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20.06.2026 à 10:43

FRANCE24
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Son rivage familier a subi les conséquences dévastatrices du terrible tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu le 8 juin, qui a fait au moins 76 morts et détruit nombre de bâtiments sur l'île de Mindanao. Le déplacement de la fosse de Cotabato, à une cinquantaine de kilomètres au large de Mindanao, a soulevé des portions du plancher océanique, transformant le paysage côtier et engendrant d'importants risques pour l'environnement, notamment pour les coraux qui se retrouvent exposés à l'air libre. Des bateaux de pêche qui mouillaient au bord de la plage avant le séisme sont désormais séparés du rivage par une large bande dentelée de coraux morts qui s'étend sur des kilomètres, a constaté l'AFP sur place la semaine suivant la catastrophe naturelle. Arsenio Butil Jr., pêcheur et pasteur à Glan, dans la province de Sarangani, a raconté à l'AFP la "panique extrême" qui a envahi les habitants lors de ce séisme, le plus violent qu'il ait jamais ressenti. "Ce que j'ai vu côté littoral, c'est que l'eau s'était retirée. Au bout d'un moment je l'ai vue... revenir lentement. Puis elle s'est de nouveau retirée. Trois ou quatre fois peut-être", se souvient-il. "Les poissons, morts, flottaient." "Ce qu'ils (les habitants) voient maintenant, c'est leur nouveau littoral", a déclaré vendredi à l'AFP Nane Danlag, du centre philippin de sismologie, depuis son bureau de General Santos, ajoutant que ce changement était permanent. Le fond marin "est monté de deux mètres" et la côte a avancé par endroits de 200 mètres sur la mer, selon les premières évaluations, a-t-elle indiqué. Carte à l'appui, Nane Danlag explique que la zone touchée s'étend entre deux villes distantes de près de 100 kilomètres. Tout spectaculaire qu'il soit, le déplacement du plancher océanique est un "mouvement naturel", souligne-t-elle, qui "dure depuis des milliers d'années". Sans retour Une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont fui vers les hauteurs d'un village voisin lorsque le séisme a frappé, vivent encore dans un campement où des services d'aide gouvernementaux distribuaient du riz bouilli lorsque l'AFP s'y est rendue. Le fond marin "est monté, ce n'est plus comme avant", constate Datu Atom Malimpnig, un chef Maguindanaon, expliquant que ces familles de pêcheurs hésitaient à regagner leurs maisons détruites de peur qu'un tsunami ne frappe. "Et si la mer avançait d'un coup? C'est ce dont tout le monde a peur", a-t-il confié, concluant que s'établir sur les hauteurs leur paraissait bien plus sûr. À dix kilomètres de là, Edzel Baylon, employée du complexe touristique Isla Jardin del Mar, se désole aussi. Elle craint qu'ainsi transformé, le paysage ne repousse les touristes à la recherche de plages de sable blanc. "Cela a un énorme impact sur la station, parce que l'attrait principal pour les clients, c'est la mer", dit-elle en désignant le pan de corail à nu qui sépare dorénavant la plage idyllique de l'eau. "Malheureusement, aujourd'hui, notre mer est devenue peu profonde. Elle n'est plus adaptée à la baignade", poursuit-elle. Depuis le séisme du 8 juin, plus de 8.500 répliques ont secoué la région, selon l'agence de sismologie. À Glan, les habitants songent à l'après, mais sont peu enclins à reconstruire leurs maisons détruites, selon M. Butil Jr. "Le sol là-bas est fissuré, et les fissures sont longues. C'est pourquoi cette zone serait très dangereuse si un autre séisme de même intensité survenait", projette-t-il. Quelques minutes plus tard, une nouvelle secousse de magnitude 5,4 a fait trembler le sol sous ses pieds.

20.06.2026 à 10:43

FRANCE24
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Ces derniers mois, les sondages d'opinion ont montré qu'une nette majorité des Britanniques sont désormais convaincus que quitter l'UE, par le référendum du 23 juin 2016, était une erreur. Ce revirement a poussé des commentateurs à imaginer de nouvelles expressions inspirées par le terme Brexit pour décrire le phénomène inverse, un hypothétique retour du Royaume-Uni dans l'UE : "Bregret", "Breturn", "Breunion"... Au-delà des jeux de mots, cela nourrit surtout de vifs débats politiques au Royaume-Uni sur la stratégie à suivre. Le plus sérieux rival du Premier ministre Keir Starmer au sein du parti travailliste, Andy Burnham, considère que quitter l'UE était une erreur et a dit qu'il espérait voir un jour son pays réintégrer la famille européenne. Sans s'engager cependant sur une éventuelle candidature ou un calendrier. Une option écartée jusqu'ici par le chef du gouvernement, qui se contente d'œuvrer pour un réchauffement des relations avec les 27. Et il n'est pas sûr que l'UE accepterait une ré-adhésion de la Grande-Bretagne. L'AFP a interrogé une demi-douzaine de diplomates européens, qui ont tous affirmé que leurs pays y seraient ouverts. Mais à condition que les Britanniques soient prêts à faire des sacrifices, ce dont la plupart doutent. "Ils ne sont pas disposés à accepter les contraintes associées à l'appartenance à l'UE", a confié l'un d'eux. Pas pressés d'ouvrir le débats Et les 27 ne sont absolument pas pressés d'ouvrir ce débat. Plusieurs pays estiment que l'UE se porte mieux, depuis la rupture avec Londres, et ne regrettent pas les querelles qui avaient empoisonné le bloc du temps où le Royaume-Uni en faisait partie. "C'est plus facile" depuis que Londres est parti, car "sur chaque dossier, on n'a plus à passer du temps à négocier des exemptions", estime un autre diplomate. Malgré des décennies d'appartenance à la Communauté européenne puis à l'UE, Londres n'a jamais participé à l'euro où à l'espace Schengen, et avait même négocié du temps de Margaret Thatcher une ristourne sur sa contribution budgétaire (le fameux "rabais britannique"). Autant d'attitudes qui traduisaient, aux yeux des autres Etats membres, un manque criant d'engagement. Pour un second diplomate, le départ des Britanniques a eu toutefois une conséquence regrettable: une moins bonne maîtrise de la langue de Shakespeare dans les documents officiels de l'UE... D'autres en revanche cultivent de très bons souvenirs. "L'UE a changé" Sébastien Maillard, expert du groupe de réflexion Chatham House, souligne qu'avec la séparation, les pays de l'UE prônant le libéralisme économique ou pro-atlantistes ont perdu un contrepoids influent, face aux ambitions souverainistes de la France. Débarrassée du Royaume-Uni, l'UE s'est d'ailleurs lancée ces dernières années dans une quête d'"autonomie stratégique" et un soutien affiché à la "préférence européenne" dans certains secteurs. "Le Royaume-Uni ne se rend pas compte à quel point l'UE a changé ces 10 dernières années", souligne l'expert. Si la crise du Covid, Donald Trump ou la guerre en Ukraine ont participé à cette évolution, selon un troisième diplomate, le départ des Britanniques a aussi poussé l'Europe à se réformer, pour ne pas risquer de perdre d'autres membres. Avec un certain succès: la plupart des mouvements populistes ou d'extrême-droite ne militent plus aujourd'hui pour quitter l'UE, mais pour la changer de l'intérieur. Britanniques et Européens auront l'occasion de jauger l'état de leur nouvelle relation lors d'un sommet prévu le 22 juillet à Bruxelles. Après des frictions ces derniers mois, autour de l'industrie de la défense, du doublement des droits de douane européens sur l'acier ou du soutien au "made in Europe", plusieurs accords pourraient être signés. Mais il devrait s'agir de petits pas (comme des mesures pour favoriser la mobilité des jeunes ou le commerce des produits alimentaires). Loin de la grande réconciliation rêvée par certains outre-Manche.

20.06.2026 à 10:41

FRANCE24
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Des scènes comme celle-ci se déroulent une fois par mois dans cette salle située au sous-sol d'un centre commercial, dans le centre du pays. Ce samedi-là, plus d'une centaine de personnes participent à cette "retraite exorciste" organisée par la "Prélature Saints Pierre et Paul", une structure fondée en 2006 dont s'est démarquée l'Église catholique, à Rome comme à Fatima. Au moment le plus attendu, les fidèles se lèvent de leur chaise les uns après les autres et s'avancent jusqu'à Francisco Marques, un jeune homme de 27 ans, assez grand, visage pâle et cheveux roux, vêtu d'une soutane noire et d'un col romain. "Chasser les démons" Quand leur tour arrive, il pose ses deux mains sur leur front d'un air concentré. Certains, des femmes pour la plupart, se laissent alors tomber en arrière, dans les bras d'une ou deux personnes se tenant déjà prêtes à les soutenir et à les allonger sur le tapis placé devant l'autel. "C'est une très grande paix que l'on trouve. C'est une libération. Je repars d'ici après un nettoyage, avec l'âme légère", témoigne après cette expérience Lurdes Ramísio, une infirmière de 56 ans. "Je sens qu'il y a là un pouvoir. Ces mains transmettent un pouvoir en moi", raconte-t-elle. Les séances sont organisées par Francisco Marques et sa famille, avec la participation d'un Italien, Salvatore Micalef, qui se présente comme son évêque. "Chez Francisco, j'ai avant tout constaté qu'il avait le don de chasser les démons. (...) J'ai donc promulgué un décret selon lequel il peut être exorciste", raconte ce dernier à l'AFP. Leur initiative rencontre un certain succès, mais elle est vivement condamnée par l'Église elle-même. Le rituel de l'exorcisme existe bien dans la religion catholique, mais l'Église traite ce sujet "avec beaucoup de prudence" afin d'éviter que ses prêtres projettent une image comparable à celle d'"un gourou qui aurait du pouvoir sur les démons", rappelle à l'AFP José Ornelas, l'évêque de Leiria-Fatima. Il y a trois ans déjà, le diocèse Leiria-Fatima avait publié un communiqué pour mettre en garde contre ces "retraites suspectes", organisées par "un prétendu séminariste ami du pape" et "un évêque qui se présente comme exorciste du Vatican". "Persécuté" Mgr Ornelas explique à l'AFP que l'Église n'a pas le pouvoir d'interdire ces pratiques, mais qu'il lui fallait dénoncer "un abus" commis par des gens qui pourraient "exploiter" la souffrance des autres "pour leur propre bénéfice". Francisco Marques, qui s'estime de son côté "persécuté" par l'Église, a saisi la justice en déposant un plainte pour diffamation. "Nous avons été calomniés. On nous a traités de faux prêtres, de faux évêque, d'escrocs. Il faut donc défendre notre dignité", assure celui qui officie aussi chaque dimanche dans une "chapelle privée" installée dans sa résidence, située dans un village de la région d'Aveiro, à une centaine de kilomètres au nord de Fatima. Francisco Marques assure que la participation à ses séances d'exorcisme est gratuite, tout en admettant qu'elles sont financées par les dons volontaires des croyants. En plus des livres qu'il a écrits, les fidèles sont invités à acheter du sel "exorcisé", de l'eau bénite ou des onctions préparées par ses soins. Sur la table où sont exposés ces articles, des cartes de visite portent, sous une photo de Francisco Marques avec le pape François, un numéro de téléphone, mais aussi un numéro de compte bancaire.
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