Cyril Zatarra était jugé depuis le 5 janvier à huis clos par la cour criminelle des Bouches-du-Rhône pour avoir violé, pendant plus de dix ans, des femmes qu'il droguait, pour la plupart chez lui, avec un somnifère.
Les juges ont aussi reconnu le caractère sériel des crimes du quadragénaire, à la satisfaction des avocates des parties civiles. "L'accusé est condamné au maximum légal avec la reconnaissance du caractère sériel des viols sans que cela ne soit reconnu et pris en compte par la loi", a indiqué à l’AFP Me Marylou Diamantara, avocate de six victimes.
En cas de violation des obligations fixées pendant son suivi socio-judiciaire - une injonction de soins, l'interdiction de toute activité thérapeutique et le constat de l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et violentes-, il exécuterait une peine de cinq ans de prison.
Cyril Zattara a été reconnu coupable pour tous les faits criminels - des viols aggravés commis sur quatorze victimes - et de l’ensemble des faits délictuels pour lesquels il était jugé, notamment avoir drogué d’autres victimes, les avoir filmées à leur insu. Dans le cas d’une victime qu’il contestait avoir violée mais reconnaissait avoir droguée, la cour a requalifié en tentative de viol.
La cour n'a pas retenu la rétention de sûreté requise par l'avocat général Serge Bocoviz. Il avait demandé que l'accusé, aujourd'hui âgé de 47 ans, fasse l'objet à l'issue de sa peine d'un réexamen de sa situation en vue d'une éventuelle mesure exceptionnelle de rétention de sûreté dans le but d'évaluer un possible risque de récidive.
Cet empilement de mesures et de précautions pour l'avenir semble répondre aux incroyables et nombreux ratés: le classement sans suite de trois plaintes pour des faits commis en 2001 et 2003, puis d'une nouvelle plainte en 2012. Il faudra attendre de nouvelles plaintes en 2019 et 2020 pour que Cyril Zatarra soit finalement mis en examen en mars 2021.
Une quinzaine de nouveaux noms
L'accusé qui a affirmé être dans une démarche de repentir, a confirmé ses aveux faits durant l'instruction pour onze des quatorze parties civiles pour lesquelles il était jugé pour viol sous soumission chimique. Il a également reconnu avoir drogué d'autres femmes par l'administration de Zolpidem, un puissant hypnotique, ainsi que la captation et la diffusion d'images à l'insu des victimes, notamment via l'installation d'une caméra dans un radio-réveil placé dans sa salle de bains.
Il est même allé plus loin en livrant à la cour criminelle une quinzaine de nouveaux noms de victimes droguées, filmées dont quatre violées. Le président de la cour Roger Arata a fait noter ces nouveaux aveux et une nouvelle instruction devrait être ouverte par le parquet d’Aix-en-Provence très prochainement. Dans le périmètre de cette nouvelle instruction devrait entrer le cas d'une des plaignantes pour laquelle il a reconnu la soumission chimique, alors qu'il avait bénéficié d'un non-lieu.
Il aurait aussi fait un pas vers la reconnaissance des faits concernant sa cousine, la première à avoir déposé plainte en 2001 et pour laquelle il aurait, là encore, reconnu l'avoir droguée.
Son avocate, Me Dorine Sekly-Livrati, a demandé à la cour de prendre en compte l'évolution de son client en écartant notamment la mesure de sûreté des deux tiers requise par l'accusation. Elle a expliqué sa personnalité complexe, plongeant dans une enfance carencée, "sujet d'un dressage plus que d'une éducation".
Nourri à la pornographie et aux mangas hentai qui glorifient la culture du viol, "le passage à l'acte lui permettait de dominer, de retrouver une toute-puissance, de passer du soumis au dominant", a-t-elle expliqué.
Le huis-clos avait été prononcé à l'ouverture de débats à la demande d'une seule des dix-neuf parties civiles. Bon nombre des victimes étaient des femmes se trouvant dans l'entourage de Cyril Zattara, amies, compagnes et élèves d'une salle de danse de salon d'Aix-en-Provence où il était un professeur estimé.
Texte intégral (672 mots)
Cyril Zatarra était jugé depuis le 5 janvier à huis clos par la cour criminelle des Bouches-du-Rhône pour avoir violé, pendant plus de dix ans, des femmes qu'il droguait, pour la plupart chez lui, avec un somnifère.
Les juges ont aussi reconnu le caractère sériel des crimes du quadragénaire, à la satisfaction des avocates des parties civiles. "L'accusé est condamné au maximum légal avec la reconnaissance du caractère sériel des viols sans que cela ne soit reconnu et pris en compte par la loi", a indiqué à l’AFP Me Marylou Diamantara, avocate de six victimes.
En cas de violation des obligations fixées pendant son suivi socio-judiciaire - une injonction de soins, l'interdiction de toute activité thérapeutique et le constat de l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et violentes-, il exécuterait une peine de cinq ans de prison.
Cyril Zattara a été reconnu coupable pour tous les faits criminels - des viols aggravés commis sur quatorze victimes - et de l’ensemble des faits délictuels pour lesquels il était jugé, notamment avoir drogué d’autres victimes, les avoir filmées à leur insu. Dans le cas d’une victime qu’il contestait avoir violée mais reconnaissait avoir droguée, la cour a requalifié en tentative de viol.
La cour n'a pas retenu la rétention de sûreté requise par l'avocat général Serge Bocoviz. Il avait demandé que l'accusé, aujourd'hui âgé de 47 ans, fasse l'objet à l'issue de sa peine d'un réexamen de sa situation en vue d'une éventuelle mesure exceptionnelle de rétention de sûreté dans le but d'évaluer un possible risque de récidive.
Cet empilement de mesures et de précautions pour l'avenir semble répondre aux incroyables et nombreux ratés: le classement sans suite de trois plaintes pour des faits commis en 2001 et 2003, puis d'une nouvelle plainte en 2012. Il faudra attendre de nouvelles plaintes en 2019 et 2020 pour que Cyril Zatarra soit finalement mis en examen en mars 2021.
Une quinzaine de nouveaux noms
L'accusé qui a affirmé être dans une démarche de repentir, a confirmé ses aveux faits durant l'instruction pour onze des quatorze parties civiles pour lesquelles il était jugé pour viol sous soumission chimique. Il a également reconnu avoir drogué d'autres femmes par l'administration de Zolpidem, un puissant hypnotique, ainsi que la captation et la diffusion d'images à l'insu des victimes, notamment via l'installation d'une caméra dans un radio-réveil placé dans sa salle de bains.
Il est même allé plus loin en livrant à la cour criminelle une quinzaine de nouveaux noms de victimes droguées, filmées dont quatre violées. Le président de la cour Roger Arata a fait noter ces nouveaux aveux et une nouvelle instruction devrait être ouverte par le parquet d’Aix-en-Provence très prochainement. Dans le périmètre de cette nouvelle instruction devrait entrer le cas d'une des plaignantes pour laquelle il a reconnu la soumission chimique, alors qu'il avait bénéficié d'un non-lieu.
Il aurait aussi fait un pas vers la reconnaissance des faits concernant sa cousine, la première à avoir déposé plainte en 2001 et pour laquelle il aurait, là encore, reconnu l'avoir droguée.
Son avocate, Me Dorine Sekly-Livrati, a demandé à la cour de prendre en compte l'évolution de son client en écartant notamment la mesure de sûreté des deux tiers requise par l'accusation. Elle a expliqué sa personnalité complexe, plongeant dans une enfance carencée, "sujet d'un dressage plus que d'une éducation".
Nourri à la pornographie et aux mangas hentai qui glorifient la culture du viol, "le passage à l'acte lui permettait de dominer, de retrouver une toute-puissance, de passer du soumis au dominant", a-t-elle expliqué.
Le huis-clos avait été prononcé à l'ouverture de débats à la demande d'une seule des dix-neuf parties civiles. Bon nombre des victimes étaient des femmes se trouvant dans l'entourage de Cyril Zattara, amies, compagnes et élèves d'une salle de danse de salon d'Aix-en-Provence où il était un professeur estimé.