Le nombre d'armes nucléaires déployées et prêtes à l'emploi a significativement augmenté l'an dernier, indique un rapport publié jeudi, qui qualifie cette situation de « développement préoccupant » dans un contexte d'intensification des conflits armés.
Au total, neuf États sont dotés de l'arme atomique : la Russie, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Ils possédaient 12.187 ogives nucléaires au début de cette année, selon ce rapport, le « Nuclear Weapons Ban Monitor », publié par l'ONG Norwegian People's Aid (NPA) en collaboration avec la Fédération des scientifiques américains (FAS). Ce chiffre global représente une maigre réduction de 144 par rapport à début 2025, mais dans le même temps, le nombre d'armes nucléaires disponibles a augmenté de façon constante ces dernières années, atteignant environ 9.745 l'an dernier, selon le rapport. Cela signifie qu'avec ces armes, le monde dispose de l'équivalent de 135.000 ogives de la puissance de celle utilisée à Hiroshima, au Japon, par les États-Unis en 1945. Cette seule bombe avait tué quelque 140.000 personnes, rappelle le rapport. Et 40% de ces ogives disponibles, soit 4.012 d'entre elles, ont été déployées sur des missiles balistiques en silo, sur des lanceurs mobiles, dans des sous-marins ou sur des bases de bombardiers l'année dernière, indique le rapport, ce qui représente une augmentation de 108 par rapport à 2024.
« L'augmentation annuelle continue du nombre d'ogives déployées est une évolution préoccupante, qui accroît les risques d'escalade rapide, d'erreurs d'appréciation et d'utilisation accidentelle », estime Hans Kristensen, un des principaux contributeurs du rapport, directeur du Nuclear Information Project à la FAS. « Cela rend le monde plus dangereux pour nous tous », souligne-t-il, cité dans un communiqué de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), dont font partie la NPA et la FAS.
D'après le rapport, cette évolution est d'autant plus inquiétante dans un contexte d'escalade des conflits en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, qui impliquent parfois des États dotés de l'arme nucléaire.
Le document évoque également « l’érosion du régime de désarmement, de non-prolifération et de contrôle des armements en vigueur depuis longtemps », notamment avec l’expiration le mois dernier du traité New Start, dernier accord conclu entre la Russie et les États-Unis, les deux principales puissances nucléaires. Les experts détaillent aussi les points de tiraillement au sein de la communauté internationale sur la question, avec un nombre croissant de pays adhérant aux efforts visant à une interdiction totale des armes nucléaires. Fin 2025, 99 pays avaient adhéré au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) de 2017, soit en tant que parties, soit en tant que simples signataires. Parallèlement, les États dotés de l’arme nucléaire – dont aucun n’a adhéré au traité – investissent massivement dans la modernisation et l’expansion de leurs arsenaux. Et 33 États dits « sous parapluie » de pays alliés dotés d'ogives « soutiennent activement et renforcent ces politiques », pointe le communiqué.
« Les États qui prétendent que les armes nucléaires assurent leur sécurité, notamment en Europe, doivent comprendre qu'il n'existe aucun abri sous un parapluie nucléaire », prévient Melissa Parke, directrice de l'ICAN, coalition d'ONG basée à Genève (Suisse) et lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, citée dans le communiqué.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a annoncé jeudi depuis Baabda, à l’issue de sa rencontre avec le président de la République, Joseph Aoun, lui avoir présenté « une proposition pour protéger le Liban à travers le dialogue entre les Libanais, et non l’affrontement ». La guerre entre le Hezbollah et l’armée israélienne dure depuis le 2 mars et des tensions sont palpables dans le pays, avec plus d'un million de déplacés internes et des questions qui divisent à l'ordre du jour politique, comme le désarmement du Hezbollah et l'expulsion de l'ambassadeur iranien.
Évoquant « un grand danger qui menace le Liban, de l’intérieur comme de l’extérieur », M. Bassil a indiqué avoir entamé une tournée auprès des responsables libanais, en commençant par le chef de l’État. Il a souligné que cette proposition inclut « la neutralité du Liban » face aux conflits ainsi que « l’adoption d’une stratégie de défense nationale à laquelle le gouvernement s’engage, en vue d’une paix juste garantissant l’ensemble des droits des Libanais ». Il a ajouté que cette initiative vise à « rassembler les Libanais autour d’une table de dialogue » et qu’elle constitue « une responsabilité nationale sous le parrainage du président de la République ». M. Bassil a enfin insisté sur son soutien « à la présidence de la République et à la légitimité », même étant « dans l’opposition », estimant que la protection de la fonction présidentielle et de l’État demeure « une priorité nationale ».
Cette initiative s’articule autour de trois idées principales. La première consiste en un « code de conduite interne » fondé sur le « rejet de la violence et de l’incitation médiatique et politique », ainsi que sur « le respect du cadre de l’État comme référence commune, notamment en cas de conflit, avec un attachement affirmé à l’unité du Liban sur l’ensemble de son territoire et au rejet de tout discours susceptible d’alimenter les divisions internes ». La deuxième repose sur le rejet par l’ensemble des Libanais de toute discorde interne, de l’occupation israélienne et de toute ingérence étrangère dans les affaires libanaises. Enfin, la troisième prévoit une solution fondée sur l’exclusivité des armes entre les mains de l’armée libanaise et de l’État, ainsi que sur un retrait total d’Israël du territoire libanais.
Le Liban est entré en conflit armé à la suite de l’ouverture par le Hezbollah d’un front avec l’Iran le 2 mars dernier, après le début de l’attaque israélo-américaine contre ce pays le 28 février. Depuis le début de cette nouvelle guerre au Liban, plus d’un million de personnes ont été déplacées de zones bombardées, et plus de mille tués civils sont déjà recensés par le ministère de la Santé. Depuis que ce nouveau front a été ouvert par le Hezbollah, et que l’activité militaire et sécuritaire de ce dernier a été décrétée comme « illégale » par le gouvernement le 2 mars, les divisions sur la scène locale sont à leur paroxysme, non seulement entre parties politiques mais aussi sur les réseaux sociaux et dans les médias.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL’armée israélienne a annoncé qu’un soldat de sa brigade Golani, relevant d'une « unité de reconnaissance », a été tué au Liban-Sud pendant la nuit. Il a été tué dans un « échange de tirs » vers 2h du matin, selon l'armée, alors que la nuit a été particulièrement violente avec des affrontements avec le Hezbollah au niveau des villages de Kantara et Deir Seriane, dans le caza de Marjeyoun. Le parti chiite dit avoir détruit, au cours de ces combats, plusieurs dizaines de tanks israéliens.
Le soldat tué au Liban-Sud, identifié comme étant Ori Greenberg, âgé de 21 ans, est le troisième militaire israélien tué au Liban depuis début mars.
Par ailleurs, selon le Haaretz, des éclats provenant de tirs israéliens ont légèrement blessé un officier israélien au Liban-Sud, tandis que 14 autres ont dû être évacués « en raison d'une hypothermie » et souffrent de « blessures légères liées au froid. » L'armée avait en outre fait état de deux autres soldats grièvement blessés dans des tirs d'obus de mortier et de roquette au Liban-Sud.
De rares reconnaissances de pertes dans les rangs israéliens publiées alors que la nuit de mercredi à jeudi a été marquée par de violents affrontements terrestres entre le Hezbollah et l’armée israélienne, notamment au niveau de nouveaux villages dans le viseur des Israéliens, Kantara et Deir Seriane, dans le caza de Marjeyoun. La formation chiite a affirmé avoir détruit au moins une vingtaine de chars Merkava et fait plusieurs blessés dans les rangs de l’armée israélienne.

À 1h30 du matin, le Hezbollah a annoncé, dans un communiqué, avoir tendu une embuscade à une force israélienne à Kantara. Une unité blindée aurait été attirée dans un champ de tir maîtrisé puis ciblée par des missiles guidés, entraînant la destruction de « plusieurs chars et véhicules militaires » et « l’échec de la tentative d’avancée ». Trente minutes plus tard, le Hezbollah a précisé que, lors des affrontements sur l’axe Taybé–Kantara, dix chars Merkava et deux bulldozers D9 ont été détruits dans cette embuscade. Dans une autre opération, le Hezbollah a également indiqué qu’un hélicoptère de l’armée israélienne, qui tentait d’évacuer les blessés issus des affrontements, a été visé par un missile de défense aérienne et contraint de battre en retraite. En parallèle, dans la localité voisine de Deir Seriane, le Hezbollah a annoncé avoir ciblé deux autres chars du même type. Alors qu’une force israélienne tentait d’avancer vers la localité à 2h20, les combattants du Hezbollah ont engagé des affrontements avec elle à l’aide d’armes légères et moyennes, affirmant avoir infligé « des pertes confirmées ». Dans la matinée, des échanges de tirs sporadiques continuaient d'être entendus sur cet axe Taybé – Deir Seriane – Kantara, tandis que des explosions retentissent de temps à autre, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Parallèlement, des localités situées en face de cet axe sont soumises à un bombardement d’artillerie israélien intense, visant plusieurs villages du caza de Nabatiyé, notamment Arnoun, Yohmor et Zaoutar el-Charkiyé et el-Gharbiyé.
Le parti chiite a en outre indiqué avoir ciblé ce matin à l’aube, un rassemblement de soldats et de véhicules de l’armée israélienne à Kaouzah (Bint Jbeil), par une salve de roquettes.
Outre les attaques menées sur des soldats israéliens en territoire libanais, le Hezbollah a revendiqué des attaques sur Tel-Aviv, et notamment sur le siège du ministère israélien de la Défense, ainsi qu'une base relevant du renseignement militaire au nord de Tel-Aviv, visés par des missiles de précision, selon les différents communiqués du Hezbollah. Selon un recensement effectué par le Haaretz, les sirènes d’alerte ont retenti 48 fois hier en Israël, en raison des tirs distincts provenant de l’Iran et du Hezbollah, envoyant 6,6 millions d’Israéliens dans des abris. Plusieurs sites dans le nord d’Israël, jusqu’à Haifa et Tel Aviv, ont subi des dégâts à la suite d’impacts de roquettes.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les avions de chasse israéliens ont en outre bombardé la périphérie de Nabatiyé et le quartier « al-Maslakh » de la ville, des habitations de Srifa, faisant plusieurs blessés, Deir Aames et des vergers à Qasmiyé (Tyr), Kounine, où trois personnes ont été tuées, Haddatha, Touline, où sept personnes ont été blessées et Bourj Qalaouiyé (dans le caza de Bint Jbeil), ainsi que Qabrikha (Marjeyoun) et les hauteurs de Rihane (Jezzine).
La journée de mercredi a connu un record, jusqu'à présent, des opérations revendiquées par le Hezbollah, que ce soit contre des avancées terrestres israéliennes ou des attaques sur des bases et localités du Nord israéliens, avec 87 opérations différentes. De son côté, l’aviation israélienne a mené des frappes sur près de 50 localités du sud jusqu’à minuit, provoquant d’importantes destructions. Des drones ont également ciblé deux localités, tandis que 27 autres ont été soumises à d’intenses bombardements d’artillerie.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDeux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.
« L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures », ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.