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▸ Les 15 dernières parutions

15.01.2026 à 14:13

RSF relance ses accusations contre CNews et saisit formellement l'Arcom

FRANCE24

Comme annoncé fin novembre, l'organisation a transmis sa saisine, document de 112 pages de l'avocat Patrice Spinosi, qui fait "la démonstration factuelle et juridique des nombreux manquements documentés par RSF en matière de pluralisme du CNews", selon son directeur général Thibaut Bruttin. Dans un communiqué, ce dernier cite "la diversité des intervenants, avec un traitement de faveur édifiant en faveur de la droite et de l'extrême droite", "la variété des sujets traités à l'antenne, où une poignée de thèmes, prisés par ces mêmes courants, occupe une part significative de la couverture" et le "traitement monolithique de certains sujets, sans aucune place accordée à la nuance ou à d'autres points de vue". Fin novembre, RSF avait annoncé cette saisine en accusant notamment CNews de contourner les règles sur le pluralisme politique en reléguant les responsables de gauche la nuit et en offrant les meilleurs temps d'antenne, soit les tranches 7-10H et 18-21H, à des responsables d'extrême droite. Elle fournissait des données chiffrées sur mars 2025. Mais dès le lendemain, l'Arcom avait annoncé n'avoir pas constaté de manquement au pluralisme sur la chaîne pendant la période visée. "On respecte scrupuleusement les temps de parole. La preuve, c'est que l'Arcom l'a confirmé", a souligné le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret, jeudi devant l'Association des journalistes médias, peu avant l'annonce de RSF. "Qu'on traite plus un sujet qu'un autre, c'est un choix éditorial" mais "il y a une trentaine de thèmes chaque jour" sur l'antenne, a-t-il ajouté, en récusant que CNews ait selon lui "une ligne politique". RSF maintient qu'il y a "des déséquilibres répétés". L'ONG a élargi sa plainte aux mois de janvier et février 2025 pour couvrir un trimestre. Elle s'appuie aussi dans son communiqué sur des enquêtes qui ont été menées depuis novembre sur les sites de Libération et Mediapart, et tendent à confirmer ses conclusions. Jeudi lors du festival Médias en Seine, le président de l'Arcom, Martin Ajdari, a pris acte de ce "nouveau dossier sur la table". Il a rappelé que depuis une décision du Conseil d'État de 2024, le régulateur doit contrôler de façon plus large le pluralisme. L'Arcom s'intéresse désormais à "la diversité des invités, la variété des thèmes traités à l'antenne (et) la pluralité des opinions exprimées". Or "aucune chaîne, aucune station ne dispose à ce stade d'un outil plus ou moins automatisé de mesure, dans la durée, des opinions exprimées à l'antenne". "Les règles sur le pluralisme ne sont pas comprises par les Français! Nous avons un gros effort de pédagogie à faire", a-t-il reconnu dans un entretien au Monde.

15.01.2026 à 13:49

Burn-out: une prise en charge complexe et souvent "artisanale"

FRANCE24

"Je travaillais non-stop, sans m'arrêter. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus. J'avais tout le temps des douleurs partout. Je pleurais énormément. Je faisais des malaises au travail", énumère Julie (prénom modifié), 28 ans. "Les signes étaient là, mais je ne les connaissais pas", décrypte cette fonctionnaire en Guyane. Quand le médecin du travail lui dit qu'elle est en burn-out et doit être arrêtée, Julie ressent "énormément de culpabilité" et peine à accepter la situation. Bien que le burn-out, défini par un épuisement physique et émotionnel, une vision négative des autres et du travail et un sentiment d'inefficacité ou de perte de sens, touche de nombreux hommes et plus encore de femmes, les données chiffrées restent lacunaires. Selon Santé publique France, 5,9% des femmes et 2,7% des hommes éprouvaient en 2019 des souffrances psychiques en lien avec le travail, deux fois plus qu'en 2007, mais ces chiffres ne mesurent pas spécifiquement l'épuisement professionnel. Considéré comme un syndrome ou un risque psychosocial et non une maladie, le burn-out ne figure pas dans les tableaux des maladies professionnelles de la Sécurité sociale, ce qui complique sa reconnaissance comme telle. Le salarié doit prouver que son état est causé par son travail et qu'il entraîne une incapacité permanente d'au moins 25%. La reconnaissance passe parfois par le classement, après une crise aiguë, en accident du travail. Un récent rapport de l'Assurance maladie notait que les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles avaient plus que doublé entre 2020 et 2024 mais ne se montaient qu'à 1.805. Près des deux-tiers des demandes de reconnaissance en 2024 émanaient de femmes. Mal reconnu, le burn-out est pris en charge très diversement par les professionnels de santé. "Cette pathologie des violences collectives au travail est prise en charge de manière assez artisanale par la Sécurité Sociale" qui "n'en veut pas", estime la psychologue Marie Pezé, à l'origine du réseau Souffrance et travail, qui regroupe quelque 200 consultations spécialisées. Avec un versant psychique et un versant somatique (troubles cognitifs...), le burn-out est "très complexe à prendre en charge", souligne-t-elle. Outre, souvent, une psychothérapie, la prise en charge requiert des "spécialistes des nouvelles organisations du travail, du droit de la Sécurité sociale et du droit du travail". La Haute Autorité de Santé recommande que le médecin traitant coordonne la prise en charge, en lien avec le médecin du travail. "Dans la nature" Infirmière à Toulouse, Solène s'est retrouvée "paralysée dans (son) lit" à la suite d'une surcharge de travail combinée à une situation de harcèlement moral. Après un diagnostic de burn-out de son médecin généraliste, elle consulte un psychiatre. "J'ai été très mal prise en charge parce que j'ai pas été suivie dans une clinique spécialisée dans le burn-out", explique cette quadragénaire, regrettant d'avoir "été traitée comme une personne dépressive". "Il manque des structures juste pour écouter dans cette pathologie-là". Solène dit avoir été "sauvée" par une "psychologue exceptionnelle" et des séances d'EMDR (une psychothérapie qui utilise les mouvements oculaires). Pour Brigitte Vaudolon, vice-présidente de la Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux, "ce qui fonctionne, c'est un accompagnement pluridisciplinaire, où la personne peut se reconstruire psychologiquement, mais aussi repenser sa trajectoire professionnelle". Mais toutes les victimes de burn-out n'ont pas la chance de trouver des professionnels qui travaillent en bonne intelligence. "On est abandonné dans la nature", soupire Catherine. Enseignante en collège dans le Nord, elle rapporte avoir contacté "une bonne vingtaine" de médecins pour faire agréer un mi-temps thérapeutique après son burn-out. Travaillant dans le secteur bancaire en Loire-Atlantique, Anne-Marie a, elle, misé sur les "médecines douces" (sophrologie, kinésiologie...) pour soigner son burn-out parce qu'elle en avait "les moyens". Elle souligne aussi l'importance du "collectif" pour surmonter cette épreuve. Au sein d'un groupe de parole, "on travaille l'estime de soi, la confiance en soi, (...) les croyances limitantes, le regard des autres", note-t-elle.

15.01.2026 à 13:45

Femme agressée à Blois en 2022: son ex-compagnon jugé pour tentative de féminicide

FRANCE24

La jeune femme a pris place à l'ouverture de l'audience devant une dizaine de journalistes, accompagnée de ses parents. Elle est restée sans réaction à l'arrivée de l'accusé, Marvin J., apparu le crâne rasé et en jogging dans le box, qui risque la perpétuité. Elle souffre aujourd'hui de lésions cérébrales majeures, a perdu l'usage de son œil droit, présente des séquelles neurologiques irréversibles et une lourde perte auditive. Elle n'a pas montré davantage de réactions quand elle l'a écouté affirmer qu'il n'avait pas pensé à la mort de la jeune femme "au moment des faits", qu'il a qualifiés de "très graves" et qui lui ont "fait oublier beaucoup de choses". Elle avait rencontré le jeune homme, sans emploi, sur internet en août 2022. Durant plus d'une heure, Marvin J., 27 ans, est notamment revenu sur les quatorze mentions inscrites dans son casier judiciaire, parmi lesquelles plusieurs condamnations pour violences, dont une pour violences conjugales. "J'ai eu un comportement d'autodestruction", a-t-il déclaré, souvent agacé par les questions qui lui étaient posées, se décrivant comme "impulsif, colérique et jaloux". Il avait reconnu lors de ses auditions avoir été l'auteur de violences ce jour-là, dont des coups de pieds dans le visage, mais en niant toute volonté de donner la mort. Le 13 décembre 2022, Chloé P., alors âgée de 24 ans, se présente au commissariat de Blois pour porter plainte contre son ex-compagnon. Mais sur place, cette manager dans une pizzeria est invitée par le fonctionnaire de police à revenir le lendemain. Elle est retrouvée deux heures plus tard par les policiers, alertés par des voisins, laissée pour morte dans une mare de sang, au milieu des parties communes de son immeuble. Pendant plusieurs semaines, la jeune femme est en réanimation, le pronostic vital engagé. Elle va rester deux mois dans le coma, jusqu'en février 2023, avec une ITT fixée à 120 jours prononcée. Cette affaire est "révélatrice" et "symbolique" de "la méconnaissance de ce que sont les violences conjugales", a dit l'avocate de la victime, Me Isabelle Steyer. Alertes ignorées "Il faut que cette audience puisse permettre à Chloé de se reconstruire", a-t-elle dit aux journalistes. "C'est extrêmement important pour elle d'entendre ce qu'elle a subi". Chloé P., victime de violences mais aussi d'insultes et de harcèlement, avait rompu avec Marvin J. quelques semaines avant les faits. "On lui a enlevé le plaisir de vivre, mais c'est une force de la nature, qui porte la voix de toutes celles qui n'en ont plus", a décrit Me Steyer, estimant que ce dossier "ne raconte pas une violence imprévisible", mais "trois alertes ignorées et une protection refusée". Un équipage de policiers municipaux était déjà intervenu dans l'après-midi peu avant le drame, pour une dispute en pleine rue entre le suspect et la victime, sans relever de violence et incitant la jeune femme à se rendre au commissariat pour déposer plainte. Le policier qui a renvoyé chez elle Chloé P., un major alors âgé de 55 ans et suspendu à titre conservatoire dans un premier temps, a été mis à la retraite d'office en janvier 2024. Il devrait être entendu à l'audience, comme témoin. Le verdict est attendu vendredi.

15.01.2026 à 13:37

Les 52 agriculteurs de la Confédération paysanne sont sortis de garde à vue

FRANCE24

"Seuls des autocollants ont été constatés dans les locaux dans lesquels les personnes avaient pénétré. L'exploitation des vidéosurveillances a permis de voir un groupe de personnes munies de banderoles et cartons occuper l'entrée et le sas d'une annexe, sans commission de violences ni de dégradation", a relaté le parquet contacté par l'AFP. En conséquence, le ministère public "a classé en raison de l'absence d'infraction suffisamment caractérisée, pour l'ensemble des personnes interpellées" pour dégradations d'un bien public en réunion et participation à un groupement en vue de commettre des dégradations. Mercredi, peu après 16H00, une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne étaient entrés dans une annexe du ministère, en déployant une banderole "L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir". Cinquante-deux militants dont trois porte-parole nationaux avaient été placés en garde à vue dans différents commissariats parisiens. "Un grand merci, et une grande fierté. Parce qu'on est là pour défendre les petits paysans, c'est pour ça qu'on est là", s'est écrié Jean-Michel Sauvage, agriculteur bio dans le Pas-de-Calais, en sortant du commissariat du 13e arrondissement sous les applaudissements de militants, a constaté un journaliste de l'AFP. Devant le commissariat, une centaine de militants et membres de la Confédération paysanne, de la CGT, de Solidaires et d'autres associations écologistes se sont rassemblés dans la matinée pour les soutenir. Des élus de gauche, dont l'écologiste Sandrine Rousseau, étaient également présents. "On dénonce clairement la répression démesurée que subit la Confédération paysanne", a expliqué à l'AFP Nina Lejeune, secrétaire nationale du syndicat agricole. Les élus syndicaux présents s'insurgent également contre ce qu'ils décrivent comme un "deux poids, deux mesures" entre la Confédération paysanne et la FNSEA, principal syndicat agricole, dont les 350 tracteurs ont défilé mardi dans Paris jusqu'à l'Assemblée nationale. "On était rassemblés pacifiquement, il n'y a eu aucun dialogue possible", a affirmé jeudi Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne devant le commissariat du 13e arrondissement. hrc-mca-clw-meh/ak/bow

15.01.2026 à 13:37

Cloud souverain : Amazon étend son emprise sur l'UE

FRANCE24

Les Etats européennes veulent peu à peu se défaire de leur dépendance à l'égard des grands groupes américains, mais le retard accumulé dans les hautes technologies rend compliqué ce défi. Présenté par la filiale d'Amazon comme un cloud séparé à la fois physiquement et au niveau informatique des autres activités d'AWS dans le monde, ce nouveau service vise à répondre "aux besoins des gouvernements et des entreprises européennes en matière de données sensibles", selon un communiqué. L'offre d'envergure européenne est déployée depuis un centre en Allemagne, dans le Brandebourg (est), avec une extension prévue progressivement dans d'autres centres au sein de l'UE, à commencer par la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal. "Les clients veulent le meilleur des deux mondes: pouvoir utiliser l'ensemble du portefeuille de services cloud et IA d'AWS tout en respectant des exigences de souveraineté strictes", a déclaré Stéphane Israël, directeur général de l'AWS European Sovereign Cloud. Le dispositif prévoit que les opérations, la gouvernance et la gestion des accès soient assurées uniquement par des résidents de l'UE aux commandes de sociétés constituées en Allemagne. Ces annonces relèvent d'un cas de "souveraineté washing" (simulacre de souveraineté), critique auprès de l'AFP Harald Wehnes, professeur en informatique à l'université de Wurtzbourg (sud). Il en veut pour preuve la loi américaine "Cloud Act" qui stipule que "les données sensibles des Européens peuvent se retrouver entre les mains de l'administration américaine dès qu'elles sont confiées à des entreprises américaines de cloud, même si elles sont stockées sur des serveurs européens ". "Cela ne s'applique pas en recourant à un fournisseur européen de cloud, comme IONOS, Hetzner ou Noris Network", conclut-il. Pour ses activités dans le cloud sur le long terme, Amazon veut investir plus de 7,8 milliards d'euros en Allemagne, en soutenant 2.800 emplois. Cette annonce intervient alors que l'Europe, contrainte de compter sur les géants du numérique Nvidia, Google, Amazon et autre OpenAI, est appelée à reprendre la main sur son destin numérique. Les offres européennes restent toutefois fragmentées ou sont seulement en chantier. En Allemagne, le groupe Schwarz (Lidl, Kaufland) a lancé en novembre la construction d'un méga centre de données, moyennant 11 milliards d'euros investis. Le géant allemand des logiciels SAP compte de son côté investir 20 milliards d'euros sur dix ans pour renforcer son offre de cloud ancrée en Europe.

15.01.2026 à 13:27

Les crises humanitaires, un nouveau filon de fausses vidéos créées par l'IA sur TikTok

FRANCE24

Partagées par des comptes anglophones aux titres évocateurs, comme "Gaza_Sodan" ou "palestine66533", ces séquences de dix secondes montrent le plus souvent des enfants, des personnes âgées et des femmes. Leur désespoir apparent, face aux catastrophes auxquelles ils sont confrontés, suscite l'empathie de nombreux internautes, qui l'expriment dans leurs nombreux commentaires postés sur le réseau social. "Ce genre de contenu est assez réaliste, et l'utilisateur moyen de TikTok n'est pas en mesure de réaliser qu'il s'agit d'un faux généré par IA", relève Salvatore Romano, directeur de la recherche au sein de l'ONG d'audit algorithmique AI Forensics. D'autant plus que les comptes qui diffusent ces vidéos ne mentionnent pas spontanément qu'elles ont été créées artificiellement, alors que TikTok demande aux créateurs de le faire. Sur un sujet comme la guerre à Gaza, ce manque de transparence nourrit le clivage entre les pro-Israël et les propalestiniens sur un autre réseau social, X, où chaque camp accuse l'autre de produire ces images trompeuses pour faire basculer l'opinion en sa faveur. Pour Tal Hagin, spécialiste de la vérification d'images créées via l'intelligence artificielle, chaque crise d'ampleur, telle qu'une tempête, une frappe de missiles, ou une étape majeure dans un conflit militaire, s'accompagne désormais d'une "poussée de ce type de comptes spécialisés dans l'IA" qui diffusent des images censées incarner les événements en cours. Monétisation Et la difficulté à discerner images authentiques et créations artificielles ne concerne pas que les internautes ordinaires: fin octobre 2025, des responsables politiques français avaient ainsi relayé la prétendue photo d'une femme protégeant son enfant face à des assaillants armés au Soudan, alors qu'il s'agissait d'une image générée par l'IA, devenue virale. Comme le souligne Salvatore Romano, les "sujets sensationnalistes et polarisants" au cœur des comptes TikTok identifiés par l'AFP n'enfreignent pas à proprement parler les règles de la plateforme, mais ils flirtent avec leurs limites. Ces vidéos générées en masse par l'IA réunissent surtout les caractéristiques requises pour y devenir virales grâce à leur durée très courte, "le format dominant" sur TikTok, et parce que "ce type de contenu est celui qui suscite le plus d'engagement sur les réseaux sociaux". Les vidéos de tempêtes de neige à Gaza comptabilisent ainsi, pour chaque séquence, de 2 à 7 millions de vues. Si, d'après un outil de géolocalisation utilisé par l'AFP, la majorité de ces comptes opèrent depuis le Pakistan, pays non éligible au système de monétisation de TikTok, leurs créateurs peuvent malgré tout gagner de l'argent de manière détournée. "Quand un compte génère beaucoup d'engagement et attire de nombreux utilisateurs, il peut ensuite être revendu à quelqu'un qui l'utilisera pour y partager des publicités", explique Salvatore Romano, pour qui la monétisation de ce type de contenu "ne provient pas directement des vues engrangées mais plutôt de la vente du profil". De quoi encourager la prolifération de ces contenus sensationnalistes sur la plateforme. Une tendance jugée problématique par le spécialiste, car ces comptes cherchent à maximiser leur nombre de vues "en manipulant les algorithmes et en générant de l'engagement sans produire véritablement de contenu, ni se montrer honnêtes sur sa nature." Ces fausses images ont aussi un impact concret sur l'opinion publique, alerte Tal Hagin. "Certaines personnes se focalisent sur le contenu IA et rejettent les images réelles de personnes en situation de souffrance", déplore l'expert.

15.01.2026 à 13:24

Groenland : réactions des habitants après la réunion à Washington

FRANCE24

Les Groenlandais ont suivi avec inquiétude la réunion à Washington ce mercredi 14 janvier au sujet du Groenland, que Donald Trump compte acquérir.

15.01.2026 à 13:21

Apollonia: sept ans ferme pour le couple au centre de l'énorme escroquerie immobilière

FRANCE24

Jean Badache, 71 ans, et son épouse Viviane, 69 ans, ont tous deux été condamnés à sept ans de prison ferme, pour leur rôle central dans cette escroquerie, qui promettait à de riches clients, principalement issus de professions médicales, de se constituer un patrimoine immobilier à moindre frais. Le tribunal correctionnel de Marseille a assorti ces condamnations de mandats de dépôt différés mais avec exécution provisoire, ce qui fait que les époux Badache devraient aller en prison à une date à fixer ultérieurement, malgré l'appel immédiatement annoncé par leurs avocats. La condamnation, qui ouvre la voie aux procédures de dédommagement des nombreuses victimes, est assortie d'une amende de 2,5 millions d'euros pour chacun et de la confiscation de biens immobiliers, comptes bancaires, bijoux et sommes en numéraire pour un total de 20 millions d'euros, notamment leur somptueuse villa à Cassis évaluée à 9 millions et une villa à Marrakech. Lors du procès, du 31 mars au 6 juin 2025, l'accusation avait requis la peine maximale de dix ans de prison contre Jean et Viviane Badache, dénonçant la "plus grande escroquerie immobilière et financière que la France ait jamais connue". Le tribunal a reconnu leur "fonction centrale" dans l'escroquerie et pointé l'attitude de "victimisation et hostilité à l'égard des parties civiles". Le montage consistait à "empiler" des crédits immobiliers sur les clients, démarchés par des commerciaux de cette société de conseil en patrimoine aixoise, qui a encaissé 115 millions d'euros de commissions entre 2004 et 2009. Apollonia faisait miroiter l'acquisition d'un patrimoine sans bourse délier via le statut de loueur en meublé professionnel à ces clients, qualifiés de "pigeons" par Jean Badache selon les témoignages de commerciaux de l'entreprise. Le remboursement de TVA pendant les premières années, les loyers et les mesures de défiscalisation étaient censés autofinancer les acquisitions à 100%. Invités à signer des liasses de documents vierges, les clients déléguaient toutes les démarches à Apollonia et se sont retrouvés avec un endettement allant de 800.000 à quatre millions d'euros souscrits auprès de diverses banques. Apparence de respectabilité Quatorze personnes et la société Apollonia avaient comparu pour escroquerie en bande organisée, faux et blanchiment aggravé lors du procès. Des commerciaux au centre du dossier ont également écopé de lourdes condamnations. Cinq ans ferme, 300.000 euros d'amende et confiscation de 450.000 euros de biens pour François Melis, qualifié de "petit Badache" par le procureur. Cinq ans ferme également et 150.000 euros d'amende pour Jean-Luc Puig, à qui Apollonia permettait un "train de vie hors norme". Deux autres de ces commerciaux ont été condamnés à trois ans ferme et 30.000 euros d'amende et quatre ans dont deux avec sursis et 200.000 euros d'amende respectivement. L'escroquerie impliquait également des notaires et avocat, qui apportaient une touche de respectabilité pour mettre les clients en confiance. "Rouage primordial perçu comme une garantie de sécurité par les acquéreurs," l'un de ces notaires, d'Aix-en-Provence, à qui Apollonia avait rapporté un million d'euros, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et le reste à effectuer sous bracelet électronique, et 700.000 euros d'amende. Un des ses confrères marseillais a été condamné à 5 ans, dont 18 ferme, et un troisième, lyonnais, relaxé. Un avocat, conseil de la société Apollonia et du couple Badache, qui "participait à donner une apparence de respectabilité" aux opérations, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et 300.000 euros d'amende. Benjamin Heysen Badache, fils du couple, a été condamné à un an de prison ferme sous bracelet électronique et trois ans avec sursis, deux ex-secrétaires de la société à trois ans avec sursis et une autre à 18 mois avec sursis.

15.01.2026 à 13:11

Les tarifs bancaires augmentent significativement cette année

FRANCE24

"Cette évolution est principalement liée à la progression des frais de tenue de compte et des cartes bancaires, qui constituent les principaux postes de dépenses récurrentes", écrivent les auteurs de l'étude. Les frais de tenue de compte, socle indispensable du service bancaire, augmentent de plus de 6% à 24,64 euros par an, après une augmentation de 8% en 2025. Les tarifs des cartes bancaires augmentent eux de plus de 2% "quel que soit le type de carte", souligne la CLCV. Ces pourcentages dépassent largement l'inflation, mesurée à 0,8% sur un an en décembre par l'Insee. Les tarifs bancaires avaient déjà augmenté d'environ 5% l'an dernier. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), où siègent notamment les banques elles-mêmes, avait évoqué en octobre dernier une hausse moyenne de 3,1%. Les retraits aux distributeurs automatiques d'une banque qui n'est pas la sienne deviennent également plus onéreux, de quoi restreindre un peu plus l'accès aux espèces. Les clients enregistrant des incidents de paiement se verront davantage facturés, avec des tarifs en hausse pour les lettres d’information pour compte débiteur par exemple. Ce type de frais n'est pas négligeable pour les banques: selon le comparateur Panorabanques, les frais liés au découvert représentent en moyenne un tiers de frais bancaires. A la même enseigne Dans le détail, les "petits consommateurs", disposant d'un ensemble de services de base paieront cette année 71,71 euros en moyenne (+2,98%) et les consommateurs "moyens" (un couple avec deux cartes disposant d'une assurance perte et vol) paieront 135,47 euros (+3,77%). Les "gros consommateurs" au sens de la CLCV (deux titulaires "haut de gamme" avec une carte Gold ou Premier et effectuant de nombreux retraits) verront leur facture augmenter de 3,04%, à 221,16 euros. Le prix de ces services bancaires "représente une part très faible dans le budget des ménages", a réagi la Fédération bancaire française (FBF), organisation représentative du secteur. La France "dispose par ailleurs du réseau bancaire le plus dense de la zone euro", ajoute le lobby. Le nombre d'agences a cependant tendance à baisser significativement. La CLCV a épluché comme chaque année les grilles tarifaires en vigueur au 1er février 2026 au sein d'une centaine d'établissements. Selon elle, certaines caisses du Crédit Agricole sont compétitives sur l'ensemble des segments du marché quand le LCL l'est pour les petits consommateurs et le Crédit Coopératif pour les profils plus fortunés. Le réseau de banque de détail de la Société Générale figure à l'inverse parmi les banques les plus chères sur l'ensemble des profils comme, dans une moindre mesure, certaines Banques populaires. "Se tourner vers la banque en ligne peut constituer une alternative intéressante à condition d’être attentif aux éventuelles conditions et d’être adapte du fonctionnement à distance", conseille la CLCV.

15.01.2026 à 13:07

Suicide d'une gendarme à Lyon: la justice referme le dossier, colère de la famille

FRANCE24

Dans ce dossier au long cours, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon "a estimé qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre quiconque", a déclaré lors d'un point-presse téléphonique l'avocat des proches de Myriam Sakhri, Me Vincent Brengarth. Son arrêt de non lieu -le 4e de la procédure- est "une décision scandaleuse": "Il est évidemment impensable pour nous d'en rester là. Le combat va continuer", a-t-il ajouté. Présente à la cour, où des portraits de la disparue avait été accrochés aux grilles, sa soeur Nadirha Sakhri a dénoncé une enquête "bâclée" et une "mascarade depuis le début". "Ils ne veulent pas juger son affaire. Ils n'ont pas de courage, ce n'est pas un souci. Nous irons jusqu'à la Cour de cassation. Et si la Cour de cassation n'arrivera pas à juger l'affaire, on ira jusqu'à la Cour européenne", a-t-elle déclaré. Âgée de 32 ans et d'origine algérienne, la jeune gendarme a été retrouvée morte le 24 septembre 2011 dans son appartement de fonction, à Lyon, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds. Affectée au Centre d'opérations et de renseignements de la gendarmerie (Corg) du Rhône, service chargé de répondre aux appels du public, elle s'était plainte de harcèlement et de racisme et une enquête interne avait été ouverte, dont elle attendait les conclusions. À sa mort, un mot retrouvé à ses côtés, écrit de sa main -"Merci à G. le connard !"- désignait le colonel qui commandait à l'époque la gendarmerie du Rhône. "Courage" Après le décès de la gendarme, l'affaire avait été rapidement classée. Mais la famille, dénonçant la partialité des investigations menées par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), avait porté plainte. Celle-ci avait déclenché l'ouverture d'une première information judiciaire en 2012. Elle avait débouché sur un non-lieu en 2013, confirmé en appel en 2014 puis par la Cour de cassation en 2015. Les magistrats avaient écarté tout harcèlement, estimant que la gendarme s'était suicidée après avoir appris qu'elle devrait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l'exercice de sa profession. Pas convaincue, la famille avait poursuivi son combat et compilé des témoignages démontrant que la gendarme était devenue "la bête noire" de son entourage professionnel. Sur la base de ces nouveaux éléments, une information judiciaire pour harcèlement et homicide involontaire avait été rouverte en 2021 et confiée à la chambre de l'instruction de la cour d'appel. L’examen de l’affaire avait fait depuis l’objet de multiples reports, jusqu'au non lieu prononcé jeudi, dont les motivations n'ont pas encore été rendues publiques. "Nous avions énormément d'éléments qui permettaient non seulement de caractériser l'existence d'un racisme ambiant au sein du service dans lequel évoluait Myriam Sakri", mais aussi "des comportements de harcèlement à son encontre", a pourtant noté Me Brenghart, dénonçant "le manque de courage" de la justice. "On sera là pour élever la voix de Myriam quoi qu'il arrive, on ne lâchera rien et on fera preuve de courage quoi qu'il arrive", a ajouté devant la presse la nièce de la gendarme, Damia, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

15.01.2026 à 12:59

Canal+ "assume complètement" de garder Morandini sur CNews malgré sa condamnation

FRANCE24

"Il n'est en contact avec aucun mineur à CNews", et ce "depuis très longtemps", a-t-il souligné devant l'Association des journalistes médias. Le "Morandini Live" a repris normalement jeudi matin sur la première chaîne info de France, qui appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avec plusieurs sujets sur la délinquance. Dans un communiqué, le syndicat +Libres de Canal+ a demandé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation. Le syndicat a pointé une "remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale", une "atteinte à son image" et un "impact sur la fierté d'appartenance des collaborateurs". +Libres appelle les salariés, les personnalités et sportifs passant sur les chaînes du groupe à "faire entendre leur voix face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience". Mais M. Viret l'a martelé: Jean-Marc Morandini "est à l'antenne et il le restera". La Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de l'animateur pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n'admettant pas son pourvoi. CNews avait indiqué quelques heures plus tard que "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice" et "reste à l'antenne". La décision a été actée avec le PDG du groupe Canal+ Maxime Saada. L'animateur de 60 ans avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende par la cour d'appel de Paris. Celle-ci avait en outre prononcé contre M. Morandini une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. L'animateur, qui a dit envisager de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, récuse "le moindre geste déplacé". Depuis septembre, Jean-Marc Morandini "fait son émission directement dans les locaux de CNews et d'Europe 1" à Paris et "c'est très bien fait", il n'est "pas au même étage" que les jeunes stagiaires, a précisé le directeur général de Canal+ France chargé des programmes et des chaînes. Cette absence de contact avec les mineurs était une "condition depuis 2016 déjà", a rappelé M. Viret. Jusqu'à l'été dernier, M. Morandini tournait son émission hors du siège de la chaîne, dans un studio des Champs-Elysées. En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l'arrivée de l'animateur à l'antenne. Il venait d'être mis en examen pour "corruption de mineurs" et avait été écarté d'Europe 1. Interrogé sur un éventuel recul de la publicité sur la chaîne en conséquence du maintien de M. Morandini, il a affirmé que "c'est le public qui décidera": "Si les audiences sont fortes, les annonceurs seront là". "Ils n'ont jamais été aussi nombreux aujourd'hui" et CNews est "à l'équilibre opérationnel en 2025, pour la première année", a-t-il ajouté.

15.01.2026 à 12:47

Groenland : Trump "pense qu'une solution sera trouvée"

FRANCE24

Donald Trump a dit "penser qu'une solution serait trouvée" à propos du Groenland, en assurant avoir une "très bonne relation" avec le Danemark, auquel est rattaché le territoire arctique autonome. Décryptage avec Sonia Dridi, correspondante à Washington, et Magdaline Boutros, journaliste au journal québécois Le Devoir, notre invitée depuis Montréal.

15.01.2026 à 12:46

Le Maroc au sommet du foot africain ? Parlons-en avec V. Le Moigne, E. Toble, A. Bentaha, H. Pénot

Pauline PACCARD

Dimanche, les Lions de l’Atlas rencontrent les Lions de la Térenga en finale de la CAN, au stade Moulay Abdellah de Rabat. Attention, ça va rugir ! Mais avec cette CAN, saluée de toutes parts, le Maroc n’a-t-il pas déjà gagné ? Parlons-en avec Vanessa Le Moigne, présentatrice de la CAN sur Bein Sports, Elom Toble, journaliste à France 24, Adel Bentaha, journaliste sportif à So Foot et, depuis Rabat, Hervé Pénot, grand reporter à L’Équipe, spécialiste du football africain et animateur du podcast Afrique Football Club (sur le site de L’Équipe).

15.01.2026 à 12:45

NBA: Denver bat Dallas, qui perd en plus Cooper Flagg, blessé

FRANCE24

. Denver enchaîne, Dallas grimace Même privés de Nikola Jokic, blessé, les Nuggets n'ont pas tremblé pour surclasser Dallas 118 à 109. Jamal Murray a inscrit 33 points pour Denver, qui reste sur trois victoires consécutives et occupe une belle 2e place dans la Conférence Ouest. En revanche les Mavericks souffrent, battus sept fois lors de leurs dix derniers matches, et seulement 12e à l'Ouest. Ils ont en plus perdu leur jeune vedette Cooper Flagg, qui s'est tordu une cheville. Le joueur de 19 ans a tenté de continuer à jouer mais a finalement dû quitter ses partenaires avant la pause. . Mitchell porte Cleveland Donovan Mitchell a porté des Cavaliers assez inconstants contre Philadelphie: Cleveland s'est imposé 133 à 107 avec 35 points, 7 rebonds et 9 passes décisives de Mitchell. Les Cavaliers sont 7e de la Conférence Est. Joel Embiid a lui marqué 20 points pour Philly, qui occupe le 5e rang à l'Est, juste derrière Toronto, vainqueur facile mercredi soir d'Indiana 115-101. Les Pacers ont le plus grand mal à digérer leur échec en finale la saison passée: ils sont derniers à l'Est avec seulement neuf victoires et 32 défaites. . Les Knicks battus Les New York Knicks, deuxièmes à l'Est mais en perte de vitesse, se sont inclinés face à Sacramento, pourtant guère à la fête depuis le début de saison (avant-derniers à l'Ouest) mais qui redressent la tête avec un troisième succès de rang. DeMar DeRozan a porté les Kings avec 27 points, 6 rebonds et 5 passes. New York n'a guère fait jouer son trio de Français: un peu plus de 5 minutes et 2 points pour Guershon Yabusele, et seulement 2 minutes 34 secondes sans point pour Mohamed Diawara et Pacôme Dadiet. . Sensabaugh sensationnel en sortie de banc Brice Sensabaugh a inscrit 21 points dans le seul premier quart-temps en sortant du banc pour Utah. Il a réussi 8 paniers sur 9 tirs, dont 3/3 à trois points, le tout en seulement 7 minutes 14 secondes ! C'est tout simplement le meilleur total en un quart-temps pour un joueur sorti du banc depuis que cette statistique a commencé à être relevée, en 1996. Sensabaugh a fini la rencontre avec un total de 43 points, son record, insuffisant cependant pour le Jazz, battu de justesse par Chicago 128 à 126. Les deux équipes restent toutes deux mal classées. . Une victoire pour les Pelicans New Orleans, dernier de la Conférence Ouest, a enregistré une rare victoire, s'imposant 116-113 contre une équipe de Brooklyn pas beaucoup plus en forme. C'est seulement le deuxième succès des Pelicans sur leurs dix derniers matches. Enfin, les Clippers sont venus à bout de Washington 119-105, avec notamment 33 points de Kawhi Leonard.

15.01.2026 à 12:41

Dans les camps de réfugiés rohingyas du Bangladesh, la grande pauvreté de l'éducation

FRANCE24

"Ils rêvent tous de devenir pilote, médecin ou ingénieur", assure leur maître, Mohammad Amin. "Mais difficile à dire s'ils y parviendront un jour. Ici, le chemin qui mène aux études supérieures est très tortueux..." Selon les estimations, la moitié du million de Rohingyas, la communauté musulmane de Birmanie, qui a trouvé refuge au Bangladesh pour fuir la répression de la junte militaire au pouvoir dans leur pays sont des enfants. Dans l'urgence qui a suivi l'arrivée des premières vagues en 2017, les ONG et le fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) ont ouvert des écoles pour assurer leur éducation. Pour éviter de sédentariser ces réfugiés, le gouvernement de Dacca s'est opposé à l'accueil des jeunes Rohingyas dans ses écoles. Et leur a même interdit d'apprendre le bangladais. Sept ans plus tard, l'Unicef et ses partenaires gèrent dans les vastes camps de réfugiés de la ville de Cox's Bazar plus de 6.500 centres éducatifs accueillant 300.000 élèves. Mais ces infrastructures sont loin de suffire. Surtout depuis la décision l'an dernier de l'administration Trump de réduire drastiquement l'aide américaine, forçant de nombreux établissements à fermer. "Le système actuel offre trois heures d'instruction de base par jour à chaque enfant, sur la base des programmes en vigueur en Birmanie", décrit Faria Selim, de l'Unicef. "Mais ces heures quotidiennes ne suffisent pas". Manque de profs Membre du Conseil uni des Rohingyas, une instance représentative des réfugiés, Khin Maung confirme que l'enseignement financé par l'aide internationale ne permettrait pas aux élèves de réintégrer le système scolaire birman s'ils rentraient au pays. "Les programmes birmans n'y sont suivis que depuis 2022 et nous souffrons d'un manque de profs", rappelle-t-il. "J'enseigne seule la langue birmane, les maths, la science et la vie pratique à 65 élèves répartis en deux classes", confirme Hashim Ullah, 30 ans, enseignant dans une école primaire gérée par une ONG. Ces difficultés n'échappent pas aux nombreux parents pour qui l'éducation constitue l'unique issue offerte à leurs enfants pour échapper aux périls qui les menacent: malnutrition, mariages précoces, travail forcé, enlèvements ou enrôlement de force dans les milices birmanes. Alors des familles ont commencé à se tourner vers des écoles dites communautaires. "Mes enfants sont inscrits dans une école tenue par une ONG", décrit Jamil Ahmad, père de 7 rejetons. "Et au lever et au coucher du soleil, j'envoie les plus âgés dans une école communautaire, où ils ont des profs de chez nous". Ces établissements ont recruté des enseignants birmans, réfugiés eux aussi. Seule contrainte : de modestes frais de scolarité dont Jamil Ahmad s'acquitte en vendant des rations alimentaires. - Niveau trop faible- Hamima Begum, 15 ans, a suivi le même chemin. Elle fréquente à la fois les bancs d'une école dirigée par une ONG et ceux d'une école communautaire. "Comme beaucoup d'autres filles, je veux aller à l'université", proclame l'adolescente, "étudier les droits humains, la justice, la paix, pour un jour aider les miens dans mon pays. Dans ce lycée communautaire, j'apprends plus". Mais le nombre de ces écoles reste très insuffisant pour satisfaire toutes les demandes. Surtout celles des plus âgés. Selon une évaluation réalisée en 2024 par un consortium d'ONG et d'agences onusiennes, le taux de scolarisation des enfants des camps chute de 70% chez les 5-14 ans à moins de 20% chez les 15-18 ans, surtout chez les filles. Et pour ceux-là, le niveau d'apprentissage est trop faible pour leur ouvrir les portes d'une université. "Nous avons organisé cette année une évaluation à mi-année, 75% des lycéens ont échoué", constate le représentant des réfugiés, Khin Maung. Le parcours de Jaitun Ara fait donc figure d'exception. Arrivée à Cox's Bazar à l'âge de 12 ans, la jeune femme, qui en a aujourd'hui 19, a décroché une place à l'Asian University for Women (AUW) de Chittagong (sud du Bangladesh) grâce à un programme de soutien. Mais elle doute que beaucoup d'autres filles puissent l'imiter, faute de moyens. "Les familles peuvent à peine se payer à manger", regrette-t-elle, "comment voulez-vous qu'elles financent l'éducation de leurs enfants ?"
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