
18.09.2026 à 14:34
stagiairedecomm@iris-france.org
Alors que Mahmoud Abbas devait intervenir dans le cadre de l’Assemblee générale des Nations unies, les États-Unis ont interdit l’entrée sur leur territoire à la délégation de la Palestine. Toutefois, ce 17 septembre, l’Assemblée générale a adopté une résolution autorisant le président palestinien à intervenir en visioconférence, comme l’année précédente. Embarqué par Israël dans une guerre qui semble désormais interminable, contre l’avis de son propre cabinet, Donald Trump ne semble pourtant pas être rancunier. Pour preuve, la livraison à venir de 40 000 bombes pour un montant de 2,8 milliards de dollars à Israël. Mon analyse dans cette vidéo.
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Alors que Mahmoud Abbas devait intervenir dans le cadre de l’Assemblee générale des Nations unies, les États-Unis ont interdit l’entrée sur leur territoire à la délégation de la Palestine. Toutefois, ce 17 septembre, l’Assemblée générale a adopté une résolution autorisant le président palestinien à intervenir en visioconférence, comme l’année précédente.
Embarqué par Israël dans une guerre qui semble désormais interminable, contre l’avis de son propre cabinet, Donald Trump ne semble pourtant pas être rancunier. Pour preuve, la livraison à venir de 40 000 bombes pour un montant de 2,8 milliards de dollars à Israël.
Mon analyse dans cette vidéo.
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17.09.2026 à 15:37
Déborah Yapi
Nous voici à sept semaines du 3 novembre. Et jamais, dans l’histoire récente des États-Unis, des élections législatives n’avaient revêtu une telle importance — ni un président sortant fait preuve d’une telle agressivité pour tenter d’en infléchir le cours. La convention républicaine de Dallas des 9 et 10 septembre aura donné le ton. Surnommée “Trumpapalooza” par une presse médusée, cette grand-messe inédite — les républicains n’avaient jamais organisé de convention à mi-mandat — a été imposée par Donald Trump lui-même. Lorsque le speaker de la Chambre Mike Johnson lui a objecté que “ça ne se fait pas”, Trump aurait répondu : « Make it a thing. » On ne saurait mieux résumer sa conception des institutions. Le président américain a donc transformé ce scrutin en référendum sur sa propre personne, interpellant les électeurs depuis la scène de l’American Airlines Center : « Faites comme si j’étais sur le bulletin de vote. » Pour s’assurer que le message passe, il a promis un chèque de 5 000 dollars à chaque citoyen états-unien adulte si les républicains conservent le Congrès. Rien de moins. Le hic, c’est que tous les indicateurs lui sont défavorables. Sa cote d’approbation est au plus bas — même au Texas, État hôte de la convention. La guerre en Iran, vécue aux États-Unis comme un véritable fiasco, a fracturé sa base MAGA. Le pouvoir d’achat s’érode chaque jour davantage. Et les sondages donnent aux démocrates une nette avance pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants avec le Sénat en ligne de mire. Mais Trump n’est pas homme à accepter une défaite. Et la contestation des résultats a déjà commencé — bien avant que les bureaux de vote n’aient ouvert. Elle a débuté le 3 juillet au pied du mont Rushmore, la veille du 250e anniversaire des États-Unis, lorsque le […]
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Nous voici à sept semaines du 3 novembre. Et jamais, dans l’histoire récente des États-Unis, des élections législatives n’avaient revêtu une telle importance — ni un président sortant fait preuve d’une telle agressivité pour tenter d’en infléchir le cours.
La convention républicaine de Dallas des 9 et 10 septembre aura donné le ton. Surnommée “Trumpapalooza” par une presse médusée, cette grand-messe inédite — les républicains n’avaient jamais organisé de convention à mi-mandat — a été imposée par Donald Trump lui-même. Lorsque le speaker de la Chambre Mike Johnson lui a objecté que “ça ne se fait pas”, Trump aurait répondu : « Make it a thing. » On ne saurait mieux résumer sa conception des institutions.
Le président américain a donc transformé ce scrutin en référendum sur sa propre personne, interpellant les électeurs depuis la scène de l’American Airlines Center : « Faites comme si j’étais sur le bulletin de vote. » Pour s’assurer que le message passe, il a promis un chèque de 5 000 dollars à chaque citoyen états-unien adulte si les républicains conservent le Congrès. Rien de moins.
Le hic, c’est que tous les indicateurs lui sont défavorables. Sa cote d’approbation est au plus bas — même au Texas, État hôte de la convention. La guerre en Iran, vécue aux États-Unis comme un véritable fiasco, a fracturé sa base MAGA. Le pouvoir d’achat s’érode chaque jour davantage. Et les sondages donnent aux démocrates une nette avance pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants avec le Sénat en ligne de mire.
Mais Trump n’est pas homme à accepter une défaite. Et la contestation des résultats a déjà commencé — bien avant que les bureaux de vote n’aient ouvert.
Elle a débuté le 3 juillet au pied du mont Rushmore, la veille du 250e anniversaire des États-Unis, lorsque le milliardaire new-yorkais a prononcé un discours proprement lunaire dans lequel il agitait le spectre d’un « danger communiste » prêt à « submerger l’Amérique de l’intérieur. » Puis est venue, quelques jours plus tard, une allocution à la nation dans laquelle il affirmait, preuves à l’appui selon lui, que la Chine avait massivement truqué en faveur des démocrates les données électorales américaines depuis 2020. On se demandera naturellement comment, si tel était le cas, il a pu être brillamment réélu en 2024. Mais Donald Trump n’a jamais été embarrassé par ses propres contradictions.
L’objectif de ces déclarations est transparent : préparer le terrain et légitimer une contestation des résultats de novembre. Le scénario se dessine depuis des mois. Si les républicains perdent la Chambre, Trump n’acceptera pas le verdict. Il invoquera des fraudes, des ingérences étrangères, un complot « radical-gauchiste. » Il a déjà pratiqué l’exercice en 2020. Il recommencera.
Mais cette fois, il pourrait aller plus loin. Des rumeurs persistantes circulent à Washington selon lesquelles il envisagerait de proclamer l’état d’urgence en octobre — avant même la tenue du scrutin — pour en retarder l’organisation.
Constitutionnellement, un président ne peut interférer sur le processus électoral : la date des élections est fixée par la loi, pas par décret. Mais plus de vingt gouverneurs républicains — qui contrôlent l’organisation des élections dans leurs États — ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils suivraient les directives de Trump, y compris inconstitutionnelles. Ce seul fait devrait faire froid dans le dos.
Proclamation d’état d’urgence avant les élections, ou contestation après — dans les deux cas, le pays plongerait dans une crise institutionnelle sans précédent. Et même si Donald Trump décidait, in fine, de s’asseoir sur des résultats défavorables et de gouverner par décrets en ignorant une nouvelle majorité démocrate à la Chambre, voire au Sénat, le bras de fer institutionnel qui s’ensuivrait serait d’une violence que les États-Unis n’ont jamais connue. Des procédures d’impeachment en cascade. Des blocages budgétaires. Des batailles judiciaires portées devant une Cour suprême trumpisée. Le tout se concluant potentiellement par un remake du 6 janvier 2021, version XXL, qui cette fois-ci pourrait même inclure les parlements locaux. Bref, une Amérique en état de guerre civile plus tout à fait froide.
Tout pointe donc, d’une manière ou d’une autre, vers une nouvelle fuite en avant autoritaire. Quelle que soit l’issue du scrutin.
Celles et ceux qui affirment avec certitude que tout se passera bien, que les institutions feront digue, que les Américains voteront sereinement le 3 novembre et que la droite crypto fasciste au pouvoir acceptera sagement le résultat, sont les mêmes qui juraient en 2015 que Trump ne serait jamais élu. Les mêmes qui, après l’assaut sur le Capitole, nous assuraient qu’il finirait ses jours en prison. Les mêmes, encore, qui, en 2024, criaient à qui voulait les entendre qu’il ne pourrait jamais revenir au pouvoir —les électeurs ayant soi-disant compris la leçon.
Dans quelques semaines, l’Amérique votera —ou du moins devrait voter. Ce qui se passera ensuite, personne ne le sait vraiment. Et c’est précisément ce qui doit nous inquiéter.
Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernières publications: « America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang » et « Lettre ouverte à Trump d’un Américain de papier » (éditions Point Nemo).
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17.09.2026 à 15:34
stagiairedecomm@iris-france.org
Donald Trump attend la visite de Xi Jinping ce 24 septembre. Les relations entre les dirigeants des deux pays les plus puissants du monde sont placées sur courant alternatif, oscillant entre déclarations d’amitié sans nuage et de rivalité extrême. C’est cependant surtout le président américain qui crée ces variations, passant sans difficulté et très rapidement de l’une à l’autre, tandis que son homologue chinois évite, lui, toute déclaration intempestive. Donald Trump vient de déclarer une guerre économique totale à l’Iran, en menaçant les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran de sanctions qui mettraient en difficulté la poursuite de leurs relations économiques. Le problème pour lui est que la Chine est le partenaire économique majeur de la République islamique et que l’on voit mal Beijing céder à ce type d’injonction de la part de Washington. Tout d’abord, parce que la Chine a besoin du pétrole iranien et qu’elle ne veut pas que l’Iran devienne un deuxième Venezuela. Un effondrement du régime, qui risquerait de faire passer l’Iran sous la coupe des États-Unis serait une catastrophe pour la Chine. Ensuite parce que sa crédibilité diplomatique serait cruellement atteinte par rapport au reste du monde si elle obéissait docilement à un ordre des États-Unis. Il s’agit là d’une question de prestige et de statut, la Chine ne pouvant se permettre de paraître agir sous la contrainte d’un autre État. Notons également le fait que ces mesures sont contraires au droit international, défendu officiellement par la Chine. Enfin, la Chine n’est certes pas un pays démocratique, mais il y existe néanmoins une opinion publique très sensible à tout ce qui touche la fierté nationale, et qui serait révulsée par de telles concessions. Or, la défense du nationalisme chinois est un facteur majeur de l’assise du Parti communiste sur la société. Dès lors, le président états-unien a […]
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Donald Trump attend la visite de Xi Jinping ce 24 septembre. Les relations entre les dirigeants des deux pays les plus puissants du monde sont placées sur courant alternatif, oscillant entre déclarations d’amitié sans nuage et de rivalité extrême. C’est cependant surtout le président américain qui crée ces variations, passant sans difficulté et très rapidement de l’une à l’autre, tandis que son homologue chinois évite, lui, toute déclaration intempestive.
Donald Trump vient de déclarer une guerre économique totale à l’Iran, en menaçant les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran de sanctions qui mettraient en difficulté la poursuite de leurs relations économiques.
Le problème pour lui est que la Chine est le partenaire économique majeur de la République islamique et que l’on voit mal Beijing céder à ce type d’injonction de la part de Washington. Tout d’abord, parce que la Chine a besoin du pétrole iranien et qu’elle ne veut pas que l’Iran devienne un deuxième Venezuela. Un effondrement du régime, qui risquerait de faire passer l’Iran sous la coupe des États-Unis serait une catastrophe pour la Chine. Ensuite parce que sa crédibilité diplomatique serait cruellement atteinte par rapport au reste du monde si elle obéissait docilement à un ordre des États-Unis. Il s’agit là d’une question de prestige et de statut, la Chine ne pouvant se permettre de paraître agir sous la contrainte d’un autre État. Notons également le fait que ces mesures sont contraires au droit international, défendu officiellement par la Chine. Enfin, la Chine n’est certes pas un pays démocratique, mais il y existe néanmoins une opinion publique très sensible à tout ce qui touche la fierté nationale, et qui serait révulsée par de telles concessions. Or, la défense du nationalisme chinois est un facteur majeur de l’assise du Parti communiste sur la société.
Dès lors, le président états-unien a mis en avant une menace qu’il ne peut pas exécuter : on voit mal comment il pourrait se lancer dans une guerre commerciale à quelques jours de la visite du président chinois, fermement opposé à celle-ci.
Le calendrier de cette dernière peut d’ailleurs interroger. Certes Xi Jinping rend la politesse Donald Trump qui était venu à Beijing au mois de mai 2026. L’intervalle entre ce type de visite réciproque est cependant bien plus espacé habituellement. De surcroît, le président chinois avait une autre occasion de venir aux États-Unis, pour assister au sommet du G20 qui sera organisé en Floride en décembre 2026. Ce sommet international aurait très bien pu être l’occasion de prolonger son séjour dans le cadre d’une visite bilatérale avec Donald Trump.
Ainsi, en effectuant ce déplacement en septembre, Xi Jinping s’impose soit un deuxième déplacement dans un intervalle très court aux États-Unis, soit une absence au G20, ce qui serait un mauvais signal diplomatique. Pourquoi, alors, choisir cette date ? Tout simplement pour offrir un cadeau à Donald Trump avant les élections de mi-mandat à venir début novembre. On peut s’attendre à l’annonce d’accords économiques, incluant des achats importants de la Chine aux États-Unis, afin de réduire l’immense déficit commercial des États-Unis : 1 200 milliards de dollars, dont 200 milliards à l’égard de la Chine.
Boeing, en difficulté, devrait recevoir son lot de commande, ainsi que les agriculteurs états-uniens qui subissent une importante crise économique. Les observateurs avaient été surpris de l’absence de grands contrats lors de la visite de Donald Trump en Chine en mai. Cela s’expliquait par le fait qu’il n’aurait servi à rien de les signer avant l’été, puisque les électeurs états-uniens l’auraient oublié lors des élections.
La visite à venir de Xi Jinping permettrait donc à Donald Trump d’afficher un certain succès face aux électeurs américains au moment où il n’a pas grand-chose de positif à montrer et risque de perdre sa majorité au congrès.
À celle du choix de la date, désormais résolue, succède donc une autre énigme : pourquoi Xi Jinping rendrait-t-il ce service à Donald Trump ? Pourquoi aider son principal rival ? Il est probable que ce soit lié à une certaine satisfaction de sa part vis-à-vis des actions du président américain. Le président chinois observe non sans déplaisir son homologue s’enfoncer dans la guerre contre l’Iran, et montrer son impuissance aux yeux du monde entier. La guerre commerciale lancée contre le Canada, pourtant allié historique, a rapproché Ottawa de Beijing. La brutalité de Donald Trump éloigne des États-Unis de nombreux pays, d’autant plus que cette brutalité s’avère impuissante à atteindre les objectifs qu’elle est censée servir. Xi Jinping estime donc que Donald Trump lui est utile. Malgré ses déclarations, celui-ci contribue davantage à affaiblir les États-Unis qu’à leur redonner leur grandeur.
L’enjeu le plus important pour la Chine est cependant la position trouble portée par Donald Trump concernant Taïwan. Pour Beijing, le sort de cette île est un sujet absolument majeur, rappelé par Xi Jinping avant le sommet avec Donald Trump du mois de mai.
Dans l’avion du retour de ce déplacement, le président des États-Unis avait indiqué qu’il ne fallait pas que Taïwan déclare son indépendance parce qu’ils étaient à 9 500 miles des États-Unis, et que ceux-ci auraient du mal à venir les aider en raison de l’importance de cet éloignement.
Jamais un président américain n’avait autant pris ses distances avec Taïwan. On se rappelle que Joe Biden, interrogé deux fois, avait dit que les États-Unis se porteraient au secours de Taïwan en cas d’attaque chinoise, allant même plus loin que la position officielle et traditionnelle du pays.
Le fait que Donald Trump ait mentionné la distance entre les États-Unis et Taïwan, 9 500 miles, montre que cette déclaration était longuement préparée. Il est en effet permis de douter qu’il maîtrise suffisamment la géographie pour connaître par cœur la distance séparant les États-Unis de l’île.
Les dirigeants chinois, voyant Donald Trump plastronner et insulter jusqu’à la caricature les autres chefs d’États, y compris alliés, attendent patiemment leur heure, sachant que cette attitude accélère le rattrapage des États-Unis par la Chine.
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