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18.07.2026 à 10:11

FRANCE24
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Depuis la sortie, en décembre 2024, du V1 du concurrent DeepSeek, les IA chinoises bousculent régulièrement le secteur avec leurs modèles systématiquement ouverts (téléchargeables et modifiables) et gratuits. Ils remettent partiellement en cause les fondamentaux économiques de l'intelligence artificielle tels que posés par les grands acteurs occidentaux, avec modèles payants et fermés, c'est-à-dire uniquement utilisables et pas malléables. Avec Kimi K3, un nouveau palier a été franchi, ne serait-ce que par la taille. Il a été construit avec 2.800 milliards de variables (critères modifiables), soit quasiment le double du dernier modèle chinois le plus puissant (1.600 pour DeepSeek V4 Pro sorti en avril). Moonshot AI se targue ainsi de "fixer la limite haute de la taille des modèles ouverts". Mais ce sont surtout les performances de Kimi K3 qui ont surpris. L'époque est à la comparaison des modèles selon une foule de paramètres et de tâches données. A ce petit jeu, Kimi K3 talonne les bolides Fable 5 d'Anthropic et GPT-5.6 Sol d'OpenAI dans nombre de catégories. Dans certains classements, l'interface de Moonshot AI arrive même en tête, notamment pour la programmation d'applications ou de sites, selon la hiérarchie établie par la plateforme de référence Arena AI (anciennement LMArena). Or la génération de code informatique est, de très loin, la principale application de l'IA générative actuellement, un marché actuellement dominé par Anthropic et sur lequel OpenAI s'implante à vitesse accélérée. "Cela va changer fondamentalement la course à l'IA pour toujours", a réagi, sur X, Alex Finn, patron de la plateforme d'agents IA Henry Intelligent Machines PBC. "Pas rester immobiles" "C'est inquiétant", a surenchéri David Sacks, référent IA de la Maison Blanche jusqu'en mars et toujours conseiller de Donald Trump. L'entrepreneur voit dans cette nouvelle percée une victoire chinoise dans la lutte sans merci qui oppose la République populaire aux Etats-Unis. Pendant que la Chine accélère encore, "les Etats-Unis se font des noeuds au cerveau", reproche David Sacks. "Politiciens et bureaucrates interdisent les centres de données, empilent les régulations au niveau des Etats, et poussent à ce que de nouvelles agences fédérales aient le pouvoir d'autoriser les modèles les plus avancés." Le quinquagénaire fait référence au mouvement de protestation contre l'implantation de nouveaux centres de données, ainsi qu'au revirement du gouvernement Trump, qui souhaite désormais tester les IA les plus sophistiquées avant leur mise sur le marché. Pour Dean Ball, également ancien conseiller de la Maison Blanche sur l'IA, voir le système chinois s'imposer reviendrait à ce que l'intelligence artificielle devienne un "bien public" et plus un produit, ce qui freinerait le progrès et les investissements car les acteurs privés seraient dissuadés de s'impliquer. "Je ne dirais pas que (les Américains) doivent s'inquiéter, mais ils ne peuvent pas rester immobiles non plus", a commenté Hussein Abbass, professeur d'informatique à l'université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) à Canberra (Australie). Déjà très suivis et de plus en plus utilisés à l'Ouest, les modèles chinois ont enregistré, ces derniers mois, un regain d'intérêt du fait de leur coût plus faible, en moyenne, que celui des modèles de pointe américains, à l'heure où le prix de l'IA explose. L'émergence des agents IA, des interfaces susceptibles d'effectuer, sur simple demande en langage courant, une série de tâches, voire de s'auto-évaluer puis de se corriger, a démultiplié les besoins en puissance de calcul et fait gonfler la facture d'un projet donné. Certains, dont Gavin Baker, de la société d'investissement Atreides Management, ont relativisé l'impact de Kimi K3 en soulignant que les premiers tests le montraient gros consommateur de puissance de calcul et donc relativement onéreux pour un modèle ouvert. Pour le patron d'Arena AI, Anastasios Angelopoulos, l'envolée des capacités des modèles, des deux côtés de la planète, va entraîner un durcissement géopolitique. Il pourrait se traduire par des restrictions chinoises sur l'exportation de ses modèles nationaux ou par la limitation par les Etats-Unis de l'utilisation d'IA chinoises sur leur territoire, a-t-il expliqué lors d'une interview au podcast "TITV". "La concurrence devient telle entre Chine et Etats-Unis", a-t-il dit, "que cela présente des risques de plus en plus élevés."

18.07.2026 à 10:03

FRANCE24
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"Avant la guerre, c'était nous qui démarchions les usines pour vendre notre production", explique ce jeune homme de 25 ans, assis sur d'immenses ballots de plastique. "Mais désormais, ce sont elles qui nous sollicitent : +combien de volumes avez-vous ? Pouvez-vous livrer aujourd'hui ?+ C'est inédit", ajoute ce spécialiste du polyéthylène, l'un des plastiques les plus utilisés. Manshiyet Nasser, 115.000 habitants, à l'est de la capitale égyptienne, n'est pas seulement un quartier majoritairement peuplé de coptes chrétiens, c'est aussi le lieu où des générations de chiffonniers ont érigé l'un des systèmes de recyclage informel les plus sophistiqués au monde. Ils bénéficient, avec la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz liée à la guerre, d'un double phénomène: un approvisionnement en plastique perturbé et des prix qui s'envolent, du fait de la flambée des cours du pétrole. Selon l'agence de cotation des matières premières Independent Commodity Intelligence Services (ICIS), le Moyen-Orient est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de polyéthylène et environ 85% de ses exportations transitent en temps normal par le détroit. L'Egypte importe autour de 40% de ses matériaux plastiques bruts, principalement depuis les pays du Golfe, l'Europe, la Chine et la Corée du Sud. Mais face à la flambée des coûts, les fabricants tentent de trouver des alternatives recyclées locales. Montagnes de déchets Les travailleurs de Manshiyet Nasser, étalé au pied de la colline de Makattam, face à la citadelle historique du Caire, traitent plus d'un tiers des déchets de la capitale, selon les chiffres du gouvernement. Les familles vivent et travaillent sous le même toit, tout juste protégées des montagnes de déchets qui les entourent par un rideau ou un étage, les exposant, dans une odeur nauséabonde, à des émanations de plastique et autres risques sanitaires. En bas, les hommes séparent le plastique du carton, du papier, du métal et du verre, et forment des piles destinées à être traitées dans des ateliers ou des usines. A l'étage, sur fond de vrombissement constant des broyeurs et des presses, les enfants font leurs devoirs, les mères cuisinent et les téléviseurs clignotent dans des salons exigus. Dans les ruelles, des petits slaloment entre les camionnettes et les charrettes qui déchargent les déchets collectés dans l'immense capitale. Les usines, qui retardaient habituellement leurs paiements, mettent à présent de l'argent, en liquide, sur la table, "trop pressées de sécuriser leurs approvisionnements", souligne Rizq Yousif, qui recycle principalement des PET, utilisés surtout pour conditionner les aliments. Selon lui, la demande a triplé et les prix de certains plastiques recyclés ont bondi de plus de 60%. Une flambée temporaire ? Pour la première fois en 16 ans, Fayrouz El-Sayed, directrice générale de l'usine Sadat City Chemical Fibre, qui extrait des fibres de polyester de bouteilles en plastique usagées, a conquis des marchés jusqu'au Brésil, à la faveur de la crise. Nesma El-Areef, responsable du marketing et des ventes chez Uflex Egypt, entreprise de transformation de déchets plastiques en emballage, a elle vu la demande augmenter de près de 40% comparé à l'avant-guerre. "Nous constatons une hausse significative des commandes, particulièrement de la part des industriels de l'alimentaire et des boissons, parce que nous avons offert une alternative plus rapidement livrable aux matériaux importés", détaille-t-elle. Mais cette soudaine prospérité va-t-elle durer ? Mi-juin l'annonce d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, qui avait relancé la navigation à Ormuz, avait conduit à une stabilisation de la demande et des prix. "Un seul message a fait chuter le marché. Après la guerre, je ne suis pas sûr que cela dure", reconnaît Rizq Yousif. Mais le 7 juillet, après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran, la confrontation a repris et les deux belligérants ont annoncé recommencer à bloquer les ports iraniens et le détroit. Et les commandes se sont à nouveau envolées. "On s'y est fait maintenant", raconte Yousif. "A chaque fois qu'il y a des tensions quelque part, les clients nous appellent".

18.07.2026 à 10:01

FRANCE24
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Les raids incessants de ce grand oiseau noir sur les eaux du continent ont récemment poussé neuf Etats membres de l'Union européenne à demander un assouplissement des règles de régulation qui le protègent depuis 1979. Dans une note adressée à Bruxelles en mai, la Croatie, la République tchèque, l'Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Suède réclament que la population de cormorans soit maintenue à "un niveau acceptable sur le plan écologique et économique". "La situation est très mauvaise et ne cesse de se dégrader", déplore Peter Bozik, du Club de pêche slovaque, qualifiant l'oiseau de "terroriste". "Quand les cormorans se rassemblent sur les lieux d'hivernage, ils peuvent, en un instant, prélever l'ensemble de la population de poissons dans les eaux libres de glace, ou la blesser mortellement", dit-il à l'AFP. Pavel Vrana, ichtyologue à l'Union des pêcheurs tchèques, souligne que les cormorans ne se contentent pas de manger les poissons, mais qu'ils les blessent ou les stressent au point qu'ils ne se reproduisent plus. "Quand 3.000 cormorans se posent à un endroit, c'est massacre à la tronçonneuse", dit-il A des centaines de kilomètres de là, dans le delta du Danube, Grigore Stefan, de l'Association des pêcheurs de Murighiol, estime que la Roumanie perd chaque année "des millions de poissons" à cause des cormorans. "C'est un animal nuisible", dénonce-t-il. "Baignoires à poissons" Dans les années 1950 et 1960, les Européens ont systématiquement détruit les colonies de cormorans, au point que leur population est tombée à quelques milliers. Mais depuis que l'oiseau bénéficie du statut d'espèce protégée, ses effectifs se sont envolés pour atteindre environ deux millions en Europe en 2026. Le président de la Société tchèque d'ornithologie, Zdenek Vermouzek, estime qu'ils profitent aussi de la surpêche en mer Baltique, qui a décimé les grands poissons prédateurs. "Les cormorans ont tout bonnement remplacé ces prédateurs", dit-il à l'AFP. En Europe centrale, les poissons manquent de refuges dans les fleuves et rivières car les autorités s'empressent de dégager ce qui pourrait constituer des abris naturels comme les arbres tombés, tandis que les étangs ont été transformés en "baignoires à poissons", ajoute M. Vermouzek. Les cormorans, en revanche, ont "très peu de prédateurs naturels et se multiplient donc de manière incontrôlée", souligne l'Association des chasseurs et pêcheurs sportifs de Roumanie. Pêcheurs et défenseurs de l'environnement s'accordent à dire que les populations locales de cormorans sont relativement faibles et stables, et que les plus gros dégâts sont causés par les grands vols d'oiseaux migrateurs. Mais ils proposent des méthodes très différentes pour faire face. Réclamant une "solution paneuropéenne, M. Vrana suggère de huiler les oeufs pour en obstruer les pores et empêcher le développement des embryons. "Si l'on veut réduire la population de façon écologique et efficace, cela doit se faire là où ils se reproduisent, aussi terrible que cela puisse paraître", estime-t-il. L'ornithologue Jozef Ridzon, de Birdlife Slovaquie, n'est pas d'accord. Il admet cependant la pratique, autorisée par dérogation, consistant à abattre des cormorans pour les dissuader de fréquenter les zones où les poissons passent l'hiver. Mais "une solution généralisée échouera", met-il en garde. M. Vermouzek se montre lui aussi sceptique quant à des mesures de grande ampleur, pour lesquelles "nous n'avons ni les hommes ni les armes", dit-il. "Les oiseaux sont plutôt intelligents et, lorsqu'on intervient dans une colonie, ils commencent à nicher séparément et les coûts de l'intervention augmentent", ajoute-t-il. Selon lui, la solution pourrait passer par la réduction des opérations de curage des rivières afin d'offrir de meilleurs refuges aux poissons, et le retour à une gestion davantage guidée par la nature pour les étangs.
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