L'homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants, alors qu'il était entendu, peu avant 8H00, dans un bureau suite à l'agression de son codétenu la nuit précédente.
"C'est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu'il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant, mais pour l'instant, ça reste encore un petit peu flou", a déclaré à l'AFP le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.
"Au total, donc, il y a trois surveillants qui ont été blessés, dont un très grièvement (qui) a été hospitalisé, mais à cette heure, ses jours ne sont pas en danger", a-t-il ajouté.
Selon les premiers élément recueillis, les surveillants lui avaient demandé de venir s'expliquer car son codétenu avait le visage tuméfié et l'a désigné comme son agresseur.
"C'est là, dans un bureau des surveillants, que le détenu a sauté sur un surveillant, et lui a asséné plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou", selon le procureur.
Il y a au moins deux fonctionnaires blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l'agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc, selon l'administration pénitentiaire.
"Leurs vies ne sont pas en danger", a assuré sur X le garde des Sceaux Gérald Darmanin qui a dépêché sur place le préfet des Bouches-du-Rhône. "Mon soutien est total et inconditionnel aux agents pénitentiaires qui exercent une mission dangereuse avec beaucoup de courage et d'humanité", a ajouté le ministre.
Ecroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l'information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025.
Une enquête a été ouverte pour tentative d'homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique, en récidive.
Surpopulation
Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité: les prisons françaises sont au point de rupture, s'alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire.
La situation est particulièrement critique dans les maisons d'arrêt, courtes peines ou personnes en attente de jugement, comme celle d'Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus.
Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2.000 détenus hébergés sur 1.200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.
Cette surpopulation est due en partie au narcobanditisme marseillais avec une grande partie des détenus qui y sont envoyés par le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France.
Devant la maison d'arrêt d'Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leur collègues agressés.
Ce détenu "a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (...) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n'a pas les moyens de le faire, on n'a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus", a déclaré à l'AFP Amandine Cordier, secrétaire nationale UFAP-Unsa justice.
Après ces faits, les syndicats réfléchissent à une possible action de blocage.