29.08.2025 à 17:45
Si la Chine occupe une place névralgique dans les débats géopolitiques contemporains, certains de ses théâtres d’influence demeurent étonnamment discrets. Tel est le cas de l’Azerbaïdjan. Ce petit État du Caucase du Sud, aux marges de l’espace post-soviétique, s’est hissé en quelques années au rang de pivot stratégique sur les nouvelles routes commerciales eurasiatiques. Situé à la croisée des corridors terrestres et maritimes reliant l’Asie centrale à l’Europe, riche en hydrocarbures et en infrastructures logistiques modernes, l’Azerbaïdjan constitue aujourd’hui un laboratoire privilégié pour observer l’évolution de la stratégie d’influence chinoise : une stratégie qui privilégie désormais la fluidité des flux économiques au contrôle territorial ou politique direct. L’étude de cette présence offre plusieurs clés de lecture. Elle illustre l’évolution des méthodes chinoises d’influence, désormais orientées vers la circulation des biens et la maîtrise des réseaux logistiques. Elle révèle la capacité de Pékin à s’adapter aux contraintes géopolitiques locales. Elle met en lumière, enfin, les limites de cette approche, entre prudence diplomatique face à Moscou, rivalités régionales persistantes et volonté affichée de ne pas heurter les équilibres existants. Dans un monde où la géopolitique des flux redéfinit les rapports de force, le cas azerbaïdjanais constitue un exemple particulièrement éclairant de la stratégie chinoise en Eurasie.
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Si la Chine occupe une place névralgique dans les débats géopolitiques contemporains, certains de ses théâtres d’influence demeurent étonnamment discrets. Tel est le cas de l’Azerbaïdjan. Ce petit État du Caucase du Sud, aux marges de l’espace post-soviétique, s’est hissé en quelques années au rang de pivot stratégique sur les nouvelles routes commerciales eurasiatiques. Situé à la croisée des corridors terrestres et maritimes reliant l’Asie centrale à l’Europe, riche en hydrocarbures et en infrastructures logistiques modernes, l’Azerbaïdjan constitue aujourd’hui un laboratoire privilégié pour observer l’évolution de la stratégie d’influence chinoise : une stratégie qui privilégie désormais la fluidité des flux économiques au contrôle territorial ou politique direct.
L’étude de cette présence offre plusieurs clés de lecture. Elle illustre l’évolution des méthodes chinoises d’influence, désormais orientées vers la circulation des biens et la maîtrise des réseaux logistiques. Elle révèle la capacité de Pékin à s’adapter aux contraintes géopolitiques locales. Elle met en lumière, enfin, les limites de cette approche, entre prudence diplomatique face à Moscou, rivalités régionales persistantes et volonté affichée de ne pas heurter les équilibres existants. Dans un monde où la géopolitique des flux redéfinit les rapports de force, le cas azerbaïdjanais constitue un exemple particulièrement éclairant de la stratégie chinoise en Eurasie.
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28.08.2025 à 11:14
Dans un article publié le 8 août dernier, le New York Times a révélé l’existence d’un executive order (décret-loi) secret, signé récemment par le président américain Donald Trump. Destiné au Pentagone, il autorise le recours à la force armée contre les cartels de la drogue, sur terre comme sur mer, au-delà des frontières des États-Unis. Deux pays sont particulièrement visés : le Mexique et le Venezuela. Une initiative aux implications géopolitiques majeures, même si elle semble s’inscrire dans une certaine continuité à l’œuvre depuis une cinquantaine d’années. En 1971, lors d’une conférence de presse restée célèbre, le président Richard Nixon n’avait-il pas fait de l’abus de drogues l’ennemi public numéro 1 des États-Unis ? À l’époque, le pays était confronté à un très fort développement des consommations de substances illégales, notamment d’héroïne, qui affectait singulièrement l’armée américaine engagée au Vietnam. Même si le chef de l’État américain n’utilisa jamais le syntagme War on Drugs, la politique subséquente allait provoquer un développement agressif de l’interventionnisme étatsunien dans le monde. De la France à la Turquie, de la Colombie au Mexique, en passant par le Panama et l’Afghanistan, cette politique a souvent été le paravent de motivations visant à la préservation des intérêts américains dans le monde et à des pratiques très éloignées des objectifs d’une croisade se voulant vertueuse. Cependant, si l’initiative de Donald Trump était vraiment suivie d’effets, un nouveau palier serait franchi annonçant de nombreux bouleversements géopolitiques. Elle donne en effet à la puissance américaine une base juridique inédite à des interventions futures tout en rompant en partie avec les orientations récentes des précédentes administrations qui avaient commencé à tirer quelques leçons des échecs du passé liés à la « guerre à la drogue ».
L’article La « guerre à la drogue » de Donald Trump : vers l’unilatéralisme le plus total est apparu en premier sur IRIS.
Dans un article publié le 8 août dernier, le New York Times a révélé l’existence d’un executive order (décret-loi) secret, signé récemment par le président américain Donald Trump. Destiné au Pentagone, il autorise le recours à la force armée contre les cartels de la drogue, sur terre comme sur mer, au-delà des frontières des États-Unis. Deux pays sont particulièrement visés : le Mexique et le Venezuela. Une initiative aux implications géopolitiques majeures, même si elle semble s’inscrire dans une certaine continuité à l’œuvre depuis une cinquantaine d’années. En 1971, lors d’une conférence de presse restée célèbre, le président Richard Nixon n’avait-il pas fait de l’abus de drogues l’ennemi public numéro 1 des États-Unis ? À l’époque, le pays était confronté à un très fort développement des consommations de substances illégales, notamment d’héroïne, qui affectait singulièrement l’armée américaine engagée au Vietnam. Même si le chef de l’État américain n’utilisa jamais le syntagme War on Drugs, la politique subséquente allait provoquer un développement agressif de l’interventionnisme étatsunien dans le monde. De la France à la Turquie, de la Colombie au Mexique, en passant par le Panama et l’Afghanistan, cette politique a souvent été le paravent de motivations visant à la préservation des intérêts américains dans le monde et à des pratiques très éloignées des objectifs d’une croisade se voulant vertueuse. Cependant, si l’initiative de Donald Trump était vraiment suivie d’effets, un nouveau palier serait franchi annonçant de nombreux bouleversements géopolitiques. Elle donne en effet à la puissance américaine une base juridique inédite à des interventions futures tout en rompant en partie avec les orientations récentes des précédentes administrations qui avaient commencé à tirer quelques leçons des échecs du passé liés à la « guerre à la drogue ».
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27.08.2025 à 14:52
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe entretient une relation étroite avec les États-Unis, matérialisée notamment par la création de l’OTAN en 1949. Grâce à cette alliance, les pays européens ont longtemps bénéficié de la protection militaire et stratégique américaine. Cet équilibre, fondé sur une solidarité transatlantique et sur une vision commune de l’ordre mondial, a façonné ce que l’on appelle le « monde occidental ». Cependant, ce monde occidental tel que nous l’avons connu est-il remis en cause aujourd’hui par Donald Trump ? Ses déclarations provocatrices, sa remise en cause de l’engagement américain dans l’OTAN, ainsi que ses menaces de se désengager du soutien à l’Ukraine sont autant d’éléments qui laissent penser que l’Europe ne peut plus compter, comme autrefois, sur la garantie de sécurité offerte par Washington, notamment face à la menace russe. Face à Donald Trump, l’Union européenne doit résister non seulement pour protéger ses intérêts stratégiques mais également pour ne pas laisser place au chaos et favoriser l’émergence d’un nouvel ordre international.
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Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe entretient une relation étroite avec les États-Unis, matérialisée notamment par la création de l’OTAN en 1949. Grâce à cette alliance, les pays européens ont longtemps bénéficié de la protection militaire et stratégique américaine. Cet équilibre, fondé sur une solidarité transatlantique et sur une vision commune de l’ordre mondial, a façonné ce que l’on appelle le « monde occidental ». Cependant, ce monde occidental tel que nous l’avons connu est-il remis en cause aujourd’hui par Donald Trump ?
Ses déclarations provocatrices, sa remise en cause de l’engagement américain dans l’OTAN, ainsi que ses menaces de se désengager du soutien à l’Ukraine sont autant d’éléments qui laissent penser que l’Europe ne peut plus compter, comme autrefois, sur la garantie de sécurité offerte par Washington, notamment face à la menace russe. Face à Donald Trump, l’Union européenne doit résister non seulement pour protéger ses intérêts stratégiques mais également pour ne pas laisser place au chaos et favoriser l’émergence d’un nouvel ordre international.
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