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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ Les 15 dernières parutions

04.04.2026 à 10:07

Election présidentielle le 12 avril au Bénin: l'opposition divisée

FRANCE24

Emmanuelle Sodji, notre correspondant au Bénin, décrypte la situation.

04.04.2026 à 10:05

"C'est suffocant": le nord de la Thaïlande "piégé" dans un nuage de pollution

FRANCE24

"C'est suffocant", témoigne auprès de l'AFP cette vendeuse de noix de coco de Chiang Mai, la deuxième ville du pays. "On a l'impression d'être constamment piégé dans la fumée". Les brûlis agricoles, les feux de forêt et les conditions météorologiques font régulièrement grimper les taux de pollution à cette saison en Asie du Sud-Est. Mais Pon, 36 ans, affirme n'avoir encore "jamais connu une situation pareille", d'autant plus difficile pour elle qui travaille dehors toute la journée. "Je n'ai pas le choix", soupire-t-elle. "Je dois sortir pour gagner ma vie jour après jour". La ville Chiang Mai s'est hissée à plusieurs reprises cette semaine en tête du classement des grandes villes les plus polluées du monde sur la plateforme de surveillance IQAir. La situation est pire un peu plus à l'ouest, à Pai, une destination prisée des routards pour sa verdure et ses montagnes. Certains capteurs y ont enregistré des niveaux de PM2.5 -- des particules suffisamment fines pour pénétrer dans le sang via les poumons -- dépassant les 900 microgrammes par mètre cube. Un taux 60 fois plus élevé que la moyenne d'exposition sur 24 heures recommandée par l'Organisation mondiale de la santé. La géographie montagneuse de la région la rend doublement vulnérable: la fumée y est facilement piégée et les pentes boisées sont difficiles d'accès lorsque les incendies se déclarent. Le long des routes entre Chiang Mai et Pai, de multiples incendies illuminent la campagne plongée dans une inquiétante obscurité à cause des fumées noircissant le ciel, même en plein jour. "C'est tellement sombre et brumeux qu'on ne voit rien, et ça dure depuis bien trop longtemps", témoigne un pompier volontaire, Maitree Nuanja, devant un terrain couvert de cendres. "On vit désormais avec cette fumée, en la respirant chaque jour". "Choquant" A Chiang Mai, les autorités ont aménagé des centaines de "salles sans poussière", équipées de purificateurs d'air et de systèmes de pression empêchant l'air pollué d'entrer. C'est le cas dans la maison de retraite où vit Watwilai Chaiwan, une ancienne infirmière de 82 ans qui n'ose plus sortir par peur d'aggraver ses vertiges et migraines. "C'est un vrai problème pour les personnes âgées. Il faut porter un masque en permanence", souligne-t-elle. Certains districts de Chiang Mai ont déclaré l'état de catastrophe naturelle cette semaine afin de débloquer des fonds d'urgence. Mais les militants environnementaux attendent davantage et demandent au gouvernement d'adopter au plus vite une législation sur la qualité de l'air, qui a été bloquée l'an dernier à cause de la dissolution du Parlement. "Un gouvernement normal se serait préoccupé de l'air depuis longtemps", dénonce Kanongnij Sribuaiam, responsable juridique du réseau Thailand Clean Air Network, qui a porté la proposition de loi qui vise à faire respecter le droit à respirer un air sain via notamment une taxation des pollueurs. Selon le médecin Thanakrit Im-iam, de Chiang Mai, les conséquences sanitaires à long terme de la pollution sont "dévastatrices". "Tout le monde est touché car les toxines et métaux lourds pénètrent directement dans le corps", explique-t-il, évoquant "des yeux brûlants, des glaires et une inflammation nasale". La pollution repousse également de plus en plus les touristes, pourtant essentiels à l'économie locale. "Il y a du monde d'habitude à Chiang Mai en mars et avril, mais c'est calme cette année", constate le chauffeur de tuk-tuk Chakkrawat Wichitchaisilp. Depuis un belvédère surplombant la ville, les immeubles sont presque entièrement masqués. Seules quelques collines se devinent à travers la brume à la faveur d'un soleil orange pâle. "C'est choquant", se désole Martin Astill, un touriste britannique de 57 ans qui vivait auparavant en Thaïlande et se souvient avoir pris des photos exactement au même endroit : "Il y avait un magnifique ciel bleu, on pouvait voir très loin".

04.04.2026 à 10:05

Au Sri Lanka, les pénuries d'énergie ravivent les fantômes de la crise de 2022

FRANCE24

"Sincèrement, c'est difficile à supporter", soupire Wasantha Jayalath, 55 ans, vendeur au marché de nuit de la ville. "J'ai trois enfants scolarisés à la maison et je n'arrive plus à payer mes factures d'électricité". Depuis un mois, le blocage de fait du détroit d'Ormuz a progressivement mis au ralenti le Sri Lanka, qui importe la totalité de ses besoins en pétrole. Pour préserver ses maigres réserves, son gouvernement a rationné la distribution et augmenté les prix de l'essence, relevé ceux de l'électricité et imposé la semaine de travail de quatre jours dans la fonction publique. Des remèdes sévères pour un pays qui peine à se relever de la plus grave crise économique de son histoire en 2022, quand la pénurie de produits de première nécessité faisait rage et l'inflation dépassait les 70%. Au bout de quelques mois de violentes manifestations, la foule en colère avait obtenu la démission du président Gotabaya Rajapaksa, accusé de corruption. "Abysse" A la tête de la contestation d'alors, le Parti de l'avant-garde socialiste (FSP) ne cache pas aujourd'hui son inquiétude. "La pression sur les lieux de travail a augmenté", explique un membre de son bureau politique, Duminda Nagamuwa. "Le choc a jusqu'à présent pu être absorbé par la population mais il y a aura une réponse à cette crise", avertit-il, "une réponse politique". Anura Kumara Dissanayake a largement remporté la présidentielle de septembre 2024, et son Front de libération du peuple (JVP, marxiste) a raflé le majorité des deux tiers aux législatives deux mois plus tard. Wasantha Jayalath a sans hésiter voté pour eux, convaincu par leur promesse de rendre sa vie meilleure. Aujourd'hui, il déchante. "Je pensais qu'une aube nouvelle allait se lever sur notre pays", dit-il. "Mais ce n'est vraiment pas le cas. C'est même le contraire, je réalise que nous sommes en train de replonger dans l'abysse". Négociant sur le marché de gros de la capitale, Priyantha Sudharshana Silva, 53 ans, se refuse pourtant à en rendre l'actuel gouvernement responsable. "Manifester ne changerait rien, le pays est déjà en difficulté", observe-t-il, "on se serre les coudes pour faire face". Si la rue ne gronde pas encore, juge l'avocate Bhavani Fonseka, c'est parce que la population est entièrement occupée à assurer sa survie au quotidien. Etat d'urgence En plus de déjà restreindre la distribution du carburant, le gouvernement a commencé vendredi à encadrer l'approvisionnement en eau, pour ne pas piocher dans les réserves et réduire les frais de pompage. "Comparé à 2022 (...) il n'y a pas le même niveau de protestation", décrit Mme Fonseka. "Le Sri Lanka sort tout juste d'un autre désastre (le passage meurtrier du cyclone Ditwah en novembre, ndlr) et l'état d'urgence alors imposé par le gouvernement est toujours en vigueur". Ce régime d'exception, qui facilite les arrestations et la détention de suspects, pourrait être utilisé pour réprimer toute velléité de protestation, avance-t-elle. "Ces lois (...) font peser une menace sur les libertés". Le cyclone Ditwah et son cortège d'inondations et de glissements de terrain ont fait 641 morts, des dizaines de milliers de sinistrés et des dégâts d'un montant estimé par la Banque mondiale à plus de 4 milliards de dollars. Le plan d'urgence débloqué dans la foulée par le gouvernement pour les réparations et l'aide aux victimes - 1,6 milliard de dollars - a sérieusement amputé sa marge de manoeuvre pour répondre à la crise de l'énergie. "Les prix du pétrole (sur les marchés) vont finir par redescendre", anticipe, fataliste, Shantha Mendis, un habitant de Colombo âgé de 60 ans. "Mais ça ne les fera pas baisser dans notre pays, c'est ça la vérité".

04.04.2026 à 10:05

Escroquerie: des sherpas accusés d'empoisonner des alpinistes au Népal

FRANCE24

La justice népalaise a inculpé 32 personnes dans une gigantesque affaire d'escroquerie aux assurances portant sur des vols d'évacuation sanitaire en hélicoptère destinés aux randonneurs dans l'Himalaya, a-t-on appris jeudi auprès de la police.

04.04.2026 à 10:03

Boeuf grillé, sac de couchage et un seul W.C.: la vie dans la capsule des astronautes d'Artémis 2

FRANCE24

Les quatre membres d'équipage de la mission Artémis 2 de la Nasa ont embarqué pour environ dix jours de voyage spatial dans la capsule Orion, un habitacle de la taille d'une fourgonnette. Se préparer pour ce séjour, c'était comme prévoir un voyage en camping, a raconté Christina Koch, première femme à voyager vers la Lune. Dans le coffre, l'équipage dispose d'une petite épicerie: 58 tortillas, 43 tasses de cafés, des brocolis, de la poitrine de bœuf grillée au barbecue et cinq types de sauce piquante. Il y a même du sirop d'érable: l'un des astronautes est canadien. Le W.C., le seul, a eu lui un problème. A l'inverse des astronautes d'Apollo qui n'avaient pour se soulager que des sacs, dont certains ont été laissés sur la surface lunaire, les équipages d'Artémis disposent des vraies toilettes. C'est Christina Koch qui a réparé, dans les premières 24 heures de vol, cet appareil. "Je suis fière de me dire +plombière de l'espace+", a-t-elle déclaré jeudi soir. "J'aime à rappeler que c'est l'équipement le plus important à bord", a-t-elle dit, "donc nous avons tous poussé un soupir de soulagement quand la situation s'est réglée." Emails en rade Le sanitaire d'Orion, installé dans un coin de l'habitacle, est tellement bruyant qu'il faut porter des protections aux oreilles lors de son utilisation. C'est "le seul endroit où on peut aller durant la mission où on peut en fait se sentir seul pour un petit moment", avait dit avant le décollage le Canadien, Jeremy Hansen. Après les toilettes, petit pépin informatique: lors d'un direct de la Nasa, on a pu entendre le commandant de la mission, Reid Wiseman se plaindre que ses logiciels de boîte mail ne marchaient pas. Le problème a été réglé depuis le centre de contrôle de Houston, au Texas. En apesanteur se pose aussi la question du sommeil, essentiel sur une mission de dix jours. Pour les quatre à bord, une solution: des sacs de couchage attachés aux murs, afin d'éviter de flotter au milieu de la capsule. "Christina dort la tête en bas au milieu (de l'habitacle), un peu comme une chauve-souris suspendue", s'est amusé Reid Wiseman. "C'est plus confortable que ce que vous pouvez penser." "Comme un gosse" Face à un manque de gravité qui pèse sur les organismes, les astronautes se doivent aussi de faire une demi-heure d'exercice par jour. Orion a donc embarqué à bord un appareil dédié, similaire à ce que l'on peut trouver dans une salle de musculation. Face à ces contraintes, ils peuvent aussi bénéficier d'une petite révolution: la Nasa a récemment autorisé les smartphones à bord. "Nous donnons à nos équipages les moyens de saisir des moments particuliers pour leurs familles et de partager des images et des vidéos inspirantes avec le monde entier", a justifié en février le patron de l'agence spatiale américaine, Jared Isaacman. Au milieu d'une mission qui a coûté des milliards de dollars, menée à l'ombre d'un bataille géopolitique avec la Chine, il reste tout de même un peu de place pour l'émerveillement. En répondant aux questions de certains médias, Jeremy Hansen a décrit sa joie de planer à l'horizontale: "je me sens comme un gosse!". C'est au décollage de la fusée que Victor Glover, première personne noire à s'envoler vers la Lune, a ressenti ses émotions les plus fortes. "Vous essayez de rester professionnel", a-t-il dit jeudi, "mais l'enfant en moi veut ressurgir et pousser des cris de joie".

04.04.2026 à 10:01

Israël-France: vers une rupture diplomatique ?

FRANCE24

Rina Bassist, rédactrice pour Al-Monitor et correspondante pour la radio israélienne Kan, est notre invitée.

04.04.2026 à 09:59

Guerre au Moyen-Orient: frappes israéliennes au sud de Beyrouth

FRANCE24

Mélina Huet, envoyée spéciale à Beyrouth au Liban, décrypte la situation.

04.04.2026 à 09:57

Guerre au Moyen-Orient: plus d'essence dans les pompes françaises

FRANCE24

Les prix des produits pétroliers flambent depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Dans un marché déjà tendu avant la guerre, l'Europe paie cher sa dépendance aux importations du gazole, carburant, le plus consommé.

04.04.2026 à 09:54

Guerre au Moyen Orient: trois navires passent le détroit d'Ormuz

FRANCE24

Trois navires, dont un méthanier codétenu par une entreprise japonaise, ont traversé le détroit d'Ormuz jeudi en longeant la côté omanaise, au sud du passage, à l'opposée de la route approuvée par l'Iran, selon des données de trafic maritime consultées vendredi.

04.04.2026 à 09:53

Guerre au Moyen Orient: deux avions de combats américains abattus par l'Iran

FRANCE24

Siavosh Ghazi, notre correspondant à Téhéran, et Matthieu Mabin, notre correspondant à Washington, décryptent la situation.

04.04.2026 à 09:53

Qu'est-ce que vivre en prison? Des visites pédagogiques d'un nouveau type à Bruxelles

FRANCE24

L'association qui a pris possession de la prison de Forest, un bâtiment vétuste du siècle dernier, vidé de ses derniers occupants en novembre 2022, s'appelle "9m2". Une référence à la superficie standard d'une cellule normalement prévue pour deux détenus. Dans laquelle ils sont souvent trois, contraints de cohabiter jour et nuit. Résultat: l'emprisonnement est d'autant plus vécu comme une épreuve, les détenus sont traités comme des numéros, et leur future réinsertion est négligée, explique à l'AFP Manuel Lambert, président de 9m2. "Ces questions sont occultées. Il était pour nous indispensable d'avoir un lieu pour les aborder, de faire de cette ancienne prison un objet pédagogique", déclare-t-il. En Europe, la Belgique compte avec la France parmi les pays confrontés à une surpopulation endémique en prison. A la date du 2 avril il y avait 13.661 détenus dans les prisons belges, pour une capacité de 11.049 lits, selon l'Administration pénitentiaire (AP). En mars, le gouvernement belge a annoncé une série de mesures d'urgence dont le recours au bracelet électronique pour les condamnés à des peines de 18 mois maximum, mais celles-ci doivent encore être soumises au Parlement. "N'écoutez pas les grands" Construite en 1910 sur le modèle architectural du "panoptique", avec quatre ailes disposées en étoile autour d'une tour centrale de surveillance, la prison de Forest est l'exemple type des établissements d'un autre âge, qui ont valu à la Belgique d'être plusieurs fois condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour "traitements inhumains ou dégradants". En 2017, un arrêt de la CEDH a rendu justice à un prisonnier de Forest qui se plaignait de devoir partager 9m2 avec deux autres codétenus, avec un accès aux douches limité à deux fois par semaine. L'Etat belge a été condamné à lui verser des indemnités. Aujourd'hui, les couloirs vides de l'ancienne prison sont devenus le territoire des pigeons, à l'origine d'une bonne partie de la saleté. Les murs décatis des cellules montrent encore de vieilles affiches mais surtout de nombreuses traces d'humidité. En guidant les visiteurs, Manuel Lambert évoque la corvée des seaux hygiéniques à vider au "dépotoir", une fois par jour, pour les détenus dont la cellule n'était pas équipée de toilettes. Ce matin de fin mars où 9m2 a convié une équipe de l'AFP, le hasard fait qu'un ancien détenu de Forest s'est joint à la visite, avec un ami, pour tourner des séquences vidéo à visée éducative. Celui qui se fait appeler "Johnny T" peut justement témoigner du "rituel" du seau dans les cellules les plus vétustes. Il s'agissait de faire ses besoins derrière un paravent qui protégeait très mal du regard des autres codétenus, selon lui. "C'était comme ça ici encore en 2022, et d'autres prisons de Belgique connaissent ce problème", lance de trentenaire bruxellois, revendiquant sept années passées derrière les barreaux d'au moins quatre prisons belges. "La prison franchement c'est n'importe quoi! Je dis à la jeune génération: N'écoutez pas les grands qui veulent vous mettre dans cette voie", poursuit-il. Faute de lits disponibles, 663 prisonniers en Belgique dorment sur des matelas au sol, d'après l'AP. Dont 156 dans la nouvelle prison bruxelloise de Haren, un équipement ultramoderne vers lequel ont été orientés les "anciens" de Forest il y a trois ans et demi, et qui devait en théorie les accueillir dans de bien meilleures conditions. Pour les visites à Forest, 9m2 a déjà enregistré environ 3.000 demandes. L'association est en train de former les futurs guides qui l'aideront à accueillir des groupes, par exemple de lycéens ou d'étudiants.

04.04.2026 à 09:51

Se cacher, trouver de l'eau... Un ex-pilote raconte comment survivre une fois son avion abattu

FRANCE24

"Imaginez: vous venez d'atterrir sur le sol après avoir sauté en parachute, et vous vous dites: +Mon Dieu, j'étais dans un chasseur il y a deux minutes, je volais à 800 km/h, et un missile vient d'exploser littéralement à 5 mètres de ma tête", dit Houston Cantwell. Avant de mener des missions de combat au-dessus de l'Irak et de l'Afghanistan, ce général de brigade à la retraite a été entraîné pour faire face à une telle situation, probablement comme l'aviateur du F-15E qui s'est éjecté de son avion au-dessus du sud-ouest de l'Iran. D'abord, le pilote doit vérifier qu'il n'a pas été blessé par le tir, le siège éjectable ou lors de l'atterrissage. "Il y a de nombreux récits de survivants du Vietnam qui ont eu de graves blessures, des fractures ouvertes, rien que du fait de l'éjection", dit-il. "Si vous êtes en capacité de bouger", il faut alors comprendre où l'on se trouve. Se repérer lors de la descente en parachute est très utile, souligne ce pilote à la retraite, pour notamment éviter une base militaire ennemie. A partir de là, "ce que vous cherchez à faire, c'est d'éviter d'être capturé par l'ennemi, le plus longtemps possible," et donc se cacher, jusqu'à un potentiel sauvetage. Se déplacer de nuit Lors d'une éjection d'urgence, un pilote ne dispose que peu d'effets: "de l'eau, du matériel de survie, du matériel de communication, une radio" pour permettre d'être retrouvé, énumère l'ex-pilote, désormais expert au centre de réflexion Mitchell Institute for Aerospace Studies. Il raconte aussi que, lorsqu'il volait dans un F-16, il possédait une arme à feu. S'il faut se cacher de l'ennemi, il est vital d'avoir de l'eau avec soi, car "vous pouvez survivre sans nourriture pendant un moment, mais vous avez besoin d'eau tous les jours", rappelle Houston Cantwell à l'AFP. Il faut aussi penser à se placer dans un lieu accessible pour que les forces chargées de venir vous secourir puissent vous exfiltrer. En ville, aller sur un toit. Dans la nature, trouver une clairière pour qu'un hélicoptère puisse atterrir. "Et si je bouge, je vais essayer de le faire de nuit" afin de ne pas être repéré, conseille l'ancien pilote. Lors d'opérations militaires comme celle menée en Iran, il assure que chaque branche de l'armée américaine maintient en alerte des troupes spécialisées pour venir exfiltrer des pilotes en territoire ennemi. En tant que pilote, cela "vous donne une immense tranquillité d'esprit, parce que vous savez qu'ils feront tout ce qu'ils peuvent pour venir vous récupérer", dit-il. Un survivant en ex-Yougoslavie Quand les hélicoptères sont en route, la vigilance est totale: "Ceux au fusil cherchent des menaces, les pilotes cherchent un endroit où atterrir", explique de son côté Scott Fales, un ancien militaire américain qui a participé à l'opération "Black Hawk Down", quand deux hélicoptères américains furent abattus et 18 soldats tués, en 1993 en Somalie. Une fois l'aviateur retrouvé, l'équipage se pose toute une série de questions, détaille-t-il auprès de l'AFP: "À quel genre de menace immédiate sommes-nous exposés? De combien de temps disposons-nous pour évacuer cette personne ? Quelles blessures présente-t-elle?" Ce scénario extrême de survie en milieu hostile, c'est ce qui est arrivé à Scott O'Grady en 1995. Son F-16 abattu par les Serbes de Bosnie, parachuté, l'Américain parvient à se cacher dans une zone de broussailles. "J'ai mis mon visage dans la boue et j'ai mis des feuilles d'arbres sur mes oreilles, priant pour qu'ils ne me retrouvent pas", avait raconté le capitaine O'Grady après. Une éponge l'aide à récupérer de l'humidité pour boire, de l'herbe et des fourmis pour se nourrir. Après six jours d'isolation, guidé par le signal de sa radio, un commando héliporté d'une quarantaine de marines débarque, protégé des Serbes par un brouillard matinal. Sauvé, il est salué en héros quelques jours plus tard à la Maison Blanche.

04.04.2026 à 09:47

L'école dehors, une autre manière d'apprendre

FRANCE24

Comme chaque vendredi matin, les quatorze enfants de la classe unique de maternelle-CP de l'école publique de Séderon prennent le chemin d'une colline qui surplombe le village. Ils partent faire la classe dehors. Vingt minutes de grimpette au cours de laquelle les enfants auront notamment imité des bourgeons en se recroquevillant sur eux-mêmes ou froissé des feuilles sèches pour marquer la fin de l'hiver. "Regardez les arbres, ils vous offrent des petits portemanteaux", conseille la maîtresse en arrivant à la lisière de la forêt bordée de champs de lavande, tandis que quelques enfants vident leurs gourdes pour "faire boire les arbres". Puis c’est l’heure du regroupement, tous assis en silence, avant de partir à la recherche d’images d’oiseaux préalablement accrochées sur les branches des arbres et identifier leurs noms sur des fiches distribuées aux enfants. - "Apprendre différemment" - Flore Aumage, 45 ans, s’est lancée dans l’aventure il y a cinq ans. Consciente d’être "un peu trop scolaire", l’enseignante avait envie de "lâcher prise". "J’ai voulu me mettre en difficulté et proposer à mes élèves d'apprendre différemment, sans les outils institutionnels qu'on a dans les classes." En France, environ 4.500 classes, en primaire principalement, expérimentent la classe dehors - des sorties régulières ou ponctuelles hors de la classe, à proximité de l'école -, dont 80% ont commencé après le Covid, selon Benjamin Gentils, directeur de la Fabrique des communs pédagogiques, association qui encourage les enseignants à se lancer hors les murs. "Encouragée par le ministère, cette pratique pédagogique innovante se développe principalement depuis la crise sanitaire de 2020, elle est donc très récente et il n’en existe pas pour le moment de recensement exhaustif", a précisé le ministère de l'Education à l'AFP. La "classe dehors" s’exerce en pleine nature, en zones rurales ou urbaines, de la maternelle au lycée et "peut concerner l’ensemble des disciplines scolaires", décrit le ministère. Les enfants français passent dix fois moins de temps dehors qu’il y a trente ans et près de 40% des enfants de 3 à 10 ans ne jouent jamais dehors en semaine, soulignaient un collectif d’élus et de professionnels de l’éducation dans une tribune parue dans Le Monde en mai 2025. Pas une "lubie" Pour tenter de remédier à ce qu’ils qualifient de "retard important" en France par rapport "à de nombreux pays européens (Royaume‑Uni, Allemagne, Danemark, Suisse)", un groupe transpartisan de parlementaires a déposé en juin 2025 une proposition de loi pour inscrire cette initiative dans le code de l’éducation. "Nous voulons reconnaître cette approche éducative afin qu’elle ne soit plus prise pour une lubie", insiste auprès de l'AFP Graziella Melchior, députée (majorité présidentielle) du Finistère et co-autrice de la proposition de loi avec ses collègues écologiste, Jérémie Iordanoff (Isère), et socialiste, Florence Hérouin-Léautey (Seine-Maritime). Pour Mme Melchior, "il faut au contraire qu’on se rende compte de tout l'intérêt que ça apporte à l'enfant pour le déconnecter des écrans et le reconnecter à la nature". Elle prévoit aussi la mise en place de "modules de formation" pour les enseignants. Le texte vise à "inscrire l’accès régulier au dehors et en contact avec la nature parmi les objectifs" de l'école et "précise que tous les enseignements peuvent être dispensés au dehors". D’ailleurs, l'école publique de Séderon, les enfants adorent leur rendez-vous hebdomadaire au dehors. "Il y a de l'air qui souffle alors que dans l'école, ça ne souffle pas", remarque Nolwen, 6 ans. "On peut planter des choses, sauver des insectes et construire une cabane", se réjouit Louis, 6 ans. La proposition de loi des députés a été adoptée en commission début février. Ses défenseurs espèrent son inscription "dans les prochaines semaines" à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

04.04.2026 à 09:07

Guerre au Moyen-Orient: pourquoi le gazole flambe plus que l'essence en Europe

FRANCE24

Les exportations pétrogazières du Golfe sont mises à mal par les attaques contre les infrastructures et le blocage du détroit d'Ormuz. Cela exacerbe des tensions préexistantes sur l'approvisionnement européen en gazole, ce qui a des conséquences brutales sur les prix à la pompe, et menace d'inflation de nombreux secteurs. Gazole plus touché que l'essence Le gazole est partout: il alimente les voitures, le transport routier de marchandises et de passagers, mais aussi les engins agricoles et de chantier ainsi que la pêche et une partie du secteur maritime. Malgré l'électrification progressive des véhicules dans l'Union européenne, le gazole représentait en 2024 encore 86% de la consommation de carburants routiers en Lettonie, 73% en France, 66% en Allemagne, mais seulement 50% aux Pays-Bas, selon un rapport de FuelsEurope, qui représente l'industrie du raffinage et des carburants. Jeudi, le cours du gazole européen a dépassé 200 dollars le baril, du jamais-vu depuis mars 2022 et les retombées de la guerre en Ukraine. Avant le conflit au Moyen-Orient, "l'équilibre offre/demande du gasoil", au niveau mondial "était beaucoup plus tendu que celui de l'essence", ce qui s'est ensuite traduit sur les marchés par une "forte hausse des prix du gasoil" tandis qu'elle est "restée relativement limitée" pour l'essence, a expliqué à l'AFP Susan Bell, spécialiste des matières premières au cabinet Rystad Energy. En France, le prix du gazole a augmenté de 32,7% depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran. C'est bien plus que les 16,86% de hausse du SP95-E10, l'essence la plus consommée dans le pays, d'après un calcul de l'AFP réalisé sur les prix déclarés par quelque 9.600 stations sur un site gouvernemental. Au 30 mars, son prix à la pompe dans l'UE en moyenne pondérée s'affichait à 2,07 euros le litre contre 1,87 euro pour le Super95. Le gazole a longtemps été moins cher que l'essence, mais depuis quelques années, ce n'est plus systématiquement le cas, en raison de tensions géopolitiques et de rattrapage fiscal. Marché structurellement tendu Un héritage industriel et fiscal a amené l'Europe à être exportatrice nette d'essence, mais importatrice nette de gasoil. La "dieselisation" du parc automobile, encouragée il y a 25 ans par des incitations fiscales et les constructeurs automobiles, a fait bondir la demande en gazole, tandis que les raffineries, historiquement tournées vers l'essence, n'ont pas pu suivre. Résultat: un excédent d'essence exporté notamment vers les Etats-Unis et l'Afrique, et un déficit structurel de gazole. Dépendance au Moyen-Orient La Russie était le principal fournisseur de gazole de l'UE jusqu'à l'invasion de l'Ukraine en 2022 et les sanctions visant Moscou qui ont poussé l'Europe à diversifier ses apports, en provenance d'Inde, de Turquie, des Etats‑Unis et d'Arabie saoudite. Le Moyen‑Orient a fourni un peu plus de la moitié des importations européennes de gazole en 2025 (554.000 barils par jour sur un total de 1,06 million), selon les chiffres de Rystad Energy communiqués à l'AFP. Environ un tiers de ce gazole moyen-oriental transitait par le détroit d'Ormuz, des flux difficilement remplaçables. Alternatives réduites "Les raffineries tournent déjà à plein régime", prévient un expert du raffinage de TotalEnergies, qui exploite six raffineries en Europe, dont trois en France, ce qui limite toute augmentation des capacités, sur ce continent comme ailleurs. "En ajustant nos réglages de manière optimale, les marges de manœuvre n'en restent pas moins très minimes" pour TotalEnergies, précise-t-il. Si l'Europe peut réduire ses exportations d'essence au profit de son marché intérieur, elle aura "plus de difficultés à trouver des sources d'importation de gasoil", affirme Susan Bell. "Le plus efficace et le plus économique pour l'Europe serait de s'approvisionner en gasoil auprès de la Russie", ajoute-t-elle, mais l'UE n'a pas l'intention de revenir sur ses sanctions visant Moscou. Le report de maintenances sur des raffineries, l'usage des réserves stratégiques et une baisse de la consommation apparaissent comme les seuls leviers pour résorber partiellement le déséquilibre, souligne-t-elle.

04.04.2026 à 08:57

Au Colisée, l'écho de la guerre au premier Chemin de Croix de Léon XIV

FRANCE24

Debout devant l'amphithéâtre romain somptueusement illuminé, la sexagénaire originaire de Nazareth et vivant aux Etats-Unis, qui préfère ne pas donner son nom de famille, a attendu plus de cinq heures pour participer à la veillée de prière. "Nous avons besoin de paix en Terre sainte", confie-t-elle à l'AFP, même si les appels du pape ont surtout une valeur "symbolique" à ses yeux. "Les gouvernements n'écoutent pas. Ils continuent d'agir à leur guise. Ils promettent, mais ne tiennent pas leurs promesses. C'est la politique", déplore-t-elle. Comme elle, quelque 30.000 fidèles de nombreux pays se sont réunis en silence vendredi soir à la lueur des bougies pour ce temps fort de la Semaine sainte qui précède les fêtes de Pâques, assombries cette année par la guerre au Moyen-Orient. Geryes Bejjani, Libanais de 33 ans, est venu avec des amis pour "porter un message de paix et de coexistence", malgré la difficulté de voyager, quatre mois après avoir assisté à la visite de Léon XIV dans son pays. "Le pape est le seul leader politique purement sans intérêt personnel (...) Il n'y a pas d'intérêt caché, il n'y a pas d'ambiguïté dans son message. Et c'est sa force", insiste-t-il. Un cierge à la main, les fidèles - familles, laïcs et religieux - sont plongés dans un silence suspendu, interrompu par les chants liturgiques et les méditations lues au micro. Vendredi, le chef de l'Eglise catholique a de nouveau plaidé pour la paix lors de conversations téléphoniques avec les présidents israélien Isaac Herzog et ukrainien Volodymyr Zelensky, après avoir invité mardi Donald Trump à "trouver une porte de sortie" au conflit qui fait rage au Moyen-Orient. "Si seulement Trump écoutait qui que ce soit", soupire Inès Duplessis, 29 ans, venue de Paris en famille pour Pâques. "Pour moi, c'est très symbolique, mais sans plus. Hélas, on est tellement sur des intérêts politiques, économiques" que "c'est un peu peine perdue". "Humilité" C'est la première fois depuis 2022 que l'évêque de Rome participe en personne à cet évènement, organisé depuis 1964 au Colisée: ces dernières années, François, décédé au lendemain de Pâques 2025 à 88 ans, avait du renoncer à y assister pour raisons de santé. Revêtu de sa mozette et d'une étole rouges, Léon XIV apparaît recueilli, écoutant les yeux fermés les méditations sous la lumière tremblante des flambeaux et les faisceaux des projecteurs qui accentuent les arches en pierre du monumental amphithéâtre. Le pape, âgé de 70 ans, porte lui-même une grande croix en bois sur l'ensemble des 14 stations retraçant le parcours de Jésus de sa condamnation à mort à sa mise au tombeau, marquant un retour à une tradition observée par Jean-Paul II et Benoît XVI. Augustin Ancel, 31 ans, originaire de Paris, y voit "un message fort". "C'est aussi une forme d'humilité, puisque forcément le pape, on peut avoir cette image de distance, se dire que c'est quelqu'un qui a un rôle très important", dit-il. Pour Patrick Buehler, 20 ans, étudiant dans le Tennessee venu à Rome pour deux mois avec son université, "c'est une grande bénédiction pour l'Amérique d'avoir un pape américain." "Ma foi prime sur mon pays et je soutiens le pape Léon. Les prières sont efficaces", ajoute-t-il. Les textes des méditations résonnent avec l'actualité. "(...) Toute autorité devra répondre devant Dieu de la manière dont elle aura exercé le pouvoir qui lui a été confié : le pouvoir de juger, mais aussi le pouvoir de déclencher une guerre ou d’y mettre fin, (...) le pouvoir d’utiliser l’économie pour opprimer les peuples ou pour les libérer de la misère", entend-on dès la première station. Dimanche matin, Léon XIV présidera la messe de Pâques sur la place Saint-Pierre avant de prononcer sa bénédiction "Urbi et Orbi" ("A la ville et au monde"), un message à la tonalité politique particulièrement attendu cette année. Sarah la Palestinienne l'écoutera avec attention. "Il y a toujours de l'espoir. Si nous perdons espoir, la vie n'a plus de valeur", glisse-t-elle.
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