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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ Les 15 dernières parutions

05.06.2026 à 22:51

Manifestations en Bolivie: police et armée débloquent une route stratégique vers La Paz

FRANCE24

Au pouvoir depuis six mois, le dirigeant de centre droit s'apprête à décréter l'état d'exception afin de pouvoir recourir davantage à la force militaire pour lever les barrages routiers maintenus depuis des semaines par des paysans et des ouvriers dans plusieurs régions du pays andin. Dans l'attente d'une autorisation du Parlement lui permettant de décréter cette mesure, la police, appuyée par l'armée, a dégagé des débris qui bloquaient un axe stratégique au sud de La Paz, a constaté l'AFP. Avant sa réouverture, des centaines de personnes avaient dû parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les communautés agricoles de Lipari et de Rio Abajo et s'approvisionner en légumes et autres produits alimentaires. Rodrigo Paz s'est rendu sur place après l'opération menée sur le terrain par son ministre de la Défense, nommé cette semaine, Ernesto Justiniano. Devant la presse, il a réitéré son appel "au dialogue" plutôt qu'à "la confrontation". Les villes de La Paz et d'El Alto, ainsi que dans une moindre mesure celles de Cochabamba (centre), Oruro (ouest) et Potosi (sud-ouest), manquent de nourriture, de médicaments et de carburant en raison des barrages routiers - près d'une centaine - à travers tout le pays. Le président a de nouveau accusé l'ancien chef de l'Etat de gauche Evo Morales (2006-2019) d'être à l'origine des manifestations et de financer celles-ci avec de "l'argent illicite" provenant du narcotrafic dans le Chapare, son bastion politique et fief des cultivateurs de coca dans le centre du pays. "Il utilise le peuple comme un marchepied pour se défendre de ses problèmes judiciaires", a déclaré Rodrigo Paz en référence au mandat d'arrêt visant Evo Morales dans une affaire présumée de traite de mineure, accusation que l'ancien président rejette. Jeudi, les Etats-Unis ont renouvelé leur soutien au gouvernement de M. Paz. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré sur X que les Etats-Unis suivaient de près la situation. "La Bolivie ne doit pas permettre que l'ancien statu quo de domination narco-terroriste dans la région se réinstalle", a-t-il affirmé. Evo Morales, critique virulent de Washington, a répliqué vendredi sur le même réseau social en estimant que les Etats-Unis "recourent une nouvelle fois au discours du +narco-terrorisme+ pour stigmatiser la contestation sociale et discréditer les revendications légitimes" des mouvements sociaux. Paysans, ouvriers, mineurs, transporteurs et enseignants font pression sur le gouvernement depuis plus d'un mois afin d'obtenir une issue à la pire crise économique du pays depuis quarante ans. Ils réclament désormais sa démission.

05.06.2026 à 22:49

Wall Street pique du nez, plombée par les déboires de la tech

FRANCE24

Le Nasdaq, qui rassemble de nombreuses valeurs de la tech, a chuté de 4,18%. Il s'agit de sa pire journée depuis avril 2025 et le choc des droits de douane de Donald Trump. L'indice élargi S&P 500 a perdu 2,65%, mettant fin à une série de neuf semaines consécutives de hausse, et le Dow Jones a reculé de 1,35%. La vague de ventes a été "particulièrement intense en termes d'ampleur, notamment en ce qui concerne les semi-conducteurs", commente auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com. Le géant Nvidia, première capitalisation boursière mondiale, a reculé de 6,20%. Sa valorisation est repassée sous le seuil symbolique de 5.000 milliards de dollars, une première en un mois. Intel a chuté de 11,28%, AMD de 10,86%, Micron a dévissé de 13,25%, Qualcomm de 10,98%. Pour Patrick O'Hare, le rebond des indices boursiers amorcé depuis le creux de mars "a peut-être atteint ses limites pour le moment". "Quand on regarde simplement l'ampleur des gains observés, c'était extraordinaire (...) je ne pense donc pas que quiconque devrait être surpris" par ce recul, ajoute l'analyste. En un peu plus de deux mois, le Nasdaq avait grimpé de pratiquement 30%. La dynamique baissière s'est accentuée vendredi à mesure que la journée avançait du fait du déclenchement automatique d'ordres de vente à partir de certains seuils, explique M. O'Hare. De quoi expliquer le large mouvement, qui ne traduit pas d'inquiétude prononcée à l'égard de l'engouement autour de l'IA, selon lui. Le marché se prépare d'ailleurs à l'introduction en Bourse la semaine prochaine de SpaceX - société aérospatiale qui intègre aussi le laboratoire d'intelligence artificielle xAI -, qui promet d'être la plus importante de l'histoire. Les investisseurs se sont aussi montrés crispés par les chiffres meilleurs qu'attendu du marché du travail américain. Ils sont venus confirmer que la banque centrale américaine (Fed) peut se concentrer sur la gestion de l'inflation. En conséquence, les investisseurs s'attendent à ce que la Réserve fédérale relève ses taux d'intérêt en fin d'année pour calmer les prix, selon l'outil de veille CME FedWatch. Des taux plus hauts sont généralement mal reçus sur le marché boursier car ils sont de nature à tempérer la croissance des bénéfices des entreprises. Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain a bondi à 4,53% contre 4,47% à la clôture la veille. Son équivalent à deux ans, plus sensible à la politique monétaire, est passé de 4,04% à 4,14%. Au tableau des valeurs, la société d'informatique Quantinuum a perdu 6,82% à 56,26 dollars pour son deuxième jour de cotation. Le prix de son introduction en Bourse avait été fixé à 60 dollars. Le cours de l'action Meta (-5,51% à 593 dollars) a été pénalisé par des informations de presse selon lesquelles la société envisagerait de réaliser une nouvelle émission d'actions afin de lever des dizaines de milliards de dollars pour financer ses initiatives dans le domaine de l'IA. L'équipementier sportif Lululemon Athletica a chuté de 8,56% à 114,23 dollars après avoir abaissé ses prévisions annuelles et déçu les attentes pour le trimestre qui vient de s'écouler.

05.06.2026 à 22:27

Tunisie: une migrante menacée de viol collectif sur les réseaux sur les réseaux

Fatimata WANE

En Tunisie, la diffusion sur les réseaux sociaux d'une femme migrante tunisienne subsaharienne, dénudée de force devant sa famille et menacée de viol collectif par des Tunisiens a suscité l'indignation sur les réseaux sociaux. La vidéo n'a pas été encore authentifiée ou commentée par les autorités mais un journaliste tunisien a réussi à localiser l'un des agresseurs.

05.06.2026 à 22:17

Meurtre d'un étudiant au Royaume-Uni: les services de Starmer dénoncent des tentatives d'ingérence de Vance

FRANCE24

"Nous avons vu des personnes tenter d'interférer dans notre démocratie et chercher à attiser les divisions dans nos rues", a déclaré un porte-parole du 10 Downing Street dans un communiqué. JD Vance a dénoncé vendredi sur X le "meurtre tragique et inacceptable" d'Henry Nowak, qui selon lui serait encore en vie "si les dernières générations d'élites européennes avaient tenu bon face aux politiques de haine de soi et d'invasion massive de migrants, dont beaucoup méprisent l'Occident". "La famille Nowak est en deuil après l'horrible meurtre d'Henry. Elle a déclaré ne pas vouloir que sa mort soit utilisée pour créer davantage de division, de haine ou de tensions. Nous devons respecter ses souhaits", ont poursuivi les services de M. Starmer. "Notre politique doit rassembler les gens, même dans les circonstances les plus terribles. C'est ce que nous sommes en tant que pays", ont-ils ajouté. Jeudi, M. Starmer avait aussi accusé le milliardaire Elon Musk d'"essayer de susciter la division" au Royaume-Uni. M. Musk, farouche critique de M. Starmer, a publié au sujet de ce drame de nombreux messages sur X, réseau social dont il est propriétaire. Il a insulté la police britannique et s'est dit prêt à financer une action en justice contre elle. Henry Nowak, étudiant de 18 ans, a été tué par Vickrum Digwa, jeune homme sikh de 23 ans, qui a été condamné lundi pour ce meurtre à la prison à vie assortie d'une peine de sûreté de 21 ans. Ce dernier avait menti aux policiers au moment des faits en déclarant avoir été victime d'une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups. Les agents l'ont cru et ont menotté Henry Nowak alors même qu'il était en train de succomber à ses blessures. Cette intervention policière fait l'objet d'une enquête de la police des polices britannique (IOPC), dont le rapport doit être publié dans les trois mois. Des personnalités d'extrême droite ont prétendu que ce meurtre prouvait que les forces de police britanniques traitaient différemment les Blancs et les minorités ethniques – une allégation que le gouvernement travailliste de M. Starmer et les chefs de la police ont nié catégoriquement. Au contraire, selon les statistiques gouvernementales, les personnes noires en Angleterre et au Pays de Galles ont plus de deux fois plus de chances d'être arrêtées que les personnes blanches.

05.06.2026 à 22:17

IA: SpaceX signe un mégacontrat pour fournir de la puissance de calcul à Google

FRANCE24

Selon l'accord, rendu public à une semaine de l'entrée en Bourse de SpaceX, Google paiera 920 millions de dollars par mois pour louer environ 110.000 processeurs graphiques (GPU) du fabricant Nvidia. Le contrat porte sur la période d'octobre 2026 à juin 2029, mais le document précise que "l'accord peut être résilié par les parties avec un préavis de 90 jours" à partir de 2027. "Il s'agit d'un accord de court terme, conclu au bon moment, destiné à nous garantir une capacité d'appoint pour répondre à une demande en forte hausse pour notre plateforme d'agents, Gemini Enterprise", a réagi un porte-parole de Google joint par l'AFP. Google, dont la filiale Google Cloud est un des leaders mondiaux des infrastructures informatiques en ligne, derrière AWS et Microsoft Azure, reconnaît faire face à "une demande supérieure à nos propres prévisions". Le groupe de Mountain View a annoncé mi-mai une refonte majeure de sa célèbre barre de recherche, en cours de transformation vers un assistant d'intelligence artificielle (IA) quasi-autonome, Gemini Spark, encore réservé à ses clients haut de gamme américains. L'ensemble de l'industrie tech américaine est confrontée à un goulot d'étranglement, faute de centres de données opérationnels en quantité suffisante et compte-tenu d'une explosion des coûts de la puissance de calcul. Le 6 mai, Anthropic, autre fleuron américain de la course à l'IA en difficulté pour répondre à la demande, avait signé un mégacontrat surprise avec SpaceX pour lui louer l'un de ses principaux centres de données, Colossus, installé à Memphis (Tennessee). Pour SpaceX, dont l'entrée en Bourse est attendue le 12 juin, il s'agit du deuxième contrat de mise à dispositions de serveurs et de processeurs signé par le groupe spatial d'Elon Musk en un mois. Il vient renforcer la crédibilité des comptes du conglomérat envers les investisseurs, alors que le groupe est très fortement déficitaire (4,3 milliards de pertes au 1er trimestre). Le contrat avec Anthropic rapportera 1,25 milliard par mois à SpaceX à partir de juillet. L'introduction en Bourse de SpaceX, attendue le 12 juin, s'annonce comme la plus importante de l'histoire: l'entreprise vise une levée d'environ 75 milliards de dollars, pour une valorisation d'environ 1.750 milliards de dollars. SpaceX, surtout connu pour ses fusées et son réseau de satellites Starlink, a absorbé en février la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk, xAI, créatrice du robot conversationnel Grok, et en exploite désormais les centres de données.

05.06.2026 à 22:15

Maroc : comment le Festival Gnaoua est devenu une vitrine culturelle de l'Afrique ?

FRANCE24

Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d'Essaouira revient pour sa 27e édition. Depuis près de trois décennies, cet événement est devenu l'un des plus importants rendez-vous culturels du continent africain. Entre transmission d'un patrimoine inscrit à l'UNESCO, dialogue des cultures et création artistique, le festival accueille chaque année des artistes venus du monde entier. Fatimata Wane reçoit Neila Tazi, entrepreneuse culturelle et productrice du Festival Gnaoua, pour évoquer les enjeux de cette nouvelle édition, l'héritage africain de la culture gnaoua et la place des industries culturelles dans le développement du continent.

05.06.2026 à 21:57

Vincent Jauvert: " Vladimir Poutine vit la période la plus difficile de son règne"

Achren VERDIAN

Assiste-t-on à un tournant dans la guerre en Ukraine? Kiev multiplie les frappes en profondeur dans le territoire russe, dans un contexte où la Russie est déjà en difficulté sur la ligne de front, et où le pouvoir de Vladimir Poutine est fragilisé à bien des égards. Vincent Jauvert, grand reporter, ancien chef du service étranger au "Nouvel Obs", et auteur de "Kremlin confidentiel" (éditions Albin Michel), était l'Invité d'Au Cœur de l'Info.  

05.06.2026 à 21:41

"Nous perdons espoir": la détresse de marins indiens bloqués au large d'Istanbul

FRANCE24

Contraints de rester à bord du bateau en vertu du droit maritime, qui exige que tout navire possède un équipage suffisant pour faire face à une éventuelle urgence, les marins disent "manquer de mots" pour décrire leur calvaire. "Chaque jour qui passe, nous perdons espoir et voyons notre santé physique et psychologique empirer", a affirmé l'un d'eux à l'AFP par l'intermédiaire d'un tiers ayant demandé à ne pas être identifié. Bloqués en mer de Marmara depuis août, les membres d'équipage du Azra C, qui ne perçoivent plus de salaires depuis plusieurs mois, disent être à court de "solutions". D'autant que les propriétaires présumés du navire, un cargo battant pavillon mongolien, ont été arrêtés en janvier dans le cadre d'une enquête sur un réseau international de trafic de drogues, plongeant le Azra C et son équipage dans l'incertitude. Le représentant en Turquie de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), Selahattin Polat, a exigé le débarquement "au plus tôt" de l'équipage, en soulignant que "le navire se trouve sur une route de navigation (...), ce qui représente un grave danger pour la sécurité maritime". Coke en stock "Mais l'armateur est en détention et il est impossible de communiquer avec lui", explique M. Polat, pour qui cette affaire met en lumière le problème croissant des abandons de navires. Pour aggraver la situation, des agents maritimes locaux ont cessé d'approvisionner l'équipage, faute d'être payés. "Le navire est complètement abandonné et il y a une pénurie de carburant et de vivres à bord", affirme à l'AFP M. Polat, également porte-parole de l'Association turque de solidarité des ouvriers maritimes (DAD-DER). Le Azra C avait jeté l'ancre en août au large d'Istanbul pour des réparations et le temps que ses présumés propriétaires règlent des formalités avec les autorités maritimes locales, a indiqué à l'AFP une source au sein du secteur. Mais les deux armateurs disparaissent, avant de réapparaître mi-janvier dans une liste de douze personnes arrêtées par la police turque pour des soupçons de trafic de drogues et blanchiment d'argent, selon l'agence de presse Anadolu. La justice turque a lié ces interpellations à la saisie une semaine auparavant par la police espagnole de 10 tonnes de cocaïne à bord du navire United S au large des îles Canaries. Selon le quotidien turc Hürriyet, le Azra C devait initialement transporter la cargaison, mais le projet avait été abandonné après une panne. Vague d'abandons Selon les chiffres de l'ITF, 2025 a été la pire année jamais enregistrée en termes d'abandons de navires, avec 6.223 marins -- dont plus de 1.000 Indiens -- bloqués sur 410 navires. La Turquie a été le pays ayant enregistré le plus grand nombre d'abandons, avec 61 cas l'an passé. 15 navires battant pavillon étranger sont actuellement considérés comme abandonnés en mer de Marmara, selon l'ITF. Selon l'ITF, les autorités portuaires d'Istanbul affirment surveiller de près la situation, ainsi que le consulat indien d'Istanbul, qui dit chercher à rapatrier les marins. L'ITF et l'Association turque de solidarité des ouvriers maritimes indiquent avoir fourni de l'eau potable et des produits de premières nécessités aux marins bloqués. Selon M. Polat, deux options subsistent: confier le navire à un administrateur judiciaire ou remplacer son équipage, des procédures qui "prennent du temps". Bien que reconnaissant de l'aide apportée par l'ITF et le consulat indien, l'un des marins a déclaré à l'AFP qu'il avait "peu d'espoir que quelqu'un vienne nous secourir". "Si quelqu'un venait à ma rencontre (...), je suis sûr que je me mettrais à pleurer", a-t-il confié.

05.06.2026 à 21:34

Frappes israéliennes sur le Liban, guerre en Ukraine, législatives cruciales en Arménie

Achren VERDIAN

L'armée israélienne poursuit ses opérations au Liban malgré un nouveau cessez-le-feu conclu cette semaine. Volodymyr Zelensky propose des négociations à Vladimir Poutine après des frappes ukrainiennes sur Saint-Pétersbourg et alors que l'armée russe est en difficulté sur la ligne de front. Et fin de campagne pour les législatives en Arménie, marquée notamment par une ingérence russe et une désinformation massive, alors que le Premier Ministre Pashinyan souhaite se tourner vers l'Occident.

05.06.2026 à 21:33

L'Iran a tiré des "missiles d'avertissement" contre deux navires américains, selon l'armée

FRANCE24

L'Iran a dit vendredi avoir tiré des "missiles d'avertissement" contre deux navires américains en mer d'Oman, après déjà des escarmouches dans le Golfe cette semaine fragilisant le cessez-le-feu, mais Washington a démenti.

05.06.2026 à 21:17

Consigne sur les bouteilles plastiques: élus et associations font bloc contre le "greenwashing"

FRANCE24

A la demande d'Emmanuel Macron, le gouvernement a lancé fin mai une concertation en vue de mettre en place une consigne sur les bouteilles en plastique. Le système consisterait à installer des bacs dans les supermarchés pour récupérer les bouteilles usagées, moyennant "quelques centimes pour les consommateurs" selon le gouvernement, "vingt centimes" pour les associations d'élus. Les règles européennes imposent un objectif de collecte à hauteur de 90% des bouteilles plastiques d'ici 2029 mais également de sortir du plastique à usage unique d'ici 2040. "Nous sommes en colère et frustrés parce que c'est la troisième fois que le gouvernement ressort la fausse consigne pour faire avancer les objectifs de recyclage, mais il y a cette fois une volonté de nous faire avancer au pas de charge", a regretté Jean-François Vigier, vice-président de l'Association des maires de France, lors d'une conférence de presse réunissant l'ensemble des associations d'élus, France Nature Environnement et des industriels du recyclage. Selon eux, le dispositif porté par le gouvernement ne répond en rien à l'enjeu de réduction pérenne de la bouteille plastique et sert même "à légitimer le plastique à usage unique en se targuant d’un recyclage qui est en réalité peu efficace". "Un exemple typique de stratégie de greenwashing", accusent les élus. Avec seulement 26% d'emballages plastiques recyclés, la France compte parmi les mauvais élèves de l'Union européenne, et verse une pénalité d'1,5 milliard d'euros par an. Des arguments "en trompe-l'oeil" selon les opposants à la consigne, puisque la bouteille plastique est déjà "l'un des déchets plastiques les mieux recyclés", et ne représente "qu'environ 10% des emballages plastiques". A contrario, les emballages plastiques non-recyclables sont eux "toujours commercialisés". -"Démantèlement"- Selon leurs calculs, la consigne ne réduirait la facture que de 4 à 6%, à 1,4 milliard d'euros. Elle ne permettra pas davantage de réemploi, les bouteilles plastiques ne pouvant être réemployées pour des raisons sanitaires, mais seulement recyclées jusqu'à deux à trois fois, moyennant l'injection d'une part de matière plastique neuve. Quant aux bouteilles non-recyclables, elles atterrissent dans un incinérateur ou un centre d'enfouissement. "La véritable consigne est celle pour le réemploi, et en particulier des bouteilles en verre, ces dernières pouvant être lavées et réutilisées (quasi) à l'infini", insistent élus et associations écologistes. Si la loi Agec de 2020 impose de diviser par deux le nombre de bouteilles plastiques d'ici 2030, le nombre de bouteilles vendues en France stagne toujours et les ventes d'eaux embouteillées ont même progressé de 3,3% en 2025. "L'urgence environnementale, c'est la réduction de la production de bouteilles en plastique à la source", plaide Axèle Gibert, de France Nature Environnement, rappelant qu'on consomme chaque heure en France "plus d'un million de bouteilles en plastique". Le réemploi n'étant pas obligatoire, les producteurs n'ont aujourd'hui "aucun intérêt économique à avancer", selon l'experte, qui pointe aussi l'impact du plastique sur la santé. "Une étude récente a montré qu'on retrouvait des micro-plastiques dans le placenta des femmes enceintes", rappelle-t-elle. A ces arguments s'ajoute celui du coût pour les collectivités et in fine pour les consommateurs. "On prend la bouteille du bac jaune et on la donne aux industriels", résume Jean-François Vigier, qui dénonce un "démantèlement du service public". La consigne priverait les collectivités d'une manne financière alors qu'elles ont beaucoup investi récemment dans la modernisation de leurs centres de tri. Les élus pointent aussi un risque d'inégalités territoriales, dans la mesure où tous les consommateurs, notamment en zone rurale, n'auront pas accès aux points de collecte alors que le prix de la bouteille, lui, "augmentera mécaniquement". "Les industriels empocheront une double rente: la consigne non récupérée et la matière recyclée", alertent-ils. Les associations d'élus proposent un "plan plastique" en 14 mesures, dont la généralisation du tri unique dans les entreprises et l'espace public, et l'arrêt de la commercialisation des emballages non-recyclables.

05.06.2026 à 21:13

Relaxe requise pour Kamel Daoud, poursuivi en diffamation par Saâda Arbane

FRANCE24

Absent au procès vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris, l'écrivain de 55 ans était poursuivi pour avoir déclaré, au détour d'une longue interview publiée début avril 2025 dans le Figaro, sans mention de Sâada Arbane, qu'"Alger peut déposer plainte contre Kamel Daoud en France". Cette Oranaise de 32 ans, rescapée d'un massacre pendant la décennie noire algérienne et ex-patiente de la femme psychiatre de Kamel Daoud, accuse l'auteur d'avoir pillé la tragédie de sa vie pour écrire son livre "Houris", ce qu'il conteste. Mme Arbane a engagé des procédures judiciaires en France et en Algérie sur ce sujet, qui sont encore en cours. Même si elle n'y est pas désignée nommément, "il ne fait aucun doute que Mme Saâda Arbane est parfaitement identifiable dans les propos tenus par Kamel Daoud" à travers la métonymie "Alger", a soutenu son avocate Colomba Grossi. "Il s'agit d'une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée en la présentant comme un agent d'un régime honni", a abondé son confrère William Bourdon. Pour l'avocat du Figaro, Christophe Bigot, cette procédure en diffamation est uniquement destinée "à charger la barque" dans le cadre d'une "campagne de communication" dirigée contre "Houris" et son auteur, et d'exercer "une pression judiciaire sur tout média qui donnerait la parole à Kamel Daoud". Kamel Daoud "ressent un harcèlement judiciaire en France et en Algérie, une démultiplication des affaires qui a pour seul objet de l'épuiser, de le réduire au silence, de porter atteinte à ses capacités de travail mais aussi financières", a déclaré son avocate Jacqueline Laffont. La procureure a estimé que la phrase visée relevait de l'"expression d'une opinion" et que Saâda Arbane n'était pas identifiable dans le passage ni qu'il ne lui était imputé un fait précis, nécessaire pour caractériser la diffamation. La décision sera rendue le 8 septembre. Kamel Daoud a annoncé en avril avoir été condamné à trois ans de prison ferme par un tribunal d'Oran pour avoir abordé la guerre civile algérienne dans "Houris". Le tribunal a statué, sans que Kamel Daoud ne soit représenté par un avocat, à la suite d'une plainte déposée par l'Organisation nationale des victimes du terrorisme en Algérie, alors qu'une loi interdit d'évoquer publiquement la décennie noire entre 1992 et 2002.

05.06.2026 à 20:55

Piratage de chaînes de TV payantes: démantèlement d'un important réseau par les cybergendarmes

FRANCE24

Onze interpellations - trois en Belgique et huit en France - ont eu lieu dans le cadre d'une enquête dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber), a ajouté la gendarmerie dans un communiqué. Les malfaiteurs proposaient "à la vente une solution illégale appelée "Noos+", qui permettait aux clients d'accéder à un ensemble de chaînes payantes et à du contenu VOD (vidéo à la demande). L'enquête a été déclenchée par une plainte en juin 2024 de Canal+ qui venait de découvrir ce service proposant d'accéder aux flux de télévisions payantes y compris de la sienne, pour un "abonnement annuel entre 50 et 100 euros". Un abonnement au bouquet Canal+ peut s'élever à plus de 110 euros par mois. Les enquêteurs ont évalué à "plus de 12 millions d'euros sur les cinq dernières années" le bénéfice réalisé par le réseau criminel avec la mise en place de "Noos+". Les perquisitions menées ont conduit à la saisie de "vingt serveurs hébergeant la solution à travers la France et en Europe". "Certains de ces serveurs étaient entreposés directement chez les mis en cause", a poursuivi la gendarmerie. Les saisies ont porté également sur "des cryptomonnaies à hauteur de 750.000 euros, des saisies bancaires à hauteur de 380.000 euros, du numéraire à hauteur de 104.000 euros et de biens mobiliers à hauteur de 150.000 euros (voitures, sacs et objets de luxe, matériels informatiques) pour un total de presque 1,4 million d'euros". La gendarmerie a précisé que désormais la solution "Noos+" était inopérante. Elle a fait valoir que "le piratage de contenus audiovisuels à grande échelle conduit à la fragilisation économique des secteurs culturels et sportifs, avec un préjudice annuel de l'ordre de 1,5 milliard d'euros pour la France, et de 400 millions d'euros en termes de recettes publiques non perçues". "Il impacte, a-t-elle ajouté, au premier chef les acteurs les plus fragiles, et nuit fortement à la diversité de la création et à l'équilibre des compétitions sportives".

05.06.2026 à 20:49

Enquête sur le méga-feu des Corbières: les agents de l'ONF "sous le choc"

FRANCE24

"Au cours des 20 dernières années, l'ONF n'a pas connaissance de procédure judiciaire consécutive à des incendies de forêts visant l'un de ses agents", a indiqué l'office à l'AFP. De mémoire syndicale, c'est même du "jamais vu". "On n'a jamais connu ça, les personnels sont abasourdis, sous le choc", a témoigné Patrice Martin, secrétaire général de Snupfen-Solidaires, majoritaire chez les salariés de droit public de l'ONF. Pour les forestiers, la préservation de la forêt, c'est "une vocation, un engagement très fort", a souligné le syndicaliste. Alors que la "saison des feux" a débuté en France avec la montée des températures, "l'idée que l'un des nôtres est soupçonné, peut-être impliqué dans le déclenchement d'un feu meurtrier, c'est terrible", a indiqué un agent de terrain, sous couvert d'anonymat. L'agent mis en cause, qui conteste son implication, est poursuivi pour "destruction involontaire par incendie aggravée", selon un communiqué du procureur de Montpellier publié jeudi soir. Laissé libre sous contrôle judiciaire, l'agent "ne reprendra pas ses missions de défense des forêts contre les incendies", a précisé l'ONF. L'Office, qui n'est pas en cause, n'a "pas accès au dossier". Deux de ses agents placés en garde à vue ont été libérés sans poursuites. Le parquet n'a donné aucun détail sur les faits précis reprochés au troisième, mais d'après le journal Midi Libre, les enquêteurs cherchent à établir si une cigarette jetée par la fenêtre d'une voiture de patrouille pourrait être à l'origine de l'incendie. Ce feu qui s'était déclaré le 5 août 2025 en bordure d'une route départementale, avait parcouru 17.000 hectares, en en brûlant plus de 11.000. Il avait traversé 16 communes de l'Aude, détruit 36 maisons et causé la mort d'une femme de 65 ans, à son domicile, dans le village de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Il avait été éteint le 28 août. En période estivale, la présence de l'ONF sur le terrain a été "multipliée par deux depuis 2022". L'ONF effectue des patrouilles de surveillance, sensibilisation, contrôle et d'extinction de feux naissants dans 86 départements en 2026 (contre seulement 15 avant 2023). Depuis le début de l'année, "plus de 2.000 départs d'incendies de forêt ou de végétation ont été référencés dans la base de données des incendies de forêt en France (BDIFF). Parmi eux, une trentaine ont dépassé les 10 hectares", notamment en Haute-Marne, Lozère ou à La Réunion.

05.06.2026 à 20:41

Lourde condamnation d'un agent français au Mali, Paris dénonce des "accusations sans fondement"

FRANCE24

Le Français, arrêté en août 2025 et alors accusé de conspiration contre les institutions du pays sahélien, dirigé par une junte en rupture avec la France, est en outre frappé de 20 ans d'interdiction de séjour au Mali et doit payer une amende de 5.400 euros, a indiqué à l'AFP une source judiciaire, confirmée par deux autres sources judiciaires. Le procès a eu lieu jeudi devant la chambre criminelle du pôle spécialisé de lutte contre le terrorisme et le jugement a été annoncé vendredi, selon les mêmes sources, qui se sont exprimées de manière anonyme pour des raisons de sécurité. L'une d'elles a indiqué à l'AFP que le procès s'est tenu à huis clos. Le Français, identifié comme Yann V., avait été interpellé le 13 août 2025 lors d'une opération menée par la Sécurité d'État (SE), les services de renseignement maliens. Officiellement affecté à l'ambassade de France à Bamako, l'officier français avait été arrêté en compagnie de plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa). Ces derniers, radiés depuis, n'ont toujours pas été jugés. Ils sont accusés d'avoir mis en place un réseau d'espionnage et de complot visant à déstabiliser les institutions de la transition malienne en vue de perpétrer un coup d'État. Le ministère français des Affaires étrangères avait à l'époque dénoncé des "accusations sans fondement" et demandé la "libération sans délai" de son ressortissant. En réponse à l'arrestation de son agent, la France avait aussi, les jours suivants, suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali et sommé deux diplomates maliens de quitter son territoire. Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a à nouveau récusé des "accusations sans fondement" en réagissant à l'annonce du jugement. "La position de la France sur cette situation est constante depuis l’arrestation de notre agent et demeure inchangée", a assuré le ministère français. "L’arrestation, le 13 août 2025, de notre agent diplomatique dûment accrédité auprès de la République du Mali, sa détention ainsi que son procès représentent une violation flagrante de la convention de Vienne (qui codifie des pratiques internationales) à laquelle la République du Mali est partie", a-t-il ajouté. Paris cherche une "issue rapide" Selon le ministère français, son agent "fait l’objet d’une procédure judiciaire comprenant" des accusations infondées et "tous les moyens sont mis en œuvre pour trouver une issue rapide à ce dossier". Il réaffirme que l'agent français "menait à bien une mission de coopération sécuritaire et en aucun cas la France n’a participé, directement ou indirectement, à la déstabilisation du Mali". Confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires, le Mali est dirigé par une junte militaire arrivée au pouvoir après deux coups d’État en 2020 et 2021. Les autorités de Bamako se sont depuis détournées de leurs partenaires occidentaux, notamment l'ancien colonisateur français, pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie. Le pays sahélien ouest-africain fait face à une situation sécuritaire critique après des attaques menées les 25 et 26 avril par des jihadistes du JNIM ((Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) alliés à la rébellion du Front de libération de l'Azawad (FLA), à dominante touareg. Ces attaques coordonnées, d'une ampleur inédite, ont visé dans plusieurs régions des positions stratégiques de la junte. Elles ont notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense Sadio Camara, 47 ans, un des piliers de la junte, tué dans un attentat-suicide. str-sd-mrb-bur/mba
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