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10.08.2026 à 09:07

FRANCE24
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Face à lui, Brian Mundubile -- ancien allié de l'ex-président Edgar Lungu -- paraît son principal rival après avoir uni une coalition de partis rivaux derrière sa candidature à la présidence de ce géant du cuivre historiquement proche de Pékin. Pays enclavé d'Afrique australe, la Zambie est le deuxième producteur du continent d'"or rouge" et le huitième au monde. Un métal indispensable aux réseaux électriques, centres de données et véhicules électriques. Malgré également un certain potentiel de ressources en cobalt, nickel et manganèse, le pays demeure en proie à une pauvreté persistance, au chômage et à la hausse des prix des denrées alimentaires. Plus de 70% de la population de 22 millions d'habitants vit avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale. Lors d'une campagne marquée par des heurts, l'opposition a tenté de capitaliser sur le mécontentement d'une partie de la population pour tenter de séduire une majorité des 8,7 millions d'électeurs et revenir sur le devant de la scène. Le gouvernement d'Edgar Lungu, mort en 2025, avait pourtant laissé un pays en défaut de paiement souverain, après des années d'endettement massif, quand Hakainde Hichilema, chef du Parti unifié pour le développement national (UPND) a remporté l'élection présidentielle en 2021, à sa sixième tentative. Depuis, son gouvernement a obtenu un accord historique de restructuration de la dette, rétabli un programme du Fonds monétaire international et remis l'économie sur la voie de la croissance, s'attirant les éloges des bailleurs de fonds et investisseurs internationaux. Mais de nombreux Zambiens estiment que ces bénéfices se font attendre pour les citoyens ordinaires. Un sentiment sur lequel l'opposition n'a pas manqué d'appuyer. "Sur le papier, l'économie semble bien se porter, mais nous n'en ressentons pas encore l'impact", explique à l'AFP à Lusaka Semi Malama, un étudiant en médecine de 26 ans. "Dans le monde entier, on reconnaît que nous faisons du bon travail, mais il (le président) doit le faire sentir ici chez nous", ajoute le jeune homme en costume-cravate. Le vote des jeunes décisif Jusqu'au ralliement de plusieurs partis autour de Brian Mundubile, ancien ministre de 55 ans, la réélection de "HH", 64 ans, semblait acquise. Si 14 candidats figurent sur le bulletin de vote, les analystes prédisent un duel entre ces deux hommes. "L'alliance de l'opposition insuffle de l'énergie à ses rassemblements et séduit les jeunes, les femmes et les électeurs ruraux", estime auprès de l'AFP Joseph Siegle, directeur de recherche au Centre africain d'études stratégiques. Le défi de Brian Mundubile consiste à "récupérer" la base électorale du Front patriotique d'Edgar Lungu, en particulier dans le nord et l'est, d'après l'analyste politique Louw Nel. Mais son entrée relativement tardive dans la course et son association à l'ère Lungu pourraient être un frein, selon lui. Près de la moitié des électeurs inscrits ont entre 18 et 35 ans, ce qui pourrait faire de la jeunesse un bloc déterminant. Ceux devenus majeurs sous le gouvernement de l'UPND sont plus susceptibles de juger le bilan du sortant au pouvoir, tandis que leurs aînés sont en mesure de comparer la performance de l'UPND à celle de l'administration Lungu, analyse Zenge Simakoloyi, chercheur à l'Institut d'études de sécurité. "Tout dépendra si les électeurs voient la continuité comme la meilleure chance de consolider les récentes réformes économiques ou le changement comme nécessaire pour répondre aux pressions économiques immédiates", résume-t-il à l'AFP. Violences et pressions La campagne électorale a été ponctuée d'épisodes de violence et d'accusations d'intimidation. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des affrontements entre partisans rivaux et le parti de Mundubile a accusé les autorités de restreindre les activités de campagne. Au-delà du résultat, ce scrutin mettra à l'épreuve la réputation de la Zambie d'être une démocratie parmi les plus stables d'Afrique australe, quand détracteurs d'Hichilema et organisations des droits humains l'accusent d'avoir réduit l'espace politique, ce que son gouvernement dément. Les Zambiens éliront également leurs députés jeudi. Le nombre de circonscriptions est récemment passé de 156 à 226. Les résultats de l'élection présidentielle doivent être annoncés le 17 août. Un deuxième tour départagera les deux premiers si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés.

10.08.2026 à 08:45

FRANCE24
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Mehmet Kusman, 86 ans, a dédié sa vie à la forteresse de Cavustepe, dans l'est de la Turquie, et à l'apprentissage de la langue d'Urartu, qui emprunte son alphabet cunéiforme à l'assyrien, pour célébrer les dieux et les souverains du royaume disparu. Le pas vif et l'esprit alerte malgré les ans, et le vent brûlant qui fouette les herbes sèches autour des fondations du temple dédié au dieu des dieux, Haldi, il a coiffé son visage tanné d'une casquette acquise à Los Angeles : "USA 2009", a-t-il tracé au feutre noir en cunéiforme. Engagé comme manoeuvre sur les fouilles archéologiques de Cavustepe après son service militaire dans les années soixante, Mehmet Kusman tombe sur une première stèle, raconte-t-il à l'AFP. "L'inscription était très belle". Le chef du chantier le dissuade néanmoins d'apprendre cette écriture "très difficile". "Qu'il me dise +non+ m'a blessé. Je me suis acharné en pensant : de mon vivant, j'apprendrai", raconte-t-il. Dès lors, Mehmet Kusman, malgré son manque de formation, relève les inscriptions sur les fouilles conduites dans l'est de la Turquie, mais aussi en Iran et en Arménie, sur lesquels s'étendait le royaume d'Urartu. En trois ans, affirme-t-il, il maitrise l'alphabet. Mais "il m'a fallu 22 ans pour maîtriser 650 mots" de vocabulaire. - "L'un des derniers"- Contactés par l'AFP, les universitaires saluent l'enthousiasme et le dévouement de Mehmet Kusman, comme une sorte de curiosité locale. L'octogénaire se targue d'être "l'un des sept derniers en Turquie à parler la langue d'Urartu", "l'un des États les plus puissants du Proche-Orient ancien, entre les IXe et VIIe siècle av. J.-C.", souligne Erkan Konyar, professeur d'histoire ancienne à l'université d'Istanbul. Plus récent que les grands royaumes mésopotamiens d'Assur, Sumer et Babylone, Urartu a su fédérer les communautés tribales des montagnes autour d'un État centralisé, bâtissant des forteresses, des capitales provinciales, des réseaux d'irrigation et de vastes capacités de stockage au service d'une économie agricole, détaille-t-il. "Mehmet Kusman a consacré sa vie à Cavustepe et, malgré sa retraite en 2005, il continue de veiller sur elle. Pendant soixante ans, il a vécu au milieu des fouilles et enseigné à des milliers de visiteurs à l'histoire d'Urartu", souligne le Dr Konyar, spécialiste de la capitale fondatrice du royaume, Tuspa, dans l'actuelle forteresse de Van. Mais l'expert tient à nuancer le terme de "langue", car les historiens manquent d'indications sur sa prononciation. "Les inscriptions disponibles permettent de la comprendre jusqu'à un certain point, mais il nous manque du vocabulaire et des textes. Seul le sens de certains mots est connu avec certidude. Aussi, personne ne peut dire qu'il parle l'urartéen", explique-t-il. Alors, que dire des syllabes trainantes égrainées avec conviction par l'autodidacte M. Kusman : "Shi Ni E Ni Ye Su Si Si....". Par sa passion, le vieux gardien est devenu une célébrité locale qui s'est rendu pour des conférences "en Amérique, cinq fois, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique", énumère-t-il, un rien cabot, disant envisager "d'aller au Japon". "Petit-fils" des Urartéens "Malheureusement, très peu de personnes en Turquie savent lire et analyser les inscriptions", relève Mehmet Isikli, directeur du Département d'archéologie du Proche-Orient à l'université Atatürk d'Erzurum en Anatolie orientale. "Même à l'époque d'Urartu, les gens ne parlaient pas cette langue : elle était seulement écrite", abonde-t-il. A 35 km au nord de Van, avec une vue plongeante sur le lac, le Professeur Isikli poursuit les fouilles de la forteresse d'Ayanis, la dernière des grandes forteresses avant l'effondrement du royaume. "Nos fouilles nous renseigneront peut-être sur la fin d'Urartu", avance-t-il, en mentionnant "les traces d'un très puissant tremblement de terre". "La première inscription qui atteste de la fondation du royaume d'Urartu, en assyrien, a été découverte à Tuspa, sur la forteresse de Van. Cavustepe est venue bien après", explique-t-il. "Mehmet Kusman assure une sorte de publicité pour Urartu, mais rien à voir avec un travail universitaire : il connaît seulement quelques signes alphabétiques, ou quelques lettres, et des informations très, très générales à leur sujet", estime le Professeur Isikli. "Je l'admire", assure-t-il néanmoins. "Il a travaillé dur et mis en lumière la culture d'Urartu". Dans sa petite cabane de pierres à l'entrée du site de Cavustepe, Mehmet Kusman n'en démord pas. "Je suis le descendant des Urartéens, leur petit-fils. Ils ont disparu, mais voyez : ils ne sont pas tous morts", clame-t-il crânement, se levant pour accueillir des visiteurs.

10.08.2026 à 08:38

FRANCE 24
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La Russie a affirmé, lundi, avoir abattu 456 drones ukrainiens dans la nuit. Des frappes ont notamment ciblé des infrastructures industrielles et civiles dans la région du Tatarstan, faisant plusieurs morts, selon les autorités locales. En Ukraine, une frappe russe a fait 5 morts dans la région de Kharkiv. 
Texte intégral (763 mots)
La Russie a affirmé, lundi, avoir abattu 456 drones ukrainiens dans la nuit. Des frappes ont notamment ciblé des infrastructures industrielles et civiles dans la région du Tatarstan, faisant plusieurs morts, selon les autorités locales. En Ukraine, une frappe russe a fait 5 morts dans la région de Kharkiv. 
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