01.04.2025 à 15:36
Bardella et ses emplois fictifs : la fin de l’impunité ?
Jordan Bardella a perdu son procès contre Libération, le 21 mars dernier. Suite à un article paru en septembre 2024 l’accusant d’être un “assistant parlementaire fantôme”, il avait porté plainte pour diffamation sur le titre et non sur le fond. Absent le jour de l’audience, Bardella n’a fait que confirmer sa réputation fantomatique.
La même semaine, deuxième mauvaise nouvelle pour le jeune prodige, à son tour visé par une plainte. Alors qu’il avait jusqu’ici échappé à la justice dans l’affaire des assistants parlementaires fictifs, le parquet a été saisi par l’association anticorruption Adelibe le 25 mars, suite aux révélations publiées par Libération &de faux et usage de faux.
La troisième nouvelle est arrivée ce lundi, puisque le résultat du procès de Marine Le Pen et d’autres cadres du RN a été rendu. La France Insoumise a d’ailleurs réagi à cette condamnation hier.
Pour rappel, la candidate d’extrême droite aux dernières présidentielles a été condamnée à 4 ans de prison dont 2 fermes, 100 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cela pourrait constituer un véritable tournant pour le parti d’extrême droite. Notre article.
Jordan Bardella espérait faire condamner Libération, il n’a réussi qu’à prouver son inconsistance. Après un article du journal publié en septembre 2024, il a porté plainte pour diffamation, non pas sur le fond, mais sur son titre : « assistant parlementaire fantôme passé entre les gouttes de la justice ». Comme si changer les mots pouvait effacer la réalité.
Le jour de l’audience, fidèle à sa réputation, Bardella n’a même pas daigné se montrer. Son avocat, livré à lui-même, s’est lancé dans une plaidoirie lunaire : selon lui, le mot fantôme évoquait « l’inexistant, l’irréel », tandis que passer entre les gouttes serait offensant, car « la pluie, de par ses gouttes, mouille ». Un argument qui n’a convaincu personne, pas même la météo.
Résultat ce 21 mars : relaxe pour Libération, ridicule pour Bardella. En cherchant à faire taire les critiques, il a surtout confirmé son absence. Une fois encore, l’homme qui prétend diriger la France a préféré fuir plutôt que d’affronter la réalité.
Après des années à passer entre les gouttes de la justice, Jordan Bardella est visé par une plainte. L’association anticorruption Adelibe a saisi le parquet le 25 mars pour détournement de fonds publics, recel, faux et usage de faux, escroquerie et tentative d’escroquerie.
En cause : son emploi fictif présumé d’assistant parlementaire en 2015. Officiellement salarié par l’eurodéputé Jean-François Jalkh, il était également chargé de mission auprès du vice-président du FN de l’époque, Florian Philippot.
Alors qu’il n’a laissé aucune trace de travail effectif pour le Parlement européen, Jordan Bardella a pourtant perçu 1 200 euros net par mois pendant quatre mois et demi, soit un total de 10 444 euros d’argent public.
Mais le protégé de Marine Le Pen ne s’est pas contenté d’empocher le salaire. En 2017 et 2018, il aurait participé à la fabrication de faux documents pour maquiller son absence d’activité. Une revue de presse, censée prouver son travail, a en réalité été créée deux ans après les faits et annotée de sa main. Autre manipulation : un agenda 2015, acheté en 2018, rempli a posteriori pour simuler un emploi du temps.
La plainte vise aussi Jean-François Jalkh, son pseudo-employeur, qui avait fourni une clé USB censée contenir des preuves de travail. Toujours sous scellé, son contenu pourrait constituer une tentative d’escroquerie au jugement si les faux de Bardella y figurent.
Cette affaire tombe au pire moment pour le Rassemblement national. Lundi, le tribunal rendra son verdict dans le procès des assistants parlementaires fictifs du parti, qui implique douze cadres et ex-députés européens. La somme totale des fonds détournés est estimée à plus de 4,5 millions d’euros.
Une condamnation fragiliserait son avenir politique et plomberait le RN, un parti qui, jadis, se posait en chevalier blanc de la moralisation politique, fustigeant les « tous pourris » et prônant l’« inéligibilité à vie » pour les élus condamnés par la justice. Extrême droite mais pas extrême droiture, visiblement.
Camille Karlin
01.04.2025 à 12:29
Sondages IFOP : en campagne pour effacer Jean-Luc Mélenchon
Les chiffres sont accablants : à 30 jours du premier tour en 2022, les sondages de Ifop sous-estimaient Jean-Luc Mélenchon de 8 points (14 % prévus vs 22 % réels). Tout au long des 1424 jours de sondages de l’élection présidentielle, une manipulation grossière vise à marginaliser la gauche de rupture et à gonfler à l’hélium le RN. Leur méthode magique ? Sous-estimer systématiquement le leader insoumis. Notre brève.
Leur excuse finale face au fiasco ? Un prétendu « vote utile » de dernière minute. Un mensonge tellement facile à démonter que c’en est presque vexant : les autres gauches étaient surestimés de 3 points, où sont les 5 points manquants ? Des électeurs de Valérie Pécresse auraient subitement décidé de passer du conservatisme forcené des Républicains à la révolution citoyenne ?
Ce n’est pas sérieux. Reste donc l’autre hypothèse : l’Ifop, comme tous les instituts de sondage, a sciemment sous-représenté l’électorat insoumis pour influencer la dynamique de campagne en faveur de la droite et de l’extrême droite. C’est un véritable scandale démocratique : ces millions d’électeurs « invisibles » dans les enquêtes IFOP ont pourtant bien voté. Preuve que l’institut ne sonde pas l’opinion – il la fabrique.
Scandale démocratique renouvelé en 2024. 27 sondages sur 27 annonçaient la victoire du RN aux législatives anticipées. On connait le résultat. Le peuple attend toujours que ces instituts reconnaissent leur duperie.
Pendant que les médias reprennent ces chiffres truqués, rappelons-le : en 2017 comme en 2022, Jean-Luc Mélenchon n’a fait que progresser. Aujourd’hui, malgré un matraquage médiatique à la hauteur de danger qu’il représente pour les privilèges de l’oligarchie qui concentre richesse et pouvoir en France, le leader insoumis n’a jamais été aussi haut dans les sondages bidons.
Par Ulysse
01.04.2025 à 12:15
Les chiffres sont glaçants : 24 000 expulsions locatives en 2024, un record historique qui marque une hausse de 26% en un an. Derrière ces statistiques brutales, des drames humains comme celui de Cécile et sa fille Léna, un exemple éclairant rapportée par le journal La Croix. Mère et fille sont expulsées d’un deux-pièces parisien malgré onze ans de loyers payés rubis sur l’ongle. Le propriétaire voulait vendre. Malgré une demande de logement social et un dossier Dalo, elles ont atterri dans des hôtels insalubres, loin de l’université de Léna.
La loi Kasbarian, votée en juillet 2023 sous pression des lobbies immobiliers, a transformé la trêve hivernale en simple pause avant la curée. Résultat : des familles jetées à la rue avec des délais raccourcis, des droits bafoués, et des préfets zélés qui accordent le concours de la force publique à tour de bras. Pendant ce temps, le gouvernement justifie cette hécatombe sociale par un prétendu « rattrapage post-Covid ». Pendant que les bailleurs privés enregistrent des profits records (+15% en 2023), l’État continue de sabrer les budgets dédiés au logement social.
Le système dévoile toute sa brutalité : près de 80% des expulsés se retrouvent sans solution de relogement immédiat, tandis qu’un tiers des ménages vit toujours dans la précarité trois ans après avoir été mis à la rue. Les procédures judiciaires s’accélèrent dangereusement, avec une augmentation de 11% des dossiers en cours pour 2024, annonçant une nouvelle vague d’expulsions massives.
— Collectif des Associations pour le Logement (@AssosLogement) February 13, 2025
40 associations poursuivent l’Etat en justice pour #NonAssistancePersonnesMalLogées.
L’Etat ne respecte pas sa propre loi sur l’hébergement d’urgence et le droit au logement.
Il est temps que ça cesse !
Signez la pétition https://t.co/c9SYEE7aUx pic.twitter.com/3WGnE7HhDZ
« Le droit à l’hébergement et au logement n’est pas respecté, il l’est même de moins en moins. L’État est coupable de ne pas respecter sa propre loi. Il est responsable de Non-assistance à personnes mal logées », dénonce le collectif des Associations pour le logement. Création de places d’hébergement d’urgence de qualité, construction de logements sociaux, mobilisation des logements privés pour les louer à loyer abordable, encadrement des loyers, réquisition des logements vacants : voilà quelques mesures défendues par les associations afin de répondre à la crise du logement. Des mesures similaires à celles défendues par la France insoumise dans son programme dédié.
Par Ulysse