08.12.2026 à 11:59
L'Autre Quotidien

At the Cafe. 3 March 2015 © Farshid Tighehsaz
James Blake - My Willing Heart
さてどちらへ行かう
風が吹く
et maintenant
de quel côté aller ?
le vent souffle
Santoka
La maison où manque la mère, même si la lampe l'éclaire, il y fait nuit.
Proverbe kabyle
Un jour tu auras droit à la parole.
Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?
Chawki Abdelamir (Irak, 1949; poète et traducteur en français de Adonis)
22.04.2026 à 07:57
L'Autre Quotidien

Et puis, j’ai acheté des Maneki-neko, histoire de remplacer les bras d’honneur par des salutations.
Comme Cédric Fabre justifie son projet : Adulte, j’ai voyagé pour observer, entre autres obsessions, les ancrages et les déracinements. Au Sénégal, en Nouvelle-Zélande, en ex-Yougoslavie… Et dans le Montana. Pour y rencontrer ces auteurs et autrices venu(e)s du Texas, de l’Oregon ou du Michigan, qui ont fait de Missoula ou de Livingstone leur terre promise de vie et d’écriture. C’est à ces mouvements, géographiques et créatifs, que je songe en regardant les vagues s’éclater contrela petite digue, et au fait qu’aux racines je préfère les destinations. Il y a trente ans, j’ai donc passé l’été 1996 dans lMontana, qui demeure en moi un territoire en partie imaginaire, l’imagination qui naît dans les trous de mémoire. Un espace de liberté, de création littéraire et de partage ; le Montana est une sorte de compagnon de lutte. Quand je cherche du sens à ce que je fais, aux directions que ma vie a prises et aux choix que je m’apprête à faire, les écrivains de Missoula ne sont jamais très loin.
Là-bas, sur les flancs des Rocheuses, sous l’immensité du « Big Sky », on s’assoit aussi sur une butte herbeuse, dans la prairie, et on médite sur ce qu’on est venu chercher ici ; comme naguère les pionniers. Ce voyage est une strate constitutive de ce que je suis ; de ce que je comprends de l’écriture et donc de l’existence et de l’engagement. Est-ce un hasard que je me sois installé à Marseille l’année suivante pour n’en plus bouger ? Comme Marseille, l’Ouest américain a surtout été défini – et figé - dans une imagerie et une mythologie par d’autres ; des écrivains de l’Est en l’occurrence, réduit soit à un jardin d’Eden « vide et vierge », soit, à l’inverse, à ses dangers voire à ses ennemis, les Indiens, les desperados… Peut-être a-t-on en commun ce même esprit frondeur, populaire et « working class ». La grande Bleue, comme les vastes plaines de l’Ouest, seraient des matrices d’histoires d’émigration et d’exil, de naufrages et de massacres et de tragédies, de réussites aussi, qui ont forgé l’Histoire. Des espaces qui ont nourri des récits de périples dangereux : que ce soient ceux des migrants en mer ou des caravanes de colons, de personnes et de familles qui ont fui la misère et rêvé d’une vie meilleure. Et des identités fortes, assumées et revendiquées, tout comme les racines des aïeux, qu’on invoque constamment tout en imaginant faire table rase du passé. Une multiculturalité. Et une « multi-temporalité ».
James Crumley
A l’heure à laquelle on voudrait nous faire croire que des fins de race bretons ou vendéens sont fous de la messe - et auraient quelque chose de neuf à proposer/ imposer en occupant simplement un espace médiatique qu’ils saturent de leurs excréments, s’offrir des voyages qui ne sont pas dans un passé fantasmé réactionnaire a quelque chose de revigorant; qui donne envie d’ouvrir des nouvelles fenêtres sur son écran pour commander des livres, découvrir des styles, retrouver des gens qu’on a lu longtemps auparavant, mais dont le souvenir de fulgurances reste présent. Et c’est ici le cas à laisser s’ouvrir des paysages, des rencontres pas du tout fortuites. Si le voyage est une sensation, ici elle est très forte, à. rappeler l’immensité, la vision et le quotidien d’autres lieux, gens, vécus et comme magnifiés par les écritures distinctes. Alors, s’inscrire et s’écrire dans les paysages et les histoires font partie d’un même mouvement. Comme ici …
Jean-Pierre Simard, le 22/04/2026
Cédric Fabre - Marseille-Montana Express - Melmac sort la 13/05/2026
21.04.2026 à 11:11
L'Autre Quotidien

Alex Senna, Luzzone Dam, Switzerland
Les artistes créent des interventions en trompe-l’œil sur les photographies de Ford, qu’il documente ensuite sur un chevalet devant ce même lieu afin de donner une idée de ce à quoi ressembleraient ces immenses peintures ou installations in situ.
« Ces nouvelles œuvres explorent principalement les infrastructures sous la forme d’énormes constructions en béton : centrales nucléaires, barrages, centrales à combustibles fossiles », explique Ford. Les lieux sont souvent liés aux industries et au réseau de production d’énergie, comme les systèmes hydroélectriques, ou aux configurations logistiques liées aux autoroutes et aux ports.
Skirl, Sizewell Nuclear Power Plant, U.K.
Par exemple, la centrale nucléaire « peinte » par Skirl est située dans une vaste réserve naturelle sur la côte est de l’Angleterre, à proximité du Suffolk & Essex Coast & Heaths National Landscape, et une nouvelle centrale est actuellement en construction malgré une forte opposition locale.
« Ces sites se trouvent physiquement dans le domaine public et dominent leur environnement par leur taille gigantesque, mais leur accès est souvent restreint. Ils nous sont imposés – il est impossible de ne pas les voir – mais il est impossible d’interagir avec eux, de les utiliser, voire parfois de s’en approcher. » En superposant du street art sur des sites autrement inaccessibles, Ford et les artistes participants abordent ces constructions imposantes et la nature de la production énergétique comme « un moyen de se les réapproprier et d’interagir avec elles », explique-t-il.
Découvrez le travail de Ford ce mois-ci à The Other Art Fair à Chicago, qui se tient du 9 au 12 avril.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur Instagram.
John Nesbitt, le 22/04/2026 avec Colossal MAG
Joseph Ford - Photos impossibles
Chris RWK, New Jersey