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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
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02.06.2026 à 10:21

« Face aux empires : la voie méditerranéenne » 4 questions à Thierry Fabre

stagiairedecomm@iris-france.org

1/ L’occidentalisme cherche une puissance sans limite… La démesure, l’extension sans limites de la puissance, couplée à la suffisance de la suprématie et au vertige de l’accélération, rendue possible notamment par les technologies numériques et l’IA, témoignent de notre temps du monde. Celui de la revanche des empires, dont l’empire américano-israélien en Méditerranée est une des expressions les plus manifeste. Une telle puissance sans limite devient dévastatrice si elle ne rencontre pas de contrepoids, et en particulier la force du droit, face au droit à la force. La quasi destruction de Gaza et du Sud Liban aujourd’hui, comme celle de l’Irak hier, et peut-être de l’Iran demain, requièrent des limites. C’est ce que Camus appelait justement la pensée de midi, une pensée de la mesure face à la démesure. Mais la revanche des empires ne s’inspire pas seulement de l’occidentalisme, l’empire russe comme l’empire chinois ne sont pas en reste dans la quête d’une puissance sans limite… 2/ L’islamo-centrisme s’effrite ? Depuis la fondation du mouvement des Frères musulmans, il y a un peu plus d’un siècle, l’islamo-centrisme est devenu ascendant et a déployé son emprise dans les sociétés arabes comme dans les imaginaires politiques. La révolution islamique iranienne, en 1979, a accéléré plus encore cette tendance jusqu’à considérer, telle une évidence que « l’islam est la solution ». Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, depuis les « printemps arabes », dont la référence n’était pas islamique. « Le peuple veut », « pouvoir civil, madania » et non islamiya, furent les slogans de ces mouvements populaires. Malgré leurs échecs, ces tendances de fond perdurent et comme le souligne justement le juriste tunisien Yadh ben Achour : « Une interprétation démocratique de l’islam est possible ». C’est tout l’enjeu et le défi pour les années à venir. C’est ce qu’une « Europe sans rivages » devrait conforter, plutôt que des pouvoirs militaires et dictatoriaux. Ces […]

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Texte intégral (1461 mots)

1/ L’occidentalisme cherche une puissance sans limite…

La démesure, l’extension sans limites de la puissance, couplée à la suffisance de la suprématie et au vertige de l’accélération, rendue possible notamment par les technologies numériques et l’IA, témoignent de notre temps du monde. Celui de la revanche des empires, dont l’empire américano-israélien en Méditerranée est une des expressions les plus manifeste. Une telle puissance sans limite devient dévastatrice si elle ne rencontre pas de contrepoids, et en particulier la force du droit, face au droit à la force. La quasi destruction de Gaza et du Sud Liban aujourd’hui, comme celle de l’Irak hier, et peut-être de l’Iran demain, requièrent des limites. C’est ce que Camus appelait justement la pensée de midi, une pensée de la mesure face à la démesure. Mais la revanche des empires ne s’inspire pas seulement de l’occidentalisme, l’empire russe comme l’empire chinois ne sont pas en reste dans la quête d’une puissance sans limite…

2/ L’islamo-centrisme s’effrite ?

Depuis la fondation du mouvement des Frères musulmans, il y a un peu plus d’un siècle, l’islamo-centrisme est devenu ascendant et a déployé son emprise dans les sociétés arabes comme dans les imaginaires politiques. La révolution islamique iranienne, en 1979, a accéléré plus encore cette tendance jusqu’à considérer, telle une évidence que « l’islam est la solution ». Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, depuis les « printemps arabes », dont la référence n’était pas islamique. « Le peuple veut », « pouvoir civil, madania » et non islamiya, furent les slogans de ces mouvements populaires. Malgré leurs échecs, ces tendances de fond perdurent et comme le souligne justement le juriste tunisien Yadh ben Achour : « Une interprétation démocratique de l’islam est possible ». C’est tout l’enjeu et le défi pour les années à venir. C’est ce qu’une « Europe sans rivages » devrait conforter, plutôt que des pouvoirs militaires et dictatoriaux. Ces ponts, entre les deux rives de la Méditerranée, ces traits d’union peuvent favoriser des convergences dont nous avons tous le plus grand besoin. C’est ce que j’appelle la voie méditerranéenne…C’est l’exact inverse de ce qui se passe actuellement au Sahel.

3/ Qu’est-ce que pour vous la Méditerranée créatrice ?

Ce fut une hypothèse, il y a un peu plus de trente ans, lors de la publication de ce premier livre collectif. (Editions de l’Aube, 1994) Il s’agissait, pour commencer, de ne plus conjuguer la Méditerranée au passé. La Méditerranée des temples et des ruines, la Méditerranée du patrimoine et de l’héritage antique, la Méditerranée de papa ! Une telle vision passéiste et euro-centrique du monde méditerranéen passait justement à côté de l’effervescence créatrice des jeunes générations, qui sont très largement majoritaires sur les rives Sud et Est de la Méditerranée. Les européens ont bien trop tendance à l’oublier et à se faire une idée de la Méditerranée qui est fossile. Cette hypothèse d’il y a trente ans, d’une Méditerranée créatrice, là où « les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles », pour le dire à travers une formule lumineuse d’Arthur Rimbaud, est désormais une réalité visible. Les scènes artistiques contemporaines sont très vives désormais et s’affirment à l’échelle internationale, dans les arts plastiques, le cinéma comme la photographie, la danse ou la musique, et ce ne sont pas des épiphénomènes, mais des expressions profondes de ces sociétés. J’en donne de nombreux exemples dans le livre… Il a par là une sève, une vivacité créatrice à travers laquelle s’invente un avenir. C’est à partir de là que nous devrions dessiner un avenir commun, plutôt que de se replier derrière une illusoire Europe citadelle, prisonnière de ses haines et de ses peurs.

Après l’Occident et la fin de la « vassalisation heureuse » vis-à-vis des Etats-Unis, l’Europe pourrait imaginer une nouvelle politique de l’esprit, comme disait Paul Valéry. « Une politique de l’esprit qui ne vise pas à ordonner le reste du monde à des fins européennes », et qui ne soit donc pas un nouveau projet d’empire. Il y a un possible sursaut et un nouvel horizon qui pourrait être dessiné, à travers cette voie méditerranéenne, qui relie autrement les deux rives de la Méditerranée.

A l’horizon de vingt ou trente ans c’est possible et c’est pensable, et cela n’est pas plus illusoire que la construction européenne. Pensons à ce qui est advenu entre les années 1930 et les années 1960, au XXème siècle… Heureusement qu’il y a eu alors quelques personnes pour imaginer l’avenir, au-delà de la guerre perpétuelle en Europe, et singulièrement entre l’Allemagne et la France. Pourquoi serions-nous condamnés au désastre et au pire ? Consentir aux ténèbres est une forme de renoncement. La Méditerranée créatrice est une « salve d’avenir » et une source d’inspiration pour notre XXIème siècle.

4/ Vous écrivez que si Israël persiste à être le bastion avancé de l’Occident dans la région, il risque de connaître le même destin que l’État croisé jadis. Dans quelle mesure la puissance militaire et l’arme nucléaire marquent cependant une différence ?

La puissance militaire et l’arme nucléaire ne peuvent rien face à la désagrégation intérieure. Comme le souligne le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, dans un entretien récent avec Gilles Gressani : « si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations qui remportent les guerres ».

L’expérience de l’Etat-Nation pour Israël est récente, elle ne date que de 1948, alors que le monde juif est lui plus que millénaire dans le monde méditerranéen. C’est une composante structurelle et même fondatrice. Je parle dans le livre de cet « héritage oublié », judéo-arabe, qui a été marginalisé, alors qu’il fut central sur le plan historique et intellectuel. Pensons à l’héritage de Maïmonide, qui écrivait en arabe. N’oublions pas que les juifs expulsés d’Espagne par les Rois catholiques, au nom de l’Occident chrétien, ont trouvé refuge dans le monde musulman, et que ces liens sont durables et profonds. Il y a une intimité judéo-arabe, que l’on connait bien, par exemple au Maroc, qui a existé également en Egypte, comme l’a si bien montré le grand historien Shlomo Dov Goiten, à travers la Geniza du Caire, ou en Irak, comme l’a raconté Ella Shohat. Toute cette histoire n’est pas celle de l’« Occident », étranger à cette région du monde et aux réalités profondes des sociétés méditerranéennes. C’est pourquoi je fais référence dans le livre aux « intercesseurs », à tous ceux qui peuvent relier et relier encore, alors que nous sommes dans le pire du pire actuellement, avec le régime politique suprémaciste israélien, qui inspire un État meurtrier.

Comment sortir d’une telle impasse israélo-arabe ? Par la force, l’humiliation, la torture, la prison, les bombardements incessants sur les civils et les attaques répétées contre la plupart de ses voisins… Où va Israël ?

Comme le disait si justement Camus, à propos de l’Algérie : « Il ne s’agit pas de crever séparèment, mais de vivre ensemble ». Cela suppose de la justice et de l’égalité. Sinon ce sera une forme de désagrégation intérieure, irréparable.

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01.06.2026 à 18:40

Trump et l’Afrique : du commerce aux expulsions

Déborah Yapi

L’administration Trump a présenté les grandes lignes de sa politique africaine « America First ». L’accent est mis sur le principe du « commerce plutôt que l’aide », avec une priorité accordée à l’accès américain aux terres rares et aux ressources primaires africaines, à la coopération avec certains partenaires dans le secteur de la santé, aux efforts de résolution des conflits dans quelques zones (notamment en République démocratique du Congo et au Soudan), ainsi qu’à la collaboration avec des partenaires africains dans la lutte contre les menaces terroristes. Compte tenu de l’importance de cette question pour le président et son équipe, l’immigration est également devenue une priorité majeure dans les relations de Washington avec le continent. De manière très visible, l’administration a cherché à réduire drastiquement le nombre d’immigrants africains venant aux États-Unis ou y résidant. En janvier 2026, le gouvernement américain a suspendu unilatéralement la délivrance de tous les visas aux ressortissants de onze pays d’Afrique subsaharienne et imposé une interdiction partielle à quatorze autres. Ces mesures concernent à la fois les visas de visiteur et les visas d’immigration et touchent certains des partenaires les plus importants des États-Unis dans la région (Angola, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, etc.). Même lorsque des visas de visiteur peuvent encore être délivrés aux Africains, l’administration a instauré de nouvelles restrictions particulièrement contraignantes. Au Nigeria, par exemple, les demandeurs dont le visa est approuvé doivent désormais déposer une caution de 15 000 dollars avant que leur visa ne soit délivré. Les expulsions d’Africains déjà présents aux États-Unis ont également augmenté de manière significative sous Trump. Ces politiques vont clairement à l’encontre d’autres objectifs affichés par les États-Unis dans la région, notamment le renforcement des liens économiques, mais elles s’inscrivent parfaitement dans le cadre plus large du programme intérieur de Trump. De façon surprenante, l’Afrique joue également […]

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Texte intégral (1437 mots)

L’administration Trump a présenté les grandes lignes de sa politique africaine « America First ». L’accent est mis sur le principe du « commerce plutôt que l’aide », avec une priorité accordée à l’accès américain aux terres rares et aux ressources primaires africaines, à la coopération avec certains partenaires dans le secteur de la santé, aux efforts de résolution des conflits dans quelques zones (notamment en République démocratique du Congo et au Soudan), ainsi qu’à la collaboration avec des partenaires africains dans la lutte contre les menaces terroristes. Compte tenu de l’importance de cette question pour le président et son équipe, l’immigration est également devenue une priorité majeure dans les relations de Washington avec le continent.

De manière très visible, l’administration a cherché à réduire drastiquement le nombre d’immigrants africains venant aux États-Unis ou y résidant. En janvier 2026, le gouvernement américain a suspendu unilatéralement la délivrance de tous les visas aux ressortissants de onze pays d’Afrique subsaharienne et imposé une interdiction partielle à quatorze autres. Ces mesures concernent à la fois les visas de visiteur et les visas d’immigration et touchent certains des partenaires les plus importants des États-Unis dans la région (Angola, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, etc.). Même lorsque des visas de visiteur peuvent encore être délivrés aux Africains, l’administration a instauré de nouvelles restrictions particulièrement contraignantes. Au Nigeria, par exemple, les demandeurs dont le visa est approuvé doivent désormais déposer une caution de 15 000 dollars avant que leur visa ne soit délivré. Les expulsions d’Africains déjà présents aux États-Unis ont également augmenté de manière significative sous Trump. Ces politiques vont clairement à l’encontre d’autres objectifs affichés par les États-Unis dans la région, notamment le renforcement des liens économiques, mais elles s’inscrivent parfaitement dans le cadre plus large du programme intérieur de Trump.

De façon surprenante, l’Afrique joue également un rôle dans la politique mondiale d’immigration de Trump. L’administration, avec le soutien direct du président lui-même, a activement recherché des partenaires africains prêts à accueillir des personnes expulsées de pays tiers, même lorsqu’elles n’ont aucun lien avec le pays d’accueil, ni même avec l’Afrique.

D’une manière générale, cette pratique est légale au regard du droit américain de l’immigration, bien qu’il existe certains cas particuliers où elle ne l’est pas. En 2025, la Cour suprême a confirmé le droit du gouvernement à procéder à de telles expulsions ; plus récemment, une juridiction inférieure a estimé que les immigrés devaient disposer d’un délai pour contester les expulsions vers un pays tiers, mais cette affaire est toujours en cours d’examen. Le droit international n’interdit pas non plus ce type d’expulsion, à condition qu’il n’existe pas de risque substantiel de persécution ou de torture. Il est probable que les responsables de l’administration Trump se soient inspirés d’un projet britannique de 2022, soutenu par le gouvernement de Boris Johnson, visant à expulser un grand nombre de ressortissants de pays tiers vers le Rwanda en échange de centaines de millions de livres sterling d’aide britannique. (Cette mesure a finalement été abandonnée après des contestations judiciaires et le départ du Parti conservateur du pouvoir.)

Jusqu’à présent, l’administration a conclu des accords avec au moins sept pays africains, bien que le Département d’État ait fourni peu de détails. Il s’agit notamment du Rwanda, du Soudan du Sud, de l’Eswatini, de l’Ouganda, du Ghana, du Cameroun et de la République démocratique du Congo. Des informations relayées par les médias indiquent également que la Guinée équatoriale, la Sierra Leone et le Liberia pourraient avoir accepté d’accueillir des expulsés en provenance des États-Unis. Ces accords comprennent des montants modestes d’aide américaine — généralement entre 5 et 7 millions de dollars — destinés à soutenir l’accueil des personnes expulsées. Le président Trump aurait personnellement promu les expulsions vers des pays tiers lors de son « mini-sommet » de juillet 2025 à Washington avec les dirigeants de la Mauritanie, du Gabon, du Sénégal, de la Guinée-Bissau et du Liberia. Jusqu’à présent, le nombre d’expulsions réalisées dans le cadre de ces accords semble toutefois limité, probablement à quelques dizaines de personnes par pays au maximum.

Étant donné que l’administration cherche à expulser des milliers d’immigrants chaque jour, pourquoi déployer autant d’efforts pour seulement quelques expulsions vers l’Afrique ? Plusieurs explications plausibles peuvent être avancées.

Premièrement, il y a l’effet dissuasif de l’exil en Afrique. Indépendamment du nombre réel d’immigrants expulsés vers le continent, de nombreux candidats à l’immigration peuvent être effrayés par cette perspective. Un jeune Mexicain ou Vénézuélien cherchant une nouvelle vie aux États-Unis peut être prêt à courir le risque d’être renvoyé dans son pays d’origine, ou même dans un pays voisin familier, pour tenter sa chance dans la réalisation du rêve américain. Ce calcul peut changer considérablement si une arrestation par l’ICE signifie être envoyée dans un pays africain éloigné offrant des garanties de protection des droits humains incertaines.

Deuxièmement, l’administration cherche presque certainement à développer des capacités d’accueil en prévision d’éventuels besoins futurs, notamment dans des pays peu susceptibles de contester d’éventuels abus. Face à la forte pression exercée par la Maison-Blanche et le Département de la sécurité intérieure pour expulser des millions d’immigrants, les responsables américains de l’immigration doivent être désespérément à la recherche d’endroits où ils peuvent transférer rapidement les cas les plus problématiques. On peut également supposer qu’ils souhaitent se décharger complètement de ces dossiers une fois les personnes arrivées sur le continent, même si toutes les procédures n’ont pas été scrupuleusement respectées. En mai, l’ICE a expulsé une Colombienne vers Kinshasa alors que le gouvernement congolais avait auparavant refusé de l’accueillir pour des raisons de santé. (Un juge américain a par la suite ordonné son retour aux États-Unis, mais il n’est pas clair si l’ICE s’est conformée à cette décision).

Enfin, certains critiques estiment que ces accords pourraient être conçus pour contourner le droit américain ou international. Plus précisément, ils craignent que les expulsions vers des pays tiers ne conduisent ensuite à des renvois vers des États où les personnes concernées risquent des persécutions. Cette inquiétude est particulièrement forte pour les demandeurs d’asile qui pourraient finalement être renvoyés dans leur pays d’origine et exposés aux persécutions mêmes qu’ils avaient cherché à fuir. En février 2026, la minorité démocrate de la Commission des relations extérieures du Sénat a publié un rapport très critique sur cette pratique. Les auteurs ont souligné que la majorité des personnes expulsées vers des pays tiers par l’administration Trump bénéficiaient de protections ordonnées par les tribunaux. Le rapport cite notamment des cas d’immigrants protégés qui ont été envoyés au Ghana et en Guinée équatoriale avant d’être renvoyés par la suite dans leur pays d’origine. La juge saisie de ces affaires a déclaré dans sa décision :

« Ces actions semblent également s’inscrire dans un schéma plus large et dans un effort généralisé visant à contourner les obligations légales du gouvernement américain en faisant indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement. »


Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.

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01.06.2026 à 17:00

Témoignage glaçant d’un soldat israélien

stagiairedecomm@iris-france.org

Dans son édition du vendredi 29 mai, The Economist a publié le témoignage saisissant de « Jonathan », pseudo utilisé par un ex-soldat israélien ayant servi en Cisjordanie puis à Gaza après le 7 octobre. Il revient sur son parcours, depuis sa conviction initiale de la nécessité d’une guerre contre le Hamas après le 7 octobre jusqu’à ses doutes croissants face aux méthodes employées par l’armée israélienne et au traitement réservé aux Palestiniens. Confirmant de nombreux témoignages, il expose les pratiques contestables de l’armée israélienne sur les Palestiniens, comprenant le ciblage systématique et sans distinction de civils, l’utilisation de prisonniers comme boucliers humains (surnommés « mosquitos ») ainsi que des cas de pillages de maisons. Autant d’actions qui l’ont conduit à une prise de distance avec l’armée israélienne et à cause desquelles il a développé des troubles post-traumatiques. Lorsqu’un ancien soldat israélien confirme publiquement des pratiques déjà dénoncées depuis des mois par des ONG et des témoins, peut-on encore douter de la réalité des crimes commis à Gaza ? D’autant plus lorsque ce témoignage est relayé par un média comme The Economist, à la visibilité internationale et qui ne prend généralement pas parti en faveur de la cause palestinienne. Mon analyse dans cette vidéo.

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Dans son édition du vendredi 29 mai, The Economist a publié le témoignage saisissant de « Jonathan », pseudo utilisé par un ex-soldat israélien ayant servi en Cisjordanie puis à Gaza après le 7 octobre.

Il revient sur son parcours, depuis sa conviction initiale de la nécessité d’une guerre contre le Hamas après le 7 octobre jusqu’à ses doutes croissants face aux méthodes employées par l’armée israélienne et au traitement réservé aux Palestiniens.

Confirmant de nombreux témoignages, il expose les pratiques contestables de l’armée israélienne sur les Palestiniens, comprenant le ciblage systématique et sans distinction de civils, l’utilisation de prisonniers comme boucliers humains (surnommés « mosquitos ») ainsi que des cas de pillages de maisons. Autant d’actions qui l’ont conduit à une prise de distance avec l’armée israélienne et à cause desquelles il a développé des troubles post-traumatiques.

Lorsqu’un ancien soldat israélien confirme publiquement des pratiques déjà dénoncées depuis des mois par des ONG et des témoins, peut-on encore douter de la réalité des crimes commis à Gaza ? D’autant plus lorsque ce témoignage est relayé par un média comme The Economist, à la visibilité internationale et qui ne prend généralement pas parti en faveur de la cause palestinienne.

Mon analyse dans cette vidéo.

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