"Nous sommes de plus en plus nombreux à soutenir, participer, porter la lutte collective" contre l'inceste, écrit l'autrice et professeure de droit dans ce texte publié par le média en ligne AOC.
"Depuis cinq ans, ça bouge. La société prend conscience (...) La culture est à l’avant-garde", ajoute-t-elle, citant notamment le livre "Clément" de Romain Lemire, le documentaire "Un silence si bruyant" d'Emmanuelle Béart, le film "The Chronology of Water" de Kristen Stewart ou encore le roman graphique de Cécile Cée "Ce que Cécile sait".
"Malheureusement, les institutions, elles, restent sourdes. Cinq ans après #metooInceste, la Commission chargée de lutter contre ce fléau a été brisée, son co-président si impliqué évincé, les ministres successifs se sont ridiculisés, aucun budget n’a été alloué", dénonce Camille Kouchner, épinglant également les médias qui ne "mettent que rarement en lumière l’aspect systémique du sujet".
"Un tel désengagement de nos institutions est violent" et "les conséquences de l’attentisme gouvernemental sont catastrophiques", poursuit-elle, dénonçant le "hors sol de nos gouvernants", qui "plonge nos institutions dans un immobilisme criminel".
Publié en janvier 2021, "La Familia Grande", dans lequel Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, de viols sur son frère jumeau, avait provoqué une onde de choc en France.
Dans son sillage, une vague #metooinceste avait déferlé sur les réseaux sociaux et deux mois plus tard, la Ciivise - la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles - voyait le jour.
Selon cette dernière, trois enfants par classe sont victimes d’inceste chaque année en France et 5 millions et demi de Français ont vécu des violences sexuelles dans leur enfance.