
20.05.2026 à 10:32
admn_iris
Au-delà des aspects militaires, le plus important après cette attaque de drones est d’interpréter les messages qui sont envoyés par l’Ukraine à la Russie. En premier lieu, il faut bien voir que l’effet militaire est limité. L’attaque a été réalisée grâce à des drones légers de taille moyenne avec des charges militaires peu importantes. L’objectif n’était pas d’affaiblir militairement la Russie, mais d’envoyer un certain nombre de messages aux Russes et à Vladimir Poutine. Le premier message est de nature politique. Durant toute la campagne d’hiver, la Russie a frappé toutes les installations énergétiques ukrainiennes pour affaiblir la capacité de résistance des Ukrainiens. L’objectif était d’atteindre leur moral. Le message de cette frappe est de montrer qu’au sortir de l’hiver, l’Ukraine est toujours debout, que le moral des Ukrainiens n’a pas été atteint par la campagne militaire hivernale de la Russie, qu’ils ne se contentent pas de se défendre : ils peuvent aussi attaquer. Le deuxième message qui est envoyé est que la base industrielle et technologique de défense (BITD) ukrainienne est intacte malgré toutes les frappes de la Russie et qu’ils sont capables de produire en grande quantité des drones, certes rustiques, mais peu chers, et capables de frapper le territoire russe. La défense des Ukrainiens ne repose donc pas uniquement sur les armements livrés par les Européens ou que les Européens auront achetés aux Américains pour les fournir aux Ukrainiens. C’est une frappe « made in Kiev » et non « made in OTAN » et cela a donc aussi pour but d’affecter le moral des Russes : l’Ukraine est capable de leur résister y compris sans les armements livrés par les Européens. Le troisième message est que Kiev peut désormais frapper Moscou. Celui-ci se divise en deux plans. En premier lieu la guerre se déroule depuis le début sur le territoire ukrainien et […]
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Au-delà des aspects militaires, le plus important après cette attaque de drones est d’interpréter les messages qui sont envoyés par l’Ukraine à la Russie.
En premier lieu, il faut bien voir que l’effet militaire est limité. L’attaque a été réalisée grâce à des drones légers de taille moyenne avec des charges militaires peu importantes. L’objectif n’était pas d’affaiblir militairement la Russie, mais d’envoyer un certain nombre de messages aux Russes et à Vladimir Poutine.
Le premier message est de nature politique. Durant toute la campagne d’hiver, la Russie a frappé toutes les installations énergétiques ukrainiennes pour affaiblir la capacité de résistance des Ukrainiens. L’objectif était d’atteindre leur moral. Le message de cette frappe est de montrer qu’au sortir de l’hiver, l’Ukraine est toujours debout, que le moral des Ukrainiens n’a pas été atteint par la campagne militaire hivernale de la Russie, qu’ils ne se contentent pas de se défendre : ils peuvent aussi attaquer.
Le deuxième message qui est envoyé est que la base industrielle et technologique de défense (BITD) ukrainienne est intacte malgré toutes les frappes de la Russie et qu’ils sont capables de produire en grande quantité des drones, certes rustiques, mais peu chers, et capables de frapper le territoire russe. La défense des Ukrainiens ne repose donc pas uniquement sur les armements livrés par les Européens ou que les Européens auront achetés aux Américains pour les fournir aux Ukrainiens. C’est une frappe « made in Kiev » et non « made in OTAN » et cela a donc aussi pour but d’affecter le moral des Russes : l’Ukraine est capable de leur résister y compris sans les armements livrés par les Européens.
Le troisième message est que Kiev peut désormais frapper Moscou. Celui-ci se divise en deux plans.
En premier lieu la guerre se déroule depuis le début sur le territoire ukrainien et les Occidentaux ont pris bien soin de demander aux Ukrainiens de ne pas frapper le territoire russe dans sa profondeur avec les armements qu’ils leur ont livrés. Or, ici on a bien une escalade dans le conflit, non pas tant par l’intensité des frappes, mais du fait de l’extension de son champ géographique au territoire russe, et ce jusqu’à Moscou. Mais les Ukrainiens ont toutefois pris bien soin d’utiliser leurs armements et non des armements occidentaux pour ne pas mettre dans l’embarras les Européens, voire entraîner une réaction négative de Donald Trump.
En second lieu, l’Ukraine a montré qu’elle était capable de lancer une frappe massive tout en moins en nombre, et ce, allant jusqu’à viser Moscou. Ces drones ont franchi plus de 500 km, ils n’ont pas été arrêtés par la défense aérienne russe et il est frappant de constater que les vidéos qui ont circulé ont été réalisés par des habitants de Moscou et de sa banlieue. L’impact psychologique est énorme et c’est bien l’effet recherché : montrer aux citoyens russes que « l’opération spéciale » de la Russie en Ukraine est un échec et que plus de quatre ans après le début de cette guerre la peur peut changer de camp.
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19.05.2026 à 16:51
Coline Laroche
La spécificité de la guerre informationnelle réside dans son caractère évolutif : afin d’atteindre efficacement les opinions publiques, elle s’adapte aux environnements sociaux et politiques en se greffant aux thématiques qui suscitent une attention accrue dans les sociétés ciblées. Comme de nombreux autres enjeux, les changements climatiques peuvent donc être intégrés dans le cadre de la guerre informationnelle. Bien que l’intégration des questions climatiques dans le cadre d’ingérences informationnelles étrangères soit récente, la manipulation de l’information climatique est en réalité une pratique ancienne. Toutefois, la désinformation climatique contemporaine se distingue par la diversité des acteurs impliqués : aux acteurs des énergies fossiles s’ajoutent désormais ceux de la Big Tech, ainsi que des acteurs étatiques. De 2024 à 2026, la désinformation climatique représentait en moyenne 7,7 % de l’ensemble des contenus de désinformation recensés dans l’Union européenne (UE). La manipulation de l’information climatique recouvre une diversité de pratiques, dont les nuances reposent sur le degré d’intentionnalité. L’UE établit ainsi une distinction entre « mésinformation » – définie comme la « diffusion de contenus faux ou trompeurs transmis sans intention de nuire, même si leurs effets peuvent néanmoins être préjudiciables » – et la « désinformation », définie comme des « contenus faux ou trompeurs diffusés avec l’intention de tromper ou dans un but lucratif ou politique et susceptibles de causer un préjudice public ». Dans la continuité des travaux menés par l’Observatoire Défense et climat sur l’intégration des changements climatiques dans les dynamiques de guerre hybride, cette note propose d’analyser l’instrumentalisation de l’information climatique par des puissances étrangères, grâce à une approche multifactorielle. Dans cette perspective, elle intègre les questions climatiques comme nouvel objet de la guerre informationnelle. Ainsi, après une présentation du cadre méthodologique du nexus désinformation climatique – guerre informationnelle (I), cette note propose un panorama des principaux acteurs étatiques de la désinformation climatique ciblant l’Europe, notamment la Russie et les […]
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La spécificité de la guerre informationnelle réside dans son caractère évolutif : afin d’atteindre efficacement les opinions publiques, elle s’adapte aux environnements sociaux et politiques en se greffant aux thématiques qui suscitent une attention accrue dans les sociétés ciblées. Comme de nombreux autres enjeux, les changements climatiques peuvent donc être intégrés dans le cadre de la guerre informationnelle.
Bien que l’intégration des questions climatiques dans le cadre d’ingérences informationnelles étrangères soit récente, la manipulation de l’information climatique est en réalité une pratique ancienne. Toutefois, la désinformation climatique contemporaine se distingue par la diversité des acteurs impliqués : aux acteurs des énergies fossiles s’ajoutent désormais ceux de la Big Tech, ainsi que des acteurs étatiques. De 2024 à 2026, la désinformation climatique représentait en moyenne 7,7 % de l’ensemble des contenus de désinformation recensés dans l’Union européenne (UE).
La manipulation de l’information climatique recouvre une diversité de pratiques, dont les nuances reposent sur le degré d’intentionnalité. L’UE établit ainsi une distinction entre « mésinformation » – définie comme la « diffusion de contenus faux ou trompeurs transmis sans intention de nuire, même si leurs effets peuvent néanmoins être préjudiciables » – et la « désinformation », définie comme des « contenus faux ou trompeurs diffusés avec l’intention de tromper ou dans un but lucratif ou politique et susceptibles de causer un préjudice public ».
Dans la continuité des travaux menés par l’Observatoire Défense et climat sur l’intégration des changements climatiques dans les dynamiques de guerre hybride, cette note propose d’analyser l’instrumentalisation de l’information climatique par des puissances étrangères, grâce à une approche multifactorielle. Dans cette perspective, elle intègre les questions climatiques comme nouvel objet de la guerre informationnelle. Ainsi, après une présentation du cadre méthodologique du nexus désinformation climatique – guerre informationnelle (I), cette note propose un panorama des principaux acteurs étatiques de la désinformation climatique ciblant l’Europe, notamment la Russie et les États-Unis, ainsi que leurs interactions avec des acteurs non étatiques (II). L’analyse porte ensuite sur les conséquences sécuritaires de la désinformation climatique (III). Sur la base de ces conclusions, la note développe trois scénarii de prospective, accompagnés de recommandations à destination du ministère des Armées (IV).
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19.05.2026 à 12:30
Déborah Yapi
Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Anne Sénéquier, chercheuse et co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’IRIS, autour des risques de nouvelles crises sanitaires dans un contexte de propagation de l’hantavirus et à la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo.
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Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Anne Sénéquier, chercheuse et co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’IRIS, autour des risques de nouvelles crises sanitaires dans un contexte de propagation de l’hantavirus et à la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo.
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