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▸ Les 15 dernières parutions

07.06.2026 à 10:07

Au ralenti, les usines automobiles allemandes songent aux constructeurs chinois et l'armement

FRANCE24

En Allemagne, comme ailleurs en Europe, le secteur est plombé par une transition chaotique vers l'électrique et la concurrence de marques chinoises comme BYD ou MG, qui proposent des véhicules de qualité à plus bas prix. Celles-ci représentent désormais environ 9% des ventes totales sur le Vieux Continent, selon le cabinet de conseil Dataforce. Pour accroître cette part de marché et contourner les taxes douanières, ces groupes sont désireux de produire en Europe. Pour des entreprises européennes en difficulté, ouvrir leurs chaînes de production qui tournent au ralenti à ces concurrents peut s'avérer tentant, à l'instar du géant Stellantis, maison mère de Peugeot, Jeep et Fiat, qui a passé un accord en ce sens avec Dongfeng. "Assurer l'avenir" Volkswagen, premier constructeur européen, a indiqué en avril être disposé à de tels "partenariats", au moment où il supprime les emplois par dizaines de milliers et cherche à réduire d'environ un million de véhicules ses capacités de production mondiales. Si en Allemagne aucun constructeur n'a encore sauté le pas, dans les régions abritant des usines tournant au ralenti, des politiques disent préférer l'arrivée de partenaires chinois à la fermeture des usines. "Pour assurer l'avenir de l'industrie automobile en Saxe et en Allemagne, il est essentiel de ne pas ignorer cette réalité", dit à l'AFP Dirk Panter, ministre de l’Économie du Land de Saxe, où le site VW de Zwickau est menacé. Selon le quotidien économique Handelsblatt, Volkswagen, qui compte dix marques, d'Audi à Seat en passant par Skoda et VW, avait engagé dès 2024 des discussions avec des constructeurs chinois, mais elles n'ont pas abouti. Un porte-parole du groupe a dit à l'AFP qu'aucune "discussion concernant la production de véhicules chinois dans les usines allemandes du groupe Volkswagen" n'était "actuellement" en cours. Des analystes évoquent d'une part les réticences des constructeurs et des autorités allemandes à faciliter l'accès au marché européen à des groupes chinois. D'autres soulignent que les fabricants asiatiques hésiteraient aussi à venir en raison des coûts élevés en Allemagne par rapport à d'autres pays européens. Les partenariats annoncés par Stellantis se concentrent d'ailleurs sur l'Espagne et la France. Fabriquer des blindés? Alors parallèlement, des industriels allemands étudient une autre piste: ouvrir leurs sites à des entreprises de défense. Car le secteur est en pleine expansion sur fond d'envolée des dépenses publiques en Allemagne dans le cadre d'un grand plan de réarmement pour faire face aux ambitions d'une Russie belliqueuse et à un allié américain toujours plus imprévisible. Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le groupe franco-allemand KNDS serait ainsi en discussions pour reprendre une usine Mercedes-Benz à Ludwigsfelde, au sud de Berlin, pour y produire des véhicules blindés. Un porte-parole n'a pas voulu confirmer ces informatisions, mais il a dit à l'AFP que l’entreprise "recherchait des partenaires industriels adaptés pour accompagner la montée en puissance prévue dans le secteur de la défense". Mercedes a admis chercher "une solution pérenne pour l’avenir du site de Ludwigsfelde". Volkswagen a pour sa part confirmé être en discussions avec des entreprises de défense en vue de la reprise d'un site à Osnabrück, où la production d'automobiles doit cesser dans le cadre d'un plan d’économies. Selon la presse, des discussions sont en cours avec l'israélien Rafael Advanced Defence Systems pour y produire des camions et des générateurs pour le système de défense antimissile Iron Dome. Reste que l’entrée de Volkswagen dans le secteur de la défense pourrait susciter des controverses. Le groupe, fondé à l'époque nazie, a fabriqué des équipements militaires pendant la Seconde Guerre mondiale et recouru au travail forcé. "Historiquement, ce n’est pas un sujet simple pour Volkswagen que de partager ses sites avec des entreprises de défense", souligne Stefan Bratzel, expert du secteur au Center of Automotive Management en Allemagne.

07.06.2026 à 09:24

États-Unis, Mexique, Canada : trois hôtes et trois passions du foot au Mondial 2026

Stéphanie TROUILLARD

Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde, le Mondial va se dérouler dans trois pays. États-Unis, Mexique et Canada se partagent l'organisation de la compétition phare du football, mais la comparaison s'arrête là : ces nations sont loin d'afficher la même histoire ni le même engouement pour le ballon rond.

07.06.2026 à 08:59

En Iran, la fièvre du Mondial à l'épreuve de la guerre

FRANCE24

Les Iraniens se préparent à suivre la Coupe du monde de football sur fond d'incertitudes liées à la guerre, mais tous ne partagent pas l'enthousiasme de la fillette. A Téhéran, le quartier Mouniriyeh, haut lieu de vente de maillots et d'équipements sportifs, connait un léger regain d'activité. Un sac bien rempli dans la main, la mère de Helma confie à l'AFP que sa fille doit participer à un clip de soutien à la sélection iranienne. "Nous sommes venues acheter les tenues de la Team Melli pour le tournage", explique-t-elle, en référence à la "l'équipe nationale" en persan. Ces dernières années, les femmes sont de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs des passionnés de football en Iran. Les hommes demeurent toutefois les supporters les plus visibles. "Je ne vois pas le même enthousiasme que lors des éditions précédentes", constate toutefois Houman, un vendeur de 17 ans, debout entre des rangées de maillots, de ballons et de chaussures de sport. L'année 2026 a été particulièrement éprouvante pour l'Iran. Elle a débuté par des manifestations antigouvernementales meurtrières, avant qu'une guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis ne fasse des milliers de victimes. Le conflit a exacerbé la crise économique, avec une hyperinflation galopante couplée à une chute libre de la monnaie nationale face aux devises étrangères. Et pour l'équipe nationale, il a fallu également obtenir des visas pour les Etats-Unis. Engouement pour le maillot portugais Certains supporters de la Team Melli, mais aussi ceux des équipes les plus populaires en Iran (comme l'Argentine, le Brésil, l'Allemagne, l'Espagne ou la France), affluent tout de même dans les boutiques et repartent rarement les mains vides. Le premier match du Mondial pour les Iraniens se déroulera le 15 juin sur le sol américain, contre la Nouvelle-Zélande, à Los Angeles. "La situation s'annonce particulièrement délicate pour les joueurs de l'équipe nationale, amenés à jouer dans un pays avec lequel l'Iran est en conflit", résume Mohammad Pahlavan, un lycéen de 18 ans arborant un maillot de l'AC Milan. S'il affiche sa passion pour le club italien, le jeune homme suivra avec autant d'enthousiasme les parcours de l'Argentine, de l'Espagne et, bien sûr, de l'Iran. Dans le quartier Mouniriyeh, les vitrines colorées débordent de maillots des grands clubs européens et des équipes nationales. Reste que le maillot iranien n'est pas le plus demandé. Celui du Portugal est plébiscité, en grande partie grâce à la popularité de la star Cristiano Ronaldo, constate Houman. Ceux d'Espagne et du Brésil rencontrent également un vif succès. Rocha, vêtue du maillot argentin, se dit partagée entre deux équipes, le Brésil et l'Argentine. "Cette année, Neymar, légende du football brésilien, dispute sa dernière Coupe du monde. Je pense que l'équipe a de bonnes chances de gagner", prédit cette experte de 13 ans. "Cela me brise le cœur de constater que je ne ressens absolument aucun enthousiasme à l'approche du prochain tournoi", glisse pour sa part Ali, un habitant de Tonekabon, au nord de l'Iran. Cet Iranien de 49 ans, interrogé depuis Paris, avait suivi avec passion toutes les Coupes du monde depuis 1994.

07.06.2026 à 08:43

Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis disent avoir abattu deux drones iraniens

FRANCE 24

L'armée américaine a annoncé samedi soir avoir abattu deux drones d'attaque iraniens qui menaçaient, selon elle, le trafic maritime dans le détroit stratégique d'Ormuz. Suivez notre direct.

07.06.2026 à 08:27

Bouygues Telecom, Free et Orange trouvent un accord pour le rachat de SFR

FRANCE 24

Les opérateurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange se sont mis d'accord, samedi soir, avec Altice France pour lui racheter sa filiale SFR. La transaction d'un montant total de 20,35 milliards d'euros marque le coup d'envoi d'un nouveau big bang dans le secteur de la téléphonie mobile en France.

07.06.2026 à 08:03

Finale NBA: mal en point avec les Spurs, Wembanyama peut-il réussir l'impossible à New York ?

FRANCE24

L'Histoire ? Quelle Histoire ? Ni plus ni moins celle qui établit qu'aucune équipe n'est jamais parvenue à être championne après avoir concédé deux défaites à la maison lors des deux premiers matchs. Or Wembanyama, à qui on promet depuis son arrivée en NBA monts et merveilles puis la lune, se heurte depuis le début de cette finale, sa première disputée à 22 ans, à l'impressionnante forteresse de Knicks en quête d'un troisième titre 53 ans après et donc affamés comme jamais. Pendant un match et demi, "Wemby" a été maté comme rarement par la défense adverse, en particulier Karl-Anthony Towns. Limité à un 6/21 aux tirs, pour un total de 26 points rendu flatteur grâce à 12 lancers francs (sur 13), mercredi lors du premier acte (revers 105-95), le Français ne s'est réveillé qu'en seconde période vendredi, au cours de laquelle il a réussi 22 de ses 29 points, donnant l'impression d'avoir peut-être enfin trouvé la faille dans cette série. Magic, Kobe, LeBron avant lui Mais, après avoir sonné la révolte ayant permis de remonter 14 points de retard à six minutes du terme, il a rendu vain ces efforts en trois actions de jeu négatives dans les 60 dernières secondes: une passe précipitée dans le dos de Stephon Castle, suivie d'une faute sur Jalen Brunson qui venait d'intercepter le ballon et a ensuite entré le lancer franc suffisant à New York pour repasser devant (105-104), puis finalement ce tir dans ses cordes, quasiment au buzzer, qui n'a pas fait mouche. "Cette défaite est pour moi, j'ai clairement foiré", a assumé Wembanyama. "J'ai manqué de clairvoyance (...) C'est là tout le problème. Je dois faire preuve de plus de sang-froid, je dois mieux maîtriser le jeu". Il n'est pas le premier à vivre ce genre de mésaventure sur la grande scène. En 1984, Magic Johnson, pourtant déjà deux fois sacré avec les Lakers, enchaîna les bourdes (ballon perdu et lancers francs ratés) dans les derniers instants du match N.4 de la finale perdue face aux Boston Celtics. De quoi se voir affubler du surnom de "Tragic Johnson"... En 1997, Kobe Bryant, tout juste âgé de 18 ans, s'est enfoncé tout seul, en expédiant quatre air-balls (tirs ratés sans toucher le cercle ni même le filet) en plein money-time de la demi-finale de Conférence Ouest, au grand bonheur du Utah Jazz. Quant à LeBron James, il est passé à côté de sa deuxième finale en 2011, avec Miami face à Dallas. Une "masterclass" au Madison ? Ces épisodes peu glorieux n'ont pas empêché ce trio de remporter en tout 14 titres de champion, en se montrant décisif quasiment à chaque fois. Or, en regardant le verre à moitié plein, la réaction d'orgueil de Wembanyama lors du match N.2 peut être perçue comme le signe annonciateur d'un renversement du rapport de force à son avantage dans cette série, même si cela n'aboutit pas forcément au sacre. Tout en prévenant que personne n'est prêt face à la folie qui va s'emparer du Madison Square Garden lundi, Stephen A. Smith, polémiste star d'ESPN et fan inconditionnel des Knicks, a judicieusement rappelé que la mythique salle a souvent été le terrain de jeu favori de légendes du basket, de Michael Jordan à James ou Bryant justement, qui prenaient un soin particulier à sortir des "masterclass" pour embuer les yeux des fans new-yorkais. Wembanyama en aura-t-il seulement les moyens ? L'aspect physique va primer, face à des Knicks guère fatigués par leur campagne de play-offs contrairement aux Spurs. L'ajustement tactique sera nécessaire aussi, non seulement pour lui faciliter l'accès dans la raquette, mais aussi pour lui trouver des relais offensifs plus constants. Car tout ne dépendra pas uniquement de son talent, ni de sa capacité à immédiatement rebondir après sa fin de match ratée mercredi, quand bien même il ait annoncé la couleur: "Est-ce que je regrette ? Oui, bien sûr. Est-ce que ça va me servir de carburant pour le match N.3 ? Absolument".

07.06.2026 à 08:03

En Cisjordanie, des agriculteurs pétris d'angoisse face aux colons israéliens

FRANCE24

C'est le sort qui a été réservé récemment à d'autres champs de leur région, entre Ramallah et Naplouse, disent-ils à l'AFP. Leur village d'As-Sawiyah est situé dans une vallée fertile, dominée par trois colonies israéliennes. Cette semaine, à cinq ou six endroits, "les colons ont déjà mis le feu deux fois", raconte M. Jazi. Alors que cette fin de printemps est habituellement une "saison d'abondance" synonyme de félicité, il raconte "une course contre la montre pour récolter et déguerpir". Plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie (hormis Jérusalem-Est annexée par Israël), dans des colonies que les Nations unies jugent illégales au regard du droit international. Trois millions de Palestiniens vivent aussi sur ce territoire, occupé par Israël depuis 1967. Les Palestiniens et des organisations de défense des droits humains dénoncent l'impunité de certains colons. Le bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha) a recensé six attaques de colons par jour en moyenne depuis janvier. Les violences ont fortement augmenté depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza. Depuis cette date, au moins 1.079 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne. Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes. "Comme des voleurs" Le pic de violences va de pair avec la multiplication des colonies en Cisjordanie, menacée d'annexion par une partie de la classe politique israélienne. Les violences sont particulièrement notables dans les zones rurales. Des colons y vandalisent des biens et déclenchent des incendies, semant parfois la terreur dans des villages, en attestent des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, parfois par les auteurs des exactions eux-mêmes. Selon Mahmoud Fatafta, un responsable du ministère palestinien de l'Agriculture, des colons ont tué ou volé 8.000 chèvres ou moutons en Cisjordanie en 2026. D'après son ministère, 41.000 oliviers, arbres omniprésents sur les collines rocailleuses, ont été endommagés par des colons ou par l'armée depuis janvier. "Autrefois, quand nous allions aux champs, la récolte des olives était une fête, celle des céréales aussi", se rappelle M. Jazi, le visage buriné par le soleil. Mais désormais, "nous vivons ces moments comme si nous étions des voleurs et que nous allions piquer nos propres olives ou récoltes", souffle-t-il. Hikmat Abou Ras, le chef du conseil du village d'As-Sawiyah, indique à l'AFP que sa commune et les localités voisines font l'objet depuis octobre 2023 d'attaques quasi quotidiennes de colons. "Ils veulent nous chasser de nos terres et nous empêcher d'y accéder", assure-t-il, critiquant des restrictions d'accès imposées par l'armée. "Des portails bloquent les entrées des villages, des camps (de réfugiés) et des villes", dit-il, alors qu'il faut se dépêcher "pour s'assurer qu'un colon ne vienne pas s'emparer de ce qui se trouve sur les terres". En Israël, la multiplication des attaques a provoqué des critiques notamment de l'opposition, accusant le gouvernement de Benjamin Netanyahu et de ses alliés d'extrême droite de fermer les yeux sur des actes de "terrorisme juif", voire de les soutenir.

07.06.2026 à 07:59

Faute de touristes, les hôtels de luxe de Dubaï cassent les prix pour les locaux

FRANCE24

Sur l'île artificielle Palm Jumeirah, symbole de l'opulence de l'émirat du Golfe, les vastes halls d'accueil des établissements cinq étoiles retrouvent un peu d'animation en fin de semaine et les jours fériés, grâce à l'afflux d'habitants des Emirats arabes unis. Ces clients, Emiratis et expatriés - environ 90% de la population est composée d'étrangers -, ont été appâtés par les promotions inédites. "Je n’avais jamais dormi dans un hôtel à Palm, parce que les prix étaient exorbitants", raconte Fadi Iskandarani, un médecin libanais installé à Dubaï depuis cinq ans, qui vient de passer un week-end avec sa compagne dans l'un des nombreux complexes balnéaires de l'île en forme de palmier. L'ambiance n'était certes pas celle des grands jours, avec plusieurs étages fermés, faute de clients. Mais grâce à un tarif réservé aux résidents, quatre fois inférieur au prix habituel, "le luxe à Dubaï est devenu abordable", se réjouit-il. Bouffée d'oxygène Avec 19,5 millions de touristes en 2025, Dubaï s'est imposée comme l'une des principales destinations de la région. Ses 827 hôtels - dont 173 classés cinq étoiles - affichaient alors un taux d'occupation moyen de plus de 80%. Mais la guerre déclenchée le 28 février par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran, et qui s'est étendue dans le Golfe, a ébranlé son image de stabilité. Depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, certains touristes sont revenus, mais le mouvement reste limité, affirme Michael Robinson, directeur de l'hôtel Anantara The Palm, autre établissement de l'île. Avec ses villas sur pilotis, ses lagons artificiels et son décor inspiré de la Thaïlande, l'hôtel fait lui aussi le plein d'habitants locaux, en leur proposant des réductions qui peuvent aller jusqu'à 50%. "Les week-ends, surtout le samedi soir, nous dépassons généralement les 90% d'occupation", se félicite M.Robinson. Du lundi au jeudi, le taux retombe à 20 ou 30%. Cette nouvelle clientèle constitue une bouffée d'oxygène pour les hôtels, même si elle apporte aussi son lot de défis logistiques, notamment en matière de stationnement, les résidents arrivant majoritairement en voiture. Mais elle ne comble pas totalement le vide. "La grande différence, c'est la durée des séjours", souligne-t-il. "Les clients locaux viennent pour une ou deux nuits (...) alors que les touristes internationaux restaient une semaine, dix jours, parfois deux semaines". Pour l'heure, grâce aux "staycations" (séjours locaux), l'Anantara The Palm assure rester bénéficiaire sans avoir procédé à des licenciements. "Moins de staycations" Mais combien de temps ce modèle peut-il tenir? "Si la situation se prolonge en juillet, lorsque les vacances scolaires commenceront et que de nombreuses familles quitteront Dubaï pour l'été, il y aura moins de demande pour les staycations", reconnaît M.Robinson. Certains hôtels ont choisi de profiter de la baisse d'activité pour fermer temporairement et lancer des travaux de rénovation, à l'image de l'emblématique palace Burj Al Arab. D'autres ont coupé dans les effectifs ou les salaires, notamment les établissements du centre-ville, plus dépendants du tourisme d'affaires. Un employé de l'un de ces établissements, qui a interdiction de parler publiquement, a affirmé à l'AFP que son salaire avait été réduit de 40%. Un autre, salarié dans un hôtel de luxe dans l'émirat voisin d'Abou Dhabi, a été prié de prendre un congé sans solde de deux mois, avant d'être appelé récemment à revenir. Michael Robinson, lui, veut croire à un rebond rapide. "S'il y a une forme d'accord dans les prochaines semaines, je pense que les touristes reviendront plus vite qu'on ne l'imagine", veut-il croire. saa-aya/apz/mdh

07.06.2026 à 07:45

Présidentielle au Pérou : un duel serré Fujimori-Sanchez pour un neuvième chef d'État en dix ans

FRANCE 24

Les Péruviens élisent dimanche leur président, le neuvième en dix ans, dans un duel opposant la conservatrice Keiko Fujimori au candidat de gauche Roberto Sanchez. Le scrutin s'annonce très serré après un premier tour où les deux candidats ont totalisé moins de 30 % des suffrages en cumulé.

07.06.2026 à 07:29

Roland-Garros: favori face à Cobolli, Zverev à une marche de la consécration

FRANCE24

Personne n'aurait misé un centime sur cette affiche mais la quinzaine de l'ocre est devenue folle, entre le forfait du double tenant du titre Carlos Alcaraz, blessé à un poignet, et les sorties prématurées de Jannik Sinner et de Novak Djokovic, victimes de la canicule qui a accablé Paris. C'est une aubaine pour l'Allemand, 29 ans, habitué au second rôle depuis des années: l'Espagnol l'avait renversé en finale de Roland-Garros en 2024, l'Italien l'a battu lors de leurs neuf dernières confrontations dont la finale de l'Open d'Australie en 2025, et le Serbe l'a éliminé en quarts de finale à Paris l'an dernier. Toujours placé mais jamais sacré, le Hambourgeois traîne une réputation de joueur certes talentueux mais au mental vacillant dans les moments importants comme lors de ses trois échecs en finale de Grand Chelem. A l'US Open en 2020, face à Dominic Thiem, il menait deux sets à zéro puis avait servi pour le match dans la cinquième manche avant d'être renversé par l'Autrichien; à Paris en 2024, après avoir sorti Rafael Nadal et Casper Ruud, il avait cédé en cinq manches face à Alcaraz, s'effondrant 6-1, 6-2 dans les deux derniers sets; à Melbourne en 2025, il avait flanché en trois sets secs face à Sinner. Lui n'a jamais douté de sa capacité à ajouter un jour la seule ligne qui manque à son grand palmarès (24 titres), dont deux victoires au Masters de fin d'année, une médaille d'or olympique (2021) et sept Masters 1000. "Pendant plusieurs années, j'ai été n°2 ou 3 dans le monde. Donc, j'ai le sentiment que je peux revenir à cette période. L'an dernier, je n'ai pas bien joué. Mais j'avais le sentiment que je pouvais y arriver et retrouver ce niveau. J'ai toujours pensé que je pouvais y arriver", a affirmé Zverev, dont le dernier titre remonte à Munich en avril 2025. Avantage Zverev A Paris, Zverev a rapidement été promu au rang de favori, dominant sans trembler ses adversaires issus d'une nouvelle génération appelée à supplanter ses aînés. Il s'est pourtant démené comme un diable lors de ses passages successifs en conférence de presse pour prendre ses distances avec cette étiquette. "Je me concentre sur le prochain match, sur mon adversaire, ce sont les seules choses que je puisse contrôler", évacuait-il à chaque fois. Pour mettre fin à sa malédiction en Majeur, il trouvera sur sa route Flavio Cobolli, 24 ans, qui n'avait jusqu'ici jamais dépassé le stade des quarts de finale en Grand Chelem. L'élimination de son compatriote Sinner a ouvert sa partie de tableau, dans laquelle il a sorti Félix Auger-Aliassime (6e) en quarts de finale avant de se qualifier pour la finale sans même fouler la terre battue du Central après le forfait de Matteo Arnaldi (104e), touché par un virus. "Cela me donne presque quatre jours (sans jouer) donc je risque de perdre le rythme. Mais je vais m'entraîner, je vais être prêt pour la finale. Je sais également que je serai frais, ça c'est sûr", a déclaré le vainqueur de trois titres en ATP 500 - Hambourg, Bucarest (terre battue) et Acapulco (dur). Zverev et Cobolli se sont affrontés quatre fois depuis un an. L'Allemand a empoché trois victoires, dont la dernière sur la terre battue du Masters 1000 de Madrid le 30 avril (6-1, 6-4), et l'Italien une, à l'ATP 500 de Munich le 18 avril (6-3, 6-3), aussi sur l'ocre.

07.06.2026 à 07:05

Législatives en Arménie : les bureaux de vote ont ouvert, scrutin test pour Nikol Pachinian

FRANCE 24

Les Arméniens ont commencé à voter, dimanche, pour des élections législatives à valeur de test sur le soutien de la population à la réorientation géopolitique initiée par Nikol Pachinian. Le Premier ministre arménien s'est tourné vers les Occidentaux, au grand dam de la Russie.

07.06.2026 à 07:05

Des millions de jeunes chinois planchent sur le "gaokao"

FRANCE24

Cet examen extrêmement sélectif, qui occupe une place centrale dans la société chinoise, conditionne l'accès aux meilleurs universités, et par extension aux opportunités professionnelles futures. Il s'étend sur plusieurs jours, inclut des épreuves de chinois, de mathématiques, d'anglais, de sciences et de sciences humaines. Les résultats seront proclamés fin juin. Dimanche devant un centre d'épreuves à Pékin, des dizaines de policiers et d'agents de sécurité maintenaient l'ordre face aux parents qui, téléphones portables en main, espéraient filmer leurs enfants en train d'entrer dans la salle d'examen. Certains étaient vêtus de rouge, une couleur porte-bonheur dans la culture chinoise. "Je suis un peu anxieux", avoue Zhang Xinnan, un jeune homme de 18 ans en uniforme de lycéen, quelques instants avant le début des épreuves. "Mais les choses que je devais maîtriser sont maîtrisées", ajoute-t-il. L'enseignement supérieur s'est développé rapidement en Chine au cours des dernières décennies, le boom économique ayant entraîné une amélioration du niveau de vie, mais aussi des attentes des parents quant aux études et aux carrières de leurs enfants. Pourtant, le marché du travail auquel accèdent les jeunes diplômés n'est plus aussi prometteur qu'auparavant, le taux de chômage élevé chez les jeunes constituant une préoccupation majeure. Selon les données officielles, environ un Chinois sur six âgé de 16 à 24 ans, hors étudiants, est sans emploi. Les mentalités vis-à-vis de l'examen évoluent, les élèves et les parents étant de moins en moins disposés à sacrifier leur santé physique et mentale pour obtenir de bons résultats. "Je suis plutôt libérale", affirme Deng Ju, 53 ans, une pile de livres d'exercices à la main pour sa fille qui révise jusqu'à la dernière minute à proximité avec une amie. "Je me soucie davantage de la santé physique, l'examen n'est qu'une formalité."

07.06.2026 à 05:55

Présidentielle au Pérou: duel serré pour un neuvième président en dix ans

FRANCE24

Les sondages placent les deux candidats au coude-à-coude, dans un scrutin qui s'annonce très serré. Aucun des deux n'avait suscité un large soutien au premier tour, où ils ont totalisé moins de 30% des suffrages à eux deux. "Nous sommes entre le marteau et l'enclume", estime Omar Cubas, administrateur de 35 ans à Lima, à propos des deux candidats aux antipodes. Keiko Fujimori, 51 ans, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, qui a dirigé le pays d'une main de fer dans les années 1990, brigue la présidence pour la quatrième fois consécutive. Elle revendique l'héritage contrasté de son père, crédité par ses partisans d'avoir stabilisé l'économie et vaincu les guérillas des années 1980 et 1990, mais condamné pour corruption et crimes contre l'humanité. Roberto Sanchez, ancien ministre de 57 ans, se présente pour la première fois, porté par un fort soutien dans les régions andines, où de nombreux électeurs s'estiment délaissés par le pouvoir central de Lima. Un juge a décidé vendredi de le renvoyer en procès pour de présumées irrégularités dans le financement de campagnes locales entre 2018 et 2020, des accusations qu'il rejette. Quel que soit le vainqueur dimanche, il héritera d'un pays plongé dans une crise politique persistante qui a vu se succéder huit présidents depuis 2016. Au centre de cette instabilité figure une disposition constitutionnelle permettant au Parlement de destituer le président pour "incapacité morale permanente", une notion aux contours flous. "Au rythme actuel, nous aurons peut-être encore cinq présidents en cinq ans", se désole Omar Cubas. Aucun des deux candidats ne disposera d'une majorité au Parlement, ce qui obligera le futur président à nouer des alliances pour espérer terminer son mandat. "L'antifujimorisme reste fort, même s'il s'est affaibli, et Sanchez demeure largement méconnu. Si l'écart est très serré, le vainqueur risque de voir sa légitimité contestée, ce qui pourrait alimenter davantage l'instabilité", estime l'analyste David Sulmont. "Beaucoup de désordre" L'insécurité constitue l'autre grande préoccupation des électeurs. Selon un sondage, près de 70% des Péruviens espèrent que la lutte contre la criminalité sera la priorité du prochain président. Lima a enregistré 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt. L'extorsion touche particulièrement le secteur des transports. "Un passager monte et il peut te tirer dessus par derrière", explique Jacob Condor, chauffeur de bus de 33 ans. Au moins 75 chauffeurs de bus ont été assassinés en 2025, principalement à Lima. La candidate de droite promet de déployer l'armée en soutien à la police, de démanteler les réseaux d'extorsion et d'expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des délits. "Nous représentons le progrès, eux le recul", a-t-elle lancé jeudi lors de son dernier meeting à Lima. Roberto Sanchez défend une approche différente. Selon lui, la lutte contre la criminalité passe d'abord par le rétablissement de la confiance dans les institutions, le renforcement du système judiciaire et une réforme de la police. Dimanche, "le peuple se lèvera pour réclamer la démocratie, les droits humains, la justice sociale et la paix sociale", a-t-il lancé lors de son dernier meeting, coiffé du chapeau paysan offert par l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, dont il revendique l'héritage politique. L'ancien instituteur est emprisonné depuis sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022. Roberto Sanchez a promis de le gracier s'il l'emporte. Initialement soutenu par des mouvements ultranationalistes, Roberto Sanchez a recentré son discours au fil de la campagne, insistant sur le consensus, la stabilité et le respect des institutions. Près de 27 millions de Péruviens sont appelés aux urnes dans un scrutin où le vote est obligatoire. Le prochain président assumera ses fonctions le 28 juillet. Les bureaux de vote ouvrent à 07H00 (12H00 GMT) et fermeront à 17H00 (22H00 GMT).

07.06.2026 à 05:37

Les Etats-Unis disent avoir abattu deux drones iraniens

FRANCE24

"Plus tôt dans la journée, les forces américaines au Moyen-Orient ont abattu deux drones d'attaque iraniens à usage unique qui menaçaient le trafic maritime international dans le détroit d'Ormuz", a écrit le Commandement central américain (Centcom) sur son compte X. "Les forces américaines restent en alerte et prêtes à continuer de se défendre contre l'agression iranienne", a-t-il ajouté. Vendredi soir, le Centcom avait annoncé avoir abattu quatre drones d'attaque iraniens lancés en direction du détroit, puis frappé des sites de radars de surveillance côtiers iraniens. En représailles, l'Iran avait dit avoir tiré une salve de missiles contre des installations militaires au Koweït et au Bahreïn, alliés des Etats-Unis. L'armée américaine a affirmé avoir abattu six missiles balistiques, tandis qu'un septième a raté sa cible. Washington et Téhéran sont engagés depuis plusieurs semaines dans des pourparlers indirects en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, mais les négociations ne donnent aucun signe d'avancée. Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais elles ont récemment repris, en particulier autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. "C'est notre argent" Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a parlé dans un entretien à CNN d'"impasse", et appelé Donald Trump à "en sortir" en débloquant des fonds iraniens à l'étranger, gelés à cause des sanctions américaines. Selon une source proche du dossier, le Trésor américain examine la possibilité que ces avoirs puissent, au contraire, servir à compenser les pays du Golfe pour les dommages causés par les frappes iraniennes. Autre point majeur de discorde, le Liban. Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le sol libanais entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, tandis que les Etats-Unis voudraient traiter les deux dossiers séparément. Frappes au Liban Samedi, le chef de l'armée libanaise est parti rencontrer son homologue au Pakistan, principal médiateur dans les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Le même jour, des bombardements israéliens ont fait au moins cinq morts au Liban, dont trois soldats de l'armée libanaise, Israël annonçant de son côté la mort de deux de ses militaires. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 29 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée. Le Hezbollah a de son côté revendiqué dimanche matin plusieurs attaques de drones contre des troupes israéliennes au Liban. Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsen Naqvi, est lui arrivé à Téhéran, où il doit notamment rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Pendant ce temps, l'équipe de football d'Iran est attendue dimanche à Tijuana, au Mexique, son camp de base pour la Coupe du Monde organisée conjointement par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Les joueurs ont obtenu des visas pour entrer aux Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches de la phase de groupes dont le premier le 15 juin à Los Angeles, mais l'Iran a dénoncé un "traitement discriminatoire" alors que plusieurs membres de l'encadrement n'ont pas obtenu le sésame. burx-roc/tmt

07.06.2026 à 04:53

Scrutin test pour l'Arménie, tournée vers l'Occident au grand dam de Moscou

FRANCE24

L'Arménie et la Russie, liées par des siècles d'histoire commune, sont officiellement toujours alliées. Mais depuis la reprise par la force par l'Azerbaïdjan de l'enclave du Karabakh, que n'a pas empêchée la Russie, Erevan multiplie les reproches envers Moscou et se tourne vers l'Union européenne et les Etats-Unis. Fin mai, le président américain, Donald Trump, a apporté son soutien "total" à Nikol Pachinian. La Russie a, elle, ouvertement mis en garde l'Arménie, rappelant que le rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne avait été à l'origine des problèmes de ce pays, confronté à l'armée russe depuis février 2022. A la sortie de son bureau de vote à Erevan, le Premier ministre a affirmé que l'Arménie poursuivrait une politique étrangère d'équilibre entre la Russie et l'Occident. "Nous accepterons le choix du peuple, quel qu'il soit" dans ce scrutin, a déclaré M. Pachinian à des journalistes. Au-delà de la relation avec Moscou, le scrutin de dimanche intervient après des années de profonds bouleversements en Arménie depuis l'arrivée au pouvoir de M. Pachinian à l'issue de manifestations en 2018. Ce petit pays à majorité chrétienne du Caucase est encore sous le choc de sa défaite militaire contre l'Azerbaïdjan en 2020 et de la perte du Karabakh en 2023, qui a provoqué l'exode de dizaines de milliers d'Arméniens de ce territoire montagneux disputé depuis des décennies. Nikol Pachinian, ancien journaliste âgé de 51 ans, a présenté ce scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée, avec Bakou, et un retour à la guerre. Rancœur envers Moscou M. Pachinian avait reproché à Moscou de ne pas avoir apporté son aide à l'Arménie lors de la guerre de 2020. La Russie avait déployé des forces de maintien de la paix au Karabakh, mais n'était pas intervenue directement, soucieuse de préserver ses relations avec l'Azerbaïdjan, autre ancienne république soviétique. Prenant acte de cette situation, M. Pachinian a gelé la participation arménienne à une alliance régionale chapeautée par Moscou et a cherché à renforcer les liens avec Bruxelles et Washington, allant même jusqu'à évoquer une potentielle adhésion de son pays à l'UE. Une éventualité considérée par la Russie comme une ingérence occidentale dans son pré carré. "Tout ce qui se passe actuellement en Ukraine (...) Comment tout cela a-t-il commencé? Par la tentative de l'Ukraine de rejoindre l'UE", a averti en mai le président russe, Vladimir Poutine, dans des propos qui sonnent comme une menace. L'Ukraine, en 2014, s'apprêtait en réalité à signer un simple accord d'association avec l'Union européenne. La Russie a interdit l'importation d'une série de produits agricoles arméniens, et le Kremlin a aussi été accusé de chercher à influencer le scrutin. De nombreux Arméniens vivent et travaillent en Russie, principal partenaire commercial de l'Arménie et marché clef pour ses exportations, alors que Erevan est dépendant de Moscou pour ses fournitures d'armements et d'énergie. Soutien européen Nikol Pachinian affirme cependant ne pas souhaiter rompre avec Moscou ni vouloir "nuire aux intérêts de la Russie". Pour autant, la campagne électorale a pris des airs de combat pour l'avenir géopolitique de l'Arménie. M. Pachinian est allé jusqu'à assurer qu'une "guerre catastrophique" avec l'Azerbaïdjan pourrait avoir lieu si son parti perdait la majorité. Son principal concurrent, l'homme d'affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, a mis en garde contre toute "ruée imprudente" vers l'Occident. "La Russie est et restera notre partenaire stratégique et notre principal partenaire économique", a-t-il déclaré. Les Européens, de leur côté, ne cachent guère leur souhait de voir Nikol Pachinian l'emporter, et sont venus soutenir le partenariat UE-Arménie lors d'un sommet à Erevan début mai. Le parti Contrat civil du Premier ministre est donné en tête dans les sondages, mais avec 19 partis et blocs en lice pour 101 siège, le scrutin risque d'aboutir à un Parlement fragmenté. Huit ans après son arrivée au pouvoir sur la promesse de démanteler le système oligarchique post-soviétique arménien, le Premier ministre fait face à des critiques croissantes. L'Arménie dérive "du populisme vers des méthodes de gouvernance autoritaires", affirme l'analyste indépendant Gevorg Poghosyan. Pour autant, pour de nombreux Arméniens, l'opposition reste associée à l'influence russe et aux oligarques. "J'ai voté pour la paix. Seul (Nikol) Pachinian peut apporter la paix", a déclaré à l'AFP Hakob Hakobyn, un artisan de 63 ans. Katachtour Movsisyan, ingénieur mécanique de 59 ans, dit qu'il a voté pour un parti d'opposition, pour "le changement: en politique étrangère, intérieure, et dans les négociations avec l'Azerbaïdjan".
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