
12.06.2026 à 10:23
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Deux mois après l’ouverture des discussions entre Washington et Téhéran, la perspective d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien reste incertaine. Les négociations semblent dans l’impasse et aucun des deux camps ne semble disposé à faire les concessions nécessaires pour parvenir à un compromis. Parallèlement, les positions de Washington et Tel-Aviv paraissent moins alignées qu’au début du conflit. L’enlisement de la situation et l’absence de progrès diplomatiques contribuent à renforcer les divergences entre les deux alliés et impacter l’évolution des négociations avec l’Iran. Où en sont les négociations entre les États-Unis et l’Iran et quels sont les principaux obstacles à leur avancée ? Les divergences entre les États-Unis et Israël peuvent-elles peser sur l’avenir des négociations ? Enfin, quelles conditions permettraient de relancer les négociations et un accord est-il encore en mesure de limiter les capacités nucléaires de l’Iran ? Le point avec Jacques Audibert, ancien directeur politique du Quai d’Orsay, responsable des négociations avec l’Iran de 2009 à 2014, ancien conseiller diplomatique de François Hollande, et membre du Conseil d’administration de l’IRIS. Après deux mois de négociations entre l’Iran et les États-Unis, marquées par de nombreux blocages, quel bilan d’étape peut-on tirer ? Au vu des pertes subies parmi les dirigeants iraniens et des remaniements erratiques au sein du département d’État depuis le retour de Donald Trump, pensez-vous qu’il y a suffisamment de compétences des deux côtés pour parvenir à un compromis efficient ? Le premier constat est qu’il n’y a malheureusement pas réellement de bilan d’étape, parce que la course n’a pas vraiment commencé. Les véritables négociations ne semblent pas encore engagées. Après deux mois, aucun progrès tangible n’est observable. Il y a eu des phases d’apaisement, des phases d’échanges plus positives, puis des phases de montée des tensions, comme actuellement, avec des échanges de tirs susceptibles de s’intensifier. […]
L’article Iran/États-Unis : des négociations sont-elles vraiment possibles ? est apparu en premier sur IRIS.
Deux mois après l’ouverture des discussions entre Washington et Téhéran, la perspective d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien reste incertaine. Les négociations semblent dans l’impasse et aucun des deux camps ne semble disposé à faire les concessions nécessaires pour parvenir à un compromis. Parallèlement, les positions de Washington et Tel-Aviv paraissent moins alignées qu’au début du conflit. L’enlisement de la situation et l’absence de progrès diplomatiques contribuent à renforcer les divergences entre les deux alliés et impacter l’évolution des négociations avec l’Iran. Où en sont les négociations entre les États-Unis et l’Iran et quels sont les principaux obstacles à leur avancée ? Les divergences entre les États-Unis et Israël peuvent-elles peser sur l’avenir des négociations ? Enfin, quelles conditions permettraient de relancer les négociations et un accord est-il encore en mesure de limiter les capacités nucléaires de l’Iran ? Le point avec Jacques Audibert, ancien directeur politique du Quai d’Orsay, responsable des négociations avec l’Iran de 2009 à 2014, ancien conseiller diplomatique de François Hollande, et membre du Conseil d’administration de l’IRIS.
Après deux mois de négociations entre l’Iran et les États-Unis, marquées par de nombreux blocages, quel bilan d’étape peut-on tirer ? Au vu des pertes subies parmi les dirigeants iraniens et des remaniements erratiques au sein du département d’État depuis le retour de Donald Trump, pensez-vous qu’il y a suffisamment de compétences des deux côtés pour parvenir à un compromis efficient ?
Le premier constat est qu’il n’y a malheureusement pas réellement de bilan d’étape, parce que la course n’a pas vraiment commencé. Les véritables négociations ne semblent pas encore engagées. Après deux mois, aucun progrès tangible n’est observable. Il y a eu des phases d’apaisement, des phases d’échanges plus positives, puis des phases de montée des tensions, comme actuellement, avec des échanges de tirs susceptibles de s’intensifier. Cette dynamique devrait toutefois se poursuivre sous la forme d’un conflit d’intensité moyenne : des moments d’apaisement devraient alterner avec des moments de tension, y compris avec des épisodes de frappes comme aujourd’hui. L’essentiel étant que des négociations s’ouvrent et se poursuivent. Or rien ne l’indique aujourd’hui.
Quant aux capacités des parties à négocier, tant du côté iranien qu’américain, il s’agit d’un des problèmes majeurs actuels. Si les deux parties ont intérêt à avancer vers une négociation et qu’aucune ne semble la rejeter totalement, aucun progrès n’est enregistré.
Côté iranien, les dirigeants ont été décimés. Plusieurs factions doivent se coordonner pour élaborer une position commune. Cela suppose des échanges internes et des négociations entre acteurs iraniens, ce qui paraît difficile sous la menace de frappes potentiellement mortelles menées par les États-Unis ou Israël. Les autorités iraniennes sont donc désorganisées et confrontées à leurs propres modes de fonctionnement institutionnels, qui rendent difficile l’adoption d’une position unifiée. Le Guide, les Gardiens de la révolution, le gouvernement et le Majlis n’ont pas nécessairement les mêmes approches.
Côté américain, il existe davantage d’unité de position, mais celle-ci est dictée par un président dont la capacité diplomatique de négociation semble limitée. Sa grammaire est celle qui a fonctionné dans la politique intérieure américaine : invectives, positions unilatérales pouvant aller jusqu’à l’injure, revirements ou affirmations éloignées de la réalité. Ces méthodes ne fonctionnent pas dans une négociation internationale. Par ailleurs, les outils de négociation mobilisés par Washington ne semblent pas suffisamment élaborés. Les interlocuteurs apparaissent surtout comme chargés de répéter rapidement les positions présidentielles. Rien ne laisse penser qu’une véritable équipe de négociation comparable à celle qui avait travaillé à l’obtention de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) du 14 juillet 2015 soit aujourd’hui constituée.
Des deux côtés, les capacités de négociation apparaissent donc faibles. Cela explique l’absence de progrès, sur fond de conflit d’intensité moyenne alternant phases de tension et d’accalmie. La période actuelle correspond plutôt à une phase d’intensification.
L’imposition d’un cessez-le-feu au Liban comme condition à un accord par l’Iran et la pression, assez vaine à ce jour, mise par Donald Trump sur Netanyahou pour stopper l’escalade, ne révèlent-elles pas une perte de contrôle des États-Unis sur les négociations au profit de l’Iran et des orientations désormais différentes entre Washington et Tel Aviv.
Les orientations de Washington et de Tel-Aviv semblent effectivement en train de diverger. Au moment de l’attaque de fin février, les États-Unis ont été convaincus par Israël qu’une frappe très forte visant à décapiter l’exécutif iranien conduirait à un succès rapide. Les résultats observés montrent que cela n’a pas produit les effets attendus. Depuis, les positions tendent à s’éloigner. Benyamin Netanyahou souhaite poursuivre le combat contre l’Iran et utilise pour cela la poursuite de l’affrontement avec le principal proxy iranien au Liban, le Hezbollah. Les frappes dans le sud du Liban se poursuivent donc. Les conséquences éventuelles sur les négociations ne semblent pas constituer une préoccupation majeure pour Israël, et il est même possible que le fait que cela ait un effet négatif sur les négociations lui convienne, puisqu’il continue de poursuivre l’idée d’éradiquer le pouvoir iranien et la capacité iranienne à combattre, ce qui ne paraît pas réaliste.
Pour autant, il ne semble pas que les États-Unis aient perdu le contrôle des négociations au profit de l’Iran. Les deux parties apparaissent surtout incapables de négocier efficacement. Aucune ne prend réellement l’avantage sur l’autre. Les deux auraient intérêt à parvenir à un accord, mais les exigences restent actuellement trop élevées de part et d’autre. Cette situation est classique au début d’un processus de négociation. Il faut ensuite commencer à construire des compromis, parfois sous forme chronologique : distinguer les problèmes selon leur degré d’urgence, traiter certains sujets immédiatement, d’autres à moyen terme et d’autres encore à plus long terme.
Dans ce conflit, la réouverture du détroit et la fin du blocus des ports iraniens constituent des intérêts communs. La question devient alors celle des contreparties possibles et, surtout, de l’ouverture immédiate de négociations crédibles sur le nucléaire. Aujourd’hui, les Iraniens ne semblent pas prêts à avancer sur ce sujet, mais une position affichée aujourd’hui peut évoluer demain. C’est précisément le principe d’une négociation : faire évoluer les lignes jusqu’à identifier une ouverture possible. Pour l’instant, cela ne semble pas se produire.
Face à ces négociations qui semblent s’enliser, comment la situation pourrait-elle se débloquer selon vous ? Compte tenu des capacités d’enrichissement acquises par l’Iran, un accord pourrait-il réellement empêcher ce pays d’avancer sur l’acquisition de l’arme nucléaire ?
Un déblocage relativement rapide pourrait intervenir si un compromis était trouvé sur un séquençage des problèmes.
Dans un premier temps, les sujets considérés comme urgents devraient être traités : pérennisation du cessez-le-feu, rétablissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz, probablement en échange d’une levée partielle des sanctions ou d’un dégel des avoirs iraniens.
En parallèle, il faudrait engager immédiatement des négociations sur le sujet central : le nucléaire. Une solution sur ce dossier ne pourra pas être trouvée rapidement. Lors des précédentes négociations, cinq années avaient été nécessaires. Trouver un compromis sur le nucléaire est indispensable, mais cela demande du temps. Le sujet comprend plusieurs dimensions, notamment la vérification des engagements des différentes parties, en particulier ceux de l’Iran. Ces mécanismes sont extrêmement techniques et nécessitent de longs mois de travail. Il faudrait donc commencer immédiatement ce travail, avec un engagement des Iraniens à geler leurs activités. Rien ne garantit toutefois qu’un tel engagement puisse être obtenu.
L’ensemble se déroule dans un contexte marqué par une certaine irrationalité. Après l’opération américaine menée avec Israël en juin 2025, il avait été affirmé que l’ensemble du dispositif nucléaire iranien avait été « obliterated », c’est-à-dire totalement annihilé. Ce n’est manifestement pas le cas. Aujourd’hui, le résultat réel des frappes sur les capacités nucléaires iraniennes reste inconnu. Il n’est pas possible de savoir quelles installations dissimulées subsistent, ce qu’il est advenu du stock d’uranium enrichi — notamment les fameux quatre cents kilos — ni dans quelle mesure les capacités iraniennes de production et d’utilisation de centrifugeuses ont progressé. Pendant les années qui ont suivi le retrait américain de l’accord en 2018, les Iraniens n’étaient plus soumis aux obligations prévues par celui-ci et ont ainsi pu poursuivre leurs activités de recherche et de progression des capacités sans les mêmes contraintes.
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11.06.2026 à 14:37
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Le 7 juin 2026, les Arméniens étaient appelés aux urnes pour élire leur Premier ministre. À l’issue du scrutin, Nikol Pachinian a été réélu avec 49,8 % des voix, loin devant le candidat pro-russe Samvel Karapetian, qui a obtenu 23,3 % des suffrages. Cette élection intervient dans un contexte marqué par de profonds bouleversements pour l’Arménie. La défaite face à l’Azerbaïdjan lors de la guerre de 2020, puis la reprise du Haut-Karabagh par Bakou en 2023, ont profondément marqué le pays et entraîné le déplacement massif de populations. Malgré leur alliance historique, Moscou n’est pas intervenu pour empêcher la perte de l’enclave, alimentant une forte défiance à l’égard de la Russie au sein de la société arménienne. Dans quel contexte se sont déroulées les élections législatives en Arménie ? En quoi ce scrutin traduit-il une volonté du pays à prendre ses distances avec Moscou ? Un rapprochement avec l’Union européenne et les États-Unis est-il envisageable ? Enfin, quelles perspectives le résultat des élections ouvre-t-il pour la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ? Le point avec Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS. Quel est le contexte dans lequel se sont tenues les élections législatives en Arménie ? L’Arménie sort de plusieurs années de fortes tensions qui ont traumatisé une grande partie de la population. Cela s’explique tout d’abord par la lourde défaite militaire face à l’Azerbaïdjan en 2020, puis la reprise du Haut-Karabagh par celui-ci en 2023 qui entraina le départ de 100 000 à 120 000 Karabakhiens dont une majorité se réfugie en Arménie. Plus récemment, la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran voisine aggrave les inquiétudes, même si l’Arménie n’a pas été touchée par les combats. Les relations économiques avec la République islamique ne sont certes pas significatives – moins de 4 % des échanges –, mais c’est en l’occurrence la frontière […]
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Le 7 juin 2026, les Arméniens étaient appelés aux urnes pour élire leur Premier ministre. À l’issue du scrutin, Nikol Pachinian a été réélu avec 49,8 % des voix, loin devant le candidat pro-russe Samvel Karapetian, qui a obtenu 23,3 % des suffrages. Cette élection intervient dans un contexte marqué par de profonds bouleversements pour l’Arménie. La défaite face à l’Azerbaïdjan lors de la guerre de 2020, puis la reprise du Haut-Karabagh par Bakou en 2023, ont profondément marqué le pays et entraîné le déplacement massif de populations. Malgré leur alliance historique, Moscou n’est pas intervenu pour empêcher la perte de l’enclave, alimentant une forte défiance à l’égard de la Russie au sein de la société arménienne. Dans quel contexte se sont déroulées les élections législatives en Arménie ? En quoi ce scrutin traduit-il une volonté du pays à prendre ses distances avec Moscou ? Un rapprochement avec l’Union européenne et les États-Unis est-il envisageable ? Enfin, quelles perspectives le résultat des élections ouvre-t-il pour la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ? Le point avec Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS.
Quel est le contexte dans lequel se sont tenues les élections législatives en Arménie ?
L’Arménie sort de plusieurs années de fortes tensions qui ont traumatisé une grande partie de la population. Cela s’explique tout d’abord par la lourde défaite militaire face à l’Azerbaïdjan en 2020, puis la reprise du Haut-Karabagh par celui-ci en 2023 qui entraina le départ de 100 000 à 120 000 Karabakhiens dont une majorité se réfugie en Arménie.
Plus récemment, la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran voisine aggrave les inquiétudes, même si l’Arménie n’a pas été touchée par les combats. Les relations économiques avec la République islamique ne sont certes pas significatives – moins de 4 % des échanges –, mais c’est en l’occurrence la frontière commune qui constitue une véritable ouverture et donc un enjeu stratégique vital pour un pays enclavé dont les frontières avec la Turquie et l’Azerbaïdjan sont fermées depuis de nombreuses années.
Enfin, si un texte traçant la perspective de la signature d’un accord de paix a été validé avec l’Azerbaïdjan en août 2025 à Washington sous l’égide de Donald Trump, il n’est pour l’instant pas ratifié par les parlements arménien et azerbaïdjanais.
Dans quelle mesure la réélection de Nikol Pachinian traduit-elle la volonté de la société arménienne de se détacher de l’influence russe ? Quelles pourraient être les conséquences sur les relations bilatérales entre Erevan et Moscou ? En quoi le résultat de ce scrutin pourrait-il renforcer les perspectives de rapprochement de l’Arménie avec l’Union européenne et les États-Unis ?
Le score obtenu par le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, affleurant les 50 % des suffrages exprimés, traduit un indéniable soutien à la politique qu’il mène, notamment au niveau régional. Une forte défiance à l’égard de la Russie est manifeste, notamment depuis les guerres de 2020 et 2023 au cours desquelles beaucoup d’Arméniens se sont sentis trahis en raison de la non-intervention de Moscou, en dépit du rôle de protecteur qu’il prétendait incarner depuis la proclamation de l’indépendance. Cette situation a abouti au gel de la participation de l’Arménie à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), organisation politico-militaire dominée par la Russie dont font partie plusieurs États anciennement membres de l’URSS. C’est aussi pourquoi Nikol Pachinian oriente avec précaution son pays vers les puissances occidentales.
Dans ce contexte Moscou n’a pas hésité pour sa part à proférer des menaces en termes assez peu voilés, au cours des dernières semaines. Vladimir Poutine a ainsi déclaré durant la campagne électorale en Arménie que les ventes de gaz à tarif préférentiel pourraient passer au prix européen, soit environ quatre fois plus cher, si le processus de rapprochement avec l’Union européenne (UE) se poursuivait, alors qu’une loi enclenchant la procédure d’adhésion à l’UE a été votée par le parlement arménien en mars 2025. Le tropisme pro-européen existe donc à Erevan, mais c’est aussi sa relation avec les États-Unis qui inquiète la Russie.
Les accords conclus avec l’Azerbaïdjan déjà évoqués sont en effet significatifs. Non seulement ils ont fait apparaître Donald Trump comme un faiseur de réconciliation entre deux peuples depuis longtemps en guerre, ce dont il s’est largement vanté, mais surtout il a considérablement fait avancer le projet, modestement intitulé « Route Trump pour la paix internationale et la prospérité ». Si cela se concrétise, ce corridor – comportant routes, voies ferroviaires, oléoducs et gazoducs – reliera l’Azerbaïdjan à son exclave le Nakhitchevan facilitant ainsi considérablement le transit entre l’Asie centrale et l’Europe, singulièrement la Turquie, tout en contournant la Russie et l’Iran. L’influence étatsunienne s’est encore renforcée à l’occasion de la visite du vice-président J. D. Vance – une première de ce niveau en Arménie – au mois de février 2026. Plusieurs contrats ont alors été signés portant notamment sur les drones, le nucléaire civil, les puces informatiques. Cette visite se poursuivit par une étape à Bakou au cours de laquelle a été signé un accord de coopération stratégique avec l’Azerbaïdjan.
On le comprend, Moscou a quelque raison de s’inquiéter en constatant sa perte d’importance graduelle. Le résultat des élections encourage clairement Nikol Pachinian à poursuivre dans la même voie et approfondir son rapprochement avec l’Union européenne d’une part et les États-Unis d’autre part.
Nikol Pachinian a déclaré vouloir « institutionnaliser un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ». À l’issue de cette élection et en l’absence d’une majorité au Parlement pour adopter des amendements constitutionnels, quelles sont ses marges de manœuvre quant au dossier du conflit au Haut-Karabagh ? Doit-on s’attendre à une stabilisation des tensions dans le Caucase ou au contraire à une intensification des rivalités régionales ?
La question qui se pose désormais ne concerne plus à proprement parlé le Haut-Karabagh, puisque la quasi-totalité de ses habitants a été obligée d’en fuir en 2023 et que le territoire a désormais rejoint l’Azerbaïdjan. Ce fait a été reconnu par Nikol Pachinian lui-même – ce qui lui vaut des accusations récurrentes de trahison – mais le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, en position de force, exige des amendements dans la constitution arménienne pour retirer toute référence au Haut-Karabakh.
En tout état de cause, c’est désormais la relation directe et la normalisation entre les deux États du Caucase du Sud qui est centrale. Les cicatrices ne sont pas refermées et les défis nombreux tant les trois décennies de conflit ont engendré des haines réciproques. L’Arménie accuse par exemple l’Azerbaïdjan d’occuper illégalement 200 km2 de son territoire et le processus de délimitation des frontières n’est pas terminé. Par sa politique atlantiste et de rapprochement avec l’Union européenne Nikol Pachinian cherche à renforcer ses soutiens et continuera dans cette voie confirmant la perte d’influence russe dans la région.
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11.06.2026 à 10:36
stagiaire-comm@iris-france.org
Dans cette série consacrée à la Coupe du monde 2026, Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Sport et géopolitique, analyse la transition d’un football mondial longtemps dominé par l’Occident vers un système plus multipolaire. Le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 sera donné le 11 juin à Mexico, et la finale se tiendra le 19 juillet à New York. Coorganisée pour la première fois par trois pays hôtes, les États-Unis, le Canada et le Mexique, elle marque un tournant dans l’histoire de la compétition. Au-delà de son nombre record de sélections participantes et de son ampleur continentale, elle symbolise une étape majeure dans la recomposition géopolitique du football mondial. Cette édition, ainsi que les prochaines Coupes du monde, montre que le football n’est plus exclusivement centré sur l’Occident, mais s’inscrit dans une dynamique multipolaire. Cette évolution met en lumière des pays jusqu’ici moins représentés et leur offre l’opportunité de renforcer leur visibilité, leur rayonnement et leur reconnaissance internationale. Qu’est-ce qui fait de cette Coupe du monde un tournant dans la recomposition géopolitique du football ? En quoi cette compétition illustre-t-elle le déplacement du centre de gravité du football mondial, d’un modèle historiquement dominé par l’Occident vers une organisation plus multipolaire ? Enfin, de quelle manière les États cherchent-ils à utiliser cet événement majeur comme un levier d’influence, de visibilité et de reconnaissance sur la scène internationale ?
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Dans cette série consacrée à la Coupe du monde 2026, Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Sport et géopolitique, analyse la transition d’un football mondial longtemps dominé par l’Occident vers un système plus multipolaire.
Le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 sera donné le 11 juin à Mexico, et la finale se tiendra le 19 juillet à New York. Coorganisée pour la première fois par trois pays hôtes, les États-Unis, le Canada et le Mexique, elle marque un tournant dans l’histoire de la compétition. Au-delà de son nombre record de sélections participantes et de son ampleur continentale, elle symbolise une étape majeure dans la recomposition géopolitique du football mondial. Cette édition, ainsi que les prochaines Coupes du monde, montre que le football n’est plus exclusivement centré sur l’Occident, mais s’inscrit dans une dynamique multipolaire. Cette évolution met en lumière des pays jusqu’ici moins représentés et leur offre l’opportunité de renforcer leur visibilité, leur rayonnement et leur reconnaissance internationale.
Qu’est-ce qui fait de cette Coupe du monde un tournant dans la recomposition géopolitique du football ? En quoi cette compétition illustre-t-elle le déplacement du centre de gravité du football mondial, d’un modèle historiquement dominé par l’Occident vers une organisation plus multipolaire ? Enfin, de quelle manière les États cherchent-ils à utiliser cet événement majeur comme un levier d’influence, de visibilité et de reconnaissance sur la scène internationale ?
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