"Seul l'avenir nous dira" combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré M. Trump. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : "Je dirais beaucoup plus longtemps".
"Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable", a poursuivi le dirigeant républicain. "Nous allons utiliser du pétrole et en importer. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l'argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin".
Donald Trump a de nouveau mis en avant la coopération des autorités vénézuéliennes depuis la capture du président Nicolas Maduro : "Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire. N'oubliez pas, ils nous ont pris du pétrole il y a des années".
"Ils nous traitent avec beaucoup de respect (...). Nous nous entendons très bien avec l'administration qui est en place maintenant", a-t-il ajouté.
Les propos de M. Trump interviennent après que la Maison Blanche a affiché la volonté des États-Unis de "dicter" jusqu'à nouvel ordre ses décisions au Venezuela, en gardant en particulier le contrôle de la vente du pétrole vénézuélien pour une durée indéterminée.
"Rien d'irrégulier"
"Nous restons en étroite coordination avec les autorités par intérim et les Etats-Unis vont continuer à dicter leurs décisions", a souligné mercredi soir la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Donald Trump avait déjà assuré la veille que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis "entre 30 et 50 millions de barils de pétrole", ajoutant: "Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l'argent sera contrôlé par moi".
Donald Trump a affirmé que le Venezuela n'achèterait que des produits fabriqués aux Etats-Unis avec les recettes du pétrole commercialisé par Washington.
Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l'ordre d'un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l'échange commercial avec les Etats-Unis n'avait "rien d'extraordinaire ni d'irrégulier", même si elle a à nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro.
L'opération des forces spéciales américaines à Caracas a fait 100 morts, a annoncé le ministre vénézuélien de l'Intérieur Diosdado Cabello.
Interrogé par le New York Times s'il s'était entretenu avec Mme Rodriguez, Donald Trump a seulement évoqué une "communication constante entre elle et l'administration". "Marco (Rubio) parle tout le temps avec elle", a-t-il dit en référence au chef de la diplomatie américaine.
Les pétroliers américains reçus vendredi
Au cours de l'interview, le président américain n'a de nouveau pris aucun engagement sur une tenue à venir d'élections au Venezuela.
Selon le Wall Street Journal, l'arrivée au pouvoir de Delcy Rodriguez était le scénario favori de la CIA en cas de chute du président Maduro.
Marco Rubio s'est défendu mercredi de toute "improvisation" de la part des autorités américaines après l'opération militaire au Venezuela.
Le chef de la diplomatie américaine a assuré à la presse que Washington avait un plan en trois étapes pour le Venezuela.
"La première étape est la stabilisation du pays", la deuxième, nommée "rétablissement", consiste à "s'assurer que les entreprises américaines, occidentales, et autres aient accès au marché vénézuélien de manière juste", tandis que la troisième serait "bien sûr, de transition", a-t-il ajouté.
La porte-parole de la Maison Blanche a également annoncé que Donald Trump verrait vendredi les patrons de grands groupes pétroliers américains pour "discuter des immenses possibilités qui s'offrent à ces sociétés" au Venezuela.