Longtemps, les marins ont fait rire le monde scientifique1. En effet, lorsqu’ils regagnaient le port après des semaines en mer, il arrivait que certains marins racontent parfois avoir croisé, lors de tempêtes, une vague scélérate haute comme une falaise. On les écoutait poliment, sans vraiment croire que la mer puisse mentir autant que les hommes. La vague scélérate est donc, au fil des ans, devenue une belle légende dont on fait les poésies marines. C’était juste un mythe de marins.
Les programmes d’apprentissage n’ont d’intelligence qu’une illusion : leur manière de percevoir et de communiquer ressemble à l’humain par un mimétisme imparfait. Mais est-ce de l’émotion pour autant ? Le court-métrage de Rony Efrat, diffusé en parallèle de son exposition à l’ADAGP, commence par cette remarque d’un ex-partenaire de la narratrice qu’elle incarne. Elle parle comme la dernière IA conversationnelle de Google, dont il découvre un script dans le journal. D’où
Nous avons besoin de fictions pour penser l’avenir, surtout quand il paraît nous échapper. C’est un constat que chacun peut faire : les chiffres sont abstraits et les prédictions catastrophistes se mêlent à un flux d’informations anxiogènes que l’on apprend à relativiser pour continuer à vivre. Suivre les histoires singulières d’individus jetés dans un monde semblable au nôtre mais déjà bouleversé par les canicules, incendies, tornades et inondations, partager leurs peurs,