
29.10.2026 à 16:12
Coline Laroche
Les effets des changements climatiques sur les relations interétatiques revêtent un caractère ambivalent. En tant que phénomène global, ils constituent un facteur potentiel de coopération entre États, afin d’assurer des politiques de lutte contre les changements climatiques coordonnées et efficaces. À l’inverse, les changements climatiques peuvent également se superposer à des tensions préexistantes et renforcer des dynamiques de rivalités ou de compétition entre acteurs. Cette tendance est d’autant plus perceptible dans le contexte contemporain marqué par un durcissement des relations interétatiques, révélateur de la remise en question du multilatéralisme hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, ce contexte paraît propice à l’instrumentalisation des changements climatiques : certains acteurs étatiques allant jusqu’à les exploiter de manière coercitive et à s’en saisir comme d’un levier stratégique au même titre que les enjeux économiques, technologiques ou encore industriels. Si l’intégration des enjeux climatiques au service d’intérêts propres est une pratique commune à tous les États, elle n’en constitue pas moins une caractéristique notable de la politique climatique russe, qui peut être qualifiée d’opportuniste. Dans la Russie contemporaine, notamment poutinienne, la question climatique est envisagée de façon opportuniste, à travers le prisme des intérêts politiques et géopolitiques du régime – au même titre que d’autres enjeux, notamment économiques, technologiques et diplomatiques. C’est cette logique que nous proposons de qualifier de « climato-opportunisme », à savoir la stratégie climatique russe, entendue comme la capacité du pouvoir à adapter ses discours, engagements et politiques environnementales aux rapports de force. Cette note, à la croisée des enjeux climatiques et géopolitiques, analyse la manière dont la Russie intègre les changements climatiques dans une logique de « climato-opportunisme » au service de ses objectifs stratégiques. Cette approche se traduit par une forme de discordance dans la prise en compte des enjeux climatiques aux échelles nationales et internationales.
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Les effets des changements climatiques sur les relations interétatiques revêtent un caractère ambivalent. En tant que phénomène global, ils constituent un facteur potentiel de coopération entre États, afin d’assurer des politiques de lutte contre les changements climatiques coordonnées et efficaces. À l’inverse, les changements climatiques peuvent également se superposer à des tensions préexistantes et renforcer des dynamiques de rivalités ou de compétition entre acteurs. Cette tendance est d’autant plus perceptible dans le contexte contemporain marqué par un durcissement des relations interétatiques, révélateur de la remise en question du multilatéralisme hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, ce contexte paraît propice à l’instrumentalisation des changements climatiques : certains acteurs étatiques allant jusqu’à les exploiter de manière coercitive et à s’en saisir comme d’un levier stratégique au même titre que les enjeux économiques, technologiques ou encore industriels.
Si l’intégration des enjeux climatiques au service d’intérêts propres est une pratique commune à tous les États, elle n’en constitue pas moins une caractéristique notable de la politique climatique russe, qui peut être qualifiée d’opportuniste. Dans la Russie contemporaine, notamment poutinienne, la question climatique est envisagée de façon opportuniste, à travers le prisme des intérêts politiques et géopolitiques du régime – au même titre que d’autres enjeux, notamment économiques, technologiques et diplomatiques. C’est cette logique que nous proposons de qualifier de « climato-opportunisme », à savoir la stratégie climatique russe, entendue comme la capacité du pouvoir à adapter ses discours, engagements et politiques environnementales aux rapports de force.
Cette note, à la croisée des enjeux climatiques et géopolitiques, analyse la manière dont la Russie intègre les changements climatiques dans une logique de « climato-opportunisme » au service de ses objectifs stratégiques. Cette approche se traduit par une forme de discordance dans la prise en compte des enjeux climatiques aux échelles nationales et internationales.
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28.10.2026 à 17:32
Déborah Yapi
Le Japon opère aujourd’hui un tournant sécuritaire dans un contexte de préoccupations croissantes quant à la fiabilité des garanties de sécurité offertes par Washington. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Japon avait renoncé à se doter de capacités offensives, au profit d’une doctrine de pacifisme, qui reposait en grande partie sur ces garanties états-uniennes. Cette politique est peu à peu remise en cause face à ce que Tokyo perçoit comme une intensification des menaces dans sa sphère régionale. Le pays s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et de ses velléités sur Taïwan. La guerre en Ukraine conduit également le Japon à considérer la Russie comme une menace potentielle, notamment en raison de son contrôle de plusieurs îles revendiquées par Tokyo. La Corée du Nord constitue par ailleurs toujours une menace latente. Face à ces enjeux et face à un allié états-unien peu fiable aux yeux de Tokyo, le Japon cherche donc à élargir ses partenariats et développer ses propres capacités militaires. Comment le Japon s’adapte-t-il à l’imprévisibilité des États-Unis depuis le retour de Donald Trump ? Peut-il encore compter sur la protection militaire de Washington ? Comment Tokyo se positionne-t-il dans les tensions sino-taïwanaises ? Le débat sur l’acquisition de l’arme nucléaire est-il relancé ? L’Europe a-t-elle une visibilité auprès le Japon ? Vers quelles régions le Japon cherche-t-il à étendre son influence ? Autant d’enjeux abordés avec Robert Dujarric, universitaire au Japon et co-directeur de l’Institute of Contemporary Asian Studies (ICAS) de Temple University à Tokyo.
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Le Japon opère aujourd’hui un tournant sécuritaire dans un contexte de préoccupations croissantes quant à la fiabilité des garanties de sécurité offertes par Washington. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Japon avait renoncé à se doter de capacités offensives, au profit d’une doctrine de pacifisme, qui reposait en grande partie sur ces garanties états-uniennes.
Cette politique est peu à peu remise en cause face à ce que Tokyo perçoit comme une intensification des menaces dans sa sphère régionale. Le pays s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et de ses velléités sur Taïwan. La guerre en Ukraine conduit également le Japon à considérer la Russie comme une menace potentielle, notamment en raison de son contrôle de plusieurs îles revendiquées par Tokyo. La Corée du Nord constitue par ailleurs toujours une menace latente. Face à ces enjeux et face à un allié états-unien peu fiable aux yeux de Tokyo, le Japon cherche donc à élargir ses partenariats et développer ses propres capacités militaires.
Comment le Japon s’adapte-t-il à l’imprévisibilité des États-Unis depuis le retour de Donald Trump ? Peut-il encore compter sur la protection militaire de Washington ? Comment Tokyo se positionne-t-il dans les tensions sino-taïwanaises ? Le débat sur l’acquisition de l’arme nucléaire est-il relancé ? L’Europe a-t-elle une visibilité auprès le Japon ? Vers quelles régions le Japon cherche-t-il à étendre son influence ?
Autant d’enjeux abordés avec Robert Dujarric, universitaire au Japon et co-directeur de l’Institute of Contemporary Asian Studies (ICAS) de Temple University à Tokyo.
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28.10.2026 à 16:37
Coline Laroche
Une nation, deux États : c’est ainsi que les dirigeants de la Turquie et de l’Azerbaïdjan définissent traditionnellement leur relation. Il faut dire que malgré la faible longueur de leur frontière commune – à peine quelques kilomètres – les deux pays affichent une amitié ouverte, aussi bien au niveau des gouvernements que des populations. Leurs langues sont très similaires, au point d’être mutuellement intelligibles, et l’islam (majoritairement chiite en Azerbaïdjan, sunnite en Turquie) est la religion principale au sein des deux pays. Pourtant, ces derniers jours, des tensions importantes semblent avoir perturbé l’idylle géopolitique qui unissait jusqu’alors le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Comment est-on arrivé à cette situation, et jusqu’où cette crise diplomatique peut-elle aller ?
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Une nation, deux États : c’est ainsi que les dirigeants de la Turquie et de l’Azerbaïdjan définissent traditionnellement leur relation. Il faut dire que malgré la faible longueur de leur frontière commune – à peine quelques kilomètres – les deux pays affichent une amitié ouverte, aussi bien au niveau des gouvernements que des populations. Leurs langues sont très similaires, au point d’être mutuellement intelligibles, et l’islam (majoritairement chiite en Azerbaïdjan, sunnite en Turquie) est la religion principale au sein des deux pays. Pourtant, ces derniers jours, des tensions importantes semblent avoir perturbé l’idylle géopolitique qui unissait jusqu’alors le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Comment est-on arrivé à cette situation, et jusqu’où cette crise diplomatique peut-elle aller ?
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