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▸ Les 14 dernières parutions

22.04.2026 à 10:35

Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient

FRANCE24

L'indice des prix à la consommation (CPI) est reparti à la hausse le mois dernier, à 3,3% sur un an, contre 3% en février, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS). L'accélération de l'inflation, en ligne avec les attentes des économistes, s'explique "largement par la hausse des prix des carburants, qui ont connu leur plus forte progression en près de trois ans", résume Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS. L'économie britannique avait pourtant semblé amorcer un redressement en début d'année, selon des chiffres publiés récemment par l'institut statistique, avec une hausse surprise de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) en février et un recul inattendu du chômage à 4,9%. "Il semblait que les responsables politiques avaient dompté le monstre de l'inflation. Mais les règles du jeu ont changé, révélant la vulnérabilité du Royaume-Uni aux pressions extérieures, et le retour à l’objectif d’inflation de 2% apparaît désormais de plus en plus incertain", affirme Joe Nellis, économiste chez MHA. "Ce n'est pas notre guerre" Le pays, dont le mix énergétique est encore très dépendant du gaz, n'est pourtant pas le seul à voir l'inflation accélérer dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz. Les Etats-Unis ont vu l'indice des prix à la consommation (CPI) bondir de 3,3% en mars (contre 2,4% en février). En zone euro, il a augmenté de 2,6% (contre 1,9% le mois précédent). Mais la hausse des prix met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà en difficulté après un énième rebondissement de l'affaire Mandelson (une déclinaison britannique de l'affaire Epstein). "Ce n'est pas notre guerre, mais elle fait grimper les factures des familles et des entreprises. C'est pourquoi ma priorité numéro un est de maintenir les coûts au plus bas" pour les ménages, a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué. Le gouvernement britannique a notamment annoncé mardi une réforme pour éviter que la hausse des prix du gaz n'influe de manière démesurée sur ceux de l'électricité, en favorisant les énergies renouvelables. "Coûts déjà absorbés" Le Royaume-Uni, dont les finances publiques sont extrêmement serrées, reste pourtant l'un des rares pays occidentaux à n'avoir pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien direct aux ménages face à la hausse des prix à la pompe depuis le début du conflit. Un gel d'une taxe sur les carburants, déjà en place depuis plusieurs années et régulièrement reconduit, doit en principe être supprimé progressivement à partir de septembre. Deux semaines après le 8 avril, date de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, celui-ci semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Même en cas de résolution rapide, il n'y aurait pas de forte baisse de l'inflation. Les coûts déjà absorbés par les entreprises mettent du temps à se résorber, et les comportements de fixation des prix ont tendance à s'ajuster lentement à la baisse", prévient Joe Nellis. Selon les analystes, malgré la hausse de l'inflation au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre devrait probablement s'abstenir de relever son principal taux directeur lors de sa réunion de la semaine prochaine.

22.04.2026 à 10:29

Les Bourses d'Europe prudentes après le prolongement de la trêve au Moyen-Orient

FRANCE24

Les indices réagissent autant à la dernière décision de Donald Trump qu'aux résultats des grandes sociétés cotées, dans les nouvelles technologies en particulier. A 08H00 GMT, Paris maintenait un quasi-équilibre (-0,06%), tiraillé entre l'annonce du président américain et les mauvais résultats trimestriels de certaines valeurs (l'entreprise de certification Bureau Veritas, qui plonge de 11,68% et les laboratoires d'analyse Eurofins Scienfic, en repli de près de 9%). Francfort progressait (+0,20%), tout comme Milan (+0,16%) et Londres (+0,10%), une Bourse très sensible au cours du pétrole, qui reculait après une forte hausse la veille. Le Brent s'échangeait à 98,14 dollars (-0,35%), contre 89,13 pour le WTI (-0,60%). Les cours du pétrole avaient fortement augmenté la veille, "soutenus par les incertitudes autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran et par la fragilité du cessez-le-feu", relève la société de courtage Aurel BCG. "Ce que nous savons, c’est que les réserves d’énergie se resserrent. On dit que les Européens pourraient n’avoir plus que quelques semaines (environ six semaines) de réserves de pétrole et d’énergie", indique Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote. En attendant, le cessez-le-feu semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Le risque n’a pas disparu, il a simplement été repoussé, laissant les investisseurs dans une zone grise", commente John Plassard de la Banque privée Cité Gestion. "Le cessez-le-feu est de nouveau en vigueur, mais il se peut que la bonne nouvelle soit déjà intégrée dans les cours", ajoute Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB. "Plus le détroit reste fermé, plus on risque de voir de la nervosité sur le marché", ajoute-t-elle. En Asie, l'indice Hang Seng de Hong Kong, lié aux valeurs chinoises, reculait (-1,22%), au contraire du Nikkei à Tokyo, qui a terminé en hausse (+0,40%) et du Kospi à Séoul (+0,46%), très indexés sur les performances de la "tech". Sur les marchés actions, le secteur technologique bénéficie d'un regain d'intérêt, "soutenu par une demande en IA résiliente malgré les tensions au Moyen-Orient et la crise énergétique", souligne Ipek Ozkardeskaya pour Swissquote. "Les fabricants coréens de puces mémoire, en particulier, disposent d’un pouvoir certain de fixation des prix en raison d'une pénurie de l'offre". Aux États-Unis, Tesla doit publier ses résultats mercredi. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d’affaires d’environ 13 à 17% par rapport à l’an dernier. Marché obligataire: stabilité des taux malgré l'inflation au Royaume-Uni Les risques de hausse des prix tendent à se concrétiser. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, dopé par l'envolée des prix des hydrocarbures due à la guerre au Moyen-Orient. Or, les risques d'inflation impactent les taux d'intérêts liés au financement de la dette des Etats sur le marché obligataire. En effet, l'inflation réduit la valeur réelle des titres de créances des prêteurs, qui se protègent avec des taux d'intérêts (des rendements) plus élevés. Mercredi, le taux britannique à dix ans était quasi-stable (4,86% contre 4,88%). Référence en Europe, le Bund allemand se maintient autour des 3%. Le taux français passait à 3,64% contre 3,65% la veille. "Il est hautement improbable qu’un seul chiffre d’inflation suffise à pousser les responsables de la politique monétaire à modifier le taux directeur de la Banque d’Angleterre la semaine prochaine", estime Emma Wall, cheffe stratégie investissement chez Hargreaves Lansdown.

22.04.2026 à 10:21

Tesla attendu au tournant sur le déploiement des véhicules autonomes, entre autres

FRANCE24

"Tesla approche des 10 milliards de miles (16 milliards de kilomètres, ndlr) parcourus avec le FSD", mode de conduite autonome, ont relevé récemment les analystes de Morgan Stanley dans une note. "Ce seuil symbolique renforce l'avance de Tesla dans l'autonomie mais avec, (en 2026,) un doublement des dépenses d'investissement et un flux de liquidités qui devrait devenir négatif, les investisseurs vont avoir besoin d'éléments plus probants sur le fait que l'autonomie sans supervision est toute proche, pour pouvoir soutenir la valorisation boursière", ont-ils prévenu. A la clôture mardi, Tesla valait près de 1.500 milliards de dollars à la Bourse de New York. Les analystes de Wedbush considèrent depuis plusieurs mois que l'autonomie et l'intelligence artificielle pourraient générer, à elles seules, 1.000 milliards de dollars supplémentaires de capitalisation. Dans une note mardi, ils ont énuméré les sujets sur lesquels le patron du groupe, le multimilliardaire Elon Musk, va devoir s'expliquer. Une liste qui, en réalité, s'allonge depuis plusieurs mois. Côté produits, les analystes réclament des détails sur les projets IA puisque qu'environ 20 milliards de dollars d'investissements sont programmés pour 2026, un point sur le tant attendu Cybercab - véhicule qui doit effectuer le service de robotaxi -, l'expansion de ce service de taxi sans chauffeur, la production de Semi - camion électrique en test sur les routes -, mais aussi le robot humanoïde Optimus ou l'avenir des chaînes d'assemblage des Model S et X, dont la production s'arrête. Ils veulent aussi dissiper le flou autour de l'investissement récent de 2 milliards de dollars de Tesla dans xAI, société d'intelligence artificielle ayant englobé le réseau social X (ex-Twitter) en mars 2025, avant que le nouvel ensemble soit racheté par SpaceX en février. Certains évoquent une future absorption de Tesla. Dépassé par BYD L'homme le plus riche du monde est actionnaire de référence de toutes ces entreprises. Il compte mener prochainement la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée, en cotant SpaceX à New York. Il a promis fin janvier une "ère d'abondance" après une année 2025 difficile marquée par sa proximité avec le président américain Donald Trump et par la disparition d'avantages à l'achat de véhicules électriques aux Etats-Unis. Certaines voix déplorent que son intérêt croissant pour la robotique, l'autonomie et l'IA - il vient aussi de lancer la construction d'une usine de puces, terafab -, ainsi que le stockage énergétique, se faisait au détriment, selon elles, de l'activité historique de Tesla: la construction automobile. En la matière, l'entreprise s'est fait ravir sa place historique de numéro un mondial des véhicules tout électriques par le groupe chinois BYD, qui en a vendu 2,26 millions (+28,41% sur un an) contre 1,64 million pour Tesla (-8,38%). La marque souffre également d'une gamme défraîchie. Le dernier véhicule grand public, le Model Y, est sorti en 2020; le pick-up à la silhouette futuriste Cybertruck, sorti fin 2023, a fait un flop; le véhicule bon marché qui devait être une création n'est finalement qu'une version édulcorée des populaires Model 3 et Model Y, et le modèle sportif Roadster de nouvelle génération se fait toujours attendre. Au premier trimestre, Tesla a livré un peu plus de 358.000 véhicules dans le monde mais n'a pas atteint le consensus de Factset (381.000), ni même le sien (365.645). Et il a fabriqué 50.000 véhicules en trop, qu'il va falloir écouler. Les analystes de JPMorgan ont abaissé leurs attentes après cette publication, notamment face au "record d'invendus", et ont "conseillé aux investisseurs d'approcher les actions Tesla avec un niveau élevé de prudence". Concernant les résultats du trimestre, attendus après la fermeture de Wall Street mercredi, le consensus de Factset ressort à 22,27 milliards pour le chiffre d'affaires (contre 19,33 milliards un an plus tôt) et un bénéfice net de 1,30 milliard (contre 934 millions). Celui réalisé par Tesla anticipe respectivement 21,42 milliards et 584 millions de dollars.

22.04.2026 à 09:57

La Bourse de Paris prudente, Bureau Veritas et Eurofins décrochent

FRANCE24

Vers 09H40, le CAC 40 cédait 0,12% à 8.226,40 points, soit un recul de 9,32 points. Mardi, l'indice vedette de la Bourse de Paris avait perdu 1,14% à 8.235,72 points (-95,33 points). Le président américain Donald Trump s'est résolu mardi soir à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran depuis le 8 avril, tout en précisant que le blocus américain des ports iraniens allait se poursuivre. Cette nouvelle n'a pas pour autant rassuré les investisseurs. Ces derniers ont "clairement intégré le risque d’un échec des négociations, notamment après la suspension du déplacement du vice-président JD Vance (au Pakistan: NDLR) faute d’engagement crédible de Téhéran", relève l'analyste John Plassard de la banque privée Cité Gestion. "Une nouvelle escalade reste possible à tout moment. Le blocus maritime des États-Unis pourrait contraindre le régime des mollahs à une réaction militaire. La mèche du baril de poudre au Moyen-Orient continue donc de brûler", estime Andreas Lipkow, chez CMC Markets. Autre point d'attention des investisseurs parisiens: une pluie de résultats d'entreprises, qui publient pour la plupart les chiffres d'affaires du premier trimestre 2026. Bureau Veritas décroche L'action du spécialiste des tests, vérifications et certifications décrochait nettement en Bourse, après avoir revu en légère baisse ses perspectives pour 2026. Son titre plongeait 10,31% à 25,50 euros vers 09H30. Eurofins Scientific grippé Le géant français des laboratoires d'analyses a lui annoncé mercredi un chiffre d'affaires de 1,789 milliard d'euros au premier trimestre, en hausse "modérée" de 1,3%, mais inférieur aux attentes des analystes. Son action chutait de 8,56% à 63,42 euros. FDJ recule FDJ United (-6,44% à 24,69 euros), nouveau nom de la Française des Jeux, a enregistré un chiffre d'affaires en retrait de 3,2% au premier trimestre 2026, affecté par la hausse de la fiscalité, et a revu ses prévisions à la baisse. Danone en hausse Le chiffre d'affaires du géant de l'agroalimentaire Danone a reculé de 2% au premier trimestre, à 6,7 milliards d'euros, affecté surtout par l'appréciation de l'euro mais aussi par les rappels de lait infantile et la guerre au Moyen-Orient. Malgré cette baisse attendue, "l’équilibre entre volume et prix", "la croissance positive en organique" dans "les trois divisions et les trois zones géographiques" du groupe sont "bien accueillis", selon les analystes de la banque Oddo BhF. Le titre du groupe gagnait 1,87% à 67,66 euros.

22.04.2026 à 09:53

Utiliser moins de cosmétiques fait baisser rapidement la trace de polluants dans le corps, selon une étude

FRANCE24

Selon cette étude, publiée dans la revue Environment International par des chercheurs de l'Inserm, de l'Université Grenoble Alpes et du CNRS, la moindre utilisation de produits de soins (shampoings, savons ou maquillage) permet de réduire en quelques jours seulement l'exposition du corps à plusieurs substances chimiques, dont des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ont demandé à une centaine d'étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans de réduire durant cinq jours le nombre de produits cosmétiques qu'elles utilisaient. Les étudiantes devaient aussi remplacer leurs produits d'hygiène habituels — tels que le savon ou le dentifrice — par des produits alternatifs fournis par les chercheurs, sans phénols synthétiques, parabènes, phtalates et éthers de glycol. Les chercheurs ont ensuite comparé les dosages urinaires réalisés avant et après ces cinq jours de restriction. Résultat: près d'un quart d'exposition en moins (-22%) pour le phtalate de monoéthyle, issu de composés utilisés notamment pour fixer les parfums, ou encore "-30% pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes", indique l'Inserm. Les scientifiques ont en outre observé une baisse de 39% de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), classé comme perturbateur endocrinien par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Le bisphénol A est soupçonné d'être lié à de multiples troubles et maladies (cancer du sein, infertilité, etc.). "Le bisphénol A n'est plus autorisé en France depuis 2005 comme ingrédient dans les produits de soin et cosmétiques en raison de son caractère reprotoxique. Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d'emballage", indique l'Inserm dans un communiqué. Ces résultats "pourraient étayer la mise en œuvre d'une réglementation plus stricte visant la composition des produits de soins (par exemple, les éthers de glycol) ou l'ensemble du processus de production et de conditionnement (bisphénol A)", conclut l'étude. Cette dernière paraît alors que le Parlement européen doit se prononcer fin avril sur un changement de la réglementation européenne sur les cosmétiques. Ce texte polémique, décrié notamment par l'association de défense des consommateur UFC-Que choisir — qui dénonce un affaiblissement de la protection des utilisateurs — doit donner aux industriels plus de temps pour retirer de la vente des produits contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

22.04.2026 à 09:49

Nuñez tourne la page Retailleau et Darmanin, premier volet d'un vaste mouvement préfectoral

FRANCE24

Mercredi, selon des sources proches de l'exécutif, le Conseil des ministres procèdera, sur proposition de Laurent Nuñez, à plusieurs nominations de préfets, premier volet d'un plus vaste mouvement préfectoral, qui devrait être le dernier d'ampleur du quinquennat d'Emmanuel Macron. Depuis son arrivée à Beauvau, le ministre de l'Intérieur a pris soin de mettre ses pas dans ceux de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin. Mais les mois passant et l'hypothèse d'un renversement du gouvernement avant l'échéance présidentielle de 2027 s'éloignant, Laurent Nuñez a pris peu à peu ses distances avec ses prédécesseurs. Sauf surprise de dernière minute, le Conseil des ministres devrait ainsi acter le remplacement du secrétaire général du ministère, Hugues Moutouh, par un des proches de M. Nuñez, Etienne Stoskopf, actuel préfet du Val-du-Marne. Etienne Stoskopf était au cabinet de Laurent Nuñez lorsque ce dernier était secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur d'alors Christophe Castaner. Réputé proche de Bruno Retailleau qui l'avait nommé il y a tout juste un an à ce poste-clé du ministère, Hugues Moutouh devrait être nommé préfet de la région Centre Val-de-Loire, selon une source proche de l'exécutif. Son départ de Beauvau n'est pas une surprise. Tout oppose Laurent Nuñez à Hugues Moutouh. L'inclination politique d'abord: le premier est plutôt de centre-gauche quand le second est un proche d'Eric Ciotti, ancien président de LR, rallié au RN, et nouveau maire de Nice. Le style ensuite: Laurent Nuñez est réputé pour son entregent tandis que Hugues Moutouh est adepte des formules à l'emporte-pièces, quitte à déclencher des polémiques. Dans l'Hérault, l'un de ses précédents postes, il s'était illustré pour une phrase: "La méthode, c'est deux claques et au lit!", lancée lors des violentes émeutes urbaines consécutives à la mort de Nahel fin juin 2023. Dans les Alpes-Maritimes avant de rejoindre Beauvau, cet amateur de krav-maga, une méthode de combat, avait fait de l'immigration une de ses priorités, en ligne avec l'objectif affiché alors par le ministre Bruno Retailleau. Relations exécrables Depuis sa nomination, Laurent Nuñez s'est attaché à arrondir le discours sur l'immigration, ce qui lui a attiré les foudres de préfets. Son insistance, il y a deux semaines, à défendre la nécessité d'accorder des titres de séjour pour les "métiers en tension" a été perçue par certains hauts fonctionnaires comme un assouplissement de la position du gouvernement. Au chapitre des mouvements de préfets, le départ de l'Elysée de Georges-François Leclerc, six mois après son arrivée, pour la préfecture de la région Ile-de-France interviendra en mai, après le départ de l'actuel détenteur du poste, Marc Guillaume, donné favori pour devenir vice-président du Conseil d'Etat. Très apprécié de Gérald Darmanin qui l'avait nommé préfet de la région Paca, Georges-François Leclerc rêvait de devenir préfet de police de Paris. Le poste lui ayant échappé, il a rebondi en octobre dernier comme directeur de cabinet du président Emmanuel Macron. Mais rapidement, ses relations avec Laurent Nuñez se sont tendues, au point d'être décrites comme exécrables par plusieurs hauts fonctionnaires interrogés par l'AFP. Frédéric Rose, actuel préfet des Yvelines, est pressenti pour lui succéder auprès du chef de l'Etat. Tensions également entre le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris Patrice Faure. Mais, pas de changement en vue, plusieurs sources proches du dossier estimant que le chef de l'Etat, qui avait choisi M. Faure, ne lui retirera pas son soutien. Dans le cadre du vaste mouvement préfectoral en cours, plusieurs préfectures de région devraient voir leur locataire changer: Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes ou Pays de la Loire notamment. Dès mercredi, Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, sera nommé préfet de Mayotte où il succèdera à François-Xavier Bieuville.

22.04.2026 à 09:27

Parler d'Israël "avec nuance": le pari de l'historien Elie Barnavi

FRANCE24

"Ce n'est pas le meilleur moment pour écrire un tel livre sur Israël, au milieu d'une nouvelle guerre, mais y a-t-il jamais un bon moment?", s'interroge Elie Barnavi, de passage à Paris pour présenter son nouvel ouvrage. Ce livre volumineux de 600 pages est le dernier en date de la collection à succès "Dictionnaire amoureux de..." publié par Plon depuis 2000. Il est le premier à traiter spécifiquement d'Israël, mais "tout n'est pas amour dans ce Dictionnaire amoureux, loin s'en faut", précise à l'AFP Elie Barnavi, qui l'a écrit à la demande de l'éditeur. Dans l'avant-propos, l'auteur de 80 ans se présente comme "un patriote exécrant le nationalisme, un homme de gauche sans dogmatisme, un juif de culture et d'identité mais sans religion" et "un partisan résolu de la solution à deux Etats". Cet ancien ambassadeur d'Israël en France, de 2000 à 2002, sait qu'il "agace pas mal de gens" au sein de la communauté juive. Mais il revendique "un livre d'historien", où ce qui est écrit "doit être absolument vrai". Son dictionnaire comporte près de 150 entrées, qui dessinent un portrait culturel, social, politique et religieux d'Israël, "l'un des pays les plus complexes et étranges" au monde. "Je suis souvent étonné, abasourdi, par l'ignorance des gens quand ils parlent d'Israël. C'est souvent de manière abrupte, globale et polémique, sans nuance", déplore Elie Barnavi. Il consacre ainsi plusieurs chapitres à expliquer le sionisme, le mouvement national juif, qu'il serait, selon lui "faux d'imaginer comme un bloc monolithique comme ses adversaires le voient de nos jours. Il est pluriel, riche en tendances très diverses et souvent antagonistes". Sans Netanyahu Considérant que la personnalité de l'histoire d'Israël la plus importante a été David Ben Gourion, l'un de ses fondateurs, Elie Barnavi n'a pas voulu écrire sur les dirigeants vivants. "De toute façon, il est difficile d'en trouver qui méritent qu'on en parle. Le seul serait (le Premier ministre) Benjamin Netanyahu, mais je suis content de ne pas avoir à en parler", précise-t-il. "Le Dictionnaire amoureux d'Israël" parait simultanément avec "Le nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine", publié en 2010 et actualisé par son auteur, l'historien et poète Elias Sanbar. Toujours au coeur de l'actualité mondiale, Israël reste aussi omniprésent dans les librairies, à l'image d'"Aimer Jérusalem" (Gallimard), un essai du romancier et philosophe Nathan Devers qui interroge sa judéité après le choc provoqué par les événements du 7 octobre 2023. "Comment un pays peut-il continuer à vivre quand il est confronté au fait de sa disparition possible?", demande-t-il. Dans "Israël: une course vers l'abîme" (Seuil), à paraître le 7 mai, l'historien israélo-américain Omer Bartov, spécialiste de la Shoah, dresse un portrait particulièrement sombre de l'évolution d'Israël. Seule la pression internationale "est capable de sauver Israël des forces néfastes qui, jour après jour, l'envahissent et la transforment en une société autoritaire, messianique, irrationnelle, répressive", écrit-il. Pour leur part, l'historien Vincent Lemire et l'ancien diplomate européen Bernard Philippe voient dans la ville de Jérusalem l'une des clés d'un règlement du conflit israélo-palestinien. "Il est peut-être temps d'opérer une révolution radicale: ne plus attendre la paix pour régler le problème de Jérusalem, mais partir de Jérusalem pour préparer la paix", avancent-ils dans "Jérusalem, l'histoire n'est jamais écrite" (Albin Michel), en librairie le 30 avril.

22.04.2026 à 09:25

Robots humanoïdes, données... l'IA au chevet de l'industrie allemande

FRANCE24

Le robot, baptisé "Agile One" et développé en Allemagne, ouvre devant le public une petite boite à l'aide de ses mains et y dépose un outil délicatement. Plus loin, un bras articulé visse une roue dentée sur une installation. Dopés à l'intelligence artificielle, ces robots permettent de "résoudre des problèmes industriels" et commenceront à équiper les usines allemandes dès l'an prochain, assure Rory Sexton, directeur exécutif d'Agile Robots, dans une interview à l'AFP. Les usines automobiles, déjà largement équipées en robots industriels, à bras articulés, vont être parmi les premières à adopter ces versions humanoïdes. Ces applications "physiques" de l'IA sont suivies de près en Europe, perçues comme une opportunité stratégique pour combler le retard sur les États-Unis et la Chine. "Robots qui dansent" Plus de 3.000 exposants sont présents à Hanovre, où l'accent est mis sur l'IA "physique", capable d'automatiser des processus habituellement complexes et imprévisibles. Inaugurant ce rendez-vous majeur de l'industrie mondiale, et après sa visite sur le stand d'Agile Robots, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé lundi son souhait de voir l'IA s'implanter "dans les secteurs clés de notre industrie et surtout dans les PME", afin de créer de la "valeur ajoutée industrielle et des emplois de haute qualité". Les faiblesses accumulées dans le numérique par l'Allemagne au cours des dernières décennies sont importantes, tandis que la Chine a développé ses propres innovations et dépasse aujourd'hui, dans de nombreux domaines, le "Made in Germany" dont elle était autrefois le principal client. Friedrich Merz en a fait l'expérience lors d'une visite en Chine en février, avec une démonstration de kung-fu par des robots humanoïdes du chinois Unitree, également présent à Hanovre. "Le monde n'a pas besoin de robots qui dansent", s'amuse le patron d'Agile Robots, qui vante les tâches réalisées par ses robots dans le câblage de voitures ou l'assemblage de téléphones. Selon une enquête de la fédération du numérique Bitkom, 58% des entreprises industrielles allemandes jugent que ces robots humanoïdes peuvent combattre la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, un des nombreux maux du secteur. "Côté obscur de la force" L'industrie de la première économie européenne, qui a perdu ces dernières années des parts de marché à l'international et a des centaines de milliers de travailleurs, dispose encore d'un "écosystème de fournisseurs" et d'une "très forte expertise en génie mécanique et en automatisation", cruciaux dans la course à l'IA, vante Rory Sexton. Un atout repose ainsi dans les "données industrielles", issues de la production des usines, abonde Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'IA (DFKI). Cette manne numérique serait d'une qualité "bien supérieure à celle des États‑Unis ou de la Chine", assure-t-il à l'AFP. Mais l'exploitation par l'IA se fait trop souvent de "manière isolée", regrette Sabine Scheunert, directrice Europe centrale chez l'éditeur de logiciel Dassault Systèmes. Le groupe français a développé une plateforme globale pour simuler un "jumeau numérique" d'usine, ce qui éviterait "à l'avance de nombreuses erreurs", explique-t-elle. Pas de quoi convaincre tout un chacun. Sur le stand de SW Machines, figure du Mittelstand souabe spécialisée dans les machines-outils de haute précision et grande utilisatrice de l'IA, un dirigeant, Jochen Heinz, évoque aussi le "côté obscur de la force" liée à cette technologie, en référence aux "hallucinations" qui ne touchent pas que les chatbots. Avec le risque de mettre en danger les usines, par exemple via de mauvaises consignes de réparations ou une détection d'anomalie erronée, explique-t-il. Ailleurs sur le salon, l'intégration de l'IA dans les procédés industriels reste loin de constituer un eldorado. Les solutions présentées à Hanovre "intéressent peu" la PME du sud-ouest du pays, Ganter Norm, spécialisée dans tous types de poignées à usages industriels. Mais elle prévoit néanmoins de se doter bientôt d'une "stratégie IA".

22.04.2026 à 09:23

Les Bourses d'Europe ouvrent en petite hausse

FRANCE24

Tous les grands marchés européens progressaient quelques minutes après l'ouverture, les investisseurs portant également leur attention sur les résultats d'entreprises. Paris avançait de 0,33%, Francfort de 0,50%, Milan de 0,31%. Sensible aux cours du pétrole, qui reculaient mercredi matin, la Bourse de Londres frôlait l'équilibre (+0,07%).

22.04.2026 à 09:05

"Un signe qu’on doit revenir dans la rue" : à Madagascar, la Gen Z face au mur de la peur

Eléonore POINTEAU

Les arrestations arbitraires de plusieurs militants de la Gen Z à Madagascar provoquent un "climat de peur" – selon l'expression d'Amnesty International – parmi les jeunes activistes, qui assurent néanmoins vouloir continuer à dénoncer la reprise en main autoritaire de la junte au pouvoir.

22.04.2026 à 08:53

Le romancier Le Clézio lauréat du prix Cino Del Duca

FRANCE24

Doté de 200.000 euros par la Fondation Simone et Cino Del Duca (un éditeur de presse franco-italien), ce prix a salué en J.M.G. Le Clézio, prix Nobel en 2008, "un romancier, essayiste et voyageur" qui a construit "une œuvre majeure, traduite dans le monde entier, profondément marquée par l’expérience du déplacement, de la rencontre et du dialogue entre les cultures", souligne la Fondation dans un communiqué. J.M.G. Le Clézio s'est félicité de ce prix: "les écrivains aiment beaucoup recevoir des prix, ça les encourage et leur donne confiance en eux-mêmes", a-t-il confié à des journalistes. Il s'est dit flatté de succéder à Boualem Sansal, récompensé en 2025 alors qu'il était détenu en Algérie. "C'est un écrivain que j'aime bien. Un homme assez étonnant, qui est passé de la politique à l'écriture" et "a écrit des livres très forts, assez violents". Interrogé sur la crise chez Grasset à la suite du limogeage de son PDG Olivier Nora par la direction du groupe Hachette, contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, J.M.G. Le Clézio a indiqué soutenir "totalement" les auteurs ayant décidé de ne plus publier dans cette maison d'édition. "Je crois que la grande chance des écrivains, c'est d'être indépendants et d'avoir un éditeur qui est indépendant, qui n'est pas soumis au capital, qui ne cherche pas à faire des affaires, qui ne soit pas l'émanation d'un pouvoir", a-t-il expliqué. Il a souligné sa "chance" de publier chez Gallimard, "un éditeur tout à fait indépendant de toutes idées politiques". Né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille d'origine bretonne émigrée à l'île Maurice au XVIIIe siècle, J.M.G. Le Clézio a notamment publié "Désert", "Le chercheur d'or", "Révolutions" ou encore "Trois Mexique", sorti en janvier. Il a indiqué être "en train de terminer un roman" qui porte sur la période de la jeunesse de sa mère, pendant la guerre de 1914-18. "J'avais envie de parler de la guerre à travers les yeux de ma mère", a-t-il expliqué, en indiquant que le livre devrait sortir à la fin de l'année. Le prix Del Duca, créé en 1969 et présidé par le romancier Amin Maalouf, lui sera remis le 17 juin à l'Institut de France.

22.04.2026 à 08:49

Accusations de violences sexuelles: une pétition demande l'annulation de la tournée de Patrick Bruel

FRANCE24

Mise en ligne mardi soir par le collectif Salon Féministe, cette pétition appelle à "annuler la venue de Patrick Bruel" dans toutes les villes où il doit se produire dans le cadre de sa tournée "Alors Regarde 35". L'initiative est notamment soutenue par les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg, ainsi que la journaliste Alice Coffin et la chanteuse Pomme, et de nombreuses représentations locales d'associations féministes comme NousToutes. Patrick Bruel "est bien sûr présumé innocent, mais comment la justice pourrait-elle statuer sereinement tandis que le chanteur se produit sur toutes les scènes francophones ?", s'interrogent les signataires, qui dénombrent "57 dates dans 48 villes", "en France, en Belgique, en Suisse et au Canada". "Nous invitons donc toutes les organisations féministes des villes en question, toutes les mairies qui affirment défendre les droits des femmes, à faire annuler la célébration d'un agresseur présumé et à soutenir ces femmes qui ont eu le courage de prendre la parole", écrivent-elles. Lundi, le collectif féministe NousToutes avait déjà demandé l'annulation d'un concert du chanteur prévu dans la Manche en juillet. Patrick Bruel, qui aura 67 ans le mois prochain, fait l'objet d'investigations pour deux plaintes en France. L'une est instruite à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour viol en marge d'un festival de cinéma en octobre 2012. L'autre a été déposée en mars à Paris pour tentative de viol et agression sexuelle. Ces derniers faits dénoncés, par une responsable de la promotion des films français à l'étranger, remonteraient à 1997, au Mexique. Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte en Belgique après une plainte enregistrée fin mars pour une agression sexuelle présumée à Bruxelles. Le 18 mars, Patrick Bruel avait assuré à l'AFP, par la voix de son avocat Christophe Ingrain, n'avoir "jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel". Le chanteur "affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel", selon son conseil.

22.04.2026 à 08:48

Coupe de France : Lens se qualifie pour sa première finale en 28 ans

L'Equipe TV

Le RC Lens s’est qualifié pour sa première finale de Coupe de France depuis 1998. Les Sang et Or ont battu Toulouse (4-1) dans un match dominé de bout en bout.

22.04.2026 à 08:21

Une forêt indonésienne rasée pour un fabricant d'emballages "neutres en carbone"

FRANCE24

Une enquête de l'AFP et The Gecko Project révèle que de vastes étendues de la forêt tropicale indonésienne, refuge d'orangs-outans en danger, ont été rasées au profit de plantations fournissant un fabricant d'emballages estampillés "neutres en carbone". Sur son site web, la société de pâte et papier Asia Symbol (basée en Chine), affiche une politique de "non-déforestation" et a attiré de grandes entreprises comme le géant britannique des produits de santé Haleon derrière les marques Panadol et Sensodyne. Mais en suivant son parcours, il s'avère que du bois, transformé en pâte dans une usine indonésienne qui approvisionne Asia Symbol, provient de plantations où près de 30.000 hectares de forêt ont été déboisés entre 2016 et 2024 - presque trois fois la superficie de Paris. Haleon a annoncé rompre ses liens avec Asia Symbol à la suite de cette investigation réalisée sur la base de l'analyse de données satellitaires, documents d'audit, registres commerciaux ainsi que du suivi de navires pour retracer le bois provenant de forêts abattues à Bornéo jusqu'aux usines d'Asia Symbol en Chine. Les plantations qui alimentent cette société sont accusées par experts et riverains d'avoir détruit leurs moyens de subsistance, provoqué inondations et perte de la faune ainsi que des conflits fonciers. "Les larmes me montent aux yeux", confie ce responsable du village de Humbang Raya, Agau (un seul nom), 69 ans, quand il décrit la dévastation dans le Kalimantan central, l’un des lieux les plus riches au monde en biodiversité. L'investigation soulève aussi des questions sur la maison mère d'Asia Symbol, le conglomérat Royal Golden Eagle (RGE, basé à Singapour), qui s'était engagée en 2015 à une chaîne d'approvisionnement sans déforestation et a obtenu en 2024 un prêt "lié à la durabilité" d’un milliard de dollars. "Les conclusions de cette enquête montrent que RGE est encore très impliqué dans la déforestation", estime Robin Averbeck, directrice du programme forêts au Rainforest Action Network (RAN). Asia Symbol a réagi auprès de l'AFP en réitérant son engagement à ne pas utiliser de bois issu de forêts naturelles ou de forêts converties en plantations. Si la fabrication de papier nécessite du bois, la certification du Forest Stewardship Council (FSC), qui donne le label "issu de sources responsables", implique des engagements pour protéger les forêts primaires et respecter les droits des communautés locales. "Neutres en carbone" La récolte est en cours quand l'AFP se rend dans la concession d'Industrial Forest Plantation (IFP) étendue sur une zone qui pourrait abriter des centaines d'orangs-outans selon des spécialistes de cette espèce menacée. Une grande partie de la forêt qui couvrait autrefois les plus de 100.000 hectares de cette concession a été détruite pour y planter de l’acacia et de l'eucalyptus à croissance rapide. En 2023, Asia Symbol avait promis de cesser "indéfiniment" d'utiliser du bois issu de cette plantation. Mais l'enquête a retracé le circuit du matériau en provenance d'IFP et d’autres concessions jusqu’à l'usine indonésienne Phoenix Resources International (PRI), qui a délivré de la pâte à papier aux installations d'Asia Symbol en Chine. Laquelle y fabrique des emballages estampillés "neutres en carbone" que la filiale chinoise d'Haleon a utilisés pour ses boîtes d'ibuprofène. Dans le village de Humbang Raya, on peut voir d'un côté de la route un épais bosquet d’arbres foisonnant de lianes. De l'autre, un paysage ravagé de terre brune parsemée de branches coupées. Des animaux et des oiseaux ont disparu, les villageois qui dépendaient de la forêt pour vivre sont partis chercher du travail ailleurs, raconte Agau. "Il est difficile de trouver quoi que ce soit qui ressemble à ce que c'était", se lamente-t-il. La déforestation n'est pas illégale, toutes les concessions qui approvisionnent l'usine Phoenix Resources International ont un permis du gouvernement indonésien. Mais les conséquences pour les populations locales et l'environnement sont catastrophiques, ont témoigné des villageois habitant à l'intérieur ou autour de ces plantations. "Privés de ressources" A quelque 30 km de là, à Sei Gawing, également à l'intérieur de la concession IFP, les habitants craignent de boire l'eau de la rivière voisine, inquiets du ruissellement en provenance de la plantation. Les débordements sont devenus plus fréquents et plus graves car le couvert forestier qui absorbait l'eau a disparu. "Contrairement à ce qu'il se passait avant, les inondations ont atteint les habitations ces dernières années", explique le chef du village Dodie Kristiawan. Le gouvernement indonésien a reconnu que la déforestation avait aggravé les inondations et les glissements de terrain à Sumatra l’an dernier, qui ont fait plus de 1.000 morts, mais il a peu fait pour enrayer le phénomène ailleurs. Ika Magdalena, mère de trois enfants enceinte du quatrième, elle, n'a plus accès aux terres qu'elle cultivait autrefois puisqu'elles se trouvent dans la concession. Les compensations promises ne sont jamais arrivées, dit cette villageoise qui vend aujourd'hui des snacks sur un stand pour joindre les deux bouts. "Ils ont déjà détruit nos cultures et ils ne veulent pas l'assumer", dit-elle. "Cela nous brise le coeur mais ils restent silencieux." Industrial Forest Plantation n’a pas répondu aux demandes de réaction. Cette concession "n'a jamais commis de violations dans le secteur forestier" et contribue au paiement des impôts et des fonds de reboisement, a commenté le directeur de l’agence forestière du Kalimantan central, Agustan Saining. Des habitants et des militants affirment que les bénéfices des plantations profitent peu aux populations locales, les emplois étant principalement occupés par des travailleurs venus d’ailleurs. Les communautés sont privées de "leurs ressources alimentaires et financières et il n’y a pas d'alternative", déplore Bayu Herinata du groupe environnemental WALHI Kalimantan central. - Ports en Chine - Asia Symbol a confirmé que l'usine Phoenix Resources International la fournissait depuis janvier 2025 et indiqué avoir "lancé un examen ciblé des approvisionnements" avec "l'adoption immédiate d'engagements mondiaux de non-déforestation, y compris d'éventuelles actions correctives et de réparation". Basée à Tarakan (nord de Kalimantan), PRI n'a pas répondu aux demandes de réaction. Royal Golden Eagle, maison mère d'Asia Symbol, a déjà été mise en cause pour déforestation et conflits fonciers. En 2013, le conglomérat a perdu la très recherchée certification du Forest Stewardship Council après une plainte en lien avec le déboisement. Sa tentative de la récupérer a été bloquée l'an dernier après des allégations selon lesquelles des employés de l'une de ses filiales auraient attaqué des membres d'une communauté locale. En 2023, Asia Symbol a reconnu des faits de déforestation dans deux concessions alimentant sa chaîne d'approvisionnement, dont celle de la plantation IFP, et s’est engagée à ne plus utiliser leur matériau. Mais cela ne s’est pas produit. L’AFP et The Gecko Project se sont concentrés sur Phoenix Resources International pour remonter la chaîne d'approvisionnement d'Asia Symbol. Des rapports d'audit gouvernementaux montrent que l’usine a reçu du bois de 12 concessions et une analyse d’images satellite révèle une déforestation dans au moins quatre d’entre elles. Des données issues de l'agrégateur de statistiques commerciales Import Genius montrent que PRI a envoyé une grande partie de sa pâte à papier vers deux ports chinois, Rugao et Rizhao, où se trouvent les installations d’Asia Symbol dans le Jiangsu et le Shandong (dans l'est de la Chine). Les données de suivi des navires et du commerce indiquent que le cargo MV Sailboard est arrivé à Rugao depuis Tarakan, à Bornéo, en juin dernier avec à son bord de la pâte à papier. Selon les médias locaux, il a été accueilli en grande pompe car il s’agissait du premier "enlèvement direct à quai" de Rugao, une procédure accélérée de dédouanement sans passer par une phase de stockage. Une vidéo publiée sur Douyin, la version chinoise de TikTok, montre le nom du navire, le sigle "PRI" tamponné sur sa cargaison et des responsables accueillant le chargement devant une bannière arborant le logo d’Asia Symbol. "Greenwashing" Royal Golden Eagle met largement en avant ses engagements en matière de durabilité. "Nous sommes fiers de dire que l’ensemble de notre chaîne d'approvisionnement est à 100 % sans déforestation", déclarait en 2024 son directeur général, Anderson Tanoto. "La force de l’intégration, c’est que vous avez une responsabilité sur toute la chaîne jusqu'aux producteurs eux-mêmes", ajoutait-il. Le Forest Stewardship Council a indiqué que la suspension de la certification visant RGE restait en vigueur. "Il y a eu de nombreuses infractions", affirme Grant Rosoman, conseiller principal des campagnes forêt de Greenpeace International. "Leurs engagements ne sont rien d’autre que du greenwashing destiné à convaincre leurs clients qu'ils se rachètent une conduite." Les engagements en matière de durabilité peuvent être très lucratifs. "RGE a réussi à obtenir des milliards de dollars de crédits verts auprès de banques telles que Mitsubishi UFJ grâce à ses engagements publics d'éliminer la déforestation de ses chaînes d’approvisionnement", souligne Robin Averbeck du Rainforest Action Network. Sa filiale Asia Symbol affirme que la pâte fournie par l'usine PRI n'a pas été utilisée pour la fabrication des produits "neutres en carbone" destinés à Haleon mais elle n’a pas expliqué comment elle séparait les pâtes issues de différentes sources. S'il n'a trouvé aucune preuve que des matériaux liés à la déforestation aient intégré sa chaîne d’approvisionnement, Haleon s'est dit "néanmoins très préoccupé par les accusations portées contre Asia Symbol et les sociétés de plantation en amont". "Nous avons donc demandé à nos fournisseurs de veiller à ce qu'aucun matériau fourni à Haleon ne provienne ni d'Asia Symbol" ni de plantations "associées à un risque de déforestation", a précisé le groupe. L’Indonésie affiche l’un des taux de perte de couvert forestier les plus élevés au monde, selon l'agrégateur de données Global Forest Watch. Au village de Humbang Raya, Agau ne croit ni aux garde-fous ni aux promesses de restauration des forêts. "Vous plantez un arbre, un million disparaissent. Ce n'est pas équilibré", dit-il. Il faut que le gouvernement "cesse de délivrer des permis" d’abattage. "Nos vies, nos moyens de subsistance ici dépendent de la forêt que nous avons."
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