
15.07.2026 à 18:27
Déborah Yapi
L’inaction des démocraties occidentales face aux violations du droit international dans le conflit israélo-palestinien interroge leur influence dans la gestion des crises internationales. Elle remet également en cause la crédibilité des organisations internationales dans leur capacité à faire respecter le droit international et d’appliquer les mêmes exigences à tous les États. Cette situation alimente les débats sur l’existence d’une « indifférence sélective » ou de « doubles standards » dans le traitement des conflits internationaux. Parallèlement, la guerre à Gaza fait naître des fractures inédites au sein des opinions publiques occidentales. Aux États-Unis, une partie importante de la communauté juive critique ouvertement la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahou, une évolution qui contraste avec les positions défendues par les communautés juives en Europe qui soutiennent Israël. Comment expliquer les différences de traitement politique et diplomatique entre les conflits ? L’Europe est-elle encore en mesure de peser sur les crises internationales ? Comment comprendre les divergences d’opinions entre les communautés juives américaine et européenne face au conflit israélo-palestinien ? Autant d’enjeux abordés avec Sophie Bessis, historienne et essayiste.
L’article Gaza : indignation sélective et crédibilité occidentale. Avec Sophie Bessis est apparu en premier sur IRIS.
L’inaction des démocraties occidentales face aux violations du droit international dans le conflit israélo-palestinien interroge leur influence dans la gestion des crises internationales. Elle remet également en cause la crédibilité des organisations internationales dans leur capacité à faire respecter le droit international et d’appliquer les mêmes exigences à tous les États. Cette situation alimente les débats sur l’existence d’une « indifférence sélective » ou de « doubles standards » dans le traitement des conflits internationaux. Parallèlement, la guerre à Gaza fait naître des fractures inédites au sein des opinions publiques occidentales. Aux États-Unis, une partie importante de la communauté juive critique ouvertement la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahou, une évolution qui contraste avec les positions défendues par les communautés juives en Europe qui soutiennent Israël.
Comment expliquer les différences de traitement politique et diplomatique entre les conflits ? L’Europe est-elle encore en mesure de peser sur les crises internationales ? Comment comprendre les divergences d’opinions entre les communautés juives américaine et européenne face au conflit israélo-palestinien ?
Autant d’enjeux abordés avec Sophie Bessis, historienne et essayiste.
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15.07.2026 à 16:19
Déborah Yapi
Il y a quelque chose de vertigineux à observer simultanément deux grandes puissances mondiales enlisées dans des guerres qu’elles ne parviennent pas à gagner. Donald Trump vient de signer à Versailles ce que beaucoup présentent comme une capitulation face à l’Iran. Vladimir Poutine, lui, s’enfonce depuis plus de quatre ans dans un bourbier ukrainien qui devait durer trois jours. Dans un monde où deux hommes, l’Américain et le Russe, disposent chacun d’un arsenal nucléaire capable de réduire leur adversaire en cendres, la question se pose avec une urgence croissante : jusqu’à quand des empires accepteront-ils de perdre des guerres asymétriques ? Commençons par l’Ukraine, où la situation militaire à la mi-juillet 2026 est singulière. La Russie grignote encore du terrain : quelques kilomètres dans le Donbass, une pression constante sur Kharkiv. Mais l’Ukraine n’est plus en train de perdre la guerre. Elle ne la gagne pas non plus. Elle ne reprendra pas la Crimée par la force, et chacun le sait. Mais elle a réussi quelque chose de bien plus subtil et potentiellement décisif : frapper la Russie en son sein. Les infrastructures énergétiques russes sont visées méthodiquement. Moscou est contrainte d’interdire ses exportations de gazole pour lutter contre les pénuries internes. Zelensky a résumé sa stratégie avec une clarté chirurgicale : « Frapper la Russie au cœur de son territoire pour contraindre Moscou à négocier. Plus les frappes ukrainiennes s’enfoncent en profondeur en Russie, plus la pression sur Poutine devient insupportable. ». La logique est implacable. Il ne s’agit pas de vaincre militairement la Russie, objectif hors de portée. Il s’agit d’humilier Poutine, de l’acculer, de le contraindre à des négociations où il devra consentir à quelques concessions. Trump, qui n’a jamais caché son tropisme pour le « mâle alpha » du Kremlin, soutient désormais cette stratégie, non par […]
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Il y a quelque chose de vertigineux à observer simultanément deux grandes puissances mondiales enlisées dans des guerres qu’elles ne parviennent pas à gagner. Donald Trump vient de signer à Versailles ce que beaucoup présentent comme une capitulation face à l’Iran. Vladimir Poutine, lui, s’enfonce depuis plus de quatre ans dans un bourbier ukrainien qui devait durer trois jours. Dans un monde où deux hommes, l’Américain et le Russe, disposent chacun d’un arsenal nucléaire capable de réduire leur adversaire en cendres, la question se pose avec une urgence croissante : jusqu’à quand des empires accepteront-ils de perdre des guerres asymétriques ?
Commençons par l’Ukraine, où la situation militaire à la mi-juillet 2026 est singulière. La Russie grignote encore du terrain : quelques kilomètres dans le Donbass, une pression constante sur Kharkiv. Mais l’Ukraine n’est plus en train de perdre la guerre. Elle ne la gagne pas non plus. Elle ne reprendra pas la Crimée par la force, et chacun le sait. Mais elle a réussi quelque chose de bien plus subtil et potentiellement décisif : frapper la Russie en son sein. Les infrastructures énergétiques russes sont visées méthodiquement. Moscou est contrainte d’interdire ses exportations de gazole pour lutter contre les pénuries internes. Zelensky a résumé sa stratégie avec une clarté chirurgicale : « Frapper la Russie au cœur de son territoire pour contraindre Moscou à négocier. Plus les frappes ukrainiennes s’enfoncent en profondeur en Russie, plus la pression sur Poutine devient insupportable. ».
La logique est implacable. Il ne s’agit pas de vaincre militairement la Russie, objectif hors de portée. Il s’agit d’humilier Poutine, de l’acculer, de le contraindre à des négociations où il devra consentir à quelques concessions. Trump, qui n’a jamais caché son tropisme pour le « mâle alpha » du Kremlin, soutient désormais cette stratégie, non par amour de l’Ukraine, mais parce qu’il espère se poser en grand faiseur de paix avant les midterms de novembre. Il vient d’annoncer à Ankara qu’il autoriserait Kiev à fabriquer ses propres missiles Patriot, dont elle manque cruellement.
Mais voilà où le raisonnement achoppe. Vladimir Poutine n’est pas Donald Trump. Trump est un président élu. Il lui reste encore deux ans de mandat, et perdre un conflit ne lui ferait pas perdre le pouvoir. Poutine est un autocrate. Et les autocrates ne peuvent pas perdre leurs guerres, parce que perdre une guerre, c’est perdre le pouvoir. Et perdre le pouvoir, pour Poutine, ce n’est pas finir dans une datcha au bord de la mer Noire à rédiger ses mémoires. C’est finir une balle dans la tête ou, pire, comme Kadhafi, dans un caniveau, lynché par une foule en colère. C’est l’obsession qui gouverne toutes ses décisions depuis plus de vingt ans.
La stratégie de l’humiliation mise en œuvre par Zelensky n’est donc pas sans risques. Elle pourrait certes amener la population russe, fatiguée de ces interminables files d’attente pour quelques gouttes d’essence, à gronder assez fortement pour que des membres de l’entourage de Poutine envisagent de le pousser vers la sortie. Mais un Poutine acculé, qui sent qu’il perd l’opinion et qu’il pourrait être victime d’un coup d’État intérieur, est infiniment plus dangereux qu’un Poutine en position de force.
L’hypothèse d’un recours à une arme nucléaire tactique ne peut plus être écartée d’un revers de main. Nous n’en sommes pas là. Mais la question doit être posée, sans tabou ni naïveté, parce que c’est précisément là que mène la logique de l’humiliation poussée jusqu’à son terme.
Et c’est là que nous revenons à la question centrale. Nous vivons désormais dans un monde où le système multilatéral construit après 1945 est à l’agonie. L’administration Trump-Vance l’a méthodiquement déconstruit : bilatéralisme assumé, loi du plus fort érigée en doctrine. Dans ce monde où la justice internationale ne s’applique plus qu’aux vaincus et aux faibles, où les alliances traditionnelles ne valent plus le papier sur lequel elles sont signées, la tentation pour les grandes puissances de franchir les lignes rouges est structurellement plus forte.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Deux empires, américain et russe, qui ont perdu ou sont en train de perdre politiquement des guerres contre des adversaires militairement infiniment inférieurs. L’un contre l’Iran, l’autre contre l’Ukraine. Dans les deux cas, la puissance supérieure disposait de tous les moyens conventionnels pour écraser son adversaire. Dans les deux cas, quelque chose a résisté : la détermination d’un peuple, l’asymétrie des enjeux, la désorganisation de l’empire.
L’Histoire nous a pourtant déjà enseigné cette leçon. Les États-Unis l’ont apprise au Viêtnam, en Afghanistan, en Irak. L’Union soviétique l’a apprise en Afghanistan. Les empires ne gagnent pas les guerres asymétriques, non par manque de puissance de feu, mais parce que la puissance de feu ne suffit pas quand l’adversaire se bat pour sa survie et que vous vous battez pour une abstraction géopolitique.
La vraie question, la question terrifiante, est celle-ci : dans un monde sans arbitre international crédible, sans système multilatéral capable de contenir les frustrations des grandes puissances, que se passe-t-il lorsqu’un empire doté de plusieurs milliers d’armes nucléaires décide qu’il n’accepte plus de perdre ?
Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernière publication : America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang (éditions Point Nemo).
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15.07.2026 à 12:37
stagiairedecomm@iris-france.org
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les divergences entre les États-Unis et les pays européens ne cessent de s’accentuer, au point de remettre en question l’existence d’un monde occidental uni autour de valeurs communes. Le droit international constitue l’un des principaux points de rupture. Les récentes attaques de Marco Rubio contre la Cour pénale internationale marquent, à cet égard, une étape supplémentaire dans la croisade états-unienne à l’encontre de l’institution. Les désaccords transatlantiques autour de la CPI ne sont pas nouveaux. Dès l’adoption du Statut de Rome, en 1998, les États-Unis de Bill Clinton avaient choisi de rester en dehors de cette juridiction. Mais la confrontation s’est considérablement durcie après la délivrance de mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Washington a alors pris des sanctions contre des responsables de la Cour, traités comme s’ils étaient eux-mêmes des criminels. Marco Rubio souhaite désormais aller plus loin et ne cache plus sa volonté de voir disparaître la CPI. Il présente la Cour comme la « bête noire » des États-Unis et affirme que « la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays à coup de statuts ». En évoquant avec mépris « ce qu’on appelle le droit international », il ne se contente plus de contester certaines décisions de la Cour : il remet en cause le principe même d’une justice internationale. L’administration américaine entend ainsi pousser les États signataires du Statut de Rome à se retirer de la CPI. Cette offensive traduit une volonté de revenir à un ordre international dominé par les rapports de force et la loi du plus puissant. Les Européens se retrouvent face à un choix déterminant : défendre les principes et les institutions qu’ils affirment soutenir, au risque de s’opposer frontalement à Washington, […]
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Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les divergences entre les États-Unis et les pays européens ne cessent de s’accentuer, au point de remettre en question l’existence d’un monde occidental uni autour de valeurs communes. Le droit international constitue l’un des principaux points de rupture. Les récentes attaques de Marco Rubio contre la Cour pénale internationale marquent, à cet égard, une étape supplémentaire dans la croisade états-unienne à l’encontre de l’institution.
Les désaccords transatlantiques autour de la CPI ne sont pas nouveaux. Dès l’adoption du Statut de Rome, en 1998, les États-Unis de Bill Clinton avaient choisi de rester en dehors de cette juridiction. Mais la confrontation s’est considérablement durcie après la délivrance de mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Washington a alors pris des sanctions contre des responsables de la Cour, traités comme s’ils étaient eux-mêmes des criminels.
Marco Rubio souhaite désormais aller plus loin et ne cache plus sa volonté de voir disparaître la CPI. Il présente la Cour comme la « bête noire » des États-Unis et affirme que « la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays à coup de statuts ». En évoquant avec mépris « ce qu’on appelle le droit international », il ne se contente plus de contester certaines décisions de la Cour : il remet en cause le principe même d’une justice internationale.
L’administration américaine entend ainsi pousser les États signataires du Statut de Rome à se retirer de la CPI. Cette offensive traduit une volonté de revenir à un ordre international dominé par les rapports de force et la loi du plus puissant.
Les Européens se retrouvent face à un choix déterminant : défendre les principes et les institutions qu’ils affirment soutenir, au risque de s’opposer frontalement à Washington, ou y renoncer pour préserver la protection et les financements américains. Au-delà de l’avenir de la CPI, c’est la crédibilité internationale de l’Europe qui est en jeu.
Mon analyse dans cette vidéo.
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14.07.2026 à 00:00
Coline Laroche
L’étude du continent africain ne se résume pas à celle des 55 États qui le composent. Dans son ouvrage, Patrick Ferras étudie l’Afrique à travers différentes échelles et analyse l’évolution des organisations qui la composent, afin de mieux comprendre les dynamiques du continent. L’Afrique connaît une forte croissance démographique et dispose d’importantes ressources naturelles, qui représentent de véritables leviers de développement. À travers l’Union africaine et des initiatives comme l’Agenda 2063, les États africains cherchent à répondre aux enjeux sécuritaires, tout en renforçant leur intégration et leur poids économique, politique et diplomatique sur la scène internationale. Quels sont les principaux défis géographique et démographique du continent ? Quel rôle l’Union africaine joue-t-elle sur la scène internationale et en quoi l’Agenda 2063 illustre-t-il la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ? Comment renforcer l’intégration économique régionale ? Enfin, quelle est l’action de l’Union africaine face aux enjeux sécuritaires en Afrique ? Le point avec Patrick Ferras, enseignant à IRIS Sup’ et président de l’association stratégies africaines, à l’occasion de la parution de son ouvrage Afrique = Union africaine + 55 États (2026). En quoi la géographie et la démographie du continent africain constituent-elles des opportunités, mais également des vulnérabilités pour son développement ? La géographie et la démographie du continent représentent un potentiel important, mais sa valorisation peine à être concrétisée. L’immensité et la diversité des ressources du continent (cobalt, terres rares, hydroélectricité…) sont de réelles opportunités et donnent à l’Afrique une valeur stratégique importante. Néanmoins, le faible nombre d’infrastructures de transport et d’énergie est une contrainte qui affecte de très nombreux États, et plus particulièrement les États enclavés. L’intégration régionale peut apporter une solution à ces nombreux obstacles, mais elle reste encore peu développée. Si la démographie est un atout pour certains économistes (en termes de main-d’œuvre ou de […]
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L’étude du continent africain ne se résume pas à celle des 55 États qui le composent. Dans son ouvrage, Patrick Ferras étudie l’Afrique à travers différentes échelles et analyse l’évolution des organisations qui la composent, afin de mieux comprendre les dynamiques du continent. L’Afrique connaît une forte croissance démographique et dispose d’importantes ressources naturelles, qui représentent de véritables leviers de développement. À travers l’Union africaine et des initiatives comme l’Agenda 2063, les États africains cherchent à répondre aux enjeux sécuritaires, tout en renforçant leur intégration et leur poids économique, politique et diplomatique sur la scène internationale.
Quels sont les principaux défis géographique et démographique du continent ? Quel rôle l’Union africaine joue-t-elle sur la scène internationale et en quoi l’Agenda 2063 illustre-t-il la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ? Comment renforcer l’intégration économique régionale ? Enfin, quelle est l’action de l’Union africaine face aux enjeux sécuritaires en Afrique ? Le point avec Patrick Ferras, enseignant à IRIS Sup’ et président de l’association stratégies africaines, à l’occasion de la parution de son ouvrage Afrique = Union africaine + 55 États (2026).
En quoi la géographie et la démographie du continent africain constituent-elles des opportunités, mais également des vulnérabilités pour son développement ?
La géographie et la démographie du continent représentent un potentiel important, mais sa valorisation peine à être concrétisée.
L’immensité et la diversité des ressources du continent (cobalt, terres rares, hydroélectricité…) sont de réelles opportunités et donnent à l’Afrique une valeur stratégique importante. Néanmoins, le faible nombre d’infrastructures de transport et d’énergie est une contrainte qui affecte de très nombreux États, et plus particulièrement les États enclavés. L’intégration régionale peut apporter une solution à ces nombreux obstacles, mais elle reste encore peu développée.
Si la démographie est un atout pour certains économistes (en termes de main-d’œuvre ou de jeunesse par exemple) et pourrait être un dividende, elle reste tributaire de systèmes éducatifs peu développés et de structures de santé insuffisantes. 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 représentent un potentiel important, mais cela devra s’accompagner d’un investissement massif dans l’emploi.
Le développement du continent sera lié à la réduction de l’écart entre le potentiel de la géographie et de la démographie et sa valorisation effective.
Quelle est la place de l’Union africaine sur la scène internationale et quels sont les défis internes auxquels elle fait face ? En quoi les objectifs de l’Agenda 2063 traduisent-ils la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ?
La montée en puissance de l’Union africaine comme acteur diplomatique reconnu s’affirme depuis quelques années. Elle est devenue incontournable pour représenter le continent et siège au G20 depuis 2023. Elle enchaîne les sommets avec de très nombreux bailleurs (Union européenne, Chine, États-Unis, Japon, France…). Ses deux « bras armés », la Commission et le Conseil de paix et de sécurité, portent la voix du continent sur des enjeux globaux et sécuritaires.
Les défis restent néanmoins importants. Le financement de son budget est assuré à 60 % par des partenaires extérieurs. Comme toute union, elle est sujette aux intérêts nationaux divergents, mais aussi aux rivalités régionales (communautés économiques régionales (CER)[1]) qui l’affaiblissent. La gestion des crises majeures, qui impliquent 21 États africains, demeure le point faible de l’organisation africaine. Son poids institutionnel reste encore modeste face aux grandes puissances et aux institutions financières internationales.
L’Agenda 2063, est révélateur de la volonté des acteurs africains de penser l’avenir de leur continent. Cette ambition se heurte à plusieurs difficultés :
En résumé, l’Agenda 2063 traduit clairement une ambition de peser davantage. Il revendique une Afrique « influente, unie et forte » et la volonté d’être un acteur des relations internationales.
Quels sont les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique ? Dans quelle mesure les communautés économiques régionales (CER) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) contribuent-elles à renforcer l’intégration économique sur le continent africain ?
Les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique sont les ressources naturelles, la démographie, les investissements directs étrangers (IDE) et le potentiel de l’agriculture. S’y ajoutent le potentiel des services et de la consommation intérieure.
L’intégration économique s’est construite par la montée en puissance de huit communautés économiques régionales majeures. Si elles ont permis des avancées réelles, la différence de niveau d’intégration au sein des CER est importante et ne facilite pas l’intégration du continent. De surcroît, la possibilité pour un État d’appartenir à plusieurs CER (fragmentées et inégales) complique l’intégration. En 2019, la Zone de libre-échange continentale africaine est créée. Elle réunit 54 États[2]. Seule l’Érythrée n’a pas adhéré à cette initiative économique majeure. Les objectifs sont l’augmentation du commerce intra-africain et une meilleure attractivité pour les investisseurs. Mais la mise en œuvre de la ZLECA reste lente et a été très ralentie par la pandémie de Covid-19 et les crises internationales qui se succèdent. Le manque d’infrastructures de transport participe à cette difficile mise en œuvre. L’affirmation de résultats positifs de la ZLECA prendra de nombreuses années. La question qui demeure posée pourrait être la suivante : quel sera l’avenir des CER lorsque la ZLECA sera pleinement opérationnelle ? Le mille-feuille des organisations économiques ne gagnerait-il pas à être réduit ?
Quels sont les principaux enjeux sécuritaires auxquels sont confrontés les États africains ? Quel rôle joue l’Union africaine dans la résolution des crises ? Quelles actions pourraient être mises en place pour renforcer la stabilité du continent ?
Ving-et-un États africains sont confrontés à une crise ou un conflit majeur (coups d’État, guerres civiles, terrorisme ou extrémisme violent). La criminalité organisée et les tensions liées aux ressources et au climat sont aussi des enjeux sécuritaires majeurs.
Dès le mois de février 2004, l’Union africaine s’est dotée d’une politique commune de défense et de sécurité. Deux principes fondamentaux sont à mettre en relief : la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, mais l’UA se réserve le droit d’intervenir en cas de crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l’humanité.
Un des programmes majeurs de l’UA réside dans l’Architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS). Elle s’articule principalement autour du Conseil de paix et de sécurité (CPS), appuyé par la Commission de l’Union africaine. Seul le CPS peut autoriser des missions de soutien à la paix, imposer des sanctions, prendre des initiatives et des actions en réponse à des conflits éventuels ou réels. Il est composé de 15 membres, siégeant pour deux ou trois ans. Quatre outils sont importants au sein de l’AAPS : la Force africaine en attente (intervention), le Groupe des sages (médiation), le Système continental d’alerte rapide (information) et le Fonds pour la paix (financement).
L’AAPS demeure ralentie par le manque de moyens financiers et la rivalité décisionnelle entre le niveau continental et celui des CER.
L’Agenda 2063 reste une feuille de route intéressante. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité du terrain reste important. L’intégration économique continentale, comme l’unité politique, ne pourront se réaliser qu’avec l’application du principe de base de la renaissance africaine : « Faire taire les armes en 2030 ».
[1] Elles sont au nombre de huit : la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).
[2] Qui représentent un potentiel d’environ 1.5 milliard de consommateurs.
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13.07.2026 à 12:05
stagiairedecomm@iris-france.org
Le match de demi-finale de la Coupe du monde 2026, qui opposera l’Argentine à l’Angleterre mercredi 15 juillet, s’inscrit comme un nouveau chapitre d’une rivalité unique, où sport et géopolitique s’entremêlent depuis soixante ans. De la polémique arbitrale de 1966, où l’Argentine se sent lésée par un arbitrage perçu comme partial, à la guerre des Malouines en 1982, qui creuse un fossé politique entre les deux nations, chaque affrontement a dépassé le cadre sportif. Puis, en 1986 : la « Main de Dieu » et le « But du Siècle » de Maradona transforment un simple quart de finale en acte de résistance symbolique, où le football devient l’arme d’une revanche historique. Pourquoi cette rivalité, plus qu’une autre, cristallise-t-elle autant de passions et de tensions ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Le match de demi-finale de la Coupe du monde 2026, qui opposera l’Argentine à l’Angleterre mercredi 15 juillet, s’inscrit comme un nouveau chapitre d’une rivalité unique, où sport et géopolitique s’entremêlent depuis soixante ans.
De la polémique arbitrale de 1966, où l’Argentine se sent lésée par un arbitrage perçu comme partial, à la guerre des Malouines en 1982, qui creuse un fossé politique entre les deux nations, chaque affrontement a dépassé le cadre sportif. Puis, en 1986 : la « Main de Dieu » et le « But du Siècle » de Maradona transforment un simple quart de finale en acte de résistance symbolique, où le football devient l’arme d’une revanche historique.
Pourquoi cette rivalité, plus qu’une autre, cristallise-t-elle autant de passions et de tensions ? Mon analyse dans cette vidéo.
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13.07.2026 à 10:17
Coline Laroche
L’échec du programme du système de combat aérien du futur (SCAF) est un échec collectif des États qui l’ont promu, ainsi que des industriels censés le mettre en œuvre. Il est fondamental d’en comprendre les raisons avant d’esquisser les voies et moyens de sortir de l’impasse. Les États font de l’industrie et pas de la défense La première raison est que les États européens font passer les préoccupations de leurs industriels avant celles de leurs forces. Or, l’intérêt premier des armées est de disposer du meilleur avion possible, avec une totale liberté d’action, et non pas d’un avion qui se vend à l’export. Or, le Rafale de Dassault et l’Eurofighter de BAE-Airbus-Léonardo résultent de programmes lancés au début des années 1980 et entrés dans les forces au début des années 2000. Ce sont des avions dits de « quatrième génération » (ils ne sont pas furtifs) alors qu’une « sixième génération » (combat collaboratif avec des drones de combat) pointe déjà son nez. Notre retard technologique va donc s’accroître. En ne donnant pas les meilleures armes à leurs armées, les États manquent à leur « premier devoir – la défense » pour reprendre les mots du général de Gaulle. Tous les hommes politiques qui, en France, se réclament du gaullisme devraient s’en souvenir. Les intérêts de nos industriels ne sont pas toujours ceux de nos États. Les Allemands et les Français se racontent des histoires La deuxième raison de l’échec est que les décideurs politiques, les industriels et les forces armées se mentent entre eux et se mentent à eux-mêmes. Les décideurs allemands ont menti aux Français en acceptant ab initio des spécifications opérationnelles telles que l’emport d’un missile nucléaire ou la capacité d’apponter, qu’ils font mine de découvrir dix ans après, pour mieux les refuser. Et ils se mentent à eux-mêmes s’ils croient pouvoir développer […]
L’article SCAF : sortir de l’impasse est apparu en premier sur IRIS.
L’échec du programme du système de combat aérien du futur (SCAF) est un échec collectif des États qui l’ont promu, ainsi que des industriels censés le mettre en œuvre. Il est fondamental d’en comprendre les raisons avant d’esquisser les voies et moyens de sortir de l’impasse.
La première raison est que les États européens font passer les préoccupations de leurs industriels avant celles de leurs forces. Or, l’intérêt premier des armées est de disposer du meilleur avion possible, avec une totale liberté d’action, et non pas d’un avion qui se vend à l’export. Or, le Rafale de Dassault et l’Eurofighter de BAE-Airbus-Léonardo résultent de programmes lancés au début des années 1980 et entrés dans les forces au début des années 2000. Ce sont des avions dits de « quatrième génération » (ils ne sont pas furtifs) alors qu’une « sixième génération » (combat collaboratif avec des drones de combat) pointe déjà son nez. Notre retard technologique va donc s’accroître.
En ne donnant pas les meilleures armes à leurs armées, les États manquent à leur « premier devoir – la défense » pour reprendre les mots du général de Gaulle. Tous les hommes politiques qui, en France, se réclament du gaullisme devraient s’en souvenir. Les intérêts de nos industriels ne sont pas toujours ceux de nos États.
La deuxième raison de l’échec est que les décideurs politiques, les industriels et les forces armées se mentent entre eux et se mentent à eux-mêmes.
Les décideurs allemands ont menti aux Français en acceptant ab initio des spécifications opérationnelles telles que l’emport d’un missile nucléaire ou la capacité d’apponter, qu’ils font mine de découvrir dix ans après, pour mieux les refuser. Et ils se mentent à eux-mêmes s’ils croient pouvoir développer seuls, dans un délai raisonnable et à un coût maîtrisé, un avion de combat de sixième génération, comme le leur a justement rappelé Tom Enders, l’ancien patron Airbus. À supposer que l’industrie allemande y arrive, elle risque fort de ne pouvoir le vendre que sur son propre marché. En outre, les décideurs allemands sont familiers des promesses de coopération qui n’ont jamais abouties telles que l’avion de patrouille maritime, la modernisation de l’hélicoptère Tigre, l’Eurodrone ou qui ont abouti à des échecs patents comme le missile Trigat LR.
Côté français, si Dassault se déclare capable de construire un avion de combat de sixième génération « tout seul », il est chimérique de penser que la France peut le financer. Le programme Rafale a coûté plus de 50 milliards d’euros aux conditions financières de 2026, pour un total de 178 appareils. Le programme Eurofigther a coûté plus de 90 milliards d’euros pour près de 500 avions. Quant au F-22 raptor américain il aurait coûté 62 milliards d’euros pour 195 appareils. Dans ces conditions, un programme strictement national coûterait au bas mot une petite centaine de milliards d’euros pour une centaine d’avions disponibles, à la fin des années 2040. Un milliard d’euros par avion : ouvrons les yeux ! Dans le contexte budgétaire qui est le sien, la France ne pourra pas financer un nouveau porte-avions, moderniser sa force de dissuasion nucléaire, remonter en volume et en qualité sur les équipements et les munitions et de surcroit développer seule un nouveau système de combat aérien, alors même que la dotation de l’armée de l’Air n’a toujours pas atteint la cible capacitaire initiale de 286 Rafale ! Prétendre le contraire, c’est se mentir.
La troisième raison de l’échec, la plus importante, est que les forces armées des deux pays n’ont pas tiré les enseignements de la guerre en Ukraine ni de celle d’Iran et n’ont pas modifié en conséquence le besoin opérationnel.
Les spécifications du SCAF datent de 2017, voire 2014 si on remonte au projet franco-britannique du FCAS, un échec lui aussi. Or, ces guerres ont montré la difficulté pour des avions de combat de quatrième génération de percer les systèmes de défense anti-aérienne intégrés aussi bien du côté ukrainien que du côté russe. Elles ont rappelé au contraire l’importance de la guerre industrielle.
La masse, le coût et la vitesse de production et d’adaptation sont désormais les paramètres essentiels de la guerre. Est-ce que cela fait encore sens de disposer d’un nombre restreint d’avions de combat extrêmement coûteux alors que des drones bon marché peuvent frapper dans la profondeur du territoire ennemi avec des charges militaires beaucoup plus lourdes que les meilleurs de nos missiles ?
Les responsables de la défense nationale ont continué de penser « dans la boite », en voulant refaire ce qui existe déjà : un avion omnirôle capable d’effectuer toutes les opérations de supériorité aérienne, d’attaque au sol, d’emporter le missile nucléaire et en prime d’apponter sur le porte-avions… On refait du même, en mieux, mais en plus cher et en moindre quantité… Dans ces conditions, pourquoi changer ? Et du reste, la conclusion vient de tomber : on ne changera pas. Pour la France ce sera du Rafale pour seul horizon.
Or, cela pose un problème pour l’innovation de défense, appelée à stagner, et plus encore pour la composante aérienne de la dissuasion nucléaire française. Aujourd’hui un raid des forces aériennes stratégiques a encore de très bonnes chances de percer la défense russe. Mais demain ? Si l’on veut en être certain, il faudra un missile capable d’aller beaucoup plus loin et d’aller beaucoup plus vite que l’actuel missile ASMPA-NG. Et pour ce faire il sera nécessairement plus long et plus lourd. Il aurait donc fallu déterminer l’architecture du futur avion d’armes français en fonction du missile et non pas l’architecture du missile en fonction de l’avion qui le porte. Pour cela, il aurait mieux valu envisager de construire plusieurs avions : un bombardier (les Européens n’en ont aucun) et un chasseur. Cela eût permis de donner du travail à tout le monde. Hélas…
L’Allemagne, la France et l’Espagne ont eu raison de vouloir faire un programme commun de système de combat aérien, car le problème majeur de la défense européenne ne tient pas dans le trop grand nombre d’industriels de défense – ce qui est une chance – mais dans la trop grande fragmentation de la demande du fait de l’incapacité des États à s’entendre. Mais ils ont eu tort de décider d’une coopération en partant du partage industriel – le mortifère « juste retour » – et plus encore de ne pas faire évoluer leur besoin opérationnel. Alors que faire ?
Le plus important dans l’immédiat serait de préserver les enfants du divorce : sauver le « système » à défaut de sauver « l’avion », à savoir le cloud, le moteur à flux variable, les drones de combat et les systèmes d’armes, dont le système de mission embarqué. Car pour la France, la fin du SCAF n’impacte pas seulement Dassault, mais aussi Safran, Thales et MBDA et tous leurs sous-traitants. Malheureusement la décision du gouvernement allemand d’attribuer – sans appel d’offres – un contrat de 500 millions d’euros à la société Helsing pour l’architecture d’un cloud de combat augure mal de la suite. Quant à la coopération sur le futur moteur qui semblerait se dérouler au mieux, elle aura besoin de déboucher sur un avion… Néanmoins, trois voies de sortie nous semblent pouvoir être empruntées.
La première est de concentrer, à court terme, les efforts sur les drones de très longue portée et la défense anti-aérienne et anti-missiles. Dans ce domaine il conviendrait de miser sur des start-up innovantes plutôt que sur les grands « prime ». Certaines de ces entreprises existent déjà en France et des coopérations avec d’autres entreprises européennes et surtout ukrainiennes devraient être favorisées. Cela pourrait déboucher sur des familles de drones meilleur marché, du type des « Valkyrie XQ-58 A » de la société américaine Kratos qui coûtent moins de 2 millions d’euros par unité, à l’inverse du drone NEUROn plus cher qu’un Rafale. Cela suppose de contourner les procédures bureaucratiques de certification dont la France a le secret.
La seconde piste serait de favoriser une coopération avec le troisième avionneur européen, SAAB, pour un futur avion de combat qui pourrait être équipé du moteur franco-allemand de SAFRAN-MTU, des radars et de l’avionique de Thales et des effecteurs de MBDA. Il s’agirait en quelque sorte d’européaniser le Gripen qui est un bon chasseur, mais dont les parties essentielles (moteur, radar) sont américaines. S’il est bien une leçon qu’il faut retenir des évolutions technologiques récentes c’est que le futur de l’aviation de combat passe davantage par le système de mission et sa capacité à communiquer que par les caractéristiques du porteur qui emporte ce système.
Enfin, il faudrait avoir le courage de repenser les forces stratégiques aériennes stratégiques en partant du missile et de sa tête, qui sont les véritables instruments de la « souveraineté », et non pas du porteur qui peut être interchangeable et pourrait même être un avion de transport tels qu’un A330 MRTT ou un A400M.
Au demeurant, une réflexion sur un missile balistique sol-sol, du type de l’Orechnik doit être poursuivie. Des solutions existent déjà, à l’instar du programme de planeur hypersonique V-MAX d’Ariane group et de l’Onera ou le programme Sylex, ou encore un missile balistique de théâtre (MBT) sol-sol, tel que cela est envisagé dans la loi de programmation militaire. L’Ukraine comme l’Iran ont montré que rien ne protège à 100 % une attaque saturante de missiles balistiques, par nature hypersoniques et, dans la plupart des cas, inarrêtables. Nous ferions mieux d’y réfléchir.
L’échec du SCAF doit conduire les responsables politiques et militaires européens à penser « hors de la boite » et à tenir à la juste distance les intérêts de leurs propres industriels. Les États européens étaient « souverains » avant Airbus et Dassault. Ils le seront encore après eux.
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10.07.2026 à 17:06
stagiairedecomm@iris-france.org
La semaine dernière, je me suis rendu à Pékin pour participer au 14ᵉ World Peace Forum organisé par la Tsinghua University, un grand rendez-vous géopolitique ouvert par le vice-président chinois, Han Zheng. Pendant deux jours et demi, une soixantaine d’experts étrangers ont pu débattre des enjeux mondiaux. Dans son discours d’ouverture, le vice-président chinois a insisté sur quatre priorités : le soutien aux Nations unies, la défense du multilatéralisme, la gouvernance économique mondiale et la régulation de l’intelligence artificielle. Des positions qui s’inscrivent systématiquement en contrepoint de celles des États-Unis, notamment sous l’ère Trump. Les débats ont également porté sur le rôle de l’ordre international, souvent perçu comme un outil du monde occidental pour imposer ses règles. La question de Gaza et de la Cisjordanie a été soulevée comme exemple de double standard, tout comme la guerre en Ukraine, où la Chine, sans abandonner Poutine, appelle à un cessez-le-feu immédiat et à des négociations. En toile de fond, une question centrale a émergé : la Chine sera-t-elle le nouveau centre du monde ? Entre triomphalisme modéré et critique des erreurs américaines, Pékin semble convaincu que le temps joue en sa faveur. Mon analyse dans cette vidéo.
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La semaine dernière, je me suis rendu à Pékin pour participer au 14ᵉ World Peace Forum organisé par la Tsinghua University, un grand rendez-vous géopolitique ouvert par le vice-président chinois, Han Zheng. Pendant deux jours et demi, une soixantaine d’experts étrangers ont pu débattre des enjeux mondiaux.
Dans son discours d’ouverture, le vice-président chinois a insisté sur quatre priorités : le soutien aux Nations unies, la défense du multilatéralisme, la gouvernance économique mondiale et la régulation de l’intelligence artificielle. Des positions qui s’inscrivent systématiquement en contrepoint de celles des États-Unis, notamment sous l’ère Trump.
Les débats ont également porté sur le rôle de l’ordre international, souvent perçu comme un outil du monde occidental pour imposer ses règles. La question de Gaza et de la Cisjordanie a été soulevée comme exemple de double standard, tout comme la guerre en Ukraine, où la Chine, sans abandonner Poutine, appelle à un cessez-le-feu immédiat et à des négociations.
En toile de fond, une question centrale a émergé : la Chine sera-t-elle le nouveau centre du monde ? Entre triomphalisme modéré et critique des erreurs américaines, Pékin semble convaincu que le temps joue en sa faveur.
Mon analyse dans cette vidéo.
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10.07.2026 à 16:37
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Le premier anniversaire d’un pontificat constitue rarement un moment charnière dans l’histoire de l’Église catholique. Les premiers mois d’un nouveau pape sont généralement consacrés à la mise en place des équipes, à l’affirmation d’un style de gouvernement et à la définition des grandes orientations pastorales. L’élection de Robert Francis Prevost, devenu Léon XIV le 8 mai 2025, semblait s’inscrire dans cette logique. Dès ses premières interventions, le nouveau souverain pontife a placé son ministère sous le signe de l’unité, de la paix et du dialogue. Dans un contexte international marqué par le retour des conflits armés, la montée des nationalismes, la polarisation des sociétés démocratiques et la crise des institutions multilatérales, il a multiplié les appels à reconstruire les liens sociaux, à dépasser les logiques d’affrontement et à promouvoir une culture de la rencontre. À peine un an plus tard, ce discours sur la réconciliation se trouve confronté à une première crise au sein même de l’institution qu’il préside. Le 1er juillet 2026, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a procédé à la consécration de plusieurs évêques sans mandat pontifical. Malgré les avertissements répétés du Saint-Siège, les démarches entreprises par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi et une intervention personnelle du pape quelques jours avant les consécrations, la Fraternité a maintenu sa décision. Le Saint-Siège a alors constaté les excommunications prévues par le droit canonique et qualifié la rupture de schisme. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, un pontificat débute par une crise ouverte de communion interne qui touche directement la question de l’autorité pontificale. En réalité, l’événement dépasse largement le cadre d’un différend disciplinaire ou liturgique. Il constitue un révélateur des profondes recompositions qui traversent aujourd’hui le catholicisme. Derrière les débats sur la célébration de la messe, l’interprétation du concile Vatican II ou les modalités d’exercice […]
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Le premier anniversaire d’un pontificat constitue rarement un moment charnière dans l’histoire de l’Église catholique. Les premiers mois d’un nouveau pape sont généralement consacrés à la mise en place des équipes, à l’affirmation d’un style de gouvernement et à la définition des grandes orientations pastorales. L’élection de Robert Francis Prevost, devenu Léon XIV le 8 mai 2025, semblait s’inscrire dans cette logique. Dès ses premières interventions, le nouveau souverain pontife a placé son ministère sous le signe de l’unité, de la paix et du dialogue. Dans un contexte international marqué par le retour des conflits armés, la montée des nationalismes, la polarisation des sociétés démocratiques et la crise des institutions multilatérales, il a multiplié les appels à reconstruire les liens sociaux, à dépasser les logiques d’affrontement et à promouvoir une culture de la rencontre. À peine un an plus tard, ce discours sur la réconciliation se trouve confronté à une première crise au sein même de l’institution qu’il préside. Le 1er juillet 2026, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a procédé à la consécration de plusieurs évêques sans mandat pontifical. Malgré les avertissements répétés du Saint-Siège, les démarches entreprises par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi et une intervention personnelle du pape quelques jours avant les consécrations, la Fraternité a maintenu sa décision. Le Saint-Siège a alors constaté les excommunications prévues par le droit canonique et qualifié la rupture de schisme. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, un pontificat débute par une crise ouverte de communion interne qui touche directement la question de l’autorité pontificale. En réalité, l’événement dépasse largement le cadre d’un différend disciplinaire ou liturgique. Il constitue un révélateur des profondes recompositions qui traversent aujourd’hui le catholicisme. Derrière les débats sur la célébration de la messe, l’interprétation du concile Vatican II ou les modalités d’exercice de la primauté du souverain pontife, se dessinent des interrogations beaucoup plus fondamentales sur la manière dont une institution religieuse mondiale gouverne ses diversités, régule ses dissidences et construit son unité dans un contexte de mondialisation, de pluralisation culturelle et de fragmentation idéologique.
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10.07.2026 à 15:22
Coline Laroche
Cette année, les moissons ont commencé avec plusieurs semaines d’avance, suscitant des inquiétudes quant aux conséquences sur les récoltes. Entre sécheresse au printemps et épisodes de canicule en été, l’année 2026 a été marquée par des conditions météorologiques particulièrement contrastées, qui ont bouleversé le développement des cultures. Cela pourrait affecter les rendements, mais également accroître les risques d’incendie durant la période de moissons. Ces phénomènes interviennent dans un contexte où les céréaliers sont déjà fragilisés par la hausse des coûts de production, la concurrence internationale et le recul des exportations de blé français. Quels sont les effets des conditions climatiques exceptionnelles sur la récolte de blé en France ? Le blé peut-il rester un atout stratégique pour l’agriculture française ? Quelle place la France occupe-t-elle sur le marché mondial et quels sont les risques pour la sécurité alimentaire de blé mondiale ? Le point avec Sébastien Abis, directeur du Club DEMETER et chercheur associé à l’IRIS. Nous sommes en pleine période de récoltes du blé en France. Pourquoi autant d’inquiétudes cette année sur la moisson ? Parce que plusieurs facteurs de production sont défavorables… Le climat d’abord, avec une météo qui aura été très contrastée depuis le printemps, absence de pluies en avril, des pics de chaleur précoce fin mai et bien entendu cette canicule historique sur l’hexagone fin juin qui ont provoqué une accélération du cycle végétatif. Dans de nombreuses zones, le remplissage des grains s’est retrouvé à l’arrêt. Cette phase est en effet déterminante pour que les grains de blé grossissent et accumulent des réserves, la plante transférant alors de l’amidon et des protéines vers le grain. Tout cela sera potentiellement nuisible aux rendements. Précisons que la grande hétérogénéité des situations, déjà observable ces dernières années, risque de s’amplifier selon les territoires, avec bien entendu des problématiques accrues pour ceux où les […]
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Cette année, les moissons ont commencé avec plusieurs semaines d’avance, suscitant des inquiétudes quant aux conséquences sur les récoltes. Entre sécheresse au printemps et épisodes de canicule en été, l’année 2026 a été marquée par des conditions météorologiques particulièrement contrastées, qui ont bouleversé le développement des cultures. Cela pourrait affecter les rendements, mais également accroître les risques d’incendie durant la période de moissons. Ces phénomènes interviennent dans un contexte où les céréaliers sont déjà fragilisés par la hausse des coûts de production, la concurrence internationale et le recul des exportations de blé français. Quels sont les effets des conditions climatiques exceptionnelles sur la récolte de blé en France ? Le blé peut-il rester un atout stratégique pour l’agriculture française ? Quelle place la France occupe-t-elle sur le marché mondial et quels sont les risques pour la sécurité alimentaire de blé mondiale ? Le point avec Sébastien Abis, directeur du Club DEMETER et chercheur associé à l’IRIS.
Nous sommes en pleine période de récoltes du blé en France. Pourquoi autant d’inquiétudes cette année sur la moisson ?
Parce que plusieurs facteurs de production sont défavorables… Le climat d’abord, avec une météo qui aura été très contrastée depuis le printemps, absence de pluies en avril, des pics de chaleur précoce fin mai et bien entendu cette canicule historique sur l’hexagone fin juin qui ont provoqué une accélération du cycle végétatif. Dans de nombreuses zones, le remplissage des grains s’est retrouvé à l’arrêt. Cette phase est en effet déterminante pour que les grains de blé grossissent et accumulent des réserves, la plante transférant alors de l’amidon et des protéines vers le grain. Tout cela sera potentiellement nuisible aux rendements. Précisons que la grande hétérogénéité des situations, déjà observable ces dernières années, risque de s’amplifier selon les territoires, avec bien entendu des problématiques accrues pour ceux où les réserves hydriques dans les sols s’avèrent très faibles. Ce contexte climatique explique aussi la précocité de la moisson 2026 en blé, démarrée dès juin dans certaines régions. Là encore, il s’agit d’une tendance qui s’intensifie depuis plus d’une décennie : le blé en France est fauché de plus en plus tôt durant l’été. Et ne sous-estimons pas le danger des incendies, quand les chaleurs extrêmes et les sécheresses rendent périlleuses les moissons. Plusieurs départements ont encadré les horaires pour le travail des machines, afin de limiter les départs de feu. C’est inévitable, mais cela complique l’organisation des récoltes avec toute la logistique nécessaire à mobiliser sur une fenêtre de temps si courte (transport, réception dans les silos…). Il est trop tôt pour estimer la moisson 2026 et en faire une lecture précise, complète et juste. Attendons la fin de l’été. Mais ces conditions climatiques esquissent d’ores et déjà un tableau national très variable, avec des retombées socioéconomiques à surveiller.
La très grande majorité des céréaliers en France est en effet déjà fragilisée par la hausse des coûts de production, rendue encore plus nette avec le renchérissement des engrais ces derniers mois, conséquence notamment du conflit dans le golfe Persique et des sanctions européennes envers les fertilisants russes. Nous avons également des enjeux de fiscalité et de surtransposition normative en France, par rapport à ce qui se pratique par ailleurs dans l’Union européenne, qui grèvent la compétitivité des producteurs dans le pays. Et puis il y a un contexte international qui explique aussi la morosité des céréaliers français : un prix mondial du blé moins élevé qu’au début de cette décennie et des exportations qui s’avèrent difficiles en raison de la concurrence, sans oublier la perte des exports vers l’Algérie. La France n’y vend plus rien depuis plus de deux ans, alors que ce fut le premier acheteur de blé français pendant les décennies 2000 et 2010, devançant même durant cette période les volumes destinés à la meunerie française !
Le blé pourrait-il ne plus être un atout majeur de l’agriculture française ?
La question, certes encore un peu excessive, mérite d’être posée. Le blé est un incontournable dans la puissance agricole de la France. C’est la culture la plus présente sur le plan spatial métropolitain et c’est encore une exploitation sur deux en France qui fait du blé. Cette céréale, récoltée en moyenne autour de 35 millions de tonnes par an, contribue aussi au commerce du pays, puisqu’une tonne sur deux est exportée, avec si l’on schématise, une moitié de ces ventes vers les États membres de l’Union européenne, et l’autre vers le monde, notamment l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et la Chine. J’avais eu à cœur d’expliquer dans mon ouvrage pourquoi le blé était le pétrole doré de la France depuis les années 1970 et en quoi cette production joue un rôle stratégique pour notre pays dépassant de très loin le seul champ agricole. Mais si je devais mettre à jour la réflexion, ou du moins la projeter davantage dans l’avenir, je serais tenté de changer le titre de mon chapitre sur la France. Pour sans doute alerter sur un scénario après 2030 jusqu’ici impensable, dans lequel la récolte annuelle serait bien moindre. J’intitulerais ce chapitre « La France sans blé ? », laissant un point interrogatif à dessein.
Pourquoi cette lecture prospective ? Les surfaces semées en blé ont perdu 20 % au cours de la dernière décennie, passant de 5 à 4 millions d’hectares. Depuis 2023, la plupart des producteurs de blé en France ont des revenus négatifs. C’est intenable dans la durée. La future politique agricole commune (PAC), dont les contours financiers et orientatifs restent encore flous pour l’après 2027, pourrait accentuer les difficultés pour les grandes cultures dans certains territoires et les exploitations, petites ou grandes. Le vieillissement des agriculteurs en France, à l’image du pays, va mettre la moitié d’entre eux à la retraite après 2030. Sans profitabilité des entreprises et sans visibilité stratégique à moyen terme, des agriculteurs se détourneront du blé et feront d’autres cultures, peut-être plus rémunératrices et disposant d’un cadre politico-réglementaire moins instable. Pour ceux proche de la retraite, la tentation est forte de minimiser les coûts, de ne pas semer et de laisser les parcelles en jachère. Et puis ce climat, qui rend plus difficile la production, surtout dans ces zones où les sols sont moins généreux et où l’eau fait plus souvent défaut, pourrait devenir une arme de dissuasion massive pour cultiver du blé dans certaines régions. Le blé résisterait dans les Hauts de France et l’Est du pays, mais serait moins présent et surtout moins rentable dans d’autres régions, notamment de la moitié Sud de l’Hexagone. Ajoutons une controverse : d’aucuns estimeront qu’une récolte divisée par deux ne serait pas très préjudiciable, puisque la France garderait un volume de blé suffisant pour ses besoins domestiques. Ne plus exporter ne serait pas un problème. C’est aller vite en besogne, car l’export permet aussi de maintenir de la compétitivité à domicile… L’équation est souvent plus complexe sur ces terrains de jeu croisant chiffres et géographies. Si la France n’exporte plus, c’est aussi ajouter une variable d’incertitude supplémentaire sur les équilibres mondiaux.
La France est-elle encore un acteur de premier plan justement ? Et plus globalement, comment se porte la planète blé ? Est-elle toujours aussi dépendante des productions de la mer Noire ?
La France fait toujours partie des rares nations dans le monde qui produise et exporte du blé, un club d’une dizaine de membres, là où la planète entière consomme cette céréale sous toutes ses formes possibles. Si l’on se réfère aux chiffres d’AMIS, nous avons une récolte mondiale en blé record pour 2025-2026, estimée à 840 millions de tonnes (Mt), là où oscillait en moyenne à 750 Mt à la fin de la décennie 2010. Mais ce record ne sera pas battu l’an prochain, les conditions climatiques s’annonçant très difficiles avec un épisode El Niño vigoureux et donc des récoltes en blé qui reculeront dans plusieurs régions du globe. La moisson planétaire 2026-2027 pourrait retomber à 800 Mt, voire moins. La consommation mondiale de blé dépasse désormais cette barre des 800 Mt, tirée par la croissance démographique et l’urbanisation, notamment en Asie et en Afrique. D’ailleurs, mentionnons que la moitié du blé produit et consommé dans le monde se concentre aujourd’hui en Asie. Du côté des exportateurs, en effet, la Russie et l’Ukraine restent des pourvoyeurs massifs sur le marché mondial, 45 et 15 Mt respectivement, soit 30 % de l’offre mondiale à eux deux. Notons au passage que ce sont eux qui désormais fournissent le marché algérien, avec même l’Ukraine en fournisseur leader cette année sur cette destination ! Les États-Unis réalisent 12 %, soit deux fois moins qu’il y a trente ans, avec des superficies en blé ayant chuté à un niveau très bas, jamais atteint depuis la fin du 19ème siècle. Ce pays abandonne le blé, mise sur le maïs et le soja. De son côté, l’Union européenne fait 30 Mt, soit 15 % du total de blé exporté dans le monde actuellement. D’ailleurs, en 2025-2026, avec 210 Mt, nous avons là aussi un record historique du volume échangé à l’international.
En résumé, la mer Noire constitue un centre géopolitique de gravité pour le blé (non sans comporter une sacrée dose d’imprévisibilités en devenir), on produit globalement ce que la planète consomme, on tape dans les stocks si les récoltes sont moins bonnes et on espère chaque année que les aléas du climat et de la géopolitique ne se combinent pas trop sévèrement. La logistique s’avère toujours plus capitale tant pour déplacer sur courtes et longues distances, que pour ne pas perdre ou gaspiller ce qui est récolté, stocké et transformé. Chaque investissement dans la logistique est un gage de compétitivité durable, surtout si cela se couple avec des solutions digitales optimisant tous les maillons de la chaîne céréalière. Pour autant, un mot sur le prix mondial du blé, qui ne fait pas toujours écho à ces dynamiques structurelles. Après une inflation considérable en 2022, a connu une longue décrue de 2023 à 2025, se stabilisant autour de 200 d’euros la tonne environ. Depuis le début 2026, il est parfois remonté légèrement, mais reste sur ce niveau moyen. C’est un peu paradoxal, car la demande continue à augmenter et les chocs géopolitiques se sont multipliés. Mais les stocks mondiaux sont confortables et il n’y a pas eu de gros accidents de récoltes chez les grands producteurs de blé de la planète. Tout se passe comme si les marchés s’habituent à la nervosité du monde : on ne craint plus les risques, on vit avec, mais l’on redoute les pénuries, donc on cherche à les éviter. Peut-être que le monde n’a pas besoin de plus de céréales ou de blé… Mais ce qui est certain, c’est qu’il a davantage besoin de stabilité productive dans cette époque d’incertitudes généralisées. C’est pour cette raison que je souligne depuis des mois que pour le monde, comme pour la France, du blé et plus largement agricole, le véritable défi est de pouvoir savoir avec quelle constance allons-nous être capables de produire. Produire chaque année, avec constance, tant en quantité qu’en qualité, pourrait être le principal enjeu stratégique. Et comme les doutes s’épaississent sur les horizons possibles, d’autant plus avec cette grammaire imparfaite des relations internationales contemporaines, où les égoïsmes nationaux prolifèrent, nous voyons ressurgir les notions de souveraineté et de stocks stratégiques agricoles.
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09.07.2026 à 17:45
stagiaire-comm@iris-france.org
Face aux changements climatiques, les armées doivent adapter leurs capacités et anticiper les évolutions pour répondre aux nouveaux défis induits par ce bouleversement. Cela implique de repenser les équipements, l’utilisation des ressources et les modes actions, mais aussi de préparer les forces à intervenir dans des environnements toujours plus exigeants. Parallèlement, cette adaptation passe également par la mise en œuvre d’initiatives visant à réduire l’empreinte environnementale des armées. Tour d’horizon des actions menées par l’armée de Terre pour s’adapter aux changements climatiques et renforcer sa résilience, avec le général Rodolphe Hardy, officier général « anticipation et synthèse » de l’état-major de l’armée de Terre.
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Face aux changements climatiques, les armées doivent adapter leurs capacités et anticiper les évolutions pour répondre aux nouveaux défis induits par ce bouleversement. Cela implique de repenser les équipements, l’utilisation des ressources et les modes actions, mais aussi de préparer les forces à intervenir dans des environnements toujours plus exigeants. Parallèlement, cette adaptation passe également par la mise en œuvre d’initiatives visant à réduire l’empreinte environnementale des armées.
Tour d’horizon des actions menées par l’armée de Terre pour s’adapter aux changements climatiques et renforcer sa résilience, avec le général Rodolphe Hardy, officier général « anticipation et synthèse » de l’état-major de l’armée de Terre.
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