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▸ Les 15 dernières parutions

27.05.2026 à 15:21

Deux Français inhumés en Corée avec leurs compagnons d'armes, 75 ans après la guerre

FRANCE24

L'adjudant-chef Jacques Grisolet et le caporal André Datcharry, décédés en France récemment, portent à 37 le nombre d'anciens combattants qui, morts longtemps après la guerre de Corée (1950-1953), ont choisi d'être enterrés au Cimetière mémorial des Nations Unies à Busan, où gisent plus de 2.600 soldats de 22 pays étrangers tombés au combat. Mercredi, leurs enfants ont inhumé leurs cendres au cours d'une cérémonie militaire dans cet immense espace vallonné, unique cimetière de l'ONU dans le monde, au coeur de la deuxième ville de Corée du Sud. "Nous sommes très heureux que papa ait choisi de faire inhumer ses cendres dans ce cimetière magnifique, international. Cela avait du sens pour lui", dit à l'AFP la fille de Jacques Grisolet, Elisabeth Magrou. "Nous savons qu'il y sera toujours entouré, qu'il y aura toujours une cérémonie, toujours des attentions. Il ne sera jamais tout seul. Il va reposer en paix dans cette terre de Corée, dans ce pays magnifique qu'il aimait par-dessus tout". Les deux soldats inhumés mercredi étaient membres du Bataillon français de l'ONU, constitué en 1950 dans le cadre de l'intervention des Nations Unies contre l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord. André Datcharry a servi en Corée de mars 1953 à août 1954 et y a été blessé deux fois. Jacques Grisolet a été déployé à deux reprises entre 1951 et 1953, prenant part à plusieurs combats majeurs, dont l'effroyable bataille de Crèvecoeur (Heartbreak Ridge) à l'automne 1951 dans les crêtes du centre de la péninsule. Le Verdun coréen Fort de 3.421 volontaires, le bataillon français était commandé par le général Ralph Monclar, héros de la France Libre, qui déclara fameusement: "ceux de Crèvecoeur peuvent dire aux vieux de 14-18 qu'ils ont vécu quelque chose qui vaut Verdun". Pour Patrick Beaudouin, ancien député et président de l'Association nationale des anciens et amis des forces françaises de l'ONU, plusieurs facteurs expliquent l'attachement de nombreux vétérans à la Corée, au point de vouloir s'y faire enterrer, à des milliers de kilomètres de leurs familles. "Quand ils sont arrivés en Corée, ils ont été frappés par la misère du peuple coréen. Voir ces longues files d'exode, je pense que ça leur a rappelé ce qu'ils avaient vécu jeunes lorsque la France a été occupée en 1940", explique-t-il à l'AFP. L'autre facteur, poursuit-il, est la violence extrême du conflit, qui fit entre 2,5 et 3 millions de morts selon les estimations, et qui a créé un lien extrêmement fort entre frères d'armes. "C'est une guerre aux conditions terrifiantes, il fait moins 35, moins 40, puis après c'est la mousson. Ce sont des murs d'artillerie, ce sont des combats au corps à corps". Une partie de leur âme en Corée "Ils ont laissé une partie de leur esprit, de leur âme ici, en Corée", poursuit M. Beaudoin. "Et c'est pour cela qu'ils ont voulu revenir y reposer pour toujours". A cela s'ajoute le fait que la Corée du Sud n'a jamais oublié les étrangers venus la défendre. Au début de la pandémie de Covid-19, le gouvernement sud-coréen envoya des milliers de masques en France, qui en manquait, pour protéger les anciens combattants. "Un geste magnifique", se souvient Mme Magrou, qui se souvient aussi que le tout premier visiteur à frapper à sa porte pour présenter ses condoléances, juste après la mort de son père, était l'attaché militaire sud-coréen en France. La plupart des anciens combattants français sont revenus à de nombreuses reprises au cours de leur vie en Corée du Sud, passé en quelques décennies du statut de pays sous-développé à celui de puissance économique mondiale. "Quand ils ont découvert la Corée il y a 76 ans, c'était un pays réduit en cendres", rappelle Stephanie Hwang, porte-parole du Cimetière de l'ONU à Busan. "Lorsqu'ils y sont retournés plusieurs décennies plus tard, ils ont découvert une démocratie florissante et une puissance économique. Savoir que leurs sacrifices ont jeté les bases mêmes du développement et de la prospérité de la Corée leur procure une immense fierté." Un total de 269 français sont tombés pendant la guerre de Corée. Selon M. Beaudoin, seuls 17 anciens combattants français de ce conflit sont encore en vie.

27.05.2026 à 15:19

Les Galeries Lafayette ferment leur magasin de Pékin

FRANCE24

Un flot continu de clients a parcouru mardi, veille de fermeture, les boutiques de l'immense magasin de six étages dans le cœur de la capitale à la recherche de bonnes affaires de dernière minute. Les employés remballaient au même moment les invendus et les mannequins, contribuant eux aussi à vider les rayons des sacs à main, vêtements, chaussures et jouets pour enfants avant que l'enseigne ne tire le rideau pour une durée indéterminée. "Ne soyez pas tristes, ce n'est pas un adieu définitif", déclarait le magasin dans un message publié début mai sur les réseaux sociaux. "A bientôt Pékin", promettait-il. Les Galeries Lafayette invoquaient dans un communiqué mi-mai l'évolution des attentes de la clientèle. "Les acheteurs modernes privilégient de plus en plus la commodité, un service de qualité supérieure, des expériences plus enrichissantes et un sentiment accru de bien-être", disaient-elles. "L'enseigne entend proposer des magasins plus fonctionnels et agiles, mettant davantage l'accent sur la sélection de marques et de produits", ajoutaient-elles. La direction des Galeries Lafayette avait expliqué séparément que le magasin de Pékin, avec ses 48.000 mètres carrés, était trop grand pour pouvoir être modernisé sans consentir des investissements majeurs. La Chine connaissait une période de forte croissance du luxe quand les Galeries Lafayette avaient ouvert à Pékin leur premier magasin en Chine continentale en 2013. L'essor de la classe moyenne portait alors la promesse de nouveaux débouchés pour des marques jusqu'alors inaccessibles au plus grand nombre en Chine. Depuis, la pandémie de Covid-19, une profonde crise de l'immobilier aux graves retombées sur l'économie et le piétinement de la consommation intérieure sont passés par là. Les Galeries Lafayette ont assuré que la fermeture du magasin pékinois ne remettait pas en question sa présence. Elles ont trois autres magasins, en Chine continentale à Shanghai (est) et Shenzhen (sud) et dans la région administrative spéciale de Macao. Les Galeries Lafayette s'appuient en Chine sur une coentreprise à parts égales avec un partenaire local, Hopson Group. Elles étaient locataires du magasin de Pékin. A l'international, le groupe possède des magasins en Indonésie (Jakarta), en Inde (Mumbai et New Delhi), au Moyen-Orient (Dubaï et Doha) et au Luxembourg.

27.05.2026 à 15:18

Ligue des champions : le trio Campos, Enrique, Al-Khelaïfi fait des merveilles depuis trois ans

FRANCE 24

Qualifié en finale de ligue des champions pour la deuxième année de suite, une première pour un club français, le PSG profite de la bonne dynamique insufflée par les deux Luis (Campos et Enrique) ainsi que son président Nasser Al-Khelaïfi. Le changement de philosophie à la tête du club a été totalement bénéfique pour ce dernier après l'échec du précédent projet basé sur des stars.

27.05.2026 à 15:11

CPI: le procès de l'ancien président philippin Duterte débutera le 30 novembre

FRANCE24

L'ancien homme fort de Manille est visé par trois chefs d'accusation de crimes contre l'humanité, les procureurs lui reprochant d'avoir été impliqué dans au moins 76 meurtres commis entre 2013 et 2018, pendant sa "guerre contre la drogue". M. Duterte, 81 ans, sera le premier ancien chef d'Etat asiatique à comparaître devant la CPI, qui juge les individus pour les crimes les plus graves au monde, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Les procureurs ont précisé qu'ils comptaient appeler entre 60 et 70 témoins au cours de la procédure. L'équipe de la défense, désormais dirigée par l'avocat britannique Peter Haynes à la suite d'un remaniement, avait exhorté les juges à ne pas fixer de date pour le procès, arguant qu'il fallait évaluer l'état de santé de M. Duterte. "Il serait inapproprié de tenter de fixer une date... La position de la défense est que le début du procès dépend d'une décision (...) quant à l'aptitude de M. Duterte à comparaître", a déclaré la défense. M. Duterte avait été déclaré apte à comparaître lors d'une audience précédente qui avait confirmé les charges retenues contre lui, mais l'homme ne s'était pas présenté en personne, ses avocats affirmant qu'il n'était pas suffisamment lucide pour suivre la procédure. "Son état continue de se détériorer et devra faire l'objet d'un examen plus approfondi avant que tout procès puisse débuter", a fait valoir la défense. La seule fois où il a été vu depuis son arrestation, était lors d'une première comparution par visioconférence, dans laquelle il paraissait désorienté et affaibli. "Escadron de la mort" Lors de l'audience de "confirmation des charges" qui s'est tenue en février, les procureurs ont affirmé que M. Duterte avait fait tuer des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogue. "Des décennies passées à assassiner son propre peuple, à assassiner les enfants des Philippines, et il prétend avoir fait tout cela pour son pays. Il ne le nie pas", avait résumé Julian Nicholls, du bureau du procureur. "Il dirigeait un escadron de la mort à Davao (ville) qu’il avait lui-même créé. Il l’a dirigé pendant plus de 20 ans avant de devenir président. Il avait promis d’en tuer des milliers, et c’est ce qu’il a fait", avait poursuivi M. Nicholls. Le nombre réel de meurtres commis pendant la campagne contre la drogue de M. Duterte est estimé en milliers, et les avocats des victimes ont fait valoir qu'un procès en bonne et due forme pourrait encourager davantage de familles à se manifester. Les Philippines se sont retirées de la CPI en 2019, sur instruction de M. Duterte, mais la Cour a statué qu'elle restait compétente pour juger les crimes commis de façon présumée entre 2011 et 2019. M. Duterte "maintient absolument" son innocence, avait déclaré son ancien avocat, Nicolas Kaufman, devant la Cour en février, ajoutant que les preuves contre l'ancien chef d'état étaient "tout à fait insuffisantes" et que les accusations étaient "gravement infondées et motivées par des considérations politiques".

27.05.2026 à 15:01

Finlande: les autorités de la concurrence mettent au jour un "cartel des baies"

FRANCE24

Ces entreprises ont collaboré de manière illicite pendant environ dix ans, jusqu'en 2023, a indiqué la FCCA. En conséquence, "les entreprises ont pu payer aux cueilleurs des prix plus bas pour les baies, puisque leurs concurrents n’offraient pas de meilleures conditions", a déclaré aux journalistes la directrice générale de l'agence, Kirsi Leivo. "Les entreprises ont réduit la pression concurrentielle dans la vente de baies sauvages congelées en échangeant des informations sur les prix et les conditions du marché", a déclaré Mme Leivo. Les agissements du cartel ont "directement porté préjudice aux cueilleurs" et "sapé la concurrence sur le marché de la vente" aux consommateurs, a-t-elle ajouté. La FCCA a proposé à un tribunal de commerce d'imposer des amendes d'un montant total de 9,4 millions d'euros à quatre entreprises de cueillette de baies sauvages pour avoir participé à un "cartel d'achat et d'échange d'informations". Les entreprises ont "coordonné les prix d'achat payés aux cueilleurs de baies sauvages — les soi-disant prix des cueilleurs, par le biais d'appels téléphoniques et de messages WhatsApp", écrit-elle dans un communiqué. Le secteur finlandais de la cueillette des baies est en pleine tourmente depuis quelques années, après que des cas d'exploitation de travailleurs migrants saisonniers ont été révélés. L'ancien patron de l'entreprise de baies Kiantama a récemment été condamné pour traite d'êtres humains, tandis que l'ancien directeur de Polarica est actuellement jugé pour des accusations similaires. La majorité des personnes travaillant dans ce secteur sont des cueilleurs de baies thaïlandais employés en tant qu'entrepreneurs indépendants, qui cueillent des airelles rouges, des myrtilles et des mûres blanches dans les forêts finlandaises. Selon la FCCA, le cartel comprenait certaines des plus grandes entreprises finlandaises du secteur, notamment Arctic International, Kaskein Marja, Kiantama, Marja Bothnia Berries et Polarica. Kiantama a toutefois bénéficié d'une immunité vis-à-vis des amendes proposées, car elle a aidé la FCCA à mettre au jour le cartel. Polarica et Marja Bothnia Berries ont toutes deux nié ces accusations.

27.05.2026 à 14:49

Ebola en RD Congo : un "choc catastrophique entre maladie et conflit", selon le chef de l'OMS

FRANCE 24

Alors que le conflit fait rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), il devient de plus en plus difficile de maîtriser l'épidémie d'Ebola. Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à un "cessez-le-feu immédiat". 

27.05.2026 à 14:37

"Je suis perdu": avant le Mondial, l'aéroport de Los Angeles reste une galère

FRANCE24

Avec sa femme, ses deux enfants et quatre valises, il débarque au milieu d'un océan de voitures frustrées roulant au pas. Dans ce concert de klaxons, la famille a bien du mal à identifier le bus qui l'emmènera vers son véhicule de location. "Il n'y a pas de panneaux expliquant clairement où je dois aller", soupire ce salarié de l'industrie minière, venu de Perth, en Australie. "J'ai fait mes recherches, et je galère quand même." A 47 ans et déjà quelques passages dans cet aéroport, M. James plaint les passagers étrangers. "Je suis encore perdu et je suis Américain", dit-il à l'AFP. "C'est vraiment agaçant." La mauvaise réputation de LAX, l'aéroport principal de Los Angeles, est légendaire. L'an dernier, Netflix l'a comparé à une "chambre de torture" dans une publicité pour "Mercredi", son spin-off sur la Famille Adams. Il voit défiler en moyenne 95.000 véhicules par jour, dont la plupart s'engagent dans un entonnoir infernal: une voie en forme de fer à cheval longeant tous les terminaux, où chaque passager essaie de se faire déposer ou récupérer au plus près. Afin d'alléger les bouchons, les taxis et VTC sont interdits de prendre des passagers sur l'artère. Train aérien inachevé Pour s'extraire de l'aéroport, les arrivants sans proche pour venir les chercher doivent donc prendre des bus - qui se ressemblent tous, mais ne vont pas au même endroit selon la couleur de leur arrêt: vert pour le parking des taxis, violet pour les locations de voiture, rouge pour certains hôtels, rose pour d'autres terminaux, etc. A cause de ce "casse-tête", LAX "est clairement un aéroport que les habitants de Los Angeles adorent détester", résume Joshua Schank, expert de l'institut de l'université UCLA dédié aux transports. Le Mondial en Amérique du Nord, pour lequel Los Angeles accueille huit matches, devait permettre à la mégapole californienne d'améliorer son image, deux ans avant d'organiser les Jeux olympiques. Pour désengorger l'aéroport, un train aérien le reliant au métro devait entrer en service avant le tournoi. Mais ce chantier à 3,5 milliards de dollars, initialement promis pour 2023, s'est enlisé dans de multiples retards et des disputes contractuelles avec le constructeur. Les rames circulent actuellement à vide pour des tests de sécurité. Elles ne seront pas prêtes pour les supporters du Mondial et les autorités ne donnent plus de date d'ouverture. Contacté, LAX a refusé les demandes d'interview de l'AFP. Ce train "n'a pas reçu l'attention qu'il mérite vraiment en termes d'urgence de la part des élus", déplore M. Schank. "Enfer" C'est selon lui d'autant plus regrettable que Los Angeles, mégapole entièrement conçue pour la voiture avec ses autoroutes tentaculaires, "a plus de travail" que les autres grandes villes américaines pour améliorer ses transports en commun. Avec six lignes seulement, le métro reste largement insuffisant pour desservir la métropole et ses 10 millions d'habitants. Pour pallier le problème, Los Angeles affectera 300 bus pendant pour transporter les supporters directement au stade d'Inglewood, depuis une douzaine d'endroits différents, dont l'aéroport. Le prix du ticket restera à 1,75 dollar. Une petite victoire pour les fans, alors que le New Jersey a fait scandale en faisant payer 98 dollars l'aller-retour en train entre New York et le MetLife Stadium. Mais si elle veut vraiment moderniser son aéroport, Los Angeles doit faire beaucoup plus, selon M. Schank. Pour inciter les passagers à prendre le train automatique, l'expert recommande d'ajouter des lignes de bus à côté de la station de métro qu'il desservira, afin d'augmenter les destinations accessibles. Il souhaiterait aussi faire payer l'accès en voiture au fer à cheval. Sans quoi, les bouchons monstres risquent de perdurer. "Les élus doivent se mobiliser si nous voulons que les Jeux olympiques soient une réussite", plaide-t-il. D'ici-là, Henrietta Henry n'a qu'un seul conseil pour les fans de foot qui atterriront à LAX. "Préparez-vous", prévient cette Nigériane qui vient plusieurs fois par an à Los Angeles. "La première fois, c'était vraiment l'enfer pour moi."

27.05.2026 à 14:07

Une Sécu à l'équilibre en 2030 ? La Cour des Comptes veut 10 milliards d'économies annuelles

FRANCE24

"Il est indispensable d'engager, dès à présent, un plan d'action" pour ramener les comptes à l'équilibre en 2030, et cela suppose de trouver "6 milliards supplémentaires par an", en plus des 4 milliards d'économies déjà prévus par l'exécutif, a-t-elle estimé dans son rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale, publié mercredi. Le déficit de la Sécurité sociale n'est plus "soutenable": il a atteint "21,6 milliards d'euros en 2025, niveau le plus élevé depuis 2012, hors années exceptionnelles de la pandémie de covid 19", rappelle-t-elle. La loi de financement de la Sécurité sociale prévoit de le ramener à 19,4 milliards d'euros en 2026, mais il restera "supérieur à 20 milliards d'euros par an" les années suivantes, "malgré un effort moyen attendu de 4 milliards d'euros" d'économies annuelles que l'exécutif promet, sans toutefois les détailler clairement, a souligné Bernard Lejeune, président de la sixième chambre, lors d'une conférence de presse. Et encore, cette prévision ne prend pas en compte les effets de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait dégrader le solde de 3 milliards en 2026 et 5 milliards en 2027 selon un scénario "optimiste", a relevé M. Lejeune. Franchises médicales élargies Pour revenir à l'équilibre en 2030, une nécessité pour éviter l'emballement de la dette, il va falloir "infléchir durablement la progression des dépenses d’Assurance maladie, équilibrer les systèmes de retraite et augmenter les recettes, par exemple en supprimant des niches sociales ou en ciblant mieux les allégements généraux", écrit la Cour. Dans son rapport, elle détaille plusieurs pistes d'économies, supposées s'ajouter à celles déjà proposées dans de précédents rapports, pour certaines "extrêmement impopulaires", a reconnu Bernard Lejeune. Mais, a-t-il ajouté, "on ne peut pas éternellement reculer" ce redressement. Mesure particulièrement sensible, la Cour suggère "d'élargir le périmètre" des franchises médicales et participations forfaitaires --la somme non remboursée aux patients sur les consultations médicales, médicaments, transports sanitaires et actes paramédicaux, dont le montant a déjà doublé en 2024, au grand dam des associations de patients. Les assurés sociaux pourraient ainsi payer une franchise chez le dentiste ou la sage-femme --comme celle payée chez le médecin, fixée aujourd'hui à deux euros-- ou même sur les prestations des pharmaciens d'officine et sur l'achat de dispositifs médicaux. La mesure pourrait rapporter 600 millions d'euros, estime la Cour. Elle souligne aussi les honoraires élevés des chirurgiens dentistes (300.000 euros en moyenne) et surtout des orthodontistes (725.000 euros). La Cour salue les récents efforts portés sur les soins de prévention, dits conservateurs (détartrage...), mais déplore que les dépenses liées aux soins prothétiques (couronnes, implants, bridges...) continuent d'augmenter rapidement. "Dérives" de praticiens Elle pointe aussi l'augmentation des fraudes, des "dérives" de certains praticiens dans leur manière de facturer et des "refus de prise en charge" de patients peu rentables, comme les enfants. La prochaine convention passée avec les dentistes devra donner le pouvoir aux autorités sanitaires d’"agir en cas de dérapage" des dépenses, pourquoi pas en baissant certains tarifs des soins prothétiques pour favoriser la prévention, écrit-elle. Pour réduire les dépenses de transports sanitaires, qui ont atteint 6,15 milliards en 2024, la Cour recommande de restreindre le champ des remboursements, mais aussi de "supprimer le principe de libre choix du transporteur par les patients" pour permettre aux établissements d'organiser un transport partagé entre plusieurs malades. Entre autres mesures, elle liste aussi des idées pour réduire les "hospitalisations inadéquates", notamment les séjours trop longs qui concernent "30.000 patients en moyenne" quotidiennement dans les établissements publics et privés, par exemple des personnes âgées qui ne trouvent pas de place en Ehpad ou des malades très précaires et isolés n'ayant pas de solutions de sortie. Entre hospitalisations évitables et séjours trop longs, la Cour estime les gains possibles à 4,2 milliards d'euros annuels.

27.05.2026 à 14:04

Roland Garros : la chaleur écrasante modifie complètement les conditions de jeu

FRANCE 24

Le début du tournoi est marqué par la chaleur étouffante présente partout en France. Cela a pour effet de modifier drastiquement les échanges sur les courts : les balles rebondissent plus haut et vont plus vite, ce qui perturbe les joueurs et les joueuses. Un certain temps d'adaptation est nécessaire pour la majorité d'entre eux. 

27.05.2026 à 13:49

Affaire Grégory: décision le 15 juillet sur la mise en examen de la grand-tante

FRANCE24

Une annulation représenterait la cinquième invalidation dans ce dossier chaotique, vieux de plus de 41 ans. "On attend assez sereinement une décision. Le procureur général lui-même considère que les faits sont prescrits", a indiqué Frédéric Berna, un des avocats de Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory âgée de 81 ans, en bas des marches de la Cour d'appel de Dijon, dont la chambre de l'instruction s'est réunie pendant près de deux heures pour étudier leur demande d'annulation de la mise en examen de leur cliente. La défense de l'octogénaire a de toute façon, d'ores et déjà indiqué qu'elle se pourvoirait en cassation, si elle n'avait pas gain de cause. Le 24 octobre 2025, Mme Jacob avait été mise en examen pour "association de malfaiteurs", soupçonnée d'être un des corbeaux qui ont harcelé la famille Villemin. La grand-tante aurait notamment écrit la lettre anonyme qui a revendiqué l'assassinat de Grégory, retrouvé noyé à l'âge de quatre ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges. "Voilà ma vengeance. Pauvre con", disait le courrier. Dès le début de l'enquête, les investigations pointaient du doigt la haine farouche que se vouaient les époux Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory. Bien que les Jacob n'aient cessé de démentir tout conflit, Jacqueline Jacob, dont l'époux Marcel est un frère de la grand-mère du petit garçon, avait été mise en examen en 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Un an plus tard, les poursuites étaient annulées. "Un vingtaine de corbeaux" Mais les accusateurs de Mme Jacob soulignent que cette annulation reposait sur un simple vice de forme et non un manque d'indices. De plus, estiment-ils, de nouveaux éléments ont, depuis, étayé les accusations. Selon un arrêt que l'AFP a pu consulter, une expertise conduite en 2021 par un spécialiste suisse attribue à Mme Jacob non seulement la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime, mais également trois autres de 1983, dont une qui menaçait les Villemin en ces termes: "Je vous ferez votre peau" (sic). Mais, rétorque Frédéric Berna, "plus d'une vingtaine" de corbeaux ont été identifiés par les nombreuses expertises contradictoires de l'enquête. S'il obtient gain de cause, "ce serait la cinquième fois" que des poursuites sont annulées, calcule Me Berna en évoquant le "fiasco" de l'enquête: en 1993, la mère Christine Villemin a bénéficié d'un non-lieu après avoir été accusée d'être, elle aussi, un corbeau ; en 2018, outre la mise en examen de Mme Jacob, étaient également annulées celles de son mari Marcel, et de Murielle Bolle, belle-sœur d'un suspect, Bernard Laroche, qui a lui été tué par le père de Grégory. Ce n'est de toute façon pas sur le fond que la défense de Mme Jacob a demandé l'annulation de la mise en examen, mais sur la forme et, en particulier sur l'argument que les faits seraient prescrits, ce que croit également le procureur général, Philippe Astruc. Que la défense de Mme Jacob n'attaque pas le fond, cela veut dire qu'elle "admet le sérieux des indices graves et concordants ciblant leur cliente", en conclut François Saint-Pierre, avocat des parents de Grégory. A l'issue de l'audience, le conseil a rappelé que "l'instruction se poursuit pour que toute la vérité soit faite", en référence à des expertises des courriers anonymes toujours en cours. "Si elles concluent à l'implication de Mme Jacob, alors elle encourra une mise en examen pour complicité d'assassinat", estime l'avocat. Les résultats de ces analyses "sont attendus prochainement", a indiqué le procureur général à l'issue de l'audience, semblant même évoquer de nouveaux rebondissements. "La poursuite des investigations criminelles (et s'il y a lieu d'éventuelles mises en examen) trouve pleinement à se justifier dès lors qu'il demeure des traces d'ADN non encore identifiées", estime Philippe Astruc dans un communiqué.

27.05.2026 à 13:47

Espagne: Pedro Sánchez persiste et signe dans son soutien à Zapatero, inculpé pour trafic d'influence

FRANCE24

Cette affaire qui touche une figure historique et très respectée du Parti socialiste espagnol (PSOE), qui a dirigé l'Espagne entre 2004 et 2011, a accru la pression sur l'exécutif ces derniers jours, s'ajoutant aux autres dossiers judiciaires qui concernent l'entourage de Pedro Sánchez et son parti. "Je pense qu'il n'y a pas de raison suffisante, il n'y a pas de raison de changer cette position" de soutien, déjà affichée la semaine dernière devant les députés, a assuré le chef du gouvernement après un entretien au Vatican avec le pape Léon XIV, lors de sa première conférence de presse depuis l'inculpation de M. Zapatero. Pressé de s'exprimer sur l'affaire qui fait la une de la presse espagnole, le Premier ministre actuel a assuré de la "totale coopération" de sa formation politique avec la justice, appelant également "au respect de la présomption d'innocence". Après l'annonce le 19 mai de la mise en cause de José Luis Rodríguez Zapatero pour trafic d'influence dans le sauvetage d'une petite compagnie aérienne pendant la pandémie de Covid-19, des accusations qu'il nie, des éléments de l'enquête ont été publiés en début de semaine. Parmi les points frappants dont a eu connaissance l'AFP figure notamment la découverte lors d'une perquisition, dans un coffre-fort appartenant à l'ancien Premier ministre socialiste, de nombreux bijoux et montres de luxe d'une valeur inconnue, que son entourage a attribués à des héritages familiaux. Pas d'élections anticipées Dans un contexte politique très tendu en Espagne, Pedro Sánchez a de nouveau balayé l'idée de convoquer des élections législatives anticipées, faisant valoir "la stabilité" à "un moment où les citoyens ont besoin de certitudes" et vantant "les avancées sociales et économiques" obtenues par son gouvernement. Interrogé également par les journalistes sur l'entrée mercredi matin d'agents de la Garde civile au siège du PSOE, qu'il dirige depuis 2017, dans le cadre d'une autre enquête portant sur une ex-militante, Pedro Sánchez a affirmé que sa formation politique "respectait la justice" et "collaborait" pleinement avec elle. "Bien entendu, s'il y a des comportements irréguliers — nouveaux, je veux dire —, eh bien nous agirons avec la même fermeté que celle dont nous avons fait preuve auparavant", a-t-il souligné, faisant référence à la décision de son parti de couper les ponts avec Leire Diez, cette ancienne militante au cœur d'une enquête depuis plusieurs mois. Mme Diez est accusée par l'Audience nationale, qui mène l'instruction, de faire partie d'"un réseau destiné à déstabiliser les procédures judiciaires qui concernaient le PSOE ou le gouvernement", selon un communiqué mercredi de la plus haute instance judiciaire espagnole. "Le PSOE maintiendra toujours une position de coopération maximale avec la justice et de respect absolu des opérations judiciaires", a indiqué pour sa part le parti de Pedro Sánchez. Outre ces enquêtes embarrassantes pour le Premier ministre, d'autres proches sont au coeur de dossiers judiciaires: le procès de son frère David pour trafic d'influence débutera jeudi, son épouse Begoña Gómez est visée dans une enquête pour corruption et pourrait prochainement être jugée elle aussi, tandis que son ancien bras droit et ex-ministre des Transports, José Luis Abalos, attend son jugement dans un autre procès pour corruption. Dans ces conditions, le patron du principal parti d'opposition (Parti populaire, droite), Alberto Núñez Feijóo, a raillé mercredi "l'agonie" du PSOE au pouvoir. Présent au Vatican mercredi matin pour un entretien avec le pape Leon XIV, avant sa prochaine visite en Espagne (6-12 juin), Pedro Sánchez a salué "un échange précieux" avec le souverain pontife, se félicitant de leur "harmonie" sur plusieurs sujets, dont la défense de la paix et du droit international, ainsi que l'accueil des migrants.

27.05.2026 à 13:42

Nasa : l'impressionnant plan de base lunaire dévoilé par l'agence spatiale américaine

FRANCE 24

La NASA a dévoilé mardi un plan d'investissement massif pour établir, à moyen terme, une base habitable sur la Lune prévue pour les années 2030. L'agence spatiale a fait appel aux géants de la tech que sont Space X et Blue Origin appartenant respectivement aux milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos pour mettre en œuvre cette opération gigantesque. 

27.05.2026 à 13:39

Le dirigeant de l'opposition turque Ozgur Ozel n'envisage pas de quitter son parti

FRANCE24

Le CHP, plus ancien parti politique de Turquie, a été gravement ébranlé par une décision de justice rendue le 21 mai, qui a annulé la primaire interne de 2023 ayant porté Ozel à sa tête et a rétabli son rival vaincu, Kemal Kilicdaroglu. Trois jours plus tard, la police antiémeute a fait irruption de force dans le siège du CHP à Ankara, tirant des gaz lacrymogènes et frappant des membres du parti avant de les expulser des lieux, a raconté Ozel à l'AFP dimanche soir. Malgré la crise, Ozel s'est employé à étouffer rapidement les rumeurs selon lesquelles il pourrait quitter le parti pour fonder une nouvelle formation politique, et a exhorté ses camarades à en rester membre. "Nous n'avons aucune intention de fonder un nouveau parti", a-t-il déclaré aux journalistes après avoir assisté à la prière à Manisa, près de la station balnéaire d'Izmir, le premier jour de la fête de l'Aïd el-Fitr, a rapporté le journal BirGun. "Certains disent +nous devrions démissionner+, mais personne ne doit quitter le parti ni démissionner. Nous réglerons ce problème", a-t-il ajouté, réitérant ses appels à une primaire pour la direction "dès que possible". "Nous espérons que Kilicdaroglu n'essaiera pas de diriger un parti dont il n'a pas été démocratiquement élu chef. J'ai une demande à lui adresser : que le dirigeant soit désigné par la décision de nos deux millions de membres". Les critiques ont dénoncé la décision de justice comme la dernière tentative flagrante d'écarter les principaux rivaux politiques du président Recep Tayyip Erdogan avant les élections présidentielles prévues d'ici mai 2028. La pression sur le CHP s'est intensifiée depuis sa vaste victoire aux élections municipales de 2024 sur l'AKP d'Erdogan, plus d'une douzaine de ses maires ayant depuis été arrêtés pour des accusations allant de la corruption à des liens avec le terrorisme. L'arrestation et l'incarcération, en mars 2025, du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu — candidat du CHP à la présidentielle et plus puissant rival politique d'Erdogan — ont déclenché les pires troubles de rue qu'ait connus la Turquie depuis plus de dix ans, le parti menant des manifestations massives qui ont propulsé Ozel sur le devant de la scène. Depuis, le parti progresse dans les sondages, tout en faisant face simultanément à une série de procès largement perçus comme politiquement motivés.

27.05.2026 à 13:33

Les pèlerins lapident Satan près de La Mecque, au premier jour de l'Aïd

FRANCE24

Au premier jour de l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, des foules réunies dans l'ouest de l'Arabie saoudite se sont relayées sur un site de la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la Grande mosquée, pour jeter des cailloux sur des stèles en béton symbolisant le diable. Ce rituel reproduit symboliquement la lapidation du diable par Abraham aux trois endroits où Satan aurait tenté de le dissuader d'obéir à l'ordre de Dieu de sacrifier son fils Ismaël. Après avoir jeté les cailloux, les hommes se rasent ou se coupent les cheveux et les femmes se taillent une mèche, marquant la sortie de l'état de pureté, appelé ihram, qui exige notamment le port d'une tenue blanche formée de deux pièces d'étoffe non cousues. Ils peuvent dès lors revêtir leurs habits habituels. "Difficultés extrêmes" "Je n'arrive pas à croire que j'ai terminé les rites du hajj", témoigne Adnan Hamad, un Irakien de 58 ans accompagné de ses filles. "Chaque étape a été agréable malgré les difficultés extrêmes", dit-il à l'AFP en référence à la chaleur écrasante de cette région désertique parmi les plus arides au monde. Marwa Dahchouri évoque "un sentiment vraiment unique". "C'est comme si vous étiez au paradis, ou comme si vous en étiez devenu une petite partie", raconte cette Egyptienne. La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, n'a pas dissuadé les croyants de faire le déplacement. Jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Malgré les incertitudes quant à une reprise du conflit, le pèlerinage a attiré plus de fidèles que l'an passé, d'après les autorités saoudiennes. "Menace aérienne" Si les pèlerins sur place se réjouissent d'avoir pu observer l'un des cinq piliers de l'islam, le royaume se tient sur le qui-vive. Le ministère de la Défense s'est déclaré prêt à "faire face à toute menace aérienne", et a diffusé une vidéo, largement reprise sur la télévision d'Etat saoudienne, montrant des batteries anti-aériennes déployées sur des collines en périphérie de La Mecque. Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante. Mardi, les fidèles ont prié sur le mont Arafat, étape phare du hajj, sous des températures culminant à 45 degrés. Ils ont ensuite passé la nuit à la belle étoile à Muzdalifah, à mi-chemin entre Arafat et Mina, où ils ont ramassé des cailloux afin de procéder à la "lapidation du diable". Ultime étape de ce grand pèlerinage, le retour à La Mecque, la ville la plus sacrée de l'islam, pour un dernier tour de la Kaaba - structure cubique noire au cœur de la Grande mosquée vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier. Ce jour coïncide avec l'Aïd al-Adha, une fête célébrée en souvenir du sacrifice qu'avait failli accomplir Abraham en voulant immoler son fils Ismaël, avant que l'ange Gabriel ne lui propose in extremis de tuer un mouton à sa place, selon la tradition musulmane. A cette occasion, les musulmans égorgent une bête, en général un mouton, et offrent une partie de la viande aux nécessiteux.

27.05.2026 à 13:31

Allemagne: une ex-membre de la RAF condamnée à 13 ans de prison pour des braquages

FRANCE24

Daniela Klette, 67 ans, appartient à la troisième génération de l'organisation qui avait ébranlé la République fédérale d'Allemagne par des attentats, enlèvements et assassinats commis au nom de la lutte anti-impérialiste. La RAF s'était autodissoute en 1998. Mme Klette comparaissait pour des braquages commis entre 1999 et 2016 avec des complices, Burkhard Garweg et Ernst-Volker Staub, deux autres anciens membres présumés de la RAF toujours en fuite, pour financer leur vie clandestine. Selon le porte-parole du tribunal de Verden (nord-ouest de l'Allemagne) Ahmad Mohamad, Mme Klette a déployé "une énergie criminelle élevée", un facteur "d'autant plus important que toutes les actions avaient été planifiées dans les moindres détails" avant d'être exécutées. Le tribunal dispose de plusieurs preuves que Mme Klette et ses deux complices se connaissaient très bien, des photos privées et des traces ADN notamment. "Leur travail" Ils considéraient tout cela comme "leur travail" et s’assuraient ainsi une source de revenus, a ajouté M. Engelke. Les cibles étaient des fourgons blindés et les caisses de grands supermarchés, principalement dans le Land de Basse-Saxe (nord). Selon l'accusation, le butin total s'élevait à 2,4 millions d'euros. A l'annonce du jugement, une certaine agitation s'est fait sentir parmi la cinquantaine de personnes présentes dans la salle et des cris de "Liberté pour Daniela" ont retenti, selon un journaliste de l'AFP présent dans la salle. L'avocat de Mme Klette, Lukas Theune, a annoncé faire appel du jugement. Il s'est dit convaincu que ce verdict ne serait pas maintenu en deuxième instance, estimant que le tribunal avait "méconnu la mission de la justice d'examiner de manière critique les résultats de l'enquête présentés par la police". Mme Klette avait été arrêtée il y a un peu plus de deux ans dans un appartement du quartier bohème de Kreuzberg à Berlin, où elle a longtemps vécu sous une fausse identité - une vie dans la clandestinité qu'elle a appréciée, selon ses propres dires. Pendant de nombreux braquages, Mme Klette a joué le rôle de chauffeur et tenu un faux bazooka "d'apparence réaliste", selon la justice. Aucun remords Elle est également poursuivie pour sa participation à trois attentats menés pour des raisons politiques entre 1990 et 1993, avant la dissolution de la RAF. Ces trois attaques font l'objet d'une procédure séparée. Dans le détail, Daniela Klette aurait installé des explosifs devant le bâtiment administratif de la Deutsche Bank en banlieue de Francfort (centre) en 1990, tiré sur l'ambassade des États-Unis à Bonn (ouest) en 1991 et participé à un attentat à l'explosif contre une prison du sud de l'Allemagne en 1993, d'après les enquêteurs. Durant l'ensemble de la procédure, Mme Klette n'a manifesté aucun remords, selon le ministère public. Les témoins et victimes des braquages ont fait part des lourdes conséquences psychiques de ce qu'ils ont subi, indiquant parfois qu'une vie normale n'était plus possible en raison des traumatismes. Ayant pour sigle une étoile rouge avec un pistolet mitrailleur, la RAF est jugée responsable d'une trentaine d'assassinats entre 1971 et 1991. Issue de la frange radicale du mouvement étudiant de 1968 et connue sous le nom de "Bande à Baader-Meinhof" - d'après les patronymes de ses fondateurs, Andreas Baader et Ulrike Meinhof -, la RAF prônait une "guérilla urbaine" contre le gouvernement et l'élite allemande. Ses principaux leaders, dont Andreas Meinhof et Ulrike Baader, se sont suicidés en prison dans les années 1970. Les actes de la RAF ont fait 34 morts, avant que le groupe ne se dissolve de lui-même en avril 1998.
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