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05.06.2026 à 08:19

Quand les archives du nazisme bouleversent les mémoires familiales

FRANCE24

L'ancienne professeur de français de 60 ans a découvert cette partie du passé familial, quand sa fille de 26 ans, Helena, a trouvé la preuve de cette adhésion survenue deux ans après l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Après la mise en ligne par les archives nationales américaines d'environ douze millions de fiches, deux grands hebdomadaires allemands, Die Zeit et Der Spiegel, ont facilité le travail d'enquête en créant des outils de recherche pour ces documents. Jusqu'en mars, le registre était consultable uniquement sur demande et sur place à Berlin. Depuis la mise en ligne, des centaines de milliers d'Allemands ont fouillé ces scans de microfilms à la recherche d'aïeux, bien conscients que des vérités désagréables pouvaient s'y cacher. "Quand ma fille m'a envoyé la capture d'écran de la fiche, j'étais assez surprise", confie à l'AFP Corinna, qui préfère taire son nom de famille. Pendant des décennies, son père, fils d'un mineur social-démocrate de Sarre (sud-ouest), était engagé dans la politique municipale. Après son décès, Corinna avait retrouvé des écrits d'après-guerre où l'ancien instituteur affirmait "vouloir former des jeunes plus libres, capables de se forger leur propre opinion après cette dictature". - Secrets et non-dits- Son père ne lui avait jamais rélévé son adhésion au nazisme, et la découverte de son nom dans les archives à conduit Corinna à une seconde surprise: sa fille aînée, la soeur de Helena, savait. "Quand elle avait 7 ans, son grand-père lui avait raconté la guerre, ses combats en Russie et en France, et son adhésion au parti nazi", explique Corinna. Cette situation illustre une culture du secret et des non-dits qui a prévalu dans de nombreuses familles allemandes après la chute du IIIème Reich, alors que plus d'un citoyen sur dix était membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) en 1945. Cette génération a ensuite "fait comprendre, notamment par l’ambiance qui régnait au sein de la famille, qu'il ne fallait pas aborder certaines choses", explique Johannes Spohr, historien qui aide des familles à retracer le passé nazi de leurs aïeux. Selon lui, ces aïeux ont pour certains "gardé le silence", ou alors raconté une autre "version de l’histoire", en se posant en victimes du nazisme voire en résistants. "Dans de récents sondages, entre 11 et 18% des personnes interrogées déclaraient que leurs aïeux avaient aidé des personnes persécutées. Cela ne correspond pas à l'état actuel des recherches scientifiques: moins d'1% des Allemands ont aidé", affirme M. Spohr, dans un entretien à l'AFP. Après avoir découvert l'adhésion en 1940 de sa grand-mère au NSDAP à 19 ans, Felix Pülm regrette de ne pas "pouvoir poser davantage de questions" à son aïeule décédée. "Ma grand-mère avait déjà vu ce que faisaient les nazis. Et pourtant elle a décidé d'adhérer", constate M. Pülm, 42 ans, professeur de langue, culture et histoire allemandes. Quand ses grands-parents étaient encore en vie, ils se positionnaient clairement contre le nazisme, amenant par exemple leurs enfants visiter la maison d'Anne Frank à Amsterdam. "S'interroger" "Mais ils n'avaient pas dit tout ce qu'ils avaient fait à l'époque", regrette M. Pülm qui veut désormais discuter avec toute sa famille de sa découverte, non pas pour être "moralisateur mais plutôt (pour) essayer de comprendre". La date d'adhésion donne une première indication sur les motivations. "Si on était encarté dès les années 20 ou au début des années 30, avant la venue au pouvoir d'Hitler, on peut supposer qu'on agissait par conviction", dit M. Spohr. A partir de 1933, il peut s'agir d'opportunisme. "Certains secteurs professionnels comptaient également davantage de membres que d'autres: les fonctionnaires, les enseignants étaient davantage sous pression pour devenir membre du NSDAP, même si cela n'a jamais été obligatoire", ajoute l'expert. Felix Pülm aimerait aussi que l'ouverture des archives conduise à une réflexion sur l'actuel essor de l'extrême droite en Allemagne, espèrant "que de nombreuses familles prendront le temps de s’interroger sur les raisons qui conduisent à s'engager dans un tel parti".

05.06.2026 à 08:15

SpaceX entre en Bourse: cinq choses à savoir avant d'acheter le rêve de Musk

FRANCE24

Le pari Musk La notoriété d'Elon Musk et sa réussite à bâtir des géants mondiaux comme Tesla puis SpaceX ont forgé sa réputation: celle d'un visionnaire, qui voit frémir les nouvelles technologies prometteuses et les transforme en champion industriel planétaire. La valorisation astronomique de SpaceX, près de 1.800 milliards de dollars, repose sur le pari que cette série de succès passés hors norme se poursuivra jusqu'à l'accomplissement de ses rêves spatiaux. En l'état, rien dans son cœur de métier ne cadre avec un tel montant: l'entreprise grossit vite, mais perd de l'argent. À ce tarif, l'action vaudrait environ 94 fois le chiffre d'affaires 2025 ; le cabinet d'analyse Morningstar estime la juste valeur du groupe autour de 780 milliards de dollars, largement moitié moins. Le chiffre d'affaires a bondi à 18,7 milliards de dollars en 2025, en hausse de 33% sur un an, mais les coûts ont grimpé plus vite encore, creusant une perte nette de 4,9 milliards. Au premier trimestre 2026, le groupe en a déjà reperdu 4,3. Le document d'introduction en Bourse promet que l'entreprise s'adressera à un marché total de 28.500 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB des Etats-Unis. Le vrai pactole, selon SpaceX, viendra de l'accès à internet via ses satellites Starlink et, surtout, de l'IA servie par des centres de données expédiés dans l'espace par fusée. Sauf que sa branche concernée, xAI, ne tient pas la cadence de ses rivaux et ses revenus plafonnent autour de 500 millions de dollars, une fraction de ceux d'OpenAI ou d'Anthropic. Musk garde les commandes Même après l'arrivée d'une nuée d'actionnaires, Elon Musk gardera la haute main sur l'entreprise. Le mécanisme est simple. Les petits porteurs reçoivent des actions de catégorie A: une voix chacune. M. Musk, lui, détient des actions de catégorie B qui pèsent 10 voix l'unité. Résultat, ses droits de vote submergent les autres: environ 82% du total. Ce système n'a rien d'inédit: Google, Meta ou Snap l'ont déjà employé pour garder leurs fondateurs aux commandes, même une fois cotés. Poursuites verrouillées Échaudé par des années de plaintes d'actionnaires de Tesla, cotée de longue date, M. Musk a transformé SpaceX en forteresse juridique. Toute action en justice devra être portée devant un tribunal de commerce spécialisé du Texas. Et si un juge s'y refuse, le litige file en arbitrage privé, sans jury ni recours collectif ("class action"), privant les actionnaires de leur principale arme face aux grands groupes. Le document admet le "risque" qu'un tribunal invalide ces clauses un jour. Mais d'ici là, ce sera la règle. Place aux particuliers Pour séduire ses légions de partisans, SpaceX réserve 30% des actions de l'opération pour les particuliers. Dans une introduction classique, les grandes maisons de Wall Street se taillent la part du lion. Cette fois, les particuliers ont une rare occasion de participer à la bataille. Pourquoi ça compte? Parce que cela change la composition de l'actionnariat dès le premier jour. En ouvrant grand la porte aux particuliers, l'entreprise répartit la propriété au-delà des fonds spéculatifs et des fonds communs, plus susceptibles de tiquer devant la réalité des comptes. Cela peut aussi rendre l'action plus volatile d'entrée: si une foule d'enthousiastes se rue dessus, le cours peut s'envoler d'un coup. Un achat quasi imposé Reste l'effet le plus mécanique. Plus de 60% des actions américaines sont aux mains de fonds passifs, qui se contentent de répliquer un indice comme le Nasdaq 100. Or le Nasdaq a changé ses règles en mai pour permettre à de très grosses capitalisations comme SpaceX, susceptible de peser fort sur l'indice, de l'intégrer en 15 séances au lieu de trois mois. Ces fonds, dont ceux abritant l'épargne-retraite de nombreux Américains, devront donc faire de la place au nouveau venu, déclenchant une vague d'achats de titres SpaceX et de ventes d'autres valeurs. Et comme 4% seulement du capital seront mis sur le marché lors de cette opération, tous ces acheteurs confondus, fonds indiciels ou fans de Musk, se disputeront un volume de titres minuscule. Ce qui pourrait faire flamber le cours.

05.06.2026 à 08:13

Cryptomonnaies: entre France et Albanie, arnaques à la chaîne et investisseurs floués

FRANCE24

Le premier a une vingtaine d'années. Rencontré par l'AFP dans un café de la capitale albanaise, près du tribunal où il doit pointer chaque semaine depuis le démantèlement du réseau, il n'affiche aucun remords. "S'il y a des gens qui croient, je ne vois pas pourquoi moi je devrais avoir des scrupules", explique celui qui avait pour modèle les héros du "Loup de Wall Street" - un film avec Leonardo DiCaprio incarnant un courtier véreux mais immensément riche. Depuis un immeuble luxueux du centre-ville, il se faisait passer pour un Américain passionné d'investissement et contactait des dizaines de victimes que "d'autres opérateurs avaient déjà identifiées". "Mon rôle était de les attirer pour les convaincre d'investir", raconte-t-il en avouant même par moment s'être senti "fier". Avec un salaire de 1.450 euros hors prime, contre 500 euros bruts pour le salaire minimum albanais, le jeune homme ne voyait dans ce job qu'une "excellente opportunité, très bien rémunérée". Six mois après son embauche, il se retrouve sous contrôle judiciaire, accusé de fraude, risquant de 3 à 10 ans de prison. Victimes françaises Fin avril, plusieurs centres d'appel albanais ont été démantelés, dont celui pour lequel travaillait Jon, au coeur d'une enquête pour escroquerie en bande organisée et blanchiment d'argent initiée par les gendarmes de la section de recherche de Pau, dans le sud-ouest de la France. En 2023, ces derniers ont été saisis après la plainte d'un investisseur des Pyrénées-Atlantiques qui avait misé 30.000 euros - en pure perte - sur une plateforme baptisée universatrade.io. De l'Alsace (est) à la Bretagne (ouest) en passant par le Midi (sud-est), la gendarmerie a identifié 19 victimes françaises pour un montant d'environ 1,5 million d'euros; dont Chantal, cheffe d'entreprise dans le sud du pays. Pour elle, tout a commencé en cliquant sur une publicité sponsorisée invitant à investir sur le cours du pétrole. "Dix minutes après, j'ai eu un appel. Une voix masculine, que je trouvais hyper sympa, vraiment un mec super", explique la quinquagénaire, souhaitant rester anonyme par crainte de représailles. "Ma fille allait se marier, je me suis dit que ça me ferait un petit plus..." Elle mise d'abord 250 euros. Sur l'application que lui ont fait installer ses interlocuteurs, la somme paraît fructifier, devient 500, 1.000 euros... "Ça va très, très vite, et ils vous disent +Vous ne voulez pas investir plus?+". Elle remet bientôt 5.000, puis 10.000, puis 70.000, 80.000 euros... Chantal est prudente et vérifie sur internet: les plateformes semblent exister, ses conseillers ont des profils LinkedIn et des noms francophones ("Gabrielle Cartier", "Hugo Moretti"...) malgré un fort accent à l'oral. "Ils m'ont même envoyé une copie de carte d'identité", se désole-t-elle. "Tu pleures, tu hurles" En décembre, trois mois après son premier investissement, Chantal est presque à 300.000 euros de gain affiché. Elle tente de récupérer l'équivalent de 30.000 euros en cryptomonnaie. "Là, tout se grippe", dit-elle. La descente aux enfers commence - Chantal explique avoir "voulu se flinguer", sauvée par ses proches. Mais l'"emprise" des escrocs est telle, les messages - 15 ou 20 par jour - si pressants qu'elle continue à verser de l'argent, jusqu'à 300.000 euros au total, dans l'espoir de débloquer son investissement. Notamment via un autre compte, ouvert à la demande des escrocs, dans une banque en ligne. "Ils vous tiennent. Comment voulez-vous faire? Ils ont votre argent. Tu n'en dors pas de la nuit, ton cerveau ne suit pas. Et le lendemain, ils te disent: +Il faut qu'avant midi, il y ait telle somme, sinon, tu ne récupéreras pas ton argent+. Donc, tu remets la somme. On te dit qu'+une heure après, ça sera sur ton compte+. Et là, ça n'y est pas. Et tu pleures, tu hurles dans la rue." "On dit que les victimes sont crédules mais c'est tellement bien monté...", très "sophistiqué", explique à l'AFP une source proche de l'enquête. Dignité Les gendarmes ont retracé le cheminement de la cryptomonnaie jusqu'en Albanie, où une perquisition menée avec la police locale le 22 avril à Tirana a permis de découvrir un centre d'appel avec une cinquantaine d'ordinateurs. Sur un disque dur, les noms et coordonnées des victimes françaises d'universaltrade.io. Cinq ressortissants albanais ont été interpellés: quatre prête-noms, titulaires de portefeuilles de cryptomonnaies, dont un policier, et un donneur d'ordre présumé, propriétaire du centre d'appels. Ce dernier, né en 1999, a été placé en détention provisoire. L'Albanie n'extradant pas ses ressortissants, le parquet de Pau devrait se dessaisir de l'enquête au profit de la justice albanaise, qui a promis de prendre en considération les victimes françaises pour de possibles indemnisations. D'autres dossiers sont aux mains de la justice en Albanie, devenue une destination privilégiée pour ces centres d'appels frauduleux, grâce au faible coût du travail, à une main d'oeuvre jeune et multilingue, et à une facilité à blanchir l'argent, notamment dans la construction, souligne Fatjon Softa, un ancien policier. Au-delà de l'Albanie, ce type d'arnaques fleurit aussi en Asie du Sud-Est, Afrique de l'Ouest ou aux Emirats arabes unis. Depuis le sud de la France, Chantal veut témoigner pour éviter à d'autres de connaître le même sort. "Ils volent plus que votre argent. Ils volent votre dignité. Ils volent votre intelligence. Ils volent tout ce que vous êtes. Tout ce que vous avez construit pendant toutes ces années", souffle-t-elle. Cet argent, "c'était un peu notre retraite. Mon mari et moi, on s'est remis au travail. C'est terrible". (*) Les prénoms ont été modifiés.

05.06.2026 à 08:09

Trump annonce vouloir construire une promenade à son nom près d'un monument emblématique de Washington

FRANCE24

Le président américain a déclaré que la voie relierait l'imposant monument en marbre blanc construit en l'honneur de son illustre prédécesseur Abraham Lincoln au fleuve Potomac, qui coule à proximité. "Ils veulent l'appeler la promenade Trump", a dit Donald Trump depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche. "Je ne sais pas si je veux faire ça, mais ça va être magnifique." Le Lincoln Memorial, achevé en 1922, est l'un des lieux les plus visités de Washington. Selon le milliardaire, sur les plans initiaux de 1911, l'entrée principale se trouvait à l'arrière du monument actuel, aujourd'hui séparé du fleuve par deux larges avenues passantes. "Cela permettra de relier le Lincoln Memorial jusqu'au Potomac, comme cela a toujours été prévu (...) Nous avons trouvé un moyen de franchir ces deux routes", a précisé Donald Trump. Un bassin d'ornement installé à proximité, sur la vaste esplanade du Mall dans le centre de la capitale, a été repeint pour le 4 juillet, jour de la fête nationale, qui marquera aussi les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis. Le milliardaire républicain tente, depuis son retour au pouvoir, de laisser son empreinte sur Washington, mais ses projets de rénovation font l'objet d'une série de litiges devant les tribunaux. La Maison Blanche a notamment dévoilé un projet monumental d'"Arc de Triomphe des Etats-Unis", qui devrait s'élever à plus de 76 mètres de hauteur. Donald Trump a aussi fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour construire une salle de bal, censée pouvoir accueillir jusqu'à 1.000 personnes pour des réceptions diverses et des dîners en l'honneur de dignitaires étrangers. L'ancien promoteur immobilier a également tenté d'accoler son nom à plusieurs institutions, comme le Kennedy Center, une célèbre salle de spectacles de Washington. Mais après qu'un juge ait ordonné que le nom du républicain soit retiré, l'institution a demandé, selon le Washington Post jeudi, le retrait du nom Trump de l'ensemble de ses panneaux et brochures, ainsi que de son site internet.

05.06.2026 à 08:03

L'ex-prince Andrew sous-louait des cottages dans la résidence où lui ne payait pas de loyer

FRANCE24

Depuis 2003 et jusqu'à récemment, Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres en 2025 après de nouvelles révélations sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, vivait dans la résidence de Royal Lodge sur le domaine de Windsor, à une trentaine de km à l'ouest de Londres. Pour occuper cette résidence où il cohabitait avec son ex-épouse Sarah Ferguson, il avait initialement payé une prime d'1 million de livres, et s'était engagé à dépenser 7,5 millions de livres (8,6 millions d'euros) en travaux, en échange d'un bail de 75 ans à un loyer dit symbolique, "mais qui est en réalité de zéro", selon le rapport. "Trois cottages sur le domaine du Royal Lodge ont été sous‑loués", avec des "revenus issus de cette sous‑location versés à Andrew Mountbatten-Windsor", qui lui-même ne payait pas de loyer pour occuper le manoir principal de 30 pièces, révèle le rapport du National Audit Office sur les modalités d'occupation des résidences de la famille royale. "Nous ne savons pas quel loyer était facturé" pour les cottages en question, précise encore le contrôleur des comptes. Ils sont vacants depuis avril. L'opacité qui entoure l'usage des résidences royales suscite un débat depuis des années, qui s'est renforcé avec la disgrâce de l'ex-prince Andrew. La commission parlementaire en charge des comptes publics doit également lancer cette année une enquête sur les propriétés royales. Andrew est quant à lui sous le coup d'une enquête de police pour "manquement dans l'exercice d'une fonction publique", soupçonné d'avoir transmis des documents économiques confidentiels à Jeffrey Epstein lorsqu'il était émissaire du Royaume-Uni au Commerce entre 2001 et 2011. Il a été brièvement arrêté en février et la police a perquisitionné Royal Lodge. Il a depuis déménagé sur le domaine privé du roi à Sandringham, dans l'est de l'Angleterre. Le rapport du National Audit Office révèle également que les filles d'Andrew, Beatrice et Eugenie, qui ne sont pas des membres actives de la famille royale, disposent d'appartements dans des palais royaux à Londres, dont le loyer est payé sur les revenus personnels du roi. De son côté, l'héritier du roi, le prince William, paie plus de 300.000 livres (346.600 euros) de loyer annuel pour occuper la résidence de Forest Lodge à Windsor, où il a emménagé l'an dernier avec la princesse Kate et leurs trois enfants.

05.06.2026 à 07:57

Le Monténégro en opération séduction pour accueillir un sommet européen

FRANCE24

Les drapeaux de l'UE et la bannière rouge et or, frappée d'un aigle bicéphale, du Monténégro sont installés depuis plusieurs jours le long des routes sinueuses menant à la station balnéaire de Tivat, 16.000 habitants, où doivent se réunir plus d'une quinzaine de dirigeants, dont le président Français Emmanuel Macron, arrivé jeudi, le chancelier allemand Friedrich Merz ou encore la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Barrages de police et forces de l'ordre en nombre étaient visibles dès jeudi aux abords des luxueux hôtels près du port – célèbre pour les super-yachts qui y font escale. La réunion, dont le thème est "une prospérité et une stabilité partagées entre l'UE et les Balkans occidentaux", comprendra un déjeuner au cours duquel "les dirigeants débattront de l'élargissement", selon la présentation du Conseil européen. "Ce sera l'occasion pour l'UE de réaffirmer son attachement total et sans équivoque à la perspective d'adhésion des Balkans occidentaux à l'UE", est-il écrit. Intégration "à moitié" "Notre engagement en faveur des Balkans occidentaux est réel, et il en va de même pour l'opportunité que représente l'élargissement", a martelé cette semaine le président du Conseil européen, Antonio Costa, en tournée dans la région avant le sommet. "La dynamique est là. C'est maintenant qu'il faut agir", a-t-il dit, alors que certains pays de la région ont déposé leur candidature depuis plus de 15 ans. Ainsi, on estime à Paris qu'il pourrait être possible pour un pays, par exemple aligné à 100% sur la politique étrangère de l'UE, d'assister à certains conseils européens. L'idée d'une intégration "à moitié" est de plus en plus discutée - le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre albanais Edi Rama ont récemment plaidé dans une tribune commune pour une intégration plus rapide en échange d'une absence de droit de veto pour les nouveaux arrivants. "28 en 28" Après des décennies d'hésitations sur l'avenir européen des Balkans occidentaux, l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a ravivé l'intérêt de Bruxelles pour l'élargissement à cette région géographiquement au cœur de l'Europe et géopolitiquement stratégique pour contrer les influences russe et chinoise, deux acteurs économiques très importants dans la zone. Si Bruxelles a souvent dit vouloir intégrer tout le monde en même temps, le Monténégro et l'Albanie s'imposent de plus en plus comme les favoris pour rejoindre le bloc, devant certains de leurs voisins comme la Serbie et la Bosnie, à la traîne sur les réformes requises. Les progrès du Monténégro en matière de réformes ont amené la commissaire européenne à l'Elargissement, Marta Kos, à évoquer la possibilité de conclure les négociations techniques d'ici la fin de l'année, ce qui ouvrirait la voie à une adhésion d'ici fin 2028, 20 ans après le dépôt de sa candidature. De quoi enthousiasmer le gouvernement du pays de 625.000 habitants qui a lancé un site "28 by 28" (28 en 28, allusion aux 27 membres de l'UE, ndlr). Même les avions de la compagnie nationale, qui achemineront des dizaines de milliers de touristes cet été vers cette destination de plus en plus prisée, sont siglés de ce slogan. "Le sommet Union européenne–Balkans occidentaux à Tivat est l'événement international le plus important de l'histoire contemporaine du Monténégro", a affirmé le président Jakov Milatovic dans une tribune publiée par les médias locaux mercredi. - Soucis de voisinage - Si le Monténégro, qui possède déjà l'euro, fait figure de bon élève de l'accession, la situation est différente pour ses voisins. Plus tôt cette année, Marta Kos a averti que plusieurs pays risquaient de perdre définitivement des centaines de millions d'euros de fonds en raison de la lenteur des réformes - en pointant spécifiquement Belgrade pour ses "reculs". La Serbie, qui entretient des liens étroits avec Moscou, est parmi les pays les plus eurosceptiques de la région, et le soutien de la population à l'adhésion n'y atteint pas les 50%. Mais c'est le chemin du Kosovo qui reste l'un des plus incertains: cinq Etats membres de l'UE refusent toujours de reconnaître son indépendance. Le sommet est prévu entre 09H00 et 16H00 GMT vendredi.

05.06.2026 à 07:43

Incendie de Crans-Montana en Suisse: audition confrontation des propriétaires du bar

FRANCE24

Cette audition sous le format de la confrontation se tiendra en présence des avocats des différentes parties, qui pourront également interroger Jacques et Jessica Moretti sur ce drame qui a fait 41 morts et 115 blessés. "Le mode de confrontation relève du choix discrétionnaire des procureures: toutes les formes sont possibles. Je pense qu'elles disposent d'éléments de preuve qu'elles souhaitent soumettre aux deux, avant tout", a déclaré à l'AFP un des avocats des parties civiles, Romain Jordan. "Notre attente est toujours la même: obtenir des réponses, connaître la vérité et toutes les responsabilités, afin que cela ne puisse jamais se reproduire. Cette confrontation est la dernière occasion offerte aux époux Moretti pour dire la vérité, toute la vérité. Les victimes en ont besoin, pour le deuil comme leur reconstruction", a-t-il ajouté. Le drame survenu en pleine célébration de la Saint-Sylvestre dans le bar Le Constellation a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français. La dernière audition de M. Moretti, principal mis en cause dans l'enquête, prévue le 7 avril, avait été reportée après le dépôt de certificats médicaux par ses avocats. Les deux propriétaires ont déjà été entendus à deux reprises depuis l'ouverture de l'enquête pénale les visant et M. Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d'une caution de 200.000 francs suisses (220.000 euros). Il a ensuite fait l'objet comme son épouse de "mesures de contrainte". Au total, 14 personnes sont visées par l'instruction pénale, pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence". Parmi ces personnes figurent plusieurs actuels et anciens élus et employés de la commune, dont les responsables ont reconnu juste après le drame l'absence de contrôles sécurité et incendie dans le bar depuis 2019. Les premiers éléments de l'enquête font apparaître que l'incendie a été déclenché par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar Le Constellation. En plus d'établir les éventuelles responsabilités de la commune, l'enquête doit aussi examiner les mesures de prévention incendie adoptées par les propriétaires et reconstituer le déroulement exact du sinistre.

05.06.2026 à 07:33

Roland-Garros: l'occasion en or de Zverev et le filon inépuisable de l'Italie

FRANCE24

Depuis les éliminations du N.1 mondial Jannik Sinner (1er) au deuxième tour et de Novak Djokovic (4e) au troisième, qui se sont ajoutées au forfait du double tenant du titre Carlos Alcaraz, Zverev est promu au rang de favori par la presse. Une étiquette que l'Allemand, battu trois fois en finale de Grand Chelem, dont une à Roland-Garros (2024), s'est escrimé à décoller. "Je me concentre sur le prochain match, sur mon adversaire, ce sont les seules choses que je puisse contrôler", a évacué l'Allemand, qui ouvrira le bal des demi-finales vendredi face à Jakub Mensik, un adversaire davantage à sa portée que les trois superstars du tennis mondial. Zverev a d'ailleurs battu le Tchèque lors de leur unique confrontation, sur la terre battue de Madrid (6-4, 6-7, 6-3), le mois dernier en huitièmes de finale. Dans ce tournoi parisien plein de surprises, le N.3 mondial "est évidemment le favori pour remporter", assure l'ex-N.1 mondial américain John McEnroe, finaliste en 1984. "C'est l'occasion ou jamais, mais il va ressentir la pression" liée au statut de favori, pressent cependant le septuple vainqueur de tournois du Grand Chelem. L'écueil Mensik Résister à cette pression sera l'une des clés pour Zverev qui a déjà manqué des occasions en Grand Chelem: lors de sa première finale à l'US Open en 2020 quand il a remporté les deux premiers sets face à Dominic Thiem, avant que l'Autrichien ne renverse le match, ou encore à Paris en 2024 lorsqu'il menait deux sets à un contre Alcaraz avant que l'Espagnol n'inverse la tendance pour s'emparer du trophée. Lors de sa dernière finale majeure, l'an passé à Melbourne, l'Allemand s'était en revanche incliné sans marquer un set face à Sinner et court donc toujours après ce premier sacre en Grand Chelem qui viendrait auréoler un palmarès pourtant déjà flatteur. Y figurent deux victoires au Masters de fin d'année, une médaille d'or olympique (2021) et sept Masters 1000, les tournois situés juste en-dessous des Majeurs dans la hiérarchie. Pour se rapprocher de son objectif ultime, Zverev devra d'abord maîtriser Mensik qui, à 20 ans, a déjà prouvé sa capacité à répondre présent dans les grandes occasions. Le Tchèque a ainsi remporté le Masters 1000 de Miami (dur) 2025 contre la légende serbe Novak Djokovic en finale. A Paris en début de quinzaine, Mensik était passé tout près de l'élimination contre l'Argentin Mariano Navone (38e). Finalement vainqueur 13/11 au super-tie-break, le 27e mondial avait terminé le match perclus de crampes, un temps incapable de se relever pour aller saluer son adversaire dans une chaleur accablante. Mais "plus le tournoi avance, mieux je joue", a-t-il prévenu. Vivier italien Le vainqueur de cette première demi-finale affrontera à coup sûr un Italien, Flavio Cobolli (14e) ou Matteo Arnaldi (104e). Malgré la défaite précoce de Sinner et le forfait du N.2 italien Lorenzo Musetti, leurs compatriotes ont pris le relais, prouvant encore une fois la profondeur du vivier en Italie, lauréate des trois dernières éditions de la Coupe Davis. Contraint à l'abandon mercredi par une blessure à la hanche gauche, le Romain Matteo Berrettini complétait le contingent "azzurro" en quarts de finale de Roland-Garros. "On doit se réjouir pour le tennis italien", qui n'avait encore jamais placé simultanément trois représentants en quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, a estimé Cobolli. Sur le circuit principal, Arnaldi et Cobolli se sont affrontés deux fois sur terre battue, pour une victoire chacun. Le premier avait gagné en deux sets en 2023 à Umag (Croatie), avant que Cobolli ne prenne sa revanche en quatre sets au deuxième tour du dernier Roland-Garros. "On se connaît très bien, a souligné Arnaldi mercredi. On s'est beaucoup joués depuis qu'on a 11, 12 ans. J'espère que ça va être une belle bagarre !"

05.06.2026 à 07:31

En Seine-et-Marne, un gigantesque projet de centre de données suscite convoitise et appréhension

FRANCE24

Ce projet, intitulé "Campus IA" et annoncé au sommet Choose France de 2025, est estimé à 50 milliards d'euros. Il "entend accueillir des infrastructures informatiques de nouvelle génération et devenir un lieu d’accueil et de synergies pour les entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies et le développement de l’IA", selon le site internet du projet. Financé par le fonds émirati MGX, Bpifrance, la start-up française d'intelligence artificielle Mistral et le géant américain Nvidia, ce data center, aux "caractéristiques hors normes" selon l'avis de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe), suscite l'inquiétude de certains habitants. Selon Giuliano Del Negro, retraité de 68 ans, qui a participé à une réunion d'information, à écouter les porteurs du projet, "tout est beau, tout est magnifique". Mais "on se pose beaucoup de questions", explique-t-il à l'AFP, s'inquiétant des effets sur l'environnement, des "nuisances pendant les travaux" et d'hypothétiques nouveaux pavillons, voire "petits immeubles" qui pourraient être construits. "On aimerait bien que Fouju reste comme ça", explique l'homme qui s'est installé dans ce village avec sa femme il y a un an et demi pour "le calme" et le cadre rural. 130 terrains de foot "Je suis pour", affirme de son côté Laurent, qui ne souhaite pas donner son nom ni sa profession. "Ca va générer de l'argent et de l'emploi", explique celui qui se dit en revanche très opposé au projet de prison qui doit jouxter le "Campus IA" et se trouvera sur la commune voisine de Crisenoy. Les millions d'euros attendus chaque année vont ainsi permettre de mener "des projets d'envergure", selon Jonathan Wochenmayer, maire depuis 2020 de ce petit village sans commerce qui fonctionne actuellement avec un budget de 650.000 euros, dont 90% environ financent les dépenses de fonctionnement. Nouveaux trottoirs, école vieillissante remise à neuf, développement de services à la personne... Ce ne sont pas les idées qui manquent, même si rien n'est encore formalisé. Et selon les porteurs de projet, le data center, dont la livraison de la première phase de travaux est prévu pour 2028, devrait également créer 300 à 500 emplois directs. La consommation de 200.000 foyers "L'intérêt économique du projet est discutable", considère pour sa part l'association France Nature Environnement Seine-et-Marne (FNE 77), dans une de ses contributions à l'enquête publique. Les recettes fiscales "conséquentes" se feront "au prix de nuisances importantes (...) minimisées dans le dossier", dénonce l'association. "Nous ne sommes pas contre tous les data centers, parce qu'effectivement, nous en avons besoin, mais pas des monstres comme celui-là", précise auprès de l'AFP Jean-François Dupont, administrateur de FNE 77, qui vit à une dizaine de kilomètres de Fouju. Dénonçant "l'ébriété numérique" avec "le développement de l'IA à vitesse grand V et dans tous les sens", il pointe, notamment, la pollution engendrée par les 613 groupes électrogènes de secours, qu'il faudra régulièrement tester, le risque d'émanation de PFAS (polluants éternels) présents dans les 680 groupes froids nécessaires pour refroidir les serveurs et la formation d'îlots de chaleur en été. Avec ses "11 bâtiments de centres de données d’une hauteur de 20 mètres", selon la MRAe, la consommation électrique du site équivaudra à la consommation moyenne de 200.000 foyers français. "Écologiquement parlant, c'est une +cata+", s'inquiète Eveline Biaggini, 53 ans, régisseuse costumes et candidate aux élections municipales en 2020. Si le maire de Fouju reconnait que, pour l'instant, il n'existe pas de solution pour réutiliser toute la chaleur dégagée, il estime que les nuisances engendrées par le Campus IA sont bien moindres que celles anticipées dans les précédents projets envisagés, qui induisaient du trafic routier. "Si le data center n'avait pas été ici, il aurait été ailleurs. Et je pense qu'il va être positionné sur une zone qui sera la moins impactante pour les habitants qui sont autour", défend M. Wochenmayer, insistant sur les 2,8 kilomètres de distance entre le village et le futur site. Fin mai, un pique-nique de contestation a réuni près d'une centaine d'opposants.

05.06.2026 à 07:29

Au RN, regain de tension entre les lignes

FRANCE24

Rien de tel qu'une bonne retraite collective pour remettre les choses au point. Ca tombe bien: Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs gardes rapprochées doivent se retrouver le 12 juin, hors de Paris et à l'abri des regards, pour phosphorer sur leur campagne présidentielle. Un point d'étape "très basique" pour discuter "stratégie politique et organisation", dans le prolongement d'une première réunion mi-avril, minimise un participant. Trop banal ? Les deux chefs se sont chargés d'ajouter un sujet de discorde à l'ordre du jour. Jordan Bardella le premier, en glissant à la presse allemande début mai que son parti était "en train d'examiner la question" d'un relèvement de l'âge légal de départ en retraite. Une pierre dans le jardin de Marine Le Pen, qui maintient mordicus sa promesse de revenir à 62, voire 60 ans - avec 40 à 42 années de cotisation. "Le programme est le même que celui de 2022, en l'état", a tenté de rectifier la triple candidate à l'Elysée. Mais son cadet n'en démord pas: "L'âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c'est la durée de cotisation". Presque du Gabriel Attal dans le texte. Un membre de la direction assure que "ce n'est pas un cafouillage" et que les deux têtes du RN ont seulement "présenté les choses avec des termes différents". Pourtant, les porte-parole sont déboussolés. Quelqu'un qui a commencé à 24 ans pourrait donc partir à 66 ans ? "Oui", répond Julien Odoul. "Si vous commencez à 25 ans, avec notre réforme vous partirez à 67 ans", renchérit Louis Aliot. Le RN avait déjà souffert d'hésitations sur le même sujet après la dissolution de 2024. Un cadre se désespère: "On est sur le Titanic, on a les jumelles, l'iceberg ne sort pas de la brume et pourtant ça fait deux ans qu'on fonce dedans". "On va le payer" Ce n'est pas tant le contenu qui pose problème, que "l'affichage politique", insiste ce député. "Le signal qu'on envoie c'est +quand ils sont dans l'opposition c'est le Père Noël, dès qu'ils s'approchent du pouvoir c'est le Père Fouettard+". Ravageur à moins d'un an du scrutin suprême. Et même si la presse est accusée de surinterpréter les propos et d'amplifier les désaccords, "on s'y est mis tout seul" et "on va le payer jusqu'à la présidentielle", s'inquiète ce même responsable. L'addition risque de s'allonger encore, avec le volet budgétaire du programme. Jusqu'ici le RN tablait sur un plan d'économies de 100 milliard d'euros sur cinq ans. Chiffre encore répété la semaine dernière par M. Bardella. Mais chiffre déjà dépassé: "En vérité il faudra 120 milliards", prévient un stratège. La faute aux "dépenses rigides" (loi de programmation militaire, prêt européen à l'Ukraine...) sur lesquelles "on ne pourra pas revenir". S'il sera aisé d'en rejeter la responsabilité sur la "mauvaise gestion" d'une macronie finissante, et le "contexte aggravé" par la guerre en Iran, cela suffira-t-il à faire passer la pilule ? Surtout si dans le même temps, la tendance pro-business s'affirme, comme l'a laissé entrevoir la dissonance fin avril entre la "candidate naturelle" et son dauphin autour de la question des "surprofits" de TotalEnergies. Du côté des "marinistes", on en vient à soupçonner les "jordaniens" de vouloir "remettre en cause" l'équilibre du projet avec des mesures "qui ne sont pas financées", notamment sur la fiscalité des grandes entreprises et des plus fortunés. "Si c'est cette ligne-là, on ne gagnera pas", s'alarme même un proche de la patronne. Evidemment tout reste suspendu au verdict de la cour d'appel de Paris, qui décidera le 7 juillet si Marine Le Pen peut concourir une quatrième fois, ou pas. Mais ce deuxième séminaire tombe à pic pour accorder enfin les violons et couper court aux spéculations. Car comme le relève un historique du parti, "le Front national, puis le Rassemblement national, ont bien fonctionné en n'ayant pas de courants et en étant uni derrière le chef". Reste à savoir lequel.

05.06.2026 à 07:27

Le combat de MMA à la Maison Blanche suscite des critiques au sein même de l'UFC

FRANCE24

Prévu le 14 juin, l'événement marque le 80e anniversaire du républicain, très lié à l'UFC, l'organisation qui domine le monde du MMA, et à son patron, Dana White. Ce dernier a pourtant reconnu que la météo humide de la ville, connue pour ses étés chauds, et les moustiques, nombreux à Washington, pourraient perturber les combats. Et tandis qu'une arène est en construction sur les pelouses de la Maison Blanche, les critiques émanant du secteur fusent. Joe Rogan, l'un des podcasteurs de droite les plus connus d'Amérique, a par exemple reconnu dans l'un de ses podcasts qu'il trouvait "étrange" d'organiser un combat par une telle chaleur. "Je n'aime pas ça", a-t-il renchéri fin mai. Mais cette semaine, l'animateur conservateur a tempéré ses propos, assurant que c'était "tellement drôle de voir les gens s'affoler à ce sujet". "Tellement américain" "Il n'y a rien de plus américain qu'un combat de l'UFC sur la pelouse de la Maison Blanche. C'est tellement américain. C'est tellement Trump. C'est complètement fou", a-t-il assuré avec enthousiasme. Au-delà des défis logistiques - quelque 4.500 invités doivent prendre place sur la pelouse sud de la Maison Blanche, et jusqu'à 100.000 autres pourront suivre les combats sur écran géant dans un parc adjacent - se pose la question du financement de l'événement, dont le coût est estimé à 60 millions de dollars, selon la presse américaine. "L'UFC paye. Aucun argent public n'est utilisé" pour cette installation, a affirmé à l'AFP un responsable de la Maison Blanche le mois dernier. L'un des combats opposera le Français Ciryl Gane au Brésilien Alex Pereira pour le titre mondial par intérim des poids lourds. Et, au moment où les conséquences de la guerre en Iran continuent de peser sur la santé financière des Américains, de récent sondages révèlent un profond mécontentement face à la situation économique. Sean Strickland, actuel champion des poids moyens de l'UFC, a affirmé avoir été exclu de l'événement pour avoir critiqué Donald Trump et son allié Benjamin Netanyahu sur la guerre en Iran que, selon lui, "aucun Américain n'approuve". "De hauts responsables de l’UFC m’ont appelé – vous savez, des gros bonnets – et m’ont dit : +Sean, désolé, mais tu n’es pas assez israélien pour participer à l’UFC 250 Israel Edition. La Maison Blanche ne t’a pas donné son feu vert+", a-t-il dénoncé dans une vidéo sur Instagram. "Gouvernement corrompu" L'événement doit également célébrer les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis. L'athlète, qui a été vivement critiqué par le passé pour ses propos racistes répétés, avait soutenu la candidature de Donald Trump à la présidentielle de 2024, mais s'en est depuis distancié. L'UFC et sa société mère, TKO Group, n'ont pas répondu à l'AFP. Un autre combattant de l'UFC, Bryce Mitchell, a lui affirmé que le gouvernement "bafouait son rôle au sein de la société". "Le gouvernement ne devrait jamais organiser d'événements sportifs, car cela permet plus de corruption, et nous avons déjà un gouvernement corrompu", a-t-il ajouté. Comme Sean Strickland, Bryce Mitchell a soutenu Donald Trump en 2024. Mais dans une récente publication Instagram, il a critiqué le président qui "détruit notre nation et mène une guerre qui n'a pas été votée". Il a décrit dans ce même message le combat à la Maison Blanche comme "un abus flagrant de pouvoir politique visant essentiellement à pousser les gens à vénérer Donald Trump". Bryce Mitchell a par le passé tenu des propos antisémites et homophobes. Douze athlètes doivent concourir le 14 juin, dont l'Américain Justin Gaethke, qui a qualifié sa participation d'"honneur incroyable". Le Français Ciryl Gane a lui estimé que le combat serait une "belle vitrine" pour le MMA.

05.06.2026 à 07:27

Au Pérou, le prochain président devra tenter de survivre à un Parlement tout-puissant

FRANCE24

Celui qui sera élu dimanche lors du second tour de la présidentielle, sera le neuvième chef de l'Etat depuis 2016. Rien ne dit qu'il terminera son mandat. Keiko Fujimori, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, qui a gouverné d'une main de fer dans les années 1990, s'oppose au candidat de gauche Roberto Sanchez, héritier politique de l'ancien chef de l'Etat emprisonné Pedro Castillo. Au Pérou, le système est présidentiel en théorie, mais presque parlementaire dans les faits, résument plusieurs analystes et simples électeurs. "Le peuple élit un président et le Parlement le renverse", déplore Leonidas Valdez, un conducteur de moto-taxi de 49 ans d'un quartier populaire du nord-est de Lima. "Nous sommes devenus la risée des autres pays, qui nous voient changer de président sans cesse", regrette Julio Raurau, un chauffeur de bus de 48 ans du même quartier de la capitale. Au cœur de cette instabilité figure un article de la Constitution permettant au Parlement de déclarer la "vacance" de la présidence pour "incapacité morale permanente", une notion aux contours flous qui a servi à évincer plusieurs chefs de l'Etat. Depuis son application pour la première fois contre Alberto Fujimori en 2000, ce mécanisme a fait chuter directement cinq présidents. Les autres ont été poussés à la démission. Ce pouvoir restera entre les mains du prochain Parlement élu le 12 avril même s'il redeviendra bicaméral pour la première fois depuis plus de 30 ans. "Les réformes maintiennent un système où le Parlement conserve un pouvoir considérable", souligne auprès de l'AFP Paulo Vilca, de l'Institut d'études péruviennes (IEP). Ni le parti Fuerza Popular de Keiko Fujimori ni Juntos por el Perú de Roberto Sanchez ne disposeront d'une majorité. "La tentation de la destitution existera toujours", estime le politologue Fernando Tuesta. Scandale des "mochasueldos" Selon lui, Keiko Fujimori serait toutefois mieux protégée grâce au poids de son parti, qui détiendra environ un tiers des sièges dans chacune des deux chambres. La droite apparaît en outre mieux placée pour nouer des alliances, comme elle l'a fait ces dernières années. Cette puissance institutionnelle ne s'accompagne toutefois pas d'une forte légitimité populaire. Le Parlement a terminé l'année 2025 avec un taux de désapprobation de 87%, selon un sondage Ipsos. Au cours des cinq dernières années, le parquet a ouvert des enquêtes visant 67 parlementaires pour un total de quelque 700 infractions présumées. La plupart de ces affaires concernaient des détournements de fonds publics. L'un des scandales les plus répandus a été celui des "mochasueldos", ces élus accusés de prélever une partie du salaire de leurs collaborateurs en échange de leur emploi. Parmi les autres affaires retentissantes figure celle du député Freddy Diaz, condamné en 2024 à plus de 13 ans de prison pour avoir drogué et violé une employée dans son bureau. Le Parlement a aussi été éclaboussé par des affaires plus insolites, dont celle dite de la "coupe-ongles", devenue virale en 2025 après qu'une parlementaire a été photographiée dans son bureau pendant qu'un assistant lui coupait les ongles des pieds. Pour le politologue Arturo Maldonado, les partis disposent de "filtres très faibles" pour sélectionner leurs candidats, ouvrant la voie à des élus qui cherchent parfois à tirer un avantage personnel de leur mandat. "On ne sait pas vraiment entre quelles mains nous allons tomber", soupire Carmen Zuñiga, 50 ans, employée d'une cantine populaire du sud de Lima, illustrant la faible confiance de nombreux Péruviens envers le futur Parlement.

05.06.2026 à 07:25

A Bordeaux, le centre pénitentiaire "gravement dégradé" selon un rapport

FRANCE24

Dans cette prison de 633 places, 1.188 personnes étaient détenues en mars, au moment du contrôle, soit un taux de surpopulation de 191%, quand la moyenne nationale s'établit à 139% - son nouveau record battu au 1er avril. L'établissement ne raisonne plus "en capacité d'accueil" mais "en matelas au sol", relève dans un rapport publié vendredi la Contrôleure Dominique Simonnot. Elle établit des "recommandations en urgence", qui font suite à une première alerte en 2022 et à une ordonnance du tribunal administratif de Bordeaux de la même année, qui enjoignait déjà à l'administration pénitentiaire de prendre des mesures "urgentes" au regard de "conditions de détention indignes". Sollicitée par l'AFP, l'administration n'a pas réagi. Depuis ce premier constat, la livraison en 2024 d'une première tranche de 275 places d'un nouveau bâtiment, "aussitôt suroccupé", n'a "nullement amélioré les conditions de vie des personnes détenues". Pire, le bâtiment historique, datant de 1967, reste "en service malgré son indignité manifeste", déplore la CGLPL. "Des cafards circulent partout s'infiltrant dans les réfrigérateurs et les affaires des détenus", certains détenus "n'osent plus aller aux douches y redoutant des incidents, des bagarres et l'absence totale d'intimité", dit-elle encore. D'autant que 25% des effectifs de surveillants sont absents (postes vacants ou arrêts maladie), ce qui impacte les activités, les parloirs ou les entretiens avec le service d'insertion et de probation, mais aussi l'accès aux soins, souligne Mme Simonnot. Dans l'ancien bâtiment, la "promiscuité et le manque d'activité" ont causé une hausse de 96% des violences entre détenus, entre 2023 et 2025. "L'insécurité est généralisée et insuffisamment maîtrisée", résume-t-elle. "Dans l'ancien bâtiment, vous avez cinq étages avec en théorie deux surveillants par étage, mais quand le matin il manque cinq ou six personnes, on doit se débrouiller avec les moyens qu'on a", confirme Hubert Gratraud, délégué syndical FO-Pénitentiaire à Gradignan. Dans les cellules surpeuplées, l'espace individuel varie de 0,9 m2 à 1,4 m2, selon le rapport. En période de canicule, "à trois personnes dans une cellule, c'est une cocotte-minute", renchérit le syndicaliste, pessimiste pour l'avenir. Le nouveau centre pénitentiaire de Gradignan sera terminé en fin d'année, pour un transfert de tous les détenus d'ici à mars. Mais il se fera "à effectifs constants" et les cellules "seront tout aussi surpeuplées", pointe du doigt Hubert Gratraud. "Si tous les personnels étaient effectivement là, ça irait, mais ce n'est pas le cas et on voit bien qu'on n'arrive pas à recruter". En France, surveillants comme directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion. Environ 22% des établissements ont été touchés par un mouvement de grève fin avril.

05.06.2026 à 07:23

Japon: un ours "extrêmement intelligent" recherché après avoir blessé quatre personnes

FRANCE24

Le plantigrade est parvenu à s'enfuir mercredi soir du bâtiment où il s'était replié la veille après avoir fait quatre blessés dans deux usines de Fukushima, selon les médias nippons. Il a ainsi échappé aux chasseurs équipés de pièges et pistolets anesthésiants. L'animal est toujours en cavale vendredi, a déclaré à l'AFP un responsable de la ville, dans un contexte de multiplication des signalements et attaques mortelles d'ours au Japon. Les preuves sur place suggèrent que l'animal "a déverrouillé la fenêtre tout seul" pour prendre la fuite, a expliqué jeudi le maire de Fukushima, Yuki Baba, aux journalistes. Selon lui, des marques de griffes ont été observées près de la sortie. L'ours aurait également "ouvert le robinet" pour boire, a poursuivi le maire, décrivant un animal "extrêmement intelligent". "Avec la coopération des chasseurs, de la police et des pompiers, je pense que nous avons pris toutes les mesures possibles" pour le capturer, a assuré M. Baba. Un record de 13 personnes ont été tuées par des ours au Japon l'an dernier et les observations sont en hausse cette année alors que les animaux sortent affamés de leur hibernation. Au cours du dernier exercice fiscal clos en mars, le nombre d'observations d'ours dans le pays a dépassé 50.000, soit plus du double du précédent record établi deux ans plus tôt, selon les chiffres officiels. Des plantigrades entrent dans des maisons, errent près des écoles et mettent des supermarchés à sac régulièrement. Selon plusieurs experts, les ours se multiplient en partie grâce à l'abondance de nourriture (glands, cerfs, sangliers), favorisée par le changement climatique.

05.06.2026 à 07:19

Australie: plus de 100.000 blattes de contrebande saisies près de Sydney

FRANCE24

Ces insectes ont été découverts lors d'un raid mené chez un éleveur dans la ville de Bathurst, à l'ouest de Sydney, a précisé le ministère. Sur place, ils ont trouvé des blattes de Madagascar, aussi appelées "blattes souffleuses" en raison de leur mécanisme de défense bruyant, ainsi que des blattes Dubia, élevées pour servir de collation aux lézards de compagnie. Des photos montrent l'une des blattes de Madagascar saisies, presque assez grande pour recouvrir entièrement la paume de la main d'un adulte. "Nous prenons très au sérieux notre mission de protection de la biodiversité unique de l'Australie, ainsi que les infractions à la législation nationale sur l'environnement", a réagi un porte-parole du ministère de l'Environnement. "Nous constatons un élevage et un commerce illégaux de blattes exotiques, et nous mettons en garde les animaleries ainsi que les propriétaires d'animaux de compagnie", a-t-il ajouté. Le ministère a estimé la valeur de ces insectes à environ 200.000 dollars australiens (plus de 122.000 euros). Les autorités ont désormais la tâche peu enviable d'euthanasier ces bêtes rampantes.
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