Cette défaite sera-t-elle jugée assez digne par les dirigeants madrilènes ? Ou sera-t-elle, à l'inverse, celle de trop, qui mettra fin au projet collectif du technicien basque après seulement huit mois en poste ?
L'ex-milieu de terrain et stratège de la Maison Blanche, menacé depuis le début de l'hiver, pourrait ne pas survivre à cette finale perdue face à l'éternel rival, cochée par l'exécutif comme date butoir pour renverser la situation.
Les prochaines heures en diront sûrement plus sur son destin, que le retour express de Kylian Mbappé seulement onze jours après l'annonce de sa blessure au genou gauche n'a pas pu faire basculer cette fois-ci.
"Kylian allait rentrer juste avant que l'on encaisse le but du 3-2, il restait 15-20 minutes, on voulait qu'il apporte du déséquilibre en se démarquant entre les lignes ou dans l'espace, c'était le plan que nous avions avant le match", a déclaré Xabi Alonso, assurant que son équipe devait "tirer le positif" malgré une défaite "douloureuse".
"Nous ne sommes pas contents du résultat, c'est clair, mais la saison est encore longue. On doit renverser la situation le plus tôt possible. L'équipe a lutté jusqu'au bout, nous avons eu deux occasions d'aller aux tirs au but, mais nous avons manqué d'efficacité", a-t-il estimé.
Spectacle assuré
Sans son buteur providentiel, auteur de 29 buts en 24 rencontres depuis le début de saison, l'entraîneur merengue avait maintenu sa confiance en Gonzalo Garcia, le jeune attaquant formé au club, dans un système inédit en 5-2-3, avec Aurélien Tchouaméni comme troisième défenseur central.
Cette approche a mécaniquement laissé beaucoup de contrôle aux Catalans, mais elle a permis au Real de résister pendant plus d'une demi-heure, tout en se procurant deux belles occasions, pas transformés par Vinicius (14e) et Gonzalo Garcia (33e), trop tendre pour tromper le gardien barcelonais Joan Garcia.
Largement dominateur avec plus de 75% de possession, mais sans parvenir à créer du danger, le Barça est resté patient, et le Brésilien Raphinha a poussé le gardien belge Thibaut Courtois à effectuer un premier arrêt (27e).
L'ancien Rennais, parfaitement lancé par le prodige Lamine Yamal, a ensuite complètement raté sa reprise du gauche (35e), avant de se rattraper quelques secondes plus tard d'un tir rasant pour ouvrir le score (36e, 1-0).
Dos au mur, Xabi Alonso a bien appelé ses joueurs au calme, mais les vagues n'ont fait que déferler sur la cage de Courtois, encore décisif face à Fermin Lopez (40e) et Yamal (41e) pour maintenir les siens en vie.
Le match a ensuite basculé dans la folie, avec trois buts inscrits dans le temps additionnel.
Lancé sur le côté gauche, Vinicius Junior a humilié Jules Koundé et trompé Joan Garcia (45e+2, 1-1) pour égaliser... mais seulement l'espace de deux minutes, avant que Robert Lewandowski ne redonne l'avantage au Barça d'un ballon piqué du droit (45e+4, 2-1).
Le jeune Gonzalo Garcia, opportuniste sur un corner après une tête de Dean Huijsen déviée sur le poteau par Raphinha, a ramené le Real à hauteur in extremis juste avant la mi-temps (45e+6, 2-2), faisant exulter son entraîneur.
La tension est montée d'un cran en deuxième période, mais les acteurs principaux sont restés les mêmes: Joan Garcia (51e, 56e, 63e) et Thibaut Courtois (71e) se sont illustrés dans leurs cages, et Raphinha, déjà auteur d'un doublé en demi-finale, a offert la victoire aux Blaugranas d'un tir en déséquilibre légèrement contré par Raul Asencio (73e, 3-2).
Le retour de Mbappé, attendu en héros et entré en jeu à la 76e minute, a bien provoqué le carton rouge logique du capitaine Frenkie de Jong (90e), mais il n'a pas suffi au Real pour revenir.
Les deux dernières occasions madrilènes, gâchées par les défenseurs Alvaro Carreras (90e+6) et Raul Asencio (90e+7), étaient peut-être les dernières de sauver la tête de leur coach, qui paraît désormais condamné, comme tant d'autres avant lui, à subir la dure loi de la Maison Blanche.