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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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02.03.2026 à 12:23

Iran : le régime décapité, et après ?

Déborah Yapi

Une opération israélo-américaine lancée le 28 février a éliminé l’ayatollah Khamenei et plusieurs hauts responsables iraniens. Malgré ce coup porté au sommet de l’État, le régime se maintient. Déjà contesté à l’intérieur, entouré d’ennemis, sans soutien de la part de ses partenaires des BRICS, sera-t-il capable de durer ? Par quel degré de répression ? La riposte iranienne contre les pays arabes voisins ouvre la voie à un conflit régional élargi, aux conséquences potentiellement bien plus vaste. Du côté des États-Unis, c’est la division qui prévaut : seule une minorité soutient l’action militaire, y compris au sein de la base MAGA. Au-delà des dilemmes stratégiques pour Washington et Tel-Aviv sur qui pèsent des risques d’enlisement, se pose la question des violations du droit international d’une telle opération. Mon analyse.

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Une opération israélo-américaine lancée le 28 février a éliminé l’ayatollah Khamenei et plusieurs hauts responsables iraniens. Malgré ce coup porté au sommet de l’État, le régime se maintient. Déjà contesté à l’intérieur, entouré d’ennemis, sans soutien de la part de ses partenaires des BRICS, sera-t-il capable de durer ? Par quel degré de répression ?

La riposte iranienne contre les pays arabes voisins ouvre la voie à un conflit régional élargi, aux conséquences potentiellement bien plus vaste. Du côté des États-Unis, c’est la division qui prévaut : seule une minorité soutient l’action militaire, y compris au sein de la base MAGA.

Au-delà des dilemmes stratégiques pour Washington et Tel-Aviv sur qui pèsent des risques d’enlisement, se pose la question des violations du droit international d’une telle opération. Mon analyse.

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02.03.2026 à 12:18

Attaques israélo-états-uniennes contre l’Iran : quelles conséquences sur les monarchies du Golfe ?

Coline Laroche              

Les attaques israélo-états-uniennes sur l’Iran auront des conséquences importantes sur l’ensemble des monarchies du golfe Arabo-Persique.  Depuis des siècles, cette région a appris à cohabiter avec le voisin persan. Un voisinage compliqué voire conflictuel à bien des égards mais imposé par la proximité géographique et le partage d’un espace commun.  Depuis l’avènement du régime des Mollahs en 1979, la relation a pris une coloration religieuse et s’est transformée en lutte d’influence pour la domination du monde musulman entre sunnites et chiites. La volonté iranienne d’extension de son influence au Proche et Moyen-Orient en constituant un glacis d’affidés au service de ses intérêts (chiites iraquiens, Hezbollah, Houthis) a débouché sur une première confrontation qui a opposé l’Irak de Saddam Hussein à l’Iran dans les années 1980. Les pays du Golfe face à un voisinage contraint Devant cette menace, les monarchies du Golfe se sont rapprochées de l’Occident honni par Téhéran. Elles ont construit leur prospérité sous le parapluie de la protection états-unienne et des pétrodollars alors que l’Iran subissait les conséquences des rêves d’expansion de leurs dirigeants par des sanctions de plus en plus sévères et un isolement progressif. Pendant ces quatre décennies les monarchies du Golfe, à des degrés divers, ont essayé de contenir l’influence de leur remuant voisin. Une grande partie du commerce sous embargo vers l’Iran passait par Dubaï tandis qu’Oman, fort de sa neutralité affichée, essayait de jouer les facilitateurs ou « de boîte aux lettres » entre les Téhéran et Washington. La première partie des négociations sur l’accord sur le nucléaire iranien a débuté à Mascate en Oman en 2011. Depuis lors, le sultanat entretient de bonnes relations avec la République islamique d’Iran mais n’a jamais été très proche. Les Omanais se sont toujours méfiés de leur voisin avec lequel ils partagent le contrôle du détroit d’Ormuz. Le […]

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Texte intégral (1217 mots)

Devant cette menace, les monarchies du Golfe se sont rapprochées de l’Occident honni par Téhéran. Elles ont construit leur prospérité sous le parapluie de la protection états-unienne et des pétrodollars alors que l’Iran subissait les conséquences des rêves d’expansion de leurs dirigeants par des sanctions de plus en plus sévères et un isolement progressif.

Pendant ces quatre décennies les monarchies du Golfe, à des degrés divers, ont essayé de contenir l’influence de leur remuant voisin. Une grande partie du commerce sous embargo vers l’Iran passait par Dubaï tandis qu’Oman, fort de sa neutralité affichée, essayait de jouer les facilitateurs ou « de boîte aux lettres » entre les Téhéran et Washington. La première partie des négociations sur l’accord sur le nucléaire iranien a débuté à Mascate en Oman en 2011. Depuis lors, le sultanat entretient de bonnes relations avec la République islamique d’Iran mais n’a jamais été très proche. Les Omanais se sont toujours méfiés de leur voisin avec lequel ils partagent le contrôle du détroit d’Ormuz.

Le Qatar quant à lui a essayé de son côté de maintenir des relations de bon voisinage avec Téhéran.

Bahreïn a toujours eu des relations compliquées avec la République islamique d’Iran. La famille Al-Khalifa, au pouvoir et de confession sunnite, soupçonne Téhéran de soutenir la composante chiite (représentant environ 50 % de la population) et de fomenter des troubles dans le pays. À ce titre, les évènements de 2011 qui ont fait vaciller le trône sont très vivaces dans la mémoire des Bahreïnis.

Autre grande puissance du Golfe, l’Arabie saoudite possède également une composante chiite, bien que minoritaire et sur sa façade orientale. La monarchie saoudienne gardienne des lieux saints de l’Islam se méfie également de son voisin iranien. À plusieurs reprises des troubles ont été provoqués par Téhéran lors du pèlerinage à la Mecque. La monarchie saoudienne gardienne des lieux saints de l’Islam se méfie de son voisin iranien. Par ailleurs, Riyad voyait avec inquiétude se constituer un « axe de la résistance » dominé par Téhéran autour du Royaume (Hezbollah au Liban, régime d’Assad en Syrie, chiites en Irak et Houthis au Yémen). Un croissant chiite qui avaient des allures d’encerclement quasi-total. Cependant, l’affaiblissement du Hezbollah avec l’élimination par les Tel-Aviv du charismatique Hassan Nasrallah en septembre 2024, la chute du régime d’Assad en décembre de la même année  et les frappes israélo-américaines en juin 2025 ont desserré cet étau.

L’Arabie saoudite qui, contrairement aux Émirats arabes unis et Bahreïn, a fait le choix de ne pas rejoindre les accords d’Abraham, a profité de sa stature de leader régional pour emprunter une autre voie tout en rééquilibrant son alliance avec les États-Unis .

S’il fût un temps il avait été envisagé d’inclure l’Iran (affaibli) dans une architecture de sécurité au Moyen-Orient, un nouvel axe sunnite est en cours de constitution marqué par le rapprochement entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan (seul État musulman à posséder l’arme atomique). Cette nouvelle donne permet aux saoudiens de ne pas dépendre exclusivement des États-Unis pour leur sécurité.

En s’attaquant à ses voisins du Golfe l’Iran a pris le risque de rompre l’équilibre fragile qui s’était instauré au fil des ans. Pour l’instant, les pays attaqués sur leur sol n’ont pas répliqué mais qu’en sera-t-il si ces pays décidaient de le faire ? La plupart de ces pays sont liés par des accords de défense avec les États-Unis mais également avec la France et le Royaume-Uni. La France sera-t-elle contrainte de participer à la défense des Émirats arabes unis en vertu des accords de défense qui les lient ? L’attaque contre la base d’Al Dhaffra restera-t-elle sans conséquence ?

Même le Sultanat d’Oman n’a pas été épargné par les missiles iraniens qui ont visé le port de Doqum (où Britanniques et États-Uniens bénéficient de facilités portuaires). En n’épargnant pas le Sultanat, l’Iran se prive d’un précieux soutien et notamment du seul pays « ami » de la région qui s’est beaucoup dépensé pour aboutir à un accord qui aurait évité l’attaque américaine. Il est peu probable que les Omanais ne réagissent pas à la fermeture du détroit d’Ormuz dont ils partagent le contrôle avec l’Iran.

Les attaques du 28 février 2026 plongent la région dans l’inconnu et risquent d’avoir des retombées imprévisibles. Il est encore trop tôt pour prévoir les conséquences des attaques en cours sur l’Iran. Le régime des Mollahs et des Gardiens de la révolution va-t-il s’effondrer ou vaciller après l’élimination de Ali Khamenei le Guide suprême. Qui sera envisagé pour remplacer la théocratie et les Pasdarans ? Nul ne le sait encore. Le pouvoir iranien a-t-il les ressources pour survivre et sous quelle forme ? En cas de chaos comment gérer le voisinage d’un pays qui compte 85 millions d’habitants ? Toutes ces questions demeurent pour l’instant sans réponse.

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02.03.2026 à 12:00

Value Chains and Security of Supply for Environmental and Energy Transitions-Enabling Technologies in the Defence Sector

Coline Laroche              

The increase in defence spending in the last years has prompted new equipment acquisitions of defence equipment that European countries have primary focused to replenish inventories. In view of the European Union’s 2030 Green Deal goals, what is the impact of the acquisitions on the environmental and energy transition in defence and what are the required critical raw materials (CRM)? This commentary investigates the geopolitical importance of critical raw materials (CRM) for defence and green transition and assesses how disruptions of the related supply chain can affect defence in Europe. After delineating the major European measures and activities implemented to ensure security of supply, the commentary concludes by arguing that steps taken for a wider use of alternative materials, sources, international partnerships and increased recycling of materials might not be enough to ensure both conventional defence production and environment and energy transition in defence.

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The increase in defence spending in the last years has prompted new equipment acquisitions of defence equipment that European countries have primary focused to replenish inventories. In view of the European Union’s 2030 Green Deal goals, what is the impact of the acquisitions on the environmental and energy transition in defence and what are the required critical raw materials (CRM)? This commentary investigates the geopolitical importance of critical raw materials (CRM) for defence and green transition and assesses how disruptions of the related supply chain can affect defence in Europe. After delineating the major European measures and activities implemented to ensure security of supply, the commentary concludes by arguing that steps taken for a wider use of alternative materials, sources, international partnerships and increased recycling of materials might not be enough to ensure both conventional defence production and environment and energy transition in defence.

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27.02.2026 à 16:59

Les Lazes de Turquie, une minorité oubliée ?

Coline Laroche              

Le processus de paix amorcé depuis fin 2024 entre l’État turc et le PKK replace au cœur des débats la question de l’inclusion des minorités ethno-culturelles au sein de la République de Turquie. Tuncer Bakırhan, co-dirigeant du parti de gauche multiculturaliste DEM et intermédiaire clef entre le leader emprisonné du PKK Abdullah Öcalan et l’État, a ainsi déclaré en janvier 2026 qu’était venu le temps « de reconnaître la réalité kurde ». Résumer la question de l’inclusion des minorités à cette seule cause serait pourtant une erreur. La mosaïque culturelle du pays se compose également de groupes plus discrets, à l’image des Lazes qui peuplent les côtes de la mer Noire proches de la Géorgie. Cette population apparaîtcomme relativement bien intégrée à l’État-nation turc et peu revendicatrice de sa différence. Au contraire, les Lazes sont même souvent considérés comme plus conservateurs et nationalistes que le moyenne. Le président Recep Tayyip Erdoğan n’hésite d’ailleurs pas à instrumentaliser cette communauté pour mieux critiquer l’activisme politique kurde. Pourtant, les Lazes sont eux aussi porteurs de certaines revendications concernant la préservation de leur culture et en particulier leur langue, considérée comme « en voie dedisparition » par l’UNESCO. Se pencher sur leur situation, au moment où s’écrit un nouveau chapitre de la question des minorités en Turquie, permet une compréhension plus fine des enjeux liés à cet enjeu capital pour le pays.

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Le processus de paix amorcé depuis fin 2024 entre l’État turc et le PKK replace au cœur des débats la question de l’inclusion des minorités ethno-culturelles au sein de la République de Turquie. Tuncer Bakırhan, co-dirigeant du parti de gauche multiculturaliste DEM et intermédiaire clef entre le leader emprisonné du PKK Abdullah Öcalan et l’État, a ainsi déclaré en janvier 2026 qu’était venu le temps « de reconnaître la réalité kurde ». Résumer la question de l’inclusion des minorités à cette seule cause serait pourtant une erreur. La mosaïque culturelle du pays se compose également de groupes plus discrets, à l’image des Lazes qui peuplent les côtes de la mer Noire proches de la Géorgie. Cette population apparaît
comme relativement bien intégrée à l’État-nation turc et peu revendicatrice de sa différence. Au contraire, les Lazes sont même souvent considérés comme plus conservateurs et nationalistes que le moyenne. Le président Recep Tayyip Erdoğan n’hésite d’ailleurs pas à instrumentaliser cette communauté pour mieux critiquer l’activisme politique kurde. Pourtant, les Lazes sont eux aussi porteurs de certaines revendications concernant la préservation de leur culture et en particulier leur langue, considérée comme « en voie de
disparition » par l’UNESCO.

Se pencher sur leur situation, au moment où s’écrit un nouveau chapitre de la question des minorités en Turquie, permet une compréhension plus fine des enjeux liés à cet enjeu capital pour le pays.

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27.02.2026 à 14:21

Mexique : quels objectifs derrière l’élimination d’ « El Mencho » ?

Coline Laroche              

Le 22 février dernier, une opération militaire mexicaine, conduite avec l’appui des renseignements états-uniens, a abouti à l’arrestation puis à la mort d’El Mencho — l’un des chefs les plus influents du crime organisé mexicain. Des vagues de violence ont éclaté depuis dans le pays, témoin de l’enracinement profond des cartels dans la société mexicaine. Bien que l’opération ai été, dans les formes, menée de manière souveraine par le Mexique, le soutien américain s’inscrit dans la continuité de la logique sécuritaire américaine inspirée de la doctrine Monroe, justifiant une implication directe ou indirecte de Washington dans les affaires de sécurité de l’ensemble du continent – à l’encontre des principes du droit international. Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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Le 22 février dernier, une opération militaire mexicaine, conduite avec l’appui des renseignements états-uniens, a abouti à l’arrestation puis à la mort d’El Mencho — l’un des chefs les plus influents du crime organisé mexicain. Des vagues de violence ont éclaté depuis dans le pays, témoin de l’enracinement profond des cartels dans la société mexicaine. Bien que l’opération ai été, dans les formes, menée de manière souveraine par le Mexique, le soutien américain s’inscrit dans la continuité de la logique sécuritaire américaine inspirée de la doctrine Monroe, justifiant une implication directe ou indirecte de Washington dans les affaires de sécurité de l’ensemble du continent – à l’encontre des principes du droit international.

  • Comment peut-on analyser cette opération ?
  • Quelle est sa portée géopolitique ?

Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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26.02.2026 à 17:04

Russie-Ukraine : quel état des lieux après quatre ans de guerre ?

Coline Laroche              

Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les rapports de force ont évolué. Alors que le soutien américain s’est érodé, affaiblissant la capacité occidentale à défendre l’intégrité territoriale de Kiev, la Russie de Vladimir Poutine occupe désormais une part significative du territoire revendiqué. Mais malgré ces gains, le conflit s’est transformé en guerre d’attrition dont l’issue demeure incertaine et disputée. La stratégie du Kremlin, opposée à celle des Européens, peut sembler avoir partiellement porté ses fruits, mais la question ukrainienne dépasse largement la dimension territoriale : elle touche à l’identité politique, aux appartenances culturelles et à la logique des sphères d’influence, dans un ordre international où l’idée même d’un ordre globalisé s’effrite. Comment comprendre, dans ce contexte, la configuration actuelle du conflit russo-ukrainien ? Le point avec Igor Delanoë, chercheur associé à l’IRIS, spécialisé sur la géopolitique de la Russie. Comment analyser la stratégie militaire, politique et diplomatique de la Russie après quatre années de guerre en Ukraine ? Quel bilan dresser de son efficacité réelle ? « L’opération militaire spéciale » était certainement conçue à l’origine comme une opération rapide – quelques semaines tout au plus – avec relativement peu de pertes. Dans la vision du Kremlin, elle devait provoquer une remise à plat du système de sécurité européen, ce que l’on discernait d’ailleurs entre les lignes de l’accord d’Istanbul de mars 2022. L’OTAN, et probablement l’UE, devaient cesser leur élargissement vers l’Est, et l’Ukraine devait devenir un État neutre, hors bloc. La transformation du conflit armé en une guerre d’attrition prolongée a amené à une réorientation de ces objectifs. Tout d’abord, la question de la neutralité, et a fortiori celle de l’orientation politique pro-russe de l’État ukrainien – qui était certainement un des objectifs initiaux de « l’opération militaire spéciale », a été remisée. Si le Kremlin obtiendra vraisemblablement à l’issue […]

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Texte intégral (1837 mots)

Comment analyser la stratégie militaire, politique et diplomatique de la Russie après quatre années de guerre en Ukraine ? Quel bilan dresser de son efficacité réelle ?

« L’opération militaire spéciale » était certainement conçue à l’origine comme une opération rapide – quelques semaines tout au plus – avec relativement peu de pertes. Dans la vision du Kremlin, elle devait provoquer une remise à plat du système de sécurité européen, ce que l’on discernait d’ailleurs entre les lignes de l’accord d’Istanbul de mars 2022. L’OTAN, et probablement l’UE, devaient cesser leur élargissement vers l’Est, et l’Ukraine devait devenir un État neutre, hors bloc.

La transformation du conflit armé en une guerre d’attrition prolongée a amené à une réorientation de ces objectifs. Tout d’abord, la question de la neutralité, et a fortiori celle de l’orientation politique pro-russe de l’État ukrainien – qui était certainement un des objectifs initiaux de « l’opération militaire spéciale », a été remisée. Si le Kremlin obtiendra vraisemblablement à l’issue de la guerre l’arrêt de l’expansion de l’OTAN sur ses marges et des restrictions sur la présence militaire étrangère en Ukraine, il ne changera pas la nature du pouvoir ukrainien, qui restera hostile à la Russie. De là découle le second objectif : les restrictions sur les capacités de l’armée ukrainienne. Aboutir à une réalité dans laquelle la Russie a à ses portes un pouvoir ukrainien hostile, mais inoffensif militairement, apparaît comme une issue plutôt acceptable pour le Kremlin. À cela s’ajoutent des exigences sur la langue russe – un sujet récurrent dans les relations russo-ukrainiennes depuis les années 1990 – et l’Église orthodoxe russe en Ukraine. Autrement dit, le cœur des revendications russes n’est pas tant la question territoriale, que celle du statut de l’Ukraine. Il paraît d’ailleurs douteux que les Russes ambitionnent de conquérir d’autres oblasts ukrainiens compte-tenu des moyens dont ils disposent sur le terrain. Le seul territoire qui les intéresse pour sa valeur politique, ce sont les 25 % du Donbass que contrôle l’armée ukrainienne, équivalent à la superficie du département du Var. Moscou demeure convaincue que le temps ne joue pas en faveur de l’Ukraine, et mise sur l’épuisement des ressources humaines, économiques et énergétiques de Kiev, mais aussi sur la lassitude et le tarissement des ressources de ses soutiens, pour parvenir à ses fins.

Au niveau diplomatique, la stratégie russe a peu évolué sur le fond depuis 2022, après l’échec des pourparlers à Istanbul, et s’est retrouvée confortée après l’élection de Donald Trump : Moscou mise avant tout sur une entente avec Washington. Les positions du Kremlin n’ont pas bougé tandis que Donald Trump variait jusqu’à l’été 2025 sur l’approche retenue pour aborder les négociations avec Moscou : exiger un cessez-le-feu préalable et inconditionnel, ce qui était la position des Européens et des Ukrainiens, ou s’engager dans les discussions alors que les combats font rage, comme le demandait la Russie. C’est finalement cette dernière option qui a été retenue, et la séquence diplomatique qui s’est ouverte à Abou Dhabi au début de l’année en est un premier résultat. L’idée directrice reste de forger un cadre pour un cessez-le-feu au cours de négociations tripartites, cadre qui sera ensuite imposé aux Européens, croit-on à Moscou. Ceci dit, même si Washington a changé d’approche sur le conflit avec la nouvelle administration, les Américains maintiennent des leviers sur Moscou, comme les sanctions contre Rosneft et Lukoil adoptées en octobre 2025 l’ont démontré, de même que les fuites sur l’implication toujours active de la CIA dans l’assistance aux Ukrainiens à la réalisation de frappes contre la Russie.

Le pouvoir russe est-il confronté à des contraintes sur le plan intérieur (économiques, sociales, opinion publique) ou se sent-il toujours légitime vis-à-vis de sa population ? Dans quelle mesure la logique de « raison d’État » continue-t-elle de structurer le soutien au Kremlin ?

Le pouvoir russe se sent toujours légitime vis-à-vis des Russes, mais il est plus contraint au plan intérieur que l’an dernier. Économiquement d’abord, dans la mesure où de nombreux indicateurs économiques sont passés à l’orange fin 2025, début 2026. La Russie a terminé 2025 avec une croissance d’environ 1 %, après deux années à plus de 4 %. L’inflation, évaluée à 5,6 % l’an dernier, continue de ronger du pouvoir d’achat, d’autant plus que celle ressentie est probablement deux à trois plus forte selon les denrées considérées. Avec un taux directeur de la Banque centrale à 15,5 %, l’argent continue de coûter trop cher et les entreprises russes ont stoppé leurs investissements. Enfin, le déficit budgétaire était de 2,6 % en 2025, après plusieurs années où il était inférieur à 2 %. Autrement dit, la trajectoire macroéconomique du pays semble s’inscrire dans une forme de stagnation soutenue par une croissance molle, située entre 1 et 2 % annuelle d’ici la fin de la décennie. Les ressorts du sursaut économique constatés en 2023 et 2024 grâce au néo-keynésianisme de l’État russe qui a massivement investi dans la relance industrielle sélective ont désormais atteint leurs limites.

La société russe aussi montre des signes de lassitudes à l’égard du conflit. Si la vie demeure normale à Moscou, ce n’est en revanche pas le cas dans les régions frontalières de l’Ukraine ni même dans certains centres industriels plus éloignés de la zone des combats. D’une manière générale, la population éprouvera un grand soulagement quand la guerre sera terminée, mais elle n’est pour autant pas prête à agir pour précipiter la fin des opérations, ni à souscrire à tout prix à une paix au rabais. Les enquêtes d’opinions tendent plutôt à démontrer que ses exigences se rapprochent de celles du Kremlin concernant les modalités de la fin des hostilités, c’est-à-dire une reddition ukrainienne. En ce qui concerne le recrutement des troupes, qui se fait toujours très majoritairement sur la base du volontariat grâce à des salaires et un package social attractifs, on croit constater un ralentissement du rythme des engagements. Selon les sources considérées, ce sont désormais 30 000 à 35 000 hommes qui s’enrôlent chaque mois pour aller se battre en Ukraine, contre 40 000 à 45 000 recrues mensuelles durant une grande partie de 2025.

Toutefois, si de nouvelles contraintes existent bien, elles ne sont en revanche pas de nature à ce stade à remettre en question ni l’effort de guerre du Kremlin, ni même son calcul politique et sa détermination à court et moyen termes.

Le positionnement belliqueux de la Russie sur la scène internationale sur plusieurs fronts est-il selon vous amené à se renforcer au-delà de son champ d’intervention actuel ? Doit-on s’attendre à une guerre sans fin alors que le Kremlin avait notamment déclaré que « la guerre informationnelle avec l’Occident ne se terminera jamais » ? Qu’est-ce que cela nous dit de la vision du monde proposée par Vladimir Poutine et les idéologues du régime ?

Ce qui est certain, ce que le Kremlin reste convaincu que la confrontation avec les Occidentaux a vocation à durer, même après la fin de la guerre en Ukraine. Cet Occident apparaît toutefois moins « collectif » qu’avant l’élection de Donald Trump. Si les Américains devraient se focaliser davantage sur leur compétition géopolitique avec la Chine, l’Union européenne reste perçue comme fondamentalement hostile car refusant tout dialogue sur une base d’égalité avec Moscou tant que Vladimir Poutine est au Kremlin, et tant que la Russie n’est pas démocratique. Une grille de lecture populaire au sein des observateurs russes de la vie internationale est celle qui oppose les globalistes aux régionalistes. Selon cette grille d’analyse, les globalistes sont les tenants de l’ordre international tel qu’il existait avant la pandémie. Vu de Moscou, l’UE et les démocrates américains restent les défenseurs acharnés de ce monde globalisé, incarné par le Forum de Davos, et perçu comme déclinant. Les régionalistes sont ceux qui promeuvent un ordre mondial articulé autour de sphères d’influence régionales où les puissances s’entendent selon une logique transactionnelle et dans lequel le multilatéralisme subsiste surtout au niveau macro-régional, comme l’Organisation de coopération de Shanghaï peut par exemple en faire la démonstration. Trump est perçu par les Russes comme favorable à cette réorganisation des affaires du monde, dont la guerre en Ukraine serait, selon eux, un accélérateur.

D’une manière générale, une fois le conflit en Ukraine éteint, le Kremlin continuera de promouvoir un ordre international multipolaire post-occidental. La confrontation devrait se poursuivre dans le champ informationnel et à travers des zones de conflit tierces (Afrique, Moyen-Orient) mais on peut douter que la Russie s’engage dans une aventure militaire, qui plus est directement contre l’OTAN. Elle va ressortir lessivée économiquement de cette guerre, elle aura besoin de se régénérer et le pouvoir aura du mal à justifier un nouveau conflit auprès de sa population et des élites.

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26.02.2026 à 15:35

Un dialogue est-il possible avec l’ambassadeur d’Israël ?

Déborah Yapi

J’ai reçu le mois dernier un mail de l’ambassade d’Israël proposant la participation de Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, à un des prochains épisodes de Comprendre le monde. J’ai accepté, mais je n’ai reçu aucune suite, ce qui n’est pas une première, puisque j’ai déjà invité par le passé plusieurs interlocuteurs avec lesquels j’entretiens des désaccords sur le fond, sans réponse in fine. Le dialogue entre points de vue divergents devient de plus en plus difficile, notamment sur la question du Proche-Orient. Cela reflète assez fidèlement le climat politique actuel, mais contribue aussi à l’aggraver en alimentant le cercle vicieux de la polarisation. Je tiens à le rappeler, ma porte reste ouverte au débat constructif et respectueux.

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J’ai reçu le mois dernier un mail de l’ambassade d’Israël proposant la participation de Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, à un des prochains épisodes de Comprendre le monde. J’ai accepté, mais je n’ai reçu aucune suite, ce qui n’est pas une première, puisque j’ai déjà invité par le passé plusieurs interlocuteurs avec lesquels j’entretiens des désaccords sur le fond, sans réponse in fine.

Le dialogue entre points de vue divergents devient de plus en plus difficile, notamment sur la question du Proche-Orient. Cela reflète assez fidèlement le climat politique actuel, mais contribue aussi à l’aggraver en alimentant le cercle vicieux de la polarisation. Je tiens à le rappeler, ma porte reste ouverte au débat constructif et respectueux.

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26.02.2026 à 15:28

L’impact de la crise malienne sur l’Algérie et la Mauritanie : enjeux, dynamiques et répercussions régionales

Coline Laroche              

Depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à l’une des crises sécuritaires les plus complexes du Sahel et du continent africain. Entre la déliquescence de l’État, l’expansion préoccupante des organisations djihadistes liées à Al-Qaïda et à l’État islamique, l’exacerbation des tensions intercommunautaires et les carences structurelles des institutions, l’avenir du pays interroge. Au-delà des enjeux internes maliens, l’instabilité de ce pays sahélien stratégique engendre une détérioration sécuritaire régionale caractérisée par la prolifération des armes, l’expansion des mouvements djihadistes et le renforcement des réseaux criminels transfrontaliers dont les activités financent en partie le terrorisme et contribuent à saper l’autorité des États de la région. L’instabilité du Mali impacte aujourd’hui l’ensemble du Sahel et du Maghreb, contraignant les États limitrophes à intensifier leurs efforts sécuritaires. Dans ce cadre, deux pays maghrébins, l’Algérie et la Mauritanie, qui partagent de longues frontières avec le Mali et entretiennent avec lui d’importants liens sécuritaires, économiques et diplomatiques, se trouvent particulièrement exposés. Cette étude examine les répercussions multiples de la crise politico-sécuritaire malienne sur ces deux pays, en analysant leurs fragilités, leurs stratégies d’adaptation et les conséquences géostratégiques pour la région.

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Depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à l’une des crises sécuritaires les plus complexes du Sahel et du continent africain. Entre la déliquescence de l’État, l’expansion préoccupante des organisations djihadistes liées à Al-Qaïda et à l’État islamique, l’exacerbation des tensions intercommunautaires et les carences structurelles des institutions, l’avenir du pays interroge.

Au-delà des enjeux internes maliens, l’instabilité de ce pays sahélien stratégique engendre une détérioration sécuritaire régionale caractérisée par la prolifération des armes, l’expansion des mouvements djihadistes et le renforcement des réseaux criminels transfrontaliers dont les activités financent en partie le terrorisme et contribuent à saper l’autorité des États de la région.

L’instabilité du Mali impacte aujourd’hui l’ensemble du Sahel et du Maghreb, contraignant les États limitrophes à intensifier leurs efforts sécuritaires. Dans ce cadre, deux pays maghrébins, l’Algérie et la Mauritanie, qui partagent de longues frontières avec le Mali et entretiennent avec lui d’importants liens sécuritaires, économiques et diplomatiques, se trouvent particulièrement exposés. Cette étude examine les répercussions multiples de la crise politico-sécuritaire malienne sur ces deux pays, en analysant leurs fragilités, leurs stratégies d’adaptation et les conséquences géostratégiques pour la région.

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25.02.2026 à 19:14

La vision du Népal sur l’Indo-Pacifique : un paysage stratégique en mutation

Coline Laroche              

Cette note est publiée en partenariat avec The Nepal Institute for International Cooperation and Engagement (NIICE) et est disponible dans sa version anglaise sur Khabarhub. L’Indo-Pacifique est devenue la région la plus dynamique et la plus disputée du XXIe siècle. Englobant 60 % de la population mondiale et contribuant à plus de 65 % du PIB mondial, c’est un foyer d’innovation, de commerce et de connectivité. S’étendant de la côte orientale de l’Afrique aux rivages occidentaux des États-Unis, l’Indo-Pacifique relie les océans Indien et Pacifique, deux artères du commerce mondial et de la sécurité internationale. Plus de la moitié du commerce maritime mondial, notamment le pétrole, le gaz et les matières premières, transite par ces eaux, ce qui en fait le cœur stratégique de la géopolitique mondiale. Pour le Népal, bien qu’enclavé, l’Indo-Pacifique n’est pas une réalité lointaine. C’est une réalité interconnectée qui influence l’économie, la diplomatie et la sécurité du pays d’une manière souvent sous-estimée. Alors que de nouvelles rivalités entre grandes puissances se déploient dans la région, notamment entre les États-Unis et la Chine, et que des cadres comme le QUAD et l’AUKUS redéfinissent l’ordre régional, le Népal a besoin d’une vision claire et prospective de l’Indo-Pacifique, ancrée dans ses intérêts nationaux, ses valeurs démocratiques et ses aspirations en matière de développement.

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L’Indo-Pacifique est devenue la région la plus dynamique et la plus disputée du XXIe siècle.

Englobant 60 % de la population mondiale et contribuant à plus de 65 % du PIB mondial, c’est un foyer d’innovation, de commerce et de connectivité. S’étendant de la côte orientale de l’Afrique aux rivages occidentaux des États-Unis, l’Indo-Pacifique relie les océans Indien et Pacifique, deux artères du commerce mondial et de la sécurité internationale. Plus de la moitié du commerce maritime mondial, notamment le pétrole, le gaz et les matières premières, transite par ces eaux, ce qui en fait le cœur stratégique de la géopolitique mondiale.

Pour le Népal, bien qu’enclavé, l’Indo-Pacifique n’est pas une réalité lointaine. C’est une réalité interconnectée qui influence l’économie, la diplomatie et la sécurité du pays d’une manière souvent sous-estimée. Alors que de nouvelles rivalités entre grandes puissances se déploient dans la région, notamment entre les États-Unis et la Chine, et que des cadres comme le QUAD et l’AUKUS redéfinissent l’ordre régional, le Népal a besoin d’une vision claire et prospective de l’Indo-Pacifique, ancrée dans ses intérêts nationaux, ses valeurs démocratiques et ses aspirations en matière de développement.

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25.02.2026 à 18:46

Géopolitique : le choix de l’indépendance. Avec François Ruffin

Déborah Yapi

Pascal Boniface · Géopolitique : le choix de l’indépendance. Avec François Ruffin | Entretiens géopo La politique internationale revient au premier plan du débat public français et occupera une place centrale dans les programmes présidentiels à venir. Face aux reconfigurations géopolitiques majeures engendrées par le second mandat de Donald Trump, parmi lesquelles une remise en cause du système international et de la relation transatlantique, la France et l’Union européenne ne peuvent aujourd’hui plus compter sur leur allié historique. Par ailleurs, les dépendances stratégiques auxquelles elles sont soumises ainsi que les accusations de doubles standards à son encontre viennent éroder leurs influences sur la scène internationale. Si la France souhaite conserver sa souveraineté stratégique, l’heure est donc à l’indépendance géopolitique pour la France et l’Union européenne, tant sur le plan politique à travers la diversification de ses partenaires que sur le plan industriel en relocalisant les industries jugées stratégiques pour le pays.Quelle posture la France doit-elle adopter sur la scène internationale ? Peut-elle réellement retrouver une marge d’autonomie stratégique sans soutien états-unien ? La France doit-elle négocier avec la Chine ? Comment renouer avec les pays du Sud ?Dans ce podcast, je reçois François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle.

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La politique internationale revient au premier plan du débat public français et occupera une place centrale dans les programmes présidentiels à venir. Face aux reconfigurations géopolitiques majeures engendrées par le second mandat de Donald Trump, parmi lesquelles une remise en cause du système international et de la relation transatlantique, la France et l’Union européenne ne peuvent aujourd’hui plus compter sur leur allié historique. Par ailleurs, les dépendances stratégiques auxquelles elles sont soumises ainsi que les accusations de doubles standards à son encontre viennent éroder leurs influences sur la scène internationale. Si la France souhaite conserver sa souveraineté stratégique, l’heure est donc à l’indépendance géopolitique pour la France et l’Union européenne, tant sur le plan politique à travers la diversification de ses partenaires que sur le plan industriel en relocalisant les industries jugées stratégiques pour le pays.
Quelle posture la France doit-elle adopter sur la scène internationale ? Peut-elle réellement retrouver une marge d’autonomie stratégique sans soutien états-unien ? La France doit-elle négocier avec la Chine ? Comment renouer avec les pays du Sud ?
Dans ce podcast, je reçois François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle.

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