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▸ Les 15 dernières parutions

01.06.2026 à 06:01

L'ex-président de la Fed Jerome Powell défend l'indépendance de la banque centrale américaine

FRANCE24

"Si un gouvernement trouve un moyen de révoquer des responsables de la Fed pour des désaccords de politique (monétaire), alors les futurs gouvernement le feront aussi", a-t-il averti, dans une allusion à peine voilée aux tensions avec l'administration Trump. "Le public perdrait foi dans le fait que la banque centrale prend ses décisions en fonction du seul intérêt de tous les Américains", a ajouté Jerome Powell, qui vient de céder les rênes de l'institution à Kevin Warsh, plus proche de la Maison Blanche. L'ancien président de la Fed s'exprimait dimanche pour la première fois en public depuis cette passation, à l'occasion de la réception d'un "prix du courage" en politique, obtenu pour avoir "défendu l'indépendance" de l'institution face aux assauts de Donald Trump. Ce prix lui a été remis à Boston (nord-est des Etats-Unis) par la fondation qui gère la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy, du nom de l'ex-chef de l'Etat démocrate assassiné en 1963, auteur d'un livre appelé "Le Courage dans la politique". L'organisation crédite M. Powell d'avoir "défendu l'indépendance de la Réserve fédérale, qui est essentielle à la stabilité de l'économie mondiale, malgré des années d'attaques personnelles et de menaces émanant des plus hautes sphères du gouvernement". "Test de résistance" Dans son allocution, Jerome Powell a défendu la neutralité et l'indépendance de l'institution: "Nous ne tenons pas compte du sort d'un quelconque parti politique ou d'un quelconque responsable politique dans la prise de ces décisions", a déclaré celui qui est redevenu simple gouverneur de la banque centrale. Il a décidé d'y rester tant que subsistent des pressions politico-judiciaires à son encontre. "Comme beaucoup d'autres institutions, la Fed traverse un test de résistance" dans la période actuelle, a-t-il ajouté. Jerome Powell a été très vite pris en grippe par Donald Trump, qui l'avait pourtant nommé à la tête de la Fed en 2018. Le républicain, qui veut des taux d'intérêt plus bas pour stimuler l'économie, a multiplié les injures et les mises en cause depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Il a tenté d'accélérer le départ de M. Powell et de révoquer une de ses collègues, Lisa Cook, seule femme noire à être devenue gouverneure de la Fed. Jerome Powell a fini par sortir de sa réserve en début d'année pour dénoncer l'ouverture, par le ministère de la Justice, d'une enquête le visant. Il avait dénoncé un "prétexte" dans "le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par le gouvernement". La fondation explique que son prix honore les personnes "ayant pris une décision courageuse dictée par leur conscience, sans se soucier des conséquences personnelles ou professionnelles". D'anciens présidents, comme le républicain George Bush Senior et le démocrate Barack Obama, font partie des précédents lauréats, aux côtés d'élus de premier plan - John McCain, Nancy Pelosi - et de dirigeants étrangers, tel que Volodymyr Zelensky. L'institution a décidé cette année de remettre un deuxième "prix du courage", décerné aux habitants des villes jumelles du Minnesota (nord) que sont Minneapolis et Saint-Paul, épicentres en début d'année de l'offensive anti-immigration du gouvernement Trump, où deux Américains ont été tués par les forces de l'ordre.

01.06.2026 à 05:45

Le ministre algérien de l'Intérieur reçu ce lundi à Paris par Nuñez

FRANCE24

Cette visite, annoncée mi-mai par le ministre de l'Intérieur français, s'inscrit "dans la continuité de son déplacement les 16 et 17 février dernier à Alger", a commenté dimanche son entourage en annonçant la venue de M. Sayoud. On rappelle de même source le souhait du président Emmanuel Macron de "restaurer avec l'Algérie un dialogue efficace, respectueux de l'intérêt national de chacun". Le ministre algérien de l'Intérieur sera accueilli dès son arrivée, à la mi-journée, à l'aéroport de Roissy par Laurent Nuñez. Les deux hommes se retrouveront à 15H00 place Beauvau pour un entretien en tête-à-tête avant plusieurs réunions de travail entre la délégation algérienne et les directeurs et représentants du ministère de l'Intérieur. Un dîner clôturera cette journée. Les thématiques au menu sont la sécurité et la lutte contre la criminalité organisée ainsi que les questions migratoires et de sécurité civile. Après des mois de tensions entre les deux pays, la visite mi-février à Alger de Laurent Nuñez avait amorcé une détente des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962. La crise avait été déclenchée à l'été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d'autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France. Les tensions avaient ensuite été aggravées avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par le président Abdelmadjid Tebboune en novembre 2025. Autre étape dans le rapprochement entre la France et l'Algérie, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est rendu mi-mai à Alger pour tenter de "rétablir les relations judiciaires" entre les deux pays et évoquer notamment le cas du journaliste Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie.

01.06.2026 à 05:21

En Autriche, début du procès de deux anciens responsables syriens accusés de torture

FRANCE24

"Le parquet leur reproche d'avoir ordonné ou de ne pas s'être opposés aux mauvais traitements" sur 21 détenus "torturés et maltraités afin de réprimer le mouvement de protestation", souligne le tribunal de Vienne dans un communiqué. Les prévenus sont un ancien général de brigade des services de renseignement syriens et un ancien chef du bureau des enquêtes de la police criminelle locale ayant le grade de lieutenant-colonel. Jugés à Vienne, ils avaient demandé l'asile en Autriche en 2015 et résident depuis dans ce pays. Le premier prévenu, Khaled al-Halabi, est en détention provisoire depuis fin 2024, selon l'agence APA. Au moment de son inculpation, des ONG estimaient qu'il était le plus haut gradé syrien responsable d'exactions présent en Europe. Il est poursuivi pour les crimes de torture, de contrainte aggravée, de contrainte sexuelle, ainsi que pour de multiples lésions corporelles graves et encourt jusqu'à dix ans de prison. Le second prévenu, Musab Abu Rukbah, doit également répondre des accusations de lésions corporelles graves, de contrainte aggravée, ainsi que du crime de contrainte sexuelle, encourant aussi jusqu'à dix ans de prison. Selon l'acte d'accusation, la prescription décennale a été suspendue par les mesures d'enquête engagées et les premières auditions. Le Code pénal prévoit la compétence des juridictions autrichiennes pour certaines infractions commises à l'étranger. L'obligation de poursuivre découle de traités internationaux. La compétence du tribunal de Vienne résulte du domicile des prévenus. Treize jours d'audience sont prévus, jusqu'au 30 juin. Des témoignages de victimes en provenance de Syrie et d'Europe sont attendus. "Refuge pour criminels de guerre" Anwar al-Bunni, un avocat syrien installé en Allemagne et qui a lui-même passé cinq ans dans les prisons syriennes, a estimé que le général aurait dû être jugé avec une autre qualification. "Ce procès est important, mais je ne comprends vraiment pas pourquoi il n'est pas inculpé de crimes contre l'humanité", a-t-il déclaré à l'AFP, évoquant des charges plus lourdes pour des faits similaires en Allemagne. Lors d'un premier procès concernant la torture en Syrie, qui a eu lieu en Allemagne en 2022, un ancien employé des services secrets syriens a été condamné à la prison à vie. Des hauts fonctionnaires autrichiens, soupçonnés d'avoir protégé l'ancien général, avaient été relaxés en 2023 au bénéfice du doute. Le parquet leur reprochait de l'avoir aidé à obtenir la protection du pays. L'acte d'accusation invoquait un accord conclu en mai 2015 avec le Mossad israélien. Le parquet affirmait que ce dernier avait exfiltré le militaire syrien de France, où il se trouvait à l'époque, pour le conduire en Autriche. En 2016, l'ONG Commission internationale pour la justice et la responsabilité (CIJA), qui lutte contre l'impunité des criminels de guerre en Syrie, avait informé Vienne de son implication présumée dans des crimes de guerre, alors qu'il avait pris une fausse identité. D'après l'agence APA, l'accord de coopération, baptisé "lait blanc", avait été piloté par Martin Weiss, alors chef de service des renseignements autrichien (BVT), en fuite à Dubaï et à présent recherché pour ses liens avec un autre espion autrichien fugitif, Jan Marsalek, soupçonné d'être protégé par Moscou. "L'Autriche ne doit pas devenir un refuge pour les criminels de guerre", selon Tatiana Urdaneta Wittek, du Centre international pour l'application des droits humains (CEHRI). Interrogée par l'agence APA, elle représente 18 des 21 victimes connues.

01.06.2026 à 04:55

Les Ethiopiens ont commencé à voter pour les législatives, raz-de-marée attendu du parti du Premier ministre Abiy Ahmed

FRANCE24

Trente minutes avant l'ouverture du scrutin à 06H00 (03H00 GMT) des files d'électeurs étaient déjà formées devant plusieurs bureaux de vote de la capitale Addis Abeba, notamment celui de Bole Atlas, non loin de l'aéroport international d'Addis Abeba, ont constaté des journalistes de l'AFP. Plusieurs personnes ont glissé leurs bulletins - un pour les législatives fédérales, un pour l'élection des Parlements régionaux - dans les urnes, installées sous des tentes surmontées du drapeau éthiopien. Au pouvoir depuis 2018, Abiy Ahmed est de plus en plus critiqué à l'étranger pour son autoritarisme et sa répression des voix dissidentes, après de premières années d'ouverture qui lui ont valu le Nobel de la paix en 2019. Dans une note publiée le 28 mai, le centre de réflexion Chatham House estime que cette élection sera "l'une de celles donnant lieu à la plus faible compétition" depuis l'instauration du multipartisme en 1991 en Ethiopie. Depuis, dans le deuxième pays le plus peuplé du continent (130 millions d'habitants), où les précédents scrutins ont laissé peu de place à l'opposition, "les élections ont été organisées dans le but de renforcer le pouvoir du gouvernement en place, plutôt que d'offrir aux Ethiopiens de véritables choix politiques pluriels", poursuivi Chatham House. Au sein de la Chambre des Représentants du peuple (HoPR) sortante, issue des législatives de 2021, le PP détient 96% des sièges de députés. Un peu plus de 50 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dans les quelque 48.000 bureaux de vote répartis sur un territoire de 1,1 million de km2, soit deux fois la France métropolitaine. Les bureaux fermeront à 18H00 (15H00 GMT). Mais "certaines conditions pourraient prolonger ce délai de quelques heures", a confié à l'AFP, sans autre détail, un membre de la commission électorale (Nebe). Les résultats sont attendus une dizaine de jours après la clôture du scrutin. L'opposition se présente sans moyens financiers et divisée en plus de 40 partis qui affrontent l'hégémonique formation du Premier ministre, sans qu'aucun ne soit présent dans l'essentiel des circonscriptions. Le mieux représenté, le parti Ezema, ne présente que 293 candidats (57% des 501 circonscriptions en jeu), contre 461 pour le PP qui sera même seul en lice dans 64 circonscriptions. Conflits armés La chambre basse fédérale compte 547 députés répartis à travers les 12 Etats régionaux. Mais, comme il y a cinq ans, le scrutin ne sera pas organisé dans celui, septentrional, du Tigré (38 sièges) en raison de tensions persistantes entre autorités régionales et fédérales et parce que plus d'un million de personnes y sont toujours déplacées à la suite du conflit qui y a fait rage entre 2020 et 2022. En outre, de nombreux opposants "ne participeront pas aux élections", souligne Chatham House, car "certains sont en exil, d'autres interdits de séjour, d'autres emprisonnés" et d'autres "verront peu de raisons d'abandonner la lutte armée contre le gouvernement". Le géant d'Afrique de l'Est, dont l'économie devrait croître cette année de plus de 9% selon le FMI, soit l'un des taux les plus élevés au monde, est le théâtre de conflits armés dans ses deux Etats régionaux les plus peuplées, l'Oromia et l'Amhara. En Amhara, qui compte quelque 20 millions d'habitants, les milices nationalistes Fano qui combattent les troupes fédérales ont menacé de s'en prendre au processus électoral. Malgré ces menaces et des affrontements réguliers dans les zones rurales et aux abords des grandes villes de Bahir Dar et Gondar, la Nebe n'a renoncé à organiser le vote que dans huit des 137 circonscriptions de la région. Et elle assure que les bureaux ouvriront dans l'ensemble de l'immense Oromia (un tiers du pays), où les rebelles de l'OLA opèrent depuis 2018. Des observateurs de l'Union africaine, dont le siège est à Addis Abeba, ainsi que de l'Igad, le bloc régional de l'Afrique de l'Est, surveilleront les opérations. Mais la proposition de l'Union européenne d'envoyer ses observateurs "n'a pas été retenue par le gouvernement" éthiopien, a affirmé une source au sein de l'UE.

01.06.2026 à 04:54

Netanyahu veut intensifier son offensive au Liban, après la prise du château de Beaufort

FRANCE24

Le drapeau israélien a été hissé sur le château de Beaufort, l'emblématique citadelle médiévale qui surplombe le sud du Liban, une nouvelle étape de l'incursion israélienne. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche vouloir intensifier son offensive contre le Hezbollah au Liban où il a qualifié la prise de la forteresse de "tournant décisif".

01.06.2026 à 04:45

La Malaisie rejoint la vague mondiale de restrictions des réseaux sociaux pour les mineurs

FRANCE24

Ces obligations s'appliquent aux plateformes comptant au moins huit millions d'utilisateurs dans ce pays d'Asie du Sud-Est, dont Facebook, Instagram, TikTok et YouTube. Les entreprises bénéficieront d'une période de grâce pour mettre en oeuvre ces mesures, a indiqué l'autorité de régulation des communications, sans en préciser la durée. Le pays est le dernier en date à tenter de restreindre l'accès des jeunes aux réseaux sociaux, alors que l'inquiétude progresse quant à leurs effets négatifs sur le bien-être des enfants. L'Australie est devenue en décembre le premier pays à exiger de TikTok, YouTube, Snapchat et d'autres grands sites qu'ils suppriment les comptes détenus par des moins de 16 ans, sous peine de lourdes amendes. Elle a été imitée ensuite par l'Indonésie en mars, tandis qu'en France, un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté par le Sénat. Le parlement turc a approuvé en avril une loi similaire, et certains autres pays européens, dont la Norvège, la Grèce, l'Espagne et le Danemark, ont indiqué qu'ils introduiraient des restrictions similaires. Insuffisance Mais trois mois après l'entrée en vigueur de ses lois inédites, l'Australie a constaté qu'une "proportion substantielle d'enfants australiens" continuait à utiliser les plateformes interdites. Et l'ONU a alerté la semaine dernière sur les insuffisances des restrictions d'âge votées dans plusieurs pays, appelant à des mesures plus fermes des États comme des entreprises. En Malaisie, les plateformes sont tenues à compter de lundi de mettre en place des "mesures de vérification de l'âge", notamment des contrôles à partir de documents officiels tels que les cartes d'identité ou les passeports. Les réglementations exigent également une "gouvernance des contenus renforcée" sur les réseaux sociaux, les plateformes devant "mettre en oeuvre des mesures proactives et systémiques pour atténuer les risques liés aux contenus nuisibles". Ces règles sont assorties de sanctions financières pouvant atteindre 10 millions de ringgits malaisiens (2,16 millions d'euros) pour les entreprises concernées, a précisé la Commission malaisienne des communications et du multimédia. Selon l'instance, ces mesures "ne visent pas à interdire aux enfants l'accès à internet ni à leur refuser l'accès à la technologie", mais à promouvoir un accès aux réseaux sociaux adapté à l'âge. Cependant, des organisations ont exhorté la Malaisie à retirer cette "interdiction générale" des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. "Les enfants ne doivent pas être empêchés d'accéder au monde numérique, ils doivent pouvoir le faire en toute sécurité et d'une manière qui protège leurs droits", ont déclaré vendredi, dans un communiqué commun, l'organisation britannique de défense de la liberté d'expression Article 19 et d'autres groupes. "L'interdiction générale proposée des réseaux sociaux ne s'attaque pas aux problèmes de fond liés aux modèles économiques et aux services des entreprises de réseaux sociaux", ont-ils ajouté.

01.06.2026 à 04:33

Le Smic augmente de 2,4% pour suivre l'inflation

FRANCE24

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le 13 mai cette augmentation automatique, effective au 1er juin. Elle fait passer le Smic horaire brut de 12,02 à 12,31 euros, le Smic mensuel brut de 1.823,03 à 1.867,02 euros. En salaire mensuel net, le Smic atteint 1.477,93 euros, une hausse d'un peu moins de 35 euros par rapport à sa dernière revalorisation, intervenue au 1er janvier 2026. "Trente-cinq euros, avec le pouvoir d'achat qu'on a, ce n'est pas assez", estime Fatima, occupée à préparer une crêpe derrière le comptoir d'une boutique dans le métro parisien. "Ça ne fait même pas un chariot (de supermarché, ndlr). On compte les articles, on vérifie les prix, on essaye de prendre les moins chers même si ce sont des produits anti-gaspi ou périmés, on essaye de s'ajuster tout le temps mais ce n'est vraiment pas évident" de boucler son budget avec un Smic, témoigne cette femme de 25 ans. Revalorisé chaque 1er janvier en fonction, notamment, de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres, le Smic est également augmenté automatiquement en cours d'année si l'inflation dépasse 2%. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2% en avril. Une inflation qui s'explique principalement par la forte hausse des prix de l'énergie qui ont gonflé de 14,3% sur un an, dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. Au-delà des augmentations mécaniques, le gouvernement peut donner un coup de pouce au Smic mais cela n'a pas été le cas depuis juillet 2012, après l'arrivée de François Hollande à l'Élysée. Jean-Pierre Farandou a qualifié l'augmentation du 1er juin de "bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français" payés au salaire minimum. Mais pour la CGT, cette augmentation, "ce n'est pas du plus, c'est juste le maintien du niveau de vie pour les salariés au Smic". Le syndicat estime qu'elle "ne répond en rien à l'ampleur de la crise sociale". La numéro un de la CFDT Marylise Léon a appelé à "rouvrir des négociations salariales" dans les entreprises et la fonction publique, notamment dans les nombreuses branches (70% de celles suivies par le ministère du Travail) dont les minima démarrent sous le niveau du Smic.

01.06.2026 à 04:30

En direct : les Gardiens disent avoir visé une base iranienne utilisée pour des frappes américaines

FRANCE 24

L'armée américaine a déclaré avoir mené au cours du week-end des frappes "défensives" et "mesurées" en Iran contre des sites de commandement de drones, reprochant à Téhéran des actions "agressives", tandis que les Gardiens iraniens de la révolution ont dit avoir visé une base utilisée par les États-Unis. Face à une intensification des frappes au Liban, la France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité des Nations unies, prévue lundi. Suivez notre direct.

01.06.2026 à 04:15

Les droits des travailleurs en recul dans le monde, alerte la Confédération syndicale internationale

FRANCE 24

Selon la treizième édition de l'enquête de la Confédération syndicale internationale, la crise des droits des travailleurs s'accentue et concerne désormais de "grandes démocraties", comme les États-Unis et la France. L'organisation fustige une hausse du recours à la force contre les travailleurs et des entraves à la justice.

01.06.2026 à 04:09

Le procès pour viols et agressions sexuelles d'un ostéopathe s'ouvre à Strasbourg

FRANCE24

Pierre Garitte, 37 ans, exerçait depuis 2014 et était implanté à Eschau, une banlieue cossue au sud de Strasbourg. Il a été renvoyé devant la cour criminelle du Bas-Rhin pour des viols sur huit patientes et des agressions sexuelles sur 21 d'entre elles, "commis par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction", selon l'accusation. Le procès, qui doit s'achever le 12 juin, commencera par l'examen de questions de procédure, le fond du dossier ne devant être examiné qu'à partir de mardi. Les 29 patientes - dont 23 s'étaient constituées parties civiles à quelques jours de l'ouverture - l'accusent de leur avoir touché les parties intimes en consultation. Or, tout toucher "interne" est proscrit dans cette profession relevant des pratiques de soins non conventionnelles, a précisé à l'AFP Philippe Sterlingot, porte-parole de l'Unité pour l'ostéopathie. En garde à vue, Pierre Garitte a d'abord affirmé s'être cantonné à des "points de pression dans la zone du périnée", avant de reconnaître les gestes qui lui étaient reprochés, mais en niant toute intention sexuelle, selon une source proche du dossier. Placé sous contrôle judiciaire, il a interdiction d'exercer son métier. Son avocat, Yves Sauvayre, s'est borné à affirmer qu'il défendrait son innocence et que ses actes n'avaient aucun caractère sexuel. "Vulnérabilité" Bien que la première plainte à son encontre remonte à 2018, l'enquête n'a réellement débuté qu'avec la plainte pour viol d'une patiente en octobre 2020. En épluchant le répertoire de patientes du praticien, les enquêteurs ont remonté le fil et identifié d'autres femmes témoignant d'actes répréhensibles. "Cette affaire révèle une violence profonde: ces femmes ont remis leur corps à un soignant parce qu'elles pensaient que leur vulnérabilité serait protégée par +l'éthique+ même du soin. Et c'est justement cette confiance thérapeutique qui sera au cœur des débats", a déclaré Sendegul Aras, avocate de six parties civiles. Voir un professionnel de santé jugé pour des violences sexuelles est encore rare, notent plusieurs observatrices. Mais le tabou qui les entoure se lève progressivement depuis une dizaine d'années, relève Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol. Les professionnels de santé sont mieux formés à recueillir le consentement des patientes, et les patientes dénoncent davantage des actes qui leur semblent anormaux. Aboutissant à des procès comme ceux, à venir, des gynécologues Phuoc-Vinh Tran, renvoyé pour viols et agressions sexuelles sur une centaine de patientes, ou Emile Daraï à Paris, mis en examen pour violences volontaires. "Que ça serve" Pour Sonia Bisch, présidente de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, alléguer l'absence d'intention sexuelle pour se défendre d'avoir violé ou agressé relève de la "désinformation" et d'une volonté de "brouiller les cartes". "Ce n'est pas parce qu'on consent à des soins qu'on va consentir à tout et de n'importe quelle manière." "Il y a une stratégie, chez les agresseurs professionnels, de laisser penser que ça fait partie du soin", estime aussi Emmanuelle Piet. "Mais en aucun cas le viol ne fait partie du soin." La plupart des procès pour viol se tiennent à huis clos, mais à quelques jours de l'ouverture, aucune demande en ce sens n'a été déposée. Seule une plaignante a demandé un huis clos partiel, pour être entendue sans public. "Ce qui envahit ma cliente, c'est que ce procès se tienne, qu'il (l'accusé, NDLR) assume ses responsabilités" plus de cinq ans après le début de la procédure, a affirmé à l'AFP Anne-Sophie Wagnon-Horiot, avocate d'une autre patiente. "Et au-delà de ça, ce qui est important pour elle, c'est que ça serve pour les autres. D'où le fait qu'on ne demande pas le huis clos: que ça puisse faire résonance chez des personnes qui n'ont pas osé, ou qui n'ont pas pu, ou qui ont cru que c'était de leur faute".

01.06.2026 à 04:07

De nouveaux investissements "historiques" attendus pour le sommet Choose France

FRANCE24

De nombreux projets seront présentés ou confirmés lors de cette grand-messe annuelle, où environ 200 patrons étrangers sont attendus. Donnant le ton, de premiers investissements ont commencé à être annoncés pendant le week-end. Le géant japonais du secteur des technologies SoftBank a ainsi dévoilé un projet colossal de data centers dans les Hauts-de-France représentant 45 milliards d'euros d'ici à 2031, et 75 milliards d'euros à terme, "un montant inédit dans l'histoire des investissements d'une entreprise en France", selon l'Elysée. Pour marquer le coup face à ce spectaculaire projet dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle, le président de la République recevra lundi matin à l'Elysée le président de SoftBank, Masayoshi Son. Selon Les Echos, le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield devrait annoncer 10 milliards de dollars (8,57 milliards d'euros) d'investissements dans un data center à Escaudain (Nord), et la société d'investissement Ardian et la plateforme nordique de data centers Verne 5 milliards de dollars pour un centre de données en Île-de-France. Le groupe taïwanais Foxconn devrait lui investir 120 millions d'euros à Angers pour lancer une ligne de production de cartes mères dédiées à l'intelligence artificielle, en partenariat avec le spécialiste français des supercalculateurs Bull, a appris l'AFP de sources proches des discussions dimanche. "Journées Choose France" Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia a indiqué qu'il investirait 600 millions d'euros pour son projet Mistral à Fos-sur-mer. Quant au spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab, il mettra sur la table 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle. Emmanuel Macron avait prédit vendredi des annonces "formidables" lors du sommet Choose France (Choisissez la France), et l'Elysée avait promis une édition "historique". Cette nouvelle édition, la dernière d'Emmanuel Macron, devrait voir également des annonces dans le domaine des terres rares, avait laissé entendre l'Elysée. L'astronaute Thomas Pesquet devrait être présent pour parler du sommet spatial qui se déroulera en septembre. La dernière édition du sommet, en mai 2025, avait battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés, et 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'intelligence artificielle (IA) pris en février entérinés. Cette année, ce rendez-vous a été pour la première fois précédé par des Journées Choose France, organisées dans tout le pays sur le modèle des Journées du patrimoine. Elles ont permis ce week-end aux Français de visiter des sites de 92 entreprises, du géant de l'acier ArcelorMittal au constructeur automobile Toyota en passant par des centres de données ou des entrepôts de logistique. 87 milliards d'euros Créé en janvier 2018 par Emmanuel Macron, peu après son arrivée à l'Elysée, Choose France a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de la politique pro-business du chef de l'Etat. Depuis le premier sommet, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant quelque 87 milliards d'euros et plusieurs milliers d'emplois industriels nouveaux, selon l'Elysée. Alors que la France est pour la septième année consécutive le pays d'Europe qui attire le plus d'investissements étrangers, selon les récents résultats du baromètre du cabinet de conseil EY, "cela ne tombe pas du ciel", a affirmé Emmanuel Macron vendredi. Selon EY, la France a attiré l'an dernier 852 projets sur 5.026 recensés dans 47 pays européens, en recul de 17% dans un environnement international difficile. Le pays a notamment fait venir plus de projets liés à l'intelligence artificielle qu'ailleurs en Europe. En revanche, l'industrie a souffert, notamment l'automobile, la chimie et la métallurgie. Pour l'économiste Sylvain Bersinger, les annonces de Versailles "ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé, que la réindustrialisation demeure un vœu pieux et que la France ne semble pas nécessairement plus attractive pour les investisseurs étrangers que ses voisins". Outre sa volonté de faire de la France un des leaders de l'IA, Emmanuel Macron a annoncé récemment 1,55 milliard d'euros d'investissements publics supplémentaires pour développer quantique et semi-conducteurs.

01.06.2026 à 04:05

Au procès Athanor, les zones d'ombre autour du meurtre d'un pilote automobile

FRANCE24

Pendant plusieurs mois, Laurent Pasquali est considéré comme disparu, jusqu'à ce qu'un cueilleur de champignons découvre ses ossements le 1er septembre 2019, dans un bois de Cistrières (Haute-Loire). Le pilote, âgé de 43 ans, vivait grand train et très au-dessus de ses moyens. Lourdement endetté auprès du fisc, il contracte en 2011, l'année où il devient co-champion de France GT, un prêt de 100.000 euros auprès d'un couple de passionnés de courses automobiles, Nancy et Alain Maarek, respectivement ingénieure et médecin biologiste dans le Var. Laurent Pasquali manie l'art de l'esquive auprès de ses nombreux créanciers, dont les Maarek, qui vont solliciter l'aide de l'entrepreneur et franc-maçon, Frédéric Vaglio. Ils ignorent qu'il s'agit d'un contrat parmi d'autres, à la mécanique bien huilée, pilotés au sein d'une loge maçonnique qui s'est muée en petite entreprise criminelle. Vingt-deux personnes sont jugées jusqu'au 17 juillet. Plusieurs questions demeurent toutefois sur les termes exacts du contrat et l'unique meurtre de cet épais dossier (deux tentatives d'assassinat sont également jugées). Préméditée selon l'accusation, la mort de Laurent Pasquali serait accidentelle, selon plusieurs accusés. Au moins l'un d'entre eux sait très bien ce qu'il s'est passé le 29 novembre 2018: Sébastien Leroy, l'exécutant du contrat, a envoyé une photo du corps du pilote, un sac-poubelle sur la tête, à Daniel Beaulieu, l'ancien agent de la DCRI chargé de sa mise en œuvre par son frère de loge, Frédéric Vaglio. Leroy, qui répète depuis six ans avoir été manipulé, accuse son ami Dylan Bilheude d'avoir tiré une balle sur Laurent Pasquali, en plein cœur, dans un parking souterrain de Levallois-Perret, ce qu'il dément fermement, jurant ne pas l'avoir accompagné ce jour-là. "Sentiments amoureux" Pour la famille du pilote, "l'enjeu n'est pas seulement de savoir qui a porté le coup mortel, mais de comprendre qui a participé à la préparation, à l'exécution ou à la dissimulation du crime", détaille son avocate, Me Sandrine Pégand. Auprès des enquêteurs, Daniel Beaulieu a d'abord avoué le meurtre avant de changer de version et d'évoquer, peu après sa tentative de suicide ratée en détention, une bavure. Les enquêtes de personnalité sur le couple Maarek ont mis en lumière les "sentiments amoureux" de Nancy à l'égard du pilote, ainsi que la "jalousie maladive" de son mari. Les époux ont soutenu que le montant de cette dette était dérisoire par rapport à leur train de vie et qu'ils n'auraient jamais fait de mal à quelqu'un pour ça. "C'est moi qui ai mis Laurent sur le chemin de Vaglio et si je ne l'avais pas fait, il serait là", avait déploré le médecin aux premiers jours du procès. Les interrogatoires des accusés doivent débuter mardi après-midi, après l'audition de plusieurs témoins.

01.06.2026 à 04:05

Violences à l'école et dans le périscolaire: les députés se penchent sur la proposition de loi post-Bétharram

FRANCE24

"Pendant des décennies, un climat d'omerta, la défaillance de l'Etat, une culture légitimant la violence sur les enfants, ont laissé des criminels, en milieu scolaire, ravager la vie de dizaines de milliers d'élèves", rappellent ses auteurs, Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI). Leur objectif: "que plus jamais des enfants ne soient maltraités ou violentés dans des établissements par des adultes censés les éduquer et les protéger". En 2025, c'est conjointement que ces deux députés de bords politiques différents avaient mené la commission d'enquête qui avait notamment entendu François Bayrou, alors Premier ministre, sur la connaissance qu'il aurait pu avoir des sévices infligés aux élèves de l'établissement Notre-Dame de Bétharram, près de Pau. De ces plusieurs mois de travaux et d'auditions, est née cette proposition de loi, rédigée à quatre mains. Mais lundi, dans l'hémicycle, elle sera défendue seule au banc par Violette Spillebout à partir de 16H00. En cause, le refus du groupe de Gabriel Attal de soutenir un texte porté conjointement avec un député insoumis, qui a donc proposé à Mme Spillebout d'inscrire son texte sur l'un de ses créneaux réservés dans l'agenda, à condition qu'elle le redépose seule. Chose faite. Mais en commission des lois la semaine dernière, où le texte a été examiné et adopté, Paul Vannier a joué le rôle de co-rapporteur officieux. Mme Spillebout lui laissant une place centrale dans les débats, cette dernière revendiquant un travail mené conjointement et tenant à montrer que l'Assemblée "sait se réunir pour protéger les enfants". Le texte comporte d'abord un volet symbolique, avec la condamnation par la Nation de ces violences et la reconnaissance des défaillances de l'Etat qui leur ont permis de perdurer. Il prévoit une journée d'hommage pour les victimes, le 19 novembre, ainsi qu'un fonds national d'indemnisation pour ceux qui ne pourraient pas aller en justice du fait des délais de prescription notamment. Sur le plan judiciaire, le texte allonge le délai de prescription du délit de non-dénonciation de faits de violences sur un mineur, et grave dans la loi l'interdiction absolue de toute violence, y compris les châtiments corporels. L'objectif est d'en finir "avec un prétendu droit de correction encore invoqué dans les jurisprudences", selon Mme Spillebout. Secret de la confession Les dispositions du texte renforçant les contrôles des adultes exerçant dans les établissements devraient faire l'objet d'une attention particulière dans l'hémicycle, alors que plusieurs affaires récentes de violences sexuelles ont remis ce sujet au cœur de l'actualité. L'une prévoit l'obligation, au moment du recrutement puis tous les trois ans, de présenter un "certificat d'honorabilité" et une autre renforce le suivi des sanctions disciplinaires, afin d'"éviter qu'un adulte dangereux passe d'un établissement à un autre sans laisser de trace". En commission, les députés ont étendu ces dispositions au champ du périscolaire, marqué par de récents scandales, notamment à Paris. Si la première partie du texte fait plutôt consensus, les derniers articles cristallisent les oppositions à droite et à l'extrême droite, dont les groupes se sont abstenus en commission. Ils prévoient de réformer en profondeur les relations entre l'Etat et les établissements privés, avec des contrôles beaucoup plus réguliers. Pour le député RN Roger Chudeau, "ces mesures ne concernent pas la protection des enfants mais simplement la mise sous contrôle du seul enseignement privé", estimant que M. Vannier tente de dessiner une "sorte de cible" sur l'enseignement diocésain, comme "responsable des maltraitrances". "Notre texte veut répondre à toutes les causes qui permettent à ces violences de se perpétuer, le peu de contrôle dans les établissements privés n'est pas la seule, mais elle en est une", a répondu M. Vannier auprès de l'AFP. Enfin, une disposition prévoit explicitement que les ministres du culte soient soumis à l'obligation de dénoncer des faits de violences sexuelles sur mineurs, même révélés lors d'une confession, sans pouvoir invoquer le secret. Le Rassemblement national s'y est opposé en commission, "y voyant une attaque brutale et anticléricale".

01.06.2026 à 02:54

Plus de 1 100 cas d'Ebola suspects, deux hommes placés à l'isolement au Brésil

FRANCE 24

Plus de 1 100 suspects du virus à l'origine de la maladie Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique meurtrière, ont été enregistrés en République démocratique du Congo et en Ouganda, rapporte dimanche l'agence sanitaire de l'Union africaine. Au Brésil, deux hommes venant des deux pays africains et présentant des symptômes ont été placés à l'isolement.

01.06.2026 à 01:15

Présidentielle en Colombie: une icône de la gauche et un millionnaire admirateur de Trump au second tour

FRANCE24

Arrivé deuxième lors du premier tout dimanche, Ivan Cepeda, sénateur, philosophe et défenseur des droits humains, est le dauphin de Gustavo Petro, premier chef d'Etat de gauche de l'histoire de la Colombie. Il a été l'un des architectes de la "paix totale", politique par laquelle le gouvernement a tenté, sans succès, de négocier avec les groupes armés. Le 21 juin, il affrontera Abelardo de la Espriella, candidat de la droite dure prônant une main de fer en matière de sécurité. Ce candidat qui rejette la classe politique et aime sa faire appeler "Le tigre" brigue pour la première fois une fonction élective, après avoir laissé derrière lui une vie luxueuse en Italie. Cepeda, le défenseur des droits humains Ivan Cepeda, 63 ans, est le fils d'un sénateur communiste assassiné par des policiers alliés aux paramilitaires dans les années 90. Les violences visant les dirigeants de gauche à cette époque l'ont contraint à s'exiler à plusieurs reprises, notamment en Bulgarie et à Cuba. A son retour en Colombie, il est devenu défenseur des victimes du conflit armé et a joué un rôle clé dans les négociations pour l'accord de paix avec l'Etat en 2016 ayant conduit au désarmement de la guérilla des Farc. "J'ai survécu au génocide, à la stigmatisation et à une persécution implacable. Et je suis toujours là, debout", a-t-il lancé pendant la campagne, vêtu d'un traditionnelle chemise caribéenne, sans cravate. Ce progressiste, admirateur de Gandhi et ennemi juré de l'ex-président conservateur Alvaro Uribe, prône la poursuite des réformes sociales entamées par Gustavo Petro, qu'il qualifie de "révolutions" avec notamment une augmentation conséquente du salaire minimum. Son ton placide, son attitude réservée contrastent avec la verve et la véhémence de son mentor, ex-membre d'une guérilla. Bien qu'il ait vécu dans le bloc soviétique, Ivan Cepeda rejette le communisme et mise sur un "capitalisme productif" et "diversifié". Ses adversaires le qualifient d'"héritier des Farc" et lui reprochent d'avoir été l'idéologue de la politique de paix de Gustavo Petro. De la Espriella, l'"outsider" Abelardo de la Espriella, 47 ans, est un avocat et homme d'affaires millionnaire qui se présente en "outsider" n'appartenant pas à "la caste politique". Il dit être entré en politique pour éviter que la Colombie ne soit "détruite" par la gauche. Dans une Colombie fortement imprégnée de catholicisme, ce père de quatre enfants affirme avoir "trouvé Dieu". De nationalité colombienne et américaine, Abelardo de la Espriella se dit admirateur des dirigeants du Salvador, Nayib Bukele, d'Argentine, Javier Milei, et du président américain Donald Trump. Toujours vêtu de costumes impeccables, il a défendu de nombreuses personnalités du pays, parmi lesquelles des narcotrafiquants et des stars du football. Avant de se lancer dans la course à la présidence, il vivait dans la ville italienne de Florence, faisant des affaires dans le rhum et le vin et voyageant en jet privé. Pour combattre les groupes armés dans le pays, premier producteur mondial de cocaïne, il propose une alliance militaire avec les Etats-Unis et Israël et la construction de méga-prisons. "Dans mon gouvernement, tout bandit qui ne se soumettra pas à la justice sera abattu", a-t-il déclaré à l'AFP en février. Il veut également réduire de 40% la taille de l'Etat. Il a durant la campagne été accusé de sexisme — il prétend que les femmes votent pour lui en raison de la taille de ses parties génitales — et de propos homophobes, mais cela n'a pas entamé sa popularité. Lors de ses meetings, des partisans vêtus du maillot jaune de l'équipe de football de Colombie et de masques de tigre ont été vus rugir devant des vidéos viriles générées par IA, montrant des pilotes de chasse bombardant des camps de guérilleros.
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