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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ Les 15 dernières parutions

14.08.2026 à 11:05

Sécheresse : le gouvernement envisage des prêts garantis pour les agriculteurs

FRANCE24

"Je vais évidemment armer puissamment l'indemnité de solidarité nationale pour tous ceux qui ne peuvent pas être assurés par les dispositifs classiques. Nous réfléchissons à un prêt sécheresse pour pouvoir faire la jonction avec les prochaines productions. Et puis, lors du prochain budget, nous aurons probablement des propositions à faire en matière de nouvelles mesures fiscales", a énuméré la ministre sur RMC. Depuis quelques semaines, le ministère égrène les mesures face au désespoir grandissant des agriculteurs, qui voient chaque vague de chaleur amplifier leurs pertes et compromettre les nouvelles cultures mais aussi la production animale, tant les sols sont secs et le fourrage rare. La ministre a réitéré vendredi que le calibrage des aides devrait attendre le 27 août, lors d'une réunion des préfets qui permettra de définir le montant du "plan global" annoncé le 5 août sans chiffrage. Après avoir annoncé des mesures pour que les assureurs puissent verser des acomptes plus importants et de manière anticipée ainsi qu'une dérogation pour faucher les jachères, le ministère de l'Agriculture envisage donc la piste de prêts. Ils seraient garantis ou bonifiés, a-t-il précisé vendredi matin à l'AFP. Ce mécanisme est régulièrement utilisé lors des crises agricoles pour compenser les pertes de trésorerie soudaines qui empêchent les agriculteurs les plus en difficulté de racheter de quoi recommencer à produire (semences, fourrage...). Le week-end dernier, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau avait affirmé que l'impact de la sécheresse et des canicules pour l'agriculture nécessiterait des "milliards" d'euros, insistant sur les aides d'urgence, par exemple pour les agriculteurs s'apprêtant à semer du colza et dans l'impossibilité de le faire face à la sécheresse des sols. Les montants dédiés aux assurances, couverts par l'Etat quand les pertes dépassent un certain seuil, pourraient atteindre "plusieurs centaines de millions d'euros", a précisé le ministère. L'Etat prendra aussi en charge les cotisations sociales et permettra un dégrèvement de la taxe foncière, selon le ministère. Mme Genevard a en outre appelé la grande distribution à la solidarité en acceptant des calibres de fruits et légumes "un peu différents", en envisageant une "revalorisation des prix" payés aux agriculteurs ou en privilégiant l'origine France. Dans un communiqué vendredi, le groupe Carrefour a annoncé un "plan d'urgence" pour "faciliter l'écoulement des productions endommagées par la sécheresse". Celui-ci prévoit une "adaptation" du cahier des charges pour pouvoir "commercialiser des fruits et des légumes de qualité mais plus petits ou visuellement imparfaits", "une révision immédiate des prix d'achats des fruits et légumes frais" dont les coûts de production ont été impactés par les canicules et "des délais de paiement raccourcis à 15 jours pour une durée d'un mois". "Carrefour ajoute enfin qu'aucune pénalité de retard ne sera appliquée en cas de retard logistique ou problèmes d'approvisionnement", assure le groupe.

14.08.2026 à 10:27

Crise à Ceuta : "Le développement du Maroc est réel, mais n'est pas inclusif"

FRANCE24

De nouveaux appels à franchir les frontières pour se rendre à Ceuta ce samedi 15 août circulent sur les réseaux sociaux du Maroc, entre manipulation et détresse économique de la jeunesse. Pour notre invitée du jour, Yasmine Chami, anthropologue et romancière marocaine, "le développement du Maroc est réel, mais n'est pas inclusif". Entretien.

14.08.2026 à 10:09

Lettonie : un drone abattu dans l'espace aérien par des avions de l'Otan

FRANCE 24

Un drone étranger a pénétré, vendredi, dans l'espace aérien de la Lettonie avant d'être abattu par des avions de l'Otan, a annoncé le ministère de la Défense de ce pays du nord de l'Europe. Les États baltes, frontaliers de la Russie, enregistrent un nombre croissant d'intrusions et de chutes de ce type d'appareils sur leurs territoires.

14.08.2026 à 09:53

L'Indonésie va fermer plus de 750 entreprises publiques

FRANCE24

La plus grande économie d'Asie du Sud-Est lutte depuis longtemps contre la corruption dans ses secteurs public et privé, avec le renforcement des lois anticorruption, la création de commissions d'enquête spéciales et l'arrestation de plusieurs personnalités de premier plan. "Il y a beaucoup trop d'entreprises publiques improductives, toujours en train d'annoncer des pertes tout en revendiquant des bénéfices. Ces bénéfices sont simplement inventés", a assuré Prabowo Subianto dans son discours sur l'état de la Nation devant le parlement. Avec la création l'an dernier du fonds souverain indonésien Danantara pour gérer les actifs de l'État, "nous avons découvert qu'il existe 1.074 entreprises publiques", a-t-il ajouté. "Je pensais qu'il y en avait 300 ou 400, mais il s'avère qu'il y en a 1.074. Et ces entreprises publiques agissent parfois comme bon leur semble, sans aucun sens des responsabilités envers la nation, envers l'État", a fustigé le président. A ce jour, 290 entreprises publiques ont déjà été fermées, a-t-il précisé. D'ici au 31 décembre, il ne devrait plus en rester que 300. "Nous allons fermer plus de 750 entreprises et ne conserver que celles qui sont productives, celles qui créent une valeur ajoutée pour la population", a poursuivi le président, dans ce qui selon lui "pourrait être la plus vaste restructuration d'entreprises au monde". Cette campagne a déjà permis d'économiser environ 50.000 milliards de roupies (plus de 2,4 milliards d'euros) en coûts de fonctionnement, notamment les salaires des directeurs et des commissaires, la location de bâtiments et de voitures, ainsi que les frais de déplacement professionnels, a indiqué M. Prabowo. "Amnistie spéciale" L'objectif pour cette année était de réaliser plus de 70.000 milliards de roupies d'économies. M. Prabowo a évoqué la création "d'un tribunal spécial ad hoc pour enquêter sur la gestion (des entreprises publiques, NDLR) et les conseils d'administration sur les 30 dernières années, peut-être". Il a également demandé aux parlementaires d'envisager une sorte d'"amnistie spéciale pour ceux qui se repentent". L'Indonésie a obtenu le faible score de 34 sur 100 à l'indice de perception de la corruption d'Amnesty International pour 2025. La corruption est également devenue un cri de ralliement pour les manifestants dénonçant la hausse du coût de la vie, alors que l'Indonésie et la région sont secouées par la flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Un projet public est particulièrement au centre de critiques: le coûteux programme de repas scolaires gratuits, projet phare de Prabowo, dont il a promis vendredi qu'il le poursuivrait, "mais avec des améliorations et plus d'efficacité". "Nous ne pouvons pas accepter qu’un enfant indonésien sur quatre souffre de retard de croissance", a déclaré le président. En outre, malgré l'incertitude mondiale, Prabowo a assuré que le pays était sécurisé sur le plan alimentaire et énergétique, et s’est dit "confiant" que la croissance économique atteindrait 6,0% d’ici la fin de l’année 2026. Le PIB s'est établi à 5,3% au deuxième trimestre de l'année, après 5,6% au premier. Les analystes ont à plusieurs reprises exprimé leur scepticisme quant aux données officielles de croissance de l’Indonésie.

14.08.2026 à 09:51

Landes: l'incendie a progressé à 1.100 hectares, mais pas de dégâts majeurs

FRANCE24

"Le feu est freiné", grâce à la baisse des températures nocturnes et un air plus humide, a déclaré à la presse le colonel Arnaud Fabre, chef du Sdis 40, qui redoute néanmoins de nouvelles sautes de feu avec le retour de la chaleur dans la journée, avec 36°C attendus. Les "quinze prochaines heures seront déterminantes", estime Gilles Clavreul, préfet des Landes, où un feu a brûlé 3.700 hectares fin juillet à Biscarrosse. Dans le même immense massif des Landes de Gascogne, majoritairement peuplé de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, un mégafeu avait parcouru au même moment plus de 40.000 hectares plus au nord, en Gironde. "Tout a tenu" Vendredi matin, une fumée toujours très épaisse produisait un voile opaque sur Luglon, petit bourg de 350 habitants au coeur de l'immense massif des Landes de Gascogne. "On a protégé les maisons. Tout a tenu", assure un pompier à un habitant inquiet, devant la salle des fêtes où sont servis les repas et boissons aux bénévoles et aux soldats du feu. René Wojcieszek, 69 ans, qui redoutait de tout perdre dans la nuit, a retrouvé le sourire. "Un commandant m'a dit que le feu est passé à quelques mètres de la maison. J'espère que le retour des avions écartera le danger", a-t-il déclaré à l'AFP. Le préfet espérait vendredi matin une reprise rapide des moyens aériens, suspendus dans la nuit (2 Dash, 4 Canadair, 2 Air Tractor) et attendait avec impatience la possible amélioration des conditions météorologiques, annoncée à partir de samedi. L'incendie, dont l'origine reste à déterminer, a rapidement progressé dans la soirée de jeudi, à la faveur de vents tournants. Il a désormais parcouru 900 hectares à l'ouest du village, situé à 25 km au nord-ouest de Mont-de-Marsan, et 200 hectares en raison d'une "saute de feu au sud-est" de la commune, selon la préfecture. Au total, 525 habitants de la zone ont été évacués vers les communes voisines, et pour l'instant, aucune habitation n'a été détruite, même si certaines sont à seulement quelques dizaines de mètres de la ligne de feu, précise la même source. Quelque 500 sapeurs-pompiers sont engagés pour venir à bout de ce feu. Dans la nuit, un immense ciel orangé était visible à des kilomètres, ont constaté des journalistes de l'AFP. "Eviter le secteur" Les autorités demandent d'"éviter le secteur", situé au cœur du massif des Landes de Gascogne, à cheval sur trois départements (Landes, Gironde et Lot-et-Garonne), et deux routes départementales ont été coupées autour de Luglon. Placées en vigilance orange canicule, les Landes ont vu les températures dépasser les 40°C jeudi, à Morcenx-la-Nouvelle et Mont-de-Marsan, près de la zone concernée, avec une végétation et forêt asséchées depuis plusieurs semaines rendant le massif vulnérable à la propagation d'incendies. En France, l'année 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares déjà brûlés. D'autres régions du pays sont concernées par des feux. A Guérande, près du littoral très touristique de la Loire-Atlantique, un feu de végétation, "fixé", a provoqué jeudi l'évacuation d'environ 2.000 campeurs, selon la préfecture. Au sud de Rennes, un incendie a parcouru 230 hectares, mais le vent a baissé jeudi soir permettant de "traiter au maximum les reprises de feu", selon la préfecture. Sur la côte du Pas-de-Calais, les incendies qui sévissent depuis mercredi dans une zone naturelle touristique étaient "contenus" jeudi soir mais toujours "non fixés", d'après les services de l'Etat. Trois pompiers ont été légèrement blessés. Quatre départements sont vendredi au niveau "très élevé", le plus haut, de "danger feux" dans le centre-ouest du pays - Mayenne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire et Indre - et 57 autres au niveau "élevé", selon la Météo des forêts.

14.08.2026 à 09:17

Masters 1000 de Cincinnati: Monfils sorti d'entrée pour sa dernière

FRANCE24

En tournée d'adieux avant de prendre sa retraite à la fin de la saison, Monfils (305e) n'a pu faire fructifier son invitation (wild card) comme il l'avait fait au Masters 1000 de Montréal en s'offrant au premier tour le Polonais Kamil Majchrzak (67e). Cette fois, le Français a tenu et régalé le public avec son tennis spectaculaire durant deux sets. Il a d'abord remporté tranquillement la première manche avant de perdre sa mise en jeu dans la deuxième et de se retrouver mené 5-3. Il a alors aligné trois jeux d'affilée pour mener 6-5 mais Hijikata a décroché le tie break. La perte du deuxième set au tie break après être passé à deux points du match à 5/4, a précipité les adieux de Monfils, éprouvé physiquement, à ce tournoi qu'il jouait pour la 14e fois et où il avait atteint les huitièmes de finale lors de ses trois précédentes participations. Il s'était hissé en quarts en 2011 mais avait été stoppé par Novak Djokovic. Il lui reste à jouer un dernier US Open (30 août-13 septembre) pour boucler son ultime tournée nord-américaine, l'une de ses périodes préférées de la saison.

14.08.2026 à 09:15

L'incendie dans les Landes a grimpé à 1.100 hectares, pas d'habitation touchée

FRANCE24

"Le feu est freiné", grâce à la baisse des températures nocturnes et un air plus humide, selon le colonel Arnaud Fabre, chef du Sdis 40, qui redoute néanmoins de nouvelles sautes de feu avec le retour de la chaleur - 36°C sont attendus dans l'après-midi. Les "quinze prochaines heures seront déterminantes", a déclaré à la presse le préfet. Ce feu, dont l'origine reste à déterminer, a progressé très vite jeudi soir, à la faveur de vents tournants. Il a désormais parcouru 900 hectares à l'ouest de Luglon, bourg de 350 habitants au cœur de l'immense massif des Landes de Gascogne, à 25 km au nord-ouest de Mont-de-Marsan, et 200 hectares en raison d'une "saute de feu au sud-est" de la commune, selon la préfecture. Au total, 525 personnes ont été évacuées. Quelque 500 sapeurs-pompiers sont engagés, soit autant qu'à Biscarrosse fin juillet pour lutter contre un feu qui avait ravagé 3.700 hectares de forêt dans cette commune touristique du littoral Atlantique, précise le préfet. A la même période, un mégafeu survenu en Gironde, dans le même massif forestier de pins maritimes, avait parcouru 42.000 hectares. Il avait également entraîné l'évacuation de 220.000 personnes, avant d'être fixé par les pompiers au bout de dix jours de lutte. Le préfet espérait vendredi une reprise rapide des moyens aériens (2 Dash, 4 Canadair, 2 Air Tractor) et attendait avec impatience la possible amélioration des conditions météorologiques, annoncée à partir de samedi. Pour l'instant, aucune habitation n'a été détruite, même si certaines sont à seulement quelques dizaines de mètres de la ligne de feu, selon lui. Vendredi matin, une fumée toujours très épaisse produisait un voile opaque sur le village. "On a protégé les maisons. Tout a tenu", assure un pompier à un habitant inquiet, devant la salle des fêtes où sont servis les repas et boissons aux bénévoles et aux pompiers. René Wojcieszek, 69 ans, qui redoutait de tout perdre dans la nuit, a retrouvé le sourire. "Un commandant m'a dit que le feu est passé à quelques mètres de la maison. J'espère que le retour des avions écartera le danger", a-t-il déclaré à l'AFP.

14.08.2026 à 09:07

Après un été dévastateur, l'agriculture écartelée face au mur de la transition

FRANCE24

Pour la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, il y a un "risque majeur d'une crise humaine inédite à l'automne". La Confédération paysanne, troisième syndicat, prévient que les "braises de la colère" pourraient se raviver. Mais les solutions proposées sont bien différentes. Habituée des actions coup de poing, la Coordination rurale appelle notamment à irriguer sans respecter les restrictions et à la réintroduction de pesticides interdits. Quand la Confédération paysanne appelle à une "bifurcation agroécologique indispensable" et soutient les appels à manifester en octobre contre les pesticides. Interrogé sur l'adaptation des fermes au changement climatique, le président de la FNSEA, syndicat dominant, a affirmé qu'elle était en cours mais prendrait des années. "Avant de parler du moyen et long terme, encore faut-il survivre à cette crise", a ajouté Arnaud Rousseau, tout en assurant ultérieurement que son syndicat n'a pas pour l'instant en tête de manifester. Injonctions "contradictoires" Pour Claire Ruault, sociologue spécialiste de l'agriculture, le contexte "exacerbe les clivages idéologiques" et entraîne plus des réponses d'urgence pour "compenser financièrement au lieu d'une réflexion globale sur l'adaptation en prenant en compte la complexité du monde agricole". "On demande aux agriculteurs de changer depuis la période de modernisation de l'après-guerre. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que les orientations ne sont pas claires", ajoute la coordinatrice du Gerdal, association de recherche sur le développement agricole. "Il y a des objectifs de maintien de la productivité, des exportations sur un marché ultra compétitif. Les agriculteurs doivent produire beaucoup, à bas coût. C'est assez peu compatible avec les exigences de la transition agro-écologique affichées par ailleurs par le gouvernement mais pour lesquelles les moyens ne sont pas en adéquation". Pour la sociologue, le malaise dans les fermes face à ces injonctions contradictoires est renforcé par une "culpabilisation individuelle" des agriculteurs, face aux résultats d'études sur les dangers de résidus de pesticides, d'additifs ou de PFAS dans les produits. "Déconnexion" Pour Eve Fouilleux, directrice de recherche au CNRS en science politique, "les politiques publiques ont favorisé depuis des décennies l'agrandissement et l'hyperspécialisation des exploitations agricoles par l'utilisation massive d'engrais et de pesticides, ce qui les rend plus vulnérables aux crises tout en générant des problèmes environnementaux et sanitaires majeurs". La sécheresse record et les canicules à répétition vont créer à la rentrée des "situations dramatiques". Les agriculteurs ont "très peu de marges de manoeuvre du fait d'un endettement massif" alors qu'ils sont "en première ligne des conséquences du réchauffement climatique", affirme cette agroéconomiste de formation. Dans les campagnes, nombre d'agriculteurs se disent "assommés" par les pertes et l'inquiétude grandit sur le risque de suicides dans la profession, qui s'est déjà mobilisée trois hivers d'affilée. Si Eve Fouilleux n'exclut pas une mobilisation des agriculteurs indépendante des syndicats - comme en 2024 pour demander des revenus -, ou à l'initiative de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne - comme en 2025 pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine -, elle rappelle que ces mobilisations ont été "récupérées" in fine par l'alliance syndicale dominante de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Selon la chercheuse, "la FNSEA a les ressources politiques et économiques pour mobiliser des troupes et réorienter le débat public autour de la fausse idée selon laquelle la souveraineté alimentaire serait menacée en France. Et donc de défendre ce qu'ils appellent les moyens de production: les pesticides et l'accès prioritaire à l'eau, dans un but principal d'exportation", comme en témoignent les grands thèmes de la loi d'urgence agricole. Les deux chercheuses soulignent que l'alliance a toutefois perdu sa majorité aux dernières élections professionnelles et que les dirigeants de la FNSEA sont "déconnectés" de la base, ce qui participe au malaise des agriculteurs. Claire Ruault ajoute qu'au niveau local, les agriculteurs peinent à construire un point de vue collectif, et à le porter dans leurs interactions avec les autres acteurs, pour alimenter les politiques agricoles. "Quand on interroge les agriculteurs individuellement sur la transition écologique, ils sont massivement pour", souligne Eve Fouilleux, "mais le système ne les incite pas à changer".

14.08.2026 à 08:41

Amélie Nothomb: "écrire est affreusement difficile" mais "c'est un plaisir"

FRANCE24

Traduite dans de nombreuses langues, la romancière belge explique, dans un entretien à l'AFP, la genèse de son nouveau livre, "L'adolescence du perroquet" (Albin Michel), qui sort le 19 août, et comment elle trouve toujours du plaisir à écrire même si "c'est affreusement difficile". R: J'ai une fascination pour les oiseaux. Ils ont deux façons de me fasciner: par le vol et par la phonation. Le perroquet est le champion absolu de la parole: il parle et comprend ce qu'il dit; il crie et son cri est d'une violence et d'une nocivité extraordinaires; et il peut être un chanteur exceptionnel. Jo, le perroquet du roman, est un gris du Gabon, l'espèce la plus intelligente, qui parle le mieux, mais aussi la plus agressive et perverse. C'est la plus intéressante. R: Je n'en suis pas sûre. S'il y en a une, c'est que l'amour est un sentiment sans morale. Alban, le narrateur, a un amour fou pour cet oiseau, qui ne le lui rend pas. C'est une situation que beaucoup de gens connaissent. L'amour n'est pas un dû. R: L'émotion est encore plus grande. Je suis dans la situation de quelqu'un qui vit une formidable histoire d'amour depuis 34 ans. C'est un tel miracle, mais rien n'est garanti. Je veux me montrer à la hauteur d'une telle histoire d'amour avec les lecteurs. Cela demande de l'investissement. R: D'après ce que j'ai pu voir, mes lecteurs, c'est tout le monde: des gens cultivés ou pas, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes... Il n'y a vraiment pas de type. Si vous me demandez ce qu'ils aiment dans mes romans, je n'en sais rien. Le style? Je veux y croire. Et on me dit que mes romans permettent très fort l'identification. Beaucoup de lecteurs me disent: "Je me suis reconnu dans votre personnage". R: J'écris trois romans par an. Quand je les écris, je ne sais pas du tout lequel est destiné à la publication. À la fin de l'hiver, je les relis et je fais mon choix. Je m'organise de manière à pouvoir écrire quatre heures par jour. Je commence à 04H00 du matin et je termine à 08H00. Puis je vais chez mon éditeur Albin Michel où je réponds aux nombreuses lettres que je reçois. R: J'ai besoin de commencer ma journée par ce qui est le plus difficile. C'est une très bonne hygiène. Écrire chaque matin me paraît insurmontable, c'est affreusement difficile. Et plus je le fais, plus ça me paraît affreusement difficile. Mais c’est pour ça que j’aime ça. Je ne laisserai à personne d'autre ce plaisir-là. Avec les années, j'ai appris à avoir la sensation physique de l'endroit de mon cerveau où je dois me tenir pour écrire, juste à la frontière entre la folie et ce qui fait sens. Le plus difficile, c'est de trouver l'équivalent verbal au son qu'on a en soi. Eviter les fausses notes. Plus les années passent, plus je m'efforce d'épurer ce son. Depuis mes premiers romans, il s'est considérablement simplifié. Le but n'est pas de faire plus court, il est d'épurer. Dans 30 ans, j'aurai peut-être atteint le stade du haïku, la pierre philosophale.

14.08.2026 à 08:35

Au Porge, la quête d'un "juste dédommagement" pour les sinistrés du mégafeu

FRANCE24

"Là, ils sont gentils, ils répondent à nos questions... Mais dans six mois, quand la pression médiatique sera retombée, est-ce qu'ils ne nous ressortiront pas un petit alinéa qu'on n'avait pas vu?", poursuit Yves Brugieregarde, un ancien militaire à la retraite, qui a perdu sa maison au Porge. Dans cette commune de 3.500 habitants, 183 habitations ont brûlé - sur les 240 au total - dans l'immense incendie fin juillet qui a parcouru 42.000 hectares et entraîné l'évacuation de 220.000 personnes. Devant un terrain carbonisé, des murets noircis par les flammes sont tout ce qu'il reste de la maison achetée avec sa compagne en 2012. "Tout a brûlé, c'est le néant. Ah si, cette chaise verte en bois et ce parasol, miraculeusement épargnés", sourit-il. Des boules de pétanque ont tellement chauffé qu'elles sont devenues ovales. Un expert de son assurance est déjà passé, mais M. Brugieregarde refuse de signer le constat, qu'il juge "décalé avec la réalité" et envisage de recourir à un expert indépendant, "même si ça nous coûterait très, très cher". "Coefficient de vétusté" L'enjeu est de taille. "Être dédommagé correctement de façon à pouvoir reconstruire notre maison à l'identique et couvrir toutes nos pertes matérielles". Cet artiste sculpteur à ses heures perdues regrette de ne pas avoir pris des photos de sa maison et surtout de ne pas avoir fait réévaluer la valeur de ses biens au fil des ans. "On nous oppose un +coefficient de vétusté", qui fait perdre de la valeur à nos biens. On a le sentiment que nos vies ne valent rien", souffle-t-il, atterré. Pour écarter ce sentiment, la Macif a déployé un bus sur la place centrale du Porge, afin de "court-circuiter la distance du téléphone ou d'une page web". Pendant deux jours, du personnel est présent pour "répondre à toutes les questions de nos sociétaires mais aussi effectuer des remboursements rapides sur présentation de factures", explique Marie-Ghislaine Lacapère, mandataire pour la Nouvelle-Aquitaine. D'autres assurances sont également présentes et France Assureurs tient une permanence depuis le retour, le 3 août, des habitants. "C'est un sinistre particulier, d'une ampleur quasi inégalée, qui pose plusieurs difficultés", explique Guillaume Cadier, expert spécialisé "sinistres majeurs" dans une société intervenant pour le compte des compagnies d'assurance. "Forcer le bras" Il cite notamment des "bâtiments complètement fracassés", mais aussi une "quantité énorme de dossiers à traiter en même temps". "Une des premières questions qu'on nous pose c'est: +Quand il n'y a plus rien, comment on fait?+ Eh bien, on écoute d'abord la personne sinistrée. C'est elle qui connaît le mieux sa maison et pourra nous permettre de reconstituer ce qu'était le bien", relate-t-il. Il y a aussi les observations de l'expert sur place, les plans du bâtiment pouvant être récupérés ailleurs, ce qui avait été déclaré à l'assurance, etc... Il faudra ensuite de longues semaines ou mois pour établir le chiffrage précis, attendu par les sinistrés pour se projeter. Mais cet incendie hors normes provoque aussi des situations plus compliquées à appréhender. Le véhicule de Béatrice, resté au Porge pendant les incendies, "toussote". Elle souhaiterait changer le filtre à particules, mais son "assurance n'a pas forcément de réponse" et parle "d'une franchise de 300 euros". "Vraiment? Aucun geste commercial pour les habitants du Porge?", dit-elle, remontée. Les restaurateurs espèrent aussi faire reconnaître une "perte d'exploitation sans dégâts", alors qu'ils ont dû fermer pendant une dizaine de jours, en plein mois de juillet. "Premier coup de fil, on me dit +Pas de problème+. Deuxième coup de fil, on commence à me parler de tout un tas de documents à fournir, de distance kilométrique avec l'incendie. Je sens qu'ils sont en train de se dérober", déplore Julien Picot, patron d'une brasserie au Porge-Océan. Tous espèrent que le gouvernement, attendu en nombre lundi au Porge, "forcera un peu la main aux assurances", face au plus important incendie en France depuis 1949.

14.08.2026 à 08:25

GB: Nigel Farage réélu député, score inédit pour le candidat satirique Tête-de-Poubelle

FRANCE24

Selon les résultats annoncés vendredi au petit matin par les autorités électorales, M. Farage, 62 ans, a recueilli 22.239 suffrages (63% des voix) contre 9.455 pour Count Binface (Comte Tête-de-Poubelle, littéralement), lors de cette partielle qu'il avait lui-même provoquée dans la station balnéaire vieillotte de Clacton-on-Sea. Sondages et analystes avaient largement anticipé la victoire du héraut du Brexit, les autres partis ayant boudé une élection qu'ils voyaient comme une plaisanterie et une tentative de diversion de Farage. Les 32 autres candidats qui s'étaient présentés - un record - étaient tous des inconnus ou des humoristes. A 44%, la participation que certains attendaient faible a néanmoins été dans la moyenne des partielles britanniques. Dans la nuit, avant même l'annonce des résultats, Farage s'était déclaré vainqueur. Contrairement à la tradition britannique, il ne s'est pas montré à l'annonce des résultats, affirmant que la police l'avait prévenu d'une "campagne en préparation visant à perturber et dégrader les résultats". Mais un responsable de la commission électorale locale, Ian Davidson, a assuré que le comptage se déroulait "en toute sécurité". "Ascension" du comte Tête-de-Poubelle Quant au Comte Tête-de-Poubelle, de son vrai nom Jon Harvey, comédien de 46 ans qui a endossé ce rôle de trublion politique depuis 2017, il s'est félicité de son score historique. "Je suis en pleine ascension", s'est-il réjoui auprès de l'AFP peu avant l'annonce des résultats. "De bonnes choses sont en train d'arriver au vieux Binny", a-t-il plaisanté. A la dernière élection à laquelle il avait participé, lors d'une législative partielle en juin près de Manchester remportée par le travailliste Andy Burnham devenu depuis Premier ministre, il avait emporté 0,2% des voix. Farage avait annoncé le 7 juillet remettre en jeu son siège de député - conquis pour la première fois en juillet 2024, après sept tentatives infructueuses - après avoir été rattrapé par des affaires de dons non déclarés. Le gendarme de l'éthique parlementaire enquête sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros) qu'il a reçu d'un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, Christopher Harborne, peu avant son élection comme député à Clacton en juillet 2024. Selon le Times, Farage aurait également reçu un don non déclaré de George Cottrell, entrepreneur en cryptomonnaies condamné pour fraude aux Etats-Unis en 2017. Et Reform UK est aussi visé par une enquête policière sur ses financements. "Le peuple" contre "l'establishment" Face à ces enquêtes qui l'ont visiblement déstabilisé et mis le doigt sur sa fortune, Farage avait présenté le scrutin comme le "verdict du peuple" contre "l'establishment". Vendredi matin, il a accusé les autres partis, travaillistes, conservateurs et libéraux-démocrates, d'"avoir fait campagne pour le comte Tête-de-Poubelle". "Le monde est vraiment à l'envers pour que le comte Tête-de-Poubelle soit maintenant le candidat de l'establishment!", a-t-il lancé. Son parti anti-immigration a connu une progression spectaculaire depuis deux ans, ralliant plusieurs personnalités du parti conservateur. Il est apparu de plus en plus Premier ministrable, après la victoire de Reform UK aux élections locales en mai, qui ont contribué à la démission du Premier ministre travailliste Keir Starmer, remplacé le 20 juillet par Andy Burnham. Mais Reform a perdu du terrain dans les sondages depuis l'arrivée d'Andy Burnham à Downing Street. Certains commentateurs se demandent s'il n'a pas atteint son pic, alors que les prochaines législatives au Royaume-Uni ne sont pas attendues avant 2029. Si Farage a remporté une victoire "convaincante", selon Stuart Fox, politologue à l'université d'Exeter, le fait qu'il ait snobé l'annonce des résultats "montre bien qu'il sait que ce ne serait pas très Premier ministrable d'apparaître aux côtés du Comte Tête-de-Poubelle et d'une trentaine de candidats dont personne n'a jamais entendu parler". "Il sait aussi que cela ne va pas faire disparaitre toutes les questions qui se posent sur les dons non déclarés", a indiqué à l'AFP cet expert. De fait, l'enquête parlementaire, mise en pause le temps de l'élection, va désormais reprendre. Si elle devait conclure à une faute sérieuse, il pourrait être suspendu du Parlement pour plus de 10 jours, ce qui déclencherait une nouvelle élection à l'issue moins prévisible: les partis traditionnels ont déjà annoncé qu'ils présenteraient alors des candidats.

14.08.2026 à 08:21

En Méditerranée, protéger les herbiers de posidonie menacés par les ancres de bateaux

FRANCE24

Lorsque l'été bat son plein sur le littoral du Var, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) effectue des rondes pour s'assurer que les lourdes ancres et longues chaînes des bateaux ne raclent pas les fonds et arrachent des rhizomes - ou racines - des herbiers de posidonie, grands alliés dans la lutte contre le changement climatique. "Des mètres carrés de posidonie enlevés, c'est de la production d'oxygène en moins. Pour la planète, c'est un peu comme si on rasait des forêts entières", résume Pierre Mingeaud, plongeur et inspecteur de l'environnement à la DDTM. Plante endémique en Méditerranée aux longues feuilles fines, la posidonie séquestre du carbone et produit de l'oxygène. Elle filtre l'eau, préserve les plages de l'érosion et sert d'abris à de nombreuses espèces. A quelques encablures de l'île de Porquerolles, devant un paysage idyllique de collines boisées plongeant dans une mer azur, des dizaines de bateaux sont au mouillage. Deux plongeurs de la DDTM, épaulés par une équipe du Parc national de Port-Cros, s'immergent pour filmer tout potentiel arrachage de racines. Si le bateau ne provoque pas de dommages, il en ira d'un simple rappel de la règlementation qui interdit l'ancrage des bateaux sur ces herbiers sous-marins. Si des rhizomes sont arrachés, l'infraction est passible d'une peine de 150.000 euros et trois ans d'emprisonnement selon le code de l'environnement. Une amende doublée en cas d'infraction dans un parc national. "Planter une pioche" Pour des touristes italiens, la journée s'assombrit. En retirant l'ancre de leur yacht, un mètre carré de posidonie arraché, estime à sa sortie de l'eau Pierre Mingeaud. "C'est un peu comme si vous plantez dans la pelouse une pioche et que vous tirez vers vous, ça fait un sillon", explique-t-il. Mécontent, le plaisancier conteste. Le parquet devra décider d'éventuelles poursuites devant le tribunal maritime de Marseille. Dans le bassin méditerranéen, les herbiers de posidonie ont perdu 10% de leur surface au cours du siècle passé. Comme dans d'autres pays européens, plusieurs initiatives en France visent à enrayer cette perte et à accroître la superficie des herbiers. La Méditerranée française en abrite quelque 80.000 hectares, 66% en Corse et 33% en Provence-Alpes-Côtes d'Azur, rappelle à l'AFP le chef de l'unité littorale des Affaires Maritimes du Var, Franck Goguy. Sur une vingtaine de bateaux contrôlés en une journée, nombreux sont les plaisanciers qui méconnaissent ou négligent la règlementation, imposant de jeter l'ancre sur les bancs de sable. Tout comme ils ignorent généralement l'existence d'applications permettant de différencier zones sableuses et prairies de posidonie. "Il y a encore besoin de faire de la pédagogie", reconnaît M. Goguy, précisant que les contrôles permettent aussi de sensibiliser le public. En 2025, sur 1.500 bateaux contrôlés, ses services ont recensé plus de 1.100 "suspicions d'infraction", ayant abouti à une centaine de procès-verbaux. "Équilibre à trouver" Ces dernières années, le tribunal maritime de Marseille a prononcé des amendes - parfois avec sursis - de dizaines de milliers d'euros. Pour la première fois en 2024, il avait même reconnu au civil la notion de préjudice écologique d'atteinte à l'herbier de posidonie. Mais au grand dam des associations de défense de l'environnement, un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence en juillet a renversé cette jurisprudence, établie au fil d'une douzaine de décisions. Dans cette affaire, la cour a noté l'absence au dossier de constat sous l'eau, de photographie ou de relevé "permettant d'objectiver une atteinte effective aux herbiers, imputable aux mouillages." Thomas Abiven, garde-moniteur du parc de Port-Cros, exhibe des touffes de posidonie arrachées par un bateau qu'il a contrôlé et verbalisé. Le contrevenant paiera une amende d'une centaine d'euros pour destruction d'espèce protégée. Il rappelle l'importance de protéger la posidonie, "un des poumons de la Méditerranée", qui, une fois arrachée, met "énormément de temps" à se régénérer. Dans une région très prisée des touristes, "pour que l'économie aille bien, il faut que l'environnement aille bien aussi. C'est un équilibre à trouver."

14.08.2026 à 08:07

Cheval de course : la possibilité "d'acheter une patte" sans être millionnaire

FRANCE24

Durant les ventes de yearlings (pur-sang d'un an révolu) à Deauville qui se déroulent de samedi à lundi, plus de 300 chevaux seront présentés aux enchères, qui avaient atteint l'an dernier des records avec la vente d'une pouliche à 3 millions d'euros. Un investissement "passion" qui ne garantit aucune rentabilité, préviennent les professionnels. "Est-ce que je peux vous dire que j'ai gagné de l'argent en 40 ans aux courses? Non", assure à l'AFP le président de France Galop, organisme chargé du contrôle de la filière des courses de galop, Guillaume de Saint-Seine, qui compare cet investissement avec l'achat d'art contemporain. "Pour dire que +vous avez une patte+", il est possible de devenir propriétaire en indivision en achetant au minimum 5% d'un cheval, explique-t-il. Il faut pour cela déposer un dossier avec notamment des preuves de revenus assurant l'entretien du cheval avant d'être agréé comme associé avec l'aval de France Galop et du service central des courses et jeux du ministère de l'Intérieur. C'est ce qu'à fait Laurent, 68 ans, en investissant il y a 8 ans dans un cheval avec un ami malgré "une connaissance très limitée de ce milieu". "On a vécu quelques bonnes expériences, la découverte de quelques champs de course, l'ambiance autour des hippodromes", raconte-t-il mais "avec une réussite qui aurait dû nous inciter à arrêter". Posséder "5% d'un cheval en région parisienne, c'est 4 à 5 euros par jour de participation aux frais d'entraînement", auxquels s'ajoutent des frais de vétérinaire, des frais de transport, d'assurance, etc, estime Guillaume de Saint-Seine. "Des micro-bouts de chevaux" "Ce qui peut être fastidieux dans la qualité d'associé, c'est que vous recevez des relevés de compte tous les mois", selon lui. Il existe alors des "racing clubs" avec "autant d'actionnaires qu'il y a de porteurs de parts" dans la société qui peut posséder plusieurs chevaux, ajoute-t-il, "vous mettez l'argent maintenant et vous n'avez plus rien à payer pendant deux ou trois ans". C'est par ce biais que Laurent a continué ses investissements. Après avoir été associé "un an ou deux", il prend des parts avec une vingtaine de personnes dans la société Everest Racing créée par Ghislain Bozo, courtier en chevaux de course, et la banque Oddo BHF. Une façon de "répartir les risques", explique Ghislain Bozo à l'AFP. Dans Everest Racing, "on a fait des parts à 50.000 euros", sans "redemander d'argent pendant 4 ans", détaille-t-il. "Je ne l'ai jamais vendu comme un investissement mais comme une une expérience", dit-il. Après quatre premières pouliches, Everest Racing acquiert Malavath pour 145.000 euros et la revend un an et demi plus tard 3,5 millions d'euros, puis Lindy pour 90.000 euros et revendue 2 millions de dollars. Finalement les investisseurs "ont fait +70% de résultats", se réjouit Ghislain Bozo, "les bonnes histoires existent mais il faut juste être prêt à des moments difficiles". A 26 ans, Thibault de Seyssel, courtier hippique, souhaitant "rendre le plus abordable possible" l’accès à la propriété de chevaux de course, s'est inspiré des Etats-Unis. Il a eu l'idée d'une plateforme participative où "des nouveaux propriétaires passionnés par les courses hippiques, qui n'ont jamais eu ni l'occasion, ni forcément les moyens d'investir dans un cheval de course" pourront acquérir "des micro-bouts de chevaux", jusqu'à 0,01% de l'équidé. Son projet, monté avec le groupe Matchem, filiale de la NJJ holding de Xavier Niel, doit d'abord être examiné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) car il s'agit d'une plateforme de financement participatif. Il espère un agrément pour 2027. La France comptait 25.482 chevaux à l'entrainement pour 10.121 propriétaires en 2025, selon des données du site du ministère de l'agriculture.

14.08.2026 à 07:23

Euro de natation: après le relais, Marchand lance sa quête individuelle face à son ami Kos

FRANCE24

Blessé à un adducteur lors des Championnats de France, le quadruple champion olympique a été contraint de revoir ses ambitions à la baisse pour l'Euro avec seulement deux courses individuelles à son programme. "Je vais enfin pouvoir venir à la piscine juste pour regarder les courses, donc ça va être cool", disait-il à la veille du coup d'envoi de l'Euro. Après avoir décroché l'argent au relais 4x200 m nage libre lundi, Marchand démarre donc sa compétition individuelle avec les séries et demies du 200 m papillon vendredi avant la finale espérée samedi. "J'ai une légère gêne en papillon quand je suis vraiment à une intensité à 100%, parce que j'utilise vachement mes adducteurs aussi en ondulation. Mais c'est vraiment une gêne, ce n'est pas une douleur, donc je pense que ça va aller", a-t-il expliqué avant le début de la compétition. Ses premières coulées dans le bassin olympique de Saint-Denis ont en tout cas rassuré tout le monde sur son état de forme. Lundi, il a entamé sa semaine avec un 200 m de haute volée lors du relais 4x200 m nage libre, qui a propulsé les Bleus vers la médaille d'argent, devenant au passage le sixième meilleur performeur de l'histoire sur cette distance. Des débuts à la hauteur de son statut d'extraterrestre et particulièrement encourageants pour la suite de sa compétition. A Saint-Denis, le Toulousain semble hors d'atteinte sur le 200 m papillon, dont il détient le titre olympique. D'autant que son rival de Paris-2024, le Hongrois Kristof Milak, qu'il avait avalé dans une dernière ligne droite d'anthologie il y a deux ans, ne s'est pas aligné sur la distance cette saison. Les Avengers réunis Mais c'est un autre Hongrois qui pourrait le titiller, Hubert Kos, spécialiste du dos et titré mardi sur 200 m dos, qui a décidé de s'aventurer sur le papillon cette saison. Les deux amis s'entraînent ensemble à Austin au Texas dans le groupe du coach emblématique de Michael Phelps, Bob Bowman. Ce collectif, qui rassemble pas moins de six champions olympiques, est "encore meilleur que les Avengers" selon Kos. "Je crois que, dans toute l'histoire de la natation, on n'a jamais vu un groupe comme celui-là." Le Hongrois reconnaît toutefois la supériorité du Français sur l'épreuve. "Ca va être presque impossible de le battre. Il est tellement fort sur cette distance, mais j'espère simplement pouvoir m'améliorer. C'est l'objectif principal et pourquoi pas me battre pour une médaille." Ce duel, "ça va être génial!", anticipe Marchand. "Kos est mon meilleur partenaire d'entraînement. On se la donne vraiment en dos et en papillon tous les jours. J'ai hâte de voir ce que ça peut donner. C'est super cool de pouvoir faire des courses avec des gens que je connais bien." Le Français conclura ensuite sa compétition dimanche avec le 400 m nage libre, son nouveau défi en vue des JO de Los Angeles.

14.08.2026 à 07:23

Euro d'athlétisme: Werro, Hodgkinson, Broeders-Bol... Explication finale sur 800 m

FRANCE24

Dans une saison sans championnats majeurs (Mondiaux ou JO), la perspective de voir tomber le plus vieux record du monde de l'athlétisme, les très controversés 1 min 53 sec 28 de la Tchèque Jarmila Kratochvilova en 1983, a fait couler beaucoup d'encre en début d'été. La championne olympique de la discipline Keely Hodgkinson avait annoncé de longue date vouloir s'y attaquer mais c'est finalement la Suissesse Audrey Werro qui s'en est approchée le plus près en courant à deux reprises sous les 1 min 54 (1:53.98 à Stockholm devant Hodgkinson et 1:53.80 à Paris), des chronos plus vus depuis quarante ans. La Britannique et la Suissesse mènent désormais une discipline entrée dans une nouvelle ère. Et à leurs retrouvailles vendredi s'ajoute la présence de la Néerlandaise Femke Broeders-Bol, la double championne du monde du 400 m haies qui s'est mise cette année au 800 m. - Quels choix tactiques? - Le moins que l'on puisse dire, c'est que la transition est réussie: avec sa foulée rebondie, Broeders-Bol a couru le double tour de piste en 1 min 55 sec 60 et est la troisième meilleure performeuse mondiale de l'année. De quoi transformer la finale en véritable feu d'artifice, d'autant que les trois athlètes n'ont jamais été alignées ensemble sur une même ligne de départ. Dans une discipline tactique, où le placement est crucial, quels seront les choix de courses ? Doit-on s'attendre à une course ultra-rapide vers des chronos inexplorés, ou à une course tactique pour la médaille d'or, quitte à laisser leurs chances aux outsiders ? "Je ne vois pas quel serait l'intérêt de faire une course tactique, alors que Keely et Audrey ont déjà l'habitude de courir vite devant", estime Anaïs Bourgoin, candidate au podium avec un record personnel (1:55.65) tout près de celui de Broeders-Bol. De leurs côtés, Werro comme Hodgkinson ont répété qu'elles visaient l'or à Birmingham avant de penser au record. "Je ne sais pas si la course sera rapide ou tactique mais on est sur un championnat, l'objectif est de décrocher la médaille donc je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit pour battre un record du monde", a balayé Werro, repêchée pour la finale après une chute en demies. "On se fiche des chronos" "On va enchaîner trois courses en quatre jours, ça change tout", a aussi prévenu Hodgkinson. "Il n'y a pas de lièvres, on se fiche des chronos, il s'agit de savoir gérer la pression d'un championnat." Hodgkinson le sait mieux que personne: en 2021, elle décroche la médaille d'argent olympique alors qu'elle n'était pas vue comme une favorite. A l'inverse, elle a dû se contenter du bronze aux Mondiaux-2025 alors que tout le monde la voyait en or. Si Audrey Werro semble la plus forte sur le papier, Keely Hodgkinson est celle qui a le plus d'expérience en championnats. Pour Femke Broeders-Bol, la finale risque à l'inverse d'être une découverte, elle qui n'a pas encore trop eu l'occasion de courir dans un peloton qui se bouscule. "Ce n'est pas moi qui vais contrôler la course", a admis Broeders-Bol après les séries. "Sur 400 m haies, j'avais mon propre couloir, mes propres haies, je savais ce que je valais. Là, tout est nouveau !"
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