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19.05.2026 à 09:57

Le Vietnam fait marche arrière sur l'interdiction des deux-roues à essence

FRANCE24

Hanoï figure certains jours en tête du classement des villes les plus polluées au monde et doit en grande partie cette triste distinction à ses deux-roues, qui roulent presque tous aux carburants fossiles. Le gouvernement communiste avait annoncé l'an dernier un plan visant à bannir les deux-roues à essence d'une zone de 26 km² dans le centre historique. Face à l'opposition des usagers et aux retards dans la construction de stations de recharge électriques, les autorités ont réduit le projet à 11 rues, couvrant 0,5 km², seulement le vendredi soir et certains week-ends. Un recul qui illustre la difficile transition vers les véhicules électriques, même dans un pays autoritaire peu enclin à tolérer la dissidence. "Quasiment tout le monde s'oppose à l'interdiction", estime Phuong Anh Nguyen, une habitante de Hanoï propriétaire d'un scooter à essence. Cette chercheuse de 24 ans souffre de congestion chronique, qu'elle attribue à la pollution, mais refuse de passer à l'électrique. VinFast and furious Les responsables municipaux n'ont pas approuvé ce mois-ci la version réduite du projet, reportant la décision à juin et mettant en doute son application, prévue au 1er juillet. "C'est rare, mais ça arrive", commente l'analyste Nguyen Khac Giang. "Le gouvernement a tendance à reculer lorsque sa légitimité est menacée et je pense que c'est ce qui motive l'assouplissement des règles". Les deux-roues sont incontournables à Hanoï, que ce soit pour se rendre au travail, se déplacer en famille ou même transporter des marchandises. La ville en compte près de sept millions, soit sept fois plus que de voitures. Les transports publics sont limités dans le pays et de nombreuses personnes n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture. Lorsque le projet d'interdiction a été annoncé en juillet dernier, les fabricants de deux-roues à essence ont fait front, laissant planer le risque de pertes d'emplois dans leurs usines vietnamiennes. Le constructeur local VinFast, spécialisé dans l'électrique, a vu ses ventes bondir depuis l'annonce, et certains analystes suggèrent que l'interdiction visait en partie à le favoriser. Mais VinFast n'a vendu que 400.000 deux-roues environ l'an dernier au Vietnam, contre 2,6 millions pour Honda. Précipitation "déroutante" Le gouvernement a proposé des subventions allant jusqu'à 5 millions de dongs (165 euros) pour encourager les usagers à acheter des scooters électriques. "Ce n'est pas suffisant, surtout pour une jeune diplômée comme moi", estime Hanh Nguyen, 24 ans, qui pointe également le manque de stations de recharge. D'autres usagers sont rebutés par des témoignages de pannes et d'incendies de batteries, qui ont poussé certains immeubles de Hanoï à interdire les deux-roues électriques. Les autorités oeuvrent à sécuriser les stations de recharge, mais construire des infrastructures prend du temps, tout comme sevrer la population des carburants fossiles. L'Union européenne a abandonné l'an passé son interdiction de vente de voitures neuves essence et diesel prévue pour 2035, et l'Inde s'est donnée un demi-siècle pour basculer vers l'électrique. Nguyen Minh Dong, ancien ingénieur chez Volkswagen devenu conseiller en électrification, qualifie de "déroutante" la précipitation des autorités vietnamiennes. "Le changement demande beaucoup de temps en raison des limites structurelles", explique-t-il. "La feuille de route visée par le Vietnam n'est pas adaptée".

19.05.2026 à 09:21

Le parc Malcolm X, symbole du plan Trump pour Washington

FRANCE24

"S'ils ferment les pelouses du parc, où notre communauté pourra-t-elle exister? ", s'inquiète Jalisa Settles-Bey, 36 ans. La vendeuse ambulante oscille doucement au son des bongos et djembés qui rythment, chaque dimanche, ce rassemblement hérité du mouvement des droits civiques, après l'assassinat en 1965 du militant de la cause afro-américaine Malcolm X. "Cette colline est historiquement entourée de populations afro-américaines, retrace Mikey, originaire d'Ethiopie, un instrument en main. Malgré la gentrification, la communauté afro-américaine de DC (Washington), du Maryland, de Virginie continue de s'y rassembler lors du cercle de percussions". Mais en ce dimanche de printemps, les musiciens présents au Meridian Hill Park, le nom officiel du site, jouent face à des pelouses désertées, barrées par de longues bâches vertes portant le message: "Nous rendons DC sûr et beau ". Si, dans la partie basse du parc, la fontaine monumentale a été remise en eau et les espaces verts aménagés, la partie supérieure où le groupe se réunit depuis des décennies est toujours en travaux. "Exclure les habitants" En prévision du 250e anniversaire des Etats-Unis, Donald Trump s'est donné pour mission "d'embellir " la capitale fédérale. Mobilisant plusieurs milliards de dollars, le plan du président américain prévoit de rénover les monuments, nettoyer les fontaines ou renforcer la lutte contre les campements de sans-abri. Pour ses partisans, il s'agit de restaurer le prestige de la capitale. Mais pour nombre d'habitants, l'opération ressemble davantage à une reprise en main. Setha Low, anthropologue spécialiste des espaces publics à l'université de New York, assure que l'enjeu dépasse largement l'entretien paysager: " L'embellissement d'un espace a souvent signifié son aseptisation ou son hyper-sécurisation.  On revitalise, mais on contrôle qui peut être visible, qui peut se rassembler, et quelles histoires restent présentes". "On ne rend pas une ville sûre et belle en excluant ses habitants!", s'indigne Jesse Bogdan, coordinateur de la coalition Keep Malcolm X Open, créée en réaction. Il craint notamment "la minimisation du rôle des Afro-Américains" sur les panneaux historiques du parc, voire "que Trump lui donne son nom, comme il l'a fait avec le Kennedy Center", la salle de spectacles emblématique de la capitale. Le collectif a recueilli plus de 4.000 signatures, dénonçant l'absence de consultation publique et le calendrier des travaux,prévus quand les concerts, manifestations et rassemblements sont les plus nombreux. Intrusion politique "Contrairement aux villes européennes dotées de grandes places centrales, le plan urbain de Washington dispose de peu d'espaces ouverts", rappelle Setha Low. Les parcs sont donc "des foyers privilégiés d'activité politique", qu'il s'agisse des manifestations anti-Trump "No Kings" ou de celles ayant suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en 2020. Or, à Washington, près de 90 % des espaces verts relèvent du gouvernement fédéral, offrant un levier d'action unique à un président désireux de façonner la capitale. Après avoir décrit la ville comme "sale " et "dangereuse ", Donald Trump y multiplie les projets spectaculaires: nouvelle salle de bal à la Maison Blanche ou projet d'arc de triomphe monumental. La maire démocrate, Muriel Bowser, évolue quant à elle sur une ligne de crête : coopérer avec l'administration fédérale sur certains chantiers tout en défendant l'autonomie de Washington face à ce que nombre d'habitants perçoivent comme une intrusion politique. Même parmi les riverains favorables aux rénovations - qui ont accueilli la réouverture de la partie rénovée avec entrain - les motivations du gouvernement interrogent. "La fontaine était hors service, les pelouses très abîmées, c'était nécessaire. Mais beaucoup pensent que les financements n'arrivent que parce que certains veulent une ville impeccable pour les festivités" du 250e anniversaire, relève Dina Smith, qui promène son chien. Le Service des parcs nationaux (NPS) assure de son côté que les principales restaurations, achevées mi-mai, ont permis "d'améliorer la sécurité, la propreté et l'apparence du site". L'agence dit être consciente de l'intense vie communautaire du parc, sans toutefois arrêter une date de réouverture complète, estimée à "l'été 2026". D'ici là, la coalition de riverains prévoit, pinceaux en main, de détourner les panneaux "DC sûr et beau", en les recouvrant "d'oeuvres reflétant la diversité des usagers du parc ".

19.05.2026 à 09:17

Ni "bombes", ni "coups de feu": les Cubains veulent du changement, pas la guerre

FRANCE24

Pour cette Cubaine de 56 ans, gardienne dans une entreprise d'Etat, la priorité est de survivre au jour le jour, sur une île qui traverse sa pire crise économique et énergétique depuis des décennies, aggravée par un blocus américain sur le pétrole en vigueur depuis janvier et qui n'a permis l'arrivée dans le pays que d'un seul pétrolier russe. "Nous essayons de ne pas penser à ça (la guerre), parce que nous avons tant de problèmes", explique cette habitante en montrant à l'AFP son réfrigérateur presque vide, avec à peine quelques bouteilles d'eau dans le congélateur pour une famille de sept personnes, dont trois enfants. La tension, raconte-t-elle, se vit déjà fortement au quotidien, entre les coupures de courant et les pénuries de nourriture et d'eau. "J'essaie de mettre (...) un peu de musique" pour ne pas "devenir folle". Les spéculations se multiplient sur d'éventuelles actions militaires de Washington contre l'île communiste dans un climat de fortes tensions entre les deux ennemis idéologiques. Le gouvernement cubain a réaffirmé lundi son droit à la légitime défense et averti qu'une éventuelle agression militaire américaine provoquerait un "bain de sang". "Pour moi, le mieux serait que les deux gouvernements parviennent à un accord", souffle Mme de la Cruz. "La même menace" Dans les rues de La Havane, nombreux sont ceux qui partagent ce mélange d'inquiétude et de scepticisme. Même si le ton entre La Havane et Washington est encore monté d'un cran ces derniers jours, la possibilité d'une guerre ne semble pas imminente pour les habitants interrogés par l'AFP. "Je ne pense pas que ça arrive", affirme Olaida Pozo, 52 ans, une femme au foyer qui rappelle que "la même menace" des Etats-Unis pèse sur Cuba depuis des décennies sans qu'elle ne se soit concrétisée en un conflit. "C'est toujours la même menace et, jusqu'à présent, jamais de la vie on n'a vu un bombardement ou une guerre", devise la quinquagénaire, assise à l'entrée de l'immeuble où elle vit, dans le centre historique de la ville. Près du port de La Havane, Alexis Pérez, 28 ans, un ouvrier du bâtiment, reconnaît qu'"une guerre ne sera jamais une bonne chose". A son avis, l'urgence est d'un autre ordre: "Ce qui est clair, c'est qu'il doit y avoir un changement" sur l'île, explique le jeune homme, tout en déplorant que beaucoup de jeunes Cubains considèrent l'émigration comme la seule issue face à l'absence de "solution" à leurs problèmes. Concernant les recommandations de la Défense civile diffusées ces jours derniers de préparer un sac à dos avec des aliments, des médicaments et des fournitures en prévision d'une éventuelle guerre, Alexi Perez assure avoir stocké "quelques produits". Mais il ne pense pas que "quelque chose d'aussi dramatique" qu'une guerre va se produire. "Nous avons quelques ressources prêtes, mais pas de façon aussi extrême, dramatique, qu'un sac à dos avec tout ce qu'il faut pour fuir", dit-il. L'île de 9,6 millions d'habitants fait face à une inflation galopante, ce qui complique aussi l'accès aux denrées de base pour la plupart des Cubains. D'autres habitants rejettent l'idée même d'une intervention militaire contre Cuba. "L'issue ce n'est pas une invasion", estime Osvaldo Mendoza, 61 ans, un maçon qui affirme que "ce dont nous avons besoin, c'est que le pays se développe économiquement pour pouvoir avoir de meilleures conditions de vie". "Les Américains ne sont pas fous", ajoute-t-il, avant de conclure: "Ce qui doit changer ici, c'est le système". Beatriz, une militaire retraitée de 40 ans qui a demandé à ne pas révéler son nom de famille, ne se prépare pas non plus à une guerre. "Je ne pense pas que nous devions en arriver à ces extrémités", dit-elle, même si elle estime qu'il doit y avoir des changements "pour le bien du peuple". "Une agression en tant que telle, des bombes, des coups de feu, ça non. Mais que les États-Unis interviennent et que ce soit pour une amélioration, ça me paraît bien", affirme-t-elle.

19.05.2026 à 09:17

Aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles en péril

FRANCE24

Ce club d'apiculteurs, amateurs comme professionnels, se réunit régulièrement pour apprendre de nouvelles techniques et discuter des problèmes auxquels ils font face. L'un des principaux: une espèce d'acariens parasites, qui ravagent les ruches. Apiculteur chevronné, Roy Funkhouser devrait gérer environ 1.200 ruches. Mais cette année, il en a moins de 200. "C'est un vrai combat", explique-t-il à l'AFP. "Les parasites, les acariens, les virus, l'exposition aux pesticides et aux produits chimiques... Tout est devenu plus difficile qu'avant." Il n'est pas seul à dresser ce constat. Les apiculteurs américains traversent une grave crise. Ils ont perdu plus de la moitié de leurs colonies entre avril 2024 et avril 2025, selon les dernières estimations de l'association Apiary Inspectors of America, la plus forte baisse annuelle depuis que le groupe a commencé à mener des enquêtes auprès des apiculteurs. L'un des responsables de ces pertes est Varroa destructor, un acarien parasite de 1,5 mm ressemblant à un crabe, que le ministère américain de l'Agriculture (USDA) qualifie de "nuisible le plus redoutable pour les abeilles domestiques". Les parasites dévastent les colonies en se nourrissant des tissus des abeilles et en transmettant un virus qui déforme leurs ailes. Budget réduit Dans sa lutte contre ces nuisibles, Roy Funkhouser peut compter sur le soutien de Zac Lamas, chercheur au centre de recherche agricole de Beltsville, qui abrite le plus ancien laboratoire apicole du pays, à la pointe de la recherche dans ce domaine depuis plus d'un siècle. Son équipe "est venue une fois et on a tout échantillonné", raconte l'apiculteur. "Ils ont ramené des abeilles au labo pour les élever et ont mis en culture le pollen, la cire et beaucoup d'autres choses", ajoute-t-il. Le chercheur et ses collègues élaborent ensuite des recommandations destinées aux apiculteurs du pays. "Il ne s'agit pas seulement d'aider un seul apiculteur. On peut travailler avec des colonies ou des services de pollinisation valant plusieurs millions de dollars, qui pourraient disparaître parce que ces colonies sont menacées", explique Zac Lamas à l'AFP, entre deux démonstrations menées bras nus au-dessus des ruches. Le ministère américain de l'Agriculture, qui cherche à réduire les coûts, a pourtant décidé de fermer le centre de recherche où il travaille pour faire des économies, mettant l'avenir de son laboratoire en péril. Un porte-parole du ministère a indiqué à l'AFP que cette décision avait été prise en raison d'une réduction de plus de 32 millions de dollars du budget, alloué par le Congrès, pour la recherche agricole. Le laboratoire apicole de Zac Lamas, qui emploie une vingtaine de scientifiques, "coûte 3,2 millions de dollars par an" mais permet d'apporter des solutions à un problème évalué "à 600 millions de dollars", défend le chercheur. "Dire que nous sommes superflus et coûteux n'est pas une bonne façon de résumer la valeur de ce laboratoire ni son coût", tranche-t-il. Interrogé par l'AFP à propos de l'avenir du laboratoire apicole, notamment pour savoir s'il pourrait être déplacé ailleurs, le ministère n'a pas répondu. "Une grande perte" A cause de l'incertitude qui pèse sur le sort de l'installation, Zac Lamas a accepté un poste dans une université locale. Il craint que le démentèlement du laboratoire ne mène à une perte de savoir. "Vous avez une dizaine de personnes animées par le service public, dont l'unique objectif est de contribuer à la sécurité alimentaire des Américains", explique-t-il. Réunies au sein d'un laboratoire, ces personnes, dont les compétences sont "complémentaires", peuvent travailler ensemble à résoudre des problèmes. Les apiculteurs aussi sont inquiets. "Ce sera une grande perte", regrette Roy Funkhouser. "Nous avons obtenu des résultats grâce à de nombreux tests et identifié beaucoup de dysfonctionnements." "Le problème, malheureusement, c'est qu'on a à peine réglé un souci qu'un autre apparaît l'année suivante."

19.05.2026 à 09:15

La méthanisation, une perspective pour l'agriculture, en plein blocage d'Ormuz

FRANCE24

Les effluents d'élevage (fumier, lisier), tels qu'ils sont en général entassés en bordure de champ avant d'être épandus plus tard dans l'année, fermentent naturellement et émettent du méthane, alors pourquoi ne pas recueillir ce gaz pour le vendre? D'autant que la Haute-Garonne fait partie des départements au revenu agricole parmi les plus faibles de France, explique Bertrand Loup, l'éleveur bovin qui a porté ce projet de méthaniseur, en service depuis un an, avec dix autres agriculteurs. "C'est passionnant, mais c'est regrettable qu'on soit obligés de faire des métiers différents pour survivre", explique-t-il en consultant des écrans où s'affichent notamment quantité et composition du gaz ainsi capté. "Danger" Face à une filière d'élevage "en danger", "avec une crise des vocations et possiblement à terme beaucoup de fermes qui allaient fermer", la méthanisation permet de retrouver de la rentabilité sans avoir "besoin de s'agrandir et de bouffer les voisins", explique-t-il. Le procédé, qui apparaît dès la fin du XVIIIe siècle principalement pour du chauffage, s'est beaucoup développé dans les années 2010 sous une forme nouvelle visant à épurer le méthane pour pouvoir l'envoyer dans les réseaux de distribution, raconte Pascal Grouiez, professeur d'économie écologique à l'Université Paris Cité. Une dynamique que l'Etat français - qui voit dans ce biométhane une énergie renouvelable et une alternative au gaz d'origine fossile, notamment russe - a encouragée en apportant des subventions et en fixant des tarifs d'achat garantis pour 15 ans. A Blajan, le méthaniseur a été bien accueilli, estime Bertrand Loup, mais d'autres projets rencontrent ailleurs l'opposition des riverains, inquiets d'éventuelles nuisances olfactives, d'embouteillages liés au transport des intrants ou de risques environnementaux. Le choix de la méthanisation représente une "industrialisation" de l'élevage qui "répond surtout à une souffrance agricole", estime Cécile Argentin, présidente de France Nature Environnement Occitanie Pyrénées. "Si les agriculteurs étaient moins mal en termes de revenu, pouvaient prendre trois semaines de vacances et avaient un revenu digne de ce nom, certains ne se tourneraient pas vers la méthanisation", assure-t-elle. Cette façon de diversifier les revenus est effectivement appréciée dans un secteur vulnérable aux aléas climatiques et variations des prix du marché. "Du jour au lendemain, tout bascule, (...) rien n'est fixé sur plusieurs années, alors que pour la +métha+, on a un prix de vente sur 15 ans", se félicite Baptiste Sarraute, 26 ans, l'un des 11 éleveurs associés. Gain de temps Un employé vient chaque semaine chercher fumier et lisier directement dans les exploitations, évitant aux agriculteurs de devoir gérer ces effluents. Pour Baptiste Sarraute, qui a repris la ferme familiale en 2020, c'est le principal avantage de la méthanisation: "On passait à peu près deux mois de l'année à épandre et transporter ces effluents." Puis, fumier, lisier et ensilage (fourrage issu de la culture de céréales) sont brassés dans des cuves de 3.000 m3, où la température est maintenue autour de 60°C, explique Bertrand Loup. Quelque 27.000 tonnes de biomasse sont ainsi traitées à l'année, et 20 MWh de biométhane injectés dans le réseau de GRDF, soit la consommation de la ville voisine de Saint-Gaudens (12.000 habitants), selon l'éleveur. La matière digérée par les bactéries, le digestat, peut ensuite, grâce à l'azote qu'il contient, remplacer tout ou partie des engrais chimiques. Une ressource précieuse, car le coût des engrais les plus utilisés en France a bondi de 30 à 40% depuis le début de la guerre déclenchée au Moyen-Orient par les Etats-Unis et le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, selon le média spécialisé Argus Media. Fin 2023, la France comptait 1.911 unités de méthanisation, selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2025. Il s'en installe moins qu'avant, mais "il y a quand même encore de l'avenir pour la méthanisation", note Pascal Grouiez. Le gouvernement y compte bien, pour "quadrupler (l)a production de biogaz d'ici à 2030" et "décarboner complètement la consommation de gaz d'ici à 2050", selon la Cour des comptes. Des objectifs "inatteignables", estime M. Grouiez. Mais pour Bertrand Loup, pas le choix: "Il faut décarboner. Et si c'est pas nous, ce sera Total."

19.05.2026 à 09:09

Plaisir, désir et nains de jardin au programme du célèbre Chelsea Flower Show de Londres

FRANCE24

Pendant cinq jours, plus de 150.000 personnes sont attendues à ce rendez-vous annuel très prisé, organisé par la Royal Horticultural Society (RHS), où 30 jardins sont en compétition pour des prix très convoités. Avant même l'ouverture du salon, la serre d'Aphrodite a beaucoup fait parler d'elle. Bousculant l'univers habituellement sage du jardinage, elle est décrite sur le site de la RHS comme "le jardin des plaisirs par excellence (...) luxuriant, parfumé et légèrement coquin". Il s'agit d'"une mise en scène théâtrale " du désir et de l'amour, explique à l'AFP son concepteur, James Whiting. Les visiteurs découvrent des fleurs pendantes ou en forme de cœur, des formes florales suggestives et sculpturales, ainsi que quelques sex toys ayant trouvé leur place au milieu des plantes, en toute discrétion. "Les gens sont enthousiastes à l'idée de découvrir quelque chose d'un peu nouveau (...) et de voir la RHS s'ouvrir à des thèmes plus modernes", se félicite James Whiting. "Les fleurs, c'est avant tout une question de sexe. Alors pourquoi ne pas en faire un thème au Chelsea Flower Show ?". "Choses simples" Pour rendre hommage au pouvoir protecteur de la nature, des arbres géants tombés ont été sculptés représentant une gardienne endormie, Gaïa, ou Mère Nature. "Ce jardin a pour but de vous faire découvrir (...) la joie qui se cache dans les choses simples", explique Sarah Eberle, conceptrice du "Garden on the Edge" ("Jardin Au Bord Du Précipice") pour la Campaign for Protection of Rural England, organisation visant à protéger et revitaliser les espaces ruraux. Cette année, pour la deuxième fois seulement dans les 113 ans d'histoire du salon, les nains de jardin -ces ornements fantaisistes parfois jugés kitsch- ont été de nouveau autorisés sur le site. Des célébrités, dont l'actrice Cate Blanchett et le guitariste Brian May, ont peint ces personnages espiègles, qui seront mis aux enchères au profit d'œuvres caritatives. Sur le thème de la durabilité, le jardin "Bring Me Sunshine" ("Apporte-Moi Du soleil") a été conçu dans le cadre du deuxième projet "Eden" au Royaume-Uni, qui doit ouvrir fin 2028 à Morecambe, dans le nord-ouest du pays. Il est entouré d'un mur fabriqué notamment à partir de restes de coquillages -palourdes, moules et coques. Le jardin est rempli de plantes comestibles, comme la salicorne, le chou marin et l'argousier, toutes originaires des côtes de la baie de Morecambe. "Une façon de se reconnecter à la nature est de passer par l'alimentation", a expliqué l'un des concepteurs du projet, Harry Holding, amateur de cueillette sauvage. Le premier projet "Eden", réalisé dans les Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre) a injecté 6,8  milliards de livres (7,8 milliards d'euros) dans l'économie locale en 25 ans, depuis la transformation d'une ancienne carrière en jardins spectaculaires. Il attire environ un million de visiteurs par an, et l'objectif est d'apporter des retombées similaires à la ville défavorisée de Morecambe, en créant des emplois pour les jeunes. C'est un projet porteur "d'espoir et de renouveau", a dit à l'AFP son co-concepteur Alex Michaelis. "Etre curieux" Situé sur les bords de la Tamise, le Royal Chelsea Hospital accueille ce salon depuis 1913. Son succès est tel que les billets étaient déjà tous vendus avant son ouverture. "Nous n'avons jamais autant eu besoin de la joie que procure le jardinage (...) ou de la sérénité que procure le simple fait de s'asseoir dans un jardin", a dit Clare Matterson, directrice de la RHS dans un communiqué. Charles  III, un amoureux de la nature et du jardinage, a visité le salon lundi, avec la reine Camilla. Le roi, avec sa King's Foundation, présente un jardin dans la compétition, le "Curious Garden" (le "Jardin insolite"). Ce lieu "célèbre la riche diversité des plantes et leur impact sur nos vies ", selon le site de l'événement. La légende du football David Beckham, un passionné de jardinage, a participé à sa conception. La fleur préférée du roi serait le majestueux delphinium, le pied d'alouette.

19.05.2026 à 08:59

"Effet domino", "déflagration" : l'impact des violences sexuelles sur la famille et les proches des victimes

FRANCE24

Quand Caroline découvre que sa fille Julia (les prénoms des mineurs ont été modifiés) de quatre ans a été violée à plusieurs reprises par son baby-sitter, son monde s'"effondre". "Elle faisait d'énormes colères, je ne la reconnaissais plus, j'ai cru qu'on allait la perdre, c'était horrible", raconte-t-elle à l'AFP six ans plus tard. Au-delà de Julia, qui reste profondément marquée par ces viols, l'onde de choc provoquée par cette agression ne laisse personne indemne au sein de la famille. "Tout le monde se sent coupable de ne pas avoir vu, d'avoir laissé entrer l'horreur dans notre propre maison", souligne Caroline. Résultat, "je vais voir un psychiatre, mon mari y va, mon fils va y aller, on a décidé de déménager et j'ai dû changer de travail". "Heureusement qu'on a des familles qui nous entourent et nous soutiennent, heureusement qu'on avait de l'argent pour payer tous les soins thérapeutiques et qu'on avait la possibilité de changer de boulot. Je me dis que les gens qui sont seuls dans cette situation, ils se foutent en l'air". Relégué au second plan, l'impact des violences sexuelles sur les proches des victimes est mis en lumière depuis plusieurs mois par les témoignages de parents démunis et ébranlés par les révélations sur des cas de violences sexuelles dans le périscolaire. En avril, une enquête publiée dans Le Monde sur un père de famille, accusé de viols et d'agressions sexuelles sur 34 jeunes garçons à Lucenay (Rhône) a donné la parole à des parents brisés et dévastés. Une déflagration que l'on retrouve en toile de fond de deux livres publiés le même mois : "Derrière les arbres", de Frédéric Pommier, victime de viols dans l'enfance, et "Clément", de Romain Lemire sur l'inceste paternel. Insomnies, stress "Il faut bien se rendre compte de l'impact traumatique des violences sexuelles, c'est véritablement un jeu de domino qui se renverse", souligne la psychiatre Muriel Salmona, spécialiste du psychotrauma. Dans le cas du périscolaire, "les parents des victimes sont dans un état catastrophique, ils ne dorment plus, n'arrivent pas à travailler, ils sont stressés et sont dans l'incompréhension la plus totale de comment leur enfant a pu subir cela dans une structure censée les protéger." Les parents. Et également la fratrie. "L'un de mes fils l'a très mal vécu, il n'a pas compris l'inaction des professionnels", raconte Caroline Alirol, dont la fille a été agressée sexuellement par un animateur périscolaire du Nord il y a deux ans et demi. Pour Homayra Sellier, présidente d'Innocence en danger, "la culpabilité est très fréquente: les proches s'en veulent à mort de ne pas avoir vu, de ne pas avoir su ou de ne pas avoir agi." Elle se souvient notamment d'un couple, dont les trois enfants ont été violés par un membre de la famille, qui s'est "effondré" lors d'un "stage de résilience" organisé par son association. "Déni" Au-delà de quelques groupes de parole, les parents sont pour une grande majorité livrés à eux-mêmes, déplorent les acteurs de terrain. "Rien n'est pensé au niveau de l'Etat en raison du déni tellement énorme qui persiste sur les violences sexuelles faites aux enfants", dénonce Claire Bourdille, fondatrice du collectif Enfantiste. "Il y a des congés enfants malades dans les entreprises mais rien n'est prévu pour les enfants victimes", ajoute-t-elle, appelant à mettre en place "un statut pour la personne qui va l'accompagner dans la prise en charge de son psychotrauma". Il "faut que l'Etat se réveille et donne des moyens qui permettent de proposer des thérapies et juger plus vite car, dans l'attente de ces décisions, la victime est en petits morceaux et sa famille aussi", complète Homayra Sellier. En "oubliant de soutenir les familles des victimes, de les informer et leur donner tous les outils dont elles pourraient avoir besoin", l'Etat aggrave les chances de reconstruction des victimes, alerte de son côté Muriel Salmona.

19.05.2026 à 08:53

Peter Magyar en Pologne et en Autriche pour rétablir les liens et voir plus loin

FRANCE24

En réservant sa première visite officielle à Varsovie, Peter Magyar veut tourner la page Viktor Orban mais aussi tenter de créer un bloc de pays d'Europe centrale qui compte au sein de l'Union européenne, estiment les analystes. Alors que la Pologne s'est ces dernières années réorientée vers une "coopération nordique et balte", note auprès de l'AFP Piotr Buras, du centre de réflexion ECFR, le nouveau chef du gouvernement hongrois espère obtenir qu'elle se tourne à nouveau vers le centre du continent. Au début du mois, il a ainsi proposé de fusionner le groupe de Visegrad -- une alliance informelle réunissant la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie -- avec le format d'Austerlitz, qui comprend la République tchèque, la Slovaquie et l'Autriche. "Je pense que cela sera dans l'intérêt de chaque pays", a-t-il déclaré, tablant sur le fait que cette alliance pourrait peser davantage sur la politique de distribution des fonds de cohésion par l'UE. "Les peuples d'Europe centrale sont plus forts ensemble que séparément", a-t-il encore affirmé la semaine dernière. La visite en Pologne de M. Magyar est présentée comme le possible début d'une "nouvelle ère", le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Ignacy Niemczycki disant espérer une coopération plus "loyale". Peter Magyar, qui sera accompagné de six ministres dont la ministre des Affaires étrangères Anita Orban, doit rencontrer le président Karol Nawrocki et le Premier ministre Donald Tusk. Il entend s'inspirer de ce dernier pour la manière dont il "a renoué avec l'Union européenne et obtenu le déblocage progressif des fonds européens gelés", estime le politologue Peter Dobrovieszki, de l'Institut MCC, dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision ATV. Une délégation de la Commission européenne est attendue à Budapest cette semaine et M. Magyar espère conclure un accord avec sa présidente, Ursula von der Leyen, à l'occasion d'un déplacement à Bruxelles dans la semaine du 25 mai pour récupérer les milliards d'euros gelés en raison des atteintes à l'Etat de droit par le gouvernement Orban. Sur le plan économique, Anna Wisniewski, la directrice de la chambre de commerce polono-hongroise, s'attend quant à elle à ce que "les relations économiques bilatérales se dynamisent", les échanges entre la Hongrie et la Pologne étant actuellement de 15 milliards d'euros. "Je sens que les entreprises comme les particuliers attendaient depuis longtemps ce moment pour coopérer à nouveau", a-t-elle ajouté auprès de l'AFP. Voyage en train Avant Varsovie, Peter Magyar prévoit une étape à Cracovie, dans le sud, où il doit rencontrer le nouvel archevêque Grzegorz Rys, puis il ira à Gdansk, dans le nord, pour une visite symbolique à l'ancien président polonais Lech Wałesa, Prix Nobel de la Paix et figure historique de la lutte pour la liberté en Pologne. Il est ensuite attendu mercredi en fin de journée en Autriche, la deuxième étape de ce premier voyage officiel où il sera notamment question de coopération économique et de politique migratoire. "J'aimerais renforcer les relations entre la Hongrie et l'Autriche pour des raisons historiques mais aussi culturelles et économiques", a notamment déclaré Peter Magyar, faisant allusion à l'histoire étroitement liée des deux pays au sein de l'Empire austro-hongrois et aux rapports économiques forts qu'ils entretiennent aujourd'hui. L'Autriche est le deuxième investisseur en Hongrie après l'Allemagne, avec plus de 11 milliards d'euros. Ce pays alpin, qui souhaite depuis longtemps approfondir ses relations avec la Hongrie et les autres Etats de la région, pourrait enfin voir ses ambitions stratégiques s'aligner sur celles de son voisin. Le déplacement de M. Magyar et de son équipe se fera en partie en train pour mettre en avant des projets financés par l'UE, dont la ligne à grande vitesse entre Cracovie et Varsovie, et aussi souligner l'une de ses priorités: la modernisation du réseau ferroviaire hongrois.

19.05.2026 à 08:53

G7 Finances: la France promet un communiqué commun à l'issue du sommet

FRANCE24

"Il y aura un communiqué. Vous verrez que, dans ce communiqué, il y a un certain nombre de sujets importants sur lesquels on est d'accord", a déclaré Roland Lescure sur le média financier français BFM Business. Le ministre doit tenir une conférence de presse, au côté du gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, à partir de 13H30 pour en rendre compte. M. Lescure a notamment évoqué la "volonté indispensable de gérer les déséquilibres mondiaux", "l'aide aux plus vulnérables, notamment les pays les plus vulnérables" et "les enjeux de la crise et l'impact sur le quotidien de nos concitoyens" de la guerre au Moyen-Orient. "On a eu des discussions extrêmement franches entre personnes qui ne sont pas forcément d'accord sur tout, mais qui sont capables de parler de tout", a-t-il ajouté un peu plus tard devant la presse. Pour le deuxième jour du sommet, les échanges seront élargis à d'autres pays invités du G7, le Brésil, l'Inde, la Corée du Sud et le Kenya le matin, puis trois pays du Golfe (Emirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite) à l'heure du déjeuner. A l'issue du G7, une grande conférence "No money for terror", dédiée à la lutte contre le financement du terrorisme, réunira les délégations de 75 pays et sera conclue par le président français Emmanuel Macron. "Cette convention vise à rappeler combien les ministres des Finances ont un rôle à jouer dans le traquage des flux financiers illicites qui financent le terrorisme, mais aussi le narcotrafic et le grand banditisme", a conclu Roland Lescure.

19.05.2026 à 08:45

L'Assemblée appelée à voter 36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées

FRANCE24

Le projet de loi qui fixe d'ici 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises, porterait à 436 milliards d'euros les dépenses militaires prévues d'ici à la fin de la décennie, soit 36 milliards de plus que la dernière loi de programmation (2023). Une trajectoire qui doit toutefois être validée chaque année lors du débat sur le budget de l'Etat, mais qui sera percutée par la prochaine présidentielle. Lors des débats, la ministre des Armées Catherine Vautrin a défendu "la nécessité d'accélérer, de densifier notre effort de réarmement", invoquant "les retours d'expérience" d'"Ukraine comme du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise Covid". Le vote sur l'ensemble du texte est prévu après la séance des questions au gouvernement, à partir de 16H30. Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, les députés ont très peu amendé le projet de loi voté par la commission de la Défense fin avril, laissant peu de doute quant à son adoption mardi. Les socialistes avaient alors voté pour et le Rassemblement national s'était abstenu. S'il ne prévoit pas de modifier le format des armées (210.000 militaires d'active, 225 avions de combat, 15 frégates de premier rang), le projet met l'accent sur des postes d'investissement jugés nécessaires. A commencer par les munitions, avec davantage de missiles et d'obus, ainsi que par les drones. Outre le volet investissement, le projet de loi apporte plusieurs nouveautés. Lundi, au dernier jour de l'examen du texte, démarré début mai mais interrompu une semaine, les députés ont adopté l'article le plus sensible du texte. Il prévoit un nouveau régime exceptionnel qui pourrait être déclenché "sur tout ou partie du territoire national, par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle". Le gouvernement pourrait alors déclencher une batterie de mesures de simplification administrative pour déroger notamment à des normes environnementales ou d'urbanisme. Par exemple, construire des hangars pour stocker des Rafale sans passer par toutes les haies du droit commun sur la protection des espèces, relève une source gouvernementale. Journée d'appel "Nous ne touchons pas aux libertés individuelles", a martelé dans l'hémicycle Catherine Vautrin. L'article suscite de vives inquiétudes à gauche et chez les écologistes. "Les critères de déclenchement sont beaucoup trop flous", a martelé Bastien Lachaud (LFI), estimant qu'une "décision aussi grave qui permet de déroger au droit commun et d'accroître les pouvoirs de l'exécutif, doit obligatoirement passer devant le Parlement". Le texte prévoit également de permettre à certains opérateurs privés, dont les aéroports, d'avoir recours à des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, et surtout de déléguer sous conditions cette tâche à des sous-traitants privés. Une façon de répondre aux différentes incursions sur des sites sensibles ces dernières années. Le texte comporte également d'autres mesures normatives notamment pour encadrer la liberté d'expression des agents et anciens agents des services du renseignement, ou la mobilité professionnelle de certaines personnes qualifiées dans le domaine scientifique. Il élargit aussi la possibilité pour les renseignements de recourir à des algorithmes, pour traquer et exploiter des données de connexion sur le web, notamment pour "la défense nationale", contre "la criminalité organisée" et le trafic de stupéfiants ou d'armes. Plusieurs mesures concernent la jeunesse, avec notamment la transformation de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) en Journée de mobilisation, recentrée sur les enjeux militaires. Le projet de loi est prévu au menu du Sénat à partir du 2 juin.

19.05.2026 à 08:29

Au Mali, les civils dans l'horreur des crimes de l'armée et des Russes

FRANCE24

Comme elle, une dizaine de réfugiés maliens en Mauritanie ont témoigné à l'AFP des violences commises contre les civils par l'armée malienne et ses alliés russes qui l'épaulent dans sa lutte contre le jihadisme. A l'abri d'une construction de briques sommaire, la sexagénaire raconte comment son fils et quatre autres personnes, partis vendre de la marchandise au Mali, ont croisé la route de l'armée malienne et de paramilitaires russes du groupe Africa Corps en août dernier, à quelques kilomètres de la frontière. Des bergers qui s'étaient cachés dans les environs ont rapporté la scène: "Les agresseurs les ont ligotés, avant de les décapiter (...) Ils ont mis le feu aux marchandises", raconte Chérifa, dont le nom a été changé pour sa sécurité, comme toutes les personnes interrogées sur ce sujet. Personne n'a osé venir récupérer les cinq hommes avant le lendemain, par peur d'une embuscade ou que les dépouilles soient piégées. "Leurs corps ont été retrouvés le jour suivant", s'émeut la nomade aux traits burinés par le soleil, qui n'a "pas eu le courage de jeter un dernier regard" à la dépouille de son fils, qui comme les autres n'avait "rien fait". "Peuple innocent" L'armée et les Russes "déversent leur haine sur le peuple innocent, faible et inoffensif", lâche-t-elle. Les communautés peules et touareg, soupçonnées de grossir les rangs des groupes jihadistes et des indépendantistes au Mali, sont particulièrement visées par les forces du pouvoir central. Arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2020 en promettant de rétablir la sécurité sur le territoire, la junte du général Assimi Goïta s'est éloigné de la France pour faire appel à la milice russe Wagner, devenue depuis Africa Corps, rattaché au ministère de la Défense russe. Les exactions du groupe ont été largement documentées. Selon des données analysées par l'AFP de l'ONG Acled, spécialisée dans l'observation des conflits, les actions lancées depuis 2020 par les forces officielles maliennes, accompagnées ou non par les paramilitaires russes, ont fait plus de 8.500 morts, dont la moitié sont des civils. Lorsque les Russes accompagnent les forces gouvernementales, la proportion des civils parmi les tués monte à 60%, et dépasse 90% quand ils sont seuls, d'après les données d'Acled. Tortures Sous les tentes de fortune des réfugiés, l'évocation des "Wagner", comme on appelle toujours les Russes, ravive bien des traumatismes. Nédoune*, réfugié touareg d'une cinquantaine d'années, porte toujours les séquelles de leurs tortures: un œil gauche opéré et un corps perclus de douleurs. Il y a deux ans, cet éleveur était allé chercher de l'eau à un puits dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali, lorsqu'il a été arrêté par un convoi russe. Il raconte avoir été tabassé, puis ligoté et embarqué dans un véhicule pendant deux jours où les Russes ont raflé des civils et détruit des campements. "Ils ont tout brûlé, tué tous les animaux", narre-t-il, impassible. A travers un interstice du turban qui lui cache les yeux, Nédoune dit avoir vu les hommes du commando arrêter un Peul, le battre jusqu'à ce qu'il soit "à l'article de la mort" avant de l'égorger et de le jeter du véhicule. Nédoune raconte avoir ensuite été torturé par des Russes pendant quatre jours au camp de Bapho (centre), à peine nourri d'un peu de pain et d'eau. "On te mouille le corps avant de t'introduire les fils dans les oreilles et d'envoyer la charge électrique, puis tu t'évanouis", explique-t-il. "Les questions portaient toujours sur les jihadistes: +Les connaissez-vous? Qui sont-ils? Où sont-ils ?+" Il sera finalement libéré en payant 310.000 francs CFA (472 euros), une petite fortune dans ce pays pauvre. Violences sexuelles Dans la région désertique du Hohd Chargui en Mauritanie, ils sont aujourd'hui 300.000 réfugiés a avoir fui les violences des belligérants de tous bords dans le conflit qui déchire le Mali depuis 14 ans. A Fassala, ville-frontière où ces civils sont nombreux à arriver, les soignants de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) constatent l'ampleur de leurs traumatismes: psychoses, coups, blessures par balle, viols de femmmes et d'hommes... Entre autres exemple de tortures, "des personnes ont témoigné avoir été enterrés vivantes", rapporte Mayoury Savant, coordinatrice de MSF dans la région, dont l'organisation ne peut se prononcer sur les auteurs des violences. La région du Hohd Chargui a connu ces derniers mois un afflux massif de réfugiés fuyant les ultimatums imposés par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al Qaïda) à certaines localités: fuir, ou risquer d'être massacrés. Plainte pour violation des droits humains Il y a quelques semaines, des organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé une plainte devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples concernant des violations présumées des droits humains commises au Mali et impliquant les forces armées maliennes et le groupe Wagner. La situation dans le pays est plus incertaine que jamais depuis fin avril et les attaques coordonnées d'une ampleur inédite menées contre la junte malienne par les indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) et les jihadistes du JNIM. Camouflet pour Bamako et ses alliés russes: la perte de Kidal (nord), bastion des indépendantistes touareg. Drapée dans une tenue noire parsemée de strass, Fatimata (prénom modifié), 30 ans, relate en pleurant sa fuite après des frappes aériennes il y a trois ans sur son village proche de Tombouctou. Les femmes qui sont restées? "Tout leur est arrivé sauf la mort. Nous savons que certaines ont été torturées", dit-elle. Avant l'arrivée des Russes, "nous vivions dans la tranquillité", clame-t-elle. Comme beaucoup de réfugiés interviewés par l'AFP, cette Touareg soutient le FLA et espère: "S'il récupère Tombouctou et les autres localités (autour), je pourrai rentrer chez moi".

19.05.2026 à 08:25

Trump parti, Poutine vient cimenter l'indéfectible amitié avec Pékin

FRANCE24

Le locataire de la Maison Blanche venait à peine d'achever vendredi sa visite, la première d'un président américain en Chine depuis neuf ans, que la venue du chef du Kremlin a été officialisée. Vladimir Poutine et Xi Jinping vont discuter des moyens de "renforcer" le partenariat stratégique bilatéral et "échanger leurs opinions sur les grandes questions internationales et régionales", selon la présidence russe. Les deux dirigeants, âgés respectivement de 73 et 72 ans, doivent signer une déclaration commune. Désireux d'installer un ton chaleureux avant la visite, ils ont échangé dimanche des "lettres de félicitations" pour les 30 ans du partenariat stratégique bilatéral. Xi Jinping a vanté une coopération qui s'est "continuellement approfondie". Dans une vidéo adressée "au peuple chinois" et diffusée mardi, Vladimir Poutine a affirmé que les relations avaient atteint "un niveau véritablement sans précédent" et jouaient "un rôle majeur de stabilisation à l'échelle mondiale". Lors de sa dernière venue à Pékin en septembre 2025, Xi Jinping l'avait appelé son "vieil ami" — une formule qu'il n'a pas employée à l'adresse de M. Trump la semaine dernière. M. Poutine, qui avait qualifié en retour M. Xi de "cher ami", voudra montrer au monde que leurs relations n'ont pas été affectées par la visite du milliardaire républicain. "Plus solides" Certes, la visite de M. Poutine ne devrait pas bénéficier du même faste que celle de M. Trump, mais la relation sino-russe n'en a "pas besoin", estime Patricia Kim, chercheuse à la Brookings Institution. Pékin et Moscou considèrent leurs liens comme "plus solides et stables" que les relations sino-américaines, ajoute-t-elle. La relation bilatérale s'est approfondie depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Isolée par les Occidentaux, la Russie a vu s'approfondir sa dépendance économique de la Chine, devenue le principal acheteur du pétrole russe sous sanctions. Sur l'Ukraine, Pékin plaide pour le respect de l'intégrité territoriale des pays et pour une résolution pacifique, mais n'a jamais condamné Moscou pour son invasion. Donald Trump et Xi Jinping ont évoqué l'Ukraine la semaine dernière, et le président chinois "va très certainement partager avec M. Poutine ce qui s'est dit", estime Patricia Kim. L'absence de percée sino-américaine sur ce sujet "rassure probablement Moscou sur le fait que M. Xi n'a conclu aucun accord avec M. Trump qui pourrait nuire concrètement aux intérêts russes", note-t-elle. La Russie dépend du soutien économique de la Chine pour maintenir son effort de guerre en Ukraine, donc "Vladimir Poutine ne veut pas perdre cet appui", souligne Lyle Morris, chercheur à l'Asia Society. Différence de vues? Le président russe voudra certainement aussi "s'enquérir auprès de M. Xi des prochaines initiatives chinoises au Moyen-Orient" après que Trump a indiqué qu'il espérait voir Pékin jouer "un rôle de premier plan" sur le sujet, note M. Morris. Mais sur la guerre américano-israélienne contre l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz, les perspectives russe et chinoise peuvent diverger. "La Chine dépend de la liberté de circulation sur les grandes voies maritimes mondiales pour son activité économique, et préférerait donc que le blocage du détroit d'Ormuz" prenne fin, explique James Char, professeur à l'Université technologique de Nanyang, à Singapour. Mais la Russie "bénéficie économiquement des combats en Iran grâce à l'assouplissement des sanctions sur les approvisionnements énergétiques russes, et a donc une vision différente", souligne-t-il. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait déclaré en avril que Moscou pourrait "compenser" les éventuelles pénuries énergétiques chinoises provoquées par la guerre en Iran. "Le renforcement des liens dans l'énergie pourrait occuper une place importante durant la rencontre, Pékin voulant obtenir davantage d'énergie russe", estime Joseph Webster, chercheur à l'Atlantic Council. "Pour Moscou, exporter davantage de pétrole vers l'Est peut sembler plus attractif face à la campagne incessante de l'Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes", ajoute-t-il

19.05.2026 à 08:23

La Russie annonce trois jours d'exercices nucléaires du 19 au 21 mai

FRANCE 24

L'armée russe débute, mardi, trois jours d'exercices et d'entraînement à l'arme nucléaire impliquant des milliers d'hommes dans le pays, a indiqué le ministère russe de la Défense, quelques heures avant l'arrivée du président Vladimir Poutine en Chine.

19.05.2026 à 07:59

Affaire Jonathan: un Allemand jugé pour meurtre vingt-deux ans après les faits

FRANCE24

L'accusé, jugé jusqu'au 5 juin pour l'enlèvement et le meurtre du petit garçon, disparu en avril 2004 à Saint-Brévin-les-Pins et retrouvé mort un mois plus tard, a toujours nié les faits. Né à Brême, l'homme a été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité pour les meurtres de trois garçons de 13, 8 et 9 ans entre 1992 et 2001, qu'il a avoués, et pour neuf agressions sexuelles commises après s'être introduit dans des centres hébergeant des enfants. 7 avril 2004, 8H25, Saint-Brévin-les-Pins: les gendarmes sont avertis de la disparition pendant la nuit d'un petit garçon qui séjournait avec sa classe dans un centre de vacances. Son lit était vide au réveil de ses camarades de chambre. Jonathan, originaire du Cher, a les cheveux châtains coupés courts, les yeux bleus, mesure 1m40, et porte vraisemblablement un pyjama gris à manches longues. Dès les premières semaines de recherches, les autorités allemandes signalent aux enquêteurs français que les circonstances de la disparition de Jonathan rappellent celles de plusieurs enlèvements et meurtres d'enfants, attribués à un inconnu surnommé l'"homme en noir", en allemand "Schwarzer Mann". Le corps de Jonathan, lesté d'un parpaing, est retrouvé le 19 mai 2004 dans un étang des environs de Guérande, à une trentaine de kilomètres du lieu de sa disparition. Une cordelette entrave son cou, ses pieds et ses mains. Hypothèses Les investigations se concentrent d'abord sur l'hypothèse d'un suspect local, qui aurait pu séquestrer l'enfant et aurait connu l'existence de l'étang, invisible depuis les routes alentour. Des dizaines d'individus font l'objet de prélèvements génétiques, les enquêtes de voisinage se multiplient. Mais à partir de 2008, de nouveaux rapports d'expertise estiment que Jonathan a pu être tué peu après son enlèvement et son corps immergé rapidement. De l'autre côté de la frontière, Martin Ney est arrêté en 2011 et reconnaît lors de sa garde à vue les meurtres de trois garçons. Interrogé sur l'enlèvement de Jonathan, il nie les faits et conteste s'être trouvé en France à ce moment. Selon l'enquête, Martin Ney a posté dès 2004, avant la découverte du corps de Jonathan, un message sur un forum en ligne attribuant le meurtre du petit garçon à "l'homme en noir". Martin Ney admettra par la suite la paternité de ce surnom. 13 jours d'audience L'enquête connaît un nouveau tournant en 2017, quand un ancien co-détenu de Martin Ney affirme avoir recueilli ses confidences. Celui-ci lui aurait avoué avoir tué un enfant en France, s'étonnant de ne pas avoir été identifié par un homme croisé au moment des faits. Ces déclarations font écho au témoignage d'un agriculteur qui avait affirmé des années plus tôt avoir croisé un soir d'avril 2004 un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne. Sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Martin Ney est transféré en 2021 en France, où il est mis examen. Au fil des 13 jours d'audience, 20 témoins et experts, français et allemands, seront entendus par la cour d'assises. Pour la famille de Jonathan, ce procès représente la possible fin d'un "très long parcours judiciaire", a déclaré à l'AFP Me Caty Richard, avocate de la grand-mère du petit garçon, partie civile au procès. "Ce que l'on pourrait espérer, mais sans trop y croire, c'est qu'enfin (l'accusé) prenne ses responsabilités et donne des explications", a-t-elle ajouté. Sollicitée par l'AFP, l'avocate de Martin Ney n'a pas souhaité s'exprimer. Il sera accompagné d'un traducteur tout au long du procès.

19.05.2026 à 07:54

Premier League : Arsenal tout proche du titre après sa victoire contre Burnley

L'Equipe TV

Arsenal s’est imposé face à Burnley (1-0) grâce à Kai Havertz. Les Gunners ne sont plus qu’à une victoire du titre de champion d’Angleterre.
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