
12.06.2026 à 12:32
stagiairedecomm@iris-france.org
Le G7 s’ouvre le 15 juin prochain à Evian. La France en assure la présidence dans un contexte marqué par les divisions et les incertitudes. Créé en 1975 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing en réponse à la crise économique, ce groupe des sept pays les plus industrialisés était à l’origine conçu comme un espace de dialogue informel entre alliés. Aujourd’hui, il est souvent perçu comme un club occidental en perte d’influence, où les désaccords l’emportent sur les consensus. Cette édition est largement dominée par une question : quel sera le comportement de Donald Trump ? Entre ses désaccords avec les Européens sur l’Ukraine, son hostilité envers les institutions internationales et ses divergences sur les questions climatiques, commerciales ou technologiques, sa présence pourrait une nouvelle fois transformer le sommet en exercice d’équilibriste diplomatique. Les dirigeants des États membres du G7 devraient notamment évoquer la guerre en Ukraine, alors que les Européens souhaitent maintenir la pression sur la Russie et poursuivre leur soutien à Kiev. Mais les divergences apparaissent également sur l’intelligence artificielle, sujet de confrontation croissante entre une Europe attachée à la régulation et une administration américaine qui défend une approche libérale sous l’influence des géants du numérique. Les conflits au Proche-Orient et la situation en Iran figurent également parmi les dossiers susceptibles d’être abordés. Pourtant, derrière ces discussions se pose une question : le G7 est-il encore capable d’influencer le cours des événements mondiaux ou n’est-il plus qu’un symbole d’un Occident dont le poids relatif ne cesse de diminuer ?
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Le G7 s’ouvre le 15 juin prochain à Evian. La France en assure la présidence dans un contexte marqué par les divisions et les incertitudes. Créé en 1975 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing en réponse à la crise économique, ce groupe des sept pays les plus industrialisés était à l’origine conçu comme un espace de dialogue informel entre alliés. Aujourd’hui, il est souvent perçu comme un club occidental en perte d’influence, où les désaccords l’emportent sur les consensus.
Cette édition est largement dominée par une question : quel sera le comportement de Donald Trump ? Entre ses désaccords avec les Européens sur l’Ukraine, son hostilité envers les institutions internationales et ses divergences sur les questions climatiques, commerciales ou technologiques, sa présence pourrait une nouvelle fois transformer le sommet en exercice d’équilibriste diplomatique.
Les dirigeants des États membres du G7 devraient notamment évoquer la guerre en Ukraine, alors que les Européens souhaitent maintenir la pression sur la Russie et poursuivre leur soutien à Kiev. Mais les divergences apparaissent également sur l’intelligence artificielle, sujet de confrontation croissante entre une Europe attachée à la régulation et une administration américaine qui défend une approche libérale sous l’influence des géants du numérique.
Les conflits au Proche-Orient et la situation en Iran figurent également parmi les dossiers susceptibles d’être abordés. Pourtant, derrière ces discussions se pose une question : le G7 est-il encore capable d’influencer le cours des événements mondiaux ou n’est-il plus qu’un symbole d’un Occident dont le poids relatif ne cesse de diminuer ?
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12.06.2026 à 12:32
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La fermeture du détroit d’Ormuz a mis en lumière l’importance stratégique des points de passages maritimes et a montré que leur blocage peut avoir des répercussions sur les marchés mondiaux. Cependant, ce détroit n’est pas un cas isolé : d’autres détroits et canaux jouent également un rôle déterminant dans la fluidité des échanges internationaux. Toutefois, ces passages stratégiques sont exposés à divers risques, qu’ils soient géopolitiques, tels que des tensions, des conflits et des rivalités entre États, ou climatiques, susceptibles d’interrompre la circulation maritime. Quelles sont les normes juridiques auxquelles sont soumis ces détroits et canaux ? En quoi leur fermeture peut-elle perturber les échanges mondiaux ? Quelles sont les vulnérabilités de ces points de passages stratégiques ? Au-delà du détroit d’Ormuz, quelles pourraient être les conséquences d’un blocage d’un autre point de passage sur l’économie mondiale ? Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
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La fermeture du détroit d’Ormuz a mis en lumière l’importance stratégique des points de passages maritimes et a montré que leur blocage peut avoir des répercussions sur les marchés mondiaux. Cependant, ce détroit n’est pas un cas isolé : d’autres détroits et canaux jouent également un rôle déterminant dans la fluidité des échanges internationaux. Toutefois, ces passages stratégiques sont exposés à divers risques, qu’ils soient géopolitiques, tels que des tensions, des conflits et des rivalités entre États, ou climatiques, susceptibles d’interrompre la circulation maritime.
Quelles sont les normes juridiques auxquelles sont soumis ces détroits et canaux ? En quoi leur fermeture peut-elle perturber les échanges mondiaux ? Quelles sont les vulnérabilités de ces points de passages stratégiques ? Au-delà du détroit d’Ormuz, quelles pourraient être les conséquences d’un blocage d’un autre point de passage sur l’économie mondiale ?
Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
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12.06.2026 à 10:23
admn_iris
Deux mois après l’ouverture des discussions entre Washington et Téhéran, la perspective d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien reste incertaine. Les négociations semblent dans l’impasse et aucun des deux camps ne semble disposé à faire les concessions nécessaires pour parvenir à un compromis. Parallèlement, les positions de Washington et Tel-Aviv paraissent moins alignées qu’au début du conflit. L’enlisement de la situation et l’absence de progrès diplomatiques contribuent à renforcer les divergences entre les deux alliés et impacter l’évolution des négociations avec l’Iran. Où en sont les négociations entre les États-Unis et l’Iran et quels sont les principaux obstacles à leur avancée ? Les divergences entre les États-Unis et Israël peuvent-elles peser sur l’avenir des négociations ? Enfin, quelles conditions permettraient de relancer les négociations et un accord est-il encore en mesure de limiter les capacités nucléaires de l’Iran ? Le point avec Jacques Audibert, ancien directeur politique du Quai d’Orsay, responsable des négociations avec l’Iran de 2009 à 2014, ancien conseiller diplomatique de François Hollande, et membre du Conseil d’administration de l’IRIS. Après deux mois de négociations entre l’Iran et les États-Unis, marquées par de nombreux blocages, quel bilan d’étape peut-on tirer ? Au vu des pertes subies parmi les dirigeants iraniens et des remaniements erratiques au sein du département d’État depuis le retour de Donald Trump, pensez-vous qu’il y a suffisamment de compétences des deux côtés pour parvenir à un compromis efficient ? Le premier constat est qu’il n’y a malheureusement pas réellement de bilan d’étape, parce que la course n’a pas vraiment commencé. Les véritables négociations ne semblent pas encore engagées. Après deux mois, aucun progrès tangible n’est observable. Il y a eu des phases d’apaisement, des phases d’échanges plus positives, puis des phases de montée des tensions, comme actuellement, avec des échanges de tirs susceptibles de s’intensifier. […]
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Deux mois après l’ouverture des discussions entre Washington et Téhéran, la perspective d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien reste incertaine. Les négociations semblent dans l’impasse et aucun des deux camps ne semble disposé à faire les concessions nécessaires pour parvenir à un compromis. Parallèlement, les positions de Washington et Tel-Aviv paraissent moins alignées qu’au début du conflit. L’enlisement de la situation et l’absence de progrès diplomatiques contribuent à renforcer les divergences entre les deux alliés et impacter l’évolution des négociations avec l’Iran. Où en sont les négociations entre les États-Unis et l’Iran et quels sont les principaux obstacles à leur avancée ? Les divergences entre les États-Unis et Israël peuvent-elles peser sur l’avenir des négociations ? Enfin, quelles conditions permettraient de relancer les négociations et un accord est-il encore en mesure de limiter les capacités nucléaires de l’Iran ? Le point avec Jacques Audibert, ancien directeur politique du Quai d’Orsay, responsable des négociations avec l’Iran de 2009 à 2014, ancien conseiller diplomatique de François Hollande, et membre du Conseil d’administration de l’IRIS.
Après deux mois de négociations entre l’Iran et les États-Unis, marquées par de nombreux blocages, quel bilan d’étape peut-on tirer ? Au vu des pertes subies parmi les dirigeants iraniens et des remaniements erratiques au sein du département d’État depuis le retour de Donald Trump, pensez-vous qu’il y a suffisamment de compétences des deux côtés pour parvenir à un compromis efficient ?
Le premier constat est qu’il n’y a malheureusement pas réellement de bilan d’étape, parce que la course n’a pas vraiment commencé. Les véritables négociations ne semblent pas encore engagées. Après deux mois, aucun progrès tangible n’est observable. Il y a eu des phases d’apaisement, des phases d’échanges plus positives, puis des phases de montée des tensions, comme actuellement, avec des échanges de tirs susceptibles de s’intensifier. Cette dynamique devrait toutefois se poursuivre sous la forme d’un conflit d’intensité moyenne : des moments d’apaisement devraient alterner avec des moments de tension, y compris avec des épisodes de frappes comme aujourd’hui. L’essentiel étant que des négociations s’ouvrent et se poursuivent. Or rien ne l’indique aujourd’hui.
Quant aux capacités des parties à négocier, tant du côté iranien qu’américain, il s’agit d’un des problèmes majeurs actuels. Si les deux parties ont intérêt à avancer vers une négociation et qu’aucune ne semble la rejeter totalement, aucun progrès n’est enregistré.
Côté iranien, les dirigeants ont été décimés. Plusieurs factions doivent se coordonner pour élaborer une position commune. Cela suppose des échanges internes et des négociations entre acteurs iraniens, ce qui paraît difficile sous la menace de frappes potentiellement mortelles menées par les États-Unis ou Israël. Les autorités iraniennes sont donc désorganisées et confrontées à leurs propres modes de fonctionnement institutionnels, qui rendent difficile l’adoption d’une position unifiée. Le Guide, les Gardiens de la révolution, le gouvernement et le Majlis n’ont pas nécessairement les mêmes approches.
Côté américain, il existe davantage d’unité de position, mais celle-ci est dictée par un président dont la capacité diplomatique de négociation semble limitée. Sa grammaire est celle qui a fonctionné dans la politique intérieure américaine : invectives, positions unilatérales pouvant aller jusqu’à l’injure, revirements ou affirmations éloignées de la réalité. Ces méthodes ne fonctionnent pas dans une négociation internationale. Par ailleurs, les outils de négociation mobilisés par Washington ne semblent pas suffisamment élaborés. Les interlocuteurs apparaissent surtout comme chargés de répéter rapidement les positions présidentielles. Rien ne laisse penser qu’une véritable équipe de négociation comparable à celle qui avait travaillé à l’obtention de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) du 14 juillet 2015 soit aujourd’hui constituée.
Des deux côtés, les capacités de négociation apparaissent donc faibles. Cela explique l’absence de progrès, sur fond de conflit d’intensité moyenne alternant phases de tension et d’accalmie. La période actuelle correspond plutôt à une phase d’intensification.
L’imposition d’un cessez-le-feu au Liban comme condition à un accord par l’Iran et la pression, assez vaine à ce jour, mise par Donald Trump sur Netanyahou pour stopper l’escalade, ne révèlent-elles pas une perte de contrôle des États-Unis sur les négociations au profit de l’Iran et des orientations désormais différentes entre Washington et Tel Aviv.
Les orientations de Washington et de Tel-Aviv semblent effectivement en train de diverger. Au moment de l’attaque de fin février, les États-Unis ont été convaincus par Israël qu’une frappe très forte visant à décapiter l’exécutif iranien conduirait à un succès rapide. Les résultats observés montrent que cela n’a pas produit les effets attendus. Depuis, les positions tendent à s’éloigner. Benyamin Netanyahou souhaite poursuivre le combat contre l’Iran et utilise pour cela la poursuite de l’affrontement avec le principal proxy iranien au Liban, le Hezbollah. Les frappes dans le sud du Liban se poursuivent donc. Les conséquences éventuelles sur les négociations ne semblent pas constituer une préoccupation majeure pour Israël, et il est même possible que le fait que cela ait un effet négatif sur les négociations lui convienne, puisqu’il continue de poursuivre l’idée d’éradiquer le pouvoir iranien et la capacité iranienne à combattre, ce qui ne paraît pas réaliste.
Pour autant, il ne semble pas que les États-Unis aient perdu le contrôle des négociations au profit de l’Iran. Les deux parties apparaissent surtout incapables de négocier efficacement. Aucune ne prend réellement l’avantage sur l’autre. Les deux auraient intérêt à parvenir à un accord, mais les exigences restent actuellement trop élevées de part et d’autre. Cette situation est classique au début d’un processus de négociation. Il faut ensuite commencer à construire des compromis, parfois sous forme chronologique : distinguer les problèmes selon leur degré d’urgence, traiter certains sujets immédiatement, d’autres à moyen terme et d’autres encore à plus long terme.
Dans ce conflit, la réouverture du détroit et la fin du blocus des ports iraniens constituent des intérêts communs. La question devient alors celle des contreparties possibles et, surtout, de l’ouverture immédiate de négociations crédibles sur le nucléaire. Aujourd’hui, les Iraniens ne semblent pas prêts à avancer sur ce sujet, mais une position affichée aujourd’hui peut évoluer demain. C’est précisément le principe d’une négociation : faire évoluer les lignes jusqu’à identifier une ouverture possible. Pour l’instant, cela ne semble pas se produire.
Face à ces négociations qui semblent s’enliser, comment la situation pourrait-elle se débloquer selon vous ? Compte tenu des capacités d’enrichissement acquises par l’Iran, un accord pourrait-il réellement empêcher ce pays d’avancer sur l’acquisition de l’arme nucléaire ?
Un déblocage relativement rapide pourrait intervenir si un compromis était trouvé sur un séquençage des problèmes.
Dans un premier temps, les sujets considérés comme urgents devraient être traités : pérennisation du cessez-le-feu, rétablissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz, probablement en échange d’une levée partielle des sanctions ou d’un dégel des avoirs iraniens.
En parallèle, il faudrait engager immédiatement des négociations sur le sujet central : le nucléaire. Une solution sur ce dossier ne pourra pas être trouvée rapidement. Lors des précédentes négociations, cinq années avaient été nécessaires. Trouver un compromis sur le nucléaire est indispensable, mais cela demande du temps. Le sujet comprend plusieurs dimensions, notamment la vérification des engagements des différentes parties, en particulier ceux de l’Iran. Ces mécanismes sont extrêmement techniques et nécessitent de longs mois de travail. Il faudrait donc commencer immédiatement ce travail, avec un engagement des Iraniens à geler leurs activités. Rien ne garantit toutefois qu’un tel engagement puisse être obtenu.
L’ensemble se déroule dans un contexte marqué par une certaine irrationalité. Après l’opération américaine menée avec Israël en juin 2025, il avait été affirmé que l’ensemble du dispositif nucléaire iranien avait été « obliterated », c’est-à-dire totalement annihilé. Ce n’est manifestement pas le cas. Aujourd’hui, le résultat réel des frappes sur les capacités nucléaires iraniennes reste inconnu. Il n’est pas possible de savoir quelles installations dissimulées subsistent, ce qu’il est advenu du stock d’uranium enrichi — notamment les fameux quatre cents kilos — ni dans quelle mesure les capacités iraniennes de production et d’utilisation de centrifugeuses ont progressé. Pendant les années qui ont suivi le retrait américain de l’accord en 2018, les Iraniens n’étaient plus soumis aux obligations prévues par celui-ci et ont ainsi pu poursuivre leurs activités de recherche et de progression des capacités sans les mêmes contraintes.
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