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▸ Les 15 dernières parutions

05.03.2026 à 09:45

Le Sénat américain refuse de limiter les pouvoirs de Trump contre l'Iran

FRANCE24

Fin janvier, avant même le déclenchement du conflit, le sénateur démocrate Tim Kaine avait introduit une résolution pour "ordonner le retrait des forces armées américaines des hostilités contre la République islamique d'Iran qui n'ont pas été autorisées par le Congrès". Mais son initiative a été rejetée avec 53 voix contre et 47 pour. Le démocrate John Fetterman, qui soutient la guerre, a voté contre, tandis que le républicain Rand Paul a été le seul de son parti à voter pour. Face à un président qui a étendu l'emprise du pouvoir exécutif sur le législatif depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Tim Kaine, aux côtés de nombreux autres parlementaires démocrates, assurait vouloir réaffirmer l'autorité du Congrès, seul habilité par la Constitution des Etats-Unis à déclarer la guerre. "Les Américains veulent que le président Trump fasse baisser les prix, pas qu'il nous entraîne dans des guerres inutiles et éternelles", avait déclaré le sénateur de Virginie dans un communiqué mardi, qui dénonce depuis samedi un conflit lancé de manière "illégale" par le républicain. A l'issue mardi d'un briefing classé secret défense entre les sénateurs et notamment le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur la guerre contre l'Iran, Tim Kaine avait assuré à l'AFP qu'aucune preuve n'avait été présentée par le gouvernement sur l'existence d'une "menace imminente de l'Iran" contre les Etats-Unis. Cette question de "menace imminente" est au coeur du débat sur la légalité du déclenchement du conflit par Donald Trump. Car si le Congrès est le seul habilité à déclarer la guerre, une loi de 1973 permet au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence créée par une attaque contre les Etats-Unis. Fonds supplémentaires Dans sa vidéo annonçant l'opération samedi, Donald Trump avait justement évoqué une menace "imminente" posée selon lui par l'Iran, sans convaincre l'opposition démocrate. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a assuré de son côté que l'ordre d'attaquer avait été émis car il était devenu évident qu'Israël prévoyait de frapper en premier, rendant nécessaire de paralyser la capacité de Téhéran à riposter. Alors que le gouvernement américain peine à faire passer son message sur les objectifs de la guerre en Iran, ces propos ont été critiqués y compris par des partisans du président républicain. Lors de sa campagne victorieuse de 2024, ce dernier avait pu compter sur le soutien de figures de la droite radicale réclamant la fin des interventions militaires américaines à l'étranger. Les républicains du Sénat se sont rangés malgré tout derrière le président, même si certains ont signalé que leur soutien pourrait s'affaiblir si la guerre s'éternisait. Les Iraniens "sont sérieux quand ils disent +mort à l’Amérique+. Je suis heureux que nous ne les ayons pas laissés aller plus loin", s'est félicité le sénateur Lindsey Graham, fidèle soutien du président. A la Chambre des représentants, une résolution similaire à celle de Tim Kaine au Sénat devrait être soumise au vote jeudi, mais un échec est là aussi attendu. "L'idée que nous retirions ce pouvoir à notre commandant en chef, le président, de finir le boulot est une perspective effrayante pour moi", avait affirmé lundi le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. "C'est dangereux, et j'espère - et je crois - que nous avons suffisamment de voix pour rejeter cela", avait-il ajouté devant la presse au Capitole. Des responsables de l'administration ont notifié les élus, lors de briefings confidentiels, que l'opération en cours pourrait durer des semaines. Elle pourrait aussi nécessiter le déblocage de financements supplémentaires par le Congrès pour reconstituer les stocks d'armements du Pentagone.

05.03.2026 à 09:42

Prix du pétrole : Bercy veut surveiller les distributeurs

Laura CAMBAUD

Alors que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les cours du pétrole, le gouvernement anticipe une augmentation du prix de l'essence. Elle se fait déjà voir dans certaines stations-service. Le ministère de l'Économie reçoit aujourd'hui les distributeurs de carburant pour "s'assurer" qu'ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix en comparaison de celle des cours du pétrole.

05.03.2026 à 09:41

En Afghanistan, des manifestations de soutien au gouvernement taliban face au Pakistan

FRANCE24

Après des mois d'accrochages, les deux voisins s'affrontent depuis jeudi dernier, jour où l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises. Le Pakistan a alors déclaré la "guerre ouverte" aux autorités talibanes, bombardant notamment la capitale afghane, Kaboul, l'ancienne base américaine de Bagram et Kandahar, une ville du sud où réside, reclus, le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada. Depuis, au moins 42 civils ont été tués et 104 blessés, dont des enfants, rapportait mardi la mission de l'ONU en Afghanistan. Les affrontements frontaliers entre l'Afghanistan et le Pakistan ont provoqué le "déplacement d'environ 20.000 familles" dans plusieurs provinces, a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU le même jour. Le gouvernement taliban avait quant à lui fait état de plus de 8.000 déplacés. A Gardez, la capitale de la province de Paktia (est), des habitants se sont rassemblés, certains brandissant le drapeau blanc du gouvernement taliban. "Aujourd'hui, nous sommes dans le centre de Paktia, à Gardez, pour dénoncer les attaques cruelles du Pakistan contre les civils afghans", confie Ghamay, un manifestant qui n'a souhaité donner que son prénom. "Nous sommes ici pour défendre notre terre", explique-t-il. Un rassemblement a également eu lieu dans le district de Gurbuz, dans la province de Khost (sud-est), proche de la frontière et qui a été touchée par les combats. "La manifestation d'aujourd'hui n'est pas seulement pour le spectacle, nous sommes là pour les 17 martyrs de Kunar, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées", souligne un manifestant, Obaidullah Gurbaz. "Vous pouvez voir les soldats qui se tiennent derrière nous depuis sept ou huit jours. Ils ont faim et soif, mais ils défendent le pays avec force", poursuit ce septuagénaire. Crise alimentaire Selon le porte-parole du ministère afghan de la Défense, plus de 25 soldats afghans ont été tués. Il a estimé à environ 150 le nombre de militaires tués côté pakistanais. Le Pakistan affirme de son côté que plus de 430 soldats afghans ont été tués. Les bilans des pertes avancés par les deux camps sont difficiles à vérifier de manière indépendante. Les affrontements à la frontière ont également déplacé près de 66.000 Afghans, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Au moins un des centres de l'agence des Nations unies dans la province de Nangarhar "a subi d'importants dommages collatéraux", a déploré l'OIM. En plus de mettre un terme à l'aide humanitaire apportée aux Afghans revenant du Pakistan, les combats ont également suspendu l'aide alimentaire d'urgence dans le pays. Environ 160.000 personnes ont été touchées par cette interruption, selon le PAM, dans un pays déjà confronté à une crise alimentaire. Un habitant de Nangarhar a confié à l'AFP que le programme "nous aidait beaucoup", et qu'il avait désormais dû réduire sa consommation de pain. "Nous cherchons partout, parfois le ventre plein, parfois à moitié vide", a déclaré Farhad, qui n'a souhaité donné que son prénom. "Hier soir, je suis allé chez mes voisins et mes proches pour emprunter 1.000 afghanis (13,58 euros), mais personne ne m'a rien prêté." strs-ash/rsc/vgu/sla

05.03.2026 à 09:41

Japon: troisième échec du lancement d'une fusée par une start-up

FRANCE24

Les images télévisées ont montré la fusée Kairos décollant du site de lancement de l'entreprise, dans la région côtière de Wakayama, dans l'ouest du Japon, à 11H10 locales (02H10 GMT). Mais peu après, la fusée haute de 18 mètres a semblé retomber en tournoyant, sous les yeux déçus des spectateurs présents aux abords de la zone de décollage. "Aucune anomalie majeure n’a été constatée sur l’appareil lui-même. Il est donc raisonnable de penser qu’un problème est survenu au sein du système d’interruption de vol", a déclaré Nobuhiro Sekino, vice-président de Space One, lors d'une conférence de presse organisée quelques heures après cet échec. "Nous allons enquêter sur les causes. Nous souhaitons y consacrer le temps nécessaire ; il est donc difficile, à ce stade, de fixer un calendrier précis pour le quatrième lancement. Notre priorité immédiate est de mener une enquête exhaustive sur cet incident", a précisé le dirigeant de la start-up. Mercredi, le décollage de Kairos, qui transportait plusieurs satellites, dont un pour un lycée de Tokyo, selon la société, avait été reporté à quelques secondes de l'horaire prévu. Les responsables de Space One avaient expliqué que "28,9 secondes avant le décollage, lors de la phase finale de surveillance automatique de la fusée par le système de contrôle de lancement, la réception des signaux du système de navigation par satellite ne s'est pas stabilisée", entraînant "la suspension d'urgence pour des raisons de sécurité". La première tentative de lancement de cette fusée s'était soldée par un échec spectaculaire en mars 2024, lorsque la fusée à propergol solide avait explosé quelques secondes après le décollage. Une deuxième tentative, quelques mois plus tard, avait également échoué. La start-up Space One a été fondée en 2018 par un consortium d'entreprises japonaises dont Canon Electronics, IHI Aerospace et le groupe de construction Shimizu, ou encore la Development Bank of Japan, une institution financière de l'Etat. Les entreprises privées offrent des opportunités d'exploration spatiale moins chères et plus fréquentes que les programmes gouvernementaux, et Space One espère imiter SpaceX d'Elon Musk, qui a des contrats avec la NASA et le Pentagone. L’Agence japonaise d’exploration aérospatiale gouvernementale (Jaxa) aimerait également s'imposer comme un acteur majeur des lancements de satellites. Son nouveau lanceur H3 a également connu plusieurs tentatives infructueuses avant un décollage réussi en février 2024. Mais en décembre, la fusée amirale H3 a échoué à placer un satellite de géolocalisation en orbite, en raison d’une défaillance moteur. En 2024, la Jaxa a toutefois réussi à poser une sonde inhabitée sur la Lune — certes avec une inclinaison accidentée — mais faisant du Japon le cinquième pays à réaliser un "alunissage en douceur". Le module Slim ("Smart Lander for Investigating Moon") a malgré tout continué à transmettre des signaux de façon intermittente pendant plusieurs mois. L’an dernier, l’entreprise japonaise ispace a, elle, échoué dans sa tentative de devenir la troisième société privée — et la première hors des États-Unis — à réussir un alunissage contrôlé. Le contact avec son engin non habité Résilience a été perdu lors de la descente finale vers la surface lunaire, et l'appareil est présumé s’être écrasé.

05.03.2026 à 09:31

Guerre au Moyen-Orient: coup de froid sur le tourisme

FRANCE24

Nazih Rawashdeh est guide à côté d'Irbid, dans le nord de la Jordanie. "Mon dernier groupe de touristes est parti il y a trois jours, et tous les autres groupes prévus pour le mois de mars sont annulés", indique-t-il à l'AFP. "C'est le début de la haute saison ici, c'est catastrophique!" "Pourtant, il n'y a pas de problème en Jordanie, on ne risque rien", assure-t-il. A travers le monde, les voyagistes cherchent des solutions pour leurs clients coincés dans la région ou y ayant prévu un séjour. "La priorité est de faire rentrer ceux qui sont sur place", souligne Alain Capestan, président du voyagiste français Comptoir des Voyages. Mais, rappelle-t-il, la guerre a aussi des effets sur les clients partis dans d'autres régions du monde, le Golfe concentrant plusieurs "hubs" aéroportuaires importants avec Dubaï, Abou Dhabi (Emirats arabes unis) et Doha (Qatar). A l'instar d'autres compagnies, les voyagistes allemands interrogés par l'AFP (Alltours, Dertour, Schauinsland-Reisen) ont annoncé prendre en charge les nuitées supplémentaires pour leurs clients bloqués au Moyen-Orient. Ils ont aussi annulé leurs voyages vers les Emirats et Oman au moins jusqu'au 7 mars. L'association britannique des voyagistes ABTA a de son côté indiqué que les agences "n'enverraient pas de clients dans la région tant que le ministère britannique des Affaires étrangères déconseillera tout voyage non essentiel". Les clients dont les vacances ont été annulées au cours des derniers jours pourront changer leurs dates ou obtenir un remboursement, précise-t-elle aussi. Impact économique La guerre vient bouleverser un secteur en pleine croissance dans la région. En 2025, quelques 100 millions de touristes se sont rendus au Moyen-Orient, soit près de 7% du nombre total de touristes internationaux recensés dans le monde selon l'ONU Tourisme. Leur nombre a progressé de 3% sur un an, et de 39% par rapport à la période pré-pandémie. En fonction des destinations, les Européens sont très représentés, suivis par les touristes venus d'Asie du sud, d'Amérique ou encore d'autres pays de la région moyen-orientale. A titre d'exemple, les marchés de proximité représentaient 26% du total des touristes à Dubaï en 2025, selon son ministère de l'économie et du tourisme. Dans ces conditions, avertit le cabinet Oxford Economics, "une baisse des flux touristiques dans la région portera un coup économique plus sévère que par le passé, car la part du tourisme dans le PIB y a augmenté, de même que l'emploi dans ce secteur". Ce dernier estime qu'en raison de la guerre — et si celle-ci trouve une issue rapide —, les arrivées de visiteurs au Moyen-Orient pourraient diminuer de 11 à 27% en 2026, contre une croissance de 13% initialement prévue. A la clef, selon le cabinet, entre 23 et 38 millions de visiteurs internationaux de moins par rapport au scénario précédent et une perte de 34 à 56 milliards de dollars de dépenses touristiques. Après le Covid-19, puis le conflit à Gaza, les touristes étaient pourtant de retour, témoigne Nazih Rawashdeh: "Depuis six mois, les gens qui travaillent dans le tourisme ici avaient de l'espoir. Et maintenant il y a la guerre. Cela sera terrible pour l'économie", craint-il. "Nous avons clairement constaté un ralentissement compréhensible des nouvelles réservations de la part de nos partenaires en ce moment, mais nous nous attendons pleinement à ce que la situation se rétablisse dès que les choses se seront calmées et que les voyageurs se sentiront plus en confiance", observe de son côté Ibrahim Mohamed, directeur marketing du Middle East Travel Alliance, qui propose des circuits en direct à des voyagistes américains et britanniques. Lui se veut optimiste: "Le Moyen-Orient a toujours été un marché d'une incroyable résilience, et la demande repart toujours très vite à la hausse dès que la stabilité revient."

05.03.2026 à 09:21

Condamnée pour le meurtre de son mari, Edwige Alessandri veut voir son innocence reconnue

FRANCE24

Le 16 juillet 2000, peu avant minuit, le chef d'entreprise Richard Alessandri est abattu d'un coup de fusil de calibre 12 en pleine tête, dans son lit, dans la petite commune de Pernes-les-Fontaines (Vaucluse). L'enquête, confiée à la section de recherche de Nîmes et à la gendarmerie de Carpentras, conclut alors à un maricide. L'un des deux fils du couple Alessandri accuse sa mère en garde à vue, avant de se rétracter. La contre-enquête, racontée dans un livre paru en février, affirme, elle, qu'il s'agit d'un cambriolage qui a mal tourné: quatre hommes, déjà connus pour un home-jacking, se trouvaient à proximité du domicile des Alessandri le soir du meurtre. L'ADN de l'un d'entre eux a été retrouvé sur deux mégots de cigarettes. "La première enquête, menée par le juge d'instruction et les gendarmes, était biaisée. De nombreux faits ont été manipulés. Il y a eu beaucoup d'incompétence et de misogynie", assure Geoffrey Le Guilcher, l'auteur du livre-enquête "Les deux mégots" (éditions Goutte d'or). Les nouveaux éléments mentionnés dans le livre ont été intégrés à la requête "d'une soixantaine de pages" que l'avocat d'Edwige Alessandri, Me Damien Brossier, va déposer jeudi devant la Cour de révision, l'unique juridiction en France capable d'examiner de nouvelles preuves et d'ordonner un nouveau procès. Condamnée à l'issue d'un troisième procès à 10 ans de réclusion criminelle en 2009, Edwige Alessandri vit aujourd'hui libre dans le sud de la France, mais veut laver son honneur, selon son avocat. "Imaginez-vous vous faire réveiller en pleine nuit par un coup de feu, couverte du sang de votre mari", plaide Me Brossier. "A charge" Ce n'est pas la première fois que la Cour de révision se penche sur le dossier d'Edwige Alessandri. À la suite d'une première requête déposée par sa défense, un supplément d'information est demandé à la police judiciaire de Montpellier en 2012. "La thèse du cambriolage qui a mal tourné est cohérente", selon la cheffe de la PJ de l'époque Nathalie Galabert. À tel point qu'une nouvelle information judiciaire est ouverte, mais les juges d'instruction décident, contre toute attente, de confier les investigations au premier service enquêteur. Un non-lieu est ordonné en avril 2018, et la première demande de révision est définitivement rejetée fin 2019. Dans le livre du journaliste Geoffrey Le Guilcher, la cheffe de la PJ locale raconte avoir interrogé des témoins capitaux comme la belle-soeur de l'un des cambrioleurs et le détective privé Jean-François Abgrall - connu pour avoir arrêté le tueur en série Francis Heaulme et contribué à innocenter Patrick Dils - embauché par Edwige Alessandri en 2001. "Je n'ai aucun doute sur l'innocence de Mme Alessandri", déclare l'ancienne cheffe de la PJ de Montpellier (SRPJ) à l'AFP. "Certains éléments ont été mis en avant, d'autres ont été totalement occultés. C'était clairement à charge", estime Nathalie Galabert. Depuis 2014, "une procédure de révision ne peut être confiée à un service qui a été à l'origine de l'affaire, sauf qu'on était en 2013", déplore Me Damien Brossier. "Edwige Alessandri a été condamnée pour meurtre ; elle a connu quatre prisons différentes ; elle était riche, elle n'a plus un sou ; elle a été privée de ses deux enfants durant des années. Pourquoi ? Comment est-on passé d’un cambriolage à un maricide ?", interroge Geoffrey Le Guilcher dans son livre. La requête déposée jeudi doit être examinée par la commission d'instruction de la Cour de révision qui se prononcera d'ici quelques mois pour savoir s'il y a lieu, ou non, d'ordonner de nouvelles investigations. Seules une dizaine d'erreurs judiciaires ont été reconnues par la Cour de révision depuis 1945.

05.03.2026 à 09:15

Droits des femmes: cinq choses à savoir sur la journée internationale du 8 mars

FRANCE24

Une origine ancienne L'histoire du 8 mars démarre il y a plus d'un siècle. "Très complexe", celle-ci "montre qu'une telle journée peut avoir des significations différentes en étant politiquement utilisée par des groupes divers", explique à l'AFP l'historienne Françoise Thébaud. A l'origine, l'Internationale des femmes socialistes, réunie à Copenhague en 1910, propose d'instaurer une journée annuelle pour les droits des femmes. Le choix du 8 mars est lié à la révolution russe. En pleine guerre, le 23 février 1917, soit le 8 mars dans le calendrier grégorien, "des femmes ont défilé pour le suffrage, le pain et la paix". Cette journée est d'abord célébrée en URSS, puis dans les pays devenus socialistes après 1945. Ailleurs, les mouvements féministes s'en emparent dans les années 1970 pour lui enlever son lien privilégié avec le communisme et lui "redonner une dimension revendicatrice", précise Françoise Thébaud. Dans les institutions et la rue Depuis son officialisation par l'ONU en 1977, la "journée internationale des femmes" s'est imposée sous différentes formes dans l'agenda militant et politique de nombreux pays. Le 8 mars "est souvent porté par les institutions, qui organisent autour de cette date des événements sur les droits des femmes", décrit à l'AFP Pauline Delage, chercheuse au CNRS. "Mais aussi par les associations, organisations syndicales et éventuellement partis politiques, à l'origine de mobilisations dans la rue". Des marches rassemblent des dizaines de milliers de manifestants. Les mouvements féministes appellent aussi à la grève des salariées, un mode d'action utilisé notamment dans certains pays d'Amérique latine, comme en Argentine cette année. Une grève massive avait aussi eu lieu en Espagne en 2018. Des mots d'ordres variés Cette année, l'ONU appelle à "exiger l'égalité des droits ainsi qu'une justice équitable". Du côté des mouvements féministes, "les sujets des inégalités salariales et des violences de genre sont souvent centrales", observe la sociologue Pauline Delage. "Il existe aussi des mots d'ordre conjoncturels ou liés au contexte local". Aux États-Unis, par exemple, l'organisation féministe "Women's March" réclame le démantèlement de la police de l'immigration (ICE). En Argentine, "Ni una menos" dénonce la politique du président argentin, Javier Milei, appelant à sa démission. En France, le collectif "Grève féministe" appelle à lutter contre l'extrême-droite, à l'approche des élections municipales. Un contexte de "backlash" Ces manifestations se tiendront à l'heure où le féminisme subit un phénomène de retour de bâton, appelé "backlash". "Des mouvements conservateurs, parfois masculinistes, réagissent de façon virulente dès que les droits des femmes connaissent des avancées", explique à l'AFP Lucie Daniel, de l'association Equipop. Ces mouvements réunissent des "acteurs hétéroclites" (États conservateurs, organisations d'extrême-droite, mouvements fondamentalistes religieux...) qui "bénéficient de financements" pour tenter de défaire les avancées. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025, "la brutalité, la vitesse et l'envergure du backlash sont inédits", estime Lucie Daniel. Le président américain a par exemple rapidement démantelé l'USAID, l'agence qui finançait des dizaines de programmes d'ONG (cliniques de soins pré et post-nataux, planification familiale..). Remise en cause de l'éducation à la sexualité, du droit à l'IVG, de la notion de genre... "Des responsables politiques, voire des chefs d'États, s'inspirent ouvertement de Donald Trump", pointe également Lucie Daniel. Un outil de visibilisation Cette journée dédiée permet aux associations féministes de porter leurs revendications dans l'espace public. "Notre idée c'est de montrer qu'on est inarrêtable", commente auprès de l'AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, qui participera dimanche à la manifestation parisienne. "Quel que soit le contexte, on va continuer de défendre les droits des femmes, je pense que c'est une énergie qui se transmet aussi dans une manifestation". Ces grandes marches permettent à la fois de sensibiliser le grand public et de maintenir une pression politique pour obtenir des avancées. Les gouvernements choisissent d'ailleurs parfois d'annoncer des mesures en faveur de l'égalité femmes hommes autour de cette date symbolique du 8 mars.

05.03.2026 à 09:13

Les Bourses européennes ouvrent en petite baisse

FRANCE24

Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,52%, Francfort 0,61%, Londres cédait 0,26% et Milan 0,78%.

05.03.2026 à 08:53

Pour le bloc gouvernemental, la non-campagne municipale

FRANCE24

Rares sont les maires sortants ou les candidats à l'alternance à solliciter des visites de soutien de membres du gouvernement lors des élections municipales, scrutin local par excellence dans lequel les étiquettes partisanes sont souvent gommées des affiches de campagne. Le cru 2026 ne déroge pas à la règle pour le camp gouvernemental tandis qu'au Rassemblement national, à la France insoumise, au PS et chez les Écologistes notamment, les chefs de partis multiplient les déplacements et les meetings de soutien. Du côté du gouvernement, Sébastien Lecornu n'a pas prévu d'aller soutenir de candidats aux scrutins des 15 et 22 mars. Ce n'est pas son rôle, entend-on à Matignon. Difficile pour le Premier ministre, traditionnellement le chef de la majorité parlementaire, de porter un "socle commun" qui, bien souvent, se divise entre plusieurs candidats. Une posture bien éloignée de celle des élections 2020, quand la macronie hégémonique au plan national ambitionnait de conquérir des villes et qu'Édouard Philippe, alors Premier ministre, tissait son réseau avec des maires de droite "compatibles". A l'époque, Sébastien Lecornu, alors secrétaire d'État à la Transition écologique, conditionnait le soutien du parti présidentiel à un certain nombre de critères: contrat de maîtrise des finances locales avec le gouvernement, présence de macronistes sur les listes, pas d'étiquette PS ou LR... Cette année, le camp présidentiel a revu ses prétentions à la baisse. Mais l'actuel gouvernement n'en est pas moins représenté sur les listes. Le Premier ministre "incite les ministres à s'engager sur des listes chez eux", comme il l'a récemment expliqué à la presse quotidienne régionale. -"Campagne dépolitisée"- Sans règle bien définie, le Premier ministre a laissé partir Rachida Dati, candidate à Paris. Mais Marina Ferrari (Sports), tête de liste à Aix-les-Bains (Savoie), Michel Fournier (Ruralité) aux Voivres (Vosges), Nicolas Forissier (Commerce extérieur) à La Châtre (Indre) ou encore Jean-Didier Berger (Intérieur) à Clamart (Hauts-de-Seine) sont restés au gouvernement. Sébastien Lecornu est lui-même candidat en 3e position sur la liste du maire sortant François Ouzilleau dans son fief de Vernon (Eure). Gérald Darmanin est 2e sur la liste de la maire sortante de Tourcoing (Nord). Les ministres Françoise Gatel à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine), Vincent Jeanbrun à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Laurent Panifous au Fossat (Ariège), Anne Le Hénanff à Vannes (Morbihan) ou encore Benjamin Haddad, sur la liste de Rachida Dati à Paris, sont également candidats. Du côté des partis également, prudence et discrétion. "La campagne est dépolitisée" et "l'allusion aux partis politiques est très mal vécue", témoigne un cadre du bloc central. Cette semaine, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a entamé une tournée à la rencontre... de dirigeants européens. Pour les municipales, l'ancien Premier ministre a effectué plusieurs déplacements à Bordeaux, Strasbourg, Nantes... Il était samedi à Tours pour soutenir le candidat radical Christophe Bouchet. Plusieurs déplacements sont programmés avant le premier tour. Chez Horizons comme au MoDem, Édouard Philippe et François Bayrou briguent avant tout leur propre succession. Hors de question pour eux de dévier de cette trajectoire locale. La route présidentielle d'Edouard Philippe passe par une délicate réélection au Havre. Et François Bayrou, à demeure à Pau, "ne veut pas être contaminé par la radioactivité nationale", explique un proche. Chez Les Républicains (LR), le président du parti Bruno Retailleau s'est notamment rendu à Tours, Blois, Nantes, Nîmes et Marseille. Mais les déplacements se sont raréfiés depuis plusieurs semaines. "Les candidats rechignent à faire venir des figures nationales pour leur apporter leur soutien", selon un cadre du parti. Tous se préparent à un entre-deux tours difficile autour de la question des alliances dans les municipalités où le bloc gouvernemental sera distancé. Le "ni-ni", ni vote pour le Rassemblement national ni pour La France insoumise, semble avoir cours dans le bloc central. Moins chez LR, sous forte pression du RN et de leur allié Eric Ciotti, Bruno Retailleau ayant désigné LFI comme "le premier danger pour la République".

05.03.2026 à 08:27

Coupe de France : Marseille éliminé par Toulouse aux tirs au but

L'Equipe TV

De pire en pire. Déjà éliminé en Ligue des champions et après avoir limogé son entraîneur Roberto De Zerbi, l’OM a sombré un peu plus dans la crise en perdant aux tirs au but contre Toulouse en quarts de finale de la Coupe de France. Le club phocéen risque de vivre une 14e saison consécutive sans le moindre trophée.

05.03.2026 à 08:09

Municipales: le parti d'Aimé Césaire face à la menace d'une défaite historique à Fort-de-France

FRANCE24

"Les gens ont un besoin de changement", assène l'indépendantiste Francis Carole, 67 ans, principal opposant au conseil municipal et tête de liste de "Démaré Fodfwans", un nom à double sens promettant la libération de la ville et son redémarrage économique. Pour s'imposer "dès le premier tour", le président du Palima (Parti de libération de la Martinique) a forgé une alliance hétéroclite dont l'annonce avait surpris en novembre: cinq formations dont le Parti communiste martiniquais, unies avec la députée de la circonscription Béatrice Bellay (PS). Un atout de taille: lors des législatives de juin 2024, Béatrice Bellay avait battu le candidat PPM, privant le parti de parlementaires pour la première fois de son histoire. "Ce n'est pas une alliance contre-nature", se défend Francis Carole. "Mme Bellay s'est clairement positionnée sur les combats de la spoliation des terres, du chlordécone et pour l'autodétermination de la Kanaky (Nouvelle-Calédonie, ndlr)", autre territoire ultramarin aux velléités indépendantistes, justifie cet enseignant à la retraite. Redressement des comptes Déloger le PPM de l'hôtel de ville du boulevard du Général-de-Gaulle reste une tâche ardue. Le parti dirige Fort-de-France depuis sa création par le poète et homme politique Aimé Césaire (maire de 1945 à 2001), d'abord élu sous les couleurs du PC. "Le PPM n'a jamais été aussi faible", observe Justin Daniel, professeur de sciences politiques à l'université des Antilles, qui tempère toutefois l'idée d'une chute inévitable: "Le parti dispose d'un socle électoral qui, même avec l'abstention, permet la réélection du maire sortant". Pour ce dernier, le contexte est délicat. Didier Laguerre, 60 ans, est poursuivi dans une affaire de recel de détournement de fonds publics. Il vient d'être relaxé par le tribunal correctionnel de Paris mais le Parquet national financier a fait appel. Son principal atout reste le redressement des finances de la ville. Les comptes, déficitaires de 55 millions d'euros en 2019 selon la Chambre régionale des comptes, affichent désormais un excédent de quatre millions. Réélu dès le premier tour en 2020 avec 67% des voix, Didier Laguerre s'appuie sur ce bilan. Mais ses adversaires lui imputent la désertion du centre-ville, la perte de 11.000 habitants entre 2011 et 2022 et la multiplication des homicides. "Ce qui préoccupe les Martiniquais, c'est le mauvais état des services publics", rappelle Justin Daniel. Une émanation du RPPRAC Un autre challenger a émergé du mouvement social contre la vie chère, qui a paralysé l'île à l'automne 2024. Steeve Moreau, 51 ans, ex-adjoint à la sécurité, avait quitté le PPM à ce moment-là. Le voilà tête de liste du Parti pour le peuple (PLP), fondé par Rodrigue Petitot, président du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéennes (RPPRAC), le collectif né lors de la contestation. "Il faut du changement", juge Steeve Moreau, soulignant "la forte précarité qui règne à Fort-de-France". Si Rodrigue Petitot ne figure pas sur sa liste, les deux hommes revendiquent "une idéologie nouvelle" et "une démocratie +participactive+". Ils espèrent traduire le mouvement de contestation de la vie chère dans les urnes, même si "les mouvements populaires n'ont pas pu aboutir en politique", reconnaît M. Petitot, devenu grâce à ses vidéos sur les réseaux sociaux et les actions de ses militants le visage du mouvement. La journaliste Nathalie Jos, soutenue par les députés indépendantistes Jean-Philippe Nilor et Marcellin Nadeau, et Gabriel Jean-Marie, du parti trotskiste antillais Combat Ouvrier, complètent une opposition particulièrement morcelée. L'abstention reste l'inconnue centrale: 75% des inscrits ne s'étaient pas déplacés en 2020 dans la ville de 75.000 habitants. Face à une opposition divisée, "le tout sauf le PPM peut s'avérer improductif", avertit Justin Daniel.

05.03.2026 à 08:03

Russie: passer sous silence la guerre en Ukraine pour "se préserver"

FRANCE24

Varvara, aujourd'hui âgée de 32 ans, ne croit pas qu'il soit possible de changer le régime russe dans la situation actuelle: "Toute résistance venant d'en bas sera écrasée. J'espère simplement que nous survivrons à tout cela, physiquement". Lorsque Vladimir Poutine annonce le lancement de l'offensive à grande échelle contre le pays voisin, Varvara (prénom modifié) se rend à une manifestation contre la guerre sur la place Pouchkine, dans le centre historique de Moscou. En sortant manifester, Varvara se souvient auprès de l'AFP avoir eu "le sentiment diffus de ne pas savoir ce qui allait se passer". Elle prévient des proches qu'elle pourrait être arrêtée, laisse un double de ses clés, et espère que son chat "ne mourra pas de faim" en son absence. Sa fibre pacifiste la pousse à signer une pétition contre l'"opération militaire spéciale" (nom officiel de l'offensive), un geste qui lui coûte son emploi au sein d'une structure publique. "Juste une belle journée" Dans les premiers jours de l'offensive, la Russie adopte une censure militaire draconienne. Des centaines de personnes sont condamnées à de lourdes peines de prison et des milliers d'autres écopent d'amendes ou de courtes peines d'emprisonnement. Varvara, elle, échappe aux poursuites judiciaires, mais elle voit nombre de ses amis quitter la Russie. Elle y songe aussi mais n'en fait rien. "Je ne savais pas comment, où, ni de quoi je vivrais. Des amis qui avaient tenté de partir ont été arrêtés", raconte-t-elle à l'AFP, lors d'une interview accordée à condition que son identité ne soit pas divulguée. "Je n’ai pas eu ce sentiment de menace physique immédiate. Personne n'a frappé à ma porte, je n'ai été ni emprisonnée, ni torturée", dit-elle. Elle finit par trouver un emploi dans une organisation caritative et se rend compte que la seule issue est de "faire quelque chose de bien ici", en Russie. Il lui a fallu deux ans après le début de l'offensive pour ressentir de la joie sans culpabilité: "Une amie et moi étions sorties nous promener. C'était l’été. Et soudain, j'ai réalisé que c'était juste une belle journée, et que je ne me sentais pas coupable de l’apprécier". À l’été 2022, Varvara rencontre celui qui deviendra son mari. La question du départ s’éloigne alors définitivement. "Mon mari et moi nous sommes dit que la seule raison de partir serait que l'un de nous se retrouve directement menacé d’arrestation ou d’emprisonnement", poursuit-elle. Risques "non essentiels" Son mari a deux enfants d'un précédent mariage et cette nouvelle famille représente "une forme d'échappatoire personnelle". "Si j’étais seule, je ne cacherais pas mon nom. Mais aujourd’hui, je suis belle-mère, intégrée dans une structure familiale complexe. Je ressens une responsabilité", confie-t-elle. "Et puis je sais que je veux des enfants. Je ne peux plus me permettre de prendre des risques +non essentiels+". Varvara a donc renoncé à s'exprimer publiquement. Comme elle, la plupart des Russes opposés au conflit se sont murés dans le silence. Désormais, l’essentiel pour elle est clair: "me préserver et préserver ma famille", sans transiger avec ses principes. Un équilibre loin d’être évident. Son père, membre des forces de l'ordre, a servi en Ukraine. Elle l'aime, souffle-t-elle, et il lui propose régulièrement une aide financière. Mais elle refuse systématiquement. "Il y a cette lutte intérieure permanente : avec qui peut-on ou non travailler ? Quels financements peut-on accepter, lesquels faut-il refuser ?"

05.03.2026 à 08:01

Un retraité ukrainien, dernier habitant d'un immeuble de Kharkiv sous les frappes russes

FRANCE24

Cet ancien peintre en bâtiment est resté chez lui quand les troupes de Moscou ont presque encerclé Kharkiv (nord-est) au début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, la frappant intensément avec de l'artillerie. Après y avoir passé - essentiellement tout seul - trois hivers éprouvants, ce retraité de 79 ans est le dernier habitant de cet immeuble soviétique de 15 étages dans le quartier de Saltivka, à moins de 40 kilomètres de la frontière russe. Tout autour de lui: des bâtiments calcinés rendus inhabitables par les attaques russes. Celui de Grygoriï tient debout mais a connu son lot de frappes et n'a plus ni électricité ni chauffage. L'homme y survit grâce à des rations alimentaires, mais il n'a pas la volonté de chercher refuge ailleurs. "Et où irais‑je ?" s'interroge‑t‑il dans son appartement rempli de bocaux et d'ustensiles de cuisine. L'invasion russe, pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des centaines de milliers de morts et blessés dans les deux pays et des millions de réfugiés et personnes déplacées en Ukraine. La femme et la fille de Grygoriï sont, elles, parties aux Pays‑Bas au début de la guerre. Mais beaucoup d'habitants des zones proches du front restent chez eux, surtout des personnes âgées qui n'ont pas les moyens de recommencer une nouvelle vie ailleurs. Grygoriï dit qu'il pourrait en théorie aller dans son village natal dans l'ouest de l'Ukraine, plus loin de la ligne de front. Mais il ne sais pas "quoi emporter" avec lui "ni comment le transporter". Seau à la main Saltivka, parfois surnommé "quartier fantôme" par des médias, est devenu tristement célèbre en Ukraine au début de l'invasion russe. Ce plus vaste quartier résidentiel de Kharkiv - entre 300.000 et 400.000 habitants avant la guerre selon des estimations - est aussi le plus endommagé par les attaques russes, surtout au début de l'invasion. Les troupes russes qui ont franchi la frontière "sont arrivés en véhicules blindés… Et puis la défense a commencé ", se remémore Grygoriï Gladych, qui avait été légèrement blessé au cou en 2022. Pendant deux mois, les forces ukrainiennes ont repoussé l'assaut russe sur Kharkiv. Des militaires ukrainiens s'étaient notamment positionnés sur l'immeuble de Grygoriï, dont le toit a fini par s'effondrer à la suite d'une frappe de missile russe. "L'ascenseur a cessé de fonctionner parce que des obus avaient explosé et touché la cage d'ascenseur", raconte le retraité. Depuis, l'armée russe s'est éloignée de la ville, mais Kharkiv continue d'être frappée très régulièrement avec des drones de combat et des missiles. Grygoriï mène une vie largement solitaire, même si quelques voisins passent de temps en temps. "On se dit bonjour, on se serre dans les bras, on discute". Parfois, ils lui apportent de l'eau, sinon il va en chercher lui‑même, un seau à la main, depuis son huitième étage. Il reçoit aussi des rations alimentaires. La veille de son entretien avec l’AFP, Grygoriï Gladych a ainsi reçu des pâtes, des céréales, de l'huile de tournesol et un peu de lait concentré — " un peu de tout". "On ne voit pas la fin" Un jour ordinaire, il va dans sa chambre et regarde son smartphone, mais évite la télévision "qui raconte n'importe quoi". "Que faire ? À notre âge, il n’y a rien à faire", estime-t-il. Sa femme Natacha a essayé de le convaincre de la rejoindre aux Pays‑Bas mais il a refusé. "Tu ne connais pas la langue et tu vas juste errer comme un mouton sans jamais l'apprendre", dit Grygoriï. Il a grandi dans la région de Khmelnytsky, dans l'ouest de l'Ukraine, et reçu une formation de conducteur de tracteur. Après son service obligatoire dans l'armée soviétique, l'homme s'est retrouvé dans une usine fabriquant des chars à Kharkiv, puis a travaillé comme peintre en bâtiment jusqu'à sa retraite à 60 ans. Les efforts diplomatiques en vue de mettre fin à la guerre n'ont pour l'instant donné aucun résultat et Grygoriï ignore de quoi est fait l'avenir. "On ne voit pas la fin. Regarde ce qui se passe. Personne n'a encore dit quelque chose d’intelligent — ni la Russie ni l'Ukraine. Personne".

05.03.2026 à 07:57

Visite d'un ministre américain au Venezuela, annonciatrice d'une coopération "illimitée"

FRANCE24

Sous pression des Etats-Unis, Mme Rodriguez, qui a déjà accueilli plusieurs officiels américains, a opéré une réforme de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie devant permettre la libération de tous les prisonniers politiques, promis une réforme judiciaire. Mercredi, elle a réitéré sa promesse d'une réforme du code minier. En parallèle, le gouvernement américain a autorisé mercredi la compagnie aérienne American Airlines à établir des liaisons aériennes avec le Venezuela via l'une de ses filiales, Envoy Airlines, selon des documents du ministère des Transports que l'AFP a pu consulter. Les liaisons aériennes entre les Etats-Unis et le Venezuela sont interrompues depuis 2019 et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. A Caracas, M. Burgum, également président du Conseil national énergétique des Etats-Unis, a estimé "les possibilités de collaboration et de synergie entre les deux pays (...) illimitées". Arc minier "Nous avons plus de deux douzaines d'entreprises américaines avec nous aujourd'hui, parmi les plus grandes, les plus solides et les meilleures sociétés minières au monde (....). Elles sont impatientes de se mettre au travail", a-t-il poursuivi. Il doit visiter des sites miniers jeudi avant de repartir aux Etats-Unis. Washington a imposé des sanctions sur le secteur pétrolier et aurifère du pays après la réélection de M. Maduro en 2018 lors d'un scrutin boycotté par l'opposition. Depuis la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump a pris le contrôle du secteur pétrolier et soulagé quelque peu les sanctions visant Caracas. La visite de M. Burgum intervient deux semaines après celle du ministre de l'Energie Chris Wright qui avait lui visité des sites pétroliers, juste après la réforme de la loi sur les hydrocarbures. Le Venezuela est un pays riche en minerais comme l'or, le diamant, la bauxite et le coltan. L'activité est concentrée sur un territoire de 112.000 km carrés baptisé Arc minier. Les écologistes dénoncent l'expansion de l'extraction minière illégale et les ravages qu'elle produit avec la pollution des cours d'eau et la déforestation. L'exploitation minière a en outre fait l'objet de critiques en raison de l'opacité qui l'entoure. Des ONG dénoncent des problèmes de corruption et la présence de gangs. L'ONG SOS Orinoco a alerté sur une réduction de 945.000 hectares de forêt depuis l'an 2000, d'après l'analyse d'images satellitaires. La visite de M. Burgum coïncide également avec l'annonce, mardi, par la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), de la signature de nouveaux contrats de fourniture de pétrole et de dérivés pour le marché américain. Elle n'en a pas précisé le montant, mais a déjà envoyé aux Etats-Unis plus de 80 millions de barils de brut vénézuélien, selon Donald Trump. Ce nouvel approvisionnement s'inscrit dans un contexte de craintes d'une possible diminution de la production mondiale en raison de la guerre au Moyen-Orient, qui a déjà poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau de ces dix-huit derniers mois.

05.03.2026 à 07:43

Coupe de France: Pierre Sage retrouve Lyon et les émotions

FRANCE24

Derrière le décor d'un quart de finale de Coupe de France alléchant entre les actuels troisième (Lyon) et deuxième (Lens) de Ligue 1, ce jeudi soir dans le Rhône (21h10), se niche un autre symbole. Un peu plus d'un an après avoir été écarté par John Textor, l'ex-dirigeant de l'OL, Pierre Sage revient sur ses terres, celles où les émotions seront toujours vives. "Je suis lyonnais, entraîneur lensois, c'est assez clair pour tout le monde et je ne m'en cache pas", insiste le technicien de 46 ans. Educateur chez les jeunes, directeur du centre de formation de l'OL, Sage a grandi au stade de Gerland et a tout connu dans ce club, jusqu'à sa nomination sur le banc de l'équipe première en novembre 2023. Alors que Lyon est relégable, il redresse la barre jusqu'à amener l'équipe à la sixième place de Ligue 1 et en finale de Coupe de France, perdue face à Paris. "Il a fait une remontada historique", rappelle David Friio, ancien directeur sportif de l'OL. Le milieu de terrain lyonnais Corentin Tolisso abonde: Pierre Sage a "sauvé le club, il ne faut pas se le cacher". Son retour à Lyon "sera assez fort émotionnellement", pense-t-il. "Il va être bouleversé" Quand bien même John Textor l'a écarté début 2025 au profit de Paulo Fonseca, "il n'y a pas du tout d'animosité" aujourd'hui assure Pierre Sage. Selon David Friio, au début "il a dû avoir ce sentiment de revanche quand il a repris Lens. Mais être revanchard, c'est avoir des choses à prouver. Lui, il les a prouvées". Pierre Sage confirme qu'il a compris "la décision (de son éviction, NDLR) parce que, lorsqu'on n'a déjà pas le costume de l'emploi au départ et que les résultats ne sont pas très positifs, c'est normal qu'on fasse apparaître certaines difficultés. J'ai toujours dit que j'étais moins déçu de perdre mon poste que de quitter l'OL". Dans un coin de sa tête, le quadragénaire conserve le doux rêve d'entraîner à nouveau son club de toujours, où "il a une vraie cote de popularité", souligne David Friio. "Il va être un peu bouleversé jeudi. Les gens savent pourquoi il a été sorti mais aussi ce qu'il a fait pour ce club. Ils sont reconnaissants et l'accueil sera incroyable", prédit-il. L'ex-directeur sportif de l'OL parle même d'un "destin qui était celui de Pierre Sage à ce moment-là". Remis en selle dans l'Artois, il "a lancé sa carrière de façon exceptionnelle et n'a jamais connu l'échec pour l'instant. Même son départ de Lyon n'en est pas un. Dans le football ce n'est pas compliqué. Il faut prouver, confirmer et ensuite durer. Là, il est en train de confirmer et de façon exceptionnelle".
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