
29.01.2026 à 12:31
Déborah Yapi
Le conflit israélo-palestinien suscite, en France particulièrement, de fortes passions. Beaucoup dénoncent l’importation du conflit en France, tout en refusant souvent d’aborder le sort des Palestiniens, n’hésitant pas à exprimer leur soutien à Israël. Cette contradiction ne fait pourtant que renforcer la transposition du conflit dans le débat national. Aujourd’hui, le débat public se dégrade, avec de moins en moins de rationalité. Il devient plus difficile de critiquer le gouvernement israélien que le gouvernement français, au risque constant d’être accusé d’antisémitisme. Les fake news prospèrent également. L’ensemble contribue à alimenter une islamophobie croissante, systématiquement associée au conflit, et qui participe elle aussi à son importation en France.
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Le conflit israélo-palestinien suscite, en France particulièrement, de fortes passions. Beaucoup dénoncent l’importation du conflit en France, tout en refusant souvent d’aborder le sort des Palestiniens, n’hésitant pas à exprimer leur soutien à Israël. Cette contradiction ne fait pourtant que renforcer la transposition du conflit dans le débat national.
Aujourd’hui, le débat public se dégrade, avec de moins en moins de rationalité. Il devient plus difficile de critiquer le gouvernement israélien que le gouvernement français, au risque constant d’être accusé d’antisémitisme. Les fake news prospèrent également. L’ensemble contribue à alimenter une islamophobie croissante, systématiquement associée au conflit, et qui participe elle aussi à son importation en France.
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29.01.2026 à 09:51
Coline Laroche
Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier. S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.
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Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier.
S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.
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28.01.2026 à 18:53
Déborah Yapi
Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ? Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.
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Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ?
Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.
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