La loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur du 8 juillet 2025, dite loi Duplomb du nom du sénateur Les Républicains de la Haute-Loire qui l’a portée, a fait l’objet, dès son adoption sans débat par l’Assemblée nationale, d’une forte contestation citoyenne : la pétition lancée par une jeune étudiante en master a recueilli plus d’un million de signatures en l’espace de quelques semaines, montrant par là un regain d’intérêt pour les questions
François Chaslin est décédé le 7 août 2025. Avec lui, l’architecture prenait la forme de la rencontre et du débat. Les lieux choisis par François Chaslin pour mettre l’architecture en débat ont d’ailleurs été nombreux : écoles d’architecture, bien sûr, mais aussi revues, journaux, expositions, conférences, entre autres. Et toujours avec cette voix qui, comme dans ses livres, portait avec elle l’invitation à comprendre ce que l’architecture peine parfois à nous montrer.
Quel projet audacieux que celui de traiter une histoire qui a inspiré d’innombrables films, dont quelques chefs-d’œuvre ! Luc Besson part à la conquête avec tous les éléments du cinéma d’horreur. Réussit-il à envoûter le spectateur ? Sa tâche paraît quasiment impossible : l’histoire de Bram Stoker est bien connue, le décor gothique revu, des effets horrifiques nombreux et répétés… Peut-on encore faire preuve de talent, surprendre par une invention dans ce cas le plus
Présenté à la Mostra de Venise en septembre 2024 et sorti à Paris cet été 2025, Pourquoi la guerre est le dernier film d’Amos Gitai. Deux lignes de paroles se croisent dans le film, celle portée par la réponse de Freud à Einstein dans l’échange de lettres éponyme de 1932 (publié en 1933) et celle de Susan Sontag dans sa méditation sur la guerre à distance sur nos écrans, Devant la douleurs des autres (2003). Aujourd’hui que la guerre n’est pas seulement « à nos portes »,
Depuis sa naissance, la revue Esprit a souvent été pionnière dans la dénonciation des crimes commis par des États – la torture pendant guerre d’Algérie, le cannibalisme dans la Chine de Mao, la guerre criminelle de Milosevic dès 1991 en Croatie – pendant que d’autres pourtant idéologiquement plus radicaux se taisaient ou attendaient que les récits de telle ou telle grave atteinte aux droits humains soient politiquement compatibles avec leurs convictions apodictiques. D’où un
Il est étonnant de constater que des « travailleurs du savoir » s’appuient au quotidien sur ChatGPT et consorts pour se renseigner sur des sujets divers et variés. C’est même le principal cas d’usage en France : selon un sondage Ipsos du 10 février 2025, 48% des utilisateurs s’en servent pour « effectuer des recherches ». Pourtant, les IA génératives ont été prises en défaut à maintes reprises. Le terme « hallucination » est même passé dans le langage courant comme
Deux expositions consacrées à l’art brut se tiennent actuellement à Paris, l’une au Grand Palais, l’autre à la Halle Saint-Pierre, qui réunit des artistes iraniens. D’emblée se pose le problème de la définition de ce courant artistique, aussi bien pour les organisateurs que pour le public. Question formelle ? Pas seulement. Malgré les tentatives d’établir des chapitres thématiques au Grand Palais, pour faciliter la lecture de l’ensemble des œuvres exposées, l’interrogation
Écrivain au talent précoce et brillant essayiste, Klaus Heinrich Thomas Mann (1906-1949) a mené très tôt un combat sans répit contre le fascisme, pour l’Europe ; contre le nationalisme, pour le cosmopolitisme ; contre le totalitarisme, pour un « humanisme socialiste ». Un positionnement qui le rapproche de Paul-Louis Landsberg, qui explicite en novembre 1937 dans les colonnes d’Esprit, la notion d’engagement fondé sur la responsabilité du choix : « Cet engagement seul rend
Historien, journaliste et spécialiste des Balkans, Jean-Arnault Dérens propose une lecture géopolitique de l’orthodoxie. À mille lieues d’une approche folklorisante ou orientaliste, son nouveau livre décrypte la complexité de la sphère orthodoxe en trois étapes : « La tradition et l’histoire », « Les Églises à l’heure des nationalismes » et « Du postcommunisme au néoconservatisme ». Le regard est instruit et critique, sans concessions : « Il faut s’interroger
Il est devenu banal de dire que nous vivons une époque de crises. Le verdict de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) est formel. Publié le 11 juin 2025, son rapport annuel indique que la planète a connu en 2024 le nombre de conflits armés le plus élevé depuis 1946, détrônant 2023, qui était déjà une année record. Gaza, l’Ukraine, la Birmanie, le Tigré, le Soudan, la République démocratique du Congo, le Sahel… Les guerres et violences se multiplient
Qu’elles paraissent lointaines ces paroles prononcées, le 10 janvier 1949, par le président Harry Truman à l’occasion du discours d’investiture de son second mandat : « Un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens dans le monde vit dans des conditions voisines de la misère. Ils n’ont pas
L’annonce de la possible production et diffusion par Netflix du prochain film de Lee Chang-dong (Secret Sunshine, 2007 ; Burning, 2018) renseigne peut-être sur la réalité de ladite « crise » actuelle du cinéma coréen. Le film devait bénéficier d’une nouvelle aide gouvernementale à la production (avec des distributeurs français en embuscade), mais l’affaire ne s’est pas conclue, malgré un nouveau gouvernement nationaliste de gauche (qui remplace celui, libéral conservateur,
Table-ronde animée par Aurélie Tinland, psychiatre (AP-HM), avec comme intervenants : Céline Letailleur, personne concernée et chercheuse, Julien Grard, anthropologue (AP-HM), Frédérique Lagier, psychiatre (Centre Valvert). Diffusion d'un extrait du documentaire "Du monde aux portes" de Pilar Arcila & Jean Marc Lamou. Conclusion par François Cremieux, directeur de l'AP-HM (Revue Esprit
Les États-Unis doivent prendre la mesure de l’attaque en règle contre leur démocratie. Une façon de le faire est d’examiner les parallèles alarmants qui existent entre les États-Unis actuels et l’une des périodes les plus terribles de l’histoire de l’humanité. En avril 1995, le critique italien Umberto Eco prononce un discours célèbre à l’université Columbia pour les cinquante ans de la libération de l’Europe1. Eco y développe le concept d’Ur-fascisme, c’est-à-dire
Table-ronde animée par Nicolas Bessone, psychiatre (AP-HM), avec comme intervenants : Pauline Rhenter, juriste, Marie Beschon, anthropologue (AP-HM), Solène Zukgraf, juge d'application des peines
Le programme d’aide de Washington à l’Ukraine, voté en janvier 2025 lors de l’ancienne présidence, aurait dû continuer tout au long de l’année 2026, mais son arrêt récent, en juin 2025, qui coïncide avec des attaques intensifiées de la Russie sur tout le territoire ukrainien, a inquiété les alliés de ce pays, jusqu’au dernier « retournement » diplomatique du lundi 14 juillet. Jusque-là le pouvoir trumpiste n’avait rien mis en place : il propose à présent de faire
Lorsqu’un peuple défend sa liberté sur le champ de bataille, c’est entièrement qu’il doit le faire, c’est à fond. Sinon, qu’il s’aplatisse. On se frottera d’autant mieux les pieds sur lui. Or, les Russes se sont trop longtemps frotté les pieds sur le dos ukrainien. Ici, personne ne veut de Moscou. Voilà pourquoi l’effort de guerre de l’Ukraine déborde loin en arrière de la ligne de front. Il n’est pas suffisant que le civil soit reconnaissant envers l’armée qui le défend :
Par une importante décision rédigée par la juge conservatrice Amy Coney Barrett du 27 juin 2025, la Cour suprême des États-Unis a, par six voix contre trois, mis en échec la faculté pour les juges fédéraux de prononcer des « injonctions universelles » (universal injonctions), destinées à bloquer les politiques de l’administration Trump. Cette décision est assortie des opinions dissidentes des juges Jackson, Sotomayor et Kagan. Les juges n’ont pas statué sur la constitutionnalité
À l’occasion du 25ᵉ anniversaire de sa mort (28 juin 2000) et du 45ᵉ anniversaire de la création de Solidarność, le Sénat de la République de Pologne a décidé que Józef Tischner, parfois surnommé « aumônier de Solidarność », serait l’un des parrains de l’année 2025. Depuis, de nombreuses conférences, expositions et publications commémorent ce philosophe, acteur discret du destin européen, prêtre haut en couleur et loin de faire l’unanimité parmi les ecclésiastiques.
Les débats sur le libre accès ou la restriction de la consultation des sites pornographiques ont tourné autour de trois enjeux principaux : la protection des mineurs, l’anonymat des internautes dans le système permettant la vérification de leur majorité et la liberté des contenus pour adultes sur Internet. Ils se concentrent sur des questions d’accès à Internet sans s’intéresser aux trois sujets de fond : ils ignorent que les sites montrés du doigt sont tout aussi problématiques
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? Lorsqu’arrive sur scène une réplique que l’on porte en soi et connaît par cœur survient une émotion de la reconnaissance. Un frisson vous saisit, depuis le pied jusqu’au crâne, du côté gauche, comme une brise intérieure, une caresse du dedans. Vous souriez, jouissant de cette émotion hémiplégique, dont la moitié passée aiguise la moitié présente. Vous ne revenez que pour la
De loin, un semblant de griffures, les unes en teintes variées de bleu – azur, cobalt, bleu-vert, marine, indigo, mauve –, d’autres variant de l’or à l’orange, tracent un ensemble de courbes fines et arquées dans un espace incertain baigné de pénombre. En approchant, l’œil distingue des formes familières : la silhouette élancée d’ifs, d’autres arbres plus indistincts, tantôt feuillus et tantôt nus, des branches qui s’étirent et qui paraissent n’être qu’ombre, la
Le débat sur l’aide publique au développement (APD) a récemment resurgi avec éclat, avant de disparaître à nouveau. Il y eut d’abord, fin février 2025, la décision du gouvernement Trump de démanteler l’agence des États-Unis pour le développement international (USAid), avec notamment pour conséquence l’arrêt brutal de milliers de programmes à travers le monde de lutte contre la faim et la malnutrition, contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Quelques jours plus tard – étonnante