
11.05.2026 à 11:58
admn_iris
La Côte d’Ivoire célébrera prochainement la restitution par la France d’une pièce d’importance : un tambour à fentes, long de 3,30 mètres et pesant 430 kg. Connue sous le nom de Djidji Ayôkwé, cette pièce était officiellement réclamée depuis 2019 par les autorités ivoiriennes. Après une phase de restauration et de longs mois d’atermoiements, l’objet a regagné la Côte d’Ivoire le 13 mars dernier, 110 ans après avoir été pillé par les colons français. Sa restitution témoigne de l’importance que revêt le retour de pièces à forte teneur symboliques pour les populations africaines. Elle pointe aussi la lenteur de ces processus : rendre ce tambour aura pris… quatre ans et demi ! Pour accélérer et généraliser ces restitutions, le Parlement français vient d’adopter une loi-cadre, un texte majeur – longtemps repoussé – qui vient concrétiser la promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de rendre possible ces restitutions. Mais, avec la création d’une commission nationale de restitutions, en sus de comités scientifiques bilatéraux, et en l’absence de trajectoire financière pour développer la recherche de provenance, la France entretient le flou quant à sa réelle ambition en matière de restitutions de biens culturels à l’Afrique.
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La Côte d’Ivoire célébrera prochainement la restitution par la France d’une pièce d’importance : un tambour à fentes, long de 3,30 mètres et pesant 430 kg. Connue sous le nom de Djidji Ayôkwé, cette pièce était officiellement réclamée depuis 2019 par les autorités ivoiriennes. Après une phase de restauration et de longs mois d’atermoiements, l’objet a regagné la Côte d’Ivoire le 13 mars dernier, 110 ans après avoir été pillé par les colons français. Sa restitution témoigne de l’importance que revêt le retour de pièces à forte teneur symboliques pour les populations africaines. Elle pointe aussi la lenteur de ces processus : rendre ce tambour aura pris… quatre ans et demi !
Pour accélérer et généraliser ces restitutions, le Parlement français vient d’adopter une loi-cadre, un texte majeur – longtemps repoussé – qui vient concrétiser la promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de rendre possible ces restitutions. Mais, avec la création d’une commission nationale de restitutions, en sus de comités scientifiques bilatéraux, et en l’absence de trajectoire financière pour développer la recherche de provenance, la France entretient le flou quant à sa réelle ambition en matière de restitutions de biens culturels à l’Afrique.
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07.05.2026 à 17:24
Coline Laroche
La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. L’aide en santé oscille, d’autant plus aujourd’hui, entre solidarité affichée et intérêt stratégique des États. À travers le financement de la lutte contre les grandes pandémies (VIH/SIDA, paludisme, tuberculose), il s’agit également de protéger ses propres frontières épidémiques, consolider des alliances diplomatiques et d’imposer des normes. Ainsi, la tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale, sans qu’aucun acteur n’ait jamais pleinement résolu cette contradiction. Ce qui change avec l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique. Les mots « intérêt national », « accord bilatéral » et « America First » ne sont plus dissimulés derrière un vocabulaire humanitariste, ils structurent le document lui-même. Cette note propose une lecture critique de l’America First Global Health Strategy. Elle a pour vocation d’en décrypter les mécanismes ainsi que les enjeux géopolitiques, sanitaires et idéologiques. Elle esquisse les perspectives ouvertes, plus spécifiquement sur le continent africain, face à cette recomposition de l’ordre sanitaire mondial.
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La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. L’aide en santé oscille, d’autant plus aujourd’hui, entre solidarité affichée et intérêt stratégique des États. À travers le financement de la lutte contre les grandes pandémies (VIH/SIDA, paludisme, tuberculose), il s’agit également de protéger ses propres frontières épidémiques, consolider des alliances diplomatiques et d’imposer des normes. Ainsi, la tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale, sans qu’aucun acteur n’ait jamais pleinement résolu cette contradiction. Ce qui change avec l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique. Les mots « intérêt national », « accord bilatéral » et « America First » ne sont plus dissimulés derrière un vocabulaire humanitariste, ils structurent le document lui-même.
Cette note propose une lecture critique de l’America First Global Health Strategy. Elle a pour vocation d’en décrypter les mécanismes ainsi que les enjeux géopolitiques, sanitaires et idéologiques. Elle esquisse les perspectives ouvertes, plus spécifiquement sur le continent africain, face à cette recomposition de l’ordre sanitaire mondial.
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07.05.2026 à 12:33
Déborah Yapi
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, beaucoup présentent toute opposition à sa politique étrangère comme une forme « d’anti-trumpisme primaire ». Mais la vraie question n’est-elle pas plutôt l’inverse : pourquoi existe-t-il aujourd’hui un « pro-trumpisme primaire », qui dispense de toute analyse géopolitique sérieuse ? Une interrogation d’autant plus importante lorsque l’on constate la logique politique mise en œuvre par Donald Trump : rapport de force permanent, vision transactionnelle des alliances, hostilité assumée envers l’Union européenne, remise en cause du droit international et multiplication des tensions malgré un discours prétendument tourné vers la paix. Alors que les États-Unis imposent des tarifs douaniers unilatéraux à leurs alliés, menacent régulièrement leurs partenaires européens et adoptent une posture de plus en plus impérialiste, devrait-on s’abstenir de le critiquer sous peine d’être accusés d’anti-trumpisme primaire ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, beaucoup présentent toute opposition à sa politique étrangère comme une forme « d’anti-trumpisme primaire ». Mais la vraie question n’est-elle pas plutôt l’inverse : pourquoi existe-t-il aujourd’hui un « pro-trumpisme primaire », qui dispense de toute analyse géopolitique sérieuse ?
Une interrogation d’autant plus importante lorsque l’on constate la logique politique mise en œuvre par Donald Trump : rapport de force permanent, vision transactionnelle des alliances, hostilité assumée envers l’Union européenne, remise en cause du droit international et multiplication des tensions malgré un discours prétendument tourné vers la paix.
Alors que les États-Unis imposent des tarifs douaniers unilatéraux à leurs alliés, menacent régulièrement leurs partenaires européens et adoptent une posture de plus en plus impérialiste, devrait-on s’abstenir de le critiquer sous peine d’être accusés d’anti-trumpisme primaire ?
Mon analyse dans cette vidéo.
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