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▸ Les 15 dernières parutions

03.03.2026 à 08:41

Dans une mine de Potosi, les jeunes Boliviens victimes du boom des métaux

FRANCE24

Efrain Villaca, 28 ans, s'aventure chaque jour dans cette mine, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et située à 4.800 mètres d'altitude. Un jour, il a senti qu'il perdait connaissance, intoxiqué par des gaz. "J'ai eu l'impression d'étouffer, je n'arrivais plus à respirer", raconte-t-il à l'AFP. S'il a finalement survécu, au moins 32 autres mineurs ont perdu la vie dans le département de Potosi (sud) en janvier et février, selon le Défenseur du peuple, protecteur des droits en Bolivie. L'argent, devenu clé dans la transition énergétique, se négociait moins de 20 dollars l'once en 2022. Il avoisine aujourd'hui les 87 dollars, après avoir atteint un plus haut de 120 dollars en début d'année en raison de l'incertitude géopolitique liée aux Etats-Unis de Donald Trump. L'étain a lui aussi atteint des montants inédits. Il vaut aujourd'hui trois fois plus qu'il y a quatre ans, tiré par la demande des géants de la tech qui en ont besoin pour leurs semi-conducteurs. La Bolivie était en 2024 le 4e producteur mondial d'argent. Le pays sud-américain compte comme principal client la Chine, avec plus de 532 millions de dollars d'achats cette année-là, selon le ministère des Mines. L'étain extrait en Bolivie est davantage destiné au Pays-Bas, et le zinc au Japon. Les cours élevés des métaux attirent les jeunes, venus d'autres départements, relève l'avocate Jackeline Alarcon, représentante du Défenseur du peuple. Selon elle, "les décès ont augmenté" ces dernières années: 123 décès dans le département de Potosi en 2025, contre 77 en 2022. "De toute la Bolivie, et j'oserais dire de toute l'Amérique du Sud, Potosi est l'endroit qui compte le plus de morts dans le travail minier", s'alarme Mme Alarcon. "Quasi-esclavage" Comme dans une immense fourmilière poussiéreuse, les ouvriers se relaient 24 heures sur 24 pour travailler au Cerro Rico. Un groupe de mineurs se repose sous une voûte en pierre dans une galerie. Beaucoup mâchent des feuilles de coca pour se donner de l'énergie. Certains boivent de l'alcool pur à 96 degrés. Exploité depuis cinq siècles, le site est désormais occupé par des dizaines de coopératives. La Bolivie en recense environ 1.700, qui contrôlent 58% de la production nationale. Mais "avec la hausse des prix, les associés ont cessé de travailler directement et ont embauché des gens pour faire le travail à leur place", ce qui est illégal, explique l'ingénieur Hector Cordova, chercheur en questions minières. "Et comme ils sont dans l'illégalité, (ces derniers) n'ont ni couverture médicale, ni assurance (...), la sécurité industrielle est très précaire. Ils se retrouvent quasiment dans une situation d'esclavage", ajoute-t-il. Les mineurs ne protègent pas leurs voies respiratoires et ne portent pas d'autre équipement que le casque. "Nous entrons (dans la mine, ndlr) en bon état, mais nous ne savons pas comment nous allons en sortir", explique Efrain Limache, un ouvrier de 24 ans. Il a vu mourir deux de ses amis et affirme avoir survécu à une chute depuis un ascenseur. Le ministre des Mines, Marco Calderon, a assuré dans un entretien à l'AFP que les membres des coopératives seraient formés, à leur demande, afin d'éviter les accidents. Novices blessés Aux urgences de l'Hôpital Bracamonte de Potosi, dirigées par Giovanna Zamorano, arrivent de plus en plus de mineurs blessés. "Ce sont des novices (...) et à cause de cela il y a de nombreux décès", explique-t-elle. La plupart d'entre eux ont entre 20 et 25 ans, mais il y a aussi des moins de 18 ans. "Il m'est arrivé de soigner des enfants", de 13 ou 15 ans, affirme la médecin. Pour subvenir à leurs besoins, les familles se voient contraintes d'envoyer des adolescents dans les mines, portant "atteinte aux droits des enfants", déplore-t-elle.

03.03.2026 à 08:35

Le blocage du détroit d'Ormuz, un "gel sans précédent" du commerce maritime mondial

FRANCE24

Quelle est l'importance du détroit d'Ormuz pour le commerce mondial de marchandises ? Cette route permet surtout les exportations de produits pétroliers et gaziers des pays du Golfe. Le détroit est un point de passage clé du commerce de pétrole. Un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent. Mais l'accès au détroit d'Ormuz n'est pas primordial sur la grande route Asie-Europe, car le chemin se finit en cul-de-sac aux abords du Koweit, de l'Irak et de l'Iran, soulignent les analystes. En revanche, le passage du détroit est essentiel pour les échanges régionaux puisqu'il permet aux marchandises d'arriver au port de Dubaï, Jebel Ali, 10e port mondial de conteneurs, et plaque tournante de redistribution pour plus d'une dizaine de pays de la région. A Jebel Ali, les porte-conteneurs sont déchargés sur des bateaux plus petits à destination de pays allant de l'Afrique de l'est à l'Inde, souligne Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de l'union TLF qui regroupe tous les commissionnaires de transport en France, c'est-à-dire les intermédiaires entre les exportateurs/importateurs et les armateurs. Le détroit a-t-il déjà été fermé à la circulation maritime ? Il n'y a jamais eu de fermeture. Même pendant la guerre du Golfe, "il n'y a jamais eu d'arrêt total des échanges" via le détroit d'Ormuz, soulignent plusieurs experts. Pendant la guerre Iran-Irak entre 1980 et 1988, il y a eu des attaques de pétroliers, mais le passage commercial a été maintenu, note Paul Tourret, directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime français. Le "gel" actuel du transit à Ormuz est "sans précédent", ajoute Cyrille Poirier-Coutansais, directeur du département recherches au centre d'Etudes stratégiques de la Marine, en France. Car depuis le début des frappes sur l'Iran, les plus grands armateurs, l'italo-suisse MSC, le danois Maersk, le français CMA CGM, l'allemand Hapag Lloyd et le chinois Cosco ont donné l'ordre à leurs bateaux de ne plus bouger et se mettre à l'abri. Sur la carte Marine Traffic, où l'on peut suivre le parcours et l'avancée des bateaux à travers le monde, on discerne des "groupes de bateaux", surtout des pétroliers, à l'arrêt tout au nord près du Koweit, mais aussi près de Dubaï, ainsi que la présence de la flotte de commerce iranienne devant le port iranien de Bandar Abbas sur l'autre rive du détroit. Plusieurs autres groupes distincts de bateaux stationnés sont visibles juste avant l'entrée du détroit d'Ormuz, détaille M. Tourret. Quelles marchandises passent par Ormuz ? Des voitures, des machines, des produits industriels venant d'Allemagne. Depuis la France, ce sont surtout des céréales et produits agricoles, des cosmétiques, des produits du luxe et pharmaceutiques. L'Italie exporte de l'agroalimentaire, beaucoup de marbre et de céramiques, et les Pays-Bas de l'agroalimentaire, souligne Anne-Sophie Fribourg de TLF. Dans le sens de l'exportation, outre les produits pétroliers et gaziers, dont sont issus les engrais et les plastiques, le Moyen-Orient compte pour 9% de la production mondiale d'aluminium primaire, dont la quasi-totalité est exportée, selon TD Commodities. Les changements d'itinéraires vont-ils rallonger les temps de transport ou renchérir les coûts ? Plusieurs plateformes d'e-commerce ont prévenu leurs clients que les temps de livraison allaient se rallonger, de quelques jours chez Temu et Shein à une dizaine de jours chez Amazon, selon Bloomberg. Les prix du fret sont déjà en train d'augmenter, notamment en raison de surcoûts imposés par les armateurs pour les livraisons dans la région. Pour la liaison Europe-Asie, les bateaux n'empruntent plus non plus le passage par la mer Rouge et le canal de Suez en raison de craintes liées à la reprise d'attaques de Houthis, alliés de l'Iran. Il faut compter une dizaine de jours de mer de plus en passant par le cap de Bonne Espérance, au bout de l'Afrique du Sud, et un surcoût d'environ 30%.

03.03.2026 à 08:29

Les documentaires nommés aux Oscars s'attaquent aux sujets brûlants de la société américaine

FRANCE24

Plusieurs des réalisateurs nommés ont dit à l'AFP qu'ils espéraient profiter de la visibilité offerte par la cérémonie du 15 mars à Hollywood pour susciter le débat avec leurs oeuvres. "Je crois que tout art est politique, et que l'art est à l'avant-garde de la révolution", affirme à l'AFP Geeta Gandbhir, réalisatrice de "La Voisine idéale", qui concourt pour l'Oscar du meilleur long métrage documentaire. A la croisée des questions de race, d'armes et de légitime défense, le film, disponible sur Netflix, décortique un fait divers survenu après un conflit de voisinage en Floride. "Quand on regarde tous mes collègues nommés dans ces catégories, les films sont profondément politiques", ajoute Geeta Gandbhir. "Ils ont tous quelque chose à dire (...) d'une manière ou d'une autre sur une question pressante", poursuit la réalisatrice, également en lice pour le meilleur court métrage documentaire avec "The Devil Is Busy". Le film s'intéresse à une clinique américaine pratiquant des avortements, assiégée par des manifestants après l'annulation de la garantie fédérale de l'interruption volontaire de grossesse par la Cour suprême en 2022. Christalyn Hampton, coréalisatrice du film, dit avoir voulu "humaniser ce sujet brûlant" en choisissant de suivre une femme croyante responsable de la sécurité dans cette clinique. Celle-ci est prise en étau entre la protection des patientes et la confrontation avec des manifestants dont elle partage en partie les convictions. "Nous avons trouvé cela très intéressant et ironique", confie Christalyn Hampton. "Une question humaine" Avec "Toutes les chambres vides", le réalisateur Joshua Seftel et le journaliste Steve Hartman ont quant à eux voulu faire ressentir au public le poids des tueries scolaires à travers l'absence des victimes. Pour illustrer ces drames, les deux hommes ont ainsi visité les chambres vides des enfants et adolescents tués. "Ce n'est pas politique, c'est une question humaine", assure Joshua Seftel. "C'est quelque chose sur lequel nous sommes tous d'accord: nous voulons tous que nos enfants soient en sécurité quand ils vont à l'école." Andrew Jarecki et Charlotte Kaufman ont tenté, de leur côté, de lever le voile sur les prisons américaines avec le long métrage documentaire "The Alabama Solution: dans l'enfer de la prison". "Nous avons deux millions de personnes incarcérées, on ne peut pas vraiment l'ignorer", explique Andrew Jarecki à l'AFP lors d'un déjeuner pour les nommés aux Oscars. "Mais les prisons font tout ce qu'elles peuvent pour tenir la presse et les cinéastes à l'écart", regrette-t-il. "Comprendre et être capable de voir ce qu'est (un problème) réellement, c'est la première étape pour le résoudre", ajoute-t-il, estimant que les réalisateurs avaient un rôle à jouer pour faire changer les choses. Le rôle des journalistes dans la société, et les menaces croissantes auxquelles ils font face, est au coeur du film "Reporters en Ukraine : vie et mort de Brent Renaud", consacré au premier journaliste étranger tué lors de la guerre en Ukraine. Nous vivons "la période la plus meurtrière jamais enregistrée pour exercer ce métier", déclare à l'AFP Craig Renaud, le frère de Brent Renaud et le réalisateur du film. Cent vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l'année 2025 dans le monde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), un record. Juan Arredondo, le producteur du film, dit espérer que le film sensibilise le public aux dangers qui menacent les journalistes. Et pas seulement ceux qui couvrent des conflits armés à l'étranger: "Je crois que nous sommes entrés dans une époque où ce que nous couvrons depuis des années à l'étranger commence à arriver aux États-Unis", redoute-t-il, évoquant "davantage d'attaques, d'arrestations et d'agressions contre des journalistes".

03.03.2026 à 08:27

En pleine guerre au Moyen-Orient, un documentaire nommé aux Oscars chronique l'émancipation des femmes en Iran

FRANCE24

Ce film chronique l'émancipation des femmes dans un coin reculé du pays, grâce à l'action d'une élue locale, Sara Shahverdi. Première femme élue dans un conseil d'une communauté rurale, "elle commence par apprendre aux jeunes filles à conduire une moto, puis en vient à créer l'accès à la propriété foncière pour les femmes", explique à l'AFP Sara Khaki, coréalisatrice du film avec son conjoint, Mohammadreza Eyni. Ensemble, ils ont suivi l'élue pendant huit ans. Une patience qui leur a permis d'être témoins de changements majeurs. Dans le village, "désormais, nous entendons dire que l'idée de conduire une moto, pour les femmes, n'est plus un sujet", raconte Mme Khaki. "Grâce à elle, davantage de femmes deviennent cheffes de foyer", malgré le caractère profondément patriarcal de l'Iran et son ultraconservatisme religieux, ajoute la cinéaste. Pour Mohammadreza Eyni, ce documentaire s'inscrit en faux des régimes autoritaires qui prolifèrent à travers le monde. "Nous avons un personnage dans notre film qui utilise réellement le pouvoir dont elle dispose pour donner du pouvoir aux autres, pas pour les contrôler, pas pour les réprimer, pas pour leur dicter ce qui est juste, mais simplement pour créer un espace pour eux", souligne-t-il. "Changement" Il espère que cette philosophie puisse inspirer une nouvelle génération de dirigeants. "Chaque jour, nous nous réveillons tous en découvrant des nouvelles insensées ; des dirigeants qui prennent des décisions irresponsables", estime-t-il. "Nous pensons donc que nous avons plus que jamais besoin d'histoires sur le leadership." Pour les réalisateurs, la campagne pour les Oscars a été l'occasion d'échanger avec leurs pairs et de trouver un peu de soutien, pendant que la République islamique massacrait des manifestants contestant le régime en janvier. "Nous avons eu tellement de conversations incroyables" avec les autres nommés à propos de l'Iran et de ce qui s'y passe, a raconté M. Eyni. "C'est incroyable d'avoir le sentiment d'être dans un abri sûr et d'avoir des collègues qui vous soutiennent réellement, et que cela ait de l'importance pour eux." Leur séjour à Hollywood a aussi été l'occasion "de nous rappeler mutuellement que le changement est possible, et que c'est pour cela que nous racontons des histoires", a-t-il ajouté. "Cutting Through Rocks" sera en compétition avec "Come See Me In The Good Light", "Mr. Nobody Against Putin", "La Voisine idéale" et "The Alabama Solution: dans l'enfer de la prison". La 98e cérémonie des Oscars se tiendra le 15 mars à Hollywood.

03.03.2026 à 08:19

NBA: Murray apporte la victoire à Denver, Boston bat Milwaukee malgré le retour d'Antetokunmpo

FRANCE24

. Murray taille patron Jamal Murray a marqué 45 points pour permettre à Denver d'aller s'imposer à l'arraché sur le parquet d'Utah (128-125), un adversaire pourtant modeste sur le papier. Contre le Jazz, le meneur des Nuggets a réussi huit tirs à trois points et huit passes dans un duel acharné qui a vu la mène changer de camp pas moins de 22 fois. La performance virtuose de Murray a été soutenue par les 22 points du triple MVP Nikola Jokic, qui a également capté 12 rebonds, lors d'une soirée où tous les titulaires de Denver ont marqué des scores à deux chiffres. Les Nuggets, éliminés en demi-finales de Conférence la saison passée, sont en souffrance depuis un mois, avec huit défaites sur leur douze précédents matches. Cette victoire permet à Denver de se donner un peu d'air au cinquième rang du classement de la Conférence Ouest, dans laquelle Utah reste à l'avant-dernière place. . Giannis de retour mais battu Giannis Antetokounmpo a fait son retour après cinq semaines d'absence, mais n'a pas pu empêcher Milwaukee de s'incliner lourdement face à Boston (108-81). Antetokounmpo, qui faisait sa première apparition depuis sa blessure au mollet droit fin janvier, a terminé avec 19 points et 11 rebonds dans une défaite sans appel des Bucks, largement dominés. Les cinq titulaires des Celtics ont inscrit au moins 10 points, et Payton Pritchard a brillé en sortie de banc avec 25 unités, dont cinq tirs à trois points. Boston (41v-20d) reste deuxième à l'Est, derrière les Pistons (45v-14d). Milwaukee, battu pour la troisième fois de suite, glisse à la 11e place, hors des places qualificatives pour le play-in. . Young expulsé avant même de débuter Transféré à Washington depuis Atlanta le 7 janvier dernier, Trae Young a réussi l'exploit inhabituel d'être expulsé avant même d'avoir disputé le moindre match pour sa nouvelle franchise, lors de la défaite contre Houston (123-118). Le meneur All-Star de 27 ans, blessé depuis que les Hawks l'ont envoyé aux Wizards en échange de C.J. McCollum et Corey Kispert, devrait faire ses débuts plus tard cette semaine. Mais lundi, il a été expulsé pour être entré sur le terrain au cours du troisième quart-temps dans le but de se plaindre après que son coéquipier Jamir Watkins a été poussé par Tari Eason, joueur de Houston. "Ne t'attends pas à ce que je me fasse expulser trop souvent, D.C... mais je vais définitivement apporter cette énergie et cette compétitivité quand je reviendrai pour mes frères !", a écrit Young dans un message posté sur X après l'incident. Sur son parquet, Washington a été largement battu par Houston, qui affiche désormais un bilan de 38 victoires pour 22 défaites et conserve sa troisième place dans la Conférence Ouest. Alperen Sengun a mené le score pour les Rockets avec 32 points, et son coéquipier Kevin Durant a terminé avec 30 points.

03.03.2026 à 08:17

Au Puy-en-Velay, fief de Laurent Wauquiez, la droite en position de force

FRANCE24

Tout juste l'édile de cette ville de 18.500 habitants, aux manettes depuis 2016 lorsqu'il a succédé à Laurent Wauquiez, a-t-il diffusé une vidéo sur Facebook pour vanter son mandat, refusant par ailleurs les sollicitations de la presse. Après avoir attendu le 23 février pour déclarer officiellement sa candidature, il a dévoilé sa liste "Bon cap, énergies nouvelles" vendredi, au lendemain du dépôt des candidatures pour les scrutins des 15 et 22 mars. Y figure en dernière position Baptiste Wauquiez, étudiant de 22 ans et benjamin de l'équipe, mais aussi l'assistante parlementaire de Laurent Wauquiez. "Je n'y vais pas tout seul", a déclaré le nouveau venu, qui a pris la parole lors de la présentation de la liste devant une assemblée conquise, disant être "très reconnaissant" au maire de lui avoir donné sa "chance". "Je ne me projette pas du tout dans une carrière politique aujourd'hui, c'est un engagement local", insiste-t-il auprès de l'AFP. Interrogé sur ce point, M. Chapuis s'agace: "Tous les gens qui sont dans mon équipe sont un atout supplémentaire", "on a des énergies nouvelles avec un +s+" et "Laurent Wauquiez n'est pas sur la liste". Quant à remplacer le maire, 71 ans, ce n'est "pas du tout le sens de mon engagement", affirme Baptiste Wauquiez. Fonds régionaux Dans les coquettes rues pavées et colorées de la cité vellave, qui n'a pas connu de second tour depuis 1995, beaucoup d'électeurs sont convaincus de l'issue du scrutin. "Je vois Michel Chapuis passer au premier tour", donc "je pense qu'on n'aura pas besoin de se déplacer le 22 mars", se félicite Thierry Mialon, ancien cadre EDF partisan de l'équipe en place. Quant à la présence de l'aîné des enfants Wauquiez sur la liste, "ça permet un ancrage de la famille", "on sait tout ce qu'a fait Laurent Wauquiez pour la ville avec l'argent de la région", poursuit-il. De fait, l'ancien président d'Auvergne-Rhône-Alpes, désormais conseiller spécial, accusé par l'opposition écologiste de cumuler les mandats, a inauguré samedi au Puy un complexe sportif flambant neuf, financé par des fonds régionaux. Ces élections sont "cousues d'avance, ça ne fait aucun doute. On sait très bien qui va repasser", se résigne de son côté Marie-Christine, retraitée, qui n'a pas souhaité donner son nom. Elle pointe la "dynastie" Wauquiez, une "forme d'oligarchie", selon elle. L'opposition? "Il leur manque de l'humain, du contact pour faire passer leurs idées (...) je trouve que c'est très fermé", regrette-t-elle. Transparence Une enquête du PNF (parquet national financier) ouverte en 2022 pour des soupçons de favoritisme dans l'attribution de la gestion du marché couvert du centre-ville, avait affaibli le maire, conduisant une partie de son équipe à ne pas se représenter. D'autres marchés publics sont désormais dans le viseur du PNF. Pourtant "la situation globale joue pour lui", avec "des conditions favorables" dans une ville où la droite ne s'est véritablement implantée qu'à partir de 2008 et l'élection de Laurent Wauquiez, souligne Mathias Bernard, politologue et président de l'Université Clermont-Auvergne. Outre la présence de deux listes à gauche, M. Chapuis bénéficie de l'absence du RN qui avait recueilli 22,34% des suffrages lors des législatives de 2024. "Je n'ai aucun problème par rapport au nom de famille. J'attends plutôt les propositions, les projets", souligne auprès de l'AFP Laurent Johanny, 43 ans, à la tête d'une liste de gauche "écologiste et sociale". En l'absence d'accord, il affrontera aussi Naziha Bouachmir, candidate LFI. Au-delà des cantines bio et de la végétalisation, M. Johanny propose plus de transparence dans la vie locale, dénonçant auprès de l'AFP une organisation jusqu'ici "très pyramidale". "Quand on connaît un petit peu le fonctionnement de la ville, (...) la question de l'éthique et de la transparence, c'est bien la moindre des choses qu'on peut avoir dans notre programme", dit-il.

03.03.2026 à 08:05

Thomas Jolly: "il y a beaucoup de liens entre le théâtre et les jeux vidéo"

FRANCE24

Dans un entretien à l'AFP, le directeur artistique des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 revient sur son parcours de joueur et les ponts qu'il établit entre le théâtre et le monde vidéoludique. La volonté du CNC de mettre à la tête des commissions des personnalités qui sont extérieures mais intéressées au domaine permet que les débats soient aussi plus riches. Entre le théâtre et le jeu vidéo, je trouve qu'il y a beaucoup de liens: ce sont vraiment deux arts qui s'adressent de manière très directe aux joueurs ou aux spectateurs et leur proposent une expérience à la fois singulière et collective. Quand j'ai monté Richard III en 2016, on a créé un petit jeu vidéo inspiré par Pac-Man. Ce n'était pas simplement un petit caprice de ma part: c'était aussi un objet qui permettait une entrée dans l'œuvre de Shakespeare." R: "La commission se réunit quatre fois par an. Je suis le président - mon mandat est bénévole - et il y a une vingtaine d'experts avec moi, et on épluche les dossiers d'écriture, de pré-production et de production. J'ai un vote, comme tout le monde, et mon seul pouvoir, c'est qu'en cas d'égalité, mon vote compte double. J'ai grandi et j'ai affiné mon travail grâce aux aides publiques de subventions pour le théâtre. Je retrouve un peu les mêmes spécificités dans cette commission-là, à savoir des projets qui peuvent se permettre d'être audacieux, de prendre des risques." R: "Je joue depuis mon enfance. J'ai eu la NES (première console de salon de Nintendo) dès qu'elle est sortie, ma première console. En ce moment, je joue à +Towers of Aghasba+ (un jeu d'exploration) et +Dome Keeper+ (un jeu de stratégie). Mon jeu favori, c'est Zelda. Assassin's Creed est une autre grosse référence pour moi." R: "C'était important que, dans la cérémonie, il (le jeu vidéo) y figure tout comme d'autres arts, comme l'animation par exemple. Je sais que le secteur du jeu vidéo a été assez surpris et heureux de se voir figurer dans la cérémonie, ce qui pour moi était logique." R: "Ca a pu être le cas mais j'ai l'impression que c'est en train de bouger. Il reste un fond comme ça, peut-être un peu de mépris, qui est bien souvent alimenté par une méconnaissance, non seulement des créateurs et créatrices mais aussi des enjeux techniques et technologiques que chaque jeu essaie de repousser." R. "Il est à un moment intéressant de sa jeune histoire. Parce qu'on se rend compte que le jeu vidéo a des grands-parents comme le théâtre qui lui-même, à l'arrivée du cinéma, a dû être remis en question, se recentrer sur lui-même et se repenser. C’est une crise qui est un peu comme une ritournelle dans les arts. Il y a une question qui m'intéresse dans le jeu vidéo, c'est de faire appel à des créateurs extérieurs. On voit par exemple Hideo Kojima (créateur japonais de la série Metal Gear, NDLR) qui a fait appel à Woodkid pour la musique de +Death Stranding 2+. Il y a peut-être des ponts artistiques à faire qui enrichiront les objets."

03.03.2026 à 08:01

Municipales: toute la France vote... sauf 68 communes sans candidats

FRANCE24

Nichée dans une vallée du massif des Vosges, Rothau (Bas-Rhin), 1.500 habitants, est la commune la plus peuplée de France à ne pas avoir enregistré de liste. La faute à des désaccords au sein de l'équipe qui devait se présenter, explique à l'AFP le sortant, Marc Scheer, maire depuis 2001 et conseiller municipal depuis 1989. À 77 ans, lui-même ne se voyait pas rempiler. "Il est temps, je n'ai pas envie de me retrouver comme (l'ex-président des États-Unis, Joe) Biden, en train de se casser la figure et de bafouiller! Je sais quelles sont les difficultés de l'âge", lâche-t-il. Mais l'édile n'est pas inquiet pour la suite. "Je pense que la décision qu'ils ont prise est la plus intelligente", juge-t-il. "Plutôt que d'avoir une équipe qui se tire dans les pattes, il vaut mieux reprendre la constitution d'une liste de manière plus sereine, ce qui permettra d'avoir un conseil municipal en pleine forme et en pleine action dans les trois mois qui viennent." "Individualiste" Comme c'est le cas dans les communes sans candidats, une fois l'équipe sortante arrivée au bout de son mandat, Rothau sera administrée pendant trois mois par une équipe transitoire nommée par le préfet, le temps d'organiser un nouveau scrutin. Si la situation se répétait, cette période serait prolongée et ainsi de suite jusqu'à ce qu'un conseil municipal soit élu... ou que la commune, en dernier ressort, soit fusionnée avec une voisine. "Les gens ne jouent pas collectif aujourd'hui, ils jouent individualiste", regrette Béatrice Pritzy, maire sortante et sans succession de Chapelle-d'Huin (Doubs), 530 habitants. "Quand je suis allée voir les gens susceptibles d'être au conseil, ils m'ont dit +non, on a des jeunes enfants, on travaille tous les deux, on n'a pas le temps+...", raconte la première magistrate de ce village, dont beaucoup de résidents travaillent en Suisse. Elle n'a pas voulu d'un second mandat qu'elle pourrait terminer à 73 ans - "j'ai des soucis pour dormir, je ne veux pas y laisser ma santé". D'autant que le prochain mandat, théoriquement de six ans, est susceptible d'être rallongé pour éviter que les élections municipales suivantes aient lieu en pleine campagne présidentielle de 2032. "C'est épuisant !" Le nombre de communes sans candidat est néanmoins en recul par rapport à 2020, quand il était de 106. "Plutôt une bonne nouvelle", relève Géraldine Chavrier, chercheuse spécialiste des collectivités à l'université Panthéon-Sorbonne. Et ce malgré un changement de règles qui oblige à présenter des listes plus complètes (autant que le nombre de conseillers municipaux moins deux) et respectant la parité femmes-hommes, même dans les communes de moins de 1.000 habitants. Le nombre de démissions de maires, en forte hausse au cours de ce mandat, avec près de 2.200 édiles qui ont jeté l'éponge entre juillet 2020 et mars 2025, peut expliquer selon elle les difficultés à trouver des volontaires. "Quand vous êtes tête de liste et que vous abandonnez parce qu'il y a trop de travail, votre premier adjoint se dit qu'il ne va pas se lancer et il devient extrêmement difficile de déposer des listes complètes", détaille-t-elle. Des difficultés propres à la commune peuvent aussi décourager les bonnes volontés, comme à Rochejean (Doubs), 750 habitants, où l'ancien maire, épinglé pour sa mauvaise gestion des finances locales, a dû démissionner en cours de mandat. Florence Schiavon, qui l'a remplacé au pied levé en 2024 "par obligation" et pour clore un mandat "un peu compliqué", regrette qu'il n'y ait "pas eu beaucoup de monde intéressé" pour prendre sa suite. À 71 ans, "j'ai envie de faire autre chose, autant que je peux", dit-elle, confiant avoir été fatiguée des lettres anonymes de citoyens critiquant la gestion municipale. "C'est pénible, c'est lourd, c'est épuisant!"

03.03.2026 à 07:59

"Le Passage", plongée d'un père dans les abysses de la dépression adolescente

FRANCE24

Sur la couverture, deux petites silhouettes cheminent sous un ciel étoilé, vers un lointain point de lumière. Publié le 11 mars chez Hachette, c'est un récit sans pathos, où la voix d'une adolescente répond à celle de son père, un roman graphique à l'illustration épurée en noir et blanc, plein de fantaisie et d'humour, malgré son sujet grave. Il dépeint le "passage" de l'adolescence, une époque "compliquée pour tout le monde, sans doute beaucoup plus aujourd'hui", mais aussi celui "d'un type de 47 ans qui se sent décrocher face à un monde qui change très vite", dit Mathieu Persan à l'AFP. "C'est aussi l'épreuve qu'on traverse tous les deux, pour arriver à redécouvrir que la vie vaut la peine" d'être vécue, poursuit ce père aux traits juvéniles, illustrateur de presse reconnu, "très peu orthodoxe" car il "fait tout à la souris" d'ordinateur. "J'aurais aimé qu'on me dise que ça allait secouer", dit le narrateur. Car un soir, la police appelle: il faut rentrer de toute urgence. Fous d'inquiétude, sa femme et lui courent, main dans la main vers un "abysse inconnu": leur fille aînée a voulu mettre fin à ses jours. Une détresse jusqu'ici cachée. "Comment se fait-il que dans la nuit étoilée, elle ne voie plus que le noir infini ?", se demande l'auteur. Dans le roman, l'ado relate les jours "brumeux et froids" qui s'enchaînent dans un monde absurde, le sentiment d'abriter un parasite qui dévore les désirs, l'énergie, l'envie de vivre... la bonne élève se sent "sortie d'un moule dans lequel on (l')a pressée trop fort". "Ils ne savent pas comment s'y prendre pour me recoller", dit-elle, lucide. Pendant les mois d'hospitalisation de sa fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, Mathieu Persan se remémore avoir eu avec elle "de grandes discussions très apaisées, qu'on ne pense jamais avoir avec son enfant, sur le sens de la vie, des choses très crues". "Elle m'a raconté la dépression, une maladie qui vous fait vivre dans un état de torpeur absolument atroce". "Elle exprimait quelque chose de très fort qu'il fallait transmettre", poursuit l'illustrateur, qui s'est lancé à corps perdu, huit heures par jour, dans ce roman composé en un été. "ParcoursPsy" "Parce que la dépression n'est pas une faiblesse de l'âme, or on entend encore: "+Va faire du sport !+, +Lève-toi, regardons ce film+... nombre d'amis m'ont dit: +Mais pourquoi vous ne partez pas en vacances ?+", dit-il. Confronté à ce qu'il appelle "ParcoursPsy", Mathieu Persan dénonce une véritable "sélection sociale", sorte de Parcoursup des soins où les familles sont confrontées à la rareté d'établissements saturés, la cherté des consultations de psychologues non remboursées, et une prise en charge parfois déshumanisante. "Comment font les personnes aux moyens modestes, dans les déserts médicaux ?" Le 4 avril, il participera à la course solidaire "Run for Lorène" organisée à Nantes par l'association Effervescence Jeunes. Créée par les parents d'une jeune fille de 15 ans, poignardée par un élève de son lycée souffrant de troubles mentaux à Nantes, en avril 2025, elle finance des projets en faveur de la santé mentale des jeunes. Mathieu Persan veut rendre hommage à "tous ces enfants qui ne vont pas bien et qu'aujourd'hui on n'entend pas". En 2024 les hospitalisations d'adolescentes pour tentatives de suicide ou automutilations ont augmenté "massivement" selon les statistiques publiques (Drees): +22% pour celles âgées de 10 à 14 ans, +14% de 15 à 19 ans, des chiffres qui ne suscitent plus d'émoi, déplore-t-il. "Le proviseur de son lycée nous a dit, et c'est assez terrifiant: +Ne vous inquiétez pas on a l'habitude, on en a deux à trois par classe+". "Notre fille a arrêté les cours en décembre: on ne nous a jamais rappelés pour savoir ce qu'elle devenait: on a juste reçu un bulletin sans aucune note". Les droits d'auteurs du "Passage" sont reversés à des associations oeuvrant pour la santé mentale des jeunes.

03.03.2026 à 07:55

En Alsace, des mini-séismes mettent à mal la géothermie

FRANCE24

Impossible de rater l'impressionnante installation de l'entreprise Lithium de France dans la commune de Betschdorf (Bas-Rhin): au milieu des champs, une tour métallique de forage de 51 mètres a été dressée. Une fois l'installation prête, en injectant de l'eau froide vers les profondeurs, l'industriel pourra la récupérer en surface à 150 degrés, et ainsi alimenter des réseaux de chaleur. L'entreprise prévoit également d'exploiter le lithium dissous dans l'eau pour en tirer chaque année 1.500 tonnes d'équivalent carbonate de lithium, qui sert de matière première pour fabriquer les batteries électriques. Cette activité intéresse fortement le gouvernement, qui y a envoyé début février le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour vanter cette technologie qui diminuerait la dépendance de la France aux importations de gaz et de lithium. Le sous-sol alsacien se prête particulièrement à l'exploitation de la géothermie, l'eau chaude y étant présente moins profondément qu'ailleurs, explique à l'AFP Julie Maury, géologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). "À cause des risques" Mais, revers de la médaille, les forages peuvent y faire trembler la terre plus facilement. Et ces secousses, qui surviennent généralement plus près de la surface que les séismes naturels, sont davantage ressenties à magnitude égale, détaille-t-elle. La secousse la plus forte liée à la géothermie dans la région a été de magnitude 3,9 sur l'échelle de Richter en juin 2021, à La Wantzenau près de Strasbourg. Le forage à l'origine de ce séisme avait déjà dû être stoppé net quelques mois plus tôt. Et plus récemment, d'autres projets ont été mis à l'arrêt en Alsace du nord, où se concentrent la plupart des installations. Lithium de France a ainsi renoncé à un forage à Soufflenheim en juin 2025, et une centrale géothermique exploitée par Électricité de Strasbourg à Rittershoffen a été arrêtée sur ordre préfectoral en décembre 2025. Par conséquent, localement, le développement de ces projets suscite des oppositions. "On est contre, à cause des risques", s'inquiète Joël Rang, qui habite dans un lotissement à quelques centaines de mètres du site de Lithium de France. "Je me sens beaucoup plus concerné en regardant par la fenêtre de ma maison la tour de forage!", ajoute ce développeur informatique. "La population est très sensible aux séismes. Quand vous sentez ça au fond de votre lit, c'est quand même inquiétant", abonde Muriel Manière, porte-parole d'un collectif d'opposants, installée dans un village proche. Pollution sonore, olfactive, lumineuse, dangers pour la forêt, pour des sites mémoriels de la Seconde Guerre mondiale... elle est intarissable sur les risques prêtés à cette activité. "Sécurité maximale" "Nous sommes des gens ruraux, on n'a plus de médecins, et on nous colle les industries productrices d'énergie qu'on ne consommera pas, puisque c'est pour les grandes villes. On est les dindons de la farce!", résume-t-elle. Les réseaux de chaleur, trop coûteux à déployer en zone rurale, pourraient plutôt alimenter Haguenau, 35.000 habitants, à une dizaine de kilomètres, redoutent les opposants. La chaleur tirée d'un site pourrait potentiellement chauffer 20.000 foyers, estime Lithium de France, qui à ce stade, envisage cependant plutôt de fournir des zones industrielles que des particuliers. "Nous ne pourrions pas opérer sans montrer patte blanche sur notre capacité à maîtriser ces risques", veut rassurer Pierre Brossollet, PDG d'Arverne, le groupe propriétaire de l'entreprise. Pour lui, "les techniques utilisées" et "le travail en bonne coordination et en bonne intelligence avec les services de l'État doivent pouvoir garantir une sécurité maximale autour de cette question de sismicité". Toute secousse au-delà d'un certain seuil entraînerait automatiquement l'arrêt des forages, leur reprise ne pouvant être décidée que par la préfecture. "Il y a une forme de responsabilité de l'exploitant de comprendre qu'il est partie prenante du territoire", abonde François Werner, élu régional (Nouveau centre) chargé de l'énergie. Car "l'extraction du sous-sol, (...) dans l'inconscient de chacun, ça parle".

03.03.2026 à 07:39

Entre blizzard et géopolitique, la vie des Groenlandais suspendue à un coup de fil

FRANCE24

"S'il y a quelque chose de grave, je crierai +Aidez‑nous, sortez+!", s'agite Mme Mathiassen. "J'ai fait la demande pour un téléphone satellite", rétorque posément Heidi Nolsø. Quelques maisons colorées à flanc de colline, nichées dans un fjord glacé ; la trentaine d'habitants de ce hameau de l'Ouest groenlandais vit au rythme des saisons, de chasse et de pêche. A 75 km à peine de Nuuk, la capitale, Kapisillit est pourtant seul au monde. Comme des centaines d'autres villages du Groenland, la colonie dépend d'un réseau de télécommunications fragile et onéreux, désormais soumis aux bourrasques de la géopolitique. "Le plus vulnérable" Sur la falaise enneigée, un long bâtiment jaune. Lorsque Heidi Nolsø en pousse la porte, une odeur rance s'échappe : "c'est le cabinet médical, abandonné depuis plusieurs mois". Un stéthoscope posé sur la table, mais sans médecin. Dans cette colonie accessible uniquement en bateau, les habitants s'en remettent aux téléconsultations. Les évacuations d’urgence se font en hélicoptère. En cas d'infarctus, "c'est trop tard", lâche la cheffe du village, quadragénaire. Mais sans connexion, impossible de contacter Nuuk. "Si on était coupés du monde, ce serait terrible", admet Mme Nolsø. En termes de connectivité, le Groenland est "le pays le plus vulnérable de l'Arctique", explique à l'AFP Signe Ravn-Højgaard, directrice du groupe de réflexion Digital Infrastruktur. Il est relié au monde par deux câbles de fibre optique qui courent sous la mer vers le Canada et l'Islande, complétés dans le nord et l'est par une couverture satellitaire. Les câbles sont en fin de vie et une rupture simultanée, comme en 2019, laisserait les habitants sans connexion pendant plusieurs mois. "Le Groenland s'attend aussi à ce que son réseau soit de plus en plus ciblé, puisque l'Arctique devient une zone de conflit", analyse Michael Delaunay, spécialiste de la connectivité arctique au sein du même groupe de réflexion. Dans le sillage des tensions avec Washington, le territoire autonome danois a obtenu, en octobre 2025, le financement d'un troisième câble sous-marin, intégré à l'accord de défense signé avec Copenhague. - Coupures fréquentes – À Kapisillit se dresse une petite école de bois rouge, avec sa cloche, sa bibliothèque et son fusil de chasse soviétique contre les ours polaires. Chaque matin, Mme Mathiassen retire ses moufles en peau de phoque et allume son iPad. "Je peux rester connectée avec Nuuk en permanence", explique-t-elle. "Il y avait un ordinateur mais il n'a pas été réparé. Trop difficile à distance". Par la fenêtre, on distingue le relais téléphonique qui surplombe le village, le raccordant au monde extérieur. Ces derniers jours, il était en panne et le réseau instable. "Hier, deux hélicoptères ont atterri ici, au milieu. Ils ont trifouillé quelque chose, puis sont repartis", dit l'institutrice. Sur un rebord de fenêtre, des tablettes prennent la poussière, vestiges d'un projet d'école en ligne. Les coupures fréquentes ont poussé le rectorat à faire appel à l'institutrice, même si elle n'a que deux élèves. Ne parlant pas groenlandais, elle est aidée par une assistante du village. Le cours se fait en danois. Le style est austère, la classe vide. Chaque matin, Tulliaq, 11 ans, et Viola, 7 ans, doivent déposer leurs téléphones dans une boîte. "Ils préfèrent parler à leur oncle ou tante quelque part ailleurs au Groenland, plutôt que d'apprendre le danois", pique Mme Mathiassen. Tulliaq s'exécute avec peine. Son portable est le seul lien avec son ami qui vit en Ecosse. A 14 ans, les adolescents partent étudier à Nuuk  et reviennent rarement. Les réseaux sociaux sont devenus un maillon essentiel du lien communautaire au Groenland. "Toutes les relations, y compris des élus, passent par Facebook ou Messenger", analyse Mikaa Blugeon-Mered, spécialiste de l'Arctique. Pour Washington, cela constitue une "richesse inestimable de renseignement sur les décideurs groenlandais". Sur la plateforme de Meta, les experts observent l'apparition de faux profils et une polarisation croissante du débat public, dans un contexte où la population est peu sensibilisée aux risques de manipulation de l'information. Une menace d'autant plus lourde que, derrière les écrans, la fragilité sociale reste omniprésente. Suicide À la pause, Mme Mathiassen sort un album photo du placard. Sur le papier glacé jauni, une vingtaine de jeunes Groenlandais sourient, les pieds dans la neige. Au dos, une inscription : "photo de classe 1997". L'assistante se cherche sur un cliché, puis scrute les visages, pensive. "Beaucoup sont morts", lâche-t-elle. "Suicide..." L'exode rural des années 1970, encouragé par Copenhague, a fait éclater le modèle social groenlandais et rester en contact avec ses proches est devenu un besoin vital. L'accès reste pourtant difficile, un abonnement internet coûtant environ 147 euros par mois. "Seuls les riches peuvent se l'offrir", regrette Heidi Nolsø, alors que nombre de personnes âgées vivent de leur seule retraite. "Si nous avions un Starlink, tout serait plus simple." Mais les terminaux internet satellitaires de l'américain SpaceX sont interdits au Groenland, où l'opérateur national Tusass détient le monopole des télécommunications. Son modèle repose sur une harmonisation des tarifs : les habitants des grandes villes, plus solvables, subventionnent les zones isolées où les coûts seraient autrement prohibitifs. Une concurrence directe mettrait en péril cet équilibre. En avril 2025, une gigantesque panne d'électricité en Espagne avait d'ailleurs privé de téléphone une partie du Groenland, qui dépend de satellites espagnols. Pour renforcer son réseau, Tusass avait envisagé un accord avec SpaceX, avant de se tourner en octobre vers le français Eutelsat, pourtant moins performant. En filigrane se dessine la crainte d’une ingérence américaine. "La situation géopolitique a beaucoup joué dans le choix d'un opérateur européen plutôt qu'américain", relève M. Delaunay, qui estime que Starlink demeure "un acteur étranger et instable" aux yeux de Nuuk. Par la fenêtre de l'école, on aperçoit un bateau de pêche fendre l’eau de la baie, cernée de montagnes. Parfois, une frégate militaire danoise aussi, lorsque la tempête secoue Nuuk. "Je ferai quoi si je vois arriver les bâtiments américains ou russes ?", se demande Vanilla. "Un jeune garçon m'a dit +s’ils viennent, j’ai une arme et je sais m'en servir+." Son plan pour l’instant sera de suivre "les gens d’ici". Mais le péril est ailleurs. En février 2025, deux jours de tempête avaient dévasté des maisons et coupé Kapisillit du monde. "En cas d'urgence, on n'aurait eu aucune aide de Nuuk", regrette Heidi. "Les Groenlandais sont des gens patients", dit-elle. Si tout s'arrête, "ils reviendront à la nature."

03.03.2026 à 07:37

Municipales 2026 : refus d’obstacle de la macronie, davantage préoccupée par la présidentielle

Romain BRUNET

Déçu par ses résultats en 2020, le parti Renaissance a préféré ne pas se lancer pleinement dans la bataille des municipales (15 et 22 mars), optant pour des soutiens à des candidats mieux implantés. Alors que la fin du mandat d’Emmanuel Macron approche, la macronie a les yeux déjà tournés vers la présidentielle 2027.

03.03.2026 à 07:35

Une robe bleue, une chanson, un cri dans la montagne: ce qui fait tenir les Afghanes

FRANCE24

Il leur est interdit de poursuivre leurs études au-delà du primaire, de se promener dans les parcs, d'aller dans une salle de sport, à la piscine ou dans un salon de beauté. Elles doivent impérativement se couvrir de la tête aux pieds et sont exclues de nombreux emplois. Chaque manquement peut se traduire par une arrestation et un emprisonnement. Pour le chef suprême de l'Afghanistan, Hibatullah Akhundzada, les femmes ont été sauvées de "l'oppression" par le gouvernement des talibans qui applique une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les femmes subissent un "apartheid de genre" en Afghanistan, selon l'ONU. Le sentiment d'enfermement s'est renforcé ces dernières années avec le durcissement des politiques migratoires en Europe, aux États-Unis, en Iran et au Pakistan. "Toutes les portes se ferment", déplore aujourd'hui l'une des femmes interrogées par l'AFP. La crise humanitaire, avec la baisse drastique de l'aide internationale, des désastres climatiques et le retour forcé de plus de cinq millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan, ont encore fragilisé leur situation. Quel est l'objet, le rituel qui donne de la force à ces femmes au quotidien ? En ville ou à la campagne, malgré les risques, cinq d'entre elles ont accepté de témoigner. Pour des raisons de sécurité, leurs prénoms ont été changés et leur localisation exacte cachée. Le carnet bleu Sanam, 25 ans, voulait étudier la médecine mais les portes des universités se sont fermées en 2022. "Je ressens de la colère, nous avons été privées de nos droits. Je me sens comme un oiseau dont les ailes ont été arrachées". Désormais, celle qui vit dans une petite ville "très pauvre" donne des cours en ligne à des jeunes filles de 16 à 23 ans. Le matin, "je pense à mes 30 élèves qui attendent que je leur dise +bonjour+ et que je leur apprenne une nouvelle leçon. Enseigner n'est pas permis, c'est un crime, mais j'accepte ce risque parce que je sais que cela vaut la peine, je me sens utile." "Pour garder le moral, j'écris mon journal tous les jours dans un carnet. Il a une couverture bleue et il m'apaise. Je le garde dans mon armoire, entre mes habits, pour que personne n'y ait accès". "Hors de l'Afghanistan, les filles de mon âge sont libres. Nous sommes dans une cage, nous ne pouvons pas étudier mais nous essayons quand même, nous avons l'espoir et nous continuons malgré tous les dangers." Crier dans la montagne Sayamoy, 34 ans, élève ses enfants seule dans deux petites pièces d'un quartier pauvre d'une des plus grandes villes afghanes. Son mari, qui servait dans l'armée de la République, a été tué par des combattants talibans avant qu'ils ne conquièrent le pouvoir. Dans un pays qui impose aux femmes d'être accompagnées par un homme de leur famille pour aller travailler ou voyager, être veuve complique tout. "Si je vais dans une agence immobilière, ils ne me répondent même pas. A un homme ils auraient parlé poliment." Dans une administration où elle demandait de l'aide en tant que veuve, on lui a proposé comme solution de se marier avec un combattant taliban. "J'ai eu peur, je n'y suis plus retournée." "Il y a eu des jours où nous n'avions rien à manger. Une fois, j'ai pris du pain dans la poubelle, mais comme il était moisi, mes enfants sont tombés malades. La peur d'être sans toit m'a fait penser à un moment à vendre mon rein pour payer un loyer." Cette femme à la voix douce vit en faisant des ménages. "J'enseigne aussi à quelques enfants en primaire", dit-elle en montrant un petit tableau sur un mur du salon-chambre à coucher. "Je voudrais ne pas être une femme, je voudrais ne pas être née en Afghanistan. Mais quand je vois mes enfants, je retrouve l'espoir. Même quand mes yeux sont remplis de larmes, je souris pour mes enfants." "Je leur raconte des histoires imaginaires motivantes et réconfortantes, ça me remonte le moral. Mes histoires parlent de la maison qu'on rêve d'avoir, mes enfants disent: +Nous aurons des chaises et des tables+". "La tombe de mon mari est dans une plaine entourée de hautes montagnes. Là-bas, personne ne peut entendre ma voix, alors je crie. Ma voix rencontre un écho, c'est comme si les montagnes me comprenaient et criaient ma peine avec moi. Alors mon cœur se vide de son chagrin et je me sens libérée". Robe bleue, maquillage et vidéos Hura, 24 ans, voulait être diplomate. Elle étudiait les relations publiques et le journalisme. Mais l'université a fermé. "J'étais déprimée à la maison, j'ai pris du poids." Elle se réoriente comme sage-femme, une formation également bannie. "Toutes les portes se ferment. Sauf la porte du mariage qui reste ouverte, mais j'ai peur de cette porte car je crains qu'un homme me force à rester à la maison." "Pour me sentir mieux, je fais des vidéos et des photos de moi-même." Sur l'une, elle apparaît dans une robe de soirée en velours bleu, décolletée, ses cheveux bruns lâchés, en train de chanter. Une autre la montre dans une robe traditionnelle multicolore, souriante et maquillée. "Avant, j'étais très stylée à l'université", raconte la jeune femme qui travaille dans le secteur médical dans une grande ville. "Quand je poste ces photos, avec maquillage et sans voile, je me sens libre car c'est ma réalité, la personne que je veux être." Mais, poursuit-elle, "si les talibans voient des filles poster de telles photos, ils nous mettront en prison, alors j'ai peur". Pour autant "j'ai toujours de l'espoir et je lutte", dit-elle. "Même si mes cheveux deviennent aussi blancs que mes dents, je n'abandonnerai pas et j'obtiendrai mon master" de relations publiques, promet-elle. Les chansons d'Aryana Sayeed Shogofa, 22 ans, habite dans une grande ville avec ses huit frères et sœurs et ses parents. Elle devait devenir professeure. "Je me sens si seule. J'ai l'impression d'être dans une cage et personne ne m'entend. Je prie pour pouvoir un jour me sentir libre et étudier sans peur. J'espère qu'un jour les filles pourront rire librement." "Le lycée et mes camarades de classe me manquent, je voudrais vivre de nouveau ces moments où je marchais avec mes amis. J'étais heureuse alors, j'avais de l'espoir pour l'avenir. Maintenant, je suis dans un coin de la maison et j'étudie en ligne", clandestinement. Pour chasser les pensées sombres, "j'écoute de la musique, des chansons de Farhad Darya ou d'Aryana Sayeed", deux populaires artistes afghans défenseurs des droits des femmes aujourd'hui exilés. "Kabul Jaan" (Kaboul bien-aimée) de Farhad Darya fut la première chanson diffusée à la radio afghane après la chute des autorités talibanes en 2001. Le chanteur mêle sonorités traditionnelles et rock. Ancienne juré de "The Afghan star", Aryana Sayeed, qui a fui en 2021, est connue pour ses chansons dénonçant les violences faites aux femmes, ce qui lui avait valu, même avant le gouvernement taliban, de nombreuses menaces de mort. Écouter ou jouer de la musique est officiellement interdit en Afghanistan. Livres Mohjeza, 30 ans, collaboratrice d'une ONG aidant les femmes agricultrices, a été licenciée en 2025 après les coupes de l'aide internationale américaine. Son ambition de suivre un master à l'étranger s'est fracassée, faute de visa. Elle vit avec ses quatre sœurs, son frère et sa mère. "Nous habitons à la campagne, dans une région montagneuse et il n'y a pas d'électricité, nous avons des panneaux solaires et la plupart des gens n'ont pas accès à internet". Elle doit sortir de sa maison pour capter le réseau mobile. "Je me sens comme une prisonnière parce que je ne peux même pas aller au marché seule, il n'y a aucun lieu public où nous puissions respirer quelques minutes." "J'avais déposé une demande d'asile pour les États-Unis, mais depuis l'arrivée (du président américain Donald Trump), tout est annulé." "Je garde l'espoir car le monde change continuellement. Je fais du volontariat (...) et je donne des conseils à des agricultrices que j'aidais avant dans mon travail pour améliorer leur production", explique celle qui cherche sans relâche un nouvel emploi. Pour tenir le coup, "je fais une demi-heure de gymnastique chaque matin. Mais surtout j'aime lire des livres sur des femmes qui ont vécu des moments très difficiles. Leur récit me motive". "Je télécharge des livres et on en partage aussi avec d'autres filles." "Mon message aux gens hors d'Afghanistan: Ne perdez jamais espoir, le monde dans lequel je vis est bien plus sombre que le vôtre. Il y a une lumière dans votre monde et si vous la suivez, vous réaliserez vos rêves".

03.03.2026 à 07:33

Argentine: huit ans après, le procès du San Juan, sous-marin perdu avec 44 vies

FRANCE24

Loin au large, à plus de 500 km de cette ville battue par les vents incessants de l'extrême sud de l'Argentine, repose par 900 m de fond dans l'Atlantique sud l'équipage du "San Juan", disparu en novembre 2017, et localisé un an plus tard. Sur le front de mer, un monument en forme de sous-marin porte leurs noms. Le San Juan, sous-marin d'attaque de type TR-1700, avait appareillé sept jours plus tôt du port d'Ushuaia, pour regagner sa base de Mar del Plata (sud de Buenos Aires). Le 15 novembre, il signalait une panne électrique et un début d'incendie. Son dernier message. Sa disparition, plus lourde perte de la marine argentine en temps de paix (hors Guerre des Malouines) avait bouleversé le pays, et mobilisé les navires d'une dizaine de pavillons en une vaste opération de recherche de plusieurs semaines. Une interminable année plus tard, une firme américano-britannique d'exploration maritime, Ocean Infinity, l'avait finalement localisé, sur un fond accidenté de canyons, avec sa coque déformée, enfoncée. Renflouage exclu Si la genèse exacte de l'avarie n'a pas été élucidée, "quelle que soit la cause, le sous-marin a implosé", avait déclaré le ministre de la Défense de l'époque, Oscar Aguad. Le San Juan de fabrication allemande, construit en 1983, n'était pas conçu pour descendre au-delà de 300 mètres. Une hypothèse est une défaillance de valve, qui aurait permis une entrée d'eau dans le compartiment des batteries, entraînant un incendie puis une explosion. Mais pour confirmer, il faudrait renflouer les débris, opération complexe qui n'a jamais été sérieusement envisagée, observent les familles. "C'est très difficile de condamner quelqu'un pour un délit quand on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé. Le procès pourrait finir en acquittement", avertit à l'AFP Luis Tagliapietra, avocat mais aussi père d'Alejandro, 27 ans, l'un des marins tués dans la catastrophe. Quatre ex-haut gradés de Marine sont jugés: les anciens chefs de l'instruction, de la force sous-marine, le chef d'état-major du commando sous-marins, et l'ex-chef des opérations. Poursuivis pour manquement au devoir de fonctionnaire et de leur charge, sinistre par négligence ayant causé la mort, ils comparaissent libres, mais encourent de 1 à 5 ans de prison. Certains ont déjà été sanctionnés en cour martiale, l'un destitué. Mais les grands absents du procès, qui pourrait durer jusqu'en juillet (à raison d'une semaine sur deux), sont les familles, vivant pour la plupart loin en Argentine, et sans moyens de se rendre à Rio Gallegos, à plus de de 3 heures de vol de Buenos Aires. "Ils ne peuvent même pas se payer des photocopies, alors imaginez un avion et l'hébergement ! Mais l'important, c'est d’être arrivés au procès", explique à l'AFP l'avocate Valeria Carreras, qui représenter 34 familles. Au moins, la visibilité "Ce sont des gens sans pouvoir, sans argent, sans nom, et ils se sont sentis comme des moins que rien pendant ces huit ans. C'est pour ça qu'il y a des attentes: cette visibilité est importante pour que l'oubli, le temps, ne soient pas complices de l'impunité", a-t-elle ajouté. Dans les mois suivant le naufrage, les familles de l'équipage (43 hommes et une femme) avaient mené une intense campagne de pression sur les autorités pour connaître le sort du sous-marin. Elles ont affirmé avoir fait l'objet de filatures, d'écoutes, d'intimidations. L'ex-président libéral Mauricio Macri (2015-2019) a même été inculpé pour espionnage illégal, avant un non-lieu prononcé en 2022. Ni Macri, ni son ministre de la Défense d'alors ne figurent parmi quelque 90 témoins cités. Mais Me Carreras espère qu'une instruction distincte, en cours dans une autre juridiction, mais quasi-paralysée faute de moyens d'expertise, "remontera des lignes de commandement jusqu'à Macri". "Il y a eu de nombreuses défaillances avant le naufrage, des commandements à terre n'ont pas pris de décisions adéquates, mais on ne sait toujours pas pourquoi il a coulé", souffle Luis Tagliapietra. "Il y a de la résignation chez des proches", concède-t-il. "Moi, je continue de me battre, c'est la promesse que j'ai faite à mon fils".

03.03.2026 à 07:31

Coupe de France: faux-pas interdit pour Marseille contre Toulouse, choc Lyon-Lens

FRANCE24

Requinqué par sa victoire dans le temps additionnel contre l'OL (3-2), dimanche en Ligue 1, l'OM repart en campagne pour tenter d'ajouter une ligne à son palmarès, vierge depuis sa victoire en Coupe de la Ligue en 2012, contre justement son vieux rival lyonnais (1-0 a.p.). Le nouvel entraîneur Habib Beye a interrompu la spirale négative, après des débuts complètement ratés à Brest (2-0), et cette fois ce sont les Phocéens qui se sont imposés dans les dernières secondes, eux qui ont perdu tant de points, de matches et d'illusions dans cette zone cette saison. Avec l'élimination du Paris Saint-Germain, vainqueur de huit des onze dernières Coupe de France, le tableau s'est ouvert et Marseille espère mettre fin à une trop longue disette. Attention à ne pas mésestimer le Téfécé, une des équipes venues prendre des points au Vélodrome en toute fin de match (2-2) cette saison. Et l'OM reste fragile. Le match contre Lyon aurait pu basculer dans l'autre sens et le public marseillais n'a pas oublié que la dernière fois que l'OM s'est retrouvé en quarts de finale de l'épreuve, en 2023, il s'est effondré à domicile contre un club de L2, Annecy, juste après avoir éliminé le PSG (2-1) et suscité un grand espoir de titre. Les deux autres favoris, Lyon et Lens, respectivement troisième et deuxième de L1, s'affrontent directement jeudi. Les deux connaissent un léger coup d'arrêt. L'OL vient de s'incliner deux fois après une série de treize victoires toutes compétitions confondues, le Racing n'a pris qu'un point en deux rencontres après avoir gagné onze matches sur douze en championnat. Reims dernier rescapé Les Gones ont vu l'OM revenir à deux longueurs de leur précieuse troisième place, directement qualificative pour la Ligue des champions, et les Sang et Or ont laissé filer le PSG en tête de la L1 après leur avoir longtemps tenu tête. Lens court également après un trophée qu'il n'a jamais remporté, perdant ses trois finales (1948, 1975, 1998). Dans le premier quart de finale, mardi, Strasbourg endossera le rôle de favori contre le seul rescapé des autres divisions, Reims (L2). Les Alsaciens ont l'occasion de confirmer leur belle saison, avec un jeu alléchant malgré le changement d'entraîneur en cours de saison, Gary O'Neill remplaçant Liam Rosenior début janvier. Strasbourg (8e) est toujours en course pour l'Europe et en 8e de finale de Ligue Conférence à venir contre les Croates de Rijeka. Les Champenois, troisièmes de L2, sont toujours en course pour la remontée mais restent sur quatre nuls d'affilée. Le dernier quart de finale oppose Lorient à Nice, mercredi en Bretagne. Les Merlus peuvent se consacrer entièrement à la quête d'une deuxième Coupe de France, après leur victoire en 2002, le maintien quasiment assuré avec 15 longueurs d'avance sur la 16e place. Les Aiglons en revanche sont moins tranquilles, ils n'ont que six points de plus qu'Auxerre. Nice et Lorient viennent de s'affronter en L1 le 22 février et les Bretons ont égalisé dans les dernières secondes (3-3). Programme: Mardi (21h00) Strasbourg (L1) - Reims (L2) Mercredi (20h30) Lorient (L1) - Nice (L1) (21h00) Marseille (L2) - Toulouse (L1) Jeudi (21h10) Lyon (L1) - Lens (L1)
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