"Je suis toujours en état de choc", a-t-elle déclaré sur BFMTV. "Je ne m'attendais pas à une telle violence", a-t-elle ajouté.
Samedi soir, son concert à Grenoble a été interrompu en raison d'une action de militants propalestiniens et LFI répondant à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis.
Ils lui reprochaient sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël et d'avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", contestée et retirée depuis.
A la question de savoir si elle constate une montée de l'antisémitisme en France, Barbara Butch a répondu par l'affirmative: "On le voit, (...) depuis trois ans. Là, on a atteint vraiment un climax sur ce sujet".
Son avocate Audrey Msellati, présente sur le plateau, a confirmé que des plaintes étaient en préparation et que leur "teneur" serait dévoilée "dès demain", jeudi.
La DJ a été reçue mercredi matin par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, qui lui affirmé sa volonté de protéger son "intégrité".
La ministre "a tenu à redire à Barbara Butch qu'elle était extrêmement attentive à son travail d'artiste et que son rôle était de protéger ses conditions d'expression en tant qu'artiste et d'assurer l'intégrité de son œuvre et de sa personne", a indiqué le ministère à l'AFP.
L'artiste de 45 ans, qui a indiqué être sous protection - mais "pas policière", a-t-elle souligné -, sera aux platines samedi soir à Saint-Martin-du-Tertre, un village de l'Yonne, dans le cadre d'un festival organisé par une association locale, Le Hameau. Il s'agit de sa dernière date prévue cet été.
"Bien sûr, je vais m'y rendre, avec toujours le même panache, la même fierté, de diffuser encore des messages de paix, d'amour, d'espoir", a-t-elle dit sur BFMTV. "Je ne cèderai pas à cette peur qu'on essaie de me faire ressentir".
Sécurité renforcée
Plus tôt dans la journée, Aurore Bergé, invitée sur RMC, a jugé que Barbara Butch "a été chassée de scène parce qu'elle est juive". "Ils mettent des cibles dans le dos des Français juifs depuis le 7 octobre 2023", a poursuivi la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, mettant en cause La France insoumise et assurant que l'Etat allait "garantir (la) sécurité" de l'artiste.
Interrogé par l'AFP, Fabrice Paris, président du Hameau, tient à maintenir la prestation de la DJ. "On va se contenter de renforcer le dispositif de sécurité, en accord avec la préfecture", a-t-il relevé.
Il a souligné s'être entretenu avec l'organisation locale de LFI, qui lui a assuré n'avoir appelé qu'à boycotter le concert et "non à un acte physique" contre Barbara Butch. Le tract de LFI évoque seulement "un boycott" du concert.
Paul-Antoine de Carville, maire LR de Sens (Yonne), dont l'agglomération englobe Saint-Martin-du-Tertre, s'est dit "extrêmement choqué par cet antisémitisme décomplexé, sous couvert de défense de la cause palestinienne". "LFI n'est définitivement plus un parti républicain", a-t-il ajouté dans un message transmis à l'AFP.
Après les perturbations survenues lors du concert à Grenoble, la justice a ouvert mardi une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés".
La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants insoumis était "mauvais" et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais "il n'y a pas d'antisémitisme dans nos rangs", a-t-elle insisté.
Figure des nuits parisiennes LGBT+, avec un univers musical électro-disco joyeux, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO-2024.
"Je suis aussi une cible de l'extrême droite. (...) Là, j'ai l'impression d'être dans un étau et qu'on me prête des intentions politiques, ou pas, qui ne sont pas les miennes", a insisté l'artiste sur BFMTV.
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