Il y avait foule ce jour-là devant le cinéma « Jovten », le cinéma le plus célèbre d’Ukraine, une salle de projection iconique et située dans le centre de Kyiv. Les 400 personnes entrèrent dans la salle en silence, presque solennellement, des femmes et des hommes, aucun enfant, le film étant déconseillé aux moins de 16 ans ; et une présence accrue de gens en treillis, des militaires, le film ayant trait à la guerre, la guerre actuelle, celle qui ravage le pays depuis presque
Avec la crise iconoclaste générée par Black Lives Matter et la guerre culturelle qui font rage en Europe comme en Amérique, on voit partout des statues déboulonnées. En France comme en Belgique, on a débattu et finalement statué sur les statues des grands hommes (Napoléon, Colbert, John Calhoun à Charleston, le roi Léopold II à Gand, etc.). Aux Antilles, le beau buste en marbre blanc de l’épouse de Napoléon, plusieurs fois éclaboussé, enlevé, décapité sur la place de la Savane
Avec la publication de Monts Mers et Géants (1924) on sort enfin de l’ombre portée par Berlin Alexanderplatz (1929) un texte époustouflant d’Alfred Döblin (1878-1957) qui couronne la trilogie ouverte avec Les trois bonds de Wang Lun (1915) suivie de Wallenstein (1920). Le premier se déroule dans un lieu lointain, la Chine, pour faire le récit d’un soulèvement contre l’oppression ; le second revient sur la guerre de Trente Ans pour mieux démystifier la guerre et l’héroïsme ;