Né un an après la dernière victoire d'un joueur allemand en Grand Chelem (Boris Becker à l'Open d'Australie en 1996), le N.3 mondial s'est imposé 6-1, 4-6, 6-4, 6-7 (5/7), 6-1 contre l'Italien Flavio Cobolli (14e) pour clôturer une édition qui aura déjoué tous les pronostics.
"J'ai connu les meilleurs moments de ma carrière sur ce court mais aussi les pires moments de ma carrière. J'ai perdu une finale de Grand Chelem ici il y a deux ans", a rappelé Zverev après avoir reçu le trophée des mains d'Adriano Panatta, dernier vainqueur italien à Roland-Garros en 1976.
"Mais enfin, l'histoire connaît une fin heureuse", a savouré Zverev, avant de s'adresser à son équipe. "On a parfois été dans le camp des perdants, mais enfin, nous avons gagné un Grand Chelem", a exulté l'Allemand de 29 ans, entraîné depuis toujours par son père, qui porte le même prénom que lui.
Beau perdant, Flavio Cobolli a commencé son discours en félicitant son bourreau et ami. "Si quelqu'un m'avait demandé qui mérite le plus ce titre, a-t-il dit, j'aurais répondu que c'était toi." "Je suis heureux pour toi mais aussi triste car je ne suis pas passé loin, je le sens. Laisse-moi gagner la prochaine fois", l'a-t-il imploré dans un sourire.
Plus résistant à la chaleur que le N.1 mondial Jannik Sinner, victime d'une défaillance majuscule au deuxième tour, plus autoritaire contre les jeunes loups du circuit que Novak Djokovic (4e), sorti au troisième tour par Joao Fonseca (29e), Zverev a été le seul prétendant à tenir son rang jusqu'au bout.
Mais que ce fut dur dimanche !
Mieux entré dans le match qu'un Cobolli sans doute tendu pour sa première finale en Grand Chelem à 24 ans, le Hambourgeois a offert le break à son adversaire à 3-3 dans la deuxième manche, enchaînant une double faute et une faute grossière en coup droit.
Quelques jeux plus tard, Cobolli ne se faisait pas prier pour égaliser à une manche partout. Les fantômes des deux premières finales de Zverev en Grand Chelem (US Open 2020 et Roland-Garros 2024), perdues après avoir mené d'une ou deux manches, ressurgissaient soudain sur le Central parisien baigné de soleil.
- Nervosité -
Un an et demi après sa dernière finale majeure, perdue en trois sets contre Jannik Sinner à l'Open d'Australie, le bras de Zverev a une nouvelle fois tremblé dans le quatrième acte.
Breaké deux fois, il a réussi à recoller à chaque fois, avant de craquer au tie-break, un exercice dans lequel il excelle pourtant à Roland-Garros (26 jeux décisifs gagnés à Paris pour 2 perdus avant la finale).
Mais Cobolli, sur un fil depuis le milieu du quatrième set, a brutalement cédé dans la manche décisive, où il a rapidement été mené 4-0.
Au bout de 4h16, le colosse allemand a conclu, tombant aussitôt à la renverse sur l'ocre parisien où il s'était arraché plusieurs tendons de la cheville droite en 2022 contre Rafael Nadal.
Les deux joueurs ont expliqué en conférence de presse avoir été touchés par les crampes, mais ils ne l'ont pas vécu de la même manière.
"Au quatrième set, j'ai eu des crampes au mollet. Donc, j'ai fait de mon mieux. (...) j'étais complètement épuisé, mon corps m'a laissé tomber sur le court", a regretté l'Italien.
En revanche, si Zverev "luttait physiquement" avec ses crampes, elles lui ont permis de frapper ses coups "un peu plus librement" et de "lâcher prise", a-t-il expliqué.
Premier vainqueur allemand à Paris depuis Henner Henkel en 1937, Zverev rejoint l'Américain Andre Agassi, le Croate Goran Ivanisevic et son tombeur autrichien de l'US Open 2020 Dominic Thiem, qui avaient comme lui perdu trois finales de Grand Chelem avant de gagner leur première.
Visé depuis plusieurs années par des accusations de violences conjugales formulées par deux ex-compagnes, qu'il a toujours niées jusqu'à intenter des procès en diffamation, le droitier ne sera sans doute jamais aussi populaire que ses traditionnels bourreaux Sinner, Djokovic ou Carlos Alcaraz (2e mondial, forfait à Paris en raison d'une blessure au poignet droit).
Et même si la finale de dimanche s'est surtout caractérisée par des pics de nervosité, un an après les sommets de tennis offerts par Alcaraz et Sinner, Zverev n'en a probablement cure: l'Allemand a enfin intégré le cercle des vainqueurs de Grand Chelem. Et ça, a-t-il dit en conférence de presse, "personne ne pourra me l'enlever".
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