A huit mois de la présidentielle, alors que le leader insoumis est en tête des sondages à gauche autour de 15%, et que son rival social-démocrate de Place publique se prépare à annoncer très prochainement sa candidature, la candidate des Ecologistes devrait, lors de son discours en fin de journée, appeler une nouvelle fois tous les responsables de son bord politique, "sans exclusive", à des rencontres bilatérales pour "trouver les convergences qui doivent pouvoir nous rassembler".
Elle le martèle: pour "conjurer la chronique d'une défaite annoncée", personne à gauche ne peut gagner seul. "Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l’extrême droite", a-t-elle écrit à ses partenaires, les invitant à construire "une dynamique fédératrice de forces de gauche et écologistes" autour d'un projet commun.
Mais elle a déjà reçu une fin de non-recevoir de LFI, dont les Amfis débutent également jeudi, dans le département voisin de la Drôme, avec en point d'orgue un meeting de Jean-Luc Mélenchon dimanche.
Les Insoumis, forts de leur avance sondagière, mettent la pression pour que les verts se rallient à la candidature Mélenchon, au risque sinon de ne pas avoir d'accords aux législatives, ce qui mettraient nombre de députés écologistes sortants en difficulté.
En interne, une partie des militants écologistes sont favorables à un rapprochement avec LFI, dont ils partagent les aspirations radicales. C'est notamment le cas de la députée Sandrine Rousseau et du président du conseil fédéral du parti Waleed Mouhali.
La présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain a elle aussi fait un pas vers les insoumis, en appelant à rouvrir des discussions avec eux et pas seulement avec le PS.
D'autant que les socialistes, avec qui les Ecologistes ont pourtant noué des accords aux municipales et pour les prochaines sénatoriales, ont refusé l'idée d'une primaire ouverte avec les verts pour la présidentielle, comme le réclamaient Mme Tondelier et le patron du PS Olivier Faure. Ils ont préféré opter pour une primaire plus restreinte, avec Place publique.
Malgré ce camouflet, une partie des Ecologistes penche nettement du côté du PS et du leader de Place publique Raphaël Glucksmann, qui devrait se déclarer très prochainement. C'est notamment le cas de Yannick Jadot, qui déplore un "non-choix pour conserver une unité qui n'est plus que de façade".
Exemple grenoblois
Les deux camps pressent donc la cheffe écologiste de renoncer à sa candidature autonome et de choisir à qui se rallier.
"La question est plutôt de savoir pourquoi je cesserais d’être (candidate)?", a-t-elle répliqué dans la Tribune Dimanche, soulignant notamment, que la crise climatique d'une ampleur sans précédent qu'a connue la France cet été montre le besoin d'écologie dans la campagne présidentielle.
Et à ses yeux, elle est la seule à pouvoir représenter l'union de la gauche, Jean-Luc Mélenchon comme Raphaël Glucksmann étant devenus les symboles des gauches irréconciliables.
En début de matinée, la maire de Grenoble Laurence Ruffin, ainsi que le patron des sénateurs Ecologistes Guillaume Gontard ont aussi appelé à l'union, invitant à s'inspirer de l'exemple grenoblois aux municipales.
Arguant que l'union de la gauche et des Ecologistes a permis de changer la ville, "j'espère que dans un an on pourra dire qu'elle aura permis de changer le pays", a abondé Cyrielle Chatelain, jugeant que les Ecologistes étaient "une partie de la solution pour 2027 et pour la victoire de la gauche".
Mais pour l'heure, même Delphine Batho, la patronne du petit parti Générations Ecologie, a décliné l'invitation de Marine Tondelier, jugeant que la tâche de l’écologie politique "ne se réduit pas à faire barrage à l’extrême droite, ni à être une simple composante d'une alliance" au modèle "économique et social destructeur".
La patronne des Ecologistes devrait pouvoir compter sur le soutien d'Olivier Faure, lui aussi grand partisan de l'union de la gauche, dont la venue est annoncée pour vendredi.