
11.05.2026 à 15:18
Coline Laroche
La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. La tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale. Ce qui change avec la stratégie américaine de l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique. Washington entend signer des accords bilatéraux pluriannuels assortis d’objectifs précis en matière de santé, de délais stricts et de conséquences en cas de non-respect. Cette logique intervient dans un contexte de refonte de la stratégie sanitaire états-unienne, à la suite du retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2025, et du démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) au premier semestre 2025. Les États-Unis ont ainsi mis en place des Memorandums of Understanding (MoUs), un format bilatéral d’accords avec les pays bénéficiaires qui s’articulent autour de plans quinquennaux (2026-2030). Au 6 mai 2026, 32 accords bilatéraux ont été potentiellement signés, dont 22 accords documentés en Afrique subsaharienne jusqu’à présent, mais le processus de négociation est encore en cours. Les accords bilatéraux conclus dans le cadre de l’America First Global Health Strategy représentent un volume d’au moins 20 milliards de dollars sur la période 2026–2030, dont environ 63 % financés par les États-Unis et 37 % par les pays partenaires. Ces accords de co-financement, avec un engagement états-unien généralement dégressif, impliquent pour les États concernés de réévaluer la part de leur budget national consacré à la santé. Ces accords semblent par ailleurs recouper un certain nombre d’intérêts stratégiques états-uniens dans les pays concernés. Analyse en carte et infographie de cette refonte de la […]
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La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. La tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale. Ce qui change avec la stratégie américaine de l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique.
Washington entend signer des accords bilatéraux pluriannuels assortis d’objectifs précis en matière de santé, de délais stricts et de conséquences en cas de non-respect. Cette logique intervient dans un contexte de refonte de la stratégie sanitaire états-unienne, à la suite du retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2025, et du démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) au premier semestre 2025.
Les États-Unis ont ainsi mis en place des Memorandums of Understanding (MoUs), un format bilatéral d’accords avec les pays bénéficiaires qui s’articulent autour de plans quinquennaux (2026-2030). Au 6 mai 2026, 32 accords bilatéraux ont été potentiellement signés, dont 22 accords documentés en Afrique subsaharienne jusqu’à présent, mais le processus de négociation est encore en cours. Les accords bilatéraux conclus dans le cadre de l’America First Global Health Strategy représentent un volume d’au moins 20 milliards de dollars sur la période 2026–2030, dont environ 63 % financés par les États-Unis et 37 % par les pays partenaires.
Ces accords de co-financement, avec un engagement états-unien généralement dégressif, impliquent pour les États concernés de réévaluer la part de leur budget national consacré à la santé. Ces accords semblent par ailleurs recouper un certain nombre d’intérêts stratégiques états-uniens dans les pays concernés.
Analyse en carte et infographie de cette refonte de la stratégie sanitaire états-unienne à l’œuvre.
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11.05.2026 à 15:11
stagiairedecomm@iris-france.org
Vladimir Poutine a déclaré ce week-end que la guerre en Ukraine touchait « à sa fin ». Son calcul initial reposait sur un retrait massif du soutien à l’Ukraine avec l’arrivée de Donald Trump, ce qui n’a pas eu lieu. Les États-Unis ont maintenu leur soutien en renseignement, tandis que l’Europe a financé massivement l’Ukraine via un prêt de 90 milliards d’euros. Dans le même temps, Kiev a considérablement renforcé sa capacité de production militaire, notamment dans le domaine des drones, freinant l’avancée russe et stabilisant plusieurs fronts. En mobilisant l’essentiel de ses ressources en Ukraine, Vladimir Poutine n’a pas été capable de soutenir ses alliés ailleurs : chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, revers de l’Africa Corps au Mali face au JNIM et au FLA, recul de l’influence russe en Asie centrale… La Russie apparaît aujourd’hui affaiblie sur plusieurs terrains stratégiques. Malgré la hausse des revenus énergétiques liée aux tensions internationales dans le Golfe, le coût humain, économique et politique de la guerre devient de plus en plus lourd pour le Kremlin. La société russe s’épuise, la répression s’intensifie et la popularité de Vladimir Poutine montre des signes d’érosion. Bien que la Russie ait étendu son territoire sur la Crimée et une partie du Donbass, le bilan global est négatif : affaiblissement géopolitique, isolement international et épuisement des forces. Vladimir Poutine n’a pas saisi l’opportunité de négocier avec Donald Trump, qui proposait de lever les sanctions en échange d’un statu quo territorial. Mon analyse dans cette vidéo.
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Vladimir Poutine a déclaré ce week-end que la guerre en Ukraine touchait « à sa fin ». Son calcul initial reposait sur un retrait massif du soutien à l’Ukraine avec l’arrivée de Donald Trump, ce qui n’a pas eu lieu. Les États-Unis ont maintenu leur soutien en renseignement, tandis que l’Europe a financé massivement l’Ukraine via un prêt de 90 milliards d’euros.
Dans le même temps, Kiev a considérablement renforcé sa capacité de production militaire, notamment dans le domaine des drones, freinant l’avancée russe et stabilisant plusieurs fronts.
En mobilisant l’essentiel de ses ressources en Ukraine, Vladimir Poutine n’a pas été capable de soutenir ses alliés ailleurs : chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, revers de l’Africa Corps au Mali face au JNIM et au FLA, recul de l’influence russe en Asie centrale… La Russie apparaît aujourd’hui affaiblie sur plusieurs terrains stratégiques.
Malgré la hausse des revenus énergétiques liée aux tensions internationales dans le Golfe, le coût humain, économique et politique de la guerre devient de plus en plus lourd pour le Kremlin. La société russe s’épuise, la répression s’intensifie et la popularité de Vladimir Poutine montre des signes d’érosion.
Bien que la Russie ait étendu son territoire sur la Crimée et une partie du Donbass, le bilan global est négatif : affaiblissement géopolitique, isolement international et épuisement des forces. Vladimir Poutine n’a pas saisi l’opportunité de négocier avec Donald Trump, qui proposait de lever les sanctions en échange d’un statu quo territorial.
Mon analyse dans cette vidéo.
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11.05.2026 à 11:58
admn_iris
La Côte d’Ivoire célébrera prochainement la restitution par la France d’une pièce d’importance : un tambour à fentes, long de 3,30 mètres et pesant 430 kg. Connue sous le nom de Djidji Ayôkwé, cette pièce était officiellement réclamée depuis 2019 par les autorités ivoiriennes. Après une phase de restauration et de longs mois d’atermoiements, l’objet a regagné la Côte d’Ivoire le 13 mars dernier, 110 ans après avoir été pillé par les colons français. Sa restitution témoigne de l’importance que revêt le retour de pièces à forte teneur symboliques pour les populations africaines. Elle pointe aussi la lenteur de ces processus : rendre ce tambour aura pris… quatre ans et demi ! Pour accélérer et généraliser ces restitutions, le Parlement français vient d’adopter une loi-cadre, un texte majeur – longtemps repoussé – qui vient concrétiser la promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de rendre possible ces restitutions. Mais, avec la création d’une commission nationale de restitutions, en sus de comités scientifiques bilatéraux, et en l’absence de trajectoire financière pour développer la recherche de provenance, la France entretient le flou quant à sa réelle ambition en matière de restitutions de biens culturels à l’Afrique.
L’article Restitution des biens culturels pillés durant la colonisation : la France de retour au premier plan ? est apparu en premier sur IRIS.
La Côte d’Ivoire célébrera prochainement la restitution par la France d’une pièce d’importance : un tambour à fentes, long de 3,30 mètres et pesant 430 kg. Connue sous le nom de Djidji Ayôkwé, cette pièce était officiellement réclamée depuis 2019 par les autorités ivoiriennes. Après une phase de restauration et de longs mois d’atermoiements, l’objet a regagné la Côte d’Ivoire le 13 mars dernier, 110 ans après avoir été pillé par les colons français. Sa restitution témoigne de l’importance que revêt le retour de pièces à forte teneur symboliques pour les populations africaines. Elle pointe aussi la lenteur de ces processus : rendre ce tambour aura pris… quatre ans et demi !
Pour accélérer et généraliser ces restitutions, le Parlement français vient d’adopter une loi-cadre, un texte majeur – longtemps repoussé – qui vient concrétiser la promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de rendre possible ces restitutions. Mais, avec la création d’une commission nationale de restitutions, en sus de comités scientifiques bilatéraux, et en l’absence de trajectoire financière pour développer la recherche de provenance, la France entretient le flou quant à sa réelle ambition en matière de restitutions de biens culturels à l’Afrique.
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