
18.05.2026 à 17:38
Déborah Yapi
Depuis maintenant dix semaines, la guerre en Iran occupe une place centrale dans les médias et les débats géopolitiques. Mais au-delà du conflit lui-même, c’est la manière dont il est traité médiatiquement qui interroge. Entre posture idéologique, discours dominant et multiplication des « experts » sur les plateaux télé, le débat public semble de plus en plus enfermé dans une logique de conformisme et d’émotion permanente. Les chaînes d’information en continu, contraintes de commenter l’actualité sans interruption, favorisent des débats rapides et souvent superficiels. Les plateaux réunissent des intervenants présentés comme « experts en géopolitique » mais qui, pour certains, n’ont jamais travaillé sur le terrain ni acquis une connaissance concrète des réalités. La recherche de la phrase choc prend le pas sur l’analyse de fond. Cette uniformité du discours s’explique aussi par une forme de pression collective : peur d’être marginalisé, volonté de rester dans la ligne dominante. Résultat : certaines fake news circulent sans conséquences, et leurs auteurs continuent d’être invités malgré des erreurs parfois flagrantes. Cette situation pose une question : les médias remplissent-ils encore leur rôle d’information et d’analyse, ou participent-ils à l’installation d’une doxa déconnectée de la réalité ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Depuis maintenant dix semaines, la guerre en Iran occupe une place centrale dans les médias et les débats géopolitiques. Mais au-delà du conflit lui-même, c’est la manière dont il est traité médiatiquement qui interroge. Entre posture idéologique, discours dominant et multiplication des « experts » sur les plateaux télé, le débat public semble de plus en plus enfermé dans une logique de conformisme et d’émotion permanente.
Les chaînes d’information en continu, contraintes de commenter l’actualité sans interruption, favorisent des débats rapides et souvent superficiels. Les plateaux réunissent des intervenants présentés comme « experts en géopolitique » mais qui, pour certains, n’ont jamais travaillé sur le terrain ni acquis une connaissance concrète des réalités. La recherche de la phrase choc prend le pas sur l’analyse de fond.
Cette uniformité du discours s’explique aussi par une forme de pression collective : peur d’être marginalisé, volonté de rester dans la ligne dominante. Résultat : certaines fake news circulent sans conséquences, et leurs auteurs continuent d’être invités malgré des erreurs parfois flagrantes.
Cette situation pose une question : les médias remplissent-ils encore leur rôle d’information et d’analyse, ou participent-ils à l’installation d’une doxa déconnectée de la réalité ?
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15.05.2026 à 15:04
Déborah Yapi
Donald Trump est en visite en Chine ces 14 et 15 mai pour un sommet très attendu avec Xi Jinping à Pékin. Cette rencontre, la première entre les deux dirigeants depuis 2017, intervient dans un contexte international particulièrement tendu : rivalités commerciales entre Washington et Pékin, guerre au Moyen-Orient et montée des tensions autour de Taïwan. Pourtant, malgré les déclarations très positives, ce sommet n’a pas l’air d’avoir abouti à de véritables avancées. Les principales annonces, comme l’achat par la Chine de 200 avions Boeing ou de 10 milliards de dollars de produits agricoles américains, restent symboliques. Sur des sujets plus sensibles, notamment les terres rares ou la question iranienne, Pékin ne semble avoir fait aucune concession majeure. La Chine a toutefois réaffirmé son opposition à la prolifération nucléaire et son souhait d’éviter une escalade des tensions internationales. Mais le véritable enjeu des discussions reste Taïwan. Xi Jinping a clairement indiqué que cette question était la priorité des relations sino-américaines. Il a averti que toute mauvaise gestion de ce dossier pourrait mener à un conflit ouvert, message adressé à la fois aux américains et aux taïwanais. Une stratégie de dissuasion visant à pousser Taïwan à se rapprocher de la Chine par crainte d’un abandon américain. Le sommet de Pékin marque-t-il une nouvelle étape dans le basculement du rapport de force mondial entre Washington et Pékin ? La Chine est-elle en train de s’imposer comme une puissance diplomatique incontournable pendant que les Etats-Unis s’enlisent dans leurs contradictions stratégiques ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Donald Trump est en visite en Chine ces 14 et 15 mai pour un sommet très attendu avec Xi Jinping à Pékin. Cette rencontre, la première entre les deux dirigeants depuis 2017, intervient dans un contexte international particulièrement tendu : rivalités commerciales entre Washington et Pékin, guerre au Moyen-Orient et montée des tensions autour de Taïwan.
Pourtant, malgré les déclarations très positives, ce sommet n’a pas l’air d’avoir abouti à de véritables avancées. Les principales annonces, comme l’achat par la Chine de 200 avions Boeing ou de 10 milliards de dollars de produits agricoles américains, restent symboliques. Sur des sujets plus sensibles, notamment les terres rares ou la question iranienne, Pékin ne semble avoir fait aucune concession majeure. La Chine a toutefois réaffirmé son opposition à la prolifération nucléaire et son souhait d’éviter une escalade des tensions internationales.
Mais le véritable enjeu des discussions reste Taïwan. Xi Jinping a clairement indiqué que cette question était la priorité des relations sino-américaines. Il a averti que toute mauvaise gestion de ce dossier pourrait mener à un conflit ouvert, message adressé à la fois aux américains et aux taïwanais. Une stratégie de dissuasion visant à pousser Taïwan à se rapprocher de la Chine par crainte d’un abandon américain.
Le sommet de Pékin marque-t-il une nouvelle étape dans le basculement du rapport de force mondial entre Washington et Pékin ? La Chine est-elle en train de s’imposer comme une puissance diplomatique incontournable pendant que les Etats-Unis s’enlisent dans leurs contradictions stratégiques ?
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13.05.2026 à 16:38
Déborah Yapi
La place de l’Occident apparaît de plus en plus contestée sur la scène internationale. La politique étrangère unilatérale et protectionniste menée par l’administration Trump a accentué les divisions au sein du bloc occidental et a affaibli l’image d’un Occident réuni autour de valeurs communes. Parallèlement, l’enlisement des États-Unis au Moyen-Orient, ainsi que leur soutien à Israël, soulève de nombreuses interrogations sur leur défense des droits humains et du droit international. Par ailleurs, les interventions militaires menées par les puissances occidentales ces dernières décennies, notamment en Irak et en Libye, ont durablement fragilisé leur crédibilité dans plusieurs régions du monde. Ces opérations sont souvent perçues comme des formes d’ingérence davantage motivées par des intérêts stratégiques et nationaux que par la défense de normes et de valeurs communes. Autant de facteurs qui alimentent le rejet de ce modèle par de nombreux États et qui laisse place à l’affirmation de nouvelles puissances, notamment des pays dits du « Sud global », redéfinissant ainsi les équilibres internationaux et les rapports de forces. Dès lors, l’Occident peut-il encore prétendre incarner un modèle universel et démocratique ? Comment expliquer le rejet croissant des valeurs occidentales dans de nombreuses régions du monde ? La volonté d’imposer ces valeurs à d’autres sociétés est-elle réellement compatible avec les principes démocratiques qu’il défend ? Quel rôle jouent aujourd’hui les pays dits du « Sud global » dans la recomposition des rapports de force internationaux ? Dans quelle mesure l’administration Trump participe-t-elle au déclin de la notion même d’« Occident » ? En revenant sur les origines et l’évolution historique de la notion d’Occident, Hubert Védrine, ancien Secrétaire général de l’Élysée, ancien ministre français des Affaires étrangères (1997-2002), et Maurice Godelier, anthropologue et ancien directeur scientifique du département des Sciences de l’homme et de la société au CNRS, offrent un éclairage sur les facteurs […]
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La place de l’Occident apparaît de plus en plus contestée sur la scène internationale. La politique étrangère unilatérale et protectionniste menée par l’administration Trump a accentué les divisions au sein du bloc occidental et a affaibli l’image d’un Occident réuni autour de valeurs communes. Parallèlement, l’enlisement des États-Unis au Moyen-Orient, ainsi que leur soutien à Israël, soulève de nombreuses interrogations sur leur défense des droits humains et du droit international. Par ailleurs, les interventions militaires menées par les puissances occidentales ces dernières décennies, notamment en Irak et en Libye, ont durablement fragilisé leur crédibilité dans plusieurs régions du monde. Ces opérations sont souvent perçues comme des formes d’ingérence davantage motivées par des intérêts stratégiques et nationaux que par la défense de normes et de valeurs communes. Autant de facteurs qui alimentent le rejet de ce modèle par de nombreux États et qui laisse place à l’affirmation de nouvelles puissances, notamment des pays dits du « Sud global », redéfinissant ainsi les équilibres internationaux et les rapports de forces.
Dès lors, l’Occident peut-il encore prétendre incarner un modèle universel et démocratique ? Comment expliquer le rejet croissant des valeurs occidentales dans de nombreuses régions du monde ? La volonté d’imposer ces valeurs à d’autres sociétés est-elle réellement compatible avec les principes démocratiques qu’il défend ? Quel rôle jouent aujourd’hui les pays dits du « Sud global » dans la recomposition des rapports de force internationaux ? Dans quelle mesure l’administration Trump participe-t-elle au déclin de la notion même d’« Occident » ?
En revenant sur les origines et l’évolution historique de la notion d’Occident, Hubert Védrine, ancien Secrétaire général de l’Élysée, ancien ministre français des Affaires étrangères (1997-2002), et Maurice Godelier, anthropologue et ancien directeur scientifique du département des Sciences de l’homme et de la société au CNRS, offrent un éclairage sur les facteurs à l’origine de la remise en cause de ce modèle.
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