendement des taux obligataires a fortement augmenté, au jour de l'arrivée du nouveau chef travailliste Andy Burnham à la tête du gouvernement.
Le rendement à dix ans du taux d'emprunt britannique est passé de 4,95% à 5,03%.
"Les marchés désapprouvent Burnham", résume Kathleen Brooks de XTB, qui observe que le nouveau Premier ministre a écarté la chancelière de l'Echiquier sortante, Rachel Reeves.
"Les déclarations de Burnham dans son premier discours n'ont guère semblé particulièrement encourageantes pour les marchés", ajoute Neil Wilson de la plate-forme Saxo, qui parle d'une "une position budgétaire plus souple et davantage de dépenses – et de dette".
"Le marché reste vigilant et sanctionne tout discours qui aurait tendance à faire croire que la contrainte budgétaire n'en est pas une", rappelle Romain Aumond de Natixis.