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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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03.03.2026 à 10:52

Macron annonce la dissuasion avancée

Déborah Yapi

Lors de son déplacement à l’île Longue en Bretagne, le 2 mars 2026, le président de la République Emmanuel Macron a délivré un discours consacré à l’avenir de la dissuasion nucléaire française, qui a lieu une fois par mandat présidentiel. Entre guerre en Ukraine, incertitudes sur la garantie américaine et montée des tensions internationales, le président a présenté le concept inédit de « dissuasion avancée ». Que signifie cette évolution ? S’agit-il d’une européanisation de la force nucléaire française ? Cette nouvelle orientation signifie-t-elle que la France partage sa doctrine ou conserve-t-elle le contrôle exclusif de la décision ? Mon analyse des enjeux stratégiques que soulève ce discours.

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Lors de son déplacement à l’île Longue en Bretagne, le 2 mars 2026, le président de la République Emmanuel Macron a délivré un discours consacré à l’avenir de la dissuasion nucléaire française, qui a lieu une fois par mandat présidentiel.

Entre guerre en Ukraine, incertitudes sur la garantie américaine et montée des tensions internationales, le président a présenté le concept inédit de « dissuasion avancée ». Que signifie cette évolution ? S’agit-il d’une européanisation de la force nucléaire française ? Cette nouvelle orientation signifie-t-elle que la France partage sa doctrine ou conserve-t-elle le contrôle exclusif de la décision ?

Mon analyse des enjeux stratégiques que soulève ce discours.

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03.03.2026 à 10:30

L’autre « État de l’union »

Déborah Yapi

Le 24 février, le président Donald Trump a prononcé son discours annuel sur « l’État de l’Union » devant les deux chambres du Congrès, un an après le début de son second mandat. Le discours était long et décousu, rempli d’autosatisfaction euphorique et d’attaques hyperboliques contre son opposition, dans un style qui lui est propre. Les thèmes abordés n’ont surpris personne parmi ceux qui suivent cette administration : les droits de douane, l’immigration, la possibilité d’une « fraude électorale » perpétrée par les démocrates, les succès économiques du président, la criminalité dans les villes dirigées par des démocrates, les risques posés par le régime iranien, les guerres que Trump aurait « terminées », la puissance militaire américaine sous son mandat, etc., etc. Comme à son habitude, le président s’est vanté de toutes les « victoires » remportées par le peuple américain sous sa direction. Le même soir, les démocrates ont prononcé leur propre discours en réponse. Contrairement au discours présidentiel sur l’« état de l’Union », qui répond à une exigence constitutionnelle obligeant le président à faire « de temps à autre » un rapport au Congrès, la réplique de l’opposition relève d’une tradition relativement récente. Depuis 1966, alors que la télévision devenait un média politique de plus en plus puissant, le parti qui n’occupe pas la Maison-Blanche présente une réponse au discours officiel du président. Cette année, la porte-parole des démocrates, la gouverneure de Virginie Abigail Spanberger, a été chargée de cette tâche par la direction du parti au Congrès. Le discours de Trump, d’une durée de près de deux heures, fut le plus long de l’histoire de la République. La réponse de Spanberger — d’environ douze minutes — fut directe et concise. L’intervention de la gouverneure dans l’enceinte de la chambre basse de la législature de Virginie en […]

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Texte intégral (1049 mots)

Le 24 février, le président Donald Trump a prononcé son discours annuel sur « l’État de l’Union » devant les deux chambres du Congrès, un an après le début de son second mandat. Le discours était long et décousu, rempli d’autosatisfaction euphorique et d’attaques hyperboliques contre son opposition, dans un style qui lui est propre. Les thèmes abordés n’ont surpris personne parmi ceux qui suivent cette administration : les droits de douane, l’immigration, la possibilité d’une « fraude électorale » perpétrée par les démocrates, les succès économiques du président, la criminalité dans les villes dirigées par des démocrates, les risques posés par le régime iranien, les guerres que Trump aurait « terminées », la puissance militaire américaine sous son mandat, etc., etc. Comme à son habitude, le président s’est vanté de toutes les « victoires » remportées par le peuple américain sous sa direction.

Le même soir, les démocrates ont prononcé leur propre discours en réponse. Contrairement au discours présidentiel sur l’« état de l’Union », qui répond à une exigence constitutionnelle obligeant le président à faire « de temps à autre » un rapport au Congrès, la réplique de l’opposition relève d’une tradition relativement récente. Depuis 1966, alors que la télévision devenait un média politique de plus en plus puissant, le parti qui n’occupe pas la Maison-Blanche présente une réponse au discours officiel du président. Cette année, la porte-parole des démocrates, la gouverneure de Virginie Abigail Spanberger, a été chargée de cette tâche par la direction du parti au Congrès. Le discours de Trump, d’une durée de près de deux heures, fut le plus long de l’histoire de la République. La réponse de Spanberger — d’environ douze minutes — fut directe et concise.

L’intervention de la gouverneure dans l’enceinte de la chambre basse de la législature de Virginie en dit long sur la manière dont les démocrates comptent se positionner dans les mois à venir. Qu’avons-nous appris ?

Premièrement, la direction démocrate au Congrès ne semble pas vouloir faire de vagues. Spanberger représentait un choix relativement sûr et modéré pour s’exprimer au nom du parti. Ancienne agente de la CIA, la gouverneure de Virginie est une centriste issue d’un État du Sud devenu progressivement plus favorable aux démocrates ces dernières années, et elle a remporté l’élection haut la main l’an dernier. Le Parti démocrate traverse une période difficile, et ses dirigeants hésitent à prendre des risques à l’ère des bouleversements trumpiens. Or, de nombreux dirigeants plus jeunes, déçus par les résultats mitigés de leur parti lors des élections de 2024, ont plaidé pour une approche plus dynamique et populiste. Des progressistes combatifs et sans concession, comme la députée new-yorkaise Alexandra Ocasio-Cortez et le maire de New York Zohran Mamdani, incarnent l’avant-garde de cette orientation. Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, et le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, ont toutefois décidé de ne pas s’engager dans cette voie pour l’instant.

Pourquoi ? En partie parce que l’attention se porte clairement sur les élections de mi-mandat en novembre prochain. La majorité républicaine à la Chambre ne tient plus qu’à une voix, et les démocrates espèrent reprendre le contrôle de cette assemblée. Ils entrevoient même une voie étroite, quoique difficile, pour reconquérir le Sénat. Trump obtient de mauvais résultats dans les sondages, y compris sur des thèmes qui lui ont souvent été favorables comme l’immigration et l’économie, et traditionnellement le parti du président en exercice perd des sièges lors des élections de mi-mandat. Les démocrates ont récemment remporté plusieurs succès électoraux, notamment l’élection de Spanberger et celle de son homologue gouverneur dans le New Jersey. Ce n’est pas le moment, semble-t-il avoir été décidé par les dirigeants du Congrès, de mettre en péril ce qui s’annonce comme une performance prometteuse. Cela ne signifie pas pour autant que le débat soit clos à l’approche de l’élection présidentielle de 2028.

Le discours de Spanberger a également mis en évidence le plan d’attaque des démocrates. La gouverneure a posé trois questions fondamentales à son auditoire : « Le président travaille-t-il à rendre la vie plus abordable pour vous et votre famille ? Le président œuvre-t-il à assurer la sécurité des Américains, ici et à l’étranger ? Le président travaille-t-il pour vous ? » Il n’est pas surprenant qu’elle ait commencé par la question du « coût de la vie », talon d’Achille de Biden et qui promet de l’être aussi pour Trump. Le président était manifestement sur la défensive sur ce point et s’est longuement étendu sur la baisse des prix sous son administration, affirmant que les démocrates étaient responsables du problème. Elle a soutenu que les droits de douane imposés par Trump constituaient en réalité une taxe massive sur les Américains, renchérissant le coût des biens pour les consommateurs. Spanberger a également insisté sur les risques liés au déploiement d’agents de l’immigration dans les villes américaines et mis en garde contre les dangers des politiques de Trump à l’égard de l’Iran ou de la Chine. Elle a en outre dénoncé la corruption personnelle du président. Autant de thèmes que l’on entendra probablement tout au long de la campagne.


Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.

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02.03.2026 à 17:58

Le conflit en Iran fait ressurgir la peur des conséquences d’un blocage du détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale

Coline Laroche              

Le conflit observé en Iran depuis le début du week-end et plus globalement au Moyen-Orient se déroule dans une zone de transit majeur des flux pétroliers mondiaux. Dans ce contexte, que peut-on anticiper sur les marchés pétroliers pour les mois qui viennent ? Le point avec Emmanuel Hache, directeur de recherche à l’IRIS. Quelle est la place de l’Iran sur les marchés pétroliers et gaziers mondiaux ? En 2025, l’Iran a produit environ 3,3 millions de barils par jour (mb/j) de pétrole brut et autour de 1,3 mb/j de distillats. Le pays représente ainsi environ 4,5 % de l’offre pétrolière mondiale et est, en janvier 2026, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le quatrième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), derrière l’Arabie saoudite (10,28 mb/j), l’Irak (4,34 mb/j) et les Émirats arabes unis (3,6 mb/j). Malgré son poids dans l’Organisation, l’Iran n’exporte qu’environ 1,5 mb/j de pétrole brut et de distillats. Certes les exportations iraniennes ont largement augmenté depuis 2020, période durant laquelle elles étaient tombées à leur plus bas niveaux des dernières années (0,4 mb/j), toutefois la structure des exportations s’est progressivement resserrée autour de la seule Chine. Pékin est en effet aujourd’hui la destination de plus de 90 % des exportations iraniennes contre moins de 25 % en 2017 ! Sur les marchés gaziers mondiaux, le constat est similaire. L’Iran est certes un acteur important avec les deuxièmes réserves mondiales (17,5 %) derrière la Russie (19,9 %) et environ 6,5 % de la production mondiale. Toutefois ses exportations ne représentent que 6,5 % des quantités produites et plus de 93 % du gaz iranien est consommé sur place. Les bombardements observés depuis samedi n’ont pour l’instant pas touchés d’infrastructures pétrolières et gazières (excepté des navires) qui se trouvent dans leur grande majorité dans le sud et le sud-ouest […]

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Texte intégral (1927 mots)

Quelle est la place de l’Iran sur les marchés pétroliers et gaziers mondiaux ?

En 2025, l’Iran a produit environ 3,3 millions de barils par jour (mb/j) de pétrole brut et autour de 1,3 mb/j de distillats. Le pays représente ainsi environ 4,5 % de l’offre pétrolière mondiale et est, en janvier 2026, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le quatrième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), derrière l’Arabie saoudite (10,28 mb/j), l’Irak (4,34 mb/j) et les Émirats arabes unis (3,6 mb/j). Malgré son poids dans l’Organisation, l’Iran n’exporte qu’environ 1,5 mb/j de pétrole brut et de distillats. Certes les exportations iraniennes ont largement augmenté depuis 2020, période durant laquelle elles étaient tombées à leur plus bas niveaux des dernières années (0,4 mb/j), toutefois la structure des exportations s’est progressivement resserrée autour de la seule Chine. Pékin est en effet aujourd’hui la destination de plus de 90 % des exportations iraniennes contre moins de 25 % en 2017 ! Sur les marchés gaziers mondiaux, le constat est similaire. L’Iran est certes un acteur important avec les deuxièmes réserves mondiales (17,5 %) derrière la Russie (19,9 %) et environ 6,5 % de la production mondiale. Toutefois ses exportations ne représentent que 6,5 % des quantités produites et plus de 93 % du gaz iranien est consommé sur place. Les bombardements observés depuis samedi n’ont pour l’instant pas touchés d’infrastructures pétrolières et gazières (excepté des navires) qui se trouvent dans leur grande majorité dans le sud et le sud-ouest du pays. Pour le pétrole, l’île de Kharg représente à elle seule 90 % des exportations de pétrole brut. Dès lors les risques de déstabilisation des marchés énergétiques mondiaux par la seule coupure des exportations iraniennes restent faibles. Les marchés pétroliers sont sous-pressions non pas en raison des seuls bombardements sur l’Iran mais face au risque global de déstabilisation de la région et de leurs flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz reste toujours ainsi stratégique dans la géopolitique mondiale de l’énergie ?

Oui le détroit d’Ormuz est encore aujourd’hui l’un des points névralgiques les plus importants de la géopolitique énergétique mondiale. Et le conflit en Iran fait ressurgir la peur des conséquences d’un blocage du détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale. Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique et le golfe d’Oman, est situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Il mesure environ 63 km de long pour environ 40 km de large à l’endroit le plus resserré et ses couloirs de navigation ne dépassent pas 3,7 km. Ormuz a une triple importance stratégique. En 2025, sur les 102 millions de barils de pétrole (mb/j) consommés par jour au niveau mondial, près de 76 mb/j ont été transportés par voie maritime. La majeure partie d’entre eux a emprunté le détroit de Malacca (23,7 mb/j) et le détroit d’Ormuz (20,1 mb/j). Ainsi le seul détroit d’Ormuz voit passer près de 20 % du pétrole consommé au niveau mondial. Une grande partie des exportations des principaux pays producteurs de la région (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Koweït et Qatar) passe par ce dernier, dont plus de 75 % ont pour destination l’Asie. C’est donc ce goulot d’étranglement spécifique qui inquiète les marchés. Il faut également rajouter que les approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL), notamment en provenance du Qatar utilisent le même trajet et 20 % des flux mondiaux de GNL y transitent. Il est également le point de passage final de l’ensemble des échanges commerciaux dans le golfe Persique, lieu d’affrontement durant la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988, et avec les États-Unis en 1987 et 1988 durant la guerre des tankers. Enfin, le détroit d’Ormuz est le principal objet de chantage et un véritable outil de pression de l’Iran envers ses voisins et les États-Unis. Mais, même au plus fort du conflit Iran-Irak durant les années 1980 ou durant les guerres du Golfe, il n’avait jamais été fermé, remettant en question la volonté et la capacité de l’Iran à le bloquer. Cependant la volonté des gardiens de la révolution de fermer le détroit et d’entrer dans une logique du pire est aujourd’hui affirmée et, avec les bombardements iraniens observés dans les pays du golfe Persique ce week-end, la situation se complique sensiblement.

Les bombardements en Iran interviennent dans une conjoncture particulière sur les marchés pétroliers qui pourraient limiter une hausse durable des prix ?

Les principales incertitudes aujourd’hui tournent autour de deux questions : la durée du conflit et son impact sur les flux pétroliers dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz. Ce dimanche, deux navires ont ainsi été touchés, ce qui pourrait augurer le pire en matière de conséquences économiques et environnementales. De manière générale ce sont les évènements géopolitiques observés depuis janvier 2026 notamment au Venezuela et dans une moindre mesure les diminutions de la production au Kazakhstan et en Russie qui ont permis aux cours du pétrole de se maintenir autour de 60 dollars le baril. En février 2026, les cours du pétrole brut Brent se sont hissés à environ 70 dollars en raison des tensions observées entre les États-Unis et l’Iran et l’absence d’avancée concrète dans les négociations. Qui peut dire à combien peut monter le pétrole dans un contexte de blocage total du détroit ? En juin 2025, lors de bombardements américains sur les installations nucléaires iraniennes (guerre des 12 jours), les prix avaient augmenté de près de 15 % pour atteindre plus de 80 dollars, avant de retourner vers leur niveau d’équilibre à moins de 70 dollars. Lundi 2 mars à l’ouverture des marchés ils ont atteint environ 80 dollars mais les incertitudes demeurent. Les prix risquent d’évoluer au gré des développements observés dans la zone et la crainte reste une hausse continue à plus de 100 dollars, impactant une croissance mondiale déjà affaiblie par les questions douanières et les aléas géopolitiques depuis début 2026. Certains acteurs semblent avoir pris leurs précautions puisque les exportations de pétrole brut avaient accéléré depuis près d’une semaine dans le Golfe. En outre, les principaux pays de l’OCDE disposent de stocks stratégiques (environ 90 jours d’importations nettes pour les pays membres de l’AIE) qui peuvent limiter la hausse des prix en rassurant les marchés. Et certains pays du golfe Persique peuvent également détourner une partie des flux vers la mer Rouge à travers leur réseau d’oléoduc. L’Arabie saoudite a ainsi une possibilité de détourner 60 % de ses exportations de pétrole brut (8,2 mb/j en 2024), tout comme les Émirats arabes unis ou le Qatar pour le gaz via le port de Fujairah dans le golfe d’Oman[1]. L’OPEP qui s’est réunie le 1er mars, a décidé de son côté d’augmenter ses quotas de production de 206 000 barils par jour, ce qui reste faible au regard des évènements survenus ce week-end. Les alternatives restent ainsi limitées puisque le contournement maximum de cargaisons du détroit laisserait tout de même une perte estimée entre 8 et 10 millions de barils pour les marchés. Plus globalement dans un contexte de crise, c’est la peur qui imprègne les marchés. Elle fait ressurgir le spectre d’une crise comparable aux chocs pétroliers de 1973-1974 et de 1979 qui avaient précipité l’économie mondiale dans la récession. Elle révèle notamment l’importance toujours prégnante du pétrole pour les économies et la nécessité d’accélérer les politiques de décarbonation du secteur du transport. La décarbonation est le meilleur levier pour limiter les conséquences des risques géopolitiques sur les marchés pétroliers.

Les bombardements interviennent pourtant dans une période plutôt particulière sur les marchés pétroliers. Ces derniers étaient, début 2026, en fort déséquilibre en raison d’une demande plus faible qu’attendue et que l’AIE a encore révisé à la baisse dans son dernier Oil Market Report de février 2026 (de + 0,93 mb/j à 0,85 mb/j) et d’une croissance importante de l’offre pétrolière. L’AIE estimait ainsi une situation d’excédent d’offre pétrolière à environ 3,7 mb/j en 2026 quand le département américain à l’énergie l’estimait de son côté à 3,1 mb/j contre 2,7 mb/j en 2025. Les fondamentaux de marchés avant le conflit invitaient plutôt à considérer des prix bas (autour de 60 dollars) pour 2026 et 2027. Les marchés pétroliers étaient ainsi en importante transformation. D’une part en raison des politiques de décarbonation, la croissance de la demande pétrolière ralentit et se trouve tirée exclusivement par les pays non-OCDE. D’autre part si la Chine a tiré la croissance mondiale de pétrole sur la dernière décennie, la croissance de sa demande a fortement ralenti et l’Inde pourrait devenir rapidement le principal moteur. Enfin du côté de l’offre, les politiques de l’OPEP et des autres producteurs restent fondamentales. En 2026, l’ensemble des Amériques (Argentine, Brésil, Canada, États-Unis et Guyana) pourrait à eux seuls ajouter 1,3 mb/j à l’offre mondiale Un choc pétrolier n’est donc pas inenvisageable à court terme au vu des développements observés dans le golfe Persique, mais 2026 ne sera pas 1974 en raison d’une intensité pétrolière moindre pour l’économie mondiale et avec des fondamentaux de marchés qui invitent plutôt à envisager des prix bas pour les années à venir.


[1] Passages stratégiques maritimes et sécurité énergétique européenne : bouleversements géopolitiques et stratégies de mitigation, rapport de l’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques, n°22, juillet 2025.

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